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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Juil 2012, 7:24 pm





29/07/2012 , 17e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Parce que « Nul n’est une île »

Au cœur de cet Évangile, JESUS est confronté à l’enjeu permanent et toujours actuel de notre humanité : nourrir les foules. Comment nourrir la foule des hommes, foules des affamés et des malades ? Regardons faire JESUS. Il voit cette foule qui le suit. Il voit cette faim des hommes. Ils sont au moins 5000, sous ses yeux, et pas de salaire suffisant pour les nourrir ! Comment faire ? JESUS, d’abord, ne ferme pas les yeux. Il ne panique pas. Il ne s’en va pas : c’est après les avoir nourris qu’il partira, seul, dans la montagne, de peur qu’ils ne fassent de lui le héros humain qu’il ne veut pas être.

Ne pas voir les affamés. La tentation est souvent, d’en faire des êtres invisibles et transparents. Nous pensons peut-être qu’ils sont comme DIEU : ils existent, mais au loin et invisibles. Nous en parlons parfois, mais sans vraiment les prendre en compte. Et JESUS nous dit ce matin : de fait, ils sont comme DIEU, c’est-à-dire tout proches, discrets certes, mais présents près de nous. Pour JESUS, ils ne sont pas transparents. Ils sont dignes de respect et d’attention, et il n’est pas question d’aller plus loin tant qu’ils n’ont pas été nourris.

Dès lors, comment s’y prend JESUS ? Observons-le encore : d’une part, avant d’agir, partant du concret, il écoute et dialogue : ici avec ses amis Philippe et Pierre. Et puis, il choisit, non pas de puissants moyens, mais les cinq pains d’orge et les deux poissons d’un jeune garçon. Dialoguer avec d’autres pour trouver une solution , s’appuyer sur des moyens simples pour réaliser l’impossible, cela ne serait-il pas à notre portée ?

En effet, qu’avons-nous dans les mains pour apaiser nos frères ? Autant que ce jeune garçon, sans doute, et peut-être plus ! Un peu de temps, un peu d’argent, un peu d’amitié, un talent, une compétence, ou le don de la prière. Presque rien, peut-être. Mais n’est-ce pas ce dont DIEU veut se servir ? Ne veut-il pas, plus que des démonstrations de force et de puissance, qu’ensemble, nous rassemblions le peu que nous avons, pour apprendre à dépendre davantage les uns des autres.

Puisque nous sommes sur une île, ce dimanche, rappelons-nous à quel point les îles et leurs habitants vivent chaque jour en ayant besoin des autres : besoin du bateau ou de l’avion qui relie au continent, besoin du médecin ou d’une école, même petite, besoin de la confiance et de la discrétion des autres, pour tenir bon, tout simplement, sous le soleil de l’été ou les tempêtes de l’hiver. Supportez-vous les uns les autres, dit saint Paul, c’est-à-dire, soyez un support les uns pour les autres , pour que chacun puisse tenir debout. Soyez supporters les uns des autres, en particulier de ceux qui peinent le plus dans les épreuves de la vie. Et Paul ajoute : « Faites-le avec humilité, douceur et patience, en gardant le lien de la paix. »

JESUS, ainsi, avec un peu de pain, nous redonne force. Mais il va plus loin : il donne aussi son propre Corps, en sacrifice d’amour . Et ce matin encore, il est pour nous, ce Pain du ciel, ce sacrement de l’autel. En le recevant, nous devenons ce corps. L’eucharistie fait de nous cette unique famille dans laquelle les uns sont liés aux autres, dans l’amour. Alors, que rien de cet amour, ne soit perdu. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 05 Aoû 2012, 5:23 pm





05/08/2012, 18e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice

Frères et sœurs, si je retiens une chose de l’Abbé Pierre, c’est la béatitude à laquelle, pour moi, il colle le mieux : « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, ils seront rassasiés. »

L’Abbé Pierre a été un affamé de justice. Et nous, où en sommes-nous ? Sommes-nous justes vis-à-vis de DIEU ? Vis-à-vis des autres ? Où en est notre foi ? Où en sont nos actes ?

Vis-à-vis de DIEU, sommes-nous comme ces Israélites dans le désert qui, tellement froussards, ne s’adressent pas à lui directement mais à Moïse ? Pensons-nous, comme eux, pouvoir gérer nos vies seul ? « Pourquoi aurais-je besoin de toi, Seigneur, puisque j’y arrive très bien tout seul ? Je vais à la messe tous les dimanches et tu me protèges, nous sommes bien d’accord. Mais ma vie tu me laisses la gérer. » Et comme ces Israélites, quand rien ne va plus, on se tourne vers le Seigneur et on lui crie dessus : « Seigneur, tu attends quoi pour m’aider ? Je te donne une heure par semaine et toi, tu me laisses galérer comme un chien. » Réaction humaine apparemment normale, puisque ça fait plus de 2000 ans que ça se fait ainsi.

Mais il y a le Christ. Comme nous n’arrivions pas à être à son image et à sa ressemblance de DIEU, il nous a envoyé son Fils pour apprendre à l’homme à être parfaitement homme. Ce que le Christ nous donne à voir, et pour nous c’est vital, découvrir combien nous sommes dépendants de DIEU. Dépendants de cette nourriture qu’il nous donne : le pain de Vie, son Fils. Car il est un Père Bienveillant.

L’Abbé Pierre disait que « le péché, c’est vouloir ne plus dépendre de DIEU, affirmer que notre destinée se réalise par nos seuls efforts. » Peut-être que nous avons à nous redécouvrir dépendants de DIEU, à nous reconnaitre vraiment comme ses enfants. À reconnaître que sans lui nous ne sommes rien. Ou plutôt, et de façon bien plus positive, qu’avec Lui, nous sommes tout ! Alors, nous allons peut être redécouvrir notre vocation : notre vocation d’affamés de DIEU, comme l’Abbé Pierre.

Frères et sœurs, en fait, nous sommes tous ensemble affamés. Arrêtons de nous comparer les uns aux autres. Mais vivons notre foi personnelle ensemble. Car j’ai besoin de la foi de tous pour vivre ma foi personnelle. Nous formons le Corps du Christ ! Ce même Christ qui a nourri une foule entière. Nous sommes ensemble des signes pour notre temps !

Et donc, vis-à-vis de nos frères, nous ne pouvons plus rester sans rien dire face aux injustices de notre monde : on taille l’Église en pièces avec toutes ces faiblesses que sont nos injustices. Vous pensez que j’invite à la révolution ? Non. J’invite à ce que ce monde reconnaisse le besoin vital que nous avons de justice. J’invite à ne pas rater l’appel que saint Paul nous fait : « Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé. Adoptez le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité à l’image de DIEU. »

Chers amis, comment pourrions-nous essayer d’être un peu plus justes ? En ayant foi en l’autre. Non pas en se disant : « Je ne vais pas faire ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse », mais de façon plus positive : « Et si je faisais aux autres ce que j’aimerais bien qu’on fasse pour moi. » En fait, faire œuvre de justice, c’est avoir foi en l’autre. « La première règle avant d’agir, disait l’Abbé Pierre, consiste à se mettre à la place de l’autre. Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là. » C’est alors, frères et sœurs, que vous pourrez dire avec le Christ : « J’ai travaillé pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle. »



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 13 Aoû 2012, 4:46 am




12/08/2012, 19e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Reprends ma vie

« Maintenant, Seigneur, c'en est trop ! Reprends ma vie, je ne vaux pas mieux que mes pères. » Comment Élie, cet homme aussi passionné par sa mission de prophète, a-t-il pu en arriver à lancer vers le ciel un tel cri de désolation ? Avant de s'effondrer et d'être cloué au sol, Élie n'était-il pas fort de la force même de DIEU, lorsqu'il fit descendre le feu devant les quatre cent cinquante prophètes d'une divinité païenne ? Comme ses pères, Abraham ou Moïse, Élie est avant tout le témoin d'un DIEU transcendant, quasi terrifiant, qui se manifeste dans la puissance du feu.

Mais c'est à travers l'histoire de cet homme que va s'opérer une étonnante rupture dans l'histoire de DIEU : de témoin éclairé, Élie va devenir aveugle, aveuglé par sa peur. Et c'est là que l'inouï advient, car cet effondrement humain va aller jusqu'à bouleverser DIEU lui-même, en renversant dans nos têtes cette image du tout-puissant qui domine. DIEU va venir lui-même épouser ce mouvement de descente de l'homme jusque dans ses enfers terrestres. Déjà avec Élie, « nous changeons de DIEU » (Zundel). Le Seigneur n'a pas attendu le « oui » de Marie pour commencer à révéler aux hommes avec quelle proximité et quelle intimité il pouvait les rejoindre dans leurs détresses.

Regardons avec quelle sollicitude humaine le Très-Haut se met en quatre pour relever son prophète qui n'en peut plus. Un ange s'approche, le touche et le nourrit, puis revient, insiste, comme une mère inquiète au chevet de son enfant malade : « Lève-toi et mange ! Autrement le chemin serait trop long pour toi. » Alors Élie se leva, mangea et bu. Fortifié par cette nourriture divine, il est saisi dans tout son corps par un élan de vie qui ne lui permet plus de s'arrêter de marcher jusqu'à l'Horeb, la montagne de DIEU. Et c'est là que va culminer cette révélation du DIEU proche : sur la montagne, ce n’est plus dans le feu qu’Élie rencontre DIEU mais dans le murmure d'une brise légère, dans l'humble présence d'un fin silence qui parle à son cœur.

On peut s'interroger : Ne fallait-il pas qu'Élie renonce à sa vie pour faire la rencontre intime de DIEU ? Nous ne sommes pas prophètes, mais il me semble que cela peut rejoindre nos expériences. Car n'est-ce pas dans ces moments où nous avons accepté de nous regarder tels que nous sommes, sans nous scandaliser de nos échecs et de nos fragilités que nous avons pu découvrir combien DIEU pouvait se faire proche ? Pour nous l'ange, ce fut peut-être une simple rencontre humaine, brève mais lumineuse qui nous a relevés ; une petite tape d'un ami sur l'épaule qui disait : « Allons, n'en reste pas là, tu as plus en toi », un regard qui nous espère, une lettre pleine d'affection, ou encore un instant de prière au cours duquel nous avons ressenti une Présence que nous ne pouvons oublier...

DIEU tellement humain... Comment pouvait-il ne pas désirer prendre corps pour se lier définitivement avec toute l'humanité blessée ? Et c'est tout l'Évangile. Par sa parole et par sa vie, JESUS sera le témoin le plus authentique et même le plus scandalisant de cette bouleversante proximité de DIEU, lui qui osera dire : « Je suis le pain vivant, descendu du ciel (…) Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

Qui peut comprendre ? Nous aurons beau accepter une telle intimité, nous n'aurons jamais fini de comprendre que ce JESUS dont la vie fut à la fois si grande, si passionnée et si courte veuille à ce point se mêler à notre histoire pour faire de chacune de nos vies, dès aujourd'hui, un prolongement de la sienne.

Ô Seigneur, ne reprends pas ma vie, ton Pain me donne tellement envie de vivre !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 31 Aoû 2012, 7:47 pm




19/08/2012, 20e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Le choix de la foi

Aujourd’hui, nous retrouvons JESUS au cœur de sa mission. Voilà des mois qu’il éclaire progressivement ceux et celles qu’il rencontre par son enseignement et par les signes qu’il fait.

À Cana, durant des noces, il a changé l’eau en vin, signifiant ainsi mystérieusement que les noces entre DIEU et l’humanité vont s’accomplir. À Nicodème, il a annoncé qu’il faut renaître d’en haut, par une naissance spirituelle. À la Samaritaine, il a parlé d’une eau vive qui est un don de DIEU et qui peut combler définitivement la soif de l’homme.

Or, voilà que JESUS vient de faire un nouveau signe en multipliant les pains pour une foule affamée. Ce signe conduit la foule à vouloir faire de JESUS un roi, à le pousser vers une réussite humaine, politique. JESUS va donc devoir éclairer ses contemporains, une nouvelle fois, sur le sens de sa venue dans le monde, sur sa mission inouïe.

JESUS vient en effet de multiplier un pain matériel ; il va conduire ses auditeurs vers un autre pain, un pain nouveau et inattendu. Ce pain nouveau, c’est sa chair : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour que le monde ait la vie. » Comme Nicodème avait été incapable d’accueillir le mystère d’une naissance « d’en haut », comme la Samaritaine ne pourra pas plus saisir le mystère de « l’eau vive spirituelle », les contemporains de JESUS manifestent aussitôt leur incompréhension, leur réticence, leur incrédulité : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger » répliquent-ils. Face à l’incrédulité, JESUS ne va pas essayer d’atténuer son propos ou de clarifier ce qui pourrait paraître comme un malentendu ; il ne va rien édulcorer de son discours. Au contraire, il va le reprendre pour aller plus loin. Il faut non seulement manger un pain nouveau, sa chair, mais il faut aussi recevoir une boisson nouvelle, son sang, c’est-à-dire sa vie.

Plus encore, JESUS va comme anticiper tous les raisonnements qui éviteraient d’avoir à entrer dans la foi : il nous conduit à faire le choix de la foi. Il nous faut, dit-il, « manger sa chair » et « boire son sang » pour avoir en soi la vie éternelle et ressusciter au dernier jour. Par ce pain, par ce sang, JESUS révèle donc à ses auditeurs que par ce don nouveau, c’est sa vie, la vie divine, qui est appelée à passer en nous ; par ce pain, par ce sang, c’est bien sa vie qui vient demeurer en nous, pour que nous demeurions en lui comme il est dans le Père et le Père est en lui. Par la communion au pain et au sang, c’est la communion à la vie divine qui nous est accessible : les noces promises s’accomplissent ; la naissance d’en haut produit ses fruits ; la source d’eau vive peut jaillir en nous.

Ainsi, le livre des Proverbes, notre première lecture, peut-il s’éclairer pour nous. La Sagesse nous invitait à une table où elle offre le pain et le vin. Cette Sagesse, c’est le Christ lui-même qui se donne dans sa maison, l’Église par les sept colonnes d’où jaillit la grâce. Cette Sagesse, c’est le Christ qui nous invite à nous nourrir de lui et qui nous donne ainsi l’intelligence véritable qui, par grâce, accède au cœur du mystère.

Ainsi, pouvons-nous accueillir la parole de l’apôtre saint Paul aux chrétiens d’Éphèse. Saint Paul nous invite à faire la volonté du Seigneur, à ne pas nous enivrer des vins qui passent mais à nous remplir de l’Esprit Saint. Or, comment nous laisser combler par l’Esprit, sinon en communiant au vin des noces, au sang précieux du Christ ? Alors, l’Esprit peut dilater nos cœurs et nous donner de faire de toute notre vie une action de grâce. C’est lui, l’Esprit, qui nous envoie porter l’espérance à tous les hommes qui ont faim et soif, ici et maintenant, dans l’attente du banquet éternel.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 02 Sep 2012, 8:12 pm




26/08/2012, 21e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Choisissez !

Choisir nous est familier. Les grands moments de nos vies sont marqués par des choix que nous espérons conscients et libres. Nous appartenons à une société qui accorde beaucoup d’importance au libre choix des individus qui la composent. Chacun doit pouvoir se déterminer librement dans ses gestes et dans ses paroles. Dans ce contexte, l’exhortation de Josué que nous rapporte la première lecture prend un relief tout à fait particulier.

Au moment où le peuple d’Israël va entrer dans la terre promise, Josué, son guide, successeur de Moïse, le met en garde : « Vous allez entrer dans un pays où les habitants honorent d’autres dieux que le vôtre ; choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir, les dieux des païens ou le DIEU d’Abraham qui vous a libérés de l’esclavage d’Égypte et conduits jusqu’ici ? »

Josué invite le peuple de DIEU à décider librement sous quelle autorité il veut continuer à vivre. L’exercice de la liberté implique nécessairement une fidélité à la décision prise et par là-même pour Israël, s’il veut servir le Seigneur, une renonciation à toute forme d’idolâtrie, une persévérance dans l’accueil de la voix de DIEU. Il n’est personne qui ne soit sans maître, personne qui ne soit sans DIEU. Petit ou puissant, on obéit toujours à quelqu’un ou à quelque chose. Un leader, une idée, une idole, un DIEU sont autant d’autorités auxquelles un homme ou un peuple peuvent se soumettre. Il convient dès lors de choisir avec soin à qui l’on fait allégeance.

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir. » Cet appel est adressé à chacun de nous. Il nous fait choisir à chaque instant entre le Christ et les idoles modernes, entre l’Évangile et les maximes du monde. Comment vivre pour DIEU et le servir en servant nos frères ? Comment l’aimer en paroles et en actes ?

La réponse viendra dans le dialogue confiant avec lui, chaque dimanche, chaque jour, au cœur des évènements qui marquent notre existence. Quand nous faisons une ascension dans les Pyrénées ou ailleurs, des arrêts s’imposent. Il en va de même dans notre vie de foi où des pauses pour le ressourcement sont indispensables. Libres de choisir comme Pierre dans l’évangile, voulons-nous suivre et vivre par le Christ qui se donne en nourriture ? Il nous offre le Salut. Lui seul a les paroles de la Vie éternelle.

Suivre le Christ, c’est choisir, comme Pierre, de rester avec lui, de lui faire confiance, même lorsqu’on n’a pas tout compris de son discours sur le pain de vie. La foi oblige à des déplacements, mais elle conduit à la Vie éternelle, c'est-à-dire à la connaissance du DIEU vivant et vrai qui libère l’homme de ses entraves et elles sont multiples. Si nous sommes dans cette abbatiale de Saint-Savin, si nous regardons à la télévision cette célébration dominicale, c’est que nous avons choisi de rester avec le Christ, de lui consacrer du temps, de parcourir notre chemin avec lui.

Ils sont nombreux autour de nous ceux qui optent pour un autre chemin. « Voulez-vous partir, vous aussi ? ». Cette question de JESUS reste d’actualité alors que nous sommes invités à vivre notre relation au Christ dans la fidélité et la persévérance.

Aujourd’hui encore, JESUS nous presse de nous engager à sa suite, non du bout des lèvres ou par habitude, mais résolument. Il veut faire de nous des chercheurs dans la prière, dans le travail d’intelligence de la foi, dans les engagements au service de l’humanité.

Vers qui irions-nous Seigneur ? Notre foi en toi s’exprime en Église, car le chrétien isolé est un chrétien en danger. À la suite de Pierre, je peux dire : « Je crois ». Nous croyons que tu apportes la vérité sur DIEU et sur l’homme. Tu apportes la plénitude de la joie. Nos célébrations n’ont d’autre but que nous conduire vers toi. Tu es le Vivant pour les siècles des siècles. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 04 Sep 2012, 6:12 pm




02/09/2012, 22e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Jouer les apparences ou être en vérité avec le Christ ?

Chers frères et sœurs, cette préoccupation de mains aspergées et de plats lavés, avouons-le, ne nous concerne pas beaucoup aujourd’hui. Elle relève plus pour nous du domaine de l’hygiène que de celui de la religion. Certes, cet évangile veut répondre à une question brûlante qui s’est posée au début de l’Église chrétienne : fallait-il appliquer aux païens, nouvellement convertis, les règles de pureté légale en usage dans le judaïsme et en particulier, ces recommandations qui concernaient les aliments et les repas ? La réponse a été trouvée dans l’enseignement-même de JESUS qui disait que la véritable pureté ou la véritable impureté, ne se trouvaient pas dans les objets extérieurs à l’homme, mais bien à l’intérieur du cœur de l’homme. Cette polémique, reconnaissons-le, n’est plus la nôtre. Alors, nous pouvons nous interroger : cet évangile est-il historiquement daté ou a-t-il encore quelque chose d’important à nous dire aujourd’hui ? Je vous invite pour cela à écouter de plus près l’interpellation du Christ.

Dans sa prise de parole, JESUS oppose l’extérieur et l’intérieur, l’attention scrupuleuse à l’extérieur, à ce qui apparaît et la prise en compte de ce qui est intérieur, de ce qui habite en profondeur le cœur de l’homme. Es-tu prisonnier des apparences, nous dit JESUS, ou cherches-tu à vivre en vérité par rapport à toi-même ? Nous sommes dans un monde qui donne une très grande importance à l’image, à l’image de soi, à l’image que l’on veut donner de soi-même aux autres. Des politiques, des stars, des artistes cultivent soigneusement leur image. Sur les réseaux sociaux, sur Facebook en particulier, chacun a la possibilité de soigner, voire de construire, l’image qu’il veut donner de lui et celle-ci peut être parfois très loin de la réalité. Des adolescents sont préoccupés de leur image, du regard des autres sur eux, et cette préoccupation peut être, à certains jours, paralysante.

C’est là que l’Évangile nous libère de cette hantise du paraître. Je me rappelle le témoignage de cette catéchumène adulte qui préparait son baptême et à qui je posais la question : « Qu’est-ce qui a changé dans votre vie au contact de l’Évangile ? ». Et elle, de me répondre : « Une libération intérieure. Avant, j’étais très dépendante du regard des autres, de l’image que je donnais ou de l’image que les autres pouvaient avoir de moi. Aujourd’hui, j’ai pris des distances par rapport à cela, parce que j’ai découvert que le plus important, c’est ce que je suis en vérité sous le regard de DIEU ». Finalement, elle me redisait d’une autre façon ce qu’affirme la Bible à l’occasion du choix surprenant de David, préféré à ses frères pourtant supérieurs en âge, en force et en prestance, lorsqu’elle écrit : « Les vues de DIEU ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais le Seigneur regarde au cœur » (1 Sam. 16, 7). De fait, à la différence des regards des autres qui souvent nous comparent, nous jugent froidement, le regard de DIEU est un regard d’amour et d’espérance. Certes, DIEU est lucide. Il voit nos fautes, nos faiblesses, notre péché, mais il ne nous y enferme pas. Il nous regarde comme ses enfants bien-aimés et nous ré-ouvre toujours la porte de l’avenir. Ce regard de DIEU, loin de nous oppresser, nous redonne souffle et nous fait respirer autrement.

L’Évangile vient donc nous dire qu’il ne faut pas tout miser sur les apparences, sur la respectabilité ou la notoriété mais que ce qui est le plus important c’est ce que nous vivons au jour le jour pour être davantage fidèles à l’esprit de l’Évangile, à une conduite selon DIEU.

S’il ne faut pas se fier aux apparences, on comprend alors que JESUS nous demande de ne pas juger les autres : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ! » (Lc 6, 37). Car, nous ne pouvons juger que sur l’image que nous avons d’eux et non pas sur ce qu’ils ont dans leur cœur.

Frères et sœurs, accueillons ce message libérateur du Seigneur, il nous établira dans la confiance et dans la joie. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 09 Sep 2012, 6:11 pm




09/09/2012, 23e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Proche des plus pauvres que nous

« Ephata » : c'est la parole même de JESUS, dans sa langue maternelle. « Ouvre-toi », dit-il au malade. Le prophète Isaïe l'avait annoncé : « DIEU vient lui-même et rend justice aux pauvres. » Le Christ JESUS accomplit cette annonce. Il va d'abord vers les pauvres, vers les exclus.

Mais regardons de plus près. Il y a beaucoup de malades autour de lui, il ne les guérit pas tous. Et il demande même aux gens de ne pas parler de ce miracle. Alors, quelle est son intention profonde ? En disant au malade : « ouvre-toi », il n'ouvre pas seulement ses oreilles et sa bouche, mais son cœur au salut que DIEU donne.

En même temps, il veut aussi faire comprendre quelque chose à tous les autres. À nous tous, il nous demande d'adopter une nouvelle attitude face aux malades, aux exclus, une attitude de compassion et de respect.

Quand plus tard il enverra ses disciples en mission il leur dira : « Guérissez les malades. » Par-là, il ne leur transmettra pas un pouvoir miraculeux ou facile, mais il leur dira : « Allez, faites-vous le prochain de ceux qui souffrent ! »

Je me souviens comment, autrefois, frère Roger nous a entraînés dans des quartiers pauvres de l'hémisphère sud. Il était poussé par cette intuition : nous ne pouvons pas discourir sur l'injustice et la pauvreté sans toucher de près les misères de l'humanité.

Même sans grands moyens, ni pouvoirs miraculeux, nous pouvons être proches de ceux qui sont plus pauvres que nous. En eux, le Christ nous accueille. Et à travers eux, nous entendons à notre tour le Christ nous dire : « Ouvre-toi, ouvre ton cœur à l’Évangile. »

Quand nous souffrons nous-mêmes, nous attendons bien sûr la guérison ou une aide matérielle, mais nous attendons aussi « quelqu'un », une autre personne, qui prenne le temps d'être avec nous. Une telle compassion peut briser le mur d'isolement que suppose toute maladie grave.

La rencontre de JESUS avec l'homme sourd-muet se passe en terre étrangère. JESUS élargit sa mission aux autres peuples. Mais il ne va pas seulement annoncer l'Évangile en terre étrangère, il ira l'annoncer jusque dans la mort. Il ne touche pas seulement le mal qui terrasse un homme, mais il déracinera le mal.

Le Christ révèle la dignité de chaque être humain. Il nous a laissé en héritage une nouvelle solidarité. Comme le dit l'épître de Jacques, nos communautés chrétiennes sont appelées à être le signe que DIEU « a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ». Faisons tout pour que nos paroisses, nos communautés et nos groupes, soient des lieux de partage et d'amitié.

« Ephata, ouvre-toi ». Le Christ ouvre notre cœur à l'amour de DIEU et du même coup à l'amour de celles et ceux qu'il nous confie. Alors, par notre vie, nous pouvons dire cette même parole à d'autres, pour que le monde s'ouvre davantage à l'espérance du Christ.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 10 Sep 2012, 6:40 pm





En l'église de la Réconciliation à Taizé, la prédication du Fr. Aloïs, est précédée de la lecture de l'évangile selon saint Marc.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 16 Sep 2012, 6:23 pm




16/09/2012, 24e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Pour vous qui suis-je ?

Chers frères et sœurs, permettez-moi, exceptionnellement, de prononcer aujourd’hui l’homélie en français pour ceux qui regardent cette liturgie à la télévision.

« Qui suis-je, au dire des gens ? » Voilà sans doute la question la plus étonnante de toute la Bible. La réponse de nos contemporains ne diffèrerait sans doute pas beaucoup de celles que rapportent les disciples. Qui donc est JESUS pour l’homme de la rue ? Un mythe ? Un prophète parmi d’autres ? Un héros hellénistique ? Un maître de Sagesse ? Un zélote révolutionnaire ? Ou encore, comme le disait Renan : « le doux rêveur de Galilée » ? Mais la question s’adresse d’abord à chacun d’entre nous : « Pour vous, qui suis-je ? ». Pour nous, qui est JESUS ? Nous pouvons répondre comme saint Pierre : « Tu es le Messie ». Nous pouvons donner les réponses que nous avons apprises au catéchisme : oui, JESUS, tu es le Fils de DIEU, le Rédempteur, le Verbe fait chair, la deuxième personne de la Trinité ! Mais ces réponses ne suffisent pas. Ni celle de Pierre, ni celle du catéchisme. Il ne suffit pas d’affirmer que JESUS est le Messie, ni même qu’il est DIEU, encore faut-il savoir ce que cela signifie, pour JESUS et pour nous.

Pour JESUS, cela ne signifie pas « un chemin de grandeur », mais la souffrance et la Croix. La première lecture, du livre d’Isaïe, que l’on appelle la « prophétie du Serviteur souffrant », présente le Messie non pas comme un roi triomphant, mais comme un serviteur qui accepte de se faire victime de la violence des hommes. Le Messie est celui « qui ne s’est pas révolté, qui ne s’est pas dérobé », qui n’a « pas protégé son visage des outrages et des crachats. » Pour surmonter la violence, il lui faut accepter d’en être la victime. Voilà qui est inacceptable pour l’apôtre Pierre, qui attendait un Messie glorieux, libérateur d’Israël. Et voilà qui est bien difficile à comprendre pour nous aussi.

Car confesser notre foi en un Messie souffrant a des conséquences aussi pour nous. Si nous voulons suivre le Christ, nous devons nous aussi accepter ce chemin d’humilité. « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». Qu’est-ce que cela veut dire, concrètement ? Renoncer à soi-même, c’est refuser de faire de sa personne le centre de ses intérêts, de vouloir tout diriger, de vouloir avoir toujours raison. Prendre sa croix, c’est, comme nous l’enseigne saint Jacques dans la deuxième lecture de ce jour, rejoindre les hommes dans leurs détresses, donner nos vies pour nos frères. « Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il? ». Suivre le Christ, c’est perdre sa vie, c’est-à-dire l’accomplir, selon le paradoxe que nous enseigne aujourd’hui JESUS : « Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera. »

Frère et sœurs, c’est ce chemin qu’ont pris des milliers de saints, en particulier ici en Russie. Il y a quelques décennies seulement, à l’époque soviétique, des chrétiens ont accepté de tout perdre, de renoncer à tout confort, à toute sécurité, à toute famille, à tout avenir et jusqu’à leur vie. Ils l’ont accepté, non par amour de la souffrance, mais pour témoigner de l’amour infini du Christ et pour donner la vie à d’autres. C’est grâce à ces croyants qui ont tout donné que nous pouvons aujourd’hui nous rassembler ici dans cette église. Puissions-nous imiter leur exemple. Si vraiment JESUS est le Messie, alors ne nous contentons pas de le dire, mais marchons à sa suite et donnons joyeusement nos vies les uns pour les autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 17 Sep 2012, 6:47 pm







Pour ceux qui souhaiteraient voir entendre l'Homélie du 16/09, par la bouche même du Prêtre, l'Evangile selon Saint Marc en direct de Saint-Petersbourg,


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 23 Sep 2012, 7:46 pm



23/09/2012, 25e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

La Parole et mon silence

Frères et sœurs, avec l’Église nous rendons grâce pour les fruits portés par le concile Vatican II et spécialement dans les initiatives entreprises pour mieux accueillir la Parole de Dieu. Mais il n’y a de progrès dans l’Église que si, en nous, dans notre vie personnelle, cette Parole éternelle habite réellement. Quelle est ma relation avec la Parole ? Ce n’est qu’ainsi que je saurai si elle a fait du progrès dans l’Église !

La Parole n’est jamais seule : elle est mariée au silence. Le silence comme condition préalable, qui permet l’écoute attentive ; mais aussi le silence provoqué par la Parole. Un silence que nous aimerions souvent, un silence de paix et d’harmonie, où l’homme échange avec son Dieu. Mais sa Parole provoque surtout en nous un silence gêné. Un silence qui me dérange, comme dans ces discussions où, soudain « un ange passe » : quelqu'un vient de « jeter un pavé dans la mare » ; un silence qui fait résonner toutes nos contradictions ; un silence extérieur masquant mal le bouillonnement de notre conscience « flashée » par la Parole. Ce silence gêné est celui des disciples après l’annonce de la Passion. Leur bouche se tait, mais leur cœur est tumultueux : pourquoi JESUS renouvelle-t-il cette mauvaise nouvelle alors que des foules vont à lui et qu’il réalise des signes éclatants devant tout le peuple ? Et pourquoi, quand nous méditons la Bible, nous attardons-nous à l’image d’un JESUS berger, ami de l’homme et repoussons-nous l’image de celui qui prévient, reprend, invective, souffre et meurt pour notre salut ? Pourquoi vient-il nous troubler ainsi dans nos moments de tranquillité, de confort ? Nous aimerions qu’il se taise comme ces hommes qui méditent le mal dans le livre de la Sagesse. Ils se disent en eux-mêmes : « attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu. » Les disciples ne comprennent pas l’insistance de JESUS sur ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Et nous, l’avons-nous mieux comprise ?

Pour accueillir cette Parole, il faut que les apôtres entrent eux-mêmes dans une mort et une résurrection. Il faut qu’ils meurent à leur propre parole, à leurs idées, à leurs projets et opinions. « De quoi discutiez-vous en chemin ? » demande JESUS ; alors, ils se taisent ! Encore un silence gêné. Leurs discussions de grandeur étaient si médiocres ! Après l’annonce de sa pâque, JESUS les invite eux-mêmes à leur propre pâque : « celui qui veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». JESUS ne leur reproche pas d’être ambitieux, au contraire : il leur donne la clé du succès ! Mais ce n’est pas un succès mondain, social, politique ou même religieux. C’est un succès bien plus grand, bien plus haut, bien plus profond. Celui d’être le premier, le premier auprès de Dieu, le premier avec JESUS. JESUS, qui à la résurrection sera exalté plus haut que les cieux, donne à tous ceux qui veulent le suivre le chemin certain de cette exaltation. Cela nécessite de notre part la conversion : c'est-à-dire l’abandon définitif de notre parole intérieure qui nous fait miroiter les succès de papier glacés… c’est la pâque que nous avons à vivre. Saint Jacques prévient : « vous n’obtenez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts ».

La Parole aura fait des progrès en nous et dans l’Église quand nous aurons compris que l’unique Parole de Dieu, c’est celle de la Sainte Croix. « Salut, ô Croix, notre unique espérance. » Frères et sœurs, soyons ambitieux. Visons la gloire ! La vraie, celle de Dieu. Entrons dans le combat contre ces paroles intérieures qui nous habitent et nous trompent sur le vrai chemin : le chemin de la gloire, c’est le chemin de la croix ! Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 30 Sep 2012, 8:49 pm



30/09/2012, 26e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie




Mes yeux, mes mains, mes pieds

C’est donc clair, sœurs et frères, au nom de notre appartenance au Christ, il y a un monde qu’il faut refuser sans concession. Et c’est un monde où je me croirais permis de tout imposer aux autres de mes certitudes, de mes valeurs, de mes manières de faire. Si ta main se tend pour humilier ton frère qui ne vit pas comme toi, coupe-la ! Si ton pied frappe avec violence celui qui ne croit pas comme toi, coupe-le ! Si ton œil condamne sans appel celui qui n’aime pas comme toi, arrache-le !

« Quelqu’un chassait des esprits mauvais et on a voulu l’empêcher, car il n’est pas de ceux qui nous suivent » dit un disciple à JESUS. Entendons : il n’y a que les bons chrétiens qui pourraient se réclamer de JESUS et de la vie, et de la joie, et de l’amour qui coulent à flots dans l’évangile, et de ce qui est bon et bien, et vrai ! « Non » dit JESUS, « Ne l’empêchez pas ! » Entendons : ne vous asphyxiez pas en vous repliant sur vous-mêmes. Respirez au milieu des autres, avec les autres et que l’Esprit de mon Père soit sur tous !

Qui est-ce qui dit cela ? JESUS ! L’homme de Nazareth qui se désigne comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Et il sait de quoi il parle : le chemin qu’il a pris est celui de l’exclusion en se laissant livrer à la croix ; pour témoigner de la vérité au-dessus de toutes les vérités : la vérité de l’amour ; pour nous révéler que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et qu’ils aient la vie en abondance.

Sœurs et frères, si nous sommes disciples de JESUS, si nous croyons que notre appartenance à l’Église catholique est une vraie et belle manière de vivre notre appartenance à la grande Église du cœur de Dieu, alors il nous faut accepter de nous mettre en chemin, inlassablement, pour sans cesse aller plus avant dans la rencontre de l’autre, de Dieu, de soi. Ne pas le faire est un choix qui conduit à la mort. S’y lancer, même timidement, fait jaillir la vie : la résurrection, encore et toujours !

Par cette eucharistie que nous célébrons, nous signifions que l’Église est Corps du Christ ; et le Corps du Christ, c’est une communion de femmes et d’hommes que je suis appelé à reconnaître, ainsi que dit l’apôtre Paul, comme un frère, une sœur pour qui le Christ a donné sa vie. N’est-ce pas là ce qui doit changer mon regard, ouvrir ma main, affermir mon pas?

Le concile de Vatican II, dont nous célébrons les cinquante ans - c’était en 1962 - nous invite à ce regard « positif » sur les autres, aussi bien sur les autres confessions chrétiennes, les autres religions, que sur les hommes et les femmes en la diversité de leurs cultures et de leurs conceptions de la vie humaine.

Voilà qui n’est pas simple en vérité, parce qu’on tient finalement, vous le savez bien, à ses idées, ses valeurs, ses convictions et il est important de s’engager pour ce qui nous tient à cœur, car il ne s’agit pas en effet d’être d’accord avec tout et son contraire ! Mais rien, sœurs et frères, rien ne nous autorise jamais à regarder les autres de haut, ni à leur dicter nos principes.

Que Dieu lui-même, le Dieu de JESUS Christ, mort par amour pour chacun de nous, soit la mesure de notre regard ! Qu’il soit la mesure débordante de l’ouverture de nos mains ! Qu’il soit la mesure joyeuse et audacieuse du rythme de nos pas ! Et que tous puissent dire à travers le monde : Qu’ils sont beaux, les pieds des messagers de la bonne Nouvelle ! Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 07 Oct 2012, 7:10 pm





Citation :
Marc. Chapitre 10

1 JESUS, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s`assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l`enseigner. 2 Les pharisiens l`abordèrent; et, pour l`éprouver, ils lui demandèrent s`il est permis à un homme de répudiée sa femme. 3 Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse? 4 Moïse, dirent-ils, a permis d`écrire une lettre de divorce et de répudier. 5 Et JESUS leur dit: C`est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. 6 Mais au commencement de la création, Dieu fit l`homme et la femme; 7 c`est pourquoi l`homme quittera son père et sa mère, et s`attachera à sa femme, 8 et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. 9 Que l`homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. 10 Lorsqu`ils furent dans la maison, les disciples l`interrogèrent encore là-dessus. 11 Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; 12 et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. 13 On lui amena des petits enfants, afin qu`il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. 14 JESUS, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. 15 Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n`y entrera point. 16 Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.


07/10/2012, 27e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Les fruits du Concile Vatican II

Chers frères et sœurs, jeudi prochain, nous allons célébrer le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II par le pape Jean XXIII ! La grande grâce que les participants vécurent durant ce concile fut l’art de délibérer ensemble et de rédiger les documents d’une manière concertée. Mgr Gérard Philips, secrétaire adjoint de la commission doctrinale et théologien du cardinal Léon Joseph Suenens, dira à ce sujet : « Il ne s’agit pas de faire triompher nos idées personnelles, mais d’arriver à un consensus sur l’expression de la foi commune de l’Église » (1). De cet engagement communautaire résulte ce qu’on appellera « le style de Vatican II », c’est-à-dire une manière de faire qui ne cherche pas la confrontation, mais le dialogue.

Or, cet art du vivre ensemble, c’est le Christ lui-même qui nous l’apprend. L’évangile d’aujourd’hui (Mc 10,2-16) nous le montre, à partir de la rencontre de JESUS avec les enfants. En effet, un jour qu’on présentait des enfants à JESUS pour qu’il leur impose les mains, les disciples repoussèrent les gens, parce qu’ils craignaient qu’on ne dérange JESUS. Alors, JESUS se fâche et dit : « Laissez les enfants venir à moi… car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. » JESUS accueille les enfants, car il sait qu’ils ont besoin de protection et d’amour. Il accueille le petit et le pauvre par priorité, et il enseigne aux disciples d’en faire autant !

Cette dimension de service, le Concile Vatican II l’a développée dans sa constitution sur l’Église dans le monde d’aujourd’hui. Les premiers mots de ce texte sont célèbres : « Les joies et les espoirs (Gaudium et spes), les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ » (2) . Le concile souligne ainsi la solidarité des chrétiens avec l’humanité actuelle, et surtout avec les pauvres. Par cette constitution, l’Église catholique abandonne une attitude de repli qu’elle a pu avoir dans le passé. Cette tentation était déjà celle des disciples, qui voulaient protéger JESUS contre l’intrusion des enfants. Or JESUS se fâche contre cette tentation du repli. De même l’Église au concile Vatican II a-t-elle promu l’engagement pour la justice, pour la paix et pour la protection de la vie humaine d’une manière claire et même d’une manière missionnaire, comme témoignage de la venue du Royaume de Dieu.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, JESUS répond aux pharisiens sur la question du divorce. D’abord, au lieu de parler de ce qui est « permis » par Moïse, il demande ce qui est « prescrit » par Moïse : il insiste donc sur le but premier de la Loi, et non sur les exceptions (3). Puis, il va au cœur de l’Écriture, au récit de la création : « Au commencement du monde, quand Dieu créa l’humanité, il les fit homme et femme. » Il cite le texte de la Genèse : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. » JESUS nous donne une leçon de lecture de la Bible. Il fait apparaître le sens principal des choses, en les situant sous le regard de Dieu.

Or, c’est cela aussi que le Concile Vatican II nous apprend, dans sa constitution Dei verbum, sur la Parole de Dieu. Il propose aux chrétiens un retour aux sources, un accès direct à la lecture de la Bible, éclairée par la tradition de l’Église. Le Concile donne une méthode de lecture de l’Écriture, en invitant à placer les textes dans leur cadre historique et à tenir compte de leur genre littéraire ; il situe ainsi la Bible en dialogue avec les sciences, avec l’histoire ou avec la physique, qui ont longtemps paru s’opposer à la foi.

Pour JESUS ce retour aux sources éclaire le sens du mariage. L’union entre l’homme et la femme a une valeur définitive, le mariage reflète un désir d’amour absolu. Il suppose donc la fidélité. Certes, aujourd'hui, dans notre société, le mariage est en crise. L'idée même de famille est érodée, les liens entre les personnes sont vus comme passagers. Mais c’était le même cas à l’époque de JESUS ! Il invite donc les croyants à garder sous les yeux le cap de la fidélité dans le mariage. Ce qui ne nous empêche pas de prier pour tous ceux qui sont victimes de la crise de la famille, tels les enfants qui grandissent dans des ménages déchirés, les hommes et les femmes divorcés, les personnes âgées abandonnées.

Enfin, JESUS prend ses disciples à part et discute avec eux dans l’intimité. Cette réunion ressemble à un mini-concile ! Cela me fait penser à la Constitution de Vatican II sur l’Église, intitulée Lumen gentium. Le concile y précise le rôle de chacun dans l’Église et il accorde une place importante aux laïcs. Il renouvelle ainsi la vision de l’Église en stimulant la responsabilité de chaque chrétien au sein du peuple de Dieu. Un bel exemple nous en est donné aujourd’hui par la communauté Sant’Egidio, qui anime cette eucharistie. Cette communauté se compose de laïcs chrétiens qui se réunissent autour de l'évangile dans une prière du soir, ouverte à tous, ici dans cette église du centre de Bruxelles ; Sant’Egidio vit aussi l’amitié avec les pauvres, spécialement avec les gens de la rue et les personnes âgées. Ainsi se réalise concrètement le message de Vatican II (4).

Chers frères et sœurs, tel est le sens de ce que nous vivons dans cette eucharistie. Notre participation active à cette célébration est aussi le fruit du Concile Vatican II et de la réforme liturgique qu’il a promue. Elle favorise notre compréhension du message évangélique et notre union à Dieu. Remercions le Seigneur qui nous rassemble ici ou qui nous réunit via les ondes de la télévision. Notre mémoire du Concile est un stimulant qui revigore notre foi, en ce début d’année de la foi lancée notre pape Benoit XVI ! Que notre engagement soit nourri aux sources de l’évangile et de la tradition vivante de l’Église. Amen !

1- Propos rapporté par Mgr Albert Prignon, dans Claude SOETENS (éd.), Vatican II et la Belgique (Collection Sillages - Arca), Louvain-la-Neuve, 1996, p. 157. Reprint, Presses universitaires de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2012.

2- CONCILE ŒCUMENIQUE VATICAN II. Constitutions, décrets, déclarations, messsages. Textes français et latin, Paris, Centurion, 1967, p. 207. Cf. aussi le texte en ligne : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

3- Camille FOCANT, L’évangile selon Marc (Commentaire biblique, Nouveau Testament, 2),Paris, Cerf, 2004, p. 373.

4- Hilde KIEBOOM, L'Evangile dans la ville : la spiritualité et l'action de Sant'Egidio, Namur, Fidélité, 2007.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 15 Oct 2012, 2:56 am




Marc 10,

Citation :
17 Comme JESUS se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? 18 JESUS lui dit: Pourquoi m`appelles-tu bon? Il n`y a de bon que Dieu seul. 19 Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d`adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. 20 Il lui répondit: Maître, j`ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. 21 JESUS, l`ayant regardé, l`aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. 22 Mais, affligé de cette parole, cet homme s`en alla tout triste; car il avait de grands biens. 23 JESUS, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu`il sera difficile à ceux qui ont des richesses d`entrer dans le royaume de Dieu! 24 Les disciples furent étonnés de ce que JESUS parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu`il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d`entrer dans le royaume de Dieu! 25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d`une aiguille qu`à un riche d`entrer dans le royaume de Dieu. 26 Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? 27 JESUS les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu. 28 Pierre se mit à lui dire; Voici, nous avons tout quitté, et nous t`avons suivi. 29 JESUS répondit: Je vous le dis en vérité, il n`est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, 30 ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des soeurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.



14/10/2012, 28e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Vatican II, une boussole fiable pour notre siècle

Qu'avons-nous répondu au diacre, frères et sœurs ? Non pas seulement « oui, amen ou louange à la Parole… », mais « louange à toi, Seigneur JESUS ! » Ce rappel simple et essentiel, que la Parole de Dieu c'est le Christ lui-même, le Concile Vatican II a voulu le faire avec force. En répondant au jeune homme : « pour avoir la vie éternelle, observe les commandements… puis donne tout et suis moi » (1), le Christ, Parole de Dieu, le touche au cœur. Oui, « elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée pénétrant au plus profond de l'âme. » (2) Voilà ce que rappelèrent, il y a 50 ans, les Pères du Concile : « Que toute la prédication et la religion chrétienne elle-même, soit nourrie et régie par la Parole de Dieu. » (3)

Mais au fait, qu'est-ce que le Concile Vatican II ? Ce fut la réponse faite par 2400 évêques du monde entier, au pape Jean XXIII, les invitant à porter collégialement le souci de l'Église catholique, mais aussi des hommes et des femmes de leur temps, car il ne saurait y avoir « rien d'humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (4) Souci d'aggiornamento, retour à l'essentiel de la foi et de la vie de l'Église, souci de vérité et de fraternité… Soyons donc reconnaissants aux pères et théologiens du Concile ! À Strasbourg, nous le sommes pour nos pasteurs, Mgr Weber et Mgr Elchinger, qui firent tant pour la Parole de Dieu, l'œcuménisme et le rapport fraternel envers les juifs… Que serions-nous aujourd'hui, sans cet événement providentiel du Concile, « boussole fiable » (5), « grande force pour le renouveau de l'Église », selon notre Pape Benoît XVI ?(6) L'Église fut donc invitée à un profond renouvellement, en fidélité aux racines de sa foi et en docilité à l'Esprit Saint qui, sans cesse, l'anime. De l'œuvre immense du Concile, soulignons trois démarches essentielles ; vers le Christ, vers l'Église, vers les hommes de ce temps.

Vers le Christ : le Christ est Parole, Verbe de Dieu. La Parole de Dieu occupe une place centrale dans la vie du chrétien et dans la liturgie. La réforme liturgique fut faite pour aider les fidèles à mieux comprendre le mystère de la foi, à y participer davantage (7) et à s'unir au Christ. « À cette union avec le Christ, lumière du monde, de qui nous procédons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons, tous les hommes sont appelés. » (8)

Vers l'Église : l'Église n'est pas d'abord organisation, mais corps du Christ, sanctifié par l'Esprit, peuple de Dieu en marche vers le Père. Si les prêtres ont « une fonction indispensable de pères et de docteurs… au milieu des baptisés, ils sont des frères parmi leurs frères, membres du Corps du Christ dont la construction est confiée à tous. » (9) Tous, « quel que soit leur état ou leur forme de vie, sont appelés à la sainteté, perfection de la charité. » (10) L'œcuménisme devient tâche essentielle de l'Église afin que tous les chrétiens confessent une même foi. Bonheur de goûter à la même Parole de Dieu et de prier le même Père… Persévérons, malgré les embûches, laissons-nous réconcilier, ensemble, avec Dieu !

Vers les hommes d'aujourd'hui : « Leurs joies et leurs espoirs, leurs tristesses et leurs angoisses » (19) sont les nôtres. Nous devons être fraternels envers tous les hommes quels qu'ils soient : comme nous, ils sont enfants de Dieu, aimés de Lui, créés à son image (12). Avec les croyants non chrétiens, nous sommes invités « au dialogue et à la collaboration, avec prudence et respect, tout en témoignant de notre propre foi. » (13) Liberté religieuse, dialogue interreligieux, respect des consciences sont affirmés. L'Église reconnaît les racines juives de sa foi et invite à une attitude définitivement positive à l'égard de ses « frères aînés. » (14)

Ce Concile, concluait Paul VI, « fut un appel amical et pressant conviant l'humanité à retrouver, par la voie de l'amour, ce Dieu dont on a pu dire : ‘S'éloigner de Lui, c'est périr ; se tourner vers lui, c'est ressusciter… habiter en lui, c'est vivre’. » (15)

Vatican II, une vie pour aujourd'hui et pour demain !





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 21 Oct 2012, 7:38 pm



Marc Chapitre 10

Citation :
35 Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s`approchèrent de JESUS, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. 36 Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? 37 Accorde-nous, lui dirent-ils, d`être assis l`un à ta droite et l`autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. 38 JESUS leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils. 39 Et JESUS leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; 40 mais pour ce qui est d`être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu`à ceux à qui cela est réservé. 41 Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s`indigner contre Jacques et Jean. 42 JESUS les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu`on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. 43 Il n`en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu`il soit votre serviteur; 44 et quiconque veut être le premier parmi vous, qu`il soit l`esclave de tous. 45 Car le Fils de l`homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.



21/10/2012, 29e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Dominer ou servir ?

La tentation du pouvoir nous guette tous. L’orgueil, l’ambition, la jalousie, ça nous connaît ! Même les apôtres qui ont partagé l’intimité du Christ, étaient au départ comme nous. Ainsi le montre l’Évangile que nous venons d’entendre. Étonnamment, ce désir des premières places de la part des disciples se révèle lors de la montée de JESUS vers Jérusalem. Dans l’Évangile de saint Marc, cette montée est ponctuée de trois annonces de la Passion : le Fils de l’homme, dit clairement JESUS, sera condamné à mort, livré aux païens, humilié, flagellé et tué. L’évangéliste souligne que les disciples ne comprennent pas ces paroles. C’est peu de le dire : alors que JESUS parle de sa mort, les disciples, eux, rêvent de pouvoir…

Ces paroles de JESUS, ils ne les comprendront pas davantage lorsqu’elles s’accompliront. Pour eux, il est inimaginable que le Messie puisse connaître la souffrance et la mort. En répétant par trois fois l’annonce de sa Passion, JESUS veut éclairer leur esprit. Tout comme saint Marc : en rapportant cette triple annonce dans son Évangile, il veut ouvrir notre cœur, nous aider à aller au-delà de ce scandale d’un Messie crucifié, pierre d’achoppement de notre foi. Les disciples ne veulent entendre que ce qui conforte leurs attentes : un Messie triomphant qui viendrait restaurer le trône de David à Jérusalem et dont ils pourraient partager le pouvoir. C’est tout le sens de la requête de Jacques et de Jean qui réclament de siéger à la droite et à la gauche de JESUS. Ils veulent les premières places. JESUS ne les tance pas. Il voit le meilleur en eux : leur zèle d’apôtre et les fruits qu’il produira. À cause de l’Évangile, Jacques mourra martyr et Jean vivra l’exil. La coupe du Christ, ils y boiront ; son baptême, ils le recevront.

L’attitude de Jacques et de Jean rejoint notre désir de suivre au plus près le Christ. Qui de nous n’a pas envie de servir l’absolu de Dieu ? Ce récit réveille en nous une générosité, un élan prêt à s’offrir. Mais il met aussi le doigt sur une ambiguïté tapie en nous : nous voulons suivre le Christ, mais en ignorant sa volonté. Souvent, nous confondons notre volonté avec la sienne. Nous croyons servir le Christ, mais n’est-ce pas plutôt le Christ que nous voulons au service de nos projets ? « Vous ne savez pas ce que vous demandez » : nous ne le savons pas non plus. Suivre le Christ, c’est servir, donner notre vie pour les autres, pas courir après le pouvoir. En sommes-nous conscients ? Est-ce bien ainsi que nous voulons suivre JESUS ?

« Nous le pouvons ! », disent les deux frères. Ils le pourront, mais à mesure qu’ils se libèreront d’une fausse image du Messie et qu’ils découvriront le vrai visage de Dieu en son Fils. Ils le pourront, lorsque leurs rêves de gloire au futur consentiront à s’incarner dans la réalité du présent où le Christ les attend. Ils le pourront, lorsqu’ils découvriront dans la Pâque du Christ le « oui » qui s’y cache et qui veut les associer à son « oui ». « Voici que nous montons vers Jérusalem », dit JESUS à ses disciples. Il parle à la première personne du pluriel. Les disciples pourront suivre le Christ en découvrant, à travers l’appel d’un amour qui les invite à l’imiter et à le suivre, la vraie mesure de leurs capacités et de leurs forces. « Sans moi, nous dit JESUS, vous ne pouvez rien faire ». Avec lui, tout est possible. En lui, le service est chemin de vie.

Chers frères et sœurs, au début de l’Année de la foi, nous voici invités à réajuster notre regard sur le Christ, à faire l’expérience d’une rencontre avec lui pour découvrir toujours davantage son visage d’humble Serviteur. Témoigner de lui là où nous sommes, suppose une manière d’être qui soit en rupture avec les modèles du monde, un art de vivre qui questionne nos contemporains et les conduise à découvrir ce Christ que nous confessons. Il dépend vraiment de nous que l’Église soit, pour le monde, signe de ce Royaume où le premier n’est pas celui qui veut conquérir les premières places, mais celui qui se fait le serviteur de tous. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 28 Oct 2012, 7:29 pm




Marc Chapitre 10,


Citation :
46 Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque JESUS en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. 47 Il entendit que c`était JESUS de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, JESUS aie pitié de moi! 48 Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! 49 JESUS s`arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l`aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t`appelle. 50 L`aveugle jeta son manteau, et, se levant d`un bond, vint vers JESUS. 51 JESUS, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l`aveugle, que je recouvre la vue. 52 Et JESUS lui dit: Va, ta foi t`a sauvé. 53 Aussitôt il recouvra la vue, et suivit JESUS dans le chemin.


28/10/2012, 30e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

La délicatesse de Dieu

Frères et sœurs, de tout ce que nous livre la page d’Évangile que nous venons d’entendre, je voudrais attirer votre attention sur deux points en particulier. D’une part, le témoignage de la délicatesse de Dieu manifestée dans le Seigneur JESUS et, d’autre part, un enseignement utile pour notre vie de foi.

Parlons d’abord de ce que j’appelle « la délicatesse de Dieu », manifestée dans le Christ JESUS. Aujourd’hui, JESUS est appelé au secours par un certain Bartimée, mendiant, aveugle. Et il s’en faut de beaucoup que Bartimée soit le seul à vouloir attirer l’attention de JESUS ! Il y a foule autour de JESUS et, vu son handicap, il y a très peu de chances que Bartimée soit repéré… Il crie pourtant : « Fils de David, aie pitié de moi ». On cherche bien à le faire taire mais le miracle se produit : JESUS s’arrête, son attention se porte sur Bartimée. C’est déjà beaucoup : Bartimée est repéré, il est envisagé par le Seigneur. Mais ce n’est pas tout. La délicatesse du Seigneur va encore se manifester par deux paroles de JESUS. La première, c’est l’ordre qu’il donne : « Appelez-le ». Et là, c’est comme si les rôles s’inversaient… Après que Bartimée a appelé JESUS à son secours, c’est JESUS qui convoque Bartimée à la rencontre avec lui. On reconnaît là un mouvement qui traverse toute l’Écriture. On pourrait le formuler et le résumer ainsi : quand le pauvre crie, Dieu entend et une fois qu’il a entendu, il va au-devant de celui ou celle qui l’appelle.

Mais la délicatesse du Seigneur se manifeste encore par cette nouvelle question de JESUS, cette fois adressée directement à Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » D’aucuns s’étonneront de cette question tant il paraît évident que le vœu de Bartimée doit être de recouvrer la vue… Peut-être… Mais gare aux fausses évidences ! J’observe que le Seigneur, lui, ne préjuge pas de la requête de Bartimée. Il attend qu’elle soit formulée par lui. C’est bien cela qui compte : la parole de Bartimée. Et de fait, celui-ci énonce son désir : « Rabbouni, que je voie ! » Et le Seigneur exauce ce vœu par cette parole simple, mais extraordinaire, si souvent lue dans l’Évangile : « Va, ta foi t’a sauvé. »

Et c’est ici, frères et sœurs, après avoir traversé toute cette rencontre entre JESUS de Nazareth et Bartimée, que nous pouvons cueillir un enseignement vraiment utile pour notre vie de disciples. Cela nous touche d’autant plus que nous sommes entrés, depuis peu, dans l’Année de la foi. Et qu’est-ce donc que la foi ? Le mot signifie d’abord, c’est son premier sens, « confiance ». Aussi bien l’Année de la foi nous est proposée comme l’année de la confiance renouvelée dans le Seigneur. C’est là tout le témoignage de Bartimée, lui qui de toute sa foi-confiance, s’en remet au Seigneur, se laisse rejoindre par lui et entre en dialogue avec lui…

Notre chemin de vie et de conversion n’est pas différent, et ce, quoi qu’il en soit, de tout ce qui fait la difficulté de notre existence, nos désirs vains, nos faiblesses, nos vanités, nos trahisons… que sais-je encore… On ne le sait que trop, l’un des fruits amers de ce que l’on appelle le péché, c’est la tristesse et c’est aussi le découragement… D’où l’urgence de s’en remettre au Seigneur, de se laisser rejoindre par lui et d’entrer en dialogue avec lui. Il le dit lui-même, il ne vient pas pour juger, mais pour sauver. En allant au-devant de chacun, il ne préjuge de rien, dans sa délicatesse. Il offre et sollicite la confiance avant de poser la question : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Répondre à cette question, c’est précisément devenir disciple. C’est aussi découvrir tout le prix qu’un être humain a aux yeux du Seigneur. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 05 Nov 2012, 7:44 pm




01/11/2012, Solennité de la Toussaint

Texte de l'homélie

Il ne restera que l’amour

Heureux ! Le bonheur, notre rêve le plus profond. Seul l’amour nous y conduira. Les béatitudes, frères et sœurs, sont le portrait de ceux qui n’ont, comme le chante Jacques Brel, « que l’amour à offrir en prière ». Heureux sont-ils ! Nous poursuivons la réussite, il nous arrive même d’aller de réussite en réussite, dans notre cuisine, notre bureau ou nos relations, en politique ou dans le sport. Mais de tout cela, il ne restera que l’amour que nous y aurons mis. Et si nous avons oublié d’en mettre, il ne restera rien, rien !

Oui, celui qui aime est pauvre de cœur, désencombré de lui-même et accueillant aux autres ; il est doux, renonçant à toute pression sur l’autre ; il est capable de pleurer, mais ce ne sont pas des larmes de rage ; il cherche ce qui est juste, ce qui convient et non ce qui lui convient. Celui qui aime est prêt à pardonner le manque d’amour de l’autre ; il a un cœur limpide, tourné vers la lumière et il cherche la paix. Sans doute rencontrera-t-il l’adversité et passera-t-il parfois pour un demi doux, mais qu’importe : il sait, il sent, qu’il est dans le vrai. Heureux est-il !

Ce portrait-là, il nous ressemble, à certains jours du moins. Il est aussi celui de ceux qui nous ont précédés : « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer », nous dit saint Jean dans l’Apocalypse. Le portrait de tous ceux qui ont su garder le cap de l’amour, contre vents et marées. Nous en sommes les héritiers. Merci à eux ! Ce qui fait avancer l’aventure humaine et que les manuels d’histoire racontent si peu, c’est uniquement l’amour. C’est lui qui passe de génération en génération.

Aujourd’hui, nous célébrons tous ces anonymes de l’amour, nous voulons être en communion avec eux. Seul l’amour rassemble. Nous faisons partie d’une fraternité tellement plus vaste que ce que nos pauvres yeux nous donnent à voir. Elle traverse les siècles et enjambe les frontières. Elle est la fraternité des enfants de Dieu, ceux qui ressemblent à JESUS, lui qui a su aimer du plus grand amour. Les béatitudes nous en font le portrait.

Dans cette cohorte, il y a aussi les saints diplômés ! Saint Vincent de Soignies et sainte Waudru de Mons, par exemple. Ils mettent en lumière ce que nous portons tous en nous, au moins comme désir. Il y a en nous du saint François, du saint Vincent de Paul ou de la sainteté Thérèse de Lisieux, au moins en désir. Ne devrions-nous pas lire plus souvent leurs vies pour réveiller le meilleur de nous-mêmes ?

Parmi les saints labellisés, il y a un anonyme que j’affectionne particulièrement. Qui connaît encore saint Benoît-Joseph Labre, originaire de l’Artois ? Il aurait tant voulu rester chez les chartreux ou les trappistes, mais à chaque fois, il finissait par quitter le monastère. Il est devenu SDF, parcourant trente mille kilomètres à pied dans toute l’Europe du 18e siècle, tout en priant. Ses biographes lui attribuent 81 destinations successives. Il a fini sa vie à 35 ans, à Rome, où il logeait dans les ruines du Colisée. Il n’a pu trouver ici-bas où se poser, car sa patrie était le ciel.

Dans les files de mendiants, Benoît-Joseph se mettait toujours à la dernière place, pour être sûr de ne pas léser celui qui le suivait. Laisser passer l’autre avant soi, n’est-ce pas tout simplement cela l’amour ? Or, notre réflexe est si souvent : « Moi d’abord ! »

« Pour aimer Dieu comme il convient, disait-il, il faudrait avoir trois cœurs en un seul. » Les saints nous disent que notre amour sera d’autant plus grand que nous serons en profonde communion avec Dieu, quel que soient notre équilibre psychologique ou nos connaissances théologiques.

Dans son livre récent, Heureux les simples, Jean-Marie Pelt nous rappelle que les saints sont aussi parmi nous. Les êtres loyaux et généreux sont légion jusque dans notre entourage. Qui n’a jamais été émerveillé par un tout petit geste d’amour, d’amour vrai ? La vie des saints en est remplie. La nôtre pourrait l’être aussi. N’attendons pas d’être parfaitement bien dans notre peau et que tous nos problèmes soient résolus pour nous décider à aimer. Il y a toujours moyen de laisser passer l’autre avant soi.

Célébrer la Toussaint, c’est fêter Dieu. Les saints sont comme une mosaïque. Tous ensemble, ils nous font percevoir quelque chose du mystère de Dieu, chacun selon sa part. C’est en effet Dieu qui, à travers tous ceux qui nous ont précédés, connus ou inconnus, nous dit son amour. Dans cette mosaïque, nous avons notre place si nous consentons à aimer vraiment. Essayons donc l’amour « pour de bon ». Nous pouvons être heureux dès aujourd’hui !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 06 Nov 2012, 7:05 pm




Marc Chapitre 12,


Citation :
28 Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que JESUS avait bien répondu aux sadducéens, s`approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements? 29 JESUS répondit: Voici le premier: Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l`unique Seigneur; 30 et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. 31 Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n`y a pas d`autre commandement plus grand que ceux-là. 32 Le scribe lui dit: Bien, maître; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu`il n`y en a point d`autre que lui, 33 et que l`aimer de tout son coeur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c`est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. 34 JESUS, voyant qu`il avait répondu avec intelligence, lui dit: Tu n`es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n`osa plus lui proposer des questions.


04/11/2012, 31e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Vivre de la foi

Le Seigneur JESUS Christ est entré à Jérusalem pour la dernière étape de son ministère public. Il enseignait dans le Temple et des scribes, et des pharisiens, venaient lui poser des questions. Certains souhaitaient le mettre à l’épreuve, d’autres cherchaient à approfondir ce qu’ils savaient de son enseignement. L’Évangile de Marc ne nous dit pas dans laquelle de ces catégories se situait le scribe qui l’interrogeait, mais la manière dont il répond à JESUS et la conclusion du dialogue, indiquent que sa remarque était judicieuse et qu’il n’était « pas loin du Royaume ».

Le scribe cherche ce qui est l’essentiel de la foi : le premier commandement. Certains courants du judaïsme contemporains de JESUS, pour être sûrs de leur justice, multipliaient les commandements à l’infini et finissaient par transformer la loi, donnée par Dieu, comme signe de libération en un carcan insupportable, même pour leur propre conduite. Nous avons facilement tendance à condamner cet excès de légalisme. Même si nous oublions trop souvent que ce risque nous guette, nous aussi. La recherche continuelle de ce qui est imposé ou interdit, l’appel à des règles minutieuses, peuvent devenir le symptôme de notre crainte ou de notre incapacité à affronter le risque de la liberté. Un code de la route, même si on ne le respecte pas toujours, est moins exigeant pour notre liberté que la vertu de prudence qui nous incombe.

En cette Année de la foi, nous sommes invités à revenir à l’essentiel de notre foi en Dieu : notre foi en un Dieu Père, révélé par le Christ, son Fils unique, et habitant le cœur des croyants par le don de l’Esprit. Bien souvent on nous pose une question analogue à celle du scribe : qu’est-ce que c’est d’être chrétien ? Or, comme le scribe, nos questionneurs ont déjà des éléments de réponse : être chrétien, c’est croire en Dieu et servir notre prochain. Nos difficultés commencent quand nous essayons d’exprimer les conséquences de ce double commandement que nous pressentons si exigeant.

Le christianisme apparaît à certains comme un carcan trop lourd à porter, surtout dans une civilisation dominée par la satisfaction des désirs individuels. De quel droit Dieu viendrait-il se mêler de notre vie particulière ? Bien entendu, cette objection exprime en elle-même sa contradiction. Si Dieu est Dieu comment pourrait-on lui contester le droit de s’occuper de nous ? Mais notre difficulté principale ne vient pas de cette contradiction. Elle vient de notre répugnance à accepter qu’il y ait des règles de vie et que ces règles soient ordonnées au bien de l’homme. Nous adhérons avec une certaine satisfaction à une religion de l’amour, mais nous acceptons difficilement les conséquences d’un amour total, « jusqu’à l’extrême », pour reprendre l’expression de JESUS.

Notre tentation de nous satisfaire de bons sentiments sans en supporter le poids, n’est pas seulement un travers des chrétiens. Elle se retrouve chez tous les croyants et même chez les incroyants. Comment vivre en société sans reconnaître qu’il y a certaines règles de comportement qui dépassent les désirs individuels et qui s’imposent à tous, non pas moralisme ou aveuglement, mais simplement par un exercice de notre jugement à la lumière de la sagesse humaine et de notre conscience ? Comment ériger en règle générale, voire absolue, ce que chacun désire ou expérimente et ce qu’il veut faire reconnaître comme une règle commune par tous ?

Quand l’Église fait appel à la conscience humaine, elle ne cherche pas à imposer une conception particulière de l’existence. Elle renvoie à ce que notre civilisation a déchiffré du sens de la vie humaine et des impératifs du respect de la dignité personnelle de chacun. Les dix Commandements comme les évangiles ont été des éléments décisifs de ce long travail. Notre foi et notre sagesse chrétiennes ont joué un rôle important dans cette prise de conscience commune, mais elles n’ont pas été les seules. Les sages d’autres religions y ont aussi contribué, comme les humanistes de toutes les époques. Au nom de quelle sagesse, subitement surgie des désirs particuliers à notre pays et à notre temps, devrait-on rejeter ces acquis de l’humanité ? Faut-il comprendre que l’humanité ne peut progresser qu’en rejetant ses acquis et son histoire ? Quand ces impératifs de la conscience humaine sont contestés et rejetés jusque dans des lois qui définissent les conditions du vivre ensemble, nous ne pouvons pas nous taire.

Quand nous défendons le droit des enfants à se construire en référence à celui et à celle qui leur ont donné la vie, nous ne défendons pas une position particulière. Nous reconnaissons ce qu’expriment les pratiques et les sagesses de tous les peuples depuis la nuit des temps et ce que confirment bien des spécialistes modernes. Quand nous rejetons l’idée que quelqu’un soit habilité légalement à disposer de la vie de son semblable, quels que soit son âge et son état de santé, nous ne défendons pas une position particulière. Nous rappelons simplement que la vie en société suppose que l’interdit du meurtre soit un des fondements de la confiance mutuelle.

La grandeur de la liberté humaine nous appelle à maîtriser nos comportements en ne cédant pas à tous les désirs. Notre foi chrétienne ne fonde pas notre ambition sur nos capacités, mais sur l’amour absolu de Dieu qui nous a été révélé dans le Christ. Cette certitude nourrit notre conviction que les êtres humains sont capables de choisir ce qui est le meilleur, non pour satisfaire les souhaits de chacun, mais pour le bien de tous. Nous ne prenons pas notre parti de voir un conformisme social abolir les progrès de tant de siècles pour le respect des plus faibles.

En cette Année de la foi, c’est ainsi que nous pouvons aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toute notre force et notre prochain comme nous-mêmes. Que Dieu nous donne la force d’être fidèles à ces deux commandements dans tous les domaines de notre vie personnelle et de notre vie sociale.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 12 Nov 2012, 8:01 pm


Marc Chapitre 12,


Citation :
38 Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; 39 qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; 40 qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l`apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. 41 JESUS, s`étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l`argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. 42 Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. 43 Alors JESUS, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu`aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; 44 car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu`elle possédait, tout ce qu`elle avait pour vivre.


11/11/2012, 32e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Les chemins de la Paix

Dans l’évangile, JESUS oppose deux types de comportement religieux. D’un côté, on voit les scribes prétentieux qui se pavanent sur les places publiques et qui cherchent les premières places. De l’autre côté, on trouve cette pauvre veuve. En donnant son obole au temple, elle fait un acte dérisoire aux yeux des hommes. Mais pour elle, cet acte est lourd de conséquence, puisqu’elle se dépouille même de son nécessaire. Mettez cet évangile en lien avec la première lecture. Sur la parole du prophète Élie, la veuve de Sarepta accepta de tout donner au risque de mourir avec son fils. Elle, la païenne, fit totalement confiance à la Parole de Dieu : « Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra. »

Et c’est un fait, dans l’évangile, l’attitude de la pauvre veuve retiendra l’attention de JESUS. Pour lui, ce n’est pas ce que les hommes voient qui a de la valeur aux yeux de Dieu. À la différence des hommes, il ne juge pas selon l’apparence. Comme nous le rappelle le prophète Samuel (1 Sam 16, 7), il juge selon le cœur. L’adage bien connu : « le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien », est encore de mise. Seul ce qui est fait dans le secret du cœur a du poids aux yeux de Dieu, le Père. Ces veuves ont tout donné sans réserve. En faisant cela, elles préfigurent le don que JESUS lui-même fera lors de sa Passion, quand il remettra sa vie dans les mains du Père.

Puisqu’aujourd’hui est commémorée l’armistice de 14-18, comment ne pas penser aux neuf millions de morts de la Grande guerre ? Comment ne pas penser à tous ces jeunes qui ont donné leurs vies pour la patrie ? Qu’on se place dans un camp ou dans l’autre, la guerre, qu’elle soit une victoire ou une défaite, c’est toujours un échec. C’est l’échec de l’humanité. Qu’on se le dise ! Depuis son commencement, l’humanité s’est construite autour de fraternités brisées : Caïn a tué Abel. Le fondateur de Rome, Romulus, a tué Remus pour prendre le pouvoir... Et chaque génération reçoit la mission de reconstruire sans cesse cette fraternité. Je pense aux pères fondateurs de l’Europe, qui étaient des grands chrétiens : un Robert Schuman ! Un Jean Monnet ! Ils ont impulsé cette fraternité entre les peuples.

Le pape Jean Paul II disait que le grand défi, pour le nouveau millénaire, serait de « Faire de l'Église, une école de communion, si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre aussi aux attentes profondes du monde. » Et il ajoutait : « Avant de programmer des initiatives de communion, il faut promouvoir une spiritualité de la communion, qui est aussi la capacité de voir ce qu'il y a de positif dans l'autre, pour l'accueillir et le valoriser comme un don de Dieu… » (n°43 Lettre sur le nouveau millénaire) Avant d’être une valeur républicaine écrite sur des tables de pierre aux frontons de nos monuments publics, la fraternité est une réalité chrétienne inscrite dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Et l’Eucharistie est par excellence le sacrement de la communion, par lequel Dieu le Père nous rassemble. C’est là que, dans la foi, nous puisons la force d’accueillir l’autre comme présence du Christ au milieu de nous. C’est là que nous trouvons la force de tous les pardons. Que le Seigneur nous aide à faire de notre vie une histoire d'amour.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 18 Nov 2012, 8:06 pm




Citation :
24 Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s`obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, 25 les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. 26 Alors on verra le Fils de l`homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire. 27 Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l`extrémité de la terre jusqu`à l`extrémité du ciel. 28 Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l`été est proche. 29 De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l`homme est proche, à la porte. 30 Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n`arrive. 31 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. 32 Pour ce qui est du jour ou de l`heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.



18/11/2012, 33e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Les pieds sur terre et le cœur déjà au paradis

Tempêtes et inondations, tremblements de terre et tsunamis, catastrophes nucléaires, épidémies, famines et guerres, attentats… Chaque jour les médias nous submergent d’images de catastrophes. Une terrible détresse, le soleil obscurci, la lune qui s’éteint, les étoiles tombant du ciel, l’univers ébranlé : JESUS, dans l’évangile, semble annoncer à sa manière l’ultime destruction. Est-ce la fin du monde ? Nous faut-il vivre dans la peur que s’achève l’histoire dans le chaos final ?

Une image étonne dans l’évangile. Le signe annonciateur de la fin des temps, selon JESUS, c’est un rameau de figuier, une fragile pousse qui annonce l’été. N’est-il pas étrange ce signe de vie qui prévient de la mort ? Qu’est-il pour nous chrétiens ce rameau de verdure dans l’hiver de l’histoire ?

Il est signe d’espérance. Parce que notre regard est tourné vers la vie, non vers la mort, parce que notre foi est ancrée sur l’aurore de Pâques, parce que JESUS, le Christ, a traversé l’épreuve et surgit vivant du tombeau, nous, baptisés, sommes porteurs d’espoir. Nous ne sommes pas des anges de mort qui profiteraient des peurs ancestrales. Nous sommes les messagers de l’espérance. Par notre baptême dans la vie du Christ, nous sommes le rameau de verdure qui annonce la vie nouvelle. Cet évangile est autant bonne nouvelle dans l’aujourd’hui de nos vies, que pour son au-delà. L’un et l’autre, maintenant et toujours, le présent et l’éternité, le quotidien sur terre et le sublime au ciel sont intimement reliés en JESUS. Avec lui, nous avons les pieds sur terre et le cœur déjà au paradis. Les pieds sur terre, car l’espérance chrétienne ne peut se détacher du quotidien.

Nous vivons dans un monde déboussolé où personne ne semble savoir la direction. La seule voie, c’est celle qui nous rend solidaires : la solidité des liens familiaux, l’amour fidèle des époux, la présence aimante et solide des parents pour leurs enfants, la fraternité dans nos villages et dans nos villes, les liens entre générations, la justice sociale, le respect de la nature si fragile, la paix dans le monde. Voilà les biens précieux qui libèrent l’espoir. Quand des enfants ont faim, quand des familles sont sans logement, que des bâtiments, publics ou privés, sont barricadés et vides, n’est-ce pas le cœur de l’homme qui se verrouille ? Aujourd’hui, journée de collecte du Secours catholique, redisons-nous que la solidarité, l’autre nom de l’amour, est l’urgence absolue.

Mais nous avons aussi le cœur au paradis. Je sais ma mort à venir. Notre passage sur la terre n’est pas une voie sans issue. Notre vie va quelque part, vers quelqu’un. L’amour, dont chacun a tissé la chair de ses jours, renaîtra transfiguré au royaume de lumière. Nous cherchons la vérité, nous aspirons à la beauté. Au jour de ma mort, je verrai la vérité, je contemplerai la beauté dans l’éternel face à face.

Cette espérance-là ne nous évade pas du quotidien. Elle nous y renvoie, puisque Dieu bâtit la maison du ciel avec les pierres taillées par nos soins, les actes d’amour qui ont forgé notre vie. Que chacun s’interroge dans le silence : que puis-je faire, à mon humble place, pour être messager d’espérance ? Car en chacun peut éclore le rameau qui témoigne des temps nouveaux déjà là.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 27 Nov 2012, 8:08 pm





Jean 18,

Citation :
33 Pilate rentra dans le prétoire, appela JESUS, et lui dit: Es-tu le roi des Juifs? 34 JESUS répondit: Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d`autres te l`ont-ils dit de moi? 35 Pilate répondit: Moi, suis-je Juif? Ta nation et les principaux sacrificateurs t`ont livré à moi: qu`as-tu fait? 36 Mon royaume n`est pas de ce monde, répondit JESUS. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n`est point d`ici-bas. 37 Pilate lui dit: Tu es donc roi? JESUS répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.




25/11/2012, Le Christ, Roi de l'univers

Texte de l'homélie

Rendre témoignage à la Vérité

Nous sommes aujourd’hui rendus à « l’achèvement » de l’année liturgique ! Cette fin n’est pas un terme en soi, elle est une ouverture, une proclamation de la royauté de JESUS. Célébrer la royauté de JESUS, c’est reconnaître la paternité de Dieu sur JESUS. En couronnant JESUS de sa gloire, le Père lui donne autorité sur tout l’univers ; il est donc donné de découvrir en JESUS qu’il y a un avenir et un devenir pour tout homme.

Ici, c’est Pilate qui nous livre l’identité de JESUS lorsqu’il le déclare Roi : « Alors, tu es roi ? » lui dit-il, et JESUS de lui répondre : « C'est toi qui dis que je suis roi. » Mais Pilate ne peut pas faire le contour de cette identité, il ne saisit pas le sens profond des mots qu’il emploie. La réponse de JESUS nous ouvre une autre perspective en témoignant qu’il est venu dans le « monde rendre témoignage à la Vérité. »

Parce que JESUS est ce Roi selon le cœur de Dieu, il est la vérité et dans sa passion il est confronté à trois attaques :
> D’abord, au temple de Jérusalem, il doit se confronter à la violence du religieux quand celui-ci n’honore plus la vérité. Et nous, exprimons-nous la vérité de la Foi de l’Église dans la charité ?
> Ensuite, devant les foules, il est exposé à la tyrannie de l’émotion. Quelquefois, nous nous emportons et l’émotion nous empêche d’agir avec raison.
> Enfin, devant Pilate, JESUS affronte la violence du pouvoir politique qui n’exerce plus la responsabilité qui est la sienne, à savoir exercer le droit et la justice. Et nous, défendons-nous le Christ innocent ?

Dans ce contexte, il n’y a plus de place que pour le mensonge et la violence, donc pour la tyrannie. Le Christ ne répond pas à la haine par la haine, il est l’homme libre par excellence, il est celui qui désarme le déchaînement de la haine par ces mots : « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »

JESUS est ainsi la clef de lecture de toute existence humaine et tout s’éclaire dans, et par sa parole. Elle est une source de joie qui ne se tarit pas pour celui qui se laisse façonner par elle. La vérité nous rend libre. Et JESUS est libre, lui qui sait que ses choix et ses décisions engagent sa vie et par là même l’avenir de l’humanité. Il est donc le modèle de notre liberté ; bien plus, il est celui qui l’habite et la façonne. En effet, celui qui ne vit pas dans la Vérité altère son humanité. C’est pourquoi JESUS nous montre dans sa passion ce qu’est l’homme. L’accomplissement de la personne humaine se voit en JESUS qui va librement jusqu’au bout de la volonté de Dieu. Volonté d’un père qui conduit à aimer et servir davantage, c’est à dire à conquérir la part d’humanité qui est la nôtre.

La Vérité, ce n’est pas tout dire ou prétendre savoir. La vérité n’est pas une vague transparence, ni une idéologie ; elle est une attitude, une façon d’être, dans le refus fondamental de toute complicité, de toute compromission avec le mensonge et le déni. La vérité selon le cœur de Dieu ne détruit pas mais elle construit.

En rendant témoignage à la vérité, JESUS n’a d’autre désir que de désarmer le mal et la violence. Les assises de la royauté de JESUS sont la vérité et l’amour. Une royauté vécue dans la liberté qui conduit à aimer. Pour celui qui sait aimer et se laisser aimer, tout est achevé en Christ !

Et nous qui sommes baptisés, nous sommes donc prêtres, prophètes et rois. Dans cette eucharistie, demandons à JESUS de participer à sa royauté, afin de pouvoir rendre témoignage à la Vérité.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 02 Déc 2012, 9:36 pm




Luc,Chapitre 21,


Citation :
25 Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, il y aura de l`angoisse chez les nations qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots, 26 les hommes rendant l`âme de terreur dans l`attente de ce qui surviendra pour la terre; car les puissances des cieux seront ébranlées. 27 Alors on verra le Fils de l`homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire. 28 Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. 29 Et il leur dit une comparaison: Voyez le figuier, et tous les arbres. 30 Dès qu`ils ont poussé, vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l`été est proche. 31 De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche. 32 Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n`arrive. 33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. 34 Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos coeurs ne s`appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l`improviste; 35 car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. 36 Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d`échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l`homme.



02/12/2012, 1er dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Un Évangile, une Bonne Nouvelle : ce que l’Église vient de proclamer ?

Des nations affolées, mourant de peur devant une nature qui se déchaîne, des malheurs survenant sur le monde… Notre temps est témoin, non seulement des tornades, des tsunamis, sans compter les sécheresses, les inondations, où l’homme porte sans doute une part de responsabilité, qui est plus évidente encore dans ces fléaux qui portent nom de misère, violence, guerre. Cette parole de JESUS ne vient-elle pas remettre une couche au lot quotidien des drames qui frappent l’humanité, d’autant que certains y lisent parfois scandaleusement des punitions divines. JESUS prend la mesure de ce qui abîme l’humanité à toutes les générations. Il en fait l’image du bouleversement que sa manière de penser d’être et de vivre provoque dans notre humanité et l’organisation de notre monde : une évolution qui passera par la révolution dans le cœur de l’homme et les structures du monde, le basculement du monde ancien pour la venue du monde nouveau. « Alors on verra le Fils de l’homme venir. »

Cette appellation « Fils de l’homme » est la seule que JESUS se soit laissé attribuer. Il se présente ainsi venant de Dieu, se solidarisant à notre humanité afin qu’elle progresse, qu’elle passe du chaos à l’harmonie et ainsi bonifie. Il nous invite à en découvrir la source, la finalité et le dynamisme en un Dieu qui voit que cela était bon. JESUS est venu pour que l’homme, loin de devenir un loup pour l’homme, un prédateur, un dominateur, un exploiteur, expérimente sa vraie grandeur en servant ses frères et ainsi le projet d’amour du Père. Il est venu pour que, par-delà tout ce qui nous fascine : « savoir, pouvoir, avoir », nous découvrions que Dieu nous aime, fait Alliance avec nous et nous invite dans la confiance à chercher, à inventer et bâtir avec lui l’avenir qu’Il nous donne. Ainsi, Dieu ne cesse d’accompagner l’humanité jusqu’à son achèvement, lui ouvrant la brèche de l’avenir en toute impasse, le sauvant, dirons-nous. Comprenons derrière ce mot « Sauver », un épanouissement plénier, une réussite profonde qui concerne tout l’homme et tous les hommes. Cette entreprise, JESUS l’appelle « Rédemption » et la traduit dans ces mots repris par l’évangéliste Jean : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et l’aient en abondance. »

Face à la sinistrose, au fatalisme, à la résignation, JESUS nous invite à être des hommes debout, à nous lever, nous réveiller : ces mots qui dans l’Évangile disent la Résurrection. Nous le savons bien : il n’y a pas de victoire sans combat, sans investissement, sur tous les chantiers où se joue l’avenir de l’homme et du monde. Et nous mesurons que les changements structurels de vie en société supposent le changement profond de nos mentalités, la révolution en nous-mêmes. N’est-il pas vrai que le vieux monde de domination, d’exploitation habite partiellement notre cœur. Il nous faudra toujours nous faire violence à nous-mêmes. Le redressement du monde passe par le refus de nous refermer, de nous recroqueviller sur nous-mêmes, de nous résigner.

Dans l’épaisseur de nos existences et de l’histoire humaine, l’Avent nous donne d’être au rendez-vous de l’événement qui les habite et les transfigure : la Pâque du Christ s’accomplissant dans l’humanité. « Nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire », dirons-nous après le récit de l’institution eucharistique. Nous sommes dimanche, le Jour du Seigneur ! L’Esprit Saint nous constitue Église, laissant le Ressuscité signifier en notre rassemblement l’avenir qu’il ouvre pour l’homme et le monde. Réveillés par sa Parole, lui prêtant nos mentalités, nos intelligences, nos bras et jambes, notre vie, l’avenir peut prendre corps en nous, dans l’humanité. Nous en devenons le sacrement, le signe en nos vies personnelles et nos communautés d’Église.

Ne laissons pas l’homme et le monde s’enliser : comme nous y invite la finale de l’Évangile, échappons à l’enfermement du savoir, du pouvoir et de l’avoir sans amour. Saint Luc, dont nous venons d’accueillir l’Évangile met sur les lèvres de Marie, cette humble femme de Nazareth, celle qui a mis au monde JESUS, le chant qui célèbre le basculement du vieux monde et l’avènement du monde nouveau : « Il renverse les puissants de leur trône, élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ». Comme elle, laissons prendre corps en nous l’Espérance nouvelle, laissons pousser dans l’arbre de l’humanité le germe de Justice. En regardant les branches des arbres, ne nous laissons pas impressionner de ce qu’elles perdent leurs feuilles jaunies, mais de ce que la sève qui les habite fera surgir les jeunes bourgeons au-delà de l’hiver.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 10 Déc 2012, 8:44 pm






Citation :
Luc. Chapitre 3

1 La quinzième année du règne de Tibère César, -lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l`Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l`Abilène, 2 et du temps des souverains sacrificateurs Anne et Caïphe, -la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. 3 Et il alla dans tout le pays des environs de Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés, 4 selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d`Ésaïe, le prophète: C`est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. 5 Toute vallée sera comblée, Toute montagne et toute colline seront abaissées; Ce qui est tortueux sera redressé, Et les chemins raboteux seront aplanis. 6 Et toute chair verra le salut de Dieu.



09/12/2012, 2e dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Je suis la Lumière du monde

Vous aurez certainement remarqué la solennité des premiers mots de l’évangile. Au moment où Jean Baptiste, le précurseur, annonce la venue de JESUS, saint Luc convoque les représentants des différentes autorités en place : l’empereur de Rome, Tibère, Ponce Pilate, le gouverneur de Judée, les princes hérodiens du pays et les grands prêtres. Là où un historien romain, évoquant le rôle de Tibère dans la Palestine de JESUS, n’avait rien trouvé d’autre que de faire ce simple constat : « Sous Tibère, rien à signaler », Luc, l’historien, tient à inscrire la venue de JESUS au cœur de l’histoire du Monde. Jean Baptiste, le précurseur, ouvre le chemin à celui qui est le prince de la vie et la lumière du monde. Jean Baptiste, selon les paroles élogieuses de JESUS sur le baptiseur, celui-ci était : « la lampe qui brûle et qui luit », lumière provisoire qui, avant de s’effacer, montre du doigt celui qui est la Lumière du Monde, lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde, lumière qui éclaire chacun de nous, sur les chemins parfois ténébreux de nos vies.

Le message de Jean Baptiste se résume dans les derniers mots de l’évangile : « et toute chair verra le salut de Dieu ». Voilà ce qui est en marche dans ce temps de l’Avent qui nous conduit vers Noël : le mystère de l’incarnation : « le Verbe a pris chair ». L’Église et tous les croyants qui en font partie, ont hérité de la mission du précurseur : rendre témoignage au Christ ressuscité. Durant cette année, nous faisons mémoire du temps fort qu’a été, pour les chrétiens et pour les hommes, le Concile Vatican II. L’un de ses textes majeurs est consacré à l’Église. C’est un document théologique qui prend tout son sens à partir de ses premiers mots : « Lumen Gentium », « Le Christ est la lumière des peuples ».

L’Église, dans ce document, est ici déclinée sous toutes ses formes : communion, Église, Corps du Christ, Église, peuple de Dieu. Chacun et chacune d’entre nous, avec son charisme propre, nous sommes membres de l’Église, nous sommes l’Église. Dans le sillage de Jean Baptiste, nous avons vocation, avec nos pauvretés et nos richesses, à être cette lampe qui brûle et qui luit, renvoyant les hommes à la véritable lumière. Cela, nous le faisons par nos paroles et nos actes, notre engagement dans la cité et notre célébration du mystère de l’Église. Le Concile n’oublie pas l’humanité de l’Église : « Mais, tandis que le Christ saint, innocent, sans tache, ignore le péché venant seulement expier les péchés du peuple, l’Église, elle, enferme des pécheurs dans son propre sein, elle est donc à la fois sainte et toujours appelée à se purifier, poursuivant constamment son effort de pénitence et de renouvellement. »

Nous sommes de cette Église, conscients de nos pesanteurs et confiants dans l’amour de Dieu, qui nous a été transmis par son fils et qui demeure, dans son Église pécheresse et rachetée…




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 17 Déc 2012, 8:31 pm






Troisième Dimanche de l'Avent, Evangile selon Saint Luc 3, 10 à 18,


Citation :
10 La foule l`interrogeait, disant: Que devons-nous donc faire? 11 Il leur répondit: Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n`en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. 12 Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: Maître, que devons-nous faire? 13 Il leur répondit: N`exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné. 14 Des soldats aussi lui demandèrent: Et nous, que devons-nous faire? Il leur répondit: Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde. 15 Comme le peuple était dans l`attente, et que tous se demandaient en eux-même si Jean n`était pas le Christ, 16 il leur dit à tous: Moi, je vous baptise d`eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. 17 Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s`éteint point. 18 C`est ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore beaucoup d`autres exhortations.


16/12/2012, 3e dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

La joie de Dieu en nous

I Le dimanche de la joie
La liturgie d'aujourd'hui nous invite à la joie, comme toujours le troisième dimanche de l'Avent. Cette joie naît de l'annonce de la venue du Seigneur à laquelle nous nous préparons en veillant dans la prière. Saint Paul nous le rappelle dans sa lettre aux Philippiens : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance. » Dieu s'est fait homme en JESUS. Dieu s'est totalement révélé en son Fils. Nous le célébrerons à Noël, mais cette fête approche et déjà nous nous réjouissons.C'est la lumière qui pointe, « comme la délivrance de l'aube au petit matin, après la nuit. » (Georges Bernanos) Comme le dit l'oraison de ce jour : « Notre joie est dirigée vers la joie d'un si grand mystère. »

II La joie de Dieu en nous
La joie chrétienne est donc bien particulière : elle naît de l’amour de Dieu pour nous. C’est une joie infinie qu’a bien décrite le romancier chrétien, Georges Bernanos : « …la joie. Non pas celle-là, furtive, instable, tantôt prodiguée, tantôt refusée, mais une autre joie plus sûre, profonde, égale, incessante et pour ainsi dire, inexorable, pareille à une autre vie dans la vie, à la dilatation d'une nouvelle vie. » La profondeur infinie de la joie chrétienne vient de la vie de Dieu en nous.
Plus encore : de la joie de Dieu en nous. C’est ce que nous dit le prophète Sophonie : « Le Seigneur, ton Dieu, est en toi… Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. »

Ceci doit nous mettre dans une attitude fondamentale pour notre vie de chrétien. C'est le Seigneur qui vient à nous, c'est lui qui, le premier, se réjouit de nous avant que nous ayons pu lui dire oui. Nous avons tendance à penser que Dieu est au bout d’un chemin, à nous attendre. Ce chemin est alors infiniment dur et voué à l'échec. Si le Seigneur nous invite à prendre le chemin de la foi pour aller à sa rencontre, c’est pour manifester notre oui, mais lui court à notre rencontre. Ce chemin est aussi escarpé, mais il est plein de la joie de la présence du Seigneur qui vient.

III Les vertus, source de joie
Le chrétien est ainsi invité à vivre dans une joie à la mesure infinie des vertus de foi, d'espérance et de charité :
La foi est la lumière de la joie, car par elle le Seigneur illumine notre intelligence.
L'espérance est l'ancre de la joie, car elle est promesse de la venue du Seigneur.
La charité est le sourire, le rayonnement de la joie, car par la joie que nous mettons à faire le bien, le Seigneur est manifesté dans nos vies.

La joie chrétienne n'est donc pas une joie niaise. Si saint Paul nous invite, dans une telle joie, à n'être inquiets de rien, il ne nous invite pas moins à faire connaître à Dieu nos demandes. On comprend alors que la joie chrétienne est à vivre autant dans l'exultation que dans la supplication, dans l'enthousiasme comme dans l'acceptation, dans le bonheur et la souffrance, à la crèche comme à la croix. Et une joie chrétienne ainsi vécue porte de nombreux fruits : sérénité et paix qui garde le cœur et l'intelligence dans le Christ JESUS, nous dit saint Paul. Aumône, justice, absence de violence et d’escroquerie, peut-on entendre dans l'appel à la conversion que fait saint Jean Baptiste.

IV Marie, figure de la joie reçue de Dieu
Les premiers chrétiens ont reconnu en Marie, la figure de la Fille de Sion qui éclate en cris de joie, en présence de son Seigneur. Marie, qui nous donne JESUS. Avec elle, vivons dans la joie de Dieu, la joie de la foi, de l'espérance et de la charité, la joie de nous savoir aimés de Dieu, au point qu'il vient à nous dans la douceur de l’Enfant JESUS, un enfant qui court dans nos bras, pour nous embrasser et nous dire que nous sommes sa joie et qu'il nous aime.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 25 Déc 2012, 6:49 pm




Citation :
39 Dans ce même temps, Marie se leva, et s`en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda. 40 Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. 41 Dès qu`Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit. 42 Elle s`écria d`une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. 43 Comment m`est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi? 44 Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l`enfant a tressailli d`allégresse dans mon sein. 45 Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.


23/12/2012, 4e dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Quel Bonheur !

« Quel bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi. » Parfois la joie nous submerge à l’improviste. Élisabeth exulte d’une joie qui la surprend elle-même. « Quel bonheur » que tu sois là. « Quel bonheur » que je sois là, avec toi. « Quel bonheur… »

La venue de Marie inonde Élisabeth d’un bonheur inattendu. Car elle porte en elle, plus que nos mots ne sauraient nommer et chanter. Elle porte en elle plus que notre intelligence ne saurait comprendre et mesurer. Elle porte en elle plus de joie que notre cœur n’en saurait supporter s’il réalisait vraiment ce qui se passe ici. Elle porte en elle « Celui qui porte tout ». Elle porte en elle « Celui que l’univers ne saurait contenir ».

Et elle s’approche. Marie vient à Élisabeth… pour se mettre à son service ! Comme pour annoncer le sens de la venue de celui qu’elle porte, qui nous dira un jour : « Je suis parmi vous comme celui qui sert. » Telle Mère, tel Fils. Mais surtout Tel Fils, tel Père. L’enfant que porte Marie et qu’Élisabeth nomme « son Seigneur », dira à l’apôtre Philippe, la veille de sa passion : « qui me voit, voit Le Père. » JESUS vient à nous pour nous dire « son Père », « le Père », « notre Père ». JESUS vient à nous pour nous révéler « le Père » et sa tendresse, plus tendre qu’une tendresse de mère ; « le Père » et son pardon insistant, déraisonnable ; la couleur inattendue de sa « toute puissance », remise entre les mains de ceux à qui il se donne, à qui il se propose, devant qui il s’expose. Ce Père, qui dit à chacun de nous : « mon enfant, tout ce qui est à moi, est à toi. »

« Quel bonheur » pour ceux qui savent aujourd’hui qui nous accueillons demain soir. « Quel bonheur » pour nous, si nous savons qui vient à nous et pourquoi. « Quel bonheur » d’accueillir le Seigneur. Vous l’avez remarqué, nous sommes toujours là ! La fin du monde annoncée pour avant-hier n’a, semble-t-il, pas eu lieu. « Dommage », semblent penser certains. « Quel malheur » pouvons-nous penser… que tant de nos frères perdent leur temps à attendre pour demain des évènements qui donneront du piment à l’existence et passent à côté de ce qui pourrait aujourd’hui illuminer leur vie, s’ils voulaient bien s’ouvrir à l’imprévu de Dieu.

Mes amis, tout comme Marie porte son Seigneur, non pour le garder pour elle, mais pour nous le donner, nous portons en nos cœurs, le bonheur même qui inondait Élisabeth, non pour le garder mais pour le partager, pour l’annoncer, pour le transmettre. Alors, pourquoi osons-nous si peu le faire ? Après tout, ce sont les mauvaises nouvelles qu’il est difficile d’annoncer. Annoncer le bonheur ne devrait pas être si compliqué. Il y a même à parier que ce bonheur, que nous annonçons, est comme tout don de Dieu : qu’il grandit en se partageant !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 30 Déc 2012, 8:52 pm




Citation :
41 Les parents de JESUS allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. 42 Lorsqu`il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête. 43 Puis, quand les jours furent écoulés, et qu`ils s`en retournèrent, l`enfant JESUS resta à Jérusalem. Son père et sa mère ne s`en aperçurent pas. 44 Croyant qu`il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. 45 Mais, ne l`ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. 46 Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. 47 Tous ceux qui l`entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses. 48 Quand ses parents le virent, ils furent saisis d`étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. 49 Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu`il faut que je m`occupe des affaires de mon Père? 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu`il leur disait. 51 Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son coeur. 52 Et JESUS croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.


30/12/2012, La Sainte Famille

Texte de l'homélie

Passeurs de la foi

La Sainte Famille que nous célébrons aujourd'hui, c'est un homme et une femme qui ont un enfant. Ce qui est curieux, c’est que cela ne ressemble pas, d’abord, à une famille classique. Cela ressemblerait plutôt à une famille recomposée qui sort de l’ordinaire tellement elle a connu d’épreuves.

Voyons quelques exemples. Au départ, Marie et Joseph, fiancés, ont le projet de se marier. Soudain, un premier contretemps : Marie est enceinte sous l'action de l'Esprit Saint. Voilà les rêves du futur couple qui s'envolent. Pourtant, Joseph est invité en songe à ne pas renoncer à ce mariage. L'ange lui dit de donner lui-même à cet enfant son nom : JESUS. Ainsi, il affirmera et légitimera sa paternité.

On voit aussi qu’après sa naissance, l'enfant est victime de l’hostilité des puissants de ce monde. La famille est obligée de fuir en Égypte. Une occasion de prier pour toutes les familles exilées, réfugiées, déplacées, victimes de toutes sortes de rivalités ! À son retour, cette famille est invitée à s'installer dans une autre ville. Quand l’enfant sera présenté au temple, un vieillard, Siméon, qui a accueilli la famille, dira à sa mère des paroles pas très gratifiantes : « Un glaive te transpercera l’âme. » (Lc 2,35)

Et l’évangile que nous entendons aujourd’hui parle de la disparition de l'enfant lorsqu’il a douze ans. On dirait aujourd'hui sa fugue et on penserait à une crise d'adolescence. Il est resté à Jérusalem, sans rien dire à ses parents. Ceux-ci sont inquiets et partent à sa recherche. Lorsqu’ils le retrouvent, c’est une joie de courte durée et l’on assiste à un dialogue de sourds. La mère dit à son fils : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Écoutez la réponse : « C'est chez mon père que je dois être... » Mettez-vous à la place de Joseph ! Enfin, pour donner un dernier exemple sur cette famille un peu particulière : que dire d'une mère qui voit son enfant mourir à 33 ans d'une mort atroce ?

Alors, frères et sœurs, qu'est ce qui fait qu’une telle famille nous est présentée comme sainte ? Sans doute deux raisons : d’abord, parce que de celle-ci un Sauveur nous est né, mais aussi parce qu’elle est proche de chaque famille. Elle a donc quelque chose à nous dire ! Dans les joies comme dans les peines, chacun des membres s'est ajusté à la volonté de Dieu. Au Mont des oliviers, c'est le fils qui exprimera une attitude qui est commune aux trois : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne. »

En consentant à la volonté de Dieu, Marie et Joseph ont eu le plus grand privilège : être les parents de Dieu qui s’est fait l’un de nous pour nous sauver. Peut-on rêver mieux ? Ils ont été fidèles à leur mission de parents soucieux de l'avenir de leur enfant. JESUS a bénéficié de la tendresse paternelle et maternelle. Ses parents lui ont transmis les vraies valeurs de la tradition de leurs pères. L’évangile précise qu’il leur était soumis et grandissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Quand on demande à certains parents d'éduquer leur enfant dans la foi, certains répondent : il choisira lui-même. A-t-il choisi de naître ? Pour faire le choix, il faut une certaine connaissance ; il faut que l’envie ait été donnée ; il faut avoir été guidé parmi des alternatives. La famille est la base de la société. La plupart des drames que nous découvrons au quotidien sont le fruit amer d’un échec le plus souvent familial, avant d'être dû à l’École ou à l’État. En cette année de la foi, familles, soyons des passeurs de la foi. Comme on aime le faire ici, dans le sud-ouest de la France, mettons-nous à l'école du rugby. Si la balle n'est pas donnée, elle est perdue. C’est ainsi que nous pouvons enfanter des témoins du Sauveur pour nos familles, nos pays, notre Église et notre monde. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 06 Jan 2013, 8:29 pm



Citation :
Matthieu. Chapitre 2

1 JESUS étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d`Orient arrivèrent à Jérusalem, 2 et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l`adorer. 3 Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. 4 Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s`informa auprès d`eux où devait naître le Christ. 5 Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète: 6 Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n`es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple. 7 Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s`enquit soigneusement auprès d`eux depuis combien de temps l`étoile brillait. 8 Puis il les envoya à Bethléhem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l`aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j`aille aussi moi-même l`adorer. 9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l`étoile qu`ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu`à ce qu`étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s`arrêta. 10 Quand ils aperçurent l`étoile, ils furent saisis d`une très grande joie. 11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l`adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l`or, de l`encens et de la myrrhe. 12 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.



06/01/2013, Épiphanie du Seigneur

Texte de l'homélie

Chemin d’étoiles

Amis et frères aînés, voici ce que ces mages, que l’Évangile met sous nos yeux, peuvent devenir pour nous. Cheminant avec eux, nous reconnaissons l’itinéraire de nos vies qui elles aussi « cherchent l’étoile » qui donnera à nos cœurs la vraie joie. De ces mages nous ne connaissons presque rien. L’Évangile ne nous en dit ni le nombre, ni les noms, ni l’origine, mais seulement l’essentiel : leur vie, comme la nôtre, prend son sens dans la recherche de la vraie lumière, celle qui nous oriente et éclaire notre destinée. Mages venus d’Orient, ils se laissent guider par l’étoile qu’ils ont découverte, images de tous ceux qui ayant cherché et reconnu la lumière, avancent résolument à sa suite.

Les mages nous apprennent à être attentifs aux signes de Dieu.
Chaque jour, dans nos activités professionnelles ou familiales les plus ordinaires, Dieu nous offre des signes de sa présence. Ils nous indiquent une présence. Discrets, ils respectent nos libertés. Humbles, ils peuvent être ignorés. Mais si nous prenons le temps de relire l’histoire de nos vies, nous les reconnaissons. Signes nombreux et variés de l’amour du Père, étoiles qui ont brillées pour nous, rencontres nous permettant d’accéder à la connaissance de l’amour du Père. Témoins du Christ, repères et compagnons de nos itinéraires de foi. Contempler ces étoiles qui constellent nos existences, c’est rentrer déjà dans la joie des mages.

Les mages nous apprennent à choisir face à la Vérité.
Poignante est cette page d’Évangile. La Vérité est là, à portée de main, à portée de cœur. Hérode a rassemblé autour de lui ceux qui savent. « Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël… ». Il interroge. Ils répondent, citant l’Écriture, citant le prophète. La réponse est claire. L’exultation devrait gagner tout Jérusalem, chassant l’inquiétude apportée par la venue des mages. Mais face à la Parole de Dieu, à la vérité, chacun choisit.
- Hérode choisit de s’opposer à la vérité. Il va l’utiliser pour la combattre. C’est l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, pour asseoir ses intérêts terrestres. Choix mortifère qui aboutit au massacre des Innocents.
- Les prêtres et les scribes. Ils savent. Ils transmettent avec justesse et précision ce qu’enseigne la Parole. Mais ils ne bougent pas. Ne s’engagent pas. Ils ont choisis le confort de la connaissance intellectuelle, devenue stérile car séparée de l’engagement vital auquel elle devrait conduire.
- Les mages : ils acceptent d’être enseignés par d’autre, de recevoir, accueillant, le cœur grand ouvert, la Parole. Ils choisissent la confiance. Et l’obéissance à la Parole, humblement et joyeusement reçue, les conduits au Messie.

Avec les mages, ouvrir nos coffrets, offrir notre présent.
Les signes, la confiance, la confiance en la Parole de Dieu ont mené les mages jusqu’auprès de l’enfant et de sa mère. Ils se prosternent. Ils adorent… Ils ouvrent leurs coffrets, ils offrent leurs présents. Nous pourrions vite passer ces phrases apparemment anodines : « Ils ouvrirent leurs coffrets. » Tant de choses en nos vies sont fermées à Dieu. Découvrir JESUS, comme les mages, c’est accepter de lui ouvrir notre existence, avec ses joies et ses peines, ses douleurs et ses espérances, ses réussites et ses échecs. Lui remettant ce qu’un jour, donnant sa vie sur la croix, il offrira à son Père. « Ils lui offrirent leurs présents. » Voilà le grand geste d’amour et de confiance que les mages nous proposent de vivre en ce matin. Le passé ? Il n’est plus. Le futur ? Il n’est pas encore là. Mais le présent, Seigneur, ce présent que je vis, je peux de tout mon cœur te l’offrir. Te le donner. Simplement aujourd’hui. Acceptant d’Être, d’Être avec toi. Dans la vérité de ce que je suis, dans ce face à face avec toi.

Alors, intérieurement comblés, comme les mages, nous reprendrons la route, par des chemins peut-être inattendus, mais transformés par cette révélation de la présence qui donne à notre vie saveur, joie et espérance. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 13 Jan 2013, 8:16 pm





Homélie sur Luc, Chapitre 3, Versets 15 à 22,



13/01/2013, Baptême du Seigneur

Texte de l'homélie

Que notre prière pour la paix soit sérieuse et juste

Il y a quelques jours, en Afghanistan, je célébrais Noël à Kaboul. Au camp militaire, a été bâtie une modeste chapelle. À l’intérieur, les murs s’achèvent à hauteur de plafond par un bandeau sombre sur lequel se détachent, très nettes, 88 plaques identiques, gravées d’une date, d’un nom, d’un insigne. L’insigne, celui de nos unités militaires. Le nom, celui d’un de nos frères d’armes. La date, celle de sa mort, brutale, mort pour la France, puisqu’il en portait les armes. Et je priais en face de Dieu, sous l’immense présence de ces Français, tués parce qu’ils voulaient détruire la guerre.

Car la mission suprême du militaire n’est pas de faire la guerre mais de la défaire, d’en bloquer la violence, puis de la rendre impossible. Sur le long chemin de la paix, c’est une étape toujours tragique mais parfois nécessaire. Je vous livre le fruit de ma prière à Kaboul, au moment où la France s’apprête à quitter ce théâtre de guerre. Je réfléchissais à quelle condition notre prière pour la paix était sérieuse et juste. Je me disais qu’elle ne peut pas être sérieuse, si elle oublie les drames de la guerre et elle ne peut pas être juste, si elle néglige l’héroïsme des militaires.

Gardons d’abord sous les yeux les drames de la guerre pour que notre prière soit sérieuse. J’en vois qui prient pour la paix comme ils prieraient pour avoir le soleil un jour de pique-nique. C’est dérisoire. Oui, revoyons par la mémoire ces corps tordus de douleurs. Me revient un souvenir brûlant, le corps de cet enfant de dix ans amené en hélicoptère à l’hôpital militaire, le ventre crevé par les éclats d’un engin explosif. Ou cet autre gamin, souriant dans les couloirs et courant vers nous avec deux béquilles et une seule jambe. L’autre avait été arrachée par une mine. Et comment ne pas baisser le regard quand nous croisons celui d’une femme meurtrie dans son cœur ? Telle cette maman, aujourd’hui totalement perdue, parce que son fils unique est mort, là-bas, au champ d’honneur. Elle ne s’en remettra jamais. Et tant et tant de peines vivaces, et tant et tant de blessures visibles et invisibles. Notre prière pour la Paix ne sera pas sérieuse, si nous ne nous tenons pas au bord de cet abîme d’horreurs où se tait la terrible douleur de la guerre. Car souvent la souffrance la plus forte se mure dans le silence le plus profond.

Gardons aussi en mémoire l’héroïsme de nos militaires pour que notre prière reste juste. Pourquoi examiner la justesse de notre prière pour la paix à la lumière de l’héroïsme dans la guerre ? Réfléchissons à nos demandes. Sans Dieu, nos paix sont en carton-pâte, elles font impression un moment, mais elles ne durent pas. Au mieux, nous parvenons à un cessez-le-feu laborieux et fragile. Ce n’est pas là encore la Paix. C’est pourquoi, nous implorons l’aide de Dieu. Jusque-là, nous sommes tous d’accord. Mais quelle aide demandons-nous à Dieu ? L’aide divine ne vise pas à nous donner la victoire contre nos adversaires. Dieu aime tous les hommes y compris nos ennemis. Il ne choisit pas son camp. Il ne va pas rajouter sa puissance à celle de nos chars. Il n’est pas un explosif supplémentaire, ni même une chance donnée au croyant pour éviter les balles. Il sait mieux que nous qu’une victoire ne donne pas la paix. Elle n’ouvre que le chemin d’un nouveau conflit.

Ne demandons pas à Dieu ce qu’il ne peut, ni ne veut, donner. Trop de victoires injustes ont été acquises et trop de guerres impies ont été réalisées au nom de Dieu. Dieu intervient sur le cœur. Il nous aide là où on trouve, justement, la vertu d’un soldat. Nous voilà conduit à regarder l’héroïsme, le courage, l’honneur, ces vertus qui traversent les défaites et les victoires : ce sont ces qualités intérieures qui obtiennent la paix définitive. Un acte de justice obtient plus que la menace d’une arme. Un médecin racontait à un de mes aumôniers ce qui lui est arrivé dans les Balkans. Alors qu’il était en patrouille avec quelques hommes, sa voiture se fait arrêter par des hommes armés et non identifiés qui braquent leurs fusils sur les soldats français. Instantanément ceux-ci pointent aussi leurs armes : la situation va tourner au carnage. Mû par une force intérieure, il sort sans arme du véhicule, les bras levés. Les mercenaires étonnés le laissent venir à eux voyant qu’il était désarmé. Il se met à leur parler et à leur serrer la main. Et il demande aux militaires français interloqués de venir aussi : tout le monde se serrent la main, échangent un sourire et se quittent sans un coup de feu. La maîtrise de soi a gagné la Paix. Dieu travaille à l’intérieur. Demandons-lui ces vertus dont la plus haute est l’amour.






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 20 Jan 2013, 7:33 pm




20/01/2013, 2e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Semaine pour l’Unité des chrétiens

La lecture du Livre de Michée est suivie de la prédication Pasteur Lilian Seitz, pasteur de l’Église protestante unie de France.

Bien loin de nos façons de penser aujourd’hui, ce passage de Michée nous confronte à l’énumération de sacrifices. Des sacrifices qui peuvent aller jusqu’à l’impensable ; comme le don de son propre enfant. Ce qui nous interpelle d’abord, c’est au fond ce don, jusqu’à cette vie, qui est notre bien au combien le plus précieux.

Mais au-delà de ces sacrifices, c’est l’homme des temps de Michée qui s’interroge : Comment me présenter à Dieu ? Comment trouver sa présence ? Comment pourrais-je faire pour simplement le satisfaire et l’interpeller ? L’homme des temps de Michée agit ici, comme pour satisfaire ces dieux qui traversent les récits de l’Ancien Testament. Par ces sacrifices, l’homme se donne le plus possible pour mieux atteindre Dieu.

Toujours plus, comme l’illustre ces mots : « Des veaux d’un an », toujours plus jeunes. « Des milliers de béliers » : toujours plus nombreux. « Des quantités de torrents d’huile » : toujours plus abondantes. « Mon premier né, l’enfant de ma chair » : toujours plus extrême. Agir comme si ces sacrifices, ces actes religieux, allaient donner de l’existence à Dieu. Mais ces interrogations sont mises sur la touche, elles partent en fumée comme ces sacrifices par cette dernière phrase exprimant la volonté de Dieu, « ce que le Seigneur exige de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. »

Selon ces paroles, Dieu n’a pas besoin de ces dons performances : toujours mieux, toujours plus, etc. La volonté de Dieu, ici, invite plutôt l’homme à vivre sa présence en agissant avec justice, en aimant la fidélité et en marchant humblement en accord avec lui. Inutile de s’incliner devant le Dieu de là-Haut. Il s’agit plutôt de choisir cette voie que nous propose Dieu afin de vivre pleinement sa présence ici-bas. Ce chemin viendra se remplir d’actes et de paroles humaines pour dire Dieu : c’est ainsi, dans le langage, dans notre langage que Dieu se donne. Nous sommes invités alors à marcher avec lui, en sa présence, sur nos terres humaines, sur les sols que nous foulons chaque jour. Nous sommes invités à marcher avec lui sur ces terres d’inégalités, afin que surgisse une justice équitable, marcher avec lui sur ces terres de haines, afin que naisse l’Amour, marcher avec lui sur ces terres de l’indifférence, afin que se construise la compréhension de l’autre.

Dans ce texte de l’Ancien Testament, les paroles du prophète Michée, homme de son temps, deviennent actuelles et viennent relire notre propre temps. Nous avons ainsi l’impression que Michée est un de nos contemporains et nous invite alors, en cette semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, à ne pas vivre une religion du sacrifice mais une religion d’acte d’espérance, qui vient s’incarner dans la société. Ces paroles anciennes deviennent elles-mêmes Parole d’aujourd’hui, rejoignant ainsi les revendications prophétiques et les promesses d’Évangile.

Oui, dans ce passage de Michée, il y a déjà l’esprit du Dieu de l’Évangile planant à la surface de ces mots. « Marcher avec ton Dieu » : c’est l’esprit des Béatitudes nous appelant à surmonter les frontières de nos rites, pour marcher dans la voie du témoignage des prophètes. Cette voie nous mènera plus loin que nos pensées et nos espérances actuelles. Finalement, ce « plus » ici n’est pas le « plus » de l’homme révélé à travers les excès de sacrifices, mais le « plus » de Dieu qui accompagne l’Homme dans sa justice et dans sa fidélité, car c’est lui et lui seul qui s’est donné au monde et à notre humanité. Afin que le Royaume de Dieu puisse demeurer dans tous les cœurs et dans toutes choses. Amen.

La lecture de la Lettre de Saint Paul aux Galates est suivie de la prédication de Mgr Norvan Zacharian, primat de l’Eglise apostolique arménienne à Paris.

Frères et sœurs en Christ, ma joie est grande de me trouver en ce jour à vos côtés, à l’occasion de cette nouvelle Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, ici, à Marseille, sans doute la première ville de Gaule à avoir accueilli les premiers immigrants chrétiens venus d’Asie mineure. Je pense en particulier à saint Irénée, au 2e siècle et à Grégoire de Tallard, un saint arméno-provençal du 5e siècle.

Il y a près de 35 ans, alors que j’étais évêque des Arméniens de Rhône-Alpes, je participais pour la première fois à cette célébration, et depuis, et pas plus tard qu’il y a quelques jours à Paris, je n’ai jamais manqué cette occasion de marcher avec mes frères évêques, prêtres et pasteurs dans les pas du Seigneur, en priant avec eux, pour notre unité.

« Marcher », voilà un mot, un verbe, qui n’est pas étranger aux chrétiens que nous tentons d’être. Car en vérité, notre démarche commune n’est-elle pas de marcher dans les pas du Seigneur pour rechercher son intimité et la proximité de nos frères en humanité, qu’ils soient chrétiens ou pas ? Notre baptême commun, n’est-il pas le début d’une longue marche qui durera tant que nous vivrons, avec et vers, notre Créateur ? Et ne sommes-nous pas tous, comme chrétiens, des pèlerins, ontologiquement donc des « marcheurs de Dieu », témoins et glorificateurs du Seigneur au sein de sa création.

En entendant la voix du prophète Michée, comment ne pas faire souvenir de ce jeune homme dont l’évangéliste Matthieu nous dit qu’il était riche et souhaitait gagner la vie éternelle, et qui interrogeait le Christ sur ce qu’il devait faire pour y parvenir ? JESUS, après lui avoir demandé d’appliquer tous les commandements de Dieu, ce que le jeune riche prétendait avoir fait, lui recommande de renoncer à ses biens matériels pour les donner aux pauvres et pour le suivre : « Suis-moi » (Saint Jean 1, 23). Nous assistons là à une invitation très concrète à marcher avec lui, dans un but évident que tout le monde aura compris : pour « faire le bien et la Justice » et gagner ainsi son salut.

Plus que jamais sans doute, c’est aujourd’hui de bonté et de justice que notre monde à faim, tout autant que de pain. Et pourtant, on peut dire qu’aujourd’hui, comme il y a deux mille ans, s’engager dans les pas de Dieu, pour marcher avec lui, aimer la bonté et pratiquer la justice est tout aussi difficile. Et que dire de l’humilité, cette vertu devenue si rare dans un monde de « présomption absolue » où tout le monde sait tout au sujet de tout... Comme nous sommes loin de la sagesse de saint Isaac le Syrien qui, humblement, proclamait : « L'humilité est pour toute vertu ce qu'est le sel pour tout aliment. » Que ne nous inspirons nous pas de lui lorsqu’il affirme, qu’au contraire : « La présomption disperse l'âme dans la rêverie et l'amène à errer parmi les nuages de ses pensées, à parcourir ainsi toute la terre sans ordre et sans but, alors que l'humilité, au contraire, la rassemble dans le silence, l'amène à se concentrer en elle-même. » Ce n’est après s’être revêtu de cette vertu, au prix de cet effort, que l’homme peut, humblement, mettre ses pas dans ceux de son créateur et marcher avec lui.

Mais, vous le savez tous, frères et sœurs, le pessimisme est étranger au chrétien. Aussi, en ces temps d’individualisme exacerbé, d’indifférence généralisée, de recherche effrénée du gain et de toutes les formes d’égoïsme, mais en cette belle Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, je voudrais que nous tournions nos pensées vers tous ceux qui, répondant à cette invitation du prophète Michée, à l’imitation du jeune riche de l’évangile de saint Matthieu, et dans une grande humilité, ont renoncé à tout pour suivre le Christ et faire justice, en s’engageant concrètement au service de leur prochain.

Prions en particulier pour ces milliers de chrétiens, hommes et femmes de toutes confessions, laïcs et religieux, engagés dans des organisations caritatives et humanitaires, ou plus simplement dans le cadre de leur ministère, qui, dans les pays en voie de développement et ici, en France, par charité, par amour, « marchent avec Dieu et font justice » en servant leur prochain, indépendamment de ses croyances et de ses convictions.

Que leur marche nous inspire, nous aussi, et qu’à quelques jours de la lumineuse fête de la Présentation du Sauveur au temple, la Chandeleur, qu’elle éveille en nous de nouvelles vocations de « marcheurs du Seigneur », en particulier chez les plus jeunes d’entre nous. Amen.

La lecture de l’Evangile selon Saint Matthieu est suivie de la prédication de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille.

Cette page d'évangile a nourri et nourrit encore la vie d'un grand nombre de chrétiens, d’un grand nombre d’hommes et de femmes qui la lisent et la connaissent. On sait la fascination qu'elle a exercée sur Gandhi, Martin Luther King, Vincent de Paul, Mère Teresa et tant d'autres !
Elle met au centre la personne du petit, du souffrant, de l'étranger, du prisonnier, de celui qui est en manque de nourriture, de logement, de vêtement, de nation, de liberté, d'instruction, de santé.

Elle nous révèle que Dieu considère comme fait à lui-même ce qui est fait en faveur du plus petit et que nos vies trouvent là leur juste valeur à ses yeux.
Nos vies pèsent ce que pèse le poids des actes de solidarité, faits en faveur des plus petits, qu'elles recèlent.
Quelles exigences, quels appels, quels chantiers !

Cette page d'évangile est de celles qui peuvent nous empêcher de dormir aujourd'hui comme hier. Il n'est pas besoin d'en décrire plus avant les multiples correspondances dans nos vies, ici à Marseille, dans notre pays, dans notre monde. Nous les connaissons toutes. On peut quand même citer les besoins de ceux qui ont faim, qui n'ont pas de logement, de travail, de ceux qui sont malades ou prisonniers, des populations Roms ou des sans-papiers et autres migrants.
Nous nous engageons souvent, ensemble, fidèles des Églises et communautés chrétiennes, souvent aussi avec bien d'autres qui mettent le service du plus petit au cœur de leurs engagements.

Mais il faut nous émerveiller surtout du cœur de Dieu qui nous est ici révélé : non seulement il se fait proche des plus petits, mais il apprécie la vie de tout homme à son degré d'engagement au service des plus pauvres et non d'abord à sa piété ! La véritable piété envers Dieu est de commencer par vivre en frères ! Sa manière de regarder nos vies est ainsi universelle. Tout le monde y est considéré selon le même critère : la fraternité effectivement vécue !

Bien évidemment, dans cette description prophétique du jugement dernier, nous pouvons reconnaître la manière dont le Christ JESUS a vécu, proche des petits, plein de compassion pour les exclus et les rejetés. Plus encore, lui-même a endossé leur sort de multiples manières et tout spécialement à la fin de sa vie, si bien que le bon larron n'a pas eu de mal à le considérer comme un frère secourable. Et JESUS a promis pour lui ce que le Père allait faire pour lui et par lui : « Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le paradis. »
Saint Augustin résume bien cet enseignement lorsqu'il dit : « L'amour de Dieu est premier dans l’ordre des préceptes. L'amour du prochain est premier dans l'ordre de la pratique ! » Cela ne veut pas dire que l'amour du frère dépasse et peut suppléer celui pour Dieu. Non. Mais il en est le fruit le plus sûr, le plus authentique, le plus réel, celui que Dieu produit et aime trouver dans la vie des croyants.

Puisons donc en lui la force d'aimer, d'aimer les plus petits de ses frères.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 06 Fév 2013, 8:32 pm



03/02/2013, 3e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Prophète de l’Amour !

Frères et sœurs, amis en Christ, imaginez ce soir la une du 20 heures : « Après une tournée triomphale à l’extérieur, JESUS, l’enfant du pays, est de retour. La foule en liesse se presse pour le voir et l’écouter. »

Mais « nul n’est prophète en son pays ». Cette parole de JESUS est entrée dans le langage populaire et signifie que personne n’est apprécié à sa juste valeur, à commencer par ceux qui nous sont le plus proche. Ce refus des prophètes est de tous les temps. JESUS n’a pas fait exception à la règle. En allant en priorité vers les exclus, les estropiés, les aveugles, les boiteux, les malades en tout genre, en négligeant quelques convenances religieuses, il sera un jour conduit hors de la ville et mis à mort sur une croix.

Aujourd’hui, à Nazareth, de nombreux compatriotes de JESUS attendaient de l’extraordinaire, du spectaculaire. Ils sont déçus : il ne correspond pas au profil du Messie qu’ils attendaient. En effet, JESUS, le prophète de l’Amour, ne se laisse, ni enfermer, ni museler, par qui que ce soit. Il leur annonce que sa mission n’est pas réservée aux seuls juifs, mais aussi aux étrangers, souvent regardés avec méfiance et stigmatisés. JESUS vient pour l’humanité toute entière.

Dieu n’a pas de frontière, il est plus vaste que nos horizons et plus large que nos étroitesses d’esprit. Aucune définition ne peut l’enfermer.

De tels propos sont insupportables pour les habitants de Nazareth. À partir de cet épisode, la croix se dresse déjà dans l’ombre. Le prophète « a dit la vérité, il sera exécuté ».

Aujourd’hui, comme hier, on peut chasser les prophètes, on peut les réduire au silence derrière les barreaux d’une prison, mais « on n’enchaîne pas la Parole de Dieu » et la liberté de l’Esprit se moque de nos bâillons. Et ça continue. Les prophètes, empêcheurs de ronronner, aujourd’hui encore, ne manquent pas. Dans la violence de leurs paroles, comme dans la pureté de leur témoignage de vie, ils sont les réveils d’une Église et d’une société, toujours tentées par les conforts de la passivité, de la richesse et du pouvoir.

Au milieu de nous, lorsque nous nous bouchons les oreilles, lorsque nous fermons notre cœur à double tour, désespérés par le monde, ils font sauter les serrures les plus sophistiquées.

Frères et sœurs, que ferions-nous sans ces prophètes de l’Amour ? Que deviendrions-nous sans ces exemples stimulants ? Mais au fait, qui sont-ils ces prophètes de l’Évangile ? Leur seule arme, c’est l’Amour.

Ami, regarde autour de toi, c’est ton voisin qui est engagé pour un monde plus solidaire et plus fraternel au sein d’une association, c’est ton aide-soignant qui, ce matin, avec beaucoup de délicatesse, a fait ta toilette, c’est la puéricultrice qui a veillé tendrement cette nuit sur l’enfant malade et sa maman…

Ils sont ces hommes et ces femmes, qui acceptent d’être bousculés par la provocation et la contestation ancrées dans l’Évangile. Ils instillent ce « goutte-à-goutte » d’amour, dont nous a parlé saint Paul aujourd’hui dans la deuxième lecture.

Amis, on peut être prophète de l’Amour à tous les âges de la vie, à l’école, au travail, au sein de la paroisse ou du Mouvement des chrétiens retraités qui célèbre son cinquantième anniversaire… Il n’y a pas de limite. Pour cela, il suffit d’aimer. Notre Père saint Augustin considérait trois catégories de gens : ceux qui aiment être aimés, ceux qui aiment aimer et enfin ceux qui aiment tout simplement. Frères et sœurs, aimez simplement ! Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 10 Fév 2013, 6:51 pm



Citation :

Luc 5

Louis Segond (LSG)


5 Comme JESUS se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu,

2 il vit au bord du lac deux barques, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets.

3 Il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s'éloigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule.

4 Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher.

5 Simon lui répondit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais, sur ta parole, je jetterai le filet.

6 L'ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.

7 Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles enfonçaient.

8 Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de JESUS, et dit: Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur.

9 Car l'épouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite.

10 Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors JESUS dit à Simon: Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes.

11 Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent.



10/02/2013, 5e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Avançons au large

Dans tout ce que Dieu nous dit aujourd’hui, la consigne n’est-elle pas : « Avance au large ! » ? Et pourtant, à travers ces trois textes que nous venons d’entendre, nous remarquons que le premier réflexe de ceux qui sont appelés, c’est de prendre conscience de leur indignité ou bien de mesurer leur inaptitude à répondre à l’appel du Seigneur.

Le prophète Isaïe s’écrie : « Malheur à moi, car je suis un homme aux lèvres impures ! » Paul déclare : « Je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. » Enfin, Pierre, impressionné par la pêche surabondante demande : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! »

Aujourd’hui encore, le Seigneur nous invite à avancer au large avec confiance et nous réalisons, nous aussi, que nous sommes pécheurs et que nous ne méritons pas d'être aimés par le Seigneur, ni de le suivre comme il nous y invite. Telle est peut-être notre réponse ; une réponse rapide qui nous fait prendre conscience de nos limites, ou peut-être une réponse qui nous arrange, une réponse qui nous fait nous enraciner dans un quotidien bien tranquille et qui ainsi, ne nous oblige pas à reprendre nos filets pour les jeter ailleurs.

Au cœur de cette Année de la foi, laissons-nous toucher par l’appel du Seigneur ! Pour ce faire, acceptons que le Christ nous bouscule. Lorsqu’il demande à Simon-Pierre de partir au large alors qu’il revient de la pêche, c’est comme s’il nous demandait de refaire ce que nous avons déjà fait. Autrement dit, avec persévérance, il nous faut continuer à creuser, pour aller plus loin. Et pour jeter, aujourd’hui encore, nos filets, sans doute qu’il nous est utile de repartir du Christ. C’est l’objectif de cette Année de la foi : redécouvrons les fondamentaux de notre foi chrétienne, notamment à travers la Parole de Dieu, l’enseignement de l’Église et les sacrements.

Aujourd’hui, grâce à nos frères et sœurs malades, nous découvrons ou redécouvrons le sens du sacrement des malades. On l’appelait autrefois le dernier sacrement ou l’extrême-onction. Mais le dernier sacrement, c’est l’Eucharistie, le viatique, ce pain pour la route et pour le passage vers notre résurrection. Le sacrement des malades est surtout là pour nous accompagner à tous les âges de la vie, que l’on soit jeune ou moins jeune, car nous le savons bien, la maladie frappe à tout âge. Et pour ne pas nous laisser sans force et sans espérance dans cette épreuve de la maladie, l’Église, par le Christ, nous propose ce sacrement des malades. Il n’a pas un pouvoir magique qui guérirait à coup sûr chacune des maladies. Non, ce n’est pas cela, l’effet d’un sacrement. Nous recevons le sacrement des malades pour recevoir la grâce et la force de Dieu, pour supporter l’épreuve de la maladie et vivre tout cela sous le regard de Dieu et avec Dieu.

Chers frères et sœurs malades, vous qui recevrez le sacrement des malades, aujourd’hui, dans cette église… Vous qui êtes avec nous, aujourd’hui, par la télévision et qui désirerez peut-être demander ce sacrement… Vous tous, puissiez-vous être régénérés par la grâce de Dieu qui agit en ce sacrement. À l’occasion de ce Dimanche de la santé, l’Église va rappeler son soutien aux malades, en priant particulièrement pour eux, aujourd’hui, car nous savons combien les malades comptent sur notre prière et combien nos communautés chrétiennes doivent être attentives à nos frères et sœurs malades : je pense que c’est un souci quotidien pour chacune de nos paroisses !

Et d’ailleurs, aujourd’hui, il est important de rappeler l’investissement sans mesure de tous ceux et celles qui font vivre les aumôneries d’hôpitaux et de maisons de retraite. Et n’oubliez pas les bénévoles qui, au nom de l’Église, portent la communion à domicile aux malades et aux personnes âgées. Manifestons aussi notre reconnaissance aux professionnels de la santé qui, avec confiance et passion, se tiennent aux côtés de ceux qui souffrent et donnent le meilleur d’eux-mêmes pour apporter guérison et réconfort.

Chers amis, face à la maladie, face à la souffrance, nous nous retrouvons souvent avec nos filets vides, le cœur lourd à cause de notre impuissance. À tous, aujourd’hui, le Seigneur demande d’avancer au large. C’est-à-dire, de grandir dans la foi et ne jamais désespérer. Ainsi, tous, malades et bien portants, professionnels de la santé et bénévoles, et tous les chrétiens engagés au nom de leur foi, dépassons nos peurs : jetons nos filets en avançant au large. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 17 Fév 2013, 6:50 pm


Citation :

Luc 4


1 JESUS, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert,

2 où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu'ils furent écoulés, il eut faim.

3 Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle devienne du pain.

4 JESUS lui répondit: Il est écrit: L'Homme ne vivra pas de pain seulement.

5 Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre,

6 et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux.

7 Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.

8 JESUS lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

9 Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas; car il est écrit:

10 Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu'ils te gardent;

11 et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

12 JESUS lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.

13 Après l'avoir tenté de toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui jusqu'à un moment favorable.



17/02/2013, 1e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

L’Homme vrai et le menteur

En ce premier dimanche de Carême, la liturgie nous présente un Évangile qui, toujours, nous surprend : celui de la tentation de JESUS par Satan. Si JESUS est le Fils unique de Dieu, peut-il vraiment être tenté par le Diable ? « Si tu es le Fils de Dieu », cette parole, qui n’exprime que l’ironie de Satan, proclame pourtant la pleine identité de JESUS. Satan qui se croit tout-puissant n’est donc qu’un aveugle. En effet, il ne voit pas que JESUS arrive au désert poussé par l’Esprit Saint, Esprit de lumière et de force, dont il a été comblé et investi, par Dieu lui-même, lors de son baptême au Jourdain.

Comprenons bien : c’est pour nous, les hommes, que JESUS se livre à la tentation comme, plus tard, pour nous toujours, il se livrera à la mort. En cela, JESUS assume toute l’histoire d’Israël puisqu’il est son Messie et même, celle de toute l’humanité qui a commencé par la tentation d’Ève et d’Adam avant de se poursuivre dans l’histoire du peuple élu. Ce peuple déjà tenté en Égypte, puis au pied du Sinaï et dans sa marche au désert durant quarante ans. Peuple de Dieu, toujours tenté, toujours vaincu ! Quand JESUS sort victorieux de la tentation, et cela par trois fois, c’est pour Israël et pour tous les hommes qu’il remporte cette victoire et, en cela, il est déjà notre Sauveur. L’Évangile présente la tentation de JESUS en trois étapes successives. Elle concerne la faim, relation de l’homme avec lui-même, puis, en un second temps, le pouvoir, relation de l’homme avec le monde, enfin la mise à l’épreuve de Dieu lui-même, l’homme dans sa relation avec Dieu. Les trois réponses de JESUS, reprenant des paroles de Dieu dans l’Ancien Testament, mettent fin provisoirement aux tentations de Satan, lequel va s’écarter de lui « jusqu’au moment fixé », c'est-à-dire jusqu’au moment de la Passion.

Pourquoi Satan tente-t-il JESUS ? Sans doute pour le gagner à lui-même tout en le séparant de Dieu, ce qui confirme bien l’ignorance de Satan. Cependant, derrière ces tentations se révèle l’intention profonde du Diable, à savoir la destruction de l’homme lui-même. Satan, en effet, depuis le commencement, reste toujours jaloux de l’homme et de ce qu’il est en vérité : la seule créature à l’image et ressemblance de Dieu. Satan sait bien que s’il arrive à écarter Dieu de la vie de l’homme et du monde, il aura détruit l’homme en ce qu’il a de plus vrai et de plus beau.

Si l’humanité est vraiment sauvée en JESUS le Seigneur, elle peut toujours, en ne comptant que sur ses seules forces, se détruire elle-même en raison de ses propres convoitises et illusions. De cette destruction, toujours possible et toujours à l’œuvre en notre monde, l’histoire récente, hélas, nous en donne des preuves irréfutables. Si nous savons les discerner !

Pour conclure sur une note d’espérance, en cette marche avec le Christ vers Pâques, voyons comment JESUS, concrètement, sauve l’homme. La seconde lecture de ce jour nous donne la bonne réponse : l’homme est sauvé quand est restaurée son unité profonde, quand ce qu’il croit en son cœur, il le confesse sur ses lèvres. Quand le cœur et les lèvres son accordés, l’homme retrouve alors son unité originelle. Tel est aussi l’enseignement de saint Benoît qui nous rappelle cette vérité de l’homme, à savoir que son esprit doive s’accorder avec sa voix. C’est ainsi que l’homme est de nouveau accordé avec lui-même quand, avec Dieu, il se retrouve pleinement accordé. Réconcilié avec Dieu, l’homme peut alors l’être avec lui-même et avec tous ses frères les hommes. Beau programme de Carême pour nous tous !












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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 25 Fév 2013, 6:44 pm




Citation :
Luc 9

28 Environ huit jours après qu'il eut dit ces paroles, JESUS prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier.

29 Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage changea, et son vêtement devint d'une éclatante blancheur.

30 Et voici, deux hommes s'entretenaient avec lui: c'étaient Moïse et Élie,

31 qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu'il allait accomplir à Jérusalem.

32 Pierre et ses compagnons étaient appesantis par le sommeil; mais, s'étant tenus éveillés, ils virent la gloire de JESUS et les deux hommes qui étaient avec lui.

33 Au moment où ces hommes se séparaient de JESUS, Pierre lui dit: Maître, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Il ne savait ce qu'il disait.

34 Comme il parlait ainsi, une nuée vint les couvrir; et les disciples furent saisis de frayeur en les voyant entrer dans la nuée.

35 Et de la nuée sortit une voix, qui dit: Celui-ci est mon Fils élu: écoutez-le!

36 Quand la voix se fit entendre, JESUS se trouva seul. Les disciples gardèrent le silence, et ils ne racontèrent à personne, en ce temps-là, rien de ce qu'ils avaient vu.


24/02/2013, 2e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Transfigurer notre grisaille

Les premiers évangiles du Carême nous emmènent en voyage et ce n’est pas à Lumen Vitae qu’on s’en plaindra, vu l’atmosphère multiculturelle qui nous caractérise, mais ces voyages se déroulent dans des contextes bien différents. Souvenez-vous : dimanche dernier, nous avons accompagné JESUS au désert, où il fut tenté par le démon. Ce dimanche, nous voici avec lui sur la montagne. Le tentateur n’est plus là, mais la scène n’est pas moins mystérieuse, avec le visage de JESUS qui se transfigure, avec ces personnages morts depuis des centaines d’années qui s’entretiennent avec lui et puis cette nuée d’où une voix se fait entendre. L’Évangile nous dit que les disciples furent saisis de frayeur quand ils y pénétrèrent. On le serait à moins.

Quand nous sommes confrontés à un tel texte, nous pouvons à bon droit nous sentir désarçonnés : que s’est-il réellement passé sur la montagne ? Et surtout, quel est le sens de cette scène ? Que nous dit-elle aujourd’hui ? Ce matin, nous n’allons pas faire le tour de la question, mais je vous propose de reprendre quelques points susceptibles de nous éclairer.

Voyons d’abord où se déroule l’histoire. Nous sommes sur la montagne. Non pas « une » montagne, mais « la » montagne. « La » montagne, depuis la révélation de Dieu à Moïse sur le mont Sinaï, c’est le lieu où Dieu se manifeste par excellence. Lorsque l’Évangile nous dit que JESUS emmène Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, nous pouvons donc déjà pressentir que quelque chose de Dieu va y être dévoilé.

Un deuxième élément éclairant, c’est ce dont JESUS s’entretient avec Moïse et Élie. Ils parlent de son départ qui va se réaliser à Jérusalem, c’est-à-dire de la passion et de la mort du Christ. Or, le récit de la Transfiguration, dans l’évangile de Luc, est précédé de la première annonce par JESUS de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, et JESUS reparlera de sa passion dès le lendemain de la Transfiguration. Il a y certainement ici plus qu’une coïncidence.

Un autre point intéressant, encore, ce sont les témoins de la scène. JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean. Pourquoi ces trois-là ? On peut dire, et ce n’est pas faux, qu’ils étaient particulièrement proches de JESUS. Mais il y a ici autre chose. Lorsque JESUS annonce sa passion et sa mort, ce sont ces trois mêmes disciples qui vont se faire réprimander par lui parce qu’ils refusent son message ou en pervertissent le sens. Ainsi, Pierre va s’attirer la réponse cinglante : « En arrière, Satan ! », lorsqu’il dira à JESUS : « Cela ne se fera pas ; tu ne peux pas être mis à mort ». De même, Jacques et Jean, après la troisième annonce par JESUS de sa passion, vont lui demander de siéger à sa gauche et à sa droite, manifestant ainsi qu’ils n’ont rien compris à ses propos.

C’est donc à des disciples qui ont du mal à saisir le sens profond du message du Christ, et particulièrement son passage par la passion et par la mort, que le Père révèle, sur la montagne, la gloire de son Fils. Manifestement, les trois disciples n’ont pas compris le sens profond de ce qu’ils vivaient alors. Pierre se laisse saisir par la magie du moment et envisage de rester sur place, en dressant des tentes. On peut voir là comme une nouvelle tentation de refuser le passage de JESUS par la passion et par la mort, en le retenant en quelque sorte dans sa gloire de transfiguré. Mais il ne s’agit pas de rester sur la montagne. Les disciples vont redescendre dans la plaine et ce n’est que plus tard qu’ils découvriront le lien entre la transfiguration et la passion, et la mort du Christ. Pour entrer dans sa gloire, JESUS devait rester fidèle à l’amour jusqu’au bout, et cela supposait, mystérieusement, de passer par la passion et la mort.

Relu ainsi, le récit est susceptible de faire sens pour nous. Ces trois disciples, c’est chacun de nous, lorsque la Bonne Nouvelle nous déconcerte, lorsque nous ne parvenons pas à reconnaître la gloire du Ressuscité déjà présente dans notre monde. Pour nous aussi, les difficultés de la vie, les mesquineries ou les méchancetés de notre prochain, nos propres faiblesses et notre péché sont parfois tels qu’il nous est difficile de reconnaître dans notre vie la présence glorieuse du Ressuscité. Nous n’avons pas la chance de gravir la montagne pour contempler JESUS dans sa gloire, mais nous avons l’Évangile qui nous dit : « Ne reste pas à la surface des choses. Fais confiance au Seigneur et demande-lui la grâce d’entrer dans son regard pour pouvoir reconnaître, au-delà des apparences souvent décourageantes, sa gloire déjà présente dans ta vie quotidienne. »

De manière intéressante, les deux autres lectures de ce dimanche nous invitent également à faire confiance à Dieu, malgré les apparences contraires. Ainsi, Abraham aurait pu considérer comme folie l’annonce par Dieu qu’il aurait une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, alors qu’il était déjà un vieillard. Mais il a cru en sa parole et nous sommes témoins du fruit qu’a porté son attitude de foi. De même, Paul oppose ceux qui ne considèrent que leur ventre et les citoyens des cieux, qui peuvent reconnaître dans leur existence la présence vivante de JESUS Christ.

Les lectures d’aujourd’hui, sans nier les difficultés de la vie présente, nous invitent donc à reconnaître en nous la présence du Christ transfiguré. C’est déjà Pâques que nous célébrons en faisant mémoire de la Transfiguration. Une Pâques qui ne se manifeste pas dans un événement extraordinaire comme la scène vécue sur la montagne mais que nous pouvons reconnaître dans notre quotidien, si nous portons sur lui un regard de foi, capable de transfigurer notre grisaille et d’y reconnaître la présence glorieuse du Christ ressuscité et de son amour victorieux. Par l’intercession de Pierre, de Jacques et de Jean, demandons au Seigneur la grâce d’entrer dans un tel regard. Amen.













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