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 Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

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MessageSujet: Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février   Jeu 11 Fév 2016, 9:53 am

Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

2016-02-05 Radio Vatican

Cuba accueillera le 12 février 2016 un évènement historique dans l’histoire du christianisme : le Pape François, qui fera escale à La Havane sur le chemin du Mexique, va y rencontrer le patriarche de Moscou, chef de l’Église orthodoxe russe. Il s'agit d'une étape importante, et de l'accomplissement d'une volonté déjà exprimée par les prédécesseurs du Pape François, Jean-Paul II et Benoît XVI.

Voici le communiqué diffusé ce vendredi midi par le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou :

«Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le Pape François et Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, se rencontreront le 12 février 2016. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le Pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le Patriarche Cyrille sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Marti de La Havane, et se conclura avec la signature d’une déclaration commune.

Cette rencontre des Primats de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises.

Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou souhaitent que cela soit aussi un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre, et qu'elle porte de bons fruits.»

Le père Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a précisé que l'entretien durerait environ deux heures. Le Pape François et le Patriarche Cyrille prendront brièvement la parole après la signature de la déclaration commune. Seront également présents, pour l'Église catholique, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l'Unité des chrétiens, et pour l'Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, que le Pape François a déjà reçu plusieurs fois au Vatican.

Après l'annonce de sa participation à une célébration le 31 octobre en Suède dans le cadre du cinquième centenaire de la Réforme de Martin Luther, l'annonce de la rencontre du Pape François avec le patriarche russe confirme sa volonté d'accélérer la réconciliation entre chrétiens, Si le patriarcat de Constantinople bénéficie de la primauté d’honneur, numériquement le patriarcat de Moscou représente les 2/3 de l’orthodoxie mondiale. L'Église orthodoxe russe compte en effet 130 millions de fidèles, pour 1,2 milliard de catholiques. L'Église orthodoxe a connu un rebond important en Russie depuis l'effondrement du système soviétique, avec la fondation ou la refondation de milliers de paroisses et de monastères. Mais l'indifférence et l'athéisme de facto restent des réalités très ancrées dans la mentalité d'une grande partie de la population russe.

Des ponts déjà établis entre Moscou et Rome

Interrogé par la télévision russe, le métropolite Hilarion a déclaré que l'engagement commun des deux Églises dans la lutte contre les persécutions anti-chrétiennes en Orient rendait cette rencontre nécessaire, même si des désaccords persistent sur d'autres sujets, notamment concernant l'Ukraine. Le métropolite Hilarion est venu plusieurs fois au Vatican, notamment dans le cadre des Synodes sur la Famille de 2014 et 2015, auxquels il avait participé en tant que "délégué fraternel".

Il faut aussi remarquer que son prédécesseur à cette responsabilités des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, au temps du Patriarche Alexis II (1990-2008), n'était autre que Cyrille lui-même, qui avait alors noué des relations très suivies avec le Vatican, et notamment avec Benoît XVI qu'il a rencontré a plusieurs reprises avant son élection comme Patriarche en janvier 2009.

Cette rencontre du 12 février 2016 «n’est pas improvisée», a assuré le père Lombardi, confiant que cette possibilité est étudiée depuis deux ans. Il a évoqué la «circonstance favorable» des voyages programmés en même temps par le Pape et le Patriarche dans la même région latino-américaine, permettent d'envisager cette rencontre dans un lieu neutre, hors de l'Europe. Le Patriarche Cyrille sera en effet alors en visite à Cuba, une île qui compte une présence orthodoxe liée notamment à la diaspora russe présente dans ce pays autrefois allié de l'URSS.

Le président Raul Castro, qui se retrouve d'une façon inattendue hôte d'une rencontre majeure dans l'histoire de la chrétienté, accueillera le Pape François à sa descente d'avion sur le tarmac de l'aéroport, et s'entretiendra brièvement avec le souverain pontife. Il s'agira donc de la deuxième visite du Pape à Cuba, après celle effectuée du 19 au 22 septembre 2015. Mais cette fois-ci, elle ne durera qu'un peu plus de trois heures, et le Pape ne devrait pas avoir de contact avec les catholiques de l'île, même si le cardinal Ortega, archevêque de La Havane, et le nonce apostolique, Mgr Giorgio Lingua, seront présents sur le tarmac de l'aéroport pour l'accueillir.

Ce vendredi 12 février, le départ de l'avion papal depuis Rome sera donc avancé à 7h45 du matin, au lieu de 12h30. Malgré cette escale cubaine, le voyage du Pape au Mexique garde son programme inchangé.
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MessageSujet: Re: Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février   Jeu 11 Fév 2016, 9:54 am

La rencontre entre François et Cyrille suscite de grandes attentes

2016-02-06 Radio Vatican

L’annonce d’une rencontre, ce vendredi 12 février 2016 à La Havane, entre le Pape François et le Patriarche de Moscou, Cyrille 1er, suscite une grande surprise et un réel enthousiasme à travers le monde.

Impliquées, paradoxalement, dans une rencontre entre les deux principales figures de la chrétienté européenne, les autorités cubaines ont dit leur disponibilité pour accueillir cette rencontre "sur terrain neutre", qui se tiendra à l’aéroport international José Marti de La Havane entre 14h et 17h, heure locale. «Cuba se sent honorée d’accueillir la réunion des primats de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe russe, et apportera toutes les facilités pour la réalisation de cette rencontre historique», peut-on lire dans un communiqué du ministère cubain des Relations extérieures.

Il est à noter que le président Raul Castro recevra en personne le Pape François à sa descente d’avion, et il le raccompagnera à son départ. Cuba deviendra donc le premier pays, hors Italie, à recevoir le Pape François à deux reprises, après sa visite effectuée du 19 au 22 septembre 2015, durant laquelle il s’était rendu dans trois villes : La Havane, Santiago-de-Cuba et Holguin. Mais cette fois-ci, sa visite ne durera que trois heures et il ne devrait pas avoir de contact avec la communauté catholique de l’île, mis à part à travers la présence du cardinal Ortega, l’archevêque de La Havane, qui l’accueillera à l’aéroport.

Une avancée vers l'unité et le témoignage commun des chrétiens

Autre réaction importante, le cardinal Peter Erdö, président du Conseil des conférences épiscopales d'Europe, a écrit au Patriarche de Moscou. Il salue «un pas de plus accompli vers l'unité et le témoignage commun des chrétiens» et invoque «la bénédiction du Seigneur sur la rencontre».

Voici le texte intégral de cette lettre :

«Sainteté,

C’est avec une grande joie que j'ai appris la nouvelle de la prochaine rencontre, par la grâce de Dieu, entre Votre Sainteté et Sa Sainteté le Pape François, le 12 février prochain, à l'aéroport international José Martí de Cuba, rencontre qui se conclura par la signature d'une déclaration commune.

Cette rencontre historique, qui vient ainsi à sceller si heureusement des décennies de dialogue entre le Saint-Siège et le Patriarcat de l'Église Orthodoxe Russe, conforte aussi le CCEE dans le choix de s’investir dans ce dialogue. Avec le Métropolite Hilarion de Volokolamsk, Président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, nous avons beaucoup travaillé pour la création et la mise en œuvre du Forum Européen Catholique Orthodoxe, instance ecclésiale visant à promouvoir une meilleure collaboration pastorale entre l'Église catholique et les Églises orthodoxes en Europe, et dont la 5ème édition est déjà en préparation.

L'Église en Europe regarde cet évènement comme un pas de plus accompli vers l'unité et le témoignage commun des chrétiens. Par conséquent, j'invoque la bénédiction du Seigneur sur la rencontre, pour son succès, et je vous assure de mes prières pour cette étape importante vers l'unité de l'Église et en particulier pour l'Église orthodoxe russe.
Votre Sainteté, au nom du Conseil des Conférences Épiscopales d'Europe, je vous assure la prière de l'Église catholique en Europe et nous suivrons avec beaucoup d'intérêt et de joie votre rencontre avec le Pape François. »


(CV avec le site du CCEE)
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MessageSujet: Re: Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février   Jeu 11 Fév 2016, 9:55 am

Qui sont les orthodoxes?

Le pape François rencontrera demain à Cuba Kirill Ier, le patriarche de l'Eglise orthodoxe russe. Une première depuis le schisme de 1054.
Quelques repères sur les Églises orthodoxes, un univers complexe.
Publié le 11 février 2016.

L'orthodoxie représente dans le monde une entité fort complexe. Cette complexité est due à sa répartition géographique, son passé historique et la tradition propre à chacune des Églises. Un concile pan-orthodoxe dont on parle depuis longtemps devra apporter des solutions aux multiples problèmes créés par leur situation actuelle.

L'Église Orthodoxe se nomme volontiers "L'Église des Sept Conciles". Elle reste en effet fortement attachée aux sept conciles œcuméniques: Nicée (325), Constantinople (381), Éphèse (431), Chalcédoine (451), Constantinople II (553), Constantinople III (681), Nicée II (787). Le six premiers mirent fin aux querelles christologiques. Le dernier résolut la querelle des iconoclastes et régla le problème du culte des images, précisant la différence entre le culte rendu à Dieu seul et celui qui revient aux saints.

Principales différences avec l'Eglise romaine

Les querelles entre l'Orient et l'Occident (rivalités entre Rome et Constantinople, Filioque, date de Pâques, controverses iconoclastes) aboutirent au schisme officiellement sanctionné en 1054 par une condamnation réciproque, qui fut du reste levée récemment.

L'Église orthodoxe puise sa doctrine dans l'Écriture (canon des Septante, donc les livres apocryphes de l'Ancien Testament) et la tradition. Elle est hostile à la notion de développement doctrinal. Elle rejette donc le Filioque (l'affirmation que le Saint-Esprit procède aussi du Fils), les dogmes de l'immaculée conception et de l'assomption de Marie, non révélés dans la Bible, et ceux de la primauté et de l'infaillibilité pontificales, affirmant que l'infaillibilité ne peut appartenir à un homme seul, qu'elle appartient à l'Église et s'exprime dans les conciles œcuméniques.
Toute la théologie orthodoxe est résumée dans cette phrase d'Athanase: "Le Christ est devenu chair, pour que nous devenions divins".

Organisation et sacrements

La hiérarchie dite d'institution divine se limite aux trois ordres: diaconat, presbytérat, épiscopat. Le célibat n'est imposé qu'au clergé régulier, c'est-à-dire aux moines. Les hommes mariés peuvent accéder à la prêtrise et au diaconat, mais une fois ordonné, un prêtre ou un diacre ne peut plus se marier ni se remarier. Les évêques sont célibataires depuis le Vie siècle et élus parmi les moines et prêtres non mariés, en général par un synode.

Les sacrements, appelés encore des "mystères", sont au nombre de sept: le baptême, administré par triple immersion, le chrisme, la pénitence, les ordres, le mariage et l'onction (institués par les apôtres).

L'Église Orthodoxe prohibe les mariages mixtes et permet le divorce en cas d'adultère, de trahison ou d'apostasie. Elle ne connaît pas de purgatoire pour la purification des âmes, étant donné qu'après la mort on ne peut plus participer aux sacrements. La félicité dans l'au-delà est proportionnelle aux mérites acquis ici-bas. Le monachisme est un aspect important de l'Orthodoxie. Par contre, à la différence du catholicisme occidental, il n'existe pas en Orient d'ordres religieux; les monastères sont tous soumis à l'évêque du lieu. La tendance contemplative y domine.

Les Églises Orthodoxes se répartissent en trois groupes

1) Les quatre patriarcats de rite byzantin : Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem.

2) Cinq Églises Autocéphales d'origine plus récente: organisées de manière indépendante, elles possèdent le droit de désigner elles-mêmes leurs primats. Elles reconnaissent cependant en principe la primauté du patriarche de Constantinople. Quatre d'entre elles ont droit au titre de patriarcats :
La Russie: L'évangélisation des Slaves remonte au IXe siècle (Cyrille, Méthode). Le Patriarcat de cette Église, fondé en 1589, supprimé par Pierre le Grand en 1721 et rétabli en 1917, se trouve à Moscou. Elle compte environ 50 millions de fidèles.
La Roumanie: Patriarcat fondé en 1925. Quelque 14 millions de fidèles répartis en 12 diocèses et 9 000 paroisses desservies par 11 000 prêtres et diacres.
Patriarcat de Serbie: 8 millions de fidèles dans l'ancienne Yougoslavie.
La Bulgarie:6 millions de fidèles.
L'Église autocéphale de Géorgie: 5 millions de fidèles.

3) Églises Autocéphales sous la dépendance des patriarcats
La Grèce: cette Église dépend du patriarcat de Constantinople. Par déférence pour le patriarche de cette ville, le primat de Grèce a renoncé au titre de patriarche et porte celui d'archevêque d'Athènes. L'Église compte 7,5 millions de fidèles.
Chypre: 450 000 fidèles.
L'Albanie: Église décimée par la persécution de l'ancien régime. Environ 210 000 fidèles.
La Pologne: 450 000 fidèles.
La Tchécoslovaquie: 350 000 fidèles.
La Finlande: 70 000 fidèles.
Le Japon: 25 000 fidèles.
Les États-Unis: Constituée d'anciens émigrés, la situation de cette Église est confuse. En 1972,Moscou accorda l'autocéphalie aux orthodoxes d'origine russe établis aux U.S.A. (1 million). Les autres orthodoxes des U.S.A. et du Canada (3 500 000) dépendent des Églises grecque, roumaine et autres.
Certains émigrés russes disséminés dans le monde ont refusé de rester reliés au patriarcat de Moscou et dépendent de celui de Constantinople, formant des diocèses de langue russe au sein de l'Église grecque.

Wadie Andrawiss, historien des religions, spécialiste des chrétiens d'Orient, 12 février 2014
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MessageSujet: Re: Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février   Jeu 11 Fév 2016, 9:56 am

Kirill, « chef d’État » à la tête de l’Église orthodoxe russe

Le patriarche Kirill. Sa mission : orchestrer le retour de l’église orthodoxe russe au premier plan de la scène mondiale.

Premier patriarche de Moscou à rencontrer le pape vendredi 12 février à Cuba, Kirill fait partie d’une génération d’élites formées pour restaurer l’Église orthodoxe en Russie.

Résidence de l’ambassadeur de Russie à Paris, mars 2014. Ce soir-là, le dernier ouvrage du patriarche Kirill de Moscou – des méditations sur le Carême traduites en français – est à l’honneur devant un auditoire de journalistes. Tour à tour, les officiels vantent les « exceptionnelles » qualités de prédicateur et de responsable d’Église de l’auteur. « Mais aussi, ajoute l’ambassadeur, de chef d’État… Car notre patriarche aurait pu aussi bien diriger un État. »

Surprenant pour des Occidentaux, ces propos n’ont rien d’anodins. En effet, l’homme qui s’apprête à entrer dans l’histoire comme le premier patriarche de Moscou à donner l’accolade au pape s’est préparé à une mission bien précise : sauver l’Église orthodoxe russe de l’anéantissement et orchestrer son retour au premier plan sur la scène russe et mondiale.

Négociation permanente avec le régime communiste

Né en 1946 à Leningrad, Vladimir Gundjajev est l’héritier d’une Église longuement persécutée : plus de 70 ans, de la révolution d’Octobre à l’effondrement du bloc soviétique. Fils et petit-fils de prêtres morts au goulag, c’est avec un incurable sentiment de vulnérabilité qu’il pousse la porte du séminaire en 1960, pour être ordonné neuf ans plus tard sous le nom de Kirill.

Doué, le jeune homme est vite repéré par le métropolite Nicodème de Leningrad (1929-1978), en charge des relations extérieures au Patriarcat de Moscou. Cette figure majeure de l’Église russe du XXe siècle, épris d’œcuménisme et grand « cathophile », a compris que la survie spirituelle de son Église passe par une négociation permanente avec le régime communiste. Soutenu par le KGB, Nicodème recrute les meilleurs de sa génération. Son plan : former un commando d’authentiques dirigeants chargés d’assurer l’avenir de leur Église. Y figurent, entre autres, les futurs métropolites Philarète de Minsk et Vladimir de Kiev. Kirill, le benjamin, devient secrétaire de Nicodème.

Commence aussitôt une carrière éclair qui mène le jeune prêtre en Occident, où il apprend les langues, l’histoire du christianisme, la théologie et l’œcuménisme. Nommé à Genève comme représentant de l’Église russe auprès du Conseil œcuménique des Églises (COE), il s’initie à la mondialisation et à la diplomatie.

Profil œcuménique

Lorsque son mentor Nicodème meurt en 1978 au Vatican, dans les bras de Jean-Paul Ier, Kirill est déjà préparé aux plus hautes responsabilités. Un temps marginalisé pour sa critique de l’intervention russe en Afghanistan, il revient en grâce sous la Perestroïka et dirige à son tour les relations extérieures du Patriarcat. Il a alors toute latitude pour développer le dialogue œcuménique et jeter les bases d’une doctrine sociale de l’Église orthodoxe russe.

Ce tropisme occidental, qui fait sa marque à l’extérieur, Kirill n’hésite pourtant pas à le jeter aux orties lorsque vient pour lui le moment de succéder à Alexis II (1929-2008) comme patriarche. Face aux crispations identitaires et nationalistes du clergé russe, son profil œcuménique risque d’empêcher son élection. Voire, dit-on, de provoquer un schisme avec l’aile droite. Parvenu à ses fins, Kirill s’affirme plus que jamais en homme de pouvoir, poursuivant à marche forcée la reconstruction de l’appareil.

Intérêts réciproques entre Kirill et Vladimir Poutine

Parallèlement, il se lance avec l’appui du Kremlin dans un vaste Monopoly à l’échelon planétaire, rapatriant une à une dans l’orbite russe les Églises hors frontières qui avaient coupé les ponts avec Moscou durant la Guerre froide. Son but ultime est de damer le pion au patriarche œcuménique de Constantinople – basé à Istanbul – pour le leadership sur l’orthodoxie mondiale.

La proximité de Kirill avec Vladimir Poutine est, avant tout, le produit d’intérêts réciproques. « Le premier veut restaurer la grandeur de l’État, le second celle de l’Église, résume l’historien des religions Jean-François Colosimo. Or, il n’y a pas de Russie sans orthodoxie : Kirill sait qu’il est seul en position de renouer les fils de l’histoire après 70 ans de vide communiste. » Leur rhétorique commune sur la défense des chrétiens d’Orient et des valeurs « traditionnelles » est appréciée au Vatican.

Lorsque Vladimir Poutine annexe la Crimée, Kirill se tait. Au grand dam du Kremlin qui attendait plus de soutien, et des orthodoxes d’Ukraine, rattachés au Patriarcat de Moscou, qui vivent ce silence comme un abandon. L’éclatement qui menace aujourd’hui l’Église d’Ukraine – berceau historique de l’orthodoxie russe à qui elle fournit encore les deux tiers de son clergé – hante désormais Kirill. Tout comme le gouffre qui s’élargit entre la vitrine d’une Église russe sur le retour… et la réalité d’une Russie livrée à une grave crise économique, sociale et spirituelle.

–––––––––––––––_________

Une jeunesse à Leningrad

1946. Naissance à Leningrad.

1969. Ordonné prêtre.

1974. Nommé à la tête de l’école de théologie de Leningrad, la plus importante du pays.

1988. Archevêque de Smolensk et de Kaliningrad.

1989-2009. Président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.

2006 : Rencontre au Vatican avec Benoît XVI.

2009 : Élu patriarche sous le nom de Kirill Ier, succédant à Alexis II.

http://www.la-croix.com/Religion/Monde/Kirill-chef-d-Etat-a-la-tete-de-l-Eglise-orthodoxe-russe-2016-02-11-1200739290
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MessageSujet: Re: Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février   Jeu 11 Fév 2016, 9:56 am

« Des deux côtés, certains n’accepteront pas cette rencontre »

P. Nicolas Lossky

Prêtre du Patriarcat de Moscou, professeur à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge (Paris)

J’attends beaucoup de cette rencontre et je suis convaincu qu’il en sortira des choses positives. Le pape François et le patriarche Kirill sont tous deux des hommes de bonne volonté et leur rencontre ne peut qu’apporter du bien au dialogue entre catholiques et orthodoxes.

Je connais le patriarche depuis longtemps : nous avons très souvent voyagé ensemble pour aller à des rencontres œcuméniques à travers le monde entier et nous correspondons encore chaque année pour notre anniversaire qui tombe le même jour. C’est un homme qui croit vraiment au dialogue, et maintenant qu’il est patriarche, il peut faire des choses qu’il ne pouvait pas faire auparavant.

Bien sûr, ce qui adviendra après cette rencontre dépend en grande partie des réactions des uns et des autres : des deux côtés, il y a des gens qui sont heureux et d’autres qui seront choqués et qui ne l’accepteront pas. On peut prévoir des réactions négatives de leur part. Peut-être même des provocations (par exemple venues d’Ukraine).

Mais il faut dire que ce sont des gens qui n’ont pas conscience de ce que représente le mouvement œcuménique, qui ne sont pas au courant de l’évolution qui a eu lieu. Moi, je l’ai vécue depuis que, tout jeune, je suivais mon père Vladimir chez ses amis catholiques Étienne Gilson, Henri de Lubac ou Jean Daniélou. Je me souviens de conversations avec Daniélou où celui-ci aurait pu avoir des problèmes si son ouverture à notre égard avait alors été connue.

Aujourd’hui, ce type de discours n’est plus un problème, sauf chez ceux qui ne sont pas suffisamment éclairés sur cette évolution du dialogue. Ceux-ci sont nombreux dans l’Église russe, même si, heureusement, ils ne représentent pas tout le monde.

Il y a aussi des hommes comme le patriarche qui sont convaincus de la nécessité de ces contacts entre nos deux Églises, ou plutôt entre les deux côtés d’une même Église – N’oublions pas que nous avons été une seule et même Église pendant des siècles et des siècles ! Ainsi le métropolite Hilarion de Volokolamsk (président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, NDLR) est un homme extrêmement éclairé, très intelligent, même si, pour ménager certains, il ne peut pas dire tout ce qu’il ressent dans ses discours officiels.

Mais je le connais bien et je sais ce qu’il pense vraiment au fond de lui. Aussi suis-je positif et plein d’espérance par rapport à cette rencontre entre le pape et le patriarche. Et je souhaite vraiment qu’elle ouvre le cœur de ceux qui ne sont pas convaincus de son apport positif pour les Églises. Elle peut apporter un nouvel élan au dialogue.

http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Des-deux-cotes-certains-accepteront-cette-rencontre-2016-02-11-1200739314
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MessageSujet: Re: Le Patriarche Cyrille et le Pape François se rencontreront à Cuba le 12 février   Sam 13 Fév 2016, 4:23 am

La déclaration commune du Pape François et du patriarche Cyrille

A l'issue de leur rencontre en privé, le Pape François et le patriarche Cyrille ont signé une déclaration commune, un texte dense et dont chaque mot a été soupesé, témoignant d'une convergence sur de nombreux points. Une déclaration qui comprend trente paragraphes et qui revient sur les grands enjeux contemporains comme les conflits au Moyen-Orient, la liberté religieuse, la famille, la destruction de la création ou encore l'unité de l'Europe. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, le Pape et le patriarche de Moscou souhaitent, dans leur déclaration commune, que leur rencontre contribue au rétablissement de l’unité voulue par Dieu.

Dans ce texte, les deux chefs spirituels font part de leur joie de se retrouver « comme des frères dans la foi chrétienne ». Ils reviennent sur l'importance de Cuba, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle et théatre de cette rencontre. «Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de l’unité voulue par Dieu» écrivent-ils, faisant part de leur détermination commune à entreprendre tout ce qui est nécessaire pour surmonter les divergences historiques, et à répondre ensemble aux défis du monde contemporain.

Eviter une nouvelle guerre mondiale

La déclaration revient aussi de façon précise sur la situation des Chrétiens persécutés surtout au Proche et Moyen-Orient et Afrique du Nord : des chrétiens exterminés par familles et villages entiers, des églises détruites et pillées de façon barbare, des objets sacrés profanés, et évoquent l'exode massif qui a transformé l'Irak et la Syrie. Le Pape et le patriarche de Moscou appellent la communauté internationale à trouver des actions urgentes pour faire cesser ces persécutions, mais l'invitent aussi à tout faire pour mettre fin au terrorisme et à trouver des solutions pour rétablir la paix. Toutes les parties sont par ailleurs invitées à agir de façon responsable et prudente et les croyants sont exhortés à prier pour que Dieu protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale, écrivent-ils.

Dans ce texte, les Églises catholique et orthodoxe russe sont également préoccupées par la situation qui prévaut dans les sociétés sécularisées où la liberté religieuse est menacée, où les chrétiens n’ont plus le droit de témoigner de leurs convictions religieuses. Ils se déclarent convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Le Pape François et le Patriarche Cyrille espèrent que leur rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. À propos de l’Ukraine, ils appellent leurs Églises à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

Après avoir signé chacun le texte, le Pape et Cyrille ont prononcé à tour de rôle quelques paroles improvisées. «Nous nous sommes parlé comme des frères, nous avons le même baptême, nous sommes des évêques» a relevé François, soulignant «avoir senti la consolation de l'Esprit au cours de cet entretien»: de son côté, le patriarche russe a souligné que cette discussion «a montré que les deux Églises peuvent travailler ensemble pour défendre le christianisme dans le monde entier, afin qu'il n'y ait plus de guerre et que la vie humaine soit respectée».

le texte intégral de cette déclaration commune :
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