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 Limites de la chronologie II

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Gilbert
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Date d'inscription : 03/11/2008
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Pays : Le Havre

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MessageSujet: Limites de la chronologie II   Limites de la chronologie  II Icon_minipostedMer 04 Mar 2009, 6:31 am

R E G EM.QVA R EDAC TA.INPOTESTATEM.IMP.CAESARIS
AUGVSTI.POPVLIQUEROMANISENATVS.DIS.IMMORTALIBUS
SVPPLICATIONESBINAS.OBRES PROSPERE.AB.EO.GESTAS.ET
IPS I .O R N A M E N T A . T R I V M P H . A L I A .D ECR EV IT
PRO.C O NSVL.ASIAM.PR O VIN CIA M. OPTINUIT.LEGATUS.PR.PR.
DIVI.AVGVSTI. ITERVM.SYRI AM. ET.PH OENICEM.OPTINUIT


du Roi, celle-ci ayant été soumise à la puissance [de l'empereur César]
Auguste et du peuple romain, le Sénat [décréta pour les (dieux) immortels]
une double action de grâces en raison des heureux [exploits accomplis]
de même par les ornements du triomphe [une nouvelle fois décernés]
en tant que proconsul de la province d'Asie il obtint [en tant que légat pr. du]
divin Auguste, à nouveau la Syrie et la Phénicie [il obtint]

Bien que le nom de Quirinius n'apparaisse pas dans cette inscription, il est le seul personnage à correspondre à toutes les indications données. La première ligne fait allusion à un royaume ramené sous l'autorité impériale. Or Strabon (-65+20) donne du détail concernant la soumission des Homonades par Quirinius. Il précise que ceux-ci avaient tué leur roi Amyntas montrant par là que Quirinius avait donc vengé ce roi (regem). La troisième ligne évoque une double journée d'action de grâces liée aux ornements du triomphe (quatrième ligne) et, selon Tacite (55-120), Quirinius les avaient effectivement reçus pour sa victoire contre les Homonades (la double journée commémore d'abord la victoire dans le Taurus, puis celle contre les Ituréens du Liban). La cinquième ligne cite un proconsul d'Asie, ce que suggère Tacite qui écrit qu'à Rhodes Quirinius put honorer Tibère. Le titre "divin Auguste" permet de conclure à une rédaction postérieure à 14, puisque la divinisation d'Auguste fut effective seulement après sa mort. Cela implique que le personnage mentionné était encore vivant au moment de l'inscription (Quirinius est mort en 21) et que les deux légations en Syrie eurent lieu avant 14 (Quirinius gouverna la Syrie une première fois de -4 à-1 puis une autre fois de 6 à 10). Enfin, selon l'épigraphie, le mot iterum ("à nouveau") modifie un verbe (manquant) et accompagne le renouvellement d'une mandature (par exemple: duumvir iterum à Pompei).
Malgré la bonne concordance de cette inscription avec la vie de Quirinius, quelques historiens ont cherché à identifier le personnage de l'inscription à un autre légat. Le nom de Lucius Calpurninius Piso Frugi (consul en -15) est quelquefois proposé. Cette démonstration s'appuie sur un empilement de suppositions et de conjectures. L'inscription de Hiérapolis Castabala est citée pour prouver une première légation, mais cette inscription ne mentionne ni la Syrie (mais la Cilicie), ni le nom complet du soi disant gouverneur, puisqu'on lit seulement le nom de L. Capurnius Piso. Il est donc plus probable, d'après l'orthographe, qu'il s'agisse de L. Calpurnius Piso (Augur) consul en -1, plutôt que L. Calpurnius Piso Pontifex habituellement cité sous le nom de L. Calpurnius Piso Frugi pour le distinguer de son homonyme. Même la troisième possibilité avec Cnaeus Calpurnius Piso (consul en -7) n'est pas complètement exclue. La démonstration d'une deuxième légation repose sur l'inscription de Tibur, or cette dernière ne mentionne aucun nom, de plus, les quelques informations qu'elle contient permettent d'éliminer sans appel le choix de L. Calpurnius Piso Pontifex. En effet, aucun document historique ou archéologique ne mentionne une quelconque légation en Syrie, deuxièmement, bien que celui-ci ait reçu les ornements du triomphe pour avoir réprimé deux fois l'insurrection en Thrace, il ne bénéficia cependant que d'une seule journée d'action de grâce et non de deux comme le mentionne explicitement l'inscription. Il est certes frustrant de ne pouvoir élucider toutes les incertitudes. Mais: il faut relativiser le problème. Ainsi, l'identification précise du meurtrier du président J.F. Kennedy fut incertaine, alors que cet événement récent fut très médiatique (plusieurs millions de témoins) et les moyens d'investigation énormes. On ne va tout de même pas jusqu'à nier l'événement! Plusieurs éléments plaident donc en faveur de la version du récit donné par Luc, contre celle de Josèphe. On sait qu'il y a de nombreuses erreurs et imprécisions dans les récits de Josèphe, ce qui n'est pas le cas des récits de Luc qui reste d'une précision remarquable chaque fois qu'il donne des indications chronologiques. Josèphe est né en 37; Luc, lui, accompagnait Paul lors de son deuxième voyage missionnaire en 49 selon le livre des Actes 21:7-8. Il devait donc être au moins âgé de 20 à 30 ans pour effectuer cette mission, à une époque où Josèphe n'avait que 12 ans. Luc est donc plus proche des éléments relatés que Josèphe. Le renseignement donné par Luc est précis et facilement vérifiable dès l'origine, alors que les chrétiens étaient au centre de polémiques. Ce renseignement, s'il avait été erroné, aurait alors été un argument facile à utiliser par des adversaires (comme Celse). Justin, un Palestinien du 2e siècle, démontra d'ailleurs à l'aide d'archives romaines (aujourd'hui disparues) l'exactitude des données chronologiques de Luc concernant la légation de Quirinius. Une question se pose alors, puisque les écrits de Josèphe sont la principale source utilisée pour critiquer les Évangiles: Quel est le degré de fiabilité des récits de Josèphe au plan historique, notamment en matière de chronologie?

CHRONOLOGIE D'APRES LES TEMOIGNAGES DE JOSEPHE


Les témoignages de Josèphe, très abondants pour la période évangélique, sont souvent uniques et donc très précieux. Cependant, lorsque les chronologies sont contradictoires, les historiens ont tendance à privilégier en général les écrits de Josèphe. Il est possible que ce choix soit biaisé par un préjugé envers les écrits bibliques. Vu la masse d'informations que Josèphe a collectée, il a forcément dû les harmoniser en les "compilant" comme le font les historiens modernes. Par exemple, les Romains utilisant un comput différent pour les années de règne, Josèphe a sans doute privilégié la façon juive de compter les années de règne à partir du premier Nisan pour les rois de Juda, mais pas toujours.
En analysant dans le détail les informations données par Josèphe, on aboutit à la conclusion surprenante et paradoxale que Josèphe fournit en fait une double chronologie: l'une directe, provenant des chiffres donnés par le texte, et l'autre indirecte obtenue par la datation des événements mentionnés. Hérode le Grand, par exemple, est mort en -4 d'après la chronologie directe. Josèphe précise par ailleurs qu'Hérode est mort juste avant une éclipse de lune. La seule éclipse totale sur cette période fut celle du 10 janvier -1. La chronologie indirecte donne donc la date de -1. Cette double chronologie se répète avec plusieurs autres membres de la famille des Hérodes. Par exemple, Josèphe indique qu'Hérode Philippe mourut dans la 20e année [du règne] de Tibère (14-27) après avoir régné 37 ans. La chronologie directe des années de son règne s'obtient simplement, soit -4 à 34 (chronologie retenue). Les autres détails donnés conduisent pourtant à une datation différente. Josèphe précise qu'Hérode Philippe mourut après les événements de Parthes, que Dion Cassius place sous Caligula (37-41) et aussi après les négociations avec le gouverneur Vitellius qui exerça en Syrie de 35 à 39 selon les renseignements provenant de Tacite. D'après la chronologie indirecte, la mort d'Hérode Philippe se situerait donc vers 37, plutôt que 34, soit 3 ans plus tard. Autre exemple, Josèphe indique qu'Hérode Agrippa I mourut à 54 ans après avoir régné 7 ans, dont 4 ans passés sous Caligula (37-41) et 3 sous Claude (41-54). La chronologie directe est facile à obtenir pour les années de règne, soit de 37 à 44 (chronologie retenue). Les choses se compliquent si l'on tient compte des renseignements annexes fournis par Josèphe, puisqu'il donne aussi deux détails que l'on peut dater et qui se trouvent, en l'occurrence, confirmés par les Évangiles. Hérode Agrippa I est mort après une famine en Judée, lors de l'inauguration de la ville de Césarée. Le récit des Actes confirme: «Agabus, s'étant levé, annonça par l'Esprit qu'il y aurait sur toute la terre une grande famine; elle eut lieu, en effet, sous Claude [41-54] (...) Vers ce temps-là, le roi Hérode (...) au jour fixé, (...) revêtu d'habits royaux (..) un ange du Seigneur le frappa (..) et il expira». Flavius Josèphe mentionne (Antiquités juives XX:100,101) qu'une famine eut lieu en Judée sous l'administration du procurateur Tiberius Alexander (46-48), successeur de Cuspius Fadus (44-46) et il indique que la mort d'Hérode se produisit lors de la commémoration de la ville de Césarée qui avait lieu tous les 5 ans (Guerre des Juifs I:21:8). La ville fondée en -20 fut inaugurée 12 ans plus tard en -8 (Antiquités juives XV:341; XVI:136). Eusèbe précise que le jour de cette commémoration était le 5 mars (Les martyrs de Palestine 11:30). Les dates de commémoration des années 40 furent le 5 mars 42 et le 5 mars 47. La chronologie indirecte donne donc 47 pour la mort d'Hérode, date décalée de 3 ans par rapport à la chronologie directe. La numismatique aurait pu éclaircir le débat; elle le complique plutôt puisque les pièces datées sous Hérode Agrippa I vont de l'an 1 à l'an 8. D'où un règne de 8 ans et non de 7 comme l'indique Josèphe. Les portraits des Césars sur ces pièces ne permettent aucune datation, car la pièce datée de l'an 5 porte l'effigie de Caligula (37-41), celles de l'an 7 et 8, l'effigie de Claude (41-54) accompagnée du nom de Tibère (14-27).

Se pourrait-il que Josèphe, en voulant harmoniser tous ses documents, les ait tant soit peu "remaniés"? Plusieurs anomalies permettent de le penser. Tout d'abord, bien que très prolixe en détails, Josèphe passe directement de la légation de Varus [-6-4] à celle de Quirinius [6-10] (soit un trou s'étendant de -4 à 6) et ignore les autres gouverneurs durant cette période (ainsi Volusius Saturninus [4-6] a pourtant été attesté par la numismatique), laissant l'impression d'un raccordement arrangé entre les périodes d'exercice de ces deux gouverneurs. Le seul événement commenté avec beaucoup de détails est la gestion de l'instabilité provoquée par la mort d'Hérode le Grand. Josèphe et Tacite précisent que Varus, le légat de Syrie, mata une rébellion, puis négocia à Rome avec Caius César la répartition de la royauté entre les fils d'Hérode. Ce récit pose problème, comme l'ont noté plusieurs historiens. La légation de Varus semble pouvoir être située de -6 à -4, puisque trois médailles émises par Varus sont datées respectivement des années 25, 26 et 27 de la victoire d'Actium qui eut lieu en -31.


Si Hérode est mort en -1 à la fin du mandat de Quirinius, il est surprenant de voir réapparaître Varus à ce moment-là. Plus surprenant encore, à la mort d'Hérode, Archélaüs va trouver Sabinus, le procurateur impérial de Syrie, ce qui aboutit à l'entrée en scène de Varus, selon les termes mêmes de Josèphe (Antiquités juives XVII:221). Les actions de Sabinus indiquent qu'il y avait un autre gouverneur de Syrie à cette époque, ce qu'on déduit de la description par Josèphe du rapport conflictuel entre Varus partisan d'Archélaüs et Sabinus partisan d'Antipas. Si Sabinus avait été procurateur de César lui-même, Varus n'aurait pu contester ses choix. De même, si Sabinus avait été procurateur du gouverneur Varus, il n'aurait pu s'opposer à son supérieur hiérarchique. Or Sabinus a une grande marge d'autonomie. Il fait acte d'autorité à Jérusalem, au risque même de provoquer des troubles, ce qu'il n'aurait pu faire si Varus avait conservé entière la puissance du légat. Sabinus devait donc être le procurateur d'un autre gouverneur de Syrie en titre, mais non présent à ce moment-là ou inopérant. L'année -1 fut riche en événements.


Selon Suétone (Tibère 12:2), Caius César le petit-fils d'Auguste quitta Rome pour l'Orient à l'expiration des pouvoirs de Tibère (en juillet -1) qui, selon Velleius (Histoire II:99:4), était le seul représentant légal de l'Etat romain en Orient. Caius fut légat de Syrie de -1 à 4, mais étant donné son jeune âge Auguste préposa Marcus Lollius (consul en -21) de -1 jusqu'à sa disgrâce en 2, comme recteur de Caius (Quirinius remplira ensuite cette fonction de 2 à 4). La présence de Varus à la mort d'Hérode s'explique. Lorsqu'il avait été gouverneur, il avait arbitré entre les fils d'Hérode au sujet de la succession et avait fait valider le troisième testament d'Hérode devant César testament dans lequel celui-ci léguait une partie de son royaume à Antipas, Archélaüs et Philippe (Antiquités juives XVII:188). Vu l'importance de l'enjeu il est probable que les fils d'Hérode, et notamment Archélaüs qui héritait du titre royal, aient d'abord fait appel à Varus plutôt qu'à Quirinius pour officialiser leurs droits à la royauté devant Auguste et Caius César. Le testament (de -4/-2?) évinçant Antipater a pu servir à fixer la date du début des années de règne des fils d'Hérode (sans qu'il y ait eu de corégence), cette question fut longuement débattue. D'ailleurs, la remarque d'Antipater devant Varus indique qu'il s'estimait roi à partir de l'enregistrement devant César. On observe d'ailleurs que, parmi les pièces de monnaies émises par ces rois, aucune ne porte l'an 1 ou l'an 2 de leurs règnes.

Textes source: G. GERTOUX P I ET II
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