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 Le Concile Vatican II

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RAMOSI
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MessageSujet: Le Concile Vatican II   Mar 12 Mar 2013, 9:38 pm

Rappel du premier message :



IIe concile œcuménique du Vatican


Le IIe concile œcuménique du Vatican, plus couramment appelé Vatican II, est le XXIe concile œcuménique de l'Église catholique. Il est ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et se termine le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI.

On le considère généralement comme l'événement le plus marquant de l'histoire de l'Église catholique au XXe siècle, symbolisant son ouverture au monde moderne et à la culture contemporaine faite de progrès technologiques considérables, d'émancipation des peuples et de sécularisation croissante. Des réponses aux questions modernes sont cherchées dans un retour aux racines du christianisme1 : la Bible (sur la base de nouvelles recherches bibliques), la patristique et la grande Tradition (élaborée par les conciles, les papes et les traditions diocésaines transmises depuis le premier évangélisateur par succession apostolique).

Le déroulement inattendu du concile s'explique par la volonté œcuménique de Jean XXIII, avec des différences importantes entre la première et la deuxième session. Un programme préétabli par des cardinaux de la curie romaine (avec des textes quasi prêts à être votés) est rejeté2. Les pères conciliaires prennent alors leur agenda en main. Pour débloquer le concile, les cardinaux Léon-Joseph Suenens, Giacomo Lercaro, et Julius Döpfner, trois des quatre modérateurs, semblent avoir été à l'origine d'un changement de procédure immédiatement accepté par Jean XXIII.

On débat notamment des célébrations liturgiques, du rapport que l'Église catholique doit entretenir avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions, et la société en général. Mais aussi de thèmes plus spécifiquement théologiques, comme la liberté religieuse et la Révélation.






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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 10 Jan 2014, 9:15 pm




David et Jonathan, christianisme et homophilie (1972)

En décembre 1971, l’organisation « homophile » Arcadie organise une table-ronde avec des représentants des Églises chrétiennes sur le thème « Christianisme et homophilie ». Se structure en janvier 1972, un groupe intitulé « Christianisme et homophilie » qui dispose d’un bulletin de liaison. En fait, dès l’entre-deux-guerres, l’abbé Max Lionnet sensible à la détresse des personnes homosexuelles reçues en confession orientait vers André Baudry, fondateur d’Arcadie (groupe), celles qui souhaitaient disposer de groupe de parole et de soutien. En 1974, le groupe devient un mouvement national avec des antennes locales. À Paris, il se divise entre le « groupe Saint-Germain », qui se retrouve au 4, Rue de l’Abbaye dans le quartier de Saint-Germain dans un local de l’Institut Catholique de Paris, et l’« atelier Béthanie » inspiré clairement par Vatican II. Le 18 janvier 1976, le mouvement dénonce dans un communiqué le contenu du document Persona humana. Le mouvement réagit surtout sur le fait qu’il associe sur un même plan les relations pré-conjugales, la masturbation et l’homosexualité et appelle à élaborer une théologie morale plus substantielle. Il s’agit de la première prise de position publique connue en France d’opposition à la morale catholique de l’homosexualité reposant sur des arguments de type scripturaire et théologique. Ce n’est qu’en 1977 que le mouvement prend le nom de « David et Jonathan, christianisme et homophilie », rapidement raccourci en « David et Jonathan », nom venant de plusieurs passages de l’Ancien Testament évoquant l’amitié forte unissant le fils du roi Saül, Jonathan, et le futur roi David. Cette amitié est souvent vue comme l’expression d’un amour entre deux hommes par les mouvements homosexuels contemporains. Une commission théologique cherche à définir les critères d’une théologie morale chrétienne compatible avec l’homosexualité et une commission caritative apporte un soutien moral et matériel aux plus démunis. En 1979, le mouvement adhère au Comité d’urgence anti-répression homosexuelle (CUARH). Dès cette époque, David et Jonathan assure une identité originale double, s’engageant à la fois dans le mouvement d’émancipation des minorités sexuelles et la nébuleuse des catholiques réformateurs. On retrouve le mouvement dès 1981 dans les Universités d’été euro-méditerranéennes des homosexualités ou la Gay Pride parisienne de 1983.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 18 Fév 2014, 8:49 pm




Une organisation internationale encore très faible et les premiers contacts

Les contacts entre ces différents mouvements et leurs homologues étrangers sont nombreux mais ils sont encore informels et dépendants des personnes. Une revue comme Informations Catholiques Internationales (ICI) a pu jouer un rôle dans la diffusion des expériences françaises à l’étranger et réciproquement. Des collaborations horizontales se structurent, notamment autour des mêmes thématiques. Le groupe chrétien féministe Femmes et Hommes en Église (FHE) se rapproche ainsi dès cette époque de son homologue québécois Femmes et Ministères. Néanmoins, la coordination reste encore faible. L’espoir de pouvoir changer l’institution catholique de l’intérieur pousse à concentrer les efforts sur les nombreux synodes ou l’opinion catholique nationale davantage qu’à se fédérer internationalement. Seule exception notable : la première coordination européenne des chrétiens homosexuels, le Forum européen des Groupes Chrétiens Lesbiens et Gays à laquelle participe David et Jonathan dès sa création en 1982.

Les années 1990 : la recherche d'une meilleure organisation nationale et internationale

Les différents groupes et les différentes initiatives se recomposent au cours des années 1990. À l’origine de ces regroupements, on retrouve souvent des événements qui fédèrent les mécontentements et ré-organisent les réseaux : des nominations épiscopales allant dans un sens conservateur en Autriche (le réseau Nous sommes aussi l’Église (NSAE) ou la mise à pied de l’évêque d’Évreux Jacques Gaillot en 1995. La problématique politique qui avait été très présente dans les décennies précédentes, et qui avait pu être source de division entre les mouvements, semble moins présente. La nébuleuse des catholiques réformateurs tend à mieux se distinguer de celles des chrétiens de gauche. Les questions proprement religieuse de théologie ou de morale chrétienne sont importantes dans l’identité des mouvements.

La deuxième partie du pontificat de Jean-Paul II est en effet marquée par une série de textes et d’encycliques qui écartent de l’ordre du jour les aspirations catholiques réformatrices ayant éclos au moment du Concile. Le pape, avec l'assistance intellectuelle de Josef Ratzinger, le pro-préfet de congrégation pour la Doctrine de Foi, édite une série de textes marquées par de grandes constantes :
la réaffirmation de l’objectivité et de l’invariabilité des éléments de doctrine morale catholique dans l’encyclique Veritatis splendor de 1993 et l’encyclique Evangelium Vitæ 39 de 1995. Cette dernière maintient, entre autres, la condamnation de la contraception chimique contenue dans l’encyclique Humanae Vitæ de 1968 dont la mémoire est douloureuse chez les catholiques critiques depuis les années soixante. Le traitement éthique de l’homosexualité ne change pas. Elle est toujours présentée dans le Catéchisme de 1992 comme une forme d’actes «graves et intrinsèquement désordonnés»40.
la mise à l’écart quasi-définitive d’une réforme des ministères de l’agenda catholique, notamment en ce qui concerne l’ordination des femmes, par exemple à travers la lettre Ordinatio sacerdotalis41 de 1994. L’organisation des ministères est présentée comme immuable et faisant partie du dépôt de la foi reçue par les apôtres et devant être défendue par le pape.
la réaffirmation d’une vision limitée anti-relativiste de l’œcuménisme par la déclaration Domine Jesus42 qui postule d’une Église catholique romaine comme seule source de salut pour l’humanité et de l'unique continuité historique entre l’Église instituée par le Christ et l’Église catholique.

Cette tonalité théologique dominante des textes magistériels de Jean-Paul II associée à des mesures plus ponctuelles (nominations épiscopales, mises à pied, condamnations de théologiens ou de mouvements) pousse la galaxie diffuse des catholiques réformistes à s’organiser.

En France, la disparition de la Lettre de Temps présent témoigne également d’un changement de mentalité. La problématique très « politique » de la critique du capitalisme des années 1970 laisse place à une réflexion plus complexe sur le développement, la mondialisation, les sociétés multiculturelles, les populations émigrées, les nouvelles formes de pauvreté. L’action à la base ou les expériences locales peuvent remplacer la recherche de plateformes politiques ou de grands discours idéologiques sur les changements sociaux. L’essor d’un titre de presse comme Golias révèle également combien la problématique de la critique de l’institution catholique est importante et fédératrice. La théologie de la libération offre également une trame intellectuelle de fond aux différents mouvements, d’autant plus valorisée qu’elle est vivement critiquée par Rome. Néanmoins, les écrits un certain nombre de théologiens comme Hans Küng ou le jésuite français Joseph Moingt influencent beaucoup les milieux des catholiques réformateurs francophones.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Sam 22 Mar 2014, 7:44 pm



Les Soutiens de Jacques Gaillot et la mouvance Parténia (1995)

Le 13 janvier 1995, Jean-Paul II retire à Jacques Gaillot la charge du diocèse d’Évreux pour le nommer dans le diocèse in partibus de Parténia en raison de ses options politiques et certaines déclarations contraires au Magistère de l’Église catholique, notamment sur l’homosexualité, l’ordination des hommes mariés et des femmes, les divorcés-remariés et le préservatif. La décision suscite une vague d’émotion importante. Elle est relayée dans les médias et la presse. Le 22 janvier 1995, 20 000 fidèles viennent à la cathédrale d’Évreux pour la dernière messe de l’évêque titulaire. Des rassemblements spontanés s’organisent à Metz, à Strasbourg et à Nancy. Une association fédère ceux qui se reconnaissent dans le message et l’action de Jacques Gaillot : Parténia 2000. Elle invite ses membres à prolonger l’action de l’évêque démis : attention aux plus démunis, lutte contre l’exclusion, engagement aux sein d’ONG. L’aspect international est valorisé.

Nous sommes aussi l’Église — France (1996)

En Autriche, la nomination d’évêques contre l’avis des paroissiens, suscite la création d’une association « Wir sind Kirche » (Nous sommes l’Église) qui connaît un certain écho dans les pays germanophones. Une pétition, la « requête internationale du Peuple de Dieu », est lancée et reçoit plus de deux millions de signatures. Un réseau international se met en place : International Movment We Are Church (IMWAC). En France, l’association s’organise en 1996 et choisit de s’intituler Nous sommes aussi l’Église (NSAE). Selon les mots d’un de ses présidents, l’association milite pour la mise en place d’une « Église fraternelle » qui reconnaît les « vraies compétences » davantage que l’état clérical, l’ « égalité totale des femmes et des hommes » dans la participation de l’Église et l’accès aux ministères, la liberté du clergé à choisir entre célibat et vie conjugale, la « valorisation positive de la sexualité » et la posture d’annonce de la « bonne nouvelle » davantage que les condamnations. Le mouvement développe un discours critique sur la mondialisation, l'économie financière et les rapports inégaux entre le Nord et le Sud. L’origine germanique du mouvement le rend également assez sensible à la thématique de l’œcuménisme et de la division entre catholiques et protestants vue comme pouvant être dépassée par une communion vécue à la base.


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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 24 Avr 2014, 7:45 pm



La Fédération des Réseaux du Parvis (1999) et la Revue des Parvis

La Fédération des Réseaux du Parvis établit en 1999 pour la première une fois une coordination entre les mouvements français survivants des années 1960 et 1970 et les nouveaux venus des crises des années 1990. À son origine, on trouve le groupe féministe chrétien Femmes et Hommes dans l’Église, devenu entre-temps Femmes et Hommes en Église (en 1994), le mouvement homosexuel chrétien David et Jonathan ainsi que le groupe Droits et Libertés dans les Églises. S’agrègent rapidement la Mouvance Parténia , NSAE, des mouvements d’Action catholique spécialisée comme la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) ou d’anciens de l’Action catholique spécialisée comme les Chrétiens en classe ouvrière de Caen, ou bien encore des mouvements au rayonnement plus local comme les groupes Jonas d’Alsace et des Vosges. Le mouvement bénéficie des locaux de l’éditeur Temps Présent dans le VIe arrondissement de Paris. Le « 68 Rue de Babylone » devient un lieu important de rencontres entre les mouvements. La coordination prend surtout la forme d’une publication : la Revue des Réseaux du Parvis, dont la rédaction est assurée tour à tour par une des associations de la fédération. Les assemblées générales constituent l’autre temps fort de la vie des réseaux.

Le Réseau européen Églises et Libertés (1991)

Si des mouvements catholiques réformateurs existent depuis les années 1960 et 1970 dans toute l’Europe, l’idée d’un réseau met du temps à avancer et à se concrétiser. Il faut la rencontre personnelle entre Hubert Tournès(cofondateur et l’un des premiers présidents) de Droits et Libertés dans les Églises, Gerd Wild, membre du mouvement allemand Initiative Christenrechte in der Kirche ainsi que des membres de mouvements néerlandais. En 1990, une conférence européenne « pour les droits et les libertés dans l’Église » est organisée à Huissen aux Pays-Bas. Lors de la deuxième conférence d’Eschborn en Allemagne en 1991 un réseau intitulé « Églises et Liberté » se met en place. En 1996, une charte, amendée à plusieurs reprises depuis, est mise au point. Le réseau, dans un premier temps, se concentre beaucoup sur des problèmes internes à l’Église catholique et rejoint beaucoup le mouvement international naissant « We are Church ». Néanmoins, il évolue lentement vers une problématique plus spécifique : la place des acteurs confessionnels dans le processus de construction européenne. Le contexte de préparation du Traité Constitutionnel Européen (TCE) ainsi que la tenue des Forums Sociaux Européens donne différentes occasions aux membres des réseaux de s’exprimer sur les droits humains ainsi que de la solidarité au nom d’un idéal contenu dans les Évangiles. Dès cette époque, le réseau amorce une évolution qui le caractérise depuis, vers une forme de lobbying s’appuyant sur les institutions européennes.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 13 Mai 2014, 8:29 pm




Les années 2000 et 2010 : de nouveaux venus dans un contexte de renforcement des oppositions[modifier le code]

L’élection de Josef Ratzinger pape en 2005 sous le nom de Benoît XVI peut être vue comme un tournant dans l'histoire récente du courant du catholicisme réformateur. Ce pontificat est pourtant marquée par une relative continuité doctrinale avec le précédent. Toutefois, une série de crises de différentes natures surgit à partir de 2009. Le pape n’est pas toujours à leur origine mais dont il doit en assumer les conséquences et sur laquelle il est appelé à se prononcer par l’opinion publique et les média. Ces épisodes ont pour conséquence de raviver également les critiques internes dans le catholicisme. Parmi ces crises, il faut noter :

la levée des excommunications des évêques lefebristes en janvier 2009. Au-delà de l’affaire Richard Williamson (ses propos négationnistes prononcées à la télévision suédoise peu auparavant et que, visiblement, le Saint-Siège ignorait) tout le processus public et assumé par Rome de réconciliation avec les lefebristes, qui passe par la libéralisation de l’ancien rite de la messe, aux pourparlers publics, avant leur échec en 2012 suscite un sentiment d’incompréhension chez certains catholiques. Les concessions de poids faites à ceux qui refusent le Concile Vatican II semblent disproportionnées par rapport à celles refusées à ceux qui voudraient le prolonger.

la polémique sur le préservatif surgie lors d’un entretien avec la presse donné dans l’avion qui mène Benoît XVI au Cameroun le 17 mars 2009. Interrogé par un journaliste de France 2 sur l’utilisation du préservatif dans les programmes de lutte et de prévention contre le sida, le pape le relativise en affirmant: «on ne peut résoudre ce fléau (le sida) en distribuant des préservatifs, au contraire cela risque d’augmenter le problème». Cette déclaration est interprétée comme un désaveu du rôle du préservatif dans la limitation de la propagation du VIH dans les politiques sanitaires et sociales. Elle entraîne de nombreuses réactions négatives et indignées. Même si dans un ouvrage d’entretien paru en 2010 La Lumière du monde (Bayard, 300p.), Benoît XVI semble admettre que, dans certaines situations très particulières, l’utilisation d’un préservatif peut être vue comme un moindre mal, de manière générale, les règles définies par le Magistère concernant l’utilisation de techniques contemporaines comme le préservatif restent perçues comme inadaptées par certains catholiques réformateurs.

« L’Affaire de Recife » en mars 2009. On appelle ainsi la polémique qui a suivi l’excommunication par José Cardoso Sobrinho, l’archevêque de Recife, de la mère et des médecins qui avaient fait avorter une fillette de neuf ans violée par son beau-père et devenue enceinte de jumeaux. Cette grossesse mettait sa vie en danger et c’est sur ce motif que l’équipe médicale décide de procéder à un avortement S’il s’agit de la décision d’un évêque local mais celle-ci est confirmée à Rome par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques .

les scandales de pédophilie, qui éclatent de concert dans plusieurs pays (États-Unis, Allemagne et Irlande principalement), poussent Benoît XVI à exprimer publiquement la repentance de l’Église en 2010 et renforcer la politique de prévention et de sanction du Saint-Siège à l’encontre des prêtres coupables. Ces crises participent plus généralement d’une crise d’autorité du système romain, suspecté d’avoir été peu réactif pendant de nombreuses années. Sur ce plan, ce n’est pas tant le pape qui semble être contesté qu’un système ecclésial. Les critiques peuvent localement se porter sur certains évêques ou le fonctionnement plus général de la Curie.

Dans ce contexte de crise de gouvernance du catholicisme, des mouvements se créent tant en France qu'à l'étranger.


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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mer 11 Juin 2014, 6:15 pm




Du comité de la Jupe (2009) à la Conférence des Baptisés de France (2010)

En mars 2009, l’éditrice catholique Christine Pedotti et la bibliste Anne Soupa fondent le Comité de la Jupe en réaction aux propos tenus quelques mois auparavant sur Radio Notre-Dame par l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois. Ce dernier avait déclaré que pour accéder à un pouvoir de décision « Il ne suffit pas d’avoir une jupe. Il faut avoir une tête ». En février 2010, tout en maintenant l’existence du Comité de la Jupe (comme rassemblement des « chiennes de garde du catholicisme »), elles créent la CCBF (Conférence catholique des baptisé-e-s de France ou Conférence catholique des baptisé-e-s francophones) soutenue à partir de mars 2011 par la DCBF (Diaconie catholique des baptisé/e/s de France). Autour de la devise « Ni partir, ni nous taire », le mouvement se donne trois « ministères » : « le ministère de l’écoute » (« contribuer à faire de l’Église un lieu de parole et de l’écoute »), le « ministère de la bénédiction » (définie comme la « bienveillance (...) la sollicitude et (...) l’empathie avec la vie des hommes et des femmes qui nous entourent »), et le « ministère de l’espérance » (Charte de la CCBF [30]). Plutôt que faire remonter une liste de griefs vers la hiérarchie, le mouvement souhaite développer une « opinion publique » ou une « culture du débat » au sein du catholicisme.

Le caractère multiforme et international d’une contestation

Les années 2000 et 2010 voient apparaître, non seulement en France, une série d’initiatives ou de mouvements de contestations au sein du catholicisme qui sont à rapprocher du courant réformateur. Les thèmes de l’exercice de l’autorité, de la place des femmes et questions d’éthique y reviennent de manière récurrente :
en Autriche, Helmut Schüller, ancien vicaire, appelle publiquement en juin 2011 à l’ordination l’ordination d’hommes mariés et de femmes ainsi qu’à la célébration d’eucharistie en l’absence de prêtres. Son appel reçoit l’aval de 329 prêtres autrichiens et le cardinal-archevêques de Vienne, Christoph Schönborn, rappelle les signataires à leur devoir d’obéissance de la hiérarchie. Le mouvement reçoit également un écho dans le sud de l’Allemagne où une trentaine de prêtres du diocèse de Passau ont formé un groupe qui défend des positions similaires au mouvement autrichien.
en Irlande, l’ Association of Catholic Priests se donne pour but de développer pleinement «la vision et l’enseignement du Concile Vatican II» entendue comme « la primauté de la conscience individuelle, le statut et la participation active de tous les baptisés, la tâche d’établir une Église où tous les croyants seront traités à l’égalité ». L’association revendique 540 membres, soit plus de 10 % des 4 700 prêtres irlandais (3 100 diocésains et 1 600 religieux).
en Belgique, une pétition intitulée « les croyants prennent la parole » recueille la signature de 8 200 prêtres. Le texte appelle à des changements dans l’Église, notamment en ce qui concerne l’interdiction faite aux divorcés-remariés de communier, mais également l’ordination des prêtres mariés ou des femmes.


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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 01 Juil 2014, 6:28 pm



Prises de position

Il existe une série de textes ou de déclarations qui peuvent être tenues comme posant les grands principes des mouvements et organisations :
le Manifeste de la Liberté chrétienne (1975) ,
la Charte de la Conférence Catholique des Baptisés de France (2010) ,
le Message d’espérance des Réseaux des Parvis (12 novembre 2010)

Il n’existe pas de document de référence qui recense clairement les positions en détail de la nébuleuse des catholiques réformistes. Néanmoins, on peut clairement identifier certaines thématiques qui les rassemblent.

Le rapport à la politique

L’attachement au cadre laïc

La critique d'une Église « constantinienne » (du nom de l'empereur Constantin Ier qui s'est converti au christianisme) est courante dans les milieux catholiques réformateurs. Les relations de l'Église catholique avec le pouvoir temporels sont souvent jugées de manière critique comme ne préservant pas l'autonomie suffisante des États et la représentativité des sociétés civiles. L'histoire est souvent convoquée pour justifier cette critique. La référence des premiers siècles du christianisme où les pouvoirs politiques ne reconnaissaient pas l'autorité des évêques et où l'empereur ne se faisait pas le défenseur de la foi chrétienne est ainsi courante. Au sein de la Fédération des Réseaux du Parvis, il existe un groupe de travail appelé « Observatoire chrétien de la laïcité » qui se présente comme « attentif, en France et en Europe, à la promotion et à la défense de la laïcité fondée sur la liberté de conscience des personnes, la liberté d'expression de toutes les convictions dans le cadre de la loi et la séparation rigoureuse des institutions religieuse et de l'État ».

L’éthique

Selon le politiste Philippe Portier, les catholiques d'ouverture se réfèrent à une philosophie personnaliste de l'existence inspirée par Emmanuel Kant et Emmanuel Mounier. Contrairement à la philosophie thomiste du Magistère, l'État n'est pas vu comme un outil d'élévation morale et n'a pas à restreindre la liberté humaine sur les questions morales telles le divorce, la contraception et l'avortement. C'est à chacun qu'il revient à discerner ce qu'il faut faire en conscience61. Si l'Église catholique considère, ce qui est assez courant pour une religion révélée, que l'éthique est substantielle (de substantialisme) et normative, les groupes de catholiques réformateurs pensent plutôt une éthique qui peut évoluer selon les contextes et les sociétés.

La contraception chimique

Le courant des catholiques réformateurs se reconnaît de manière très unanime dans la critique voire le refus de l’encyclique Humanae Vitae de mai 1968 qui condamne le recours aux contraceptifs chimiques. Cela constitue une blessure générationnelle importante pour les chrétiens qui avaient cru que à un changement possible dans les années soixante. Si par l'encyclique Casti Conubii du 31 décembre 1930 le Pape Pie XI autorise aux couples mariés catholiques le recours aux méthodes de contrôle des températures et d'observation des cycles menstruels, le surgissement à partir des années 1950 des méthodes reposant sur les hormones suscite un débat varié à partir des années 196063. Le sillon pris par le Magistère catholique romain depuis Humanæ Vitæ entraîne régulièrement des questionnements et des recherches d'autres réponses éthiques. Il n'existe toutefois pas en France d'équivalence du mouvement américain Catholics for Free Choice qui défend ouvertement, à travers des publications, des formations et divers événements, les différents éléments du droit reproductif.

Le préservatif pour la prévention du SIDA

Élément récurrent dans la controverse entre les sociétés contemporaines et l'Église catholique, on trouve la question du rôle et de la place du préservatif dans la prévention du sida et d'autres Infections sexuellement transmissibles. Parmi les griefs de la Curie romaine ayant conduit à la mise à pied de Jacques Gaillot, l'importance de ces propos sur les préservatifs est ainsi très notable.

Position devant l'émancipation des minorités sexuelles

Il est difficile de résumer en une position la pensée des catholiques réformateurs concernant l'homosexualité. Il existe toutefois au sein de ces réseaux des positions très ouvertes sur l'homosexualité, ne serait que certains de ces mouvements, comme David et Jonathan revendiquent leur appartenance solidaire au mouvement LGBT. À ce titre, les positions du Magistère sont régulièrement contestées sur ce point. À l'occasion des débats français autour de l'ouverture du mariage aux couples du même sexe, l'ensemble des Réseaux du Parvis a exprimé son opposition à l'encontre de l'épiscopat français, mis en accusation d'ignorer le pluralisme des catholiques sur cette question et d'appeler au débat partout dans la société sauf dans l'Église elle-même.


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