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 LES VOYAGEURS

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MessageSujet: LES VOYAGEURS   Jeu 25 Juil 2013, 9:12 pm

(Texte original de Robert Shubow)

I – LA PAIX NE SUFFIT PLUS.

Il était une fois…ou plutôt il sera…dans quelque milliers d’années peut-être, dans un autre univers, une autre dimension, des êtres très purs et doués d’un grand savoir, vivant dans un état de paix total. Leur monde était bien différent du nôtre ; c’était un monde de lumière.

Ces être que l’on appelait des Sha ligra’ames résidaient au cœur d’un océan de lumière rouge et or. Ils avaient atteint un état d’harmonie et de plénitude tel qu’ils n’avaient aucun désir. Les Sha ligra’ames n’étaient pas faits comme nous de chair et d’os, mais ils étaient totalement composés de lumière. Ils étaient très petits comme des minuscules points de lumière. Et cependant, leur esprit, leur intellect et leur personnalité reflétaient la perfection absolue. Les Sha ligra’ames flottaient dans leur silencieuse mer de lumière, comme une constellation céleste.

Ils ne brillaient pas tous du même éclat. De certains irradiaient de formidables rayons de lumière et d’énergie tandis que d’autres scintillaient faiblement. Les plus puissants formaient ensemble un chapelet aux motifs très élaborés et très beaux comme les milles reflets d’une rivière de diamants. Et au centre se trouvaient les puissants Sha ligra’ ames de tous. De ces êtres rayonnaient tellement de paix et d’harmonie que les autres Sha ligra’ ames se rassemblaient naturellement autour de ces minuscules générateurs d’énergie, comme attirés par une sorte de force magnétique.

Exactement au cœur de la population des Sha ligra’ ames habitait l’être le plus puissant et le plus beau de tous.Il brillait avec tant d’éclat et de stabilité que les autres voulaient seulement rester près de lui. Il possédait une connaissance totale de l’univers entier ; en fait sa connaissance s’étendait sur chaque univers, y compris le nôtre ; il connaissait les secrets les plus cachés du temps lui-même et il pouvait voyager au-delà des régions les plus éloignées de l’espace en une seconde. Il comprenait le passé, le présent et le futur et pouvait littéralement faire tout ce qu’il voulait. Les Sha ligra’ ames étaient les êtres les plus merveilleux qui puissent exister ; comparés à eux, les humains font piètre figure.

Du reste, le guide des Sha ligra’ ames était totalement doux et bienveillant ; il n’avait pas la moindre intention de faire quelque mal que ce soit. Il désirait uniquement voir la paix régnait sur le monde, et chaque fois que le mécanisme se déréglait, il agissait rapidement pour rendre au monde sa condition originelle. Le nom de cet être suprême était Shi Vah et tous les autre Sha ligra’ ames le considéraient comme leur père.

Dans ce monde de lumière, tout se passait sans heurt, à un rythme parfait ; jusqu’au moment où un Sha ligra’ ame puis un autre, trouvèrent que cette maison n’était plus assez attrayante pour eux. Ce monde de silence dans lequel ils communiquaient entre eux à un niveau encore plus subtil que la pensée, manquait simplement d’une chose : de divertissement, de changement, de bonheur.
Ainsi, un des plus puissants de la race établit un contact avec son père Shi Vah :
« Je veux explorer un autre monde », déclara l’enfant. Laisse-moi partir avec quelques autres et nous découvrirons une autre dimension. Nous souhaitons connaître cette expérience ».
-« Doux enfant, où iras-tu ? » demanda Shi Vah amusé.
- « Je ne sais pas ; mais il doit bien y avoir un monde qui vaille la peine d’être exploré. Ici, nous connaissons la paix, mais nous avons oublié ce qu’est une expérience ; nous voudrions construire quelque chose de neuf ! Ceci est notre souhait. Existe-t-il un endroit où l’environnement puisse satisfaire notre désir ? »
Le père réfléchit un instant, sachant déjà ce que cela présageait. En l’espace d’une seconde, il mesura les limites ultimes de éternité dans son esprit océanique, et répondit :
-« Oui. Tes désirs ne peuvent être comblés que par un monde physique avec des étoiles et des planètes », continua Shi Vah. Il y a un endroit, une planète dans l’espace le plus reculé ; c’est un monde physique à quatre dimensions. Cette planète est un joyau d’une beauté sans pareille et vous pourriez en faire un monde de bonheur.
Allez mes enfants, partez en nombre suffisant pour établir une colonie. Vous devriez préparer un équipement pour aller là-bas et pour ce faire vous aurez besoin de combinaisons spatiales, mais je vous aiderai pour tout. Partez et soyez heureux ; vous l’avez mérité. Et si quelque chose tournait mal, appelez-moi et je vous aiderai autant que je le pourrai.
Le premier groupe serait conduit par l’enfant qui avait demandé à partir et à ses côtés se tenait un être qui brillait lui aussi d’un grand éclat.

Il est bon de savoir que les Sha ligra’ ames étaient une race tellement avancée qu’ils n’avaient pas besoin de vaisseau spatial pour voyager. Ils quittèrent le monde de lumière simplement par le pouvoir très développé de leur pensée et arrivèrent dans une dimension nouvelle et étrange.
C’était le début d’une longue et mémorable odyssée, et les voyageurs ne devaient pas revoir leur paisible demeure avant longtemps. Très longtemps.

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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Ven 26 Juil 2013, 1:25 am

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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Dim 28 Juil 2013, 8:17 pm

LE GRAND VOYAGE ….

Disposés en V (pour Victoire), nos voyageurs traversèrent d’abord l’océan de lumière puis une légère couche blanche et brumeuse, connue pour ses nombreux phénomènes fantastiques : c’était une région enchantée dont ils avaient déjà entendu parler et qui servait de porte entre deux dimensions. Ils la traversèrent et entrèrent dans le monde de l’espace. Une fois là, bien qu’ayant encore des milliards de milles à parcourir, leur voyage touchait en réalité à sa fin et ils se dirigèrent vers une petite planète de taille moyenne, ressemblant beaucoup à la nôtre, à ceci près qu’elle était encore vierge. Les mers y étaient d’un bleu intense, les îles étaient recouvertes de fleurs extraordinaires et il n’y avait qu’un seul continent entouré par un océan. En outre, l’axe de la planète était incliné de telle façon que c’était toujours le printemps sur ce pays magique.

Les Sha ligra’ ames, volant en orbite autour de leur nouveau monde, découvraient sans cesse de nouvelles sources de ravissement. Ils réalisèrent que ce monde était encore plus magnifique que dans leurs rêves les plus fous. C’était un véritable paradis.

L’or semblait être le minéral le plus commun, les diamants tapissaient le sol avec élégance, tandis que les rivières coulaient gracieusement au cœur du pays. La température était douce et la planète tournant également sur elle-même, la nuit succédait au jour.
Tout y était si absolument charmant qu’ils décidèrent de s’y poser immédiatement.

Cependant, ils n’avaient pas encore résolu le problème de la survie au sol ; l’atmosphère les empêcherait d’agir comme ils le faisaient dans leur propre monde et la communication par télépathie serait plus difficile ; en outre, leurs pouvoirs pour se déplacer par la pensée ne fonctionneraient pas aussi bien dans ce monde de matière. Pour vivre, ils avaient donc besoin de combinaisons spatiales. Mais comment se les procurer ? Cette question semblait insoluble puisqu’il fallait bien avoir des combinaisons pour en fabriquer d’autres. Comment n’avaient –ils pas penser à ce problème avant de partir.

Ils réalisèrent qu’ils s’en étaient entièrement remis à Shi Vah pour ce genre de question, et il n’avait rein dit à ce sujet.
De toute façon, il ne restait rien d’autre à faire que de descendre et voir ce que l’environnement allait leur proposer. Le chef de l’expédition descendit en premier.

Avant même qu’il eût pénétré la masse d’air qui entourait la planète, il sentit un appel, une invitation mental familière si souvent perçue quand il était encore dans la demeure, entouré des autres Sha ligra’ ames. Il suivit la ligne des pensées jusqu’à sa source.

Là-bas, à la surface de la planète, il vit deux Sha ligra’ ames rayonnant de lumière qui l’accueillaient. Ils portaient des combinaisons spatiales et en avaient également prévu une pour lui. Le voyageur, dont le nom était Kri Sha Nah, enfila la combinaison et commença à poser beaucoup de questions :
- « Que faites-vous ici ? » demanda-t-il.
-« Shi Vah, le père, s’est souvenu que vous aurez besoin de ces costumes spatiaux et il nous a envoyés en avant-garde pour vous en préparer. Quant à nous, ayant déjà bâti plusieurs maisons du matériau le plus commun (l’or pur), nous retournerons bientôt à la maison. »

Quand Kri Sha Nah fut habitué à son nouveau costume spatial, il commença à la visiter en profondeur. La combinaison ressemblait à un robot. Il avait la forme d’un corps très similaire au nôtre, sauf qu’il était fait des éléments les plus purs et ils ne présentaient aucune malformation. Le costume avait deux yeux, comme pour nos corps, et la salle de contrôle où siégeait Kri était située au milieu du front, entre les sourcils. Dans cette salle siégeait aussi un merveilleux ordinateur qui permettait à Kri manier le robot exactement comme il le désirait. Et en effet, il apprit vite à le diriger avec beaucoup de grâce et d’élégance.

Par la suite, les autres voyageurs descendirent sur la planète et reçurent à leur tourde merveilleux véhicules pour se promener et agir. Aussi longtemps qu’ils désiraient rester dans le champ d’attraction de la planète, les Sha ligra’ ames ne devaient pas sortir de leurs véhicules. Ceux-ci étaient si confortables et si séduisants qu’ils constituaient en réalité la plus belle surprise detoute l’expédition en leur permettant de faire de nombreuses expériences très nouvelles.
Kri se tourna alors vers le Sha ligra’ ame qui le secondait, appelé Laak Sha Mi et lui dit :
- « Nous restons ici. Ce monde est un vrai paradis. Nous apprenons à fabriquer d’autres véhicules en utilisant le pouvoir de nos pensées et ensuite, nous inviterons d’autres frères à nous rejoindre. Ce sera une grande colonie ici. »
- « Comment appellerons-nous notre nouveau pays ? » demanda Laak Sha Mi.
- « Appelons-le Ba Haarat », répondit Kri.
Les consonances mirifiques de ce mot égayaient l’air et il se plut à chanter avec son robot corporel . Et tous trouvèrent que ce nom convenait parfaitement.
Kri et Laak étant les plus puissants et les plus doux, ils restèrent à la tête des Sha ligra’ ame et régnèrent ensemble.




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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Dim 28 Juil 2013, 11:30 pm

  beau message
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Lun 29 Juil 2013, 8:24 pm

LE GRAND VOYAGE (suite)....

Tout en conservant la tranquillité et l’harmonie dont ils jouissaient déjà dans leur maison de lumière, ils accomplissaient toutes leurs activités dans la joie et le plus grand enthousiasme. Des palais furent construits ainsi des vaisseaux spatiaux qui fonctionnaient par le pouvoir de la pensée. Tous les appareils technologiques dont ils avaient besoin étaient créés en une seconde par ces êtres super-intelligents et ce, tout en jouant à longueur de la journée. Ils jouaient avec des mots, et ils appelèrent ce jeu « poésie » ; ils jouaient avec les sons également et ils appelèrent ce jeu « musique » ; quant aux jeux avec les véhicules, ils s’appelaient « danse ». D’ailleurs, ils passèrent bien vite toute leur vie à jouer ainsi.

Dans la journée, quand ils regardaient le soleil, ils se souvenaient de leur père Shi Vah, et la nuit venue, les étoiles leur rappelaient leurs frères qui vivaient encore dans la maison de lumière. Ainsi, ils ne se sentaient jamais seuls avec ces images familières dans les cieux.
Le groupe prospéra dans les rires, la beauté et la perfection. Ils avaient trouvé ce qu’ils étaient partis chercher : le Bonheur.

Au début, Kri Sha Nah et Laak Sha Mi s’assurèrent qu’on prit bien soin de chaque membre du groupe et quand ils furent certains que chacun de leurs frères faisait exactement ce qu’il désirait faire et que tous étaient suprêmement heureux ils décidèrent de fabriquer un costume spatial afin d’inviter un frère à quitter la maison de lumière et à connaître lui aussi leur grand bonheur.
Ils découvrirent qu’avec la fusion de leurs pouvoirs mentaux, ils pouvaient créer un nouveau costume spatial, et que celui-ci devrait prendre forme petit à petit dans le costume du frère Laak. Etant responsable de cet aspect de la création, Laak gratifia son costume du qualificatif « féminin ». Quand le nouveau costume fut prêt, ils envoyèrent une vague de pensées très puissantes vers leur demeure et rapidement, un de leurs frères qui désirait ardemment les rejoindre apparut et adopta le nouveau costume.
Le nouveau frère regarda autour de lui, émerveillé, et dit :
- Vous vivez dans un véritable palais. »
Laak ria joyeusement.
- Ce n’est qu’un tout petit palais ! Tu es à l’intérieur de mon costume spatial. Quand tu en sortiras, tu verras les palais que nous avons bâtis ici. Mais cela ne presse pas, reste encore quelque temps dans mon véhicule, en ma compagnie. »

Pendant ce temps, Kri organisait de charmantes excursions sur le s îles avoisinantes. Les Sha Ligram’ames pilotaient des machines volantes auxquelles ils avaient donné la forme de cygnes d’or et qui leur permettaient d’explorer entièrement le monde féérique dont ils étaient devenus les maîtres. Kri reçut le titre de Nar Rah Yan, ce qui signifiait empereur et Laak devient impératrice.

Au bout d’un siècle et demi environ, les costumes de l’empereur et de l’impératrice s’usèrent ; ils en prirent donc de nouveau et durent apprendre à les utiliser avec la même adresse. Ce faisant, ils laissèrent les postes d’empereur et d’impératrice à d’autres frères puisque beaucoup, maintenant, étaient aptes à diriger le royaume.

Quand un costume commençait à perdre ses qualités, les Sha Ligram’ames ne s’inquiétaient pas, et grâce au pouvoir de la pensée, ils sautaient dans un corps neuf, dans un autre véhicule. Ensuite, on brûlait celui qu’ils avaient abandonné. Comme le nouveau véhicule était encore mieux que l’ancien, personne ne le regrettait, et il ne serait pas venu à l’esprit de quiconque d’appréhender le changement.

Cette vie heureuse continua année après année, siècle après siècle, millénaire après millénaire. Dans le monde de lumière, de plus en plus de Sha Ligram’ames reçurent des vagues de pensées de leurs frères qui les invitaient à les rejoindre dans le royaume bienheureux.
C’st ainsi que la population augmenta progressivement : des 900 000 Sha Ligram’ames qui avaient quitté la maison à l’origine, ils étaient maintenant près de 330 millions. On avait dû construire des palais avec un petit peu moins de fantaisie, et de ca fait, on avait remplacé l’or par l’argent.
Finalement, au lieu d’un seul grand royaume, il y en eut un grand nombre de plus petits, et tous vivaient dans la paix et l’unité sous le règne de l’empereur et de l’impératrice. Quand ils se rencontraient, ils n’attachaient aucune importance spéciale aux costumes parce qu’ils avaient toujours conscience d’être des Sha Ligram’ames, même s’ils ne voyaient plus les uns les autres dans le forme pure de lumière qui était la leur il y a bien longtemps, là-bas dans la demeure. Le port des costumes était devenu une deuxième nature pour eux ; c’était agréable mais plus très original, aussi n’étaient-ils plus aussi enthousiastes qu’avant.








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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Lun 29 Juil 2013, 8:38 pm

Bonjour Mick,

Merci, mais ce n'est encore que le début! Bon courage donc.
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Mar 30 Juil 2013, 8:56 pm

LE TOURNANT…..

Un jour, quelque milliers d’année après l’établissement de la colonie initiale, survint un évènement qui devrait bouleverser la paix, l’ordre et le bonheur qui régnait jusque là : Vi Karum, qui à ce moment, était un des souverains, appela un de ses frères :
- « C’est un très beau costume que tu conduis », dit-il à son frère dont le véhicule était du genre féminin. « J’aimerais le toucher. »
Le frère pouffa de rire :
- « Comment pourrais-tu le toucher ? Sortirais-tu de ton véhicule ? »
- « Non, bien sûr que non. Mais laisse-moi le toucher avec les mains de mon véhicule.

Dès lors, l’attention de Vi Karum se dirigea de plus en plus vers le véhicule de son frère. Il en appréciait simplement l’allure, les contours, la grâce des mouvements, la couleur et la prestance. Devant une telle attitude, le frère en question fut peiné que Vi Karum ne lui accordât plus aucune attention et ne s’intéressât plus qu’à son véhicule, à son fonctionnement, à sa chaleur, à sa douceur etc.
- « Comme tout cela est méprisable », lui déclara-t-il.
Bien qu’anodine, c’était la première fois qu’une telle réprimande était prononcée par un Sha ligram’ame dans toute l’histoire de leur vie à Ba Haarat.
- « En tout état de cause, mon véhicule est mieux », rétorqua Vi Karum. Et ce fut la première forme d’orgueil jamais enregistrée dans le royaume enchanté. En son for intérieur, Vi Karum ne voulait pas quitter son véhicule pour une autre parce qu’il ne savait pas à quoi ressemblerait le nouveau…Et ainsi, l’attachement apparut pour la première fois.
- « Je ferais mieux de connaître toutes les expériences possibles avec ce véhicule tant qu’il est encore à moi » se dit un beau jour Vi Karum, craignant ce que le futur lui réservait …Et ce fut le commencement de l’avidité.

Malheureusement, Vi Karum n’était pas le seul qui commençait à avoir ces nouvelles et terribles pensées. Les Sha ligram’ames semblaient soudainement fatigués et ne jouaient plus autant que d’habitude. Ils portaient de plus en plus d’intérêt à ces costumes spatiaux, et ils apprirent même à les faire fonctionner en « pilotage automatique » tout en sommeillant à l’intérieur.

Rapidement, jouer avec le véhicule des autres devint le jeu le plus courant et ce, uniquement afin d’augmenter les sensations enregistrées par cet ordinateur. Ayant ainsi de moins en moins de contacts directs es uns avec les autres, les Sha ligram’ames oublièrent totalement leurs pouvoirs télépathiques.

Et un jour, eut lieu ce qui devait arriver : un véhicule en pilotage automatique parla à un autre véhicule sans que le Sha ligram’ame lui ait dit de la faire ; l’ordinateur l’avait remplacé, et le Sha ligram’ame, rendu à l’impuissance, était devenu prisonnier à l’intérieur.

Les véhicules commencèrent à réorganiser la société ; un par un, ils remplacèrent leurs faibles maîtres, les Sha ligram’ames, qui étaient restés éloignés de leur demeure pendant trop longtemps manquaient maintenant du pouvoir de concentration nécessaire pour rétablir leur suprématie sur la matière.

Les corps avaient pris le pouvoir. Et les cerveaux souhaitant accroître les sensations agréables qu’ils avaient appris à enregistrer, recherchaient avant tout le contact avec d’autres corps. Ce bouleversement massif créa une telle confusion que les Sha ligram’ames furent incapables de réagir. Lorsqu’ils essayèrent de réaffirmer leur autorité, ils agirent par excès de colère, d’arrogance ou d’avidité et ceci engendra des conflits ; la fraternité fut brisée net et le royaume se disloqua. L’explosion d’énergie destructive fut si violente que le continent sur lequel ils vivaient se fissura sous leur pied. Les crevasses s’agrandirent, et le sol se brisa, en formant six ou sept continents plus petits. Les palais sombrèrent dans l’orgie du désastre naturel et l’équipement technologique fut détruit ; les gens connurent le malheur à l’exception d’un petit groupe qui resta là où la colonie avait été originellement fondée. Ces êtres se souvinrent de leur père longtemps oublié qui vivait dans quelque autre dimension éloignée : l’Immortel, le Tout –puissant, Shi Vah. Ils commencèrent à l’appeler, et il leur envoya un messager.
- « Voulez-vous retourner à la maison ? » demanda le messager.
- « Somme toute, nous nous plaisons bien ici, répondirent-ils, « mais efface ces souffrances que nous n’aimons pas ».

Ayant oublié qu’ils étaient des Sha ligram’ames, ils avaient commencé à s’identifier au corps qu’ils occupaient. Ils étaient devenus des somnambules.
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Mer 31 Juil 2013, 8:34 pm

LES TÉNÈBRES GRANDISSENT....

Comme le temps passait, de plus en plus de Sha Ligra’ames quittèrent le monde de lumière pour venir sur la planète. Ils avaient entendu parler des plaisirs qu’on y trouvait, mais pas des troubles qui y régnaient. Pour eux aussi, des corps furent fabriqués, mais maintenant, ils étaient conçus à partir d’un pouvoir physique, car on avait perdu le secret du pouvoir de la pensée.

Beaucoup de nouveaux venus exerçaient une certaine attraction car ils possédaient des pouvoirs neufs, tandis que ceux qui étaient ici depuis longtemps avaient consumé une grande part de leur énergie. Les nouveaux arrivants rappelèrent aux anciens colons le chemin pour rentrer à la maison, mais la plupart de ceux qui écoutaient restaient insensibles car, étant sur la planète depuis trop longtemps, ils s’étaient ancrés dans une pesante inertie.

Par ailleurs, certains de ces nouveaux venus furent stupéfaits de voir que la vie n’était pas du tout comme ils l’avaient imaginée.

La science et la technologie n’existaient plus car tout avait été détruit et oublié ; les habitants étaient pauvres, et la nature était devenue cruelle. Le printemps alternait maintenant avec d’autres saisons, et les hivers étaient déjà rigoureux. A la place d’un seul royaume, il existait un grand nombre de groupes et de cultures isolés dont la majorité avait totalement oublié l’existence des autres groupes.

Ayant noté tous les souvenirs qu’ils gardaient des heures dorés, les légendes de chaque groupe étaient assez semblable, mais jamais ils ne se rencontrèrent pour comparer leurs souvenirs, et chacun d’eux continua à se développer de son côté.

Quand un Sha Ligrama’ame particulièrement puissant venait de l’autre dimension avec un message de Shi Vah, ils étaient tous très attentifs et les idées concernant ce père si lointain commencèrent à abonder. Ils l’appelèrent I-Sha-Var ou Ja-Hu-Bah et l’adorèrent de maintes façons. De plus, ils étaient certains qu’il pouvait tout voir et tout entendre, et ils comprirent que contrairement à eux, il n’avait pas de corps ; mais l’endroit où il vivait était devenu un mystère pour les Sha Ligrama’ames… Ils avaient même oublié comment il était possible de vivre sans un corps.

Bien vite, ceux qui étaient restés là où le premier empire s’était établi dressèrent des statues représentant les corps des premiers souverains. Ils croyaient maintenant que les rois et les reines appartenaient à une race d’être puissants et supérieurs qui avaient dirigé la planète en exerçant des pouvoirs surnaturels, et qu’ils pouvaient aujourd’hui encore, à partir d’étoiles et de dimensions inconnues, influencer les évènements de ce monde. D’ailleurs, ils pensaient qu’un jour, ces êtres reviendraient, et dans les bâtiments où étaient érigées les statues de ces idoles, on était censé chanter leur louange et donner des preuves de vénération afin de gagner leurs faveurs et leur aide.

C’est ainsi que le nom de Kri Sha Nah devint fameux ; il revenait souvent dans leurs chansons. Mais personne ne se rappelait plus quel Sha Ligrama’ame avait jadis habité dans cet encombrant costume spatial, car eux-mêmes ne se souvenaient plus du tout qu’ils étaient des Sha Ligrama’ames.

Parmi ceux qui étaient les plus troublés par tous ces évènements, certains quittèrent leur colonie pour aller vivre dans les forêts. Là-bas, ils passaient leur temps dans le silence à réfléchir sur beaucoup d’idées très profondes, telles :
- « Nous avons des âmes », se disaient-ils. « Nous ne sommes pas que des corps. »
-« Et qu’est-ce qu’une âme ? » demandait un autre.
- « Je ne suis pas sûr. En tout cas, ce n’est pas ceci et ce n’est pas cela non plus. C’est invisible. »

Ainsi allait la conversation. Plus tard, quelqu’un suggéra :
-« Peut-être que l’âme est identique à l’Être Suprême I-Shu-Var. »
-« Bien sûr », acquiesça un autre. « Il doit en être ainsi. L’âme est I-Shu-Var. Nous recherchons le Suprême. »

Une fois que cette nouvelle idée se fut répandue, les choses bougèrent encore plus rapidement car beaucoup se sentaient et se disaient proches d’I-Shu-Var et croyaient connaître ses intentions. Les habitants commencèrent à clamer qu’il haïssait les incroyants, qu’il voulait les voir conquérir la colonie voisine, et que s’ils mouraient en combattant leurs voisins démoniaques, lui, I-Shu-Var, serait satisfait.
De nombreux colons étaient si convaincus de tout cela qu’ils suivirent ceux qui faisaient circuler de telles idées. Ils étaient alors immédiatement incorporés dans les armées qui combattaient afin de glorifier le nom du père des Sha Ligrama’ames…Ils ne savaient que si peu de choses concernant les véritables intentions du père !!

Le nombre des guerres augmentait à mesure que ces fausses croyances se répandaient. Les colons se battaient, détruisant de plus en plus de costumes, et les véhicules commencèrent donc à se multiplier à une vitesse accélérée afin de pouvoir à leur remplacement.

Chaque fois qu’un Sha Ligrama’ame était forcé de quitter son costume, il réalisait à nouveau qu’il était un point de lumière et que là résidait sa véritable identité. Mais, il était en même temps tellement attaché à l’aspect physique de la vie qu’il oubliait immédiatement la vérité une fois qu’il réintégrait un corps jeune et nouveau.

C’était vraiment très amusant de voir tous ces minuscules points de lumière se prendre pour ces grands véhicules constitués de matière, vouant tout leur temps à flatter et à satisfaire ces corps. Imbus de ceux-ci, les Sha Ligrama’ames se livrèrent de plus en plus aux plaisirs des sens et s’irritaient quand l’ombre d’une menace planait sur ces plaisirs. Ainsi grandit sans cesse la cupidité parmi les Sha Ligrama’ames.

Ils étaient à présent toujours plus nombreux à venir du monde lumière, car tous étaient curieux de voir ce qui se passait sur la planète ; et chacun désirait jouer un rôle dans la gigantesque pièce de théâtre qui devait s’y dérouler. Bien vite, le monde de lumière se vida et il ne resta plus que Shi Vah, le dirigeant suprême des Sha Ligrama’ames. Il ne bougeait pas mais il savait tout ce qui se passait ; et il attendit ainsi jusqu’à ce que l’heure exacte fût venue pour entrer en action.
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Aimé
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Jeu 01 Aoû 2013, 8:26 pm

LA FIN DE LA PIÈCE…

Vint alors le temps où la planète fut terriblement surpeuplée. Près de 6 milliards de Sha Ligra’ames vivant dans des corps de moins à moins bien façonnés s’y étaient installés. Les corps duraient moins longtemps qu’auparavant et étaient sujets à des défauts et des difformités.

Les habitants, principalement les nouveaux venus, avaient retrouvé la connaissance scientifique et technologique perdue depuis si longtemps, et ainsi, la plupart des colonies avaient été libérées de leur isolement, rétablissant toutes sortes de contacts entre elles. Mais au lieu de devenir amies, elles rivalisèrent de plus en plus. Et de grandes guerres enflammèrent la planète entière. La nouvelle connaissance scientifique servit à créer des armes redoutables pour détruire les véhicules corporels des antagonistes. Plus personne ne parlait de l’âme, et on pensait qu’en mettant le corps hors d’état de fonctionner, celle-ci mourait. Ces petits êtres étaient devenus si impurs qu’ils n’avaient même plus la moindre connaissance du Sha Ligra’ame vivant à l’intérieur du corps.

Ils commencèrent à se détester de plus en plus lorsque les choses vitales vinrent à manquer, car le sol leur fournissait de moins en moins de richesses ; de même, le carburant nécessaire au fonctionnement des machines volantes qu’ils avaient réinventées, ainsi que des bruyants fauteuils roulants dans lesquels se déplaçaient d’un endroit à un autre plus vite que le vent, faisait défaut. La nature ne tolérait plus les Sha Ligra’ames. Tous leurs plaisirs égoïstes étaient autant de menaces ; leur orgueil et leur arrogance étaient devenus terrifiants. Ils voulaient tuer, n’imaginant pas d’autre solution que le crime et le sang pour faire face à la surpopulation de la planète. C’est ainsi que des armes furent inventées pour leur permettre de tuer d’une façon extrêmement efficace.

Jamais la vie n’avait été pire qu’alors. Ceux qui suivaient un messager de Shi Vah haïssaient tous ceux qui en suivaient un autre; et comme il existait différents types de véhicules corporels, ceux qui en avaient des blancs méprisaient ceux qui en avaient des noirs. Ceux qui appartenaient à tel groupe détestaient les membres de tel autre ? Ainsi, ceux qui possédaient des véhicules du genre masculin oppressaient leurs frères qui habitaient des véhicules du genre féminin, et chacun cherchait à assouvir ses propres désirs par tous les moyens possibles et imaginables. La planète était totalement à feu et à sang. Le jardin de fleurs s’était changé en une forêt de ronces.

Mais il restait quelques Sha Ligra’ames qui, au plus profond de leur mémoire, revoyaient comment les choses avaient pu être jadis. Ils se souvenaient inconsciemment qu’à une époque lointaine régnait la paix universelle et une harmonie parfaite ; ils savaient intuitivement que quelque part habitait quelqu’un qui pouvait purifier ce monde sale et lui redonner le plus parfait des bonheurs. Mais qui était ce quelqu’un ? Et où était-il à présent ?

L’enfant Sha Ligra’ame qui avait été le premier empereur de l’Age d’Or avait alors pris 84 corps différents. Il avait oublié son identité originelle et passait la plus grande partie de son temps devant les images de Nah Rah Yan, le premier empereur qu’il avait lui-même été, bien qu’il l’eût oublié.

Il adorait ces images et croyait qu’elles représentaient le père suprême des habitants de la planète.
Il menait une vie douce et tranquille entièrement dédiée à son adoration et au fait de procurer du bonheur aux autres, pensant constamment au père suprême et se demandant quand, enfin, il allait venir. Combien de temps une telle détresse pouvait-elle encore durer ? 1000 ou 40 000 ans, pour toujours ou même pour cent ans ? Cela se pouvait-il ?

Les chose allaient de pire en pire ; les guerres et les famines étaient plus fréquentes et la nature elle-même montrait toujours plus de cruauté car les habitants avaient pollué ses éléments, la forçant à crier vengeance ; de gigantesques tremblements de terre et d’effroyables raz de marée s’abattirent sur les colons qui suppliaient le père de les sauver.
Leurs plaintes furent entendues.

Shi Vha sut qu’enfin ils étaient sincères et que l’heure était arrivée d’intervenir.
« Je suis venue il y a quelque milliers d’années pour rétablir le paradis sur cette même planète et je reviendrai chaque fois que mon rôle dans cette pièce de théâtre illimitée l’exigera. Maintenant, l‘heure est venue de vous séparer de vos costumes et de rentrer à la demeure.
La représentation est terminée.

Mais le mal ayant atteint son paroxysme, une gigantesque guerre éclata juste au moment où les habitants reconnurent que le père était enfin venu. Des objets volants métalliques s’abattirent sur certaines villes surpeuplées, des guerres civiles en ravagèrent d’autres et un grand nombre de colonies disparurent dans la fumée et dans les cendres. Des raz de marée, des séismes et d’autres calamités naturelles se chargèrent du reste. Seul, un petit groupe fut épargné. Et les Sha Ligra’ames furent enfin libérées de leur prison corporelles. Tous suivirent Shi Vah et volèrent en formation serrée vers la maison.

Enfin libres!




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Aimé
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Jeu 01 Aoû 2013, 8:36 pm

LA PAIX NE SUFFIT PLUS….


Les Sha Ligra’ames vécurent une nouvelle fois dans le lumineux rayonnement de l’océan de paix. Ils brillaient d’un grand éclat et entouraient le père qui était heureux de les avoir tous à la maison.

Bien vite, ils oublièrent tout de leur voyage et aucun des enfants Sha Ligra’ames ne put se rappeler les évènements tumultueux du passé. Ils paraissaient avoir flotté depuis l’éternité dans cet immobile océan de silence.

Et quand un enfant déclara :
- « Cela ne suffit pas. Je veux connaître le bonheur. Je veux explorer un autre monde », le père sourit, regarda avec douceur son enfant loyal et après une pause d’une seconde, il répondit :

- « Et bien, soit !...L’heure du grand voyage est venue… »
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   Jeu 01 Aoû 2013, 8:38 pm

Merci pour tous ceux qui ont pris la peine de lire ce long texte.

Amicalement,
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MessageSujet: Re: LES VOYAGEURS   

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LES VOYAGEURS

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