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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedLun 28 Nov 2022, 9:33 pm



Citation :
Évangile

« JESUS exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint » (Lc 10, 21-24)


Alléluia, Alléluia. Voici qu’il vient avec puissance, notre Seigneur, pour éclairer les yeux de ses serviteurs. Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

À l'heure même, JESUS exulta de joie
sous l’action de l’Esprit Saint,
et il dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père.
Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ;
et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils
et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Puis il se tourna vers ses disciples
et leur dit en particulier :
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare :
beaucoup de prophètes et de rois
ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


RECHERCHER LA PAIX

HOMÉLIE DU 27 NOVEMBRE 2022 À SIRET (ROUMANIE)


Lăudat să fie Isus Cristos!
Loué soit JESUS-Christ

În vecii vecilor, amin!
Dans les siècles des siècles, amen !

Preacucernici părinți concelebranți, dragi frați și surori în Cristos.
Suntem în prima duminică din timpul adventului, timp de pregătire pentru marea sărbătoare a nașterii Domnului nostru Isus Cristos. Timp de patru săptămâni vom parcurge acest drum alături de Isus, îndrumați zi de zi de cuvântul Său.
Primul pas pe care ni-l propune liturgia cuvântului de astăzi este căutarea păcii. ”Rugați-vă pentru pacea Ierusalimului: Să aibă liniște cei care te iubesc! Pacea să locuiască între zidurile tale și liniștea în palatele tale!” ne îndeamnă psalmistul.

Deseori conștientizăm importanța unui lucru abia după ce îl pierdem. În aceste timpuri tulburi, critice pentru istoria omenirii - tânjim după pace, dându-ne seama de valoarea ei. După declanșarea războiului în Ucraina, aici la câțiva kilometri distanță de locul în care ne aflăm, granița a fost trecută de zeci de mii de oameni – vârstnici, tineri, mame cu copii în brațe deopotrivă, fiecare dintre ei căutând refugiu și siguranța păcii.

Într-o dimineață, fiind în oratoriu - clădirea în care biserica noastră a adăpostit 50 de refugiați, am văzut o fetiță de vreo 5 anișori care a început să plângă. Auzind-o, o voluntară a asociației Caritas i-a adus un ursuleț de pluș în ideea că o va înveseli, însă fetița a continuat să plângă. Voluntara, neștiind cum să procedeze, a dus-o la bucătărie și i-a dat o felie de pâine cu Nutella, însă nici oferta dulce nu a oprit-o pe fetiță din plâns. Atunci,

o altă voluntară din Cernăuți, care vorbește ucraineană, a întrebat-o: Draga mea, de ce plângi, ce dorești? Și fetița a răspuns: Îl vreau pe tata. Vreau să se termine războiul. Vreau să fie pace din nou, ca și noi și tata să ne întoarcem acasă.

În prima lectură de astăzi, profetul Isaia ne spune unde și cum putem găsi adevărata pace: ”Veniți, să urcăm pe muntele Domnului, la casa Dumnezeului lui Iacob! El ne va învăța căile sale și noi vom umbla pe cărările lui.” Nu există pace fără Dumnezeu. Dorim pace ? Trebuie să ieșim din carapacea noastră, din comoditatea și din rutina zilnică, să facem un efort, și să urcăm spre Casa lui Dumnezeu pentru ca El să ne călăuzească pașii spre cărările Sale. Să iertăm, să iubim, să fim blânzi ca să dobândim pacea. Și tot profetul Isaia spune că această apropiere a noastră de Dumnezeu ne va ajuta să ”schimbăm săbiile în fiare de plug și sulițele în seceri”.

Chers pères concélébrants, chers frères et sœurs en Christ.

Nous sommes dans le premier dimanche du temps de l’Avent, temps de préparation pour la grande fête de la Nativité de Notre Seigneur JESUS Christ. Pendant quatre semaines, nous allons parcourir cette route avec JESUS, guidés, jour après jour, par sa parole.

Le premier pas que nous propose la liturgie de la parole du jour, c’est la recherche de la paix. « Priez pour la paix de Jérusalem, Qu’ils aient la tranquilité, ceux qui t’aiment ! Que la paix règne dans tes murs, la tranquilité dans tes palais” , nous exhorte le psalmiste.

Souvent, nous réalisons l’importance d’une chose seulement après l’avoir perdue. En ces temps perturbés, critiques pour l’histoire de l’humanité, nous aspirons à la paix, nous rendons compte de sa valeur. Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, ici, à quelques km de distance du lieu où nous nous trouvons, la frontière a été franchie par des dizaines de milliers d’hommes : des vieillards, des jeunes, des mamans avec des enfants dans les bras, chacun d’eux cherchant un refuge et la sécurité de la paix.

Un matin où j’étais dans l’oratoire, bâtiment dans lequel notre église a accueilli 50 réfugiés, j’ai vu une fillette d’environ 5 ans, qui commençait à pleurer. En l’entendant, une volontaire de la Caritas lui a apporté un ours en peluche, pensant que cela allait la réjouir, mais la fillette a continué à pleurer. La volontaire, ne sachant pas comment faire, l’a emmenée dans la cuisine, et lui a donné un morceau de pain avec du Nutella. Mais la sucrerie n’a pas arrêté la petite fille de pleurer.

Alors, une autre volontaire de la ville de Cernăuți , qui parlait ukrainien, lui a demandé: « Ma chérie, pourquoi pleures-tu, que veux-tu? » et la fillette de répondre: « Je veux mon papa. Je veux que termine la guerre. Je veux que ce soit à nouveau la paix, pour que nous et papa nous retournions à la maison. »
Dans la première lecture du jour, le prophète Isaïe nous dit où nous pouvons trouver la paix véritable : « Venez, montons à la montagne du Seigneur, la maison du Dieu de Jacob, il nous enseignera ses chemins, et nous suivrons ses sentiers. » Il n’y a pas de paix sans Dieu. Voulons-nous la paix ? Il faut que nous sortions de notre carapace, de notre confort, de notre routine quotidienne, que nous fassions un effort et que nous montions vers la maison de Dieu, pour qu’il conduise nos pas sur ses chemins. Que nous pardonnions, que nous aimions, que nous soyons doux pour obtenir la paix. Le prophète Isaïe dit aussi que ce rapprocher de Dieu nous aidera à « changer les épées en socle de charrue et les lances en faucilles »

Se povestește că parohul localității Lecca din Italia, cu o duminică înainte de Crăciun a făcut următorul anunț : Dragi copii, în ziua de Crăciun, când veți veni la Sfânta Liturghie, vă rog, să aduceți de acasă toate jucăriile cu tentă de război – pistoale, mitraliere, tancuri, soldăței - și să le aruncați în containerele pe care le-am pregătit special în fața bisericii. Copiii s-au conformat cerinței parohului și au aruncat jucăriile nepotrivite. Pentru gestul curajos, copiii au primit în schimb câte o jucărie drăgălașă de pluș.
Iată! Acest lucru ni-l cere astăzi Dumnezeu prin Sfântul apostol Paul care, în a doua lectură, ne avertizează: ”Noaptea este pe sfârșite, ziua este aproape. Așadar, să ne dezbrăcăm de faptele întunericului și să îmbrăcăm armele luminii!”.
Cu alte cuvinte, Dumnezeu ne spune: Dragii mei copilași, veniți la Mine și aduceți-mi armele cu care vă purtați războaiele: ura, invidia, dușmănia, necumpătarea, lăcomia, mândria. Eu vă ofer în schimb iubire, bucurie, dărnicie, blândețe, bunătate și pace.
Acest schimb minunat are loc în sacramentul sfintei spovezi. Intrăm în confesional, îngenunchem cu smerenie înaintea lui Dumnezeu, ne recunoaștem cu umilință păcatele, slăbiciunile, răutățile. Cristos Însuși ne spală cu sângele Său preasfânt, ne iartă și ne întărește iubirea, ne consolidează credința, ne amplifică dorința de a face binele, de a-l ajuta pe aproapele în nevoile sale. Cristos oferă pacea.
Un tânăr energic și plin de viață s-a dus la parohul său și i-a zis: Părinte, vă rog să mă binecuvântați pentru că am de gând să merg și să reinstaurez pacea în lume. Preotul i-a răspuns: Dorința ta este foarte bună, dar este peste puterile tale. Tânărul i-a zis: Bine, atunci mă voi strădui să fac pace măcar în familia mea. Preotul i-a răspuns: Nu poți oferi ceea ce nu ai. Mai întâi trebuie să faci pace în sufletul tău. Să te atașezi de Dumnezeu, izvorul păcii și să trăiești în iubire, după voința Lui. Doar după ce vei câștiga bătălia cu tine, vei putea purta pacea în familia ta și în lume.

Pacea este darul gratuit al lui Dumnezeu, oferit tuturor. Însă trăirea păcii este condiționată de propria noastră disponibilitate. Să ne străduim așadar să veghem, după îndemnul lui Isus din Evanghelie, asupra acestui dar inestimabil pentru a-l păstra intact ! Închei cu binecuvântarea pe care
Aron, împreună cu preoții în Vechiul Testament, o rostea la sfârșitul jertfei de la Templu: ”Domnul să vă binecuvânteze și să vă păzească. Domnul să facă să lumineze fața Lui peste voi și să se îndure de voi. Domnul să-și îndrepte fața către voi și să vă dăruiască pacea!” Amin.

On raconte que le curé de la ville de Lecca, en Italie, le dimanche avant Noël fit l’annonce suivante : « Chers enfants, le jour de Noël, quand vous viendrez à la messe, je vous prie, ramenez de vos maisons tous les jouets en lien avec la guerre – pistolets, mitraillettes, tanks, soldats – jetez-les dans les containers que j’ai spécialement disposés devant l’église. »
Les enfants obéirent au souhait du curé, jetèrent ces mauvais jouets. En échange de ce geste courageux, les enfants ont chacun reçu une poupée en peluche.

Voilà ce que nous demande Dieu en ce jour, par la voix du Saint apôtre Paul, qui nous averti dans la seconde lecture : « La nuit est bientôt finie,
le jour est tout proche.
Rejetons les œuvres des ténèbres,
revêtons-nous des armes de la lumière.”

En d’autres termes, Dieu nous dit: « Mes chers enfants, venez à moi et apportez-moi les armes avec lesquelles vous menez vos guerres : la haine, l'envie, l'inimitié, la désobéissance, la cupidité, l'orgueil. Je vous offre en retour l'amour, la joie, la gentillesse, la douceur, la bonté et la paix.”
Cet échange merveilleux a lieu dans le sacrement de la sainte confesssion. Nous entrons dans le confessionnel à genoux, humblement, devant Dieu, nous reconnaissons humblement nos péchés, nos faiblesses, nos méchancetés. Le Christ lui-même nous lave de son sang très saint, il nous pardonne, il fortifie notre amour, consolide notre foi, amplifie notre désir de faire le bien, d’aider notre prochain dans ses besoins. Le Christ offre la paix.

Un jour, un jeune plein d’énergie et de vie est allé voir son curé pour lui dire : « Père, je vous prie de me bénir, parce que je voudrais aller restaurer la paix dans le monde. » Le prêtre lui a répondu : « Ton souhait est très bon, mais c’est au-delà de tes forces. » Le jeune lui a répondu : « Bien, alors je vais essayer de faire la paix au moins dans ma famille. » Le prêtre lui répondit : « Tu ne peux offrir ce que tu n’as pas. Commence par faire la paix dans ton coeur. Attache-toi à Dieu, la source de la paix, et vis dans l’amour, selon Sa volonté. Ce n’est qu’après avoir remporté la bataille contre toi-même que tu pourras apporter la paix dans ta famille et dans le monde. »

La paix est le don gratuit de Dieu offert à tous. Mais vivre en paix est conditionné par notre propre disponibilité. Efforçons-nous donc à veiller, selon l’exhortation de JESUS dans l’Evangile, sur ce don inestimable (de la paix), pour le garder intact !

Aaron, avec les prêtres dans l’Ancien Testament, disaient, à la fin de (la prière du) sacrifice du Temple : « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde ! Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu’il vous prenne en grâce. Que le Seigneur tourne vers vous son visage, qu’il vous apporte la paix ! » Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedMer 07 Déc 2022, 10:21 pm






Citation :
Évangile

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)


Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ces jours-là,
paraît Jean le Baptiste,
qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole
prononcée par le prophète Isaïe :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.

Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau,
et une ceinture de cuir autour des reins ;
il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain
en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens
se présenter à son baptême,
il leur dit :
« Engeance de vipères !
Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes :
‘Nous avons Abraham pour père’ ;
car, je vous le dis :
des pierres que voici,
Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :
tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau,
en vue de la conversion.
Mais celui qui vient derrière moi
est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner,
il va nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera son grain dans le grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



LA PAIX, UN RÊVE ACCESSIBLE | HOMÉLIE DU 4 DÉCEMBRE 2022 À CHARENTON-LE-PONT

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble… (Is 11) Comment cela sera-t-il possible, se demandent nos esprits sceptiques ? Comment le prédateur et la proie, le fort et le faible pourraient-ils cohabiter un jour en osant vivre des relations réellement fraternelles ? Le prophète Isaïe évoque l’ère messianique à travers la création de relations nouvelles et non violentes. Evoquant la fin de la loi de la jungle, il s’adresse à nous pour que l’homme ne soit plus un loup pour l’homme, sans pitié pour les plus faibles, et se sente solidaire des autres vivants pour la sauvegarde la création voulue par Dieu.
Frères et sœurs, le temps de l’Avent vient rouvrir nos esprits engourdis au projet d’un Dieu qui est venu dans le monde pour le renouveler, nous appeler à la réconciliation, à la paix. Le texte d’Isaïe nous éveille à l’avènement d’une paix nouvelle. Celui que le monde attend, c’est le prince de la Paix ! Lui nous libèrera du joug de l’oppression, de l’inimitié , de la spirale de la violence ; il nous rendra capables de vivre enfin comme des frères.
La vision prophétique de la création réconciliée ne nous propose pas une vision naïve de l’avenir. Non, il s’agit bien du projet de Dieu pour notre monde, et nous voulons nous préparer à l’accueillir. Ce qui semblait impensable va devenir réalité : Dieu vient parmi nous pour nous apporter sa paix.
Frères et sœurs, soyons lucides : nos cœurs endurcis et nos esprits résignés sont trop peu disposés à bâtir ensemble cette paix. Nous préférons nous attacher à ce dont nous disposons déjà, pensant être en « sécurité ». Mais l’histoire donne des signes de recul, notait le pape François, dans l’encyclique Fratelli tutti, avant même le déclenchement de la guerre en Ukraine. Et il ajoutait : Le bien, comme l’amour, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour (FT 11).
C’est dans ce contexte que résonne l’exhortation de Jean Baptiste : Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. Convertissez-vous, c'est-à-dire ne restez pas prisonniers de vos pensées étroites, de vos peurs, de votre paresse, de vos convoitises futiles. Préparez-vous – au contraire – à accueillir Celui qui vient répondre à vos attentes profondes.

Laissons-nous étonner un instant par le message de Jean-Baptiste, cet homme menant une vie austère et nous appelant à la sobriété et au partage. Des foules nombreuses se rendaient auprès de lui – y compris les élites religieuses, pharisiens et sadducéens, les soldats romains qui occupaient le pays. Le prophète n’hésitait pas à prononcer des paroles dures, pour nous inciter à la conversion, à changer notre mode de vie s’il menace la terre ou la justice, à renoncer à la violence. Pourtant, les gens venaient nombreux, reconnaissant leurs péchés et recevant le baptême dans l’eau du Jourdain. Quel était donc le secret de Jean-Baptiste ? Il n’avait « rien à gagner », n’agissait qu’en simple serviteur. Jean a préparé le chemin de celui qui venait derrière lui : le Christ JESUS. Du côté des foules, en revanche, il y a un intérêt manifeste : le baptême de conversion est un gain, l’expression d’une espérance, un pas vers une vie meilleure.
Frères et sœurs, n’est-il pas temps, pour nous aussi, de sonder nos cœurs et pour y (re)découvrir notre attente de paix, notre soif de justice, notre besoin d’être aimé et d’aimer ? N’est-il pas temps de faire un pas supplémentaire vers le Christ, celui qui rend nos vies meilleures ?
Oui la conversion est un gain – un enjeu à somme positive comme on dit - et pas seulement un gain personnel mais un gain pour le monde entier, qui attend d’être renouvelé. Ainsi, si nous peinons à trouver en nos cœurs assoupis ces attentes profondes, recueillons celles de tant de frères et sœurs : eux nous conduiront sur le chemin de l’Avent. Je pense aux malades et aux personnes âgées, qui dans leur solitude attendent la grâce d’une visite ; à ceux qui ont tout perdu à causes des désordres climatiques, qui espèrent une réconciliation avec la Création ; à ceux que la guerre et les violences de tous types ont profondément meurtri, et qui recherchent la paix. Les pauvres nous précèdent sur le chemin de l’Avent, parce qu’ils aspirent inlassablement au Royaume de Dieu, « un royaume de justice et de paix ».
Seigneur, ne nous laisse pas nous replier sur notre présent, sans grand rêve pour l’avenir. Viens raviver en nous la foi : la paix est possible ! Désarme-nous par ton amour. Nous voulons t’accueillir pour rendre possibles réconciliation et paix sur notre terre.
Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedMar 13 Déc 2022, 9:45 pm





Citation :
Évangile

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (cf. Is 61, 1)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,
des œuvres réalisées par le Christ.
Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda :
« Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? »
JESUS leur répondit :
« Allez annoncer à Jean
ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue,
et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés,
et les sourds entendent,
les morts ressuscitent,
et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient,
JESUS se mit à dire aux foules à propos de Jean :
« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?
un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ?
un homme habillé de façon raffinée ?
Mais ceux qui portent de tels vêtements
vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ?
un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d’une femme,
personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


FAISONS CONFIANCE À LA PROMESSE DE DIEU | HOMÉLIE DU 11 DÉCEMBRE 2022 À TAIZÉ

La première lecture que nous venons d’entendre, du livre du prophète Isaïe, est une invitation à la joie. Ce troisième dimanche de l’Avent est d’ailleurs appelé, selon la tradition liturgique, dimanche de Gaudete : « réjouissez-vous ! »
Cela semble bien loin d’être facile aujourd’hui, car les épreuves ne manquent pas, dans nos sociétés comme dans nos communautés chrétiennes, dans tant de vies personnelles aussi. Or ces paroles sont adressées par le prophète justement à un peuple qui a beaucoup souffert.
Il ne s’agit pas d’une joie facile, ou déjà réalisée, mais plutôt d’une promesse et d’un horizon d’attente. Comme le peuple à qui le prophète annonce la fin de l’exil, nous sommes nous aussi invités à nous tourner vers Dieu qui vient pour guérir et pour sauver.
En écoutant ensuite l’Évangile proposé pour ce dimanche, nous saisissons que cette prophétie s’accomplit lorsque le Christ JESUS peut dire : « les aveugles voient, les boiteux marchent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Non plus comme une joie à venir, mais comme les signes que le Royaume de Dieu est déjà parmi nous.
Les questions que Jean le Baptiste se pose peuvent nous rassurer. Lui qui avait attendu et connu JESUS, lui le grand ami du Seigneur, a aussi, comme beaucoup d’entre nous, expérimenté le doute : « Es-tu le Messie qui doit venir ou devons-nous attendre quelqu’un d’autre ? »
JESUS n’entre pas dans de grandes explications pour convaincre. Il suggère simplement aux envoyés de Jean de regarder sa vie, de voir ce qui se passe autour de lui. Il voudrait que nous aussi nous soyons attentifs aux signes très concrets de l’amour de Dieu qui s’accomplissent de nos jours.
Et il ajoute : ce sont les derniers, aux yeux du monde, qui reçoivent en premier ces signes de la compassion et de la miséricorde de Dieu. C’est à eux qu’est annoncée la Bonne nouvelle, et plus encore : ce sont eux désormais qui seront envoyés pour annoncer, à leur tour, cette Bonne nouvelle.
Dans nos sociétés si riches à tant d’égards, nous voyons aussi une telle misère. L’autre jour à Paris, en sortant d’une prière où il était bon d’être ensemble, j’ai vu un couple qui dormait dans le froid, à l’entrée d’un magasin fermé. Dans leur terrible dénuement, ils se tenaient la main en dormant.
Je ne peux pas oublier cette image : reflet d’une immense précarité et d’un amour partagé. Ce souvenir me donne mauvaise conscience, car je n’ai rien fait de concret pour soulager leur misère, ni celle de tant d’autres personnes.
Et en même temps je réalise que, à travers toutes ces situations de pauvretés que nous pouvons voir quotidiennement, c’est le Christ qui nous parle. Il provoque en nous un changement de regard, une conversion de vie.
Telle est l’espérance que le Christ nous incite à recevoir : les plus pauvres, les exclus de ce monde, non seulement seront accueillis les premiers dans le Royaume de Dieu, mais sont porteurs d’une parole d’Évangile. Alors notre regard se transforme et nous pouvons faire confiance en la promesse que Dieu va rendre justice et combler de joie chaque être humain.
Oui, notre regard est réaliste, la foi nous rend aptes à prendre nos responsabilités pour chercher comment alléger les misères et les pauvretés qui nous entourent. Et en même temps, en route vers la nuit de Noël, laissons-nous toucher par cette joie qui vient de loin, du fond des âges et à laquelle, comme Isaïe nous le rappelle, toute la Création participe.
Et souvenons-nous que, même dans les nuits de l’humanité et dans les difficultés de nos vies, la présence du Christ ressuscité, l’Esprit Saint toujours nous accompagne.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedMar 20 Déc 2022, 9:29 pm




Citation :
Évangile

JESUS naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Alléluia. Alléluia.
Voici que la Vierge concevra :
elle enfantera un fils,
on l’appellera Emmanuel, « Dieu-avec-nous ».
Alléluia. (Mt 1, 23)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

Voici comment fut engendré JESUS Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de JESUS
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.

– Acclamons la Parole de Dieu.


ET JOSEPH DANS TOUT ÇA | HOMÉLIE DU 18 DÉCEMBRE 2022 À LYON

Dans les crèches de Noël chaque santon a son histoire. L’enfant JESUS, Marie, les bergers, les anges, les mages, même le bœuf et l’âne, nous savons quel fut leur rôle dans l’événement. Mais Joseph, qu’a-t-il fait au juste ? On met son santon près de Marie, pour qu’il ait une place, mais quel fut son rôle dans cette naissance ? Il semble que la Nativité se déroule dans une famille monoparentale, tant la présence de la mère est écrasante !

Joseph, c’est l’histoire du père oublié. Or sans lui, tout aurait pu rater. Joseph, l’homme dérouté par la perspective d’une naissance imprévue, la venue au monde d’un enfant qu’il n’attend pas. Un homme qui s’est demandé quelle attitude prendre. « Un homme juste », dit l’évangile, c’est-à-dire qu’il s’efforçait de conformer sa vie à la volonté de Dieu. Et pour le juif pieux qu’il était, être fidèle à Dieu revient à suivre les impératifs de la Loi. Or la Loi est claire : une femme adultère, même si l’on est fiancé, doit être répudiée. C’est ce qu’il décide de faire. Mais il est plein de prévenance, puisqu’il projette une séparation discrète pour éviter de ternir la réputation de Marie. Juste, correct, discret, ce Joseph. Un homme bien sous tous les rapports !

Mais, surprise, son plan va s’effondrer. Un ange lui apparaît en songe et lui demande de revenir sur sa décision. Arrêtons-nous un peu sur cette demande, totalement surprenante. Une demande, même, très inconvenante. Car il y a les choses qui se font et les choses qui ne se font pas. Et là, l’ange dépasse les bornes.

Tout d’abord, il demande de ne pas renvoyer Marie. Mais c’est agir à contre-courant des règles de la sainte Torah. Ce qui est révélé à Joseph, c’est que la fidélité à Dieu ne consiste pas à suivre à tout prix des règles morales, des principes même les mieux établis, mais à suivre ce que Dieu attend de lui à ce moment-là : s’ouvrir à une obéissance inattendue.

Ensuite que demande Dieu ? De donner un nom à l’enfant : « Tu lui donneras le nom de JESUS. » Vous avez bien entendu : Dieu demande à Joseph d’être le père de JESUS, parce que, en Israël autrefois, comme chez nous aujourd’hui, en tout cas symboliquement, donner un nom à son enfant, c’est le reconnaître publiquement comme son fils. Dieu a demandé à Joseph de faire une place à JESUS, de lui donner une famille, de s’engager à l’aimer. Il lui a demandé d’endosser cette vocation à la fois merveilleuse et éprouvante d’être père, d’être là, de permettre à son enfant de devenir un adulte.

Et Joseph a accepté. Il a permis ainsi à JESUS de prendre sa place dans la communauté humaine, au sein de cette bourgade qu’est Nazareth. Et cela n’a pas été facile. L’évangile le raconte aussi. Mais comme tous les pères, ou du moins comme tous les pères le devraient, Joseph a beaucoup aimé et lutté, hésité et prié, espéré et souffert, pour que son fils devienne un homme. Il a pris sur lui ce risque d’être père, fort et fragile à la fois.

Voilà l’étonnant chemin de Dieu. Pour faire naître le Christ sauveur, Dieu a eu besoin des gestes et de la fidélité de ce charpentier de Nazareth. Non, Joseph, n’a pas été un figurant. Il nous révèle le véritable visage de l’obéissance.

Obéissance… Voilà le gros mot lâché ! Qu’est-ce que ce mot vous dit, obéissance ? Beaucoup de gens l’estiment déplaisant. Le mot éveille la crainte de perdre sa liberté pour se plier à des règles de béton. Mais regardez Joseph. Il nous révèle le véritable visage de l’obéissance. Le défi de l’obéissance, dans les évangiles, n’est pas de nous rétrécir dans une soumission déplaisante, mais de donner à JESUS un espace où se reflètent le pardon et la tendresse de Dieu.

Oui, étonnant chemin de Dieu !... Comme autrefois, la question posée à Joseph nous est adressée. Car le Christ aujourd’hui, Celui qui est né pour nous, ne naîtra pas sans nous. Hier, il était à la merci de soldats d’Hérode, quand Joseph l’a pris dans ses bras et l’a sauvé. Aujourd’hui, JESUS nous est donné, c’est le message de Noël, mais il est à notre merci. Il ne peut-être « Dieu avec nous » que si nous sommes d’accord. Il ne s’impose pas. Il se tient à la porte et il frappe. A celui qui ouvre, qui lui fait de la place, il entre chez lui.

Noël qui approche est la fête de l’Enfant livré. Fête de l’Enfant qui ne peut naître et grandir que si des hommes et des femmes l’accueillent en partant à sa rencontre, lui offrent un toit, une famille, une communauté.

Le rôle de père est aujourd’hui en crise. Joseph pourrait être un bon modèle. Plaçons- le bien en vue dans nos crèches. Et que le Seigneur nous rende docile à sa Parole pour qu’à notre tour, nous donnions JESUS au monde.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedLun 26 Déc 2022, 9:30 pm




Citation :
Évangile

« Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1, 1-18)

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui la lumière a brillé sur la terre.
Peuples de l’univers, entrez dans la clarté de Dieu ;
venez tous adorer le Seigneur !
Alléluia.


Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean.
Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme
en venant dans le monde.
Il était dans le monde,
et le monde était venu par lui à l’existence,
mais le monde ne l’a pas reconnu.

Il est venu chez lui,
et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang,
ni d’une volonté charnelle,
ni d’une volonté d’homme :
ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair,
il a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire,
la gloire qu’il tient de son Père
comme Fils unique,
plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant :
« C’est de lui que j’ai dit :
Celui qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était. »
Tous, nous avons eu part à sa plénitude,
nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse,
la grâce et la vérité sont venues par JESUS Christ.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ;
le Fils unique, lui qui est Dieu,
lui qui est dans le sein du Père,
c’est lui qui l’a fait connaître.

– Acclamons la Parole de Dieu.


SOLENNITÉ DE LA NATIVITÉ | HOMÉLIE DU 25 DÉCEMBRE 2022 À LA HULPE (BELGIQUE)

Nous avons entendu, soeurs et frères, le début de la lettre aux Hébreux : Dieu a parlé de bien des manières à nos pères. Mais en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils. Nous célébrons ce matin la manière dont Dieu s’y est pris à Noël pour parler à notre coeur. C’est Dieu lui-même qui vient à nous dans cet enfant de la crèche. C’est Dieu lui-même qui vient nous rejoindre : et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ! Un enfant en qui va se révéler cet amour inimaginable d’un Dieu qui vient partager notre humanité jusqu’au bout, dans sa beauté et son tragique, dans ses épreuves et dans ses joies.
Dans sa proximité jusqu’à l’extrême, Dieu vient nous manifester ce que nous sommes à ses yeux : tous, infiniment précieux ; tous - qui que nous soyons, et où que nous en soyons - tous désirables, au-delà de nos contradictions. Ce ne sont pas nos ténèbres intérieures qui auraient pu l’arrêter… Les anges le chantaient cette nuit : nous sommes ces hommes, ces femmes, ces enfants que Dieu aime et pour qui il vient ouvrir les chemins d’une nouvelle naissance toujours possible.
Il est venu de nuit. Et il continue. Il vient dans les nuits de la guerre et de la terreur qu’elle répand. Il vient dans les détresses et l’inquiétude face à l’avenir qui étreignent bien des nôtres aujourd’hui. Il vient se faire proche de nos doutes, de nos chemins de traverse, de nos vies aux rythmes un peu fous qui créent souvent comme un vide en nous, comme le disait Christian Bobin : le temps manque à leur temps ; et la vie manque à leur vie…
Si Dieu humblement rejoindre nos fragilités, il n’est pas pour autant sans force, ni sans puissance. N’avez-vous pas constaté qu’il y a dans un tout-petit, comme une force insoupçonnée. Peut-être justement parce qu’il vient à nous désarmé, c’est nous qu’il vient désarmer. Et si sa mère le dépose dans nos bras – et je vois bien Marie le faire ! - nous en perdons nos moyens. Devant ce tout-petit, voilà que monte en nous une étrange émotion, une tendresse émerveillée, une attention extrême devant ce cadeau qui nous est confié.
La force de cet enfant de la crèche, c’est de réveiller en nous le meilleur de nous-mêmes. C’est la force de l’amour quand il fait confiance comme cet enfant qui se livre entre nos mains : il ouvre les cœurs, il opère des miracles, il nous redonne un cœur de chair. C’est là qu’est la force de Dieu, dans son amour. C’est la seule force qui vaille, la seule qui peut engendrer la vie, celle qui fait des miracles. Un Dieu qui qui nous guérit du mal, en se livrant sans défense entre nos mains. Corps livré pour nous, comme nous disons à chaque eucharistie, pour devenir nous aussi son Corps, sa chair, son amour en ce monde.
L’Evangile de Jean nous parlait de tous ceux qui l’ont reçu. Leur vie en a été peu à peu transformée, comme la venue d’un tout-petit peu transformer bien des choses. Voilà qu’il nous tire de toutes ses forces du côté de la vie. Voilà que c’est lui qui nous prend par la main, et nous relance du côté de la confiance, de l’espérance. Il ressuscite en nous le gout de se donner, de prendre soin de lui, de prendre soin des autres.
Dieu qui vient comme un enfant. Et donc comme une invitation. Sans s’imposer, sans discourir, sans mettre de conditions à son amour. Couché dans la paille, il vient en nous tendant les bras. Il nous demande ce qu’on n’avait sans doute jamais imaginé de la part d’un Dieu… Un Dieu qui nous demande de prendre soin de lui. De prendre soin de sa Parole. Et comme, il le demandera plus tard, de prendre soin, à sa manière, des plus petits, de tous ceux en qui ils voient des enfants de Dieu, qu’ils soient bergers ou rois ! Prendre soin aussi de ce monde et de cette terre venus par lui à l’existence. Pour lui, vivre ainsi, c’est cela naître de Dieu.
L’Evangile de Jean nous en indique le chemin :

- Il nous invite à nous placer sous la lumière du Christ, à nous laisser éclairer par Lui dans nos choix de vie
- Il nous invite à Le laisser venir chez lui en nous. En restant à l’écoute de sa Parole ; en communiant à son Corps tout donné ; en prenant le temps de la prière pour naître de lui
- Il nous invite à devenir enfants de Dieu, frère du Christ, frères et sœurs les uns des autres.
C’est le bienheureux Christian de Chergé, qui dans une homélie de Noël à Thibérine, avait eu cette parole, si belle : cette nuit-là, le Verbe s’est fait frère !
Prendre soin de Dieu ! Prendre soin de tous ceux qu’il appellera un jour ses frères, ses sœurs ! Prendre soin de ce monde… Telle se révèle ce matin notre mission, tel s’éclaire le sens que le Seigneur voudrait donner à notre vie être avec lui des guetteurs de vie et des messagers de paix !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedLun 02 Jan 2023, 10:17 pm



Citation :
Évangile

« Ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né. Quand fut arrivé le huitième jour, l’enfant reçut le nom de JESUS » (Lc 2, 16-21)


Alléluia. Alléluia.
À bien des reprises, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils.
Alléluia. (cf. He 1, 1-2)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
Après avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,
selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de JESUS,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

– Acclamons la Parole de Dieu.



MARIE ET L'ENFANT | HOMÉLIE DU 1ER JANVIER 2023 À BAYEUX

Quel contraste, frères et sœurs, entre la simplicité de l’événement que nous venons de célébrer à Noël, et la façon bien souvent tapageuse, à coup de guirlandes illuminées, de cadeaux empaquetés, de champagne coulant à flot, avec lesquels nous fêtons, vingt siècles après, son anniversaire… au point que certains vont même jusqu’à vouloir gommer l’origine chrétienne de cette fête en effaçant la moindre trace de crèche dans l’espace public.
L’événement original n’a eu pour seuls témoins que Marie, Joseph, ainsi que quelques bergers, qui, aussitôt arrivés, repartent. Car ce sont des nomades, des sans domicile fixe, au point que l’empereur Auguste ne jugeait même pas utile de les recenser. Et c’est à eux, ces petits qui étaient marginalisés dans la société d’alors, qu’il revient annoncer la naissance de Celui qui est venu apporter la paix, comme le prophétisait déjà l’auteur du livre des Nombres.
La paix … je crois qu’il s’agit de l’aspiration la plus profonde des enfants, des femmes et des hommes de ce temps … Comment ne pas la sentir vibrer au cœur de tous ces enfants maltraités et de tous ces adolescents harcelés, qu’il m’arrive si souvent de rencontrer ?… Comment ne pas la sentir monter chez ce peuple ukrainien qui souffre de cette guerre qui s’enlise dans le froid de l’hiver ?
Le signe dont les bergers témoignent, c’est celui d’un nouveau-né couché dans une mangeoire. Dieu vient au monde comme un enfant qui naît.
Un enfant qui naît, c’est le fruit d’une attente.
Un enfant qui naît, c’est un être à la fois beau et fragile. Voici que Dieu a besoin de l’homme pour la survie de son Fils dans la froidure de ce monde.
Un enfant qui naît, c’est un avenir qui s’ouvre ! Noel n’est pas un rêve de jadis qui viendrait nous visiter une fois l’an, un souvenir du passé qu’il nous faudrait ranimer chaque année, avec une ferveur affadie par le temps qui passe… Non, Noël, c’est une lumière d’avenir, un amour qui appelle, un ferment qui travaille. En cette nuit, voici que l’amour prend racine dans le monde !
Enfin, un nouveau-né couché dans une mangeoire, c’est un signe qui ne trompe pas. Il ne peut faire sens que pour celui qui a faim. Noël n’a de sens que pour ceux qui sont affamés de justice et de paix. Si tu n’as faim d’aucun changement dans ta vie, d’aucune transformation de ce monde, Noel risque d’être vide de sens pour toi !
À côté de cette mangeoire où repose le petit, Marie reste silencieuse. Elle médite, sans bien comprendre la portée de l’événement. Celle, à qui Dieu a confié l’éducation de son Fils, ne fait qu’enregistrer dans sa mémoire ce qui se passe, même si le véritable sens lui échappe encore. N’est-ce pas là d’ailleurs la mission de tout éducateur de retenir les faits et gestes de l’enfant qu’il accompagne, même s’il n’en saisit pas encore entièrement le sens, qui peut être lui sera révélé plus tard, lorsque celui-ci deviendra adulte. Ainsi Marie apprendra de l’Esprit de son Fils, à qui est donné le nom de JESUS, c’est-à-dire « le Seigneur sauve », qu’elle est appelée comme Paul le rappelle à nous tous dans sa lettre, à donner à Dieu le nom d’Abba, c’est-à-dire « Père ».
Et voici donc qu’en ce Dimanche, dans la simplicité de ce monastère, l’enfant de la mangeoire va, une nouvelle fois, venir sur cet autel nous donner à manger son Corps, pour qu’ensemble, en Église, malgré la crise qu’elle traverse aujourd’hui, au cœur de ce monde où tant de nos frères connaissent de graves difficultés, nous puissions devenir des bâtisseurs d’amour et de vérité, de justice et de paix. Puisse Marie, que nous fêtons aujourd’hui, nous accompagner dans cette tâche que nous confie son Fils, comme elle a su l’accompagner tout au long de sa vie.
Alors, puisqu’il est de tradition, en ce premier jour de l’an neuf, d’échanger nos vœux, permettez-moi, au nom de l’enfant de Noël, de souhaiter à chacune et chacun d’entre vous, que vous soyez dans ce monastère ou que vous soyez devant votre écran : « Que la paix soit avec toi tout au long de cette nouvelle année ! »


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedMar 10 Jan 2023, 9:18 pm





Citation :
Évangile

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)


Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

JESUS était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.


UN DIEU QUI DÉSINSTALLE | HOMÉLIE DU 8 JANVIER 2023 À MONTIGNY-LES-CORMEILLES

Quelques jours avant noël, alors que je réfléchissais un matin de bonne heure sur l’homélie de ce jour, je suis tombé, grâce à mon téléphone portable, sur un résumé d’actualité fort éloquent d’une chaîne d’information en continue.
Immigration : la version définitive d’une nouvelle loi prévoyant une nouvelle carte de séjour va être dévoilée.
Espace : la fusée qui venait de décoller depuis kourou s’est perdue dans les étoiles.
Transport : le jour de Noël un ⅓ des trains ne circuleront pas.
Hé beh mazette ! me suis-je dis ! Les rois mages en 2023 ne sont pas assurés de pouvoir atteindre nos crèches ! C’est pas gagnée, cette histoire !
Quel monde étrange, replié sur lui-même, et qui cherche dans le ciel sa porte de sortie à une vie ici-bas trop sinistre.
Étrange modernité - si le mot a encore un sens - qui crie liberté à tous les niveaux et qui rend de plus en plus compliqués ou complexes, la vie ordinaire, la relation entre humains, l’itinérance, .., la confiance dans la vie, en somme !
Évidemment, dans ce monde, ce vieux monde, il y a l’Eglise, embourbée par des systèmes qui donnent envie à beaucoup de prendre la tangente. Mais quel tohu-bohu ! Les mages avaient trouvé une étoile à l’orient, et nous nous sommes plutôt dés-orientés. Mais si l’étoile cherchait d’abord à nous désinstaller ?

Souvenez-vous : La nuit de Noël, les anges, dans le ciel étoilé, claironnaient : « paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » Nous les connaissons, ces hommes de bonne volonté : il y a d’abord eu les bergers, ces exclus de la société. Et aujourd’hui ce sont des étrangers, qui en savent un peu plus sur le ciel que le commun des mortels. Mais où sont les autres ? Où sommes-nous ? Les pouvoirs politiques et religieux avaient pourtant été mis dans la confidences de l’étoile mais, eux, ont préféré rester dans l’apparente stabilité de leurs palais. Où sommes-nous ? La compagnie de JESUS n’est pas socialement ni religieusement adaptée à un monde lisse et bien propre. La naissance de JESUS vient bousculer les rétrécissements identitaires qui cloisonnent et étiquettent ce qui est bien, ce qui est mal. JESUS, dès la crèche, désinstalle notre petit confort, notre petit cocon où chacun ressemble trop à l’autre. Votre communauté, ici, aux multiples visages, en quelques générations ou en quelques années, d’un continent à l’autre, témoigne généreusement de l’actualité de l’évangile. Aujourd’hui, comme hier, et aux jours de la Nativité, la Bonne Nouvelle dépasse toutes les frontières. Première désinstallation : celle de notre milieu.

Revenons encore en arrière : quelques semaines avant leur arrivée à Bethléem, les mages, pour être capables de se mettre en route et de laisser tout en plan, avaient joué leur vie. Ne pressentaient-ils pas qu’ils allaient découvrir ce qu’ils n’avaient pas encore découvert ? En scrutant le ciel, dans leurs laboratoires, ils avaient opté de ne pas s’installer dans leurs idées, ni leurs convictions mais de se laisser interpeller, questionner, surprendre. Notre cœur et notre tête ne sont-ils pas notre laboratoire pour être non pas des blasés, mais des curieux ? Et si on ne se lassait pas d’avancer ni de grandir, de questions en étonnement ? Y compris et surtout dans la nuit, dans l’épaisseur de la nuit, celle du doute, ou du découragement. Le savoir des mages, comme leurs fausses-pistes ne les avaient rendus ni imbus, ni aigris. Ils étaient orientés vers la vie. Rien n’était un obstacle. Tout était un tremplin. Deuxième désinstallation : celle de nos idées trop vite arrêtées.

Derrière l’étoile lumineuse qui désinstalle, se cachait la lumière de Dieu lui-même. Qui est ce Dieu qui prendrait plaisir à nous désinstaller ? En vérité, Dieu lui-même s’est désinstallé. Lui, de condition divine, au-dessus de toute création, atterri dans une crèche, entre deux courants d’air, loin des palais du pouvoir. Un atterrissage de L’invisible dans le visible, de l’éternel dans le temps, de la puissance dans la faiblesse. En 2005, lors des JMJ de Cologne, où la tradition aime à dire que l’on y trouve les reliques des rois mages, le pape Benoît XVI, qui vient de nous quitter, exhortaient les jeunes à apprendre « le style de Dieu » : se donner dans la faiblesse d’un enfant, dans le pouvoir sans défense de l’amour. « Dieu est différent. Et cela signifie que, désormais, les mages, eux-mêmes, doivent devenir différents. » N’ayons donc pas peur. L’étoile du ciel, dans la paille de la crèche, est notre boussole. Et toujours, il nous devance et nous désinstalle.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedMar 17 Jan 2023, 10:27 pm





Citation :
Évangile

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)


Alléluia. Alléluia.
« Le Verbe s’est fait chair,
il a établi parmi nous sa demeure.
À tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »
Alléluia. (cf. Jn 1, 14a.12a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
voyant JESUS venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



JE NE LE CONNAIS PAS ? | HOMÉLIE DU 15 JANVIER 2023 À EU

Combien de temps Jean-Baptiste a-t-il persévéré ? Combien de jours passés à baptiser, sans relâche, dans les eaux du Jourdain, jusqu’à ce que se présente celui qui allait donner sens à toute sa mission, à toute sa vie même. Il a fallu plonger des milliers d’anonymes, pour finalement y retrouver JESUS, ou bien plutôt se laisser retrouver par JESUS… alors pour tous ceux parmi nous qui galèrent, qui patinent, qui s’impatientent en trouvant parfois que leur travail est répétitif, apprenons de Jean-Baptiste la patience ou plutôt l’espérance de voir un jour tout s’illuminer dans la grâce d’une rencontre.

A deux reprises, Jean-Baptiste vient de nous le dire : JESUS, « moi, je ne le connaissais pas ». C’est un peu étrange tout de même, vu que JESUS et Jean sont cousins. Souvenez-vous, le Baptiste est le fils d’Elisabeth à qui Marie a rendu visite dès avant sa naissance. Probablement que Jean et JESUS se sont fréquentés longtemps avant de comprendre vraiment qui ils étaient. Alors à tous ceux qui pensent encore connaître ceux avec qui ils vivent, et qui croient un peu vite avoir fait le tour de leurs amis, de leurs parents, de leurs enfants, de leur conjoint, apprenons de Jean-Baptiste la sagesse de vivre longtemps, très longtemps auprès de quelqu’un sans prétendre le connaître.
Et c’est sans doute la condition pour connaître quelqu’un. Admettre, tout d’abord, qu’on ne le connaît pas. Pour lui laisser la chance de se manifester, tel qu’il est, vraiment. Au fond… c’est au fond de l’eau que Jean offre à JESUS la possibilité de se dévoiler. JESUS disparaît, inconnu, dans les sombres eaux du Jourdain, il remonte, triomphant, dans la splendeur du ciel. Il s’enfonce, comme un homme, comme tous ces hommes et ces femmes anonymes qui avant lui furent plongées dans les mêmes eaux, et il remonte comme Dieu, couronné par l’Esprit Saint. C’est bien le même : il n’a pas changé, mais il est révélé.

Jean, en accomplissant sa mission fidèlement, patiemment, a manifesté en JESUS l’homme plongé avec les pécheurs, et Dieu, triomphant du péché. Jean manifeste le mystère jusque-là tenu caché. En JESUS tout est humain et tout est divin. Un coup de maître… au sens propre.
Il y a sans doute parmi nous des professeurs, des maîtres, des maîtresses qui reconnaîtront en Jean-Baptiste un des leurs, et des parents, des grands-parents aussi ! Manifester ce qu’il y a de plus grand dans ceux qui nous sont confiés, ne serait-ce qu’un temps, n’est-ce pas là une des missions les plus belles qui soit ? Donner à l’autre l’occasion de dévoiler ce qu’il cache au plus intime de beau, de divin dans sa vie. Jusqu’à ce que l’on découvre en l’autre sa part de divinité, on ne l’a jamais vraiment connu. Connaître quelqu’un, c’est voir tout le bien qu’il peut faire. Il y a, en chaque baptisé, un Christ à faire remonter des eaux, un trésor de grâces et de lumières à faire émerger. Certes, c’est l’Esprit Saint qui, seul, fait descendre la grâce sur chacun d’entre nous, mais ce sont les hommes, toujours, qui la dévoileront au monde. Heureux sommes-nous lorsque nous manifesterons la splendeur de Dieu chez nos frères, sans se soucier de les voir nous dépasser en sainteté, en bonté. Heureux serons-nous, car bien souvent ce que nous dévoilerons de beau chez l’autre lui est à lui-même inconnu. Désigner la grâce, c’est souvent la libérer.

Frères et sœurs, on se demande parfois, avec raison, où se cache Dieu dans le monde. Mais sommes-nous conscients que notre mission est peut-être justement de dévoiler le mystère qui le tient sceller en nos frères ? Ce serait un beau projet pour chacun d’entre nous, alors que débute le temps ordinaire : faire surgir en l’ordinaire de nos frères l’extraordinaire de Dieu. Libérer les grâces cachées dans bien des cœurs. Oh certes, chez nous, ni l’humanité, ni encore moins la divinité ne sont parfaites. Mais puisque nous avons partagés avec JESUS les eaux du baptême, nous savons que nous partagerons aussi avec lui le ciel de la gloire. Nous ne sommes pas l’agneau, mais que d’humbles brebis, appelées à être saintes avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur JESUS Christ.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedLun 23 Jan 2023, 11:35 pm




Citation :
Les Evangiles » Jean » chapitre 21


21:1 Après cela, JESUS se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra.

21:2 Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de JESUS, étaient ensemble.

21:3 Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.

21:4 Le matin étant venu, JESUS se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était JESUS.

21:5 JESUS leur dit: Enfants, n'avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.

21:6 Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.

21:7 Alors le disciple que JESUS aimait dit à Pierre: C'est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.

21:8 Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées.

21:9 Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain.

21:10 JESUS leur dit: Apportez des poissons que vous venez de prendre.

21:11 Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point.

21:12 JESUS leur dit: Venez, mangez. Et aucun des disciples n'osait lui demander: Qui es-tu? sachant que c'était le Seigneur.

21:13 JESUS s'approcha, prit le pain, et leur en donna; il fit de même du poisson.

21:14 C'était déjà la troisième fois que JESUS se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité des morts.



CÉLÉBRATION ŒCUMÉNIQUE | HOMÉLIE DU 22 JANVIER 2023

Evangile Jn 21, 1-14

Alors qu’il commence sa mission, le Seigneur s’impose sur une barque de pêcheurs qui ont peiné toute la nuit sans rien prendre. Il leur ordonne de jeter les filets qui se remplissent - au point de se déchirer. Trois ans plus tard, quand « tout fut accompli », le ressuscité apparaît à ses disciples – le soir de la résurrection, - le huitième jour à nouveau ; ils ne le reconnaissent pas. Une troisième fois, Il leur apparaît, alors qu’ils viennent de pêcher toute la nuit sans rien prendre. Comme lors de la première rencontre, il suggère de jeter les filets – qui - comme la première fois se remplissent - mais cette fois - ne se déchirent pas. Simon, devenu Pierre, se jette à l’eau, peut-être par pudeur car il était nu, peut-être aussi parce qu’il est encore une fois effrayé, malgré tout ce dont il a été le témoin pendant trois ans. Mais il remonte sur la barque et tire le filet qui compte 153 poissons. Ces poissons représentent dans une symbolique biblique - la plénitude des 17 nations ç’est à dire l’universalité du genre humain, voire de la création toute entière. Pierre actualise l’annonce que lui a faite le Seigneur lors de la première rencontre – « tu seras pêcheur d’hommes ». Avec Pierre, tous les disciples – maintenant apôtres - sont devenus pêcheurs d’hommes, pour les amener au port de la rédemption, du salut – le Christ - qui dit à tous comme il a dit à ses disciples : « venez manger », car Il est le Pain de vie.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 20 Icon_minipostedMar 31 Jan 2023, 9:33 pm



Citation :
Évangile

« Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12a)


Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Alléluia. (Mt 5, 12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules,
JESUS gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.



HOMÉLIE DU 29 JANVIER 2023 À OPHAIN-BOIS-SEIGNEUR-ISAAC (BELGIQUE)


Vous connaissez sans doute cette réplique culte du film la Grande Vadrouille, lorsqu’un soldat anglais se fait soigner par une religieuse. Pendant que celle-ci ausculte son foie, elle lui dit ceci : « Votre foie est gonflé. Vous aimez bien tout ce qui est bon. Eh bien, c'est très mauvais ! » Nous en faisons bien souvent l’expérience : ce que nous trouvons bon peut s’avérer à terme très mauvais ! Cependant, à l’écoute des béatitudes, est-ce que ce qui nous semble mauvais, injuste —ou à combattre— serait en réalité bon ? ‘Heureux les pauvres !’ ‘Heureux êtes-vous si on vous persécute’. N’est-ce pas pervers ? Un peu d’opium pour le peuple ? Avons-nous honnêtement le courage de vivre ces béatitudes ?

Ce passage qui inaugure le sermon sur la montagne ne nous invite pas à être idéologue, à fuir la réalité, encore moins à valoriser la souffrance. Les béatitudes ne nous invitent pas à avoir une « attitude de béats ». Au contraire, elles sont autant de chemins vers une joie bien réelle, concrète. Vers un bonheur qui commence dès aujourd’hui dans la banalité de cette vie. La joie et le bonheur des béatitudes sont en effet à portée de main. De quelle manière ? En consentant à la vie telle qu’elle nous est donnée, avec sa part d’inéluctable, et de manque. Il s’agit pas d’une résignation passive. Au contraire, il s’agit de nous déposséder de la volonté de posséder notre vie ! De voir le manque, l’incomplétude, l’intranquillité non comme des failles à combler, mais comme chemins d’humanisation. Il y a en effet une salutaire frustration qui nous rappelle que le plaisir n’est pas le moteur de l’humain, ou le critère de sa réussite. En cela, il ne s’agit pas de changer de vie, la refaire ou la gagner. Mais de changer sa vie. La voir autrement. Et y inviter Dieu. Non pour qu’il comble notre vide, mais pour qu’il nous donne d’habiter et d’accueillir nos manques autrement. Dans la vie, le comble ne serait-il pas de se croire comblé, parvenu ?

Ceux et celles qui se mettent à l’école des béatitudes —les saints et saintes d’hier et d’aujourd’hui— sont, dans leurs zones d’ombres et leurs manques, des passeurs de lumière. Ils témoignent, par leur fragilité, d’une force venue d’ailleurs. Ces hommes et ces femmes nous montrent que notre monde, si dur et si violent, ne se réduit pas à son inhumanité, à son absurdité. Par leur exemple, ils nous invitent à ne pas nous laisser enfermer dans cet esprit du monde qui voit l’échec comme la fin d’une histoire, et non comme un possible départ.

Dans notre monde de performance et de rentabilité, les béatitudes sont en réalité folles, paradoxales, presque inaudibles. Saint-Paul nous le rappelle : « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ». Alors, si nous nous risquons à vivre ainsi les béatitudes, celles-ci nous montreront qu’il y a toujours —quelle que soit notre âge ou notre histoire— la possibilité d’aller de l’avant. L’échec ne sera plus un mur, mais un passage, un chemin vers une promesse inattendue.

D’ailleurs, le mot de l’Évangile utilisé pour «heureux» peut aussi se traduire par «en route», «en marche», «en avant». Oui, en marche les petits, nous dit l’Évangile. En marche, toi qui te sens vide : accueille ton manque et tu verras tout comme un don. En avant, toi qui es plein de larmes, elles seront pour toi les eaux d’un nouveau baptême, d’une renaissance ! En marche les endeuillés, debout les sans espoir, en marche les persécutés

Bien entendu, il ne s’agit pas de se mentir ou d’offrir de fausses promesses. Mais de croire que dans nos nœuds psychiques, nos failles narcissiques, nos échecs affectifs —dans tout ce qu’il y a d’irrésolu en nous— il est toujours possible d’avancer, de marcher, de mettre davantage de vie et de confiance. En un mot : il s’agit de vivre pleinement cette vie-ci, afin de mourir en ayant pleinement vécu et aimé et non de survivre malgré les forces de morts.

’il en est ainsi, c’est à nous d’écrire nos béatitudes, nos chemins de félicité, à nous de les décliner, de les méditer… Oui, heureux ceux qui se savent fragiles et dépendants. Heureux ces mendiants devant Dieu. Leur faim de relation s’épanouira en empathie et attention aux autres. Leurs larmes seront les eaux d’un enfantement. Leur fragilité donnera des forces. Le vide en eux ne sera plus une absence, mais lieu d’écoute…

Voilà donc notre destinée la plus intime : accueillir l’inaccompli, l’inachevé, l’intranquillité, pour que, au creux de nos failles et de nos peurs, l’Esprit de Dieu vienne achever son œuvre. Vraiment, le bonheur et le plaisir ne conduisent pas à Dieu : c’est Dieu lui-même qui nous conduit à un bonheur et une joie insoupçonnée. A nous d’y croire et d’en vivre. Amen.


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