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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedLun 13 Fév - 8:26

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 28 Juin - 6:12



Citation :
ÉVANGILE

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b-27a)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses Apôtres :
« Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


QUEL LIEN ENTRE NOS ACTES ET NOTRE RELATION À DIEU ? | HOMÉLIE DU 25 JUIN 2023 À SAINT-SYMPHORIEN-SUR-COISE

Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père Mt 10, 33. Waouh ! Ça semble mal barré notre affaire : il y a tellement de reniements possibles. On pourrait faire une liste à la Prévert, il y a mille manières de renier Dieu : avoir peur de l’avenir – trahir une confiance – ne pas recevoir la vie comme un cadeau d’un Autre – ne plus reconnaitre que nous sommes tous frères, hommes et femmes, avec les conséquences sociales que ça suppose – ne plus reconnaitre que nous sommes dépendants d’une planète avec les conséquences sociétales que ça suppose… il y a vraiment mille manières de renier Dieu. Qui pourrait donc prétendre de l’avoir jamais renié ? Qui pourrait prétendre qu’il ne le reniera plus ? Alors même si nous sommes parfois acteurs de gestes évangéliques, visibles ou non, comment ne pas être renié par Dieu que nous renions si souvent par des gestes contraires ? Et plus largement, quel lien entre nos actes du quotidien et notre relation à Dieu ? Un vrai casse-tête !

Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père. On dirait du donnant-donnant. On dirait que Dieu récompense le mérite et la force de nos poignets, on dirait qu’il tient compte de nos vertus et de nos tempéraments. Si c’est ça, quelle tristesse ! Quelle désolation !

On a de fait toujours quelque chose à se reprocher. Et ces reproches pourraient faire sombrer dans le désespoir. On l’entend d’ailleurs souvent dans la bouche de collégiens : « je suis nul, trop petit pour mon âge ou pas assez drôle, trop timide ou pas assez bon sportif. Je suis trop ceci ou pas assez cela… bref, je suis nul ».

Pourtant, « il suffirait de presque rien » comme chantait Reggiani. Il suffirait pourtant juste de regarder un peu plus haut pour que toutes nos vies changent. Et quitte à regarder plus haut, ça pourrait être beaucoup plus haut. Il suffirait de tourner le regard vers Dieu pour que tout change.

Tourner son regard vers Dieu, c’est sans doute le chemin pour être libéré de tous les reniements du quotidien ! « Regarde-le, médite-le, contemple-le » disait Claire d’Assise. Tourner son regard vers Dieu est sans doute le chemin pour être léger et joyeux. Par 3 fois aujourd’hui, JESUS nous y invite d’ailleurs : ne craignez pas, soyez sans crainte Mt 10,26.28.31.

Faire entendre ce Ne craignez pas, soyez sans crainte du Christ reste malgré tout un des défis pour bien des professeurs et éducateurs qui s’investissent au quotidien auprès des jeunes. En plus de l’enseignement attendu bien sûr.

Personnellement, plus je découvre la grandeur de Dieu, plus je découvre sa tendresse pour moi et pour tous, plus en perspective je constate ma petitesse et nos failles à nous tous. Je ne suis peut-être pas tombé aussi bas que certains de mes frères et sœurs, peut-être parce que certaines blessures m’ont été épargnées dans mon enfance. Peut-être parce que j’ai eu la chance de me savoir aimé. Peut-être par un je-ne-sais-quoi... peu importe. En tout cas, il ne faut pas se tromper sur soi-même pour ne pas tromper les autres . Et il ne faut pas non plus se tromper sur soi-même pour ne pas trop vite juger les autres.

Mais ce décalage entre la splendeur de Dieu et ma petitesse ne me parait pas écrasant. Au contraire même : aller si haut est si impossible à la force de nos poignets. Alors pour monter si haut, c’est-à-dire à la joie dès ici, c’est-à-dire à la paix maintenant, alors pour monter si haut au niveau du Père, ce sont ses bras comme disait Thérèse de Lisieux et son fameux ascenseur, ce sont ses bras qui peuvent nous hisser. En rien nos mérites ou nos efforts. Cette découverte peut nous libérer du poids de devoir devenir un surhomme ou un héros de l’univers « Marvel ». Comme si c’était évangélique de l’être. Simplement pour nous c’est impossible, mais pas pour Dieu . Et comme c’est Lui qui nous porte, par pour devenir un « Avenger », mais pour être heureux. Comme c’est lui qui nous porte pour notre bonheur, le casse-tête du lien entre nos actes et notre relation à Lui : résolu ! Ne craignez pas, soyez sans crainte. A vrai dire, on est à bonne école ici à Champagnat : César, parmi d’autres, en est un des témoins rayonnants !

En résumé donc, quel lien entre nos actes et notre relation à Dieu ?
- D’une certaine manière aucun puisque de toute façon Dieu est avec nous jusqu’à la fin des temps Mt 28, 20 comme il l’a promis. Ne craignez pas, soyez sans crainte.
- Et d’une autre manière, si nous tournons notre regard vers notre Dieu amoureux, nous serons alors invités à lui répondre, y compris par des actes, en famille et au boulot, avec les conséquences que ça suppose. Parce ce tout ce qui sonne juste dans une vie justifie que l’on cherche à donner sa vie pour ça . Nous serons alors engagés dans une recherche de cohérence.
C’est sans doute là, précisément dans cette quête de cohérence, que se situe notre fidélité. C’est notre petite part à faire, essentielle aussi !

Et pour le reste, c’est-à-dire presque tout, nous avons encore à tourner notre regard vers Dieu pour qu’il nous hisse à son niveau,
- avec la même insouciance que celle d’un bébé, souriant et gesticulant, tout en écoutant une comptine comme « Ah les crocrocro les crocodiles »,
- avec la même attention sérieuse qu’un CP joue à la marelle,
- avec la même espérance qu’un Terminale peut envisager les admissions de « Parcoursup » ou le premier entretien d’embauche…
Tous, nous pouvons tourner notre regard vers le Père et nous abandonner dans ses bras pour qu’il nous hisse à son niveau, pour notre paix et notre joie à tous, aujourd’hui.
Ne craignez pas, soyez sans crainte.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 6 Juil - 6:36




Citation :
ÉVANGILE
« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)
Alléluia. Alléluia.
Descendance choisie, sacerdoce royal, nation sainte,
annoncez les merveilles de Celui qui vous a appelés
des ténèbres à son admirable lumière.
Alléluia. (cf. 1 P 2, 9)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses Apôtres :
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie
la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi
la gardera.
Qui vous accueille
m’accueille ;
et qui m’accueille
accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
recevra une récompense de prophète ;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



LÂCHER LES ATTACHES POUR VIVRE EN PLÉNITUDE | HOMÉLIE DU 2 JUILLET 2023 À LABASTIDE D'ARMAGNAC

C’est d’un lieu très particulier que je m’adresse à vous. Il n’y a pas d’habitation dans ce lieu. On ne fait que passer dans ce sanctuaire national des cyclistes dédié à Notre-Dame. Des cyclistes sur les routes
de St Jacques et de Lourdes s’y arrêtent quelques heures avant de reprendre rapidement leur route vers des horizons plus vastes. Voilà qui nous en dit long sur notre vie ! On ne fait que passer. Nous sommes en pèlerinage sur cette terre ! Il faut continuellement apprendre à quitter nos attaches légitimes pour aller vers de plus vastes horizons.

Et pourtant nous constatons au quotidien une vieille habitude intérieure, un vieux réflexe qui remonte à la nuit des temps et qui nous fait parfois agir bien autrement. Combien de fois avons-nous peur de perdre ce qu’on a ! Alors on s’accroche à une manière de penser, à une mode, à des relations familiales, à une réputation, à une carrière, à sa santé...et on se cramponne comme une moule à son rocher... nous empêchant malheureusement d’aller plus loin. On est paralysé.

“Qui a trouvé sa vie la perdra ; Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera”
C’est le contraire nous dit JESUS, il faut désormais accepter de perdre. Il faut ouvrir les mains au lieu de se crisper. Lorsqu’on lâche et qu’on ouvre les bras pour accueillir on peut continuer à recevoir et poursuivre sa route librement ! JESUS nous veut libre et non pas figé. Il faut larguer les amarres pour avancer !
Il en va ainsi de toute notre vie. J’ai eu la chance et la joie d’accompagner quelques personnes au moment de leur mort et j’ai pu constater combien ceux qui acceptaient la mort, vivaient paisiblement ce passage ! Ils pouvaient continuer le chemin vers la Vie éternelle. Mais si c’est vrai au jour du grand passage qu’est la mort biologique, ça l’est également pour toutes les petites morts du quotidien. Si j’accepte mon échec familial, affectif, professionnel, ma séparation, ma maladie, la perte d’un être cher, mes problèmes professionnels alors je peux continuer à vivre et à avancer et traverser ces épreuves. C’est souvent là que je peux découvrir un Vie plus profonde qui m’habite !

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi”. Le Seigneur nous invite encore à lâcher pour avancer !

Le père et la mère nous transmettent ce qui est bon pour nous pour vivre dans la société. Sans cette éducation indispensable, nous ne saurions pas parler, ni communiquer. Nous ne serions pas allés à l'école, nous n'aurions pas appris à vivre en société. Nous n'aurions pas trouvé un emploi, nous n'aurions pas pu exprimer nos désirs, nos ressentis, vivre peut-être nos passions (sport, musique, loisirs...). C'est là tout l'héritage culturel, transmis par les parents, mais aussi la famille en général, l'école, les traditions...

Cependant, il ne convient pas de rester baignés dans cette situation car nous y passerions alors notre vie, sans sortir de cette "matrice". La matrice est indispensable, nécessaire, pour que l'enfant deviennent grand. Tout autant qu'il est indispensable de la quitter pour accéder à la transformation que nous avons encore à faire. Dieu demande à Abraham de quitter la maison de son père : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai”, “l’homme quittera son père et sa mère” (Gn)

On honore réellement ses parents si nous pouvons aller plus loin que là où ils nous ont menés. On ne les honore pas en les imitant toute notre vie.
C’est à un véritable lâcher prise auquel nous convie le Christ, un lâcher prise au plus profond de notre cœur, un lâcher prise qui peut rayonner dans tout notre être afin de devenir toujours plus vivant à la suite de celui qui est le Vivant pour les siècles et des siècles !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 12 Juil - 8:59





Citation :
ÉVANGILE
« Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 25-30)
Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS prit la parole et dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


CULTIVER LA JOIE DE CROIRE | HOMÉLIE DU 9 JUILLET 2023 À CORDES-SUR-CIEL

Frères et sœurs,
Vous avez bien entendu : JESUS éprouve une vraie joie qui le conduit à louer son Père, car ce qu’il a caché aux sages et aux savants, il l’a révélé aux tout-petits. Si nous sommes croyants ou si nous avons le désir de mieux comprendre et connaître le Seigneur, sans nul doute nous faisons partie de ces « tout-petits » à qui JESUS révèle le Père. Soyons heureux de ce choix du Fils, car « personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler ». Comme nous venons de le chanter : « La bonté du Seigneur est pour tous ». Le désir du Sauveur est de rejoindre chacun de nous. Aux foules n’a-t-il pas dit : « Qui cherche trouve ; et à qui frappe, on ouvrira » ?

Comme évêque, je viens d’en être témoin ces derniers mois en rencontrant individuellement tous les adultes qui ont reçu le baptême ou la confirmation au cours des dernières fêtes pascales, non seulement ils sont plus nombreux d’année en année, mais alors qu’un certain nombre n’avait reçu aucune éducation religieuse, le Christ s’est fait connaître à eux, leur offrant une amitié forte et leur apportant une solide confiance en lui. Souvent après un parcours dans les ténèbres et la souffrance, la lumière, le Christ, leur a dévoilé l’amour miséricordieux du Père, son immense tendresse envers chacun de ses enfants. Le repos et la paix leur a été procurés. Le poids des épreuves devient léger, car étant sous le joug avec le Christ, c’est lui qui porte le plus gros de la charge en dispensant l’Esprit d’amour qui l’unit au Père et habite en chaque baptisé-confirmé.

L’Esprit Saint possède la capacité de nous garder tout-petits ; il entretient dans le cœur du croyant cette révélation cachée au savants, que nous appelons la sagesse. Or, le Fils est la sagesse du Père comme il est aussi sa Parole.

Cachée en Dieu dans l’ancienne alliance, la sagesse est devenue visible, lorsque le Fils est venu partager notre condition humaine. En acceptant de nous sauver en passant par la folie de la croix, le Christ devient incompréhensible pour les sages et les habiles de ce monde. Seul un cœur docile à l’Esprit de Dieu peut recevoir la révélation et peut accueillir le Fils qui s’est fait le tout-petit. « Le Christ JESUS ayant la condition de Dieu ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes ». JESUS désire offrir avec douceur et simplicité à ses frères en humanité, à chaque enfant du Père, de partager leur amour éternellement.

En cette année 2023 où nous célébrons le quatre centième anniversaire de la naissance de Blaise Pascal, comment ne pas se souvenir de cette « nuit de feu », où ce savant fit une expérience si semblable à celle exprimée à travers l’hymne de jubilation du Christ. Cette prière de louange prononcée par JESUS et rapportée par l’évangéliste Matthieu dans le passage de l’évangile de ce dimanche. Pascal écrit : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de JESUS-Christ ». Ces quelques mots traduisent un moment d’illumination unique, qui a entraîné de la part de Blaise Pascal une adhésion forte à Dieu et lui a procuré une immense joie. Dans la récente lettre apostolique sur Pascal, publiée par le Pape François, il affirme : « Pascal, à sa place de fidèle laïc, a goûté à la joie de l’Évangile, dont l’Esprit veut féconder et guérir ʺ toutes les dimensions de l’homme ʺ et réunir ʺ tous les hommes à la table du Royaume ʺ ». En cette période difficile de vie de l’Église en France, où il est plus courant de souligner les aspects négatifs vécus dans certaines communautés et les trahisons faites à l’Évangile, cultivons en antidote la joie de croire. Ce don extraordinaire et gratuit que la bienveillance du Père nous offre par son Fils dans l’Esprit.
Demandons au Seigneur les uns pour les autres, particulièrement pour ceux et celles qui traversent des épreuves, que l’Esprit de JESUS donne à tous de participer à la victoire du Ressuscité sur les ténèbres humaines. Alors, paix et joie inonderont les cœurs des « tout-petits », illuminés par la grâce divine.
Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 20 Juil - 6:31



Citation :
ÉVANGILE
« Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-9)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

Ce jour-là, JESUS était sorti de la maison,
et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
D’autres sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D’autres sont tombés dans la bonne terre,
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.



LA PAROLE, L’ÉCOUTE, LE CŒUR | HOMÉLIE DU 16 JUILLET 2023 À LANS-EN-VERCORS

« Écoutez ! »
C’est la seule chose que JESUS nous demande ; c’est la seule chose que, depuis toujours, Dieu demande à son peuple. « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces paroles que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur. » Oui, dans ton cœur. Car, pour écouter, il ne faut pas seulement des oreilles qui entendent – on peut même s’en passer, quand elles ne fonctionnent plus trop bien –, pour écouter vraiment, il faut surtout un cœur. C’est le cœur qui écoute, qui accueille la Parole de Dieu, c’est-à-dire la vie de Dieu, comme une bonne terre reçoit le grain semé en elle, le garde au plus profond d’elle-même, le laisse germer, pousser, se développer, porter du fruit. Voilà ce que signifie « entendre la Parole et la comprendre ».

Le problème, c’est que nous la connaissons trop bien, la parabole du semeur, et que toutes ces images agricoles, ces métaphores, ces comparaisons nous sont devenues tellement familières que nous n’y faisons presque plus attention. Savons-nous vraiment ce que nous disons quand, dans l’Église, nous reprenons à satiété et répétons mécaniquement des expressions comme : « semer la Parole » ou « être semé » ou encore « porter du fruit » ? Et lorsque nous entendons ces expressions dans l’Évangile, comme ce matin, sommes-nous encore capables d’écouter ce qu’elles nous disent ?

Serions-nous donc devenus, à notre tour, comme ces gens dont parle JESUS, qui « écoutent sans écouter ni comprendre » ? N’est-ce pas aussi sur nous qu’Isaïe a prophétisé : « Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. […] Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, qu’ils ne se convertissent » ?

Alors c’est le moment, frères et sœurs, d’écouter pour de bon, c’est le moment de tourner nos oreilles, nos yeux et notre cœur vers la Parole de Dieu, de nous retourner vers ce que le Seigneur cherche à nous dire, bref, de nous convertir à sa Parole. « Vous donc, dit JESUS, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. » Or notre premier réflexe consiste à l’écouter sans l’écouter, c’est-à-dire à ramener aussitôt la parabole à nous-mêmes, à nos situations actuelles, à nos difficultés spirituelles et morales, à notre misère humaine. Ne suis-je pas ce bord de chemin où le Mauvais est venu s’emparer de ce que le Bon Dieu m’avait donné de meilleur, de plus prometteur ? Ne suis-je pas ce sol pierreux, sans terre assez profonde pour enraciner dans la durée et dans l’épreuve mes élans spirituels, si éphémères et si fragiles ? Ma générosité pour le Seigneur n’a-t-elle pas été étouffée par la ronce des soucis qui m’envahissent ou des avidités qui m’enserrent ? Et pourquoi d’autres que moi ont-ils eu la chance, le privilège d’être, eux, de la bonne terre et d’avoir eu un tel rendement ? N’est-ce pas injuste de la part du Semeur de là-haut ? N’ai-je pas raison, au fond, de lui en vouloir ?

Mais c’est justement lui, le Semeur, que la parabole nous invite à regarder, à contempler, pour nous délivrer de la considération exclusive de nous-mêmes. Ce Semeur, c’est notre Créateur et c’est notre Sauveur. Lui, il sème à foison, sans se préoccuper apparemment de la qualité des terrains. C’est comme s’il ne voyait pas que des grains sont tombés sur le plat du chemin, comme s’il ne voyait pas que le sol est jonché de cailloux, comme s’il ne voyait pas que les ronces et la broussaille sont toujours prêtes à repousser. Oh ! Il le voit très bien, en vérité, il voit tout, et il connaît notre cœur infiniment mieux que nous-mêmes, mais ce cœur, il ne l’accuse pas, car Dieu est plus grand que notre cœur. Regardez, frères et sœurs, regardez la Bonté de Dieu. Pour lui, tous les terrains sont de la bonne terre, ou plutôt, tous les terrains de nos cœurs, même les plus cabossés ou les plus ingrats, sont appelés à devenir une bonne terre. Il sème, ce Dieu bon, il sème comme à la création du monde, donnant à la terre « l’herbe, la plante qui porte sa semence ». Et, malgré notre péché, malgré nos pierres et nos ronces, il continue de voir en nous ce que nous ne savons plus voir : il voit, comme à la création du monde, que cela est « très bon ».

Dieu ne nous a pas créés pour être des sols arides, il nous a créés et nous recrée comme une terre généreuse, capable de répondre à son amour débordant. Il suffit pour cela d’écouter, en tournant notre cœur non plus sur nous-mêmes, mais vers lui, JESUS, la Parole du Père qui se donne à nous comme le Pain de la vie : « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. » Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 26 Juil - 6:35




Citation :
ÉVANGILE
« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-30)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là,
JESUS proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.


LE BON GRAIN ET L'IVRAIE | HOMÉLIE DU 23 JUILLET 2023 À LÈGE-CAP-FERRET

Il était une fois, frères et sœurs, un brave jeune prêtre qui s’occupait de jeunes. Comme tous les jeunes prêtres, il était plein de principes. Il savait ce qui est bien et ce qui est mal. Bref, il pensait, dans sa naïveté, que tout est clair.

J’ai dit que notre jeune prêtre s’occupait de jeunes. Voilà un public intéressant. Très attachant. Et peut-être un peu plus compliqué que prévu.
Car à la première confession, que dis-je, à la première discussion, notre jeune prêtre se trouva à peu près aussi embarrassé que le cultivateur de JESUS devant son champ de blé. Sur le lopin de bonne terre qu’est chaque adolescent, tout poussait, ce qui était merveille à voir, mais tout poussait en vrac. Du froment, des coquelicots, de l’ivraie, du chardon, de la carotte sauvage et des bleuets. Dans le cœur de ses jeunes se mêlaient, sous la pluie et le soleil du Bon Dieu, la foi et la contestation, la générosité et la flemme, le pur dévouement et l’impure jalousie, enfin tout ce qui peut se bousculer d’une minute à l’autre dans le cœur d’un adolescent parfaitement normal, raisonnablement travaillé par ses instincts, ni sot ni lâche mais confus et paradoxal même à ses propres yeux, et tout tremblant de l’appel au dépassement, à l’héroïsme, à la sainteté que l’Esprit a mis en lui parce que, qui qu’il soit, il est fils ou fille de Dieu.

Le bon grain et l’ivraie, dis-je. Notre jeune prêtre ne fut pas long à constater que l’un et l’autre étaient si étroitement enlacés que les débrouiller était beaucoup plus difficile que dans son manuel de confession. Le même jeune priait sincèrement alors même qu’était en train de faire une grosse bêtise, mélangeait amour-propre, sainteté et image de soi, avait honte de ce qu’il avait fait et n’avait pas pu s’en empêcher… — je pourrais continuer longtemps, mais vous savez tous ce que c’est. Vous en avez chez vous, des adolescents, et si vous n’en avez pas, du moins l’avez-vous été.
Que fit alors le jeune prêtre de mon histoire ? Eh bien, comme dans la parabole, il apprit la patience et il apprit à faire confiance à Dieu. Naturellement, il a grondé, redressé, conseillé, tout ce qu’on veut. C’était son rôle. Et il fallait bien faire attention, car l’ivraie, la vraie, ne se contente pas d’être une mauvaise herbe : elle est toxique. Mais il a surtout appris à aimer son champ de blé à la façon dont Dieu l’aime, avec ses qualités et ses défauts inextricables. Et, par conséquent, à s’aimer soi-même.

Car c’est là où je veux en venir, frères et sœurs, avec ma petite histoire. Qui, en effet, ne s’est pas reconnu dans cette liste de paradoxes qui peuplent non seulement le cœur des jeunes, mais celui de tout homme et de toute femme, quel que soit son âge ? Nous adultes, sommes plus forts, sans doute ; plus stables ; plus prudents. Mais nous restons ce champ d’anarchie où sans cesse revient la mauvaise herbe. Et nous nous en désolons.
Mais Dieu nous aime, lui, avec nos herbes folles. C’est ce que JESUS a toujours fait. Au scandale des pharisiens, il voyait d’abord la foi et la charité chez les pécheurs et les impurs, il les prenait en bloc, il les embrassait en entier. Et c’est parce qu’il aimait les pécheurs que ceux-ci pouvaient relever la tête.
Être mêlé de bien et de mal, c’est l’humaine condition. Et le bon cultivateur, le père, le frère, l’ami, doivent le savoir, y prendre garde et ne pas perdre espoir. Quand viendra l’heure, le moissonneur ne gardera que le froment, qu’il recueillera grain par grain, geste d’amour par geste d’amour.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 3 Aoû - 7:36





Citation :
[
ÉVANGILE
« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)
Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à la foule ces paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.

Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.

Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
JESUS ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


LA RENCONTRE DU CHRIST EST LE VRAI TRÉSOR DU CHRÉTIEN | HOMÉLIE DU 30 JUILLET 2023 À LA PRÉNESSAYE


Si vous avez un petit ou gros capital à placer, quelques économies à faire fructifier, JESUS aujourd’hui se présente comme un bon conseiller en gestion de patrimoine. Il donne des conseils judicieux qui pourraient vous aider à préserver ce que vous détenez et même à accroître votre bien. Et dans le contexte actuel d’inflation ou de perte de valeur, cela viendra améliorer votre ordinaire de façon providentielle !

Mais vous vous doutez bien que le Christ n’est pas mandaté par votre banque ou par quelque cabinet financier… Non ! Par ses paraboles il vient nous interroger :
Avez-vous trouvé le trésor caché ou la perle rare ?
Question qui avec le vocabulaire actuel s’exprime ainsi :
Avez-vous obtenu le jackpot ? le gros lot dont tout le monde rêve ?
En son fameux pari, Pascal, « infatigable chercheur de vérité » dont nous venons de célébrer les 400 ans de la naissance, Pascal déclare qu’en faisant le choix de Dieu :
« Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc que Dieu est, sans hésiter ! »

Si on peut faire sans peur le pari de l’existence de Dieu, la recherche du Royaume de Dieu n’est pourtant pas une grande loterie, l’Euromillions où comme vous le savez la quasi-totalité des joueurs sont perdants.
Que rêvons-nous de gagner et de détenir en acceptant pour cela de faire un pari sur l’avenir, d’y investir toute notre vie ? Quelle est la quête principale qui nous anime ?
JESUS nous parle de l’essentiel et non pas de la seule détention profitable des biens. Sa parole et sa question finale (« avez-vous compris tout cela ? ») ont une portée existentielle et pas seulement matérielle.

Le véritable point d’attention de ces paraboles, propres à l’évangéliste saint Matthieu, se situe au niveau spirituel, comme nous le précise saint Augustin
« Cet homme qui cherche de belles perles et qui en trouve une de grand prix, est celui qui recherche la compagnie des hommes vertueux pour mener avec eux une vie sainte, et trouve le seul homme qui soit sans péché, Notre Seigneur JESUS-Christ »
Saint Augustin, Questions sur l’évangile de saint Matthieu, 13

Le sujet principal de l’histoire n’est pas le chercheur de trésor ou sa possible avidité, sinon le chrétien en quête constante de personnes vertueuses et d’une rencontre intime avec le Seigneur. En avons-nous conscience ?
Dans notre vie, cette rencontre peut se réaliser de façon surprenante : par une conversion inattendue qui conduit à réorienter radicalement sa vie, à tout vendre pour acheter le champ où le trésor caché est déposé. Tout au long de l’histoire du christianisme, de belles figures surgissent de saint Paul à Edith Stein en passant par saint François et saint Ignace.
Un changement absolu de vie s’opère et nous place dans une perspective nouvelle pour demander le baptême, pour intensifier la vie de prière, l’engagement dans l’Eglise et dans la société. En rencontrant le Christ, on découvre la perle et le trésor les plus précieux.

Mais il y a aussi d’autres voies possibles pour une telle rencontre du Seigneur, à maturation plus lente et progressive. Il faut oser jeter ses filets, attendre que le temps passe pour que la pèche soit abondante et les poissons soient nombreux. Il n’y a apparemment pas d’événement extraordinaire quand les jours s’écoulent. Nés et ayant grandi au sein d’une famille chrétienne, la foi nous semble avoir été transmise dès le sein maternel. Mais on ne peut se satisfaire de ce don gratuit de la foi. Il est indispensable de rechercher librement et volontairement à intensifier cette relation au Christ. Aller à la messe le dimanche c’est bien, très bien même, mais ça ne suffit pas ! Nous avons besoin de croître en sainteté par des chemins particuliers. Chacun de nous vit son histoire unique et sa relation intime avec le Christ. Nous pouvons tous découvrir ce trésor.

En apparaissant à la jeune Jeanne Courtel en ce sanctuaire de La Prénessaye, la Vierge Marie accomplit pour elle une guérison miraculeuse. Le père de la jeune voyante a bien perçu le don précieux d’entendre sa fille sourde et muette jusqu’alors lui parler distinctement.
Entendons-nous et voyons-nous ces signes qui manifestent la présence du Seigneur ?
Avec Jeanne Courtel ici comme avec ste Bernadette à Lourdes où le Jour du Seigneur nous mènera dans deux semaines à l’occasion du 150e Pèlerinage National, le Vierge Marie demande de porter un message. N’ayons pas peur de l’accueillir et de le partager. A son exemple, nous allons être configurés à l’image de son Fils pour qu’advienne le Règne de Dieu dont nous serons un reflet.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 8 Aoû - 6:29




Citation :
ÉVANGILE
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à JESUS :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
JESUS s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, JESUS, seul.
En descendant de la montagne,
JESUS leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS le 6 Août 2023

Les paroles de l’Apôtre Pierre sur la montagne de la Transfiguration sont celles que nous voulons faire nôtres après ces journées intenses : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! » (Mt 17, 4). C’est beau tout ce que nous avons vécu avec JESUS, ce que nous avons vécu ensemble et comment nous avons prié. Mais après ces journées de grâce, nous nous demandons : qu’est-ce que nous emportons avec nous en retournant dans la vallée de la vie quotidienne ?

À partir de l’Évangile que nous avons entendu, je voudrais répondre à cette question par trois verbes : briller, écouter, ne pas craindre.

Briller. JESUS est transfiguré et – dit le texte – « son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 2). Il venait d’annoncer sa passion et sa mort sur la croix, brisant ainsi l’image d’un Messie puissant et mondain, et décevant les attentes des disciples. Maintenant, précisément pour les aider à accepter le projet d’amour de Dieu, qui vise à la gloire par le chemin de la croix, JESUS prend trois d’entre eux, Pierre, Jacques et Jean, les conduit sur la montagne et est transfiguré : son visage devient resplendissant et ses vêtements blancs. Ce “bain de lumière” les prépare à la nuit qu’ils devront traverser ; cette brèche lumineuse les aidera à supporter la peine des heures les plus sombres, celles de Gethsémani et du Calvaire.

Mes amis, nous avons nous aussi besoin de quelques éclairs de lumière pour affronter l’obscurité de la nuit, les défis de la vie, les peurs qui nous inquiètent, les ténèbres que nous voyons souvent autour de nous. L’Évangile nous révèle que cette lumière a un nom. Oui, cette lumière venue éclairer le monde, c’est JESUS (cf. Jn 1, 9). Il est la lumière qui ne se couche jamais et qui brille même dans la nuit. Me viennent à l’esprit les paroles du prêtre Esdras que l’on trouve dans les Saintes Écritures, et que nous pouvons nous aussi répéter après ces jours vécus ensemble : « Notre Dieu a fait briller nos yeux » (Esd 9, 8). Éclairés par le Christ, nous sommes nous aussi “transfigurés” : nos yeux et nos visages peuvent briller d’une lumière nouvelle. Frères et sœurs, c’est ce que l’Église et le monde attendent de vous : que vous soyez des jeunes rayonnants, qui portent partout la lumière de l’Évangile et allument des lueurs d’espérance dans les ténèbres de notre temps !

Je voudrais vous dire une chose : nous ne devenons pas lumineux lorsque nous sommes sous les projecteurs, lorsque nous affichons une image parfaite et que nous nous sentons forts et victorieux. Non. Nous brillons quand, en accueillant JESUS, nous apprenons à aimer comme Lui, car telle est la vraie beauté qui resplendit : une vie qui risque par amour. Un philosophe a écrit que la beauté du message révolutionnaire du Christ consiste à « trouver aimable même l’objet non aimable » (S. KIERKEGAARD, Gli atti dell’amore, Milan 1983, p. 579), c’est-à-dire aimer le prochain tel qu’il est : non seulement quand il est en accord avec nous, mais aussi quand il ne nous est pas sympathique et qu’il a des aspects qui ne nous plaisent pas. Avec la lumière de JESUS, c’est possible ! Vous, les jeunes, vous pouvez aimer de cette manière et abattre certains murs, certains préjugés, en apportant au monde la lumière de l’amour qui sauve. Puissiez-vous toujours briller de cet amour, briller avec JESUS, « lumière du monde » (Jn 8, 12) !

Le deuxième verbe est écouter. Sur la montagne, une nuée lumineuse recouvre les disciples et la voix du Père indique que JESUS est le Fils bien-aimé. Le commandement que donne le Père est simple et direct : « Écoutez-le » (Mt 17, 5). Tout est là : tout ce qu’il y a à faire dans la vie chrétienne réside dans ce mot, le dernier que le Père prononce dans l’Évangile de Matthieu : écoutez-le. Écouter JESUS, dialoguer avec lui, lire sa Parole et la mettre en pratique, le suivre : parce qu’il a pour nous des paroles de vie éternelle ; parce qu’il révèle que Dieu est Père est amour ; parce que, par son Esprit, nous devenons nous aussi des enfants bien-aimés. Voilà ce dont nous avons besoin dans la vie : non pas la gloire, le succès, l’argent, mais savoir que nous ne sommes pas seuls, que nous avons toujours quelqu’un à nos côtés, commencer et terminer la journée avec la certitude de l’étreinte du Seigneur ; l’écouter, croire que nous sommes aimés et accompagnés d’un amour qui ne fait jamais défaut. Et rappelons-nous ceci : nous mettre à l’écoute du Seigneur en restant ouverts à ses surprises fait de nous des personnes capables aussi de s’écouter les unes les autres, d’écouter la réalité qui nous entoure, les autres cultures, la voix souffrante des pauvres et des plus fragiles, le cri de la Terre blessée et maltraitée. Qu’il est beau d’écouter JESUS, de nous écouter les uns les autres et de grandir dans le dialogue, dans un monde où tant de personnes voyagent enfermées dans leur solitude, ne pensant qu’à elles-mêmes.

Briller, écouter et, enfin, ne pas craindre. Ce sont les dernières paroles que JESUS prononce sur la montagne pour encourager les disciples effrayés : « Relevez-vous et soyez sans crainte » (Mt 17, 7). Maintenant qu’ils ont eu une anticipation de la gloire pascale, qu’ils ont été plongés dans la lumière divine et qu’ils ont écouté la voix du Père, les disciples peuvent descendre de la montagne et affronter les défis qui les attendent dans la vallée. Il en est de même pour nous aussi: si nous gardons la lumière de JESUS et ses paroles, nous pouvons marcher chaque jour dans la vie, le cœur libéré de la peur.

À vous, jeunes, qui cultivez de grands rêves mais souvent obscurcis par la crainte de ne pas les voir réalisés; à vous, jeunes, qui pensez parfois ne pas y arriver; à vous, jeunes, qui, en ces temps, êtes tentés de vous décourager, de vous juger inadaptés ou de cacher la douleur en la masquant d’un sourire ; à vous, jeunes, qui voulez changer le monde et qui luttez pour la justice et la paix ; à vous, jeunes, qui y mettez votre engagement et votre imagination, bien que cela vous semble ne pas suffire; à vous, jeunes, dont l’Église et le monde ont besoin comme la terre a besoin de pluie ; à vous, jeunes, qui êtes le présent et l’avenir ; oui, précisément à vous, jeunes, JESUS dit : “Soyez sans crainte !”.

Les paroles que saint Jean-Paul II a prononcées lors d’une des JMJ résonnent plus que jamais : « En réalité, c’est JESUS que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur ; c’est Lui qui vous attend quand rien de ce que vous trouvez ne vous satisfait ; c’est Lui, la beauté qui vous attire tellement; c’est Lui qui vous provoque par la soif de radicalité qui vous empêche de vous habituer aux compromis ; c’est Lui qui vous pousse à faire tomber les masques qui faussent la vie ; c’est Lui qui lit dans vos cœurs les décisions les plus profondes que d’autres voudraient étouffer. C’est JESUS qui suscite en vous le désir de faire de votre vie quelque chose de grand. [...] N’ayez pas peur de vous en remettre à Lui » (Veillée de prière, Rome, 19 août 2000).

Chers jeunes, je voudrais regarder chacun de vous dans les yeux et lui dire : sois sans crainte ! Mais je vous dis une chose beaucoup plus belle : JESUS lui-même vous regarde maintenant, Lui qui vous connaît et qui lit en vous : Il regarde dans vos cœurs, vous sourit et vous répète qu’Il vous aime toujours et infiniment. Toujours et infiniment. Allez donc, et portez à tous le sourire radieux de Dieu ! Allez et témoignez de la joie de la foi, de l’espérance qui réchauffe votre cœur, de l’amour que vous mettez en toute chose. Brillez de la lumière du Christ. Écoutez-le pour devenir vous aussi la lumière du monde. Et soyez sans crainte, car le Seigneur vous aime et marche à vos côtés. Avec lui, la vie renaît, toujours.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 17 Aoû - 6:36




Citation :
ÉVANGILE
« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



MARIE, "PLEINE DE GRÂCES" | HOMÉLIE DU 15 AOÛT 2023 À WATERLOO (BELGIQUE)

Chères Amies et Amis en Christ, et vous tous qui nous regardez avec bienveillance, c’est le destin surprenant d’une femme que nous fêtons aujourd’hui.
Une femme bien de chez nous, avec son lot de bonheurs et de malheurs. Son adolescence et ses rêves de mariage sont bousculés par une requête divine totalement inattendue : « veux-tu concevoir et enfanter un fils, auquel tu lui donneras le nom de JESUS ? L’Esprit Saint viendra sur toi » (Lc 1, 31.35).
Sa vie de maman est assombrie par les critiques entendues autour de son fils pourtant adulé par les foules : « voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ; il a perdu la tête » (Lc 7, 34 ; Mc 3, 21).
Puis surgit le malheur suprême pour une maman : la perte de son enfant, exécuté par la rigidité suffisante des uns et la jalousie des autres. Asseoir son fils mort sur ses genoux, comme l’attestent toutes les pietas du monde, asseoir son fils mort sur ses genoux rapproche Marie de nos quotidiens les plus noirs. Sainte Marie, priez pour nous !
Mais ce destin sombre contient aussi une part de lumière. Une lumière qui en reflète une autre, bien plus éclatante.
Comme la lune qui reçoit son éclat du soleil, Marie reçoit sa brillance d’un projet personnel de Dieu. Avez-vous déjà remarqué en quels termes le messager de Dieu salue la toute jeune fille à Nazareth ?
L’ange Gabriel ne lui dit pas : « je te salue Myriam », mais bien : « je te salue Pleine de grâces, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28). L’envoyé divin ne l’appelle pas « Marie » mais « Pleine de grâces ». Cela signifie donc que « Pleine de grâces » est le nom que Dieu donne à Marie.
Or, dans la Bible, quand Dieu change le nom de quelqu’un, le nouveau nom exprime de façon imagée la nouvelle mission que Dieu lui confie désormais. Par exemple, Abram devient Abraham : « Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations » (Gn 17, 5).
Autre exemple, quand l’apôtre Simon devient Pierre : « Tu es Simon, fils de Jean, tu t’appelleras Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Jn 1, 42 ; Mt 16, 18) Marie — Myriam en hébreu — devient « Pleine de grâces ». Pour quoi faire ? Quelle est sa mission aux yeux de Dieu ? Saint Bernard de Clairvaux l’explique en la comparant à un aqueduc, c’est-à-dire un canal construit pour le transport de l’eau sur de grandes distances. L’aqueduc n’est pas la source, mais il permet à l’eau de source d’atteindre des lieux fort éloignés.
La source, c’est le Christ, et Marie cherche à nous mettre en contact réel avec Lui. Donnons un instant la parole à saint Bernard, le créateur du célèbre Salve Regina : Quelle est cette source de vie, si ce n’est le Seigneur JESUS ? La source a été détournée jusqu'à nous.
Le filet d'eau du ciel descend par un aqueduc qui ne nous déverse pas toute l'eau de la source, mais laisse tomber la grâce, goutte à goutte, dans nos coeurs trop secs. (Sermon pour la Nativité de la Vierge Marie, 3).
Hier, aujourd’hui et demain, Marie ne cessera de nous rapprocher de son fils. Comme aux noces de Cana, quand elle disait aux traiteurs : « faites tout ce qu’Il vous dira » (Jn 2, 5).
Sainte Marie, priez pour nous !

La réponse libre et courageuse de la jeune Marie à l’Ange permet la mise en oeuvre du plan divin : « Qu’il me soit fait selon Ta Parole » (Lc 1, 38). Mais ce « oui » de Marie à Dieu se double quasi instantanément par un « oui » aux autres. Apprenant la grossesse de sa vieille cousine Elisabeth, elle se met en route avec empressement vers la région montagneuse. Plus de 100 km à pied ! Pour servir. Étonnante rencontre entre deux femmes attentives à Dieu dans le concret de leur vie, l’une et l’autre ouvertes à la vie et toutes deux porteuses de vie... Oui, la « Servante du Seigneur » (Lc 1, 38) est aussi la servante des humains. Comme à Jérusalem, dans la « chambre haute », quand elle soutient le moral des apôtres et de plusieurs femmes désemparés par la mort du Maître (cf Ac 1, 13-14)) En actes plus encore qu’en paroles, Marie témoigne que « la Miséricorde du Puissant s’étend d’âge en âge » (Lc 1, 50).
Sainte Marie, priez pour nous !

Il y a plus encore. Douloureux, lumineux, le destin de cette femme est véritablement « sur-lumineux ». Car Marie « donne chair » à une réalité dont notre monde a tant besoin aujourd’hui : l’espérance... Là encore, Marie n’est pas à l’origine de l’espérance, mais elle la fait briller. Comme la lune, qui transmet la lumière dans la nuit, sans en être l’origine. En devenant la première femme ressuscitée des morts, Marie devient un témoin crédible de l’aboutissement de nos propres chemins avec Dieu.

La fête de l’Assomption est bien la fête l’espérance. Car Marie inaugure le destin ouvert aux humains par la résurrection de son Fils. Elle anticipe ainsi ce qui nous attend tous, à savoir notre étroite proximité avec Dieu. Le mystère de l’Assomption dit bien Sa totale proximité avec Dieu, par-delà la mort biologique. Son corps désormais glorifié lui permet de poursuivre sa mission terrestre.
Depuis dix-sept siècles, le culte liturgique rendu par le peuple chrétien à sa Mère du Ciel démontre son occupation quotidienne : intercéder pour nous. Nous, ses enfants, que JESUS lui a confiés du haut de la croix, en lui disant : « Femme, voici ton fils ».
Sainte Marie, priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort ! Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 23 Aoû - 6:17




Citation :
ÉVANGILE

« Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 21-28)
Alléluia. Alléluia.
JESUS proclamait l’Évangile du Royaume,
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
   partant de Génésareth,
JESUS se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
   Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant :
« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
   Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :
« Renvoie-la,
car elle nous poursuit de ses cris ! »
   JESUS répondit :
« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
   Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
   Il répondit :
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit :
« Oui, Seigneur ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
   JESUS répondit :
« Femme, grande est ta foi,
que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

   – Acclamons la Parole de Dieu.


N’ABANDONNE JAMAIS | HOMÉLIE DU 20 AOÛT 2023 À VAL-DE-MODER

Frères et sœurs, chers amis téléspectateurs du « Jour du Seigneur »,

Permettez-moi tout d’abord de partager avec vous ma joie de me retrouver devant cette grotte dédiée à Notre Dame de Lourdes. Le 15 août 1969, jour de sa bénédiction, j’avais alors 13 ans, je me tenais fièrement en ce même lieu, habillé en enfant de chœur. Tout le village avait participé à la construction de cette grotte, comme mon père maçon, pour honorer Notre Dame.
Et voici que 54 années plus tard, je suis invité à partager avec vous, ici même, la Parole de Dieu de ce dimanche. Vous devinez mon émotion !

Peut-être connaissez-vous l’histoire des deux grenouilles.
Deux grenouilles tombent dans un seau de crème fraîche. L’une et l’autre s’efforcent de s’agripper aux parois, pour se hisser jusqu’au haut du seau. Mais chaque fois, elles retombent. Finalement de guerre lasse, l’une d’elle avoue « j’abandonne », elle se noie.
L’autre estimant qu’elle n’a rien à perdre, continue à pédaler dans la crème, tant et si bien que la crème se change en beurre. La grenouille se cramponne à son radeau de sauvetage et réussit à sauter sur la terre ferme. Elle n’a pas capitulé.

Malgré la réaction déconcertante de JESUS au début de la rencontre, cette cananéenne, à l’image de la grenouille, ne renoncera pas. Pourtant l’histoire était mal emmanchée. Cette femme a tout faux : elle est étrangère, sa fille est possédée par un démon et en plus elle vocifère. C’en est trop ! Les disciples exaspérés n’en peuvent plus et demandent à JESUS de faire quelque chose. Mais JESUS, insensible et sans cœur, se tait. Comment peut-il garder le silence devant la détresse de cette mère ? C’est la douche froide !  « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis d’Israël » : c’est choquant et scandaleux !

Frères et sœurs, voilà un passage d’Evangile profondément humain et très instructif. Peut-être un certain nombre de maman parmi vous, ont elles fait l’expérience de ce terrifiant silence de Dieu, face à la souffrance et à la maladie de leur enfant. 
Malgré les propos méprisants de JESUS, cette femme garde son sang-froid. Elle n’en démord pas et assène à JESUS une réplique peu respectueuse et impertinente : ok, je suis un petit chien, mais alors j’ai droit aux miettes qui tombent de la table du maître. Elle n’a plus rien à perdre. Sa fille est son unique bonheur et elle sait au fond de son cœur de maman que JESUS ne peut pas repousser sa supplication. Sa foi, sa modestie, sa persévérance sont, comme dirait le Pape François des « caresses » qui émeuvent JESUS, et le convainquent d’exaucer sa demande. C’est donc par la foi de cette maman, que la fille a été guérie. JESUS ouvre ainsi le chemin de la foi aux non-juifs.

Frères et sœurs, nous aussi nous pouvons, être étonnés, interrogés, bouleversés comme JESUS, par la foi qui anime les personnes d’autres religions. Il ne s’agit pas de taire notre identité, mais de respecter la différence des autres. Comme l’exprime encore le pape François : ne soyons pas des « chrétiens chauve-souris » qui ont peur d’admirer la lumière de la foi qui brille aussi chez les étrangers. JESUS nous invite à dépasser les frontières de notre religion, de notre esprit de clocher. Dieu n’exclut personne.  Déjà Abraham Lincoln, un des présidents des Etats Unis, s’exprimait ainsi : « Ne dites jamais que Dieu est de votre côté. Priez plutôt pour être du côté de Dieu ».
Ne restons pas figés sur nos principes. Nous sommes tous frères et sœurs en humanité. Allons à la rencontre des autres, là où ils vivent, chantent, pleurent, espèrent et meurent. Soyons cette « Eglise en sortie », comme nous y exhorte François.

Frère, sœur, ami téléspectateur, lorsque tu fais l’expérience du silence de Dieu dans ta vie, quand tu as l’impression qu’il ne répond pas à ta demande, à l’image de la cananéenne ne cesse pas de crier : « Seigneur viens à mon aide ».
Souviens-toi du morceau de beurre qui s’est formé grâce à l’obstination de la grenouille et qui lui a permis de sauter hors du seau et de vivre.
Frère, sœur, ami, « N’abandonne jamais »


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 29 Aoû - 7:21



Citation :
ÉVANGILE
« Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-20)
Alléluia. Alléluia.
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Alléluia. (Mt 16, 18)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
JESUS leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, JESUS lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »
Alors, il ordonna aux disciples
de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

– Acclamons la Parole de Dieu.



LIER ET DÉLIER | HOMÉLIE DU 27 AOÛT 2023 À PLOULEC’H

Avec ses disciples, JESUS effectue un sondage d’opinion : « D’après les gens, le Fils de l’Homme, qui est-il ? ». Un sondage donne un reflet du réel, mais ce n’est pas le réel. Le Christ n’aime pas les apparences mais ce qui est fondé sur le roc. Il n’aime pas celui qui dit et ne fait pas, mais celui qui s’engage au nom de sa foi.

C’est pourquoi il insiste : « Et pour vous, qui suis-je ? ». Quelqu’un qui m’observe de l’extérieur sans me suivre ? Quelqu’un qui m’écoute pieusement ? Ou quelqu’un qui engage sa confiance avec moi pour autrui ? Pour être solide comme le roc ! Et il y en a des rocs sur cette côte escarpée !

Notre foi nous engage. De toute notre personne. Sinon, c’est comme bâtir sur du sable. Dans la première lecture, le pouvoir du gouverneur Shebna lui est retiré car, au lieu de servir les autres à cause de Dieu, il a utilisé son pouvoir à ses propres fins. C’est à un autre que cette mission de servir va être confiée. Pour devenir un père pour les autres, un roc sur lequel ils pourront s’appuyer.
A la question du Christ : « Pour vous, qui suis-je ? », Pierre lui répond de toute sa foi : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! ». Ancré sur le roc que tu es, Seigneur, je désire te suivre et engager toute ma personne, toute ma vie. Oui, plus tard, je te renierai. Mais aujourd’hui, je te donne ma confiance, toute ma foi.

« Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église », lui répond le Christ. Tu as mérité confiance. En retour, je te donne de devenir un roc pour tes frères.

La pierre est le symbole du Messie : tout tient sur lui. Pensons au rocher que Moïse a frappé dans le désert : il en est sorti de l’eau pour abreuver son peuple assoiffé en quête de vraie liberté. Ou dans le psaume 93 : « Le Seigneur est le rocher de mon refuge ».
Du coup, Simon, à cause de ta foi engagée sur le roc que je suis, je change ton nom. « Tu ne t’appelleras plus Simon, mais Pierre ». C’est ta vocation : être, comme moi, une pierre solide sur qui d’autres pourront s’appuyer. Même si tu te sais un pauvre. Pour servir tes frères à cause de moi.

Il en est de même pour nous tous : si nous engageons toute notre vie sur le roc qu’est le Christ, même avec nos fragilités, nos doutes et nos infidélités, nous pouvons devenir une pierre solide sur laquelle d’autres pourront s’appuyer et engager leur propre existence pour servir le Royaume de Dieu.

Alors, à cause de ma foi, même fragile, le Christ me dit :
- « Ce que tu as délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Tu es peut-être lié dans ta vie par des forces mortifères, par tel abus, telle addiction ; tu es esclave de ta jalousie ? En deuil d’un péril en mer ? Eh bien, quel que soit ton enchaînement, je t’ouvre le chemin. Délie ces liens mortifères, en toi, comme chez celui qui en est victime. Je peux t’assurer que cette libération est éternelle jusque dans le ciel.
- Le Christ nous dit aussi : « Ce que tu auras lié sur la terre, sera lié dans le ciel ». Tu as rencontré une personne sans liens, sans amis, isolée, en prison, sans secours, sans terre, sans travail ou sans espoir. Tu sais créer avec elle des liens de solidarité, de fraternité, d’amitié. Eh bien ces liens tissés sont éternels jusque dans le ciel. Ils sont comme des rocs : rien, ni personne, pas même la mort, rien ne pourra les détruire.

Et Dieu se porte garant de ce que la communauté aura pu lier ou délier. Solide comme un roc ! Éternellement !
Notre mission ? Croire au Christ de toute notre vie. Devenir son ami. Recevoir de lui notre vrai nom. Être un roc solide pour autrui. Délier les liens mortifères de ceux qui en sont prisonniers. Créer des liens forts et éternels avec ceux qui sont sans liens.
Nous sommes à la fin de l’été après avoir vécu, peut-être, des retrouvailles avec enfants, petits-enfants, amis. J’ai pu être une pierre de foi pour certains, notamment pour ceux qui sont loin de la foi. Ou m’appuyer sur telle personne solide comme le roc.
Je rends grâce à Dieu pour tous ces rocs que nous sommes les uns pour les autres à cause de notre foi au Christ.
A la suite de saint Pierre, par notre Credo dans un instant, redonnons au Christ toute notre foi.
Car tout est de lui, tout est par lui et tout est pour lui !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 6 Sep - 7:03




Citation :
ÉVANGILE

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Mt 16, 21-27)
Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur JESUS Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

Alors JESUS dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



UNE CONVERSION ÉCO-SPIRITUELLE | HOMÉLIE DU 3 SEPTEMBRE 2023 À AMAY (BELGIQUE)


« Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire ».

Quelle phrase merveilleuse que celle de Jérémie que nous venons d’entendre. Je suis ici ce matin ; j’écoute la radio ou je suis devant mon écran, non pas pour remplir mon devoir dominical, comme on disait jadis, mais bien, parce que le Seigneur m’a invité à cette célébration de l’amour. Et dans cette célébration de l’amour, il veut me saisir, lui, le Tout Amour.
Cette phrase de Jérémie nous rappelle qu’être chrétien, ce n’est pas d’abord suivre des idées si belles soient-elles, ce n’est pas suivre une morale, si juste soit-elle; non, être chrétien, c’est suivre quelqu’un avec qui j’ai, avec qui nous avons une relation d’amour; c’est donner sa vie à quelqu’un qui passe son éternité à vouloir nous séduire, qui veut faire une alliance et une alliance amoureuse avec chacun d’entre nous. Notre vie chrétienne n’est pas d’abord dans le « faire », mais dans « l’être » : je suis aimé de Dieu, infiniment ...
Depuis le jour de mon baptême, il ne cesse de me répéter : « Tu es mon enfant, mon fils, ma fille bien-aimé, en toi, je mets tout mon amour ! » Comment donc, ne sommes-nous pas plus joyeux, plus transfigurés ?
Faut-il vous rappeler que le jour de la Pentecôte, on a dit des chrétiens qu’ils étaient pleins de vin doux, qu’ils avaient trop fêtés, qu’ils étaient en route vers un bon mal de tête d’un lendemain de veille … Chrétien d’ici, et toi qui participes à cette eucharistie devant ta radio ou ton écran, sommes-nous vraiment, chacune et chacun, des éméchés spirituels ???

Et, en même temps, vous l’avez remarqué, au moment où Jérémie écrit ces mots, il n’est pas dans la palpitation d’un amour naissant, il n’est pas en train de vivre sa lune de miel avec le Seigneur, c’est même tout le contraire. Cette phrase est écrite au moment où il vit la raillerie, l’injure et la moquerie. Il a l’impression qu’il s’est fait rouler par le Seigneur. À ce moment-là, sa tête lui dit de ne plus vivre avec le Seigneur, mais son cœur lui dit le contraire : il ne peut pas lâcher cet amour qui l’a transfiguré.

Mes amis, cela peut nous arriver aussi. Devant la difficulté d’être chrétien aujourd'hui au cœur du monde, nous pouvons parfois être tentés de prendre nos distances par rapport au Seigneur. À ce moment-là, il nous faut faire comme Jérémie : quitter notre tête, nos raisonnements théoriques, intellectuels, et retourner à notre cœur. Sous la cendre de nos oublis et de nos indifférences, nous pourrons toujours retrouver la braise de notre amour pour le Seigneur et de son amour pour nous. Le vent de l’Esprit, que nous avons reçu à notre confirmation pourra toujours ranimer les braises du commencement. Pendant les moments difficiles, je vous invite à faire mémoire de la séduction qui a été la nôtre au début de notre attachement au Seigneur … et le vent de l’Esprit fera le reste !

L’Évangile nous montre Pierre. Pierre qui a eu cette séduction absolue pour JESUS, qui a tout quitté, et d’un coup, pour lui donner toute sa vie. Et, dès lors, on comprend que Pierre ne peut pas imaginer et encore moins accepter que JESUS, son ami, le cœur de son cœur puisse souffrir et être tué ... C’est tout-à-fait logique et compréhensible ... et pourtant, Pierre est à côté de la plaque et JESUS le lui dit d’une façon tellement catégorique que cela risque de nous heurter : « Passe derrière moi, Satan ! » Pauvre Pierre !

Tout est dans le « passe derrière moi ». Le disciple que nous sommes doit marcher derrière son Maître et non pas devant. C’est JESUS qui montre la route et non pas nous. Pierre est rempli de bons sentiments, mais il veut dire à dire à Dieu ce qu’il doit faire. Quelle tentation que de vouloir prendre la place de Dieu ! Nous devons permettre à Dieu d’être Dieu ... tout simplement.

Ce dimanche est celui qui ouvre le « Temps pour la Création » institué par le pape François à la suite de l’encyclique Laudato si’, ce merveilleux texte sur l’écologie intégrale.
Nous humains, ne nous sommes-nous pas pris pour Dieu, pour les maîtres du monde, comme le disait la réplique célèbre du film Titanic ?
François écrit : « Lorsque nous cherchons d’abord le royaume de Dieu, en maintenant une juste relation avec Dieu, l’humanité et la nature, alors la justice et la paix peuvent jaillir, comme un courant inépuisable d’eau pure, nourrissant l’humanité et toutes les créatures. »
Vous l’avez entendu : juste relation avec Dieu, juste relation avec la Terre et juste relation avec ses habitants. Les trois. Il est temps de faire la paix avec la Terre que nous avons tellement malmenée et que nous malmenons encore ; il est temps de faire la paix sur la terre entre les hommes et les peuples. Il est plus que temps de mettre à l’œuvre ici à Amay et partout où vous nous suivez, des actions si petites soient-elles, en paroisse, en communauté ; des actions qui créent plus de justice entre les femmes et les hommes de notre temps.
C’est ce qu’on appelle une conversion éco-spirituelle ! La Terre et ses habitants ne font qu’un. Si la paix et la justice croissent, notre amour envers le Seigneur grandira aussi ; il sera comme un fleuve d’eau vive.
La Meuse, le fleuve qui coule ici à quelques mètres de cette Église a donné vie à une immense vallée il y a des centaines et des centaines d’années. Quelle belle icône de demain : donner de la vie, redonner la vie à notre monde, recréer le monde… mais seulement si nous le voulons et à ta suite, Seigneur.
Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 13 Sep - 6:59



Citation :
ÉVANGILE

« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)
Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




SAVOIR "SE PLACER AU MILIEU" | HOMÉLIE DU 10 SEPTEMBRE 2023 À MONLÉON-MAGNOAC

En cette période de rentrée scolaire, voici que Damien bouscule Ahmed sur la cour de récréation d’un collège de banlieue. Le portable de l’adolescent tombe sur le sol, et dans le choc, la vitre se fracture. On imagine alors la colère d’Ahmed, qui a bien du mal à se maitriser. Les insultes se mettent à fuser, et les deux jeunes en viennent aux mains. L’objet du conflit (le téléphone cassé) est presque oublié, mais la portée des insultes génère la violence.

Surgit un camarade formé à la médiation. Il réussit à rétablir le calme, et invite les protagonistes à chercher une voie pour solutionner l’incident du téléphone cassé. Le médiateur, au sens étymologique du terme, c’est celui qui sait se placer « au milieu », celui qui, par son entremise, permet de renouer les fils du dialogue et de la communication entre les deux parties, jouant en quelque sorte un rôle de pont.

Rappelons en effet que la relation duelle est potentiellement dangereuse, car en cas de conflit, elle a souvent tendance à se transformer en un « ou toi, ou moi », et comme d’ordinaire, chacun choisit « moi », elle dégénère alors facilement en violence. Alors que la relation trine permet de réguler le conflit dans une logique du « et toi, et moi », et permet ainsi de construire véritablement la paix, chacun étant respecté.

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul… S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire soit réglée… » JESUS se fait ainsi l’apôtre de la médiation. Car la relation duelle peut ne pas fonctionner en cas de difficultés rencontrées, chacun ayant tendance à camper dans son système de défense. La relation trine permet, quant à elle, le déblocage de la situation.

Loin de pouvoir se réduire à un certain nombre de techniques, la médiation, c’est d’abord un esprit. Nous voici placés là au cœur de cette bonne nouvelle que nous venons d’entendre.
Combien notre société menacée, comme on l’a vu en France lors des émeutes du début de l’été, par une fracture entre les habitants de certains quartiers qualifiés de sensibles et les autres, a besoin de médiation ! Combien notre monde qui, à nouveau connait la guerre, a besoin de médiation ! Combien notre Église, marquée elle aussi par tant de conflits entre chrétiens, a besoin de médiation …

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Voici que JESUS se positionne comme médiateur, en se plaçant au milieu. Et il se fait médiateur entre les hommes et son Père, en les invitant à porter leur demande vers Lui.
Dans notre tradition catholique, Marie, qui se fête dans ce sanctuaire sous le nom de Notre Dame de Garaison – autrement dit de guérison -, se fait médiatrice entre les hommes et son Fils. Rappelons que la dernière parole qu’elle prononce dans l’Évangile – après on ne l’entend plus -, ce sont les mots qu’elle adresse aux serviteurs lors des noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Lors de son apparition, voici cinq siècles, à la jeune bergère de ce village, Anglèze de Sagazan, elle transmet ce message : « Priez notre Rédempteur, et n’oubliez pas de remercier Dieu pour tous ses bienfaits. »

Comme le fera aussi Bernadette, trois siècles plus tard à Lourdes, la petite bergère est appelée à aller communiquer son message à l’assemblée de l’Église. C’est d’ailleurs elle qui, en dernière instance, fait référence dans l’extrait d’évangile que nous venons d’entendre : « S’il refuse d’écouter les témoins, dis-le à l’assemblée de l’Église. »
Puisse cette eucharistie que nous allons partager ensemble renforcer notre sentiment d’appartenance à l’Église ! Il fait bon, comme le processus synodal nous y engage, de toujours la définir à la manière de JESUS, c’est-à-dire comme une « assemblée » ! Puisse donc cette nourriture divine nous donner continuellement la force d’aimer notre prochain comme nous-même, - c’est-à-dire ni plus, en nous dévalorisant, ni moins en nous surestimant-, et d’avoir le courage de l’interpeller s’il s’égare ! Amen !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 21 Sep - 8:15




Citation :
ÉVANGILE

« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)
Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
   Pierre s’approcha de JESUS pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
   JESUS lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
   Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
   Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
   Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
   Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
   Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

   Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
   Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
   Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
   Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
   Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
   Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
   Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

   C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.



COMMENT PARDONNER ? | HOMÉLIE DU 17 SEPTEMBRE 2023 À HASPARREN


Combien de fois dois-je pardonner ? Mt 18, 21 demande le bon Pierre.
A l’infini, toujours et sans conditions Mt 18, 22 répond JESUS.
C’est beau. Simple. Et clair !

Pierre aurait pu aussi compléter sa question : comment puis-je pardonner ?
Il y a bien à la fin une invitation à pardonner du fond du cœur Mt 18, 35. Mais y’a quand même mieux comme tuto ou comme notice !

C’est pourtant bien la question : comment pardonner quand une jeunesse a été volée ? Comment pardonner quand l’injustice qu’on a subie s’est passée sous les yeux de tous ? « Le pire, c’est pas la méchanceté des gens, c’est le silence des autres » chante le rappeur Gim’s. Comment pardonner quand sa femme ou son mari a commis « l’impardonnable », en parole ou en actes ? Il y a les agacements du quotidien qui finissent par blesser à la longue. Il y a aussi les blessures qui meurtrissent notre existence au plus secret de nous-mêmes. Et là, pour ces blessures si profondes, comment pardonner ? Il faudrait avoir une misérable mémoire pour que ce soit inné. Pardonner une fois, rien qu’une fois, ce serait déjà pas mal en vrai ! Ce serait même vraiment beaucoup.

Parce-que le pardon coûte. Et il coûte cher. Autant celui qui est donné que celui qui est reçu. Mais « le pardon – dit-on – libère l’offenseur de sa culpabilité et l’offensé de sa haine et de sa rancœur ». En ce sens, pour tous, même s’il coûte, le pardon fait partie d’un chemin de guérison pour cicatriser des blessures trop vives. Le pardon n’efface jamais ni l’offense, ni la culpabilité ou la honte – il faudrait le « retourneur de temps » d’Hermione Granger pour ça ! Le pardon permet simplement de continuer à vivre sans être écrasé et terrassé par le mal commit ou subit. Il permet la paix du cœur, loin des rancunes et des colères Si 27,30. C’est dire toute l’importance qu’il joue dans une vie. Et parfois même, ce pardon est l’œuvre d’une vie, juste pour arriver à vivre debout. S’il y a des patrimoines comme cette chapelle qui sont inscrits aux monuments historiques, le pardon pourrait être un geste inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité. S’il faut du temps et du talent pour bâtir une œuvre historique, il faut aussi du temps et de la justice, pour pardonner du fond du cœur. La justice d’abord, le pardon ensuite.

La question redouble alors de pertinence : non pas combien de fois pardonner, mais comment pardonner ?  JESUS ne donne pas réponse directe. Mais avec sa parabole, il propose un chemin à l’allure d’une piste escarpée : quand le roi apprend l’intransigeance du serviteur, il le renvoie à sa conscience : ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? Mt 18, 33. Comme moi-même j’avais eu pitié de toi. Comme moi-même.

Comment pardonner ? Comme lui nous pardonne. C’est véritablement l’écho à cette autre invitation du Christ, sans doute plus connue : aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimé. Comment aimer ? Comme Lui nous aime. JESUS nous propose donc toujours le même chemin : ce n’est qu’enracinés en Lui que nous pourrons aimer et pardonner. Pour nous, c’est trop souvent impossible. C’est avec Lui que tout devient possible, dans la relation qu’on établit avec lui.

Encore faut-il se savoir ou se découvrir aimable. Encore faut-il, pour les chrétiens, entendre pour soi cette parole de Dieu relatée par le prophète Isaïe : tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et moi je t’aime Is 43, 7.
Encore faut-il s’aimer soi-même ! Encore faut-il s’accepter soi-même, avec ses vices et ses merveilles. « Il est plus facile que l'on croit de se haïr » remarquait Bernanos. Alors oui, encore faut-il s’aimer humblement soi-même !

Encore faut-il avoir fait l’expérience de se pardonner. Encore faut-il avoir fait l’expérience d’être pardonné. Même si on est souvent plus attentif à voire la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le nôtre, même si on voit souvent davantage la faute des autres que la nôtre, encore faut-il, pour les chrétiens, découvrir jusqu’où le Seigneur est tendresse. C’est-à-dire à l’infini, toujours et sans conditions.
Comment pardonner ? Comme Lui nous aime. Comme Lui nous pardonne. Il suffit donc juste, comme aime dire Jacques, un de mes frères prêtres de la Mission de France, il suffit juste de « vivre à la JESUS ». Avec la même disposition du cœur justement. Comme Lui.
Il nous faut donc commencer par être aussi bienveillants que Lui : envers nous-mêmes, envers les autres, envers le monde. Il nous faut donc devenir les veilleurs du beau en nous et au dehors de nous… comme le Christ qui voit le beau éclatant derrière chaque défiguré et chaque offensé. Comme le Christ qui voit le beau caché derrière chaque offensant. Nous deviendrons alors, enracinés ainsi, comme Lui, des bienfaisants. Nous serons alors peut-être des faiseurs de réconciliation. A notre insu. De temps en temps. Pas n’importe comment, c’est assez dit ! Comme Lui.

Au final, on comprend pourquoi cette histoire de pardon est associée au Royaume de Dieu : le pardon construit ce Royaume sans ombre, sans rancune ni colère, fait de liberté et de paix. Et ce Royaume est notre avenir parce qu’il est notre présent.

Pardonner du fond du cœur.
Comme le Christ.
Sans autre « désir que de L’imiter », pour vivre simplement debout, en paix.
Ce n’est pas un ballon de rugby, mais quand même, à nous la balle !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 27 Sep - 6:58




Citation :
ÉVANGILE
« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)
Alléluia. Alléluia.
La bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres :
tous acclameront sa justice.
Alléluia. (cf. Ps 144, 9.7b)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait cette parabole à ses disciples :
« Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :
un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.’
Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
‘Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?’
Ils lui répondirent :
‘Parce que personne ne nous a embauchés.’
Il leur dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.’
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?’

C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


HOMÉLIE DU 24 SEPTEMBRE 2023 À MARSEILLE

Saint-Paul nous adresse une mise en garde, une exhortation qui pourrait apparaître comme l’ultime volonté qu’il laisse à la communauté de Philippes : « Ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ » (Ph 1,27a). Désormais tourné vers le but ultime de sa vie, l’Apôtre pousse ce cri du cœur désirant s’assurer que ses disciples se réfèreront constamment à l’Évangile pour être dignes de la vocation à laquelle ils ont été appelés, dignes du baptême qu’ils ont reçu, et pour leur plus grande joie.

Dans l’Évangile, nous trouvons toutes les indications nécessaires pour être des disciples du Christ. Et, puisque nous célébrons aujourd’hui la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, regardons ce que cette parabole, tirée de la vie quotidienne, nous enseigne sur la réalité « dérangeante » des phénomènes migratoires, nous invitant, comme l’a encouragé hier le pape François à la conclusion des Rencontres Méditerranéenne, à « écouter les histoires de vie » de ces personnes.
Comme cela arrivait souvent à l’époque de JESUS, un groupe d’ouvriers se rend sur la place du village dans l’attente d’une embauche journalière. Le maître de la vigne, après s’être entendu avec eux, les envoie travailler sur ses terres. Les ouvriers se mettent en route pour gagner la vigne où le travail est assuré.
Le propriétaire retourne alors sur la place à différentes heures de la journée, et à chaque fois il embauche un nouveau groupe d’ouvriers, car il ne veut pas qu’ils restent assis sans rien faire. Les différents groupes d’ouvriers se rendent à la vigne et, de ce fait, leur temps de travail est très diversifié. Pourtant, une fois venu le moment de la paye, le maître ordonne de donner à tous le même salaire, provoquant les protestations de ceux qui avaient débuté plus tôt leur journée de travail. La réponse du maître de la vigne est catégorique : « Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? (…) Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? » (Mt 20,13-15).
Cette parabole contient un double enseignement. En premier lieu, le Seigneur, maître de la vigne, est bon et généreux avec ceux qui n’ont pas eu la possibilité de commencer à travailler plus tôt. Comme nous l’avons récité dans le psaume responsorial, le Seigneur est juste en toute ses voies, il est bon en toutes ses œuvres (Ps 144).

En second lieu, JESUS introduit une nouvelle logique qui perturbe, et qui allie justice et solidarité, inversant l’ordre des priorités reconnues au niveau social. Il s’agit d’une logique qui va bien au-delà de notre façon de comprendre les relations humaines.
Pour les travailleurs d’aujourd’hui, souvent le voyage vers la vigne n’est pas aussi simple que pour ceux de la parabole. Les soi-disant « voyages de l’espérance » présentent des difficultés en tout genre : pièges, exploitations, abus, violences… Et certains y perdent même la vie ! Mais, même au milieu du désert ou au milieu des vagues menaçantes, l’importance de l’objectif, donne la force de poursuivre. Parce que tous ont en commun la même espérance : pouvoir garantir une vie digne pour eux-mêmes et pour leurs familles.
Dans le contexte migratoire actuel, mettre les derniers à la première place signifie assumer plusieurs engagements personnels et collectifs extrêmement urgents. Nous devons avant tout nous engager pour assurer que le chemin vers la « vigne » soit ordonné et sûr, en garantissant à tous le respect de leurs droits et de leur dignité. Voilà pourquoi il doit y avoir des portes auxquelles l'on puisse frapper en élargissant les canaux migratoires réguliers, et en permettant de devenir « citoyens de plein droit ».

Cela remplacerait les routes coûteuses et dangereuses qui apparaissent aujourd’hui à la plupart comme l’unique alternative. En outre, cela favoriserait une plus grande circularité des flux migratoires au bénéfice de tous.
En effet, comme le rappelait hier le Pape François, « le phénomène migratoire n’est pas tant une urgence momentanée, toujours bonne à susciter une propagande alarmiste, mais un fait de notre temps, un processus (…) qui doit être gouverné avec une sage clairvoyance ».
Nous devons apprendre de la parabole évangélique à harmoniser la justice avec la solidarité, en nous référant à l’esprit de partage fraternel qui dépasse toute frontière. Ce partage requiert un sacrifice, car nous devons nous priver de quelque chose afin que tous aient quelque chose, avec la certitude que le Seigneur ne nous fera jamais manquer de ce dont nous avons vraiment besoin.
Le Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié est consacré à la liberté de choisir entre migrer et rester. Partant de la triste constatation que cette liberté n’est souvent pas garantie, le pape François met en évidence l’urgence d’un engagement commun, afin que soit assurée à tous une « vigne » dans laquelle ils puissent travailler dignement sur leur terre d’origine, sans être contraints d’émigrer.
Les migrations, destinées à perdurer dans le temps, contribuent à la construction de nombreuses « vignes multicolores », des sociétés multiculturelles où la diversité devient une occasion d’enrichissement pour tous. Malheureusement, les préjugés et les peurs ne permettent pas de saisir cette opportunité, engendrant marginalisation et exclusion. Il faut répondre à la culture du rejet, par la culture de la rencontre, source de joie.
Face à tous ces défis, les communautés chrétiennes sont appelées à donner le bon exemple par « cette façon de vivre scandaleusement évangélique », encourageait hier le Saint-Père. Alors oui, répondons à l’appel lancé par Saint-Paul : « Ayons donc un comportement digne de l’Evangile du Christ » !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 4 Oct - 7:42




Citation :
ÉVANGILE

« S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)
Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)



Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ?
Un homme avait deux fils.
Il vint trouver le premier et lui dit :
‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’
Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’
Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière.
Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’
et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
Ils lui répondent :
« Le premier. »

JESUS leur dit :
« Amen, je vous le déclare :
les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice,
et vous n’avez pas cru à sa parole ;
mais les publicains et les prostituées y ont cru.
Tandis que vous, après avoir vu cela,
vous ne vous êtes même pas repentis plus tard
pour croire à sa parole. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



HOMÉLIE DU 1ER OCTOBRE 2023 À PROFONDEVILLE (BELGIQUE)

Vous connaissez peut-être ce poème de Jacques Prévert dans lequel il est question d’un élève en difficulté, bien embêté par les questions du professeur ; il mélange chiffres et mots, dates et noms. Le poème s’intitule Le cancre et commence ainsi :
Il dit non avec la tête,
Mais il dit oui avec le cœur.
Il dit oui à ce qu’il aime,
Il dit non au professeur.

Cet élève, pourtant, voudrait dessiner, sur le tableau noir du malheur, avec des craies de toutes les couleurs, le visage du bonheur.
« Il dit non avec la tête, mais il dit oui avec le cœur. »
N’est-ce pas une autre manière d’exprimer l’évangile de ce jour ? Et ne sommes-nous pas nous-mêmes semblables à ce cancre : dire non avec la tête, mais dire oui avec le cœur. Ou l’inverse : dire oui avec la tête, mais dire non avec le cœur. Dire et ne pas faire.

« Un homme avait deux fils… » Ainsi commence la parabole. Il existe une autre parabole, chez saint Luc, qui commence de la même manière. Un homme avait deux fils : le plus jeune est parti avec son héritage et a tout dépensé ; l’aîné, lui, est resté par devoir, mais sans amour : et, au retour de son frère, il a refusé de faire la fête. La parabole du fils prodigue est la parabole du regard qui sauve : « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ». Il le guettait et soudain, il le vit… On pressent donc qu’il sera question ici aussi du regard porté sur l’autre, au-delà de sa faute.

JESUS propose cette parabole aux responsables juifs : « JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple. » Le message est clair : Vous dites, mais vous ne faites pas… Vous prétendez être parfaits, mais vous n'êtes pas convertis. Et JESUS ajoute une provocation : « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume des cieux. » Il y a de quoi s’étrangler d’indignation.

Le premier fils de celle parabole désigne donc probablement le peuple de la première alliance, qui a d’abord dit oui à Dieu, mais qui, finalement, s’est détourné du Christ. Le deuxième fils désigne alors les païens qui, dans un premier temps, ont dit non au Dieu unique, en pratiquant l’idolâtrie, mais qui, finalement, se sont tournés vers JESUS.
Mais nous comprenons que l’intérêt de cette parabole va bien au-delà de son contexte historique : à nous aussi aujourd’hui, elle lance un appel puissant à voir autrement les refus donnés à Dieu ; elle invite à changer radicalement nos regards sur ceux qui disent non !

Vous l’avez constaté : le père de la parabole est patient ; il ne se met pas en colère, ni contre le premier de ses fils, celui qui dit non, ni contre le deuxième, celui qui dit oui. Il leur laisse le temps de cheminer, de réfléchir, de changer d’avis, de changer de vie. Bien sûr, JESUS aime ceux qui ont une parole droite ; un peu plus tôt, dans le même évangile, au chapitre 5, JESUS a dit : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non » (Mt 5,37). Mais JESUS n’en devient pas pour autant dur ou intransigeant.

Frères et sœurs, quel regard portons-nous sur ceux qui semblent dire non à Dieu ? Et quel regard sur nous-mêmes ?

Regardons peut-être d’abord nos propres familles. Nous avons tous été adolescents. L’adolescent, par principe, commence par dire non, par s’opposer. Pour exister, il veut montrer qu’il est libre, et que, s’il obéit, c’est par lui-même et non parce qu’on le lui a imposé ! Je parle des adolescents, mais, comme adultes, nous sommes parfois des « adulescents ». En famille, essayons de changer nos regards sur l’autre : lui faire confiance, ne pas le braquer, ne pas l’acculer à des conflits sans retour ; savoir attendre, avec patience, qu’un conseil, une parole ou un geste d’affection finisse par faire son effet, sans s’imposer par la force.
Regardons aussi notre vie en Église, dans la société d’aujourd’hui. Exprimer notre foi et la mettre en pratique, dans la société contemporaine, n’est pas évident. Une première difficulté est la peur de ce que les autres vont dire ou penser. Nous nous soucions de l’opinion des autres ; nous craignons d’être jugés si nous ne pensons pas comme eux. Nous avons peur d’avoir une mauvaise image ou de faire l’objet de critiques. Et notre oui, alors, se camoufle, s’émousse…
Il nous arrive aussi de dire oui à certaines situations qui, pourtant, ne nous correspondent pas, simplement pour obtenir en retour l’approbation des autres. Nous voulons que les autre nous apprécient ; nous cherchons à nous sentir acceptés et aimés par eux, quitte à mettre de côté nos valeurs ou nos principes.
Enfin, il arrive que nous disions oui parce que nous ne sommes pas capables de justifier un non : nous manquons d’arguments, nous n’avons pas suffisamment étudié la question. Nous sommes insécurisés d’en parler, et il vaut mieux alors dire comme les autres…
Je me souviens de la phrase de Bernadette, à Lourdes, qui disait au curé : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. » Frères et sœurs, nous ne sommes pas chargés de convaincre les autres : simplement, nous pouvons témoigner de ce que nous vivons, et, ainsi, les inviter à la joie de l’évangile. L’appel caractérise l’Église : c’est son nom, ekklésia, la communauté appelée. Mettons-nous au service de la communauté, et laissons cet appel faire son chemin librement en l’autre. Bien sûr, l’annonce de l’évangile rencontre des refus, des oppositions : à nous d’accompagner patiemment, de proposer à nouveau, sans imposer.

Dans nos célébrations, notre oui se traduit par "amen". C’est une manière de faire nôtre la prière dite en notre nom par le prêtre, ou d’accueillir le Christ par notre communion à son Corps. L’évangile de ce dimanche nous rappelle judicieusement qu’il ne suffit pas de dire "amen" ; il faut encore vivre cet "amen", s’engager à travailler ensemble à la vigne du Seigneur, aller dans le monde pour y devenir des artisans d’amour, de justice et de paix, spécialement auprès des plus petits, des plus pauvres, des exclus. C’est à notre amour que l’on reconnaîtra la vérité de notre oui.

Sainte Thérèse de l’Enfant JESUS, dont nous faisons mémoire ce 1er octobre, affirmait : « JESUS ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la gratitude ». Autrement dit : seulement un oui.
Oui, simplement. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 10 Oct - 7:51



Citation :
ÉVANGILE
« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)
Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
‘Ils respecteront mon fils.’
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
‘Voici l’héritier :
venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !’
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
JESUS leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


VERS UNE VIE BELLE ET SOLIDE | HOMÉLIE DU 8 OCTOBRE 2023 À QUÉZAC

Nos diocèses sont marqués par la récente célébration du mois de la Création, à la méditation des textes bibliques de ce jour, permettez-moi de nous poser trois questions :
 Serions-nous des vignerons homicides ?
 Le Christ est-il une Bonne Nouvelle ?
 Tout est-il fragile ?

Serions-nous des vignerons homicides ?
Malheureusement, nous en faisons la triste expérience, il y a mille et une façons d’être du côté des vignerons homicides, rarement dans les termes sanglants de l’Evangile, mais tout de même, osons une révision de vie ! Parfois, nous faisons obstacle au Christ, à l’amitié, au pardon, à la relation.
La parabole de l’Evangile « des vignerons homicides » nous concerne. Nous avons à quitter une lecture morale qui nous donne à juger les autres et nous évite de nous remettre en cause et ferme ainsi les portes du progrès spirituel. ll y a toujours le risque de fermer les yeux devant les signes des temps.
La crise climatique concerne autant nos modes de vie que notre vie spirituelle. Depuis son encyclique de 2015, le pape François nous stimule afin de trouver des clés pour agir dans le sens d’une véritable conversion écologique. Il nous situe délibérément dans le registre de l’espérance et de l’action. Dans la parabole des vignerons homicides, le désir de tout accaparer conduit au meurtre des serviteurs. Devant des vies fragmentées, violentées, l’écologie intégrale est une quête d’unification. Elle demande de penser simultanément la relation à soi, aux autres, à la planète et à Dieu. L’humain et la nature doivent être pensés ensemble, nous ne pouvons pas les séparer. La clameur de la terre et la clameur des humains sont liées.

Le Christ est-il une Bonne Nouvelle ?
Avec Madeleine Delbrêl, croyons-nous que l’Evangile, c’est Bon et c’est Nouveau ? Nos habitudes peuvent parfois nous procurer des résistances à accueillir la nouveauté du Christ dans nos vies. Deux remarques s’imposent.
D’une part, nous devons contempler l’inlassable désir du maître du domaine à retrouver les vignerons. Dieu ne se lasse pas de venir nous rejoindre là où nous sommes et là où nous en sommes. Aucune vie ne mérite d’être en dehors du projet de Dieu. Cet acte de foi change tout. « Oui ou non » croyons-nous pour nous-mêmes et pour les autres, pour tous les autres, que Dieu vient à notre rencontre.
D’autre part, le Christ est la pierre angulaire. Dit autrement, il est Celui sur lequel le chrétien construit sa vie. Accueillir le Christ n’est pas facultatif, ce n’est pas pour les jours où l’on a un peu plus de temps ! Une publicité pour une assurance a ce slogan remarqué, « assurer sa famille ce n’est pas obligatoire, c’est seulement indispensable ! » Pour celui qui connaît JESUS, l’accueillir c’est tout simplement vital.

Tout est-il fragile ?
La détresse du prophète Isaïe nous rappelle que rien n’est assuré. Les dernières catastrophes climatiques révèlent la fragilité extrême de ce que l’on croyait immuable. Devant cette situation de vulnérabilité, nous tentons de réparer pour sortir de la crise et retrouver un fonctionnement normal. Mais au-delà de chercher à réparer, le pape exhorte à inventer. Nous pouvons envisager la crise écologique comme un appel à imaginer de nouvelles manières de vivre ensemble. Vie minérale, vie végétale, vie animale, vie humaine : ne peuvent plus être pensées les unes contre les autres. Le dernier texte du pape nous demande de revisiter la notion de progrès. Solitude, isolement et manque de relations sont le lot quotidien de nombre de nos contemporains. Or ce qui est porteur de vie, c’est d’être en relation. « Tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérites des éloges, tout cela prenez-le en compte. » (Ph, 4-8).
La vie doit intégrer cette invitation et alors elle sera belle et solide. AMEN



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 18 Oct - 7:47




Citation :
ÉVANGILE

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-10)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là,
JESUS se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.

– Acclamons la Parole de Dieu.



AUX CROISÉES DES CHEMINS | HOMÉLIE DU 15 OCTOBRE 2023 À GOYAVE (GUADELOUPE)

En ce dimanche 15 octobre, nous débutons la semaine missionnaire mondiale qui a pour thème « cœurs brûlants, tous en chemin ». Ce thème est une invitation à nous mettre en route à la suite du Christ pour témoigner de son Amour. Cette semaine missionnaire nous invite donc à nous interroger sur l’Eglise missionnaire :
Une Eglise missionnaire, c’est une Eglise qui d’abord se rassemble comme nous le faisons ici même dans l’Eglise de Saint Anne de la commune de Goyave. C’est aussi une Eglise qui se rassemble grâce à la technologie, télévision, internet, et nous sommes rassemblés car avant tout c’est le Christ qui nous uni, nous permet de faire Eglise.

Une Eglise Missionnaire, c’est en même temps, une Eglise qui envoie ses fidèles annoncer, témoigner de cette bonne nouvelle de l’Évangile « Allez porter l’Évangile du Seigneur » nous pouvons entendre cette invitation dans le rite de conclusion de la messe. Alors oui, cette semaine missionnaire est là pour raviver la flamme du ressuscité qui brûle en nous.
La mission c’est bien l’affaire de tous, d’ailleurs il y a ceux à qui l’Eglise confie une mission, d’enseignement (catéchistes….), de charité ( maraude, visite des malades….) et sanctification (l’animation liturgique, chant….) et bien d’autres. Et Il y a certains comme dans l’évangile qui semblent avoir toutes les qualités requises pour de telles missions, alors nous comptons sur eux et nous les appelons mais il arrive qu’ils ne viennent pas….

Et il y a aussi souvent et j’en ai fait l’expérience de ceux que nous n’osons pas appeler car trop discrets, trop jeunes, étrangers que sais-je ! et qui, à notre grande surprise, au détour d’un appel (alors que nous n’avions plus de solutions….) répondent positivement à cet appel et pire encore vous disent il y a des années que je suis dans cette paroisse et personne ne m’a jamais rien demandé ! et le comble avec quelques fois un peu d’accompagnement et surtout beaucoup de confiance, nous nous rendons compte avec joie que nous avons fait le bon choix ! Oui, la mission suppose souvent bien des conversions en nous-même et nous invite à comprendre en profondeur le sens même de l’Eglise c’est-à-dire marcher ensemble. D’ailleurs, cela vaut bien un synode sur la synodalité dont l’ouverture officielle aura lieu dans une semaine.

« Allez aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce ». Voilà l’appel du Seigneur :
Dieu n’a de cesse de nous dire qu’il a besoin de nous pour construire son Royaume, ce fameux royaume de Paix et d'Amour mais cet appel du Seigneur ne touche pas toujours les cœurs.
Sommes-nous ces invités que le maître avait déjà comptés parmi les convives mais qui font en sorte de ne pas être aux noces ?
Où sommes-nous ces convives disposés à se laisser interpeller par le Seigneur au point de déranger un petit train-train de notre vie, au point de faire des choix qui mettent le Seigneur en premier et non pas après toutes les belles activités que nous avons programmées ?

Permettez-moi de vous partager cette conviction, notre Eglise demeurera missionnaire si nous transmettons aux générations à venir ce besoin impérieux de s’ouvrir aux autres en étant porteur d’un message : le Christ est Vivant !
Alors, l’appel du Seigneur viendra raisonner en notre cœur et le rendra tout brulant, prêt à s’enflammer d’Amour, prêt à prendre la route comme ces premiers apôtres, les chemins d’une société qui a tant besoin d’homme et femme animés par l’idéal de l’Évangile.
« Allez donc aux croisées des chemins » !!
Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 25 Oct - 6:31




Citation :
ÉVANGILE

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 15-21)
Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre JESUS au piège
en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, JESUS dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



LA PIÈCE AU DOUX VISAGE | HOMÉLIE DU 22 OCTOBRE 2023 À LANGEAC

Mes sœurs, après 400 ans, est-ce que vous vous y êtes enfin mis ? Laissant de côté les vieux paniers en osier, êtes-vous passées au panier de quête électronique, tellement plus tendance ? Croyez-en l’économe de mon couvent, l’effet carte bleu est bon pour les finances. On compte ses piécettes avec parcimonie, mais effleurer du doigt un écran tactile nous semble coûter moins. C’est que l’on y tient à nos pièces. On les scrute, on les chérit. On finit par se reconnaître dans leur effigie. Et finalement on s’évalue, on s’estime, en montant de monnaie. A force de fixer ses sous, on en oublie de regarder les autres, les visages non faits d’or, ou de métal mais de chair et de sang.
Car enfin, notre vraie richesse, toujours, c’est le visage de l’autre. Le sourire que nous y aurons semé, les larmes que nous y aurons séché. Le baiser, peut-être dont nous l’aurons effleuré. Je suis riche de la face de l’autre lorsque, grâce à moi, elle s’éclaire. Aussi bien, ceux qui tendent un piège à JESUS se trompent. Ils disent : « Ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens ». Grossière erreur. J’espère, moi, que JESUS me regarde et qu’il me dévisage. Qu’il lit la détresse de la mère effrayée protégeant son enfant sous une pluie de bombes. JESUS se fiche bien du sourire béat du césar métallique sur la pièce, ses traits sont trop parfaits pour être vraisemblables. Oui, détrompez-vous pharisiens, JESUS se laisse influencer. Compatissant jusqu’à l’extrême, il n’a d’yeux que pour nos visages.

Oh certes, le regard du Christ est bien exigeant. Alors que la Bienheureuse Agnès se lamentait intérieurement de ne rien faire de bon avec ses novices, sentiment qui, ma foi, m’est assez familier, JESUS lui répondit : « Travaille, travaille, travaille ! » – on a connu plus consolante parole – mais il poursuivit « …et je suppléerai à tout ». Voilà toute l’affaire. Tant que JESUS ne verra pas clair en nos visages. Tant que nous ne lui ressemblerons pas tout à fait, il suppléera en nous ce qu’il manque de sa beauté. Aussi, ce que nous devons faire, c’est de le laisser œuvrer, acceptant de s’abandonner avec confiance à son amour dévorant. Le Christ qui lui-même nous a forgés, frappe à certaines heures comme on frappe un métal pour imprégner sa face sur nos âmes rebelles. Amour dur comme nos cœurs…

Pas de temps à perdre. JESUS sait que nous sommes faits pour être donnés. Ou plutôt rendus, à Dieu son Père qui veillera en recevant son trésor qu’il n’y ait nulle contrefaçon. Dieu n’accepte que la monnaie à l’effigie de son fils. C’est ce que dit le psaume que nous avons chanté : « Rendez au Seigneur la gloire et la puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. » Comment rendre au Dieu tout puissant une gloire hors d’atteinte, si nous ne nous laissons pas conquérir par JESUS ? Lui seul peut glisser en nos mains vides l’offrande agréable à son Père. Lui seul peut faire briller sur nos faces son propre visage, pour que Dieu contemple sur nos traits l’effigie de son Fils. « Qui a Dieu a tout », disait encore Agnès ; or, c’est tout qu’il faut donner.

Il importe donc que dès ici-bas nous fassions notre part pour que nos frères resplendissent du visage sacré. Que ferai-je cette semaine pour éclairer la face de ceux que je croiserai ? Que ferai-je pour rendre à mon frère son effigie première, sa part la plus sainte ? Agnès s’y est bien employée, rendant aux pauvres leur dignité, aidant les mères à enfanter, exhortant ses sœurs à la sainteté. Comment aider Dieu à œuvrer dans mes frères ? Et comment aussi me laisser, par eux, éclairer ?
Frères et sœurs, oubliez donc les pièces, les cartes bleues, et si vous y tenez vraiment pensez au billet pour nos sœurs. Mais la véritable offrande, dans toute eucharistie, c’est aussi nous. Et comme à chaque quête, chaque don compte, même le plus modeste. En ces temps de disettes et de guerres, le monde saigne, mais la gloire de Dieu ne s’est pas retirée. Elle couve sous les croix, plantées, nues, en mille et un calvaires. Agnès nous l’avait annoncé : il faudra beaucoup d’amour pour les porter. Alors, aimons, et laissons-nous aimer, éblouissant le monde par tant de sainteté.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 1 Nov - 7:53



Citation :
ÉVANGILE
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 34-40)
Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
les pharisiens,
apprenant que JESUS avait fermé la bouche aux sadducéens,
se réunirent,
et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à JESUS
pour le mettre à l’épreuve :
« Maître, dans la Loi,
quel est le grand commandement ? »
JESUS lui répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur,
de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et le second lui est semblable :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
De ces deux commandements
dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



TU AIMERAS LE SEIGNEUR TON DIEU, ET TON PROCHAIN COMME TOI-MÊME | HOMÉLIE DU 29 OCTOBRE 2023 À JUMET (BELGIQUE)

Vous savez probablement où se situe le « centre de gravité », le point d’équilibre d’un être humain. Il se trouve plus ou moins à la hauteur de son nombril ! Et sans doute avez-vous déjà remarqué ce qu’il y a de paradoxal avec cette partie de notre anatomie. Le nombril symbolise d’une part notre ego, mais il évoque aussi ce cordon qui nous a un jour relié et nourri.
Il nous rappelle que nous sommes nés d’une rencontre et destinés à la relation. Comme si l’amour de soi et l’amour de l’autre étaient notre équilibre véritable…
Dans l’évangile que nous venons d’entendre, les pharisiens adressent à JESUS une question piège : où se situe le centre de gravité de la Torah ? Autrement dit, quel est le principe qui résume et dépasse tous les autres ? Selon la tradition juive, la loi comprenait 613 commandements. Alors, lequel choisir ? En posant une telle question vicieuse, les pharisiens forcent JESUS à donner une impossible réponse… comme s’ils lui disaient : «Rabbi, faut-il aimer davantage son papa ou sa maman?».
Nous connaissons bien la réponse de JESUS au piège des pharisiens.
Il s’agit d’aimer Dieu et d’aimer son prochain comme soi-même. Trois dimensions, dans deux commandements, pour l’unique critère de toute notre vie : celui de l’Amour.
Facile à dire… Et nous pourrions penser qu’il n’y rien de spécifiquement chrétien dans cette réponse. En effet, cette règle d'or se retrouve dans tous les grands systèmes philosophiques et religieux du monde. Toutefois, il ne s’agit pas simplement de ne pas faire aux autres ce qu’on aimerait pas qu’on nous fasse, mais de mobiliser activement tout notre être, cœur, âme et esprit. Contre l’amour de la règle des pharisiens, JESUS nous invite à suivre la règle d’amour. Car c’est bien à l’amour que nous ‘tous reconnaitront que nous sommes ses disciples’.

Comprenons bien : il ne s’agit pas croire en Dieu au détriment de l’homme. Cela porte de nos jours le triste nom de fanatisme, de fondamentalisme, d’intégrisme. Saint Jean nous le rappelle : «Si quelqu’un dit ‘J’aime Dieu’ et n’aime pas son frère, c’est un menteur». Mais il ne s’agit pas non plus croire en l’humain au détriment de Dieu : cette dérive de tout âge prend aujourd’hui les formes de l’individualisme croissant, du transhumanisme grandissant…
Le commandement d’amour évite ces dérives et met en équilibre l’amour de soi, de l’autre et de Dieu ! Pour aimer Dieu et son prochain, il faut donc commencer par… s’aimer soi-même ! Pas de manière nombriliste et narcissique bien sûr, mais en laissant le regard bienveillant de Dieu se poser sur nous.
S’aimer soi-même, au sens de l’évangile, c’est en fait se désencombrer de notre égoïsme, de notre moi-je, pour pouvoir aimer en retour, de manière équilibrée, sans s’agripper. Peut-on en effet aimer l’autre, si on n’est pas capable de faire en nous de la place pour lui ?
Il s’agit de se déposséder de la volonté de vouloir posséder sa vie. S’aimer soi-même, n’est-ce pas accepter ce que nous sommes plutôt que de vouloir conserver ce que nous ne sommes plus ? N’est-ce pas accepter son âge, son corps, ses limites ? Finalement, s'aimer soi-même, n’est-ce pas découvrir que son centre de gravité est en l’autre, dans l’être aimé ; que ce que nous sommes, nous le devons à un autre, à Dieu ? Le livre de l’Exode pointe ce principe de fraternité, qui nous rappelle qu’il y a une part de nous en l’autre : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, car vous étiez vous-mêmes des immigrés ». En résumé : « Dis-moi comment tu aimes, je te dirai qui tu es. ». « Dis-moi pourquoi tu aimes, je te dirai que est ton Dieu. »

Frères et sœurs,
Combien de personnes n’ont-elles pas cru devoir aimer —que ce soit leur conjoint, leur enfant, leurs proches— au détriment de ce qu’elles étaient ? Pour elles, l’évangile de ce jour est libérateur. L’amour —qu’il soit d’affection, d’amitié ou de respect— n’oppose pas « l’amour de l’autre et l’amour de Dieu » à « l’amour de soi ». N’est-ce pas l’amour reçu qui nous donne la confiance d’aimer ?

S’il en est ainsi, regardons alors les différentes manières d’aimer…
Lorsque l’amour sera tendresse dans notre vie,
aimer Dieu de tout son cœur, tout en s’aimant soi-même
consistera à trouver en l’autre son point d’appui,
afin que nos cœurs puissent battre à l’unisson.

Lorsque l’amour sera d’amitié dans nos rencontres,
aimer Dieu de toute notre âme, et s’aimer soi-même,
consistera à faire en nous de la place pour l’être aimé,
et réservant une même attention à son épanouissement qu’au notre.
Enfin, lorsque la fraternité semble impossible,
s’aimer soi, et aimer Dieu de tout son esprit,
reviendra à prendre le chemin du respect et de la prière,
celle qui remet dans les mains de Dieu,
tous ceux et celles que nous n’avons plus la force d’aimer,
pour qu’ils grandissent indépendamment de nous,
et non au détriment de ce que nous sommes…
Que cette règle d’amour, et non l’amour de la règle,
soit notre guide, notre équilibre, notre centre de gravité.
Aujourd’hui, demain et jusqu’au soir de notre vie.
Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 16 Nov - 8:08





Citation :
ÉVANGILE

« Voici l’époux, sortez à sa rencontre » (Mt 25, 1-13)
Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable
à dix jeunes filles invitées à des noces,
qui prirent leur lampe
pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait,
elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
‘Donnez-nous de votre huile,
car nos lampes s’éteignent.’
Les prévoyantes leur répondirent :
‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
Pendant qu’elles allaient en acheter,
l’époux arriva.
Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces,
et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :
‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’
Il leur répondit :
‘Amen, je vous le dis :
je ne vous connais pas.’

Veillez donc,
car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



COMMENT DURER DANS LA FOI ? | HOMÉLIE DU 12 NOVEMBRE 2023 À BUSSY-SAINT-GEORGES

Veillez Mt 25, 13 dit JESUS. « Sois prêt ! » disent les scouts à la suite de Baden Powell. « Sois prêt ! » Et manifestement pour être prêt, la bonne volonté ne suffit pas : les insouciantes de l’Évangile qui n’ont pas prévu assez d’huile pour marcher dans la nuit ne tiennent pas dans la durée. Être invité au Royaume – ce que nous sommes tous – ne suffit pas. Répondre à cette invitation au Royaume, même généreusement et avec élan, ce n’est pas encore assez. Il faut être prêt. Il faut, il faut, il faut… ça sonne évidement toujours comme des injonctions moralisatrices. Même si bien souvent c’est vrai, on fait ce qu’on doit dans la vie, juste pour tenir notre place pour le bien de tous : on se réveille la nuit sans y penser quand le bébé pleure, on supporte plus ou moins volontiers un fardeau au boulot parce qu’on sait que ça en allège d’autres, on pleure secrètement l’absence d’un enfant mais on fait malgré tout bonne figure pour que ce soit vivable pour tous. Souvent dans la vie – c’est comme ça, même en s’efforçant de faire ce qu’on veut, on fait ce qu’on doit.

Mais quand même, pour nous les amoureux du Christ, ou nous qui cherchons à l’être, comment être prêts, non par devoir, mais par amour de Celui qu’on aime ? Il est tellement difficile de tenir dans la durée quand Celui qu’on aime tarde au-delà du prévisible. Pour beaucoup d’entre nous, la foi n’a rien d’une évidence et elle reste un aiguillon. « Sois prêt ! » Parce que oui : il semble qu’aimer Dieu, c’est en réalité l’attendre. « Sois prêt ! » Oui, mais comment ? Parce que la prière ne suffit pas toujours. Comment alors durer dans la foi ? Surtout, comme disait Pierre Dac, « quand on voit ce qu'on voit, qu'on entend ce qu'on entend et qu'on sait ce que qu'on sait ». Comment durer dans la foi ? Que faut-il mettre dans cette lampe pour qu’elle nous éclaire dans la nuit, particulièrement quand les doutes deviennent envahissants ou quand la douleur s’approche de 10 sur l’échelle des médecins ? Il y a au moins 2 huiles différentes pour nous ce matin.
Tout d’abord, nous sommes le WE du 11 novembre et nous accueillons ce matin les porte-drapeaux du Souvenir Français. Avec eux, nous sommes invités à nous souvenir.

Nous sommes invités à nous souvenir que certains ont donné leur vie pour nous puissions vivre. Nous sommes invités à être les héritiers de leur geste… et à faire de même, à faire de notre vie un cadeau pour que d’autres puissent vivre. Ce peut d’ailleurs être une manière de se décentrer de nos problèmes insolubles en prenant un peu de recul.
Se souvenir, c’est aussi relire. Comme un pisteur qui cherche une trace, relire peut nous permettre de retrouver un moment de paix qu’on a vécu, un moment de liberté, un moment de joie. Et si ça a existé, ça existe.
« Sois prêt ! » : se souvenir de faire de notre vie un cadeau et se souvenir des plus beaux moments de notre vie. Se souvenir est sans doute une bonne huile pour notre lampe.

Ensuite, dans sa lettre aux Thessaloniciens, Saint Paul participe à donner une autre piste pour durer : réconfortez-vous les-uns-les-autres 1 Th 4, 18. Le coude à coude ! Le coude à coude entre nous autres les chrétiens. Et avec nos sœurs et frères juifs, musulmans, hindouistes, bouddhistes… comme c’est si paisiblement vécu ici à Bussy où sont construits côte à côte, sur l’Esplanade des religions, temples, mosquée et synagogue... entre croyants « veilleurs de la paix ». Le coude à coude entre nous les vivants 1Th 4, 15 reliés par quelque chose de plus grand que nous : la Vie. Je travaille dans une petite coopérative agricole dans le Loiret, prêtre au travail comme on dit. Nous sommes une quinzaine de salariés et ces derniers temps, on a été pas mal chahuté par différentes tuiles qui nous sont tombés dessus. Il y a même parfois eu une certaine violence. A chaque fois, j’ai été impressionné par la force de l’équipe, là où individuellement, chacun aurait baissé les bras. Le coude à coude : nous ne devrions jamais hésiter à parler les uns aux autres de notre foi ou de nos confiances. « Sois prêt ! » : s’encourager les-uns-les-autres est sans doute une autre bonne huile pour notre lampe.

A nous tous, la lampe sera bien remplie. Et nous trouverons encore d’autres huiles. A nous tous, même dans la nuit la plus noire, il y aura une lueur. A nous tous, nous serons toujours prêts pour accueillir le plus paisiblement possible l’imprévisible qui arrive tôt ou tard. Et vivre pleinement tout ce qui adviendra, avec le Christ, c’est le chemin qui s’ouvre pour Andréa qui va être baptisée dans un instant.

A vous tous ici dans cette église, à vous tous devant votre télé, à tous ceux que vous croisez au quotidien dans la rue, au boulot ou en famille, aux Palestiniens et aux Israéliens, aux Ukrainiens, aux Russes et à tous les peuples en guerre, à tous ceux qui pensent avoir raté une rencontre - voire toute leur vie, à tous ceux qui ne se sentent pas prêts, à tous ceux qui peuvent malgré tout faire confiance à quelqu’un, à tous ceux qui ne croient plus que pour eux la joie est possible, à nous tous, comme disait le lumineux François d’Assise pour nous encourager à vivre, à nous tous, « Paix et bien ».


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 22 Nov - 8:14



Citation :
ÉVANGILE
« Tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup » (Mt 25, 14-30)
Alléluia. Alléluia.
Demeurez en moi, comme moi en vous, dit le Seigneur ;
celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples cette parabole :
« C’est comme un homme qui partait en voyage :
il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il remit une somme de cinq talents,
à un autre deux talents,
au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités.
Puis il partit.

Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
s’en alla pour les faire valoir
et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents
en gagna deux autres.
Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
présenta cinq autres talents
et dit :
‘Seigneur,
tu m’as confié cinq talents ;
voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
Son maître lui déclara :
‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.’
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
et dit :
‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ;
voilà, j’en ai gagné deux autres.’
Son maître lui déclara :
‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.’

Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
et dit :
‘Seigneur,
je savais que tu es un homme dur :
tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’
Son maître lui répliqua :
‘Serviteur mauvais et paresseux,
tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent
et donnez-le à celui qui en a dix.
À celui qui a, on donnera encore,
et il sera dans l’abondance ;
mais celui qui n’a rien
se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à ce serviteur bon à rien,
jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.



FRUCTUEUSE GÉNÉROSITÉ | HOMÉLIE DU 19 NOVEMBRE 2023 À MORSANG-SUR-ORGE

JESUS n’aimerait-il que ceux qui réussissent ? On en viendrait à le croire puisque dans la parabole dite des talents, il met en évidence un maître qui apprécie le succès de ceux qui font fructifier des sommes d’argent importantes. Et ce maître honore les serviteurs qui ont fait de merveilleux placements financiers en doublant leur capital. En récompense, comme un bonus ou une prime de fin d’année, il les invite à entrer dans la joie de leur Seigneur.
Le contraste est grand, avec d’un côté l’enthousiasme de l’homme envers ceux qui ont gagné encore plus de talents qu’ils n’avaient déjà et sa rudesse envers le timoré, ce serviteur qui a voulu conserver le sien sans prendre de risque, par crainte. Le propos est dur et sans appel : « serviteur mauvais et paresseux… Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix ».
Imagine-t-on que JESUS s’identifie au maître ainsi décrit ?
Oui, c’est bien lui !
Contrairement à l’apparence, son attention ne se porte pas sur la seule appréciation de la somme d’argent gagnée… Elle devient même relative.
La parabole comme toujours conduit à une lecture spirituelle de ce qui est décrit.

Pour saint Augustin, cette parabole est un raccourci de l’histoire du salut, où le peuple élu découvre progressivement le vrai visage de Dieu. L’homme qui partait en voyage c’est JESUS après son Ascension, son départ, que le Christ annonce ainsi subliminalement. Il décide donc de confier la mission aux apôtres qu’il a choisis, les serviteurs. Les talents répartis sont le dépôt de la foi, qu’il leur a transmis par son enseignement. Leur fructification symbolise combien les apôtres et tous les croyants sont appelés à témoigner de l’évangile.

Qui est donc le serviteur inactif ? Il représente celui qui se renferme sur lui-même. Égoïstement, il pense qu’il suffit de rendre compte de soi, seul ! Il a peur de Dieu, il a peur de s’engager. Sa crainte le fait se replier sur lui-même. Ce croyant conçoit le salut comme une auto-justification et n’annonce pas la Bonne Nouvelle du Christ. On pourrait le comparer à un chrétien qui a reçu un bel évangile, relié, dont il connaît la richesse d’enseignement. Malheureusement il n’en vit pas parce qu’il ne le partage pas, ne le lit pas ni ne le médite !

La leçon de cette parabole ne consiste pas à louer le génie de quelques traders en bourse. Il s’agit plutôt de mettre en valeur la générosité personnelle des vrais apôtres et disciples qui ne gardent pas pour eux-mêmes ce qu’ils ont reçu. Ils font tout pour le faire fructifier et le partager.

Cet élan spirituel indispensable pousse à se donner sans compter pour recevoir sans mesure. La générosité de tout apôtre ardent se révèle essentielle, non pas seulement pour gagner le ciel et entrer dans la joie de notre maître mais d’abord pour prendre soin de ceux qui sont dans le besoin et envers lesquels nous déployons nos talents.

Pour célébrer aujourd’hui la 7e Journée mondiale des pauvres, le Pape François nous demande « Que notre attention envers les pauvres soit toujours marquée par le réalisme évangélique ». C’est-à-dire de voir la réalité avec les yeux de chrétiens profondément inspirés par l’évangile, par l’amour du prochain.
Le Pape précise que « nous vivons un moment historique qui ne favorise pas l’attention envers les plus pauvres. Le volume de l’appel au bien-être s’élève de plus en plus, tandis que l’on impose le silence aux voix de ceux qui vivent dans la pauvreté. »
Or, « les pauvres sont des personnes, ils ont des visages, des histoires, des cœurs et des âmes ». (Message du Pape François, Journée mondiale des pauvres 2023)

A l’approche de Noël et en ces temps où nous assaillent des propositions mercantiles (Fête des célibataires, Black Friday, et tant d’autres...) qui nous transforment en consommateurs effrénés ou robotisent nos modes de vie en nous rendant dépendants des sites d’achats sans bouger de chez nous, sommes-nous des chrétiens habités par l’évangile du Christ ? Attentifs aux signes des temps et aux pauvres qui croisent notre chemin ?
Evoquant sa conversion dans son testament, saint François d’Assise, l’apôtre des pauvres, disait simplement : « Je devais vivre selon le Saint Évangile ».

Pouvons-nous, chacun, mettre au présent cette belle expression :
« je dois vivre selon l’Evangile » ?
Que nous soyons, pauvres ou riches, ardents ou timorés, pour vivre selon l’évangile, reprenons en Matthieu le texte des Béatitudes (Mt 5) jusqu’à celui du Jugement dernier (Mt 25).

De nombreux talents nous sont donnés pour les partager et les faire fructifier avec une grande générosité. Ste Thérèse de l’Enfant JESUS disait dans l’Histoire d’une âme : « j’ai compris que la charité ne doit point rester enfermée dans le fond du cœur »
Et bien essayons de l’imiter. Ouvrons largement notre cœur pour partager ce que nous avons reçu et qui nous a été confié.

Notre charité, notre générosité et notre témoignage seront fructueux.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 28 Nov - 8:38



Citation :
ÉVANGILE

« Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns des autres » (Mt 25, 31-46)
Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.
Alléluia. (Mc 11, 9b-10a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


CHRIST-ROI DE L'UNIVERS | HOMÉLIE DU 26 NOVEMBRE 2023 À WAUTHIER-BRAINE (BELGIQUE)

Les Beatles et les Rolling Stones ont sortis il y a seulement quelques semaines deux nouveaux morceaux… « Don’t be angry with me ». « Now and then » ! Grâce notamment à l’intelligence artificielle, ces deux groupes légendaires ont encore produits deux nouvelles chansons ! Cela peut sembler anecdotique… mais cela n’est-il pas au fond symptomatique de notre monde de consommation ?
Qui jette volontiers et désire passer à autre chose,
mais qui a en même temps bien des difficultés à accepter la fin,
à faire des deuils de ce qui passe, à tourner la page…

Pour parler de l’éternité et du jugement de Dieu dans ce monde qui passe, les textes de ce jour emploient des expressions fortes et des images apocalyptiques bien peu réjouissantes. Cependant, il est possible d’y discerner une réelle invitation à aimer mieux, à croire davantage, et à espérer plus encore, au quotidien ! Comment ?
En considérant le jugement comme ce discernement que nous faisons à chaque instant de notre vie, et qui nous donne de faire des choix féconds. Juger, en grec ancien, ne veut pas dire condamner mais littéralement séparer. Juger, c’est distinguer l’essentiel de l’accessoire, l’urgence de l’importance... C’est à nous de porter un tel jugement sur les finalités de notre vie, afin de choisir chaque jour ce geste et cette parole qui ont goût d’éternité… Et si la sagesse nous dit que « juger, c’est ne pas comprendre », alors vraiment Dieu ne nous juge pas, car il connaît toute chose !

Aujourd’hui, nous fêtons le Christ-Roi. Et le roi de la parabole vient juger. Avouez qu’il y a mieux comme séparation des pouvoirs ! L’évangile nous montre que le Christ revient chaque fois que, même dans l’ignorance, nous sortons de l’indifférence et de l’inaction. Le jugement est de chaque instant. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. ». Et si on regarde bien, le juge de la parabole ne mets pas dans la balance ce qui a été mal fait, mais invite à méditer sur ce bien qui n'a pas été fait ! « J’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ».
Comme l’écrira un philosophe anglais, « la seule chose nécessaire pour que le mal triomphe, c’est l’inaction des hommes de bien… ». Alors, à nous d’agir, pour que l’histoire ne repasse pas les plats ! Et si nous croyons véritablement en un changement dans notre vie —quel que soit notre âge— regardons avec courage notre présent.

Oui, le Christ revient dans la gloire,
et se présente dans notre vie sans que nous ne le sachions,
chaque fois que, à une personne malade,
nous lui rendons des forces par une parole d’encouragement.
Oui, Dieu se dévoile sur notre route,
chaque fois que nous accueillons un étranger tel qu’il est,
sans le voir comme une menace, ou le réduire à ce qu’il n’est pas.
Vraiment, l’Esprit de Dieu se révèle sur notre chemin,
chaque fois que quelqu’un, dans sa nudité ou sa détresse,
est couvert du manteau de notre miséricorde.

Mais si cela est vrai, il nous faut alors également entendre les cris autour de nous, les ‘jours de sombres nuées’ :
« J’ai mendié, et vous m’avez considéré comme un pestiféré !
J’ai traversé sans espoir la Méditerranée,
et vous m’avez refoulé comme un étranger !
J’ai vous ai dévoilé qui j’étais, dans ma différence,
et vous m’avez mis en prison par votre intolérance ! »

Le jugement dernier au sens de l’évangile n’est pas une sentence réservée à la fin des temps pour mettre sur la balance ce que nous aurions mal fait. Mais pour mettre de la finalité, de l’éternité dans notre temps. Il s’agit de poser au quotidien tous ces gestes au goût d’éternité, qui ne passeront pas… Ces actes qui donnent courage et dignité aux êtres que nous croisons. Il s’agit, dans ce temps qui passe, de donner du temps pour ce qui ne passe pas. Alors, Dieu se révèlera par nos actions justes dans ce monde si injuste !
A chacun et chacune de nous, en cette fin d’année liturgique, de faire peut-être un petit examen de conscience, sans culpabilité, mais avec responsabilité !

Certes, ce n’est pas tous les jours que nous avons aimé,
mais c’est pour toujours, que ceux que nous avons aimés,
garderont l’attention que nous leur avons témoignée.

Certes, ce n’est pas tous les jours que nous avons eu des paroles d’espoir. Mais pour toujours, les personnes à qui nous avons redonné goût à la vie, garderont inscrites en elles nos gestes de réconfort.

Certes, ce n’est pas tous les jours que nous avons cru en Dieu. Prisonniers de nos questions, nous ne l’avons pas reconnu.
Mais c’est toujours que le Christ nous a visité
par les visages aimants de ceux que nous avons croisés.

A nous, alors, de trouver la force de faire régner un tel royaume de fraternité. Alors, le « Christ-Roi-soleil-de-justice » viendra illuminer nos vies. Et son règne n’aura pas de fin. Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 6 Déc - 6:21






Citation :
ÉVANGILE

« Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » (Mc 13, 33-37)
Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc


En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés :
car vous ne savez pas
quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage :
en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail,
et demandé au portier de veiller.
Veillez donc,
car vous ne savez pas
quand vient le maître de la maison,
le soir ou à minuit,
au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste,
il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous :
Veillez ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.



L'ART DE L'AFFÛT | HOMÉLIE DU 3 DÉCEMBRE 2023 À CHARENTON-LE-PONT

Frères et sœurs, connaissez-vous la panthère des neiges ?
La panthère des neiges, panthera uncia, selon son nom latin, est une panthère beige clair, tachetée de noire, qui vit notamment dans les montagnes de l’Himalaya. Elle est très difficile à observer, tant elle se fond, aussi bien avec les crêtes découpées des montagnes qu’avec le manteau neigeux qui les recouvre. Elle est si discrète que l’on se prend parfois à douter de son existence… On pourrait presque la comparer avec le chat du yéti !…

Cela n’empêche pas certains aventuriers modernes, les photographes animaliers, de prendre la direction des hauts plateaux tibétains pour se lancer sur sa piste et tenter de l’immortaliser. Pour cela il faut s’armer des téléobjectifs les plus puissants, des trépieds les plus stables, de vêtements les plus chauds et d’une patience bien trempée. Néanmoins, ni les indications des quelques habitants locaux, ni la technique la plus pointue ne garantissent le succès. Au contraire, les photographes témoignent plutôt du voyage intérieur qu’il faut faire pour espérer voir la panthère. Il s’agit d’une transformation du regard, qui peut inspirer notre portier de l’Évangile, lui qui doit non seulement veiller, mais aussi scruter la nuit, pour essayer de distinguer le retour de son maître, pour le reconnaître, lorsque sa silhouette se découpera à l’horizon, sur l’écran noir de ses nuits blanches. Ce chemin intérieur peut aussi nous inspirer, nous qui en ce début d’Avent, sommes invités à être sentinelles, à veiller dans la prière pour guetter la venue ou au moins le passage de Dieu.

Pour le photographe posté, l’attente commence par un renoncement. Il s’agit tout d’abord d’accepter de ne pas voir. Il est pourtant venu pour ça, il y a consacré beaucoup d’énergie et de temps, mais le veilleur doit le reconnaître, malgré tous ses efforts, l’apparition de la panthère n’est pas un dû. Tant qu’il exige qu’elle se montre, il risque bien de rester bredouille. Fondamentalement, il doit renoncer à saisir son objet, se réconcilier avec l’idée d’un échec possible pour aujourd’hui, pour cette fois. Ne plus vouloir prendre, pour être capable de recevoir gratuitement, comme un cadeau.

Accepter de ne pas voir « la » chose qu’il voulait voir, ouvre paradoxalement ses yeux. Pour le photographe qui n’est plus obsédé par la panthère, c’est la multitude des vivants qui apparaît dans l’objectif. Le foisonnement de la vie dont chaque individu, le yack, le grand bharal, l’oiseau, le renard, et jusqu’à l’insecte le plus commun, peut devenir digne d’attention et d’émerveillement. De même, le veilleur dans la nuit qui accepte de détourner ses yeux de la lumière, s’habitue peu à peu à l’obscurité. Progressivement, ses yeux deviennent capables de détecter ce qui, jusqu’ici, était insignifiant : l’éclat des étoiles, le reflet de la lune sur le chemin qui en dessine subtilement le tracé, le mouvement imperceptible d’une ombre. Le veilleur ne voit pas encore le retour du maître, mais peu à peu il réalise que la nuit n’est pas vide. Que le maître de la vie, à défaut de s’y faire voir, y règne déjà, lueur au cœur des vivants.

La troisième étape pour le photographe est celle de la surprise. Parmi les différents animaux qu’il fixe sur ses pellicules, et malgré tous ses efforts de camouflage et d’immobilisme, nombreuses sont les créatures qui lui font face, qui le dévisagent, qui plongent leurs yeux dans les siens. Rien d’agressif ou de menaçant pourtant dans ce regard, mais la découverte troublante d’être vu, d’être observé. Un renversement pour le guetteur, et le sentiment d’une présence mutuelle qui vient fissurer la solitude dans laquelle il pensait se trouver. Voilà aussi la récompense du veilleur, qui peut parfois souffrir comme Isaïe de l’absence du maître : « Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? » Il voudrait ne serait-ce qu’apercevoir son maître, reconnaître sa silhouette même de loin, pour être rassuré. Mais il découvre, au cœur de son attente patiente, et malgré l’absence apparente, une consolation bien plus grande encore. Il est vu. Depuis le début, il était vu et il ne le savait pas. Vu, reconnu, aimé par ce maître qui lui semblait lointain.

Frères et sœurs, nous n’allons pas tous partir pour l’Himalaya demain. Mais l’expérience des photographes animaliers, en veilleurs des temps modernes, peut nous être utile ! Au cœur de notre attente de l’Avent, se tient en effet fondamentalement une attente de la visite de Dieu. Nous sommes sûrs qu’elle aura lieu, mais nous n’en savons ni le jour ni l’heure. Le temps de la prière, la veille dans la nuit, qui dilate les pupilles de notre cœur, peut nous libérer peu à peu de l’intranquillité et faire de notre attente une disponibilité. Elle ouvre nos yeux à la clarté de la nuit elle-même. Pour découvrir déjà tous proches, dans les yeux de nos frères et sœurs, nos compagnons le veille, le souffle de la paix et la flamme de la présence, l’éclat du regard de Celui qui dans le silence de la nuit, nous aime sans que nous le sachions.

Alors frères et sœurs, à l’affût, soyons sentinelles ! Du fond de la nuit, nous témoignerons déjà de la splendeur du jour qui vient. Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 12 Déc - 8:35




Citation :
ÉVANGILE
« Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8)
Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc


Commencement de l’Évangile de JESUS,
Christ, Fils de Dieu.
Il est écrit dans Isaïe, le prophète :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Alors Jean, celui qui baptisait,
parut dans le désert.
Il proclamait un baptême de conversion
pour le pardon des péchés.

Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain,
en reconnaissant publiquement leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau,
avec une ceinture de cuir autour des reins ;
il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il proclamait :
« Voici venir derrière moi
celui qui est plus fort que moi ;
je ne suis pas digne de m’abaisser
pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


COMMENCEMENT | HOMÉLIE DU 10 DÉCEMBRE 2023 À ISSY-LES-MOULINEAUX

Attention, ça commence ! « Commencement de l’Évangile de JESUS, Christ, Fils de Dieu. » Ce commencement, ce n’est pas le début d’une histoire qu’on va nous raconter et qui aura une fin, ce n’est pas la première page d’un livre que nous ouvrons et que nous refermerons quand nous l’aurons terminé, ce n’est pas la première scène d’une pièce de théâtre, la première séquence d’un film que nous aurions choisi d’aller voir avant de rentrer tranquillement chez nous.

Non, frères et sœurs, impossible de rester extérieurs à ce commencement, même pour vous qui êtes actuellement devant votre écran de télévision, impossible de rester comme à l’extérieur de l’histoire, en simples spectateurs, car tous, nous y sommes, dans cette histoire, embarqués, impliqués, engagés en elle. C’est notre histoire avec Dieu qui commence, et nous savons que l’Évangile, la Bonne Nouvelle de JESUS Christ Fils de Dieu n’est pas une histoire comme les autres : c’est toujours un commencement, jamais une fin.

Nous sommes donc au commencement. Mais il n’est pas si facile de commencer pour de bon la vie avec Dieu, comme il n’est pas toujours facile de se lever le matin, surtout au mois de décembre, quand il fait encore nuit et que l’on ne sait pas si la journée apportera beaucoup plus de lumière. Eh ! bien, c’est Dieu lui-même qui nous aide à commencer, à nous lever dans la nuit, grâce à sa Parole énergique transmise à ces veilleurs, ces sentinelles de lumière que sont les prophètes, de Moïse à Isaïe et d’Isaïe à Jean le Baptiste. Au début, ce n’est qu’une voix dans le désert, un cri venu de très loin qui retentit en nous, dans notre nuit, comme un réveil qui nous appelle, non pas à accomplir de grandes choses, mais simplement à nous préparer, à disposer notre cœur, à le ranger en quelque sorte et à l’ouvrir pour qu’il devienne un sentier droit, un chemin par où le Seigneur pourra venir.

Certes, il fait encore sombre au-dehors, mais nous nous apercevons que le désert spirituel où nous pensions nous trouver n’est pas si aride que cela, qu’il est même plein de ressources. Si l’on peut s’y nourrir de miel sauvage, comme Jean-Baptiste, c’est qu’il y a de la végétation, donc de la vie, et surtout il y a de l’eau dans ce désert, il y a même un fleuve, appelé Jourdain, où l’on peut être plongé, baptisé par Jean en signe de conversion, c’est-à-dire en signe de ce retournement, de ce changement profond de tout notre être qui brise la routine étroite et mortifère de nos péchés, où nous nous sentions pour toujours enfermés. Et puis, nous découvrons aussi, tout étonnés, que, dans ce désert, nous ne sommes pas seuls, bien au contraire : toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendent auprès de Jean. Oui, c’est avec d’autres, ce n’est qu’avec les autres que nous pouvons vraiment « commencer », faire ce pas de conversion, cet acte de confession et cette demande de pardon.
Quelle grâce et quelle lumière déjà : le jour se lève, frères et sœurs ! Mais ce n’est pas fini, ça ne fait que commencer, car le Commencement par excellence, celui qui fait toutes choses nouvelles, est encore à venir, ou plutôt il vient dès à présent et il ne cesse de venir à nous, comme Jean le proclame : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi… lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » Ce Commencement, c’est JESUS le Christ, le Fils de Dieu, qui est aussi « le premier-né avant toute créature ». En lui « tout fut créé dans les cieux et sur la terre », et par lui tout est recréé, sauvé, recommencé. C’est lui « la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde » : sentinelles de la nuit, mes frères, mes sœurs, ouvrons les yeux, tendons l’oreille ; il n’y a qu’à le guetter et à l’accueillir pour aller avec lui, et par l’Esprit Saint qu’il nous donne, de commencement en commencement.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 19 Déc - 12:37




Citation :
ÉVANGILE
« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 6-8.19-28)
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (cf. Is 61, 1)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean


Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean.
Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Voici le témoignage de Jean,
quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem
des prêtres et des lévites
pour lui demander :
« Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement :
« Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent :
« Alors qu’en est-il ?
Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit :
« Je ne le suis pas.
– Es-tu le Prophète annoncé ? »
Il répondit :
« Non. »
Alors ils lui dirent :
« Qui es-tu ?
Il faut que nous donnions une réponse
à ceux qui nous ont envoyés.
Que dis-tu sur toi-même ? »
Il répondit :
« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Redressez le chemin du Seigneur,
comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.
Ils lui posèrent encore cette question :
« Pourquoi donc baptises-tu,
si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
Jean leur répondit :
« Moi, je baptise dans l’eau.
Mais au milieu de vous
se tient celui que vous ne connaissez pas ;
c’est lui qui vient derrière moi,
et je ne suis pas digne
de délier la courroie de sa sandale. »

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où Jean baptisait.

– Acclamons la Parole de Dieu.


QUE MA JOIE DEMEURE ! | HOMÉLIE DU 17 DÉCEMBRE 2023 À PARIS

"Je tressaille de joie dans le Seigneur", nous dit Isaïe. Et saint Paul : "Frères, soyez toujours dans la joie !". Troisième dimanche de l'Avent, celui de la joie, Gaudete ! Nos ornements en rose en sont le signe.
Mais comment est-il vraiment possible d’entendre cet appel à la joie aujourd’hui ? Où allons-nous trouver la vraie joie, ce dilatement intérieur et extérieur de tout notre être, alors que ce monde est si difficile, fait d’épreuves de toutes sortes, où guerres et doutes sont légion ? Au moment de l’année où les nuits sont les plus longues, attendons-nous ardemment que vienne en nos vies ce Prince de la paix, l’Enfant de Noël ?
Désirons-nous être des veilleurs qui laissent scintiller la lueur de l’étoile au-dessus de la crèche de Noël ? Sommes-nous de ceux qui, une fois encore, veulent accueillir dans leur crèche intérieure, JESUS, le Prince de paix, et parvenir ainsi à la vraie joie, à la vraie paix ? Pour devenir des éveilleurs ?

Pour cela, saint Paul nous invite d’abord à ne pas faire le mal. A écarter tout ce qui peut conduire au mal. Première étape nécessaire. Bien plus, à bâtir en nous cette sentinelle intérieure pour discerner ce qui est bon, ce qui donne la vraie joie. Et poser des gestes de paix. Les garder précieusement, comme un guetteur garde les yeux ouverts en scrutant l’horizon du Christ. Sans être dans la tristesse du « jamais satisfait », garder la joie d’un cœur simple, qui désire unifier sa vie pour la rendre cohérente. Se laisser attirer par ce qui est simple, en acceptant de vivre, peut-être avec moins, mais mieux. C’est déjà un chemin vers la joie !

Ensuite, comme Jean-Baptiste, défaire ma sandale pour me tenir humble devant le Christ, celui qui vient pour tout sauver. Transformer ce monde avec les outils de la non-violence et du pardon. Dans votre communauté où se vit l’accueil et l’entraide, vous savez goûter à la joie qui naît du partage, sans rien n’attendre en retour. Percevoir et admirer la joie de l’autre à qui l’on donne son temps, ses biens, son espérance, n’est-ce pas source de joie vraie ?
Je vis de cette joie auprès de vous, mes frères détenus, rencontre après rencontre, relèvement après relèvement, quand je vois le manteau de la miséricorde de Dieu recouvrir tout ce qui est mortifère.
Allons encore plus loin. La vraie joie, saint François d’Assise ira jusqu’à dire que celui qui connaît les pires épreuves en sachant garder la paix de l’âme, celle que le Seigneur lui donne, là est la joie parfaite.

Ce n’est pas la paix psychologique. Ce n’est pas non plus en m'appuyant sur mes seules forces ou mes victoires dans l’épreuve que je trouverai la vraie joie. Cela saint François l'écarte résolument.
Mais si, au cœur des épreuves, j’accepte de lâcher prise et de vivre le présent tel qu’il est.
Si, sans me laisser abattre par ces épreuves, ni rendre le mal par le mal, plongé dans l'amour du Christ, je deviens une sentinelle de lumière et de bonté pour les autres.
Si, après avoir réconcilié et pacifié mes propres blessures, je vais jusqu’à prier pour ceux qui font du mal et trouver ainsi la force de pardonner.
Si, le monde pouvant crier et se lamenter, juger et condamner, dénigrer et mettre le soupçon sur tout, je suis, moi aussi, une voix qui crie dans nos déserts en laissant germer la justice et la gratitude pour ce que je reçois.
Alors, là est la joie parfaite !
Que c’est difficile d’y parvenir ! Donnons-nous le temps qui ne respecte pas ce que l’on fait sans lui. Soyons miséricordieux envers nous-même et, humblement, désirons-là, cette vraie joie, redemandons-là chaque matin.
Comme Marie qui, loin d’avoir été épargnée par les épreuves et les questionnements, sur les seules paroles de l’ange, a su cultiver la vraie joie en prenant soin, jour après jour, de l’enfant qu’elle portait en elle.
Parce qu’il est toujours au milieu de nous, même si nous avons tant de mal à le reconnaître.
Frères et sœurs bien aimés, demandons à Dieu de goûter cette vraie joie, celle qui vient de Lui seul. Et si nous l’expérimentons un peu, soyons-en certains, rien, ni personne, ni aucune situation angoissante ne pourra nous l’enlever.
Car, comme sentinelles de lumière, "la joie du Seigneur est notre rempart ".
Seigneur, à l’approche de Noël, Tu viens frapper à la porte de nos pauvres crèches : comme Marie, fais-nous T’ouvrir la porte de nos cœurs pour que nous vivions la parfaite joie de nous laisser habiter par Toi.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 28 Déc - 9:41



Citation :
ÉVANGILE
« Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1, 1-18)
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui la lumière a brillé sur la terre.
Peuples de l’univers, entrez dans la clarté de Dieu ;
venez tous adorer le Seigneur.
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean


Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean.
Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme
en venant dans le monde.
Il était dans le monde,
et le monde était venu par lui à l’existence,
mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui,
et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang,
ni d’une volonté charnelle,
ni d’une volonté d’homme :
ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire,
la gloire qu’il tient de son Père
comme Fils unique,
plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant :
« C’est de lui que j’ai dit :
Celui qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était. »
Tous, nous avons eu part à sa plénitude,
nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse,
la grâce et la vérité sont venues par JESUS Christ.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ;
le Fils unique, lui qui est Dieu,
lui qui est dans le sein du Père,
c’est lui qui l’a fait connaître.

– Acclamons la Parole de Dieu.



SOLENNITÉ DE LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR | HOMÉLIE DE NOËL 2023

Sœurs et frères,

Hier soir ou ce matin au pied de la crèche et du sapin de Noël, vous avez échangé des cadeaux pour la plus grande joie des petits et des grands.

On fait des cadeaux pour exprimer notre attachement et notre affection à ceux que l’on aime.
Parfois, on ne trouve pas les mots pour dire nos sentiments, alors nos cadeaux parlent pour nous.

Vous le savez, un cadeau est d’autant plus noble et a d’autant plus de valeur s’il est donné, rien que pour le plaisir d’offrir, sans rien attendre ni faveur, ni intérêt en retour.

Noël, c’est le plus beau cadeau de Dieu pour l’humanité. Il nous offre Son Fils
•    pour nous dire à quel point Il tient à nous,
•    pour exprimer que « notre vie a du prix à ses yeux et qu’Il nous aime »
•    pour nous valoriser parce que « nous sommes la seule créature sur terre qu’Il a voulue pour elle-même », le Concile Vatican II nous le rappelle.

Ce cadeau n’est assorti d’aucune condition, d’aucune obligation, d’aucune pression. Dieu qui nous l’offre ne demande rien en échange. Il n’attend rien en retour.

Tu es libre de l’accepter, libre de le refuser. C’est la gratuité de Dieu, celle de Son amour.

Depuis plus de 20 siècles, ce cadeau se renouvelle tous les ans. A la différence de beaucoup d’autres qui tombent rapidement dans l’oubli ou sont abandonnés, celui de Dieu ne s’use pas, ne se démode pas. Dieu nous l’offrira toujours, d’année en année, jusqu’à la fin des temps. Son amour est sans mesure.

Par le don de Son Fils, Dieu entre dans nos vies et nous fait entrer dans la sienne si nous le voulons.
En prenant chair de la Vierge Marie, Il a pris corps dans notre humanité en incarnant, en nous, Son Eternité.
Ce qui fera dire à St Jean, comme nous venons de l’entendre :
« Tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils sont nés de Dieu ».
JESUS est l’amour incarné de Son Père : « Il nous a parlé par ce Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui Il a créé les mondes ».

A la crèche, JESUS ne s’exprime pas encore, cependant, Sa seule présence est Parole silencieuse, celle du Verbe fait chair qui est venu habiter parmi nous pour apprendre le langage des hommes,
•    entrant dans leurs désirs,
•    venant les visiter dans ce qu’ils ont de meilleur et de pire.
•    leur apportant le salut qui vient de Dieu ;

Rien d’autre que ce grand amour dont Il nous a aimés et qui l’unit à nous dans une alliance éternelle. Sa divinité fait grandir notre humanité.

La Lumière, pour reprendre la métaphore de Jean l’Evangéliste, est entrée dans le monde pour éclairer nos consciences et l’illuminer de l’intérieur.

Dieu n’aveugle pas l’homme, comme le soleil éblouit quand on le regarde en face,
Il ne hurle pas pour couvrir nos voix : « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique », nous dit Isaïe.
Il se laisse voir dans le visage gracieux et lumineux du nouveau-né de Bethléem, dans une vie fragile. Ainsi commence son histoire d’amour au milieu de nous. Elle se poursuit de siècles en siècles, car son amour ne disparaîtra jamais. Il est à la source de notre Espérance.

Mes amis,
La voici la Bonne Nouvelle de Noël. JESUS est né il y a plus de 2000 ans dans une modeste étable, mais aujourd’hui il continue à naître non plus à Bethléem, mais dans la plus belle crèche que nous pouvons lui offrir, celle de notre vie, celle de notre Eglise. Elles sont ces lieux ouverts sur la vie des hommes pour leur offrir le trésor le plus précieux de Dieu : JESUS Son Fils. Porter le Christ en nous, le contempler c’est notre responsabilité, l’annoncer et en témoigner c’est notre mission, parce qu’il n’y a pas de plus beau cadeau que Lui à offrir à l’humanité.

AMEN


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedJeu 4 Jan - 9:49






Citation :
ÉVANGILE

« L’enfant grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse » (Lc 2, 22.39-40)
Alléluia. Alléluia.
À bien des reprises, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils.
Alléluia. (cf. He 1, 1-2)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc


Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de JESUS l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur.

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.


]LE VIEIL HOMME ET L’ENFANT | HOMÉLIE DU 31 DÉCEMBRE 2023 À PARIS (18E)

Durant ces fêtes de Noël, bon nombre de familles se sont réunies, toutes générations confondues, au pied du sapin ou autour de la crèche. Permettez-moi de démarrer cette homélie en évoquant un souvenir personnel : celui du dernier Noël partagé avec mon cher papa, quelques semaines avant qu’il ne retourne dans la maison du Père rejoindre sa chère épouse. Il ne s’était guère remis du décès de celle-ci quelques mois auparavant, et son absence lui pesait fortement. En ce jour de Noël, nous étions allés le chercher à l’EHPAD où il résidait, afin qu’il puisse vivre la fête en famille, avec ses enfants, ses petits-enfants, et ses arrières petits-enfants. Il restait assis dans le salon, prostré sur un fauteuil. La mélancolie envahissait son visage, et il n’arrivait guère à s’intéresser aux conversations. L’un d’entre nous eut alors l’idée d’asseoir sur ses genoux son dernier arrière petit-enfant, juste âgé de quelques mois. Et une sorte de miracle s’opéra alors. Il ne sut résister aux gazouillis du bébé et à ses sourires malicieux. Voici qu’un large sourire illumina son visage !

Telle est la scène à laquelle nous fait assister Luc dans son récit de la présentation de JESUS au temple. On pourrait intituler cet épisode « Le vieil homme et l’enfant ».

Le vieillard Siméon patiemment attendait la mort … C’était un homme juste et bon. Et voici qu’il lui est donné de recevoir l’enfant JESUS dans ses bras. Et le sourire de l’enfant opère sa magie. Alors qu’il se voyait mourir, voici qu’il se sent renaître.
La rencontre de cet enfant provoque chez lui un apaisement, qui ne lui fait plus craindre la mort. « Maintenant, ô maître souverain, tu peux laisser aller ton serviteur en paix, selon ta parole ! Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples ! » Merveilleuse parole que, chaque soir, les moines et les moniales de toutes les abbayes du monde reprennent en chœur avant d’aller se coucher.

Veillant, dès la présentation de JESUS au temple, à l’équilibre homme/femme, voici que Luc met alors en scène une femme, elle aussi très avancée en âge, dont la vie fut marquée par l’épreuve. Ce mari, qu’elle avait tant aimé, décéda après seulement sept ans de mariage. Mais elle lui est restée fidèle, au point de rester veuve toute sa vie, puisqu’elle a maintenant 84 ans.

Et c’est cette femme, Anne, de la tribu d’Aser, que le Seigneur choisit comme prophétesse.
Le prophète, au sens biblique du terme, n’est pas un visionnaire, un diseur d’avenir, mais celui qui, introduit dans le projet de Dieu, parle en son nom sous l’inspiration de l’Esprit, en révélant le mystère de son dessein. Il accueille le présent, les yeux ouverts sur l’avenir, si bien que la portée de ses gestes et paroles dépasse l’instant présent.
C’est ainsi qu’Anne parle de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël. Elle a été choisie par Dieu pour être la première à parler de manière publique de la destinée de cet enfant nouveau-né.

Puisse l’exemple d’Anne et de Siméon nous faire changer de regard sur les personnes âgées qui nous entourent. Trop souvent, notre société moderne les condamne à l’isolement, alors que dans la Bible vieillesse rime avec sagesse. Prenons le temps, au début de cette nouvelle année, d’aller visiter nos anciens et sachons nous mettre à leur écoute. Ils ont tant à nous dire par leur sagesse accumulée au fil des années, si seulement on prend le temps de les visiter !

Et Luc de conclure par ces quelques mots où il insiste sur le rôle essentiel de la famille : accompagner l’enfant dans sa croissance et l’acquisition de la sagesse.
Comment ne pas penser, frères et sœurs, en ce temps où les enfants devraient être les héros de la fête, à tous ceux qui sont victimes de mauvais traitements ou d’abus de toutes sortes, tous ceux qui sont terrorisés par les bombardements en Ukraine et en Palestine, tous ces enfants qui ne connaissent pas le cadre sécurisant d’une vie de famille, à l’exemple de celle que nous fêtons aujourd’hui.

Alors, puisqu’il est de tradition, en ce dernier jour de l’année, de souhaiter « une bonne nouvelle année » à tous ceux que nous rencontrons, prions et œuvrons ensemble pour que cette année 2024 qui s’ouvre devant nous puisse faire grandir la paix dans notre monde qui en a tant besoin !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 9 Jan - 6:59




Citation :
ÉVANGILE

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)
Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu


JESUS était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.


A LA SUITE DES MAGES, ENSEMBLE ! | HOMÉLIE DU 7 JANVIER 2024 À ÉVRY-COURCOURONNES

Frères et sœurs,

   Cette histoire des Mages venus auprès de JESUS depuis le lointain Orient, Matthieu la voit se réaliser au quotidien dans sa communauté chrétienne (nous dirions aujourd’hui dans sa paroisse). Et s'il tient à nous la raconter, c'est qu'il en fait lui-même l'expérience heureuse au quotidien dans sa communauté, où il y a non seulement des Juifs, mais aussi des gens venus de partout : Grecs, Arabes, Syriens, Romains, Égyptiens...
Mais, frères et sœurs, c'est exactement comme nous, aujourd'hui, ici à Évry : notre assemblée, notre communauté, est faite de membres qui viennent du monde entier : de France comme d'Afrique, d'Asie, des Antilles, et de bien des pays d'Europe. Et nous tous, quel que soit l'endroit d'où nous venons, comme les Mages nous sommes réunis ici autour de JESUS, ensemble. Sans compter vous qui nous rejoignez par la télévision : tous, rassemblés et unis autour du Christ, avec Marie et Joseph. Dans l'Eglise, chacun de nous a sa place. Notre Eglise s'appelle l'Eglise « catholique », et « catholique », ne l'oublions pas, veut dire « universelle ». Elle rassemble en son sein des chrétiens de partout dans le monde.

   Alors cette fête de l’Épiphanie, avec la présence de ces Mages venus de loin, nous dit une chose très importante pour nous aujourd’hui. Quand j'étais jeune, il y a plus de soixante ans, je venais souvent ici – j'habitais alors juste de l'autre côté de la Seine. A l'époque, c'était ici seulement un modeste village qui s'appelait Évry Petit-Bourg. La paroisse, c'était les gens du coin. Et voilà qu'Évry est devenue aujourd'hui une grande ville avec des habitants qui viennent du monde entier. Et comme Marie et Joseph ont accueilli ces Mages venus de bien loin, avec leurs cadeaux, ou comme st Matthieu et les premières communautés chrétiennes ont rassemblé des croyants venus de tous les coins de la Méditerranée, nous aujourd'hui, ici nous sommes ensemble autour de l’enfant JESUS : ensemble !
Parce que cet enfant JESUS, voilà justement sa mission, la mission qu'il a reçue de Dieu : rassembler autour de lui les femmes et les hommes du monde entier pour en faire une seule famille. Voilà la volonté de Dieu, notre Père à tous. Voilà le travail de l'Esprit saint dans nos cœurs – l'Esprit de « communion » entre tous les enfants de Dieu. Vous avez entendu ce que s. Paul nous disait tout à l'heure : « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ JESUS. » Toutes les nations ! Voilà ce que nous-mêmes nous sommes en train de vivre ici ce matin. Que nous soyons d'ici ou que nous venions d'autres pays d'Europe, d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique, le Christ veut faire de nous un corps, un seul corps, une famille, une seule famille.

   Même si ça ne va pas du tout de soi – et justement parce que cela ne va jamais de soi.
Mais, vous savez, frères et sœurs, les différences entre nous, les conflits, ce n'est pas du tout seulement une question d'origine comme on voudrait nous le faire croire. C'est du quotidien jusque même au sein de nos familles, et ça, depuis toujours ! Oui, les différences entre nous sont bien réelles, et elles peuvent entraîner tant de rejet, d'hostilité entre nous. Mais c'est bien à cause de cela, à cause de ce mal qui détruit la fraternité humaine que le Christ vient parmi nous ; et cette fête de l’Épiphanie, avec les Mages, nous dit ce projet de Dieu qui lui tient tant à cœur : nous apprendre à pouvoir dire enfin ensemble « Notre Père », le dire ensemble quelles que soient nos différences.
Nous ne pouvons pas dire chaque jour à Dieu « Notre Père » sans entendre que les autres sont nos sœurs et nos frères, aussi différents de nous soient-ils. « Notre Père », et donc leur Père à eux autant que mon Père à moi, autant que notre Père à nous. Et notre Père se désole de nos divisions – il en souffre de façon permanente. Exactement comme dans nos familles, les parents voudraient tant voir leurs enfants s'entendre et s'aimer, au lieu de se jalouser, de se déchirer.

   Alors, frères et sœurs, quand nous regarderons les Mages de notre crèche, les Mages, ces gens venus d'ailleurs, que cela nous ouvre les yeux et le cœur à toutes celles et ceux qui viennent de loin, avec les trésors qu'ils nous apportent.
Et regardons surtout l'étoile au-dessus de la crèche : c'est elle qui nous invite, nous à notre tour, à nous mettre en route comme les Mages vers le Christ. Mettons-nous en marche vers ce qu'il vient nous annoncer, ce qu'il nous demande de commencer à réaliser dès aujourd'hui entre nous : cette communion entre nous dans ce pain unique qu'il va nous partager, que nous allons partager tous ensemble. Au-delà de toutes nos différences, pour une communion fraternelle, pour une fraternité universelle.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 16 Jan - 9:00




Citation :
ÉVANGILE

« Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui » (Jn 1, 35-42)
Alléluia. Alléluia. En JESUS Christ, nous avons reconnu le Messie :
par lui sont venues la grâce et la vérité. Alléluia. (cf. Jn 1, 41.17)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean


En ce temps-là,
Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur JESUS qui allait et venait, il dit :
« Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait,
et ils suivirent JESUS.
Se retournant, JESUS vit qu’ils le suivaient,
et leur dit :
« Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent :
« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –,
où demeures-tu ? »
Il leur dit :
« Venez, et vous verrez. »
Ils allèrent donc,
ils virent où il demeurait,
et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.
C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples
qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi JESUS.
Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :
« Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
André amena son frère à JESUS.
JESUS posa son regard sur lui et dit :
« Tu es Simon, fils de Jean ;
tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

– Acclamons la Parole de Dieu.



ÉCOUTER L'APPEL | HOMÉLIE DU 14 JANVIER 2024 À SCHAERBEEK (BELGIQUE)

Combien de fois dans nos vies l’appel d’un proche ne nous a-t-il pas apporté joie, réconfort ou même consolation dans l’angoisse ou l’épreuve ? C’est la voix bienveillante d’une maman ou d’un papa qui invite son enfant à oser ses premiers pas. Ou encore l’appel tendre que se partagent les amoureux. C’est aussi le nom que l’on prononce pour manifester sa compassion à une personne souffrante ou malade.

La vie chrétienne est elle aussi rythmée par des appels : baptême, confirmation, échange des consentements lors du mariage, ordination du diacre ou du prêtre… à chaque fois, le chrétien est appelé par son nom. Parce que la vie chrétienne est fondamentalement réponse à un appel : celui de JESUS pour ses disciples.

C’est dire que devenir chrétien ne demande pas d’abord d’accumuler des mérites comme des bons points sur un bulletin. Nous sommes d’abord chrétiens parce que le Seigneur nous y a appelé. Ce n’est pas une récompense mais un don, un cadeau qu’il nous fait dans son amour, par pure grâce.

Samuel était encore bien trop jeune pour mériter d’être appelé par le Seigneur. Mais il est toutefois appelé, par trois fois même. Et combien d’entre nous n’ont même aucun souvenir du premier appel reçu au baptême alors qu’ils étaient encore bébés. C’est que l’amour de Dieu ne peut supporter d’attendre pour se donner et se répandre en nous.

Bien sûr, l’appel est destiné à grandir, à s’approfondir, à être librement accueilli. A cet égard, il est significatif que dans le récit de l’appel des premiers disciples de l’évangile de Jean, JESUS commence par un dialogue avec eux. « Que cherchez-vous ? » leur dit-il. N’est-ce pas une manière de solliciter leur liberté avant de prendre la décision de le suivre ? N’est-ce pas aussi une façon pour JESUS de rejoindre leur quête profonde d’une vie en plénitude et que JESUS vient combler ?

Mais nous pouvons aller plus loin dans le sens de ce dialogue de JESUS et des premiers disciples. Il nous ouvre, en effet, à l’objectif ultime de l’appel : partager la demeure de JESUS. A la fin de l’évangile de Jean, nous découvrons toutefois que cette demeure n’est pas seulement terrestre. A Marie de Magdala, à qui JESUS ressuscité vient de se faire reconnaître par l’appel de son nom « Marie » – ah tiens, il est de nouveau question d’appel ! –, il est révélé qu’il faut que JESUS monte vers son Père. Là est la vraie demeure de JESUS : dans la communion avec Dieu son Père. Là aussi est notre demeure et le but ultime de notre appel : dans la communion avec Dieu notre Père et sa plénitude d’amour.

Aujourd’hui toutefois, il importe d’abord de se mettre en route à l’appel de JESUS. « Venez, et vous verrez. » Découvrir où JESUS demeure demande de se mettre en marche à sa suite. C’est le chemin de la foi, de la confiance en JESUS qui nous appelle, chacun comme il est, pour nous conduire vers ce qu’il a de plus précieux : demeurer avec son Père et notre Père, son Dieu et notre Dieu.

Sur ce chemin, l’appel est une grande source de confiance et de liberté. Parce que je n’ai pas mérité cet appel mais l’ai reçu comme un cadeau que JESUS me fait, il ne me faut plus craindre le regard des autres ou chercher à tout prix à être aimé. Son appel me suffit. Il est même là quand je doute ou je chute, pour me relever, me remettre debout, me pardonner. Il me donne aussi la force d’annoncer cet appel à mes frères et sœurs, d’en être le relais pour les autres et manifester l’amour de Dieu dont ils sont eux-mêmes les destinataires. Comme Eli pour le jeune Samuel ou André pour son frère Simon.

Voici aussi ce qui me console lorsque l’appel du Seigneur semble absent, lorsque je n’entends rien, comme si Dieu était muet. D’autres – visiteur de malades, catéchistes, voisins… – sont là pour faire écho à l’appel entendu. Car, après tout, JESUS, dans notre évangile, appelle ses disciples non pas isolément mais avec d’autres. Comme pour nous dire que le chemin qu’il nous appelle à prendre à sa suite, vers sa demeure auprès du Père, se parcourt en frères et sœurs !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMar 23 Jan - 9:03



Citation :
Luc 10, 24-37


10:24 Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.

10:25 Un docteur de la loi se leva, et dit à JESUS, pour l'éprouver: Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?

10:26 JESUS lui dit: Qu'est-il écrit dans la loi? Qu'y lis-tu?

10:27 Il répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même.

10:28 Tu as bien répondu, lui dit JESUS; fais cela, et tu vivras.

10:29 Mais lui, voulant se justifier, dit à JESUS: Et qui est mon prochain?

10:30 JESUS reprit la parole, et dit: Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s'en allèrent, le laissant à demi mort.

10:31 Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre.

10:32 Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l'ayant vu, passa outre.

10:33 Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit.

10:34 Il s'approcha, et banda ses plaies, en y versant de l'huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui.

10:35 Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôte, et dit: Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour.

10:36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands?

10:37 C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et JESUS lui dit: Va, et toi, fais de même.





PRÉDICATION DU 21 JANVIER 2024 À DEUIL-LA-BARRE

Dans le passage choisi pour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens de 2024 (Luc 10,25-37), JÉSUS réaffirme l’enseignement judaïque traditionnel de Deutéronome 6.5 : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force”, et celui de Lévitique 19,18b : “Tu aimeras ton PROCHAIN comme toi-même”.
L’amour est inscrit dans l’ADN de la foi chrétienne. Dieu est AMOUR, et l’amour du CHRIST nous rassemble aujourd’hui dans l’Unité des Chrétiens de diverses confessions.
- Nous découvrons notre identité commune en faisant l’expérience de l’amour de Dieu (cf. Jn 3,16)
- Nous révélons cette identité au monde à travers l’amour que nous nous portons les uns aux autres (Jn
13,35).
Pour illustrer cette réalité, nous sommes invités à réfléchir aujourd’hui sur la parabole du bon SAMARITAIN.
Cette leçon trouve un écho dans la situation présente où un homme, voyageant sur une route périlleuse de Judée, subit une très violente agression de bandits, est dépouillé et laissé pour mort.
Un PRÊTRE et un LÉVITE qui semblent pourtant naturellement destinés à secourir cet homme blessé, passent leur chemin. Finalement, c’est une personne INATTENDUE qui prend soin du blessé.
Le PRÊTRE et le LÉVITE ne perçoivent pas l'homme blessé dans le fossé comme leur PROCHAIN, mais plutôt comme un obstacle, une charge imprévue qui risque de perturber l'accomplissement de leurs devoirs religieux.
En revanche, face à l’urgence, le SAMARITAIN choisit de mettre ses obligations de côté pour n’écouter que son cœur. Il voit en cet homme dans le besoin comme un SEMBLABLE à secourir, quelqu’un qui mérite de son temps et de son attention.
Aujourd’hui, nous sommes à nouveau invités à nous poser la question de savoir qui nous considérons comme notre PROCHAIN et qui nous négligeons.
Le plus souvent, nous veillons d'abord sur notre cercle rapproché, notre famille immédiate, ce qui est très louable, puis nos cercles élargis : nos amis proches, ceux qui nous ressemblent le plus ou partagent nos valeurs, nos convictions, notre foi, sans parler de nos voisins croisés au quotidien. Et du coup, en évitant ceux qui sont différents de nous, on se surprend parfois à ressembler un peu au prêtre et au lévite.
Dieu nous appelle à plus que cela dans notre annonce de l’ÉVANGILE, puisque tous, nous sommes créés à Son image. Non seulement cela, mais : “CHRIST est mort pour tous” (2 Cor 5,15).
Les actes de création et de rédemption de Dieu indiquent qu’au cœur de la foi chrétienne se trouve la conviction que toutes les personnes ont une valeur et une dignité inhérentes.
Ce serait un message précieux à entendre alors que nos communautés, écoles, nations et notre monde sont de plus en plus diversifiés et que nous sommes plus susceptibles que jamais de rencontrer des personnes différentes, qui croient autrement ou qui observent d’autres coutumes et cultures.
Une partie de cette histoire m’intrigue : il s’agit du moment, juste à la fin, où JÉSUS semble changer les termes de la discussion avec le docteur de la loi qui Lui demande : "Qui est mon PROCHAIN?" C'est-à-dire :
- - -
Nous
- - -
qui compte ? de qui suis-je responsable ? qui relève du commandement de Dieu de prendre soin du PROCHAIN ?
ne devrions pas être surpris par cette question. C'est ce que font les “juristes”, après tout :
Ils analysent,
Ils qualifient
Ils définissent les éléments de la loi avec une grande précision.
Ne supposons pas d’entrée que le docteur de la loi cherche à "piéger" JÉSUS, non ! En demandant qui est mon PROCHAIN, le légiste essaye plutôt de trouver une échappatoire, en cherchant à connaître avec précision la définition du PROCHAIN, pour être sûr d’être en conformité avec les commandements de Dieu. Mais il cherche aussi à réduire les options possibles qui feraient de quelqu’un son PROCHAIN, parce qu’il a d’autres priorités.
JÉSUS répond en racontant une histoire que chacun de nous pourrait vivre, et qui redéfinit le PROCHAIN, non pas en termes d’origine, de confession ou de proximité, mais plutôt en termes de VULNÉRABILITÉ, c'est-à-dire, QUICONQUE est dans le besoin est notre PROCHAIN.
JÉSUS fait quelque chose de différent :
- JÉSUS ne demande pas QUI EST le PROCHAIN du SAMARITAIN.
- JÉSUS demande QUI A AGI comme un PROCHAIN.
D’ailleurs, la réponse ne laisse aucun doute pour le docteur de la loi, comme pour nous : le PROCHAIN, c'est le SAMARITAIN, celui qui s'est donné la peine d'aider un autre que lui.
Et remarquez comment d’un seul coup la PERSPECTIVE change. Soudain, le PROCHAIN n'est plus celui qui se trouve dans le besoin, mais devient CELUI QUI POURVOIT, celui qui prend soin.
Ce qui pose une question intéressante - et souvent inconfortable - qui a été notre PROCHAIN en prenant soin de nous dernièrement ?
C'est inconfortable parce que nous passons du temps, de l'énergie et de l'argent à essayer d'être invulnérables, et de ne pas être une charge pour ceux qui nous entourent. Peut-être est-ce la crainte d'être un fardeau, ou d’être redevable, car reconnaître son besoin, c'est prendre le risque qu’il ne soit pas satisfait.
Quelle que soit la raison, cependant, certains d'entre nous sont peut-être terrifiés à l'idée de montrer leurs besoins les plus profonds aux autres et ont du mal à accepter un compliment ou une aide sérieuse.
Mais plus sérieux encore, n’osent pas se laisser transformer par la puissance du message de l’Évangile. JÉSUS, le Sauveur du monde, est venu parmi les hommes et il se fait le FRÈRE et le PROCHAIN de tous ceux qui acceptent de le recevoir dans leur vie.
À la lecture de cette parabole, il semble que pour JÉSUS, être “un PROCHAIN” implique non seulement d’apporter de l'aide, mais aussi d'être prêt à l’accueillir même si elle vient de ceux qui sont différents de nous.
Alors, l'appel de cette semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens ne nous invite pas seulement à imaginer ceux que nous devrions aider, mais aussi ceux qui pourraient nous aider... si nous leur en laissons l’occasion.
Ces deux lectures possibles de la parabole ne sont pas si éloignées l'une de l'autre. Elles sont intimement liées aux commandements d’aimer Dieu, et notre PROCHAIN comme nous-mêmes.
Il me semble que la seule façon de nous comporter comme le SAMARITAIN - celui appelé à donner de l'aide et à guérir ceux dans le besoin - est d'abord de reconnaître que, nous aussi, avons un jour été semblable à ce voyageur laissé pour mort. Une fois touchés par la grâce imméritée de Dieu ou par l'amour désintéressé de quelqu'un, notre perception des choses change radicalement.
Cette parabole nous invite à réfléchir aujourd'hui sur plusieurs points :
- Quel type de communauté voulons-nous bâtir ?
- Quel type de chrétien devons-nous être ?
- Quel prochain nous voulons être ?
Nous sommes invités à former une COMMUNAUTÉ DE CHRÉTIENS liée par notre besoin commun de vivre l'ÉGLISE ENSEMBLE, en prenant conscience de notre vulnérabilité et de notre dépendance de la grâce de DIEU.
Alors, soyons animés par le sentiment que Dieu agit à travers nous pour prendre soin les uns des autres.
Ainsi, nous répondrons à l'appel de JESUS qui nous donne ce commandement nouveau : “Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés”. (Jean 13:34)
Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 31 Jan - 9:21



Citation :
Évangile (Jn 17, 11-19)

Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Gloire à toi Seigneur.


A l’heure où JESUS passait de ce monde à son Père,
Les yeux levés au ciel il priait ainsi :
« Père saint, garde mes disciples
dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné
en partage
pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux,
je les gardais dans la fidélité à ton nom,
que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte
de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, en ce monde,
pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés.
Je leur ai fait don de ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils ne sont pas du monde,
de même que moi je ne suis pas du monde.
Je ne demande pas que tu les retires du monde,
mais que tu les gardes du Mauvais.
Ils ne sont pas du monde,
comme moi, je ne suis pas du monde.
Consacre-les par la vérité :
ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me consacre moi-même,
afin qu’ils soient, eux aussi,
consacrés par la vérité.

Acclamons la Parole de Dieu.
Louange à toi, Seigneur JESUS !



AVEC SAINT THOMAS, CONNAÎTRE LE CHRIST | HOMÉLIE DU 28 JANVIER 2024 À TOULOUSE

Croix de cendres. C’est un thriller médiéval édité en août dernier et qui évoque la cité Toulouse. L’un des personnages centraux du roman est un dominicain doté d’une forte corpulence, d’une intelligence fulgurante et du désir de servir l’Église. Ce sont là quelques-unes des caractéristiques de Thomas d’Aquin. Mais voilà : le grand inquisiteur du roman est un esprit froid et manœuvrier. On ne trouve pas trace en lui de l’œuvre de la grâce, cet amour que Dieu répand dans le cœur de chacun. Quelle tristesse que de voir ce personnage passer à côté de l’essentiel ! Et je m’interroge : est-ce que je permets à la grâce d’agir en moi ?

Alors, je regarde Frère Thomas qui est devenu Saint Thomas. Au départ, c’est un homme comme vous et moi. Mais il a pleinement accueilli la grâce et a coopéré sans réserve avec elle. Son humanité, alors transformée, est devenue un reflet de la gloire du Seigneur… Cela nourrit notre propre élan vers Dieu, pour que nous nous appuyions un peu plus sur le Christ qui nous dit : Sans moi, vous ne pouvez rien faire. Où se situe donc la sainteté de Thomas ?

C’est notamment d’avoir cherché la Vérité, non pas une vérité conceptuelle, mais Celle qui est une Personne, le Christ pour aimer. De l’âge de 8 ans à la fin de son existence, sa grande question était : Qu’est-ce que Dieu ? Ayant reçu le talent d’une intelligence exceptionnelle, il l’a fait fructifier, travaillant sans relâche pour ne pas s’arrêter à des saisies trop partielles de la richesse insondable du Christ (cf. Ep 3, 10). Conscient que nulle intelligence ne pouvait saisir, à elle-seule, le mystère caché depuis toujours en Dieu (cf. Ep 3, 10), il a cherché à connaitre ce que les autres en disaient. Convaincu qu’il n’y a aucune connaissance qui soit absolument fausse et ne contienne une part de vérité (cf. ST IIa IIae q172, a6), il a étudié tous les auteurs, faisant droit, selon le mode du débat médiéval, aux objections qui pouvaient être faites à la foi.

De cela, frères et sœurs, nous pouvons déjà tirer un double enseignement : notre intelligence est faite pour la Vérité et donc connaitre Dieu. Du coup, quelle place et quel temps donnons-nous à la lecture de la Parole de Dieu, à l’approfondissement du mystère de la foi ? Quelle place laissons-nous au débat courtois qui écoute les arguments, les objections des autres pour mieux avancer sur le chemin de la Vérité ? Combien cela nous éloignerait des invectives modernes où l’on semble moins chercher la vérité qu’imposer notre pensée à coup de punchlines !

Mais cela n’est pas tout. Confiant en la réalisation de la prière du Christ pour que ses disciples soient consacrés dans la Vérité, et en la promesse divine, frère Thomas a prié pour que l’intelligence lui soit donnée, que l’Esprit de sagesse vienne en lui pour avoir une idée qui soit à la mesure des dons de Dieu et qui lui permette de parler avec justesse (cf. Sg 7, 7.15). Chercher à entrer plus avant dans le mystère de Dieu n’est pas séparable de la prière qui nous rend intimes avec Lui. Ce ne sera jamais fini : nous ne sommes unis et ne connaissons qu’imparfaitement Dieu sur cette terre, comme s’Il restait toujours un peu un inconnu (cf. ST Ia q12 a13 ad1).

Pourtant, Frères et Sœurs, laissez-moi vous redire cette grande et belle Vérité : chacun de nous est fait pour Dieu. Dieu s’est fait homme pour nous diviniser, pour que nous Le connaissions et pour que nous puissions Le contempler face à face. C’est là notre bonheur. Chercher à Le connaitre, c’est se préparer à L’accueillir. Saint Thomas l’avait saisi et a mis dans cette quête toute son intelligence et son cœur. C’est là sa sainteté. Sur son lit de mort, il a prononcé ces paroles : JESUS, que maintenant je vois comme voilé, quand sera, ce que tant je désire : Te voir à visage découvert et être heureux par la vision de ta gloire ? Et si, par son intercession, ce désir et cette quête devenaient nôtres pour que, chacun, nous devenions ce que nous sommes aux yeux de Dieu ?

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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 7 Fév - 8:29




Citation :
ÉVANGILE
« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)
Alléluia. Alléluia.
Le Christ a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.
Alléluia. (Mt 8, 17)


Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,
JESUS et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean,
dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit,
elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à JESUS de la malade.
JESUS s’approcha,
la saisit par la main
et la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, JESUS se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
JESUS leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée,
proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons.

– Acclamons la Parole de Dieu.



MÉTRO-BOULOT-DODO | HOMÉLIE DU 4 FÉVRIER 2024 À DOUVRES-LA-DÉLIVRANDE

Qui parmi nous ne s’est pas écrié un jour, avec une pointe d’humour, ma vie quotidienne c’est « métro, boulot, dodo » ? Si la formule est un peu caricaturale, elle résume bien le déroulement des journées de la plupart d’entre nous.
Dans l’Évangile de ce jour, Marc nous décrit le portrait d’une journée type de JESUS.
Pour la résumer et la garder en mémoire, je vous propose un moyen simple qu’utilisait nos professeurs pour nous aider à retenir plus facilement les cours de médecine : la règle des 3 R commandait l’action d’un tonicardiaque : il Renforce, Régularise, Ralentit le cœur.
Celle des 3 C établissait la conduite à tenir lors des premiers soins : Coucher, Couvrir, Calmer.
Dans le même ordre d’idée, pour nous souvenir de l’activité journalière de JESUS, je vous propose la règle des 3 P comme Présence, Prière et Parole.
Commençons par la Présence, car dans l’Évangile de Marc, JESUS n’entame pas son ministère par la parole mais par le toucher. Il s’est toujours montré très proche de la vie des gens. Aujourd’hui il s’arrête avec ses disciples dans la famille de Simon. Ils arrivent à l’improviste et la belle-mère de Simon-Pierre a de la fièvre, elle est au lit. Elle se désole de ne pouvoir s’occuper d’eux. Ceux qui parmi nous ont déjà été cloué au lit par une forte grippe, en savent quelque chose : on n’aspire à rien, si ce n’est qu’on nous laisse tranquille. Observons JESUS face à la malade : il est touché au fond de lui-même, il s’approche simplement, lui prend délicatement la main et la fait se lever. Quel beau geste familier, amical et humain qui manifeste la tendresse de Dieu. Mais cette attitude de JESUS n’est pas isolée. Il est allé au contact de toute l’humanité souffrante.
Frère, sœur, ami dans la détresse, si aujourd’hui JESUS saisit la main fiévreuse de la belle-mère de Simon et si demain il touche la chair putride du lépreux, combien plus il posera sa main sur ta blessure et l’apaisera avec un baume de douceur. Dans l’épreuve JESUS veut être ton compagnon de route. Les gens l’ont d’ailleurs vite compris et Marc nous précise : la ville entière se pressait à la porte.

Pour JESUS la Présence aux autres prend racine dans la Prière, une autre de ses activités. Bien avant l’aube il se rend dans un endroit désert pour parler et échanger avec son Père. Après la proximité harassante au service des malades et des possédés, JESUS a besoin d’une longue prière en solitude, dans le silence qui régénère. Si l’Évangile d’aujourd’hui ne précise pas le contenu de sa prière, nous savons, par d’autres passages, que sa prière est toute orientée vers son Père. Il recherche des moments d’intimité qui appartiennent à son jardin secret, une prière remplie d’abandon à la volonté de son Père.
JESUS en prière, c’est l’humanité qui rencontre Dieu.
Frère, sœur, ami qui connais la souffrance de la dépendance, tu recevras tout à l’heure la communion dans ta maison de retraite, souviens-toi : un jour JESUS a prié pour toi.

Présence, Prière, voici la Parole. Marc ne rapporte pas le discours de JESUS, il se contente de dire : JESUS proclamait l’Évangile. Il ne fait pas d’effets de manches et ne vitupère jamais contre les mœurs dissolues. Il ne rivalise pas d’éloquence pour plaire et séduire. Sa simple Parole porte en elle son dynamisme, JESUS parle simplement. Sa Parole est vraie, il n’y a aucune distance entre ce qu’il est, ce qu’il vit, ce qu’il pense et ce qu’il dit. Et, ce qu’il annonce c’est la « Bonne Nouvelle ». Avec JESUS s’ouvre un horizon pour chacun, en priorité pour les plus pauvres, car ils sont le trésor de l’Église. Par fidélité à la Parole de JESUS, il nous faut prendre soin, comme lui, des démunis.
Frère, sœur, ami qui te sens méprisé, mis de côté, humilié, ne désespère pas, la bonne nouvelle est en priorité pour toi.

Frères et sœurs, je vous invite à ajuster votre vie quotidienne à cette règle des 3 P : Présence - Prière – Parole. Vivons une PRESENCE généreuse auprès de tous les blessés du corps, du cœur, de la vie que nous rencontrons dans nos villes et villages. Puisse notre main comme celle de JESUS « faire des merveilles ». Dans le brouhaha quotidien, accordons-nous une pause pour un temps de PRIERE. Lisons ou méditons un passage de l’Écriture sur notre téléphone intelligent. Écoutons une musique qui élève l’âme vers l’harmonie et la beauté de Dieu. Enfin, puissions-nous proclamer la PAROLE et à l’image de St Paul faire nôtre son cri : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ».
Frère, sœur, ami, reste un passionné de l’Évangile et de JESUS. Souviens-toi que Présence, Prière et Parole étaient son « métro, boulot, dodo ».

Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 21 Icon_minipostedMer 14 Fév - 8:48






Citation :
ÉVANGILE

« La lèpre le quitta et il fut purifié » (Mc 1, 40-45)
Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc


En ce temps-là,
un lépreux vint auprès de JESUS ;
il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, JESUS étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta
et il fut purifié.
Avec fermeté, JESUS le renvoya aussitôt
en lui disant :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre,
et donne pour ta purification
ce que Moïse a prescrit dans la Loi :
cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti,
cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,
de sorte que JESUS ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,
mais restait à l’écart, dans des endroits déserts.
De partout cependant on venait à lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.


]b]UNE JUSTE SENSIBILITÉ | HOMÉLIE DU 11 FÉVRIER 2024 À FOSSES-LA-VILLE (BELGIQUE)[/b]

Il y a un phénomène étonnant dans notre société et qui va croissant ces dernières années. De plus en plus de personnes suivent moins l’actualité, voire plus du tout.
C’est ce que des psychologues appellent aujourd’hui la ‘fatigue informationnelle’. Vu le flux constant d’actualité anxiogène dans les médias, bien des personnes se protègent. A force d’informations qui nous stressent, on peut devenir insensible. Trop d’info tue l’info. Nous ne sommes plus touchés, affectés par ce que nous voyons. Souvent, une telle prise de distance n’est pas destinée à fuir la réalité, mais peut-être à ne pas devenir insensible à celle-ci !

La lèpre —nous le savons— atteint d’abord la peau, et lui fait perdre sa sensibilité. En ce sens, il y a bien des lèpres modernes et contagieuses, qui affectent tout ce qui nous met en relation, et ce que nous laissons voir de nous. La pression de l’apparence fait place à la dépression de notre être : nous sommes alors « mal dans notre peau » ! Lorsque de telles lèpres nous frappent, nous ne pouvons plus toucher et nous laisser toucher. Nous devenons insensibles. Presque insensés… Nous prenons distance. Nous perdons contact.

L’évangile de ce jour nous questionne donc sur ce qui nous rend insensible. Et nous invite ainsi à retrouver une juste sensibilité, perdue peut-être au fil des années, par lassitude, désespoir ou trahison…

Que faire alors pour développer une telle empathie ? Que faire pour se sentir bien dans sa peau ? Il faut la… risquer ! Oui, il faut risquer sa peau, comme on risque une relation. Aimer c’est toujours risqué, mais ne pas aimer l’est encore plus. Comme le dit poétiquement Marion Muller-Colard, « souffrir de la lèpre, c’est perdre sa peau de ne plus pouvoir la risquer au contact des autres ».

Pour guérir de nos maladies relationnelles, il faut donc « risquer sa peau » ! Qu’est-ce à dire ? Sinon peut-être oser rétablir une relation avec un proche perdu de vue. Qu’est-ce à dire ? Sinon affirmer une parole prophétique, même si elle peut déplaire. Qu’est-ce à dire, sinon prendre une décision juste mais radicale, au risque de susciter de l’opposition ? Qu’est-ce à dire sinon finalement oser se rendre impur, comme JESUS ? Lui qui —pour prendre soin de l’autre— risque sa peau en faisant ce qui est défendu, transgressif,
au point d’être « mis à l’écart » !

Pour nous purifier de nos tiédeurs, il y a d’abord un préalable : le silence ! Que dit JESUS au lépreux ? « Ne dis rien à personne ! » Autrement dit, ne va pas trop vite étaler et publier tout ce que tu vis. Commence par faire silence. « Coupe ton portable! » Tu découvriras que ta solitude n’est pas un isolement. Tu verras que ce que tu traverses est une purification. Le silence n’est pas ce qui nous coupe de la relation. Il est justement ce qui la permet. Car lorsque le silence est absent de notre vie, la médisance n’est jamais loin. Cette dernière est une lèpre contagieuse qui fait que nous parlons trop vite. D’ailleurs, dans la tradition d’interprétation juive de la Bible, le rapprochement est fait entre deux mots : davar (la parole) et dever (la lèpre) ! Qu’est-ce que médire sinon mal parler du prochain en le défigurant ? Oui, la lèpre est ce qui grignote tout ce qui nous met en relation : la peau, comme la parole…

Si dans toute relation le silence est nécessaire, il invite ensuite à l’action. « Va ensuite te montrer. Ce sera un témoignage » ajoute JESUS ! Le silence, comme la prière, n’ont de sens que s’ils s’épanouissent en gestes concrets d’empathie, posés « non pour notre intérêt, mais celui de la multitude ». C’est cela le vrai soin. La juste sensibilité retrouvée.

Nous sommes donc invités à retrouver des relations ajustées, peut-être précisément dans tous nos lieux les plus menacés par notre insensibilité : la parole, et le toucher.
Car nous présumons souvent que les autres sont résistants à nos paroles… et nous ne mettons pas de frein à notre langue au risque de les blesser. Et dans un monde qui sexualise la tendresse, nous oublions aussi leur besoin vital de toucher, de contact, de caresse, de vraie tendresse…

Pour maintenir vive une telle empathie, saint Paul nous indique enfin un chemin pratique : « Moi-même, en toute circonstance » écrit-il, « je tâche de m’adapter à tout le monde. » Voilà le critère décisif qui nous fait sortir de notre insensibilité : la faculté d’adaptation. Elle suppose le silence, et nous convie à l’action. Afin d’être sensible à ce à quoi l’autre est sensible. Non pour justifier ce qu’il fait, mais pour comprendre ce qu’il est.

En ce dimanche de la santé, je nous souhaite de retrouver ou de cultiver plus encore une telle faculté d’adaptation, d’ajustement à l’autre. Pour que, par le silence de notre écoute et le soin de notre empathie, celles et ceux que nous rencontrerons se sentent mieux dans leur vie,
et bien dans leur peau. Amen.



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