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 Questions sur la Foi et la Bible

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RAMOSI
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MessageSujet: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 17 Juin 2015, 7:27 pm

Rappel du premier message :




Le jugement

Pourquoi JESUS dit-il à ses disciples de ne pas juger ?


« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis » (Luc 6, 37). Est-il possible de mettre cette parole de l’Évangile en pratique ? N’est-il pas nécessaire de juger, si l’on ne veut pas baisser les bras face à ce qui ne va pas ? Mais cet appel de JESUS s’est profondément gravé dans les cœurs. Les apôtres Jacques et Paul, par ailleurs si différents, y font écho presque avec les mêmes mots. Jacques écrit : « Qui es-tu pour juger le prochain ? » (Jacques 4, 12). Et Paul : « Qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? » (Romains 14, 4).

Ni JESUS ni les apôtres n’ont cherché à abolir les tribunaux. Leur appel concerne la vie quotidienne. Si les disciples du Christ choisissent d’aimer, ils continuent cependant à commettre des fautes aux conséquences plus ou moins graves. La réaction spontanée est alors de juger celui qui – par sa négligence, ses faiblesses ou ses oublis – cause des torts ou des échecs. Nous avons bien sûr d’excellentes raisons de juger notre prochain : c’est pour son bien, pour qu’il apprenne et qu’il progresse…

JESUS, qui connaît le cœur humain, n’est pas dupe des motivations plus cachées. Il dit : « Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! » (Luc 6, 41). Je peux me servir des fautes des autres pour me rassurer sur mes propres qualités. Les raisons pour juger mon prochain flattent mon amour-propre (voir Luc 18, 9-14). Mais si je guette la moindre faute de mon prochain, n’est-ce pas pour me dispenser de faire face à mes propres problèmes ? Les mille défauts que je lui trouve ne prouvent pas encore que je vaux mieux que lui. La sévérité de mon jugement ne fait peut-être que cacher ma propre insécurité et ma peur d’être jugé.

À deux reprises, JESUS a parlé de l’œil « malade » ou « mauvais » (Matthieu 6, 23 et 20,15). Il nomme ainsi le regard troublé par la jalousie. L’œil malade admire, envie et juge le prochain tout en même temps. Quand j’admire mon prochain pour ses qualités mais qu’en même temps, il me rend jaloux, mon œil devient mauvais. Je ne vois plus la réalité telle qu’elle est, et il peut même m’arriver de juger un autre pour un mal imaginaire qu’il n’a jamais fait.

C’est encore un désir de domination qui peut inciter à juger. C’est pourquoi, dans le passage déjà cité, Paul écrit : « Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? ». Qui juge son prochain s’érige en maître, et il usurpe, de fait, la place de Dieu. Or nous sommes appelés à « regarder les autres comme nos supérieurs » (Philippiens 2, 3). Il ne s’agit pas de se déconsidérer soi-même, mais de se mettre au service des autres au lieu de les juger.

Est-ce que renoncer à juger conduit à l’indifférence et à la passivité ?

En une même phrase, l’apôtre Paul utilise le mot juger dans deux sens différents : « Cessons de nous juger les uns les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber » (Romains 14, 13). L’arrêt des jugements mutuels ne conduit pas à la passivité, mais elle est une condition pour une activité et des comportements justes.

JESUS n’invite pas à fermer les yeux et à laisser les choses aller. Car aussitôt après avoir dit de ne pas juger, il continue : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? » (Luc 6, 39). JESUS souhaite que les aveugles soient aidés à trouver le chemin. Mais il dénonce les guides incapables. Ces guides un peu ridicules sont, selon le contexte, ceux qui jugent et condamnent. Sans renoncer à juger, il est impossible de voir clair pour entraîner d’autres sur le bon chemin.

Voici un exemple tiré de la correspondance de Barsanuphe et Jean, deux moines de Gaza du VIe siècle. Après avoir blâmé un frère pour sa négligence, Jean est peiné de le voir triste. Il est encore blessé quand, à son tour, il se sent jugé par ses frères. Pour trouver le calme, il décide alors de ne plus faire de remarques à personne, et de ne s’occuper que de ce dont il serait seul responsable. Mais Barsanuphe lui fait comprendre que la paix du Christ n’est pas dans le repli sur soi-même. Il lui cite à plusieurs reprises une parole de l’apôtre Paul : « Reprends, réprimande, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire » (2 Timothée 4, 2).

Laisser les autres tranquilles, cela peut encore être une forme subtile de les juger. Si je ne veux m’occuper que de moi-même, serait-ce peut-être que je ne considère pas les autres comme dignes de mon attention et de mes efforts ? Jean de Gaza décide de ne plus reprendre aucun de ses frères, mais Barsanuphe comprend qu’en fait, il continue à les juger dans son cœur. Il lui écrit : « Ne juge ni ne condamne personne, mais avertis-les comme de véritables frères » (Lettre 21). C’est en renonçant aux jugements que Jean deviendra capable d’un vrai souci des autres.

« Ne portez pas de jugement prématuré, laissez venir le Seigneur » (1 Corinthiens 4, 5) : Paul recommande la plus grande retenue dans le jugement. En même temps, il demande avec insistance de se soucier des autres : « Reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous » (1 Thessaloniciens 5,14). Par expérience, il savait ce que reprendre sans juger pouvait coûter : « Trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé de reprendre avec larmes chacun d’entre vous » (Actes 20, 31). Seule la charité est capable d’un tel service.





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 22 Jan 2016, 8:37 pm




La miséricorde


« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Matthieu 5, 7). Aux miséricordieux, JESUS ne promet rien d’autre que ce qu’ils vivent déjà : la miséricorde. Dans toutes les autres béatitudes, la promesse contient un plus, mène plus loin : ceux qui pleurent seront consolés, les cœurs limpides verront Dieu. Mais qu’est-ce que Dieu pourrait donner de plus aux miséricordieux ? La miséricorde est plénitude de Dieu et des humains. Les miséricordieux vivent déjà de la vie même de Dieu.

« Miséricorde » est un vieux mot. Au cours de sa longue histoire, il a pris un sens très riche. En grec, langue du Nouveau Testament, miséricorde se dit éléos. Ce mot nous est familier dans la prière Kyrie eleison, qui est un appel à la miséricorde du Seigneur. Éléos est la traduction habituelle, dans la version grecque de l’Ancien Testament, du mot hébreu hésèd. C’est un des plus beaux mots bibliques. Souvent, on le traduit tout simplement par amour.

Hésèd, miséricorde ou amour, fait partie du vocabulaire de l’alliance. Du côté de Dieu, il désigne un amour inébranlable, capable de maintenir une communion pour toujours, quoi qu’il arrive : « Mon amour ne s’écartera pas de toi » (Isaïe 54, 10). Mais comme l’alliance de Dieu avec son peuple est une histoire de ruptures et de recommencements dès le départ (Exode 32 – 34), il est évident qu’un tel amour inconditionnel suppose le pardon, il ne peut être que miséricorde.

Éléos traduit encore un autre mot hébreu, celui de rahamîm. Ce mot va souvent de pair avec hésèd mais est plus chargé d’émotions. Littéralement, il signifie les entrailles, c’est une forme plurielle de réhèm, le sein maternel. La miséricorde, ou la compassion, est ici l’amour ressenti, l’affection d’une mère pour son petit enfant (Isaïe 49, 15), la tendresse d’un père pour ses fils (Psaume 103, 13), un amour fraternel intense (Genèse 43, 30).

La miséricorde, au sens biblique, est bien plus qu’un aspect de l’amour de Dieu. La miséricorde est comme l’être même de Dieu. Par trois fois devant Moïse, Dieu prononce son nom. La première fois, il dit : « Je suis qui je suis » (Exode 3, 14). La deuxième fois : « Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde » (Exode 33, 19). Le rythme de la phrase est le même mais la grâce et la miséricorde se substituent à l’être. Pour Dieu, être qui il est, c’est faire grâce et miséricorde. Ce que confirme la troisième proclamation du nom de Dieu : « Le Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en miséricorde et en fidélité » (Exode 34, 6).

Cette dernière formule a été reprise dans les prophètes et dans les psaumes, en particulier dans le psaume 103 (verset 8). Dans sa partie centrale, (versets 11 à 13), ce psaume s’émerveille de l’envergure inouïe de la miséricorde de Dieu. « Comme est la hauteur des cieux sur la terre, sa miséricorde… » : elle est la hauteur de Dieu, sa transcendance. Mais elle est aussi son humanité, si l’on ose dire : « Comme est la tendresse d’un père pour ses fils… ». Si transcendante et si proche à la fois, elle est capable d’enlever tout mal : « Comme est loin l’orient de l’occident, il éloigne de nous nos péchés. »

La miséricorde est ce qu’il y a de plus divin en Dieu, elle est aussi ce qu’il y a de plus accompli en l’homme. « Il te couronne de miséricorde et de tendresse », dit encore le psaume 103. Il faut lire ce verset à la lumière d’un autre verset du psaume 8 où il est dit que Dieu couronne l’être humain « de gloire et de beauté ». Créés à son image, les humains sont appelés à partager la gloire et la beauté de Dieu. Mais c’est la miséricorde et la tendresse qui nous font réellement participer à la vie même de Dieu.

La parole de JESUS : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6, 36) fait écho à l’ancien commandement : « Soyez saints comme moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lévitique 19, 2). À la sainteté, JESUS a donné le visage de la miséricorde. C’est la miséricorde qui est le plus pur reflet de Dieu dans une vie humaine. « Par la miséricorde envers le prochain tu ressembles à Dieu » (Basile le Grand). La miséricorde est l’humanité de Dieu. Elle est aussi l’avenir divin de l’homme.



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mar 02 Fév 2016, 8:29 pm




La miséricorde

Si Dieu est miséricordieux, pourquoi la Bible contient-elle des menaces ?


La Bible nous dessine le portrait d’un Dieu qui est Amour et qui veut pour les humains une vie surabondante. Si cette certitude vient à nous grâce au Christ JESUS, elle se trouve déjà en filigrane dans les Écritures d’Israël. La Bible commence par le récit de la création, mettant en scène un Dieu qui, loin de garder ses biens jalousement pour lui, désire tout partager avec les autres êtres qu’il appelle à l’existence. Nous trouvons par la suite le cœur de la foi d’Israël, l’épopée de Dieu qui libère un groupe d’esclaves et en fait son peuple à lui, appelé à être, par la qualité de leur vie ensemble, un signe de sa présence et de sa compassion au milieu de sa création.

Même plus : Dieu ne renonce jamais à son projet d’amour. Quand son peuple s’éloigne de lui, il continue à chercher le moyen de le remettre sur le bon chemin. Toujours prêt à pardonner, à la différence des humains (voir Isaïe 55, 6-9), il se révèle comme « le Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Psaume 86, 15).
Si l’on décrit Dieu comme « lent à la colère », peut-il se mettre quand même en colère ? Lors de la traversée du désert, nous lisons à plusieurs reprises que « la colère du Seigneur s’enflamma contre son peuple » désobéissant (Nombres 11,33 ; cf. 11, 1 ; 12, 9). En outre, dans les livres prophétiques, nous voyons parfois les hommes de Dieu s’insurger contre les fautes du peuple avec verve et même un certain emportement. Or, de nos jours, on voit mal comment les menaces et la colère pourraient aller de pair avec un Dieu de tendresse et de pardon.

Il ne faut pas, cependant, voir « la colère de Dieu » et son pardon comme diamétralement opposés, mais plutôt comme les deux faces d’une seule et même réalité. La notion de « colère », appliquée à Dieu, veut souligner le fait que son amour ne saurait rien tolérer qui fasse obstacle à la vie ou la détruise, en bref ce qu’on appelle le mal. Si Dieu aime véritablement, il ne peut rester indifférent en voyant cet amour bafoué, rejeté, car ce serait alors se résigner au fait que va échouer le dessein de donner la vie en plénitude.

Quand la Bible nous présente des paroles apparemment dures, elles sont à interpréter comme le cri du cœur – de Dieu ou de son porte-parole – indiquant les conséquences du rejet d’un amour toujours offert. Loin de contredire l’amour, ce qu’on appelle « la colère de Dieu » est paradoxalement une expression de cet amour, mis provisoirement en échec par la liberté humaine. Mais alors la question se pose : si Dieu est Amour, cet amour ne doit-il pas à la fin vaincre toutes les résistances ? Le vrai problème n’est pas tant de savoir s’il y a de la colère en Dieu, mais comment cette colère peut être efficace, éliminant le mal sans faire violence à la liberté de son vis-à-vis.

L’Évangile permet-il de résoudre le dilemme d’un amour refusé ?

La vision biblique de Dieu semble nous placer devant un dilemme : d’un côté Dieu ne peut qu’aimer, de l’autre il ne peut tolérer le mal. Dans le langage de la Bible, l’amour divin semble voué à se dédoubler en miséricorde et en colère, sans que l’une ne puisse jamais recouvrir totalement l’autre.

C’est l’expérience des prophètes qui indique une issue à ce dilemme. D’abord celle d’Osée, lui qui est obligé d’épouser une femme infidèle. Blessé par l’infidélité de son épouse, le prophète la menace, mais il se rend vite compte qu’à cause de son amour pour elle, en lui faisant mal il se ferait autant – si ce n’est plus – de mal à lui-même. Il saisit ainsi que ce que les humains éprouvent comme la colère divine n’est en fait que la face extérieure de la souffrance qu’a Dieu de voir son amour rejeté.

Le prophète Jérémie poursuit dans cette ligne. Face au refus du peuple d’écouter les mises en garde qu’il doit proclamer au nom de Dieu, Jérémie est écartelé en sa propre chair par l’opposition entre les deux : « Que mes yeux versent des larmes, jour et nuit sans tarir, car d’une grande blessure est blessée la vierge fille de mon peuple » (14, 17). Il devient, par sa douleur intérieure, le trait d’union entre ses compatriotes et son Dieu.
Encore un pas, et nous arrivons à la figure mystérieuse du Serviteur du Seigneur (Isaïe 53). Tout comme Jérémie, cet homme innocent, l’envoyé de Dieu, prend sur lui la souffrance inavouée des coupables, mais en plus, cette souffrance assumée permet leur guérison. C’est comme si le pardon pouvait seulement arriver à son but s’il ne tombe pas d’en haut mais passe par le bas, s’il s’exprime par une solidarité vécue avec les faiseurs de mal, jusqu’au bout.

Cette évolution nous donne la clef pour comprendre le sort de JESUS : « Le Christ a souffert pour vous […] lui qui n’a pas commis de faute ; lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice ; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris » (1 Pierre 2,21-24).

Dans le don de la vie du Christ, nous entrevoyons ainsi ce que saint Jean, dans un raccourci saisissant, appelle « la colère de l’Agneau » (Apocalypse 6, 16). Si la « colère divine » est un autre nom pour la passion d’un amour refusé, cet amour peut être efficace uniquement s’il assume pleinement les conséquences d’un tel refus. La colère doit donc se muer en souffrance par solidarité, s’identifiant ainsi à l’extrême de la miséricorde. N’offrant aucune résistance au mal, le Christ l’engouffre dans un abîme de bonté. La mort perd son aiguillon (voir 1 Corinthiens 15, 54-57) pour devenir un chemin vers la Vie.


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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 13 Fév 2016, 8:16 pm




La présence de Dieu

Si Dieu est présent en chacun, qu’est-ce que la foi apporte de plus ?

Face au miracle de la vie, de notre corps si complexe et si bien « tissé » (Ps 139), beaucoup de gens se disent qu’en l’être humain se trouve une sorte d’étincelle divine pour le faire vivre. C’est étonnant que notre mentalité moderne si marquée par la science retombe sur les mêmes conclusions que la « médecine » de l’Ancien Testament. Oui, selon la Bible, Dieu donne un Souffle à l’être humain, et dans ce Souffle de vie Dieu peut se rendre présent. (voir Genèse 2). Souffle et Esprit sont un seul et même mot dans l’hébreu biblique. Le désir du croyant, c’est que Dieu nous habite par son Esprit « qui se joint au nôtre » (Romains 8,16) pour « l’unir au Seigneur et ne faire avec lui qu’un seul esprit » (1 Corinthiens 6,17).
Si donc nous avons Dieu en nous et que tout semble déjà donné, à quoi cela peut-il bien servir d’avoir la foi ?
Lors de la rencontre européenne de Bruxelles, le Cardinal Danneels s’est adressé aux participants dans ces termes : « Je rends grâces à Dieu parce que tous les soirs, à deux pas de l’Atomium, qui est le symbole des hommes qui scrutent la matière jusqu’en ses profondeurs, 40 000 jeunes sont venus ici pour scruter les choses de Dieu. Dans les moments de silence au cœur des célébrations, l’Esprit Saint crée en nous un creux, une sorte de petite crèche où l’Enfant JESUS peut naître. »
Il est si facile de remplir les « creux » par des besoins artificiels. C’est peut-être justement en cela que la foi est essentielle : c’est elle qui débouche les désirs de l’âme. La foi est attente, « elle est la garantie des biens que l’on espère, la réalité des choses qu’on ne voit pas » (Hébreux 11,1), et en cela, elle enseigne à l’âme à désirer. Et comme dit saint Augustin : « Dieu, en faisant attendre, étend le désir ; en faisant désirer, il étend l’âme ; en étendant l’âme, il la rend capable de recevoir. » (Commentaire d’I Jean, 4, 6)
La présence de Dieu en nous est aussi appel. Dieu nous appelle, non pas seulement à le recevoir, mais à « devenir semblables à lui » (1 Jean 3,2). Dès le IIe siècle, saint Irénée de Lyon ose affirmer : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour quel l’homme devienne Fils de Dieu. » (Contre les hérésies, III, 10, 2). Par le Fils, l’Esprit s’est préparé à habiter tout être humain : « L’Esprit est aussi descendu sur le Fils de Dieu devenu fils de l’homme, s’habituant avec lui à habiter dans le genre humain, à se reposer parmi les hommes. » (III, 17, 1). La foi est la participation active de notre désir à cette transfiguration. Elle est désir de devenir fils dans le Fils, de participer activement à l’œuvre de Dieu.



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 26 Fév 2016, 8:37 pm




La réconciliation

Quels sont les présupposés pour un dialogue véritable entre chrétiens de confessions différentes ?


Dialoguer avec des chrétiens d’autres confessions, c’est apprendre à devenir partenaires plutôt qu’adversaires. Il ne s’agit pas de se faire des concessions mutuelles, comme en diplomatie. Il s’agit de chercher ensemble à découvrir le plus totalement possible le visage du Christ, sa volonté pour le monde, pour l’Église, pour la famille humaine toute entière. Aucune tradition ne peut prétendre tout posséder du Christ. Prendre conscience de cela, c’est découvrir que nous avons besoin les uns des autres pour faire briller son visage dans toute sa splendeur. « Le christianisme, disait un théologien du XXe siècle, est la religion dont la particularité est de se penser sous le signe du « pas sans l’autre. » » De ce qui peut surgir de chrétiens qui savent valoriser et mettre en commun leurs dons, le monde a un urgent besoin. C’est ainsi que frère Alois écrivait dans son Appel à la réconciliation des chrétiens : « Comment répondre aux défis nouveaux de nos sociétés, notamment ceux de la sécularisation et de l’entente entre les cultures, sans réunir les dons de l’Esprit Saint déposés dans toutes les familles chrétiennes ? »

Il fut un temps où un rapport d’antagonisme déterminait toute rencontre entre chrétiens de confessions différentes. Peu de vrais « dialogues », mais bien des « monologues juxtaposés ». Au lieu de chercher la part de vérité qui se trouve chez l’autre, il fallait à tout prix prendre le contrepied. Ainsi sont nés bien des caricatures et des stéréotypes, des oppositions artificielles dont on peine à sortir encore de nos jours. Tout cela amène à un appauvrissement mutuel, non seulement parce que les dons des autres sont délaissés, mais également parce que le besoin de prendre le contrepied fait relire sa propre tradition d’une manière qui la déforme.

Si je ne cherche pas à découvrir l’autre avec le meilleur de ce qu’il porte en lui, je ne dialogue pas. Il me faut apprendre à écouter. Il ne m’est pas demandé de renoncer à la vérité, d’être d’accord avec tout. Mais il se peut que je sois appelé à accepter qu’il peut exister une autre façon de poser les problèmes, d’autres points de départs et d’aboutissements qui ont leur légitimité, d’autres mots au service de la foi. Plus je serai fermement attaché à l’essentiel, moins j’aurai peur d’accepter les diversités qui ne menacent pas cet essentiel.

Dialoguer comme partenaires, c’est ne plus trouver son identité en s’isolant ou en s’opposant aux autres, mais dans la relation et l’échange. Cela ressemble tellement plus à la vie !



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 09 Mar 2016, 8:21 pm




La réconciliation

Comment concilier diversité et réconciliation ?


Quand il est question d’une réconciliation entre individus ou groupes au nom de la foi, on entend parfois s’exprimer la crainte que cela conduise à une uniformité qui porterait atteinte à la spécificité de chaque partie. Ne va-t-on pas perdre ce qu’il y a de plus authentique dans son propre cheminement ? Pire encore, la partie la plus forte ne risque-t-elle pas d’engloutir les autres en imposant sa vision des choses ?

Une telle crainte méconnaît la vision de l’unité qui est propre à la perspective biblique et qui se trouve aux antipodes de nos idées habituelles. Notre monde part en général de l’autonomie de chaque individu ou groupe, puis se demande comment établir des rapports entre ces réalités disparates. Comme les relations dépendent des parties en présence, il n’est pas surprenant qu’elles soient fragiles, toujours prêtes à se déliter. La seule unité durable semble être une union imposée par la force.

Dans la Bible, par contre, c’est la relation qui est fondamentale. Les parties trouvent leur identité et leur existence par les liens qui les unissent les unes aux autres. Si Dieu est Père et Fils dans l’unité d’un même Souffle, il s’ensuit que chaque personne de la Trinité subsiste seulement par sa référence aux autres. Si Dieu est Créateur, cela signifie que l’univers n’existe qu’en tant qu’il dépend de son Origine. Si Israël – puis l’Église – se définissent comme peuple de Dieu, leur identité est déterminée par l’appel divin et leur réponse humaine. L’unité ne se fait pas au détriment de l’identité de chaque élément, au contraire elle rend à chacun ce qu’il doit être. C’est ce que saint Paul cherche à faire comprendre en employant l’image du corps : « Comme nous avons plusieurs membres en un seul corps et que ces membres n’ont pas tous la même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps en Christ (…) et nous avons des dons qui diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée. » (Romains 12, 4-6)

La réconciliation avec Dieu et avec les autres n’est pas à comprendre comme un rapprochement entre des êtres originellement indépendants. Selon les premiers chapitres de la Bible l’homme, créé à l’image de Dieu et donc implicitement son fils (voir Genèse 5,3), élabore le projet d’être « comme Dieu » tout en étant séparé de lui. Une telle autonomie illusoire ne conduit qu’à la ruine et entraîne une rupture avec ses semblables. Si Dieu ne se résigne pas à cet état de faits mais envoie son Fils pour se réconcilier le monde (voir 2 Corinthiens 5,18-19), c’est pour restaurer la condition véritable des humains, les faire devenir ce qu’ils sont en lui de toute éternité. Chaque élément diversifié retrouve son sens authentique en regagnant sa juste place au sein d’un univers réconcilié.


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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 23 Mar 2016, 8:42 pm






Le péché

Devons-nous regretter nos péchés ?


Au moment où l’apôtre Pierre se rendit compte de ce qu’il avait fait en reniant le Christ, il « pleura amèrement » (Matthieu 26,75). Quelques semaines plus tard, le jour de la Pentecôte, il rappela aux habitants de Jérusalem combien était scandaleuse l’exécution de JESUS innocent. Et ceux-ci, « d’entendre cela, eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : ‘Frères, que nous faut-il donc faire ?’ » (Actes 2,37). Le regret colle aux fautes comme une ombre dont il est difficile de se défaire.

Ce regret est ambigu : il peut enfoncer dans le désespoir ou conduire au repentir. Déçu de lui-même, Pierre aurait pu désespérer. Il existe une « tristesse du monde qui produit la mort ». Mais le souvenir de l’amour du Christ a changé les larmes de Pierre en « tristesse selon Dieu, qui produit un repentir salutaire » (2 Corinthiens 7,10). Son regret est alors devenu un passage, une porte étroite donnant sur la vie. La tristesse mortelle, par contre, c’est le regret dépité de celui qui ne compte que sur ses propres forces. Quand celles-ci se révèlent insuffisantes, il se met à se mépriser lui-même, jusqu’à la haine de soi.

Il n’y a peut-être pas de repentir sans regret. Mais la différence entre les deux est énorme. Le repentir est un don de Dieu, une activité cachée de l’Esprit saint qui attire à Dieu. Pour regretter mes fautes, je n’ai pas besoin de Dieu, je le peux tout seul. Dans le regret, je me concentre sur moi-même. Par le repentir, au contraire, je me tourne vers Dieu, m’oubliant et m’abandonnant à lui. Le regret ne répare pas la faute, mais Dieu, à qui je viens dans le repentir, « dissipe mes péchés comme un brouillard » (Isaïe 44,22).

« Pécher » signifie « manquer le but ». Comme Dieu nous a faits pour vivre en communion avec lui, le péché est la séparation d’avec Dieu. De cet éloignement de Dieu, le regret ne pourra jamais nous libérer. Il peut même, s’il nous enferme en nous-mêmes, nous éloigner encore plus de Dieu et donc aggraver le péché ! Selon une parole un peu énigmatique de JESUS, le péché c’est « qu’ils ne croient pas en moi » (Jean 16,8). La racine du péché, le seul péché dans le sens fort du mot, c’est l’absence de confiance, c’est de ne pas accueillir l’amour du Christ.

Un jour, une femme vient trouver JESUS. Elle pleure et, avec ses larmes, lui lave les pieds. Tandis que d’autres sont scandalisés, le Christ comprend et admire. Cette femme regrette ses fautes, mais son regret n’est pas amer, il ne la paralyse pas. Elle fait confiance et s’oublie. Et JESUS de dire : « Ses nombreux péchés ont été pardonnés : elle a montré beaucoup d’amour » (Luc 7,47). Sur la foi de cette parole, elle n’a plus rien à regretter. Qui devrait regretter d’aimer beaucoup ? Par la grâce de Dieu, nos propres péchés peuvent nous conduire à aimer plus. Et alors le regret doit céder la place à la gratitude : « Remerciez en tout temps pour tout » (Ephésiens 5,20).

Qu’est-ce que le péché originel ?

Dès l’apparition de la vie, il y a l’énigme de la mort. Dans le monde animal, la mort peut paraître naturelle, mais pour les humains de tous les temps, elle fait question. Pourquoi ceux que nous aimons s’en vont-ils à jamais ? Nous voudrions vivre heureux, sans que le bonheur prenne brusquement fin. C’est ainsi que, depuis des temps immémoriaux, le désir d’une vie heureuse a produit de multiples représentations d’un âge d’or où « tout était encore bien ». Les histoires qui en parlent essaient d’expliquer par quelle faute la mort est apparue dans le monde.

La Bible puise dans ces traditions. La Genèse commence par célébrer la bonté originelle de la création (chapitres 1 et 2). Ensuite elle met les peines de l’existence, surtout la mort et la violence fratricide, en rapport avec des fautes commises à l’origine (chapitres 3 et 4). Mais ce qui frappe dans le récit biblique, c’est que les péchés originels ne sont pas autres que nos propres péchés : le refus de faire confiance à Dieu, la demi-vérité pour se tirer d’affaire, le rejet de la faute sur l’autre, le déni de la responsabilité. Sans répondre au pourquoi du mal, la Genèse renvoie la balle à chaque lecteur. Adam ou Ève, Caïn et Abel, c’est nous.

Dans le Nouveau Testament, le péché originel devient un concept plus explicite. Pour l’apôtre Paul, Adam représente l’unité du genre humain, et la faute d’Adam signifie que, quant au péché, il n’y a pas de différence entre les hommes : « Tous sont soumis au péché, comme il est écrit : Il n’est pas de juste, pas un seul » (Romains 3,9-10). Mais Paul ne s’intéresse à Adam que pour proclamer le rayonnement du Christ, tout aussi universel, sinon plus encore, que la contagion du péché : « Si, par la faute d’un seul, tous les hommes sont morts, combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d’un seul homme, JESUS Christ, se sont-ils répandus à profusion sur tous » (Romains 5,15).

Parler de péché originel est donc une manière de dire que le salut est universel avant d’être individuel. Le Christ n’est pas venu pour arracher quelques-uns au monde mauvais, mais pour sauver l’humanité. Tous sont pécheurs, les mains vides devant Dieu. Mais à tous, Dieu offre le don de son amour. « Dieu, dans le Christ, se réconciliait le monde » (2 Corinthiens 5,19). Ce que le Christ a fait « procure à tous une justification qui donne la vie » (Romains 5,18). Personne ne peut, par ses propres forces, se soustraire aux impasses qui sont le destin commun de tous les humains. Mais, par le Christ, l’humanité est sauvée, et chacun peut désormais accueillir ce salut.

JESUS a évoqué le péché originel à sa manière : « Du cœur des hommes sortent les desseins pervers : débauches, vols, meurtres… » (Marc 7,21). Et pourtant, il condamne peu, il est compatissant. En prenant conscience que tout être humain porte la blessure du péché, peut-être devenons-nous, nous aussi, plus miséricordieux. A la suite de JESUS, nous sommes appelés à porter remède plutôt qu’à dénoncer sans pitié. Il ne s’agit pas de minimiser la gravité des fautes, mais de savoir qu’il n’y a pas de péché que le Christ ne serait pas venu enlever en donnant sa vie sur la croix.

Lettre de Taizé : 2003/5





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 08 Avr 2016, 10:12 pm




La souffrance des innocents


Que dit la Bible sur la souffrance des innocents ?

L’objection d’Ivan Karamazov, dans le célèbre roman de Dostoievski, reste pour beaucoup le plus grand obstacle à la foi en un Dieu d’amour : peut-on avoir confiance en Dieu dans un monde où des enfants sont torturés ? Si Dieu est bon, comment peut-il permettre la souffrance des innocents ?

Témoin de la recherche spirituelle des humains à travers les siècles, la Bible est elle-même aux prises avec cette question. Les psaumes nous présentent le désarroi des fidèles face au bonheur des méchants et au malheur des justes : « Pourquoi aurais-je gardé un cœur pur, lavant mes mains en l’innocence ? Quand j’étais frappé tout le jour, et j’avais mon châtiment chaque matin ?... Je crie vers toi, Seigneur, le matin ma prière te prévient ; pourquoi repousses–tu mon âme, caches-tu loin de moi ta face ? » (Psaume 73,13-14 ; 88,14-15). Manifestement, la vieille explication qui lie peine et péché ne fonctionne pas toujours, il existe des cas innombrables où la souffrance n’est pas la conséquence d’une existence loin de Dieu.

Au cœur des Écritures hébraïques, la figure de Job est le type même de cette interrogation. Homme juste et pieux, abreuvé d’épreuves, il refuse de lâcher aussi bien l’affirmation de son innocence, que sa relation avec le Seigneur. Restant accroché à ces deux pôles jusqu’au bout, Job voit sa dispute avec le Seigneur déboucher sur une percée nouvelle. Il ne s’agit pas d’une explication intellectuelle, voire d’une justification de la souffrance, chose monstrueuse que Dieu ne peut jamais offrir, mais plutôt la révélation d’un contexte où tout change de couleur. Job saisit que la tentative de solution qui rejette sur Dieu la responsabilité de la souffrance conduit à une impasse, à la plus totale des méprises. Cette fausse piste écartée, le champ est désormais déblayé pour une vision plus vraie.

En fait, cette vision est là depuis les débuts de la révélation biblique. Le premier innocent que nous rencontrons dans les pages de la Bible est Abel, injustement tué par son frère Caïn. Or l’auteur de la Genèse écrit à son propos des paroles stupéfiantes : « Le Seigneur dit à Caïn : Qu’as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! » (Genèse 4,10). Dans la Bible le sang, c’est la vie (voir Lévitique 17,11.14), et cette vie écrasée par la malice humaine retrouve paradoxalement une voix. Loin d’être étouffé par la violence des hommes, le désir de vie qui habite le cœur de la victime est libéré par son innocence blessée. Son cri parvient jusqu’à Dieu et provoque son intervention.

Cette même dynamique entre au cœur de l’histoire du salut dans le récit de l’Exode. Ce qui fait descendre Dieu sur terre n’est pas quelque acte de prouesse ou de dévouement de la part des humains, mais bien le cri qui jaillit de leur oppression. Le gémissement des esclaves met en route un vaste processus de libération à travers lequel Dieu se rend présent (voir Exode 2,23-25).

Avec les prophètes d’Israël, un pas de plus est accompli. Ils expérimentent jusque dans leur chair que Dieu, l’Innocent par excellence, est rejeté par un peuple qui se veut autosuffisant. Tel Osée, contraint de supporter avec patience la trahison de sa bien-aimée, image de la fidélité de Dieu à son peuple infidèle. Tel Jérémie, en butte à l’exclusion et à la persécution, « homme de querelle et de discorde pour tout le pays », condamné à rester seul avec une « blessure incurable » (Jérémie 15,10.17-18). Il faudrait du temps pour comprendre que ces hommes nous donnent, en fait, un aperçu du cœur de Dieu lui-même, lorsqu’ils souffrent de ne pas être écoutés ni compris.

Si la vie des prophètes révèle que la souffrance des innocents n’est pas seulement une incitation à l’action de Dieu pour rétablir la justice, mais aussi le lieu privilégié où les humains peuvent entrer dans son mystère, une figure mystérieuse qu’on trouve en Isaïe 40–55 exprime cette vérité en toutes lettres. Il s’agit d’un être, décrit comme le dernier des derniers, « objet de mépris », qui attire comme un aimant toute la malice des autres pour la transformer en souffrance (voir Isaïe 53). Mais voici que cet homme apparemment rejeté est en fait le Serviteur de Dieu, c’est-à-dire quelqu’un qui réalise sur terre le dessein divin de salut. Si « le Seigneur s’est plu à l’écraser par la souffrance » (Isaïe 53,10), c’est afin de l’exalter à la vue de tous, pour que tous voient en lui l’activité de Dieu lui-même : Dieu réconcilie avec lui ceux qui le rejettent en se chargeant lui-même des conséquences de leur infidélité.

Est-ce que la vie de JESUS nous dit quelque chose de plus ?

Ce n’est pas un hasard si les premiers chrétiens se sont attardés sur ces chapitres d’Isaïe, quand ils cherchaient dans les Écritures des lumières pour comprendre le sort de leur maître, JESUS. Les guérisons qu’il accomplit témoignent déjà de sa volonté d’assumer par amour les souffrances des autres (voir Matthieu 8,16-17). Mais c’est surtout sa façon d’affronter une mort atroce qui rompt le cercle infernal du mal. La condamnation d’un juste qui répond par le pardon (voir Luc 23,47.34) permet l’accomplissement du dessein de Dieu qui est de rendre justes les multitudes (voir Isaïe 53,10-11). Autrement dit, la souffrance d’un innocent vécue jusqu’au bout rend à tous les humains la légèreté d’une innocence retrouvée. Le sang de JESUS est « plus éloquent que celui d’Abel » (Hébreux 12,24) parce qu’il obtient la venue de Dieu sur terre comme source intarissable d’une vie nouvelle.

Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse de saint Jean, explicite ce processus au chapitre 6, à travers sa vision du déroulement de l’histoire humaine. Il s’agit d’un livre scellé de sept sceaux. Les quatre premiers décrivent l’humanité laissée à elle-même, suivant une courbe inexorable qui descend vers la mort. Avec le cinquième sceau nous entrons dans le mouvement inverse, l’activité salvatrice de Dieu. Et cela commence justement avec le cri des « âmes de ceux qui furent égorgés… » (Apocalypse 6,9-11), en qui il faut voir non seulement les martyrs chrétiens, mais « tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang de l’innocent Abel » (Matthieu 23,35 ; voir Apocalypse 18,24). En Dieu, le sang des innocents reçoit une efficacité qui contrecarre les effets destructeurs de la violence. Leur apparente défaite inaugure un mouvement de libération qui culmine dans la croix du Christ.

C’est cela qui est manifesté par l’ouverture du sceau suivant, où il s’agit du « grand Jour de la colère de l’Agneau » (Apocalypse 6,17). La « colère de Dieu » est le terme technique utilisé dans la Bible pour exprimer sa réponse au péché qui vise le rétablissement de la justice bafouée. Ici, il se réfère à l’acte par lequel JESUS prend sur lui tout le mal humain en en subissant les conséquences jusqu’à l’extrême, dans son propre corps (voir 1 Pierre 2,21-24).

En donnant sa vie jusqu’au bout, JESUS partage le sort de toutes les victimes innocentes et assure ainsi que leur peine n’a pas été vaine. Il porte leurs souffrances à l’intérieur de sa propre relation avec celui qu’il appelle abba, Père, et, puisque le Père l’écoute toujours (voir Jean 11,42), nous avons la garantie que cette souffrance n’est pas perdue. Elle entraîne la disparition de l’ancien ordre mondial marqué par l’injustice, et l’apparition « de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre, où la justice habitera » (2 Pierre 3,13). Voici la réponse définitive, parce que vécue, donnée à Ivan Karamazov et à Job. Loin de tolérer ne fût-ce qu’un seul instant la souffrance des innocents, dans son Fils unique Dieu boit avec eux cette coupe amère jusqu’à la lie et, ce faisant, la transforme en coupe de bénédiction pour tous.

Lettre de Taizé : 2003/6




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 01 Mai 2016, 7:57 pm




Les différences entre chrétiens sont-elles un problème ou une richesse ?

Le présent article est un prolongement d’un passage de la "Lettre 2012 - Vers une nouvelle solidarité", dans lequel frère Alois écrit :



Nous devons reconnaître que nous les chrétiens, nous obscurcissons souvent ce message du Christ. En particulier, comment pouvons-nous rayonner la paix en restant divisés entre nous ?


Le monde actuel prend l’individu comme point de départ. Nos contemporains ont un fort sens de l’égalité, voire de la similitude, entre tous les humains, et supportent mal toutes les distinctions naturelles ou culturelles. Chacun devrait potentiellement pouvoir tout faire, être libre d’inventer sa propre existence. Une telle attitude mène, dans la vie concrète, à une exaltation de la diversité. L’identité entre tous semble aller de soi mais, concrètement, c’est la pluralité qui l’emporte.

Il n’est pas surprenant qu’une telle vision des choses ne favorise pas la communion. Quel est le « ciment » capable de relier toutes les unités identiques et séparées ? Ainsi, dans la vie de l’Église, il arrive qu’on vante la diversité d’approches tandis que l’unité reste théorique. Et voici que certains essayent, par réaction, d’imposer une uniformité et d’exclure ce qui n’entre pas dans le moule commun. La vision biblique permet de sortir de cette impasse. Elle ne part pas de l’individu, mais d’un Dieu d’amour qui appelle les êtres à l’existence (voir Rm 4,17). Et il ne les appelle pas un par un, mais bien pour un projet commun. C’est le Christ JESUS qui nous révèle ce projet : que l’humanité accueille la vie même de Dieu, source d’une amitié universelle, pour former un seul Corps (voir Col 3,15).

Dans cette perspective, chaque personne a un rôle irremplaçable à jouer, des dons uniques à faire fructifier, mais toujours à l’intérieur d’une communion englobante. Je ne dois pas tout faire, tout avoir, puisque les autres suppléent à mes manques. J’ai même besoin d’eux, car tout seul je ne m’en sortirais pas. En même temps, mon apport est essentiel pour la marche en avant de l’ensemble.

Saint Paul explique cela par l’image bien connue du corps (voir Rm 12,4-5 ; 1 Co 12). Cette métaphore relie une grande diversité à une forte unité. Si la main voulait être à tout prix la tête, ou le cœur le pied, le corps entier ne fonctionnerait plus. Et même les membres apparemment les plus insignifiants ont une fonction absolument nécessaire. En fait, il n’y a pas à proprement parler de membre plus grand ou plus petit, parce qu’il ne s’agit pas d’une concurrence mais d’une seule vie partagée.

Un chrétien ne doit pas avoir peur de ses limites ou nier les différences qui le constituent. Sachant qu’il ne crée pas sa propre existence de toutes pièces, c’est à lui de découvrir les dons spécifiques mis en lui par Dieu pour les faire fructifier. Il doit mettre ces dons au service de tout le Corps. La même chose est vraie, d’ailleurs, des différentes communautés chrétiennes. Leur « droit à la différence » n’a de sens qu’à l’intérieur du projet global de Dieu de « ramener toutes choses à l’unité sous le Christ » (Ep 1,10). Si l’on perd de vue cette communion universelle, les différences peuvent bien être un problème. À l’intérieur de ce projet, par contre, elles sont une grande richesse, reflet de la « grâce bariolée de Dieu » (1P 4,10).





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 22 Mai 2016, 8:07 pm




Le monde

Peut-on vraiment améliorer le monde ?


Après un vingtième siècle où tant d’espoirs ont été déçus, où tant d’espérances ont été détournées, comment parler de ce que nous pouvons faire pour changer le monde ou l’améliorer ? Le discours désabusé est-il le seul possible ? La résignation serait-elle sagesse ? L’abdication passerait-elle pour de la lucidité ? Faudrait-il rejoindre le rang des fatalistes pour être intelligents ? Celui qui donne le meilleur de ses énergies sera-t-il condamné à dire un jour, comme le serviteur souffrant d’Isaïe : « Je me suis fatigué pour du vent ? »
Se poser ces questions, c’est finalement poser la question de notre liberté, du champ ouvert et disponible à notre action. Avant de commenter l’approche que frère Roger avait de ces questions, la philosophe Marguerite Léna rappelait ce mot de Kierkegaard : « Il n’y a plus de liberté là où il n’y a plus de possible. » Et elle poursuivait : « Ce possible qui est la respiration de la liberté, frère Roger a toujours travaillé à le restaurer et à l’ouvrir. » Ouvrir le champ du possible, refuser au fatalisme toute tentative de le comprimer, « l’élargir », au contraire, en maintenant « dans le paysage de la société le vert de l’espérance », comme l’a écrit un jour le Cardinal Danneels, voilà une tâche à laquelle des chrétiens peuvent s’atteler avec beaucoup d’autres.
Rowan Williams, Archevêque de Canterbury, semblait avoir le même souci d’élargir lorsqu’il écrivait aux participants de la rencontre européenne de jeunes à Genève : « Avoir la foi, c’est vouloir vivre de façon à montrer que Dieu est vivant. Et cela signifie vivre de manière à montrer qu’il existe plus de possibilités que celles que le monde reconnaît. »
Au long de l’histoire, des chrétiens ont su faire preuve d’inventivité. Leur foi les a conduits à innover. Ainsi sont nés les premiers hôpitaux et les soins donnés gratuitement aux malades au temps de Saint Basile de Césarée, au ive siècle et sans doute déjà bien avant. Traitant d’un autre changement dans l’Antiquité, une historienne s’étonnait que l’histoire ait si peu retenu les noms de Mélanie et Pinien. Jouissant de la plus grosse fortune de l’empire romain, ces deux chrétiens contemporains de Saint Augustin décidèrent de libérer leurs esclaves et de tout partager avec eux. Pourquoi avoir si peu parlé des changements considérables que ce couple a introduits dans l’histoire ? Crainte de reconnaître le rôle positif joué par des chrétiens ? Ou crainte des chrétiens eux-mêmes de mettre en avant des choix aussi radicaux... ?
De nos jours, la période de paix sans précédent qui s’est ouverte avec la construction de l’Europe est là pour nous convaincre que nous aurions tort de sous-estimer ce qu’il est possible d’accomplir. Avec le croyant du iie siècle qui écrivait à Diognète au sujet des chrétiens, nous pouvons dire : « Si noble est le poste que Dieu leur a assigné, qu’il ne leur est pas permis de le déserter. »



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 10 Juin 2016, 7:10 pm




Si nous croyons à la vie d’éternité, pourquoi s’intéresser au sort de la planète ?


Dans l’Évangile, nous découvrons une espérance, celle de la vie d’éternité. Par là, la Bible indique qu’il y a un au-delà à la vie terrestre, que l’amour de Dieu n’est pas limité à notre existence ici-bas. Comme l’écrit l’auteur de la lettre aux Hébreux, nous sommes « à la recherche d’une patrie », et c’est « à une patrie meilleure » que nous aspirons, qui est « céleste » et non point terrestre (He 11,14.16). Ainsi, par la vie de JESUS, tout particulièrement par sa résurrection, Dieu nous invite à une vie au-delà de la vie.

Dès lors, s’intéresser au sort de la planète peut paraître secondaire : n’est-il pas dérisoire de vouloir à tout prix protéger un environnement, somme toute provisoire ? On pourrait même se demander si consacrer de grands efforts à la protection de la planète ne serait pas le signe d’un manque d’espérance en cette vie d’éternité... Mais à l’inverse, ne pas se soucier de cette Terre qui nous est confiée par Dieu semble surtout indiquer un manque de respect envers son œuvre créatrice. Certains, manquant d’un sens à leur vie, en viennent à ne plus prendre soin d’eux-mêmes et à avoir des attitudes autodestructrices ; on pourrait en dire autant d’une humanité désorientée qui n’aurait plus de respect pour cet environnement.

Ainsi, avoir confiance en cette vie éternelle devient plutôt un appel à sauvegarder dès maintenant la création de Dieu. Si Dieu nous juge dignes d’être accueillis auprès de lui pour toujours, cela indique sans doute que notre vie ici-bas reçoit elle aussi une valeur inestimable, et avec elle toute la création en constant renouvellement, elle qui « gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8,22). La création continuelle et le salut éternel sont un seul et même mouvement, celui de Dieu qui ne cesse de manifester son amour à toute l’humanité.

Croire en la vie d’éternité ne saurait donc être contradictoire avec le souci de l’environnement. Attendre l’au-delà promis par Dieu implique en effet de respecter l’ici-bas déjà donné par lui. C’est lui qui emplit tout l’univers : « le Seigneur, votre Dieu, est Dieu là-haut dans les cieux et ici-bas sur la terre » (Jos 2,11). Notre présence dans ce monde a un sens et l’espérance de la vie éternelle ne rend ce sens que plus profond encore. L’Évangile nous appelle à l’amour du prochain, à l’esprit d’émerveillement, qui sont autant de raisons de prendre soin du monde créé : mon comportement a aussi des conséquences pour mes frères et sœurs en humanité, et pour les générations futures.

Or, la création de Dieu désire vivre, aujourd’hui et pour toujours. Comme Albert Schweitzer le disait, « je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre » (La civilisation et l’éthique, 1976). La vie d’éternité est une promesse qui nous tient en éveil, une responsabilité pour aujourd’hui.

Dernière mise à jour : 9 janvier 2013





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 29 Juin 2016, 6:13 pm




Textes bibliques commentés

2016

juin

Jérémie 29, 1-14 : Un avenir et une espérance

De Jérusalem, le prophète Jérémie adressa une lettre à tous les conseillers, les prêtres, les prophètes et à l’ensemble des gens que Nabucodonosor avait déportés de Jérusalem à Babylone. Cette lettre fut envoyée après que le roi Yekonia, la reine mère, les hauts fonctionnaires, les chefs de Juda et de Jérusalem, ainsi que les artisans et les serruriers eurent dû quitter eux-mêmes Jérusalem. Or le roi Sédécias de Juda envoyait Élassa, fils de Chafan, et Guemaria, fils de Hilquia, à Babylone, auprès du roi Nabucodonosor. Jérémie leur confia sa lettre. Elle était ainsi rédigée : « Voici ce que déclare le Seigneur de l’univers, Dieu d’Israël, pour tous ceux qu’il a fait déporter de Jérusalem à Babylone : Construisez des maisons pour vous y installer ; plantez des jardins pour vous nourrir de ce qu’ils produiront. Mariez-vous, ayez des fils et des filles ; mariez vos fils et vos filles, et qu’à leur tour ils aient des enfants. Devenez ainsi nombreux là-bas, ne diminuez surtout pas ! Cherchez à rendre prospère la ville où le Seigneur vous a fait déporter, et priez-le pour elle, car plus elle sera prospère, plus vous le serez vous-mêmes. »

Voici ce que le Seigneur de l’univers, Dieu d’Israël, déclare : « Ne vous laissez pas tromper par les prophètes qui vivent parmi vous, ni par les gens qui prédisent l’avenir. Ne prenez pas au sérieux ceux qui vous expliquent vos rêves Car ils prétendent vous parler de ma part, mais ce n’est pas vrai ; je ne les ai pas envoyés », dit le Seigneur. Et maintenant, voici encore ce que le Seigneur déclare : « Quand le royaume de Babylone aura duré soixante-dix ans, alors j’interviendrai pour vous et je réaliserai le bien que je vous ai promis : je vous ferai revenir ici, à Jérusalem. Car moi, le Seigneur, je sais bien quels projets je forme pour vous ; et je vous l’affirme : ce ne sont pas des projets de malheur mais des projets de bonheur. Je veux vous donner un avenir à espérer. Si vous venez alors m’appeler et me prier, je vous écouterai ; si vous vous tournez vers moi, vous me retrouverez. Moi, le Seigneur, je vous le déclare : si vous me recherchez de tout votre cœur, je me laisserai trouver par vous. Je vous rétablirai, je vous ferai sortir de chez toutes les nations et de tous les endroits où je vous ai dispersés. Je vous rassemblerai et je vous ferai revenir en ce lieu d’où je vous ai fait déporter », déclare le Seigneur. (Jérémie 29, 1-14)

Alors que les troupes babyloniennes les regardent triomphantes, un convoi de déportés quitte Jérusalem pour leur voyage en exil. C’est l’année 597 av. J.-C. Parmi eux se trouvent le roi Yekonia, la reine mère, des fonctionnaires de la cour, des artisans et d’autres (2 Rois 24, 8-17). Les armées de Nabucodonosor, roi de Babylone, semblent invincibles, absorbant une nation après l’autre. Un deuxième groupe d’exilés, plus grand encore, partira pour Babylone onze ans plus tard, en 586, après un soulèvement qui se terminera dans le siège brutal de Jérusalem et la destruction du temple ainsi que de vastes parties de la ville (2 Rois 25, 1-21).

Déjà vers l’année 627, un jeune homme du nom de Jérémie, descendant d’une longue lignée de prêtres d’un petit bourg non loin de Jérusalem, proclamait que les habitants du pays devaient changer leur comportement et revenir au Seigneur ; sinon une catastrophe allait les frapper, disait-il. Comme le royaume de Juda jouissait de la paix à l’époque et qu’il n’y avait aucun signe de danger imminent, ses paroles sont passées largement inaperçues. Mais assez vite, le paysage politique commence à basculer et les paroles de Jérémie s’avèrent soudain être vraies. Un royaume de Babylone de plus en plus puissant et ambitieux menace Juda comme elle le fait avec d’autres royaumes proches. Le message de Jérémie prend alors un ton nouveau et plus dramatique : non seulement le danger, mais l’écrasante défaite face à Babylone est inévitable. Ceci est la volonté de Dieu, leur dit-il ; il n’y a pas d’autre voie. Jusque-là considéré par beaucoup comme une nuisance, Jérémie prend maintenant l’allure d’un traître et il est traité comme tel, souvent violemment. Pourtant, peu de temps après que le premier groupe d’exilés arrive à Babylone, Jérémie leur écrit une lettre. Dans cette lettre, de manière tout à fait inattendue, il leur parle de l’avenir et de l’espérance.

Dieu veut que vous vous installiez, leur écrit Jérémie, que vous construisiez des maisons, que vous mariez vos fils et vos filles et qu’ils aient des enfants, que vous soyez nombreux. Dès maintenant vous devrez chercher la prospérité de votre nouvelle ville et prier le Seigneur en son nom. Dans sa prospérité sera la vôtre, dit la lettre. Nous pouvons bien imaginer l’expression ébahie des exilés lorsque la lettre leur est lue à haute voix. D’après Jérémie, Dieu ne leur dit pas seulement qu’ils doivent accepter de vivre au milieu de leurs ennemis, mais qu’ils doivent aussi chercher la prospérité de Babylone et prier pour cela ! Ceux qui gardaient l’espoir d’un avenir parmi les exilés priaient sans doute pour Jérusalem, pas pour Babylone.

Ne vous laissez pas tromper par les soi-disant prophètes parmi vous qui promettent un retour rapide à Jérusalem, poursuit la lettre. Aucune nation étrangère ne viendra maintenant à votre secours. N’entretenez pas des faux espoirs. Il faudra soixante-dix ans avant qu’un retour ne soit possible. Plutôt qu’une prédiction précise, le chiffre devrait probablement s’entendre d’abord de manière symbolique, car le chiffre soixante-dix ans est souvent cité dans la Bible comme la durée d’une vie pleine. Cela signifie que ceux qui reviennent ne seront pas ceux qui ont été envoyés en captivité. Le rôle des exilés sera de préparer un avenir pour d’autres. Dieu parle pourtant à leur cœur et veut les rassurer quant à ses intentions : « Car moi, le Seigneur, je sais bien quels projets je forme pour vous ; et je vous l’affirme : ce ne sont pas des projets de malheur mais des projets de bonheur. Je veux vous donner un avenir à espérer. »

Les prochaines phrases de la lettre évoquant l’éventuel retour des exilés à Jérusalem pourraient sembler décevantes au premier abord, comme si l’avenir en vue n’était rien de plus qu’un simple retour au passé, à la vie d’autrefois. Une lecture attentive montre toutefois d’où viendra un changement important. « Si vous vous tournez vers moi, vous me retrouverez. Moi, le Seigneur, je vous le déclare : si vous me recherchez de tout votre cœur, je me laisserai trouver par vous. Je vous rétablirai. » Le nouvel avenir d’espérance sera celui qui sera rendu possible par un cœur nouveau et sans partage (voir aussi 24, 5-7). Tout au long de sa vie, Jérémie avait vu de près à quel point des appels à suivre la volonté de Dieu étaient inadéquats. « Je sais, Seigneur, que les êtres humains ne sont pas capables de se conduire comme il faut ; ils n’ont pas les moyens de diriger leurs pas dans la bonne direction » (10, 23). Dieu lui-même devra changer nos cœurs, finit par comprendre le prophète. Dans le chapitre 31, versets 31 à 34, Jérémie parle d’une « nouvelle alliance », un temps où le peuple sera en mesure d’accomplir la volonté de Dieu parce qu’elle sera écrite directement sur le cœur. Cinq siècles plus tard, les premiers chrétiens vont se rappeler de cette vision quand, pleins d’émerveillement, ils méditent sur la vie du Christ et le nouveau chemin qu’il ouvre devant eux.



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 24 Juil 2016, 6:53 pm




2016

juillet


Citation :
Luc 6, 27-36 : Miséricordieux à l’image de Dieu

JESUS dit : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent et priez pour ceux qui vous maltraitent. Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre ; si quelqu’un te prend ton manteau, laisse-le prendre aussi ta chemise. Donne à quiconque te demande quelque chose, et si quelqu’un te prend ce qui t’appartient, ne le lui réclame pas. Faites pour les autres exactement ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pourquoi vous attendre à une reconnaissance particulière ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment ! Et si vous faites du bien seulement à ceux qui vous font du bien, pourquoi vous attendre à une reconnaissance particulière ? Même les pécheurs en font autant ! Et si vous prêtez seulement à ceux dont vous espérez qu’ils vous rendront, pourquoi vous attendre à une reconnaissance particulière ? Des pécheurs aussi prêtent à des pécheurs pour qu’ils leur rendent la même somme ! Au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez sans rien espérer recevoir en retour. Vous obtiendrez une grande récompense et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. (Luc 6, 27-36)



Dans ce passage, JESUS décrit deux façons d’agir. L’une est celle qu’il voit comme caractéristique des « pécheurs », c’est-à-dire ceux qui ne cherchent pas à faire ce que Dieu leur demande. De nos jours, on pourrait appeler cela la façon « ordinaire » de se comporter. Elle consiste à être bons pour ceux qui sont bons pour nous, à donner à ceux qui nous donnent en retour.

L’éternelle tendance humaine est de diviser les personnes en deux groupes – ceux qui sont avec nous et les autres, qui sont indifférents ou hostiles. Bien sûr, ce n’est pas mauvais de se sentir plus proche d’une personne que d’une autre. Pour des raisons différentes, tous nous avons plus en commun avec certaines personnes ou certains groupes qu’avec d’autres. Mais quand cela conduit à être indifférents à ceux qui ne sont pas comme nous, à les critiquer, à les rejeter ou même à leur faire mal, une telle attitude devient source de divisions et même de guerres.

Puis, JESUS indique une autre façon d’agir. C’est celle de Dieu, et elle se caractérise par le fait d’être « bon pour les ingrats et les méchants ». Comme nous avons vu hier, la voie de Dieu est différente de la nôtre parce que Dieu ne modifie pas son comportement en fonction de la réponse de son vis-à-vis. Dieu est « impassible ». Autrement dit, Dieu ne peut qu’aimer.
Ce qui est neuf dans le message de JESUS n’est pas que Dieu est miséricordieux. L’auteur d’Isaïe 55 le savait déjà, et on trouve cela partout dans les Écritures hébraïques, bien des siècles avant le Christ. Ce qui est neuf n’est pas que Dieu est miséricordieux, mais que nous, les humains, nous pouvons être miséricordieux à l’image de Dieu !

JESUS nous exhorte à être des femmes et des hommes qui sont vraiment à l’image de Dieu, capables d’aimer nos ennemis, de faire du bien même à ceux qui nous maltraitent, de donner sans attendre quelque chose en retour. Comment cela peut-il se faire ? Est-il vraiment possible pour les humains d’être comme Dieu ? Où trouveraient-ils la motivation et l’énergie pour cela ?

Une telle façon de vivre ne vient certainement pas en premier lieu de la force de notre caractère ou de notre volonté. Dieu peut donner sans recevoir parce que Dieu est la Source de la vie. Mais nous ne sommes pas la Source. Pour nous, afin de donner nous devons tout d’abord recevoir. Voilà ce qui est neuf dans l’Évangile. En venant sur la terre comme un être humain, le Fils de Dieu a apporté l’Esprit Saint de Dieu, l’énergie en personne de son amour, jusqu’en plein milieu de la condition humaine. Par la puissance de l’Esprit JESUS a pu guérir les malades et pardonner les pécheurs. Il a pu aller jusqu’à donner sa vie pour nous sur la croix, accordant son pardon même à ceux qui l’ont torturé et tué. Et après sa résurrection, il a communiqué ce même Esprit à ses disciples.

En tant que disciples de JESUS, nous faisons partie de la communauté des croyants animée par l’Esprit de Dieu. Ce qui a frappé ceux qui ont rencontré les premiers chrétiens, c’était de voir une communauté de femmes et d’hommes d’origines les plus diverses vivre ensemble comme des frères et des sœurs, partager leurs biens matériels et spirituels, se pardonner mutuellement. Plutôt que de diviser les personnes en deux groupes, ceux du dedans et ceux du dehors, ils ont accueilli tout le monde. Ils sont allés vers les autres. Ils ont essayé de vivre une solidarité universelle. Il était évident que leur façon de vivre était différente de celle des gens « ordinaires ». Et cela a attiré beaucoup de monde vers eux.

Ce même Esprit qui a animé JESUS et les premiers chrétiens nous est toujours offert. Oui, il est possible pour nous de mener une vie à l’image de Dieu. Nous pouvons être miséricordieux, comme notre Père est miséricordieux. Mais nous ne pouvons faire cela qu’ensemble, en nous soutenant les uns les autres, et nous ne pouvons le faire que si nous ouvrons nos cœurs à Dieu dans la prière, afin qu’il puisse transformer peu à peu notre façon de penser et d’agir. Et alors, l’impossible devient possible.

- JESUS décrit-il une « utopie », ou bien ai-je vu des exemples de femmes et d’hommes qui vivent à l’image de Dieu en aimant sans conditions ? Quand ? Où ? Comment ?

- Quels pas en avant faire pour que nos communautés et nos Églises soient des lieux d’une solidarité universelle, où les divisions de la société trouvent une guérison ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 19 Aoû 2016, 6:41 pm



2016

août

Jean 7, 37-39 : Fleuves d’eau vive


Le dernier jour de la fête était le plus solennel. Ce jour-là, JESUS, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur, comme dit l’Écriture. » JESUS parlait de l’Esprit de Dieu que ceux qui croyaient en lui allaient recevoir. A ce moment-là, l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que JESUS n’avait pas encore été glorifié. (Jean 7, 37-39)


Dans une lettre aux jeunes écrite par frère Alois voici quelques années, nous trouvons les paroles suivantes : « En nous tous se trouve le désir d’un absolu vers lequel nous tendons de tout notre être, corps, âme, intelligence. Une soif d’amour brûle en chacun, du nourrisson jusqu’à la personne âgée. Même l’intimité humaine la plus grande ne peut pas entièrement l’apaiser. »

Ces paroles sont en même temps une consolation et un défi. Chacun peut se reconnaître dans le langage du désir et de la soif. Nous avons tous connu des jours où un verre d’eau fraîche nous a désaltérés. Ce qui semblait une soif insatiable a été enfin étanchée. Pourtant nous avons aussi connu des périodes de soif intérieure, une attente de quelque chose de plus grand que tout ce que nous pouvions sentir à ce moment-là. Un sentiment d’insatisfaction, voire de frustration, laisse une sorte de vide que nous cherchons à remplir. Mais quand nous nous efforçons de le remplir, souvent le vide grandit.

Au début du Ve siècle, saint Augustin a écrit : « Tu nous a faits pour toi-même, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose en toi ». Dieu nous donne une soif qui ne peut être étanchée par rien sauf lui seul.

Dans ce passage, JESUS parle pendant l’une des grandes fêtes de son peuple. C’était la fête où le peuple de Dieu se souvenait de sa traversée du désert, libéré par la miséricorde de Dieu. Ce dont on a le plus besoin dans le désert, c’est de l’eau. Et Dieu a accordé cette chose indispensable quand son peuple en avait besoin. Moïse, qui les a conduits à travers le désert, a frappé un rocher et l’eau a jailli.

Ici, JESUS invite d’une voix forte tous ceux qui ont faim à venir à lui. JESUS ne limite pas cette soif à quelque chose de spécifique. Peu importe ce que nous cherchons, il nous rencontre dans notre soif. Il nous accueille avec notre soif.

JESUS continue : « …des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur ». Dans ce texte il n’est pas clair si cette parole s’applique à JESUS ou aux croyants. L’expression traduite par « son cœur » signifie plus exactement un creux, un vide. Ce n’est pas un cœur qui déborde, qui s’exprime. Ainsi nous entrevoyons le prix nécessaire pour que cette eau vive puisse jaillir.

Car, de la même façon que Moïse a frappé le rocher et que l’eau est sortie pour désaltérer le peuple afin qu’il puisse continuer son chemin, ainsi JESUS sera frappé. Sur la croix, il donnera sa vie. Dans le langage de saint Jean, il sera « glorifié », c’est-à-dire qu’il révélera l’identité de Dieu en tant qu’amour et il montrera l’absolu de cet amour. Et de son côté, de son vide, jaillira de l’eau – symbole de l’Esprit Saint dans l’Évangile de Jean.

« Dieu est Amour » (1 Jean 4,8) et l’amour est son premier don, qui contient tous les autres. « L’amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Romains 5, 5), écrira saint Paul plus tard. Une source est très différente d’une citerne. Il faut toujours remplir une citerne de nouveau, mais une source continue à couler.

Ainsi, grâce au don de la vie de JESUS sur la croix, à partir de notre propre vide une source d’amour coulera par la présence de l’Esprit Saint. L’amour par nature se dilate, il nous pousse à partager nos biens avec les autres, à donner notre vie pour les autres.

Et quand cela commence à arriver, même si ce n’est qu’un commencement, alors nous rencontrons l’absolu du Christ. Nous découvrons que l’absolu que nous cherchions n’était rien d’autre que le fait de laisser l’Esprit Saint aimer en nous. C’est de notre pauvreté intérieure que jaillit la source.

- Y a-t-il eu des moments dans ta vie où une expérience de frustration a conduit à un sentiment de plénitude ? Qu’est-ce qui a permis cela ?

- De quoi ai-je soif ? Ai-je l’impression que ma soif pourrait être étanchée totalement ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 09 Sep 2016, 5:47 pm




2016

septembre




Citation :
Jean 16, 19-22 : La tristesse et la joie

JESUS dit à ses disciples : « Vous vous interrogez entre vous sur ce que j’ai dit : Encore un peu, et vous ne me verrez plus, et puis un peu encore, et vous me verrez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie. La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. » (Jean 16, 19-22)



Quand on est enfant, les sentiments sont souvent assez extrêmes : si l’on est heureux, on est très heureux, si l’on est triste on est très triste. Comme chaque sentiment est intense, il dure peu de temps. On passe ainsi d’un état d’euphorie à un état de grande tristesse en quelques instants.

L’âge adulte nous apprend à mélanger les sentiments, à vivre des situations où l’on ne peut être tout à fait heureux ni tout à fait triste. Souvent, le souci que nous avons pour les autres est tel que nous ne pouvons enlever cette part d’inquiétude légitime qu’il y a dans l’amour.

JESUS parle dans ce passage de l’Evangile de Jean de tristesse et de joie. Plus précisément, il décrit une tristesse qui conduit à la joie.

JESUS va mourir. Il le sait. Il annonce une grande tristesse et ne cherche pas à l’occulter. Il laisse la place à la justesse de ce sentiment, sans chercher à offrir une consolation bon marché. Au contraire, il parle à ce moment précis de la joie d’une manière assez négative. La joie est celle du "monde", c’est-à-dire de toutes les structures qui se coalisent pour étouffer la nouveauté du message de Dieu, la bonne nouvelle de son amour sans condition.

Partager la tristesse est un acte très puissant. Cette puissance est celle de la compassion. Elle permet de s’accorder au sentiment de grande fragilité qu’éprouve une personne envers laquelle la vie n’a pas tenu ses promesses.

La tristesse juste, si elle porte en elle l’amour, ouvre l’accès à une forme supérieure de joie. Cette joie-là s’est forgée dans les douleurs. C’est pour cela que JESUS utilise l’image d’une femme qui accouche. Ce nouveau sentiment entre en nous, entre autres, par le sang et les larmes. La résistance que nous mettons en place face aux difficultés lui donne sa structure. Cette joie-là dont parle JESUS vient de ceux qui se sont laissés troués les mains sur toutes les croix que l’existence leur impose. Tel le sang et l’eau qui s’écoulent du côté transpercé de JESUS, l’amour se transforme en joie quand les personnes qui s’aiment sentent que les épreuves ne les sépareront pas.

La vraie joie est celle de l’alliance. L’alliance qui affirme que l’on ne maudit personne, pas même les bourreaux. L’alliance qui n’abandonne pas, mais qui partage, le sang, les larmes et la lumière.

C’est ainsi que JESUS nous apprend le courage. Avec lui, même dans les vallées obscures, notre audace nous donne la joie de ceux qui n’ont rien à perdre, parce qu’ils se savent aimés.

- Ai-je jamais vécu des moments où la tristesse et la joie sont venues ensemble ?

- En partageant la peine des autres, quels sentiments naissent en moi ?

- Pour aimer davantage, à quel appel plus exigeant dois-je répondre en ce moment de ma vie ? Ma relation avec le Christ m’aide-t-elle en cela ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 10 Sep 2016, 12:33 am

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Le jugement

Pourquoi JESUS dit-il à ses disciples de ne pas juger ?


« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis » (Luc 6, 37). Est-il possible de mettre cette parole de l’Évangile en pratique ? N’est-il pas nécessaire de juger, si l’on ne veut pas baisser les bras face à ce qui ne va pas ? Mais cet appel de JESUS s’est profondément gravé dans les cœurs. Les apôtres Jacques et Paul, par ailleurs si différents, y font écho presque avec les mêmes mots. Jacques écrit : « Qui es-tu pour juger le prochain ? » (Jacques 4, 12). Et Paul : « Qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? » (Romains 14, 4).

Ni JESUS ni les apôtres n’ont cherché à abolir les tribunaux. Leur appel concerne la vie quotidienne. Si les disciples du Christ choisissent d’aimer, ils continuent cependant à commettre des fautes aux conséquences plus ou moins graves. La réaction spontanée est alors de juger celui qui – par sa négligence, ses faiblesses ou ses oublis – cause des torts ou des échecs. Nous avons bien sûr d’excellentes raisons de juger notre prochain : c’est pour son bien, pour qu’il apprenne et qu’il progresse…

JESUS, qui connaît le cœur humain, n’est pas dupe des motivations plus cachées. Il dit : « Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! » (Luc 6, 41). Je peux me servir des fautes des autres pour me rassurer sur mes propres qualités. Les raisons pour juger mon prochain flattent mon amour-propre (voir Luc 18, 9-14). Mais si je guette la moindre faute de mon prochain, n’est-ce pas pour me dispenser de faire face à mes propres problèmes ? Les mille défauts que je lui trouve ne prouvent pas encore que je vaux mieux que lui. La sévérité de mon jugement ne fait peut-être que cacher ma propre insécurité et ma peur d’être jugé.

À deux reprises, JESUS a parlé de l’œil « malade » ou « mauvais » (Matthieu 6, 23 et 20,15). Il nomme ainsi le regard troublé par la jalousie. L’œil malade admire, envie et juge le prochain tout en même temps. Quand j’admire mon prochain pour ses qualités mais qu’en même temps, il me rend jaloux, mon œil devient mauvais. Je ne vois plus la réalité telle qu’elle est, et il peut même m’arriver de juger un autre pour un mal imaginaire qu’il n’a jamais fait.

C’est encore un désir de domination qui peut inciter à juger. C’est pourquoi, dans le passage déjà cité, Paul écrit : « Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? ». Qui juge son prochain s’érige en maître, et il usurpe, de fait, la place de Dieu. Or nous sommes appelés à « regarder les autres comme nos supérieurs » (Philippiens 2, 3). Il ne s’agit pas de se déconsidérer soi-même, mais de se mettre au service des autres au lieu de les juger.

Est-ce que renoncer à juger conduit à l’indifférence et à la passivité ?

En une même phrase, l’apôtre Paul utilise le mot juger dans deux sens différents : « Cessons de nous juger les uns les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber » (Romains 14, 13). L’arrêt des jugements mutuels ne conduit pas à la passivité, mais elle est une condition pour une activité et des comportements justes.

JESUS n’invite pas à fermer les yeux et à laisser les choses aller. Car aussitôt après avoir dit de ne pas juger, il continue : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? » (Luc 6, 39). JESUS souhaite que les aveugles soient aidés à trouver le chemin. Mais il dénonce les guides incapables. Ces guides un peu ridicules sont, selon le contexte, ceux qui jugent et condamnent. Sans renoncer à juger, il est impossible de voir clair pour entraîner d’autres sur le bon chemin.

Voici un exemple tiré de la correspondance de Barsanuphe et Jean, deux moines de Gaza du VIe siècle. Après avoir blâmé un frère pour sa négligence, Jean est peiné de le voir triste. Il est encore blessé quand, à son tour, il se sent jugé par ses frères. Pour trouver le calme, il décide alors de ne plus faire de remarques à personne, et de ne s’occuper que de ce dont il serait seul responsable. Mais Barsanuphe lui fait comprendre que la paix du Christ n’est pas dans le repli sur soi-même. Il lui cite à plusieurs reprises une parole de l’apôtre Paul : « Reprends, réprimande, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire » (2 Timothée 4, 2).

Laisser les autres tranquilles, cela peut encore être une forme subtile de les juger. Si je ne veux m’occuper que de moi-même, serait-ce peut-être que je ne considère pas les autres comme dignes de mon attention et de mes efforts ? Jean de Gaza décide de ne plus reprendre aucun de ses frères, mais Barsanuphe comprend qu’en fait, il continue à les juger dans son cœur. Il lui écrit : « Ne juge ni ne condamne personne, mais avertis-les comme de véritables frères » (Lettre 21). C’est en renonçant aux jugements que Jean deviendra capable d’un vrai souci des autres.

« Ne portez pas de jugement prématuré, laissez venir le Seigneur » (1 Corinthiens 4, 5) : Paul recommande la plus grande retenue dans le jugement. En même temps, il demande avec insistance de se soucier des autres : « Reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous » (1 Thessaloniciens 5,14). Par expérience, il savait ce que reprendre sans juger pouvait coûter : « Trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé de reprendre avec larmes chacun d’entre vous » (Actes 20, 31). Seule la charité est capable d’un tel service.
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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 07 Oct 2016, 7:08 pm



2016

octobre

Exode 34, 1.4-10 : Une alliance libératrice

Le Seigneur donna cet ordre à Moïse : « Taille deux tablettes de pierre, semblables aux précédentes, que tu as fracassées ; j’y inscrirai les commandements qui figuraient sur celles-ci. (…) Moïse tailla deux tablettes de pierre, semblables aux précédentes. Tôt le lendemain matin, il monta sur le Sinaï, conformément à l’ordre du Seigneur ; il emportait les deux tablettes. Le Seigneur descendit dans la colonne de fumée et se tint là, à côté de Moïse. Il proclama son nom : « Le Seigneur. » Puis il passa devant Moïse en proclamant encore : « Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté. Je manifeste ma bonté envers les hommes jusqu’à mille générations, en supportant les péchés, les désobéissances et les fautes ; mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, j’interviens contre celui qui a péché, contre ses enfants et ses descendants jusqu’à la troisième ou la quatrième génération. » En toute hâte, Moïse se jeta à terre pour adorer le Seigneur, puis il s’écria : « Seigneur, puisque tu m’accordes ta faveur, je t’en supplie, viens nous accompagner. Je sais bien que ces gens sont rebelles, mais pardonne nos péchés et nos fautes, et considère-nous comme ton peuple. » Le Seigneur déclara à Moïse : « Je vais conclure une alliance avec vous. » (Exode 34, 1.4-10)



Dieu a appelé Moïse pour faire sortir le peuple de l’esclavage. Le peuple a ainsi été libéré et Moïse le conduit à travers le désert, vers la terre promise. Mais la vie n’y est pas facile, à l’aridité du désert s’ajoute la complexité des relations sociales. Dieu donne alors à Moïse des indications pour aider le peuple à vivre en paix, en harmonie avec Dieu et avec la création. S’il suit ce chemin indiqué par Dieu, le peuple trouvera le bonheur. Ces indications ne veulent pas contraindre ou limiter la liberté des gens, mais leur donner des repères pour les aider à vivre avec responsabilité leur liberté retrouvée.

Dieu écrit ces commandements avec son doigt sur des tables de pierre, qu’il remet à Moïse sur le mont Sinaï. Quand Moïse redescend de la montagne, il trouve le peuple tellement égaré loin de Dieu qu’il se fâche et brise les tables de la loi. Mais les indications de Dieu ne seront pas perdues à jamais. Dieu est « patient, d’une immense et fidèle bonté » et il va refaire les tables avec Moïse. Cette fois Moïse ne reçoit pas les tables toutes faites, il est invité à les tailler. Il doit s’engager davantage, Dieu lui demande sa collaboration pour reconstituer les tables brisées.

La Bible ne présente pas un monde idyllique ni un peuple parfait. Elle nous parle de la réalité de la vie avec ses difficultés, les incompréhensions humaines, les fautes du peuple. Par amour, Dieu « supporte les fautes », mais elles ne sont pas sans conséquence. Dieu ne peut pas « tenir le coupable pour innocent ». Dieu intervient, il « visite celui qui a péché », ainsi que ses descendants. Dieu nous rend visite pour que nous assumions les conséquences de nos fautes, les nôtres et aussi celles de ceux qui nous ont précédés et ont détruit quelque chose de l’harmonie qui nous avait été donnée. Dieu veut ainsi nous aider à rétablir autant que possible l’harmonie brisée.

Même si nous sommes mal à l’aise avec cette idée, le mal que nous faisons peut avoir des conséquences pour d’autres générations. Pour l’admettre, il suffit de regarder les blessures profondes qui ont marqué certains peuples ou les catastrophes environnementales que nous continuons de provoquer.

Ce passage veut surtout souligner l’énorme disproportion : les conséquences du mal que nous faisons sont limitées à quelques générations, tandis que la bonté de Dieu « se manifeste jusqu’à mille générations », elle est infiniment plus grande. Nous pouvons donc nous approcher de Dieu avec confiance, il est « compatissant et bienveillant ». Le texte ne nous dit pas d’ignorer le mal ou de faire semblant qu’il n’existe pas, ce serait naïf et irresponsable. Il nous invite à prier comme Moïse : « Seigneur, viens nous accompagner. Pardonne nos péchés et nos fautes. »

Toujours prêt à pardonner, Dieu accueille la prière de Moïse, il ne va pas procéder à un châtiment mais offrir une alliance. Dieu s’engage dans cette alliance et il le fait sans poser de conditions. Comme à Moïse, Dieu nous offre son alliance aujourd’hui, à chacun de nous. Sommes-nous prêts à l’accueillir ?

- Que signifie pour moi me confier à Dieu qui est miséricorde ? Comment puis-je le vivre concrètement ?

- Est-ce que je connais des situations où je pourrais contribuer à rétablir une harmonie brisée ? De quelle façon ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 23 Oct 2016, 7:18 pm



2015

novembre

1 Corinthiens 1, 26-31 : Le choix de Dieu



Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu. Car c’est par Lui que vous êtes dans le Christ JESUS qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur. (1 Corinthiens 1, 26-31)

Les divisions dans la communauté de Corinthe, où les uns pensaient qu’ils étaient meilleurs que les autres, amènent Paul à dire quelque chose sur ce qui doit compter aux yeux des chrétiens. D’abord, l’apôtre invite les fidèles de Corinthe à regarder leur communauté : « Considérez votre appel... ». Il les invite à constater que, parmi eux, il n’y a pas beaucoup de gens qui comptent dans la société, rien de ce qu’on apprécie habituellement.

Ensuite, il parle du choix de Dieu ; trois fois il dit : « Dieu a choisi... ». Il a choisi ceux qui n’impressionnent personne, pour faire comprendre que ce qui est considéré comme avantageux par la société est indifférent aux yeux de Dieu. Dieu choisit ce qui, selon les critères habituels, pour ainsi dire, n’existe pas, pour que cessent d’exister les critères habituels.

Mais le renversement opéré par le choix de Dieu comporte un deuxième aspect : par Dieu, ce qui auparavant n’existait pas vient à l’existence, trouve sa place. Ceux que la société regardait avec mépris ou indifférence, ont leur valeur aux yeux de Dieu. « C’est par Lui que vous êtes dans le Christ JESUS ». En fait, il n’y a que lui qui compte, et c’est par lui et en lui que tous comptent.

Le choix de Dieu nous invite à un changement de regard. Si Dieu a choisi ceux qui ne sont pas appréciés habituellement, nous ne pouvons pas, face à eux, rester dans l’indifférence. Ce qui compte n’est pas une quelconque qualité qu’ils auraient ou n’auraient pas, qui nous impressionne ou ne nous impressionne pas, mais uniquement ce qu’ils sont par Dieu dans le Christ.

Nous pouvons également apprendre à avoir un nouveau regard sur nous-mêmes. Ce qui compte n’est pas qu’individuellement ou ensemble – en tant que groupe, communauté, Église – nous sachions impressionner qui que ce soit, mais uniquement ce que, par Dieu, nous sommes dans le Christ. Nous n’avons pas besoin de revendiquer une supériorité sur les autres, ni de nous affirmer pour cacher nos faiblesses. Malgré nos manques et nos échecs, le Christ est pour nous succès et plénitude ou, pour le dire avec les mots de Paul, il est « devenu pour nous sagesse..., justice, sanctification et rédemption ».

Ce que Paul écrit aux Corinthiens nous invite donc à laisser le choix de Dieu modifier ce qui compte pour nous ; à nous laisser libérer du besoin d’auto-affirmation qui divise, pour être créateurs d’unité ; à apprendre à avoir un regard nouveau qui donne sa place à chacune et à chacun. C’est cela, selon l’apôtre, rendre gloire à Dieu.

- Dans ma communauté, est-ce que je vois des gens qui pourraient être mieux accueillis ? Qui ? Y a-t-il des moments où je pourrais moi-même m’intégrer davantage dans la communauté ?

- Quels sont dans ma communauté des facteurs de division ? Comment les dépasser ?

- Quelles pistes ce texte nous offre-t-il pour rendre gloire à Dieu ensemble avec d’autres ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 16 Nov 2016, 10:13 pm




Textes bibliques commentés

Ces courtes méditations bibliques sont proposées pour soutenir une recherche de Dieu au cœur de la vie quotidienne. Il s’agit de prendre un moment pour lire en silence le texte biblique suggéré, accompagné du bref commentaire et des questions. On peut se réunir ensuite en petits groupes de trois à dix personnes chez l’un ou l’autre des participants pour un bref partage de ce que chacun a découvert, avec éventuellement un temps de prière.

2014

décembre

Jean 1, 35-42 : Les premiers disciples

Le lendemain, Jean était de nouveau là, avec deux de ses disciples. Quand il vit JESUS passer, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu ! » Les deux disciples de Jean entendirent ces paroles, et ils suivirent JESUS. JESUS se retourna, il vit qu’ils le suivaient et leur demanda : « Que cherchez-vous ? » Ils lui dirent : « Où demeures-tu, Rabbi ? » — Ce mot signifie « Maître ». — Il leur répondit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc et virent où il demeurait, et ils passèrent le reste de ce jour avec lui. Il était alors environ quatre heures de l’après-midi. L’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et avaient suivi JESUS, était André, le frère de Simon Pierre. La première personne que rencontra André fut son frère Simon ; il lui dit : « Nous avons trouvé le Messie. » — Ce mot signifie « Christ ». — Et il conduisit Simon auprès de JESUS. JESUS le regarda et dit : « Tu es Simon, le fils de Jean ; on t’appellera Céphas. » — Ce nom signifie « Pierre ». (Jean 1, 35-42)


Dans ce récit, le Baptiste voit JESUS passer et pointe le doigt dans sa direction en disant : « Voici l’Agneau de Dieu ». Sur cette parole deux disciples du Baptiste se mettent en route pour aller derrière JESUS. Cependant, celui-ci ne se contente pas de cette docilité. Il veut savoir pourquoi ils le suivent. Il se retourne vers eux et attend de leur part une explication de leur démarche.

JESUS ne s’est pas empressé de faire d’eux des adeptes. Il ne s’est pas emparé d’eux. Il lui importait qu’ils disent eux-mêmes la raison de leur démarche. « Que cherchez-vous ? » Une telle question peut résonner en nous tout au long de notre vie à la suite de JESUS. Qui veut vraiment le suivre doit le faire délibérément. À tous les moments décisifs de sa vie il aura à se demander où il en est dans sa recherche. Ainsi se rendra-t-il compte à nouveau de ce qui pour lui compte le plus.

La réponse donnée par les deux premiers disciples peut paraître banale ou même maladroite. « Rabbi, où demeures-tu ? » S’enquièrent-ils seulement de l’endroit où il loge ? Certes, dans une première découverte il y a nécessairement un élément de pudeur, de timidité, comme si le désir trop fort ne pouvait pas se dire. JESUS invite les deux à simplement venir voir. Ils l’accompagnent et entrent là où il loge. « Et ils demeurèrent près de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. »

Au verbe « demeurer »il faut donner tout son poids. Ils n’ont pas seulement voulu connaître son adresse ou passer quelques instants dans son logement. Ils ne se sont pas renseignés sur une formation qu’ils pourraient recevoir de lui. Ce qui leur importait, c’était de le rencontrer lui, JESUS. Ce qu’il leur fallait, c’était de pouvoir être avec lui, de se trouver vraiment « chez lui », de demeurer ainsi en sa présence et de faire durer ce premier contact. C’est lui-même qu’ils ont voulu connaître.

Auprès de lui ils n’ont pas cherché un avantage matériel ou spirituel. La retenue de leur première réponse exprime admirablement la gratuité de leur démarche ; ils n’ont cherché qu’à être avec lui. Voilà comment, depuis cette heure-là, ils ont commencé à partager son existence.

André, qui était un des deux disciples, fait part de sa découverte à Simon, son propre frère, et il amène Simon à JESUS. Celui-ci en le regardant lui donne aussitôt un autre nom. Selon le souvenir de l’Évangéliste, dès cet instant l’existence de Simon fut marquée d’un sens nouveau. Qui commence à partager la vie de JESUS ne s’appartient plus.

- Qu’est-ce que je cherche en me mettant à la suite de JESUS ? Cette recherche a-t-elle changé au cours de ma vie ?

- Comment « demeurer » auprès de JESUS aujourd’hui ?

- Qu’est-ce qui a changé dans mon existence grâce à ma foi ?

[Ce texte a été extrait du livre de Frère François, de Taizé, Suivre le Christ et se faire disciple. Réflexions bibliques, publié récemment par les Presses de Taizé.]



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 30 Nov 2016, 8:16 pm



2016

décembre

Luc 7, 36-50 : La joie d’être pardonné


Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. Survint une femme de la ville qui était pécheresse ; elle avait appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien. Apportant un flacon de parfum en albâtre et se plaçant par-derrière, tout en pleurs, aux pieds de JESUS, elle se mit à baigner ses pieds de larmes ; elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux du parfum.

Voyant cela, le Pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même : « Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » JESUS prit la parole et lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. » – « Parle, Maître », dit-il. – « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l’aimera le plus ? » Simon répondit : « Je pense que c’est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. » JESUS lui dit : « Tu as bien jugé. »

Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison : tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds, mais elle, elle a baigné mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser, mais elle, depuis qu’elle est entrée, elle n’a pas cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n’as pas répandu d’huile odorante sur ma tête, mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Si je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

Il dit à la femme : « Tes péchés ont été pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » JESUS dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. » (Luc 7,36-50)



JESUS mange avec Simon. Celui-ci était probablement assez impatient de pouvoir discuter avec JESUS de ce que dit la Loi. Une discussion théorique autour d’un bon repas.

Une femme entre alors. Ce n’est pas n’importe quelle femme, c’est une pécheresse, une prostituée. Elle est en larmes, soit à cause de sa souffrance, soit à cause de sa joie de voir la personne capable de lui offrir une nouvelle vie. Elle lave les pieds de JESUS de ses larmes, les essuie de ses cheveux.

Simon est scandalisé : si JESUS est bien le prophète qu’il prétend être, il devrait savoir que cette femme est une prostituée, et il se demande comment un homme qui prétend être saint se laisse toucher par ce genre de femme. Simon voit le monde ainsi : ce qui est bon et saint doit être gardé loin de ce qui est touché par le péché et mauvais.

JESUS ne rentre pas dans un débat, il raconte une parabole à propos d’une grande et d’une petite dettes qui sont effacées. Simon comprend que c’est évidemment la personne dont la plus grande dette est effacée qui montre le plus de reconnaissance . Ici nous voyons l’un des paradoxes de l’Évangile. Ce sont ceux qui sont loin de Dieu qui peuvent le mieux comprendre qui il est, grâce à leur grande joie d’être pardonnés. Inversement ceux qui sont proches de Dieu ne perçoivent pas la joie d’être pardonnés, et n’arrivent pas à voir qui JESUS est vraiment.

La phrase la plus importante du texte est peut-être celle où JESUS dit à Simon : « Ne vois-tu pas cette femme ? ». Pour Simon, cette femme est seulement une prostituée, elle est plus un objet qu’une personne, une réalité mauvaise et honteuse, à maintenir à l’écart de ce qui est pur et saint.

JESUS, lui, voit qui elle est réellement : une personne qui a fait de mauvais choix dans sa vie mais qui aspire au changement, qui a besoin d’une nouvelle espérance. Et elle voit JESUS tel qu’il est, celui qui peut lui pardonner. C’est donc elle, et non Simon, qui montre à JESUS l’amour et le respect auquel il peut prétendre.

Dans le dernier paragraphe, JESUS dit à la femme ces mots simples, mais combien importants : « Tes péchés sont pardonnés. » Ceux qui mangent avec lui ne comprennent pas comment il peut dire cela. Mais à nouveau il ne se laisse pas entraîner dans une discussion ; il dit seulement à la femme : « Ta foi t’a sauvée. »

« Ta foi t’a sauvée ». La foi n’est pas seulement liée à une grande connaissance de Dieu, car ce n’était pas le cas de cette femme. La foi ne consiste pas non plus à mener une vie parfaite, la femme en est loin. La foi est la simple confiance en ce dont JESUS est capable. A travers l’onction de JESUS, cette femme montre qui il est réellement, le Messie, qui nous guérit par sa miséricorde. Dieu peut être très différent de ce que nous imaginons. Ceux qui sont loin de Dieu peuvent nous apprendre quelque chose de lui : JESUS n’est pas venu pour juger. La seule chose qui compte, c’est la joie d’être pardonné.

- Qu’est-ce qui me semble inhabituel dans les mots et les gestes des personnages de cette histoire ?

- Dans le récit, la femme, bien que pécheresse, comprend mieux que Simon qui est JESUS. Est-ce que je connais une situation similaire aujourd’hui ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 23 Déc 2016, 8:55 pm




Textes bibliques commentés

Ces courtes méditations bibliques sont proposées pour soutenir une recherche de Dieu au cœur de la vie quotidienne. Il s’agit de prendre un moment pour lire en silence le texte biblique suggéré, accompagné du bref commentaire et des questions. On peut se réunir ensuite en petits groupes de trois à dix personnes chez l’un ou l’autre des participants pour un bref partage de ce que chacun a découvert, avec éventuellement un temps de prière.

2012

janvier

Matthieu 2, 1-12 : JESUS, Hérode, les mages et nous



JESUS étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem et dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : À Bethléem en Judée ; car voici ce qui a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple.



Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait. Puis il les envoya à Bethléem, en disant : Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer. Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta. Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. (Matthieu 2, 1-12)

Immédiatement après la naissance de JESUS, le chapitre 2 de l’Évangile de Matthieu nous présente deux groupes en face l’un de l’autre : le roi Hérode avec les grands prêtres et les scribes de Jérusalem, et les mages, voyageurs mystérieux venant de l’Orient. En apprenant que les visiteurs sont à la recherche du roi des Juifs nouveau-né, Hérode est troublé et il commence à s’enquérir de ce rival potentiel. Après la généalogie et les songes qui ont abouti à la naissance de JESUS au chapitre précédent, nous voilà maintenant plongés dans un monde de jalousie et d’intrigue humaines. Si Hérode est simplement dissimulateur, l’attitude des prêtres et des scribes est plus difficile à évaluer. Pourquoi portent-ils secours à Hérode en identifiant le lieu de naissance de JESUS ? Sont-ils soumis et naïfs ? Ou sont-ils déjà hostiles au Christ ?

Les mages, par contre, sont des chercheurs honnêtes, ils ne sont pas conscients des calculs d’Hérode et de ses conseillers. Ils ne voient, pour ainsi dire, que la petite lumière qui brille dans les ténèbres. Ils veulent trouver le roi enfant et ils sont prêts à aller jusqu’au bout pour lui rendre hommage. Il est difficile de savoir qui ils sont au juste. Si la tradition les a souvent considérés comme des rois, le terme grec utilisé ici a une multitude de significations possibles, sans lien avec la condition royale. Le mot peut s’appliquer à des prêtres perses, à des magiciens ou même à des astrologues. Les savants estiment possible que certains milieux parmi les voisins orientaux de Juda aient pu être influencés par l’attente juive d’un messie à venir. Un phénomène insolite dans le ciel nocturne aurait-il pu attirer l’attention de certains d’entre eux – un intérêt pour les étoiles était connu dans la région – de telle sorte qu’ils se soient mis en route pour Jérusalem ? Il est significatif que des habitants d’autres pays et d’autres régions soient attirés vers JESUS, même comme enfant : dans le Christ, Dieu parle aux cœurs de tous. Il est aussi intéressant de remarquer que c’est par Hérode que les mages entendent parler de Bethleem. De façon surprenante, c’est le roi effrayé qui indique aux mages la dernière étape de leur pèlerinage vers JESUS.

En arrivant à la maison de Bethleem, les mages éprouvent « une très grande joie ». Ce sont des mots forts. On se rappelle un passage du prophète Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre une lumière a resplendi. Tu as fait abonder leur allégresse. Ils se réjouissent devant toi… » (Isaïe 9, 1-2a). Ces voyageurs venus de l’Orient, portant des cadeaux exotiques et somptueux, dignes d’un roi, se prosternent devant l’enfant et sa mère. Les frontières du peuple de Dieu s’élargissent. Une joie inouïe est dorénavant à la portée de tous, car elle se trouve maintenant au milieu de nous.

- Quelle impression Hérode fait-il sur moi ? Comment est-ce que je comprends l’attitude des prêtres et des scribes ? Puis-je m’identifier avec les mages ou ai-je du mal à les situer ?

- Les mages commencent leur pèlerinage à cause d’une petite lumière qui brille dans la nuit et ils arrivent au but grâce à leur halte à Jérusalem. Pour ma part, comment ai-je été conduit vers JESUS ?

- Quel détail me frappe le plus dans l’arrivée des mages à Bethleem et dans l’hommage qu’ils offrent à JESUS ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mar 10 Jan 2017, 8:28 pm




Pardonner signifie-t-il oublier ?


Il est des blessures que l’on n’oublie pas. Dans certaines situations tragiques, le chemin vers la guérison semble passer par une prise de conscience de la profondeur du mal plus que par l’oubli. On n’évacue pas le mal – il reste de toutes façons –, mais on peut ne pas s’y dérober pour le laisser peu à peu s’abîmer dans l’amour, puis se transformer. Si l’Ancien Testament parle de la colère de Dieu, c’est que Dieu a mal et que son amour envers Israël est blessé par les infidélités de son peuple.

Or, le plus extraordinaire de l’histoire biblique – c’est la découverte des prophètes – réside dans le fait que, par amour, Dieu va au-delà de sa propre colère : « Mon peuple est cramponné à son infidélité. […] Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent, mais je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, […] car je suis Dieu et non pas homme […] » (Osée 11, 7-9). Pour celui qui pardonne, le pardon est un combat contre sa propre colère. L’ardeur ne pousse plus à une réaction violente mais à une déchirure intérieure : sacrifier son attente de justice pour faire un pas vers celui qui a péché.

Le prophète Isaïe va plus loin, décrivant un mystérieux personnage sous les traits d’un serviteur souffrant : « Homme de douleur, familier de la souffrance, (..) méprisé nous n’en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. […] Dans ses blessures nous trouvons la guérison. » (Isaïe 53, 4-5).

Les chrétiens peuvent reconnaître dans ce texte une anticipation de la vie offerte de JESUS. La patience de JESUS vis-à-vis de ses adversaires, sa passion à Jérusalem laissent penser qu’il n’a fui ni la souffrance ni les gens qui essayaient de le piéger. Plutôt que de se blinder face aux attaques, il a accueilli en vérité ce qui se présentait à lui sans prévision ni arrière-pensée. S’il peut dire en croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23, 34), c’est qu’il est allé au bout de l’ouverture de l’amour et a consenti à être blessé de la main même de ceux qu’il aimait.

La Croix, en ce sens, prend une dimension existentielle à laquelle nous sommes tous confrontés, même les non-croyants : nous ne souffrons vraiment que de la part de ceux que nous aimons. Que mon ennemi me fasse souffrir, c’est dans l’ordre des choses, mais comment consentir à souffrir de la main de mon ami (voir Psaume 55, 13-15) ? Chaque relation d’amour laisse une porte ouverte à la vulnérabilité, c’est-à-dire à la possibilité d’être blessé. S’en souvenir, ne pas fuir cette vulnérabilité, c’est déjà se préparer au pardon.



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Jeu 09 Fév 2017, 8:13 pm



2017

février

Actes 1, 1-11 : Du temps pour changer

J’ai consacré mon premier livre, ô Théophile, à tout ce que JESUS a fait et enseigné, depuis le commencement jusqu’au jour où, après avoir donné ses instructions aux apôtres qu’il avait choisis sous l’action de l’Esprit Saint, il fut enlevé au ciel. C’est encore à eux qu’avec de nombreuses preuves il s’était présenté vivant après sa passion ; pendant 40 jours, il leur était apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu. Alors, au cours d’un repas qu’il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père avait promis, “ce que, dit-il, vous avez entendu de ma bouche : Jean, lui, a baptisé avec de l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours.” Étant donc réunis, ils l’interrogeaient ainsi : “Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ?” Il leur répondit : “Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.” A ces mots, sous leurs regards, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu’il s’en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc se trouvèrent à leurs côtés ; ils leur dirent : ”Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même JESUS, viendra comme cela, de la même manière dont vous l’avez vu s’en aller vers le ciel.” (Actes 1,1—11)


Après sa résurrection, JESUS revient vers ses disciples pour leur offrir deux cadeaux précieux : le premier est le Saint Esprit, qui, comme le texte des Actes des Apôtres le décrit, est un pouvoir, une dynamique, une force. A ce petit groupe d’êtres humains est conférée une force de transformation, une capacité créatrice de mettre les choses en mouvement et de faire naître ce qui n’existe pas encore.

Le deuxième don est celui du temps. Alors que les disciples pressent JESUS de leur dire quand viendra la fin des temps, il inverse dans sa réponse l’ordre des priorités : connaître le temps de la fin n’est pas de votre ressort, ne vous préoccupez ni de cela, ni de quand je vais restaurer la Royauté. Préoccupez-vous plutôt de bien utiliser la force qui vous est donnée.

Au fond, les deux dons vont de pair : en plus d’une capacité créatrice, Dieu donne aussi le temps de réaliser des transformations. Si la Passion, la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte sont des moments distincts les uns des autres, c’est bien que Dieu est en train de prendre son temps et de laisser du temps aux êtres humains.

L’une des premières conséquences devient l’impossibilité de juger les personnes et les situations de manière définitive. Face à nos « toujours » et nos « jamais », nos « tout » et nos « rien », prononcés souvent un peu trop vite, Dieu continue de nous offrir à la fois l’Esprit de transformation et l’appel à la patience. Pas de solutions définitives aux petits et aux grands problèmes de l’existence, mais l’appel à accepter le provisoire des situations et à travailler pour des évolutions positives.

Le Pape François ne cesse de répéter, en particulier aux responsables socio-économiques qu’il rencontre, que « le temps est supérieur à l’espace ». Dans son encyclique « La Joie de l’Evangile » il écrit : « Donner la priorité à l’espace conduit à devenir fou pour tout résoudre dans le moment présent, pour tenter de prendre possession de tous les espaces de pouvoir et d’auto-affirmation. C’est cristalliser les processus et prétendre les détenir. Donner la priorité au temps c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces. Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour. Il s’agit de privilégier les actions qui génèrent les dynamismes nouveaux dans la société et impliquent d’autres personnes et groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils fructifient en événements historiques importants » (Paragraphes 222-225).

A notre tour donc de nous interroger : si j’aspire à devenir fils ou fille de la résurrection, comment utiliser mes compétences pour initier des processus nouveaux plus que pour conquérir des territoires ?

En plus de donner l’Esprit créateur et le temps du changement, JESUS encourage ses disciples à ne pas rester sur place après la Pentecôte, mais à aller « jusqu’aux extrémités de la terre ». Entrer dans le temps long de la patience de Dieu revient à devenir un peu comme un voyageur sur cette terre. Ce voyage pour proclamer la bonne nouvelle est géographique et spirituel : il consiste non seulement à voyager pour JESUS au sens premier du terme, partir en mission, mais aussi à devenir voyageur dans sa propre vie. Vivre avec peu de moyens, consentir à ne pas tout savoir des prochaines étapes, vivre dans une forme de provisoire, accepter de ne pas tout planifier ni contrôler : le temps de la patience de Dieu est celui du changement. Plutôt que de chercher des réponses trop définitives, acceptons donc ce provisoire. un peu comme à Taizé où après plus de 40 ans de rencontres de jeunes, nous préférons encore garder les chapiteaux pour nous réunir plutôt que de construire davantage de bâtiments. Le manque de confort, le provisoire nous allègent, ils nous rendent humbles et créateurs.

Paradoxalement, cette attitude du voyage intérieur n’est pas celle du consommateur effréné, ni du touriste, ni de l’adepte de la culture du déchet qui prend et jette à un rythme élevé. Consentir à ne pas avoir de réponses définitives conduit aussi à donner sa vie dans un engagement pour toujours. C’est au nom d’un plus grand voyage encore qu’on se lie d’un serment pour toujours. Ce serment ne restreint pas notre liberté créatrice, mais l’approfondit et lui donne avant l’heure un goût d’éternité.

- Me suis-je déjà lancé(e) dans des projets à l’issue incertaine ? Qu’est-ce qui m’y a poussé(e) ? Qu’est-ce qui m’a permis de tenir ?

- En nous donnant la puissance de son Esprit Saint, Dieu nous inspire à faire des choses nouvelles. Comment utiliser à fond ce don que nous avons reçu ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Jeu 09 Fév 2017, 10:16 pm

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- Me suis-je déjà lancé(e) dans des projets à l’issue incertaine ? Qu’est-ce qui m’y a poussé(e) ? Qu’est-ce qui m’a permis de tenir ?

- En nous donnant la puissance de son Esprit Saint, Dieu nous inspire à faire des choses nouvelles. Comment utiliser à fond ce don que nous avons reçu ?

Bonjour à tous , jeune chrétienne j'ai commis beaucoup d'erreur involontairement croyant obéir aux commandements du Seigneur , pourquoi c'est très simple je n'obéissais qu'à moi-même , ensuite et par la prière en allant à la messe me confiant au curé qui m'a remise sur le bon chemin , ensuite et bien car parfois obéir aux lois divine étaient trop pénible pour moi , ce qui ma permise de tenir et garder la foi ce sont les promesses de Dieu qui sont oui et Amen .

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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Jeu 02 Mar 2017, 7:55 pm



2017

mars

Citation :
Jean 1, 14-18 : « Nous avons vu sa gloire ! »

Celui qui est la Parole est devenu un homme et il a vécu parmi nous, plein de grâce et de vérité. Nous avons vu sa gloire, la gloire que le Fils unique reçoit du Père. Jean lui a rendu témoignage ; il s’est écrié : « C’est de lui que j’ai parlé quand j’ai dit : Il vient après moi, mais il est plus important que moi, car il existait déjà avant moi. » Nous avons tous reçu notre part des richesses de sa grâce ; nous avons reçu une bénédiction après l’autre. Dieu nous a donné sa loi par Moïse ; mais la grâce et la vérité sont venues par JESUS-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu. Mais le Fils unique, qui est Dieu et demeure auprès du Père, lui, l’a fait connaître. (Jean 1, 14-18)


Dans certaines Églises, il fait partie de la tradition que, lors de la récitation du Credo de Nicée, on incline la tête aux mots, « Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. » Un tel geste exprime l’émerveillement face à la profondeur du mystère de l’incarnation. Sans l’incarnation, sans Dieu qui vient vivre parmi nous dans la chair par JESUS, son Fils unique, le reste de l’Évangile ne pourrait pas avoir lieu. C’est une dimension fondamentale de tous nos parcours de salut.

En JESUS, Dieu est venu parmi nous. Les paroles du Credo sont enracinées dans la première partie de Jean 1, 14 : « Celui qui est la Parole est devenu un homme et il a vécu parmi nous. » Il ne faut pas limiter la naissance de JESUS à la crèche que nous voyons devant nos églises. Pour comprendre la nature véritable de ce tableau, nous devons nous demander ce que signifie le fait que Dieu a pris forme humaine et est devenu comme nous en tout.

Jean écrit au verset 18 : « Personne n’a jamais vu Dieu. Mais le Fils unique, qui est Dieu et demeure auprès du Père, lui, l’a fait connaître. » Frère Roger disait parfois que Dieu ne savait plus exprimer son amour pour l’humanité, alors il nous a envoyé son Fils pour que nous puissions comprendre qu’en lui, tous les humains pourraient être réconciliés à Dieu. Dieu se soucie véritablement de nous. C’est pourquoi Dieu a pris l’initiative et il est devenu humain pour vivre parmi nous.

Quelle est la signification de cela ? Il n’y a pas d’expérience humaine qui si cachée que la grâce de Dieu ne puisse la trouver. Il n’y a pas de cœur humain où la semence de l’amour de Dieu ne puisse germer. Il n’y a pas de moment si obscur qu’il ne puisse éteindre la lumière de Dieu qui continue à briller en lui. Parce que la Parole a pris chair, rien de notre humanité n’est exclu de l’amour de Dieu. Tout ce qui est brisé en nous peut être touché et guéri, parce que le Fils de Dieu est devenu homme et qu’il a partagé notre misère.

Et cela a une influence incroyable sur notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. La conviction que la Parole s’est faite chair donne beaucoup d’espérance à l’existence humaine. En même temps, nous comprenons l’invraisemblable humilité de Dieu en venant vivre avec nous. Le texte grec dit littéralement : « La Parole s’est faite chair et elle a planté sa tente parmi nous. »

Celui qui existait avant Jean le Baptiste, un pèlerin à travers l’histoire, devient un pèlerin dans notre histoire.

La deuxième partie du verset 14 dit : « Nous avons vu sa gloire, la gloire que le Fils unique reçoit du Père, pleine de grâce et de vérité. » En disant cela, Jean parle déjà comme témoin de la résurrection. Mais ce « nous » inclut aussi tous ceux qui viennent par la suite, tous ceux qui croiront sans voir, comme il le dit à la fin de son évangile, grâce au témoignage des témoins oculaires de la résurrection.

La gloire divine est « pleine de grâce et de vérité ». Grâce dans le sens d’un amour donné gratuitement, vérité non pas dans le sens d’une valeur morale, mais d’une réalité qui est immuable, solide, qui dure pour l’éternité et qui trouve sa pleine expression en JESUS tel que nous le rencontrons dans l’Évangile. Une plénitude de vie nous est offerte. Dieu ne retient rien. L’Incarnation révèle que tout est don gratuit, constamment renouvelé, don que nous devons accueillir encore et toujours. « Une bénédiction après l’autre » (littéralement « grâce sur grâce »), écrit Jean au verset 16. Rien ne peut limiter le don de Dieu dans nos existences parce que la Parole s’est faite chair.

- As-tu vu quelque chose de la gloire dont écrit Jean ? Qu’est-ce qui t’attire particulièrement en JESUS ? Qu’est-ce qu’il te révèle de Dieu ?

- Comment témoigner, dans nos existences de tous les jours, de la grâce et de la vérité révélées par cette gloire, autrement dit de la plénitude de vie rendue accessible en JESUS ?






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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 18 Mar 2017, 7:46 pm



Citation :
1 Jean 3, 11-18 : Choisir d’aimer


11Ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres, 12et ne pas ressembler à Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il ? parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes. 13Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait. 14Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. 15Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. 16Nous avons connu l’amour, en ce que celui-là a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. 17Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? 18Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. (1 Jean 3, 11-18)

Dans aucun passage de la première épitre de saint Jean le mot « frère » ne revient aussi souvent que dans ces quelques versets : au pluriel ou au singulier, il y revient sept fois. Et mystérieuse coïncidence : dans l’histoire de Caïn et Abel à laquelle notre passage se réfère (Genèse 4, 1-16), ce même mot se retrouve aussi sept fois. Cela n’est peut-être dû qu’à un hasard, mais oriente d’emblée notre attention dans une certaine direction : quand des frères et des sœurs se trouvent ensemble, aimer ne va pas de soi. Une rivalité risque de s’installer, des conflits vont naître. Comment faut-il alors se comporter ?

« Pas comme Caïn », dit notre passage (v. 12), mais comme « celui-là » (v. 16). Et « celui-là », c’est évidemment JESUS. On dirait que l’auteur pointe son doigt vers lui.

Caïn se sentait menacé par son frère, car celui-ci était apparemment mieux accepté. Pour ne pas sentir cette menace, il lui fallait éliminer ce frère, l’exclure de son horizon. Et « celui-là », JESUS, comment a-t-il fait ? Sa vie terrestre passagère et fragile (son « âme », comme dit le texte au verset 16), il a pu la « déposer pour ses frères », la donner pour les autres. Tandis que l’un vivait en réalité dans un univers de mort, où non seulement tout finit par succomber à la mort, mais où on inflige aussi la mort à ceux qui nous menacent, l’autre « celui-là » nous met dans une situation complètement renversée, grâce à lui nous sommes établis dans la vie (v. 14), et cette vie est éternelle (v. 15). Il est donc possible de nous ouvrir aux autres (v. 17) sans nous sentir menacés, et de tout donner pour eux, jusqu’à notre propre vie (v. 16).

Pour l’auteur de l’épitre, l’amour fraternel se situe au cœur de cette opposition entre la vie et la mort. Aimer, c’est faire un choix. Il s’agit de « choisir d’aimer », comme disait frère Roger. Même si, d’après une certaine littérature juive, nous devons avoir pitié de Caïn, puisqu’il est en nous tous, nous devons choisir de ne pas faire comme lui. Choisir donc la vie donnée dans le Christ plutôt que l’univers de mort qui nous entoure naturellement.

Aimer, c’est vivre et faire vivre. Vivre de la seule vie véritable, celle qui est éternelle. La recevoir toujours à nouveau, malgré notre indignité, et la communiquer aux autres qui sont pauvres comme nous. Il est possible que cette épitre combatte les idées de certains chrétiens qui, à l’affût de pensées élevées et spirituelles, se croyaient au-dessus des simples croyants et méprisaient des gestes comme ceux d’ouvrir son cœur et de partager ses biens (v. 17).

L’amour suit toujours une ligne descendante. Jamais il ne se contente de paroles, d’idées ou de sentiments. Il se laisse toucher par la misère très concrète qu’il voit et qui le met réellement dans l’embarras. Il cherche des moyens pour y faire face, se donne inlassablement de la peine et ne recule jamais devant le labeur le plus humble.

Cependant, saint Jean lie cette nécessité de prouver l’amour par des actes à un pressant appel à aimer « dans la vérité » (v. 18). Par là, il ne veut pas tellement dire que l’amour doit être sincère et supporter l’épreuve de la vérité. Le mot « vérité » renvoie chez lui à ce que Dieu a fait entrevoir de lui-même, à la façon dont JESUS a révélé ce qu’est l’amour (v. 16).

Même si nous en avons tous l’intuition et y aspirons tous, nous ne savons pas ce qu’est aimer. Ce que nous appelons amour ne l’est pas toujours. Pour deviner tout ce qui est contenu en ce mot, nous avons à regarder longuement l’exemple de JESUS, lui qui ne s’est jamais mis au-dessus de ses frères, lui qui, en plus, n’a pas hésité à donner sa vie. La vérité de notre amour ne se laisse pas juger d’après des critères purement humains, psychologiques. Elle est dans ce que JESUS nous a donné de voir et de comprendre.

On pourrait résumer notre passage en disant qu’aimer, c’est faire le choix de la vie et de la vérité. Si ces mots n’ont plus aujourd’hui le sens plein et profond qu’ils avaient pour saint Jean, laissons-nous pourtant attirer par eux en leur donnant toute la fraîcheur et l’amplitude révélées en JESUS.

- Si aimer est un devoir pour le chrétien, un commandement, comment nous pénétrer toujours plus de cette certitude que rien n’est plus beau que d’aimer, puisque l’amour triomphe de la mort ?

- Comment enraciner toujours plus notre amour des autres dans la vie véritable ? Comment l’orienter selon la vérité de l’Évangile ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 12 Avr 2017, 6:35 pm



2017

avril

Citation :
Marc 16,1-8 : Allons vers des nouveaux commencements


Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil s’étant levé. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau ? » Et ayant levé les yeux, elles virent que la pierre avait été roulée de côté : or elle était fort grande. Etant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. C’est JESUS le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre, qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur... (Marc 16,1-8)

« De grand matin, le premier jour de la semaine, le soleil s’étant levé » : tout pointe vers un nouveau commencement. Ces femmes vont franchir une étape, vivre quelque chose de neuf. JESUS est mort sur la croix, elles ne pourront plus l’écouter, le servir et le suivre comme avant. Elles pensent savoir ce qu’il faut faire et se sont préparées, ont acheté des aromates pour parfumer son corps et lui rendre un dernier hommage. Ce qui les inquiètent, c’est la grande pierre à l’entrée du tombeau : qui pourra l’enlever ? Mais rien ne va se passer comme elles attendent. La pierre a été mise de côté et, à l’intérieur du tombeau, au lieu du corps de JESUS elles retrouvent un jeune homme habillé en blanc qui a quelque chose à leur dire.

Dans le langage biblique, le vêtement blanc du jeune homme suggère que ce qu’il va dire vient de Dieu : « N’ayez pas peur ! Vous cherchez JESUS, il vous précède en Galilée. » En entendant que JESUS est ressuscité, les femmes ne chantent pas de joie, elles sont « toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes ». Ce qu’elles viennent d’entendre est absolument inimaginable. Elles cherchent le corps de JESUS, mais le chemin est infiniment plus grand que ce qu’elles peuvent concevoir. Il n’est pas resté dans le tombeau, il est vivant et poursuit sa route, il faut donc aller plus loin et continuer à le suivre.

Le chemin de ces femmes ne va pas se terminer au tombeau, c’est en allant ensuite vers les autres qu’elles vont pouvoir rencontrer JESUS. Mais sur le coup elles sont tellement bouleversées par ce message qu’elles « ne dirent rien à personne ». Elles ont besoin de silence pour laisser cette nouvelle inouïe transfigurer leurs peurs. Comme une semence, la parole a été lancée, mais elle a besoin d’un temps de maturation pour pouvoir germer.

Et après, que font les femmes ? Ce passage ne le dit pas, il n’est pas là pour satisfaire notre curiosité historique, mais pour partager cette bonne nouvelle : le Christ est ressuscité et il nous précède en Galilée. Ce n’est pas dans le tombeau que nous trouverons JESUS, c’est « en Galilée » que nous sommes invités à le chercher. Lisons et relisons les Écritures et nous le retrouverons dans la Galilée de l’Évangile. Cherchons-le aussi dans la Galilée de notre vie, là où il nous précède.

Dans notre vie de foi, nous sommes appelés à franchir des étapes, à vivre des nouveaux commencements. Comme ces femmes, nous pouvons essayer de les préparer et parfois nous nous inquiétons inutilement des barrières qui peuvent surgir sur le chemin. Mais en avançant nous découvrons souvent que ces barrières ne peuvent pas nous séparer de la parole que Dieu veut nous adresser, celle-ci trouve toujours un moyen pour nous approcher.

Cette parole nous invite à croire que JESUS nous attend chez nous, dans « notre Galilée ». Nous pouvons discerner les traces du passage du Ressuscité dans notre vie passée, avec ses échecs et ses joies. Nous pouvons nous appuyer sur sa présence pour faire les choix que nous avons à faire dans notre vie présente, avec toutes ses questions et ses défis. Nous pouvons lui confier notre vie future, avec ses incertitudes et ses espoirs. Il est là et nous attend.

- Qu’est-ce qui peut m’aider à ne pas m’installer dans la foi, à oser aller vers des nouveaux commencements ?

- Qu’est-ce que je fais pour chercher JESUS dans ce « chez moi » qui est ma vie de tous les jours ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 29 Avr 2017, 8:33 pm



Deutéronome 15, 7-11 : Tu ouvriras ta main à ton frère


S’il y a chez toi un pauvre, l’un de tes frères, dans l’une de tes villes, dans le pays que le Seigneur ton Dieu te donne, tu n’endurciras pas ton cœur et tu ne fermeras pas ta main à ton frère pauvre, mais tu lui ouvriras ta main toute grande et tu lui consentiras tous les prêts sur gages dont il pourra avoir besoin. Garde-toi bien d’avoir dans ton cœur une pensée de vaurien en te disant « C’est bientôt la septième année, celle de la remise », et en regardant durement ton frère pauvre, sans rien lui donner. Car alors, il appellerait le Seigneur contre toi, et ce serait un péché pour toi. Tu lui donneras généreusement, au lieu de lui donner à contre-cœur ; ainsi le Seigneur ton Dieu te bénira dans toutes tes actions et toutes tes entreprises. Et puisqu’il ne cessera pas d’y avoir des pauvres au milieu du pays, je te donne ce commandement : tu ouvriras ta main toute grande à ton frère, au malheureux et au pauvre que tu as dans ton pays. (Deutéronome 15,7-11)


Dans la vie de l’Israël ancien, les rapports avec Dieu se concrétisaient forcément dans une relation de solidarité à l’intérieur du peuple. Ce passage du livre du Deutéronome illustre bien ce lien : il s’agit d’être prêt à « ouvrir la main toute grande » au pauvre, comme à son propre frère.

D’après la loi de Moïse, tous les sept ans, les champs devaient être laissés en friche (Lv 25,4 ; voir Ex 23,10-11). Il s’agissait là d’une prescription d’ordre religieux, un « sabbat du sol » – le but étant de rappeler à Israël que le vrai propriétaire de la terre était le Seigneur lui-même.

Mais cette prescription, d’abord religieuse, avait bien sûr une implication sociale majeure. Car la septième année était en même temps une année de la remise des dettes (Dt 15,1). Or, à son approche, les créanciers risquaient de devenir très réticents, devant le risque d’une « remise à zéro » qui les pénaliserait. C’est ce que l’auteur appelle une « pensée de vaurien » (v. 9a). Une telle pensée pourrait même devenir un vrai péché (v. 9b), car celui « qui opprime le faible outrage son Créateur » (Pr 14,31). À l’inverse, le don généreux entraînera, de la part du Seigneur, une bénédiction (v. 10).

Le dernier verset de notre passage : « il ne cessera pas d’y avoir des pauvres au milieu du pays » (v.11a), n’est pas sans évoquer une parole de JESUS (voir Jn 12,8). Ce constat, quelque peu résigné, de la persistance de la pauvreté entraîne toutefois le rappel énergique du commandement au cœur du passage : « tu ouvriras ta main toute grande à ton frère, au malheureux et au pauvre que tu as dans ton pays » (v. 11b). En effet, voir son frère dans le besoin et lui ouvrir sa main (voir 1Jn 3,17) reflète l’amour de Dieu à l’égard de l’humanité.

- Compte tenu de l’environnement dans lequel je vis, quelle réponse concrète puis-je apporter à cet appel à « donner avec joie » (2Co 9,7) ?

- Comment apporter mon aide à mon frère pauvre peut-il être pour moi une source d’épanouissement ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Lun 22 Mai 2017, 8:45 pm





Qu’est-ce qui permet de dire que JESUS est mort « pour nous » ?



Ce qui semblait aller de soi dans la tradition juive et celle du Nouveau Testament fait difficulté en ce temps de fort individualisme. A l’inverse du « chacun pour soi », tout être humain était considéré comme représentatif de l’humanité, de l’humanité envisagée comme une unité, non pas abstraitement, mais d’une réalité d’ordre spirituel. Cela nous est difficile à imaginer aujourd’hui.

Nous avons pourtant des expériences d’étroite solidarité humaine, de profonde communion, où nous pressentons que l’humanité est une et que tout être humain peut en offrir une figure. Pensons à notre saisissement intérieur quand quelqu’un s’offre à mourir à la place d’un autre. Pensons à tant d’hommes et de femmes qui n’hésitent pas à risquer leur vie pour autrui ; ou plus simplement qui la donnent dans un service, comme si elle appartenait aux autres. Pensons encore à telle souffrance d’une personne, qui nous atteint quasiment comme si cette souffrance était nôtre. Autant d’occasions où l’on devine que l’humanité ne se borne pas à se présenter telle une juxtaposition d’individus, mais qu’elle tend vers une unité dont tout être humain est un représentant. C’est en ce sens que frère Roger aimait à parler de la « famille humaine ».

Dans cette perspective, JESUS, lui, d’une manière unique et absolue, est à confesser comme l’Homme par excellence, ainsi que Pilate ne croyait pas si bien dire : « Voici l’Homme » (Jean 19, 5). Une telle phrase s’entend forcément à deux niveaux de sens : Voici votre homme, l’individu que vous m’avez amené. Et voici l’image même de l’Homme tel que le Créateur l’a projeté éternellement, voici le représentant réel de tout être humain aux yeux de Dieu.

Effectivement, dans la manière dont Dieu s’y prend pour rejoindre l’humanité au plus intime, on ne comprend pas le pourquoi de l’incarnation et de la Passion du Christ si on ne reconnaît pas en lui le Fils de Dieu devenant le frère de chacun de nous. Notre frère et, bien davantage, notre représentant devant Dieu – mieux vaudrait dire : ma présence quasi personnelle à Dieu. On peut dire qu’il prend notre place pour vivre devant Dieu une existence humaine qui réponde parfaitement à l’amour de son Père, et qu’il affronte à notre place la malédiction de la mort. Mais, paradoxalement, il prend notre place sans nous l’enlever, au contraire : en nous faisant toute notre place.

Par sa naissance humaine, c’est ma vie que JESUS prend en lui en vue de me donner part à la sienne : à son existence terrestre, toute de liberté et d’obéissance, à sa croix douloureuse et victorieuse, à sa vie d’éternité. Si grand est en lui le don de soi, face à la malédiction de sa mort, qu’il la retourne en bénédiction pour lui et pour nous.

frère Pierre-Yves de Taizé.






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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 14 Juin 2017, 6:56 pm




La croix


Pourquoi un instrument de mort est-il devenu le symbole du christianisme ?

La mort est la plus grande énigme de la condition humaine. Tout ce que nous avons construit durant de longues années, tout ce qui est beau dans l’existence humaine, semble s’envoler en fumée en l’espace d’un instant. Et voici qu’au cœur de la foi chrétienne, nous trouvons le symbole d’une mort violente.

À vrai dire, depuis le commencement, la mort n’est justement pas au centre de l’Évangile. La foi commence par l’annonce d’une Vie plus puissante que la mort : « Il est ressuscité ! » C’est à la lumière de la résurrection que la mort prend sa place dans la proclamation chrétienne.

Contemplée dans cette lumière, la mort change de signe. Sans la confiance dans une Vie au-delà de la mort, les humains restent paralysés par la peur, transis au bord d’un gouffre qu’ils n’osent pas regarder en face. Mais en consentant à donner sa vie par amour, parce que porté par la certitude d’une communion inébranlable avec son Père, le Christ ôte à la mort son « aiguillon » (1 Corinthiens 15,55), la peur du néant : « Par sa mort [il a] affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort » (Hébreux 2,14-15).

En compagnie du Christ, alors, mourir peut devenir un langage capable d’exprimer le don total de soi. Par son existence, JESUS nous enseigne « la loi du grain de blé » : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12,24). Cette « loi » ne s’applique pas uniquement à la mort physique. Elle indique plutôt que le chemin vers la Vie passe inévitablement par un lâcher prise, un renoncement à s’accrocher à tout prix à nos acquis, afin d’aller avec Dieu vers l’inespéré qui se trouve en avant de nous. En nous, il y a ce germe porteur de vie qui subsiste et qui fleurit malgré tout.

Dans ce sens, la première « mort » que nous connaissons est notre naissance, où nous quittons le havre du sein maternel pour affronter les rigueurs de l’existence. Puis, dans l’histoire sainte, nous avons l’exemple d’Abraham, appelé à laisser derrière lui un monde connu pour s’embarquer dans une aventure avec le Seigneur (voir Genèse 12,1-4). Plus tard, nous trouvons l’exemple du peuple d’Israël, qui doit traverser les épreuves du désert pour arriver à la Terre promise. La croix est ainsi la révélation plénière du mouvement véritable de la vie : « Qui cherche à épargner sa vie la perdra, et qui la perdra la sauvegardera » (Luc 17,33).

Paradoxalement, alors, la vraie mort, dans le sens négatif du terme, est le refus de se risquer avec Dieu. Celui qui veut « épargner » ou « sauver » sa vie à tout prix, celui qui reste accroché à ce qu’il possède déjà, s’expose à ne rien comprendre de la vie authentique. La croix du Christ nous révèle une façon de mourir qui ne contredit pas la logique de la vie. Dès lors nous comprenons que la croix et la résurrection sont les deux faces, la face sombre et la face lumineuse, d’un seul et même Amour, d’une seule et même Vie.

Les souffrances d’un innocent peuvent-elles nous sauver ?

Un film récent pose cette question avec acuité. Nous savons que JESUS a subi une mort atroce. La crucifixion était l’un des plus grands supplices du monde ancien et, pour les Juifs, un signe du rejet de la part de Dieu (Deutéronome 21,23 ; Galates 3,13). Or, le Nouveau Testament nous fait comprendre que, loin d’être un échec ou une condamnation, la croix était l’instrument de notre salut (par exemple, Galates 6,14 ; Colossiens 1,20). Il n’est pas étonnant qu’on ait toujours eu du mal à saisir comment une telle horreur pouvait avoir des conséquences si heureuses.

En fait, une telle incompréhension repose sur une équivoque qui vaut la peine d’être tirée au clair. Depuis des siècles, cette équivoque a exercé des ravages et a éloigné des multitudes de la foi dans le Christ. Elle consiste dans l’idée que la souffrance de JESUS en tant que telle posséderait une valeur salvifique. Autrement dit, Dieu le Père en aurait eu besoin, donc il y aurait eu en lui une certaine complicité avec la violence exercée contre son Fils unique.

Il est presque suffisant de formuler cette thèse clairement pour s’apercevoir qu’elle est non seulement fausse, mais blasphématoire. Si Dieu ne désire même pas la souffrance et la mort des méchants (Ézéchiel 33,11), comment pourrait-il prendre plaisir à celles de son Fils bien-aimé, l’Innocent par excellence ? Bien au contraire, il faut oser redire sans cesse que la souffrance en tant que telle n’a aucun prix aux yeux de Dieu. Plus encore, dans la mesure où elle abîme ce qui est vivant, la douleur est en contradiction absolue avec un Dieu bon qui veut pour tous la vie en plénitude (Jean 10,10).

D’où vient alors cette équivoque ? Entre autres, d’une lecture trop superficielle des textes bibliques qui sont en fait des raccourcis. Dans une telle lecture, le moyen terme est escamoté. Ce moyen terme est précisément l’amour. Car ce qui peut donner la vie, ce qui nous sauve, c’est uniquement l’amour. Si la souffrance n’a aucune valeur en soi, étant même le plus souvent destructrice, il arrive des moments où, pour rester fidèle à un amour, on est amené à porter une souffrance incompréhensible. Or, les textes du Nouveau Testament qui semblent exalter la souffrance célèbrent en réalité l’amour de Dieu qui va jusqu’au don total de soi en faveur de l’être aimé. Saint Jean nous le rappelle en toutes lettres : « Il n’y a pas de plus grand amour que de déposer sa vie pour ses amis » (Jean 15,13).

Dans la phrase « le Christ a souffert pour vous » (1 Pierre 2,21), par exemple, c’est le « pour vous » qui exprime le moyen terme, la présence de l’amour. Dans son Fils, Dieu a épousé la condition humaine jusqu’à prendre la dernière place par amour ; la croix est ainsi l’expression d’une solidarité absolue (voir Philippiens 2,6-8). Et quand saint Paul écrit qu’il partage des souffrances du Christ (par exemple 2 Corinthiens 1,5 ; Philippiens 3,10 ; Colossiens 1,24), il exprime en fait son désir, à la suite de JESUS, de se dépenser pour les autres sans compter. Parce que le Christ a pris sur lui les souffrances de notre condition par amour, ces souffrances peuvent être vécues non plus comme un châtiment mérité ou un destin aveugle et absurde, mais comme une rencontre avec l’Amour et un chemin vers la Vie.

Lettre de Taizé : 2004/3


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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 08 Juil 2017, 6:15 pm



2017

juillet

Deutéronome 11, 18-21 : Choisis la vie

Mes paroles que voici, vous les mettrez en vous, dans votre cœur, vous en ferez un signe attaché à votre main, une marque placée entre vos yeux. Vous les apprendrez à vos fils en les leur disant quand tu resteras chez toi et quand tu marcheras sur la route, quand tu seras couché et quand tu seras debout ; tu les inscriras sur les montants de porte de ta maison et à l’entrée de tes villes, pour que vos jours et ceux de vos fils, sur la terre que le Seigneur a juré à vos pères de leur donner, durent aussi longtemps que le ciel sera au-dessus de la terre. (Deutéronome 11,18-21)



Ce texte nous vient d’un temps où les grands moments de la royauté de David et de Salomon sont depuis longtemps passés. La puissance d’Israël est en déclin. L’existence même du peuple dans la terre promise se trouve menacée par les puissances étrangères.

Dans cette situation de crise le livre du Deutéronome propose un retour aux fondamentaux, à la parole de Dieu, à ses lois et ses commandements. Il met en scène Moïse au moment où le peuple va entrer dans la terre promise et rappelle les moments-clés de l’alliance entre Dieu et son peuple : la libération d’Égypte, le don des commandements, les épreuves du désert, les infidélités du peuple et la fidélité de Dieu.

Ce livre met le peuple en garde contre deux tentations de la prospérité en terre promise. Il les prévient, ne dites pas « c’est ma force »qui m’a obtenu cette prospérité (8,17), et ne dites pas non plus « c’est à cause de ma juste conduite » que le Seigneur m’a récompensé (9,4). Autrement dit, il présente comme un danger de penser que ce que l’on a, on l’a obtenu par soi-même et qu’on l’a mérité ou qu’on y a droit.

La loi développée dans les chapitres 12–26 entend surtout purifier le culte de Dieu et protéger les plus faibles. Face à la tentation de compter sur d’autres « dieux » et finalement sur soi-même, elle invite à faire confiance à Dieu seul. Face au danger de penser que quelque chose nous revient de droit, elle réclame une attention à celui et à celle qui est moins fortuné(e) que nous.

Ce sont les paroles de cette loi qui, selon notre passage, doivent marquer intimement toute la vie et en devenir extérieurement le signe. Étant transmises à la génération suivante jour et nuit, dedans comme dehors, elles doivent imprégner la vie familiale et sociale pour donner à l’existence la stabilité de Dieu, qui par sa parole a fixé les cieux au-dessus de la terre et les y maintient.

Dans une situation où le peuple sent que sa prospérité et la stabilité de son existence sont menacées, le Deutéronome l’invite à écouter les paroles de Dieu, à lui faire confiance et à partager avec les plus pauvres. Dans une situation de crise, l’ouverture à Dieu et aux autres peut être un chemin pour éviter les réflexes de protection égocentriques et le repli sur soi qui conduit à la mort.

Oublier Dieu et ne penser qu’à soi-même ou écouter ses paroles et s’ouvrir aux autres, pour l’auteur il s’agit là d’un choix entre bénédiction et malédiction (11,26). Il exhorte le lecteur à choisir la vie (30,19), et il lui dit que c’est un choix à sa portée : la parole qu’il l’invite à mettre au centre de sa vie, n’est pas à chercher au-dessus des cieux, mais se trouve dans la bouche et le cœur de l’homme pour être mise en pratique (30,11-14).

- Dans mon existence personnelle ou collective, est-ce que je me sens parfois menacé ou en déclin ? Comment la Parole de Dieu m’offre-t-elle un chemin vers la vie véritable ?

- À la lumière de ce texte, que signifie pour moi « choisir la vie » ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 28 Juil 2017, 7:23 pm



2015

novembre

1 Corinthiens 1, 26-31 : Le choix de Dieu

Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu. Car c’est par Lui que vous êtes dans le Christ JESUS qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur. (1 Corinthiens 1, 26-31)



Les divisions dans la communauté de Corinthe, où les uns pensaient qu’ils étaient meilleurs que les autres, amènent Paul à dire quelque chose sur ce qui doit compter aux yeux des chrétiens. D’abord, l’apôtre invite les fidèles de Corinthe à regarder leur communauté : « Considérez votre appel... ». Il les invite à constater que, parmi eux, il n’y a pas beaucoup de gens qui comptent dans la société, rien de ce qu’on apprécie habituellement.

Ensuite, il parle du choix de Dieu ; trois fois il dit : « Dieu a choisi... ». Il a choisi ceux qui n’impressionnent personne, pour faire comprendre que ce qui est considéré comme avantageux par la société est indifférent aux yeux de Dieu. Dieu choisit ce qui, selon les critères habituels, pour ainsi dire, n’existe pas, pour que cessent d’exister les critères habituels.

Mais le renversement opéré par le choix de Dieu comporte un deuxième aspect : par Dieu, ce qui auparavant n’existait pas vient à l’existence, trouve sa place. Ceux que la société regardait avec mépris ou indifférence, ont leur valeur aux yeux de Dieu. « C’est par Lui que vous êtes dans le Christ JESUS ». En fait, il n’y a que lui qui compte, et c’est par lui et en lui que tous comptent.

Le choix de Dieu nous invite à un changement de regard. Si Dieu a choisi ceux qui ne sont pas appréciés habituellement, nous ne pouvons pas, face à eux, rester dans l’indifférence. Ce qui compte n’est pas une quelconque qualité qu’ils auraient ou n’auraient pas, qui nous impressionne ou ne nous impressionne pas, mais uniquement ce qu’ils sont par Dieu dans le Christ.

Nous pouvons également apprendre à avoir un nouveau regard sur nous-mêmes. Ce qui compte n’est pas qu’individuellement ou ensemble – en tant que groupe, communauté, Église – nous sachions impressionner qui que ce soit, mais uniquement ce que, par Dieu, nous sommes dans le Christ. Nous n’avons pas besoin de revendiquer une supériorité sur les autres, ni de nous affirmer pour cacher nos faiblesses. Malgré nos manques et nos échecs, le Christ est pour nous succès et plénitude ou, pour le dire avec les mots de Paul, il est « devenu pour nous sagesse..., justice, sanctification et rédemption ».

Ce que Paul écrit aux Corinthiens nous invite donc à laisser le choix de Dieu modifier ce qui compte pour nous ; à nous laisser libérer du besoin d’auto-affirmation qui divise, pour être créateurs d’unité ; à apprendre à avoir un regard nouveau qui donne sa place à chacune et à chacun. C’est cela, selon l’apôtre, rendre gloire à Dieu.

- Dans ma communauté, est-ce que je vois des gens qui pourraient être mieux accueillis ? Qui ? Y a-t-il des moments où je pourrais moi-même m’intégrer davantage dans la communauté ?

- Quels sont dans ma communauté des facteurs de division ? Comment les dépasser ?

- Quelles pistes ce texte nous offre-t-il pour rendre gloire à Dieu ensemble avec d’autres ?



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HOSANNA
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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 29 Juil 2017, 11:33 am

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Questions sur la Foi et la Bible

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