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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 01 Sep 2013, 6:38 pm



Citation :

Luc 14


1Jésus étant entré, un jour de sabbat, dans la maison de l'un des chefs des pharisiens, pour prendre un repas, les pharisiens l'observaient.

2 Et voici, un homme hydropique était devant lui.

3 JESUS prit la parole, et dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens: Est-il permis, ou non, de faire une guérison le jour du sabbat?

4 Ils gardèrent le silence. Alors JESUS avança la main sur cet homme, le guérit, et le renvoya.

5 Puis il leur dit: Lequel de vous, si son fils ou son boeuf tombe dans un puits, ne l'en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat?

6 Et ils ne purent rien répondre à cela.

7 Il adressa ensuite une parabole aux conviés, en voyant qu'ils choisissaient les premières places; et il leur dit:

8 Lorsque tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu'il n'y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi,

9 et que celui qui vous a invités l'un et l'autre ne vienne te dire: Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d'aller occuper la dernière place.

10 Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que, quand celui qui t'a invité viendra, il te dise: Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi.

11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé.

12 Il dit aussi à celui qui l'avait invité: Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille.

13 Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles.

14 Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes.



01/09/2013, 22e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Accomplis toute chose dans l’humilité

Mes amis, qui oserait dire que tout ceci ne le concerne pas ? Qui n’a jamais calculé une invitation en fonction de celle qu’il pourrait recevoir en retour ? Qui n’a jamais passé une bonne soirée à essayer de placer une bonne histoire, un bon mot, à briller juste ce qu’il faut en se mettant au centre ? Entre nous, nous pensons facilement que ce n’est pas très grave ! Et pourtant, nous savons aussi, ce qu’il en coûte de mauvaise joie, de n’agir que par rapport au regard des autres.

Au contraire, nous avons aussi, vous et moi, goûté la joie d’une rencontre, d’une discussion, d’une soirée entre amis ou en famille, où on ne cherche pas d’abord à briller et à se placer, où on est totalement soi-même, sans vouloir paraître. Nous savons bien tout cela et pourtant nous sommes quand même tous, plus ou moins, pris en défaut par cette petite parabole de JESUS.
Ces comportements qu’il décrit trahissent finalement quelque chose d’assez profond en nous. Ce ne sont pas seulement des petites mondanités mesquines que JESUS vise ici et dont on pourrait se contenter de sourire, mais c’est, évidemment, plus important. Ce désir de paraître, de dominer parfois, révèle plus profondément chez nous ce désir jamais satisfait de « toute-puissance » et qui a toujours besoin d’être converti. Alors, à la fin de ce magnifique festival Anuncio et de ce temps de mission où vous avez voulu mettre le Christ au centre de toutes vos rencontres, de cette annonce de l’Évangile de vie, recevons comme une grâce de pouvoir mieux comprendre ce qu’est cet orgueil contre lequel JESUS nous met en garde et quelle est alors la juste place du disciple que nous voulons être.

Qu’est-ce que cet orgueil qui peut polluer nos plus forts désirs et nos plus belles actions ? Ce n’est pas si facile à dire, car ce n’est pas être orgueilleux que de connaître ses talents et de vouloir les développer. C’est même une demande de l’Évangile. Ce n’est pas non plus être orgueilleux que de reconnaître que l’on a été choisi et envoyé comme témoin. Ce n’est pas encore être orgueilleux que d’éprouver la joie d’avoir été fort face à une épreuve ou un obstacle, ou d’avoir permis à un frère ou à une sœur de retrouver le chemin de Dieu.

La première lecture de ce dimanche nous livre une petite perle. « Accomplis toute chose dans l’humilité et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur. » Autrement dit, un bienfaiteur vous donne des choses mais celui qui est humble vous donne d’abord d’être. Ce sera alors, en cultivant la vertu qui lui est contraire, l’humilité, qu’on pourra savoir ce qu’est l’orgueil et lutter contre. L’humilité, c’est avoir une juste estime de soi ; c’est accepter que les autres puissent m’apprendre et m’aider à me construire ; c’est se remettre en tout, avec une infinie confiance, à Dieu. Cela est profondément vrai du missionnaire qui ne s’appuie pas sur ses capacités humaines mais sur la puissance du Ressuscité. Les humbles dans la Bible sont proches de Dieu, car ils ont gardé le sens de leur propre relativité. Ils ont conscience de ne pas être le centre de tout et ils savent se référer à une réalité plus grande qu’eux-mêmes.

Comme la Vierge Marie, ils savent qu’ils sont de simples serviteurs, confiants et émerveillés. Ô combien cette humilité doit être l’âme de tout apostolat ! Mais alors, quelle est cette première place à laquelle le Christ nous appelle ? Vous connaissez ces paroles : « Celui qui veut devenir grand parmi vous, se fera le serviteur de tous. » « Le plus petit parmi vous, voilà le plus grand. » « Les derniers seront les premiers. » Ce sont les grands paradoxes de l’Évangile qui ne cessent de nous bousculer et de nous inviter à la conversion. Oui, les critères du monde sont inversés. Et pourtant, ce sont là des paroles de vérité pour notre bonheur. Vérités simples que nous pressentons, intimement, mais que les superficialités, les mondanités, les duretés de notre existence nous masquent sans cesse. Il nous faut les retrouver.

Le bonheur profond n’est pas de dominer mais de porter la joie ; le bonheur n’est pas d’être admiré et de se servir des autres mais de servir et de se donner. N’oublions jamais que notre Dieu s’est fait humble, serviteur et pauvre. Désormais, nous savons que nous montons vers Dieu lorsque nous consentons à servir humblement. Voilà la première place, voilà le cœur de l’Évangile, voilà ce qu’il nous faut sans cesse annoncer aux hommes et aux femmes de ce temps, voilà surtout ce que nous sommes appelés à vivre nous-même, comme notre pape François nous le rappelle constamment.

Évangéliser ma vie, c'est-à-dire laisser le Christ vivre en moi, est le premier gage de ma crédibilité apostolique. Toute évangélisation exige un témoignage de vie qui atteste de la vérité et de la réalité de l’Évangile. Vous l’avez expérimenté en ces jours du festival Anuncio, c’est de cette union amoureuse au Christ que jaillit le désir de l’annoncer, d’évangéliser et de conduire d’autres au « oui » de la foi en lui. Alors, oui, chers missionnaires, et vous tous, chers amis, soyez en sûrs : on a trouvé la meilleure place quand, autour de soi, un peu grâce à nous, mais surtout à la puissance de l’Esprit du Christ en nous, les autres ont envie d’être meilleurs et d’aimer en vérité.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Sep 2013, 8:15 pm




Citation :
Luc 14,

25 De grandes foules faisaient route avec JESUS. Il se retourna, et leur dit:

26 Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple.

27 Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon disciple.

28 Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer,

29 de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler,

30 en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever?

31 Ou quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l'attaquer avec vingt mille?

32 S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix.

33 Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple.



08/09/2013, 23e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Devenir disciples du Christ : un choix libre

Frères et sœurs, vous avez bien écouté la première phrase de JESUS dans ce passage de l’Évangile : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. »

Mais qui peut, donc, être disciple de JESUS ? Pour le suivre, faut-il « haïr » tous ses proches ? Puisque tel est le sens du verbe grec traduit ici par « préférer ». Un jour, un imam que je connais m’a dit en citant ce verset : « Tu vois, dans l’Évangile aussi, il y a le verbe haïr. » Alors que je lui disais que JESUS n’appelait jamais à la haine, mais continuellement à l’amour, y compris des ennemis.

Alors, comment comprendre cet appel du Christ ? D’abord, nous ne pouvons pas isoler ce verset de l’ensemble de l’Évangile, de l’obligation d’honorer ses parents, d’être fidèle à sa femme, en bref, de ce que répond JESUS à ses interlocuteurs : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même. » Ensuite, même avec l’emploi du verbe «  préférer », l’interpellation de JESUS reste forte et provocante. Il nous invite à faire un choix, celui d’être son disciple. Être chrétien, être disciple de JESUS, c’est choisir de fonder sa vie d’homme ou de femme sur le Christ ; c’est mettre ses pas dans les siens ; c’est « aimer comme je vous ai aimés. »

Ce choix comporte un risque, celui de la croix, c’est-à-dire de la souffrance, de l’incompréhension, voire des persécutions ou de la mort. Des chrétiens témoignent aujourd’hui encore de l’Évangile au risque de leur vie ! JESUS pose donc à chacun et chacune d’entre nous une question : qui tient la première place dans ta vie ? De qui es-tu, au quotidien, le disciple ? Et c’est plutôt bien d’entendre cet appel radical en ce dimanche de rentrée pour beaucoup d’entre nous : rentrée des scolaires et des étudiants, retour au travail pour ceux et celles qui ont pu prendre des vacances, moment de décisions à prendre pour une nouvelle année d’activités, de projets, d’engagements.

Comment allons-nous vivre cette année en disciples de JESUS, en chrétiens ? JESUS nous propose une méthode ou plutôt une attitude pour faire ce choix, à travers les deux petites paraboles de celui qui veut bâtir une tour ou du roi qui part en guerre : « commencer par s’asseoir » pour pouvoir aller jusqu’au bout de notre projet. S’asseoir ou « se poser » comme nous disons familièrement, c’est-à-dire prendre le temps de la réflexion, de la prière, pour nous mettre d’abord à l’écoute du Christ, de ses appels, avant d’être à l’écoute de nous-mêmes. Comme le disait la première lecture : « Qui aurait connu ta volonté si tu n’avais pas donné la sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? » S’asseoir aussi avec d’autres frères et sœurs chrétiens pour, en Église, écouter la Parole de Dieu, discerner les appels de son Esprit et nous aider ainsi les uns les autres à devenir disciples. Comme le disait Tertullien : « On ne naît pas chrétien, on le devient. »

Nous sommes invités par le Christ, chacun et ensemble, à devenir chrétiens dans une société française peu soucieuse de Dieu ou de l’Évangile, devenir chrétiens parmi d’autres croyants en Dieu, en particulier nos voisins musulmans, aux Mureaux et ailleurs en France. N’ayons pas peur d’être parmi eux des hommes et femmes, disciples du Christ, fondant notre vie sur l’Évangile, rendant compte de l’espérance qui nous habite, enracinés dans la prière. N’ayons pas peur d’être avec eux au service de nos frères humains les plus en difficulté. Car, selon les mots de Benoît XVI : « Le fait d’être intérieurement soutenus par la main du Christ nous rend libres et en même temps pleins d’assurance. Libres car, si nous sommes soutenus par lui, nous pouvons ouvertement et sans peur, entrer dans tout dialogue. Pleins d’assurance, nous le sommes, car le Christ ne nous abandonne pas si nous ne nous détachons pas de lui. » Amen !
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 22 Sep 2013, 6:42 pm




Citation :

Luc 16


1 JESUS dit aussi à ses disciples: Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens.

2 Il l'appela, et lui dit: Qu'est-ce que j'entends dire de toi? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens.

3 L'économe dit en lui-même: Que ferai-je, puisque mon maître m'ôte l'administration de ses biens? Travailler à la terre? je ne le puis. Mendier? j'en ai honte.

4 Je sais ce que je ferai, pour qu'il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi.

5 Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître?

6 Cent mesures d'huile, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante.

7 Il dit ensuite à un autre: Et toi, combien dois-tu? Cent mesures de blé, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, et écris quatre-vingts.

8 Le maître loua l'économe infidèle de ce qu'il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l'égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière.

9 Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu'ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer.

10 Celui qui est fidèle dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes.

11 Si donc vous n'avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables?

12 Et si vous n'avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous?

13 Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.



22/09/2013, 25e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

L’habileté et la lumière

Frères et sœurs, en entendant cet évangile, nous sommes en droit de trouver que JESUS nous scandalise. « Comment ça ? JESUS fait l’éloge d’un homme malhonnête ? » Aujourd’hui encore, tant et tant d’affaires de finance ou autres escroqueries, se déroulent sous nos yeux et, si je suis l’évangile, je devrais, comme JESUS, faire l’éloge de ces escroqueries ?

Ce n’est pas de la malhonnêteté de cet homme que JESUS fait l’éloge, mais de son habileté : « Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile. » JESUS fait l’éloge de cet homme qui est sur le point de se faire licencier pour faute grave : Il gaspillait les biens de son maître. Et cet homme, face à la crise qui lui arrive, s’arrête et prend le temps de réfléchir sur lui-même : « Que vais-je faire ? Ah ! Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois licencié je trouve des gens pour m’accueillir. »

Et voilà toute l’habileté de cet homme : il profite de son préavis de licenciement pour se servir encore une fois de son pouvoir de gérant. Il se fait des amis pour son intérêt personnel. Ce gérant trompeur prépare son avenir pour lui. Cet homme est très fort ! C’est pour cela que JESUS fait son éloge. JESUS fait l’éloge de cet homme qui prépare sa reconversion. Mais il prend cet exemple pour nous provoquer. Ils sont forts et habiles entre eux, les hommes de ce temps ! Et nous ?

Frères et sœurs, par cet évangile, JESUS nous invite à être encore plus habiles et plus forts que les hommes de ce temps. Mais il nous dit de passer du « côté obscur de la force » au « côté lumineux de la force. » JESUS nous invite à vivre avec habileté en Fils de lumière et à en profiter pour éclairer le monde. Et du coup, nous pressentons qu’être chrétiens, c’est être lumineux. Souvenez-vous qu’on nous a remis un cierge au jour de notre baptême, pour que nous soyons sans cesse témoins de la lumière du christ en nous. Alors, hormis son habileté, nous comprenons déjà qu’être témoin de cette lumière, c’est refuser d’être comme le gérant qui ne pense qu’à lui et qui pose des actes pour son propre intérêt. Et donc, tout en gardant notre habileté, être lumineux, c’est vivre avec les autres. Car à quoi sert-il d’être lumineux pour soi-même ? C’est pour les autres que je suis lumineux !

J’agis de façon lumineuse lorsque, dans les temps de crise, j’ai la capacité à prendre du recul pour me « reconvertir ». Me convertir à l’autre : le voir, à côté de moi. Et bien sûr me convertir à Dieu : reconnaître que je peux compter sur lui pour me faire vivre. En fait, nous devenons lumineux lorsque nous choisissons Dieu en servant l’autre. Il s’agit de choisir Dieu et de l’aimer en l’autre. Manifestons autour de nous que Dieu est vital pour nous ! Ne restons pas sans l’annoncer. C’est ce qu’a fait l’abbé Charles-Michel de Lépée, cher au cœur des sourds depuis 300 ans. Il avait choisi Dieu et il était vital pour lui de l’annoncer aux personnes sourdes. Il a donc été inventif, créatif : en mettant au point une nouvelle langue. Une langue faite de gestes et de signes. Ce fut un précurseur : voilà comment il fut habile devant l’urgence qu’il voyait. Et JESUS nous appelle à être d’une lumineuse habileté dans les circonstances difficiles de nos vies.

Frères et sœurs, ne soyons pas comme une « lampe cachée ». Soyons habiles pour rayonner auprès des autres que nous avons choisi Dieu, car il est source de la lumière. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 30 Sep 2013, 7:12 pm




Citation :
19 Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.

20 Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères,

21 et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.

22 Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.

23 Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.

24 Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme.

25 Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.

26 D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.

27 Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j'ai cinq frères.

28 C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.

29 Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les écoutent.

30 Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront.

31 Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.


29/09/2013, 26e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

L’homme de Dieu

« Toi, l’homme de Dieu, cherche à être juste et religieux, vis dans la foi et l’amour, la persévérance et la douceur ! » Voici une belle interpellation qui réconforte et encourage. Elle est de Paul à l’un de ses acolytes, un compagnon, Timothée. Mais dans la première lecture, l’interpellation était beaucoup plus rude et adressée à des personnes aussi concrètes que Timothée : les vautrés qui sont les chefs du peuple, ils devraient pourtant en être les modèles.

La Parole de Dieu nous mène ainsi, alternant les mises en garde et les appels à la conversion, les jugements sévères et les encouragements. On retient souvent les mots rugueux, on a parfois envie de se laisser bousculer par des paroles prophétiques et l’on croit que de les avoir entendues nous vaccine contre l’injustice qui transperce notre monde. Mais non : nous ne sommes pas si vite convertis par la Parole du Seigneur. Parfois nos convictions nous donnent bonne conscience, elles sont aussi un confort dans lequel nous nous croyons bien assurés.

Nous avons besoin, en réalité, d’être tour à tour mis en cause et mis en route ; interpellés, mais aussi dynamisés, encouragés et soutenus. Le Seigneur ne fait pas que de nous accuser. Oui, il nous provoque, mais surtout il désire nous faire grandir dans son amour. Il est si différent de nous, le tout Autre, que nous pourrions le trouver inaccessible et ses volontés irréalisables en nos vies ; mais il se montre aussi tellement humain et proche que nous pourrions nous habituer et ne plus prendre au sérieux ses appels.

Reprenons la prophétie d’Amos : la carrière prophétique, si j’ose dire, de cet homme a été bien brève. Quelques mois : il s’est senti appelé à rugir contre ceux qui profitent de la vie, sans voir qu’autour d’eux il n’y a que peine et misère. Ils croient que leur monde est durable, alors qu’ils se le sont appropriés au détriment des pauvres. Ils ne voient pas que le monde dont ils jouissent est fragile et qu’il faut le partager. Ce message est permanent. Son auteur ne l’a pas proclamé pendant longtemps : on l’a prié de partir ailleurs. Il se justifie en disant : moi, je n’y peux rien ; je dis ce que Dieu me fait voir. Rien de plus, j’ai rempli ma mission. Ma vie, elle-même, vaut moins que ce message de justice et d’appel à la conversion.

L’évangile du jour confirme ce destin du messager de la Parole de Dieu : Moïse, les prophètes et JESUS, même ressuscité, ne sont guère écoutés de ceux qui profitent de ce monde sans regarder la violence et l’injustice. Nous donc qui écoutons JESUS, écoutons-le vraiment. Ne soyons pas distraits ; ne soyons pas suffisants ; ne croyons pas que nous avons tout fait pour vivre comme il le demande. Pensons que nous n’avons pas encore été au bout de notre témoignage, laissons-nous enseigner par le Maître de la vie ; laissons-nous encourager sur le chemin. Exerçons-nous à professer notre foi. Comme Timothée, soyons capables d’une belle profession de foi devant de nombreux témoins. Nous ressemblerons à JESUS qui a donné, devant Pilate, le témoignage d’une si belle espérance.

Cette belle espérance, c’est bien sûr celle de la justice de Dieu qui veut que tous les hommes aient la vie et n’en soient pas exclus. Cette belle espérance, c’est celle de ceux qui se battent pour la paix dans un monde de violence ; c’est celle de ceux qui refusent les comportements mesquins, orgueilleux et dominateurs ; c’est celle de ceux qui accompagnent les pauvres et les petits pour qu’ils trouvent l’expression de leur dignité ; c’est celle de ceux qui montrent que cette vie n’est pas fermée sur la porte des satisfactions terrestres, mais qu’elle est ouverte sur la joyeuse assurance de la présence du Seigneur qui aime et accompagne tout homme. Nous voyons tant d’hommes et de femmes blessés et enfermés sur les déceptions d’une vie que nul amour ne comble.

C’est l’espérance de Marie, notre mère. Nous croyons qu’elle vient à la rencontre de nos familles, nous savons qu’elle est la consolation de beaucoup qui viennent la rencontrer ici et dans les sanctuaires qui lui sont dédiés. Mais aussi au secret des cœurs, elle est dans la prière de ceux qui lui confient leur famille, l’entente familiale, le travail de chacun, la fondation de nouvelles familles, la fidélité des époux et la naissance de vocations à servir le Christ et l’Église.

Et nous qui l’avons découvert, cet amour qui habite en nos cœurs, nous n’aurions pas le cœur à le faire découvrir ? Et à quoi servirait-il que nous soyons membres de l’Église, que nous soyons l’Église du Christ, son Corps, si nous n’étions pas voués à cela ? Qu’importe que nous ayons le sentiment d’être trop peu entendus ! De beaucoup de façons, le Seigneur travaille et parle en interpellant contre les violences, mais aussi en remuant les cœurs et en encourageant ceux qui sont sur la voie.

L’Église qui est à Lille n’est certes pas meilleure qu’une autre Église diocésaine, elle est soumise aux mêmes défis que les autres en ce temps. Elle se sait fragile, bien sûr ; et aucun de ses membres n’a la prétention d’être un modèle parfait de témoin vaillant. Mais elle vit un temps de grâce. Le diocèse de Lille fête le centenaire de sa création tout au long de cette année 2013, et l’a vécu dans de très belles et joyeuses fêtes, ainsi que dans une démarche de trois années consécutives. Ce diocèse, que j’ai la joie et l’honneur de servir, a saisi cette occasion de son centenaire pour redécouvrir la chance qu’il y a de vivre en ce temps, pour annoncer l’espérance que donne le Seigneur.

Se mettre au service des autres dans une société qui nécessite tellement d’attentions aux personnes qui souffrent, ce n’est pas une chasse gardée des chrétiens ; mais eux savent qu’ils reçoivent ce service de JESUS. Témoigner d’une espérance pour un monde qui s’enferme dans les mirages de la consommation et oublie les richesses de la relation, ce n’est pas un secret qu’ils garderaient pour eux, c’est une nécessité urgente où la force de l’Esprit saint les engage. Annoncer et vivre au quotidien la confiance dans la Parole de Dieu, Père, qui appelle sans cesse à la vie, voilà une tâche qui invite à se donner, pour imaginer et soutenir des communautés de témoins partout où des hommes vivent.

Aux diocésains de Lille, comme à tous ceux qui sont en communion avec nous par « Le Jour du Seigneur », que cela soit donné ! Toi, l’homme de Dieu, sois fidèle !
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 06 Oct 2013, 8:16 pm




Citation :
5 Les apôtres dirent au Seigneur: Augmente-nous la foi.

6 Et le Seigneur dit: Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce sycomore: Déracine-toi, et plante-toi dans la mer; et il vous obéirait.

7 Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs: Approche vite, et mets-toi à table?

8 Ne lui dira-t-il pas au contraire: Prépare-moi à souper, ceins-toi, et sers-moi, jusqu'à ce que j'aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et boiras?

9 Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu'il a fait ce qui lui était ordonné?

10 Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.

06/10/2013, 27e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

L’effet « graine de moutarde »

Chacun de nous peut se sentir concerné par la demande des disciples : « Augmente en nous la foi ! » Et JESUS, comme à son habitude, répond de façon déconcertante. La foi, ce n’est pas une affaire de taille, ni de volume ! Nous rêvons tous d’une foi qui serait grande et belle, comme cette magnifique église ou cette superbe chaire de prédication. Eh bien non ! Voyez, dit JESUS, combien une foi, même de la taille d’une graine de moutarde, peut donner une force inouïe à votre parole : « Arbre, déracine-toi et va te planter dans la mer. » Et l’arbre vous obéirait.

Mais, me direz-vous, comment grandir dans une telle confiance en JESUS ? Ce dimanche, la messe nous offre quatre possibilités concrètes. Vous verrez, ce sont quatre attitudes simples qui peuvent avoir de grands effets.

La première ? Les poèmes et le chant. Sainte Thérèse de Lisieux parle à Dieu comme les amoureux le font. Pour elle, prier, ce n’est pas lui réciter des formules, mais lui exprimer son amour tout simplement : « Jeter des fleurs pour JESUS... » Et lorsque le poème est chanté, comme nous l’entendrons tout à l’heure, lorsque le chant prend toute une vie, comme ce fut le cas pour Édith Piaf dont la vie spirituelle est sans doute trop peu connue – amis téléspectateurs français, vous le verrez dans le documentaire après la messe –, alors la foi « graine de moutarde » produit ses effets. Essayez chez vous : avec la force d’un chant, d’une musique fredonnée, d’un poème murmuré... vous verrez des arbres aller se planter dans la mer quand, par exemple, des visages tristes retrouveront la joie ou des cœurs brisés un peu de consolation...

La seconde manière de grandir en confiance ? Attendre. Comme Habacuc, dans la première lecture, nous pouvons nous étonner que le Seigneur soit sourd à nos appels au secours, comme s’il restait là « à regarder notre misère », « violence », « dispute et discorde », sans intervenir. Le Seigneur répond à Habacuc qu’il agira, « à son heure ». Et il lui demande d’attendre, d’espérer, de garder confiance... Cette attente, cette fidélité au Royaume qui vient, ne les avons-nous pas expérimentées lors de la journée de prière et de jeûne pour la paix en Syrie, dont nul ne conteste aujourd’hui les effets ?

La lettre de Paul à Timothée propose une troisième piste pour « grandir » dans la foi. Celle du réveil : « Réveille en toi le don de Dieu » que tu as déjà reçu. Ce sursaut nous saisit chaque fois que nous réalisons un peu plus la force de Dieu qui est en nous depuis le jour de notre baptême. Une parole entendue – une lettre reçue, un SMS, ou encore un synode, comme ici dans la région du Nord-Pas-de-Calais – réveille brusquement ce qui dormait en nous : « un esprit de force, d’amour et de raison ». Et ce que nous croyions impossible, le devient d’un seul coup.

Enfin, l’évangile lui-même ouvre une quatrième possibilité. Prendre la tenue du serviteur, et du serviteur qui se sait quelconque, c’est-à-dire ordinaire : garder les bêtes, labourer. On pourrait dire aujourd’hui : élever ses enfants, visiter des malades, aider les personnes fragiles... Ou encore travailler, chercher un emploi sans se décourager, donner de son temps à ses amis, comme à des pauvres qui n’ont plus d’amis... Les petits gestes de service balisent le chemin d’une foi qui produit de grandes choses et fait entrer dans la joie de Dieu. La joie d’aimer et de servir.

Chanter, attendre, se réveiller, servir... La foi n’a jamais été une question de taille. Peu de foi produit beaucoup d’effet. Je vous en prie : essayez, vous verrez !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 13 Oct 2013, 7:28 pm



13/10/2013, 28e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Apprendre à dire merci

Frères et Sœurs,

Les États généraux du christianisme ne sont pas une assemblée parlementaire, représentative des différents courants qui traversent l’Église. Ils n’ont pas pour but de faire des bilans ou d’élaborer un plan de réforme. Ce sont simplement des journées de fraternité où une grande place est accordée à la rencontre, à l’échange. Que de thèmes abordés dans les ateliers et les tables rondes !

Cette initiative propose un lieu de parole dans l’Église catholique et avec les autres confessions chrétiennes, un dialogue avec l’ensemble de la société et de la culture contemporaines. On parcourt de vastes domaines de débats, et on ne craint pas d’aborder « les sujets qui fâchent », comme on dit.

Dans ces États généraux, la Messe tient une place unique ; elle nous invite à revenir au centre et à tout remettre dans la lumière de l’Évangile. La page que nous venons d’entendre nous rapporte la rencontre de dix lépreux avec le Christ, et leur guérison. Comme eux, en pensant à tous les foyers de lèpre dans notre monde, nous n’hésitons pas à crier notre détresse et notre confiance : « JESUS, Maître, prends pitié de nous ! »

Dans ces lieux de souffrances, dans ces « périphéries » du monde, comme dit le pape François, le Seigneur agit. Aujourd’hui, comme hier et toujours, des malades sont guéris, des cœurs sont purifiés, des hommes sont sauvés.

Mais pourquoi donc un seul des dix lépreux revient-il vers JESUS « en glorifiant Dieu à pleine voix » et se jette-t-il à ses pieds pour lui rendre grâce ? On entend alors cette question de JESUS, posée avec une certaine amertume : « Et les neuf autres, où sont-ils ? » Serait-il vrai que neuf disciples de JESUS sur dix omettent de le remercier ? Ou bien qu’il y aurait dans nos cœurs 90 % d’ingratitude ?

Cette interrogation nous rappelle celle de Dieu qui, après avoir accompli les merveilles de la création, « venait se promener dans le jardin » et s’étonnait de ne pas trouver Adam et Eve. Et Dieu appelle l’homme : « Où es-tu ? » Oui, c’est une question profonde et douloureuse. Où sont-ils, les hommes ? Pourquoi sommes-nous si rarement là où Dieu nous attend et où il aimerait nous trouver, pour bavarder paisiblement avec nous « à la brise du jour » (Gn 3, 8-9) ?

Lorsque nous parlons à Dieu, la gratitude doit tenir la place principale. Dire merci, c’est le cœur de la vie chrétienne. C’est le sens même du mot Eucharistie. C’est pourquoi la célébration de la Messe est vraiment le cœur de la vie de l’Église : Le jour du Seigneur, les disciples du Seigneur se rassemblent dans la Maison de Dieu pour se nourrir de sa Parole et du Pain vivant descendu du ciel.

En nous apprenant à dire merci, JESUS nous sort de la morosité. Il nous réveille de cette torpeur qui fait que, sans mauvais volonté de notre part, nous oublions de dire notre gratitude à Celui qui nous donne la vie et qui, avec tant d’amour, prend constamment soin de nous. « Rendez grâce à Dieu en toute circonstance » (I Th 5, 18 ; cf. Eph 5, 20), « Vivez dans l’action de grâce » (Col 3, 15) … C’est une exhortation qui revient souvent dans les épitres de saint Paul.
Frères et Sœurs, la Semaine missionnaire mondiale qui s’ouvre aujourd’hui a pour thème une petite phrase lapidaire : « L’Évangile pour tous, j’y crois ! » Or, le premier message d’Évangile que nous avons à intérioriser dans nos vies et à communiquer aux autres est très simple : Apprenons à dire merci, en particulier dans le silence de la prière du soir. Oui, la gratitude dilate les cœurs, illumine les esprits, transforme le regard sur le monde.

Béni soit-il, ce Samaritain qui se jette la face contre terre au pied de JESUS et donne l’exemple d’une reconnaissance éblouie. JESUS, d’ailleurs, lui adresse un compliment magnifique : « Relève-toi, et va : ta foi t’a sauvé. » Elle résonne fortement en nous, cette phrase du Seigneur, alors que depuis octobre dernier nous vivons une « Année de la foi ». Lorsque nous disons le « je crois en Dieu », un désir profond monte de nos cœurs jusqu’à nos lèvres, nous voulons dire merci à Celui qui nous donne tant !

Peut-être souhaiterez-vous faire le petit exercice spirituel qui consiste à remplacer dans le Credo tous les « je crois » par « je rends grâce ». N’est-ce pas l’attitude même de JESUS qui, tressaillant de joie sous l’action de l’Esprit Saint, s’écrie : « Je te rends grâce, Père, Seigneur du ciel et de la terre … » (Lc 10, 21) ?

Dans l’année de la foi, cette journée du 13 octobre est tout orientée vers Marie, la Vierge bienheureuse « qui a cru aux paroles qui lui ont été dites de la part du Seigneur ». Aujourd’hui même à Rome, devant la statue de Notre-Dame de Fatima, le pape François consacre le monde entier au Cœur Immaculé de Marie. Comme dans bien d‘autres diocèses, nous aurons la joie de nous joindre à sa prière, ce soir, avec tous ceux qui seront réunis à la Basilique de Fourvière, puis à la Primatiale Saint Jean.

Marie, on peut dire qu’elle a vraiment su dire merci quand elle a entrevu les merveilles que Dieu venait d’accomplir dans sa vie. Elle n’a pas craint d’exprimer avec force sa reconnaissance en chantant le Magnificat. Bouleversée par tant d’amour, elle crie la grandeur de Dieu et son cœur « exulte de joie » en Lui.
Voilà donc un bel enseignement de l’Évangile d’aujourd’hui. La foi ouvre nos yeux sur les merveilles que Dieu accomplit et elle nous apprend à dire merci.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 13 Oct 2013, 8:07 pm





L'Homélie du 13 Octobre ci-dessus est le commentaire de l'Evangile suivant,


Citation :
Luc 17,

11 JESUS, se rendant à Jérusalem, passait entre la Samarie et la Galilée.

12 Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent:

13 JESUS, maître, aie pitié de nous!

14 Dès qu'il les eut vus, il leur dit: Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris.

15 L'un deux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix.

16 Il tomba sur sa face aux pieds de JESUS, et lui rendit grâces. C'était un Samaritain.

17 JESUS, prenant la parole, dit: Les dix n'ont-ils pas été guéris? Et les neuf autres, où sont-ils?

18 Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu?

19 Puis il lui dit: Lève-toi, va; ta foi t'a sauvé.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 20 Oct 2013, 7:00 pm



20/10/2013, 29e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Prie-t-on pour être exaucé ?

Frères et sœurs, Dieu se fait-il prier ? Est-il sourd à nos prières, lent à nous exaucer ? C’est une question partagée par beaucoup de croyants, par des incroyants aussi, fatigués peut-être de prier un Dieu qui ne répond pas. Un Dieu qui serait aux abonnés absents.

Pour inviter ses disciples à changer de mentalité quant à la prière et à l’image qu’ils se font de Dieu, JESUS, comme à son habitude, raconte une parabole, une petite histoire chargée de faire réfléchir ses auditeurs. Un juge inique, sans foi ni loi, lassé par l’insistance d’une veuve, finit, de guerre lasse, par lui accorder ce qu’elle demande. L’argument de JESUS est fort simple : si même ce juge a fini par craquer, combien plus Dieu répondra à ses élus qui l’implorent.

Mais alors, Dieu serait-il comme ce juge qu’il faudrait avoir à l’usure en lui tirant les oreilles pour qu’il nous écoute ? Ce n’est pas la conséquence qu’en tire JESUS. Dieu n’est pas un tyran capricieux ou indifférent à nos besoins et la prière ne consiste pas à essayer, parfois en vain, de lui soutirer des grâces. Pour comprendre la parabole, il faut relire la question finale de JESUS : « Le fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Ce n’est pas Dieu qui semble attendre de nous répondre, c’est notre foi qui est, parfois, aux abonnés absents. S’il importe de prier sans cesse et de ne pas se décourager, ce n’est pas parce que Dieu serait lent ou sourd. Au contraire, le fait qu’il s’empresse de répondre à ceux qui l’appellent devrait aller de soi. La preuve, c’est que même un mauvais juge finit par s’y résoudre.

La difficulté ne tient pas à l’exaucement, mais à la prière. Or, la prière n’a pas pour but de mobiliser Dieu, puisque Dieu est déjà là et qu’il attend, mais d’apprendre à croire, c’est-à-dire à faire confiance. Le mot « foi » ne renvoie pas d’abord à des croyances, mais à ce que nous appelons la confiance. Mais celle-ci n’est pas un état acquis une fois pour toutes : on n’est pas croyant, mais on le devient en faisant confiance, jour après jour, envers et contre tout. Le français le dit bien : on fait confiance, cela se travaille, se construit. On comprend dès lors mieux pourquoi JESUS puisse demander si le fils de l’homme trouvera la foi sur la Terre. Trouvera-t-il des hommes et des femmes qui cherchent, qui font confiance en ce Dieu qui prend soin d’eux ? Peut-être que se trouve là la principale difficulté de la prière : nous n’arrivons pas toujours à croire que ce que Dieu nous donne, c’est pour notre accomplissement, notre bonheur.

Avons-nous vraiment envie de recevoir quelque chose de Dieu ? Nous risquerions de recevoir ce que nous n’avons pas demandé... Donne-t-il plus d’avoir, de bien matériels, d’argent sur nos comptes en banque ? Non, il donne l’esprit de pauvreté, le manque ouvert au don de la relation, la seule véritable richesse. Donnerait-il plus de pouvoir, de supériorité sur les autres ? Non, il donne l’esprit de service qui nous rend responsables et solidaires les uns des autres. Nous rendrait-il plus avantageux, plus jeunes, plus beaux, attirants ? Non, il donne l’humilité qui est la vertu de ceux qui croissent et portent du fruit sans écraser les autres. Ces dons forment ce que la Bible appelle la justice, l’art d’être bien ajusté les uns aux autres, avec soi et avec Dieu. Cet ajustement demande la confiance, s’en nourrit et change tout dans le monde. Le désirons-nous vraiment, ce changement, ce monde nouveau où il n’y aurait plus de juges imbus d’eux-mêmes et de pauvres veuves laissées à leur misère ? Voulons-nous vraiment ce que JESUS appelait le Royaume de Dieu, le projet social de son Père qui modifie de fond en comble nos rapports de force ? Ce monde plus juste et fraternel est à portée de notre prière, laquelle change notre cœur et nous apprend à faire confiance.

C’est donc, avertit JESUS, notre peur d’être exaucé qui paralyse Dieu, notre méfiance qui empêche notre cœur de recevoir ce qui est déjà donné, en abondance. Dieu ne veut enfoncer la porte de notre cœur ni nous contraindre : c’est pourquoi seule notre confiance lui permet de nous donner son Esprit.

Prie-t-on pour être exaucé ? Non, c’est le contraire : on prie parce qu’on a déjà été exaucé. Toute prière s’épanouit en merci. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 27 Oct 2013, 9:52 pm



Citation :
Luc 18,

9 Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres:

10 Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain.

11 Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain;

12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.

13 Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.

14 Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé.



27/10/2013, 30e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

La prière du pauvre

Nous vivons à une époque médiatique. Pour être bien vu, il faut correspondre à l’image publicitaire du moment en matière de mode, de mœurs, de choix de société. Se positionner dans l’opinion dominante.

Chrétiens catholiques, nous savons que nous n’avons pas à être comme tout le monde : nous appartenons au Christ. « Le mystère de notre religion, c’est le Christ. » (1 Tm 3, 16) Nous avons à être dans le monde sans être du monde. (cf Jn 17) Souvent il nous faut penser et agir à contre-courant de l’opinion générale marquée par l’individualisme et le subjectivisme. Nous devons affirmer la différence chrétienne.

Mais gardons-nous bien de nous comporter en pharisiens. Les pharisiens ne sont pas forcément des hypocrites. Ils sont enfermés sur eux-mêmes à partir d’une image qu’ils se donnent, une image de supériorité. Ils se drapent dans le commentaire de la loi religieuse avec la rigueur de la discipline morale. Mais ils méprisent les autres. Leurs propres traditions prennent le pas sur l’esprit de la loi et le sens profond de la foi. Gardons-nous bien aussi de nous prendre trop vite pour de « bons publicains », trafiquant des droits de passage en passe-droits et en impôts, se frappant la poitrine pour se dédouaner en conscience, mais ne changeant rien à leurs comportements et à leurs turpitudes. Ces « bons publicains » deviendraient vite des pharisiens à leur manière.

En réalité, il y a du pharisien et du publicain en nous. Chacun a tendance à faire briller la meilleure facette de lui-même et à se culpabiliser quand il n’arrive pas à changer son image dégradée pour retrouver l’apparence perdue. L’essentiel n’est point d’apparaître, mais d’être. Chacun de nous est appelé à être un enfant de Dieu « conforme à l’image de son Fils. » (Rm 8,29) Et JESUS est « l’image du Dieu invisible, premier né de toute créature, car en lui tout a été créé, dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles comme les invisibles. » (Col 1, 13 – 15 et 16)

Alors, il s’agit de laisser JESUS-crucifié-ressuscité prendre toute sa place en nous. En cette Année de la foi, retrouvons confiance en Dieu, en chacun de nous, en nous-même et dans les autres, comme Dieu le veut. Foi et confiance, c’est tout un. La confiance est appelée à être réciproque entre Dieu et nous, nous et Dieu. Dieu croit d’abord en l’homme pour que l’homme puisse croire en lui. La relation à Dieu « Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit » nous établit dans une relation filiale avec le Père. Au nom du Père ? Je suis donc son enfant par JESUS, avec lui et en lui.

La réussite humaine ne repose plus sur le succès apparent, même religieux, mais sur la relation d’amour dans la vérité, la justice, la liberté et la paix. Si tu te laisses guider par l’Esprit dans cette trajectoire, tu pourras t’aimer et « aimer ton prochain comme toi-même ». (cf Mt 22, 39) Tous tes péchés sont crucifiés sur le corps crucifié de JESUS. Sa résurrection devient ta résurrection. Tu as été pharisien. Comme tout le monde à un moment donné. Et puis tu te trouves à distance de ton image projetée. Tu te trouves publicain face à une faille, face à ton péché. De ton cœur jaillit un cri « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. » (Lc 18, 13) Sous le travail de l’Esprit, la porte s’ouvre parce que tu ouvres la porte. C’est ton cœur qui s’est ouvert parce que le cœur de Dieu s’est ouvert pour toi. Dieu entre. Tu rentres en toi, chez toi, « devenu juste » par Dieu.

Il n’y a plus de pharisien, ni de publicain. Il n’y a que toi, moi, les autres et nous en Dieu. Maintenant. Et si « par faiblesse je tombe quelquefois, qu’aussitôt votre divin regard purifie mon âme consumant toutes mes imperfections, comme le feu transforme toute chose en lui-même. » (Sainte Thérèse de l’Enfant-JESUS) « La prière du pauvre traverse les nuées. » (Ben Sirac le Sage 35-17) Que dans sa justice miséricordieuse, un jour, le Seigneur, le juge impartial, puisse nous remettre la récompense du vainqueur, « comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire. » (2 Tim. 4,8)




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 03 Nov 2013, 7:22 pm




Citation :

Luc 19


1 JESUS, étant entré dans Jéricho, traversait la ville.

2 Et voici, un homme riche, appelé Zachée, chef des publicains, cherchait à voir qui était JESUS;

3 mais il ne pouvait y parvenir, à cause de la foule, car il était de petite taille.

4 Il courut en avant, et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu'il devait passer par là.

5 Lorsque JESUS fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit: Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison.

6 Zachée se hâta de descendre, et le reçut avec joie.

7 Voyant cela, tous murmuraient, et disaient: Il est allé loger chez un homme pécheur.

8 Mais Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit: Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j'ai fait tort de quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple.

9 JESUS lui dit: Le salut est entré aujourd'hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d'Abraham.

10 Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.




03/11/2013, 31e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

La première communion de Zachée

Pour l’anniversaire, que nous fêtons ce matin avec Le Jour du Seigneur, du texte du Concile Vatican II sur la liturgie, la façon de célébrer la messe, est-ce que vous auriez préféré que nous soyons dans une cathédrale ? Dans une de nos magnifiques cathédrales, avec ses piliers et ses voûtes qui prônent la grandeur de Dieu, plutôt que dans cette petite église où nous sommes proches de JESUS ? Les cathédrales ont l’avantage de la grandeur. Elles donnent une impression de puissance, un sentiment de sécurité.

Zachée était à l’opposé : il était petit et détesté. Son métier était de ramasser les impôts pour l’occupant romain : il était riche et méprisé. S’il avait été de belle stature, il aurait été moins mal vu. Nous sommes jugés sur les deux, sur le physique et sur l’argent. L’histoire de Zachée nous touche parce qu’il s’était perdu dans sa propre vie. Il avait perdu le sens de sa vie. Perdu comme le fils prodigue, perdu et retrouvé lui aussi. JESUS s’est arrêté devant Zachée. Il l’a appelé : « Il faut que j'aille demeurer chez toi. » Et depuis ce jour, nous savons que tout homme, toute âme, peut être transfigurée par le Christ, par les sacrements de l’Église.

Dans l’entretien que le Pape a accordé aux revues jésuites début octobre, il cite cette maxime de saint Ignace, disant que ce qu’il y a de merveilleux avec Dieu est qu’il ne se laisse pas enfermer par ce qu’il y a de plus grand, mais il consent à être contenu par le plus petit. C’est ce que JESUS fait avec Zachée. C’est ce que JESUS fait avec nous à la messe. Bien sûr qu’il est magnifique de célébrer dans une cathédrale. Mais la beauté de la liturgie ne tient pas à son apparence : elle tient à la venue de JESUS dans nos âmes, pour que nous devenions des saints.

Tel est le sens de la réforme liturgique du Concile Vatican II. Le pape François dit qu’elle fut « une relecture de l’Évangile ». Elle s’applique à Zachée. Le Concile dit en effet que le rôle de la liturgie est de « fortifier les énergies ». Fortifier et canaliser quand on voit Zachée qui court, qui grimpe, qui descend, qui donne, avec un empressement un peu désordonné. L’énergie est divine quand elle est une ardeur à faire le bien, quand elle sert à proclamer les merveilles de Dieu, à soigner ce qui est blessé, réparer ce qui est faussé.

Ensuite, le Concile dit que « la liturgie n’épuise pas toute l’activité de l’Église » : elle suppose une conversion, comme pour Zachée. « Il est nécessaire, avant que les hommes puissent y accéder, qu’ils soient appelés à la foi et à la conversion. » Elle implique alors un changement de vie, comme pour Zachée : la vérité de la liturgie, le critère de la prière, c’est la charité. Voilà, dit Zachée, je vais donner aux pauvres la moitié de mes biens et réparer le mal que j'ai fait.

Autrement dit, cette venue de JESUS chez Zachée fut sa première communion. Il fait l’expérience du mystère de la messe : elle est « le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps, la source d’où découle toute sa vertu. » Dans l’hostie, ce qu’il y a de plus grand est contenu dans ce qu’il y a de plus petit : le Christ est venu chercher et sauver ce qui était perdu.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 10 Nov 2013, 7:01 pm



Citation :
Luc 20,

27 Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, s'approchèrent, et posèrent à JESUS cette question:

28 Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu'un meurt, ayant une femme sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère.

29 Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans enfants.

30 Le second et le troisième épousèrent la veuve;

31 il en fut de même des sept, qui moururent sans laisser d'enfants.

32 Enfin, la femme mourut aussi.

33 A la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle donc la femme? Car les sept l'ont eue pour femme.

34 JESUS leur répondit: Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris;

35 mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris.

36 Car ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection.

37 Que les morts ressuscitent, c'est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob.

38 Or, Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous sont vivants.



10/11/2013, 32e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Il n’est pas le Dieu des morts, mais celui des vivants !

De la fête de Toussaint jusqu’à celle du Christ-Roi, la liturgie de ce mois de novembre tourne nos yeux vers l’au-delà de cette vie terrestre, vers la vie éternelle, la vie en Dieu. Les trois lectures de ce dimanche viennent nourrir notre foi et soutenir notre espérance.

La première nous montre la croyance en l’autre vie déjà présente dans le cœur de ces martyrs d’Israël persécutés et mis à mort sous le règne du roi Antiochus. Quelle force intérieure ! Quelle espérance ! Comment ne pas penser aux martyrs d’aujourd’hui ! Nous autres évêques, nous avons accueilli au cours de ces journées de travail, le témoignage de souffrance et de foi de nos frères chrétiens de Syrie et d’ailleurs. Ils puisent dans cette espérance la force pour tenir, lutter et pardonner. Nous en avons des témoignages multiples. J’en ai eu moi-même par des Syriens vivant à Marseille, qui les recevaient de leurs parents présents à Maloula au moment des récentes violences. Nous sommes nombreux aussi à pouvoir témoigner de la lumière intérieure qui habite bien des croyants au moment de mourir. Le refrain du psaume pourrait être leur prière : « Le jour viendra, Seigneur, où je m’éveillerai en ta présence ! »

La controverse entre les Sadducéens et JESUS dans l’évangile nous montre, pour sa part, combien la foi en la résurrection n’était pas acquise et qu’elle faisait même l’objet de moqueries déplacées. Cette histoire des sept frères et de la veuve de l’aînée est suffisamment caricaturale pour que JESUS ne s’y arrête pas et rappelle seulement qu’on ne peut pas imaginer la vie éternelle à partir de celle-ci. Elle n’en est ni le prolongement, ni le recommencement ! Elle en est l’accomplissement. Quand JESUS se montrera vivant à ses disciples au-delà de sa mort, il ne s’agira plus d’une discussion ou d’une théorie, il s’agira d’une expérience réelle de sa présence renouvelée et de l’accomplissement de la promesse du Père dans son amour fidèle. « Là où je vais, vous serez vous aussi ». Cela nous suffit ! Être avec celui qui habite nos cœurs nous suffit, nous comble et nous comblera.

Enfin dans sa seconde lettre aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul tire les conséquences de cette foi et de cette espérance : Nous y trouvons «  réconfort et joyeuse espérance ». « Nos cœurs sont affermis dans tout ce que nous pouvons faire et dire de bien. » Paul les invite encore à prier pour que « la Parole du Seigneur poursuive sa course ».

Chers amis, voilà bien notre condition et notre mission aujourd’hui dans notre pays ! Témoigner de notre foi en Christ Ressuscité, par la manière même de vivre notre vie, nos épreuves, nos joies, nos engagements, les moments où la mort menace et frappe. Faisons-le de manière fidèle le dimanche, ce jour où depuis plus de 2000 ans, les Baptisés se rassemblent pour fêter le Christ, soleil levant, vainqueur du péché et de la mort, pour participer au repas du Ressuscité, signe de celui que le Père prépare en son Royaume ! Maintenons vivante la mémoire du Seigneur ! Et ensuite, persévérons dans notre vie de croyants, nous qui proclamons inviolable la dignité de tout être humain appelé à vivre en Dieu et pour Dieu. Faisons-le par notre attention privilégiée pour les plus abimés de la vie !

Que le Seigneur vous comble, frères et sœurs, laissez-vous réconforter par le Seigneur JESUS. Que le Seigneur vous tienne dans l’amour et la persévérance jusqu’au moment où se lèvera pour vous le jour où vous verrez Dieu. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 17 Nov 2013, 8:22 pm



Citation :
Luc 21,

5 Comme quelques-uns parlaient des belles pierres et des offrandes qui faisaient l'ornement du temple, JESUS dit:

6 Les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée.

7 Ils lui demandèrent: Maître, quand donc cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que ces choses vont arriver?

8 JESUS répondit: Prenez garde que vous ne soyez séduits. Car plusieurs viendront en mon nom, disant: C'est moi, et le temps approche. Ne les suivez pas.

9 Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent premièrement. Mais ce ne sera pas encore la fin.

10 Alors il leur dit: Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume;

11 il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.

12 Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l'on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom.

13 Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage.

14 Mettez-vous donc dans l'esprit de ne pas préméditer votre défense;

15 car je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ou contredire.

16 Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs d'entre vous.

17 Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom.

18 Mais il ne se perdra pas un cheveu de votre tête;

19 par votre persévérance vous sauverez vos âmes.




17/11/2013, 33e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

La prière

Frères et sœurs, chaque fin d’année liturgique, les lectures évoquent la fin des temps dans un langage, il faut bien l’avouer, fort peu rassurant. Nous sommes bien loin d’un happy end ! Et voilà que surgit cette question lancinante : face à la maladie, au mal qui nous malmène, aux bouleversements de notre société, au temps qui passe et semble effacer nos rêves, que pouvons-nous espérer, honnêtement, sans mentir à nous-mêmes ? Lorsque nous sommes submergés par des événements douloureux, comment garder vive notre espérance, sans fuir ce monde ?

L’Évangile vient toujours nous offrir un sens possible. Quelle que soit notre situation de vie, notre Dieu de patience vient sans cesse nous convier à l’espérance. Voilà cette sagesse venue d’en haut dont parle l’Évangile ! Sage est celui qui, patiemment, persévère à croire en l’humain, au-delà de toute peur et de toute désespérance. Sage est celui qui ne se résigne pas face de l’échec, mais persiste à voir le temps qui passe comme un lieu d’accomplissement. Pour maintenir vive cette confiance, il n’existe aucun chemin tout tracé. D’ailleurs, à l’entame de l’Évangile, JESUS nous met en garde contre ceux qui viendraient offrir des réponses toute faites. Toutefois, pour avancer sur les chemins de cette espérance, l’Évangile nous donne deux petites clés, autant de paroles d’encouragement offertes à celles et ceux qui veulent vivre plus intensément leur vie. Deux clés de sagesse pour ajouter de la vie à nos jours. Elles nous invitent à changer notre regard sur le temps, à redécouvrir ce qu'il est pour nous réellement : autant de moments où l’éternité de Dieu peut faire irruption. Ces deux clés que l’Évangile nous offre sont intiment liées : il s’agit de la patience et de la persévérance. La sagesse de la patience est cette faculté de découvrir à travers les épreuves un horizon toujours possible. Patient est celui accepte son incomplétude, qui reconnaît que le sens lui reste voilé, mais qui maintient vive son espérance en un dénouement heureux. Le sage est celui qui voit les épreuves comme des lieux où il reste possible grandir. Qui voit le temps qui passe comme le don gratuit d’un Dieu patient, qui prend le temps de le donner ? Le temps est le chemin que prend l’éternité de Dieu pour nous rejoindre.

Voilà cette sagesse venue d’en-haut et que notre monde si pressé oublie par peur de la mort : goûter patiemment le temps qui passe, c’est redécouvrir que chaque instant est un don. Du temple, de nos structures, de ce que nous contemplons en dehors de l’humain, il n’en restera pas pierre sur pierre. Mais en chaque être, il y aura toujours cette lumière divine qui ne passera pas, celle qui nous rappelle que nous sommes les pierres vivantes de Dieu sur terre. Pour découvrir cette espérance qui veille en nous, il nous faut de la patience tout simplement, cette clé du bien-être et plus grande que des prières. Elle nous fait goûter à l’éternité en chaque instant. Être patient, c’est prendre le temps de le donner : c’est accepter son manque, ses failles et ne pas s’y réduire. La sagesse que Dieu vient inscrire dans nos cœurs nous invite donc à être patient envers tout ce qu’il y a d’irrésolu dans nos vies. Un malade que je visitais m’a un jour confié ceci : « Avant ma maladie, je voulais sans cesse gagner mon temps et j’étais impatient de tout. Maintenant, dans cette chambre d’hôpital, j’ai découvert la sagesse. Je suis devenu un patient. » Voilà cette sagesse qui, à travers l’adversité, apprivoise le temps que Dieu nous offre et rend l’espérance toujours possible.

À côté de la patience, il est une deuxième clé qui nous est offerte aujourd’hui, celle de la persévérance. Si le dicton populaire nous dit que « persévérer dans l’erreur est diabolique », persévérer dans l’espérance, malgré les épreuves, nous fait toucher l’essentiel. Persévérer, c’est garder le courage de vivre. Persévérer consiste à croire en un horizon toujours nouveau dans notre quotidien. Au jour le jour. Patiemment. Simplement. Persévérer, c’est oser voir les inévitables difficultés comme autant de chances de maturation, des lieux de nouveaux commencements, d’enfantement.

Lorsque patience et persévérance deviennent notre prière, nous avons deux clés de sagesse pour ouvrir et fermer bien des portes. Gandhi disait que « la prière est la clé du matin et le verrou du soir ». Chaque matin, notre patience peut se faire prière, pour ouvrir la porte de l’espérance, pour croire en plus d’humanité dans notre monde blessé. Chaque soir, notre persévérance peut devenir prière, pour fermer la porte du désespoir. Patience et persévérance, deux clés remplies de confiance en l’humain, que Dieu dans sa tendresse donne à chacun et chacune de nous : deux clés de sagesse que personne ne pourra jamais nous prendre. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 25 Nov 2013, 7:34 pm






Citation :
Luc 23,

35 Le peuple se tenait là, et regardait. Les magistrats se moquaient de JESUS, disant: Il a sauvé les autres; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ, l'élu de Dieu!

36 Les soldats aussi se moquaient de lui; s'approchant et lui présentant du vinaigre,

37 ils disaient: Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!

38 Il y avait au-dessus de lui cette inscription: Celui-ci est le roi des Juifs.

39 L'un des malfaiteurs crucifiés l'injuriait, disant: N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous!

40 Mais l'autre le reprenait, et disait: Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation?

41 Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes; mais celui-ci n'a rien fait de mal.

42 Et il dit à JESUS: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne.

43 JESUS lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.



24/11/2013, Le Christ, roi de l'univers

Texte de l'homélie

Des horizons de vie

Cet Évangile, c’est un vrai réconfort ! Définitivement une bonne nouvelle !

Quand je le lis, je ressens la même joie que lorsque vous m’écrivez :
« Sans votre émission le dimanche, que serait ma semaine ! »
Ou lorsqu’un jeune vient me dire : « ça y est, j’ai trouvé l’amour de ma vie » ou encore : « je viens enfin de trouver un travail »…
Ou lorsque quelqu’un m’annonce que sa grave maladie est en voie de guérison.
Cet Évangile fait le même effet : il vous retourne véritablement parce qu’il vous aide à dégager un horizon qui vous semblait bouché !

Pourquoi notre horizon peut sembler bouché ?

Je le disais : l’avenir incertain, la maladie, la solitude. Mais ce sont aussi les regards qui nous enferment (le mien ou celui des autres sur moi). Ces classifications par lesquelles nous mettons des gens sur la touche : « jeune », « vieux », « pauvre » ou « riche ». Il y aussi le rejet, avec des discriminations scandaleuses ! Il y a le manque d’estime mutuelle, même dans notre Église catholique, avec des catégories qui nous rassurent : « réactionnaire », « progressiste », « illuminé ».

Mais nous pouvons aussi être enfermés par nos erreurs.
L’apôtre Pierre est un exemple, ici, en ce lieu. Paralysé par la peur au moment de la passion de son maître, il a failli être enfermé sous l’étiquette : « celui qui a renié JESUS » ! Mais le Christ a quand même vu en lui « celui qui serait le pasteur de son peuple ».

Et puis, l’argent et toutes sortes d’idolâtrie finissent par nous isoler du monde.
Pensez à Zachée. Il portait l’étiquette de « publicain, collaborateur du pouvoir occupant ». Mais JESUS manifeste avec lui qu’un homme peut changer de vie.

Et il y a notre péché.
Il installe en nous une culpabilité qui peut devenir une prison bien gardée par l’indignation des autres, mais aussi par notre propre incapacité à croire au pardon. Et l’Évangile part du péché, aujourd’hui, pour montrer la puissance du Christ à ouvrir des horizons de vie et à nous défaire des étiquettes qui nous enferment. Voyez sur une croix, à ses côtés, celui auquel tous collaient l’étiquette de « malfrat ». Aujourd’hui, nous ne parlons de lui que comme « le bon larron ».
Comment a-t-il fait pour passer de la honte à l’espérance ? Dépassant sa situation de malfaiteur condamné, il a regardé la croix ! Il a regardé avec les yeux de la foi ce qui devait ressembler à un terrible échec : JESUS sur la croix !
Un évêque du 4e siècle, Saint Jean Chrysostome, s’émerveillait ainsi de la croix du Christ : « Elle nous a ouvert le paradis fermé depuis cinq mille ans », disait-il. « Car c'est en ce jour que Dieu y a introduit le bon larron, nous apprenant ainsi deux choses importantes : à savoir que le ciel était ouvert et qu'un larron y avait été reçu. »

Nous sommes venus en pèlerinage à Jérusalem.

Comme le dit le psaume , nous nous tenons avec joie devant ses murs. Mais c’est parce que nous savons que ces murs, - qui furent le lieu de la passion et de la résurrection du Christ - … ces murs renouvellent notre désir du bonheur du ciel ! Et à l’école du bon larron, nous sortons de nos impasses parce que la bonté du Seigneur ouvre en nous et pour nous des horizons de vie !

Ne laissons personne jeter sur nous un regard réducteur mais laissons Dieu nous enseigner « la vraie mesure de nos jours » , l’appel au bonheur divin et à la dignité. Personne, ici-bas, ne peut nous enfermer sous une étiquette de « pécheur », « malade », « obscurantiste », « vieux » ou « jeune »…

Pour finir,
voyez justement l’étiquette qui avait été collée à JESUS, par dérision : « Roi des juifs ». Aujourd’hui nous l’honorons comme « Roi de l’univers » ! Sa bonté règne avec force pour toute notre humanité. Il ne se sauve pas lui- tout seul ! Que non ! Il sauve bien le larron avec lui et nous tous avec, dans la foulée, si nous avons le courage de bousculer nos vies et de dire avec foi du fond de nos impasses cette prière : « JESUS, souviens-toi de moi ! »





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 01 Déc 2013, 7:02 pm




Citation :
Matthieu 24,

37 Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme.

38 Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche;

39 et ils ne se doutèrent de rien, jusqu'à ce que le déluge vînt et les emportât tous: il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme.

40 Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé;

41 de deux femmes qui moudront à la meule, l'une sera prise et l'autre laissée.

42 Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.

43 Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.

44 C'est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas.



01/12/2013, 1er dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Les chemins qui mènent au jour

Chaque année, c’est la même chose : alors que nous nous mobilisons pour fêter l’anniversaire de JESUS, sa naissance que la tradition a fixé au 25 décembre, l’Église nous fait entendre un évangile qui nous tourne non pas vers le passé, mais vers l’avenir. JESUS parle de sa venue, de son dernier avènement comme nous le disons, mais nous n’en connaissons ni le jour ni l’heure et, pire encore, nous serons de toutes les façons surpris, car cette venue arrivera quand nous n’y penserons pas. Quelle drôle d’affaire ! Comme si, faire mémoire de la naissance de JESUS devait nous conduire à envisager notre avenir : l’histoire que nous écrivons, sous un nouveau jour.

D’ailleurs, vous l’aurez remarqué, la Parole de Dieu que nous avons entendue s’est adressée à nous directement, à l’impératif : veillez, tenez-vous prêts, sortez de votre sommeil, revêtez le Seigneur, venez, montons, marchons, allons dans la joie... Vous entendez ? Impossible d’échapper à une mise en route. Nous n’avons pas le choix : en sortant de cette église, ou en éteignant notre téléviseur ou ordinateur, nous devrons nous mettre en marche, bouger, partir... Mais pour aller où, me direz-vous ? Pour aller à la rencontre du Seigneur ! Mais par quel chemin passer ? Où mettre nos pas pour avancer ? Oh, plusieurs directions sont possibles. Car il n’y a pas qu’une seule route qui mène à Dieu.

Il y a, par exemple, la route représentée sur la fresque du chœur de cette église dédiée à saint Louis. C’est la route de la justice qui permet aux petits de ne pas se faire écraser par les puissants. La prière d’ouverture de la messe nous a fait demander « d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur. » Chacun d’entre nous peut trouver comment faire un pas de plus en matière de justice, ne serait-ce qu’en étant moins injuste dans ses paroles, ses jugements, ses comportements, ses à priori...

Il y a aussi le chemin qui passe par la rencontre des peuples étrangers. Isaïe nous l’a rappelé : toutes les nations afflueront vers le Seigneur. Alors, dès ce dimanche, à nous de faire quelques pas avec les étrangers qui vivent près de chez nous. C’est une belle manière de tracer un chemin sûr qui conduit vers Dieu.

Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, saint Paul ouvre une autre piste, celle du « combat de la lumière ». Le mot « combat » peut nous surprendre. Et d’une certaine manière, c’est bien qu’il nous choque. Pourquoi ? Parce que saint Paul appelle jalousies et disputes entre chrétiens, ces zones d’ombre que nous avons parfois du mal à regarder en face. Comme par exemple la coexistence de sensibilités ecclésiales différentes dans une même paroisse, ou encore la difficulté à donner toute leur place à des nouveaux venus qui bousculent des habitudes bien ancrées. Si nous voulons faire barrage à ces jalousies ou disputes, c’est certainement tout un parcours du combattant qui nous attend : faire la paix avec soi-même et avec les autres. En un mot : se réconcilier.

N’oublions pas la bonne nouvelle de Noël : ce « combat de la lumière », JESUS l’a déjà gagné pour nous. N’est-il pas né, n’a-t-il pas vu le jour, en pleine nuit ? Et la date choisie pour sa naissance, n’est-elle pas le jour où la lumière commence à l’emporter sur les ténèbres ?

Il nous appartient d’emprunter, dès maintenant, les chemins qui mènent au jour. Rendre justice, accueillir les étrangers, faire la paix : allez, courage, en marche ! Le Seigneur vient. Ne soyons pas surpris. Nous ne pourrons plus dire : « nous ne savions pas vers où marcher. »




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Déc 2013, 8:10 pm



Citation :

Matthieu 3


1 En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée.

2 Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

3 Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu'il dit: C'est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

4 Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui;

6 et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.

7 Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?

8 Produisez donc du fruit digne de la repentance,

9 et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

11 Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.

12 Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point.


08/12/2013, 2eme dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Une parole salutaire qui invite à la conversion

« Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? » L’expression peut faire peur. Elle nous apparaît peu conforme à ce que nous pensons savoir de Dieu. N’est-il pas quelqu’un qui apporte avec lui paix et consolation ? N’est-il pas miséricorde ? Bien sûr qu’il est cela. Cependant, la parole de Jean-Baptiste et plus encore sa personne, révèlent une qualité fondamentale de Dieu : c’est sa justice. Il est quelqu’un qui a un projet sur notre monde, sur les relations qui doivent régner entre nous, il a pouvoir et autorité sur tout ce qui existe, car tout a été fait par lui. Or, c’est toute cette réalité qui entend se manifester, avec toute la force de Dieu, qui explique cet événement de la colère de Dieu. N’en ayons pas peur, car nous savons qu’elle révèle la vérité dans nos vies, dans nos relations, dans l’ordre dans lequel doit s’édifier ce monde. Avec cette vérité, c’est la paix véritable qui advient, c’est l’harmonie entre les êtres les plus divers qui devient réalité, c’est l’amour qui se révèle au cœur de notre monde. Au fond, heureusement qu’il y a la colère de Dieu ! Heureusement qu’il y a quelqu’un qui est là et dont la présence atteste que toutes les réalités qui sont les nôtres ont un sens, même si nous ne le voyons pas pleinement dès ici-bas. Voilà le grand bienfait qu’apporte Jean-Baptiste dans notre monde d’aujourd’hui. Car, en sa personne, c’est l’avènement du Seigneur qui est annoncé sans plus tarder. Sa parole est tranchante, certes, mais libératrice en vérité, car elle nous réveille et nous prépare à l’essentiel. Nous avons besoin d’une telle parole, tant il est vrai que nous « fuyons » ce qui est essentiel dans nos vies. Nous sommes en effet très habiles pour remettre à demain la décision dont nous savons pourtant qu’elle est bonne pour nous. Et donc, heureusement qu’il y a tel ou tel événement qui, lu à la lumière de cet évangile, nous réveille et nous rappelle l’urgence de la conversion à laquelle nous sommes appelés.

Quêter l’essentiel, le vrai, pour accomplir le bien et la justice, telle est aussi en définitive la tâche de l’université. Et comme le précise saint Paul dans la 2e lecture, cette quête du vrai et du bien est un chemin où Dieu lui-même vient à notre rencontre par sa Parole : « Frères, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture.» Dit autrement, qu’apprenons-nous à l’université si ce n’est d’être toujours prêts à rendre compte de l’Espérance qui est en nous ? (1 Pi 3, 16)

Rendre compte de l’Espérance est appelé à prendre chair dans notre vie d’étudiant, de professeur, de membre du personnel administratif et technique. C’est en ce sens que le Bienheureux Jean Paul II, dans ce qui constitue la charte des universités catholiques : la constitution apostolique Ex Corde Ecclesiae, évoque la tâche de l’université comme celle d’« unifier existentiellement, dans le travail intellectuel, deux ordres de réalités qu’on a trop souvent tendance à opposer comme si elles étaient antithétiques, la recherche de la vérité et la certitude de connaître déjà la source de la vérité. »

Bref, il ne suffit pas d’entendre une parole qui nous interpelle de loin. Il s’agit d’accueillir une parole qui appelle à changer de vie, à produire des fruits de conversion. Il s’agit en fait de nous préparer, dès aujourd’hui, à ce monde nouveau auquel le Seigneur nous invite. Nous y préparer, c’est-à-dire nous y disposer. Qu’il devienne, dès maintenant, notre milieu naturel en quelque sorte. Voilà pourquoi il ne faut pas mal comprendre cette parole forte de Jean-Baptiste. Au contraire, elle est salutaire. Elle a la grande qualité d’être très concrète. Il nous est bien difficile de saisir ce que veut dire être baptisé dans l’Esprit Saint et le feu, et pourtant, nous le sommes, nous qui avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Bien sûr, il est de notre devoir d’approfondir ce mystère, d’en vivre jusqu’à ce qu’il s’accomplisse en nous, lorsque nous paraîtrons devant le Seigneur. Nous pressentons combien seront nécessaires ce renouvellement, cette recréation que le Seigneur nous donnera, mais il est normal de ne pouvoir tout comprendre dès aujourd’hui. Pour autant, il est très important d’accueillir la parole de Jean-Baptiste et de la mettre en pratique. Nous demandons au Seigneur sa lumière pour être touchés par cette parole forte. Elle nous invite à nous disposer devant le Seigneur qui vient nous transformer en lui. Amen !
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 15 Déc 2013, 6:58 pm



Citation :

Matthieu 11

1 Lorsque JESUS eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

2 Jean, ayant entendu parler dans sa prison des oeuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples:

3 Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?

4 JESUS leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:

5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!

7 Comme ils s'en allaient, JESUS se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu'êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?

8 Mais, qu'êtes-vous allés voir? un homme vêtu d'habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois.

9 Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.

10 Car c'est celui dont il est écrit: Voici, j'envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.

11 Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.




15/12/2013, 3eme dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Es-tu celui qui doit venir ?

Saint Jacques écrit : Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience ! Faut-il donc avoir encore tant de patience avant de voir JESUS dans la crèche, à Noël ? C’est dans dix jours : on y sera vite. Mais cette rencontre risque d’être éphémère. Ce sera aussi vite passé. Et peut-être se demandera-t-on : Que sommes-nous finalement allés voir ? Il nous arrive à tous de douter, d’hésiter. C’est une sorte de prison qui nous enferme, où la question surgit : Est-ce JESUS qui devait venir ? Est-il lui qui nous sauve ? Où donc est le salut, ce bonheur que JESUS a promis ?

Nous risquons vite de croire, dans le tourbillon de la vie qui reprend dès la saison des fêtes terminée, que notre espérance est vaine. Notre foi en un Dieu qui vient pour nous sauver est fragile. Elle a besoin d’être nourrie, soutenue, comme Jean avait besoin d’être soutenu dans sa prison. Comme à Jean, le Seigneur nous donne de comprendre un peu, déjà, qu’il est notre Sauveur, qu’il est à l’œuvre. Que nous dit-il ?

JESUS parle d’abord aux disciples de Jean : Allez rapporter ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent. Il y a des signes qui ne trompent pas. Encore faut-il les voir, là où ils se donnent à voir. La communauté de l’Arche est un de ces lieux. Ici, on ne compte plus les aveugles qui voient, les sourds qui entendent et même les morts, ceux qui ne vivent plus, qui ressuscitent ! Certes, le handicap ne disparait pas. Aux yeux des hommes, il demeure. La personne avec un handicap continue à ne pas passer inaperçue. Mais, désormais, pour elle et pour ses frères, le handicap n’est plus l’obstacle à la vie. Celui qui se voyait éteint, revient à la vie, parce que dans la communauté, on croit en lui, parce qu’on lui dit combien il est beau et digne d’être aimé. L’Arche est une école de présence et de patience, parfois bien coûteuses, de la part des assistants et des amis. Mais c’est surtout un lieu, parmi d’autres, où se manifeste une grande espérance : la confiance en un Dieu qui sauve l’homme.

Es-tu celui qui doit venir ? demande-t-on à JESUS. Lorsque la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres, jour après jour, le salut est à l’œuvre, il se déploie, il devient même contagieux ! Ça se voit, ça s’entend...

Mais peut-être, malgré tout, restons-nous encore un peu sourds, un peu aveugles ? Alors, JESUS demande à ceux qui l’entourent : Qu’êtes-vous allés voir ? Un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux-là vivent dans les palais des rois… La personne avec un handicap se promène rarement avec des vêtements luxueux et les foyers de l’Arche ne ressemblent guère à des palais de rois. Mais les apparences sont trompeuses. Au milieu du bric-à-brac de nos foyers, on rencontre de vrais messagers. À l’instar de Jean Baptiste, le prophète humble et un peu fou, la personne avec un handicap est souvent le messager envoyé pour préparer le chemin du Seigneur. Elle dérange, en cassant de vieilles barrières construites au fond de nos cœurs. Elle aplanit des montagnes de peurs. Elle rend droit des chemins si courbés d’hésitations ou d’égoïsme. Dieu sait combien de conversions se sont opérées à l’Arche par une parole, un regard, par cette simple question venant des personnes avec un handicap : Est-ce que tu m’aimes ? Je peux témoigner que la personne avec un handicap a une vocation de messager, une vocation prophétique. Encore faut-il qu’on lui donne la parole…

Es-tu celui qui doit venir ?, demande-t-on à JESUS. Lorsque la Bonne Nouvelle est annoncée par les pauvres, le salut se donne à entendre, à voir, à sentir dans la vie de ceux qui parfois n’osaient plus y croire.

Enfin, JESUS s’adresse à chacun de nous et nous invite à une découverte. Qui est ce plus petit dans le Royaume des cieux, pourtant si grand, plus grand que Jean Baptiste ? Il ne faut pas aller chercher très loin. Je le suis, sans honte, comme ce boiteux qui se met à bondir comme un cerf. Ma bouche muette crie enfin de joie. Quand j’accueille la puissance de guérison du Seigneur. Quand j’accepte qu’il se serve d’abord de l’heureuse compagnie des pauvres pour que son Royaume vienne. Drôle de venue jusqu’à nous. C’est vraiment le monde à l’envers. Mais c’est l’Évangile à l’endroit. Voilà ce que nous célébrons à Noël ; voilà aussi ce qui prend corps, jour après jour, quand l’Évangile est annoncé aux pauvres, par les pauvres, aux petits que nous sommes tous. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 22 Déc 2013, 9:22 pm



Citation :
18 Voici de quelle manière arriva la naissance de JESUS Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble.

19 Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle.

20 Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint Esprit;

21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de JESUS; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

22 Tout cela arriva afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète:

23 Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.

24 Joseph s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.



22/12/2013, 4eme dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Un cœur ajusté au désir de Dieu

Frères et sœurs, chers amis, à l’approche de Noël, les rites et les traditions familiales auxquelles nous sommes attachés peuvent nous faire penser à la douceur du ciel… Mais si vous êtes ce matin dans cette église de Malakoff ou devant votre télévision, c’est que vous savez dans le fond que Noël n’est pas un événement suspendu en dehors du temps. Car ce qui se dit à Noël, c’est au contraire que Dieu a choisi de commencer là où nous commençons tous, dans la fragilité d’une naissance, afin de renouveler et d’illuminer le monde de l’intérieur. Et comme chrétiens, nous croyons que l’histoire de tout homme a basculé en cette nuit étoilée de Bethléem.

C’est ainsi que le récit que nous venons d’entendre nous rappelle que cette nouvelle inouïe de Noël, pour qu’elle se réalise, s’en est d’abord remise à la liberté d’un homme. Cet homme, vous l’aurez reconnu : c’est Joseph, le charpentier de Nazareth. Il ne parle pas beaucoup et l’Écriture ne nous apprend pas grand-chose sur lui, sinon qu’il se retrouve un beau jour dans une situation tout à la fois dérangée et dérangeante. Car d’où vient ce mystérieux enfant que porte Marie, son épouse ? Et de qui est-il véritablement le fils ?

L’apôtre Paul donne la réponse à cette double question : ce fils, écrit-il aux chrétiens de Rome, est fils de David « selon la chair » et Fils de Dieu « selon l’Esprit qui sanctifie ». Soit. Mais Joseph n’a pas la moindre idée de tout cela ! Complètement déboussolé, il se demande plutôt comment il va pouvoir se tirer d’affaire sans trop de dégâts. Car la Loi de Moïse interdit de prendre chez soi une épouse qui n’a pas gardé sa virginité. Joseph, comme tout bon juif en pareille situation, ne peut donc pas recevoir Marie chez lui.

Vous voyez que tout semble bloqué ! Or c’est là que l’évangéliste Matthieu glisse discrètement que Joseph est un « homme juste ». Juste, il ne l’est certainement pas par rapport à la Loi, puisqu’il choisit de répudier Marie « en secret », alors qu’il aurait dû la livrer aux moqueries de la foule. Non. Si Joseph est déclaré juste, c’est à cause de sa réaction quand l’ange lui dévoile la vérité de l’enfant à naître : il accepte d’entrer avec toute la générosité de son cœur dans le mystère de Dieu qui vient au monde. Juste, Joseph l’est donc simplement parce qu’il s’ajuste au désir de Dieu. Il est juste parce qu’il consent dans la foi à devenir partie prenante d’un projet qui le dépasse : permettre à l’Emmanuel d’être vraiment Dieu-avec-nous !

Frères et sœurs, Joseph a décidé d’accueillir chez lui Marie et son enfant. Il nous fait ainsi comprendre ce que peut produire dans toute vie un cœur disponible au désir de Dieu. Mais alors… et si le grand vertige de Noël, c’était aussi cela ? Cela, c’est-à-dire la révélation d’un Dieu qui s’appuie sur notre consentement pour venir au monde, exactement comme il s’est appuyé sur le consentement de Joseph il y a deux mille ans. Je crois que Noël ne se joue pas seulement le 25 décembre, mais aussi, et de manière moins programmée, dans le plus quotidien de nos vies, dans tous ces petits bouts de chemin que nous parcourons les uns avec les autres et qui font grandir la vie. Car c’est à travers les choix que nous posons, à travers les défis que nous relevons et pourquoi pas à travers les risques que nous courons que Dieu prend chaque jour un visage humain et atteste sa présence au milieu des hommes.

Que cette eucharistie qui nous rassemble aujourd’hui réveille en nous tous les « oui » endormis, qu’elle en éveille aussi de nouveaux pour que resplendisse partout autour de nous la lumière de Noël. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 24 Déc 2013, 9:30 pm




25/12/2013, Nativité du Seigneur

Homélie de la Messe à Rome

Texte de l'homélie

1. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1)
Cette prophétie d’Isaïe ne finit jamais de nous émouvoir, spécialement quand nous l’écoutons dans la Liturgie de la Nuit de Noël. Et ce n’est pas seulement un fait émotif, sentimental ; elle nous émeut parce qu’elle dit la réalité profonde de ce que nous sommes : nous sommes un peuple en chemin, et autour de nous – et aussi en nous – il y a ténèbres et lumière. Et en cette nuit, tandis que l’esprit des ténèbres enveloppe le monde, se renouvelle l’évènement qui nous émerveille toujours et nous surprend : le peuple en chemin voit une grande lumière. Une lumière qui nous fait réfléchir sur ce mystère : mystère du marcher et du voir.
Marcher. Ce verbe nous fait penser au cours de l’histoire, à ce long chemin qu’est l’histoire du salut, à commencer par Abraham, notre père dans la foi, que le Seigneur appela un jour à partir, à sortir de son pays pour aller vers la terre qu’il lui indiquerait. Depuis lors, notre identité de croyants est celle de personnes en marche vers la terre promise. Cette histoire est toujours accompagnée par le Seigneur ! Il est toujours fidèle à son alliance et à ses promesses. « Dieu est lumière, en lui point de ténèbres » (1 Jn 1, 5). De la part du peuple, au contraire, alternent des moments de lumière et de ténèbres, de fidélité et d’infidélité, d’obéissance et de rébellion ; moments de peuple pèlerin et de peuple errant.
Dans notre histoire personnelle aussi, alternent des moments lumineux et obscurs, lumières et ombres. Si nous aimons Dieu et nos frères, nous marchons dans la lumière, mais si notre cœur se ferme, si l’orgueil, le mensonge, la recherche de notre intérêt propre dominent en nous, alors les ténèbres descendent en nous et autour de nous. « Celui qui a de la haine contre son frère – écrit l’apôtre Jean – est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres, sans savoir où il va, parce que les ténèbres l’ont rendu aveugle » (1 Jn 2, 11).
2. En cette nuit, comme un faisceau de lumière d’une grande clarté, résonne l’annonce de l’Apôtre : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » (Tt 2, 11)
La grâce qui est apparue dans le monde c’est JESUS, né de la Vierge Marie, vrai homme et vrai Dieu. Il est venu dans notre histoire, il a partagé notre chemin. Il est venu pour nous libérer des ténèbres et nous donner la lumière. En lui est apparue la grâce, la miséricorde, la tendresse du Père : JESUS est l’Amour qui s’est fait chair. Il n’est pas seulement un maître de sagesse, il n’est pas un idéal vers lequel nous tendons et dont nous savons que nous sommes inexorablement éloignés, il est le sens de la vie et de l’histoire, qui a placé sa tente au milieu de nous.
3. Les bergers ont été les premiers à voir cette “tente”, à recevoir l’annonce de la naissance de JESUS. Ils ont été les premiers parce qu’ils étaient parmi les derniers, les marginalisés. Et ils ont été les premiers parce qu’ils veillaient dans la nuit, gardant leurs troupeaux. Avec eux, arrêtons-nous devant l’Enfant, arrêtons-nous en silence. Avec eux remercions le Seigneur de nous avoir donné JESUS, et avec eux laissons monter du plus profond de notre cœur la louange de sa fidélité : Nous te bénissons, Seigneur Dieu Très-Haut, qui t’es abaissé pour nous. Tu es immense, et tu t’es fait petit ; tu es riche, et tu t’es fait pauvre ; tu es le tout-puissant, et tu t’es fait faible.
En cette Nuit, partageons la joie de l’Évangile : Dieu nous aime, il nous aime tant qu’il a donné son Fils comme notre frère, comme lumière dans nos ténèbres. Le Seigneur nous répète : « Ne craignez-pas » (Lc 2, 10). Et moi aussi je vous répète : Ne craignez pas ! Notre Père est patient, il nous aime, il nous donne JESUS pour nous guider sur le chemin vers la terre promise. Il est la lumière qui resplendit dans les ténèbres. Il est notre paix. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Déc 2013, 8:24 pm



Matthieu 2,

Citation :
13 Lorsqu'ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu'à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr.

14 Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte.

15 Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: J'ai appelé mon fils hors d'Égypte.

16 Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages.

17 Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète:

18 On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n'a pas voulu être consolée, Parce qu'ils ne sont plus.

19 Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte,

20 et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d'Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.

21 Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d'Israël.




29/12/2013, Sainte Famille

Texte de l'homélie

Sainte Famille

Vous avez vu ? Dans la Sainte Famille, il n’y a que des saints !

D’abord, le Fils de la Sainte Famille est Dieu, né de Dieu, il est le divin enfant depuis plus de 4000 ans, les prophètes nous le promettent. C’est pour lui que Dieu a appelé Marie puis Joseph !
Ensuite, il y a Marie ! Pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes, mère choisie entre toutes les mères, celle qui a porté celui qui porte tout, c’est en elle que vient JESUS. C’est pour elle que Joseph agit.
Enfin, il y a Joseph. Saint Joseph, l’homme juste, descendant du roi David, le protecteur, le chef et gardien de la sainte famille... Celui qui a obéit à Dieu et pris avec lui Marie et JESUS.

Mais, chez nous, les choses ne sont pas aussi parfaites ! Dans nos familles, il n’y a pas que des saints !

Il y a des enfants gâtés qui « râlent » souvent, il y a des frères et sœurs qui se chamaillent pour des bouts de gâteaux ou des bouts d’héritage, qui se jalousent, se disent des paroles méchantes ou, pire, ne se parlent plus (à tout âge !)…
Dans les familles de chez nous, il y a des mamans et des papas fatigués, parfois énervés, qui « en ont assez »… Ils font des bêtises eux-aussi, ils se chamaillent parfois et même certains se séparent quand ils n’arrivent plus à vivre ensemble !
Bref, nos familles ne sont pas composées à 100% de saints, mais à 100% de pauvres pécheurs !

Alors, cela veut-il dire que nos familles ne peuvent pas être saintes ? Que la Sainte Famille est trop loin de nous : admirable… mais pas imitable !?

Mais non ! Car il y a quelqu’un qui est toujours présent, à Nazareth comme ailleurs, pour tous ceux qui cherchent le bonheur, Celui qui a créé l’homme et la femme pour qu’ils vivent en famille, c’est Dieu ! Il veut être présent pour que chaque famille soit unie, à son image !
Pour cela, Il fait des cadeaux à chacun à travers les autres membres. Comme dans l’Église ! Comme dans un corps humain : les pieds marchent et ils donnent à tous le corps d’avancer ! Ils ne laissent pas les autres membres derrière eux, ils ont un besoin vital des autres !
Ainsi, dans toutes les familles, chaque membre donne aux autres une perfection complémentaire : l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre d’être époux, ils donnent la vie à l’enfant, l’enfant donne à la femme d’être mère, avec l’enfant, la femme donne à l’homme d’être père.

Hé bien la Sainte Famille aussi, a vécu cela : Elle n’est pas devenue sainte parce que chacun individuellement s’est affirmé dans son propre projet, mais parce que chacun a recherché d’abord le bonheur des autres !
Regardez ! Le Verbe, qui est Dieu, s’est fait l’enfant (obéissant et soumis !) de Joseph et de Marie ! Marie « pleine de grâce » s’est confiée les yeux fermés aux soins du charpentier de Nazareth ! Joseph descendant de David s’est exilé en Égypte ! Et ça n’a pas été évident !

La Sainte Famille est un modèle pour toutes les familles qui cherchent cette unité profonde par Dieu, avec Dieu et en Dieu… grandes, petites, naturelles, spirituelles, boiteuses, brisées, endeuillées, recomposées, et même celles dont les membres sont au ciel !…

Certes, pour nous, le chemin de l’unité doit surmonter les faiblesses, les blessures, les fautes passées ou présentes, et même la mort ! Il passe par l’étape douloureuse et si difficile du Pardon en famille (pardon entre époux, pardon entre frères et sœurs, pardon a ses parents, à ses enfants…). Mais c’est notre façon de sanctifier nos familles, notre façon d’imiter JESUS, Marie et Joseph, dans l’unité ! Notre façon de devenir saint !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 05 Jan 2014, 8:51 pm



Citation :

Matthieu 2

1 JESUS étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem,

2 et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer.

3 Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

4 Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s'informa auprès d'eux où devait naître le Christ.

5 Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète:

6 Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n'es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple.

7 Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s'enquit soigneusement auprès d'eux depuis combien de temps l'étoile brillait.

8 Puis il les envoya à Bethléhem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j'aille aussi moi-même l'adorer.

9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta.

10 Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent saisis d'une très grande joie.

11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

12 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.



05/01/2014, Épiphanie du Seigneur

Texte de l'homélie

Épiphanie

En ce jour d'Épiphanie, tout semble lumineux et joyeux. Dieu s'est révélé au monde entier, la lumière véritable s'est dévoilée.

Alors, comment ne pas être tristes quand les statistiques, nos amis, parfois les membres de nos familles, semblent manifester que l'Évangile n'est pas encore accueilli par toute l'humanité et que le Seigneur n'est pas connu par toute la terre ? Comment ne pas être blessés par cette indifférence devant JESUS ?

Pour rendre compte de cet écart qui fait mal, peut-être devons-nous nous interroger : les mages sont-ils véritablement rentrés dans leur pays, dans nos pays, pour nous raconter ce qu'ils ont vu et trouver les mots pour dire le bonheur qui émanait de la crèche ? L'Évangile nous dit qu'ils sont venus et ont adoré, puis qu'ils sont repartis par un autre chemin, avertis par un songe d'éviter Hérode le menteur. Mai sont-ils arrivés ?

Le chemin qui les amenait de leur pays vers JESUS est le chemin de notre vie croyante, celui que nous prenons chaque jour, avec plus ou moins de fermeté et d'audace, pour nous approcher du Christ. Chemin dont les balises sont l'Écriture, la prière et la vie sacramentaire en Église, mais aussi la compassion et le souci du pauvre et de l'humilié. Chemin exigeant pour lequel nous cherchons souvent des raccourcis, nous trouvant en fait dans des traverses et des impasses. Exigeant certes, mais nous avançons, nous aidant mutuellement pour ne pas nous fourvoyer trop longtemps, pour ne pas abandonner. Telle est la force de l'Église par tout l'univers, la force d'un soutien fraternel pour que la marche vers le Christ ne s'arrête avant son terme : la rencontre cœur à cœur. L'Église est notre étoile pour ce parcours.

Mais il y a le chemin de retour qu'il ne faut pas oublier. Si la route du retour conduit vers le pays de chacun, elle n'est pas un retour à la case départ. Non seulement le voyage a transformé les mages, mais bien plus encore, la rencontre avec l'enfant les a bouleversés. Ils ne sont plus les mêmes, et ne peuvent plus revenir à leurs routines et leurs idées toutes faites. Ils ne peuvent plus rester des sages énigmatiques enfermés dans un savoir ésotérique réservé à une élite ou des experts en faits religieux. Ils ne peuvent être que des prêcheurs : non pas des spécialistes des discours, mais ceux qui ne peuvent pas rester silencieux à cause de l'expérience qu’ils ont faite. Ils ne peuvent pas se taire et n'ont qu'un désir, celui de raconter ce que l'enfant a fait naître en leur cœur étonné. C'est cette route là qu'il nous faut peut-être prendre à notre tour, suivant à la trace ces mages.

Cette route du retour des mages est la route missionnaire, la route de la Bonne Nouvelle partagée. L'Épiphanie ne peut pas être gardée comme un secret enfermé dans les cassettes d'encens et de myrrhe, elle ne peut qu'être proclamée, chantée, célébrée. Elle doit être annoncée pour s'étendre à l'humanité tout entière. Et c'est à nous, non pas à des sages extraordinaires, mais à des croyants ordinaires, qu'est confiée cette mission. C'est nous qui sommes appelés à prendre la route qui va de la crèche à la rue, de Bethléem à la ville contemporaine, de l'Enfant-JESUS au cœur des hommes et des femmes, nos voisins, des rois mages aux écrasés de douleur et aux désespérés.

Cette route du retour n'est pas balisée. Elle est à deviner et à ouvrir par chacun de nous à partir de son existence. La foi au Christ de l'Épiphanie est missionnaire et c'est en acceptant joyeusement cette responsabilité missionnaire que nous pourrons, avec l'aide de l'Esprit Saint, réduire un peu l'écart entre le monde tel qu'il vit et la révélation de l'Épiphanie.

Les mages ne sont peut-être pas encore arrivés, ils sillonnent toujours le monde. Ne laissons pas passer leur caravane. Embarquons avec eux. Pas besoin de billet, il suffit d’un cœur qui a su voir dans l'enfant de la crèche la lumière du monde.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 12 Jan 2014, 6:48 pm



Citation :
Matthieu 3,

13 Alors JESUS vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui.

14 Mais Jean s'y opposait, en disant: C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi!

15 JESUS lui répondit: Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus.

16 Dès que JESUS eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

17 Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection.




12/01/2014, Baptême du Seigneur

Texte de l'homélie

Renaissons avec JESUS

Chers Frères et Sœurs, avez-vous remarqué dans cet évangile l’étonnement de Jean-Baptiste (Mt 3,13-17) ?

Il dit à JESUS : « C’est moi, Jean, qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui viens à moi ! » (Mt 3,14) En effet, JESUS a-t-il besoin d’un baptême de conversion ? Quel péché a-t-il commis ? Et pourtant, il demande le baptême à Jean-Baptiste. Pourquoi ?

C’est que JESUS est en train d’accomplir un grand tournant dans sa vie : il passe de la vie cachée à la vie publique ; il sort de Galilée pour rejoindre la vallée du Jourdain, il sent un appel à sortir, à vivre un moment spirituel intense avec le baptême et à s’engager dans l’annonce du Royaume de Dieu. JESUS change de vie et pour cela, il se fait baptiser.

Et nous, savons-nous changer de vie ? Savons-nous creuser notre vie spirituelle ? Avons-nous l’ambition de changer le monde, de le rendre meilleur et plus heureux ? Car telle est l’ambition de JESUS, quand il va annoncer le Royaume de Dieu : c’est la venue d’un monde nouveau et meilleur. Et tel est le sens de notre baptême ! Il nous libère de notre tendance au mal, des œuvres mortes, dirait saint Paul (Hébreux 6,1), pour donner la vie nouvelle, faire de nous des enfants de Dieu qui produiront des œuvres de vie. Par le baptême, nous naissons à la vie de Dieu, nous naissons au Royaume de Dieu, un royaume en devenir, en construction.

JESUS lui-même vit une nouvelle naissance, puisqu’il entend cette voix du ciel qui dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. En lui, j’ai mis tout mon amour » (Mt 3,17) JESUS se découvre fils bien-aimé de Dieu. Cette nouvelle naissance de JESUS est fêtée aujourd’hui et clôture le temps de Noël. Elle nous invite tous à renaître avec JESUS, à participer à sa naissance et pas simplement à contempler sa crèche de loin, comme un objet de curiosité.

Justement, à Noël, dans cette église nous avons vécu cette expérience de renaissance. À l’initiative de la communauté Sant’Egidio, des centaines de personnes de la rue, des SDF, des familles précarisées, des enfants de ce quartier populaire, des personnes âgées, se sont retrouvés ici pour un repas de Noël partagé dans l’amitié. On lisait la joie sur les visages, surtout quand les enfants ont ouvert leurs cadeaux et les ont montrés à leurs parents ! Pour chacun des participants, cette soirée de Noël a été une renaissance, une naissance à la vie dans l’amour.

Dans cette église, en outre, sont conservés les fonts baptismaux [1] de l’ancienne cathédrale de Liège. Après la destruction de l’édifice en 1793, pendant la Révolution française, ils ont été sauvés et replacés dans cette église. Ils datent de 1122 environ et sont fondus d’une seule pièce en laiton étincelant ; l’artiste y a représenté, en plus du baptême du Christ, deux scènes complémentaires : le baptême du centurion Corneille de Césarée, par saint Pierre (dont parlait la 2e lecture de cette messe) et le baptême du philosophe Craton par saint Jean (épisode tiré des actes des apôtres apocryphes [2] ). Ces deux scènes symbolisent le baptême de la culture romaine et la culture grecque. Par le baptême, des cultures ennemies, violentes, païennes, renaissent à la vie nouvelle. Saint Pierre précisait en baptisant Corneille : « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et qui font ce qui est juste. » (Ac 10,34-38)

Voilà donc l’effet merveilleux du baptême : il réunit toute l’humanité au-delà des inégalités et il fait renaître chacun comme enfant de Dieu. Il l’entraîne à s’engager au service de la réconciliation de l’humanité en proie à la violence entre les races et les individus. Le baptême est un don d’amour qui nous est donné, au service d’un monde meilleur. Il n’est pas seulement une grâce privée pour notre salut personnel.

Je termine par une histoire du pape François. Savez-vous qu’il a été baptisé le jour de Noël ? Il appelle donc la fête de Noël sa seconde naissance [3]. À cause de cela, il a demandé un jour aux pèlerins [4] : « Et vous, connaissez-vous le jour de votre baptême ? » Il ajoutait qu’il fallait se poser la question suivante : « Pour moi, le baptême est-il un fait du passé, isolé dans une date, celle qu’aujourd’hui vous rechercherez ( !), ou une réalité vivante, qui concerne mon présent, à chaque instant ? Te sens-tu fort, de la force que le Christ te donne par sa mort et sa résurrection ? Ou te sens-tu abattu et sans force ? »
Je laisse chacun le soin de répondre en âme et conscience à la question du pape François ! Amen !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 19 Jan 2014, 9:08 pm



Citation :
Jean 1,

29 Le lendemain, il vit JESUS venant à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

30 C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi.

31 Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau.

32 Jean rendit ce témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui.

33 Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint Esprit.

34 Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu.



19/01/2014, 2e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

JESUS enlève le péché du monde

Frères et sœurs, « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » Que signifie cette exclamation de Jean-Baptiste que nous reprenons à chacune de nos eucharisties ?

Permettez-moi de vous partager une histoire, que racontaient déjà les premiers ermites de notre ère. Deux moines en voyage arrivent au bord d’une rivière en crue. Sur la berge, une femme s'adresse au plus jeune pour lui demander de l'aide, afin de traverser. Ce dernier refuse : « Ne voyez-vous pas que je suis moine et que j'ai fait vœu de chasteté ? Je ne peux pas vous prendre dans mes bras et vous porter. » Peu importe, rétorque le moine plus âgé : « Montez sur mon dos et nous traverserons ensemble. » Il s’exécute et dépose la jeune femme de l’autre côté de la rivière. Leurs routes se séparent et les moines poursuivent ensemble leur chemin. À l'approche du monastère, le jeune moine, toujours tracassé, dit au plus âgé : « Tu n’aurais jamais dû porter cette femme, cela va à l'encontre de toutes nos règles. » Et l'autre moine lui répond : « Elle avait besoin d'aide et je l'ai déposée sur l'autre rive. Moi, cela fait longtemps que je ne la porte plus. Toi, par contre, tu ne l'as pas portée, mais elle t’encombre toujours l'esprit. »

Au cours de nos existences, il peut nous arriver d’hésiter, voire de trébucher. Des choix ou des erreurs de destinée viennent souvent nous confronter à notre propre fragilité. Le désespoir, la colère, ou la culpabilité, peuvent nous envahir, alourdir notre cœur, rendre difficile notre marche. Pourquoi dois-je porter cela ? C'est dans ces moments-là que peut résonner en nous le cri de Jean-Baptiste : « Voici celui qui vient porter notre inachèvement. » Dans notre chemin d'accomplissement, nous ne sommes plus seuls face à nous-mêmes. Nous valons plus que nos erreurs ou nos errances. Nous avons du « prix aux yeux de Dieu » nous rappelle le prophète Isaïe. Voici que l'Esprit nous invite à la démaîtrise, à nous désencombrer, à oser nous laisser porter. Pour se désencombrer, il ne s'agit pas d'oublier ou d'effacer ce qui a été vécu. Désencombrer son cœur est une démarche personnelle, un acte de souvenir qui consiste à poser un regard apaisé sur son histoire et l'offrir à la tendresse de Dieu dans la confession. Lorsque cette histoire est blessée, la force du pardon pourra même nous aider à jeter un regard non douloureux sur notre vie, afin de voir ce qui peut encore renaître. Désencombrer son cœur, c'est bien relire sa vie avec les yeux de Dieu, qui ne condamnent pas car Dieu est toujours plus grand que notre cœur.

Nous osons ainsi croire que nos chemins s'inscrivent à jamais dans la tendresse divine qui nous précède. Mettre sa confiance en ce Dieu-là, c'est reconnaître que Dieu n'est jamais la cause de nos épreuves ou du mal, mais que tout au contraire, il en fait sa cause. Sa miséricorde consiste à porter en son cœur nos misères. Il vient nous offrir du courage et du sens lorsque nous nous sentons désajustés, lorsque l'écart entre ce nous sommes et ce que nous désirons être est trop lourd à porter. Si Dieu prend le chemin des humains pour nous révéler qui il est, l'Évangile nous propose de prendre le chemin de Dieu pour découvrir qui nous sommes : des fils et des filles en qui il met tout son amour, des êtres portés par Dieu, mais aussi porteurs de Dieu. Car si Dieu porte en lui les manques d'amour de notre humanité, c'est aussi pour que nous soyons porteurs de la surabondance de l'amour de Dieu.

« Que la grâce et la paix soient avec vous de la part de Dieu. » Voilà la salutation de Paul à toutes les Églises ! Voici le salut de Dieu à porter jusqu'aux extrémités du monde ! Ce salut devient ainsi salutation de Celui en qui nous aurons pour toujours notre refuge, notre demeure éternelle. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Jeu 30 Jan 2014, 8:34 pm



Citation :
Marc 9,

33 Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu'il fut dans la maison, JESUS leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin?

34 Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.

35 Alors il s'assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous.

36 Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et l'ayant pris dans ses bras, il leur dit:

37 Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé.

38 Jean lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l'en avons empêché, parce qu'il ne nous suit pas.

39 Ne l'en empêchez pas, répondit JESUS, car il n'est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi.

40 Qui n'est pas contre nous est pour nous.

41 Et quiconque vous donnera à boire un verre d'eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.




26/01/2014, 3e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Au nom du Seigneur JESUS

Au nom de JESUS Christ, notre Seigneur, nous sommes réunis pour invoquer ensemble le nom de JESUS Christ, notre Seigneur. Nous partageons des confessions chrétiennes différentes, mais nous voulons marcher sur le chemin de la coopération et de l’unité, dans un esprit de foi, de prière et d’amitié, en nous attachant au nom de JESUS.

Nous partageons la grande richesse du nom de JESUS en qui nous mettons notre espérance. Nous donnons notre vie au nom de notre Seigneur JESUS Christ. Nous quittons tout pour suivre JESUS à cause de son nom. Nous nous réunissons au nom de JESUS. Nous accueillons les pauvres et les petits à cause du nom de JESUS. Nous sommes souvent haïs à cause du nom de JESUS. Nous faisons des miracles, guérissons et chassons des démons en invoquant le nom de JESUS. En le nom de JESUS nous proclamons le repentir en vue de la rémission des péchés.

Le nom de JESUS est indivisible. Il est le nom du Fils unique de Dieu auquel nous croyons. « Il n’y a pas, sous le ciel, d’autre nom donné aux humains, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Par le nom de JESUS, nous rencontrons la personne divine du Fils de Dieu fait homme qui est Dieu avec nous et Dieu pour nous. En accueillant le nom de JESUS au fond de notre âme, de notre esprit et de notre cœur, nous accueillons le Seigneur crucifié et ressuscité qui vient se donner à chacun et chacune d’entre nous, qui a le pouvoir de faire de nous des enfants de Dieu en vérité et qui, en nous unissant à son Corps, fait de nous son Corps.

Le monde a besoin d’entendre le nom de JESUS. On entend souvent que notre monde n’a pas besoin d’un Sauveur, mais en même temps il cherche chaque jour le salut. Il le cherche à travers des moyens techniques et humains qui peuvent être une aide légitime et précieuse à l’existence, mais qui ne peuvent pas donner la paix profonde qui demeure, quelles que soient les angoisses et les souffrances. Or, le nom de JESUS est le nom de la Paix, une Paix unique et indivisible. Il n’y a qu’une Paix du Christ. Lui que la mort sur la Croix n’a pu empêcher de ressusciter, a le pouvoir de nous communiquer sa Paix. Rien de ce qui peut survenir dans notre vie, aucun péché, aucune épreuve, aucun inconnu devant l’avenir, ne peut empêcher JESUS de nous donner sa Paix.

Le monde a besoin d’entendre le nom de JESUS qui est le nom de la Grâce, une Grâce unique et indivisible. L’être humain aspire à un amour profond et réel, mais en même temps, il est confronté quotidiennement à un échec de l’amour dans sa vie personnelle, familiale et sociale. En Dieu, l’Amour n’est pas un projet. Dieu est Amour. En lui, l’Amour est une réalité éternelle. Dans le nom de JESUS, cet Amour éternel nous est révélé et communiqué. Sur la Croix, JESUS nous aime jusqu’à l’extrême de l’amour et par sa résurrection, il nous communique son amour, pour nous rendre capables d’aimer et de choisir de faire de notre vie un don désintéressé, total, libre et gratuit.

Nous sommes appelés à vivre du nom unique de JESUS et à proclamer le nom unique de JESUS. Nous ne pouvons pas le proclamer sans en vivre et nous ne pouvons pas en vivre sans le proclamer. Quoique que nous puissions être, faire ou dire, « que ce soit toujours au nom du Seigneur JESUS » (Col 3, 17). Nous sommes appelés à nous agenouiller au nom de JESUS (Ph 2, 10) à être justifiés au nom de JESUS (1Cor 6, 11) et à proclamer de JESUS Christ qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Ph 2, 11). Nous avons été créés par Dieu afin que notre vie soit tournée, aujourd’hui et pour toujours, vers le Père éternel par le Fils unique dans l’Esprit Saint. Dans le nom unique de JESUS nous est donné le nom du Salut, de la Paix et de la Grâce. JESUS Christ, nous nous prosternons devant toi : « Grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, Dieu Maître de tout ; justes et droites sont tes voies, ô Roi des nations. Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom? Car seul, tu es Saint » (Ap 15, 3-4).
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 02 Fév 2014, 7:03 pm



Citation :
Luc 2,

22 Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, -

23 suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, -

24 et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur.

25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui.

26 Il avait été divinement averti par le Saint Esprit qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.

27 Il vint au temple, poussé par l'Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant JESUS pour accomplir à son égard ce qu'ordonnait la loi,

28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit:

29 Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S'en aller en paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu ton salut,

31 Salut que tu as préparé devant tous les peuples,

32 Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d'Israël, ton peuple.

33 Son père et sa mère étaient dans l'admiration des choses qu'on disait de lui.

34 Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction,

35 et à toi-même une épée te transpercera l'âme, afin que les pensées de beaucoup de coeurs soient dévoilées.

36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité.

37 Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière.

38 Étant survenue, elle aussi, à cette même heure, elle louait Dieu, et elle parlait de JESUS à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

39 Lorsqu'ils eurent accompli tout ce qu'ordonnait la loi du Seigneur, Joseph et Marie retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.

40 Or, l'enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.



02/02/2014, Présentation du Seigneur

Texte de l'homélie

La lumière du Christ vient à nous

À travers le brouhaha des pèlerins, un jeune couple rayonnant entre dans le Temple. Il présente son enfant nouveau-né. Un vieillard le reconnaît : Cet enfant est la Lumière venue éclairer tout homme. Voilà notre foi ! Baptisés, consacrés, interprètes de la musique sacrée, nous avons mission de rayonner cette lumière, d'irradier le Christ.

Nous avons commencé cette messe, tenant en main le cierge allumé qui rappelle notre baptême. En effet, le sacrement du baptême fait descendre dans les profondeurs de notre cœur la lumière du Christ. Ce jour-là, le Christ-Lumière est venu habiter en nous. Il éclaire nos vies, nos choix, nos décisions. Il nous montre la route. Comme le dit la lettre aux Hébreux, il veut nous « rendre libres », c'est à dire nous détourner des ténèbres de l'idolâtrie de l'argent, de l'exclusion, de la violence, de l'égoïsme. Baptisés, nous sommes invités à tracer un chemin de lumière dans notre monde.

Frères et sœurs consacrés, religieux, religieuses, appelés parmi les baptisés, votre présence est majeure. Par votre consécration, vous portez le baptême chrétien à son incandescence. On ne comprend rien à votre vocation, si on ne repart pas de l'appel du Christ-Lumière dans votre vie. Quelle est, en effet, votre joie à vous, consacrés ? Sinon l'attente, la rencontre du Christ JESUS comme Syméon et Anne. Votre vie ? Un coup de cœur pour le Christ ! Vous êtes habités par la joie d'avoir accueilli le Christ-Lumière et de vous donner à lui. Au cœur de ce monde, vous choisissez d'irradier le Christ, en vivant les vœux évangéliques, chasteté, pauvreté, obéissance. Vous choisissez de ne pas avoir d’épaule le soir où reposer la tête, mais de partager votre cœur. Vous choisissez de ne pas acheter tout ce que vous voudriez, mais de partager vos biens et votre temps. Vous choisissez de ne pas décider de votre vie, mais de vous en remettre à d’autres. Le secret de la vie consacrée est là : La lumière du Christ vous attire, vous brûle, vous saisit. Grâce à vous, nous pouvons avancer avec plus d’ardeur, sur le chemin de la vraie Lumière, le chemin de la sainteté. Parmi vous, certains vivent en communautés ; des communautés fragiles parfois. Sans doute, mesurez-vous la petitesse de vos moyens. Mais de qui parle-t-on dans l’Évangile ?

De gens aux moyens puissants ? Non, mais d'Anne et Syméon, deux personnes âgées, de Marie et Joseph, rayonnants de foi. La lumière du Christ vient à nous, grâce aux pauvres de Dieu qui ont l’audace de lui faire confiance. Je suis témoin du rayonnement de ces communautés religieuses fragiles, dans les quartiers ou villages. Par elles, la lumière du Christ se rend proche de nos contemporains.

Ce matin, avec les musiciens interprètes de la musique sacrée présents à Nantes, nous sommes heureux de chanter le Christ « Lumière venue éclairer les nations ». Pour se répandre, la lumière a besoin de nos vies, de nos voix. Ensemble, faisons nôtre cette prière : « Seigneur JESUS, rayonne à travers moi et tous ceux que je rencontrerai pourront sentir ta présence auprès de moi. En me regardant, ils ne verront plus que toi seul, Seigneur ! » (Cardinal Newman)
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 09 Fév 2014, 8:29 pm



Citation :

Matthieu 5


1 Voyant la foule, JESUS monta sur la montagne; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

2 Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit:

3 Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!

4 Heureux les affligés, car ils seront consolés!

5 Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre!

6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!

7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!

8 Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu!

9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu!

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!

11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

13 Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;

15 et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.



09/02/2014, 5e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Allumez une veilleuse dans la nuit

La naphtaline est un produit bien utile pour conserver, à l'abri des mites, de vieux habits rangés dans des armoires insalubres. JESUS n'a pas dit à ses disciples : « Vous êtes la naphtaline de la terre. » Il est vrai que le sel aussi est un agent de conservation et que, par ailleurs, il ne faut pas en abuser. Mais si JESUS a invité les siens, sans les réserves que je viens de faire, à être le sel de la terre, c'est qu'il les croit capables de donner à la vie humaine une nouvelle et délicieuse saveur.

Parfois, les chrétiens inspirent du dégoût. Cela se produit, le plus souvent, quand ils s'éloignent de l'Évangile. Il leur revient de vivre de telle sorte qu'ils donnent envie à certains, et peut-être même à beaucoup, d'aller voir de ce côté-là pour sortir d'une existence fade, sans relief et sans joie. Dans un monde en quête de sensations toujours plus fortes, les chrétiens n'ont pas à rajouter du piment, à proposer pour se faire admettre des aliments extraordinaires. Ils rempliront leur mission s'ils améliorent l'ordinaire, s'ils contribuent à donner sens aux simples choses de la vie. Nous savons que ce n'est pas si facile, quand même les sentiments les plus beaux, les conduites les plus admirables, les pensées les plus sublimes peuvent se dénaturer. Il reste beaucoup à faire pour que chaque être humain ne soit pas privé de la saveur du quotidien. Et cette tâche, toujours à reprendre, est plus urgente que jamais !

Venons-en à la lumière. « Vous êtes la lumière du monde » déclare JESUS, sur un ton qu'on imagine solennel. Est-ce à dire que les chrétiens se doivent d'être des m'as-tu vu ? Certainement pas. Nous n'avons pas à nous exhiber, à nous promener avec une banderole sur laquelle on pourrait lire cette inscription : « Nous sommes la lumière du monde », à nous prendre pour le roi-soleil ou une divinité égyptienne rayonnante. Nous n'avons pas davantage à adopter un profil bas, à avoir honte de notre foi, de notre appartenance à une communauté : l'Église, même si elle est marquée par ses faiblesses et ses fautes, même si beaucoup s'efforcent de nous démontrer que le christianisme a fait son temps et qu'il est maintenant complètement dépassé. « Vous êtes la lumière du monde » : cependant, si nous donnons à cette phrase un sens absolu, nous aboutirons à des exclusives ou, du moins, nous aurons du mal à reconnaître que d'autres que nous peuvent éclairer notre pauvre terre par leur pensée et leurs actes.

Quelle est donc cette lumière que JESUS avait en tête lorsqu'il s'adressait à ses disciples ? Pour répondre à cette question, je voudrais vous faire part d'une expérience personnelle. Il y a quelques jours, je me trouvais sur une grève à l'extrême pointe de Bretagne alors qu'il faisait encore nuit. En cette fin de terre, on aperçoit plus qu'ailleurs toutes sortes de feux : feux fixes, balises clignotantes, phares balayant furtivement l'immensité, taches multicolores sur une toile obscure. La mer ni le ciel n'en étaient pas durablement illuminés. La nuit tenait encore mais ces feux suffisaient pour que les navires évitent les écueils ou ne viennent pas s'échouer sur les hauts-fonds. Et je pensais à l'évangile qui vient d'être proclamé. Je me disais : « JESUS, lumière du monde, soleil de justice, ne nous éclabousse pas de ses rayons. Pour un instant de transfiguration aveuglante, combien de jours où son visage ne faisait pas baisser les yeux ! Et les amis du Ressuscité soutenaient aisément son regard. » Je repensais aussi au poème de saint Jean de la Croix scandé par ce refrain : « Mais c'est de nuit ». En effet, JESUS, lumière dans la nuit, fait reculer les ombres mais n'instaure pas miraculeusement le plein jour.

De même façon, la flammèche du cierge allumé dans la nuit de Pâques, symbolisant le Christ vainqueur des ténèbres, brille pour tous ceux qui sont rassemblés dans la maison de l'Église sans pour autant remplir tout l'édifice. Et les cierges que les fidèles tiennent dans leurs mains forment seulement des îlots de lumière, dessinant un archipel de visages embellis, rendus à leur pureté première ou bien annonçant leur ultime transfiguration.

C'est ainsi, je le crois, par cette addition de discrètes lueurs que nous pourrons répandre sur la terre, de proche en proche, sans jamais pactiser avec nos propres ténèbres, la fragile clarté du Christ, lui qui n'a pas connu seulement le radieux soleil de Galilée mais qui a fréquenté aussi le pays ombreux de la souffrance et de la mort, qui n'a pas attendu pour se dresser à nouveau que la nuit prenne fin. Si telle est la mission du chrétien en ce monde, nul n'en est dispensé et, surtout, nul n'est incapable de la remplir. Ni l'éclat de la jeunesse, ni la grande santé, ni la force triomphante d'un groupe pénétré de ses convictions et unanimement reconnu ne sont requis pour offrir aux peuples en attente, aux pauvres gens qui sèment dans les larmes, le témoignage fraternel et si précieux que voici : « Oui, il est possible de passer dès maintenant des ténèbres à la lumière. Cela est possible, non parce que je vous le dis mais parce que moi-même j'accepte d'être transformé grâce à celui qui me fait vivre. »

Aussi, vous qui entendez le saint Évangile dans une chambre d'hôpital, dans une maison désertée, vous qui fixez par hasard un écran, même si vos traits sont ternis par les ans, par des épreuves lourdes, même si vous attendez sans trop d'espoir qu'un peu d'amour vous illumine, vous êtes en mesure, le sachant ou pas, d'allumer une veilleuse dans la nuit finissante et d'acheminer ainsi notre monde vers une aube nouvelle, un jour sans crépuscule.

Vous deviendrez lumière du monde en préparant dans le secret du cœur son prochain jaillissement. Que ces simples paroles nous gardent dans une invincible espérance !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 16 Fév 2014, 6:36 pm



Citation :
Matthieu 5,

20 Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.

21 Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges.

22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d'être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d'être puni par le feu de la géhenne.

23 Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,

24 laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.

25 Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison.

26 Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé le dernier quadrant.

27 Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras point d'adultère.

28 Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.

29 Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.

30 Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne.

31 Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce.

32 Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.

33 Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment.

34 Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu;

35 ni par la terre, parce que c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi.

36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu.

37 Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu'on y ajoute vient du malin.




16/02/2014, 6e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Les exigences de JESUS sont-elles réalistes ?

Imaginez la situation : un bon père de famille se prépare pour aller à la messe. Il déteste être en retard. Mais les enfants trainent à se préparer. Au moment de partir, la voiture ne veut pas démarrer. Son épouse lui dit : « Je t’avais bien dit qu’il fallait changer la batterie. » Au même moment, les enfants se disputent à l’arrière. Le bon père de famille craque et se met en colère.

Vingt minutes plus tard, il entend l’Évangile d’aujourd’hui : « Eh bien moi je vous dis : tout homme qui se met en colère en répondra au tribunal. » Il ne peut s’empêcher de penser intérieurement : « On voit bien que JESUS n’avait ni enfants, ni voiture ! » Certains enseignements de JESUS nous paraissent très éloignés de la réalité de notre vie quotidienne. Ne pas tuer, soit, c’est évident. Mais ne pas se mettre en colère, ça nous semble impossible. Les exigences de JESUS sont-elles réalistes ? Nous allons tenter de répondre à cette question en analysant tout d’abord ce que nos colères peuvent nous révéler sur nous-mêmes. Puis nous examinerons quelques moyens spirituels qui peuvent nous aider à vivre cette exigence de JESUS.

I. Commençons par analyser ce que la colère peut nous révéler sur nous-même.
Nous avons tous un rapport différent à la colère suivant notre tempérament et suivant les périodes de nos vies. Un jeune couple qui ne dort pas la nuit depuis la naissance du 4e enfant sera plus facilement irritable qu’un couple de retraités installé paisiblement à la campagne. Une chose est sure, personne n’est épargné et nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre à « cette moutarde qui nous monte au nez ». Il y a bien entendu des colères justes et proportionnées comme celle de JESUS au temple, et même des colères nécessaires au processus de l’éducation. Mais reconnaissons que la plupart du temps, nos colères proviennent plutôt de notre manque de conversion. Ce n’est pas pour rien si JESUS relie la colère au meurtre, car la colère peut tuer quelque chose dans notre relation à l’autre. Notre colère peut aussi révéler notre manque de maturité. Chez les Inuits, peuple du Pôle nord, c’est très mal vu de se mettre en colère. Lorsqu’un adulte se met en colère, on dit de lui qu’il est resté quelque part à l’état d’enfance. Notre colère peut encore révéler notre difficulté à communiquer : on se sent incompris ou méprisé par son patron, on n’arrive pas à en parler, on rumine et un jour, ça explose. Notre colère peut également révéler notre attachement excessif à des choses matérielles. Celui qui tient à sa voiture plus que tout va se mettre dans une colère énorme au moindre petit accrochage. Vous pourrez compléter cette courte analyse chez vous en vous posant cette question : qu’est-ce que mes dernières colères me révèlent sur moi-même ?

II. Venons-en à notre second point en examinant quelques moyens spirituels qui peuvent nous aider à vivre cette exigence de JESUS.
Dans l’Épître aux galates, saint Paul nous dit que la paix, la joie et la maitrise de soi sont des fruits du Saint-Esprit. (Gal 5) La maitrise de la colère provient donc globalement d’un cheminement spirituel. Saint Jacques nous donne une indication concrète : savoir écouter et retenir sa langue. « Sachez-le, mes frères bien aimés, chacun doit être prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère, car la colère de l’homme ne réalise pas ce qui est juste devant Dieu. » (Jc 1,19-21)

Mais le meilleur moyen, c’est JESUS qui nous le donne lorsqu’il nous dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » (Mt 11,29) Cultiver la douceur et l’humilité en répétant : « JESUS, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien », voilà un excellent moyen pour progresser contre toute forme de colère !

Et pour conclure, permettez-moi de rajouter un moyen qui n’est pas présent dans la Bible : pensez à réparer ou changer les choses matérielles qui fonctionnent mal. C’est plus facile de changer la batterie de votre voiture que de changer ceux qui vivent avec vous !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Jeu 27 Fév 2014, 7:50 pm



Citation :
Matthieu 5

38 Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.

39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.

40 Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

41 Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.

42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.

43 Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.

44 Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,

45 afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.

46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même?

47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même?

48 Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.




23/02/2014, 7e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Et si la perfection était de ce monde ?

« Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » (Lv 19, 2)
« Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48)

Parfois, nous avons du mal à comprendre la Parole de Dieu, à repérer ce qu’elle nous demande. Ce dimanche, ce n’est pas le cas. Le message est très clair : c’est un appel à la sainteté, un appel à la perfection, comme Dieu l’est lui-même.

La perfection ? Nous pourrions avoir tendance à nous en méfier. La sagesse populaire ne dit-elle pas que la perfection n’est pas de ce monde ? Nous en faisons tous l’expérience : être perfectionniste, rechercher le zéro défaut, vouloir être au sommet, au top, nous met une telle pression, nous charge d’un tel fardeau, que nous n’y arrivons pas, que nous nous épuisons et surtout, épuisons les autres. La sainteté ? Pareil. La sagesse populaire dit bien le risque d’une recherche idéalisée de la sainteté : qui fait l’ange... fait la bête ! Alors, comment entendre de manière juste l’appel du Seigneur à la sainteté et à la perfection ?

Tout d’abord, en ne nous trompons pas sur ce qu’est la sainteté de Dieu ou sa perfection. Car ce n’est sans doute pas ce que nous croyons. La perfection de Dieu ? Le pardon des offenses, la tendresse, la pitié, nous dit le psaume. La lenteur à la colère : jamais de haine, ni de rancune. La sainteté de Dieu ? Aimer les pécheurs, aimer ses ennemis. Donner à qui demande et même à ceux qui sont injustes.

La perfection pour Dieu n’est pas quelque chose de dur. Au contraire, c’est tout tendre. La sainteté pour Dieu ne rend pas intransigeant. Bien au contraire, elle rend doux et conduit à des comportements renversants : « Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. »

Tendresse et douceur, compassion et bonté, miséricorde à l’égard des imparfaits, pitié à l’encontre de ceux qui se trompent... Mais alors, me direz-vous, cela change tout ! Être saint comme Dieu l’est, c’est d’abord accepter d’être couronné d’amour et de tendresse par Dieu, alors que nous sommes pécheurs, c’est-à-dire indignes de ce don. Et c’est, ensuite, agir de la même manière envers les autres et aussi, vous l’aurez remarqué, envers les méchants.

Être parfait comme notre Père l’est, c’est d’abord réaliser que je suis, avec toutes mes imperfections, « le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite » en moi. Et c’est, ensuite, habité par cet Esprit, plonger dans le monde, entrer en relation avec tout homme, toute femme, et les aimer malgré leurs imperfections. Même ceux qui ne sont pas dans l’Église sont des Temples de Dieu en construction.

Finalement, la Bonne Nouvelle qu’est le Christ nous fait démentir notre proverbe, trop sage aux yeux du monde et pas assez fou aux yeux de Dieu. La perfection est bien de ce monde. Un signe ? Saluez, à la fin de cette messe, une personne que vous ne connaissez pas. Un indice ? Ne ripostez pas la prochaine fois que vous vous sentirez agressés. Une confirmation ? Essayez de pardonner, de ne pas avoir de rancune, au moins une fois. Alors, vous verrez et l’autre verra, que la perfection est de ce monde et qu’elle porte un nom tout simple : amour.

La flamme des Jeux olympiques d’hiver s’éteint aujourd’hui. Mais pas celle de l’amour. L’amour continuera d’être lumière et d’embraser le monde grâce à notre conversion.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 02 Mar 2014, 7:18 pm



Citation :
Matthieu 6,

24 Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.

25 C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux?

27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?

28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;

29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.

30 Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?

31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?

32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.

34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.



02/03/2014, 8e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Comme l’oiseau sur la branche

Cet Évangile est un Évangile pour petits oiseaux. Enfin, il pourrait l’être. « Ne vous préoccupez de rien »… « Soyez comme les oiseaux qui ne font pas de réserves »… « Dieu votre père s’occupe de vous »…

Moi, je veux bien être libre comme un oiseau et ne pas penser au lendemain. Cela me changerait ! Vous aussi, j’imagine. Voilà même un programme des plus sympathiques : dans un monde dévoré de soucis où la râlerie règne sans partage, dans un monde d’impôts, de règlementations, de manifestations, de fariboles idéologiques et de factures douloureuses, les chrétiens seraient ces gens charmants qui sourient et s’en vont sifflotant comme merles au printemps. Il me plaît, moi, ce programme. J’avoue qu’il m’arrive même de le mettre en œuvre.

Quelquefois, j’ai même la tentation de tout laisser tomber, mon travail, mes obligations, toutes ces petites et grandes corvées qui font mon quotidien comme, je crois bien, elles font le vôtre, et de partir sac à dos sur les chemins. Exactement comme un oiseau voyageur… Je ne suis pas sûr toutefois que mon prieur me laisserait faire. Mon travail, entre autres, sert à mettre du beurre dans les épinards de notre couvent et je ne peux pas m’enfuir à ma fantaisie. Et nous sommes tous dans ce cas. Cette tentation de tout laisser tomber, des chrétiens l’ont connue à toutes les époques ; il y a eu des baba cool de Dieu depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, croix au cou et fleurs dans les cheveux. Charmant, mais on s’en lasse. La paresse n’est jamais loin, ni l’égarement, ni la perte de tout repère. Et nous avons tous des responsabilités que nous devons assumer, que nous le voulions ou pas.

Non, je crois que la leçon de cet Évangile est plus fine. JESUS ne parlait pas aux petits oiseaux ; ils parlaient à des hommes. Adultes et responsables. JESUS ne nous invite pas à tout laisser tomber ; il nous invite à faire de notre mieux ce que nous avons à faire, mais sans nous inquiéter du résultat. Si ce que j’ai à faire est de prêcher l’Évangile, que je prêche l’Évangile de mon mieux ; c’est ce que je suis en train de faire, sans me préoccuper du fruit que cette prédication portera, parce que cela, le résultat de nos efforts, c’est l’affaire du Seigneur. C’est lui qui décide de retarder l’effet de nos actions ou bien, au contraire, de faire porter un fruit énorme à un tout petit effort. C’est lui qui fait germer la foi, ou bien l’espoir, ou bien l’amour, sur une terre que, malgré toutes nos tentatives, nous croyions définitivement aride. C’est lui qui met le feu dans nos paroles, même si c’est notre bouche qui les prononce…

Vivre en chrétiens adultes et responsables, c'est ce que nous devons faire, le faire avec plaisir, s’il est possible, ou avec courage s’il en faut ; chercher le Royaume, comme dit JESUS, c’est-à-dire prier, croire, annoncer la Bonne Nouvelle autour de nous ou plus largement, aimer de notre mieux et tout le reste, la consolation, la foi, la conversion des cœurs, nous sera donné par-dessus le marché. Faire de son mieux, faire confiance au Seigneur pour tout le reste, et parce que nous avons remis au Seigneur, et le résultat de nos efforts et notre propre vie, nous sentir libres de tout souci, joyeusement libres, définitivement libres.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 09 Mar 2014, 7:42 pm




Citation :
Matthieu 4.1-11

  1 Alors JESUS fut emmené par l'Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. 2 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. 3 Le tentateur, s'étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. 4 JESUS répondit: Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.5 Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, 6 et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. 7 JESUS lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.8 Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, 9 et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. 10 JESUS lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.11 Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de JESUS, et le servaient.


09/03/2014, 1er dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Libres à l'image de JESUS

Dans la librairie d’un monastère, j’ai trouvé un jour une carte postale où l’on voyait un petit rongeur, le museau tendu vers une grappe de fruits rouges. Sur la légende on lisait : « Je résiste à tout, sauf à la tentation ! »

Cette présentation sympathique de la tentation est bien éloignée de ce qui est en jeu dans le récit de l’évangile que nous venons d’entendre. On y voit JESUS confronté aux trois tentations majeures qui, au fond, traversent chacune de nos vies. JESUS a été tenté et durement. Il est vrai que plus quelqu’un cherche à mener une vie digne de l’être humain, une vie bonne, belle, juste, vraie, plus il se trouve en butte à tout ce qui s’y oppose.

La première tentation me fait penser à ces paroles d’une chanson d’Alain Souchon : « On nous fait croire, que le bonheur c’est d’avoir, de l’avoir plein nos armoires. » Le piège consiste à penser que mon bonheur dépend de ce que possède, du remplissage de mes armoires ou… de mon ventre. Après 40 jours, JESUS a faim. Rien de plus normal. Mais JESUS affirme que notre faim la plus fondamentale n’est pas de l’ordre des choses mais de la relation : avoir quelqu’un qui me dise des mots d’amour et à qui je puisse en dire. Dieu, en premier, est celui qui me parle ainsi. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

La seconde tentation s’infiltre à travers notre besoin légitime d’être reconnu, apprécié, de réussir. Mais ce besoin s’exacerbe en besoin de paraître, de briller… Et que signifie « briller » sinon, souvent, de faire de l’ombre aux autres. C’est la proposition faite à JESUS de sauter du haut du temple, afin que les anges le portent devant les foules médusées et donc forcément conquises. Mais pour cela l’adversaire propose à JESUS de mettre la bonté de Dieu, de son Père, à l’épreuve ; de l’utiliser à son propre profit. Utiliser Dieu, ou l’autre, pour mon ambition personnelle, voilà la tentation, si fréquente… et que JESUS déjoue.

Dans la troisième tentation, l’adversaire tente le tout pour le tout. Il propose de donner à JESUS tous les royaumes du monde avec leur gloire. Mais avec une toute petite clause : qu’il se prosterne et l’adore. Cette tentation est celle du pouvoir qui prend à ce point la place que nous voilà prêts à vendre notre âme au diable. C’est vrai : pour avoir une place, pour monter dans les hiérarchies, quelles qu’elles soient, que de compromissions et de courbettes. JESUS ne se mettra à genoux devant personne, sinon devant l’homme fragile pour lui laver les pieds.

Le JESUS qui sort vainqueur de ces tentations est celui qui vient d’être baptisé et qui a reçu la plus magnifique des paroles : « Tu es mon fils bien-aimé. » Il est rempli de cet Esprit. Vous savez, lorsqu’on a l’assurance d’être bien-aimé, on n’a plus besoin de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. On est libre. Libre par rapport aux choses car on ne se définit pas à partir d’elles ; libre par rapport au prestige car nous savons qui nous sommes ; libre par rapport aux sirènes du pouvoir car nous n’avons pas besoin de dominer pour exister. Le ressort de ces tentations est toujours le même : nous faire croire que nous devrions être autre chose, quelqu’un d’autre que ce que nous sommes. C’est le mensonge du serpent dans le récit de la Genèse qui susurre : « Si vous faites ce que je vous dis, vous serez ‘comme des dieux’. Vous aurez la connaissance du bien et du mal. » En d’autres termes, vous serez sans limite, tout puissants. En réalité, lorsque quelqu’un croit qu’il est « beau, grand et fort comme un dieu », il finit tôt ou tard par tomber de son piédestal pour s’apercevoir qu’en réalité il est tout nu. « Ils mangèrent » et « ils connurent qu’ils étaient nus. »

Par JESUS, dit Saint Paul dans la deuxième lecture, la grâce nous est donnée. En effet, JESUS se met de notre côté. Il nous donne cette grâce d’entrer en résistance face à tout ce qui n’est pas digne de l’humain. Nous avons quarante jours pour nous exercer à être libres à l’image de JESUS. Libres par rapport à cette course insensée, illusoire, aux choses, au prestige et au pouvoir. Laissons-nous tenter par cette liberté. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 16 Mar 2014, 7:33 pm




16/03/2014, 2e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Le sourire, miroir de l’âme

Frères et sœurs, amis en Christ, qu’y a-t-il de plus beau au monde ? Pour certains, les sept merveilles… Pour moi, la beauté qui sauve le monde est celle du visage de JESUS, sur lequel se révèle le visage de Dieu. En ce jour de la Transfiguration, Dieu a un visage souriant, il l’offre à chacun.

Comme aux trois apôtres, en suivant JESUS sur la montagne, lieu traditionnel de la rencontre avec Dieu dans la Bible, il nous livre le secret pour redonner espoir aux blessés de la vie, du cœur et de l’esprit : le sourire.

Quelque chose de mystérieux est décrit dans l’Évangile que nous venons d’entendre, dont la narration heurte probablement notre sensibilité contemporaine. L’évangéliste Matthieu utilise les images venues des textes sacrés, pour nous signifier la rencontre de Dieu et de l’homme.

L’important pour les apôtres et pour nous, c’est de découvrir, à ce moment privilégié, JESUS comme le tout Autre, resplendissant de gloire, Moïse et Élie à ses côtés, accompagné par le sourire de Dieu.

Il faut comprendre le bonheur de Pierre, son vieux rêve de triomphe se réveille. Pourquoi ne pas s’installer dans cette divine lumière. Puisqu’on est si bien dans cette chaude ambiance, dressons des abris sur cette montagne bénie. Trop beau pour être déjà vrai. Pour le Seigneur, il n’y aura pas de tente avant la croix. C’est sur ce bois et dans le tombeau qu’il veut d’abord demeurer, amoureusement. Aux mêmes trois apôtres, qui devront le regarder en agonie à Gethsémani, il veut bien révéler un avant-goût de son visage pascal, pour les aider à supporter la terrible nuit, d’où sortira ensuite le soleil de la Résurrection, sa Transfiguration définitive.

D’ailleurs, la voix du Père s’est chargée de remettre rapidement les trois disciples sur le bon chemin. En attendant la Pâque promise, il reste beaucoup à faire : mieux écouter la parole du Christ, redescendre de la montagne et l’accompagner jusqu’au bout de l’amour.

Frères et sœurs, nous avons tous nos moments de Thabor, quand le succès, la foi, la santé, l’amitié nous habillent de fête. On est alors heureux de vivre, de croire, d’être aimé.

Mais nous savons que le bonheur comporte aussi ses pièges. On peut vouloir, comme Pierre, s’installer en lui, demeurer à l’écart des autres, pour mieux en jouir. On peut toujours chercher à se draper dans ses réussites, mais tôt ou tard, il nous faudra redescendre de la montagne pour affronter la réalité de la vie, avec ses jours de bonheur mais aussi de grisaille, passer par la mort, pour recevoir la gloire de Pâques, à laquelle nous sommes tous appelés.

En attendant ce jour, c’est dans le quotidien que nous pouvons déjà faire l’expérience de la Transfiguration.

Pour moi, aumônier d’hôpital, elle prend le visage du malade, que le personnel de nos hôpitaux regarde avec tendresse et soigne avec délicatesse. J’ai aussi devant les yeux cette maman qui, depuis des semaines, avec beaucoup de chaleur humaine et d’amour, quelquefois dans les larmes, le silence, mais aussi la confiance, accompagne sa fille de 12 ans atteinte de leucémie. Ce mari âgé qui, depuis 3 mois, inlassablement, vient tous les après-midi rendre visite à sa femme hospitalisée. L’échange de leur regard me dit le visage de Dieu.

Bien sûr, ce sont là des moments fugitifs, passagers, mais ce sont des instants privilégiés qui peuvent transfigurer l’épreuve de la maladie.

Frères et sœurs : le regard du Christ fait revivre ceux qui se croient abandonnés. Alors regardez-vous, regardons-nous ! Ton frère existe à partir du moment où tu poses sur lui un regard de bonté et un sourire. N’oublie jamais le rayonnement d’un sourire. Il est le miroir de ton âme. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 16 Mar 2014, 7:51 pm




L'Homélie du 16 mars ci-dessus, est le commentaire de l'Evangile ci-dessous,



Citation :
Matthieu 17


17 Six jours après, JESUS prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l'écart sur une haute montagne.

2 Il fut transfiguré devant eux; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.

3 Et voici, Moïse et Élie leur apparurent, s'entretenant avec lui.

4 Pierre, prenant la parole, dit à JESUS: Seigneur, il est bon que nous soyons ici; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.

5 Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection: écoutez-le!

6 Lorsqu'ils entendirent cette voix, les disciples tombèrent sur leur face, et furent saisis d'une grande frayeur.

7 Mais JESUS, s'approchant, les toucha, et dit: Levez-vous, n'ayez pas peur!

8 Ils levèrent les yeux, et ne virent que JESUS seul.

9 Comme ils descendaient de la montagne, JESUS leur donna cet ordre: Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 23 Mar 2014, 9:24 pm




Citation :
Jean 4

5 il arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.

6 Là se trouvait le puits de Jacob. JESUS, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure.

7 Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. JESUS lui dit: Donne-moi à boire.

8 Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.

9 La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? -Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. -

10 JESUS lui répondit: Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive.

11 Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond; d'où aurais-tu donc cette eau vive?

12 Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux?

13 JESUS lui répondit: Quiconque boit de cette eau aura encore soif;

14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.

15 La femme lui dit: Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici.

16 Va, lui dit JESUS, appelle ton mari, et viens ici.

17 La femme répondit: Je n'ai point de mari. JESUS lui dit: Tu as eu raison de dire: Je n'ai point de mari.

18 Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.

19 Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.

20 Nos pères ont adoré sur cette montagne; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.

21 Femme, lui dit JESUS, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.

22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

23 Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

24 Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité.

25 La femme lui dit: Je sais que le Messie doit venir (celui qu'on appelle Christ); quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses.

26 JESUS lui dit: Je le suis, moi qui te parle.

27 Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit: Que demandes-tu? ou: De quoi parles-tu avec elle?

28 Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens:

29 Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; ne serait-ce point le Christ?

30 Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.

31 Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant: Rabbi, mange.

32 Mais il leur dit: J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.

33 Les disciples se disaient donc les uns aux autres: Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger?

34 JESUS leur dit: Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre.

35 Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.

36 Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.

37 Car en ceci ce qu'on dit est vrai: Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.

38 Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail.

39 Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en JESUS à cause de cette déclaration formelle de la femme: Il m'a dit tout ce que j'ai fait.

40 Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours.

41 Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole;

42 et ils disaient à la femme: Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.




23/03/2014, 3e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Faire de nos vies des lieux de rencontre

Qu’est-ce qui a permis cette rencontre entre JESUS et la Samaritaine ? Un puits ! Un puits sur la margelle duquel un homme fatigué est venu s’asseoir et dans lequel une femme venait de puiser de l’eau.

Je vois là un magnifique symbole de nos existences de chrétiens : nous sommes appelés à être des puits, des lieux, des personnes qui permettent la rencontre entre le Christ et tous les assoiffés d’aujourd’hui.

Certains d’entre vous réagissent peut-être en pensant : ce n’est pas tellement d’être un puits qui compte, mais de contenir de l’eau et de la bonne ! Et nous l’avons cette bonne eau : c’est l’Eau vive qui a jailli en nous à notre baptême et que nous voulons proposer aux autres. Oui, mais beaucoup, me semble-t-il, sont souvent très pressés, trop pressés. Voulant être sûrs qu’ils évangélisent, ils veulent dire tout de suite qu’ils sont croyants. Ils pensent qu’il faut parler tout de suite du Christ, de l’amour de Dieu, qu’il faut oser dire notre foi… Dans une telle hâte, ils risquent de court-circuiter la rencontre. Elle est indispensable pour que l’autre se sente accueilli, écouté, aimé, respecté. Avant de parler de l’Évangile puis de le proposer, nous devons le vivre avec ceux que nous rencontrons.

Nous aurions beau avoir l’Eau vive du baptême, si nous ne favorisons pas d’abord une vraie rencontre fraternelle et gratuite, les conditions pour que notre interlocuteur découvre le Christ manqueront.

Il nous faut donc être un puits, un lieu, une personne de rencontre.

Est-ce que nos vies, nos styles de vie permettent la rencontre, permettent toutes les rencontres ? Pas seulement avec celles et ceux que nous aimons ou qui nous sont sympathiques, ou qui pensent comme nous. Notre mission chrétienne réclame que nous soyons disponibles pour toutes les rencontres et que nous suscitions de vraies rencontres.

Nos paroles et nos comportements sont importants. JESUS n’a pas commencé par enseigner la doctrine, ni par faire la morale à la Samaritaine. Il n’a pas commencé par lui dire : « Tu as eu une vie conjugale quelque peu dissolue. Quand tu changeras de vie, je t’aimerai. » Il lui a parlé alors que Juifs et Samaritains ne se parlaient pas. Il lui a demandé un service, Il lui a révélé qu’il était le Messie, il lui a fait comprendre la véritable adoration. Tout cela gratuitement, sans condition, respectant pleinement la liberté de cette femme. Il l’a aimée telle qu’elle était. Il ne l’a pas enfermée dans son passé. Il lui a fait confiance. Il a espéré en elle. La Samaritaine a pu alors dire sa foi dans le Messie et elle est devenue missionnaire.

Si nous refusons de rencontrer une personne ou de lui parler, ou que nous nous méfions d’elle à cause de son comportement ou de sa religion, ou de son orientation sexuelle ; si nous voulons d’abord qu’elle change de vie pour lui proposer l’Évangile et la mettre en contact avec l’Église, nous ne pouvons pas être pour elle un puits de Jacob, le puits de la rencontre avec JESUS.

Vous êtes catéchumènes, appelés récemment par l’Église et en vous bientôt jaillira la source d’Eau vive, vous êtes chrétiens, vous êtes jeunes ou dans la force de l’âge, ou malades ou affaiblis par le grand âge. Dans notre diversité nous voulons tous et toujours accueillir JESUS qui vient à notre rencontre, de bien des manières : par sa Parole et ses sacrements (comme dans cette Eucharistie), et dans son Corps mystique qu’est l’Église, et dans les pauvres et les faibles auxquels il s’est identifié. En même temps, nous devons reconnaître aussi que nous sommes tous d’une manière ou d’une autre les Samaritaines d’aujourd’hui. Si nous disons à JESUS : « Donne-moi toujours de cette Eau-là », il fera de nos vies des lieux de rencontre, des puits de Jacob où l’on peut s’asseoir, se parler, offrir l’Eau qui apaise toute soif et surtout rencontrer le Messie.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 30 Mar 2014, 7:41 pm



Citation :

Jean 9


1 JESUS vit, en passant, un homme aveugle de naissance.

2 Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?

3 JESUS répondit: Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui.

4 Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les oeuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler.

5 Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.

6 Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle,

7 et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair.

8 Ses voisins et ceux qui auparavant l'avaient connu comme un mendiant disaient: N'est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait?

9 Les uns disaient: C'est lui. D'autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C'est moi.

10 Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts?

11 Il répondit: L'Homme qu'on appelle JESUS a fait de la boue, a oint mes yeux, et m'a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J'y suis allé, je me suis lavé, et j'ai recouvré la vue.

12 Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais.

13 Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle.

14 Or, c'était un jour de sabbat que JESUS avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.

15 De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois.

16 Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n'observe pas le sabbat. D'autres dirent: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles?

17 Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l'aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu'il t'a ouvert les yeux? Il répondit: C'est un prophète.

18 Les Juifs ne crurent point qu'il eût été aveugle et qu'il eût recouvré la vue jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir ses parents.

19 Et ils les interrogèrent, disant: Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?

20 Ses parents répondirent: Nous savons que c'est notre fils, et qu'il est né aveugle;

21 mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c'est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l'âge, il parlera de ce qui le concerne.

22 Ses parents dirent cela parce qu'ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu'un reconnaissait JESUS pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.

23 C'est pourquoi ses parents dirent: Il a de l'âge, interrogez-le lui-même.

24 Les pharisiens appelèrent une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur.

25 Il répondit: S'il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois.

26 Ils lui dirent: Que t'a-t-il fait? Comment t'a-t-il ouvert les yeux?

27 Il leur répondit: Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l'entendre encore? Voulez-vous aussi devenir ses disciples?

28 Ils l'injurièrent et dirent: C'est toi qui es son disciple; nous, nous sommes disciples de Moïse.

29 Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est.

30 Cet homme leur répondit: Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est; et cependant il m'a ouvert les yeux.

31 Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui là qu'il l'exauce.

32 Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.

33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.

34 Ils lui répondirent: Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent.

35 JESUS apprit qu'ils l'avaient chassé; et, l'ayant rencontré, il lui dit: Crois-tu au Fils de Dieu?

36 Il répondit: Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?

37 Tu l'as vu, lui dit JESUS, et celui qui te parle, c'est lui.

38 Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui.

39 Puis JESUS dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

40 Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles?

41 JESUS leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste.




30/03/2014, 4e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Le cheminement de la foi

Cet aveugle que JESUS croise, n’est-ce pas moi ? N’est-ce pas aussi vous, frères et sœurs ? Car tout le récit laisse penser que ce ne sont pas seulement les yeux du corps qu’il fallait guérir. N’est-ce pas aussi notre confiance engourdie, les peurs qui nous paralysent, le péché qui nous fait mal, le sentiment que la vie est une impasse ? L’Évangile, aujourd’hui, nous invite à regarder JESUS et à suivre l’aveugle pour apprendre à chasser la nuit de nos yeux et de nos cœurs !

Dès le début, il est dit de JESUS qu’il « vit sur son passage un aveugle de naissance ». La phrase semble banale ! Mais elle dit que JESUS passe parmi nous. Il est proche des réalités de notre vie. En passant, il voit un aveugle. JESUS est attentif. Il voit des gens et des situations que souvent nous ne remarquons pas nous-mêmes. Ou que nous préférons éviter. La misère des autres, leur péché, leur souffrance, comme les nôtres, nous préférons parfois ne pas les voir. Alors, dans le regard de JESUS, nous apprenons à regarder. Quand vous lisez l’Évangile, demandez-vous ce que JESUS regarde !

Ensuite, curieusement, JESUS laisse un aveugle nous conduire ! Il va retrouver la vue, mais surtout la foi ! Et à nous qui pensons peut-être avoir une foi en béton, ou au contraire être submergés par le doute, grâce à l’aveugle, l’Évangile vient nous révéler que la foi est un cheminement.

Ce cheminement passe d'abord par un apprentissage auprès de ceux qui m’ont précédé. Ils m’ont parlé de JESUS et de ce qu’ils en connaissent. L’aveugle ne savait pas le nommer, mais il a appris que celui qui l’a guéri, c’est « l’homme qu’on appelle JESUS ». Notre foi vient d’une tradition que nous recevons des autres dans l’Église.

Ce cheminement se poursuit alors dans une recherche avec les autres chrétiens, même s’ils ont d’autres visions que nous. Pour l’aveugle, un dialogue s’engage avec les pharisiens : « Y a-t-il un lien entre ce JESUS et Dieu ? » Notre foi grandit quand nous essayons de comprendre : groupes bibliques par exemple, lectures spirituelles ou encore la réflexion de foi qu’aident parfois Internet et les médias.

Et vient alors ce moment où nous devenons capables de témoigner de notre foi. Dans l’Évangile, on voit naître des tensions fortes entre les pharisiens et l’aveugle, mais celui-ci ose à présent affirmer ce qu’il croit : « JESUS vient de Dieu » et ce qu’il a fait en lui a changé sa vie. C’est ici que nous quittons nos peurs de témoigner. Enfin, nous parlons directement à Dieu, comme nous le faisons dans la prière et avec de simples mots d’amour tout au long de notre journée. Voyez l’aveugle, il finit par rencontrer JESUS et lui dit : « Je crois, Seigneur ». Notre foi devient vraiment notre vie lorsque, par exemple, dans les sacrements, nous rencontrons le Christ ou lorsque nous savons lui dire que nous l’aimons.

Apprendre avec ce que d'autres nous transmettent, chercher avec les autres, témoigner et parler à Dieu : voilà les quatre étapes du cheminement qui nous est proposé en suivant l’aveugle.

La foi reçue à notre baptême passe évidemment par des hauts et des bas. Mais, dit l’Évangile, ne laissez pas la désolation vous gagner ! Ne restez pas à vous regarder vous-même ; regardez le Christ et côtoyez cet aveugle qui apprend à ouvrir plus grands les yeux de sa foi. Fortifiés par le Christ tout au long de ce Carême, la foi, en nous, ce sera : « plus qu’hier et bien moins que demain ! » Et vous, chères Sœurs, qui nous accueillez aujourd’hui, merci de nous en être un témoignage. Amen.




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