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 Le Concile Vatican II

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RAMOSI
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MessageSujet: Le Concile Vatican II   Mar 12 Mar 2013, 9:38 pm



IIe concile œcuménique du Vatican


Le IIe concile œcuménique du Vatican, plus couramment appelé Vatican II, est le XXIe concile œcuménique de l'Église catholique. Il est ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et se termine le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI.

On le considère généralement comme l'événement le plus marquant de l'histoire de l'Église catholique au XXe siècle, symbolisant son ouverture au monde moderne et à la culture contemporaine faite de progrès technologiques considérables, d'émancipation des peuples et de sécularisation croissante. Des réponses aux questions modernes sont cherchées dans un retour aux racines du christianisme1 : la Bible (sur la base de nouvelles recherches bibliques), la patristique et la grande Tradition (élaborée par les conciles, les papes et les traditions diocésaines transmises depuis le premier évangélisateur par succession apostolique).

Le déroulement inattendu du concile s'explique par la volonté œcuménique de Jean XXIII, avec des différences importantes entre la première et la deuxième session. Un programme préétabli par des cardinaux de la curie romaine (avec des textes quasi prêts à être votés) est rejeté2. Les pères conciliaires prennent alors leur agenda en main. Pour débloquer le concile, les cardinaux Léon-Joseph Suenens, Giacomo Lercaro, et Julius Döpfner, trois des quatre modérateurs, semblent avoir été à l'origine d'un changement de procédure immédiatement accepté par Jean XXIII.

On débat notamment des célébrations liturgiques, du rapport que l'Église catholique doit entretenir avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions, et la société en général. Mais aussi de thèmes plus spécifiquement théologiques, comme la liberté religieuse et la Révélation.






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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mer 13 Mar 2013, 6:55 pm




Contexte

Vatican I, concile inachevé ?

Le premier concile œcuménique du Vatican est interrompu le 20 septembre 1870 lors de la prise de Rome par Victor Emmanuel II, dans le contexte de la bataille de Sedan, conclue par la capture par les Allemands de Napoléon III, protecteur du pape. Les débats menés à terme portent, avec la constitution Dei Filius, sur l'articulation entre foi et raison, et, avec la constitution Pastor Æternus, sur le rôle de la papauté avec la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale. Mais nombre de questions pastorales et dogmatiques concernant le magistère de l'Église sont laissées en suspens.

La reprise du concile est évoquée en 1922 par le pape Pie XI dans sa première encyclique Ubi Arcano Dei Consilio, où il confie son « hésitation ». Il donne à quatre théologiens, dont Édouard Hugon et Alexis Lépicier la tâche de faire l'inventaire des textes préparatoires du précédent concile qui sont restés inexploités, et en 1924 il charge discrètement une commission de faire des propositions de thèmes de travail pour un prochain concile. Celles-ci sont communiquées en secret à des théologiens et professeurs d'universités pontificales chargés de les commenter, tandis que les évêques du monde entier sont invités, par une lettre du 22 octobre 1923, à communiquer au pape leur sentiment sur l'opportunité de rouvrir le concile. Une écrasante majorité de réponses (900 sur 1 165) y sont favorables. L'instabilité politique européenne des années 1930 se prête peu à l'ouverture d'un nouveau concile et pose à la papauté des questions nouvelles, mais les travaux sur le concile qui ont continué sont consignés dans un rapport du cardinal Costantini remis durant l'intérim avant l'élection de Pie XII.

En février 1948, Pie XII reçoit l'archevêque de Palerme, Ernesto Ruffini qui lui suggère un concile qui « aurait autant de sujets à traiter que n’en avait eus le concile de Trente », puis le cardinal Ottaviani qui en reprend l'idée et crée peu après une commission restreinte de sept consulteurs. En juillet 1948 il est prévu de créer dans le futur cinq commissions préparatoires : théologique et spéculative, théologique et pratique, juridique et disciplinaire, missionnaire, pour la culture et l'action chrétienne et 36 théologiens sont pré-sélectionnés pour les constituer, tandis qu'une commission centrale dirigée par le cardinal Borgongini-Duca est créée, puis se réunit six fois de 1949 à 1951. Le pape Pie XII, qui a suspendu en 1949 l'envoi de la lettre préparée par la commission pour demander leur avis aux évêques du monde, met un terme au projet de concile en 1951 lorsque la commission lui demande de trancher entre un concile court ou un concile long.

En réalité, d'après Gérard Philips, un des rédacteurs de la constitution Lumen gentium, avait été abandonnée dès 1948 l'idée de fixer le programme d'un éventuel concile en fonction de l'inachèvement du précédent. Le projet consiste plutôt à prendre en compte les 40 encycliques publiées depuis et le code de droit canonique de 1917.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 14 Mar 2013, 7:38 pm




Les débats théologiques après la seconde guerre mondiale

Dans le syllabus, Pie IX avait dénoncé l'incompatibilité entre le libéralisme et l'Église catholique, et après lui Léon XIII et Pie X avaient repris l'image de la lutte entre le Christ et Bélial. Par l'encyclique Rerum novarum, les encouragements prodigués aux catholiques sociaux, le développement de l'Action catholique ils avaient montré leur souci de la société civile. Ils avaient manifesté également leur espérance dans le renouveau de la civilisation chrétienne. Pour Yves Congar, le catholicisme de la fin du XIXe siècle est marqué par « son absence d'espérance pour le monde comme tel. L'espérance en les « fins dernières » est portée de façon individuelle, mais non cosmique, ni sociale, ni historique ». Les deux guerres mondiales ont également modifié les rapports entre clercs et laïcs puis entre magistère et fidèles. Avec la "primauté au spirituel" dans l'entre-deux guerres puis les cassures de la Résistance en France, par exemple. Dans les années 1950, bien des catholiques, face aux défis que leur posent les changements politiques, sociaux, économiques et techniques souhaitent une réconciliation entre l'Église et le « monde » avec une adaptation de son discours.

À la même époque, les travaux patristiques, théologiques et bibliques catholiques ( École biblique et archéologique française de Jérusalem, sous l'influence notamment du père Lagrange, dominicain), s'écartent du courant néo-scolastique et du littéralisme biblique que la réaction au modernisme avaient renforcés au sein de l'Église romaine après le Premier concile du Vatican. Les figures de proue de ce renouveau sont les théologiens comme Yves Congar, Karl Rahner et John Courtney Murray, qui entendent mieux intégrer l'expérience humaine contemporaine au sein du dogme chrétien.

On peut citer également Joseph Ratzinger, Henri de Lubac et Jean Daniélou qui, à travers le mouvement patristique, voient une source de renouveau dans l'étude plus approfondie des textes des Pères de l'Église des premiers siècles du christianisme.

D'autres mouvements contribuent également à l'émergence d'un nouveau regard : le mouvement liturgique issu de la pensée de Dom Lambert Beauduin en liaison avec des abbayes bénédictines comme celle de Maria Laach, et le mouvement marial. Alors que tous ces mouvements sont freinés par différentes mises en garde du Saint-Siège comme celle de l'encyclique Humani Generis publiée par Pie XII en 1950.







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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 15 Mar 2013, 7:25 pm




La situation au début du pontificat de Jean XXIII

Les conciles du passé avaient souvent été convoqués lors de période de grandes crises ou de conflits, ou pour répondre aux divisions ou hérésies : il en fut ainsi par exemple du concile de Trente (1545-1563), en réponse à l'émergence du protestantisme. À la fin des années 1950, l’Église catholique n'est pas en crise, même si certains s'inquiètent des persécutions dans les pays soumis au stalinisme. Des débats existent chez certains théologiens et pasteurs, néanmoins la convocation d'un concile ne paraît pas urgente dans ce contexte.

Peu de temps après son élection, alors qu'il n'avait pas eu connaissance des possibles ouverture de concile des papes précédents, le pape Jean XXIII exprime l'idée de rassembler un concile devant son secrétaire, Mgr Loris Capovilla, le 2 novembre 195813. Moins de trois mois après son élection, il annonce - à la surprise générale - son intention de convoquer un concile œcuménique : le 25 janvier 1959, à la fin de la semaine de prières pour l'unité des chrétiens, après la cérémonie religieuse à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, il réunit les 17 cardinaux présents, tous de la curie romaine, dans la salle capitulaire de l'abbaye de Saint-Paul-hors-les-Murs et leur déclare : « Frères vénérables et fils très chers! Nous faisons devant vous, avec une certaine crainte et un peu d’émotion dans la voix, mais également avec une humble résolution de propos, le projet d’une double célébration : un synode diocésain pour la Ville [Rome] et un concile œcuménique pour l’Église universelle ». Reçue dans un « impressionnant et respectueux silence , cette annonce officielle laisse alors en suspens la question de la nature et du but de ce concile. La presse et la radio répandent la nouvelle.

Le général de Gaulle, président de la République française, déclare que ce sera « l'événement du siècle ».

Pendant les mois qui suivent, le pape explicite son intention dans de nombreux messages, notamment au sujet de la forme que devrait revêtir le concile.

La préparation

Le 17 mai 1959, jour de la Pentecôte, le pape annonce la création d'une commission anté-préparatoire présidée par le cardinal secrétaire d'État Domenico Tardini. Les universités catholiques, les Sacrées congrégations et tous les évêques sont alors invités à exprimer leurs conseils et leurs vœux (consilia et vota) sur les sujets à aborder lors du concile. En un an, 76,4 % d'entre eux répondent (soit 2150 réponses). Les principales demandes sont celles d'une meilleure définition du rôle des évêques, d'une clarification du rôle des laïcs dans l'Église et de la place que doit y tenir l'Action catholique. Beaucoup de réponses réclament la condamnation du marxisme, de l'existentialisme et du relativisme doctrinal et moral.

La phase préparatoire est inaugurée à la Pentecôte 1960 (5 juin). La préparation du concile, qui dure plus de deux ans, implique dix commissions spécialisées, ainsi que des secrétariats pour les relations avec les médias, pour l'unité des chrétiens (confié au cardinal Bea), et une commission centrale présidée par le pape (avec Mgr Pericle Felici comme secrétaire général), pour coordonner les efforts de ces différents organismes. Ces commissions, composées en majorité de membres de la Curie romaine, produisent 70 schémas (schemata), destinés à servir de base de travail pour les pères conciliaires. Giovanni Battista Montini, cardinal archevêque de Milan, écrit quelques semaines après l'ouverture de la première session : c'est un « matériel immense, excellent, mais hétérogène et inégal […] qui aurait réclamé une réduction et un classement courageux […] si une idée centrale, architecturale, avait polarisé et « finalisé » ce travail considérable ». Jean XXIII convoque officiellement le concile le 25 décembre 1961 par la bulle d'indiction « Humanae salutis », et fixe le 2 février 1962 la date de la première session au 11 octobre.

Au cours de l'été 1962 Jean XXIII énonce la liste des sept premiers schémas qui seront discutés. Des évêques hollandais se rassemblent pour les examiner et décident d'en publier un commentaire. Rédigé par le P. Schillebeeckx, il est publié sans le nom de son auteur. Ce texte largement diffusé auprès des évêques préconise de débuter en examinant le schéma sur la liturgie, le seul auquel il décerne des louanges. Par ailleurs, certains experts comme Yves Congar, critiquent le manque d'organisation et de réel dialogue de la première phase du concile : de fait, l'éloignement géographique des consulteurs de ces commissions, l'omniprésence de la Curie romaine, ont pu nuire à l'expression des différents points de vue et à la qualité de ces échanges préparatoires. La diffusion du texte du P. Schillebeeckx permet aux différents épiscopats de prendre connaissance des opinions de leurs pairs.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Sam 16 Mar 2013, 7:25 pm




La préparation

Le 17 mai 1959, jour de la Pentecôte, le pape annonce la création d'une commission anté-préparatoire présidée par le cardinal secrétaire d'État Domenico Tardini. Les universités catholiques, les Sacrées congrégations et tous les évêques sont alors invités à exprimer leurs conseils et leurs vœux (consilia et vota) sur les sujets à aborder lors du concile. En un an, 76,4 % d'entre eux répondent (soit 2150 réponses). Les principales demandes sont celles d'une meilleure définition du rôle des évêques, d'une clarification du rôle des laïcs dans l'Église et de la place que doit y tenir l'Action catholique. Beaucoup de réponses réclament la condamnation du marxisme, de l'existentialisme et du relativisme doctrinal et moral.

La phase préparatoire est inaugurée à la Pentecôte 1960 (5 juin). La préparation du concile, qui dure plus de deux ans, implique dix commissions spécialisées, ainsi que des secrétariats pour les relations avec les médias, pour l'unité des chrétiens (confié au cardinal Bea), et une commission centrale présidée par le pape (avec Mgr Pericle Felici comme secrétaire général), pour coordonner les efforts de ces différents organismes. Ces commissions, composées en majorité de membres de la Curie romaine, produisent 70 schémas (schemata), destinés à servir de base de travail pour les pères conciliaires. Giovanni Battista Montini, cardinal archevêque de Milan, écrit quelques semaines après l'ouverture de la première session : c'est un « matériel immense, excellent, mais hétérogène et inégal […] qui aurait réclamé une réduction et un classement courageux […] si une idée centrale, architecturale, avait polarisé et « finalisé » ce travail considérable ». Jean XXIII convoque officiellement le concile le 25 décembre 1961 par la bulle d'indiction « Humanae salutis », et fixe le 2 février 1962 la date de la première session au 11 octobre23.

Au cours de l'été 1962 Jean XXIII énonce la liste des sept premiers schémas qui seront discutés. Des évêques hollandais se rassemblent pour les examiner et décident d'en publier un commentaire. Rédigé par le P. Schillebeeckx, il est publié sans le nom de son auteur. Ce texte largement diffusé auprès des évêques préconise de débuter en examinant le schéma sur la liturgie, le seul auquel il décerne des louanges. Par ailleurs, certains experts comme Yves Congar, critiquent le manque d'organisation et de réel dialogue de la première phase du concile : de fait, l'éloignement géographique des consulteurs de ces commissions, l'omniprésence de la Curie romaine, ont pu nuire à l'expression des différents points de vue et à la qualité de ces échanges préparatoires. La diffusion du texte du P. Schillebeeckx permet aux différents épiscopats de prendre connaissance des opinions de leurs pairs.

Participants

2 908 pères conciliaires sont convoqués : tous les évêques, ainsi que de nombreux supérieurs d'ordres religieux masculins. 2 540 d'entre eux prennent part à la session d'ouverture, ce qui en fait le plus grand rassemblement de toute l'histoire des conciles de l'Église catholique. À titre de comparaison, le concile de Trente ne rassembla que de 64 à moins de 300 participants dont 60 à 90 % d'Italiens.

La participation varie, en fonction des sessions, de 2 100 à 2 300 pères présents. Il faut y ajouter un grand nombre d'experts, appelés periti en latin, disponibles pour que les pères conciliaires les consultent. De fait, ils jouent un rôle croissant à mesure que progresse le concile. Au début des travaux, 53 « observateurs chrétiens » non catholiques représentant 17 Églises ou fédérations d’Églises assistent aux travaux sans droit de parole ni de vote. Le nombre de ces représentants s'élève à 106 représentant pour 28 Églises à la fin du Concile. À l'exception de l'Église orthodoxe russe, les églises orthodoxes refusent d'envoyer des observateurs à la première session du concile. L'Église orthodoxe russe, craignant les représailles du pouvoir soviétique, n'accepte de s'y rendre qu'après confirmation, lors d'une réunion informelle à Paris en août 1962, que le concile n'abordera pas de questions politiques. En outre, 13 laïcs pouvant assister aux congrégations générales, également sans droit de vote ni de parole, - les « auditeurs » - se joignent aux travaux à partir de la deuxième session et voient progressivement leur nombre monter à 4027.

Un groupe d'évêques allemands, français et autrichiens rassemble les plus organisés d'entre eux. L'annonce de candidatures aux dix commissions conciliaires préparées par la curie romaine provoque une mobilisation de la conférence épiscopale allemande. Réunis autour du cardinal Joseph Frings, les évêques allemands émettent l'idée que chaque conférence épiscopale pourra proposer ses candidats. Et le cardinal Frings prend contact avec le cardinal Liénart, président de la conférence épiscopale française, pour intervenir dès les premières sessions du concile.

Un groupe d'évêques conservateurs s'organise au sein du Coetus Internationalis Patrum.





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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Dim 17 Mar 2013, 6:48 pm




Organisation

Le règlement du concile, élaboré discrètement de novembre 1961 à juin 1962 par une sous-commission de la commission centrale, est promulgué par le pape le 5 septembre 1962, avec le motu proprio Appropinquante Concilio. Il fixe une majorité des deux-tiers pour l'adoption d'un texte, contrairement à Vatican I où une simple majorité de 50 % suffisait. Les bulletins de vote se présentent sous la forme de cartes perforées, et font l'objet d'un comptage mécanographique.

Dix commissions qui transposent les dix commissions préparatoires sont instituées, ainsi que des structures annexes dont le secrétariat pour les affaires extraordinaires chargé de filtrer les requêtes des Pères pour qu'ils n'ajoutent pas leurs propres projets à ceux préparés dans la phase préparatoire, et le secrétariat pour l'unité des chrétiens31. Les commissions se composent de 24 membres dont 8 sont nommés par le pape et 16 par les pères. Les présidents des commissions sont ceux des commissions préparatoires, nommés par le pape, et les secrétaires des commissions sont choisis par les présidents des commissions parmi les periti du concile. Ces derniers sont nommés par le pape31. Ils assistent au concile sans voter et ne peuvent prendre la parole que si on les interroge.

Les « schémas » sont les propositions de textes discutées par le concile. Ils se présentent sous la forme de livrets anonymes, estampillés sub secreto, ce qui indique leur caractère secret, et comportent généralement un état de la question, suivi de propositions numérotées, et de notes explicatives, le tout reflétant les vœux (en latin vota) exprimés par les évêques durant la phase anté-préparatoire.

Les débats sont présidés par dix présidents parmi lesquels les cardinaux Frings, Liénart et Alfrink. En dehors des périodes de session plénière, des commissions revoient et compilent les travaux des évêques afin de préparer la session suivante. Les sessions ont lieu dans la basilique Saint-Pierre, en latin, et le secret des débats doit être gardé. Les interventions sont limitées à dix minutes. En fait, la majeure partie des travaux du concile prend la forme de réunions de commissions (qui peuvent avoir lieu en langue vernaculaire), ainsi que de réunions plus informelles et de conversations entre évêques en dehors du concile à proprement parler. Les Pères du concile peuvent proposer des amendements, appelés en latin modi, aux textes préparés par les commissions, en votant placet juxta modum et en joignant un amendement à leur vote, mais la majorité use de cette faculté avec parcimonie à cause de la doctrine qui considère comme rejeté un texte recevant plus d'un tiers de modi.

Déroulement

Quatre sessions plénières du concile se tiennent de 1962 à 1965.

Première session (11 octobre - 8 décembre 1962)

Une fois le concile ouvert, d'autres commissions doivent être constituées, chargées de trier et de revoir les différents schémas, réduits à 17 pour en tirer la substance, puis de les présenter au concile pour qu'ils soient approuvés et éventuellement amendés. En fait, les schemata sont écartés dès la première session du concile, et d'autres sont créés.

L'ouverture

Procession d'entrée des pères conciliaires
Le 11 octobre 1962, les 2 400 pères conciliaires (cardinaux, évêques, patriarches, supérieurs d'ordres et experts), revêtus de leurs insignes épiscopaux, coiffés de mitres blanches commencent dès 8h 30 du matin à s'avancer en procession, six de front. Ils traversent la place Saint-Pierre, au milieu de la foule, avant de pénétrer dans la basilique où des gradins se faisant face ont été aménagés dans la nef. Jean XXIII, coiffé de la tiare, fait son entrée solennelle sur la sedia gestatoria sur le chant du Veni creator spiritus (« Viens Esprit créateur »). Cette cérémonie publique réunit les représentants de 86 gouvernements et organismes internationaux, experts et invités (environ 200 théologiens, canonistes, observateurs non catholiques, auditeurs et auditrices laïques)36.

Après la messe, le pape lit une allocution aux évêques rassemblés, intitulée Gaudet Mater Ecclesia ( « Notre mère l'Église se réjouit… »). Lors de ce discours, il repousse les « prophètes de malheur, qui ne font qu'annoncer des catastrophes » pour l'avenir du monde et de l'Église. Le pape insiste sur le « caractère surtout pastoral » - plutôt que doctrinal - de l'enseignement du concile : l'Église n'a pas besoin de répéter ou de reformuler les doctrines ou les dogmes existants, mais plutôt de chercher à enseigner le message du Christ à la lumière de l'évolution constante du monde contemporain. Il exhorte les pères conciliaires à « utiliser les remèdes de la miséricorde plutôt que les armes de la sévérité » dans les documents qu'ils seraient amenés à produire : cette exhortation s'inscrit dans un mouvement de vérité, marqué par une attitude de miséricorde, et non dans la volonté de condamner des erreurs.




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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 19 Mar 2013, 7:37 pm




La curie

Le 13 octobre la première "congrégation générale" (réunion plénière de l'Église universelle) est présidée par le cardinal Tisserant doyen du Sacré Collège. Se produit alors un «coup de théâtre», préparé par des échanges entre plusieurs archevêques représentatifs d'épiscopats européens, choqués par la mainmise des bureaux romains sur l'assemblée des évêques : les cardinaux Achille Liénart, de Lille, et Joseph Frings, de Cologne, contestent vigoureusement la composition des commissions préparatoires et les méthodes de travail prévues par la curie romaine, qui conduisent à un simple enregistrement de textes préfabriqués : ils exigent que le concile puisse délibérer librement. À une immense majorité, les évêques décident alors par un vote de ne pas procéder comme prévu par les commissions préparatoires, mais de se consulter par groupes nationaux et régionaux, ainsi que dans des réunions plus informelles.

Le 16 octobre les commissions conciliaires sont élues à partir des listes proposées par les conférences épiscopales. La plus importante d'entre elles est celle présentée par "l'alliance européenne", constituée autour de la France, l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche, les Pays-Bas et la Suisse: 80 % de ses candidats sont élus. Le même jour il est annoncé que le schéma sur la liturgie sera le premier mis en débat. Les tensions entre l'assemblée conciliaire et la Curie "sautent aux yeux" de la plupart des historiens. Mais une étude d'Agostino Marchetto, ancien nonce et juriste, parue en 2011, affirme que cette vision d'un combat entre épiscopat et curie est une relecture, les textes des commissions préparatoires proviennent en fait du résultat d'un sondage mondial de tout l'épiscopat et non de la curie.

Le débat sur la liturgie

Le programme des travaux du concile pour les sessions futures inclut la liturgie, la communication de masse, les Églises de rite oriental, et la nature de la révélation. Il est à remarquer que le schéma sur la révélation, repoussé par une majorité d'évêques, est revu à la demande de Jean XXIII, qui intervient en personne. Seul le schéma sur la liturgie est examiné sans être approuvé par un vote.

Dans son discours de clôture, le 8 décembre, Jean XXIII exprime le vœu de voir le concile achevé pour Noël 1963; la préparation des sessions commença et le nombre de schémas réduit de 70 à 17. Cependant, elle est interrompue par le décès de Jean XXIII le 3 juin 1963. Le 21 juin 1963, le cardinal Montini -élu sous le nom de Paul VI- annonce aussitôt qu'il souhaite voir le concile se poursuivre.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 22 Mar 2013, 7:22 pm




Deuxième session (29 septembre - 4 décembre 1963)

Paul VI annonce au lendemain de son élection son intention de continuer le concile. Dans les mois qui précédent la tenue de la deuxième session plénière, il s'efforce de corriger certains problèmes d'organisation et de procédure apparus au cours de la session précédente. Il invite notamment d'autres observateurs laïcs catholiques et non-catholiques, avant de supprimer l'exigence du secret qui prévalait lors des sessions plénières. Dans cette perspective d'"ouverture", il évite d'intervenir dans les débats du concile et se cantonne dans un rôle d'observateur.

Dans son discours pour l'ouverture de la deuxième session, le 29 septembre 1963, le pape insiste sur la nature pastorale du concile, et lui donne quatre objectifs principaux :
Définir plus précisément la nature de l'Église et le rôle que les évêques devaient y jouer ;
Rénover l'Église ;
Restaurer l'unité entre chrétiens, et demander pardon pour la part prise par l'Église dans les divisions ;
Relancer le dialogue avec le monde contemporain.

Pendant cette session, les pères conciliaires approuvent la constitution sur la liturgie - Sacrosanctum Concilium - ainsi que le décret sur les moyens de communications de masse - Inter Mirifica. Les travaux avancent sur les schemata traitant de l'Église, des évêques et des diocèses, et de l'œcuménisme. Le 8 novembre 1963, le cardinal Joseph Frings critique l'institution du Saint-Office (qui portait avant 1908 le nom de Sainte Inquisition romaine et universelle), ce qui suscite une réponse passionnée de son Secrétaire, le cardinal Alfredo Ottaviani. Cet échange est souvent considéré comme l'un des plus intenses du concile. La deuxième session s'achève le 4 décembre : dans son discours de clôture Paul VI annonce son intention de se rendre à Jérusalem. C'est en janvier 1964, sur les lieux de la Passion du Christ qu'il rencontre le patriarche Athénagoras.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Dim 24 Mar 2013, 9:23 pm




Troisième session (14 septembre - 21 novembre 1964)

Entre la deuxième et troisième session, les schemata proposés sont à nouveau révisés, en tenant compte des remarques formulées par les pères conciliaires : les 17 schémas sont réduits à 6 auxquels il faut ajouter 7 propositions. Sur un certain nombre de sujets, les projets ne retiennent que quelques principes fondamentaux devant être approuvées pendant la troisième session, mais que des commissions post-conciliaires développeraient par la suite. Quinze femmes, huit religieuses et sept laïques, ainsi que d'autres laïcs catholiques, s'ajoutent au nombre des observateurs.

Au cours de cette session, qui débute le 14 septembre 1964, les pères conciliaires font progresser un grand nombre de propositions. Les schemata au sujet de l'œcuménisme (Unitatis Redintegratio), sur les Églises de rite oriental (Orientalium Ecclesiarum) et sur l'Église (Lumen Gentium) sont approuvés par l'assemblée des évêques et promulgués par le pape.

De nombreux évêques proposent un schéma au sujet du mariage, prévoyant une réforme du droit canon ainsi que de nombreuses questions d'ordre juridique, cérémonial et pastoral, en exprimant le souhait de le voir être rapidement approuvé par un vote. Mais le pape ne le soumit pas aux suffrages des pères conciliaires. Paul VI demande également aux évêques de déléguer la question de la contraception artificielle à une commission d'experts religieux et laïques qu'il avait formée.

Les schemata au sujet de la vie et du ministère des prêtres, de l'activité missionnaire de l'Église, sont renvoyés aux commissions pour être profondément remaniés. Le travail continue sur les schemata restants, en particulier ceux sur la place de l'Église dans le monde moderne et la liberté religieuse. Une controverse se déroule à propos des amendements au décret sur la liberté religieuse, et le vote ne peut avoir lieu au cours de la troisième session, mais Paul VI promet que ce décret serait le premier à être examiné au cours de la session suivante.

Il clôture la troisième session le 21 novembre 1964, en réduisant à une heure au lieu de trois la durée du jeûne eucharistique et en déclarant formellement Marie mater ecclesiae (mère de l'Église), conformément à la tradition catholique.








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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 26 Mar 2013, 7:17 pm




Quatrième session (automne 1965)


Onze schemata sont inachevés au terme de la troisième session, et les commissions travaillent à leur donner une forme définitive dans la période qui sépare les deux sessions. En particulier, le schéma 13, qui traite de la place de l'Église dans le monde moderne, est revu par une commission qui inclut des laïcs.

Paul VI ouvre la quatrième et dernière session du concile le 14 septembre 1965, et institue le Synode des Évêques. Cette structure, destinée à se rassembler à intervalles réguliers, doit poursuivre la coopération entre les évêques et le pape après la fin du concile.

La première question débattue lors de la quatrième session est le décret sur la liberté religieuse, sans doute le plus controversé des documents conciliaires. La première mouture est votée par 1 997 voix contre 224. L'organisation de l'Église catholique, qui ne fonctionne pas par majorité simple, rend le chiffre des opposants très important. Après de nouvelles révisions, il est voté à une majorité de 2308 pour et seulement 70 voix contre. La principale tâche qui occupe les pères pendant le reste de la session est le travail sur trois documents, qui sont tous approuvés à une large majorité. La constitution pastorale sur la place de l'Église dans le monde moderne, Gaudium et Spes, rallongée et revue, suivie par deux décrets, sur l'activité missionnaire (Ad Gentes) et sur la vie et le ministère des prêtres (Presbyterorum Ordinis).

Le concile approuve également d'autres documents, examinés lors des sessions précédentes, en particulier le décret sur la charge pastorale des évêques (Christus Dominus), la vie des membres des ordres religieux (Perfectæ Caritatis, document notablement rallongé et révisé), la formation des prêtres (Optatam Totius), l'éducation chrétienne (Gravissimum Educationis), et le rôle du laïcat (Apostolicam Actuositatem).

La déclaration Nostra Ætate fait l'objet de longs débats. Elle affirme, dans la lignée du concile de Trente, que ni les Juifs du temps du Christ ni les Juifs d'aujourd'hui ne peuvent être considérés comme plus responsables de la mort de JESUS que les Romains ou les Chrétiens eux-mêmes. Il est écrit dans Nostra Ætate, 4 :


« Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ , ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S'il est vrai que l'Église est le nouveau peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la parole de Dieu, de n'enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l'Évangile et à l'esprit du Christ.
En outre, l'Église qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu'ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu'elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l'Évangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs. »

L'événement marquant des derniers jours du concile est la visite à Rome du patriarche grec-orthodoxe de Constantinople Athénagoras Ier. Paul VI et le patriarche expriment dans une déclaration commune leur regret des actions qui ont conduit au Grand Schisme entre les Églises orientales et occidentales, et lèvent solennellement l'excommunication et l'anathème que leurs prédécesseurs s'étaient lancés lors de celui-ci.



Anneau commémoratif offert par Paul VI aux pères conciliaires lors de la clôture du concile.
La clôture définitive du concile eut lieu le 8 décembre 1965, et les évêques jurent de se conformer aux décrets qui y avaient été pris. Pour accroître la portée du concile, Paul VI prend plusieurs mesures importantes, notamment :
La création d'une commission pontificale pour les média et la communication de masse, pour aider les évêques à utiliser les moyens modernes.
L'annonce d'un jubilé qui durerait du 1er janvier au 26 mai 1966, afin d'exhorter tous les catholiques à étudier et accepter les décisions du concile, et de s'impliquer dans le renouveau spirituel de l'Église.
La modification du titre et du fonctionnement du Saint-Office (qui s'appela depuis lors Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi), mais aussi des titres et des compétences des autres services de la curie romaine.
Les secrétairies pour la promotion de l'unité des chrétiens, pour les religions non-chrétiennes, et pour les non-croyants devinrent permanentes.




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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 28 Mar 2013, 8:31 pm




Textes et documents promulgués

Le concile a approuvé 4 constitutions, 9 décrets et 3 déclarations. Les documents sont donnés ici dans l’ordre chronologique de leur approbation par les pères du Concile. Bien que tous officiels, ils n’ont pas nécessairement tous la même importance théologique et canonique dans la vie de l’Eglise. Le titre qui leur est donné (Constitution, Décret ou Déclaration) donne une certaine idée de leur importance.

Deuxième session (1963)
4 décembre 1963. La Constitution sur la sainte Liturgie (Sacrosanctum Concilium) est approuvée en dernière lecture par 2 147 voix contre 2.
4 décembre 1963. Le Décret sur les moyens de communications sociales (Inter Mirifica) est approuvé en dernière lecture par 1 960 voix contre 164.

Troisième session (1964)
21 novembre 1964. La Constitution dogmatique sur l’Église (Lumen gentium) est approuvée en dernière lecture par 2 151 voix contre 5.
21 novembre 1964. Le Décret sur les Eglises catholiques orientales (Orientalium Ecclesiarum) est approuvé en dernière lecture par 2 110 voix contre 39.
21 novembre 1964. Le Décret sur l’Œcuménisme (Unitatis Redintegratio) est approuvé en dernière lecture par 2 137 voix contre 11.

Quatrième session (1965)
28 octobre 1965. Le Décret sur la charge pastorale des évêques dans l’Eglise (Christus Dominus) est approuvé en dernière lecture par 2 319 voix contre 2 et 1 vote nul.
28 octobre 1965. Le Décret sur la rénovation et l’adaptation de la vie religieuse (Perfectae Caritatis) est approuvé en dernière lecture par 2 325 voix contre 4.
28 octobre 1965. Le Décret sur la formation des prêtres (Optatam totius) est approuvé en dernière lecture par 2 318 voix contre 3.
28 octobre 1965. La Déclaration sur l’éducation chrétienne (Gravissimum educationis) est approuvée en dernière lecture par 2 325 voix contre 35.
28 octobre 1965. La Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes (Nostra Aetate) est approuvée en dernière lecture par 2 221 voix contre 88 et 1 vote nul.
18 novembre 1965. La Constitution dogmatique sur la Révélation divine (Dei Verbum) est approuvée en dernière lecture par 2 344 voix contre 6.
18 novembre 1965. Le Décret sur l’apostolat des laïcs (Apostolicam Actuositatem) est approuvé en dernière lecture par 2 340 voix contre 2.
7 décembre 1965. La Déclaration sur la liberté religieuse (Dignitatis humanae) est approuvée en dernière lecture par 2 308 voix contre 70.
7 décembre 1965. Le Décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise (Ad gentes) est approuvé en dernière lecture par 2 394 voix contre 5.
7 décembre 1965. Le Décret sur le ministère et la vie des prêtres (Presbyterorum ordinis) est approuvé en dernière lecture par 2 390 voix contre 4.
7 décembre 1965. La Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium et spes) est approuvée en dernière lecture par 2 309 voix contre 75 et 7 votes nuls.

Signature et promulgation

Chaque document se termine par le texte,
«Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette Constitution (Décret, Déclaration) ont plu aux pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu». Signé : Moi, Paul, évêque de l’Eglise catholique.
Suivent les signatures des pères conciliaires.






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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mer 03 Avr 2013, 6:59 pm




Sujets abordés,

D'après le cardinal Garrone, le principal caractère du concile est son unité au service d'une mission providentielle :



« Le détail des discussions souvent laborieuses, la multiplicité elle-même des documents émanés du concile peuvent faire illusion. L'unité s'impose cependant si l'on s'élève un peu au-dessus des démarches particulières […] Si l'on veut bien considérer l'ensemble des nombreux documents issus du concile, leur unité ne peut pas ne pas apparaître absolument remarquable. Certains de ces documents qui peuvent paraître quasi étrangers à la perspective générale constituent en fait autant de jaillissements de lumière à chacune des étapes de la route sur un point précis de la doctrine de l'Église. »

Cette unité ne peut être saisie que dans la lumière de la mission du concile, qui veut nouer le dialogue avec le monde et se mettre au service de l'homme :



« Le concile avait reçu mission de rendre à l'Église conscience d'elle-même pour lui permettre d'entrer avec le monde en un vrai et authentique dialogue. À cette mission le concile n'aurait pas répondu s'il ne s'était pas demandé par quel côté il allait aborder ce monde, quel serait le point de contact qui lui permettrait, en rejoignant ce monde, de lui faire entendre ce que l'Église voulait lui apporter au nom de sa foi. Et c'est ainsi que le concile a choisi pour aborder le Monde le problème qui est si évidemment le centre de tout ce qui touche le Monde : le problème de l'homme. »





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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 05 Avr 2013, 8:12 pm




L'Église,


Le document issu du concile Vatican II qui eut la plus grande portée est sans doute la constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium (lumière des peuples), promulguée par Paul VI le 21 novembre 1964. Le texte rompt avec une conception institutionnelle de l’Église centrée sur la question de l’autorité monarchique du pape. La question du pouvoir dans l’Église est évoquée, certes, mais seulement à partir du chapitre III.

Selon J. O’Malley, la conception principalement institutionnelle de l’Église, née au XVIe siècle dans un climat d’opposition au protestantisme, servait depuis le XIXe siècle de base aux manuels destinés aux séminaires. L’Église y était décrite comme une « société parfaite », contrepoids sacré aux pouvoirs publics séculiers. Cette conception inspirait encore la première version du schéma sur l’Église. L’évêque de Bruges, Mgr de Smedt avait dénoncé cette version dans un discours célèbre, lui reprochant son « triomphalisme », son « cléricalisme » et son « juridisme ».

L’Église comme sacrement

Pour Lumen Gentium, donc, l’Église ne se définit pas en premier lieu en tant que structure hiérarchique mais par sa mission. Elle est, « dans le Christ », le « sacrement » c’est-à-dire « le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » . Par ailleurs, elle n’est plus définie comme le Royaume de Dieu sur terre, car elle ne fait qu’annoncer ce Royaume . Elle est « à la fois sainte et appelée à se purifier, poursuivant constamment son effort de pénitence et de renouvellement » .

Le texte explore les diverses images ou concepts bibliques qu’on peut appliquer à l’Église : le bercail, le champ de Dieu, le temple saint… Les notions privilégiées sont celles du corps du Christ et de la communion .

On trouve aussi au premier chapitre la célèbre phrase : « Telle est l'unique Église du Christ que, dans le Symbole, nous reconnaissons comme une, sainte, catholique et apostolique, que notre Sauveur, après sa résurrection remit à Pierre pour qu'il la paisse.[…] Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une communauté, subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui ». Le document précise immédiatement après : « Encore que, hors de cet ensemble, on trouve plusieurs éléments de sanctification et de vérité qui, en tant que dons propres à l'Église du Christ, invitent à l'unité catholique. »

L’Église comme peuple

Au deuxième chapitre, l’Église est présentée comme un peuple. Ainsi, le texte met l’accent sur l’égalité fondamentale des membres de l’Église, « peuple messianique [qui] a pour chef le Christ » . En particulier, il reconnaît « le sacerdoce commun » des fidèles, tout en le distinguant du « sacerdoce ministériel ou hiérarchique » . Lumen Gentium insiste également sur la participation du peuple de Dieu, par le témoignage de la foi, à la fonction prophétique du Christ .

Selon le texte, Dieu ne veut pas que les hommes soient sanctifiés et sauvés séparément, hors de tout lien mutuel. Il veut, bien plutôt, que les hommes soient constitués en « peuple ». On voit cela déjà dans le choix d'Isräel pour être son peuple, en une Alliance qui préfigure l’Alliance nouvelle conclue dans le Christ avec l’ensemble de l’humanité .

Pour Lumen Gentium, nul ne peut être considéré comme étranger à l’Église du Christ : catholiques « incorporés pleinement à la société qu’est l’Église [catholique] » ; chrétiens séparés, que leur baptême et l’union dans l’Esprit saint continuent à associer à l’Église ; non-chrétiens enfin, puisque tous les hommes sont rachetés par le sang du Christ .










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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 09 Avr 2013, 6:04 pm




La structure de l’Église

Le chapitre III de Lumen Gentium, sur la constitution hiérarchique de l’Église, valorise considérablement la fonction épiscopale. C’est un changement important par rapport aux présentations antérieures, qui faisaient de l’évêque un prêtre aux pouvoirs plus étendus. Désormais c’est par rapport à l’évêque, successeur des apôtres, que sont définis les autres ministères46. Le § 21 écrit ainsi : « En la personne des évêques assistés des prêtres, c’est le Seigneur JESUS-Christ, Pontife suprême, qui est présent au milieu des croyants. » Il est par ailleurs rappelé que la consécration épiscopale correspond à la plénitude du sacrement de l’Ordre.

Cependant la fonction épiscopale est liée à son exercice collégial et non pas individuel. Et le Pape est à la tête du collège des évêques. Lumen Gentium s’attache à préciser l’articulation du pouvoir pontifical et du pouvoir épiscopal. D’un côté, les évêques ne tiennent pas du pape le fondement de leur pouvoir collégial, mais de leur ordination épiscopale. Et « l’ordre des évêques » est « le sujet d’un pouvoir suprême et plénier sur toute l’Église » (§ 22). Il y a donc un pouvoir épiscopal distinct du pouvoir pontifical. D'un autre côté, le collège épiscopal n’a d’autorité que dans la mesure où il est uni au pape comme à son chef. C’est pourquoi, le pouvoir du collège épiscopal « ne peut s’exercer qu’avec le consentement du Pontife romain » (ibid.).

Alors que l’Église issue de Vatican I tendait à considérer les évêques comme de simples délégués locaux du pape, le texte souligne que les évêques ne sont pas les « vicaires » du pontife romain, « car il exercent un pouvoir qui leur est propre » (§ 27). En même temps, Lumen Gentium rappelle le principe de l’infaillibilité pontificale (§ 18). Les formulations contournées du chapitre III reflètent, en réalité, le conflit entre la minorité et la majorité conciliaire. La rédaction finale du chapitre, qui visait à contenter tout le monde, obtint de fait le consensus quasi unanime des pères.

Les § 25-27 définissent le ministère épiscopal à partir des trois munera (charges) traditionnellement reconnus : l’enseignement, la sanctification et le gouvernement. Parmi les charges de l’évêque, la prédication de l’Evangile est la première (§ 25). Pour ce qui est de la sanctification, l’évêque a un rôle clé par rapport aux sacrements du baptême, de la confirmation, de l’ordre et de la pénitence (§ 26). Enfin, le § 27 insiste sur le fait que l’évêque doit servir et non pas se faire servir.

En pratique, le pape continue après le concile Vatican II d'accomplir des actes significatifs – par exemple la publication d'Humanae Vitae – sans consulter l'épiscopat, et les synodes des évêques créés après le concile n'ont qu'une fonction consultative.

Article détaillé : Collège épiscopal.

Dans de nombreux pays, les évêques tenaient déjà, avant le concile, à intervalles réguliers, des conférences pour débattre de leurs problèmes communs. Le Décret sur la charge pastorale des évêques dans l'Église rend obligatoire la création de telles conférences épiscopales, et leur confie la responsabilité des nécessaires adaptations des normes générales aux conditions locales. Les décisions des conférences n'ont de pouvoir contraignant pour les évêques et leurs diocèses que si elles sont adoptées par une majorité des deux tiers et confirmées par le Saint-Siège.

Des conférences régionales telles que le Conseil épiscopal latino-américain peuvent également avoir lieu afin de promouvoir des actions communes à une échelle régionale ou continentale, mais n'ont pas de pouvoir législatif.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 02 Mai 2013, 6:59 pm




Les laïcs

Le chapitre 4 présente une conception nouvelle des laïcs. Ceux-ci ne sont plus définis seulement négativement, par le fait de n’être ni prêtres ni religieux(ses). D’une part, en tant que baptisés, ils participent à la fonction prophétique, royale et sacerdotale du Christ. D’autre part ils ont pour spécificité d’exercer cette fonction dans le monde. Leur vocation est de « travailler comme du dedans à la sanctification du monde » , ils « consacrent à Dieu le monde lui-même ». Le texte insiste sur la dignité des laïcs comme membres du peuple de Dieu et sur l’égalité de tous au sein de l’Église.

Le § 37 contient l’évocation d’une « opinion publique » dans l’Église : « Dans la mesure de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur situation, [les laïcs] ont la faculté et même parfois le devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église. »

La Vierge Marie

Le chapitre 8, au sujet de Marie, fut sujet à débat. Le premier projet prévoyait un document séparé sur le rôle de Marie, laissant ainsi Lumen Gentium pleinement adressée à l'Église « œcuménique », sans rien qui puisse choquer les Protestants, qui pour la plupart jugent excessif le culte que l'Église voue à Marie. Cependant, les pères conciliaires insistèrent pour qu'un chapitre qui lui soit consacré apparut dans la constitution sur l'Église, arguant que la place de Marie était auprès de l'Église ; Paul VI les soutint en cela.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 09 Mai 2013, 6:59 pm




La liturgie

La constitution Sacrosanctum concilium, promulguée le 4 décembre 1963 par Paul VI, vise en premier lieu à faciliter la participation des fidèles aux célébrations liturgiques : « L'Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même. » (§ 14) Sacrosanctum concilium se donne pour but d’organiser les textes et les rites de façon qu’ils expriment plus clairement ce qu’ils signifient, et que les fidèles puissent les saisir et y participer « par une célébration pleine, active et communautaire » (§ 21).

Il s’agissait en effet de sortir d’une liturgie individualiste, formelle, et largement incompréhensible. Jusqu’à Vatican II, le plus souvent, les fidèles lisaient en silence des prières privées en français dans leur missel pendant que le prêtre célébrait, le dos tourné au peuple, des rites cachés et avec des prières en latin54. Par ailleurs, les règles du jeûne eucharistique avaient pour effet que, le dimanche matin, ceux qui souhaitaient communier le faisaient au cours d’une messe à laquelle ils avaient le droit de n’assister que partiellement, puis rentraient chez eux prendre un petit déjeuner, avant d’assister à une nouvelle messe, au cours de laquelle ils ne communiaient pas.

Le premier chapitre de Sacrosanctum concilium expose les principes de la « restauration » et du « progrès » de la liturgie : l’œuvre du salut accomplie par le Christ se continue au sein de l’Église et se réalise dans la liturgie (§ 5-6). La liturgie est à la fois rencontre du Christ agissant dans l’Église et attente active de sa venue dans la gloire (§ 7-8). Dans la vie liturgique, l’Eucharistie occupe la première place, elle est le sommet vers lequel tend l’action de l’Église et la source d’où découle toute sa vertu (§ 10).

La réforme avait été encouragée dès le milieu du XIXe siècle par le « mouvement liturgique » lancé par les moines bénédictins de Solesmes (France), de Maredsous et du Mont-César (Belgique), et de Maria Laach (Allemagne). Pie X avait de son côté pris acte de cette aspiration réformiste en promouvant la communion fréquente et la première communion des enfants dès l’âge de raison. Pie XII, sur la base des travaux de patristique et d'histoire, avait quant à lui restauré en 1951 la Vigile pascale avant de la rendre obligatoire en 1955N. 7. En France, le Centre de Pastorale Liturgique, fondé en 1943 à Paris avec le belge Lambert Beauduin, les dominicains Maydieu et Duployé et A.-G. Martimort avait engagé le mouvement qui devait conduire à la création de l'Institut supérieur de liturgie de l'Institut catholique de Paris, auteur des recommandations et des traductions à venir, sous l'autorité de la Conférence épiscopale et avec l'aide des experts de la commission liturgique préparatoire et du Consilium chargé de l'application de la réforme.

Néanmoins, Pie XII avait fermement refusé l’abandon du latin pour la liturgie eucharistique. Dans l’Encyclique Mediator dei en effet, il présentait l’usage du latin comme « à la fois imposant signe d’unité et sauvegarde efficace contre la corruption de la vraie doctrine » (§ 60).

Dans Sacrosanctum Concilium, l’autorisation de la langue vernaculaire est énoncée en mode mineur. Le § 36 note, en son premier alinéa, que « l’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins ». Mais il ajoute, au second alinéa, que « l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple », de sorte qu’« on pourra […] lui accorder une plus large place ». Il est précisé que toute décision en matière de langue liturgique revient aux assemblées d’évêques compétentes sur le territoire concerné.

S’agissant de la structure de la messe, le concile entend donner toute sa place à la Parole de Dieu. L’homélie, désormais obligatoire le dimanche, doit porter les textes lus pendant la célébration, et non pas seulement sur les normes de la vie chrétienne (§ 52). Il est également précisé que la participation à la messe n’est réelle que si le fidèle est présent du début à la fin (§ 56), alors qu’avant le Concile, il suffisait d’arriver avant le début de l’Offertoire et de partir après la bénédiction finale.

Le texte rend également possible la concélébration par plusieurs prêtres ou évêques d’une même messe, alors que la messe « privée » était de règle auparavant (§ 57).

Sacrosanctum Concilium supprime des anomalies qui s’étaient greffées au cours du temps, comme par exemple l’existence de classes tarifées de cérémonies : ainsi les funérailles de première classe avaient lieu au maître-autel tandis que les funérailles de classe inférieure étaient célébrées dans une chapelle latérale (§ 32).

Le texte insiste sur la nécessaire unité du rite. Néanmoins, il admet des adaptations à la diversité des assemblées, des régions et des peuples, surtout dans les missions (§ 38).

La mise en application des directives du concile sur la liturgie est entreprise sous l'autorité de Paul VI, par une commission pontificale présidée par le cardinal Giacomo Lercaro. Les conférences épiscopales nationales jouent également un grand rôle, en particulier pour donner une traduction commune des textes liturgiques pour les pays qui leur sont confiés.

Par sa réduction à une heure, le jeûne eucharistique se retrouve de facto éliminé dès 1964.

Les premières décisions aboutissent à la mise en place de la « messe de 1965 » qui restera en vigueur jusqu’en 1970. Pour la messe chantée, on conserve le grégorien (gloria, credo…) et le latin pour les prières du prêtre et en particulier la prière eucharistique. La langue parlée, en revanche, est admise pour les lectures, les chants, la prière universelle (qui est restaurée, après des siècles d’absence). La célébration se fait face au peuple, la proclamation de la Parole a lieu à l’ambon (et non plus à l’autel). De nouvelles prières eucharistiques sont publiées, qui renouent avec de très anciennes formulations.

En 1969 est publié le nouveau Missel romain, dont l’usage devient obligatoire, sauf pour les prêtres âgés ou handicapés. Quelques changements sont apportés à la messe de 1965. Le lectionnaire s’enrichit considérablement. Pour les dimanches et fêtes, il y a désormais trois lectures (au lieu de deux), réparties sur un cycle de trois ans (au lieu d’un cycle annuel). La permission de distribuer la communion est accordée aux laïcs, on peut dorénavant communier dans la main, et, dans certaines circonstances, sous les deux espèces.




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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 17 Mai 2013, 8:25 pm



L'Écriture sainte et la révélation

La question de la révélation est traitée dans la constitution dogmatique Dei Verbum promulguée le 18 novembre 1965.

Traditionnellement, l’Église catholique considérait que la révélation avait deux sources : la tradition et l’Écriture. Mais le lien entre les deux sources n’était guère précisé, et leur dissociation permettait de présenter comme révélés des dogmes sans fondement scripturaire (par exemple les dogmes de l’immaculée conception et de l’assomption de Marie). Dei Verbum s’efforce de sortir de cette difficulté en insistant sur l’unité des deux sources, moments indissociables de l’auto-révélation de Dieu aux hommes (§ 9). La révélation de Dieu ne se réduit pas à une série de dogmes fournis soit par l’Église soit par les Écritures, elle est la rencontre du Christ, verbe fait chair (§ 2). Dei Verbum présente la révélation non pas comme la transmission de savoirs ou de normes de comportement, mais comme le don que Dieu fait de lui-même avec l’offre d’une relation d’amitié. La révélation divine est conçue comme l’acte de bienveillance gratuite par lequel le Dieu Trinité se fait connaître lui-même et transmet sa propre vie en vue d’une alliance (§ 2).

Dei Verbum affirme que la charge d’interpréter authentiquement la parole de Dieu est « confiée au seul Magistère vivant de l’Église ». Il note cependant que le magistère n’est pas au-dessus de la parole de Dieu mais à son service (§ 10). Le texte souligne l’intérêt de l’exégèse historico-critique, mais demande aussi aux exégètes de considérer le sens profond de l’Écriture, en lien avec la tradition de l’Église (§ 12).

Le concile entreprend de ranimer le rôle central de l'Écriture dans la vie religieuse et plus précisément théologique de l'Église, en s'appuyant sur l'œuvre des premiers papes, et travaille à une approche moderne de l'analyse scripturaire et de l'interprétation. Une nouvelle approche de l'interprétation est approuvée par les pères conciliaires : l'Église continue à fournir aux fidèles des traductions de la Bible en langue vernaculaire, et religieux et laïcs poursuivent l'étude de la Bible, en tant que part centrale de leurs vies. L'importance de l'Écriture sainte, telle qu'elle était attestée par Léon XIII dans Providentissimus Deus et dans les écrits des saints, docteurs et papes tout au long de l'histoire de l'Église, est confirmée. Le concile approuve également l'interprétation de l'Écriture à la lumière de l'histoire présentée dans l'encyclique Divino Afflante Spiritu de Pie XII, en 1943.

Selon Christoph Theobald, le concile Vatican I (à travers constitution dogmatique Dei Filius) conçoit la Révélation sur le modèle d’une instruction : Dieu informe les hommes des vérités qu’ils ne peuvent découvrir par eux-mêmes. Dei Verbum, quant à lui, privilégie le modèle de la communication. La relation entre Dieu et les hommes a davantage la forme d’un dialogue.



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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 30 Mai 2013, 6:48 pm




L’Église et le monde

La relation de l’Église au monde moderne est l’objet de la constitution pastorale Gaudium et spes, promulguée le 7 décembre 1965. Durant sa longue préparation, le texte est désigné sous le nom de « schéma 13 » puis de « schéma 17 ».

Gaudium et spes marque un tournant dans la vie de l’Église. Celle-ci passe d’une relation avec le monde moderne faite essentiellement de méfiance (Syllabus sous Pie IX, condamnation du modernisme sous Pie X) à une relation de solidarité avec les hommes « de ce temps ».

Les premières lignes du texte sont célèbres : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (§ 1)

Selon Jean Daniélou, le texte a un double enjeu : la participation que les chrétiens doivent prendre à la construction de la civilisation temporelle et ce que le monde d’aujourd’hui est en droit d’attendre de l’Église.

La première partie traite des fondements de la pensée sociale de l’Église. La seconde partie examine des questions plus circonstantielles : le mariage et la famille, la culture, la vie économico-sociale, la politique et les relations internationales.

Gaudium et spes s’efforce de discerner les « signes des temps », c’est-à-dire la présence de Dieu dans les événements significatifs de l’histoire présente (§ 4-1). Le texte insiste sur la dignité inaliénable de l’homme créé à l’image de Dieu (§ 12-22). Il souligne l’aspect social de l’existence humaine : la dignité de l’homme ne peut être assurée qu’au sein d’une communauté d’échange et d’amour mutuel (§ 25). Gaudium et spes affirme enfin la nécessité du développement : l’homme doit renforcer sa maîtrise sur la création et il faut instituer un ordre politique, économique et social qui soit au service de l’homme (§ 9).




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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Sam 08 Juin 2013, 8:04 pm




L'œcuménisme

Articles connexes : Œcuménisme et Liste des observateurs non-catholiques au Concile Vatican II.

Dans l’Encyclique Mortalium Animos (1928), Pie XI avait dénoncé avec véhémence les « panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises ». Pour lui, l’unité des chrétiens ne pouvait être assurée que par le « retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ ». Dans la même ligne, l’Instruction sur le mouvement œcuménique, promulguée par le Saint-Office le 20 décembre 1949, avait affirmé que « l’Église catholique possède la plénitude du Christ » et n’a pas à se perfectionner par des apports venant d'autres confessions. Logiquement, l’Église catholique avait refusé de participer aux premières assemblées du Conseil œcuménique des Églises à Amsterdam (1948) et Evanston (1954) et n’entretenait aucune relation officielle avec les autres Églises chrétiennes.

Par ailleurs, l’Encyclique Humani generis du 12 août 1950 avait condamné les « nouveaux théologiens » (parmi lesquels Yves Congar) qui, sous prétexte d’unité, tendent à « assimiler au dogme catholique tout ce qui plaît aux dissidents ». Enfin, la proclamation par Pie XII du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie (1er novembre 1950), dépourvu d’appui biblique explicite, créait un conflit supplémentaire avec les protestants.

Prenant le contre-pied de cette attitude, le décret Unitatis redintegratio, promulgué le 21 novembre 1964, affirme que la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des buts principaux du concile Vatican II. Il présente le mouvement œcuménique comme un aspect essentiel de la vie chrétienne (§ 1). Le but du concile, dit le texte, n’est pas seulement de réunir les croyants pris un à un, c’est-à-dire par la conversion individuelle au catholicisme, mais d’unifier les communautés, ce qui implique leur reconnaissance.

Le texte énonce les moyens de favoriser le retour à l’unité : renoncer à toute attitude de médisance et d’agressivité envers les « frères séparés » ; mener des dialogues entre experts bien informés, par lesquels chaque communauté pourra apprendre à connaître les autres ; organiser toutes sortes d’entreprises communes ; prier ensemble ; chercher à se rénover et à se réformer soi-même (§ 4).

L’ambition du texte reste certes limitée. Il ne programme pas un retour à l’unité aisé ou rapide mais se contente de promouvoir ce retour en demandant aux catholiques de s’engager résolument en sa faveur. Il rappelle également la place unique de l’Église catholique dans l’œuvre du salut. Toutefois, faisant implicitement référence au § 8 de Lumen gentium, le décret reconnaît que « plusieurs et même beaucoup d’éléments de grande valeur peuvent exister en dehors des limites visibles de l’Église catholique », « éléments qui appartiennent de droit à l’unique Église du Christ » (§ 3).

Dans son discours d’ouverture de la deuxième session du concile, le 29 septembre 1963, Paul VI formule une demande de pardon : « Si dans les causes de cette séparation, une faute pouvait nous être imputée, nous en demandons humblement pardon à Dieu et nous sollicitons aussi le pardon de nos frères… »

La fin du concile est marquée par la levée des excommunications mutuelles par le pape et le patriarche orthodoxe de Constantinople.

Enfin, deux mesures concrètes qui entrent directement en application après le concile concernent l'œcuménisme :
le lectionnaire œcuménique, que les catholiques et les luthériens appliquent toujours aujourd'hui, malgré quelques divergences d'interprétation. Des voix s'élèvent aujourd'hui pour demander sa révision, notamment en incluant plus de textes de l'ancien Testament, surtout représenté actuellement par les Psaumes.
Bien que le travail de traduction soit commencé avant l'ouverture du concile Vatican II (première rencontre des traducteurs le 19 décembre 1961, ouverture du concile en 1962) la Traduction œcuménique de la Bible (TOB), qui est toujours en usage chez les catholiques et une grande partie des protestants. Cependant, les orthodoxes se sont vite détachés du projet, le jugeant trop moderniste. Certains regrettent l'absence de notes de culture biblique. Depuis, les Orthodoxes ont rejoints l'équipe de la TOB pour la révision éditée en 2010. Les notes sont abondantes dans les éditions d'étude.


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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Lun 10 Juin 2013, 12:06 am

RAMOSI a écrit:


Pour Lumen Gentium, nul ne peut être considéré comme étranger à l’Église du Christ : catholiques « incorporés pleinement à la société qu’est l’Église [catholique] » ; chrétiens séparés, que leur baptême et l’union dans l’Esprit saint continuent à associer à l’Église ; non-chrétiens enfin, puisque tous les hommes sont rachetés par le sang du Christ .

-Tous les Hommes sont-ils rachetés par le sang du Christ ?
"Dieu l'a exposé comme moyen de propitiation par son sang , MOYENNANT LA FOI ." Romains 3,25
- Les Pharisiens hostiles au Christ ont-ils été rachetés par son sang ?
Voir dans "Catena aurea" les commentaire patristiques relatifs à Jean 8,24. (les citations sont malheureusement limitées à 2 Par l'administrateur).

- La mort du Christ a t-elle été efficace pour tout Homme ?
Voir Romains 5,10 et 2 Corinthiens 5,20-21 (les citations sont malheureusement limitées à 2 par l'administrateur).

Concile de Trente ( VIe session )
Qui sont ceux qui sont justifiés par JESUS-Christ ?
Encore qu'il soit mort pour tous , tous néammoins ne reçoivent pas le bienfait de sa mort , mais seulement ceux-là ausquels le mérite de sa passion est communiquée (...) S'ils ne ne renaissoient pas en JESUS-Christ , ils ne seroient jamais justifiez , puis que c'est par cette renaissance , en vertu du mérite de sa passion , que la grâce par laquelle ils sont justifiez leur est donnée (source : "Wikipedia").
Voir S.Thomas d'Aquin - "Dieu" , question 23 , article 4 , § 3 (les citations sont malheureusement limitées à 2 par l'administrateur).
Tous les Hommes ne sont pas rachetés INCONDITIONNELLEMENT par le sang du Christ.
"Lumen Gentium " est erroné s'agissant des non-Chrétiens.












[/quote]
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mar 02 Juil 2013, 7:20 pm




La liberté religieuse

La liberté religieuse est l’objet de la déclaration Dignitatis humanae, votée le 7 décembre 1965. La déclaration énonce notamment qu’ « en matière religieuse nul ne [peut être] forcé d'agir contre sa conscience » et que « personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré lui ».

Il est à noter que l'Église a traditionnellement condamné les conversions forcées au catholicisme, donc, de ce point de vue, le concile n'innove pas. En revanche, avant le concile, l'Église n'exigeait la liberté que pour elle-même, se réservant la possibilité, lorsqu'elle-même était majoritaire, d'interdire les autres confessions - ou, au mieux, de les « tolérer », comme dans le concordat espagnol de 1953. Cette exigence de liberté pour elle-même associée à une « intolérance » pour les autres confessions constituait un « double standard ». Désormais l'Église se pose en défenseur de toutes les libertés religieuses.

Toutefois, la déclaration n’évoque pas la « liberté de conscience ». Cette dernière avait en effet été qualifiée par Grégoire XVI de « délire » dans l'encyclique Mirari vos en 1832, expression reprise dans l'encyclique Quanta cura de Pie IX en 1864. La nature de l'articulation entre liberté de conscience et liberté religieuse fait l'objet de débats nourris, avec de fortes divergences d'interprétation, entre théologiens. Les controverses sont particulièrement vives sur cette question puisque c'est sur elle que se concentre une bonne part de l'interrogation sur le caractère plus ou moins novateur de la doctrine conciliaire, et de sa position par rapport à la doctrine traditionnelle : continuité, réforme ou rupture.

En 1966, John Courtney Murray regrette que Dignitatis Humanae s'en tienne à une définition « étroitement limitée » de la seule liberté religieuse et ne mette pas mieux en valeur que « la dignité humaine consiste en l'usage responsable de la liberté ».
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Mer 03 Juil 2013, 4:36 am

Il est à noter aussi que S.S Jean-Paul II , dans sa "Repentance de l'Eglise" , a inclus "les péchés commis , dans le cadre de l'évangélisation , contre le respect des cultures et des autres religions."
Le respect des autres religions ?
L'évangélisation , c'est annoncer l'Evangile et faire des disciples ("Qui n'amasse pas avec moi disperse") , ce n'est pas agglomérer des croyances hétérogènes en syncrétisme (Assise).

Pendant des siècles , des Juifs ont été brûlés par des Chrétiens sans que Rome intervienne (sans parler du Génocide).
Lors de "l'évangélisation" des indigènes amérindiens , les conversions forcées pratiquées par les missionnaires étaient la règle générale. Voilà de quoi se repentir : des atrocités commises au Nom du Dieu d'Amour contre ses créatures , mais certainement pas se repentir de n'avoir pas respecté les religions païennes , le totémisme , la sorcellerie , les sacrifices humains : c'est faire insulte au sang des martyrs coupés en 2 en Asie ou cuits au court-bouillon en Afrique.
Combattre l'ennemi du genre humain par la prédication de la Parole de Dieu est un combat sans compromissions diplomatiques entre notables , ce qui ne signifie pas qu'il faille imposer sa foi par la force , ni manquer de respect aux Personnes qui n'ont pas la foi chrétienne.
Est-il si difficile de ne pas confondre l'Homme , qui est respectable en soi , et ce qu'il croit , qui n'est pas automatiquement respectable en soi parce que c'est un Homme qui le croit ?
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Jeu 18 Juil 2013, 7:51 pm





Relations avec les autres religions

Outre la reconnaissance de la liberté religieuse, le concile développe une vision positive de l'action du Dieu unique au cœur même des religions non chrétiennes, comme l'illustre notamment la déclaration Nostra Aetate.

La déclaration a été adoptée le 28 octobre 1965. Elle rompt avec des siècles d’indifférence ou d’hostilité à l’égard des autres religions. La déclaration affirme que l’Église ne rejette rien de ce qui est « vrai et saint » dans les religions non chrétiennes et qu’elle respecte sincèrement les règles et les doctrines de ces religions qui « reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes » (§ 2). Les religions nommément citées sont l’hindouisme, le bouddhisme, l’islam et le judaïsme. Le texte se garde néanmoins de tout syncrétisme. Il rappelle que les catholiques sont tenus – par le dialogue – d’annoncer le Christ (§ 2).

Ce sont surtout les rapports entre le catholicisme et le judaïsme qui sont bouleversés par Nostra aetate. La déclaration récuse toute responsabilité du peuple juif en tant que tel dans la mort du Christ et condamne les persécutions antisémites. Elle recommande de faire disparaître tout antijudaïsme de la catéchèse et de la prédication (§ 4).

Sur le plan liturgique, dès 1959, Jean XXIII avait fait disparaître la prière du Vendredi saint « pour les juifs perfides ».

Selon Philippe Chenaux, la nouveauté de Nostra aetate réside surtout dans la reconnaissance des racines juives de la foi chrétienne. La théologie de la substitution (l’Église comme novus Israel) laisse la place à une théologie de la filiation et de l’enracinement.

Il est à noter cependant que la déclaration ne dit rien de l’État d’Israël ni de la Shoah.

Le décret Ad Gentes évoque de même les « semences du Verbe », semina Verbi, qui se trouvent cachées dans les différentes « traditions nationales et religieuses », et dont la reconnaissance doit être articulée avec l'exigence d'évangélisation.

Le pape Jean-Paul II résumera ainsi l'enseignement du concile dans son encyclique Redemptoris Missio de 1990 :



« L'Esprit se manifeste d'une manière particulière dans l'Église et dans ses membres ; cependant sa présence et son action sont universelles, sans limites d'espace ou de temps. Le Concile Vatican II rappelle l'œuvre de l'Esprit dans le cœur de tout homme, par les « semences du Verbe », dans les actions même religieuses, dans les efforts de l'activité humaine qui tendent vers la vérité, vers le bien, vers Dieu. »

Cette vision renouvelée du rapport aux différentes traditions religieuses s’est illustrée spectaculairement dans les rencontres d’Assise, initiées par Jean-Paul II et poursuivies par Benoît XVI.

La déclaration Dominus Iesus du 6 août 2000, signée par le Cardinal Ratzinger et approuvée par Jean-Paul II, prend position sur les relations avec les autres religions et l’œcuménisme. Elle affirme qu’aux yeux du Magistère l’Église catholique est « l’unique Église du Christ » et que les Églises nées de la Réforme « ne sont pas des Églises au sens propre du mot » (§ 17). Certains voient dans ce texte, qui cite abondamment Vatican II, une clarification et un prolongement du concile.

Cependant, la déclaration a pu choquer un large éventail de chrétiens et de membres d'autres religions, en semblant notamment ignorer voire annuler les progrès accomplis en termes de rapprochements œcuméniques les décennies précédentes. Ainsi le Pasteur Jean-Arnold de Clermont, Président de la Fédération protestante de France, y voit une « lecture figée des textes de Vatican II ». Du côté catholique, le théologien Claude Geffré regrette que « le jugement positif de Vatican II sur les autres religions [soit] réinterprété dans un contexte de christianocentrisme et d’ecclésiocentrisme qui rappelle à bien des égards une théologie préconciliaire ».


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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 19 Juil 2013, 7:16 pm

Ramosi ,
C'est S.Justin martyr (IIe S.) qui a élaboré la doctrine du "Logos Spermatikos"(la Parole de Dieu qui féconde).
A l'époque où vivait ce saint homme , on croyait (à tort) que le père de famille était le seul principe actif de la procréation ; la mère n'était que nourricière , comme la terre vis à vis de la plante.
Napoléon utilisait cette théorie arboricole pour dire qu'il cherchait un ventre pour y déposer sa semence. Pour les enfants , on utilise encore la pédagogie de la "petite graine".
Théoriquement , la semence du père contenait en germe l'enfant à naître , et le fœtus croissait dans le ventre de la mère comme la semence croît en terre.
Il a fallu attendre l'invention du microscope pour que s'effondre la théorie de la génération spontanée
(Pasteur) et que soit progressivement compris le processus de la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde.
La théorie de la fécondation à l'époque de S.Justin était fausse , et son idée de la Parole de Dieu qui féconde la création était erronée. Pour que la Parole de Dieu soit féconde , pour qu'elle produise "l'Homme nouveau" (S.Paul) , il est indispensable que cet Homme (son esprit) participe (par la foi en la Parole) à sa régénération.
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Ven 19 Juil 2013, 7:58 pm

Les "vérités" enseignées par les religions non bibliques sont tout au plus des abstractions du psychisme , de la sagesse humaine qui , à terme , est dénoncée par la Parole de Dieu comme folie des Hommes qui méconnaissent la Sagesse de Dieu (contre le décret "Ad Gentes").
- "Lumen Gentium" 2.16 : 1Tm 2,4 est interprété comme si la volonté de Dieu de sauver tous les Hommes était absolue et inconditionnelle (contre la Prédestination chez S.Thomas d'Aquin "Dieu" , Q.23 , a.4 , §3) + Les Musulmans sont supposés ignorer l'Evangile du Christ et son Eglise (No ) + Ils adorent "avec nous" le Dieu Unique ( comme si "Allah" était Trine). ( Rolling Eyes )
- "Nostra Aetate" (3) : Quelle complaisance à l'égard de la "foi Islamique" ! Comme si le Coran n'était pas un Corpus anti-Christ (négation explicite de la filiation divine du Christ , de son identité trinitaire , et de sa mort rédemptrice ). bom 
- "Gaudium et Spes" n°22 §5 "... puisque le Christ est mort pour tous , et que la vocation dernière de l'Homme est réellement unique , à savoir divine , nous devons tenir que l'Esprit saint offre à tous , d'une façon que Dieu connait , la possibilité d'être associés au mystère pascal."
# Concile de Trente ( VIe session ) : "Encore qu'il soit mort pour tous , tous néammoins ne reçoivent pas le bienfait de sa mort , mais seulement ceux-là ausquels le mérite de sa passion est communiquée (...) S'ils ne ne renaissoient pas en JESUS-Christ , ils ne seroient jamais justifiez , puis que c'est par cette renaissance , en vertu du mérite de sa passion , que la grâce par laquelle ils sont justifiez leur est donnée."
-"Redemptoris Missio" ch.2 §12 : " L'Ancien Testament atteste que Dieu a choisi et constitué un peuple pour révéler et mettre en oeuvre son plan d'amour. Mais, en même temps, Dieu est Créateur et Père de tous les hommes ; il prend soin de tous, à  tous il étend sa bénédiction ..." # Jean 1,12-13 Rm 9, 6-8 ; 1P 1,3-5 ( "créér" n'est pas "engendrer" ).
-"Dominis JESUS" § 12 : " D'autres envisagent encore l'hypothèse d'une économie de l'Esprit Saint au caractère plus universel que celle du Verbe incarné, crucifié et ressuscité. Cette affirmation aussi est contraire à la foi catholique, qui considère en revanche l'incarnation salvifique du Verbe comme un événement trinitaire." # "Gaudium et Spes" n°22 §5 : "...nous devons tenir que l'Esprit saint offre à tous , d'une façon que Dieu connait , la possibilité d'être associés au mystère pascal."
... sans parler des erreurs doctrinales dans le catéchisme 1998 !
Amicalement soumis à votre honnêteté intellectuelle.

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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Sam 20 Juil 2013, 7:41 pm

colchique a écrit,

Citation :
Pour que la Parole de Dieu soit féconde , pour qu'elle produise "l'Homme nouveau" (S.Paul) , il est indispensable que cet Homme (son esprit) participe (par la foi en la Parole) à sa régénération.


Oui bien entendu !


Citation :
+ Les Musulmans sont supposés ignorer l'Evangile du Christ et son Eglise ( ) + Ils adorent "avec nous" le Dieu Unique ( comme si "Allah" était Trine). (  )
- "Nostra Aetate" (3) : Quelle complaisance à l'égard de la "foi Islamique" ! Comme si le Coran n'était pas un Corpus anti-Christ (négation explicite de la filiation divine du Christ , de son identité trinitaire , et de sa mort

L'Islam existe et regroupe plus d'un milliard d'adeptes dont il faut tenir compte,

Entre être complaisant où ne pas l'être, il existe de nombreuses nuances,

Mais il faut aussi veiller à ne pas conforter des oppositions pouvant aboutir à un éventuel choque des Civilisations, déjà malheureusement bien entamé,

Et cela en conformité avec le Message de JESUS et son appel à la Paix et à l'Amour du Prochain de toute race, couleur ou religion,

D'où l'attitude de nos autorités religieuses, que je comprend en partie.


Citation :
... sans parler des erreurs doctrinales dans le catéchisme 1998 !
Amicalement soumis à votre honnêteté intellectuelle.


L'Eglise n'est pas parfaite, comme tout ce qui existe sur cette terre, mais pour ma part, c'est ce que j'ai trouvé être le plus proche de la vérité,

De part les richesses Spirituelles que l'on y rencontre, et auquelles peut accéder celui qui le désire,

Et ce qui colle le plus avec le Message que JESUS nous a donné.
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Sam 20 Juil 2013, 9:01 pm

RAMOSI a écrit:


L'Islam existe et regroupe plus d'un milliard d'adeptes dont il faut tenir compte,

Tenir compte de la multitude des adeptes de l'Islam , du Bouddhisme , de l'Hindouisme ...etc, autrement dit de la multitude des non-Chrétiens , n'implique pas d'admettre comme parcelles de vérité les éléments qui ne sont pas radicalement contraires à la foi chrétienne , en invoquant le "Logos spermatikos" qui n'est pas conforme à la réalité , et en se voilant la face pour minimiser l'importance des enseignements qui contredisent la foi chrétienne.( C'est ce qu'a fait Vatican II avec certains passages significatifs de "Ad Gentes" et "Nostra Aetate")


Citation :
Entre être complaisant où ne pas l'être, il existe de nombreuses nuances,
Il n'y a pas de nuances dans les versets du Coran qui nient explicitement la filiation divine du Christ , son identité trinitaire et sa mort rédemptrice.
Il n'y a pas de nuances dans la "Parole d'Allah" qui condamne la Trinité.
Il n'y a pas de nuances quand on lit , dans un texte de Vatican II , que les Musulmans adorent "avec nous" le Dieu Unique ; c'est tout simplement un scandale.

Citation :
Mais il faut aussi veiller à ne pas conforter des oppositions pouvant aboutir à un éventuel choque des Civilisations, déjà malheureusement bien entamé
Point de vue politique , parfaitement incarné par Jean-Paul II , qui n'était pas obligé pour autant d'embrasser le Coran à Assise (et pas seulement sa reliure , comme on me l'a opposé en me prenant pour une cruche).

Citation :
Et cela en conformité avec le Message de JESUS et son appel à la Paix et à l'Amour du Prochain de toute race, couleur ou religion
Mon cher ami , vous mélangez tout. L'amour du prochain , quelle que soit sa religion , n'oblige pas à attribuer à sa religion une valeur salvifique. C'est par amour pour les Hommes que JESUS a annoncé le Royaume de Dieu et qu'il est mort sur la croix ; c'est pourtant Lui aussi qui a dit à ses disciples : "Celui qui croira et sera baptisé ; celui qui ne croira pas sera condamné."
C'est par amour pour les Hommes que l'Eglise a proclamé pendant des siècles l'Evangile et la nécessité absolue du baptême pour qu'ils soient sauvés.
Depuis Vatican II (cf. "L'engagement de Dieu et la mission de l'Eglise" , document clé de l'œcuménisme à Marseille , votre sujet) , tous les Hommes sont sauvés , quelle que soit leur religion ( "Gaudium et Spes" ch.22 § 5) , comme si la mort du Christ par amour pour tous les Hommes était non seulement suffisante mais universellement efficace ( J'ai pris la peine de citer dans mon précédent message le Concile de Trente , VIe cession , qui s'inscrit en faux contre les nouveautés de Vatican II , auxquelles Mgr.Lefebvre avait raison de s'opposer...et il a été excommunié parce qu'il "s'entêtait". Mais qui s'entête depuis 50 ans à contredire non seulement la tradition scipturaire mais aussi la tradition patristique et la tradition ecclésiastique ?)
Avec mes amitiés.
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Dim 21 Juil 2013, 6:30 pm

@ colchique,


Je cerne mieux maintenant de manière plus précise quelle est ton orientation Religieuse.


Que répondre..,

Tout d'abord que je ne suis pas Théologien, et donc pas vraiment de taille à débattre utilement sur ces différences Doctrinales,

Redire que l'Eglise n'est pas parfaite, comme tout ce qui existe sur cette terre, mais que pour ma part, c'est ce que j'ai trouvé être le plus proche de la vérité, et cela sous le Pontificat de Jean-Paul II,

Et que c'est à ce moment précis que j'ai redécouvert l'Eglise et ses richesses (Spirituelles), ainsi que le peuple des Chrétiens, et cela vers l'âge de 47 ans,

Cela ayant coincidé avec une période de renouveau du Christianisme, via Jean-Paul II et son action, les JMJ, etc...,

Renouveau actuellement retombé, ce qui est dommage !

Il y a dans le Christianisme Catholique une dimension Spirituelle de relation à DIEU et à JESUS qui dépasse de très loin les différences de perception Doctrinales des uns et des autres,

Mais je pense que tous, avec nos différences, formons le grand corps de l'Eglise du CHRIST en évolution dans cette période de Temps très particulière dite de la Fin des Temps,

Et que tous, nous avons notre rôle à jouer et notre travail à accomplir !
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Lun 22 Juil 2013, 6:10 am

RAMOSI a écrit:
@ colchique,
Je cerne mieux maintenant de manière plus précise quelle est ton orientation Religieuse.
Mon cher Ramosi ,
Compte tenu de ce que je vous ai dit , je pense que Mgr. Lefebvre a été traité injustement par Jean-Paul II.
A mon sens , ce n'était pas juste de l'excommunier en appliquant strictement le droit canon parce qu'il avait ordonné des Evêques pour assurer la continuité de la Catholicité telle qu'il la concevait , et qui était plus conforme aux Traditions de l'Eglise que la théologie conciliaire dont Mgr.Ratzinger et Jean-Paul II étaient garants. C'est relativement facile à prouver.
Contrairement à ce que vous pensez , je ne suis pas "Lefebvriste" (et encore moins "négationniste" ) , mais je trouve un peu fort de café que la réputation de grand intellectuel du Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi (excusez du peu) , et la popularité du Pape polonais dont le patriotisme a joué un grand rôle dans la chute du Communisme , aient prévalu sur des arguments doctrinaux suffisamment fondés pour qu'ils ne les contestent pas.
C'est la suprématie du Pontife qui s'est imposée , quoi qu'il dise , quoi qu'il écrive , ou quoi qu'il fasse , et c'est d'autant plus facile quand une marée humaine ignorante vous adule.
Suite au rapprochement voulu par Benoit XVI , Mgr Fellay (chef des "Traditionnalistes" ) a jeté l'éponge , en se soumettant à l'autorité du Siège romain en qualité d'Evêque catholique , au lieu de poursuivre l'œuvre du fondateur de la Fraternité S.Pie X , qui avait pourtant raison sur le fond.
Vatican II reste donc officiellement l'enseignement du Magistère , malgré ses déviances pour ne pas dire ses dérives. Soyez content ! Je suis convaincu pour ma part que Dieu ne donne pas son assentiment à des contre-vérités.
Evidemment , il n'y a rien contre vous , et votre cheminement personnel n'est pas en cause.
Tout au plus pourriez vous ne pas vous faire avec autant de zèle le chantre d'un Magistère qui n'est pas sans reproche.
Fraternellement en Christ , mon ami.
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RAMOSI
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MessageSujet: Re: Le Concile Vatican II   Lun 22 Juil 2013, 5:32 pm




@ colchique,

Disons que je me fais le chantre de cette Eglise, car malgré ses défauts et faiblesses,

Elle est comme je l'ai déjà dit, ce qui est le plus proche de la vérité, pour celui qui veut rendre un culte à DIEU par l'intermédiaire d'une Religion,

Elle est réellement un point de contact entre DIEU et l'Homme,

Et elle peut vraiment aider celui qui le désire à développer sa Spiritualité, sa relation à DIEU.


Elle est par ailleurs attaquée de toutes parts, de l'extérieure comme de l'intérieure, principalement parce qu'elle représente finalement le dernier rempart avant la venue de la barbarie finale,

Que les foules innocentes et inconscientes ne voient pas venir, malgré que cette barbarie a déjà commencé à pointer le bout de son nez !
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