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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 03 Mai 2022, 8:33 pm




Citation :
Évangile

« JESUS s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson » (Jn 21, 1-14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean


En ce temps-là,
JESUS se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,
avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
Nathanaël, de Cana de Galilée,
les fils de Zébédée,
et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit :
« Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondent :
« Nous aussi, nous allons avec toi. »
Ils partirent et montèrent dans la barque ;
or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Au lever du jour, JESUS se tenait sur le rivage,
mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
JESUS leur dit :
« Les enfants,
auriez-vous quelque chose à manger ? »
Ils lui répondirent :
« Non. »
Il leur dit :
« Jetez le filet à droite de la barque,
et vous trouverez. »
Ils jetèrent donc le filet,
et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer,
tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que JESUS aimait
dit à Pierre :
« C’est le Seigneur ! »
Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur,
il passa un vêtement,
car il n’avait rien sur lui,
et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque,
traînant le filet plein de poissons ;
la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

Une fois descendus à terre,
ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise
avec du poisson posé dessus,
et du pain.
JESUS leur dit :
« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta
et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons :
il y en avait cent cinquante-trois.
Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
JESUS leur dit alors :
« Venez manger. »
Aucun des disciples n’osait lui demander :
« Qui es-tu ? »
Ils savaient que c’était le Seigneur.
JESUS s’approche ;
il prend le pain
et le leur donne ;
et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois
que JESUS ressuscité d’entre les morts
se manifestait à ses disciples.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Venez déjeuner ! | Homélie du 1er mai 2022 à Épinay-sur-Seine


« Venez déjeuner ! »
C’est nous, aujourd’hui, frères et sœurs, que le Seigneur, le Christ vivant, ressuscité, invite à venir déjeuner avec lui. Nous, ici, ce matin, dans cette église, et vous tous qui vous joignez à nous devant votre télévision.
Comme à chaque messe. La messe, comme ce matin-là au bord de la mer de Tibériade avec les sept disciples, c’est le Seigneur JESUS, le Vivant, qui veut nous faire asseoir autour de lui, pour partager avec nous la nourriture qu’il nous a préparée, la parole et le pain. Nous nourrir de sa présence, de sa présence réelle.
Et je me souviendrai toujours de ce matin d’été où, avec quelques amis pèlerins, nous nous trouvions au bord de la mer de Tibériade, à l’endroit même où cela s’est passé. Il y a là aujourd’hui, au bord de l’eau, un abri ouvert où nous avons pu célébrer la messe. Nous étions là, nous avec lui, lui à table avec nous, un moment inoubliable, un moment lumineux.
Oui, c’est à chaque messe que le Christ nous invite en nous disant : « venez vous asseoir autour de moi, venez manger la nourriture que je vous ai préparée », surtout quand nous avons vécu des moments difficiles. Nous aussi, comme Pierre et les disciples, nous avons bien des difficultés à traverser : tous ces efforts que nous faisons sans résultat, ces conditions de travail stressantes, ces conflits entre nous – ou, tout simplement, quand nous souffrons de la solitude, de la maladie, quand nous sommes en prison. Alors, oui, le Christ nous dit : venez reprendre des forces. Venez manger, pas chacun de votre côté, mais ensemble, dans la lumière du matin que le Christ veut faire lever sur notre nuit, sur les obscurités de notre existence.

Vous savez, chaque fois que JESUS venait prendre un repas chez quelqu’un, sa présence changeait la vie des gens qui étaient là à table avec lui. Comme à Cana, quand il a changé l’eau en vin, en très bon vin. Ou quand il a nourri toute une foule qui avait faim. Mais bien plus encore, c’était le cœur de ceux qui étaient là que sa présence changeait, le faisant passer de l’égoïsme au partage, du péché à l’amour, de la faute au pardon. Voilà ce que le Christ vient faire pour nous, ce matin encore, en venant déjeuner avec nous. Pour que notre existence trouve, auprès de lui, un nouveau souffle. Pour changer notre cœur, pour qu’il se remette à respirer au grand souffle de Dieu.
Mais alors, en ce jour du 1er mai, fête du travail, je me dis que cette transformation, elle devrait intervenir tout particulièrement dans le domaine de notre travail. Toute la nuit, Pierre et les disciples avaient pêché sans aucun résultat. Et tout d’un coup, sur la parole du Christ, c’est une pêche miraculeuse ! Oui, frères et sœurs, c’est à partir de la parole du Christ que nous devrions chercher à donner à notre travail sa véritable réussite, sa fécondité, son bonheur. Le but du travail, nous l’oublions trop souvent, ce n’est pas chacun pour soi, mais c’est pour nous nourrir les uns les autres.
Tant que nos conditions de travail n’auront pour but que l’argent, le profit égoïste, tant que nos conditions de travail resteront stressantes, inhumaines, comme elles le sont si souvent, ce sera encore la nuit pour tant d’entre nous. Gagner sa vie, oui, mais la vie, ce n’est pas d’abord l’argent : la vie, c’est de l’humanité partagée. Et le travail doit s’inscrire dans cette dynamique-là. Le travail, c’est toujours un effort, mais ce peut être, ce doit être aussi du bonheur, du bonheur ensemble.
Et ce n’est pas là de l’utopie – c’est quelque chose qui commence à se mettre en place. Je me suis beaucoup réjoui quand j’ai découvert récemment des chercheurs universitaires qui, dans une grande école de Grenoble, se consacrent à changer les conditions de travail dans les entreprises. Avec tout un ensemble de chefs d’entreprises, ils se sont rendu compte que si nous continuons comme actuellement, nous allons nous détruire. Il faut arrêter la guerre économique. Sinon, nous allons à la catastrophe. Ce sont eux qui le disent. C’est pourquoi ils se consacrent à repenser le monde du travail en mettant au centre la paix économique, le bien-être, l’épanouissement de chaque travailleur. Pour que notre économie ne soit plus une guerre permanente, mais organise la paix sociale et un mieux-vivre-ensemble. Et pour cela, il faut replacer l’être humain et sa capacité de fraternité au cœur de l’entreprise, pour le service de tous.

Voilà aussi ce que JESUS veut nous aider à changer, dans notre société, pour notre bien à tous. JESUS, en nous invitant à venir nous asseoir autour de lui, en nous offrant son corps et son sang, sa présence, nous fait nous regarder les uns les autres autrement qu’avant. Il nous réunit pour que ce fruit de la terre, de la vigne et du travail des hommes que nous lui apportons, cela devienne un repas partagé entre nous, un moment et une source de fraternité.
Et ce qu’il attend de nous, c’est que nous le laissions changer notre cœur, notre existence, notre travail, toute notre façon de vivre les uns avec les autres.

« Venez déjeuner » : c’est notre cœur, frères et sœurs, que le Christ vient nourrir ce matin, pour qu’avec sa force, nous mettions le partage, l’attention aux autres au centre de notre existence.

Pour que nous soyons vivants. De sa vie à lui, Le Vivant.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 09 Mai 2022, 7:47 pm



Citation :
Évangile

« À mes brebis, je donne la vie éternelle » (Jn 10, 27-30)


Alléluia. Alléluia.
Je suis, le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS déclara :
« Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle :
jamais elles ne périront,
et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données,
est plus grand que tout,
et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi,
nous sommes UN. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Nous sommes tous des bergers | Homélie du 8 mai 2022 à Scy-Chazelles


Aujourd’hui, 8 mai, notre nation commémore le 8 mai 1945, la capitulation de l’Allemagne et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Demain, 9 mai, nous commémorerons le 9 mai 1950, la déclaration de Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, annonçant ce qui allait devenir la Communauté européenne du charbon et de l’acier, premier pas vers l’union amicale et pacifique des nations de l’Europe, ces mêmes nations qui, cinq ans et un jour plus tôt, se faisaient une guerre à mort.

Ce n’est donc pas un hasard si nous sommes aujourd’hui dans cette église de Scy-Chazelles, en Moselle, où repose le corps de Robert Schuman. Nous y sommes parce que Robert Schuman a été un homme d’État, un homme de courage, de ténacité et de paix, et un chrétien.
C’est peut-être un hasard, en revanche, si les lectures de ce dimanche, des Actes des Apôtres à l’Évangile, évoquent toutes le Bon Berger. Mais alors, c’est un hasard heureux…
Le Bon Berger, nous le savons, c’est le Christ. C’est celui qui mène son troupeau, le conduit sur les chemins, le protège, veille sur lui jour et nuit. Pour son troupeau, le Bon Berger est prêt à donner sa vie. Le Bon Berger, c’est le chef, et le chef est un serviteur. « Je ne suis pas venu », dit le Christ, « pour être servi, mais pour servir. »

Et nous, chrétiens, nous sommes à notre tour appelés à devenir des bergers… J’insiste sur cette phrase. Notre vocation de chrétiens est de devenir des bergers. Les bergers de l’humanité. Nous sommes appelés à protéger, à secourir, à veiller sur toute humanité. Que notre troupeau soit grand ou petit ; qu’il soit une nation, une ville, une paroisse, une famille, et même une seule personne. Car on peut être le berger de son mari, de sa femme, d’un parent, d’un ami. Un berger sans violence, mais résolu ; un berger sans orgueil, un berger qui accepté de rendre service par amour pour son troupeau.

Robert Schuman n’est pas entré en politique par orgueil ni par ambition personnelle. Il s’est engagé en 1919 à l’appel de l’évêque de Metz, et comme député, ministre, président du Conseil, président du parlement européen, il n’a fait qu’une chose : rendre service. Patiemment, honnêtement, de façon désintéressée. En Lorrain fidèle, avec son sens des actes concrets, son courage d’entreprendre, son patriotisme tourné vers la paix, lui qui voulait que revienne l’amitié entre la France et l’Allemagne avant même que la guerre fût terminée. En chrétien fidèle, lui qui vivait de façon très modeste, qui disait le bréviaire et qui assistait à la messe chaque jour, sans ostentation, simplement pour se nourrir et demander au Seigneur la force de continuer à servir, et à servir bien. Il n’avait pas d’éclat, pas de charisme particulier sinon son sourire ; il portait la moustache et un chapeau mou ; il n’était qu’un homme parmi les hommes, mais qui dès sa jeunesse avait pris au sérieux sa mission de chrétien : être un berger.

Pour lui le troupeau a été Metz, puis la Moselle, puis la France, puis l’Europe. Pour nous sans doute le troupeau est beaucoup plus petit. Mais nous ne sommes pas différents de lui, et nous avons la même vocation. Que notre engagement soit un engagement politique, qu’il soit celui de notre travail, celui de notre famille, l’engagement auprès des plus pauvres et des malades, l’engagement dans l’Église ou le simple et essentiel engagement de l’amitié : nous sommes tous, depuis notre baptême et avec l’aide du Seigneur, nous sommes tous les bergers de nos frères. Et, avec l’aide du Seigneur, d’aussi bon bergers que nous le pouvons.

Aujourd’hui, frères et sœurs, aura lieu un dernier événement, et non le moindre. Aujourd’hui, Jacques, qui est ici, va faire sa première communion. Il va recevoir la nourriture qui fera de lui un adulte dans le Christ, il va recevoir l’Agneau de Dieu qui fera de lui un berger. Jacques, avec le Corps du Christ, nous te donnons une mission : sois, comme nous tous qui t’entourons, le serviteur et le berger de tes frères !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 17 Mai 2022, 7:10 pm




Citation :
Évangile

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres » (Jn 13, 31-33a.34-35)


Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Au cours du dernier repas que JESUS prenait avec ses disciples,
quand Judas fut sorti du cénacle, JESUS déclara :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié,
et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui,
Dieu aussi le glorifiera ;
et il le glorifiera bientôt.

Petits enfants,
c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous.
Je vous donne un commandement nouveau :
c’est de vous aimer les uns les autres.
Comme je vous ai aimés,
vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples :
si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Canonisation de Charles de Foucauld | Homélie du 15 mai 2022 à Rome (Vatican)


Traduit de l’italien

Nous avons entendu ces paroles que JESUS confie à ses disciples, avant de passer de ce monde au Père, des paroles qui nous disent ce que signifie être chrétiens : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres »" (Jn 13, 34). C'est le testament que le Christ nous a laissé, le critère fondamental pour discerner si nous sommes vraiment ses disciples ou non : le commandement de l'amour. Arrêtons-nous sur les deux éléments essentiels de ce commandement : l'amour de JESUS pour nous - comme je vous ai aimés - et l'amour qu'il nous demande de vivre - aimez-vous les uns les autres.

Tout d'abord, comme je vous ai aimés. Comment JESUS nous a-t-il aimés ? Jusqu'au bout, jusqu'au don total de lui-même. Il est frappant de constater qu'il prononce ces paroles par une nuit sombre, alors que l'atmosphère du Cénacle est pleine d'émotion et d'inquiétude : émotion parce que le Maître est sur le point de dire adieu à ses disciples, inquiétude parce qu'il annonce que l'un d'entre eux va le trahir. Nous pouvons imaginer quelle douleur JESUS portait dans son âme, quelles ténèbres s'amoncelaient dans le cœur des apôtres, et quelle amertume en voyant Judas quitter la pièce pour entrer dans la nuit de la trahison, après avoir reçu la bouchée trempée pour lui par le Maître. Et c’est précisément à l'heure même de la trahison que JESUS confirme son amour pour les siens. Car, dans l’obscurité et les tempêtes de la vie, c'est cela l'essentiel : Dieu nous aime.

Cette annonce, frères, sœurs, doit être au centre de la profession et des expressions de notre foi : « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés » (1Jn 4, 10). N’oublions jamais cela. Au centre, il n'y a pas notre capacité ou nos mérites, mais l'amour inconditionnel et gratuit de Dieu, que nous n'avons pas mérité. Au début de notre être chrétien, il n'y a pas de doctrines ni d’œuvres, mais l'émerveillement de nous découvrir aimés, avant toute réponse de notre part. Alors que le monde veut souvent nous convaincre que nous n'avons de valeur que dans la mesure où nous produisons des résultats, l'Évangile nous rappelle la vérité de la vie : nous sommes aimés. Un maître spirituel de notre époque a écrit : « Avant même qu'un être humain puisse nous voir, nous étions vus par les yeux aimants de Dieu. Avant même que quelqu'un nous entende pleurer ou rire, nous étions entendus par notre Dieu qui est toute écoute pour nous. Avant même que quelqu'un en ce monde nous parle, la voix de l'amour éternel nous parlait déjà » (H. Nouwen, Sentirsi amati, Brescia 1997, p. 50).

Cette vérité nous demande de nous convertir sur l'idée que nous nous faisons souvent de la sainteté. Parfois, en insistant trop sur les efforts pour accomplir de bonnes œuvres, nous avons généré un idéal de sainteté trop fondé sur nous-mêmes, sur l'héroïsme personnel, sur la capacité de renonciation, sur le sacrifice de soi pour gagner une récompense. Nous avons ainsi fait de la sainteté un objectif inaccessible, nous l'avons séparée de la vie quotidienne au lieu de la rechercher et de l’embrasser dans le quotidien, dans la poussière de la rue, dans les efforts de la vie concrète et, comme le disait sainte Thérèse d'Avila à ses sœurs, « parmi les casseroles de la cuisine ». Être disciples de JESUS et marcher sur le chemin de la sainteté, c'est avant tout se laisser transfigurer par la puissance de l'amour de Dieu. N'oublions pas la primauté de Dieu sur le moi, de l'Esprit sur la chair, de la grâce sur les œuvres.

L'amour que nous recevons du Seigneur est la force qui transforme notre vie : il dilate notre cœur et nous prédispose à aimer. C'est pourquoi JESUS dit – et c’est le deuxième aspect – "comme je vous ai aimés, vous devez aussi vous aimer les uns les autres". Ce comme n'est pas seulement une invitation à imiter l'amour de JESUS ; il signifie que nous ne pouvons aimer que parce qu'il nous a aimés, parce qu'il donne son Esprit à nos cœurs, l'Esprit de sainteté, l'amour qui nous guérit et nous transforme. C'est pourquoi nous pouvons faire des choix et accomplir des gestes d'amour dans chaque situation et avec chaque frère et sœur que nous rencontrons.
Et, concrètement, qu'est-ce que cela signifie de vivre cet amour ? Avant de nous laisser ce commandement, JESUS a lavé les pieds à ses disciples ; après l'avoir annoncé, il s'est livré sur le bois de la croix. Aimer signifie ceci : servir et donner sa vie. Servir, c'est-à-dire ne pas faire passer ses propres intérêts en premier ; se désintoxiquer des poisons de la cupidité et de la concurrence ; combattre le cancer de l'indifférence et le ver de l'autoréférentialité ; partager les charismes et les dons que Dieu nous a donnés. Se demander concrètement : "qu'est-ce que je fais pour les autres ?" et vivre le quotidien dans un esprit de service, avec amour et sans clameur, sans rien revendiquer.

Et puis donner sa vie, ce qui ne se réduit pas à offrir quelque chose, comme une partie de ses biens, aux autres, mais se donner soi-même. C'est sortir de l'égoïsme pour faire de l'existence un don, regarder les besoins de ceux qui marchent à nos côtés, se dépenser pour ceux qui en ont besoin, peut être même un peu d'écoute, de temps, un coup de téléphone. La sainteté n'est pas faite de quelques gestes héroïques, mais de beaucoup d'amour quotidien. « Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre JESUS. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels » (Exhortation apostolique Gaudete et Exsultate, n. 14).

Servir l'Évangile et les frères, offrir sa vie sans retour, sans chercher la gloire mondaine : nous sommes, nous aussi, appelés à cela. Nos compagnons de route, canonisés aujourd'hui, ont vécu la sainteté de cette manière : en embrassant leur vocation avec enthousiasme - comme prêtres, comme personnes consacrées, comme laïcs - ils se sont dépensés pour l'Évangile, ils ont découvert une joie sans comparaison et ils sont devenus des reflets lumineux du Seigneur dans l'histoire. Faisons-le aussi, parce que chacun de nous est appelé à la sainteté, à une sainteté unique et non reproductible. Oui, le Seigneur a un plan d'amour pour chacun de nous, il a un rêve pour ta vie. Accueilles-le. Et fais-le avancer avec joie.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 23 Mai 2022, 8:26 pm



Citation :
Évangile

« L’Esprit Saint vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14, 23-29)


Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit :
Je m’en vais,
et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Esprit-Saint : le présent | Homélie du 22 mai 2022 à Celles-sur-Belle


Aimez-vous les adieux, frères et sœurs ? Vous savez, ces adieux qui arrivent après une semaine d’amitié et de vacances ; à la fin d’un pèlerinage où notre âme a été touchée… Nous voudrions ne jamais nous quitter, n’est-ce pas ?
Pourquoi ces moments sont-ils tant redoutés ? Certainement parce que nous avons peur de retrouver l’ordinaire après l’extraordinaire !
En parlant d’extraordinaire, les apôtres en avaient été particulièrement pourvus ! Et JESUS parle de son départ… Il tente de rassurer ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé… Je m’en vais et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père »
Non, la joie n’est pas là… mais l’inquiétude !
JESUS va monter au ciel. Nous allons fêter jeudi son Ascension ! Il part !... Mais pas tout à fait !
JESUS promet un « défenseur » qui n’est autre que l’Esprit-Saint… Avouons-le chers amis, paroissiens de Celles-sur-Belle et de la paroisse Saint Junien en Mellois, et vous chers téléspectateurs ; avouons-le : nous ne savons pas vraiment qui est cet Esprit-Saint !
Voulez-vous chers amis que nous nous émerveillions ensemble de l’œuvre que l’Esprit-Saint fait dans le monde pour continuer, prolonger la mission du Christ sur terre ?
Prenons un exemple d’actualité : aujourd'hui, une jeune lyonnaise est déclarée Bienheureuse ! En lisant la vie de Pauline Jaricot, comment ne pas être émerveillés de la présence de l’Esprit-Saint à ses côtés ? Comment cette jeune fille de 17 ans, sensible aux mondanités a, en une homélie, changé toute l’orientation de sa vie pour être missionnaire et propager la foi ? Et comment un Saint Charles de Foucauld, alors qu’il marchait sans but se répétant cette prière « Seigneur, si vous existez faites-vous connaître ! » a été touché après que l’énergique abbé Huvelin l’ait invité à se confesser et à communier séance tenante ?
Si l’Esprit-Saint est invisible, ne se manifeste-t-il pas dans la vie des saints ?
Et dans vos vies, frères et sœurs : l’Esprit-Saint n’agit-il pas ?
Oh, nous trouvons que nos vies sont parfois ternes et ordinaires, sans relief. Ou parfois les épreuves nous frappent et nous nous demandons où est Dieu ?
Mais ce fut le cas aussi pour la Bienheureuse Pauline Jaricot, un moment critiquée et tombée dans l’indigence. Et Saint Charles de Foucauld, dans sa recherche incessante, n’a pas vraiment fondé la communauté qu’il entrevoyait… L’Esprit-Saint ne nous trace pas un chemin de facilité, mais il guide l’Église, dans les remous de son siècle.
Frères et sœurs, je le crois, l’Esprit-Saint vous est présent ! Il est à vos côtés !
Oui, l’Esprit-Saint, assiste l’Église ; l’Esprit-Saint, c’est le présent de l’Église !
Le pape François nous a engagés sur le chemin de la synodalité ! Il s’agit d’une exigence et d’une nécessité… Depuis le début l’Église est synodale. Regardez notre première lecture ! Une question se pose à Antioche : doit-on circoncire les nouveaux baptisés issus des nations ? La question suscite des tensions ! Ne pensons pas que l’Église avait un âge d’or où tout se passait sans heurts ! Les débats étaient tels qu’il a fallu en référer aux apôtres eux-mêmes à Jérusalem ! Une décision a été prise : « l’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé… ».
Pourtant, cette décision n’a certainement pas satisfait les anciens pharisiens qui voulaient imposer la circoncision aux païens ! Peut-être que certains se sont coupés de la communauté par la suite !
L’Esprit-Saint nous aide aussi à trancher, à décider pour donner une impulsion et une direction. Le concile Vatican II en est un exemple magnifique : il y a eu des contestations, mais quel souffle pour l’Église !
C’est Lui, l’Esprit-Saint, qui permet de répondre aux défis que les croyants doivent affronter jour après jour, siècle après siècle : les défis de votre paroisse chers fidèles de Saint Junien en mellois ; les défis qui sont les vôtres chers amis téléspectateurs qui êtes concernés par cet appel à la synodalité du Pape François.
Nous n’aimons pas les adieux ? Alors, dans l’Esprit du Père et du Fils reçu à notre baptême et notre confirmation, soyons à-Dieu !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 30 Mai 2022, 9:16 pm



Citation :
Évangile

« Qu’ils deviennent parfaitement un » (Jn 17, 20-26)


Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur,
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, JESUS priait ainsi :
« Père saint,
je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là,
mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un,
comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.
Qu’ils soient un en nous, eux aussi,
pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée,
pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi.
Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un,
afin que le monde sache que tu m’as envoyé,
et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père,
ceux que tu m’as donnés,
je veux que là où je suis,
ils soient eux aussi avec moi,
et qu’ils contemplent ma gloire,
celle que tu m’as donnée
parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste,
le monde ne t’a pas connu,
mais moi je t’ai connu,
et ceux-ci ont reconnu
que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom,
et je le ferai connaître,
pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,
et que moi aussi, je sois en eux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Soyons un dans l'amour ! | Homélie du 29 mai 2022 à Thiais


Dans l’évangile de Jean, on assiste à une longue prière de JESUS à son Père, moment intime et privilégié dont on est les spectateurs tenus à distance dans le temps et dans l’espace.
Nous sommes bien éloignés de l’époque du christianisme primitif et JESUS parle avec des expressions qui ne sont pas toutes dans notre langage courant.

Pourtant, avez-vous remarqué que le Christ parle de NOUS à son Père ?

Oui ! De nous, qui sommes ici à Thiais, ou qui participons à cette eucharistie par sa retransmission au Jour du Seigneur !

JESUS parle de nous et nous parle !

Prière

Dans cette longue citation évangélique où seul JESUS s’exprime, avant sa passion et la Résurrection, ces mots prennent un écho particulier et résonnent peut-être dans notre cœur et à notre esprit.
JESUS prie… Ce n’est pas la première fois, mais il le fait de façon prolongée.
Il prie et il cite ceux pour lesquels il le fait.

Heureux d’avoir pu entrainer à sa suite des disciples, JESUS sait que par leur mission et leur témoignage ultérieur, d’autres recevrons la foi. Grâce à la parole des apôtres, des hommes et des femmes croiront.
C’est dans cette lignée de croyants que nous nous plaçons aujourd’hui, 2000 ans après la prédication de JESUS.

Mais cette succession au fil des siècles n’a pas été simple, ni sans danger.
Le Christ est mort sur la Croix et tant d’autres chrétiens ont aussi donné le témoignage de leur foi jusqu’au don de leur vie, comme le premier d’entre eux Etienne tel que nous le rapportent les Actes des apôtres. La violence s’exerce toujours pour faire taire les témoins du Christ, lui qui donne force dans l’épreuve.

Mais aucun de nous ne veut affronter seul pareille épreuve. Nous ne recherchons pas le martyre. Parfois, il s’inscrit malgré eux dans la vie d’un P. Jacques Hamel, de Ste Blandine, et d’autres anonymes.

L’acte de foi, personnel et individuel, qui conduit à témoigner du Christ est exigeant mais pousse toujours à aller de l’avant, à progresser, à se donner et à partager.

Unité

Et JESUS nous indique que cela s’épanouit dans l’unité avec lui et entre croyants. En priant, il demande pour nous :
« Que tous soient un, comme toi Père, tu es en moi, et moi en toi ».
Cette expression n’est pas incantatoire, mais profondément enraciné dans notre vocation chrétienne : « qu’ils soient un pour que le monde croie que tu m’as envoyé ».

Cette unité recherchée ne s’épanouit pas dans l’uniformité, l’effacement des différences, NON ! Au contraire, c’est notre complémentarité qui justifie la quête de l’unité.
Nous devons lutter contre les démons de la division, des oppositions stériles. Quelles que soient nos différences culturelles, sociales ou d’origine, quelle que soit la couleur de notre peau qui n’est que l’enveloppe de notre être, nous sommes TOUS enfants de notre Père. Notre identité chrétienne se consolide dans une conscience commune.
Comme le disait saint Jean-Paul II,
« Dieu veut l'Eglise parce qu'il veut l'unité et que, dans l'unité, s'exprime toute la profondeur de son agapè, de son Amour »
(Encyclique Ut Unum sint, sur l’engagement œcuménique (1995), n. 9)

L’amour est le ciment de l’unité.

Amour

En méditant cet évangile, j’ai perçu un clin d’œil du ciel.
Demeurant dans une auberge de jeunesse chrétienne, Adveniat à Paris, chaque fois que je me rends à la chapelle je passe devant le mur de l’unité où sur un fond bleu ciel est écrite en une vingtaine de langues l’expression de JESUS « qu’ils soient un – Ut unum sint - ………… ».
Cette contemplation régulière de l’appel du Christ est un prélude pour comprendre ce qu’il attend de nous : « qu’ils soient parfaitement un afin qu’ils sachent que tu les as aimés comme tu m’as aimé ».
Notre prière comme notre recherche de l’unité sont nourries par l’amour que nous recevons du Père et que nous partageons.
En proclamant ensemble tout à l’heure le Notre Père, nous donnerons un magnifique écho au souhait de JESUS : « Je leur ai fait connaître ton nom pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux ».
On ouvrira les bras, on sera prêts à lier nos mains, habités tous par l’amour dont le Seigneur nous gratifie.
Prenons-nous bien conscience de ce qui est en jeu dans ces paroles et gestes répétés à chaque messe et même en dehors ?
Ressentons-nous la chaleur dans nos cœurs pour avoir force et courage dans le témoignage et la prière ?
Il n’est pas insignifiant de venir à la messe, de prier ensemble…

En ce dimanche, nous ajouterons un souhait, une intention pour toute nos mères dont c’est la fête, nous demanderons à Marie en ce mois de mai qui lui est dédiée, de les protéger et d’en faire toujours de merveilleuses témoins de l’amour de Dieu pour l’humanité toute entière qui en a tant besoin.

Que nous tous soyons un dans l’amour !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMer 08 Juin 2022, 7:15 pm



Citation :
Évangile

« L’Esprit Saint vous enseignera tout » (Jn 14, 15-16.23b-26)


Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Quel vent les a pris ? | Homélie du 5 juin 2022 à Créteil


Quel vent les a pris ? Un jour où j’étais en pèlerinage en Israël, cette question m’est venue presque par surprise. C’était à Césarée, là où se trouve quelques vestiges du port d’où sont partis Paul et bien d’autres pour quitter leur terre connue et affronter la méditerranée. Ils sont allés porter au loin l’Evangile pour que nous puissions nous aussi le recevoir et le transmettre
Oui, quel vent les a pris ? Les Ecritures témoignent pourtant de la crainte de cette petite Eglise naissante dont les membres restaient entre eux après la mort de JESUS. Depuis qu’il s’était manifesté à eux, Ressuscité, leur cœur était toutefois troublé, cherchant à comprendre autrement la présence de leur Seigneur à leurs coté. JESUS avait certes réveillé en eux l’espérance, le désir de faire le bien comme Lui mais ils auraient pu faire tellement en Galilée déjà, dans ces villages qu’ils connaissaient, au bord du lac de Tibériade ! D’où vient qu’ils soient ainsi venus nous rejoindre ? Quelle force les a saisis pour un jour décider de sortir, enseigner dans les temples, quitter leur terre, traverser la mer et tous ses dangers et annoncer l’Evangile à la terre entière, dont nous sommes ?
Assurément, cette force n’était pas en eux : Les Ecritures témoignent suffisamment de leur fragilité pour comprendre qu'ils ne sont pas des super-héros. On dit même qu'ils sont quelconques, et sans instruction particulière. Le livre des Actes des apôtres, quasiment inauguré par ce récit de Pentecôte, nous raconte comment cette petite communauté s’est laissée saisir par un souffle puissant qui porte le monde depuis la création : le souffle de Dieu, Dieu lui-même faisant entrer le monde dans sa vie !

JESUS l’avait confirmé à ses disciples quelques temps auparavant : “vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre” Les prophètes l’avaient bien annoncé, que cet Esprit viendrait sur toute chair, que les jeunes auront des visions et les anciens des rêves, comme il se passe aujourd'hui dans notre Eglise convoquée en synode par le pape François pour se laisser transformer par ce souffle créateur et missionnaire.
Au cénacle, nous entendons que tous étaient remplis de l’Esprit saint et que chacun se trouvait concerné personnellement. Aujourd’hui encore, l'Esprit saint nous transforme nous aussi patiemment, chacun, si nous le voulons, du plus petit au plus grand, et nous relie à la communauté ecclésiale missionnaire, insérant harmonieusement notre témoignage personnel dans la prédication de l’Eglise depuis son origine.
Tel d’entre nous saura parler de JESUS en touchant les cœurs, tel autre saura éveiller à la prière ; tel autre sera inspiré pour poser les gestes et la parole qui conviennent face aux situations de détresse.

Ainsi pouvons-nous contempler avec profondeur ce papa, cette maman qui explique à son enfant qui est JESUS et comment Il compte pour lui, pour elle. Nous nous étonnons des ressources de solidarité dans nos quartiers et du don d’elles-mêmes des personnes qui s'y engagent. Nous nous laissons toucher par ces trésors de créativité qui ont permis à ceux qui le désiraient de dépasser leur handicap ou les limites de leur budget venir à familles, à Lourdes lors de notre récent pèlerinage diocésain. Chacune, chacun peut proclamer les merveilles de Dieu non comme une histoire passée, mais comme une réalité toujours actuelle.

Par l’Esprit saint, Dieu fait sa demeure en nous et nous fait aujourd’hui porter l’Evangile à la terre entière. Non pas à l’autre bout du monde, mais par contagion, auprès de ceux qui nous sont proches et vers qui nous ouvrons une relation nouvelle. Si nous sommes Fils comme le dit saint Paul, une fraternité spécifique a été inaugurée et dont il nous faut témoigner. C’est ainsi que la bonne nouvelle s’est transmise jusqu’à nous et qu’elle continuera de se faire par nous. De plus en plus, des hommes et des femmes découvrent Dieu comme leur Père qui leur donne vie.

Ici, dans le diocèse de Créteil, nous sommes très attachés à Madeleine Delbrel : Quelques temps après sa conversion en 1924, elle a choisi de vivre à Ivry/ seine comme assistante sociale et s’est engagée toute entière dans ce souffle d’amitié de Dieu avec le monde, qui l’avait elle-même saisie. Elle priait ainsi son Père du Ciel : “ Seigneur, faites-nous vivre notre vie (…) comme une fête, comme un bal, comme une danse entre les bras de votre grâce”
Par la grâce de Dieu en JESUS Ressuscité, par le don de son Esprit, l’humanité est entrée dans une danse où chacun de nous est sollicité invitant tous les peuples à la joie et à la liberté des fils. Voilà ce qui a fait sortir les apôtres : le vent qui les a pris a donné le premier pas de danse, une danse que Dieu habite avec nous et qui nous rejoint aujourd’hui. Frères et sœurs, entrons dans cette danse, animée par le souffle de Dieu ! Invitons nos amis.
Amen


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 13 Juin 2022, 7:15 pm




Citation :
Évangile

« Tout ce que possède le Père est à moi ; l’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (Jn 16, 12-15)


Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (Ap 1, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Solennité de la Sainte Trinité | Homélie du 12 juin 2022 à Louvain-la-Neuve (Belgique)


Chers frères et sœurs ce dimanche nous fêtons la sainte Trinité. Dieu est un, unique, il y en a pas d’autre, pourtant nous autres chrétiens affirmons qu’il est trois : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. N’est-ce pas là un dogme compliqué et qui finalement ne sert pas à grand-chose ? Une insolvable équation tout juste bonne à occuper des théologiens qui s’ennuient ? Ne me suffirait-il pas de savoir que Dieu existe, qu’il m’aime et que je peux lui parler dans ma prière ?

Cela suffit sans doute à avoir une vie spirituelle, mais cela n’a rien de spécifiquement chrétien. Affirmer que Dieu existe, voilà qui est commun à bien des religions ou systèmes philosophiques. La plupart des gens seraient même prêt à admettre qu’il existe « quelque chose » de transcendant, de plus grand qu’eux et qu’il est possible d’entrer en relation avec lui.

Ce qui est spécifiquement chrétien, c’est de croire en JESUS-Christ. Et pas seulement de reconnaître en lui un maître ou un modèle, mais croire qu’il est Dieu fait homme. JESUS n’est donc pas seulement venu nous dire que Dieu existe, qu’il nous aime et nous attend dans la prière ; JESUS c’est Dieu lui-même qui vient au-devant de nous et nous prouve son amour en mourant pour nous sur la croix.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes car JESUS, il priait. Cela paraît anodin dit comme ça, mais prenez le temps d’y réfléchir : si JESUS est Dieu lui-même, à qui s’adresse-t-il quand il prie ?! Comment Dieu peut-il prier Dieu ? Est-ce que cela fait qu’il y a deux dieux ? Mais un Dieu source de tout, il ne peut y en avoir qu’un seul !

Et les choses se corsent encore ! Voilà que JESUS —nous l’avons entendu dans l’évangile— nous promet que le Père et lui nous enverront un troisième, l’Esprit, qui continuera en nous l’œuvre de Dieu. Mais qui peut faire l’œuvre de Dieu sinon Dieu lui-même !? Et voilà que le Dieu unique n’est pas seulement 2 mais 3 !

Notez que sous ses allures étonnantes cette affirmation d’un Dieu unique en 3 personnes pourrait bien cacher une image de Dieu plus belle et forte que celle qui hante notre imaginaire collectif. Plutôt qu’un vieillard solitaire perdu sur son nuage ou encore qu’une force sans visage qui remplirait l’univers tel un gaz, voici que nous est offert un Dieu qui est parfaite communion d’amour. En JESUS, Dieu se révèle assez personnel pour se faire l’un de nous et pourtant infiniment plus relationnel que nous ne le serons jamais.

En effet, ici-bas, quand l’amour est suffisamment vrai entre deux personnes, elles deviennent toujours plus unies, sans rien perdre de leurs spécificités. Ce paradoxe de l’amour qui unit sans se confondre, Dieu l’accomplit parfaitement. Il y ajoute même une dimension : 3 personnes qui de toute éternité s’aiment si parfaitement qu’elles ne sont qu’un et demeurent pourtant trois. L’aller-retour de l’amour humain —je t’aime, tu m’aimes— n’était donc une évocation lointaine de l’incroyable spirale d’amour qui fait que le Père, le Fils et l’Esprit ne sont qu’un seul Dieu.

Cela ne jette-il pas sur la première lecture que nous avons entendu une lumière nouvelle ? Les sages d’Israël à qui il avait déjà fallu du courage pour présenter Dieu et sa Sagesse éternelle comme deux personnes distinctes, ne se doutaient pas qu’ils évoquaient en même temps le Fils, Verbe de Dieu, et l’Esprit qui planait sur les eaux. Ils avaient cependant raison de présenter la relation de Dieu et de sa Sagesse comme une relation d’amour qui précède toute création et même qui en est l’origine. Car il est dans la nature de l’amour de donner la vie : l’univers tout entier est donc comme né de cette circulation d’amour du Père, du Fils et de l’Esprit.

Cet engendrement ne se limite d’ailleurs pas au tout début du monde : il se poursuit jusqu’à nous. Comme le fait remarquer saint Paul, par JESUS Christ nous sommes désormais ajustés à Dieu pour que l’Esprit puisse répandre en nos cœurs son amour. L’amour même qui surgit de la sainte Trinité veut habiter en nous et de nos cœurs déborder dans le monde : sommes-nous prêt à le laisser faire ?

En tout cas, nous autres chrétiens devrions être fiers de ce mystère qui est au cœur de notre foi. Belle fête de la Trinité à tous !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 20 Juin 2022, 9:19 pm




Citation :
Évangile

« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)


Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS parlait aux foules du règne de Dieu,
et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser.
Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent :
« Renvoie cette foule :
qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs
afin d’y loger et de trouver des vivres ;
ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répondirent :
« Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons.
À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture
pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes.
JESUS dit à ses disciples :
« Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande
et firent asseoir tout le monde.
JESUS prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,
les rompit
et les donna à ses disciples
pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient :
cela faisait douze paniers.

– Acclamons la Parole de Dieu.


L'eucharistie transfigure le monde | Homélie du 19 juin 2022 à Saint-Denis (La Réunion)


Chers frères et sœurs en JESUS-Christ,
Chers frères et sœurs en humanité,

Quand l’ami s’en va tout au loin, il organise un dernier repas et, à la fin, il remet à chaque convive une photo. Il met tout son cœur à cette rencontre afin que tous se souviennent de ce moment précieux où ils étaient au cœur à cœur. Et quand ils se souviendront, reviendront aussi dans leurs mémoires les paroles échangées et jusqu’au menu du repas. Et dans toutes les nations, souvent, pour un événement historique, l’on érige un mémorial.

JESUS sait qu’il va mourir. C’est le dernier repas qu’il partage avec ses apôtres en cette nuit où il sera livré. Evidemment, il n’y a pas de photo souvenir, ni de monument érigé qui ne serait qu’un mémorial inerte. C’est bien plus que cela. JESUS pose un acte fort avec des gestes et des paroles qui seront à reproduire pour lui permettre de se rendre présent, sacramentellement, à travers l’espace et le temps. Nous pouvons dire que c’est un mémorial du futur qui engendre l’avenir, un avenir qui va se déployer jusqu’à l’avènement des cieux nouveaux et d’une terre nouvelle (cf. 2 P. 3, 12). JESUS se donne à nous en nourriture dans une communauté de foi. Nous n’avons pas fini de croire et de comprendre qu’il est réellement présent dans un tout petit morceau de pain et un peu de vin provenant du « fruit de la terre et du travail des hommes » (Cf. Offertoire).

Comment cela peut-il se réaliser ? JESUS ressuscité est vivant. Il est « Le Vivant » (cf. Ap 1,18). Sa parole est une parole vivante, plus énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants (cf. Heb 4, 12). JESUS est lui-même le Verbe de Vie, la Parole par qui le Père fait tout exister dans le souffle de l’Esprit. Sa Parole dit. Sa Parole réalise ce qu’elle dit. Je ne peux pas manger JESUS en chair et en os. Mais il se donne, il nous donne la faculté de le prendre en nourriture spirituelle puisque lui-même, à travers le prêtre, prononce les paroles de la consécration sur le pain et le vin : « Prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. (…) Prenez et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi » (Canon prière eucharistique n° 2).

Par la puissance de l’Esprit, JESUS ressuscité réalise aujourd’hui, à travers le ministre et la communauté rassemblée, ce qu’il a dit il y a quelque deux-mille ans : « Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, c’est mon Père qui vous le donne, le vrai. De même que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra lui aussi par moi. » (Jn 6, 32)

Dans la logique de la foi, l’Eucharistie célébrée en Eglise et en vérité a un pouvoir de transfiguration du monde pour l’humaniser en Dieu puisque « le fruit de la terre et du travail des hommes » (Offertoire) devient la matière du corps mystique du Christ. Nous ne pouvons pas nous désintéresser de ce qui fait la vie de nos semblables. La finale de la messe « Allez dans la paix du Christ » est un envoi en mission pour que nous soyons mission au cœur du monde. Avec tous nos semblables, nous vivons « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps » (GS Vat. II). Et nous savons que la vie est un cadeau de Dieu, que nous sommes appelés à la vivre dans le souffle de l’Esprit-Saint pour l’humanisation de l’homme, pour son salut et la gloire de Dieu. « Car tous les fruits excellents de notre nature et de notre industrie que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père le Royaume éternel et universel » (Cat. EC § 1050). Dieu sera alors « tout en tous » (1 Co 15, 28). A partir de la vie de tous les jours, nous « fabriquons » notre vie éternelle. Dieu ne vieillit pas. C’est la jeunesse éternelle de Dieu qui nous arrive et qui nous attend.

Alors, ne nous laissons pas écraser et détruire par tout le mal que nous pouvons rencontrer dans notre société, dans le monde et dans l’Eglise. Menons un combat spirituel intense pour le bon combat de la réussite de la vie. Et toi, jeune, garde en mémoire la fête d’aujourd’hui. Souviens-toi que tu es fait pour la réussite de l’amour. Aime avec le cœur du Christ ressuscité qui bat dans ta poitrine. Il est en toi. Sois en lui. Tu seras dans le Père et le Père est déjà en toi. Dieu est Amour.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 27 Juin 2022, 7:31 pm




Citation :
Évangile

« JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » « Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 51-62)


Alléluia. Alléluia.
Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ;
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. 1 S 3,9 ; Jn 6, 68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela,
les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais JESUS, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.

En cours de route, un homme dit à JESUS :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
JESUS lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
Mais JESUS répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
JESUS lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Nous sommes des voyageurs ! | Homélie du 26 juin 2022 au Perreux-sur-Marne


« Dès le début, la conclusion s’impose ». C’est une expression de Jean-Louis, sulpicien champenois qui a été un des responsables de ma formation quand j’étais séminariste. Et à entendre l’Evangile aujourd’hui, il a raison, la conclusion s’impose d’entrée de jeu : nous sommes des voyageurs !

De fait, il y a tellement de verbes de mouvement dans ce petit passage d’Evangile : partir, se mettre en route, prendre la route, se diriger vers… JESUS ferraille même contre l’immobilisme : laisse les morts enterrer leurs morts, ne regarde pas derrière. Ces expressions rejoignent un des mots essentiels de la Bible : suivre. On retrouve ce verbe 90 fois dans le Nouveau Testament, particulièrement ce matin : « où tu iras j’irais » dit le disciple un peu avant Sheila, « Ramène-toi » dit le Christ. Vous pouvez aller vérifier dans le texte officiel, c’est à peu près la bonne traduction. Nous sommes des voyageurs, mais pas comme des touristes, des voyageurs à la suite du Christ.

Suivre le Christ, ce n’est pas d’abord l’imiter. Ce n’est pas non plus enseigner une conduite. Surtout pas d’ailleurs, on en est saoulé de la morale des autres. Suivre le Christ, c’est s’attacher à Lui. Et ce faisant, suivre le Christ – il n’arrête pas d’en parler – c’est entrer dans le Royaume de Dieu.

« Entrer dans le Royaume de Dieu », ça ressemble à une expression toute faite de curé, n’est-ce pas ? Jolie mais tellement dense qu’elle en est incompréhensible. Allez, je tente 3 points pour parler de cette entrée dans le Royaume de Dieu : le style, la Croix et la traversée :

1. Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est un style pour chacun aujourd’hui. C’est se reconnaitre frères et sœurs, au même niveau, sans hiérarchie, sans supérieur ni inférieur : « tous frères » disait le jeune François d’Assise. Comme le Christ, c’est être attentif à la vie de ceux qu’on rencontre. Non pas pour leur dire ce qu’on sait, mais pour leur poser une question, toujours la même d’ailleurs, celle qu’il pose à Bartimée : « que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Ce devrait être l’unique question de tous les disciples engagés à la suite du Christ.

2. Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est accueillir la Croix – elle finit toujours par se présenter à nous, sans la chercher. C’est accueillir nos déceptions et nos deuils. C’est aussi accueillir nos fatigues – et chacun d’entre nous a sans doute des raisons ces temps-ci pour être fatigués. JESUS reconnait même cette fatigue : « les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le fils de l’homme n’a pas d’endroits où reposer sa tête ». JESUS reconnait cette fatigue et lui donne un sens : courage, il y a du beau à vivre ce chemin. Robert Lamoureux l’a d’ailleurs mise en sketch : « la fatigue, Monsieur, c’est le prix d’un travail, d’une journée remplie. C’est la preuve qu’on marche avec la vie. Et ma fatigue, Monsieur, est ma récompense. »

3. Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est ne pas perdre de vue la traversée de cette Croix, c’est ne pas perdre de vue qu’il y a du beau au-delà de nos déceptions et de nos deuils, au-delà de nos fragilités et de nos infidélités – y compris celles des autres ! – au-delà du rapport de la CIASE et de toutes les implosions internes à l’Eglise ces temps-ci, au-delà de l’approvisionnement et du prix des matières premières liées à la guerre, au-delà du dérèglement climatique qui commence à s’installer sérieusement dans notre quotidien, au-delà d’un patron ou d’un salarié qui n’est pas comme on l’aurait souhaité, au-delà d’une quelconque engueulade, au-delà de... bref. Au-delà de tout ça, entrer dans le Royaume de Dieu, c’est ne pas perdre de vue la traversée de cette Croix pour passer à la vie.

Nous sommes des voyageurs comme des baladins sans se prendre au sérieux qui font juste rire avec leur bouffonnerie : ils allègent la vie des autres et peut-être la leur aussi.

Parce que la priorité donnée par le Christ ce matin est clairement la priorité à annoncer aux autres ce Royaume de Dieu qui allège nos vies, la priorité à la « mission » comme on dit dans le jargon de l’Eglise. Et la mission, c’est faire des kilomètres. Autant à l’intérieur de soi-même qu’en dehors, autant au bout du monde qu’au bout de la rue. La mission, elle ne se vit jamais seul, elle se vit toujours au pluriel : il envoie d’ailleurs les messagers à plusieurs. Nous sommes des voyageurs ensemble, comme des « disciples missionnaires » aime dire le vieux François de Rome.

Parmi ces voyageurs qui entendent cet appel à le suivre – il y a ceux qui sont ordonnés ces jours-ci. Je pense ce matin à Antoine qui a été ordonné diacre de la Mission de France hier après-midi à l’abbaye de Pontigny, dans l’Yonne, dans la perspective d’une vie de prêtre. Antoine a repris une parole de l’apôtre Pierre pour son faire-part d’ordination : « mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres » 1 P 4, 10 Au service ! A la suite de Baden Powell et du père Sevin, pour un ancien chef et un ancien compagnon des scouts et guides de France, ce n’est pas vraiment étonnant qu’Antoine ait choisi cette phrase. Le service est un style pour suivre le Christ, peut-être le style… sans oublier l’accueil de la Croix qui se présente ou qui se présentera à nous et sans perdre de vue sa traversée. Nous sommes des voyageurs.

Pour vous les scouts, c’est bientôt le moment de partir en camp, sac sur le dos, c’est peut-être une occasion pour suivre le Christ, le visage déterminé Lc 9, 51. C’est en tout cas ce que je vous souhaite. Car je vous souhaite d’être heureux.

C’est maintenant le temps, pour tous, si on le veut, d’entrer dans le Royaume de Dieu. A sa suite.
Yalla !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 05 Juil 2022, 6:57 pm



Citation :
Évangile

« Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 10, 1-7)

Alléluia. Alléluia.

Le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.
Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS appela ses douze disciples
et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs
et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres :
le premier, Simon, nommé Pierre ;
André son frère ;
Jacques, fils de Zébédée,
et Jean son frère ;
Philippe et Barthélemy ;
Thomas et Matthieu le publicain ;
Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;
Simon le Zélote
et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, JESUS les envoya en mission
avec les instructions suivantes :
« Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes
et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.
Sur votre route, proclamez
que le royaume des Cieux est tout proche. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


HOMÉLIE DU 3 JUILLET 2022 À VAUX-SOUS-CHÈVREMONT (BELGIQUE)

Et voilà que JESUS semble envoyer les Apôtres en vacances – c’est l’époque -. Et certains diraient qu’il les envoie deux par deux pour les empêcher de s’ennuyer durant leur séjour … Vous savez que la réalité est un peu différente. Si JESUS les envoie deux par deux, c’est d’abord parce que dans le monde antique, pour qu’une parole soit reconnue comme authentique, il fallait au moins être deux. Mais il faut aller plus loin. Si JESUS fait cela c’est surtout pour nous montrer à nous, aujourd’hui, qu’annoncer la Parole de Dieu, cela se fait en Église ; cela ne se fait jamais seul ! Si on est seul pour annoncer l’Évangile, on risque de finir par s’annoncer soi-même plutôt que d’annoncer JESUS. Oui, c’est ensemble que nous sommes envoyés ; c’est ensemble – en comptant les uns sur les autres – que nous sommes témoins de la Résurrection ; c’est ensemble – avec la diversité de nos dons – que nous voulons dire aux autres la joie que nous avons d’être chrétiens. Cet adverbe « ensemble », nous l’avons vécu il y a un an, en dépassant, et de loin, les frontières de l’Église : il n’y avait plus des habitants d’ici et des gens venus d’ailleurs, des chrétiens et des non-croyants, des opinions politiques, des flamands et des wallons. Nous étions « ensemble »

JESUS nous envoie ensemble, mais il nous envoie sans sac ni sandales … Autrement dit, JESUS ne nous envoie pas avec des moyens humains, mais avec lui pour seul bagage. Mais souvent, comme pour les disciples d’Emmaüs, il marche à nos côtés et nous ne le voyons pas. Et quand nous ne nous rappelons pas qu’il est à nos côtés, nous commençons à nous « armer » avec des moyens humains ! Cela peut être un critère de discernement. Évidemment, il est bon d’avoir toutes sortes de moyens dans une paroisse : c’est clair. Mais si une paroisse s’occupe trop de moyens concrets, c’est peut-être qu’elle oublie que le plus important, c’est d’avoir JESUS comme bagage. Encore autrement dit : une paroisse qui fait beaucoup de choses, c’est très bien, mais s’il elle en vient à oublier de prier son Seigneur, vraiment cela doit lui poser question. Plus nous prierons ensemble, plus notre agir aura du sens, sinon, ce ne sera que du vent … N’avons-nous pas fait cette expérience de personnes qui, alors qu’elles avaient tout perdu, donnaient du temps pour d’autres qui avaient tout perdu également. C’est Paul qui écrit : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort »

Enfin. Il faut rester longtemps, nous dit JESUS, dans cette maison, sans passer de maison en maison. Étonnant, non ? Pour annoncer l’Évangile, nous ne sommes pas dans l’ordre de la rentabilité humaine ; pour annoncer JESUS ressuscité, il nous faut – et longuement – « être avec », être en symbiose avec nos contemporains, être en communion avec eux. Je vous rappelle que JESUS a vécu 30 ans de sa vie de 33 ans à ne rien faire qu’être avec ses contemporains. Et, sans doute, durant ces 30 ans a-t-il déjà été un témoignage du Royaume qui était arrivé. Nous sommes chrétiens dans le monde ; nous sommes paroisse dans une commune et notre première mission est d’être avec les habitants, enfouis comme eux dans la pâte de notre commune, partageant leurs joies et leurs peines, leurs soucis et leurs espérances … et par nous, mystérieusement, c’est JESUS lui-même qui leur devient proche dans leurs joies, leurs peines, leurs soucis et leurs espérances. Pendant près de 6 mois, nous avons célébré dans cette église qui accueillait aussi des dons et des bénévoles. Cela donnait parfois un joyeux tapage durant les célébrations, mais ce tapage était sans doute le plus beau signe que le Royaume de Dieu s’était approché de nous.

À vous qui nous regardez, peut-être n’avez-vous pas vécu les inondations, mais tous nous vivons des inondations spirituelles, des jours où nous sommes submergés, des jours où nous avons l’impression d’être seul au milieu des eaux de la souffrance et de la mort. Le Seigneur nous invite à être ensemble, à nous donner aux autres, même si nous souffrons. « Allez, nous dit JESUS, je vous envoie » Personne n’est assez pauvre qui ne puisse rien donner. Un proverbe de notre région dit : « Deûs pôves qui s' coplèt, ça fêt rîre li bon Dju. » « Deux pauvres qui s'entraident, cela fait rire le bon Dieu.» En aidant, non seulement, nous mettons de la joie dans le cœur de l’autre, dans notre propre cœur, mais aussi dans le cœur-même de Dieu. Nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais il multiplie le peu que nous avons. Et cela prendra du temps. « Pour faire un monde, mon Dieu, que c’est long ». Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMer 13 Juil 2022, 6:32 pm





Citation :
Évangile

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)

Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    un docteur de la Loi se leva
et mit JESUS à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
   JESUS lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
   L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
   JESUS lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
   Mais lui, voulant se justifier,
dit à JESUS :
« Et qui est mon prochain ? »
   JESUS reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
   Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
   Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
JESUS lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.


COMBATTRE L’INDIFFÉRENCE | HOMÉLIE DU 10 JUILLET 2022 À CANCALE


« Ce qui détruit le monde, c’est l’indifférence ! » chantait, avec sa voix inimitable, Gilbert Bécaud dans un de ses plus célèbres refrains. « Un homme marche, tombe, meurt dans la rue … Eh bien, personne ne l’a vu ! »

Une scène devenue tristement banale aujourd’hui, quand on préfère ne rien voir plutôt que perdre du temps en s’arrêtant. Que d’exemples récents de chauffards qui, après avoir renversé un piéton ou un cycliste, prennent la fuite, leur désir de ne pas s’attirer d ennuis prenant le pas sur l’attention à la victime !

Ainsi, dans l’histoire racontée par JESUS, le prêtre et le lévite passent leur chemin, alors qu’ils ont vu un homme agoniser dans le fossé. Oh ! ils avaient une bonne raison de ne pas s’arrêter. Car, dans la loi de Moïse, celui qui touche un mort ou un blessé devient impur. Alors, pour pouvoir assumer leur service, ils refusent de s’approcher du blessé. Oh Loi, quand tu nous tiens !

Et c’est un Samaritain, un étranger mal vu par le peuple juif car ne partageant pas la même religion, qui, lui, s’arrête. Et ce Samaritain, dont on ne connait pas le nom, prend soin de l’ homme blessé. Nul n’est témoin de la scène, si ce n’est cet aubergiste à qui il demande de prendre le relai, en lui donnant les moyens d’agir. Voilà une belle leçon de pédagogie, qui garde aujourd’hui toute sa pertinence dans les situations de crise que nous traversons: celui qui apporte l’aide d’urgence est invité à se  soucier de la poursuite de l’accompagnement à plus long terme, même s’il est effectué par un autre que lui.

Et voici que JESUS se sert de cette parabole pour retourner la question que lui posait le docteur de la loi. « Qui est mon prochain ? » interrogeait-il. Dans la société du temps de JESUS, le mot « prochain » désignait d’ordinaire celui qui était proche, le voisin. On considérait alors que l’aide apportée devait en premier être destinée à celui qui appartient au même groupe social que soi. JESUS transforme le questionnement « Lequel a été le prochain de l’homme blessé ? » Il ne nous invite pas à nous demander qui est proche de nous, mais il nous invite à nous faire proche de l’autre.

Comme le dit le pape François dans son encyclique « Fratelli tutti », il s’agit, pour le disciple du Christ, « de savoir se rendre présent aux côtés de celui qui a besoin d’aide, sans se soucier de savoir s’il fait ou non partie du même monde d’appartenance. » La grande différence entre la fraternité et l’amitié, c’est qu’on choisit ses amis, mais qu’on ne choisit pas ses frères ! Dans l’histoire qu’il nous raconte, c’est le Samaritain qui s’est fait proche du juif blessé. Et la conclusion de JESUS sonne comme une requête : « Va, et toi aussi fais de même ! » Autrement dit, il nous exhorte à laisser de côté toutes nos différences, et face à la souffrance, à devenir proche de toute personne.  

S’il est une sainte qui a compris à 100% ce message, n’est-ce pas Jeanne Jugan, native de Cancale où nous nous trouvons aujourd’hui, qui, au début de l’hiver 1833, recueillit une vieille femme aveugle et infirme, à qui elle donna son lit, elle-même s’installant au grenier. Et, dans les mois qui suivirent, des jeunes femmes la rejoignirent pour l’assister dans cette tâche, les personnes accueillies étant de plus en plus nombreuses.

Comme le disait si bien l’abbé Pierre, « le partage fondamental de l’humanité n’est pas entre les «croyants» et les «incroyants», mais entre les «suffisants» et les «communiants», entre ceux qui se détournent devant la souffrance des autres et ceux qui acceptent de la partager. Et bien des «croyants» sont des «suffisants», et bien des «incroyants» sont des « communiants » ! »

À l’heure de l’été, puissions-nous être attentifs à tous ces inconnus qu’il nous sera donné de croiser sur nos routes de vacances, nous souvenant du conseil donné par JESUS « Va, et toi aussi fais de même ! » Alors, je conclurai par les mots de Moïse que nous avons entendus « Elle n’est pas au-delà des mers, …    Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 19 Juil 2022, 6:52 pm



Citation :
Évangile

« Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42)

Alléluia. Alléluia.

Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Alléluia. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci
et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



SOLITUDE ET TRÉSOR | HOMÉLIE DU 17 JUILLET 2022 À ARRADON


Marthe, Marthe, tu te sens seule. Seule, toi qui travailles, seule, toi qui es à la tâche, seule, toi qui peines et qui te fais du souci, seule, toi qui te préoccupes de recevoir du mieux possible le Seigneur qui est entré chez toi, dans ta maison.

Pourquoi te sens-tu seule, si seule ? N’est-ce là qu’un peu de jalousie mesquine, tout humaine, vis-à-vis de Marie, ta sœur, qui, elle, n’a fait que « s’asseoir » aux pieds du Seigneur et qui profite ainsi, à peu de frais, de sa parole, de sa présence ? C’est bien ce que tu sembles dire en effet : « ma sœur m’a laissé faire seule le service ; dis-lui donc de m’aider. »
Mais ta solitude, Marthe, vient de plus loin et elle est plus profonde. Ailleurs dans les Évangiles, nous apprenons que ta maison, Béthanie, est ouverte et accueillante à beaucoup d’amis et que tu y vis non seulement avec ta sœur Marie, mais aussi avec ton frère Lazare. C’est un peu la maison du bonheur : tout le monde aime y venir ; tu nous reçois si bien ! Et aujourd’hui, c’est JESUS lui-même qui est là, présent, chez toi, lui, le Seigneur bien sûr, mais aussi l’Ami, le plus grand Ami.
Pourtant tu te sens seule. Au fond, ce n’est pas à ta sœur que tu t’en prends, c’est bien à JESUS, c’est à lui et donc à Dieu que tu cries ta solitude, ton sentiment d’abandon : « Seigneur, cela ne te fait rien ? » Moi, je me donne du souci pour toi, mais toi, tu ne te soucies pas de moi ? Je ne compte pas à tes yeux ? Peut-être même ne suis-je rien pour toi ?

Frères et sœurs, mes amis, c’est parce qu’elle a osé interrompre JESUS et lui lancer ce cri de détresse – qui est aussi un cri d’amour – que Marthe est sainte et qu’elle est pour nous tous un modèle. Car tous, nous sommes seuls, au fond de nous, même quand nous sommes entourés de beaucoup d’amis, d’une communauté chaleureuse de frères et de sœurs ou d’une famille heureuse. Pour échapper à cette profonde solitude intérieure, nous croyons, comme Marthe, qu’il faut nous démultiplier dans des occupations diverses, souvent très louables, comme celles du service. Mais plus nous multiplions les activités, plus nous risquons en fait de nous diviser intérieurement, de nous partager, de nous laisser tirailler, accaparer, absorber par des choses extérieures. Et notre solitude alors grandit encore.

« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. » Cette réponse pleine de tendresse de JESUS à Marthe nous est adressée à nous aussi, elle nous est donnée, en cet été, comme un trésor. Toi qui te sens seul, ne te disperse pas dans le multiple, mais cherche l’Unique, l’unique nécessaire. Toi qui peut-être t’estimes abandonné de Dieu, délaissé par lui, cherche-le, encore et toujours, cherche-le en toutes tes activités, parmi toutes tes occupations et aussi quand tu te reposes, quand tu es en vacances. Regarde-le, écoute sa voix, prête l’oreille de ton cœur. Alors certainement tu trouveras et tu choisiras librement la part qui t’appartient en propre, cette bonne, cette meilleure part que le Seigneur a préparée, réservée pour toi. Crois-moi, elle ne te sera pas enlevée !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 26 Juil 2022, 8:53 pm




Citation :
Évangile

« Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 1-13)

Alléluia. Alléluia.

Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Il arriva que JESUS, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
‘Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »
JESUS leur dit encore :
« Imaginez que l’un de vous ait un ami
et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander :
‘Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi,
et je n’ai rien à lui offrir.’
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond :
‘Ne viens pas m’importuner !
La porte est déjà fermée ;
mes enfants et moi, nous sommes couchés.
Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose’.
Eh bien ! je vous le dis :
même s’il ne se lève pas pour donner par amitié,
il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami,
et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
Moi, je vous dis :
Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson,
lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion
quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint
à ceux qui le lui demandent ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


PRIER, À QUOI ÇA SERT ? | HOMÉLIE DU 24 JUILLET 2022 AU LAC D’OSSÉJA


« Demandez, on vous donnera, frappez, on vous ouvrira ».
Et parce que Dieu est Père, il se laissera forcément fléchir.
Frères et sœurs
Amis en Christ,
En tant qu’aumônier d’hôpital, je dois reconnaître, qu’apparemment, cela n’est pas vrai. Comme un certain nombre d’entre vous, ici présents au bord de ce joli plan d’eau, et vous amis téléspectateurs, qui nous regardez depuis votre chambre d’hôpital ou votre EHPAD, je me heurte au terrifiant silence et à l’inaction de Dieu, face à beaucoup de prières de demande formulées. D'ailleurs qui parmi nous ne s'est pas exclamé un jour : j’ai prié, j’ai supplié et je n’ai pas été exaucé.
Nous amplifions ainsi toutes ces clameurs, qui montent de la bouche de ces milliers de personnes et qui sont restées sans réponse.
J’ai devant les yeux l’image de ce petit garçon Rayan, 5 ans, tombé dans un puit au Maroc. Les sauveteurs ont utilisé toutes les techniques sophistiquées pour le tirer de là. Tout un pays et les internautes du monde entier se sont mobilisés. Cela n’a pas suffi. Dieu n’est pas intervenu, il n’y a pas eu de miracle.
Alors à quoi bon prier ? A quoi sert la prière ?
Frères et sœurs,
Dieu n’est pas un distributeur automatique. Il ne suffit pas de mettre la pièce dans l’appareil pour qu’il crache ce que nous avons demandé. Dieu n’est pas tout puissant à la manière des hommes. Il ne concentre pas entre ses mains tous les pouvoirs : de commander au soleil et à la pluie, de manipuler les événements de nos vies, de nous rappeler à lui quand il le veut.
Combien de gens pensent que Dieu n’existe pas, parce qu’ils n’ont pas obtenu une réponse souhaitée ! A quel Dieu s’adressaient-ils alors ? Etait-il Père ou distributeur automatique ?
Chers parents, si votre fils ou fille vous demande une voiture, allez-vous la lui donner ? « Attends un peu d’avoir 18 ans et peut-être qu’à cet âge, tu auras d’autant plus de fierté de la choisir et de la payer toi-même. »
Quand vous formulez un tel refus, parce que vous savez que cela n’est pas une bonne chose, cesserez-vous pour autant d’être les meilleurs des parents ?
Dieu ne nous donne pas ce qu’il ne peut pas nous donner. Mais Dieu peut tout, me direz-vous. Elle le croyait, cette petite fille qui priait ainsi : « Mon Dieu faites que le Rhône traverse Paris, parce que c’est ce que j’ai mis dans ma copie lors de mon examen. »

Non, Dieu ne peut pas tout. Certes nous ne pouvons pas mettre tout miracle hors la loi. JESUS a fait des miracles, l’Evangile est là pour nous les relater. Aujourd’hui encore des miracles s’opèrent, mais ce n’est pas la façon habituelle de Dieu de procéder.
Il ne régit pas l’univers à coups d’interventions exceptionnelles, sinon toute science serait impossible et ce serait nier l’autonomie voulue et proclamée par Dieu. Il ne fera pas à notre place ce que nous avons à faire.
C’est à nous de construire un monde juste et fraternel, c’est à nous de mener les recherches médicales pour garantir la santé à chaque être humain, c’est à nous de distribuer équitablement le pain et l’eau aux hommes, c’est à nous de laisser une belle planète à nos enfants.
De grâce ne demandons pas à Dieu de prendre notre place !
Alors prier à quoi ça sert ?
Dieu exauce toujours notre prière, mais il ne l’exauce pas forcément comme nous le demandons. Il nous donne toujours la puissance de son amour infini. Cet amour ne règlera pas miraculeusement tous nos problèmes, mais il nous donnera la force de vivre notre vie d’homme, quelles que soient les difficultés et les souffrances rencontrées.
« Le Père céleste donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».
« Mais Seigneur, ce n’est pas l’Esprit Saint que je demande, je te demande la guérison, la réussite de mes examens, le permis de conduire …
Toi tu me donnes l’Esprit Saint ! »
Escroquerie ? Certes non ! Mais écoute-moi bien :
« Tu me demandes la santé du corps, moi je veux te guérir tout entier.
Tu me demandes la réussite d’un examen, moi je veux te faire réussir ta vie. »
Merci Seigneur !

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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 02 Aoû 2022, 7:38 pm





Citation :
Évangile

« Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 21-28)

Alléluia. Alléluia.

Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires,
disait en criant :
« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :
« Renvoie-la,
car elle nous poursuit de ses cris ! »
JESUS répondit :
« Je n’ai été envoyé
qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit :
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit :
« Oui, Seigneur ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
JESUS répondit :
« Femme, grande est ta foi,
que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

– Acclamons la Parole de Dieu.


VOUS LE SAVEZ DÉJÀ | HOMÉLIE DU 31 JUILLET 2022 À MOLSHEIM


Est-il vraiment besoin, frères et sœurs, de commenter cet Évangile ?
Je veux dire — bien que beaucoup d’entre nous soient en vacances, nous avons tous l’esprit assez dégourdi pour comprendre ce que dit JESUS sans qu’on nous l’explique. Amasser des richesses ne sert à rien. C’est quelque chose que nous avons appris en cours de morale à l’école primaire à l’époque où il y avait encore des cours de morale à l’école primaire.
Non pas qu’il y ait du bonheur à être pauvre. Ce serait une curieuse chose que de trouver sa joie dans la privation. Mais les richesses sont faites pour être partagées. Les maisons sont faites pour accueillir des familles, les tables pour réunir des convives.
Et non seulement les richesses matérielles, qui sont les plus grossières des richesses, mais toutes les autres richesses. Nous en avons plein. Nous pouvons être pauvres en argent et riches en histoire, en mémoire, en savoir, en culture, en talents. Tout cela est fait pour être partagé. Un peintre ne garde pas ses peintures pour lui seul, dans le secret de son atelier, ni un musicien sa musique. Même le poète débutant qui écrit la nuit, dans le silence, un poème dont il sait qu’il ne sera pas publié écrit toujours pour quelqu’un, quelqu’un qui ne le saura peut-être jamais, quelqu’un qui n’existe peut-être pas encore.
Et parce que bon nombre d’entre vous, qui participez à cette messe par la télévision, sont des personnes seules, vous savez d’expérience que le drame de la solitude est qu’on n’a personne à qui donner. Avec qui partager nos joies et nos découvertes, à qui transmettre tout ce que nous avons appris, à qui donner la plus authentique de nos richesses, qui est notre amour.
Oui, tout cela, vous le savez déjà.

J’ai gardé peu d’amis de mon adolescence et de ma jeunesse. Cela est sans doute vrai de nous tous. Les amis que j’ai gardés, bilan dressé du haut de mes cinquante ans, ne sont ni les plus charismatiques ni les plus amusants ni même ceux dont, à l’époque, je voulais être le plus proche. Ceux que j’ai gardés se sont avérés être les plus généreux. Ce sont les amis qui avaient et qui ont toujours un lit à prêter, un repas à partager, une heure au téléphone à donner. Ceux qui répondent « présent », ceux qui m’ont fait des cadeaux plus grands que ce à quoi je pouvais m’attendre. Réciproquement, je crois que les jeunes dont j’ai pu avoir la charge et qui se souviennent de moi aujourd’hui ne sont pas ceux à qui j’ai prodigué des conseils astucieux ni adressé des prédications intelligentes — ce sont ceux à qui, je ne sais trop pourquoi, disons la simple sympathie, j’ai consacré du temps et de l’énergie ; ceux à qui, n’ayant rien d’autre à donner, j’ai essayé de donner mon amitié.
Ce qui lie les hommes et les femmes, c’est la générosité. C’est le don matériel et immatériel. C’est ce que nous prenons de nous-mêmes, de nos richesses, de nos talents, de notre cœur, et que nous donnons sans attendre de retour.
Mais tout cela, nous le savons déjà. Nous l’avons toujours su. Le Christ ne nous enseigne pas des choses qui seraient extérieures à nous et dont l’humanité n’aurait pas eu connaissance avant lui. Le Christ ne fait que dire, à haute voix et par des mots simples, que notre cœur savait depuis toujours. Ce n’est pas facile et bien des peurs et des égoïsmes entravent notre générosité, mais nous savons, depuis toujours, que la seule voie du bonheur est la générosité. Petite générosité de l’attention et du sourire, grande générosité du don de soi. Vraiment, il n’était pas besoin que je commente cet Évangile. Nous le savions déjà. Il n’est plus besoin que de faire, c’est-à-dire de donner et de nous donner, et nous serons heureux.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 09 Aoû 2022, 7:30 pm




Citation :
Évangile

« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 35-40)


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
    « Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
    Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.



PERSÉVÉRANCE + CONFIANCE = FÉCONDITÉ | HOMÉLIE DU 7 AOÛT 2022 À VALCABRÈRE


« Votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ».
Ce don, il est magnifique. C’est aussi le don de notre existence, celle de nos proches, la création tout entière qui nous porte et nous nourrit, l’amour qui bâtit nos vies, le bien qui vient de Dieu et sans qui n’est aucun bien.
Pour le comprendre, appuyons-nous sur Laudato Si, la très belle encyclique du pape François où il nous dit : « Tout est don, tout est lié, tout est fragile ».
« Tout est don ». Le Royaume de Dieu nous est donné : son amour, sa relation, sa création. En créant le monde, Il voit que cela est bon. L’homme y fait lui-même de belles choses par sa main et ses techniques, mais rappelons-nous que nous recevons tout de la main de Dieu. Même nos œuvres humaines, aussi importantes soient-elles. Qu’elles trouvent en Lui leur source et reçoivent de Lui leur achèvement. C’est notre mission, à nous, les amis du Christ, de rappeler que notre monde vient d’une transcendance, Dieu, révélé en Christ. Et toutes nos existences trouveront en Lui leur accomplissement. C’est précisément parce que tout est don gratuit de la main du Père que nous pouvons devenir des êtres fraternels. Ôtons de notre existence toute transcendance, l’homme se trouvera seul en face de lui-même, et nous allons devenir des tyrans les uns pour les autres ; nous éliminerons les plus faibles, du commencement à la fin de la vie ; les personnes handicapées, âgées, tous ceux qui sont différents. Oui, c’est parce que nous recevons tout comme don que nous sommes de vrais serviteurs de la Création de Dieu !
« Tout est lié » également. En nous confiant son Royaume, Dieu se retire. Il nous fait le don de sa confiance en nous donnant de collaborer à sa création. Si notre trésor est bien dans la vie et la croissance de ce Royaume, alors notre cœur est heureux. Et pour empêcher que des voleurs et des mites ne viennent tuer ce don, nous saurons être ces personnes fraternelles qui veillent avec soin à ce Royaume, en tenue de service, jusqu’à ce que le maître, à son retour de noces, vienne parachever ce don immense. Être de bons veilleurs, c’est être liés les uns aux autres par des liens de charité. La charité est le seul rempart à la violence et à tous les abus qui menacent ce Royaume.
J’aime faire de la permaculture. J’y apprend que tout est lié. Les petits ont besoin de la protection des forts et les forts ont aussi besoin des faibles pour n’être pas tout puissants, pour exercer leurs dons au service de ce Royaume où, du ver de terre au plan de tomate ou de potimarron, du prisonnier au président, du malade à celui qui le soigne, chacun est appelé à trouver sa juste place, les uns au service des autres. Comme aumônier de prison, comme ingénieur Travaux publics, j’aime faire le pont entre des mondes qui s’ignorent, entre des personnes détenues et d’autres, y compris jusqu’aux responsables de notre société.
C’est bien en favorisant tous ces liens que ce Royaume prendra peu à peu forme. Et lorsque le Maître reviendra, il trouvera toute personne, de plus grand au plus petit, du plus fort au plus faible, reliée par des liens de fraternité. Oui, tout est lié.

« Tout est fragile » enfin. Dans la parabole de l’Évangile, le maître tarde à venir. Les serviteurs que nous sommes peuvent s’approprier ce don et devenir les tyrans dont je parlais à l’instant, en éliminant les plus fragiles. Intégrer les personnes fragiles est pourtant un des signes majeurs du Royaume.
Au quotidien, nous faisons l’expérience que le mal est bien à l’œuvre. Mais nous croyons que le bien aura le dernier mot. Car la réponse de Dieu à notre mal est le don du Christ par amour, jusqu’à la croix.
Notre existence est belle, mais qu’elle est fragile ! Les personnes âgées, handicapées ou malades nous le rappellent au quotidien ! Et cette fragilité, elle est confiée à ceux qui ont beaucoup reçu : il leur est beaucoup demandé et même davantage, pour protéger la vie si fragile de toute leur énergie, de toute leur foi.
Oui, tout est don : accueillons-le avec foi. Tout est lié : amplifions les liens de charité avec persévérance. Tout est fragile : protégeons la vie pour qu’elle soit féconde.
Comme ancien prof de maths, je voudrais conclure par l’équation évangélique de ma vie de franciscain : Persévérance + Confiance = Fécondité.
Persévérons en servant la vie qui vient de Dieu. Mettons toute notre confiance dans son amour qui nous relie. Nous serons alors émerveillés de l’immense fécondité de Dieu.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 16 Aoû 2022, 7:26 pm




Citation :
Évangile

« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)

Alléluia. Alléluia.

Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



SOLENNITÉ DE L'ASSOMPTION | HOMÉLIE DU 15 AOÛT 2022 À ÉTRETAT


La fête de l’Assomption célèbre l’accueil de la Vierge Marie, dès sa mort corporelle, dans la Gloire de Son Fils. Mais Marie ne ferme pas la porte car tous ceux qui appartiennent au Christ, comme le rappelle saint Paul, recevront la Vie et pourront la rejoindre auprès de Dieu. Ainsi, la fête de l’Assomption nous concerne, nous qui nous efforçons à faire de notre vie un « suivre JESUS ». Ce qui arrive à la Vierge Marie garantit l’avenir qui nous est promis dans le Christ.

Oui, frères et sœurs, le Seigneur tient à nous au point de ne pouvoir supporter de rester éloigné de nous. Rappelez-vous la prière qu’il adresse à Son Père pour ses disciples, au moment où il va entrer dans Sa passion : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que, là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire » (Jean 17, 24). La gloire où Marie le rejoint par Son Assomption, nous est aussi promise. C’est le désir ardent qui brûle le cœur de JESUS.

En cette fête de l’Assomption, la liturgie retient comme évangile, celui de la Visitation. Par le message de l’ange, Marie a appris qu’elle était appelée à devenir la Mère du Sauveur. Elle est aussi renvoyée vers le signe qui atteste que, pour Dieu, rien n’est impossible quand il agit en faveur de ceux qu’Il aime : Elisabeth, malgré son grand âge, va enfanter elle aussi. Marie se rend donc avec empressement auprès d’elle. Traversant la région montagneuse, telle l’Arche de la première Alliance que David fit monter à-travers les collines vers la Ville Sainte, Marie s’élance comme messagère de la joie vers la maison d’Elisabeth. Elle est l’Arche de la Nouvelle Alliance portant en elle le Fils de Dieu Sauveur … C’est pourquoi, par la grâce obtenue par le Christ, son corps fut préservé de la dégradation du tombeau.

Nous ne regardons pas Marie comme une étoile inaccessible. Sa destinée glorieuse nous est promise dans la mesure où nous essayons de donner forme à notre existence, comme un OUI à la volonté du Père et au service attentionné de nos frères et sœurs. Voilà la Bonne Nouvelle que nous accueillons et célébrons en cette fête de l’Assomption. La vraie raison pour laquelle Marie a bénéficié sans tarder des fruits de la Rédemption, nous est donnée dans le Magnificat. Ce chant prophétique du Peuple de Dieu, n’est pas une exaltation passagère et fugace, mais il met en relief la manière d’exister de Marie en totale fidélité au OUI qu’elle a prononcée à l’appel du Seigneur.

Le Magnificat est l’action de grâce que Marie entonne pour célébrer le Mystère du Salut qui commence à s’accomplir en elle et auquel elle est associée. Elle exultera encore en voyant son enfant grandir… lorsqu’il commencera son ministère de prédicateur de la proximité du Règne de Dieu, … lorsqu’il entrainera des foules pour l’écouter et posera les signes qui accréditent sa prédication. Marie ne renoncera pas au Magnificat, même au pied de la croix de JESUS. Du fond de sa douleur, elle saisit l’importance de l’Heure où l’œuvre de Salut de l’humanité est en train de s’accomplir. Elle exultera évidemment d’une manière plus intense encore, au moment de la Résurrection et alors qu’elle sera en prière avec les premiers disciples dans l’attente du don promis de l’Esprit Saint.

Frères et sœurs, Marie nous apprend que la vie du disciple du Christ est toute entière portée par la joie et l’action de grâce. C’est la disposition fondamentale de toute vie chrétienne qui permet de nous décentrer pour nous tourner tout entiers vers la présence et l’action du Seigneur dans notre vie et au cœur de l’humanité. En rendant grâce à Dieu, nous protégeons nos cœurs de la nostalgie stérile d’un passé qu’on idéalise, du ressenti de nos déceptions, de nos frustrations ou de nos rancœurs qui nous paralysent et nous enferment sur nous-mêmes, indifférents aux autres. Oui, l’action de grâce et la joie qui lui est liée, nous rendent ouverts à la présence du Seigneur et disponibles pour servir nos frères et sœurs.

Le message de Mgr Saliège dont nous commémorons le 80ème anniversaire, a réveillé chez les catholiques de l’époque, le sens de la fraternité avec les juifs, - femmes, hommes et enfants -, emmenés vers la déportation et l’extermination par un régime politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. La commémoration de ce message qui sera évoqué dans quelques instants, s’inscrit dans la tonalité de cette fête de l’Assomption. Marie est la femme de l’action de grâce. Ce n’est pas simple admiration passive de ce que Dieu opère dans l’humanité pour la sauver. L’action de grâce nous garde mobilisés, comme le fut Mgr Saliège, en vue de coopérer activement à l’œuvre de salut de Dieu qui fait reculer en notre monde, les limites de l’impossible et de l’inhumain.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 22 Aoû 2022, 7:14 pm



Citation :
Évangile

« On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 22-30)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
tandis qu’il faisait route vers Jérusalem,
JESUS traversait villes et villages en enseignant.
Quelqu’un lui demanda :
« Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »
JESUS leur dit :
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite,
car, je vous le déclare,
beaucoup chercheront à entrer
et n’y parviendront pas.
Lorsque le maître de maison se sera levé
pour fermer la porte,
si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte,
en disant :
‘Seigneur, ouvre-nous’,
il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’
Alors vous vous mettrez à dire :
‘Nous avons mangé et bu en ta présence,
et tu as enseigné sur nos places.’
Il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes.
Éloignez-vous de moi,
vous tous qui commettez l’injustice.’
Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents,
quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob,
et tous les prophètes
dans le royaume de Dieu,
et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l’orient et de l’occident,
du nord et du midi,
prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers,
et des premiers qui seront derniers. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


HOMÉLIE DU 21 AOÛT 2022 À VELLEREILLE-LES-BRAYEUX (BELGIQUE)


Depuis le dimanche 26 juin, l’évangile proclamé le dimanche est un récit de l’évangile de Luc, qui parle de la montée de JESUS vers Jérusalem, là où il va vivre le mystère de sa Pâque, la passion, la mort en croix et la résurrection.

Aujourd’hui, alors que JESUS traverse villes et villages en enseignant, quelqu’un lui demande : Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ?

Cette question reflète la manière dont beaucoup de disciples de JESUS, comme beaucoup de ceux qui ne suivent pas JESUS, envisagent la venue du Royaume de Dieu. Quand cela va-t-il se réaliser ? Qui pourra y entrer ? Comment pourra-t-on discerner les signes de ce Royaume ?

Le jour de l’Ascension de JESUS au ciel, alors qu’il est déjà ressuscité, ses disciples lui demandent encore : Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ?

JESUS ne donne pas de réponse à ce type de questions. Parfois, il dit que tout cela est réservé à Dieu, son Père.

En revanche, il élimine des critères qui pourraient être utilisés pour justifier le droit d’entrer dans le Royaume. Dans le récit de ce jour : les critères de la proximité, de la participation à des repas avec JESUS, de l’écoute de son enseignement sur les places, tout cela n’est pas suffisant pour être sauvé.

Au contraire, JESUS dit : Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Il n’y a pas d’automatisme pour être sauvé. JESUS parle d’un maître de maison qui se lève pour fermer la porte. Quand il voit ceux qui veulent entrer, ce maître de maison dit : Eloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.

JESUS rappelle, une fois de plus, que c’est en mettant en pratique la Parole de Dieu, le commandement de l’amour de Dieu et le commandement de l’amour du prochain, que l’on choisit la voie parfaite pour être sauvé.

On comprend alors que tous sont invités à participer au festin du Royaume, avec Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes. Ce ne seront pas seulement ceux qui ont reçu l’alliance de Dieu au temps de Moïse, ceux qui ont été libérés de l’esclavage en Egypte lors du passage de la Mer Rouge, qui entreront dans le Royaume. Tous, qu’ils viennent de l’orient ou de l’occident, du nord ou du midi, pourront prendre place au festin, dans la mesure où ils auront choisi de mettre en pratique la Parole de Dieu, comme les prophètes n’ont cessé de le rappeler.

La liturgie de ce dimanche propose d’éclairer ce passage de l’Evangile par le prophète Isaïe qui s’adresse aux déportés juifs à Babylone, qui reviennent de l’exil au VIème siècle avant JESUS-Christ.

Dieu, le vrai Dieu, le seul Dieu va rassembler toutes les nations, toutes les langues pour manifester sa gloire. Des rescapés de toutes les nations témoigneront de cette gloire jusqu’aux extrémités de la terre. En retour, ceux qui auront été pris par cette annonce viendront à Jérusalem, à la maison du Seigneur, là où Dieu manifeste sa gloire.

La promesse dont parle le prophète Isaïe, JESUS en annonce l’accomplissement. La montée vers Jérusalem, pour y vivre la Pâque, va rappeler à chacun comment on entre dans le Royaume, en mettant en pratique la Parole de Dieu. De plus, JESUS annonce que toutes les nations sont invitées à entrer dans le Royaume de Dieu. C’est à Jérusalem, en effet, que le Ressuscité va envoyer sur ses disciples celui que son Père a promis, l’Esprit Saint. Grâce à cet Esprit, la conversion, le salut seront annoncés à toutes les nations.

Si Dieu veut que tous les êtres humains soient sauvés, il ne s’agit pas d’une sorte d’automatisme, mais bien d’une invitation à mettre la Parole de Dieu en pratique. Et là où cette mise en pratique est sincère, droite, là est faite l’expérience de la miséricorde de Dieu. L’évangéliste Luc insiste beaucoup sur cet aspect.

En conclusion, suite à la question posée à JESUS : N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ?, notre attitude n’est pas de compter combien de gens seront sauvés, mais bien de nous demander si, devant la volonté de Dieu de sauver tous les êtres humains, nous, moi personnellement, je cherche à comprendre : que veut dire « être sauvé », en mettant en pratique la Parole de Dieu, l’amour de Dieu, l’amour du prochain, et en faisant confiance en la miséricorde du Seigneur à mon égard, miséricorde que Dieu fait à tout être humain.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 29 Aoû 2022, 7:00 pm



Citation :
Évangile

« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 1.7-14)

Alléluia. Alléluia.

Prenez sur vous mon joug, dit le Seigneur ;
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat,
JESUS était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
JESUS dit une parabole aux invités
lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places,
et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces,
ne va pas t’installer à la première place,
de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui,
viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ;
et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place.
Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :
‘Mon ami, avance plus haut’,
et ce sera pour toi un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

JESUS disait aussi à celui qui l’avait invité :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères,
ni tes parents, ni de riches voisins ;
sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception,
invite des pauvres, des estropiés,
des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu,
parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour :
cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


QUELLE EST MA PLACE AUJOURD’HUI DANS CE MONDE ? | HOMÉLIE DU 28 AOÛT 2022 À NOIRMOUTIER-EN-L'ÎLE


Ce genre de carte a largement dû être utilisé cet été. Elles sont très utiles pour se repérer sur les sentiers ou pour arriver au camping à la bonne heure. Dans l’Evangile de ce matin, il est justement question de place à chercher et à trouver. Luc emploie d’ailleurs le mot grec topos τόπος, le lieu, pour parler de cette place. Quoi de mieux donc, qu’une carte topographique pour trouver sa place ?

Ceci-dit, trouver sa place n’est pas qu’une question de géographie. Il y a celles-et-ceux qui ont une bonne place au boulot et ceux qui sont en train d’en changer, il y a aussi ceux qui savent bien se placer. Il y a ceux qui craignent d’être remplacé dans leur couple, il y a ceux qui ne trouvent plus leur place dans leur famille ou avec leurs amis, voire dans l’Eglise. Il y a ceux qui, même bien entourés, se sentent terriblement seuls et pas à leur place. Comme le remarque l’écrivaine Claire Marin dans son dernier livre : « ça commence parfois par une inquiétude ou un malaise. On se sent en décalage, on craint d’agir de manière déplacée. On a le sentiment de ne pas être à sa place » . Personne n’est seul à vivre cette situation.

Trouver sa place n’est décidément pas qu’une question de géographie. Quelle est alors la place de chacun dans ce monde tel qu’il est aujourd’hui ? C’est bien la question du jour. Et comme toujours dans ces questions qui engagent notre existence, JESUS répond en parabole. La réponse ne viendra donc pas de l’extérieur, pas même de Dieu, elle viendra de nous-mêmes.

Reprenons donc la parabole, elle doit pouvoir aider chacun à trouver sa place. En parlant d’invités, cette parabole prépare à une remarque de JESUS, juste après le passage qu’on vient d’entendre : « heureux qui prendra part au repas dans le Royaume de Dieu » Lc 14, 15. Nous sommes en effet invités au Royaume. Et ce sera notre joie ! A ce repas, c’est Dieu lui-même qui est l’hôte, c’est lui qui invite. Il doit alors évidemment s’appliquer à lui-même ce que JESUS dit au pharisien ce matin : « quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles » Lc 14, 13. Parce-ce que ce sont les affamés qui sont invités : pas ceux qui se suffisent à eux-mêmes. Ce sont les humbles qui sont invités, ceux qui peuvent recevoir quelque chose. L’Evangile qu’on vient d’entendre n’est donc pas d’abord une invitation à être charitable envers les pauvres. Encore que ! C’est surtout une invitation à nous reconnaitre insuffisants, une invitation à laisser se creuser en nous un creux pour pouvoir prendre « part au repas dans le Royaume de Dieu ». Rien n’est possible sans cette humilité parce que « la condition de l’orgueilleux est sans remède » Si 3, 28 comme le souligne le Sage Ben Sira dans la première lecture.

A partir de là et de cette humilité nécessaire, quelle est la place de chacun dans ce monde tel qu’il est aujourd’hui ? Y compris avec l’eco-anxiété dont on entend parler cet été avec les incendies un peu partout en France ou avec les manques d’eau jusque dans les robinets. Quelle est donc la place de chacun dans ce monde tel qu’il est aujourd’hui ?

François de Sale disait : « fleuris où Dieu t’as planté ! ». Don Bosco, lui, constatait que « les choux repiqués poussent mieux ». Alors la bonne place, c’est rester ou bouger ?

En tout cas, personnellement, je ne veux pas d’embrouilles avec les Saints. Être à sa place, ce serait donc plutôt ne pas avoir de place définie et définitive comme une pièce de puzzle ou le petit géranium du palais de César, juste ici. Parce-que si l’espace topographique est le lieu qu’on connait bien (avec une carte ou par expérience), le temps est le lieu de tous les possibles ; et il nous échappe.

Dans la parabole, c’est l’invitant qui place, l’invité se laisse placer. Se laisser placer, pour un temps plus ou moins long, c’est une manière d’explorer concrètement cette vaste réalité, à la fois spatiale et temporelle. Et notre place doit alors changer, qu’on soit enfant, étudiant, en activité professionnelle ou de plus en plus fragilisé par la vieillesse. La cohérence de notre vie se déploie sur toute notre vie, pas en un seul instant, ce serait tellement la réduire.

Se laisser placer, certains pourraient imaginer que c’est une démission à faire changer le monde. Je crois au contraire que c’est une écoute du monde pour y prendre toute sa place. En nous laissant placer tranquillement grâce à 3 écoutes distinctes :
l’écoute des autres, des évènements et de la planète – ce qui nous entoure,
l’écoute de nos propres désirs,
et l’écoute de l’Evangile,
Grâce à ces 3 écoutes, nous trouverons alors une bonne place pour chaque époque de notre vie, du merveilleux au tragique. Elles sont notre meilleure boussole, mieux qu’une carte topographique, pour entendre l’invitation au Royaume de Dieu. Nous serons sans doute souvent déplacés au long du chemin. Cette place ne sera pas forcément plaisante, elle sera juste la place du moment à habiter, honorant la vie telle qu’elle est, parfois si misérable, si fabuleuse en vrai. La beauté de notre vie se déploie sur toute notre vie, pas en un seul instant, ce serait tellement la saccager.
Heureux sommes-nous d’être de ces pauvres, invités gratuitement à ce repas du Royaume… pour notre joie ! Invitation à relayer aujourd’hui autant que possible, bien sûr ! Avec humilité et tout ce que nous sommes. Car en fait, « le Royaume de Dieu est notre avenir parce que c’est déjà notre présent » .

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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 06 Sep 2022, 8:14 pm




Citation :
Évangile

« Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)

Alléluia. Alléluia.


Pour ton serviteur, que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Alléluia. (Ps 118, 135)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
de grandes foules faisaient route avec JESUS ;
il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous
qui, voulant bâtir une tour,
ne commence par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever,
tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir
et n’a pas été capable d’achever !’
Et quel est le roi
qui, partant en guerre contre un autre roi,
ne commence par s’asseoir
pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas,
il envoie, pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander les conditions de paix.

Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



APPRENDRE À RENONCER | HOMÉLIE DU 4 SEPTEMBRE 2022 À VANVES


Sans doute vous est-il déjà arrivé de constater qu’entre le contenu du message que vous souhaitiez adresser et la manière dont il a été entendu et mis en œuvre, il puisse exister un écart important, lié à une interprétation divergente.

Un tel constat vaut aussi pour le message évangélique : « Qui peut comprendre la volonté du Seigneur » proclamait déjà en son temps l’auteur du livre de la Sagesse.

Dans la page d’évangile que nous venons d’entendre, JESUS nous met en garde contre deux risques que pourrait générer une mauvaise interprétation de son enseignement.

Le premier consisterait dans le développement d’un amour possessif vis-à-vis de son prochain. « Celui qui ne renonce pas à son père, sa mère, ses enfants, ses frères et sœurs n’est pas digne de moi ! » JESUS serait-il devenu jaloux de nos amours humaines ? Je ne le pense pas, puisqu’il ne cesse de nous dire, tout au long de son évangile, que le commandement qui surpasse tous les autres consiste à nous « aimer les uns, les autres, comme il nous a aimé. » La spécificité de son message réside dans cette conjonction « comme », car il peut exister de multiples manières d’aimer.

Et ce que JESUS dénonce ici, c’est un lien familial qui serait signe de fermeture. Car il est une manière de parler de « ma » femme, « mon » mari, « mes » gosses qui peut sous-entendre une volonté de possession. Dans la pratique de mon métier d’éducateur spécialisé, j’ai rencontré beaucoup d’enfants qui souffraient intensément de ne pas être aimés, mais j’en ai rencontré d’autres qui, eux, souffraient d’être trop aimés, mais dans une relation tellement fusionnelle qu’elle les empêchait de pouvoir grandir. Aimer à la manière de JESUS consiste à toujours respecter l’autre dans sa dimension de sujet. N’est-ce pas d’ailleurs la demande que Paul formule, dans sa brève lettre adressée à son ami Philémon : qu’il ne considère plus Onésime comme un esclave, mais comme un véritable frère !

Le deuxième risque consisterait à développer un rapport à Dieu qui nous permettrait de nous dédouaner de tous nos efforts, l’Esprit Saint suppléant à tout. Dans l’histoire de ce bâtisseur de tour qu’il nous raconte, JESUS insiste sur la nécessité de bien préparer le chantier, y compris dans sa dimension financière. Croire en l’Esprit Saint ne signifie pas se dispenser de sa tâche d’homme, en prétextant qu’il opère à notre place.

En cette période de rentrée des classes, j’aime rappeler aux collégiens et lycéens que, s’ils doivent préparer un contrôle, mieux vaut travailler la veille la matière concernée, plutôt que de se contenter d’aller prier Dieu le matin à la chapelle !

Pour revenir à l’exemple du bâtisseur de tour, JESUS insiste sur la nécessité, - et cela est vrai pour tout projet-, de réfléchir au plan de financement avant de se lancer dans l’action. Sinon mieux vaut peut-être renoncer au projet. Ainsi JESUS dénonce un style de rapport à l’Esprit Saint, qui déresponsabiliserait totalement l’homme.

Et JESUS de conclure alors sur la nécessité du renoncement. Être capable de renoncer à un projet lorsque l’on comprend qu’il ne peut aboutir, être capable de renoncer à un esprit de possession.

Oh ! Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de renoncer pour renoncer, mais de renoncer pour goûter le vrai bonheur. Comme Luc le dira dans le second livre qu’il a écrit, celui des Actes des Apôtres, « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ! » N’est-ce pas ainsi qu’il résume le message de JESUS ?

N’allons jamais chercher autre chose, dans une page d’évangile, qu’un chemin de bonheur !

N’est-ce pas, mes chères sœurs, qui fêtez le centième anniversaire de votre fondation par Mère Sainte Bathilde, le sens des vœux que vous avez prononcés en entrant dans la vie monastique. Renoncer au plaisir de l’avoir pour goûter le véritable bonheur d’être.

Combien, dans cette société d’aujourd’hui qui voudrait nous faire croire, à coup de publicités tapageuses, que le bonheur pourrait s’obtenir à coup d’acquisition des objets convoités, cette invitation au renoncement, si elle est bien comprise, peut être source du vrai bonheur !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 12 Sep 2022, 9:07 pm




Citation :
Évangile

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-32)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à JESUS pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors JESUS leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

JESUS dit encore :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.



HOMÉLIE DU 11 SEPTEMBRE 2022 À HORRUES (BELGIQUE)

Dans une famille ou groupe, n’y a-t-il pas toujours un comptable ? Comprenez-moi bien ! Non pas au sens économique du terme… Mais quelqu’un qui note, qui vient souligner les devoirs et les obligations de chacun, leurs dettes… Celui qui rappelle ce qui a été dit, ce qui a été fait, et surtout, ce qui n’a pas été fait. Bref, celui qui vient mettre de la comparaison et étouffe ainsi la joie !

Dans chacune des trois paraboles que nous venons d’entendre —la brebis perdue, la drachme perdue et le fils perdu— un même mot revient dans la conclusion ! Il s’agit de la joie ! « Il y aura de la joie dans le ciel ». « Il y a de la joie devant les anges de Dieu ». « Il fallait se réjouir ».

Et la troisième parabole nous montre ce qui dans nos cœurs nous empêche d’accéder à cette joie ! C’est un cœur comptable, divisé par la comparaison, la jalousie. Une attitude à l’image du fils aîné, qui souligne les dettes, les droits, les devoirs… Il ne vit pas par plaisir. Il vit par devoir.

Quant à nous, ne nous arrive-t-il pas, plus souvent que nous ne le pensons, d’avoir un tel cœur qui fait des comptes ?
De nous croire en règle, comme le fils aîné ?
De vouloir tous les droits, comme le fils cadet ?

Avec cette question, reprenons maintenant le récit et regardons d’abord le fils cadet : « Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient ». Comme si ce fils voulait tuer son père pour hériter avant l’heure… Voilà une première manière de passer à côté d’une vraie relation : par désir d’autonomie, se croire indépendant. Ne voir en l’autre que ce qu’il peut nous donner, et non pas ce que nous pouvons lui offrir. De manière adolescentaire, le fils cadet croit que la liberté est l’absence de contraintes, alors qu’il s’agit de l’acceptation de celles-ci. Il ne voit la vie que sous l’angle du droit. Mais le récit va plus loin, en utilisant deux mots grecs différents pour parler de la vie. Ce que le père donne, c’est la vie biologique —la bios. Ce dont le fils cadet fait l’expérience lorsqu’il choisit de revenir vers son père, c’est la vraie vie —la zoè, même si la découverte de celle-ci se vit parfois au travers d’une certaine démesure. Le fils cadet vit… « même trop, même mal », mais il vit.

Regardons maintenant l’aîné. Lui, il ne vit et ne respire pas encore ! Que dit-il ? « Il y a tant d’années que je suis à ton service ». C’est comme s’il disait avec un jeu de mot très lacanien : « Pour toi, j’ai tout fait ». « Pour toi, j’étouffais !». Incapable de couper le cordon, il s’étouffe par devoir. Sa relation filiale et fraternelle n’est faite que d’obligations, comme s’il tenait un grand livre de comptes fort peu à l’équilibre. Le fils aîné ne respire pas ! C’est lui le comptable ! Il n’a pas tué son père, mais il ne se rend pas vivant pour autant. Et dans sa logique, il ne voit en lui —non des droits comme le premier— mais que des devoirs ! Voilà donc une seconde manière de désajuster nos relations : par excès de zèle, en devenant trop dépendant.

Finalement, les deux fils se trompent de père. Le fils cadet se sépare de lui, par souci d’indépendance. Le fils aîné reste trop près de lui par excès de zèle ! Ils ne comprennent pas que la vie vivante, la zoè, se découvre dans une « dépendance assumée », dans une relation adulte faite de proximité et de distance.

N’en va-t-il pas de même dans notre relation à Dieu ?
On peut véritablement s'écarter de Dieu en s'en croyant tout proche par nos mérites, et paradoxalement s'en rapprocher en s'en sentant pourtant éloigné, perdu, égaré…

Quant à nous, que nous nous sentions comme le fils aîné ou le fils cadet, rappelons-nous que la vraie joie ne compare pas… Elle nous invite à nous mettre au monde ! A devenir qui nous sommes ! A mettre davantage de zoè dans notre bios, de vie dans notre vie ! Seule une telle joie véritable pourra assouplir nos relations, sans chercher le plaisir seulement comme le cadet,
ou la droiture uniquement comme l’aîné.

La vraie joie s’accommode de nos erreurs et de nos errances, comme le père prodigue en miséricorde.
Seule cette gratitude —une attitude qui laisse place à la grâce— efface nos logiques marchandes et nous fait passer de la mort à la vie. De la vie comme un du ou un devoir, à la vie comme don ! En effet, lorsqu’on est sans cesse dans le dû comme le fils aîné, on se découvre finalement soi-même per-du. Au contraire, lorsqu’on est prêt à accueillir le don de la vie comme le cadet, on découvre la joie, et ultimement le par-don. Un don au-delà du don.

Puisse cette joie de la vie assumée nous accompagner au quotidien, et nous aider à vivre plus pleinement notre vie.

Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedLun 19 Sep 2022, 6:43 pm






Citation :
Évangile

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 1-13)


Alléluia. Alléluia.
JESUS Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Un homme riche avait un gérant
qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit :
‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ?
Rends-moi les comptes de ta gestion,
car tu ne peux plus être mon gérant.’
Le gérant se dit en lui-même :
‘Que vais-je faire,
puisque mon maître me retire la gestion ?
Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force.
Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire,
pour qu’une fois renvoyé de ma gérance,
des gens m’accueillent chez eux.’
Il fit alors venir, un par un,
ceux qui avaient des dettes envers son maître.
Il demanda au premier :
‘Combien dois-tu à mon maître ?’
Il répondit :
‘Cent barils d’huile.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu ;
vite, assieds-toi et écris cinquante.’
Puis il demanda à un autre :
‘Et toi, combien dois-tu ?’
Il répondit :
‘Cent sacs de blé.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu, écris 80’.

Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête
car il avait agi avec habileté ;
en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux
que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.

Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



BANQUIERS DES DONS DE DIEU | HOMÉLIE DU 18 SEPTEMBRE 2022 À CHÂTELAILLON-PLAGE


Chers frères et sœurs, paroissiens de Châtellaillon-Plage ou fidèles téléspectateurs,
Nous pouvons être riches, pauvres ou entre les deux, nous avons au moins tous – à de rares exceptions près – un banquier à qui nous confions aveuglément notre argent.
Qu’en fait-il ? Cela nous l’ignorons ! Mais nous savons qu’il ne la met pas dans un coffre-fort, sinon nous ne toucherions pas nos intérêts, et notre patrimoine perdrait sa valeur. En effet, pendant que nous dormons, notre argent circule, est investi, placé, traverse les frontières, les fuseaux horaires, permet de construire, d’entreprendre. Bref, il fait marcher l’économie.
Cette démarche si naturelle, évidente et nécessaire dans notre vie quotidienne ne pourrait exister sans relation de confiance. Les banques ne cessent de la mettre en avant dans leur communication. Sans elle, tout s’effondre… Souvenons-nous de l’épisode cocasse des deux pences de Mickael dans Mary Poppins.
Le métier des banquiers, des gérants (pour reprendre le mot de la parabole) c’est de s’occuper d’un argent qui ne leur appartient pas, d’en disposer, de l’investir dans telle ou telle direction.
C’est la même chose pour les disciples et leurs successeurs, les prêtres de l’Église. En effet, les uns s’occupent d’argent ; les autres ont en charge les dons de Dieu : sa miséricorde, sa grâce. « les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière ».
Chers frères et sœurs, permettez-moi de penser que JESUS s’adresse spécialement ici aux ministres du sacrement de pénitence et de réconciliation. Oui, chers frères prêtres qui écoutez cette homélie en différé (car vous célébrez la messe maintenant), nous sommes les intendants des mystères de Dieu : nous distribuons ce qui ne nous appartient pas ! C’est ce que découvre le curé de campagne dans le roman de Bernanos, persuadé de sa médiocrité mais qui convertit la comtesse à la veille de sa mort. Il écrit : « Ô merveille qu’on puisse faire ainsi présent de ce qu’on ne possède pas soi-même. Ô doux miracle de nos mains vides ! »
Ainsi derrière le gérant malhonnête qui remet des dettes colossales (c’est bien cela, pardonner les péchés !) nous pouvons reconnaître le prêtre donnant l’absolution aux fidèles qui lui demandent pardon et qui pourtant ne lui ont rien fait ? Notre place de gérant est étonnante, chers frères prêtres ! Dieu nous demande de donner – que dis-je, de dilapider ce qui lui appartient en propre : sa miséricorde.
Vous voyez chers fidèles du Christ, chers amis téléspectateurs, nos péchés peuvent être effacées abondamment et aussitôt par les gérants des dons de Dieu, ministre du sacrement de pénitence. Ne gardons pas nos dettes comme des boulets qu’on traîne. Tout comme l’argent, la miséricorde doit circuler ; elle ne peut pas être reprise. Elle est donnée définitivement, éperdument… Cela fait la joie du Père.

Les prêtres donnent de ce dont ils ne sont pas la source, et nous tous, prêtres et fidèles laïcs, n’avons-nous pas tous en commun un trésor qui ne vient pas nous mais dont nous disposons ?
Depuis notre baptême a été versée sur nous une eau pure : Dieu a changé notre cœur de pierre en cœur de chair ; un cœur guéri, capable d’aimer. Par notre confirmation, nous avons reçu l’Esprit-Saint, le don de Dieu : nous sommes habités par l’Esprit d’amour. Et ici, aujourd'hui, nous communions au corps du Christ, sacrement de l’amour. Nous pouvons prier le Seigneur de venir aimer en nous quand nous nous en sentons incapables, spécialement pour nos ennemis. Ces trois sacrements font de nous des réceptacles de l’amour.
Alors, chers amis, ne gardons pas l’amour divin pour nous-mêmes, ou seulement pour les nôtres ! Nous serions comme ces banquiers incompétents et peureux qui enferment l’argent dans un coffre, rejoignant ainsi l’attitude du serviteur mauvais enfouissant son talent dans la terre. Si nous gardons cet amour pour nous, il va s’étouffer, disparaître.
L’amour – comme l’argent - est fait pour circuler ! Dieu l’a placé en nous pour que nous le donnions : c’est la seule manière de ne pas le perdre. J’aime rappeler une phrase entendue du père Guy Gilbert, né non loin d’ici à Rochefort dans une famille de 15 enfants. Il demandait à sa mère : « Comment as-tu fait pour diviser ton amour équitablement entre nous tous ? »… « je ne l’ai pas divisé, répondit Mme. Gilbert, je l’ai multiplié ».
Chers frères et sœurs, ouvrons les coffres-forts de nos cœurs égoïstes ; libérons la miséricorde 70 fois 7 fois ; dilapidons l’amour divin : il ne nous appartient pas. Il nous a été donné, pour que nous le donnions.
Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 19 Icon_minipostedMar 27 Sep 2022, 8:11 pm



Citation :
Évangile

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)


Alléluia. Alléluia.
JESUS Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux, il vit Abraham de loin
et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
‘Père Abraham, prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’
Le riche répliqua :
‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit :
‘Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.’
Abraham répondit :
‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.



ILS NE SERONT PAS CONVAINCUS | HOMÉLIE DU 25 SEPTEMBRE 2022 À ANGERS

Comme vous le savez peut-être, frères et sœurs, il y a déjà un certain nombre d’années que, quand je ne suis pas avec vous dans une église ou par la télévision, j’essaie de transmettre la foi à des adolescents.
Ce n’est pas facile. Les adolescents sont une espèce extrêmement attachante et très, très ergoteuse. Vous déployez vos arguments les plus intelligents : ils ont toujours une réponse. Vous essayez la morale : ils haussent les épaules. La logique : la leur est plus forte. L’autorité : ils pouffent de rire. Vous sortez Abraham, Moïse et les prophètes. Chou blanc. Cela ne les persuade nullement. Alors quoi ? L’enseignement de JESUS ? Les miracles ? — Ils doutent toujours. Ils ne sont pas forcément contre, mais ils ne sont pas convaincus non plus…
C’est ce qui rend si étonnant et si véridique l’avertissement de JESUS à la fin de la parabole du pauvre Lazare que nous venons d’entendre. La parabole elle-même, nous la connaissons assez bien ; l’innocent est récompensé, le méchant est puni. Mais la fin ! « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. » Et c’est JESUS lui-même qui dit cela !
Voilà une prophétie adressée à tous les prédicateurs, tous les catéchistes, tous les parents, tous les parrains et marraines : chers amis, chers courageux amis, la Résurrection elle-même ne suffira pas. Aucun de vos arguments, aucune de vos paroles ne suffira. Vous n’y arriverez pas. Vos têtes de bois de quinze ans — dans mon expérience, mais elles pourraient aussi bien en avoir quarante ou soixante-dix — ne seront pas convaincues par tout ce que vous pourrez dire.

C’est ainsi. Ce ne sont pas les mots qui transmettent la Parole. Ce n’est pas la rhétorique. La rhétorique peut parler au cerveau, mais elle glisse sur le cœur comme l’eau sur les plumes du canard.
Or si la foi, le fait de choisir de croire, est une décision, c’est une décision du cœur. La raison peut aider et elle doit réguler, mais ce n’est pas elle qui emporte le choix. C’est le cœur.
Particulièrement pour les adolescents auxquels je m’attache, mais cette vérité vaut aussi bien pour tous, nous les adultes, nous qui sommes ou tentons d’être des témoins de l’Évangile. Nous ne convaincrons que par le cœur et nous ne convaincrons pas par nos seules forces.
Nous ne convaincrons que par le cœur, par l’amour que nous portons à ceux à qui nous prêchons, par la douceur, par le rire, par l’espoir et par la consolation ; nous ne convaincrons que parce que nous aimons. Et à cela il importe très peu que nous ayons du talent ou de l’autorité, parce que le cœur n’en a pas besoin.
Et nous ne convaincrons pas tout seuls, parce que notre cœur, si sincère que soit notre désir de témoigner, n’est pas assez généreux ni profond pour l’ampleur du message à faire passer. Ni Moïse, ni les prophètes, ni l’Évangile ne passeront si l’Esprit saint ne les fait passer. Voilà pourquoi le Seigneur nous a donné, à nous, les baptisés, ses témoins, son Esprit. Pour que sa vérité, qui est plus grande que notre cœur, passe à d’autres cœurs. Avec ou sans mots, avec ou sans arguments, peu importe.
Père Abraham, que faudra-t-il pour qu’ils écoutent ? — Il faudra ton amour et celui qui est l’Amour, celui qui fait couler le fleuve de la vérité de ton cœur à d’autres cœurs, l’Esprit du Christ vivant.


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