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 Panorama de la Vie de Marie de Nazareth

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RAMOSI
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MessageSujet: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Mer 01 Aoû 2012, 11:06 pm

Rappel du premier message :


Marie, étoile de l'espérance (Benoît XVI)

Pape Benoît XVI (2006). Wikimedia CC.
Par une hymne du VIIe-IXe siècle, donc depuis plus de mille ans, l'Église salue Marie, Mère de DIEU, comme « étoile de la mer »: Ave maris stella.

La vie humaine est un chemin. Vers quelle fin? Comment en trouvons-nous la route?

La vie est comme un voyage sur la mer de l'histoire, souvent obscur et dans l'orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route.

Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d'espérance.

Certes, JESUS Christ est la lumière par antonomase, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l'histoire. Mais pour arriver jusqu'à Lui nous avons besoin aussi de lumières proches - de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée.

Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l'étoile de l'espérance - elle qui par son « oui » ouvrit à DIEU lui-même la porte de notre monde; elle qui devint la vivante Arche de l'Alliance, dans laquelle DIEU se fit chair, devint l'un de nous, planta sa tente au milieu de nous (cf. Jn 1, 14)? C'est ainsi que nous nous adressons à elle:


Sainte Marie, tu appartenais aux âmes humbles et grandes en Israël qui, comme Syméon, attendaient « la consolation d'Israël » (Lc 2, 25) et qui, comme Anne, attendaient « la délivrance de Jérusalem » (Lc 2, 38). Tu vivais en contact intime avec les Saintes Écritures d'Israël, qui parlaient de l'espérance - de la promesse faite à Abraham et à sa descendance (cf. Lc 1, 55).

Ainsi nous comprenons la sainte crainte qui t'assaillit quand l'ange du Seigneur entra dans ta maison et te dit que tu mettrais au jour Celui qui était l'espérance d'Israël et l'attente du monde. Par toi, par ton « oui », l'espérance des millénaires devait devenir réalité, entrer dans ce monde et dans son histoire.

Toi tu t'es inclinée devant la grandeur de cette mission et tu as dit « oui »: « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38).

Quand remplie d'une sainte joie tu as traversé en hâte les monts de Judée pour rejoindre ta parente Élisabeth, tu devins l'image de l'Église à venir qui, dans son sein, porte l'espérance du monde à travers les monts de l'histoire.


Mais à côté de la joie que, dans ton Magnificat, par les paroles et par le chant tu as répandue dans les siècles, tu connaissais également les affirmations obscures des prophètes sur la souffrance du serviteur de DIEU en ce monde. Sur la naissance dans l'étable de Bethléem brilla la splendeur des anges qui portaient la bonne nouvelle aux bergers, mais en même temps on a par trop fait en ce monde l'expérience de la pauvreté de DIEU. Le vieillard Syméon te parla de l'épée qui transpercerait ton cœur (cf. Lc 2, 35), du signe de contradiction que ton Fils serait dans ce monde.

Quand ensuite commença l'activité publique de JESUS, tu as dû te mettre à l'écart, afin que puisse grandir la nouvelle famille, pour la constitution de laquelle Il était venu et qui devait se développer avec l'apport de ceux qui écouteraient et observeraient sa parole (cf. Lc 11, 27s.).

Malgré toute la grandeur et la joie des tout débuts de l'activité de JESUS, toi, tu as dû faire, déjà dans la synagogue de Nazareth, l'expérience de la vérité de la parole sur le « signe de contradiction » (cf. Lc 4, 28ss). Ainsi tu as vu le pouvoir grandissant de l'hostilité et du refus qui progressivement allait s'affirmant autour de JESUS jusqu'à l'heure de la croix, où tu devais voir le Sauveur du monde, l'héritier de David, le Fils de DIEU mourir comme quelqu'un qui a échoué, exposé à la risée, parmi les délinquants. Tu as alors accueilli la parole: « Femme, voici ton fils! » (Jn 19, 26).

De la croix tu reçus une nouvelle mission. À partir de la croix tu es devenue mère d'une manière nouvelle: mère de tous ceux qui veulent croire en ton Fils JESUS et le suivre. L'épée de douleur transperça ton cœur.

L'espérance était-elle morte? Le monde était-il resté définitivement sans lumière, la vie sans but?

À cette heure, probablement, au plus intime de toi-même, tu auras écouté de nouveau la parole de l'ange, par laquelle il avait répondu à ta crainte au moment de l'Annonciation: « Sois sans crainte, Marie! » (Lc 1, 30). Que de fois le Seigneur, ton fils, avait dit la même chose à ses disciples: N'ayez pas peur! Dans la nuit du Golgotha, tu as entendu de nouveau cette parole. À ses disciples, avant l'heure de la trahison, il avait dit: « Ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33). « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés » (Jn 14, 27). « Sois sans crainte, Marie! » À l'heure de Nazareth l'ange t'avait dit aussi: « Son règne n'aura pas de fin » (Lc 1, 33). Il était peut-être fini avant de commencer ?

Non, près de la croix, sur la base de la parole même de JESUS, tu étais devenue la mère des croyants. Dans cette foi, qui était aussi, dans l'obscurité du Samedi Saint, certitude de l'espérance, tu es allée à la rencontre du matin de Pâques.

La joie de la résurrection a touché ton cœur et t'a unie de manière nouvelle aux disciples, appelés à devenir la famille de JESUS par la foi. Ainsi, tu fus au milieu de la communauté des croyants qui, les jours après l'Ascension, priaient d'un seul cœur pour le don du Saint-Esprit (cf. Ac 1, 14) et qui le reçurent au jour de la Pentecôte.

Le « règne » de JESUS était différent de ce que les hommes avaient pu imaginer. Ce « règne » commençait à cette heure et n'aurait jamais de fin. Ainsi tu demeures au milieu des disciples comme leur Mère, comme Mère de l'espérance.

Sainte Marie, Mère de DIEU, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne! Étoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route!


Benoît XVI, Encyclique Spe salvi § 49-50






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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 27 Sep 2012, 7:58 pm



Marie et la nouvelle Création (liturgie byzantine)

C'est en Marie que le Créateur renouvelle toute sa Création, la sanctifie et la divinise (c'est-à-dire lui ouvre la vraie vie en Dieu) :

Le Verbe de Dieu, o Vierge, retransforma en toi la nature humaine submergée par les passions ; il la renouvela toute entière dans son extrême bonté et la sanctifia ; aussi, sauvés par toi, nous te glorifions pour les siècles.

(2e dimanche de Carême, 2e canon, Théotokion de la 8e ode)

Ayant habité dans ton sein sans intervention d’homme, O immaculée, le Verbe de Dieu procéda de toi avec la même forme que le genre humain sans changement. Aussi par miséricorde il fit une nouvelle création plus divine que la création.

(14 juin, 2e canon des matines, Théotokion de la 4e ode)

Salut, ô très Pure de qui vint le Pasteur, le Très Haut qui revêtit la peau d’Adam, me renouvela dans ton sein, moi l’homme entier.

(30 novembre, 2e canon des matines, Théotokion de la 7e ode)

Nous te bénissons, O Immaculée, qui enfantas Dieu qui bénit, qui couronne la nature humaine de divines bénédictions et qui renouvelle ce qui jadis avait vieilli par la corruption.

(26 Septembre, 3e canon des matines, Théotokion de la 7e ode)

Celui qui s’incarna de toi, O Vierge Pure, ayant renouvelé notre nature, le fait de nouveau, et renouvelle par ta prière maternelle ceux qui toujours t’exaltent comme leur avocate lumineuse et vigilante, O vraie Mère de Dieu.

(3e ton, Vendredi, complies, 4e stichère de la 9e ode)

Vierge immaculée, renouvelle par la pratique de la pénitence la maison de mon âme qui tombe en ruine, O toi qui renouvelas toute l’humanité par ton enfantement.

(22 septembre, 2e canon des matines, Théotokion de la 7e ode)

Dans l’intégrité virginale tu enfantas Dieu qui détruit la corruption et fait jaillir l’incorruptibilité, O toute virginale, immaculée. Aussi je t’en supplie, O Pure, renouvelle-moi par tes prières, moi qui ai été corrompu par de terribles choses, pour que je te loue.

(10 décembre, 4e Stichère des Vèpres pour le psaume 140)

En enfantant le Seigneur, tu apparus supérieures aux puissances d’en-Haut et tu divinisas la race des mortels.

(11 décembre, 4e stichère de la 5e ode)

Le serpent me trompa par fourberie, il me fit prisonnier par le faux désir d’être semblable à Dieu. Par toi, O très Pure, j’ai été appelé de nouveau ; en vérité et immuablement j’ai été divinisé.

(29 mai, Théotokion de la 1e ode)



Extraits de : Textes liturgiques de l’édition grecque officielle, cités dans Joseph LEDIT, Marie dans la liturgie de Byzance, ed. Beauchesne, Paris 1976, pp. 57-63




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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 29 Sep 2012, 6:28 pm




L'Incarnation et le dessein de Dieu - école franciscaine


Tout fut créé pour l'Incarnation

Saint Bonaventure aime souligner que tout fut créé pour le Christ [1]. En ce sens, la création dépend de l’incarnation. Sans le Verbe Incarné, en effet, rien n’aurait été créé et tout fut créé en vue de lui, c’est pourquoi il est le vrai Roi, c'est-à-dire la pierre fondamentale sur laquelle tout s'édifie comme un temple saint.

La création, trouve sa plénitude dans l'humanité du Verbe incarné.

Dans le Christ, la création est élevée de sa condition de péché et d'éloignement de Dieu à la capacité d'adorer la Trinité selon le vrai culte spirituel.

Alors tout est ordonné, et subordonné au Christ glorificateur qui, dans la condition d'adorant, rend une gloire infinie à Dieu, et, dans la condition d'adoré, glorifie la créature en lui-même, infiniment.

En décrétant de toute l'éternité l'Incarnation du Verbe, Dieu, dans le même décret, a choisi Marie comme sa mère.

En décrétant de toute l'éternité l'Incarnation du Verbe, Dieu, dans le même décret, a choisi Marie comme sa mère.

Marie ne s’est pas soumise passivement au décret divin, mais elle accepta dans la foi de collaborer activement au dessein de Dieu. Dans l'incarnation, la maternité humaine coopère donc, créée par Dieu dans ce but.

Et c’est pourquoi, la Vierge Mère, en tant qu’elle est appelée de toute éternité à engendrer le Verbe selon la chair, est elle-même conçue comme une « cause associée de la création universelle ».

Le Christ et Marie sont la cause exemplaire et la cause finale de tout ce qui est créé.

Le Christ et Marie sont les aînés de la création, pour eux deux tout fut créé, ils sont devenus eux-mêmes la cause exemplaire et la cause finale de tout ce qui est créé, des anges, des hommes et de l'univers entier. La mère et le fils sont unis tellement intimement que le primat du Christ est en corrélation étroite avec celle de Marie. […]

Pour l'école franciscaine, il est donc impensable d’étudier le Christ sans Marie, en raison du fait que c’est à travers Marie que s'accomplit le projet salvateur de Dieu :

« Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi, et pour que nous recevions l'adoption filiale. » (Gal 4,4).


[1] BONAVENTURA. «Thesaurus» (Opera Omnia V), cap. VIII.

S. M. Cecchin
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Lun 01 Oct 2012, 7:06 pm




L'homme microcosme, assumé dans l'Incarnation
Pourquoi la nature humaine et non pas la nature angélique, fut-elle assumée dans l'Incarnation?

L'homme est créé comme un microcosme, une synthèse de toute la création.

La sagesse créatrice, en voulant unir toutes les choses, parce qu'il révèle dans l'univers non seulement la diversité, mais aussi une certaine identité, de sorte que les créatures montrent l'image du Bien archétypal (= la Trinité), que l'on contemple dans l'identité de la nature et dans la distinction des personnes.

La sagesse créatrice crée ainsi une nature formée de l'intelligible et du sensible: l'homme en qui advient le concourt de toute la création [minérale, végétale, animale, humaine et angélique] [...]

Le but de l'économie ineffable et de l'humanisation du Verbe de Dieu était d'unir à soi selon l'hypostase toutes les choses, afin qu'aucune des choses existantes ne soit privée de ce bénéfice imbattable, (c'est en effet le but de chaque bonté et la vraie béatitude), le Verbe se revêt de tout l'homme, compendium (synthèse) de tous les êtres. [...]

[L'incarnation est advenue] pour que les choses par nature très éloignées les unes des autres confluent dans l'unité, dans la nature unique de l'homme, et pour que le même Dieu devînt tout en tous, en embrassant toutes les choses et en les faisant exister en soi même. [...]

Ensuite toute la création, à travers la nature humaine présente en la personne de la Mère de Dieu [...] s'unit à la droite du Très haut qui descend jusqu'à nous.

Théophane de Nicée (+ 1381), Discours sur la Mère de Dieu.

In G. Gharib e E. Toniolo (ed) Testi mariani del secondo Millennio. 1. Autori orientali,

Città nuova Roma 2008, p. 413-416. Extraits F. Breynaert.
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 04 Oct 2012, 7:26 pm




Marie et le plan de Dieu (Nicolas Cabasilas)
Grand théologien de l'Eglise d'Orient, Nicolas Cabasilas explique la coopération de Marie au dessein de Dieu, à son plan grandiose, créateur et rédempteur.

Nicolas Cabasilas distingue deux plans dans la pensée de Dieu : celui de la création et celui de la rédemption. Lorsque Dieu crée, il a une finalité ; il œuvre avec sagesse, toute-puissance et justice.

Dans le plan de la Création, Dieu a créé l’univers et le cosmos par amour

Dieu a créé l’univers et le cosmos par amour et pour l’inviter à participer à sa vie divine : quand serait atteinte la plénitude des temps, Dieu s’incarnerait, entrant non seulement dans l’histoire mais encore dans le cosmos, il assumerait la vie de l’homme qui est un microcosmos, rassemblant les qualités des êtres inférieurs dans son corps et les perfections des anges dans son esprit, et par l’homme, Dieu assumerait toute la création dans la vie divine.

Dieu n’a pas créé l’humanité parfaite au point de ne plus avoir à grandir pour atteindre sa plénitude, il lui a donné le libre arbitre, et l’humanité doit progresser librement, en exerçant la vertu, dans une lutte directe contre les passions et le mal, lutte pour laquelle Dieu lui a donné les indications de sa loi divine et toutes les capacités requises.

A la fin, l’humanité pourrait ainsi mériter l’immutabilité dans le bien et l’incorruptibilité, et le projet du créateur pourrait alors être accompli par la coopération de l’humanité. En outre, avant les noces définitives, Dieu demanderait encore à l’humanité son consentement (il ne s’agit pas de l’humanité en général, mais de chaque personne humaine en particulier).

Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils unique, né d’une femme…

En Marie, le projet créateur a réussi.

Après l'infidélité de l'homme, Dieu ajoute un second plan, celui de la Rédemption

Mais tous les autres hommes, depuis les premiers, ont abandonné la route du bien, ils ont déformé leur nature humaine, au point que la nature humaine créée bonne semble maintenant mauvaise ; ils se sont rendus incapables de demeurer fidèles au projet créateur ; le ciel leur est fermé.

Dans ce contexte, Dieu ajoute à son premier plan, un second plan, celui de la rédemption.

Dieu veut sauver le corps de l’humanité qui n’est plus qu’une plaie, mais il veut le faire encore par la coopération humaine. L’Incarnation n’aura plus seulement le sens d’un accomplissement de la création, elle aura en plus le sens d’une miséricorde. Elle sera toujours une noce, mais elle sera accompagnée de souffrance, les noces seront scellées sur la croix.

C’est alors que le cheminement de Marie vers sa plénitude apparaît encore plus extraordinaire, car elle avait de mauvais exemples, elle a cheminé seule, elle ouvre la voie, elle ouvre le ciel.

Le fruit excellent des efforts de la Vierge Marie ennoblit toute la race humaine. Ses vertus et l’offrande qu’elle fait d’elle même constituent un barrage au déluge du mal. C’est par elle que Dieu nous donne les dons de sa miséricorde.

« Elle ne nous a pas reformés, mais elle a porté avec elle quelque chose avec quoi nous sommes reformés. »

A travers les yeux de Marie et par sa lumière, les hommes devenus aveugles voient la Lumière divine.

Par elle donc, tandis que sur terre vient le Seigneur, les hommes sont reformés et introduits de nouveau au ciel, et tout le cosmos est libéré.



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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Lun 08 Oct 2012, 7:01 pm




Elle montra la nature humaine selon l’idée du Créateur
Marie est faite par Dieu

§ 4.

La nature ne pouvait pas apporter la génération de la Toute pure, mais Dieu seul, invoqué [cf. La prière d'Anne et Joachim] fit tout en cette œuvre, écartant la nature pour former lui-même immédiatement, pour ainsi dire, la Bienheureuse, comme il créa le premier homme. Et la Vierge, est en effet à proprement parler le 'premier homme' : la première et la seule qui ait montré en elle la nature humaine [dans toute sa splendeur]. [...]

Marie, avec sa force d'âme, montre ce qu'est l'humanité voulue par le Créateur

§ 6.

Mais la Vierge immaculée n'eut pas pour patrie le ciel ni ne fut formée par des corps célestes, mais elle fut de la terre de la même façon que nous tous (cf. Gn 2, 6-7), elle fut du même genre humain déchu qui ignorait quelle était véritablement sa propre nature. Parmi les hommes qui ont existé, elle fut la seule qui resta solide du début à la fin, évitant toute malice et en utilisant tous les moyens que Dieu nous a accordé, elle rendit intacte à Dieu la beauté qu'il nous avait donnée.

Avec l'amour de Dieu, avec sa force d'âme, avec la rectitude de sa conscience, avec la grandeur de son esprit, elle mit en fuite chaque péché et éleva le trophée de la victoire, sans avoir de modèle auquel s'inspirer. Elle montra ainsi l'homme et ce que nous étions par nature, elle montra Dieu et sa sagesse ineffable, et combien il aime les hommes. [...]

En effet, seulement l'homme, parce qu'il porte l'image de Dieu (cf. Gn 1, 26-27) [...] peut vraiment montrer Dieu.

§ 14.

Il fallait que la nature humaine apparût comme elle était vraiment, pour donner à son auteur l'honneur et la gloire qui lui étaient dus [...]. Donc il fallait qu'apparût un humain capable de pécher, mais qui ne péchât pas, et qui soit comme Dieu avait voulu que l'homme soit dans cette vie.

Par Marie, la nature humaine est prête à l'union avec la nature divine

§ 16.

Car en effet il était convenable qu'avant que la nature divine s'unît la nature humaine, et que les deux natures s'unissent en une seule hypostase, chaque nature soit montrée dans la propre intégrité. Or, Dieu s'est rendu manifeste, de la manière dans laquelle il est possible à Dieu de se montrer (cf. Rm 1, 19-21); mais seule la Vierge rendit manifeste la véritable nature humaine.

Extrait de : Nicolas Cabasilas, Premier sermon sur la Nativité de la toute sainte, Mère de Dieu. Dans : G. Gharib e E. Toniolo (ed) Testi mariani del secondo Millennio. 1. Autori orientali, Città nuova Roma 2008, p. 442-446 ; extraits par F. Breynaert

Nicolas Cabasilas



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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 13 Oct 2012, 6:34 pm




L'immaculée conception dans le plan de Dieu

El Greco (1541-1614), Immaculée Conception, CCP$=.
En un sens, le discours de Duns Scot sur l'Immaculée Conception manque d'une preuve scripturaire consistante et son recours à la tradition des Pères de l'Église est plutôt fragile. Cependant Duns Scot se laisse guider par son intuition de croyant, et parvient à tracer une doctrine contenant tous les éléments fondamentaux du dogme de l'Immaculée Conception. La rédemption préservative de Marie est liée à la nature parfaite de l'œuvre accomplie par le Christ : [1]

« ... Marie ne contracta pas le péché originel justement à cause de l'excellence de son Fils, dans ce sens qu'Il est rédempteur, réconciliateur et médiateur.

[...] Je le montre de trois façons :

- en référence à Dieu avec qui le Rédempteur opère la réconciliation;

- en relation au mal duquel il libère;

- en relation à la dette qu'il était tenu d'acquitter.

1... La manière la plus haute et la plus parfaite de réparer l'offense de quiconque n'est autre que de prévenir cette offense. Si en effet la réparation se limite à apaiser l'offensé pour l'amener au pardon, la réparation n'est pas parfaite... Pour cette raison, le Christ n'aurait pas rendu de réparation parfaite à la Très sainte Trinité s'il n'avait pas prévenu, au moins en quelqu'un, l'offense à la Trinité même; et ensuite si l'âme de quelque fils d'Adam n'existait pas l'exemption de telle faute. Par conséquent, il doit exister quelque descendant d'Adam, exempté de la faute originelle, qui n'ait pas de faute.

2 Le médiateur parfait mérite que toute peine soit enlevée pour celui qu'il veut réconcilier. Mais la faute originelle représente une grande punition, la privation même de la vision divine... Donc si le Christ nous a réconcilié avec Dieu de manière parfaite, il a mérité qu'au moins quelqu'un fût préservé par cette grave peine. Mais ceci ne pouvait arriver que pour sa Mère... [...]

3. La personne réconciliée, à la limite, ne se sent pas obligée vis-à-vis du médiateur si elle n'a pas reçu le maximum de bien possible. [...] Et personne ne se sentirait ensuite aussi extrêmement obligée envers le Christ médiateur que la personne préservée du péché originel... »

Duns Scot, En III sententiarum, d 3, q 1

La qualité de l'argumentation de Duns Scot :

- Marie demeure dans le peuple que le Rédempteur sauve.

- Duns Scot part de la Trinité dont les actes de création et de rédemption doivent se manifester parfaits, au moins une fois. La perfection de Dieu n'a pas de demi-mesure, et là s'enracine le radicalisme du dogme de l'Immaculée Conception. Ce raisonnement a une conséquence plus radicale que la nécessité d'une purification de Marie avant le fiat et l'Incarnation.

On retrouve chez ce franciscain l'héritage patristique qui situait Marie dans le vaste plan créateur : Marie est celle en qui le plan créateur réussit.

L'influence de Duns Scot

L'argument de la rédemption par préservation est repris dans la définition dogmatique :

Par l'autorité de Notre-Seigneur JESUS-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par la Notre, Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine selon laquelle la bienheureuse Vierge Marie fut dès le premier instant de sa Conception, par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de JESUS-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute souillure de la faute originelle, est révélée de Dieu, et que par conséquent elle doit être crue formellement et constamment par tous les fidèles.

Sa sainteté le Pape Pie IX,

(Extraits de la Bulle « Ineffabilis Deus » du 8 Décembre 1854)

La perspective globale de l'Alliance

Le dogme a été mis à jour par le concile Vatican II. « Marie est rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils » (LG 53). « Elle fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d'une si grande tâche », la maternité divine (LG 56). « Enrichie dès le premier instant de sa conception d'une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l'ange de l'Annonciation, qui parle sur l'ordre de Dieu, comme "pleine de grâce" (cf. Lc 1,28). » (LG 56).

La conception immaculée est une grâce qui vient du Rédempteur dans une histoire, après une longue préparation, c'est pourquoi l'immaculée est aussi appelée « fille de Sion ». Le concile déclare que Marie exprime la foi de ses pères, « Elle excelle parmi les humbles et les pauvres du Seigneur qui attendent avec confiance et reçoivent de lui le salut » (LG 55). Marie est la fille du Sion par "excellence" (LG 55).

Ce n'est pas par hasard si Jean Paul II, avant de donner cinq audiences sur la sainteté de Marie et l'immaculée Conception, avait donné une audience qui présente Marie comme la « fille de Sion », « la vierge de l'Alliance », « celle qui représente l'humanité entière », « l'épouse de l'Alliance... mieux que tout autre membre du peuple élu ». [2]

Autrement dit, Marie fait réussir le plan divin : « l'enseignement sur l'Immaculée affirme que... l'Alliance de Dieu en Israël n'a pas échoué mais est devenue un rejeton qui dans son épanouissement a donné le Sauveur. »[3]

Nous avons là un premier élément de continuité : comme Duns Scot, le magistère situe Marie dans le vaste dessein divin, Marie fait de l'Alliance des noces parfaites parce que la réconciliation est parfaite.

Dans l'Alliance, la rédemption préservative (Immaculée conception) est un don de Dieu, la sainteté parfaite de Marie est la réponse humaine.

Jean Paul II a montré l'importance universelle de la rédemption par préservation :

« Il n'échappe à personne que l'affirmation du privilège exceptionnel accordée à Marie met en évidence que l'action rédemptrice de Christ non seulement libère, mais aussi préserve du péché.

Cette dimension de préservation, qui est totale en Marie, est présente dans l'intervention rédemptrice quand le Christ, en libérant du péché, donne aussi à l'homme la grâce et la force pour vaincre l'influence du péché dans son existence.

De cette façon, le dogme de l'immaculée Conception de Marie ne voile pas, mais contribue admirablement à mettre en évidence les effets de la grâce rédemptrice du Christ dans la nature humaine.

Les chrétiens regardent Marie, la première rachetée par le Christ, celle qui a eu le privilège de ne pas être soumise un instant au pouvoir du mal et du péché, elle est le modèle parfait et l'icône de cette sainteté (cf. LG 65) à laquelle ils sont appelés dans leur vie, avec l'aide de la grâce du Seigneur.»

Jean Paul II, audience générale du 5 juin 1996, § 4

[1] L. Gambero, Maria nel pensiero dei teologi latini medievali, San Paolo 2000, p. 305-306

[2] Jean Paul II, audience 1° mai 1996

[3] Card. J. Ratzinger, La fille de Sion, édition Parole et Silence 2002, p.79


Synthèse F. Breynaert


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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 20 Oct 2012, 7:45 pm




Choisie par Dieu de toute éternité
"Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur JESUS Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C'est ainsi qu'Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour, déterminant d'avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par JESUS Christ"

(Ephésiens 1,3)

Le centre et le point culminant de tous les siècles, en vue de l'Incarnation

Dès avant la fondation du monde, Dieu a créé l'homme à son image, dans l'amour, en regardant par avance l'Incarnation de son Fils, l'homme véritable et parfait, qui est "au centre du cosmos et de l'histoire". Toute l'histoire humaine converge vers le Christ qui est entré dans le monde en prenant sa chair de la chair immaculée de la Vierge Marie, c'est pourquoi Saint Bernard a pu écrire que :« Tous, et ceux qui nous ont précédés, et nous qui existons maintenant, et ceux qui viendront dans la suite des temps, tous nous devons diriger nos regards vers Marie, comme vers le centre et le point culminant de tous les siècles » (In festo Pentecostes, sermo 2, n°4).

Dieu a créé son chef d'oeuvre en Marie

Marie, bénie entre toutes les femmes, a été choisie par Dieu de toute éternité pour donner au monde le Sauveur attendu depuis toujours. Il a créé son chef d'oeuvre pour en faire la Mère de son Fils et notre Mère : « Dieu le Père a fait un assemblage de toutes les eaux, qu'il a nommé la mer; et il a fait un assemblage de toutes ses grâces, qu'il a appelé Marie » (Traité de la Vraie Dévotion - Saint Louis-Marie Grignion de Montfort).

St Bernardin de Sienne écrit aussi : « O Marie, bien avant la création, vous étiez prédestinée dans la pensée de Dieu pour le revêtir de notre chair » (Sermo 4, De Immaculata Virginis conceptione, art. 3, cap. 4.)


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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Mer 24 Oct 2012, 6:49 pm




Marie : Marie : disposition purement gratuite de Dieu, et mystérieuse nécessité (Montfort)
Saint Louis-Marie de Montfort dit, c'est bien connu, que "Dieu a voulu que nous ayons tout par Marie" (VD 23-25). Ce qui est moins connu, c'est qu'il ne le dit pas par "mariolâtrie", mais il le dit comme un théologien de classe,

qui, d'une part, sait qui est Marie, et, en un sens, dit-il, elle n'est "rien du tout",

et qui, d'autre part, sait qui est Dieu : un Dieu fidèle en sa conduite.

« J'avoue, avec toute l'Église, que Marie n'étant qu'une pure créature sortie des mains du Très‑Haut, comparée à sa Majesté infinie, est moindre qu'un atome, ou plutôt n'est rien du tout, puisqu'il est seul "Celui qui est", et que, par conséquent, ce grand Seigneur, toujours indépendant et suffisant à lui‑même, n'a pas eu ni n'a pas encore absolument besoin de la Très Sainte Vierge pour l'accomplissement de ses volontés et pour la manifestation de sa gloire. Il n'a qu'à vouloir pour tout faire.

Je dis cependant que, les choses supposées comme elles sont, Dieu ayant voulu commencer et achever ses plus grands ouvrages par la Très Sainte Vierge depuis qu'il l'a formée, il est à croire qu'il ne changera point de conduite dans les siècles des siècles, car il est Dieu, et ne change point en ses sentiments ni en sa conduite.»

(Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion 14-15)

Comme les Pères et les Docteurs de l'Eglise, Louis-Marie affirme en même temps l'absolue liberté de Dieu, sa transcendance par rapport à toutes ses oeuvres, et en même temps sa fidélité, cette fidélité à l'Alliance qui donne à toute l'économie du salut sa consistance et sa cohérence.

Saint Louis-Marie contemple cette mystérieuse "nécessité" qui caractérise toute l'économie de la création et du salut:

« La Très Sainte Vierge étant nécessaire à Dieu, d'une nécessité qu'on appelle hypothétique, en conséquence de sa volonté, elle est bien plus nécessaire aux hommes pour arriver à leur dernière fin. »

(Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion 39)

On reconnaît ici le "théologien de classe" dont parlait Jean-Paul II, capable d'utiliser une terminologie théologique précise et rigoureuse « nécessité hypothétique ».

On peut noter l'harmonie profonde entre ce texte de Louis-Marie et ce qu'enseigne le Concile Vatican II :

« Toute influence salutaire de la part de la Bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu: elle ne naît pas d'une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ; elle s'appuie sur sa médiation dont elle dépend en tout. »

(Vatican II, Lumen gentium 60)


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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 02 Nov 2012, 9:16 pm




Marie est présente dans toute l'histoire du Salut

Marie appartient aux trois phases de l’histoire du salut : au temps qui précède le Christ, à la période de sa vie terrestre, au temps après le Christ.

L’existence de Marie est d’abord l’ultime étape de l’Ancien Testament :

En elle s’accomplit le processus de préparation qu’Israël avait déjà mûri. Elle est la véritable fille eschatologique de Sion, figure parfaite du peuple de l’élection, comme l’indiquent les allusions du récit de l’Annonciation de Luc 2, 28-30 au texte de Sophonie 3, 14-17.

Le corps mystique, qui se déploie dans l’Eglise visible, universelle est déjà mystérieusement présent en ses deux membres originaires, le Christ et sa mère.

Et Dieu a voulu que la communion entre lui et les hommes sauvés se réalise dans la foi (Lc 1,45), dans l’amour, dans l’obéissance et l’humilité, dans le dialogue et dans la claire connaissance (Lc 1, 34), Dieu réalise à l’aube de son œuvre sur un mode exemplaire et d’une manière encore limitée ce qui va ensuite s’affirmer d’une manière universelle.

Les Evangiles de l’enfance décrivent plusieurs liens entre Marie et l’Eglise :

Quand Marie loue le Seigneur (Lc 1, 46s), sa prière est universelle et deviendra la prière de l’Eglise. Presque tous les exégètes pensent que le Magnificat était déjà la prière de la première communauté.

L’adoration des mages annonce la conversion des nations, leur entrée dans l’Eglise du Seigneur). Matthieu précise que ces mages trouvent de façon indissociable Marie en même temps que l’enfant (Mt 2, 11).

Luc souligne que Marie rassemble, médite les évènements, elle en approfondit le sens en les rapprochant dans sa mémoire (Lc 2, 19).

Dans la mentalité hébraïque, ce travail de la mémoire est source de dynamisme et de vie. (En hébreu la racine du mot mémoire évoque le mystère de la fécondité de l’homme). Ce travail de Marie est important à la vie de l’Eglise…

Nous retrouvons Marie à Cana où elle parle à JESUS en faveur des hommes et où elle invite les hommes à l’obéissance de la foi en JESUS. (Jn 2)

Ensuite Marie est extérieurement séparée de JESUS qui rassemble autour de lui les Douze qui formeront la hiérarchie de l’Eglise.

Marie anticipe la maternité de l'Eglise :

Séparée de JESUS pendant une grande partie de sa vie publique, Marie anticipe ce que l’Eglise aura à vivre après Pâques en approfondissant sa communion avec le Fils qui se donne mystiquement dans la foi et non plus par le moyen des sens.

Au calvaire, l’expérience de la mort du Christ transperce son cœur. C’est aussi l’heure où Marie est la mère du disciple (Jn 19, 25-26). Comme la fille de Sion, elle engendre un peuple nouveau (Is 66,7). Comme Eve après la mort d’Abel tué par Caïn engendre un nouveau fils (Gn 4,25). Elle anticipe ainsi la maternité de l’Eglise dans laquelle d’autres fils sont engendrés de l’eau et de l’Esprit (Jn 19,30.34).

Nous retrouvons la présence discrète de Marie aux côtés des apôtres au cénacle. L’Esprit descend alors sur la communauté comme il était descendu sur Marie lors de l’Annonciation.

Et comme l’Esprit avait conduit Marie à travers les monts et les collines de la Judée pour qu’elle porte le Seigneur à son précurseur (Lc 1, 35-39), de même il conduit l’Eglise pour qu’elle porte le Seigneur aux confins de la terre (Ac 1,8).

Dans la gloire :

La plénitude de la grâce et de la sainteté de Marie enrichit le Corps mystique de l’intérieur et coopère à la merveilleuse efficacité de l’évangélisation. Et finalement, un jour que l’histoire n’a pas enregistré, Marie a rejoint pour toujours le Christ ressuscité.

Devenue un signe dans le ciel, elle précède l’Eglise dans sa glorification, quand Dieu sera tout en tous.

Conclusion :

On ne peut résumer le rapport de Marie à L’Eglise en une seule formule : en la personne de Marie, dans son attitude d’obéissance de foi, Israël devient l’Eglise du Seigneur.

Marie précède et anticipe l’Eglise. Marie contient toute l’Eglise comme la graine contient toute la plante.

A la Pentecôte, Marie est une des 120 (Ac 1, 12-15), une des 3000 (Ac 2,41), elle est membre de l’Eglise où émerge l’importance du rôle des apôtres.

L’Eglise ministérielle est en communion avec le Christ, elle le représente, elle agit en son nom tant que dure la figure de ce monde terrestre ; la communion de vie entre Marie et l’Eglise, communion essentiellement théologale, n’aura jamais de fin.

(Cet article est un résumé et une traduction par Françoise Breynaert de l’article de R. Laurentin "Maria come prototipo e modello della chiesa", Mysterius Salutis vol 8 Queriniana 1975, p390-415)
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 10 Nov 2012, 7:08 pm






Il y a ici plus qu'Abraham... plus que l'Eglise...
« Il y a ici plus qu'Abraham, plus que Moïse, plus que David et plus que Jean Baptiste, plus que Paul et plus que toute l'Eglise chrétienne ; il s'agit de l'histoire de la Mère du Seigneur, de la Mère de Dieu lui-même. C'est un événement unique, sans analogie. »



Karl Barth, Protestant « Quatre études bibliques », in Foi et vie, 1936, n° 85-86, p. 487.















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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 16 Nov 2012, 7:19 pm




Marie et le plan de Dieu (Soloviev XX° siècle)
« C'est en contemplant dans sa pensée éternelle la Sainte Vierge, le Christ et l'Eglise, que Dieu a donné son approbation absolue à la création entière en la proclamant [en hébreu] tob meod, [en latin] valde bona [= c'était très bon] Gn 1, 31).

C'était là le propre sujet de la grande joie qu'éprouvait la Sagesse divine à l'idée des fils de l'Homme ;

elle y voyait l'unique fille d'Adam pure et immaculée ;

elle y voyait le Fils de l'Homme par excellence, le seul juste ;

elle y voyait enfin la multitude humaine unifiée sous la forme d'une société unique basée sur l'amour et la vérité.

La Sagesse divine contemplait sous cette forme son incarnation future et, dans les enfants d'Adam, ses propres enfants ; et elle se réjouissait en voyant qu'ils justifiaient le plan de la création qu'elle offrait à Dieu (cf. Mt 11, 19). »



Vladimir SOLOVIEV, La Russie et l'Eglise universelle, Ed. Albert Savine, Paris, 1889, LXVII, p. 260-261







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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 24 Nov 2012, 7:13 pm




Marie, joie de Dieu depuis toujours (Maria Valtorta)
Sans dire que Marie soit préexistante (ni son « âme »), la foi chrétienne dit que Dieu la prévoyait en même temps que l'Incarnation de son Fils. Et en la voyant d'avance, on peut certainement dire que Dieu était dans la joie :

« En lisant tes futures pensées, en écoutant les battements de ton cœur, Je possède le modèle et le guide de la création. Viens, ma Joie, pour toi les mondes sont comme des amusements jusqu'à ce que tu seras dans ma pensée la lumière dansante, voilà les mondes pour ton sourire. » [1]

La liturgie lit en référence à la Vierge Marie des textes sapientiaux (Sir 24 ; Pr 8). Maria Valtorta en explique les motifs :

« pour qu'on reconnaisse et que l'on sache

- qu'elle est la consolation et la joie de Dieu,

- la raison de la constante, parfaite, intime joie de ce Dieu Un et Trine qui vous gouverne et vous aime et à qui l'homme a donné tant de motifs de tristesse,

- la raison pour laquelle Il a perpétué la race humaine alors qu'à la première épreuve elle méritait la destruction,

- la raison du pardon que vous avez obtenu. »[2]

Le magistère ne soutient pas Maria Valtorta quand elle lit dans le sens d'une préexistence de l'âme de Marie tous les textes sapientiaux (Si 24 ; Pr 8 etc..)[3]. Une telle doctrine, d'origine platonicienne, fut au contraire condamnée au 2° concile de Constantinople[4], (ce qu'a rappelé récemment Jean Paul II[5]).

Maria Valtorta est plus claire dans "le livre d'Azaria" : elle décrit la chute des anges et elle évoque les anges contemplant Marie présente dans la pensée de Dieu, présente comme une réalité spirituelle dont l'humilité pouvait réparer l'orgueil (angélique ou humain) et comme une future reine.


[1] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Tome I, chapitre 8, p. 40.

N.B. La publication en est autorisée à condition de préciser que c'est une œuvre littéraire de Maria Valtorta, et non un nouvel Evangile.

[2] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Tome I, chapitre 8, p. 36.

[3] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Tome I, chapitre 8 et surtout le Tome V, chapitre 36, p. 244

[4] 2° Concile de Constantinople, 1°, 2° et 3° anéthématisme contre Origène, DS 403-405

[5] Jean Paul II, Encyclique « Fides et Ratio » § 52

Synthèse Françoise Breynaert


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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 01 Déc 2012, 8:41 pm



La vie terrestre de Marie de Nazareth,


Marie consacrée au Seigneur (Protévangile de Jacques)
Comme Samuel, Marie est consacrée au Seigneur parce qu'elle est un don de Dieu (Protévangile de Jacques, IV).

Marie est préservée de tout contact mondain: elle est la consacrée au Seigneur (VI).

L'auteur veut souligner que Marie est toute relative à Dieu et se maintient dans une pureté la plus absolue en étant toute relative au Seigneur.

« Quand elle eut six mois, sa mère la mit à terre, pour voir si elle se tenait debout. Et, après avoir marché sept pas, elle revint vers le giron de sa mère. Et sa mère la prit dans ses bras, disant : Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne marcheras pas sur cette terre jusqu'à ce que je te conduise au Temple du Seigneur. Et elle fit un sanctuaire dans sa chambre ; et elle ne permettait pas que l'enfant prit rien de profane ou d'impur. Et elle invita les filles des Hébreux qui étaient sans tache, et elles la divertissaient. »[1]

Le Protévangile décrit la présentation de Marie au temple à l'âge de trois ans.

« L'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : "Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu." Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple.

Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : "Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël."

Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. » (Protévangile de Jacques, chapitre VII)

Marie entre dans le Saint des Saints, l'endroit le plus sacré d'Israël:

« Marie demeurait dans le Temple du Seigneur comme une colombe et recevait de la nourriture de la main d'un ange. »[2]

Marie aurait ensuite appartenu à l'institution des vierges tisseuses : on croyait que le voile du Temple tissé par ces vierges servait pour recouvrir le Saint des Saints considéré comme un "corps humain" et pour revêtir l'ange-Ruah, son gardien, identifié avec le messie, son fils :

« [Joseph a pris Marie sous sa garde.] Or il y eut un conseil des prêtres, disant : "Faisons un voile pour le Temple du Seigneur". Et le prêtre dit : "Appelez-moi les vierges sans tache de la tribu de David". [...] Et ils les firent entrer dans le Temple du Seigneur. Et le prêtre dit : "Tirez au sort laquelle filera l'or, l'amiante, le lin, la soie, le bleu, l'écarlate et la pourpre véritable". Et à Marie échurent la pourpre véritable et l'écarlate. »[3]

Avec ces symboles non historiques mais efficaces, l'auteur veut faire comprendre la montée spirituelle de cette fille, à la rencontre à son Dieu, se nourrissant des paroles divines, se sanctifiant quotidiennement pour devenir temple elle-même un véritable et vivant Saint des Saints, digne de tisser le corps du Fils de Dieu.

L'auteur veut surtout continuellement souligner l'innocence absolue de Marie : elle restait dans le Temple et prenait sa nourriture des mains d'un ange - en effet, dans la tradition hébraïque Adam et Ève tant qu'ils restaient dans l'innocence, étaient nourris par les anges.

[1] Protévangile de Jacques 6 ; texte dans Ecrits apocryphes chrétiens, sous la direction de F.BOVON et P.GEOLTRAIN, La Pléiades, Paris 1997, p.87

[2] Protévangile de Jacques 7 ; ibid., p.89

[3] Protévangile de Jacques 10 ; ibid., p.91

A. Gila
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Dim 09 Déc 2012, 8:02 pm



La joie du don - Présentation de Marie au temple
Le très ancien récit apocryphe, à travers un style populaire, nous révèle des vérités profondes qui intéressent nos contemporains (pensons par exemple au grand colloque sur le thème du don qui s'est tenu à Lyon en l'an 2000[1]). Avec le style qui est le sien, ce récit ancien nous parle de Marie qui nous révèle ce qui fait la profondeur et la joie de la vie humaine : le don de soi.


« L'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : "Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu." Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple.

Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : "Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël."

Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. » (Protévangile de Jacques, chapitre VII)


L'auteur nous dit que le don de Marie est prompt, ponctuel et sans retard, dès l'âge de 3 ans. Marie n'offre pas les restes mais les débuts.


La joie du don de soi se manifeste à travers la danse de l'enfant. Marie se fait aimer de son peuple parce qu'elle danse avec grâce.

Etrangement l'iconographie ne met pas en relief la petite danseuse gracieuse qu'est Marie.

Nous savons comment David s'est complu à danser ''de toutes ses forces'' (2 Sam 6, 14) près de l'arche de l'alliance et comment les psaumes voient la danse comme une rencontre joyeuse avec Dieu : ''Ils louent son nom avec des danses, et lui chantent des hymnes avec des cithares et des timbales'' (Ps 149, 3).

Saint Paul exhorte : ''Chacun donne selon ce que son cœur a décidé, non pas avec tristesse ni par force, parce que Dieu aime qui donne avec joie'' (2 Cor 9, 7).


Le pape Jean Paul II (1978-2005) écrit:

« Le sens le plus vrai et le plus profond de la vie est celui d'être don qui s'accomplit en se donnant»[2]. Un peu plus loin, il ajoute que «la vie rejoint son centre, son sens et sa plénitude, quand elle se donne »[3].


Benoît XVI, dans son encyclique sociale Caritas in veritate, propose à la société d'aujourd'hui, épuisée et fatiguée par l'égoïsme et par le vide intérieur, ce médicament de l'expérience du don de soi :


«La charité dans la vérité met l'homme face à la stupéfiante expérience du don. La gratuité est présente dans sa vie sous de multiples formes, souvent non reconnues à cause de la vision uniquement productiviste et utilitaire de l'existence. L'être humain est fait pour le don qui en exprime et acte la dimension de transcendance»[4].


Les philosophes contemporains développent ce thème dans plusieurs directions, par exemple :

Le don est un choix, une manière d'être et de se positionner en tant que personne en face d'une autre personne. C'est un style de vie de l'homme capable de gratuité[5].

Le don fait toujours référence à l'autre[6].


[1] J-N. Dumont (a cura di), Le Don. Colloque interdisciplinaire (Lyon, 24-25 novembre 2000), Édition de l'Emmanuel, Lyon 2001.

[2] Jean-Paul II, Lettre encyclique Evangelium vitae § 49.

[3] Jean-Paul II, Lettre encyclique Evangelium vitae § 51.

[4] Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate § 34.

[5] Cf. P. Carlotti, Il dono come ermeneutica e rivelazione della persona. La prospettiva teologico-morale, dans Aa.Vv., Super fundamentum apostolorum, LAS, Roma 1997, pp. 562-563;

U. Galimberti, Valore etico e religioso del dono, dans Esodo 4 (2004), p. 12.

[6] S. Currò, Il dono e l'altro. Dans dialogue avec Derida, Lévinas e Marion, LAS, Roma 2005, p. 5.



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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Lun 17 Déc 2012, 8:20 pm




L'enfance de Marie au temple : ultime préparation de l'humanité avant l'Incarnation

Saint Grégoire Palamas. Wikimedia CC.
Grégoire Palamas contemple l'épisode traditionnel de l'enfance de Marie au Temple dans la perspective grandiose du dessein de Dieu.

Dieu a donné l’existence à la création pour lui donner de participer à sa vie divine.

Mais une chose est impossible à Dieu : s’unir avec un être impur : l’Incarnation n’était pas possible sans que la nature humaine concrète que le Verbe devait assumer soit déjà purifiée.

"Il avait besoin par nécessité d’une vierge parfaite et immaculée." (Homélie 52,6)

Marie est le point d’arrivée d’un processus de purification à travers toute l’histoire sainte et toutes les générations, depuis Seth jusqu’à Anne et Joachim. Tout est préparé en vue de Marie :

"Toute l’Ecriture divinement inspirée est écrite en ayant pour but la Vierge Mère de Dieu." (Homélie 53,8)

Marie elle-même fait son propre cheminement d’ultime préparation dont Palamas fait une description à partir de sa propre expérience monastique :

"Marie choisit de vivre cachée des regards, consumant son temps dans le sanctuaire, où elle resta libre de tout lien matériel, elle se sépara de toute relation, et s’éleva au-dessus de tout amour, y compris envers son propre corps, elle unifia ainsi tout son être dans l’esprit, par l’attention et par la prière divine continuelle.

En se concentrant dans son intériorité, elle s’unifia entièrement et complètement et elle s’éleva au-dessus de la diversité des formes que représentent les raisonnements.

Ayant atteint la simplicité des genres et des formes, elle eût l’intuition d’un nouveau chemin vers le ciel que nous pourrions appeler silence de l’esprit.

En unissant son esprit à ce silence, elle s’éleva au-dessus de toutes les créatures et elle vit la gloire de Dieu dans un mode plus parfait que Moïse, elle vit la grâce divine qui ne peut pas être comprise d’une façon parfaite avec les sens mais c’est un spectacle saint, et plein de grâce, réservé uniquement aux âmes pures et aux anges : et parce qu’elle a réalisé cela, elle devint la nuée lumineuse, selon les divins hymnographes, l’eau de la vraie vie, l’aube du jour mystique et le char de feu du Verbe." (Homélie 53, 59)

Ce cheminement constitue sa part de responsabilité et sa grande dignité :

"Toi seule a été digne de recevoir tous les charismes de l’Esprit ou, mieux, toi seule a accueilli miraculeusement en ton sein celui en qui sont les trésors de tous les charismes…" (Homélie 37,6)

Finalement, Marie et le Christ représentent la réalisation du projet du Créateur :

"Ce que le Christ est par nature, la Vierge l’est par grâce"

(Homélie 44,4, répété dans l’homélie 53,12)


Bibliographie :

Y. SPITERIS, Palamas : La grazia e l’esperienza, Lipa, Roma, 1996

J. MEYENDORFF, Introduction à l’étude de Grégoire Palamas, Paris, Seuil, 1959

J. MEYENDORFF, The triads, Gregory Palamas, New York, Paulist Press, 1983

J. MEYENDORFF, Défense des saints hézychastes, Grégoire Palamas, Louvain, 1959

J. CLER, Grégoire Palamas, douze homélies pour les fêtes, ŒIL / YMCA-PRESS Paris, 1987


Synthèse Françoise Breynaert

Lire plus sur Grégoire Palamas


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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 28 Déc 2012, 8:06 pm



Marie dans le temple
Marie vit dans le temple sans avoir besoin de purification § 11.

La bienheureuse Vierge entra en effet dans la maison très sacrée, qui était inaccessible même au grand-prêtre si auparavant il ne s'était pas purifié de tout péché, de la manière avec laquelle alors ils avaient l'habitude de purifier les péchés (cf. Lv 16, 2 s; He 9, 6-7). Elle montra donc ne rien avoir à purifier car elle n'avait pas eu besoin de sacrifices expiatoires ni de victimes de purification: en effet, non seulement de manière si incroyable elle entra dans le temple, mais elle y demeura aussi de l'âge de fillette à l'âge de jeune fille: et il n'y avait pas besoin de sacrifices pour elle, ni au début, ni quand l'âge avança.

Et il est incroyable que personne en ce temps là ne trouva cela contraire aux statuts sacrés, que le grand-prêtre tremble et craigne d'entrer, une fois par an, et non sans le sang de la purification (cf. Lv 16, 13-15) et que la vierge, par contre, comme si elle était chez elle, y entre, y mange, y dorme, et que sa vie s'y déroule.

Extrait de : Nicolas Cabasilas, Premier sermon sur la Nativité de la toute sainte, Mère de Dieu. Dans : G. Gharib e E. Toniolo (ed) Testi mariani del secondo Millennio. 1. Autori orientali, Città nuova Roma 2008, p. 442-446 ; extraits par F. Breynaert


Dans le saint des saints, la Vierge s'offre

§ 6.

Elle seule, unique parmi tous les hommes de tous les temps, habita l'autel, comme une victime préparatoire et purificatoire avant la grande Victime offerte pour tout le genre humain (cf. Eph 5, 2; He 10, 12): de sorte que, si JESUS entra comme précurseur dans le Saint des Saints (cf. He 6, 20), la Bienheureuse avant le Sauveur entra à l'intérieur du voile (He 6, 19), pour s'offrir soi-même au Père.

Et lui [JESUS] en vérité, en mourant sur la croix, réconcilia parfaitement le Père avec les hommes; tandis que la Bienheureuse, une fois qu'elle s'offrit à Dieu, a été capable de donner aux hommes le Médiateur pour leur réconciliation.

§ 7.

Il n'est pas possible de le dire combien la bienheureuse Vierge est beaucoup plus sacrée que toute victime. En effet, le sang de cette nouvelle victime ne fut pas accueilli par l'autel ni consumée par le feu (cf. Nm 18, 17; 2 rois 18, 38), mais Dieu lui-même l'assuma. Ce Dieu qu'aucune place ne renferme, que la création ne contient pas - et qui grandit à l'infini - la Vierge l'a revêtu de son propre sang, et lui a confectionné une tunique apte à la dignité du Roi. [...] L'exemple du vêtement est conforme au mystère du Sauveur où les deux natures ne se sont pas confondues, mais chacune reste sans mélange des propriétés de l'autre. [...] Le sang de la Bienheureuse est sang de Dieu. [...].

§ 8.

La bienheureuse Vierge naquit de personnes humaines ; elle participa à toutes les qualités du genre humain, mais elle n'hérita pas d'une âme identique, elle ne se laissa pas attirer par des coutumes mauvaises, mais elle se dressa contre le péché, elle s'opposa à notre corruption et elle mit fin à la méchanceté. [...]

Elle ouvrit la porte de la sainteté, noblement ordonnée à accueillir le Sauveur (cf. Ez 44, 3), lui par qui il fut donné à tous d'être saints.

Extraits de: Nicolas Cabasilas, Sermon sur l'auguste et glorieuse Domition de notre Dame, la toute sainte et toujours vierge Mère de Dieu; G. Gharib e E. Toniolo (ed) Testi mariani del secondo Millennio. 1. Autori orientali, Città nuova Roma 2008, p. 442-460; extrait par F. Breynaert.


Nicolas Cabasilas, (1320-1391, Orient Chrétien)






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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Lun 07 Jan 2013, 8:48 pm




Marie premier temple
Pour avoir vécu et pour avoir été nourrie dans le temple de Dieu, elle est devenue elle-même un temple vivant de Dieu: elle s'y est purifiée, sanctifiée, préparée à devenir le temple vivant de Dieu, le Sauveur du monde, parce qu'elle l'a mis au monde.

En ceci consiste sa perfection divine, seule et inégalable: elle a engendré le Dieu-homme pour faire de nous des temples de Dieu. Comme, par quelle voie cela devait se faire? Par toute l'économie divino-humaine du salut, c'est-à-dire par son Évangile, c'est-à-dire par l'Église.

En vivant dans le corps divino-humain de l'Église, les hommes ils peuvent devenir Église de Dieu. Pour celui-ci le saint Apôtre peut dire aux chrétiens: "Vous êtes le temple du Dieu vivant; - vos corps sont le temple de l'Esprit Saint qui est en vous, et que vous tenez de Dieu. - Ne savez vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous? " (2 Co 6, 16; - 1 Co 6, 19; - 1 Co 3, 16.)

Ce que caractérise le temple, caractérise l'Église aussi: un service divin ininterrompu, un service de Dieu sans empêchement. Tel est le chrétien, tout vrai chrétien - et surtout le plus parfait des chrétiens de tous les temps - la sainte Mère de Dieu.

Oui, oui, oui: servir Dieu sans interruption par des pensées saintes, des désirs saints, des dispositions saintes, au moyen de saints actes et d'une vie sainte; le service de Dieu est leur nourriture. La très sainte Mère de Dieu entra dans le temple "pour se nourrir dans le Saint des Saints, pour se nourrir de la grâce divine".


Justin Popovitch (1894-1979)
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 17 Jan 2013, 10:14 pm




Quelle historicité pour la Présentation de Marie au Temple ?
Distinguons deux aspects :

- L'acte intérieur par lequel Joachim et Anne, ont offert la petite Marie au Seigneur, pour que Dieu son guide et sa plénitude. Et l'acte intérieur de la petite Marie elle-même qui se livre et consacre avec un Oui entier, prélude du Oui de l'Annonciation. L'Eglise d'Orient et d'Occident a toujours validé une telle tradition.

- L'acte extérieur d'une venue au Temple de Jérusalem et d'une vie « cloîtrée » de l'enfant Marie, éduquée par une maîtresse. Cette tradition populaire provient des récits apocryphes et elle est diversement reçue. C'est sur cet aspect que porte la discussion d'historicité.

L'apport de l'Ancien Testament.

L'Ancien Testament mentionne le service de femmes à l'entrée de la Tente de la Rencontre :

" Il fit le bassin en bronze et son socle en bronze avec les miroirs des femmes qui faisaient le service à l'entrée de la Tente du Rendez-vous." (Exode 38,8).

L'apport du Nouveau Testament.

Dans le Nouveau Testament, le descriptif d'Anne la prophétesse qui "ne s'écartait pas du Temple, rendant un culte [à Dieu] nuit et jour par des jeûnes et des prières" (Luc 2,37) pourrait laisser supposer qu'il y avait des femmes dans le Temple, mais notons que l'évangile ne dit pas « dans » le Temple, mais à proximité (elle ne « s'en écartait pas »).

Les traditions juives.

La tradition juive (Mishna et Talmud) nous aide très peu. Il est dit que le voile du temple est tissé par des « jeunes filles » filles [hébreu : « ribot » et non pas « betoulot », vierge] (Mishna Sheqalim 8,5).

Une autre source juive dit que le voile est tissé par des vierges : Au moment de la destruction du temple « quand les vierges qui tissaient le rideau du temple virent que le temple était en feu, elles se jetèrent dans le feu, afin que l'ennemi ne puisse pas les violer » (Pesiqta Gabbati ; Piska 26, 6). Ce texte semble indiquer que les vierges vivaient au temple, mais ce n'est pas sûr. Le texte est un midrash qui se réfère à « D'en haut il a envoyé un feu » (Lam 1, 13) et en tant que midrash, son but n'est pas historique. De plus, ce texte est éloigné des origines : les spécialistes considèrent qu'il date du 3°, 7° ou 8° siècle[1].

Une troisième source juive dit que le voile est tissé par « des femmes » (Tosephta Sheqalim) dit que les femmes (nashim) qui tissaient le rideau du temple étaient payées. Cela est repris dans d'autres textes plus tardifs.

Aucun de ces textes ne mentionne un logement de ces jeunes filles ou de ces femmes dans l'enceinte du temple comme dans une « clôture religieuse ».

Enfin, Clemens Brentano[2] pense avoir trouvé chez le rabbin Azarias de Rubeis (XVIème siècle), une autorité juive attestant la présence de jeunes filles au service du Temple[3] en citant Philon d'Alexandrie. Ce que conteste "Les annales de philosophie chrétienne"[4] : la citation de Philon d'Alexandrie reprise par le rabbin Azarias, semble en effet décrire des communautés d'hommes et de femmes plus proches des communautés esséniennes que des corps constitués du Temple.

Sources apocryphes, patristiques, et mystiques.

Le Protévangile de Jacques est un récit apocryphe qui remonte au II° siècle et parle du vœu de Joachim et Anne de se séparer de la petite Marie pour qu'elle soit élevée dans le Temple du Seigneur (Protévangile deJacques 7, 1).

Longtemps mis à l'écart par les pères de l'Eglise, ce récit est repris au VII° siècle dans un cadre liturgique par saint Jean Damascène, et dans la « vie de la Vierge » de Maxime le Confesseur.

Au Moyen Age, Jacques Voragine amplifie le récit apocryphe en écrivant « la légende dorée ».

Parmi les mystiques, R. Laurentin compare les « vies de Marie » par Marie d'Agréda[5] (†1665), Anne Catherine Emmerich[6] (†1824), Maria Valtorta[7] (1961) et Consuelo[8] :

Au sujet de la consécration de Marie, « il s'agit là moins d'une dépendance directe à l'égard du texte du Protévangile que de la tradition commune, laissée dans la mémoire populaire, par la fête liturgique de la Présentation. »[9]

Au sujet de l'attitude de Marie lors de la montée des marches (les quinze marches du Pseudo-Matthieu), « les variantes abondent »[10].

Au sujet de la vie de Marie dans le temple, les mystiques élaguent le merveilleux des récits apocryphes (Marie dans le Saint des saints, nourrie par la mains des anges), Marie vie seulement dans l'enceinte du temple où elle étudie et travaille de ses mains ; l'harmonie des quatre mystiques « est parfaite mais en écho à la très large tradition populaire issue du Protévangile »[11]

Position catholique à travers les choix liturgiques.

La fête de la « Présentation de Marie au Temple » provient des Eglises d'Orient et elle est étendue à toute l'Eglise catholique par le pape Sixte IV en l'an 1472.

Mais en l'an 1568, le concile de Trente la supprime du calendrier à cause de ses origines apocryphes. En 1585, la fête est ré-inscrite en prescrivant cependant d'utiliser le formulaire liturgique de la Nativité de Marie.

Après le Concile Vatican II, à cause des incertitudes dues au manque de fondement biblique et historique, le pape Paul VI a conservé « la Présentation de Marie » [sans dire « au Temple »] en pensant à l'union avec les Églises orientales où c'est une fête très importante (cf. Marialis Cultus 7) et non plus au titre de « fête » mais de simple « mémoire » ; la liturgie catholique, comme les théologiens orthodoxes, insistent sur la signification spirituelle.[12]

Conclusion.

Ni l'Ancien ni le Nouveau Testament, ni la Mishnah ni le Talmud ne donnent de précision sur un bâtiment dans l'enceinte du temple réservé à des maîtresses éduquant des fillettes, mangeant et dormant dans une « clôture religieuse ».

Nous pourrions accepter d'imaginer que la Mishnah et le Talmud ait effacé des références évoquant des souvenirs chrétiens[13]. Mais comment comprendre un tel silence dans l'Ancien et le Nouveau Testament ?

S'il existait un statut de femme habitant le temple pourquoi l'évangéliste saint Luc ne le dit-il pas plus clairement au sujet de la prophétesse Anne (Lc 2, 37) ? Pourquoi, au contraire, Luc ne dit-il rien sur un statut de servante du Temple qui aurait été un honneur riche de signification pour la Vierge Marie ? « Lc 1, 26 présente Marie comme une femme de Nazareth en Galilée sans titres humains mais chérie de Dieu, seul contraste que renforce les titres dynastiques de Zacharie et d'Elisabeth. »[14]

[1] SAFRAI Shmuel, The jewish people in the first century, tome II, Amsterdam 1976, p. 877.

[2] Clemens Brentano "Vie de la Vierge Marie" en- éditions de la Renaissance, Paris 2006, note à la page 151

[3] Rabbin Azarias de Rubeis, Imreh Binah, chap. LX. feuillet 181 verso, édition de Mantoue

[4] Les Annales de Philosophie chrétienne, Paris 1855, page 313 et suivantes

[5] Marie d'Agréda, La cité mystique de Dieu (1715), livre II, p. 70.72.114.

[6] Anne Catherine Emmerich, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, Paris 2006, p.108-139

[7] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, tome I, p. 44-67.

[8] Consuelo, Marie Porte du Ciel, Hauteville, Editions du Parvis, p. 24-30.

[9] René Laurentin, François-Michel Debroise, La vie de Marie d'après les révélations des mystiques, Presses de la Renaissance, Paris 2011, p. 75

[10] René Laurentin, p. 78

[11] René Laurentin, p. 80

[12] Cf. Ignazio CALABUIG, Il culto di Maria in occidente, In Pontificio Istituto Liturgico sant'Anselmo. Scientia Liturgica, sotto la direzione di A.J. CHUPUNGCO, vol V, Piemme 1998

[13] F. MANNS, Essai sur le judéo-christianisme, franciscan printing press, Jerusalem 1977, p. 94-114

[14] René Laurentin, François-Michel Debroise, ibid., p. 235-236

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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 24 Jan 2013, 3:05 am

Mais quel crédit peut-on donner à un écrit qui ne fait pas partie de l'Ecriture inspirée et qui dans une certaine mesure contredit les Evangiles ?
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 24 Jan 2013, 7:51 pm




@ Massorète,


Citation :
Mais quel crédit peut-on donner à un écrit qui ne fait pas partie de l'Ecriture inspirée et qui dans une certaine mesure contredit les Evangiles ?


Le crédit, c'est que ce sont de grands Chrétiens du passé, des Mystiques, qui ont produit ces textes,

Des Chrétiens sans lesquels le Christianisme n'existerait peut-être même plus aujourd'hui !

Mais de toute manière, ce Topic est fait pour ceux qui s'interressent à ce sujet ou à ceux qui ont la curiosité de vouloir pénétrer la "Spiritualité" Catholique,

Et il y en a sur ce Forum !

Il n'est bien sûr pas question de vouloir te convaincre ou t'imposer quoi que ce soit.







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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 25 Jan 2013, 4:43 am

@RAMOSI a écrit:



@ Massorète,


Citation :
Mais quel crédit peut-on donner à un écrit qui ne fait pas partie de l'Ecriture inspirée et qui dans une certaine mesure contredit les Evangiles ?


Le crédit, c'est que ce sont de grands Chrétiens du passé, des Mystiques, qui ont produit ces textes,

Des Chrétiens sans lesquels le Christianisme n'existerait peut-être même plus aujourd'hui !

Mais de toute manière, ce Topic est fait pour ceux qui s'interressent à ce sujet ou à ceux qui ont la curiosité de vouloir pénétrer la "Spiritualité" Catholique,

Et il y en a sur ce Forum !

Il n'est bien sûr pas question de vouloir te convaincre ou t'imposer quoi que ce soit.
Je cherche seulement à comprendre, et je ne puis m'empêcher de me demander si les mystiques dont vous parlez avaient vraiment une conception claire du christianisme étant donné qu'on ressent une tendance gnostique dans les écrits des mystiques en question et l'absence d'objectivité et de spontanéité des livres canoniques, sans parler des aspects complètement en contradiction avec les évangiles canoniques. Dans l'ensemble ces récits font plus penser aux comtes des mille et une nuits qu'à un récit inspiré de DIEU. J'ai vraiment du mal à comprendre qu'on puisse accorder à ces récits une foi qu'ils ne méritent manifestement pas. C'est pourquoi je suis persuadé que l'église accorde à ces écrits un intérêt bien trop grand.
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 25 Jan 2013, 6:30 pm





@Massorète a écrit:
@RAMOSI a écrit:



@ Massorète,





Le crédit, c'est que ce sont de grands Chrétiens du passé, des Mystiques, qui ont produit ces textes,

Des Chrétiens sans lesquels le Christianisme n'existerait peut-être même plus aujourd'hui !

Mais de toute manière, ce Topic est fait pour ceux qui s'interressent à ce sujet ou à ceux qui ont la curiosité de vouloir pénétrer la "Spiritualité" Catholique,

Et il y en a sur ce Forum !

Il n'est bien sûr pas question de vouloir te convaincre ou t'imposer quoi que ce soit.

Je cherche seulement à comprendre, et je ne puis m'empêcher de me demander si les mystiques dont vous parlez avaient vraiment une conception claire du christianisme étant donné qu'on ressent une tendance gnostique dans les écrits des mystiques en question et l'absence d'objectivité et de spontanéité des livres canoniques, sans parler des aspects complètement en contradiction avec les évangiles canoniques. Dans l'ensemble ces récits font plus penser aux comtes des mille et une nuits qu'à un récit inspiré de DIEU. J'ai vraiment du mal à comprendre qu'on puisse accorder à ces récits une foi qu'ils ne méritent manifestement pas. C'est pourquoi je suis persuadé que l'église accorde à ces écrits un intérêt bien trop grand.



Bien au contraire, ces Pères de l'Eglise, Martyres, Saints, Mystiques et Fondateurs de Monastères,

Sont ceux qui nous ont transmis intacte la Parole de JESUS, et nous ont transmis le Christianisme et une belle Spiritualité à travers les 2000 ans écoulés !

Sans eux, nous en serions encore peut-être,

A rendre un culte à César,

Ou à adorer le Veau d'Or !

Travers qui à nouveau nous menacent, pour cause d'Apostasie généralisée !












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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Mer 13 Fév 2013, 7:25 pm




L’enfance de Marie selon les mystiques
Certains mystiques disent recevoir une « vision » ou une « dictée » de la vie de JESUS ou de Marie, par exemple Marie d'Agréda (1602-1665)[1], Anne Catherine Emmerich (1774-1824)[2], Maria Valtorta (1897-1961)[3], et d'autres encore de nos jours.


Ces récits ne concordent pas toujours et ils s'expliquent au moins en partie par l'Evangile, les apocryphes, la tradition populaire, les connaissances historiques. On ne peut pas non plus exclure que tel ou tel aspect vienne « de lumières ou influences du ciel »[4]. Voici ce qui concerne l'enfance de Marie, ou sa Présentation au Temple :


Jusqu'à l'âge de trois ans.

Selon le Protévangile de Jacques, Anne n'a pas nourri Marie durant les quarante premiers jours de sorte que la petite Marie commence sa vie par un jeûne de quarante jours (§ 5.2). Ses pieds ne touchent pas sol (impur), avant que ses parents ne la déposent au Temple à trois ans révolus. C'est sur ce sol sacré qu'elle commence à marcher pour monter allégrement les degrés du Temple (§ 6, 1).

Ces éléments tout à fait invraisemblables ont une signification symbolique, poétique. Dans leurs récits de la vie de Marie, ni Maria d'Agréda (1602-1665), ni Anne Catherine Emmerich (1774-1824), ni Maria Valtorta (1897-1961), ni les mystiques contemporaines ne reprennent ces éléments[5].


La présentation de Marie au temple.

Maria d'Agréda (1602-1665), Anne Catherine Emmerich (1774-1824), et Maria Valtorta (1897-1961) décrivent la présentation de Marie au Temple.

Les vies « révélées » ne dépendent pas directement du Protévangile de Jacques, elles dépendent plutôt de la tradition commune, laissée dans la mémoire populaire, par la fête liturgique de la Présentation.

Maria d'Agréda et Anne Catherine Emmerich évoquent quinze marches, comme dans l'apocryphe du Pseudo-Matthieu.

Selon le Protévangile de Jacques, Marie est nourrie de la main des anges (§ 8, 1), et a été élevée dans le Saint des Saints. Mais aucune des vies « révélées » ne situe Marie dans le Saint des Saints. Dans les vies « révélées », Marie est seulement dans l'enceinte du Temple, comme novice dédiée à l'étude, à la prière et aux travaux ménagers sous l'autorité - selon Maria d'Agreda et Maria Valtorta - d'Anne la prophétesse (que l'on retrouve lors de la Présentation de JESUS en Luc 1, 39).


Les mystiques insistent sur le fait que Marie était fervente, vivant une oraison continuelle ou de longues heures de prières[6].


La tribu de Marie.

Maria d'Agréda, Anne Catherine Emmerich et Maria Valtorta disent que Marie appartenait à la famille de David.

Les évangiles de Matthieu et Luc ne le disent pas, si ce n'est, indirectement, par le fait que Marie ait été admise au mariage avec un homme de la tribu de David, Joseph. Mais Luc montre aussi que Marie est parente avec Elisabeth, épouse de Zacharie de la tribu sacerdotale.


[1] Marie d'Agréda, La cité mystique de Dieu (première édition espagnole en 1670) Téqui, Paris 2000

[2] Anne Catherine Emmerich, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006

[3] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, 1985

[4] Cf. R. Laurentin, F-M. Debroise, La vie de Marie d'après les révélations des mystiques, Presses de la Renaissance, Paris 2011, p. 248

[5] Cf. R. Laurentin, F-M. Debroise, La vie de Marie d'après les revelations des mystiques, Presses de la Renaissance, Paris 2011, p. 73

[6] Cf. Ibid., p. 84- 85


Synthèse Françoise Breynaert
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 28 Mar 2013, 8:48 pm




Les fiançailles avec Joseph
A l’exception des mariages relevant de catégories particulières, comme le mariage de Samson, les Israélites distinguaient deux temps dans le mariage : l'accord sur le mariage et le mariage proprement dit. C'est le premier acte, l’accord sur le mariage, qu'on appelle les fiançailles.


Les fiançailles réglaient l'accord entre les deux familles. Les deux familles étaient liées au paiement du mohar qui était un don fait par le futur mari à la famille se sa fiancée ; sans doute cet accord était-il accompagné d'une fête. La femme « fiancée » n'était pas encore appelée « épouse », mais son statut était toutefois modifié par cet accord préalable. Toute infidélité était sévèrement punie, car elle portait atteinte à des droits acquis. Les fiançailles pouvaient durer assez longtemps, et dans ce cas, le fiancé était dispensé de service militaire.

Ils n'ont pas encore habité ensemble, lorsqu'il s'aperçoit qu'elle est enceinte

Les fiançailles prenaient fin, soit par la rupture du contrat entre les deux familles (le mohar était restitué), soit par la donation de la jeune fille à son mari qui normalement prenait sa fiancée chez lui ; cependant il suffisait que le père ait mis à sa disposition une chambre où il pût retrouver celle qui était désormais sa femme. C’est sans doute au moment où la jeune fille abandonnait la protection paternelle qu'elle recevait une bénédiction, avec des souhaits pour sa fécondité.


Les fiançailles de Joseph et de Marie s'expliquent en fonction de ces institutions. Marie a été fiancée à Joseph. Celui-ci ne l'a pas encore prise chez lui, ou d'une manière plus générale ils n'ont pas encore habité ensemble, lorsqu'il s'aperçoit qu'elle est enceinte. Il peut rompre le contrat et songe à le faire discrètement, mais une intervention surnaturelle le fait changer d'avis.


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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 03 Mai 2013, 7:36 pm




Evangiles des fiançailles de Marie et Joseph
Les fiançailles avec Joseph sont un évènement clairement affirmé par les Evangiles.



Saint Luc, dans le récit de l'Annonciation à Marie, présente celle-ci comme une "vierge fiancée à un homme nommé Joseph", elle seule chez elle :

"Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie."

(Luc 1, 26-27)



Le récit de l'évangile de saint Matthieu est cohérent avec le récit de saint Luc :

"Or telle fut la genèse de JESUS Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph: or, avant qu'ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint.

Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit. Alors qu'il avait formé ce dessein, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit:

"Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme: car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint; elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de JESUS: car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés."

(Matthieu 1, 18-21)



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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 10 Mai 2013, 7:03 pm




Le vœu de virginité de Joseph avec Marie
L'Evangile.

« Marie dit à l'ange: "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme? » (Luc 1, 34)

« Joseph fit comme l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme » (Matthieu 1, 24)

Marie a fait vœu de virginité (Lc 1, 34)

« Le contexte dans lequel est posée la question: "Comment cela va-t-il se faire?", et l'affirmation qui suit : "Je ne connais pas d'homme" (Lc 1, 34), mettent en évidence aussi bien la virginité actuelle de Marie que son intention de rester vierge. » [1]

N.B. Le vœu de virginité existait dans le contexte de l'attente messianique (les Esséniens, Jean Baptiste...) cependant ces parallèles ne doivent pas nous faire « tomber dans l'erreur de lier complètement ses dispositions intimes à la mentalité ambiante évacuant ainsi le caractère unique du mystère qui s'est réalisé en elle. »[1]

Si Marie accepte le mariage avec Joseph (Mt 1, 24), c'est donc que Joseph a librement adhéré à son choix et qu'il a accepté d'être le gardien de la virginité de Marie.

La réflexion de saint Thomas d'Aquin.

Saint Thomas d'Aquin précise le vœu de virginité en le distinguant d'un simple désir.

Le désir appartient au secret personnel de Marie et Joseph avant leur rencontre, c'est un désir soumis à ce que Dieu indiquera, par exemple, selon la tradition apocryphe, Dieu indique à Marie et Joseph, par l'intermédiaire du grand prêtre, que leur mariage appartient à son plan divin.

De plus, dit saint Thomas,

« les oeuvres de perfection méritent plus de louanges quand elles sont solennisées par un vœu. Or, chez la Mère de Dieu, c'est la virginité qui devait avoir le plus d'éclat, comme cela apparat d'après nos arguments.

Il convenait donc que sa virginité fût consacrée à Dieu par un voeu. »

(Saint Thomas, Somme Théologique, III Qu.28 a.4).

Saint Thomas d'Aquin précise le moment du vœu de virginité de Marie, en communion avec Joseph.

Le vœu de virginité n'a pas pu être prononcé avant le mariage car alors ce mariage aurait été une trahison du vœu (1Tm 5,12) ;

Ce vœu a donc été fait conjointement par Marie et Joseph au moment du mariage (entre les fiançailles et les noces solennelles).

Citons saint Thomas :

«- Objection 3 : L'Apôtre déclare (1Tm 5,12): "Pour ceux qui font vœu de chasteté, non seulement le mariage, mais le désir du mariage est condamnable." Or, la mère du Christ n'a commis aucun péché condamnable, comme on l'a établi précédemment. Donc, puisqu'elle a été "fiancée" dit S. Luc (Lc 1,27), il apparaît qu'elle n'avait pas fait vœu de virginité.

- A contrario : S. Augustin, écrit : "A l'annonce faite par l'Ange, Marie répond: "Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ?" Ce qu'elle n'aurait certainement pas dit si elle n'avait pas antérieurement consacré à Dieu sa virginité."

- Réponse : [...] Aussi ne croit-on pas que la Mère de Dieu, avant ses fiançailles avec Joseph, ait fait catégoriquement le vœu de virginité; mais bien qu'elle en ait eu le désir, elle a remis sur ce point sa volonté à la décision de Dieu. Plus tard, quand elle eut pris un époux, comme l'exigeaient les mœurs du temps, elle fit avec lui vœu de virginité. [...]

- Solution 3 : La parole de S. Paul est à entendre de ceux qui ont voué la virginité d'une manière absolue. Ce n'était pas le cas de la Mère de Dieu avant ses fiançailles avec Joseph. Mais après ses fiançailles, en même temps que son époux et d'un commun accord, elle fit vœu de virginité. »

(Saint Thomas, Somme Théologique, III Qu.28 a.4)




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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 23 Mai 2013, 6:56 pm




Le Christ devait-il naître d'une fiancée?
Les articles de saint Thomas répondent à une question (celle du titre), et commencent par des « objections ».

Ensuite, il cite l'Evangile et donne réponse à la question posée.

A la fin, il donne des "solutions" aux objections.

Objections:

1. Les fiançailles sont ordonnées à l'acte du mariage. Mais la Mère du Seigneur n'a jamais voulu user du mariage parce qu'elle aurait ainsi dérogé à sa virginité spirituelle.

2. Que le Christ soit né d'une vierge, ce fut un miracle. Aussi S. Augustin écrit-il: " La vertu même de Dieu a fait sortir les membres d'un enfant à travers le sein virginal de sa mère inviolée, comme plus tard elle fera entrer les membres d'un adulte par des portes closes. Si l'on en cherche une raison, la merveille s'évanouit; si l'on veut y trouver un exemple, ce n'est plus un cas unique. " Mais les miracles ont pour but de confirmer la foi et c'est pourquoi ils doivent être évidents. Donc, puisque les fiançailles auraient obscurci ce miracle, il ne semble pas que le Christ naquit d'une fiancée.

3. D'après S. Jérôme le martyr S. Ignace donne de ces fiançailles le motif suivant: " Pour que son enfantement soit caché au diable, parce que celui-ci le croirait engendré non d'une vierge mais d'une épouse. " Mais ce motif semble sans aucune valeur. D'abord parce que le diable connaît, grâce à sa perspicacité, tout ce qui concerne les corps. En outre, les démons ont plus tard quelque peu connu le Christ par de nombreux signes évidents. On lit ainsi (Mc 1,23) " Un homme possédé de l'esprit impur s'écria "Que nous veux-tu, JESUS de Nazareth? Es-tu venu avant le temps pour nous perdre? je sais qui tu es: le Saint de Dieu. " " Il ne parait donc pas que la Mère de Dieu ait été fiancée.

4. S. Jérôme indique un autre motif: " Pour qu'elle ne soit pas lapidée par les juifs comme adultère. " Mais ce motif paraît sans valeur, car si elle n'avait pas été fiancée, elle n'aurait pas pu être condamnée pour adultère. Ainsi ne paraît-il pas rationnel que le Christ naquît d'une vierge fiancée. (Somme Théologique, III Qu.29 a.1)

En sens contraire,

on lit chez S. Matthieu (Mt 1,18): "Marie, la mère de JESUS, était fiancée à Joseph." Et chez S. Luc (Lc 1,26): "L'ange Gabriel fut envoyé à Marie, une vierge fiancée à un homme appelé Joseph."

Réponse:

Il convenait que la vierge dont le Christ devait naître fût fiancée, à cause du Christ lui-même, à cause de sa mère et à cause de nous.

A cause du Christ .

1 Afin qu'il ne soit pas rejeté par les infidèles comme un enfant illégitime. "Qu'aurait-on pu reprocher aux Juifs et à Hérode, demande S. Ambroise s'ils avaient persécuté un enfant apparemment né de l'adultère ?"

- 2 Afin que l'on pût dresser la généalogie du Christ, selon l'usage, en ligne masculine. Ce qui fait dire à S. Ambroise: "Celui qui est venu dans le monde est décrit à la manière du monde. On recherche l'homme à qui doivent échoir, au Sénat ou dans les autres assemblées, les honneurs dus à une famille. C'est le même usage qu'attestent les Écritures, en recherchant toujours l'origine d'un homme."

- 3 Afin de protéger le nouveau-né contre les attaques que le diable aurait lancées contre lui avec plus de violence. Et c'est pourquoi S. Ignace soutient qu'elle fut fiancée "afin que son enfantement fût caché au diable".

En outre, cela convenait à l'égard de la Vierge elle-même.

1 Elle échappait ainsi au châtiment "afin de ne pas être lapidée par les juifs comme adultère" selon S. Jérôme.

- 2 Elle était ainsi protégée contre le déshonneur, ce qui fait dire à S. Ambroise: "Elle a été fiancée pour soustraire au stigmate infamant d'une virginité perdue celle dont la grossesse aurait semblé faire éclater la déchéance."

- 3 "Pour montrer l'aide que lui apporta S. Joseph", dit S. Jérôme.

Cela convenait aussi en ce qui nous concerne.

- 1 Parce que le témoignage de Joseph atteste que le Christ est né d'une vierge, comme le remarque S. Ambroise: "Personne ne témoigne avec plus d'autorité de la pudeur d'une femme que son mari qui pourrait ressentir l'injure et venger l'affront s'il n'avait reconnu là un mystère."

- 2 Parce que les propres paroles de la Vierge affirmant sa virginité en reçoivent plus de crédit. S. Ambroise le dit aussi: "Cela donne plus de poids aux paroles de Marie et enlève tout motif de mensonge. Car une vierge qui aurait été enceinte sans être mariée aurait voulu voiler sa faute par un mensonge. Fiancée, elle n'avait aucune raison de mentir puisque, pour les femmes, la fécondité est la récompense du mariage et le bienfait des noces." Ces deux motifs viennent confirmer notre foi.

- 3 Pour enlever toute excuse aux vierges qui, par leur imprudence, n'évitent pas le déshonneur. Ce que dit encore S. Ambroise: "Il ne convenait pas de laisser aux vierges dont la conduite a mauvaise réputation le prétexte et l'excuse de voir diffamée jusqu'à la Mère du Seigneur."

- 4 Parce qu'il y avait là un symbole de toute l'Église qui, " bien que vierge, a été fiancée à un unique époux, le Christ ", dit S. Augustin.

- On peut encore ajouter une cinquième raison à ce que la Mère du Seigneur fût une vierge fiancée: en sa personne sont honorés et la virginité et le mariage, contre les hérétiques qui rabaissent l'un ou l'autre.

Solutions [des objections] :

1. Il faut croire que la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu a voulu se fiancer par une impulsion secrète du Saint-Esprit. Comptant sur le secours divin pour n'avoir jamais à s'unir charnellement, elle a cependant remis cela à la décision divine, si bien que sa virginité n'a subi aucune atteinte.

2. Comme dit S. Ambroise, "le Seigneur a préféré laisser certains mettre en doute son origine plutôt que la pureté de sa mère. Il savait combien est délicate la pudeur d'une vierge et fragile son renom de pureté, et il n'a pas jugé devoir établir la vérité de son origine en faisant mal juger sa mère". Il faut pourtant savoir que parmi les miracles de Dieu, certains sont de foi comme celui de l'enfantement virginal et celui de la résurrection du Seigneur, et aussi celui du sacrement de l'autel. Et c'est pourquoi le Seigneur a voulu qu'ils soient plus cachés afin qu'on ait plus de mérite à y croire. Mais certains miracles ont pour but de confirmer la foi, et ceux-là doivent être manifestes.

3. Comme dit S. Augustin, le diable a par nature une grande puissance, mais celle-ci est empêchée par la puissance divine. Et ainsi peut-on dire que si, par la puissance de sa nature, le diable pouvait savoir que la Mère de Dieu n'avait pas été souillée mais était demeurée vierge, Dieu l'empêchait de connaître le mode de l'enfantement divin. Que par la suite le diable ait pu découvrir que JESUS était le Fils de Dieu, cela ne s'y oppose pas, parce qu'il était temps alors pour le Christ de montrer sa puissance contre le diable et de subir la persécution soulevée par celui-ci.

Aussi S. Léon dit-il: "Les mages trouvèrent JESUS petit comme un enfant, ayant besoin de l'aide d'autrui, incapable de parler, bref ne différant en rien de tous les autres enfants des hommes."

Cependant S. Ambroise semble appliquer cela plutôt aux membres du diable. En effet, après avoir donné ce motif: de tromper le prince de ce monde, il ajoute: "Mais il a plus encore trompé les princes de ce monde. Car la nature des démons parvient à pénétrer même les choses cachées, mais ceux qui sont absorbés par les vanités de ce monde ne peuvent connaître les réalités divines."

4. Selon la loi, le châtiment des adultères, c'est-à-dire la lapidation était infligée non seulement à la femme déjà fiancée ou mariée, mais encore à la vierge gardée dans la maison paternelle en attendant le mariage. Aussi est-il écrit (Dt 22,20): " Si une jeune fille n'a pas été trouvé vierge, elle sera lapidée par les gens de la cité et elle mourra, parce qu'elle a commis une infamie en Israël, en se prostituant dans la maison de son père. " Ou bien l'on peut dire que la Bienheureuse Vierge était de la race d'Aaron, d'ou sa parenté avec Élisabeth notée par Luc (Lc 1,36). Or la vierge de race sacerdotale, quand elle se déshonorait, était mise à mort selon le Lévitique (Lv 21,9): " Si la fille d'un prêtre est surprise à se prostituer et déshonore le nom de son père, elle sera brûlée. " Certains rattachent la parole de S. Jérôme à cette lapidation pour déshonneur.


St Thomas d'Aquin, Somme Théologique q 29, a 1



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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 07 Juin 2013, 6:48 pm




Le mariage de Marie selon les mystiques
L'origine de Joseph.

Pour les deux visionnaires espagnoles, Maria d'Agréda (1602-1665) et Maria Valtorta (1897-1961) Joseph est originaire de Nazareth, et il a fait vœu de chasteté à l'âge de douze ans[1].

Maria Valtorta précise que Joseph a fait vœu de naziréat[2] ; et, lors du recensement, ils ne connaissent personne à Bethléem[3].

Anne Catherine Emmerich dit seulement qu'il n'était pas marié et qu'il évitait de fréquenter les femmes[4] ; en outre, il est originaire de Bethléem où il a des amis qui ne le reçoivent pas au moment de la Nativité de JESUS[5].

L'âge de Joseph.

La tradition primitive veut défendre la virginité de Marie, et pour cela elle décrit Joseph comme un homme âgé : c'est un protecteur et non pas un mari. Selon le Protévangile de Jacques, Joseph est un vieillard veuf : il a eu plusieurs fils (§ 9, 2), de même selon le Pseudo Matthieu la reprend (§ 8, 2-4), et selon le Livre de la Nativité de Marie au IX° siècle (§ 8, 1).


Au contraire, les mystiques montrent en Joseph un homme célibataire et jeune.

Maria d'Agreda, « 33 ans » « bien fait, d'un visage agréable, mais d'une modestie incomparable, et surtout très chaste en ses pensées et en ses œuvres. »[6] Anne Catherine Emmerich il pouvait avoir 33 ans[7], pour Maria Valtorta 35 ans tout au plus[8].

Selon toutes les mystiques, Marie a 14 ans.

Le magistère, notamment Jean Paul II (Redemptoris Custos) correspond à une telle vision de Joseph, jeune et véritable époux, virginal.


Le test du rameau.

Selon les récits apocryphes, les prétendants présentent un rameau et un signe désigne celui que Dieu a choisi comme époux de la Vierge Marie.

Les mystiques retiennent ce test avec des variantes concernant le fleurissement du bâton ou la présence d'une colombe.

Le mariage.

Pour Maria d'Agréda (1602-1665), le mariage est célébré dans le Temple, sans prélude fiançailles[9].

Pour Anne Catherine Emmerich (1774-1824), les noces durent une semaine, avec une magnificence extrême et une profusion de mets et de toilettes. Ce faste s'explique par la richesse d'Anne la mère de Marie, très fortunée, en contraste avec la pauvreté de Joseph.[10]

Pour Maria Valtorta (1897-1961), on célèbre les fiançailles. La conception virginale de Marie précipite ensuite le mariage : seule Maria Valtorta distingue les deux phases du mariage selon la loi juive[11].


[1] Marie d'Agréda, La cité mystique de Dieu (première édition espagnole en 1670) Téqui, Paris 2000, Livre II, 391-392

[2] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, 1985 t.1, p. 81-84

[3] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, 1985 t.1, p. 160-161

[4] Anne Catherine Emmerich, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, Paris 2006, p.146

[5] Ibid., p.220

[6] Marie d'Agréda, La cité mystique de Dieu (première édition espagnole en 1670) Téqui, Paris 2000, Livre II, p. 387-387

[7] Anne Catherine Emmerich, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, Paris 2006, p. 145-146

[8] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, 1985 t.1, p. 79. 114

[9] Marie d'Agréda, La cité mystique de Dieu (première édition espagnole en 1670) Téqui, Paris 2000, Livre II, p. 388

[10] Anne Catherine Emmerich, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, Paris 2006, p. 155 et 198

[11] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, 1985 t.1, p. 157

Synthèse Françoise Breynaert

Cf. R. Laurentin, F-M. Debroise, La vie de Marie d'après les révélations des mystiques,

Presses de la Renaissance, Paris 2011
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 29 Juin 2013, 7:00 pm



Ce Oui de Marie qui a bouleversé l'histoire de l'univers
Dans l'ordre de la nature, le mois de mars est celui qui voit éclore les premières fleurs du printemps et dans l'ordre de la grâce, c'est également le mois qui voit fleurir deux fêtes admirables. La première, le 19, célèbre un homme hors du commun : Joseph. La seconde, le 25, honore une femme exceptionnelle : Marie, dans l'événement prodigieux de l'Annonciation.

L'évènement prodigieux de l'Annonciation

Parce que cet événement a bouleversé l'Histoire et renversé le cours des choses il est nécessaire que nous prenions le temps d'en méditer la signification et d'en mesurer les conséquences. A partir de cette annonce faite à Marie nous sommes vraiment entrés dans une ère nouvelle : «Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme...» (Ga 4,4).

Il m'arrive très souvent de penser à cette heure précise de l'Histoire où le destin du monde s'est joué dans la conscience de cette femme nommée Marie. A cet instant décisif, Marie détenait le sort de l'humanité. C'est peut-être pour cela que j'aime tant la statue de la Chapelle de la rue du Bac à Paris qui la représente tenant un globe entre ses mains, c'est-à-dire l'humanité tout entière, et donc, vous et moi. Souverainement libre, qu'allait répondre Marie ? Sa réponse est tombée de ses lèvres, simple et précise:

"Fiat ! Oui, j'accepte."

A partir de cette heure ce fut pour le monde un véritable déluge de grâces :

Grâce au «oui» de Marie, le Sauveur pouvait naître.

Grâce au «oui» de Marie, l'Evangile serait proclamé.

Grâce au «oui» de Marie, la Mort serait vaincue.

Grâce au «oui» de Marie, l'Espérance serait rendue au monde.

Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de notre immense reconnaissance. D'où ces titres donnés à Marie : Cause de notre joie ; Porte du Ciel ; Etoile du Matin... En vérité, cette fête de l'Annonciation fut et demeure un véritable printemps pour le monde. L'Eglise l'a d'ailleurs fort bien compris au point de nous le rappeler matin, midi et soir dans cette belle prière de l'Angélus qui récapitule et actualise cette grâce originelle du Salut.

L'Angélus nous redit chaque jour que Dieu est entré pleinement dans notre temps et que ce temps est désormais rempli de sa Présence : «Et moi, je suis avec vous, tous les jours jusqu'à la fin des temps» (Mt. 28,20). Par là nous sommes invités a nous ouvrir à sa Présence, à Lui consacrer toutes les heures du jour et de la nuit, celles qui sont ensoleillées et celles qui sont envahies par les ombres, nos heures de plénitude et nos heures de finitude, nos heures d'allégresse et nos heures de détresse, «maintenant et à l'heure de notre mort».

«Ne crains pas d'aimer trop la Sainte Vierge...»

Méditant ce mystère, Thérèse, qui était entrée au carmel de Lisieux « le jour où le carmel célébrait la fête de l'Annonciation» (Ms 4,68 v°), devait écrire au soir de sa vie : «Ô Mère bien-aimée, malgré ma petitesse, comme toi je possède en moi le Tout-Puissant, mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse: le trésor de la mère appartient à l'enfant» (PN 54). Relisant récemment sa correspondance je suis tombé sur ces lignes qui sont peut-être mystérieusement adressées au lecteur qui les lira :

«Ne crains pas d'aimer trop la Sainte Vierge, jamais tu ne l'aimeras assez, et JESUS sera bien content puisque la Sainte Vierge est sa Mère» (LT 92).


Père R. Zambelli
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Sam 06 Juil 2013, 6:32 pm

Lc 1,26-38 : L’Annonciation, l'Incarnation
L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu

dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,

à une jeune fille, une vierge,

accordée en mariage à un homme de la maison de David,

appelé Joseph ;

et le nom de la jeune fille était Marie.



L’Ange entra chez elle et dit :

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »



A cette parole, elle fut toute bouleversée,

et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.



L’Ange lui dit alors :

« Sois sans crainte, Marie,

car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils,

et tu lui donneras le nom de JESUS.

Il sera grand,

il sera appelé Fils du Très- Haut ;

le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,

et son règne n’aura pas de fin. »



Marie dit à l’Ange : « Comment cela va-t-il se faire,

puisque je suis vierge ? »



L’Ange lui répondit :

« L’Esprit Saint viendra sur toi,

et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;

c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,

et il sera appelé Fils de Dieu.

Et voici qu’Elisabeth, ta cousine,

a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse,

et elle en est à son sixième mois,

alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’.

Car rien n’est impossible à Dieu. »



Marie dit alors :

« Voici la servante du Seigneur ;

que tout se passe pour moi

selon ta parole. »



Alors l’Ange la quitta.
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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Ven 02 Aoû 2013, 6:48 pm




La basilique de l'Annonciation à Nazareth
Le sanctuaire est construit sur la grotte qui est une partie de la maison de la Vierge Marie...

Le sanctuaire que nous visitons est construit sur une grotte qui constituait une partie de l’habitation de la sainte famille, l’autre partie était construite en pierre de taille, pierres qui furent acheminées en Italie, à Lorette (Loreto) en l’an 1294 (cf. le sanctuaire de ce nom).

...Pour honorer l’Annonciation et l’Incarnation,

deux facettes d’un même évènement.

Nazareth est une humble bourgade inconnue de l’Ancien Testament. Située aux marges de la terre d’Israël, dans la « Galilée des nations ».

Dans ce lieu humble et déjà universel, l’ange Gabriel vient annoncer à une vierge qu’elle serait la mère du Sauveur (c’est « l’Annonciation »). Le nom de cette vierge est Marie, promise en mariage à Joseph, charpentier de métier. L’ange la salue en lui disant “Réjouis-toi”, comme à la fille de Sion. Et il répond à sa question concernant la conception de l’enfant : elle concevra virginalement, par la puissance du Très Haut, l’Esprit Saint, car il s’agit de l’Incarnation du Fils de Dieu. L’ange attend la réponse de Marie, qui donne son consentement - Je suis la servante du Seigneur, qu’il advienne pour moi selon ta parole, autrement dit, selon le sens que tu donnes à cette parole.

Alors JESUS, le Fils de Dieu, s’unit à notre humanité dans le sein virginal de Marie (c’est « l’Incarnation »).

La vierge Marie a dit Oui comme jadis le peuple hébreu au mont Sinaï : une « nouvelle Alliance » commence.

Dans l’évangile de saint Matthieu, il est dit que Joseph lui aussi a son annonciation, l’ange lui parle dans un songe : « Ne crains pas de prendre Marie ton épouse car celui qu’elle porte vient de l’Esprit saint. ».

Vénérer Marie et adorer JESUS.

La façon dont saint Luc écrit son évangile révèle la vénération de la communauté primitive envers Marie, celle qui est la mère du roi messianique, mère virginale, mère du Fils de Dieu.

Visiter ce sanctuaire c’est s’approcher du mystère de Marie, fille de Sion, femme de l’Alliance, mère virginale du Fils de Dieu.

L’évangile de Luc raconte au chapitre 4 que les habitants de Nazareth ne s’ouvraient pas au mystère de JESUS, et quand il prêcha dans la synagogue, ils s’indignèrent de son autorité et voulurent le tuer, mais JESUS passa son chemin. Les disciples, au contraire, s’ouvrent à son mystère, ils constatent qu’il parle avec l’autorité de Moïse, et qu’il est plus grand que Moïse et Elie, il prend les prérogatives du temple et de la Torah, il est législateur comme Dieu, il pardonne comme Dieu, il recrée comme Dieu. Et les disciples s’ouvrent à sa divinité.

Visiter ce sanctuaire, c’est aussi s’ouvrir au mystère de JESUS, Fils de Dieu incarné.

L'archéologie révèle les constructions successives.

En 1730, les franciscains de Terre sainte ont construit une petite église au-dessus de la Grotte de l’Annonciation, sans avoir la permission de travailler plus de 6 mois, donc sans faire de fouilles archéologiques.

Pendant longtemps, la custodie de Terre sainte voulait construire une église plus digne du grand mystère commémoré à Nazareth. Finalement, le projet pris forme en 1951 avec l’architecte Antonio Barluzzi. Mais avant la construction proprement dite, les fouilles systématiques furent effectuées en 1955, sous la conduite du père Bellarmino Bagatti, O.F.M. c’est alors que l’on découvrit les restes d’une église-synagogue, d’une église byzantine et d’une église des croisés. L’architecte s’ingénia à mettre ne valeur ces vestiges au sein de la nouvelle construction. Une esplanade protège aussi les restes du vestige du village de Nazareth.

Le témoignage des textes anciens.

Au temps de la persécution de Dèce (249-251), Conon, l’un des chrétiens persécuté dira qu’il est de Nazareth et de la famille de JESUS, et qu’il rend un culte à JESUS comme ses ancêtres. Ce qui correspond au plan archéologique à la première église-synagogue des judéo-chrétiens primitifs.

Durant le siècle suivant, saint Jérôme (IV° siècle) témoigne que ce lieu était un but de pèlerinage. Ce témoignage correspond à ce que les fouilles vont découvrir du sanctuaire byzantin.

Ensuite, la présence musulmane a rendu ce lieu de plus en plus difficile d’accès pour les chrétiens.

Quand les Croisés arrivent en 1102, la ville est rasée sauf à l’endroit du sanctuaire où s’élève un joli monastère. Les Croisés construisent alors une très belle église romane, que les fouilles vont retrouver.

Les visites des papes.

Le pape Paul VI visita le sanctuaire en 1964 et donna un merveilleux résumé des trois leçons de Nazareth : « leçon de silence, leçon de travail quotidien, leçon de vie de famille. »

Le pape Jean Paul II est venu célébrer la messe le 25 mars 2000, pour le grand jubilé de l’Annonciation - Incarnation. Nous donnons son homélie entièrement dans l’article suivant.



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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Jeu 22 Aoû 2013, 7:20 pm




L'Annonciation à Marie, et le Puits


Il y à Nazareth le souvenir du Puits, et un sanctuaire grec-orthodoxe qui honore le "Puits de la l'Annonciation", où l'eau jaillit encore...

Ces lieux sont les témoins d'une tradition qui remonte aux récits apocryphes :

Le Protévangile de Jacques (§ 11) rapporte une annonciation en deux temps et en deux lieux différents , la fontaine et la maison :

« Et elle prit sa cruche et sortit puiser de l'eau. Et voici qu'une voix lui dit : "Réjouis-toi pleine de grâce ; le Seigneur est avec toi ; tu es bénie entre toutes les femmes." et Marie regardait à droite et à gauche, pour voir d'où venait cette voix.

Et, toute tremblante elle entra dans sa maison ; et après avoir déposé sa cruche, elle prit la pourpre s'assit sur sa chaise et se mit à filer la pourpre. Et voici qu'un ange se tint devant elle disant : "Ne crains pas Marie, car tu as trouvé grâce devant le maître de toutes choses".... »

Protévangile (apocryphe) de Jacques § 11

On peut voir là une précision anecdotique quoique historiquement vraisemblable. Mais plus sûrement il faut y discerner un argument théologique. Les rencontres à la fontaine ou au bord du puits sont un thème biblique récurrent.

C'est toujours au bord du puits que se contractent les alliances :

- Celle d'Isaac et de Rébecca,

- Celle de Jacob et de Rachel,

- Celle de Moïse et de Cippora...

- On songe à la Samaritaine qui rencontre le Seigneur JESUS au bord d'un puits (cf Jn 4,6). La pointe du récit johannique est dans la découverte par la Samaritaine du seul mari qui peut la combler après les six qu'elle a déjà eu: le septième mari, le Christ Sauveur.

Situer au bord d'une fontaine l'Annonciation à la Vierge c'est donc assez clairement laisser entendre le caractère sponsal de cette rencontre : c'est l'Alliance de Dieu avec l'humanité qui est en train de se jouer et qui est suspendu au Fiat de la Vierge Marie.



Guillaume de Menthière, Je vous salue Marie, Paris 2005




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MessageSujet: Re: Panorama de la Vie de Marie de Nazareth   Mar 03 Sep 2013, 6:01 pm




Je vous salue Marie !
L'ange Gabriel entra et lui dit:

"Réjouis-toi, comblée de grâce,

le Seigneur est avec toi."

(Luc 1, 28)

Marie est "pleine de grâce" parce que "le Seigneur" est avec elle.

Les deux paroles de l'ange s'éclairent mutuellement comme le souligne le Catéchisme de l'Église Catholique . La grâce dont Marie est comblée n'est pas seulement de l'ordre de sa vertu ou de son caractère immaculé. Elle désigne plutôt ici la faveur divine gratuite et permanente.

Un peu comme JESUS au début de sa mission s'entendra dire par Dieu le Père « Tu as toute ma faveur » (cf. Marc 1,11), Marie au seuil de sa mission maternelle s'entend dire « tu es comblée des faveurs divines ».

L'expression « pleine de grâce » n'est pas alors uniquement un constat mais aussi un envoi : va, je te suis favorable, tu as trouvé grâce auprès de Dieu.(Luc 1,30). Si Moïse avait trouvé grâce aux yeux du Seigneur (cf. Ex 33,17), combien plus la Vierge Immaculée !

Une parole d'envoi en mission

Ce caractère d'envoi est fortement souligné par la parole « Le Seigneur est avec toi ». Cette expression est fréquemment utilisée dans la Bible comme un banal « bonjour ».

Par exemple dans le livre de Ruth, Booz salue les moissonneurs en leur disant « Le Seigneur soit avec vous » .

Mais elle peut aussi avoir un sens plus fort notamment dans un contexte d'envoi en mission.

Ce sont par exemple les mots de l'Ange du Seigneur à Gédéon dans le livre des Juges : « Le Seigneur est avec toi, vaillant guerrier ! » (Juges 6,12). Ces mots doivent venir à bout de toutes les réticences et de tous les atermoiements : « Va avec cette force que tu as, c'est moi qui t'envoie » dit Dieu (Juges 6,14).


Guillaume de Menthière, Je vous salue Marie, Paris 2005





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