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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 14 Fév 2012, 8:37 pm


Citation :
12/02/2012, 6e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Seigneur, aie pitié de moi et guéris-moi

Frères et sœurs, l'Évangile de ce dimanche nous invite à retrouver Jésus dans ce qu'on pourrait appeler son premier voyage missionnaire. Nous sommes encore au début de sa vie publique et voici qu'il vient de quitter Capharnaüm, où il avait déjà accompli de nombreux miracles. « Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, - avait-il dit à ses disciples, - pour que j'y proclame aussi l'Évangile. » Et si ce « ailleurs » était ici et aujourd'hui, dans cette église, située au cœur du quartier européen de Bruxelles, et dans cette façon de vous rejoindre par la télévision !

Et voici qu'une des étapes le conduit à la rencontre du lépreux. Nous voici d'emblée au pays de la transgression, au nom de l'Amour et de la guérison. Dans la société du temps de Jésus, en effet, tout était organisé, et jusqu'à la loi religieuse elle-même, pour que cette rencontre ne puisse pas avoir lieu. Le lépreux était mis au banc de la société. La contagion possible faisait de ce malade un exclu et un intouchable. Mais l'inattendu et le défendu se produisent : le Christ ne refuse pas de lui parler, ni même de le toucher, ni surtout de le guérir ! « Il fut purifié », dit l'Évangile.

Je voudrais nous inviter à relire l'Évangile dans l'actualité de notre temps, de notre société et, peut-être, plus particulièrement dans l'actualité de l'Europe en crise et en attente d'un nouvel élan. Sans doute la lèpre n'est-elle pas totalement éradiquée de notre terre et ce ne sont pas nos téléspectateurs en Afrique qui me démentiront. Le combat du saint Père Damien, un saint belge parmi les personnalités les plus populaires du pays, garde, hélas, toute son actualité. Mais il y a aussi toutes nos lèpres morales et spirituelles qui rongent le cœur et qui défigurent nos esprits. Ici, les « lépreux » sont autant du côté de ceux qui excluent que du côté des exclus. En fait, il s'agit de tout le monde de l'exclusion qui est certainement une des plaies les plus béantes de notre société et qui risque, qui veut, nous enfermer dans le moule de nos conformismes les plus étroits parce que les plus égoïstes, mais aussi de nos à priori les plus tenaces parce que les plus fragiles.

Concrètement, je voudrais éviter de tomber dans le piège des classifications trop souvent simplistes et qui ne sont que la caricature de la réalité. Je voudrais surtout , et je crois à la façon de l'Évangile, rejoindre chacun dans sa lèpre, c'est à dire dans tout ce qui vient briser les relations en défigurant la beauté de ce qui fait notre dignité humaine, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus vrai.

Notre prière et nos pensées, mais aussi et dans le même temps, nos engagements, nous rendent aujourd'hui solidaires de tous les exclus, de tous les marginalisés et de tous les plus fragilisés dans un monde qui, trop souvent, juge sans comprendre, condamne sans rencontrer et enferme sans rien ouvrir comme perspective d'avenir. Quelle société voulons-nous bâtir ? Quel monde voulons-nous donner en héritage aux générations futures ? Dans quel visage d'Église voulons-nous nous reconnaître ? Entrons, si vous le voulez, dans la personnalité de ce lépreux guéri par le Christ. Avec lui, nous nous tournons vers le Christ en lui disant simplement : « Seigneur, aie pitié de moi et guéris-moi. » Il faut en effet l'humilité, et non pas l'humiliation, de celui qui sait que la guérison, au sens de la libération, est un don, même si elle est aussi un grand combat intérieur, pour que Dieu puisse faire son œuvre. Et c'est alors que nous réentendrons la Parole du Christ : « Je le veux, sois purifié ! » - « Heureux les cœurs purs, - dit par ailleurs l'Évangile, - ils verront Dieu. » Qu'est-ce qu'être purifié ? On n'a pas rendu service à la pureté en l'enfermant dans une compréhension uniquement sexuelle, car, qu'est-ce que la pureté sinon une façon de vivre dans l'unique transparence de l'Amour. C'est l'Amour qui libère. C'est l'Amour qui guérit.

Quand on relit l'Histoire de l'humanité, cet appel inconditionnel à aimer peut, peut-être, paraître naïf. L'illusion serait-elle au rendez-vous de ceux qui osent croire à la victoire de l'Amour ? L'Évangile serait-il l'ultime consolation pour ceux qui n'oseraient pas affronter la dure réalité d'un monde qui semble miser plus sur la violence que sur la tendresse ? Je ne le crois pas, évidemment !

Dans la lumière de l'Évangile de ce dimanche qui redit que personne, aussi lépreux soit-il, n'est et ne restera enfermé dans l'exclusion et la solitude, je crois que l'urgence est à une redécouverte du christianisme. En Jésus Christ, Dieu a rendez-vous avec notre humanité dans une rencontre qui est une Alliance et, jamais, une concurrence. Dieu n'est pas le rival de l'homme, mais son partenaire et son Sauveur.

L'Évangile relatant la guérison du lépreux nous ouvre une perspective d'avenir sans limite, un horizon où l'homme n'est plus un prisonnier mais un libéré. La vie et l'amour s'écrivent alors, avec toutes les couleurs de la tendresse, de la liberté, de la joie, de la justice, de la paix, de la confiance et du pardon. Ce sont les sept couleurs de l'arc-en-ciel qui dessinent l'Alliance entre Dieu et l'homme, entre Dieu et l'humanité.

Ils sont nombreux, vous savez, les lépreux guéris par Jésus. Ils sont dans cette église ou devant leur télévision. C'est vous, c'est moi, si nous le voulons, devenus comme le lépreux de l'Évangile les témoins, debout parce que relevés, d'un monde nouveau. Et cette Bonne Nouvelle est contagieuse, beaucoup plus que les lèpres de nos exclusions. « Je le veux, - dit Jésus, - sois purifié », vis dans la transparence de l'Amour et tu seras, toi et tes frères et sœurs, Heureux ! Amen.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 19 Fév 2012, 8:42 pm





Citation :
19/02/2012, 7e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Porteurs les uns des autres

Vous qui nous regardez ou vous qui êtes venus ici, ce matin, amenés par les bénévoles de l’Ordre de Malte, vous êtes peut-être comme ce paralysé qu’on porte. Jésus guérit cet homme. Il vous donne ce matin une espérance. À nous tous, il donne une espérance. Il répond à l’attente des porteurs comme du malade.

Mais remarquez le bien : Jésus ne fait pas que guérir le paralysé. Il lui pardonne aussi ses péchés. Le Seigneur nous donne les grâces que nous n’attendons pas.

Le Seigneur nous donne toujours davantage que ce que nous demandons. Ceux d’entre vous qui vont à Lourdes le savent bien : souvent, ce n’est pas avec une guérison physique que vous revenez, mais tellement remplis de grâces que chaque année vous voulez y retourner.

Pourtant, ce n’est pas facile d’être portés, comme on le fait ici, pour le paralytique. Pour certains d’entre nous, ce n’est jamais facile de devoir attendre l’aide des autres, pour accomplir les gestes les plus élémentaires. Mais, pour recevoir les grâces que donne le Seigneur, il nous faut accepter d’être portés. Il faut commencer, avec humilité, par reconnaître que nous avons besoin d’être guéris. Que nous avons besoin d’être pardonnés. Que nous avons besoin d’être portés.

Mais, il nous faut trouver les porteurs et les membres de l’Église reçoivent un appel tout particulier à cela. En fait, nous avons mission de porter les autres. De nous porter les uns les autres. Vous-mêmes, membres de l’Ordre de Malte, vous avez accepté de porter d’une manière ou d’une autre les plus fragiles. Vous êtes brancardiers à Lourdes. Vous rendez visite à des personnes qui résident dans des maisons spécialisées ou dans des maisons de retraites et vous organisez pour elles des sorties. Vous soutenez des personnes qui vivent dans la précarité. Vous apportez votre aide. Et votre expérience vous a fait découvrir qu’il s’agit parfois d’aider physiquement une personne dépendante. Mais souvent, aider, c’est aussi apporter un peu de joie, un peu de charité. Apporter le petit plus qui n’est pas indispensable mais qui fait vivre.

Et il ne faut pas l’oublier, frères et sœurs. D’une manière ou d’une autre, tous nous sommes paralysés et avons besoin d’aide. Mais aussi, d’une manière ou d’une autre, tous nous pouvons porter les autres. C’est notre mission commune.

Certains me demandent : « Mais comment pouvons- nous le faire, nous porter tous les uns les autres ? » Par la prière ! Tous peuvent le faire. Tous en ont la mission. Et même si nous sommes malades. Même ceux qui ne peuvent jamais sortir de chez eux. Même si vous ne pouvez, ni marcher, ni parler. Vous pouvez prier. Nous pouvons prier les uns pour les autres. Et au fond de notre découragement, nous pouvons nous souvenir qu’il y a la prière des autres ; et nous pouvons aussi nous souvenir qu’il y a la prière des saints du ciel, avec nous et pour nous. Ce grand mouvement de la foi partagée, qui nous rapproche de l’amour de Dieu et que l’on appelle la communion des saints.

Parfois, dans votre immobilité, vous vous demandez pourquoi le Seigneur vous laisse sur cette terre. Je crois en tout cas qu’il a une mission pour vous. À l’heure où il y a moins de contemplatifs sur cette terre, le Seigneur peut compter sur les personnes âgées et sur les personnes malades, pour prendre le relais de la prière. Sans la prière, le monde irait encore plus mal. Sans vous, qui avez à cœur de prier, le monde irait à sa perte.

Frères et sœurs, animés de cette foi que Jésus reconnaît chez les porteurs, dans l’Évangile de ce jour, croyons que nous pouvons nous porter les uns les autres. Dans un mouvement de charité. Dans la ferveur de la prière. Dans l’élan de l’amour qui nous tient tous en communion. Croyons que nous pouvons, les uns les autres, secourir les pauvres, quels qu’ils soient.

Oui, Seigneur, fais grandir en nous la foi. Afin que nous fassions monter vers toi une immense prière d’intercession, pour les pauvres que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 27 Fév 2012, 8:35 pm


Citation :
26/02/2012, 1er dimanche de Carême

Texte de l'homélie

"Se carêmiser"

Quelle différence peut-il bien exister entre l’expression « faire son carême » et le verbe « se carêmiser » ? Faire son carême, c’est tout simplement poser un ensemble d’actes et d’efforts ponctuels durant quarante jours. « Se carêmiser », par contre, c’est se convertir pour la vie, c’est-à-dire se laisser transformer par le Christ dans l’Esprit. S’il en est ainsi, revisitons l’adage suivant : « Pas d’alléluia, pas de chocolat ! ».

Le fait de ne plus chanter l’alléluia nous permet de vivre l’expérience d’un manque qui, paradoxalement, nous comble, car il nous permet, dès l’instant où nous le ressentons, d’être à nouveau touchés par la lumière de la Résurrection. De la sorte le « pas d’alléluia » nous conduit au « pas de chocolat ».

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais moi, lorsqu'on m’interdit quelque chose, j'en ai encore plus envie. En effet, c'est dans le manque que nous nous rendons soudainement compte de l'importance de choses qui nous paraissent si normales, qu'elles en étaient devenues banales. Tout comme le Christ, nous sommes invités à entrer dans des déserts aux multiples tentations. Mais oserions-nous reconnaître que nous ne prenons plus assez le temps d’en traverser aujourd'hui ? Rendement, efficacité, rapidité, immédiateté, sont devenus les faux-dieux de notre société. Mais au profit de qui, sommes-nous en droit de nous demander ? Si je me laisse happer de la sorte, je passerai tout simplement à côté de l'essentiel, je me promènerai sur la berge de ma vie, sans jamais réellement y plonger. Redonnons alors de la vie au temps, plutôt que du temps à la vie. En effet, chante le poète : « On a volé mon temps, et depuis ce jour, je n'arrête pas de courir après pour le retrouver. »

Une conséquence possible de cette course effrénée est que la partition de ma vie se compose uniquement dans l’exceptionnel, dans l’extraordinaire. Et je me remets seulement à réfléchir au sens de l’existence quand mort, séparation, maladie, souffrance et perte d’emploi se conjuguent dans les rimes de mes pensées. J’ai alors besoin de me retrouver avec moi-même, de reprendre le temps du temps. Je redécouvre l'importance d’une multiplicité de petits gestes plus anodins les uns que les autres, tels un merci, un je t'aime.

Ces mots résonnent d’ailleurs dans le Foyer de charité où nous célébrons aujourd’hui, car ils ont la profonde simplicité de celle qui marque ces lieux. Contemplons en Marthe Robin une vie d’union au Christ, une vie rayonnante à l’écoute de tous ceux et celles qui défilèrent chez elle pour la consulter, tandis qu’elle-même était immobilisée et alitée. Émerveillons-nous de ces années de rencontres au plus intime de la prière et de l’accueil.

Tout comme elle, au plus profond de mon propre fond, je peux alors m'offrir le temps pour comprendre le sens de mon humanité, de ma vie, de tous ces pourquoi qui parsèment les chemins de nos inquiétudes et de nos angoisses. Je m'autorise enfin tout simplement à m'abandonner, à exister dans toute ma vulnérabilité. La véritable rencontre avec moi-même, avec l'autre et surtout avec le « Tout-Autre », va pouvoir se réaliser en pleine confiance. Je suis pleinement « carêmisé ».

C'est fou, mais le « pas d’alléluia, pas de chocolat », c'est un peu tout ça. Pouvoir s'offrir ce luxe qui ne pourra jamais s'évaluer, de rompre le rythme de nos monotonies, de casser l'impression de nos acquis, de retrouver le sens de notre vie, et surtout de redécouvrir le plaisir et l'importance d'aimer. Le « pas d’alléluia, pas de chocolat », c'est une multitude de petits déclics que nous nous offrons tout au long de la vie, pour vivre cette transformation intérieure et reconnaître que le bonheur est ailleurs, qu'il réside au plus profond de notre cœur, là où Dieu a choisi de résider. À ce moment précis, l’être humain « se carêmise » et devient à son tour porteur de cette Bonne nouvelle en JESUS Christ. Amen.

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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 06 Mar 2012, 8:45 pm



04/03/2012, 2e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Intimité divine

De nombreuses conversations téléphoniques d’adolescents amoureux se terminent souvent de la manière suivante : « Bon, je dois y aller, tu raccroches ? Non, c’est moi qui ai raccroché hier, à toi de le faire. Tu vois, toi aussi tu n’y arrives pas. » Ce type de dialogue peut encore prendre quelques minutes. N’est-il pas normal, lorsque deux êtres s’aiment, qu’ils aient envie de continuer à prendre du temps ensemble ? Un peu comme Pierre dans l’évangile que nous venons d’entendre. Lui aussi souhaite planter trois tentes et profiter encore un peu de ce qu’ils viennent de vivre. L’événement de la Transfiguration nous fait entrer dans un monde où tous les mots se mettent à trembler, car nous n’arrivons pas à expliquer le mystère qui s’est produit sur cette montagne. Nous entrons dans l’ordre de l’indicible.

Toutefois cet événement dévoile l’intimité de prière existant entre le Père et le Fils, ainsi que la nécessité pour ce dernier, de bien comprendre la destinée à laquelle il a été appelé. La Transfiguration préfigure ainsi la Passion : « Que ta volonté soit faite. » Cette intimité divine n’est, heureusement pour nous, pas réservée à quelques privilégiés. Elle se vit, chaque fois, dans le temps de la prière qui est une grâce offerte à tout être humain. La prière est un don qui nous élève au-delà de nous. Par elle, nous entrons dans une relation privilégiée où nous pouvons nous confier en toute liberté, nous montrer tel que nous sommes, en pleine vérité, car : « Dieu est plus grand que notre cœur. » Avec Lui, il n’y a plus de jardin secret. Nous entrons au cœur de notre cœur, lieu par excellence de l’inhabitation divine.

Un novice demanda un jour à un vieux frère : « Quel est le secret de la contemplation dominicaine ? » Le frère hésita un instant. Il lui sourit. Puis il dit : « Frère, ne le dis jamais aux Carmes, ni aux Jésuites, mais nous n’avons pas d’autre secret que le secret de l’Évangile ! « Cependant, continua-t-il, je vais te révéler les deux grandes lois de la contemplation. La première, c’est de prier. Et la deuxième, c’est de continuer ! »
La prière est aussi simple que cela. Elle se décline avec nos mots, nos émotions, nos cris et nos interrogations. Elle est un simple chemin d’évangile qui nous transforme et nous conduit à vivre notre propre transfiguration. Elle participe ainsi à notre ajustement. Qu’est-ce à dire ? Dans la foi, toutes et tous, nous sommes invités à devenir des êtres humains justes, c’est-à-dire à devenir des créatures ajustées à la volonté de Dieu. Voilà les questions auxquelles nous sommes priés de répondre en ce temps de « passionnément carême ». Suis-je ajusté à la volonté du Père et du Fils dans l’Esprit ? Ma vie est-elle ajustée à la foi que je vis et dont je témoigne par mes paroles et mes actes ?

En effet, en fonction de qui nous sommes devenus, marqués par nos histoires respectives empreintes parfois de la maladie, de la perte d’un être cher, de souffrances injustes, nous sommes invités à découvrir en nous la manière dont nous avons à vivre cet ajustement. Il en va de notre destinée. Dieu ne nous attend pas dans l’exceptionnel ou dans l’extraordinaire. Il nous accueille dans le quotidien de nos vies. C’est pourquoi, il est heureux que nous célébrions aujourd’hui, dans ce diocèse, où est né le mouvement de l’ACAT qui se bat contre la torture. À notre tour, dans le Fils et par l’Esprit, cherchons à être ajustés à la volonté du Père. Nous nous accomplirons et nous vivrons ainsi notre propre transfiguration, promesse du partage de la vie éternelle. Et ce chemin de vie commence tout simplement par la prière. Heureux sommes-nous car Dieu, lui, ne raccroche jamais.
Amen.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 09 Mar 2012, 9:11 pm




Définition de l'Homélie par Wikipédia :



Une homélie est un commentaire de circonstance prononcé par le prêtre ou le diacre lors d’une messe catholique.

La Constitution sur la sainte liturgie (Concile œcuménique Vatican II, Paris, Éditions du Centurion, 1968, pp. 173-174) précise que l’homélie consiste, en suivant le développement de l’année liturgique, à expliquer à partir du texte sacré les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne. Elle est fortement recommandée comme faisant partie de la liturgie elle-même ; bien plus, aux messes célébrées avec le concours du peuple les dimanches et jours de fête de précepte, on ne l’omettra que pour un motif grave.

L’homélie est donnée juste après la lecture des textes bibliques du jour (en clôture de la liturgie de la Parole). Elle est suivie d’un bref temps de recueillement, avant le Credo (s'il y a lieu), et la poursuite de la célébration (par la liturgie eucharistique).

Le Code de droit canonique de 1983 prescrit à ce sujet :
Can. 767. Parmi les formes de prédication l’homélie, qui fait partie de la liturgie elle-même et est réservée au prêtre ou au diacre, tient une place éminente ; au cours de l’année liturgique, les mystères de la foi et les règles de la vie chrétienne y seront exposés à partir du texte sacré. À toutes les messes qui se célèbrent avec concours du peuple les dimanches et jours de fête de précepte, l’homélie doit être faite et ne peut être omise que pour une cause grave. Il est hautement recommandé, s’il y a un concours de peuple suffisant, de faire l’homélie même aux messes célébrées en semaine surtout au temps de l’Avent et du Carême, ou à l’occasion d’une fête ou d’un événement douloureux. Il appartient au curé ou au recteur de l’église de veiller à ce que ces dispositions soient religieusement observées.
(Voir aussi le Can. 768 – § 1. Les prédicateurs de la parole de Dieu proposeront avant tout aux fidèles ce qu’il faut croire et faire pour la gloire de Dieu et le salut des hommes.)

Le pape Benoît XVI, dans l’exhortation apostolique postsynodale Sacramentum Caritatis, dit à propos de l’homélie (n° 46) :

En relation avec l'importance de la Parole de Dieu, il est nécessaire d'améliorer la qualité de l'homélie. En effet, elle « fait partie de l'action liturgique » (139) ; elle a pour fonction de favoriser une compréhension plus large et plus efficace de la Parole de Dieu dans la vie des fidèles. C’est pourquoi les ministres ordonnés doivent « préparer l’homélie avec soin, en se basant sur une connaissance appropriée de la Sainte Écriture » (140). On évitera les homélies générales et abstraites. Je demande en particulier aux ministres de faire en sorte que l’homélie mette la Parole de Dieu proclamée en étroite relation avec la célébration sacramentelle (141) et avec la vie de la communauté, en sorte que la Parole de Dieu soit réellement soutien et vie de l’Église (142). Que l’on garde donc présent à l’esprit le but catéchétique et exhortatif de l’homélie. Il paraît opportun, à partir du lectionnaire triennal, de proposer aux fidèles, avec discernement, des homélies thématiques qui, tout au long de l’année liturgique, traiteront les grands thèmes de la foi chrétienne, puisant à ce qui est proposé avec autorité par le Magistère dans les quatre « piliers » du Catéchisme de l’Église catholique et dans le récent Abrégé : la profession de foi, la célébration du mystère chrétien, la vie dans le Christ, la prière chrétienne (143).
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 13 Mar 2012, 8:37 pm


11/03/2012, 3e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Citation :
Nous sommes le Temple de Dieu

Une maman, exaspérée par les bêtises à répétition de son fils, décida de lui adresser la parole en utilisant uniquement des citations bibliques. Un matin, le gamin n’était toujours pas levé pour aller à l’école. En colère, elle ouvrit la porte de sa chambre et voyant son fils toujours couché, lui dit avec force : « Luc, chapitre 8, verset 54 : "Lève-toi et marche." » L’enfant la regarda, médusé, laissa retomber sa tête sur l’oreiller puis, tout en remontant la couette, dit à sa mère : « Jean, chapitre 2, verset 4 : "Femme, mon heure n’est pas encore venue." » Elle claqua alors violemment la porte de la chambre et redescendit pour se calmer.

Dans la vie, il y a de multiples colères colorées. La colère blanche qui se vit sans hausser le ton. La colère noire qui se marque par le tonnerre des cris. La colère grise qui se décline par un regard fermé. La colère rouge, tellement passionnelle qu’elle part en tous sens. Et il y a enfin la colère arc-en-ciel, c’est-à-dire la colère de Dieu, cette fois, une sainte colère.

La colère peut effectivement nous envahir face à des situations injustes. Ne la réfrénons pas. Laissons-lui toute sa place et hurlons-la. D'une certaine manière, à l'instar de Job, Dieu nous autorise à la laisser éclater pour que nous puissions nous libérer de nos incompréhensions, de ces sentiments négatifs qui nous assaillent jusqu'à parfois nous faire trébucher, voire tomber.

Toutefois, la colère n'a pas de finalité en elle-même. Elle ne peut être qu'un moyen, un mode d'expression, nous permettant de devenir capables d'écrire une nouvelle page de notre histoire. Je me demande alors si la colère qui a traversé le Christ dans le Temple, n'était pas un peu de cet ordre. En effet, une relation, cela ne s'achète pas, cela ne se négocie pas. Et il en va de même avec Dieu. Il ne s'achète pas. Il ne se négocie pas. Qui d'entre nous, n'est pas au moins une fois entré dans une dynamique de négociation par des mots tels que ceux-ci : « Seigneur, si tu me permets d'obtenir ceci et bien moi, en contrepartie, je te promets de faire cela. »

Nous entrons de cette manière dans une relation contractuelle avec obligation de part et d'autre. Or, Dieu ne se négocie pas, Dieu ne s'achète pas. Il se laisse rencontrer, il se laisse aimer. Dans la foi, nous prenons conscience que nous ne sommes jamais seuls. L'Esprit Saint vit en nous et nous sommes le temple vivant de Dieu ici-bas. S’il en est ainsi, arrêtons de regarder le ciel. Nous sommes le Ciel de la Terre, c'est-à-dire des femmes et des hommes inhabités de la présence divine. Dieu se laisse ainsi rencontrer au plus profond de notre être, au plus intime de notre intimité. Il est là, en nous. Il est cette fondation à partir de laquelle nous pouvons construire notre propre destinée inspirée par l’Esprit dans le Fils.

Et de temps à autre, comme en ce temps de passionnément carême, il vient mettre de l’ordre en nous, pour que nous puissions à nouveau vivre en plénitude la foi, l'espérance et l'amour. Dieu est avec nous. Dieu est en nous. Partons à sa rencontre. Nous sommes les tabernacles vivants de sa présence.

En tant que temple de Dieu, c'est notre être tout entier qui devient à jamais sacré. Puissions-nous ne jamais trahir cette réalité qui nous a été donnée et permettre ainsi à Dieu, de continuer de nous façonner chaque jour un peu plus dans la vérité de nos relations, afin de devenir sacrement sur terre, c'est-à-dire signe visible de sa présence au cœur de notre humanité. De la sorte, être « temple » de Dieu n'est pas un titre honorifique. Être « temple » devient un état de vie, mieux encore un état de foi. Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 13 Mar 2012, 9:18 pm

Très intéressant, merci beaucoup Ramosi
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 18 Mar 2012, 8:49 pm


18/03/2012, 4e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

JESUS est venu nous sauver

Il venait de passer de l’autre côté de la vie et s’était retrouvé dans une superbe salle de cinéma. Il était assis, seul face à lui-même et attendait dans cet antre de la vie éternelle. L’angoisse commençait à l’étreindre quand il s’est mis à penser à ce qui pourrait suivre : Vais-je être jugé et condamné ? N’aurais-je pas dû être plus attentionné durant ma vie terrestre ? Ai-je suffisamment aimé comme le Christ nous l’a demandé ? Il est là avec ses questions quand, par derrière l’écran, vole un ange : « Sois le bienvenu au Ciel, lui dit-il. Nous te proposons d’assister à la projection du film de ta vie et nous te souhaitons un excellent moment de vérité. » Le film débute et l’homme revoit alors tout ce qu’il a fait, dit et pensé. Au fur et à mesure, il s’enfonce dans son fauteuil. À la fin de la projection, l’ange revient vers lui et dit : « Tu t’es sans doute demandé pourquoi tu étais seul dans une aussi grande salle. Eh bien, c’est très simple, tu vas maintenant assister à la seconde projection du film de ta vie, mais cette fois, tous les acteurs et actrices qui y apparaissent, vont venir te rejoindre. De la sorte, ils sauront vraiment ce que tu as dit, fait et surtout pensé. »

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ce serait l’horreur. Heureusement pour nous, saint Jean clame que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Par l’événement de la Croix, il n’y aura donc jamais cette seconde projection, car justice et miséricorde sont unies en Dieu. Aujourd’hui encore, nous sommes invités à venir déposer, aux pieds du Christ, nos égoïsmes, nos inattentions, nos manques d’amour. Par cette reconnaissance de notre fragilité, le Père nous invite à nous libérer de tout ce qui nous empêche de devenir nous-mêmes. Dieu n’est donc pas venu pour nous juger, mais pour nous sauver. Le salut est d’abord et avant tout cette abondance de vie promise, ce désir d’avancer sur le chemin de sa destinée. Nous sommes donc conviés à toujours aller vers un plus-être de notre âme. Le bonheur n’est donc pas une promesse à atteindre un jour dans un au-delà ; le salut de Dieu est à vivre ici-bas, à tout instant de nos existences, même quand nous sommes fragilisés par la vie.

En effet, lorsque nous sommes touchés par la maladie, le deuil, la souffrance, l’Esprit Saint nous accompagne sur ce chemin par le biais de ses propres créatures. Dieu passe dorénavant par nous. Il a besoin de nous. Dans la tendresse de nos gestes, dans la caresse de nos mots, dans la douceur de nos regards, nous laissons l’amour se dire, mieux encore l’amour se vivre, mais cette fois au nom de Dieu. Nous sommes les uns pour les autres les mains de Dieu sur terre, les yeux de Dieu sur terre. C’est pourquoi, être sauvé, c’est être Un avec Dieu, c’est-à-dire vivre avec cette conviction intime qu’il est en nous lors de notre pèlerinage terrestre et que nous serons en lui lors de notre vie céleste.

Par notre foi, nous sommes entrés dans ce lien indéfectible avec lui. Un lien que rien ne saurait arracher, tellement nous sommes intimement liés l’un à l’autre. Il ne s’agit ni d’une fusion, encore moins d’une confusion, mais bien d’une union qui transforme l’identité même de notre humanité. Nous sommes conviés à vivre notre destinée qui nous conduira vers le partage de la vie divine. En ce temps de « passionnément Carême », par nos gestes et nos paroles, que nous soyons assis, debout ou couché, à l’hôpital ou à la maison, rayonnons de la présence de ce Dieu qui vit en nous. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 25 Mar 2012, 7:58 pm



25/03/2012, 5e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Le voeu de charité

Un jour, un jeune novice remarqua que les moines copistes n’effectuaient pas leur travail à partir des œuvres originales. Étonné de cela, il fit constater au Père Abbé qu’une petite erreur commise dans la première copie risquait de se propager à toutes les autres. Le Père Abbé lui répondit : « Cela fait des siècles que nous procédons ainsi, mais ta remarque est pertinente, je vais, de ce pas, rechercher les originaux ». Il descend alors dans une cave voûtée où sont précieusement conservés les parchemins et les manuscrits. Il y passe la journée entière, puis la soirée, puis la nuit, sans plus donner signe de vie. Les heures s’écoulant, l’inquiétude grandit. Le novice descend à la cave et voit le Père Abbé complètement hagard, se cognant sans relâche la tête contre le mur de vieilles pierres. Le jeune moine se précipite et demande : « Père Abbé, que se passe-t-il donc ? » Et ce dernier de répondre : « Depuis des siècles nous sommes dans l’erreur, ce n’est pas "vœu de chasteté", c’est "vœu de charité" ! »

Offrons-nous ce petit clin d’œil monastique, non pas pour remettre en question le conseil évangélique qu’est la chasteté, mais pour mieux comprendre cette phrase de l’Évangile : « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en dessaisit en ce monde la garde pour la vie éternelle ». Se saisir de sa vie, c’est vouloir la maîtriser. Trop souvent, nous aimons avoir une emprise sur les événements et parfois aussi sur les personnes. Maîtriser les choses et les gens peut nous sécuriser, mais nous risquons alors de nous enfermer dans des principes et dans des lois mortifères pour que tout reste toujours en l’état. Se saisir de sa vie, c’est donc se condamner à l’amour de la règle. Or, le prophète Jérémie nous invite à vivre plutôt la règle de l’amour : « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur cœur ».

Les Écritures nous convient ainsi à passer de l’amour de la règle à la règle de l’amour. Tel est le sens du vœu de charité à vivre par chacune et chacun d’entre nous. En effet, la foi se conjugue d’abord et avant tout dans la tendresse de regards échangés, dans la douceur de paroles prononcées, dans l’affection de gestes partagés. N’est-ce pas le sens de l’association La Mie de Pain qui a vu le jour dans cette paroisse ? Notre « carêmisation » passe ainsi par un désaisissement de notre vie. Dieu nous convie à apprendre à « imprévoir » pour entrer dans son mystère. « Imprévoir » est un verbe paradoxal par essence, car il ne m’est pas possible « d’imprévoir » quelque chose, puisque si je « l’imprévois », d’une certaine manière, je prévois de ne pas prévoir. Pour ce faire, apprenons à vivre un chemin d’abandon où nous lâchons prise, c’est-à-dire où nous faisons tout simplement confiance.

Confiance en un Dieu qui se révèle à nous de manière imprévisible. « Imprévoir » nous rend ainsi plus disponible, plus ouvert au mystère de la résurrection. En effet, Dieu se révèle à nous là où nous ne l’attendions pas, dans l’imprévu de la croix. Devenons comme le Fils avançant vers sa Passion : en toute confiance, pétri d’une espérance en ce Dieu qui se révèle à nous par l’amour du don de sa propre vie. Le sens même de notre éveil à la vie trouve ainsi sa source et sa réalisation dans notre vœu de charité. En effet, nous avons toujours besoin de passer par quelqu’un pour nous atteindre au plus secret de nous-mêmes. L’amour est d’ailleurs le seul combustible nécessaire à l’accomplissement de toute destinée. Toutes et tous, nous avons besoin d’aimer et d’être aimés. Nous prenons ainsi conscience que seul l’amour importe, car toujours il nous emporte. De la sorte, nous devenons un peuple en marche, conscients de notre vœu de charité, par amour de l’autre, au nom de l’amour du Tout Autre. Alors et alors seulement, nous serons « passionnément Carême ». Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 01 Avr 2012, 7:59 pm



01/04/2012, Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Texte de l'homélie

Entrez dans le mystère de la Passion

Pour entrer dans le mystère de la Passion, permettez-moi de reproduire des interrogations à la manière des Dupont. L’un de dire : « Tu crois qu’on peut comprendre ? » et l’autre d’ajouter : « Je dirais même plus, tu comprends qu’on puisse croire ? » En effet, par la mort du Christ, les disciples sont comme abasourdis, anéantis. Les mots leur manquent pour exprimer l’indicible. Nous aussi nous pouvons vivre ce type d'expérience lorsque nous sommes confrontés à la douleur de la maladie, aux échecs récurrents, à la mort d’un être aimé parti bien trop tôt. Nous sommes alors comme déchirés en nous. Nous pouvons aller jusqu’à nous sentir abandonnés par ce Dieu qui nous semble tellement absent, tellement impuissant à transformer le cours des événements que nous traversons. Il nous reste alors la confiance et surtout l'espérance.

En effet, durant ces dernières semaines nous nous sommes « passionnément carêmisés », c’est-à-dire que nous avons accepté de nous laisser transformer par ce Dieu qui s’agenouille face à nous. La grammaire de notre foi nous a conduits à découvrir que le langage de l’amour se décline sous de multiples formes : sourire d'amitié, regard de douceur, geste de tendresse, parole réconfortante. Le Christ est mort par amour pour nous, c’est pourquoi nous ne pouvons entrer dans ce mystère que par notre cœur.

Laissez-moi, alors, vous conter l'histoire suivante : Sentant sa mort venir, un roi convoqua ses trois fils et leur dit : « Je donnerai mon royaume à celui qui sera capable de remplir la grotte se trouvant au fond du parc. Pour ce faire, je donne à chacun une pièce d'or ». Le fils aîné qui était grand et fort, acheta du bois et le coupa. Mais hélas, il ne remplit qu'une moitié de la grotte. Le deuxième acheta des plumes mais la grotte ne fut remplie qu’au trois-quarts. Le troisième avait quant à lui un grand cœur. En chemin vers le magasin, avec sa pièce d'or, il acheta de la nourriture pour les uns, des vêtements pour les autres et il offrit encore mille et une autres choses à toutes ces personnes de qui il se faisait proche. Arrivé au magasin, il ne lui resta qu'une toute petite piécette avec laquelle il acheta une bougie. Il revint vers la grotte, alluma la bougie et la lumière de la flamme emplit toute la pièce. C'est lui, grâce à l'élan de son cœur, qui hérita du royaume.

Cette histoire n'est qu'un conte que j’ajoute au grand récit de la Passion du Christ. Mais justement, nous aussi, aujourd'hui, nous contemplons une grotte, celle où Dieu le Fils a été déposé. Par sa mort, il nous appelle à embraser le monde par des actes d'amour, des gestes d'amitié, des paroles de tendresse et des regards de douceur. Nous deviendrons ainsi œuvre divine au cœur de notre humanité. Puissions-nous ne jamais oublier que c’est par la flamme de notre cœur que nous entrerons dans le mystère de Pâques. Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Avr 2012, 7:28 pm



08/04/2012, Solennité de la Résurrection du Seigneur

Texte de l'homélie

Un nouvel horizon

Frères et sœurs, on dirait que notre monde a du mal à supporter le bien. Le bien doit parfois se cacher pour survivre. Souvent, il tombe dans l’oubli, pour ne pas dire qu’il est nié, voire banni. La souffrance des gens tient souvent au fait que malgré leurs intentions les meilleures, le zèle de leur engagement, ils se retrouvent en marge de la société.

Cette question nous amène au cœur de ce que nous célébrons aujourd'hui : la Résurrection de JESUS. Le Vendredi Saint, il fallait que JESUS disparaisse car il était littéralement « trop bon pour ce monde ». Ce qu’il était et ce qu’il faisait était devenu insupportable. Non parce c’était mal, mais au contraire parce que c’était bon. JESUS aurait pu se sauver lui-même. Il aurait pu s’arranger pour ne pas souffrir. Mais son histoire unique se serait alors arrêtée là. La croix fut son dernier refuge et pour cette raison son dernier choix. Il décida lui-même d'aller à Jérusalem et de porter sa croix jusqu’au bout. Mais est-ce sur cette croix qu’il est apparu pour la dernière fois ?

En ce matin de Pâques, nous célébrons JESUS relevé d’entre les morts par le Père, par la force de L’Esprit. Tout ce bien, qui avait conduit JESUS en marge de la société et l’avait mené à la croix, ne s’est pas heurté à un mur. Non : sur la croix tout ce bien s’est déversé dans les mains du Père, qui l’a recueilli et l’a transfiguré. Ce qu’était JESUS, ce qui faisait de lui la figure du Père, le Père l’a extirpé de l’incompréhension de ce monde pour le mener à sa transfiguration. Là où la vie s’arrêtait, il l’a fait renaître. Là où se dressait un mur, il a ouvert un nouvel horizon. D’abord pour JESUS, mais aussi pour chacun de nous.

Pâques n’est pas seulement la Résurrection de JESUS. Il est le premier de cette nouvelle création, mais non le dernier. La Résurrection de JESUS marque l’avènement d’un temps nouveau pour lui et pour nous. Celui qui est repoussé et banni dans ce monde peut plonger son regard dans celui du Ressuscité. Il nous rassemble et s’adresse à nous. Il nous emmène sur ce chemin qu’il a déjà lui-même parcouru.

Voulez-vous contempler le meilleur de ce monde ? Vous le trouverez bien souvent en marge de notre société. Les fleurs les plus belles fleurissent où on les attend le moins. Tout comme ces narcisses, ces fleurs de la saison pascale, presque perdues en marge des chemins. Elles y ont bien leur place. Toute vérité et tout bien de ce monde sera reconnu et atteindra sa plénitude dans le visage du Ressuscité. C’est notre espoir et notre joie en ce jour.

Je vous souhaite une sainte et heureuse fête de Pâques ! Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 17 Avr 2012, 7:08 pm



15/04/2012, 2e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Ensemble pour porter la paix de JESUS ressuscité

Les disciples avaient verrouillé les portes de l’endroit où ils étaient rassemblés, par peur de subir le même sort que leur Maître. Et lui-même « vint et était au milieu d’eux ». Il leur souhaite la paix. Leur peur se change en joie quand ils le reconnaissent… et ils le reconnaissent par les signes de sa Passion.

Nous aussi, nous venons à la messe avec nos peurs et nos soucis. Nous aussi, nous verrouillons, parfois, les portes de nos cœurs pour nous protéger du jugement des autres. Mais, chaque fois que nous nous rassemblons en mémoire de lui, JESUS vient et se tient au milieu de nous. Il nous apporte sa paix et sa joie. Et ce n’est pas une joie facile qui nierait l’expérience de la peur, de la souffrance, des doutes et des plaies de notre existence. Au contraire, JESUS en porte les marques dans son propre corps. Ainsi, notre expérience parfois douloureuse, qui nous mène naturellement à nous renfermer, trouve sa libération dans sa Résurrection. Les verrous qui nous isolent sautent ; il nous est permis de vivre la communion dans la joie, chaque fois que nous nous réunissons en mémoire de JESUS.

Et il y a plus encore : JESUS répand son souffle sur ses disciples. Il s’agit du souffle de la Création, celui que Dieu a déjà insufflé dans les narines du premier homme. Ce souffle divin, c’est l’Esprit Saint, qui a ressuscité JESUS et qui forme en lui, comme en nous, la Création nouvelle. Recevant cet Esprit, nous aussi, nous sommes créés de nouveau et chargés d’une mission extraordinaire, la mission de JESUS lui-même : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Quelle transformation de l’Évangile en quelques phrases. D’un groupe paralysé par la peur et isolé du monde, les disciples se retrouvent maintenant chargés d’une mission : communiquer la paix et la réconciliation à ce monde. Et cette transformation s’effectue par le souffle de JESUS, la transmission de son Esprit.

L’épisode qui suit – la rencontre de Thomas, l’« incrédule », avec le Ressuscité – souligne le rôle de la foi dans cette transformation. La rencontre du Seigneur ressuscité amène Thomas, malgré sa réticence initiale, à l’expression la plus complète de la foi chrétienne dans tous les Évangiles.

La foi et le don de l’Esprit donnent lieu à la communion dont parle la première lecture d’aujourd’hui. Tous ceux qui croient ont un seul cœur et une seule âme et, grâce au partage des biens, personne ne se trouve dans le besoin. « Voyez comment ils s’aiment, ces chrétiens. » C’est un tableau idéal, mais c’est aussi un défi ! Ce n’est qu’une communauté réconciliée et solidaire, qui peut assurer une mission de réconciliation et de paix à un monde comme le nôtre.

Notre communauté de Notre-Dame-de-France est une communauté riche dans sa diversité de situations, de cultures et de races, dispersée dans toute l’immensité de Londres. Dans cette grande diversité, depuis 3 ans, elle se donne une double tâche : ne former qu’une seule communauté unie et, là où elle se trouve, porter la réconciliation et la paix de JESUS ressuscité. Nous sommes présents auprès des élèves d’écoles françaises et britanniques, auprès des étudiants et des jeunes professionnels, auprès des habitants du West End de Londres, auprès des réfugiés et des sans-abris, dans le dialogue œcuménique, dans les différents milieux catholiques de Londres, et auprès de ceux et celles qui préparent aux sacrements d’initiation et de mariage. Cette présence veut être une Bonne Nouvelle de réconciliation et de paix. C’est d’abord par ce que nous sommes et par la qualité de notre accueil, que nous voulons transmettre cette Bonne Nouvelle à tout passant.

La Parole de Dieu nous rappelle qu’en fin de compte notre communion et notre mission ne viennent pas de nous. C’est JESUS Christ ressuscité, qui se tient au milieu de nous, qui sera notre proclamation. C’est son Esprit Saint qui nous formera en une communauté de paix et de joie prête pour l’œuvre de la réconciliation. Dans cette Eucharistie, accueillons-le de nouveau, et apprêtons-nous à quitter cette célébration en artisans de sa paix et de sa joie.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Avr 2012, 7:00 pm




29/04/2012, 4e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Vivre de la connivence du Père et du Fils

Bon Pasteur : ces deux mots évoquent immanquablement en nous des images. C’est le Bon Pasteur, debout, qui porte la brebis sur ses épaules. C’est aussi celui qui va la serrer tout contre lui et la porter près de son cœur. Dans un cas comme dans l’autre, on imagine qu’il sent son corps tout tremblant et en partage l’odeur. Il se dessine alors une grande proximité. Et saint Jean nous dit bien que le Bon Pasteur est proche de sa brebis : elle « compte vraiment pour lui ». Il appelle chacune par son nom… Ces images font ressortir combien l’attention et la sollicitude instaurent une connivence entre le Bon Pasteur et la brebis.

Proximité, aussi, lorsque l’Évangile nous fait entendre que le Bon Pasteur donne sa vie en toute liberté, pour toutes les brebis et même pour celles qui font partie d’autres bergeries. Et connivence encore, lorsqu’il explique que le Bon Pasteur connait les brebis et leur fait confiance au point de savoir que toutes le connaitront… Elles s’exclameront avec lui : « Comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés » (1 Jn 3,1-2). Car le Bon Pasteur donne sa vie pour révéler que son cœur bat au rythme de celui du Père, qui aime les brebis sans condition, gratuitement.

C’est JESUS qui est le Bon Pasteur, mais il en appelle d’autres à le devenir. C’est comme cela qu’il invitera Pierre : « Sois le berger de mon troupeau. » Le Fils prend le risque d’envoyer Pierre auprès de son peuple. Le Fils envoie Pierre comme le Père l’a lui-même envoyé. Pierre est appelé lui aussi à se donner, à donner sa vie, non pour se glorifier, mais pour témoigner, à son tour, de l’amour du Père pour lui. Dans la première lecture, quand Pierre proclame : « C’est grâce à JESUS que cet homme se trouve là devant vous, guéri » (Ac 4, 8-12), de qui parle-t-il vraiment ? Bien sûr, il s’agit de l’infirme à présent guéri. Mais ne s’agit-il pas aussi de Pierre lui-même ? Cet homme est aussi bien l’infirme guéri, que Pierre lui-même. Lui, Pierre, qui au cœur même de son reniement et de sa fuite, fera l’expérience de l’amour du Fils, le Christ JESUS, dont il est le disciple. Le Christ JESUS, Bon Pasteur, par qui il a reçu le pardon de Dieu. Le Bon Pasteur qui l’a fait entrer dans la connivence qu’il a avec le Père.

Frères et sœurs, cette expérience d’être aimé, pardonné par Dieu, c’est précisément l’expérience fondatrice de toute vie consacrée. Elle ouvre le désir de répondre à l’appel de JESUS. Nous qui nous découvrons « enfants de Dieu », comme le dit saint Jean (1 Jn 3, 1-2), voilà que cette expérience de l’amour de Dieu et de son pardon nous met en route pour devenir des « petits pasteurs ». Filles et fils d’un même Père, dans la vie consacrée, nous qui nous rassemblons, aujourd’hui, pour cette journée de prière pour les vocations, JESUS nous appelle à une proximité fraternelle. Au-delà des esprits de clocher, l’amour de Dieu nous met en communion les uns avec les autres, pour travailler à un unique peuple. JESUS nous appelle à témoigner de cet amour large, gratuit et sans condition. Il nous invite à vivre dans un rapport confiant au monde, car un jour, tous, nous le connaitrons.

Oui, voilà le désir un peu fou que porte la vie consacrée : avoir au cœur la connivence du Père et du Fils, et la vivre dans le monde pour la partager.






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 06 Mai 2012, 7:45 pm






06/05/2012, 5e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Demeurer en JESUS

« Moi, je suis la vraie vigne, mon Père le vrai vigneron et vous, vous êtes les sarments. » Voilà une image qui parlait aux disciples de JESUS.

En effet, ceux-ci connaissaient bien cette image biblique de la vigne, puisque la vigne est mentionnée plus de 100 fois dans l’Ancien testament et notamment par le prophète Isaïe. Et JESUS donne un sens nouveau à cette image de la vigne. En effet, la vigne était Israël, le peuple de Dieu. Et voici que lui, JESUS, affirme d’une manière étonnante : « Moi, je suis la vraie vigne ». La vigne. Nous, en France, nous connaissons bien la vigne puisque notre pays est le symbole du vin de qualité. Et, la Champagne, la Bourgogne et Bordeaux, sont légitimement fiers de leur cru, sans oublier que l’Île-de-France avait de nombreuses vignes et je mentionnerai simplement la ville d’Argenteuil, avec ses 1000 hectares de vigne jusqu’au 19e siècle.

Or, nous chrétiens, nous savons que le vin est nécessaire pour la messe, puisque nous disons à l’offertoire : « C’est toi, Seigneur, qui nous donne ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes, il deviendra le vin du Royaume éternel. »

Mais JESUS va plus loin dans l’image, puisqu’il affirme à partir de ce thème de la vigne et des sarments : « Demeurez en moi, comme moi en vous, celui qui demeure en moi, celui-là donne beaucoup de fruit. » Et dans ce même Évangile, il dit la manière de demeurer en lui par ce commandement nouveau : « Aimez-vous, comme je vous ai aimés. » Demeurer en JESUS, aimer comme il a aimé, c'est-à-dire jusqu’à mourir.

À la lumière de cet Évangile, je pense, en cet instant, à tous ceux qui ont demeuré dans le Christ, spécialement les saints de notre pays riche de sa tradition chrétienne : depuis saint Irénée, le grand évêque de Lyon au 2e siècle, jusqu’à ces saints du 19e siècle, Frédéric Ozanam, fondateur de la Société Saint-Vincent-de-Paul, et Jeanne Jugan, fondatrice des Petites sœurs des pauvres au 19e siècle, en mentionnant aussi saint Louis, roi de France au 13e siècle ou Jeanne d’Arc, au 15e siècle. Leur vie est comme une illustration de l’Évangile. Les saints ont demeuré dans le Christ, notamment par la prière, l’eucharistie et la charité. Ils ont aimé. Ils sont la fierté de notre pays, tout comme le manteau de cathédrales et d’églises qui revêtent la France. Plus encore, ils sont des pierres vivantes de notre Église. C’était vrai hier. Mais c’est vrai aujourd’hui.

Chers amis, vous qui vous unissez à notre messe, regardez les visages de ces chrétiens rassemblés en cette église. Comme au temps de Paul et des Apôtres dont nous parlait la première lecture, l’Église vit, se développe, ici, dans cette ville, comme dans tout le diocèse de Pontoise et dans tous les diocèses. Comme pasteur de l’Église catholique en Val-d’Oise, chaque jour, spécialement lors des visites pastorales, je suis le témoin émerveillé de cette vitalité et même, de cette sainteté, car ceux qui demeurent dans le Christ et qui vivent de l’Évangile sont nombreux. Et ils vivent cela simplement, humblement. Les Actes des apôtres nous le disent : « L’Église était en paix, se construisait et avançait, et elle se multipliait avec l’assistance de l’Esprit Saint. »

Comme au début de l’Église, notre Église se multiplie notamment par les baptêmes d’adultes et d’adolescents. Nous en rendons grâces à Dieu et nous entendons saint Jean nous dire : « Nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné son Esprit. » Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 13 Mai 2012, 7:36 pm




13/05/2012, 6e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même

À la Martinique, croyants et même incroyants, quand ils parlent du lendemain, ont la coutume de dire : « Demain si Dieu veut. » Les habitants de la Métropole sont toujours surpris lorsqu’ils entendent cette expression, dont ils se moquent parfois gentiment, en la prenant pour de la superstition ou de la « crédulité propre aux gens d’Outre-Mer ». Cependant, cette formule empruntée à la lettre de saint Jacques, dans le Nouveau Testament, traduit un fait bien avéré : en Martinique, Dieu n’a pas perdu sa place dans la vie des hommes et de la cité.

Mais qui est ce Dieu ? La réponse à cette question ne fait pas l’unanimité, pour la bonne raison que « Dieu, personne ne l’a jamais vu », comme le dit saint Jean dans le prologue de son Évangile. Chaque personne, quand elle admet que Dieu existe, ne peut qu’imaginer Dieu à sa façon. Mais, « Dieu est Dieu, nom de Dieu », disait Maurice Clavel, avec véhémence.

Dieu est certes au-delà de toute imagination, au-delà de toute conceptualisation, car il est le tout autre au-delà de tout. Cependant, on peut quand même lui trouver une définition ! Dieu lui-même n’a pas voulu laisser l’homme dans l’ignorance totale de son identité. Il a envoyé son Fils dans notre monde pour nous révéler sa nature. En cet homme qui a vraiment existé, qui est né de la vierge Marie, a souffert, est mort crucifié, est ressuscité comme il l’avait promis, Dieu a soulevé le voile qui cachait à l’homme son visage. Saint Jean a pu dire dans le prologue de son Évangile : « C’est Dieu, Fils unique (c’est à dire JESUS Christ), qui nous dévoile le vrai Dieu. » JESUS disait d’ailleurs : « Personne ne peut aller au Père sans passer par moi. Je suis la porte, je suis le chemin. » Il disait encore à son disciple Philippe : « Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire ‘Montre nous le Père ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi !’ »

JESUS de Nazareth est donc celui qui répond à la question « Qui est Dieu ? », en nous invitant à nous tourner vers lui pour contempler sa vie, sa mort et sa résurrection. Sa vie, elle se résume en ces quelques mots de l’Apôtre Pierre : « Il est passé en faisant le bien. » Lui, qui n’avait pas une pierre où reposer la tête, a tout donné aux pauvres, aux petits, aux marginaux, aux publicains et aux pécheurs. Il a fait pour eux des miracles, changeant l’eau en vin afin que leur joie ne soit pas gâchée, multipliant miraculeusement les pains et les poissons pour les rassasier et aussi, les ouvrir à la recherche du pain qui demeure pour la vie éternelle. Ses paroles, ses actes, sa vie entière n’ont eu qu’une seule motivation : Annoncer à tous, sans exception, que Dieu les aime. « Dieu vous aime. Il veut que vous soyez tous sauvés. Faites-lui donc confiance, tournez-vous vers Lui, convertissez-vous ! » C’est la Bonne Nouvelle qu’il proclamait en l’accompagnant par le bien qu’il faisait à tout homme sans distinction.

Parce que JESUS Christ est la parfaite image de Dieu, nous savons maintenant que Dieu est Amour. L’amour est sans doute le mot de notre vocabulaire le plus fréquemment utilisé, de même que le verbe « aimer » qui en dérive. Il est aussi de ces mots qui sont les plus équivoques. Lorsque nous disons, par exemple, que nous aimons le chocolat, que nous aimons la musique, que nous aimons nos parents, que nous aimons Dieu… Nous utilisons chaque fois le même verbe « aimer ». Cependant, nous lui donnons chaque fois une signification différente et bien particulière. Lorsque nous disons « aimer le chocolat », nous n’aimons pas cette substance pour elle-même, mais pour la satisfaction que nous apportent son goût, ses vertus, ses propriétés nutritives et euphorisantes… Le jour où le chocolat ne nous fera plus le même effet, nous cesserons aussi de l’aimer. Cela démontre que notre amour du chocolat était essentiellement l’amour de nous-même par son intermédiaire.

Cela peut nous arriver aussi d’aimer les personnes et même Dieu, de la même manière. Nous prétendons et croyons les aimer tant qu’ils nous apportent sécurité, bien être, plaisir, valeur, et nous aident à réussir notre vie. Mais dès qu’ils ne nous donnent plus ce que nous en attendions nous cessons de les aimer. C’est bien la preuve que la finalité de notre amour n’était pas ces personnes pour elles-mêmes, mais notre propre « moi ». Notre amour humain est ainsi spontanément intéressé et toujours conditionnel. Cet amour se tourne vers les autres quand ils lui sont utiles. Il fait penser à ce mouvement centripète que font nos crabes de terre à la Martinique lorsqu’ils ratissent très large avec leurs pinces pour ramener leurs prises au centre de leur carapace. Un geste qui ressemble tant à celui que font les pénitents en se battant la coulpe que l’on a appelé ces crabes, des « crabes cé ma fott » (c’est ma faute).

À l’opposé de ce mouvement de « crabes », il y a le geste du Christ en croix, ouvrant largement ses bras sur le monde. Ces bras ne peuvent pas se replier sur eux-mêmes. Ils sont définitivement ouverts sur les autres, non pas pour les utiliser, pour en tirer profit, non pas à condition, mais pour toujours et pour leur donner tout, ce qu’il y a de meilleur et le meilleur de soi-même, au besoin leur donner sa propre vie. C’est comme cela que Dieu nous aime. C’est comme cela que par la voix de son Fils, il nous demande de nous aimer les uns les autres. Depuis la nuit des temps, depuis que Caïn a tué par jalousie son frère Abel, le monde souffre du manque d’Amour. Or, c’est l’unique remède qui puisse le sauver.

Ce dimanche nous invite, si nous sommes disciples du Christ, et même si nous ne l’étions pas, à aimer comme Dieu nous aime. Non pas en accomplissant forcément des actes merveilleux et extraordinaires mais en nous décentrant un peu de nous-même pour être attentifs aux autres et accepter d’être à leur service, avec amour, au cœur de toutes nos responsabilités. La petite sainte Thérèse de Lisieux disait : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même. » Que le Seigneur, nous donne la grâce d’en être convaincus. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 20 Mai 2012, 5:55 pm




20/05/2012, 7e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Nous sommes le Temple de Dieu

Nous avons le bonheur, aujourd'hui, de célébrer l'Eucharistie dans cette admirable église abbatiale de Fontenay. Pendant des siècles, cette église a résonné du chant des moines cisterciens. Ne peut-on penser que les pierres sont comme imbibées de cette prière ? Elles ont résonné des mélodies venues du chœur des priants, elles ont été témoins du combat spirituel mené par ces hommes de Dieu, elles ont écouté le silence de la prière où le cœur se recueille pour écouter la Parole. Nous pouvons, aujourd'hui, nous couler dans cette prière, car nous sommes, nous, les pierres vivantes toutes illuminées de la gloire du Christ ressuscité.

Comment fait-on pour construite une voûte ? On apporte des pierres, on les taille, on les ajuste les unes aux autres, on les assemble et la construction s'élève lentement ! Nous laisserons-nous tailler, ajuster par la Parole de Dieu ? Accepterons-nous d'être assemblés les uns aux autres par l'amour fraternel ? JESUS le demandait à son Père qui est aussi notre Père : « Père, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes. »

Dans le silence de cette église, dans le silence de notre cœur, mettons-nous à l'écoute du Seigneur qui, comme une source, murmure ses paroles de vie. Dressons l'oreille au souffle ténu de la brise légère de la Parole de Dieu. Et que nous dit-elle cette Parole ? « Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui. » Voilà le fondement de toute notre construction. C'est sur ce fondement que nous pouvons bâtir. La pierre angulaire qui va donner tout le sens à notre construction, c'est le Christ ressuscité qui a donné sa vie pour nous. Car il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.

Notre vie, comme la construction de cette église, c'est un immense chantier, nous en avons bien l'expérience. C'est lentement, c'est petit à petit que la construction s'élève, au prix de tant d'efforts. Pour que ça tienne, il faut construire des contreforts qui vont caler l'édifice. Ce sont : la foi, l'espérance et la charité. Pour que tout tienne, il faut que la clé de voûte vienne s'enchâsser au sommet. Et cette clé de voûte, n'est-ce pas l'Esprit Saint qui nous habite et qui donne sens à toute notre œuvre ? L'Esprit Saint, dont nous allons fêter la venue dimanche prochain, qui est l'Amour même de Dieu répandu dans nos cœurs. L'Esprit Saint qui, comme une source, irrigue notre vie, comme une fontaine, nous fait ruisseler de la joie de Dieu.

Et cet amour de Dieu qui nous habite et nous couronne, c'est lui qui, rayonnant autour de nous, va nous permettre de nous aimer les uns les autres. Et c'est bien là le signe que Dieu habite en nous car « si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour atteint en nous sa perfection. » Dieu, personne ne l'a jamais vu ! C'est vrai. Mais n'avons-nous pas à le rendre visible aux yeux de nos frères et sœurs en leur témoignant un amour qui est bien plus grand que nous ? « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. »

Ceci est mon Corps : donné. Ceci est mon Sang : versé. Que ton geste, Seigneur, nous traverse et nous transfigure. Tu as donné ta vie pour nous. Fais qu'à notre tour nous donnions notre vie pour nos frères. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 23 Mai 2012, 7:27 pm





Vidéo de l'Homélie de la Messe du Dimanche 20 mai,


En l'abbatiale Notre-Dame de l'abbaye de Fontenay, la prédication de Fr. Jean-Claude, cistercien-trappiste, est précédée de la lecture de l'évangile selon saint Jean.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 27 Mai 2012, 5:51 pm



27/05/2012, Solennité de la Pentecôte

Texte de l'homélie

Pentecôte, la fête de l'action de l'Esprit Saint dans nos vies

Quand j'étais un jeune garçon, je lisais souvent à l'église. Et j’étais toujours terrifié d'avoir à faire la première lecture du dimanche de Pentecôte. Il y a tant de noms à consonance étrange dans ce passage des Actes des Apôtres – pas seulement les Galiléens, mais aussi les Parthes, les Mèdes, les Élamites, les Mésopotamiens, etc. Autant de noms difficiles à prononcer ! Le cauchemar pour un lecteur... Quand j’ai avancé en âge et que je suis devenu plus habitué à la mélodie de ces noms, j'ai appris à aimer cette longue liste de peuples présents à Jérusalem, le jour de la Pentecôte.

J'ai appris à l'aimer parce qu'elle inspire l’émerveillement... Qu’elle est étonnante cette manifestation de la puissance divine vécue par un tel rassemblement international ! Quelle merveille que, bien avant l’existence des voitures, des trains et des avions, toutes ces personnes aient réussi à se trouver à Jérusalem. Sans doute, étaient-ils des pèlerins. La lecture les décrit comme des « juifs pieux ». Ils sont venus de loin et il n'est donc pas étonnant que saint Luc les décrive comme venant de « chaque nation sous le ciel ». C'est un écho de cette belle rencontre internationale que notre Eucharistie, ce matin, met à disposition des téléspectateurs dans de nombreux pays par l’intermédiaire de l’Eurovision. Bien qu'ils n'aient pas à quitter leur domicile ou à faire de longs pèlerinages, plusieurs milliers de chrétiens de toute l'Europe sont en mesure, grâce à des moyens de communication modernes, d'être avec nous en prière en ce jour de Pentecôte.

La lecture décrit une scène étrange et il est difficile pour nous d'imaginer ce que c'était – un son semblable au vent et des langues de feu – qui descendent et se posent sur chacun d'entre eux. Et puis, plus étonnant encore, les disciples qui commencent à parler en d'autres langues... Beaucoup d'autres langues... Les langues de tous les peuples de la longue liste dont je viens de parler.

Et c'est ce qui rend l’événement si puissant. La Pentecôte n'était pas seulement un phénomène météorologique étrange, comme une tempête électrique. Le vent et le feu ne posent pas de problème. Le vrai problème, c'est ce qui s'est passé pour les disciples après avoir été touchés par l'Esprit. Ils ont été dynamisés et énergisés... L'Esprit de Dieu – le souffle même de Dieu – les remplit et ils ont le courage de quitter leur chambre haute pour rejoindre la foule des personnes rassemblées dans la ville et de parler « des merveilles (du pouvoir) de Dieu ».

Ceux qui les ont entendus ont été étonnés. Ils ont demandé : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? » Il semble donc que, même si tous les groupes ethniques présents les entendaient dans leur propre langue, les disciples parlaient encore avec un accent galiléen. Autrement, tous ces visiteurs n'auraient pas su d'où ils venaient. Quelle merveille ! C'est une leçon pour tous ceux qui parlent de Dieu en public. Notre témoignage ne sera convaincant que s’il vient vraiment de nous-mêmes. Nous aussi, dans un sens métaphorique, nous avons besoin de parler « avec notre propre accent » et être reconnus pour qui nous sommes. Nous ne pouvons pas faire semblant d'être quelqu'un d'autre.

Cette unité, l’enthousiasme et la joie des disciples le jour de la Pentecôte, contraste avec la division, la peur et l'apathie qui semblent caractériser la vie de l'Église dans de nombreux endroits en Europe, et l’Irlande n’est pas la moins concernée.

La fraternité des croyants semble être de plus en plus réduite. Et même parmi ceux qui croient encore, il y a beaucoup de dissensions et de désaccords. Les étiquettes comme « conservateur » ou « libéral » sont propagées comme si elles étaient des insultes. Trop souvent, nous les chrétiens, ne paraissons pas du tout nous aimer les uns les autres...

Et avec toutes nos querelles, nous semblons avoir perdu un peu de notre énergie et de notre confiance. Nous sommes moins sûrs de nous-mêmes. Nous nous sentons marginalisés dans la société. Mais parfois, aussi, nous nous marginalisons, trop effrayés d'attirer l'attention sur nous. Divisée et démoralisée, l'Église semble souvent oublier que son message est Bonne Nouvelle... Cela revient à penser que le don de l’Esprit Saint par Dieu a eu lieu il y a longtemps, très longtemps...

Mais la Pentecôte n'était pas un événement « ponctuel » ! Dieu n'a cessé d'envoyer son Esprit Saint sur ses disciples depuis deux mille ans. Il continue d’envoyer l'Esprit aujourd'hui. Et tout ce que nous avons à faire est de demander... La fête d'aujourd'hui conclut notre célébration du Temps de Pâques - cinquante jours d’alléluias, de proclamation de la Bonne Nouvelle du triomphe du Christ : Le Christ est ressuscité d'entre les morts, Par sa mort, il a vaincu la mort Et à ceux qui sont dans les tombeaux Il donne la vie !

Cette grande fête de la Pentecôte est un rappel annuel que L’Esprit Saint peut aussi agir puissamment dans nos vies comme dans la vie des premiers disciples du Seigneur. Alors faisons appel à l'Esprit pour qu’il soit avec nous, dans toutes les dimensions de nos vies. Appelons cet Esprit sur notre Église fragile, pour qu’il lui accorde l'unité, le courage et la joie. Et n'oublions pas que c'est la Bonne Nouvelle qui nous réunit en ce jour. Une Bonne Nouvelle à partager…


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 06 Juin 2012, 8:39 pm



03/06/2012, Fête de la Sainte Trinité

Texte de l'homélie

La Sainte-Trinité : DIEU révélé

Chers frères et sœurs, lorsqu'au jour de notre baptême le prêtre ou le diacre a versé de l'eau sur notre tête, en prononçant ces paroles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit », nous sommes devenus à cet instant « enfants de DIEU ». Voici que l'on pouvait dire de nous : un être nouveau est apparu, une création nouvelle a jailli de la fontaine baptismale, voici que nous avons été « divinisés », c'est-à-dire rendus capables de « rendre gloire à DIEU » par toute notre vie, jusqu'à notre dernier souffle. Frères et sœurs, nous pouvons alors dire en vérité : « Il est grand le Mystère de la foi ! » qui, en cet instant, nous a « faits chrétiens ».

À l'opposé de la magie, ce rite du baptême ne cherche pas à « tirer DIEU » jusqu'à l'homme, mais DIEU lui-même, par le ministère de l'Église, descend jusqu'à l'homme comme la rosée du matin. Il accorde à la nouvelle personne sortie du sein maternel que je suis, cet « être nouveau » que nous appelons « la vie dans le Christ », la vie de grâce. En cet instant du baptême nous voici littéralement « plongés dans le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », rendus participants de ce grand Mystère d'Amour qui est au cœur même de la Sainte-Trinité. Ce Mystère de Foi est à aimer et à contempler. Un DIEU unique, en trois personnes distinctes, mais en relation intimes entre elles. « En vérité, dit saint Augustin, tu vois la Trinité si tu vois l'Amour ». Raconter ce qu'est DIEU, cela ne peut et ne doit rien vouloir dire d'autre que raconter l'Amour de DIEU. Frères et sœurs, nous parlons et nous entendons beaucoup parler d'amour, au risque d'en affadir le sens. Pour les chrétiens, l'Amour en DIEU, c'est quelqu'un, c'est un DIEU personnel qui, dès les origines de la création du monde, s'est révélé un DIEU bon, un DIEU vrai, un DIEU « Ami des hommes ». C'est un DIEU qui, en JESUS Christ, a révélé son visage, le visage du « plus beau des enfants des hommes », (Ps. 44) faisant de l'homme le Temple de l'Esprit, la demeure où DIEU vient dévoiler son secret.

Frères et sœurs, DIEU seul peut nous introduire dans le Mystère de DIEU. Seule la Trinité peut nous introduire dans le secret de sa vie mystérieuse. Comme elle est vraie la Parole du Seigneur : « Je te loue, Père (…), de ce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout- petits ! » (Mt 11,25) Adorer la Sainte-Trinité, c'est reconnaître notre petitesse face à ce grand Mystère, mais aussi notre capacité à entrer en relation personnelle avec elle en disant : « Tu es mon DIEU ! » Sa grandeur ne m'écrase pas, elle m'élève ! « Si on nie la Trinité, on nie la beauté » : ce Mystère d'un DIEU unique en trois personnes est un Mystère de beauté de l'Amour. « Quel DIEU est grand comme notre DIEU ? Tu es le DIEU qui fait des merveilles ! » Cette acclamation que nous chantons dans notre liturgie, en ce jour de Fête, dit ce qui est au cœur de notre Foi : l'émerveillement de l'enfant face à son DIEU trois fois saint, qui en JESUS Christ a dévoilé son visage. DIEU toujours cherché dans l'obscurité de la foi, trouvé comme celui qu'on ne peut jamais posséder, si ce n'est dans la dépossession de soi-même. En nous donnant son Fils unique, DIEU le Père nous a tout donné… En nous donnant JESUS, il s'est donné lui-même, afin qu'à notre tour nous puissions nous donner à lui, dans le Christ.

Pour ce don que tu es, Seigneur, nous te rendons grâce, par le Fils, dans l'Esprit Saint. Amen !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 13 Juin 2012, 7:53 pm



2012.06.10, Fête du Saint Sacrement

Texte de l'homélie

Fêter le Christ qui a donné sa vie par amour

Mes chers frères, j’entends souvent dire : « Je crois, mais je ne pratique pas », ou encore : « je pratique comme je veux. » Autant de raisons que l’on se donne pour s’éloigner de DIEU. « Je ne pratique pas » : Quel serait le couple ou la famille qui tiendrait sans pratiquer l’échange, sans se parler, sans vivre quelque chose ensemble ? Si on ne pratique rien, en fait, on ne construit rien.

Le livre de l’Exode et Moïse nous invitent à revisiter notre relation à DIEU, notre manière de voir, de le voir. Le peuple d’Israël était prisonnier en Égypte et affirme que DIEU l’a libéré. Moïse reçoit alors la Parole de DIEU, l’Alliance, les commandements. Tout le peuple et Moïse s’engagent à pratiquer, à mettre en pratique cette Parole reçue, ces commandements. Mais nous savons bien, par expérience, combien il est difficile de respecter la parole donnée, combien il suffit de faire une promesse pour que cette dernière soit rapidement oubliée.

Comment, pour les croyants, rester branchés sur l’essentiel de la Parole qui vient de DIEU ? Quelle est, parmi toutes ces paroles, celle qui compte vraiment ? La question fut posée à JESUS avant nous. Un jour, quelqu’un vint le trouver pour lui demander : Quel est le grand commandement ? Quel est l’essentiel dans la vie ? Qu’est-ce qui commande ma vie ? Et la réponse de JESUS fut immédiate, il reprit le premier commandement, ou la première parole donnée par DIEU à Moïse sur la montagne : « Tu aimeras le Seigneur ton DIEU » et il ajoute un second commandement qui lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Il s’agit d’aimer. C’est là l’essentiel. Et pourtant, s’il y a bien une chose qui ne se commande pas, c’est d’aimer. Personne ne pourra jamais nous obliger à aimer. Il y a là une liberté, liberté d’aimer ou de ne pas aimer. De la même façon, personne ne pourra jamais nous obliger à croire en DIEU.

Et pourtant, la vie, la souffrance ou la maladie peuvent nous enlever bien des libertés et parfois, il ne nous reste plus que ces libertés-là, gravées au fond du cœur, cette liberté de croire, d’aimer et aussi de prier. JESUS n’a rien fait d’autre tout au long de sa vie.

J’ai rencontré certains, parmi nous, qui désespèrent d’être aimés ou de pouvoir aimer, qui ont peur de ne pas y arriver ou qui craignent que les choses soient éphémères. Avez-vous entendu cette phrase lors de la seconde lecture : « Le Christ est le grand prêtre du bonheur qui vient. » Ce bonheur est promis à tous, à tous ceux qui voudront bien l’accueillir.

Pressentez-vous, chers frères, ce bonheur qui vient ?

Tout n’est pas écrit d’avance, DIEU n’a pas décidé d’avance qu’un tel serait malheureux et prisonnier, que tel autre mourrait à 80 ans et le troisième à 20 ans d’une maladie. Quel genre de DIEU serait-il, s’il faisait de nous ses marionnettes et décidait, en bien ou en mal, par avance, du sort des gens ?

Cependant, il est vrai que JESUS voit par avance toute une série de choses, en particulier dans ce chapitre 14 de Marc ; Il envoie ses disciples chercher une salle et leur dit par avance comment cela va se réaliser. Et tout se réalise. Il annonce la trahison de Judas dans ce même chapitre, il annonce aussi le reniement de Pierre. Mais, si DIEU voit tout et sait tout, il n’est pas forcément celui qui décide de tout, dans le sens où il nous laisse libres d’avancer ou pas vers le Royaume. Il veut notre liberté. Cette liberté constitue toute notre dignité, mes frères, mais aussi toute notre responsabilité.

Fêter le Corps et le Sang du Seigneur, c’est fêter celui qui ne nous veut que du bien, celui qui nous a aimés le premier, qui a donné sa vie pour nous. Le sang pour les hébreux, c’est la vie. Donner son corps et son sang, comme l’a fait JESUS, c’est donner toute sa vie, c’est tout donner. Fêter ce don de la présence réelle de DIEU et en faire mémorial, dimanche après dimanche, dans chaque eucharistie, c’est comprendre que la mort n’a plus le dernier mot, car elle est vaincue par l’Amour.

Mes frères, pour ceux qui croient, la fête de ce jour est vraiment celle de l’espérance que nous pouvons mettre dès maintenant en JESUS et dans le Père, par l’Esprit. Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 17 Juin 2012, 6:32 pm




17/06/2012, 11e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Paroles d'un père à ses enfants

Pour la fête des pères, il est heureux que nous ayons ces paraboles : la parabole est une forme d’expression très paternelle. Elle est une transmission d’expérience, un langage de sagesse. C’est une forme d’expression attentive à ceux à qui elle s’adresse : comprend qui veut. La première porte sur le respect du temps, la patience. Ne disons pas « donner du temps au temps », mais plutôt : « rendre à DIEU ce qui est à DIEU. » Lui seul est maître du temps et de l’histoire. Et la seconde parabole parle de l’imprévu merveilleux, la petite graine qui grandit et dépasse toutes les autres plantes.

Voilà bien deux paroles d’un père à ses enfants : une parole d’apaisement, pleine de bon sens, suivie d’une parole d’encouragement et même d’appel au rêve. Du calme mon enfant, mais n’oublie pas d’espérer, de voir au-delà.

Aux pères qui s’interrogent sur leur rôle, l’évangile vous dit, mes amis, qu’il vous appartient de calmer, d’apaiser l’impatience de vos enfants, en rendant à DIEU ce qui est à DIEU, tout en leur apprenant à porter leur regard vers ce qui est toujours plus grand et même inespéré.

Il est d’autant plus heureux d’entendre cela que ces paroles paternelles sont souvent trahies ou reniées. Prenons l’exemple de la fondatrice du couvent des Annonciades où nous sommes ce matin : sainte Jeanne de France, fille du roi Louis XI, mariée de force à un cousin qui n’accepta jamais cette union imposée et délaissa sa femme pour une vie de pouvoir et de plaisirs. Marier sa fille par intérêt ! Elle aurait pu trouver toutes sortes de refuges ou de compensations. Elle aurait pu, dans son malheur, comme tant d’autres, s’en prendre à DIEU : Comment pourrais-je croire en ce DIEU qui permet mon malheur ? Elle n’aurait pas été sainte Jeanne de France. Le malheur peut couper n’importe qui de l’amour. Il peut susciter l’égoïsme, la méchanceté, l’obsession de revanche… Mais il peut aussi stimuler la charité, rapprocher des malheureux, faire grandir en humanité. Ce fût la vie de sainte Jeanne de France. Ce fût la grâce de sa charité, dans le soin aux malades, l’aide aux plus pauvres, l’attention aux petits.

Qu’est-ce qui fait qu’un cœur éprouvé choisit de s’ouvrir aux autres plutôt que de se renfermer ? La parabole qui précède dans l’évangile et par laquelle JESUS commence, est celle du semeur sorti pour semer, qui dit l’importance de ce qui a été semé dans le cœur de chaque personne, le terrain cultivé. Ne soyons pas injustes envers le père de sainte Jeanne de France, le roi Louis XI : celui-là même qui l’a mariée contre son gré fut un roi religieux qui n’a cessé d’œuvrer pour la réforme de l’Église et de la société, un roi « normal », avant la lettre. C’est lui qui demanda à sa fille quel directeur spirituel elle voulait prendre et lui permit de découvrir dans la prière le destin de sa vie.

Sainte Jeanne a trouvé auprès des fils de saint François d’Assise ce que son père terrestre ne lui avait pas donné : ces religieux ont eu pour Jeanne des paroles de confiance, les paroles paternelles d’apaisement et d’encouragement qu’elle était en droit de recevoir.

Quelles sont les paroles qu’un père doit dire à ses enfants ? Ce sont les paroles du Christ à ses disciples, les paroles de l’évangile, ces paroles que JESUS nous donne de la part de son Père, pour que croisse en nous la grâce de la charité, la force de l’amour. « Tout ce que j’ai reçu de mon Père, dit JESUS, je vous l’ai fait connaître. Je ne parle pas en mon nom : je parle au nom de l’Amour. »

Apaiser et encourager. Apaiser en contemplant DIEU qui se fait homme, dans le mystère de l’Incarnation. Encourager en donnant l’espérance de ressusciter. Incarnation et Résurrection. Apaiser et encourager. Voilà ce que nous allons célébrer. Voilà aussi, pour ceux qui n’ont pas eu de père ou qui en ont une image déformée, ce que nous allons demander.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Sam 30 Juin 2012, 7:22 pm




24/06/2012, Solennité de la Saint-Jean-Baptiste

Texte de l'homélie

Touaourou Yate

Six mois avant la fête de Noël l’Eglise célèbre la mémoire de la Nativité du Précurseur du Seigneur : Jean le Baptiste.

L’évangéliste St Luc nous fait le récit de cette naissance peu banale.
L’évènement a été annoncé en même temps que l’annonce de la naissance du Seigneur. L’enfant naît au foyer d’un couple atteint par la limite d’âge et tout le monde dans le voisinage veut mettre son grain de sel quant au prénom de l’enfant, mais les parents sont fermes : "Son Nom est Jean" ce qui veut dire en hébreux "DIEU fait grâce".
En effet cette naissance est non seulement signe de bénédiction pour ce vieux couple mais aussi pour le peuple de la première Alliance dont ils sont issus et elle apporte définitivement l’Espérance à l’humanité nouvelle qui naîtra du Sauveur. Les temps nouveaux sont déjà là !

Que sera donc cet enfant ? Question posée à chaque naissance, empreinte de joie et d’appréhension. Elle porte en elle l’évocation de la responsabilité parentale et collective quant au devenir de cet enfant et de chaque enfant qui vient au monde. La question est d’autant plus chargée d’acuité à l’heure de la "crise économique" et face aux mutations que connaissent nos sociétés… fussent-elles insulaires.

Face aux questionnements les plus profonds et quelque fois douloureux, il y a la fidélité de DIEU : en effet LA MAIN DU SEIGNEUR ÉTAIT SUR LUI… nous dit l’Evangéliste. Cette main de DIEU, qui crée, modèle, soigne et guéri. C’est elle qui unifie toute vie dès son origine au sein maternel et la dirige au travers de l’existence vers son éternité d’Amour : LA MAIN DE DIEU donne SENS à la Vie de Jean à qui il confie la Mission d’annonciateur du Messie.
Il en est de même pour chaque être humain qui vient au monde, DIEU en fait le Protagoniste de la Vie. Faut-il encore que l’homme au quotidien de son existence, prenne conscience de ce beau Projet et qu’avec la grâce de DIEU il puisse modeler son vécu. C’est cela le message de conversion que proclamait Jean. Forts de la parole du Précurseur nous serons à même, malgré l’opacité et les contingences de notre monde, entrevoir Celui dont Jean annonce la Présence au milieu de nous : L’AGNEAU DE DIEU.

Ecoutez ILES LOINTAINES, PEUPLES ÉLOIGNÉS, SOYEZ ATTENTIFS….. C’est l’injonction d’Isaïe le prophète qui prend tout son sens depuis ce rivage de Touaourou en Nouvelle-Calédonie… oui l’écoute sincère du Message du plus grand des enfants des hommes : Jean-Baptiste, nous fait grandir…. Jusqu’en "la stature du Christ". Cette grandeur que seul l’Amour véritable donne, nous fera habiter ensemble "Iliens" et "continentaux" la grande terre de DIEU, car dans le Cœur du Seigneur il n’y a plus de distance.

Prédicateur : Père Roch Apikaoua Références bibliques : Is 49, 1-6 ; Ps. 138 ; Ac 13, 22-26 ; Lc 1, 57 ... 80Paroisse : Eglise de la Nativité-de-MarieVille : Touaourou (Nouvelle-Calédonie)


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 01 Juil 2012, 6:22 pm




01/07/2012, 13e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

DIEU qui nous guérit

Sur les routes de Palestine, JESUS circule, entouré de ses disciples ou envahi par une foule de malades, venus solliciter une guérison. Ici, c’est un chef de synagogue, venu pour sa fille malade. JESUS manifeste la compassion d’un DIEU qui se soucie de l’homme : il lui parle, il l’avertit, il le guide. Et quand il tombe dans les pièges du mal, DIEU est toujours là pour l’en retirer, jusqu’à ouvrir son tombeau pour l’en faire sortir afin qu’il vive. JESUS a guéri des malades et ressuscité des morts, montrant que DIEU est source de guérison.

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous habitons une des plus belles régions de France : quelle merveille que ces montagnes qui laissent émerger des pierres rangées en lignes, tantôt parallèles, tantôt pliées ou courbées, tantôt ciselées comme par un génie ! Des sources d’eau chaude jaillissent ci-et-là, amenant à la surface les forces telluriques. De nombreux vacanciers sillonnent nos routes, à la recherche du calme et du repos. Nous sommes entourés de nombreuses résidences secondaires, où les citadins reviennent souvent s’abreuver de l’air pur. La fraîcheur de nos lacs et des gorges du Verdon est un véritable délice. Ce n’est pas par hasard que la bergerie de Faucon s’y est installée. La nature ici crie : « guérison, guérison, guérison ! » Mais recourons-nous tous à cette guérison ?

Hélas non. Et pourtant, nous avons tous besoin de guérison, car nous sommes tous malades quelque part ! Passons les maladies physiques qui apparaissent à l’œil nu ; les plus redoutables sont les maladies morales. Ne sommes-nous pas malades dans nos désirs, quand nos soifs nous font ingurgiter des choses qui nous empoisonnent et nous détruisent ? Ne sommes-nous pas malades dans notre liberté, quand celle-ci nous conduit à ne faire que ce que nous voulons et non ce que nous devons ? De même, nous sommes malades dans notre foi quand nous faisons de DIEU un objet de consommation, que nous accusons facilement quand nous souffrons, ou auquel nous ne recourons que pour satisfaire nos besoins, n’allant à l’église que pour un baptême, un mariage ou un enterrement. Or, DIEU est bien au-delà de nos besoins. Il est la source de notre être tout entier, adorable et désirable pour ce qu’il est. Nous sommes malades dans nos rapports et nos relations lorsque celles-ci sont rythmées par nos intérêts personnels et notre égoïsme. C’est la même maladie, lorsque dans nos engagements, nous ne restons pas fidèles à la parole donnée, réfugiés derrière des masques du mensonge et des apparences.

Que faire ? Commençons d’abord par apprendre à débusquer nos maladies en nous laissant traverser par les rayons de la parole de DIEU : celui qui lit ou écoute, chaque jour, une parole de DIEU et la laisse descendre dans son cœur est prêt à détecter des foyers de turbulences dans sa vie. Ensuite, faisons le pas vers le thérapeute par excellence, DIEU. Dans son Fils, JESUS Christ, il est venu sauver et épanouir la vie. Dans nos maladies, prions et acceptons ce que le Christ nous propose comme chemin de guérison : se convertir, se soumettre à la volonté de DIEU, accueillir sa grâce à travers les sacrements et la prière de l’Église pour les malades. Enfin, dans la maladie, notre attention ne doit pas s’arrêter aux douleurs et aux larmes qu’elle nous arrache; nos maladies sont aussi des lieux où DIEU nous parle, un désert où il nous amène pour nous faire mûrir ; mais nous ne le sentirons qu’à condition de vivre nos maladies sans accuser DIEU et en lui faisant totalement confiance.

Mes frères et sœurs en JESUS Christ, ne ratons pas, dans nos maladies, ces moments particuliers et uniques du rendez-vous avec ce DIEU qui nous aime et veut nous guérir. Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Juil 2012, 6:21 pm





08/07/2012 , 14e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Soyez prophètes !

« Nul n’est prophète en son pays ! » Cette parole de JESUS est devenue un proverbe que nous utilisons tous. Quand nous estimons n’être pas compris, il nous semble alors que notre voix résonne dans le désert. Mais qu’est-ce qu’un prophète ? Notre monde est avide de prophètes, pour déchiffrer le présent et éclairer l’avenir. Hélas, nous avons une telle soif de certitudes rassurantes que nous sommes tout prêts à écouter les faux prophètes. Pourtant, un prophète ne lit pas dans les boules de cristal. Le prophète qui vous annonce une fin nucléaire ou bien le monde merveilleux des Bisounours est un menteur. Méfiez-vous des faux prophètes , nous demande JESUS (Matthieu, 7, 15). Ils vous diront ce que vous avez envie d’entendre, mais peut-être pas la vérité.

Alors qu’est-ce qu’un prophète ?
Un prophète, tel que DIEU nous en envoie, vient nous dire l’appel du Seigneur à vivre selon sa Voie. Il vient nous redire notre responsabilité de chrétien, ou simplement d’homme, pour respecter la vie, pour prendre soin des plus pauvres, respecter notre terre et croire en l’avenir. C’est un homme, ou une femme, qui n’a pas choisi son destin, mais que DIEU, dans la prière, a fait porte-parole ou intermédiaire. Ainsi en est-il des prophètes de la Bible, et il en est ainsi encore aujourd’hui. Les prophètes ne nous disent pas l’avenir, mais en éclairant nos pas d’aujourd’hui, nous disent où nous allons, et où DIEU veut nous conduire.

Comment reconnaître nos prophètes ?
Ces hommes et ces femmes contemplent ce monde, et l’aiment, parce que les prophètes sont d’abord des contemplatifs. Ils dénoncent le mal parce qu’ils ne supportent pas le mensonge, et ils discernent les hommes de bien, car ils voient la sainteté de DIEU à l’œuvre dans les cœurs. Les prophètes nous aident à voir cette terre telle que DIEU la regarde. Et ils nous invitent alors à regarder notre monde, ou notre Église, non pas tels qu’ils sont, mais tels qu’ils seront.
« Veilleur, où en est la nuit ? », dit le prophète Isaïe. Dans la nuit de toutes les passions des hommes, de toutes les souffrances, les prophètes annoncent l’aurore du matin de Pâques. Ils n’ont eu qu’un seul désir : annoncer le salut par le Messie, et chacun, à sa manière, nous a annoncé JESUS-Christ.
L’unique prophète de DIEU, c’est le Verbe, le Fils , dans lequel, chaque voix prophétique de l’Ancien Testament se retrouve et s’accomplit.
JESUS n’a pas été prophète dans son pays, et il s’est étonné du manque de foi. Mais chaque minute de son existence, chaque geste, chaque parole nous ont révélés l’amour de DIEU. Dans sa Passion, JESUS est prophète de l’amour gratuit, de l’amour humble du Père. Et dans sa Résurrection, JESUS est prophète de la puissance victorieuse de l’amour de DIEU sur toutes les forces du mal, du péché et de la mort. Alors, comment reconnaître les prophètes d’aujourd’hui ?
Le pape Jean XXIII, à l’ouverture du Concile Vatican II, il y a cinquante ans, invitait les chrétiens à être, non pas prophètes de malheur, annonçant des catastrophes, mais à « reconnaître les desseins mystérieux de la Providence, à travers la succession des temps et des travaux des hommes. » (Discours d'ouverture de Vatican II).
Acceptez d’être les prophètes que DIEU appelle, et que le monde attend . Chacun de vous selon sa grâce ; chacun de vous selon son état de vie. Ainsi, vous pouvez être les prophètes de la fidélité de DIEU dans le mariage, ou dans votre responsabilité de parents, ou de grands-parents.

Soyez prophètes ! Dites la vérité de l’Évangile ! Annoncez le sérieux de l’amour de DIEU face à toutes les dérisions dont nous pouvons souffrir ! Travaillez pour la dignité de l’homme à travers la maladie, la vieillesse ou la fragilité ! Soyez témoins d’espérance ! Et quand cela vous semble trop lourd, entendez le Seigneur dire à saint Paul : « Ma grâce te suffit : Ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »

Soyez prophètes en ce monde ! Frères et sœurs. Vous en avez chacun la mission et le Seigneur a besoin de vous.






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 15 Juil 2012, 5:40 pm




15/07/2012 , 15e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Pour la première fois, il les envoie deux par deux

« Pour la première fois, JESUS les envoie deux par deux. » Comme c’est important la première fois, les commencements ! Voici que les Douze quittent l’intimité du Maître. Et l’évangéliste saint Marc nous rapporte les recommandations de JESUS : Les Douze seront des voyageurs sans bagages, envoyés deux par deux. Voilà deux conditions qui semblent essentielles à la mission, deux conseils pour ne jamais oublier que le plus important est celui qui appelle et qui envoie. C’est lui, JESUS, qui est au départ comme au retour de la mission. Les consignes de JESUS sont impressionnantes et même un peu dérangeantes, surtout au moment où nous faisons nos valises. Oui, nous sommes un peu confus d’avoir surdimensionné nos bagages par « peur de manquer » ! Les randonneurs de l’été et les marcheurs de Saint-Jacques ou du Tro Breizh ont acquis un peu d’expérience pour « voyager léger ».

Et puis, nous pouvons présenter quelques objections de bon sens.
Les jeunes familles le savent bien : ce qui est nécessaire aux tout-petits occupe largement le coffre, quand il s’agit de partir en famille.
Et vous, amis du Village Saint-Joseph, qui avez souvent éprouvé le manque, le manque de biens, de toit ou d’affection, peut-on vous dire simplement qu’il faut encore et toujours s’alléger ?
Et en Église aussi : se simplifier ? Oui, mais comment ? Nous avons besoin pour la mission de certains biens et de quelques moyens.

Seuls, deux éléments de « confort » sont recommandés : le bâton et les sandales. Voilà le bon équipement pour les missionnaires de l’Évangile , ce qui est utile pour avancer sur le chemin, à la manière de Moïse et des Hébreux, qui ont quitté la servitude pour cheminer vers la Terre promise. Alors, que signifient pour nous ce bâton et ces sandales ?

Cette modestie des moyens ne doit pas être un prétexte à l’inaction, notamment dans nos communautés chrétiennes :« Nous ne pouvons plus faire ceci ou cela, nous n’avons plus les moyens, on a déjà essayé ! ». Au contraire l’Évangile semble nous dire que cette pauvreté convient assez bien pour ne pas oublier l’essentiel : la Parole de DIEU.

Faut-il se soucier des choses à faire ? Oui, bien sûr… et je pense à vous, qui êtes fidèles pour toutes ces petites choses qui font vivre nos communautés : ouvrir l’église, accueillir les familles en deuil, faire la catéchèse ; mais vous serez également disponibles pour être avec le Christ dans la prière et pour vous étonner du don de DIEU, là où vous ne l’attendiez pas. C’est vrai, dans la mission, il faut préparer les choses et s’organiser de bien des manières, mais nous garderons aussi, peut-être d’abord, le cœur ouvert pour recevoir, de manière renouvelée, la puissance de l’Évangile. Car c’est lui, le Christ, qui agit pour« proclamer la Parole, chasser les démons, guérir les malades ».

Mais il y a une deuxième consigne : deux par deux ! Deux par deux, c’est le minimum vital pour qu’il soit bien clair que la mission n’est pas mon affaire, mais l’œuvre de DIEU. Deux par deux, pour ne pas s’installer dans l’autosatisfaction, le quant à soi. Deux par deux, et beaucoup plus, pour faire, dès maintenant, l’apprentissage de cette communion dans laquelle le Seigneur veut nous recevoir. « Deux par deux », c’est finalement une belle marque de fabrique de l’Église : les époux, les religieux et religieuses, les évêques, les prêtres et les diacres, tous les baptisés… la mission nous relie sans cesse les uns aux autres, pour former le corps du Christ. L’une des plus belles choses à nous dire de temps en temps, c’est ceci : Oui, je suis heureux de suivre le Christ et de le faire connaître, mais pas sans toi, pas sans vous. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 22 Juil 2012, 6:26 pm




22/07/2012 , 16e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Les quatre secrets de Marie-Madeleine

L’Évangile est un tissu de rencontres et chaque rencontre révèle en même temps la divinité de JESUS et sa profonde humanité. En chaque rencontre, JESUS révèle l’homme à lui-même , à sa vocation, à sa liberté, à sa dignité. C’est ce qui s’est passé avec Marie Madeleine, que nous fêtons particulièrement en ce jour et en ce lieu qui lui est consacré. Ce sanctuaire porte la trace indélébile de sa présence et de son témoignage. Celui d’une femme qui a rencontré JESUS et dont le cours de la vie a été bouleversé par ce contact. Tout particulièrement, Marie Madeleine nous livre quatre secrets que je voudrais vous partager. La foi, comme la vie d’un être humain est en effet scandée par quatre étapes.
La première étape de la vie, c’est la conception, fruit d’un amour entre deux êtres. Les évangiles sont très laconiques, mais ils indiquent que Marie Madeleine a été libérée par JESUS de sept esprits mauvais (Lc 8, 2-3). Nous savons que le chiffre 7, dans l’Écriture, souligne la plénitude. Marie Madeleine était sous l’emprise du Mal. Son attachement au Christ a été le fruit de la délivrance. La libération intérieure est la signature de DIEU , depuis le temps de l’exode. Marie Madeleine est une miraculée. Désormais, elle lie son existence à celle du Christ. Elle trouve en lui sa liberté. Dorénavant, sa vie ne se comprend que par la sienne.
Après la fécondation, la deuxième étape de la croissance d’un être humain est celle de la gestation. À peine conçue comme un cadeau de DIEU, la foi doit grandir, mûrir, se déployer. C’est ce qui s’est passé avec Marie Madeleine. L’Évangile nous rapporte qu’elle faisait partie de l’entourage de JESUS, porteuse du témoignage vivant de la miséricorde de DIEU . C’est le temps de la catéchèse. Après l’ébranlement initial (que dans les Actes des Apôtres, on appelle le kérygme), Marie Madeleine doit « apprendre le Christ » (je reprends là une expression chère à Jean Paul II). Sa foi doit la configurer de jour en jour à celui que « son cœur aime ».
Arrive alors un moment décisif dans l’expérience de DIEU : la foi parvient à un sommet, à une renaissance. L’Évangile le nomme « le Golgotha ». Pour donner la Vie, JESUS, librement, donne sa vie. On notera la présence fidèle de Marie Madeleine à la liturgie pascale de JESUS (Mc 15, 47). Son attachement à JESUS est sans réserve , alors que les apôtres trahissent, renient ou abandonnent le Christ. Elle doit faire le deuil de JESUS, mais par un pressentiment prophétique, elle ne se résout pas à sa perte. La dépossession physique de JESUS relance sa quête de le trouver. Comme le tombeau, sa foi était devenue vide mais à l’appel de son nom, « Marie », voici qu’elle renaît.
JESUS lui enjoint alors d’annoncer aux apôtres qu’il est vivant. La Madeleine entre dans la quatrième étape de la foi, celle de la maturité. En effet, la foi n’est pas simplement un renouveau au contact de JESUS ressuscité, elle doit se faire annonce, témoignage. Elle est appelée à s’exposer à tous. Le tombeau devient pour Marie Madeleine, un berceau. Celui d’une vocation insolite. Elle devient « l’Apôtre des apôtres » , selon l’heureuse expression, et sa foi au Ressuscité grandit, tandis qu’elle la professe tout alentour. En cette terre de Provence où l’évangélisation de notre pays a commencé , Marie Madeleine nous offre encore un itinéraire de foi pour la nouvelle évangélisation, qu’appelle de ses vœux le pape Benoît XVI. Au contact de celle qui a touché le Ressuscité, puissions-nous être gagnés par l’ardeur et la joie de témoigner de notre foi !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Juil 2012, 7:24 pm





29/07/2012 , 17e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Parce que « Nul n’est une île »

Au cœur de cet Évangile, JESUS est confronté à l’enjeu permanent et toujours actuel de notre humanité : nourrir les foules. Comment nourrir la foule des hommes, foules des affamés et des malades ? Regardons faire JESUS. Il voit cette foule qui le suit. Il voit cette faim des hommes. Ils sont au moins 5000, sous ses yeux, et pas de salaire suffisant pour les nourrir ! Comment faire ? JESUS, d’abord, ne ferme pas les yeux. Il ne panique pas. Il ne s’en va pas : c’est après les avoir nourris qu’il partira, seul, dans la montagne, de peur qu’ils ne fassent de lui le héros humain qu’il ne veut pas être.

Ne pas voir les affamés. La tentation est souvent, d’en faire des êtres invisibles et transparents. Nous pensons peut-être qu’ils sont comme DIEU : ils existent, mais au loin et invisibles. Nous en parlons parfois, mais sans vraiment les prendre en compte. Et JESUS nous dit ce matin : de fait, ils sont comme DIEU, c’est-à-dire tout proches, discrets certes, mais présents près de nous. Pour JESUS, ils ne sont pas transparents. Ils sont dignes de respect et d’attention, et il n’est pas question d’aller plus loin tant qu’ils n’ont pas été nourris.

Dès lors, comment s’y prend JESUS ? Observons-le encore : d’une part, avant d’agir, partant du concret, il écoute et dialogue : ici avec ses amis Philippe et Pierre. Et puis, il choisit, non pas de puissants moyens, mais les cinq pains d’orge et les deux poissons d’un jeune garçon. Dialoguer avec d’autres pour trouver une solution , s’appuyer sur des moyens simples pour réaliser l’impossible, cela ne serait-il pas à notre portée ?

En effet, qu’avons-nous dans les mains pour apaiser nos frères ? Autant que ce jeune garçon, sans doute, et peut-être plus ! Un peu de temps, un peu d’argent, un peu d’amitié, un talent, une compétence, ou le don de la prière. Presque rien, peut-être. Mais n’est-ce pas ce dont DIEU veut se servir ? Ne veut-il pas, plus que des démonstrations de force et de puissance, qu’ensemble, nous rassemblions le peu que nous avons, pour apprendre à dépendre davantage les uns des autres.

Puisque nous sommes sur une île, ce dimanche, rappelons-nous à quel point les îles et leurs habitants vivent chaque jour en ayant besoin des autres : besoin du bateau ou de l’avion qui relie au continent, besoin du médecin ou d’une école, même petite, besoin de la confiance et de la discrétion des autres, pour tenir bon, tout simplement, sous le soleil de l’été ou les tempêtes de l’hiver. Supportez-vous les uns les autres, dit saint Paul, c’est-à-dire, soyez un support les uns pour les autres , pour que chacun puisse tenir debout. Soyez supporters les uns des autres, en particulier de ceux qui peinent le plus dans les épreuves de la vie. Et Paul ajoute : « Faites-le avec humilité, douceur et patience, en gardant le lien de la paix. »

JESUS, ainsi, avec un peu de pain, nous redonne force. Mais il va plus loin : il donne aussi son propre Corps, en sacrifice d’amour . Et ce matin encore, il est pour nous, ce Pain du ciel, ce sacrement de l’autel. En le recevant, nous devenons ce corps. L’eucharistie fait de nous cette unique famille dans laquelle les uns sont liés aux autres, dans l’amour. Alors, que rien de cet amour, ne soit perdu. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 05 Aoû 2012, 5:23 pm





05/08/2012, 18e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice

Frères et sœurs, si je retiens une chose de l’Abbé Pierre, c’est la béatitude à laquelle, pour moi, il colle le mieux : « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, ils seront rassasiés. »

L’Abbé Pierre a été un affamé de justice. Et nous, où en sommes-nous ? Sommes-nous justes vis-à-vis de DIEU ? Vis-à-vis des autres ? Où en est notre foi ? Où en sont nos actes ?

Vis-à-vis de DIEU, sommes-nous comme ces Israélites dans le désert qui, tellement froussards, ne s’adressent pas à lui directement mais à Moïse ? Pensons-nous, comme eux, pouvoir gérer nos vies seul ? « Pourquoi aurais-je besoin de toi, Seigneur, puisque j’y arrive très bien tout seul ? Je vais à la messe tous les dimanches et tu me protèges, nous sommes bien d’accord. Mais ma vie tu me laisses la gérer. » Et comme ces Israélites, quand rien ne va plus, on se tourne vers le Seigneur et on lui crie dessus : « Seigneur, tu attends quoi pour m’aider ? Je te donne une heure par semaine et toi, tu me laisses galérer comme un chien. » Réaction humaine apparemment normale, puisque ça fait plus de 2000 ans que ça se fait ainsi.

Mais il y a le Christ. Comme nous n’arrivions pas à être à son image et à sa ressemblance de DIEU, il nous a envoyé son Fils pour apprendre à l’homme à être parfaitement homme. Ce que le Christ nous donne à voir, et pour nous c’est vital, découvrir combien nous sommes dépendants de DIEU. Dépendants de cette nourriture qu’il nous donne : le pain de Vie, son Fils. Car il est un Père Bienveillant.

L’Abbé Pierre disait que « le péché, c’est vouloir ne plus dépendre de DIEU, affirmer que notre destinée se réalise par nos seuls efforts. » Peut-être que nous avons à nous redécouvrir dépendants de DIEU, à nous reconnaitre vraiment comme ses enfants. À reconnaître que sans lui nous ne sommes rien. Ou plutôt, et de façon bien plus positive, qu’avec Lui, nous sommes tout ! Alors, nous allons peut être redécouvrir notre vocation : notre vocation d’affamés de DIEU, comme l’Abbé Pierre.

Frères et sœurs, en fait, nous sommes tous ensemble affamés. Arrêtons de nous comparer les uns aux autres. Mais vivons notre foi personnelle ensemble. Car j’ai besoin de la foi de tous pour vivre ma foi personnelle. Nous formons le Corps du Christ ! Ce même Christ qui a nourri une foule entière. Nous sommes ensemble des signes pour notre temps !

Et donc, vis-à-vis de nos frères, nous ne pouvons plus rester sans rien dire face aux injustices de notre monde : on taille l’Église en pièces avec toutes ces faiblesses que sont nos injustices. Vous pensez que j’invite à la révolution ? Non. J’invite à ce que ce monde reconnaisse le besoin vital que nous avons de justice. J’invite à ne pas rater l’appel que saint Paul nous fait : « Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé. Adoptez le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité à l’image de DIEU. »

Chers amis, comment pourrions-nous essayer d’être un peu plus justes ? En ayant foi en l’autre. Non pas en se disant : « Je ne vais pas faire ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse », mais de façon plus positive : « Et si je faisais aux autres ce que j’aimerais bien qu’on fasse pour moi. » En fait, faire œuvre de justice, c’est avoir foi en l’autre. « La première règle avant d’agir, disait l’Abbé Pierre, consiste à se mettre à la place de l’autre. Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là. » C’est alors, frères et sœurs, que vous pourrez dire avec le Christ : « J’ai travaillé pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle. »



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 13 Aoû 2012, 4:46 am




12/08/2012, 19e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Reprends ma vie

« Maintenant, Seigneur, c'en est trop ! Reprends ma vie, je ne vaux pas mieux que mes pères. » Comment Élie, cet homme aussi passionné par sa mission de prophète, a-t-il pu en arriver à lancer vers le ciel un tel cri de désolation ? Avant de s'effondrer et d'être cloué au sol, Élie n'était-il pas fort de la force même de DIEU, lorsqu'il fit descendre le feu devant les quatre cent cinquante prophètes d'une divinité païenne ? Comme ses pères, Abraham ou Moïse, Élie est avant tout le témoin d'un DIEU transcendant, quasi terrifiant, qui se manifeste dans la puissance du feu.

Mais c'est à travers l'histoire de cet homme que va s'opérer une étonnante rupture dans l'histoire de DIEU : de témoin éclairé, Élie va devenir aveugle, aveuglé par sa peur. Et c'est là que l'inouï advient, car cet effondrement humain va aller jusqu'à bouleverser DIEU lui-même, en renversant dans nos têtes cette image du tout-puissant qui domine. DIEU va venir lui-même épouser ce mouvement de descente de l'homme jusque dans ses enfers terrestres. Déjà avec Élie, « nous changeons de DIEU » (Zundel). Le Seigneur n'a pas attendu le « oui » de Marie pour commencer à révéler aux hommes avec quelle proximité et quelle intimité il pouvait les rejoindre dans leurs détresses.

Regardons avec quelle sollicitude humaine le Très-Haut se met en quatre pour relever son prophète qui n'en peut plus. Un ange s'approche, le touche et le nourrit, puis revient, insiste, comme une mère inquiète au chevet de son enfant malade : « Lève-toi et mange ! Autrement le chemin serait trop long pour toi. » Alors Élie se leva, mangea et bu. Fortifié par cette nourriture divine, il est saisi dans tout son corps par un élan de vie qui ne lui permet plus de s'arrêter de marcher jusqu'à l'Horeb, la montagne de DIEU. Et c'est là que va culminer cette révélation du DIEU proche : sur la montagne, ce n’est plus dans le feu qu’Élie rencontre DIEU mais dans le murmure d'une brise légère, dans l'humble présence d'un fin silence qui parle à son cœur.

On peut s'interroger : Ne fallait-il pas qu'Élie renonce à sa vie pour faire la rencontre intime de DIEU ? Nous ne sommes pas prophètes, mais il me semble que cela peut rejoindre nos expériences. Car n'est-ce pas dans ces moments où nous avons accepté de nous regarder tels que nous sommes, sans nous scandaliser de nos échecs et de nos fragilités que nous avons pu découvrir combien DIEU pouvait se faire proche ? Pour nous l'ange, ce fut peut-être une simple rencontre humaine, brève mais lumineuse qui nous a relevés ; une petite tape d'un ami sur l'épaule qui disait : « Allons, n'en reste pas là, tu as plus en toi », un regard qui nous espère, une lettre pleine d'affection, ou encore un instant de prière au cours duquel nous avons ressenti une Présence que nous ne pouvons oublier...

DIEU tellement humain... Comment pouvait-il ne pas désirer prendre corps pour se lier définitivement avec toute l'humanité blessée ? Et c'est tout l'Évangile. Par sa parole et par sa vie, JESUS sera le témoin le plus authentique et même le plus scandalisant de cette bouleversante proximité de DIEU, lui qui osera dire : « Je suis le pain vivant, descendu du ciel (…) Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

Qui peut comprendre ? Nous aurons beau accepter une telle intimité, nous n'aurons jamais fini de comprendre que ce JESUS dont la vie fut à la fois si grande, si passionnée et si courte veuille à ce point se mêler à notre histoire pour faire de chacune de nos vies, dès aujourd'hui, un prolongement de la sienne.

Ô Seigneur, ne reprends pas ma vie, ton Pain me donne tellement envie de vivre !



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