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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 27 Sep 2021, 7:31 pm




Citation :
Évangile

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » (Mc 9, 38-43.45.47-48)


Alléluia. Alléluia.
Ta parole, Seigneur, est vérité ;
dans cette vérité, sanctifie-nous.
Alléluia. (cf. Jn 17, 17ba)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jean, l’un des Douze, disait à JESUS :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
JESUS répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous
est pour nous.
Et celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ,
amen, je vous le dis,
il ne restera pas sans récompense.

Celui qui est un scandale, une occasion de chute,
pour un seul de ces petits qui croient en moi,
mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou
une de ces meules que tournent les ânes,
et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute,
coupe-la.
Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains,
là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute,
coupe-le.
Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute,
arrache-le.
Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas
et où le feu ne s’éteint pas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Ne les empêchez pas | Homélie du 26 septembre 2021 à Cagnes-sur-Mer


L’été est une période privilégiée pour les rencontres, les rassemblements et après les différentes périodes d’isolement que nous avons vécu, nous étions heureux de nous retrouver en famille ou entre amis. Mais dans certaines de ces rencontres, reconnaissons qu’il a été difficile, sinon impossible de pouvoir échanger librement sur différents sujets qui sont devenus très sensibles, tant les positions de certains se sont radicalisées, nous entrainant malheureusement vers un nous toujours plus petit.

Voilà pourquoi, il devient indispensable et urgent de nous interroger sur notre relation à l’autre pour aller « vers ce NOUS toujours plus grand » auquel nous appelle le Pape François.
Les lectures d’aujourd’hui nous rappellent que le penchant de l’homme pour l’exclusion, que son inclinaison à s’attacher à ses privilèges ou ses prérogatives, sont bien antérieurs à notre société actuelle, et que depuis toujours l’homme est naturellement enclin à juger, à condamner et à exclure l’autre pour préserver ce qu’il considère comme des privilèges qui lui reviennent, qu’ils soient spirituels ou matériels.

JESUS et Moïse, face à ces situations n’excluent pas. Ils sont dans l’espérance que Dieu fasse de tout son peuple, un peuple de prophètes et de disciples.

Ils invitent à ne pas se laisser enfermer sur nous-même, dans la méfiance qui isole, dans les certitudes qui excluent, mais au contraire à nous réjouir du don de Dieu offert à tous, à faire confiance à l’autre. Et peu importe l’importance du geste fait, aux yeux de JESUS, comme pour celui qui le reçoit, un simple verre d’eau est déjà beaucoup.

Cette confiance en chacun s’exprime dans la réponse de JESUS, « Ne l’en empêchez-pas ». Cette parole, pleine du dynamisme de l’Evangile, nous appelle à une conversion de nos manières d’agir, de regarder et d’accueillir le monde qui nous entoure avec cette même confiance, pour constituer un « NOUS » toujours plus grand qui ne soit pas simplement l’addition de nos « JE », mais un vrai projet commun où toute personne humaine aura le droit à la même dignité, à la même justice.

Ainsi, « Ne l’empêchez pas », de JESUS, peut se traduire pour nous aujourd’hui de diverses manières :

Ne l’empêche pas de parler celui qui ne pense pas comme toi mais écoute-le, il a peut-être un point de vue différent qui peut t’éclairer et te faire avancer.
Ne l’empêche pas celui qui ne fait pas partie de ton cercle habituel, de venir te rencontrer, de te faire partager ce qui le fait différent de toi, ensemble vous pourrez peut-être construire quelque chose de nouveau.
Ne l’empêche pas, l’étranger, le migrant celui qui a une culture différente de la tienne, une religion que tu ne connais pas, de t’approcher pour découvrir en lui, avec lui, des richesses que tu ne soupçonnes pas et qui vous feront grandir tous les deux.

Ne l’empêche pas ce bénévole, qui ne partage pas les mêmes motivations que toi, mais qui, comme toi, a le désir d’accueillir, de promouvoir toute personne humaine quel que soit son histoire, ses origines. Ensemble vous irez plus loin.

Cette conversion à laquelle nous appelle JESUS peut paraitre radicale, inaccessible,
Et encore plus dans notre diocèse, notre département, touchés par deux fois, par des actes de violence aveugle, traumatisants qui ont suscité peur et colère. Et pour ceux qui ont été plus particulièrement touchés ou blessés par ces actes, cet appel que JESUS nous adresse aujourd’hui peut être encore plus difficile à entendre, douloureux même. Cependant, en tant que chrétien, si nous voulons briser la chaine de la violence, nous ne pouvons répondre à la haine par la haine, à la peur par l’exclusion, mais bien par des gestes d’amour et de solidarité.

Nathalie et Bruno ont répondu à cet appel en accueillant des demandeurs d’asile chez eux, Aline en devenant bénévole pour SOS Méditerranée afin de sensibiliser à ce drame humain, Jannick en récoltant nourriture et vêtements pour les migrants bloqués à la frontière et bien d’autres encore qui sont les maillons de cette grande chaine de solidarité.

Frères et sœurs, demandons à JESUS, pour nous tous, pendant cette eucharistie, de nous donner en abondance son Esprit d’amour, de justice et de paix, pour qu’il apaise nos peurs, guérisse nos blessures, ouvre notre cœur à la richesse de l’autre, à la joie de construire ensemble, un NOUS plus grand, un monde plus juste, une humanité plus fraternelle, ainsi ensemble nous réaliserons ce rêve immense de Dieu, que tous les hommes soient frères en son Fils JESUS.
Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 04 Oct 2021, 7:18 pm



Citation :
Évangile

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mc 10, 2-16)


Alléluia. Alléluia.
Si nous nous aimons les uns les autres,
Dieu demeure en nous ;
en nous, son amour atteint la perfection.
Alléluia. (1 Jn 4, 12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
des pharisiens abordèrent JESUS
et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
JESUS leur répondit :
« Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme
à condition d’établir un acte de répudiation. »
JESUS répliqua :
« C’est en raison de la dureté de vos cœurs
qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création,
Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison,
les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara :
« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre
devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,
elle devient adultère. »

Des gens présentaient à JESUS des enfants
pour qu’il pose la main sur eux ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, JESUS se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi,
ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis :
celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d’un enfant
n’y entrera pas. »
Il les embrassait
et les bénissait en leur imposant les mains.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Devenir chouette pour accueillir et faire advenir le Royaume | Homélie du 3 octobre 2021 à Nandax


C’est assez rare pour qu’on puisse le remarquer, aujourd’hui Jésus se fâche Mc 10, 14. Et pour qu’il se mette en colère comme ça, ce doit être du sérieux. Plus sérieux qu’un été sans soleil ou qu’une nuit sans sommeil. En fait vous l’avez entendu, il se fâche parce que les disciples empêchent les enfants de venir à lui.

Il se fâche parce que les disciples empêchent des petits et des fragiles de venir à lui. Et pour lui, on vient de l’entendre, l’accueil du Royaume de Dieu ne peut se faire qu’en étant petit et dépendant, il ne peut se faire qu’en étant humble, en ressemblant aux enfants Mc 10, 14 justement.

Jésus ne dit pas ce qu’est le Royaume mais pour lui, ça semble vraiment important de pouvoir l’accueillir. Mais comment alors ressembler aux enfants ?

Vous reconnaissez peut-être cette chouette ? Dans une certaine littérature, elle s’appelle Edwige. C’est une Harfang des neiges, elle a 3 caractéristiques :

Premièrement les chouettes ont la capacité de tourner la tête à 180°. Elles ont du coup une vue panoramique sur le monde. Ça permet d’accueillir largement, le regard tous azimuts. Deuxièmement les Harfangs vivent au-dessus du cercle polaire, là où il fait jour 6 mois de l’année et nuit les 6 autres mois. Du coup avec la sélection naturelle, les harfangs ont la capacité de voir aussi bien le jour que la nuit. Ça permet d’accueillir largement, le regard attentif.

Et troisièmement les Harfangs sont des migratrices partielles, itinérantes on pourrait dire : elles sortent de chez elles, vers « les périphéries ». Ça permet d’accueillir largement, le regard déplacé.

Ces Harfangs des neiges ont décidément toutes les caractéristiques pour accueillir ce qui est autour d’elles. A leur manière, elles ressemblent aux enfants.

En devenant de plus en plus chouettes, nous pourrions élargir nous-aussi notre regard, curieux de tout, disponibles à tous les possibles, dépossédés de nos idées toutes faites sur les autres, ou sur nous-mêmes. Dépossédés de nos idées préfabriquées sur le monde et son avenir, dépossédés aussi de nos certitudes sur Dieu... Les talents de cette chouette nous permettraient d’accueillir ce qui est autour de nous comme un cadeau : que ce soit la nature, les autres ou nous-mêmes. C’est d’ailleurs le chemin que François d’Assise a emprunté il y a 800 ans. Il sera fêté demain un peu comme un envoi pour cette clôture du Temps de la Création : un envoi pour devenir de plus en plus chouettes !

J’ai eu la chance cet été de participer à la promesse des compagnons des Scouts et Guides de France du groupe de Dourdan, dans l’Essonne, de là où je viens. Je leur avais proposé d’écrire une béatitude. Et Pablo, un compa de l’équipe, a écrit celle-ci : « Heureux ceux qui savent écouter, ils n’ont pas fini de grandir ». Pablo est chouette ! Parce qu’en vrai, écouter comme nous y invite Pablo ou voir comme nous y invite la chouette, c’est un peu la même chose. Et c’est là le plus difficile de nos existences, écouter et voir, comme des humbles qui ont tout à recevoir.




Mais à quoi bon écouter et voir pour accueillir le Royaume puisqu’on ne sait pas ce que c’est ? Je n’ai pas vraiment de réponse. Simplement ce que je pressens, c’est qu’en écoutant et en voyant, nous accueillerons l’insoupçonnable. Nous découvrirons alors à quel point nous sommes aimés... et nous pourrons sans doute aimer à notre tour.

Parce que cet accueil de l’inouï nous révèlera sans doute l’appel de Dieu, loin de toute communication directe. Et du coup, il provoquera sans doute en nous une réponse. Peut-être comme Xavier, toujours de la même équipe compagnons, qui a écrit cette Béatitudes pour sa promesse : « Heureux ceux qui savent partager, ils trouveront le bonheur ». A force de voir et d’écouter comme Pablo, partager en réponse devient un chemin de joie pour Xavier. Cet appel nous provoquera peut-être aussi à répondre d’une autre manière : par exemple en étant attentif et actif quant aux émissions de gaz à effet de serre et à la biodiversité comme le sont de plus en plus les agriculteurs et ceux qui travaillent avec eux.

Voir et entendre pourrait donc être une manière d’être accueillants au Royaume de Dieu. Et recevoir ainsi ce qui est là, donné, provoquera sans doute de notre part une réponse qui construira le Royaume. On en est là ce matin : accueillir le Royaume pour le construire encore.

Notre réponse à cet appel participera sans doute à construire un monde qui ressemblerait à un grand banquet où chacun a sa place : tous ceux qui cherchent encore le beau dans leurs vies... un monde où chacun a sa place !
Après tout, c’est peut-être ça le Royaume dont Jésus ne parle qu’en paraboles : un immense banquet où même Assurancetourix a sa place.

On comprend alors au final que Jésus se soit fâché : le plus difficile est d’écouter et de voir pour accueillir le Royaume. Tout repose là-dessus. Sur le fait de ressembler aux enfants, sur le fait de devenir de plus en plus chouettes.
La réponse, elle, se dessinera toute seule, sans s’en préoccuper. Et elle fera encore advenir le Royaume, dès aujourd’hui !

Soyons chouettes !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 11 Oct 2021, 8:53 pm





Citation :
Évangile

« Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-30)


Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    JESUS se mettait en route
quand un homme accourut
et, tombant à ses genoux, lui demanda :
« Bon Maître, que dois-je faire
pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
   JESUS lui dit :
« Pourquoi dire que je suis bon ?
Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
    Tu connais les commandements :
Ne commets pas de meurtre,
ne commets pas d’adultère,
ne commets pas de vol,
ne porte pas de faux témoignage,
ne fais de tort à personne,
honore ton père et ta mère. »
   L’homme répondit :
« Maître, tout cela, je l’ai observé
depuis ma jeunesse. »
   JESUS posa son regard sur lui, et il l’aima.
Il lui dit :
« Une seule chose te manque :
va, vends ce que tu as
et donne-le aux pauvres ;
alors tu auras un trésor au ciel.
Puis viens, suis-moi. »
   Mais lui, à ces mots, devint sombre
et s’en alla tout triste,
car il avait de grands biens.

   Alors JESUS regarda autour de lui
et dit à ses disciples :
« Comme il sera difficile
à ceux qui possèdent des richesses
d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
   Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.
JESUS reprenant la parole leur dit:
« Mes enfants, comme il est difficile
d’entrer dans le royaume de Dieu !
    Il est plus facile à un chameau
de passer par le trou d’une aiguille
qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
   De plus en plus déconcertés,
les disciples se demandaient entre eux :
« Mais alors, qui peut être sauvé ? »
   JESUS les regarde et dit:
« Pour les hommes, c’est impossible,
mais pas pour Dieu ;
car tout est possible à Dieu. »

   Pierre se mit à dire à JESUS :
« Voici que nous avons tout quitté
pour te suivre. »
   JESUS déclara :
« Amen, je vous le dis :
nul n’aura quitté,
à cause de moi et de l’Évangile,
une maison, des frères, des sœurs,
une mère, un père, des enfants ou une terre
    sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :
maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,
avec des persécutions,
et, dans le monde à venir,
la vie éternelle. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie du 10 octobre 2021 à Schaerbeek (Belgique)


« Il s’en alla tout triste, parce qu’il avait de grands biens ». Avouez qu’il y a de quoi être surpris par la réaction de cet homme de la parabole. La précarité n’est-elle pas à combattre et l’abondance de biens synonyme de sécurité ? Le confort matériel n’est-il pas source de réconfort plutôt que de tristesse ?

Pour bien comprendre le message paradoxal de cette parabole, reprenons le fil du
récit : notre jeune homme s’adresse à Jésus sous l’horizon de l’avoir et du faire : « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle » ? Il lit la vie sous l’angle du devoir, du mérite et de l’avoir. Il est tellement comblé de tout qu’il ne peut se séparer de rien. Il ne voit finalement pas que la vie est une richesse dans la mesure où elle se partage. A force de vouloir gagner sa vie, il en oublie la vie. En réalité, ce n’est pas jeune homme riche. Mais un pauvre possédé par ses possessions ! Avec beaucoup de signes extérieurs de richesses, mais sans vraie richesse intérieure...

Ne le jugeons pas. Ce jeune homme de la parabole, c’est en réalité vous et moi lorsque nous construisons cette vie reçue sur nos besoins de sécurité. C’est vous et moi lorsque nous nous réfugions derrière des protections bien légitimes. Quoi de plus normal, en effet, que de s’attacher à un une maison, une famille, une terre... Cependant, Jésus nous propose, même dans ces lieux-là, une expérience aussi radicale que féconde : se laisser aller à la fragilité et au manque ! Il s’agit de nous détacher de ce que nous avons pour devenir ce que nous sommes.

Lorsque le manque vient à manquer dans nos vies, la tristesse n’est en fait jamais loin. Il y a donc vraiment un manque qu’il nous faut gagner ! Il est cet espace qui nous permet de respirer ;
cet écart nécessaire pour nous ouvrir à l’imprévu.
Il est cette absence de certitude qui creuse notre désir de croire ;
ce courage d’aimer sans posséder ;
ce silence qui nous permet de prier ;
ce risque qui donne confiance ;
ce vide qui fait grandir notre espérance.

« J’ai prié, et le discernement m’a été donné. La sagesse est venue en moi, et à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse.» Vivre cette audace du manque, c’est finalement se rendre disponible à la présence de Dieu dans nos vies. Il ne s’agit donc pas de tout abandonner mais de tout recevoir autrement. Voilà la sagesse pratique de l’évangile : quitter son propre encombrement pour recevoir tout autrement.

Fort bien me direz-vous ! Mais comment pouvons-nous recevoir autrement ce à quoi nous devons précisément renoncer et dont il faut faire le deuil ?

Pour cela, je vous invite à un petit exercice pratique !
Il s’agit de revisiter votre histoire et vos relations avec la question suivante. Quelles sont vos richesses —affectives, matérielles, spirituelles— auxquelles vous tenez le plus ? Quel est le bien le plus précieux pour lequel vous vous en iriez tout triste si vous deviez le perdre ? Qu’est-ce qui vous retient ou vous tient le plus à cœur ? Il s’agit maintenant de recevoir cela autrement car « Nul n’aura quitté, une maison, une famille, une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres ».

Votre bien le plus précieux est peut-être votre épouse
ou votre époux, votre conjoint, vos enfants ? Les retrouver autrement, signifie dès cette vie-ci les voir non comme une terre conquise —votre conjoint, vos enfants— mais comme des personnes qui vous sont confiées. Ne sont-ils pas des êtres dont la vie et le secret ne vous appartiennent pas... Il faut parfois quitter son père et sa mère pour les retrouver comme frères et sœurs en humanité.

Votre bien le plus précieux est peut-être ce que vous avez réalisé, un projet, une terre... Là aussi, il s’agit d’apprendre la vraie mesure de nos jours. Accueillir le manque afin de renoncer à tout sentiment de propriété, à tout désir de maitrise, à tout besoin de reconnaissance... Alors, dans cet esprit d’ouverture et d’audace, les fruits que nous récolterons seront la patience, la bienveillance et une vraie sagesse de vie.

Lorsqu’on ne manque de rien, comme le pauvre homme possédé par ses richesses, on n’a finalement besoin de personne. Mais lorsqu’on donne le tout de son être, on n’a plus rien à perdre ! On est libre. La sagesse du Christ consiste à se libérer, se déposséder du désir très masculin de vouloir posséder son salut, contrôler sa vie, afin de la recevoir autrement. Telle est la conversion profonde et radicale qu’il nous faut vivre.

A l’école d’une telle sagesse, vivre et aimer consisteront alors à trouver une vraie richesse et une joie profonde hors de nous-mêmes, au-delà même de notre santé... Nous pourrons alors nous réjouir pour les autres. Et même si la solitude, la maladie, la tristesse et le dégoût nous guettent en ces jours, osons regarder notre vie avec les yeux de Dieu, le Maître de l’impossible.
Qui peut nous faire passer de la mort à la Vie.
Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 18 Oct 2021, 8:57 pm



Citation :
Évangile

« Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 35-45)


Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s’approchent de JESUS et lui disent :
« Maître, ce que nous allons te demander,
nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit :
« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent :
« Donne-nous de siéger,
l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ta gloire. »
JESUS leur dit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire,
être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent :
« Nous le pouvons. »
JESUS leur dit :
« La coupe que je vais boire, vous la boirez ;
et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé. »

Les dix autres, qui avaient entendu,
se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
JESUS les appela et leur dit :
« Vous le savez :
ceux que l’on regarde comme chefs des nations
les commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier
sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Le pouvoir et le service | Homélie du 17 octobre 2021 à Roubaix


Décidément, ces deux frères ne manquent pas d’air ! Les voici en train de revendiquer des places d’honneur auprès de leur ami JESUS. Et une telle demande indispose fortement leurs autres compagnons de route, qui font part de leur indignation, peut-être justement, parce-qu’au plus profond d’eux-mêmes, ils sont habités eux-aussi par ce désir tellement humain de reconnaissance.

Mais, aussi étonnant que cela puisse paraitre de prime abord, JESUS ne rabroue pas les deux fils de Zébédée, car je crois sincèrement qu’il aime les audacieux. Il accueille avec bienveillance cette demande de Jacques et de Jean : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Il n’est pas rare, dans l’évangile, que cette question soit la première posée par JESUS à ses interlocuteurs. Évangéliser, - on a trop tendance bien souvent à l’oublier, - c’est d’abord permettre à l’autre d’exprimer la profondeur de son désir. « Maître, nous voudrions … » Tel est le souhait de Jacques et de Jean, ses vrais amis dont il connaît l’attachement. Et JESUS l’entend, comme il sait entendre le désir de toute personne qui s’adresse à lui, pour peu qu’elle ose l’exprimer.

Et JESUS vient alors les aider à y voir clair, tant ils n’ont peut-être pas compris le sens de sa montée vers Jérusalem. En fait, ils ne savent pas vraiment ce qu’ils demandent, car il va être question d’acceptation de la souffrance (l’évocation de la coupe) et de plongée dans la mort (le sens du baptême) … ce qu’Isaïe annonçait déjà dans la première lecture.

Et les deux frères ont tendance, sans doute de manière inconsciente, à présumer de leurs forces « Nous le pouvons ». La réponse de JESUS se fait alors plus mystérieuse. Le pouvoir de siéger, ce n’est pas lui qui peut l’accorder, mais seulement son Père « Il y a ceux pour qui cela est préparé. »

La suite de sa réponse, JESUS ne l’offre pas seulement aux deux qui l’ont interrogé, mais à l’ensemble du groupe qui l’accompagne dans sa marche. Il invite chacun à être au clair par rapport au désir de pouvoir et de reconnaissance qui habite son cœur. Car ne sommes-nous pas souvent travaillés, même dans nos actions apparemment les plus généreuses, par cette question de reconnaissance, de pouvoir, d’aura médiatique ? Pour JESUS, il n’est de pouvoir que celui de servir ! Puissent, en cette année électorale qui s’ouvre devant nous, tous les candidats à la présidentielle s’interroger en profondeur : leur vrai désir consiste-t-il à se mettre en avant ou à servir le peuple ! Rappelons que le mot « ministère » signifie étymologiquement « fonction de service ». Ceci vaut aussi dans l’Église, lorsque l’on parle de ministère diaconal, presbytéral ou épiscopal. Il ne doit être question que de service ! Combien d’abus auraient pu être évités si certains clercs, exerçant une fonction d’autorité auprès d’enfants, n’avaient pas trahi cet enseignement : pour JESUS, le sens de l’autorité réside dans le service.

Comme le dit si bien le pape François, « Servir, plus que tout autre chose nous rend semblables à JESUS, qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. » La qualité première du disciple du Christ consiste à être serviteur. Comme JESUS, il est appelé à donner sa vie. Oh ! il ne s’agit pas de vouloir jouer les héros, mais plus simplement peut-être d’apprendre à donner gratuitement de son temps. N’oublions pas qu’il est toujours plus difficile de donner de son temps, plutôt que d’offrir un cadeau car, lorsque je consacre dix minutes à l’autre, je lui offre dix minutes de ma propre vie. Aimer, - et c’est particulièrement vrai dans le couple et la famille, comme dans toute communauté -, c’est d’abord accepter de donner de son temps…

Pour JESUS, il n’est de grandeur que dans le service. Et s’il est un homme qui l’a parfaitement compris, n’est-ce pas Joseph, le patron de cette paroisse, cet homme si discret à qui Dieu a confié l’éducation de son propre Fils ?

Puisse ce repas eucharistique, partagé en mémoire de JESUS qui s’est fait le serviteur de tous, nous donner la force de revêtir la tenue de service là où nous sommes en responsabilité, sans attendre d’autre récompense, comme le chantent tous les scouts et guides au terme de chacune de leurs veillées, que celle de savoir que nous faisons sa sainte volonté !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedMar 26 Oct 2021, 8:23 pm




Citation :
Évangile

« Rabbouni, que je retrouve la vue » (Mc 10, 46b-52)


Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ JESUS, a détruit la mort,
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
tandis que JESUS sortait de Jéricho
avec ses disciples et une foule nombreuse,
le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait,
était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était JESUS de Nazareth,
il se mit à crier :
« Fils de David, JESUS, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire,
mais il criait de plus belle :
« Fils de David, prends pitié de moi ! »
JESUS s’arrête et dit :
« Appelez-le. »
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :
« Confiance, lève-toi ;
il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers JESUS.
Prenant la parole, JESUS lui dit :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
L’aveugle lui dit :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et JESUS lui dit :
« Va, ta foi t’a sauvé. »
Aussitôt l’homme retrouva la vue,
et il suivait JESUS sur le chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.



La foi nous guérit de nos aveugléments | Homélie du 24 octobre 2021 à Asnières-sur-Seine


De nouveau le passage de JESUS suscite l’intérêt de ceux qui souffrent. En l’occurrence aujourd’hui de Bartimée, l’aveugle au bord du chemin. Sa cécité l’empêche de voir, d’être autonome et l’a conduit à la mendicité, peut-être est-il même déchu d’une condition prospère. Mais le texte de l’évangile ne le réduit pas à sa pauvreté, à son handicap.

Avez-vous remarqué tout ce dont Bartimée est capable ?

Il n’est pas sourd puisqu’il entend que JESUS est là.

Il n’est pas muet car sa voix est forte et puissante pour crier et proclamer « Fils de David, aie pitié de moi ! ».

Et grâce à sa grande énergie, il lui est possible de bondir sur ses jambes et de rejoindre JESUS. Ses aptitudes physiques viennent pallier son handicap.

Aveugle il est devenu, pauvre il est accablé, mais croyant il apparaît devant JESUS en lui demandant de recouvrer la vue. Le Seigneur voit alors en lui la foi qui l’habite et il le guérit.

Comme le commentait le Pape Benoît XVI : « Nous savons par d’autres textes que la condition de cécité a une signification chargée de sens dans les Évangiles. Elle représente l’homme qui a besoin de la lumière de Dieu, la lumière de la foi, pour connaître vraiment la réalité et marcher sur le chemin de la vie. Il est essentiel de se reconnaître aveugles, de reconnaître qu’on a besoin de cette lumière, sans quoi on reste aveugle pour toujours » (Homélie 28 octobre 2012)

A l’égal de Bartimée, nous sommes plus ou moins conscients de nos handicaps et de nos aptitudes. Sommes-nous capables d’en dresser la liste ? De voir ce qui nous limite dans nos élans de générosité et d’attention ? Mais aussi de tirer profit de tout ce que nous pouvons réaliser avec détermination, courage et foi ?

Peut-être vous souvenez de Kevin Mayer, le champion français de décathlon, médaillé d’argent aux jeux olympiques de Rio. Ses nombreux succès devaient le conduire à gagner l’or à Tokyo, l’été dernier. Malheureusement au cours de son parcours redoutable des 10 épreuves d’athlétisme, il en vint à souffrir de fortes douleurs dorsales. Le champion se voyait handicapé, meurtri dans sa chair. Et après des années de préparation, son rêve d’or s’effondrait devant lui. Tout semblait perdu en voyant ses concurrents le devancer inexorablement.

Mais il a puisé en lui-même, et peut-être même au-delà, la force de surmonter sa souffrance et petit à petit de regagner des points et de s’approcher du podium tant espéré. L’impossible est devenu réalité ! Alors qu’il aurait dû tomber au bas du classement, il a progressivement regagné des places au point de finir avec la médaille d’argent. On imagine certes sa frustration de manquer la première place. Mais en voyant le chemin parcouru on peut, comme la presse, parler de la « résurrection » de Kevin Mayer !

Croire… croire au Christ ressuscité, dire sa foi en la vie éternelle c’est ne jamais désespérer même dans les pires souffrances, dans le doute, la honte, le rejet.

Dans l’évangile de Marc, Bartimée est la seule personne guérie dont on connaît le nom. Il s’agit aussi de la dernière guérison avant que JESUS ne vive sa Passion et accomplisse sa mission. Avec cette figure, l’évangéliste nous présente qui est le disciple : celui qui, avec la lumière de la foi, suit JESUS « sur la route ».

La route de notre existence nous apparaît semblable aux épreuves du décathlon. Certains champions brillent à toutes les épreuves mais beaucoup d’entre nous souffrent tant nous sommes tendus vers un exploit inaccessible. Nous sommes handicapés par nos limites, nos faiblesses et plus encore par nos fautes.

En demandons-nous la guérison au Seigneur ? Avons-nous assez de foi pour l’espérer ?


Le Christ est là pour nous guérir, nous soulager et nous encourager.

Ayons foi et confiance en lui en demandant son aide.

Sa question nous interpelle : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »


Nous avons les talents et les forces pour aller de l’avant.

Nous ne sommes pas tous des champions mais des croyants.

Dans notre prière et nos actions, que nous nous appelions Bartimée ou Kevin, Marie ou Laure, le Christ nous dit : « Va ta foi t’a sauvé ! ».

Avec des mots actuels, inspirés à Daniel Marguerat, JESUS nous dit donc :

« C’est toi qui as été le moteur ; c’est toi qui as voulu sortir de ta marginalité ; c’est toi qui demandes pitié ; c’est toi qui, à travers moi, fais confiance à Dieu. » (La Croix, 22 février 2021)


Cultivons cette confiance et ne cessons pas de parcourir ce chemin de vie, cette route qui nous mène à Dieu.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 01 Nov 2021, 9:37 pm



Citation :
Évangile

« Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)


Alléluia. Alléluia.
Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules, JESUS gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Solennité de la Toussaint | Homélie du 1er novembre 2021 à Liège (Belgique)


Chers Frères et Sœurs,

En cette fête de Toussaint, nous avons en mémoire les défunts que nous avons connus ; peut-être la tristesse envahit-elle notre cœur au souvenir de ceux que nous aimions et qui nous ont quittés.

Mais la liturgie d’aujourd’hui élargit notre regard : au lieu d’évoquer des gens tristes, elle parle de ceux qui sont heureux ;
et au lieu de faire voir des individus, elle nous montre des foules immenses. En cette fête de Toussaint, en effet, même si nous pensons à commémorer nos défunts, à prier pour eux et à visiter les tombes de nos familles, nous sommes d’abord invités à la joie et à l’espoir d’une vie nouvelle. C’est le message de JESUS dans les béatitudes.

Les foules heureuses

« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux », dit JESUS sur la montagne aux foules rassemblées (Mt 5,1-12). Et dans l’Apocalypse, saint Jean écrit (Apocalypse 7,2-14) : « J’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues ».

Ces deux foules sont heureuses : JESUS répète neuf fois le mot « heureux » dans son discours sur la montagne. Et dans l’Apocalypse, la foule chante le salut qui vient de Dieu. Cette joie est celle d’appartenir à un peuple sauvé, la joie de ne pas être isolé et abandonné, livré à soi-même et aux violences du monde.

Pendant la période du Coronavirus, nous avons vécu péniblement l’épreuve de la solitude ; maintenant qu’on peut se retrouver, nous comprenons mieux la valeur précieuse de nous retrouver ensemble, d’avoir une réunion de famille, de visiter une personne en difficulté ou de célébrer la liturgie en Église. Entre nous, passent des ondes positives, des sourires, des émotions, des confidences, des gestes d’affection. On ne vit donc pas la joie tout seul, mais en communauté.

Les personnes unies par Dieu

C’est cela que nous célébrons en cette fête de Toussaint : la communion des saints, la famille du Dieu saint, l’assemblée constituée par la sainteté de Dieu. Le mot « saint » signifie d’abord « séparé, mis à part ». La sainteté de Dieu, cela signifie son originalité, le fait qu’il est séparé de ce qui est habituel ou banal. En étant notre Père, il nous unit par cette originalité et transforme notre humanité en une famille de frères et de sœurs. Il nous unit à tous les saints qui nous ont précédés, comme ceux de notre Église de Liège, qui sont représentés sur les murs de notre cathédrale.

Cette famille est composée de pauvres, comme le dit JESUS dans les béatitudes ; pauvres de cœur, gens qui pleurent, doux, assoiffés et affamés de justice, miséricordieux, artisans de paix, persécutés et souffrants. Ce sont des personnes qui toutes ont besoin d’amour et attendent la solidarité.

Les personnes solidaires

Ici à Liège, nous avons vécu une grande pauvreté : nous avons souffert terriblement des inondations du 15 juillet, mais comme un curé me l’a dit, nous avons vécu une solidarité exceptionnelle : entre voisins de quartier, on ne se connaissait pas du tout, mais on s’est entraidé et on est devenu des amis. Ainsi se forme une nouvelle communauté humaine, forgée sur le modèle de la communion des saints. Et même la pandémie du Coronavirus a éveillé de nouvelles solidarités ; elle nous a rendus conscients de la nécessité de prendre des mesures au niveau mondial pour protéger les populations contre la maladie, mais aussi pour nous méfier des dérives de la technologie et du matérialisme.

Les personnes en désir d’amour

La sainteté ne commence donc pas par des vertus personnelles exceptionnelles ; elle consiste d’abord à se laisser aimer par Dieu comme des enfants qui sont aimés par leurs parents, ou comme des pauvres qui sont proclamés heureux, parce qu’ils ont une richesse cachée : ils désirent être aimés.

Face aux peurs qui nous hantent, JESUS nous répond personnellement : « tu es aimé de Dieu, laisse-toi aimer par Dieu ». Chacun de nous a un itinéraire personnel sur ce chemin d’amour. Chaque vie humaine a une perspective d’avenir devant elle, une espérance de vie éternelle.

Ainsi, grâce au Christ, nous passons de la tristesse à la joie.

De l’isolement, à la communion des saints.

De la souffrance, à l’entraide.

D’une existence mortelle à la vie éternelle.

Une foule universelle

Voilà le sens de cette « foule immense, de toutes nations, tribus, peuples et langues », que nous fait voir l’Apocalypse. Nous sommes tous unis dans une communauté de destin sur cette terre, nous sommes tous sur le même bateau, comme dit le pape François. Européens ou Africains, Asiatiques ou Américains, tous nous sommes appelés à la fraternité et à la solidarité universelle.

Nous formons cette foule rassemblée par JESUS, ce peuple faible mais sauvé, cette communion des saints.
Le Christ nous guide vers un monde nouveau
et il nous inspire de le construire, dès maintenant !

Bonne fête de Toussaint à toutes et à tous !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 08 Nov 2021, 9:29 pm




Citation :
Évangile

« Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)


Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
dans son enseignement, JESUS disait aux foules :
« Méfiez-vous des scribes,
qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat
et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues,
et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves
et, pour l’apparence, ils font de longues prières :
ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

JESUS s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor,
et regardait comment la foule y mettait de l’argent.
Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança
et mit deux petites pièces de monnaie.
JESUS appela ses disciples et leur déclara :
« Amen, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis dans le Trésor
plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu,
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a mis tout ce qu’elle possédait,
tout ce qu’elle avait pour vivre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Éloge de l'authenticité | Homélie du 7 novembre 2021 à Lourdes


« Église combien tu es contestable, et pourtant combien je t’aime ! Combien tu m’as fait souffrir, et pourtant combien je te suis redevable ! (...) Combien de fois tu m’as scandalisé, et pourtant tu m’as fait comprendre la sainteté »[1].

Cette émouvante apostrophe est adressée à l’Église par un disciple de Charles de Fou­cauld, Carlo Carretto, le fondateur des Petits Frères de l’Évangile. J’étais plongé dans sa lecture lorsque me parvint l’invitation à prononcer l’homélie de cette messe célébrée à l’occasion de l’assemblée plénière des évêques. Sur le moment j’ai été abasourdi. Non qu’il s’agît d’une obligation en soi pesante mais, en la circonstance, fort peu dans mes cordes. Parce que la chaire n’est pas le prétoire, j’ai accepté. Les textes liturgiques de ce dimanche seront notre guide : ils tracent un chemin de conversion. J’ai cité en commençant le Père Carlo Carretto, pour la raison que ce Jean Baptiste des temps modernes n’a jamais recouvert de silence ce qui devait être connu, non plus que ses convictions religieuses les plus intimes. Son authenticité me séduit.

L’authenticité ! Elle est au cœur de l’épisode que nous venons de lire dans l’Évangile de Marc. C’est au nom de l’authenticité que JESUS fustige l’hypocrisie du gratin religieux de Jérusalem ; elle dissimule mal l’abîme entre la piété affectée des scribes imposteurs et leur conduite odieuse. C’est au nom de l’authenticité que JESUS met en lumière le geste, inaperçu de tous sauf de lui, de la veuve du Temple ; en dépit de son indigence, elle donne ses dernières piécettes au Trésor.

La veuve du Temple en rappelle une autre, celle de Sarepta qui, mille ans auparavant, donna son dernier pain au prophète Élie. Deux femmes, deux pierres vivantes de l’Église. Elles sont exemplaires.

Leur générosité n’a aucun rapport avec les moyens dont elles disposent ; elle part du cœur. D’un don infime que la veuve du Temple met dans le tronc, le Trésor est grossi au-delà de toute mesure. De son ultime poignée de farine et de sa dernière goutte d’huile, la veuve de Sarepta sauve Elie. Aujourd’hui encore, il nous est donné de le vérifier : les petites gens ne se plongent pas dans des calculs de dégrèvements fiscaux au moment de donner. Ils prennent sur leur indigence. Les vrais pauvres savent que ce n’est pas le montant qui compte, mais l’esprit qui inspire le don, la part coûteuse arrachée de soi qui lui confère son aloi.

L’authenticité ! Dans un monde où la Parole de Dieu est de moins en moins entendue, se laisser nourrir par elle, reste le seul moyen de changer en eau vive la Mer Morte qu’est devenue notre société. Pour nous chrétiens, c’est un devoir d’être authentique, d’avoir la passion et le courage de l’authenticité. Que des agresseurs qui avaient pourtant reçu mission d’enseigner que le joug du Seigneur est facile à porter et son fardeau léger (Mt 11, 30), aient imposé à des victimes innocentes des croix insupportablement lourdes, fait outrage à l’authenticité. Mais ce drame de l’hypocrisie ne doit pas occulter l’attitude exemplaire de tant de fils et de filles de l’Église qui s’efforcent quotidiennement de vivre leur fidélité et d’être authentiques. Le reconnaître est un devoir de justice.

Je sais qu’elle est à même de conduire sur le chemin de la sainteté.

Je sais aussi que, pour réparer les offenses subies, panser les blessures, aider à refaire surface, guérir les traumatismes, il faut traiter avec la plus grande charité celui ou celle qui a été sali dans son intégrité.

Pour fuir un monde de ténèbres, il convient de tirer exemple de l’authenticité de la veuve de Sarepta et de la veuve du Temple. Leur geste communément passé inaperçu ou dénué de sens, est regardé comme une folie aux yeux du monde. Il est lumière.

J’ai introduit cette homélie par une apostrophe du fon­dateur des Petits frères de l’Évan­gile. Je la conclus en le citant une nouvelle fois. « Non, ce n’est pas mal de critiquer l’Église quand on l’aime. C’est mal de la contester quand on se tient sur la touche comme des purs. Non, ce n’est pas mal de dénoncer le péché et ses dépravations, mais c’est mal de les attribuer aux autres seulement et de se croire innocents, pauvres, bons. »[2]


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedMar 16 Nov 2021, 10:29 pm




Citation :
Évangile

« Il rassemblera les élus des quatre coins du monde » (Mc 13, 24-32)


Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. (cf. Lc 21, 36)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS parlait à ses disciples de sa venue :
« En ces jours-là,
après une grande détresse,
le soleil s’obscurcira
et la lune ne donnera plus sa clarté ;
les étoiles tomberont du ciel,
et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées
avec grande puissance et avec gloire.
Il enverra les anges
pour rassembler les élus des quatre coins du monde,
depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier :
dès que ses branches deviennent tendres
et que sortent les feuilles,
vous savez que l’été est proche.
De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas
avant que tout cela n’arrive.
Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à cette heure-là,
nul ne les connaît,
pas même les anges dans le ciel,
pas même le Fils,
mais seulement le Père. »



Comme des étoiles | Homélie du 14 novembre 2021 à Paris


Ma famille, éparpillée aux quatre coins du pays, a souvent le nez en l’air. La nuit, nous guettons le passage d’une étoile brillante, pas tout à fait comme les autres : la station spatiale internationale. Je ne sais pas si Thomas Pesquet regardait la messe, quand il était là-haut, mais j’imagine qu’il sait que le passage régulier de cette petite lumière au-dessus de nos têtes a quelque chose d’apaisant pour nous autres ici-bas.

Mais aujourd’hui, JESUS nous dit que tout cela va tomber. Tant pis pour ceux qui cherchent un réconfort dans les étoiles, qui semblaient éternelles. Alors, si même ces astres disparaîtront, où donc trouver des repères solides, des réalités qui durent, dans un monde où tout paraît prêt à s’effondrer ? Plutôt que de chercher ce qui tient bon dans le ciel, le Seigneur nous invite aujourd’hui à le trouver bien plus proche de nous : Ce qui résiste à l’usure du temps et aux crises les plus graves, c’est la vie des hommes et des femmes, et la parole de Dieu.

A ceux qui pensent encore que notre destin est fixé par les étoiles, le prophète Daniel nous a rappelé il y a un instant, qu’elles disparaîtront, mais que les élus de Dieu prendront leur place. Ils « brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais ». Ce ne sont pas les œuvres bonnes qui survivront à leurs auteurs. Ce sont les auteurs eux-mêmes, qui survivront à leurs œuvres. Une vie bonne est gage d’éternité. Parmi toutes les créatures que l’on peut trouver sur la terre, l’être humain est capable de la plus grande perfection. Eh oui, l’être humain ! Bien sûr, nous pouvons le pire, ça tout le monde le sait. Mais JESUS nous rappelle que nous sommes aussi et surtout, faits pour le meilleur. Et je lui rends grâce de nous le rappeler aujourd’hui, justement, ou la tentation du désespoir est si forte.

Bien sûr, par lui-même, l’homme n’atteint pas la perfection, mais JESUS « a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. » Il a le pouvoir de rendre parfaits nos pauvres efforts, nos humbles combats, nos frêles fidélités. L’homme ou la femme ainsi rendus saints, qui persévèrent dans l’amour auront plus de longévité que la plus vieille étoile. Ils pourront tomber vingt fois, mille fois peut-être en chemin, s’ils s’en remettent à Dieu pour demander pardon et s’amender ils n’en resteront pas moins saints, éternellement. « Ils se trouveront inscrit pour toujours dans le Livre » dont parlait le prophète Daniel.

Quel est ce livre ? C’est le livre de vie qui recense le nom des sauvés. Mais c’est aussi le livre de la Parole de Dieu. Si tu veux toi aussi briller éternellement, lis la Parole dans la Bible, et cherches-y ton nom. Parce que chacun peut se reconnaître dans les histoires racontées par la Bible. Dans les histoires d’amour comme dans celles de trahison, dans les exploits comme dans les chutes, dans les naissances et dans les morts. Il y a là, pour tous, un message à cueillir. Page après page, chacun peut trouver dans le Livre le reflet de son visage, la clef de son existence. Parce que c’est toujours JESUS qui nous parle au travers la Bible or, «sa parole ne passera jamais ». Voilà donc pour nous la voie sûre qui nous fera vivre toujours : lire la Parole et apprendre par elle les chemins de la vie.

En ces temps incertains la parole de Dieu en est un repère sûr. La Parole que l’Eglise interprète, prêche et tente de vivre. La Parole que nous lirons sous le figuier dont parle JESUS lorsque sortent ses feuilles, pour nous donner de l’ombre. On ne lit pas bien à la lueur des étoiles de la nostalgie ou de la peur. C’est en plein jour qu’on peut lire, éclairé par notre intelligence, affermi dans l’espérance de ce que nous sommes appelés à la perfection. J’invite donc ceux qui disent, avec ou sans raison, que tout fiche le camp et que tout s’écroule de s’accrocher à la Bible, comme à un noble rempart. Plongez dans le livre. Ce n’est pas une manière de faire le gros dos et d’abandonner le monde, ses combats, ses réformes. Non. La Parole nous redresse, pour préparer la route à celui qui vient. Elle nous convoque à l’action. Au travail !



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Citation :
Évangile

« C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)


Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le Règne qui vient,
celui de David, notre père.
Alléluia. (Mc 11, 9b-10a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    Pilate appela JESUS et lui dit :
« Es-tu le roi des Juifs ? »
   JESUS lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même,
ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
   Pilate répondit :
« Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
   JESUS déclara :
« Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes
qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
   Pilate lui dit :
« Alors, tu es roi ? »
JESUS répondit :
« C’est toi-même qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité
écoute ma voix. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie du 21 novembre 2021


Pilate ne regarde pas la vérité en face ! Il ne voit pas qu’elle est devant lui, sans défense. Qu’elle se tient debout dans sa singularité, et qu’elle a un visage !

Ne faisons pas trop facilement le procès de Pilate. Car…
Pilate, c’est vous et moi, lorsque dans une situation inextricable comme la sienne, nous tentons de maintenir la foule au calme,
au détriment peut-être de la vérité.
Pilate, c’est vous et moi lorsque nous évitons des décisions difficiles,
qui nous obligeraient à faire un chemin de vérité sur nous-même.
Pilate, c’est vous et moi lorsque pour un choix en conscience,
nous fondons notre décision sur ce qui est simplement utile,
plutôt que sur ce qui est vrai,
ou sur nos émotions, plutôt qu’avec notre raison.
Pilate, c’est vous et moi lorsque nous ne croyons finalement plus vraiment en la vérité parce que nous savons trop bien qu’au nom de celle-ci, le pire a été commis ! Ne sommes-nous pas les fils et les fils d’un siècle qui a voulu enfermer la vérité et la mettre dans des formules ?  Oui, la vérité a souffert sous Ponce Pilate… mais elle n’est pas morte ! Ne dit-on pas que la vérité peut pâlir, mais jamais périr ?

Osons croire aujourd’hui encore qu’il existe une Vérité qui donne sens à nos vies. Mais reconnaissons aussi que la manière de comprendre celle-ci sera toujours personnelle, car la vérité se trouve chez celui ou celle qui se met à son écoute… En effet, la vraie question de la vérité n’est pas posée par Pilate mais bien par le Christ au cœur du récit : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? ». Est-ce que la vérité est sur tes lèvres, et est-ce la vérité de ton cœur ? Est-ce qu’elle vient de toi ?

Il s’agit finalement d’être ajusté et en cohérence avec ce que nous disons ; de garder une vigilance intérieure pour entourer de bienveillance ce que nous affirmons. L’autorité n’habite-t-elle pas celles et ceux qui disent ce qu’ils font, et qui font ce qu’ils disent ?

Cette scène d’évangile nous rappelle donc l’urgence d’accompagner nos paroles de sagesse et d’esprit critique !
« Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? Est-ce bien toi qui dis cela ou es-tu dépendant de la rumeur ? N’écoutes-tu, ne partages-tu que ce qui va dans ton sens ?
Voilà bien le problème de notre monde
qui communique de plus en plus
et qui dialogue de moins en moins :
qui abandonne la vérité au profit de l’autorité
ou qui exerce l’autorité au détriment de la vérité…

Celui que nous fêtons aujourd’hui nous invite à réconcilier les deux : autorité et vérité, car son Royaume n’est pas de ce monde.
Et en cette fête du Christ Roi, nous sommes conviés à franchir un pas décisif. Si le Christ est Roi, c’est parce qu’il n’y a pas d’écart entre sa vérité et son autorité. « Tout homme qui appartient à la vérité, dit-il, entend ma voix ». On ne possède pas la vérité. Au contraire, c’est elle qui nous possède, sans parfois que nous nous en rendions compte.
En effet, nous ne détiendrons jamais la clé ultime de notre cœur,
la vérité de notre vie. Nous pouvons alors nous déposséder de la volonté de maîtriser celle-ci, comme Dieu s’est débarrassé de sa toute-puissance pour accueillir sa tendresse, pour que nous le fassions régner sur nos vies. Le pouvoir se donne. Il ne se prend pas.
A nous, de nous déposséder de notre envie de maîtrise,
pour nous laisser posséder par cette tendre vérité qui nous dépasse :
Si notre conscience nous condamne,
Il s’agit de nous laisser posséder
par une miséricorde plus grande que notre cœur,
Si notre route semble bloquée et notre destin écrit,
Il s’agit d’inscrire notre vie dans une destinée plus grande
Et si la douceur semble avoir déserté notre foyer
Il s’agit de nous en remettre à la tendresse de Dieu
et de croire que certaines impasses de notre passé
seront autant d’ouvertures vers une lumière future.
Si nous faisons vraiment ce travail de vérité, si nous inscrivons notre vérité personnelle dans le cœur de Dieu, nous découvrirons alors que la vérité n’est pas quelque chose que l’on possède, mais qui se dévoile, qui nous englobe et qu’il faut rechercher avec courage et patience. Celle-ci se décline au long de nos histoires, de notre passé, de notre présent, de notre avenir, car le Christ qui chemine à nos côté est « Celui qui est, qui était et qui vient ». Il est roi parce qu'il ne s'impose pas, parce qu'il ne nous gouverne pas et qu’il nous laisse libres de le suivre ou non. JESUS n’a jamais revendiqué pour lui-même le titre de roi. A nous de le faire régner sur nos vies.

Puissions agir en ce monde en vérité, et à le gouverner non pas pour régner, mais pour faire régner le royaume de Dieu.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedMar 30 Nov 2021, 10:23 pm





Citation :
Évangile

« Votre rédemption approche » (Lc 21, 25-28.34-36)


Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

   En ce temps-là,
JESUS parlait à ses disciples de sa venue :
    « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.
Sur terre, les nations seront affolées et désemparées
par le fracas de la mer et des flots.
    Les hommes mourront de peur
dans l’attente de ce qui doit arriver au monde,
car les puissances des cieux seront ébranlées.
    Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée,
avec puissance et grande gloire.
    Quand ces événements commenceront,
redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

   Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur ne s’alourdisse
dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie,
et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
    comme un filet ;
il s’abattra, en effet,
sur tous les habitants de la terre entière.
    Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous aurez la force
d’échapper à tout ce qui doit arriver,
et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.



Redressez-vous et relevez la tête | Homélie du 28 novembre 2021 au Mans



Attention, ça va secouer ! Des signes dans le soleil, la lune et les étoiles ; une mer déchaînée dans un fracas assourdissant, des puissances célestes ébranlées ; des angoisses, individuelles ou collectives, un affolement des nations, un désarroi parmi les peuples de la terre. Rien ne semble devoir être épargné, rien ne semble devoir échapper à cette grande secousse, pas même ce que nous croyons le plus solide, le plus ferme, le plus stable dans notre monde.

En annonçant tout cela à ses disciples, JESUS voudrait-il nous faire peur ? Est-il un de ces prophètes de malheur, un théoricien catastrophiste, comme il y en eut tant avant lui, comme il y en aura toujours ? Car, au fond, prévoir le malheur, annoncer la catastrophe, ce n’est pas très difficile. Pas besoin d’être le Christ ; il suffit d’attendre et cela arrive, hélas ! La prophétie, à tous les coups, se réalise : guerre, attentat ou tremblement de terre, inondation ou explosion, incendie, tsunami, pandémie…

Mais JESUS nous dit tout autre chose. Aujourd’hui, en ce premier dimanche de l’Avent, il nous parle de sa venue à la fin des temps : « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. » Et ce n’est pas un malheur, cela, ce n’est pas une catastrophe ! C’est une bonne nouvelle, au contraire, c’est une bienheureuse espérance : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance approche. » Redresser, relever tous ceux qui étaient courbés, penchés, parfois prostrés, physiquement, mentalement ou moralement, voilà ce que JESUS n’a pas cessé de faire durant sa vie terrestre. Et il nous annonce qu’à son retour dans la gloire, loin d’être accablés, loin de mourir de peur, tous nous pourrons nous redresser, tous nous pourrons relever la tête, afin de l’accueillir, visage découvert, comme des êtres délivrés, définitivement libres.

Ainsi, chers frères et sœurs, aucune secousse, aucun bouleversement de l’univers, aucune fin du monde n’empêchera les disciples de JESUS de relever la tête au Jour de sa venue. Toutefois, il y a un danger plus grand, plus redoutable que les chambardements cosmiques. Il ne fait pas de bruit, celui-là, il ne se laisse pas repérer par de grands signes, il peut s’introduire en nous sans même que nous y fassions attention. Ce danger, qui seul pourrait nous empêcher de relever la tête, c’est tout qui alourdit le cœur, ce qui l’engourdit, ce qui le paralyse, le tétanise. JESUS n’a pas besoin de donner beaucoup d’exemples : il parle de beuverie, d’ivresse, mais chacun peut allonger la liste selon ce qu’il sait de ses propres fragilités, de ses tendances et de ses dépendances. JESUS parle également des « soucis de la vie », qu’il considère comme aussi pesants, aussi abrutissants que les excès de la vie, car, en réalité, les uns comme les autres nous détournent de la vraie vie, celle que JESUS veut nous donner, ils nous ferment l’accès à la Vie qu’il est lui-même en plénitude. De fait, si nous laissons notre cœur s’alourdir et s’endormir, comment pourrons-nous relever la tête lorsqu’il viendra ? Nous serons toujours plus inclinés vers le sol, entraînés vers le bas, couchés à terre et comme pris au piège d’un filet, alors que nous attendions une délivrance.

Ce danger cependant n’est pas une fatalité et JESUS nous donne le moyen d’y échapper, il nous indique l’instrument de grâce qui nous permettra d’alléger, de décharger notre cœur pour le tourner vers le haut, pour l’élever, le libérer. Ce n’est pas une grosse machine au maniement très compliqué, c’est un simple levier qui s’appelle la prière : « Restez éveillés et priez en tout temps. » La tête alors pourra suivre le mouvement du cœur et c’est tout notre corps, c’est tout notre être qui se tiendra debout devant le Fils de l’homme. De nos yeux, nous contemplerons son visage et sa lumière rayonnera sur notre propre visage ; nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu’il est.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 18 Icon_minipostedLun 06 Déc 2021, 10:11 pm




Citation :
Évangile

« Tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 1-6)


Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Un nouveau Jean-Baptiste | Homélie du 5 décembre 2021


Amis en Christ,

Aujourd’hui nous faisons la connaissance de Jean-Baptiste, un des personnages les plus énigmatiques du Nouveau Testament. A la Renaissance, on le représente sous les traits d’un gamin joufflu, blondinet, caressant un agneau : on s’est alors éloigné de ce redoutable ascète vêtu, comme le dit l’Evangile, d’un manteau rugueux en poils de chameau, la ceinture de cuir autour des reins.
Qui est-il cet ermite, à l’accoutrement vaguement hippie et qui hante le désert, se nourrissant de miel sauvage et de grosses sauterelles ? Il ne fréquente pas les petits restaurants où l’on mange bien et pour pas cher. Chez lui, pas de problème de cholestérol, d’obésité et d’infarctus du myocarde !
Mais qui est-il ce prophète, cet homme énergique, inflexible qui est, aux dires de JESUS lui-même, tout le contraire du roseau qui s’incline à droite ou à gauche, au rythme des vents contraires ?
Un illuminé ? Un rêveur ? Un écolo avant l’heure ?
Non, il est le dernier et le plus grand des prophètes, qui d’une voix tonitruante lance un appel qui ébranle les consciences : « le Christ arrive, il faut se préparer à l’accueillir, tracez dans la steppe une chaussée pour lui, convertissez-vous. »
Jean-Baptiste ne vit pas comme les princes, les petits rois et les autorités religieuses de son époque dans un palais, sous les brocards et les chapes dorées, il habite le désert : c’est là où la parole de Dieu pouvait le mieux se faire entendre. Ce désert est en nous, il est synonyme de silence. Pour le trouver, il nous faut descendre dans la « crypte » de notre cœur.


Frères et sœurs, si aujourd’hui sur les réseaux sociaux, on bénéficie de « followers », dans les discothèques de « groupies », dans les stades de « supporters », le Baptiste sait que c’est au désert qu’on suscite des disciples.

Pour inciter ses ouailles au cœur dur et à l’esprit tordu, à préparer la venue du Seigneur, Jean-Baptiste emploie des invectives de contestataire courageux. Il tonne, en usant de toutes les expressions cinglantes des prophètes d’Israël. Tel un bulldozer, son langage réveille comme le tonnerre et secoue comme un tremblement de terre. Il est difficile d’échapper à ses traits enflammés qui déstabilisent les plus robustes monuments de l’hypocrisie. A celles et ceux qui acceptent la conversion, le Baptiste propose un signe de renaissance : une plongée dans les eaux du Jourdain, symbole de la purification du cœur. Leur passé est maintenant englouti dans les profondeurs, ils peuvent désormais réorienter leur vie et signer une nouvelle page de leur histoire.

Frères et sœurs, vivre l’Avent, c’est accepter aujourd’hui de passer par l’ouragan déclenché par Jean au désert. Nous aurons alors la force de consacrer la priorité de notre amour aux préférés de JESUS : les malades et ceux qui, dans nos sociétés, manquent de tout.
Oui, tout près de chez nous, il y a encore tant de morts à réveiller: nous pouvons les soustraire à leur tourment par un geste de partage, nous pouvons les arracher au découragement par un geste d’amour. Elles sont à notre porte et nous attendent, ces personnes dont les yeux sont baignés de désespoir. Je ne peux m’empêcher de penser à cette jeune maman de quatre enfants que j’accompagne en ce moment et qui s’éteint doucement dans mon hôpital.
Aujourd’hui Jean le Baptiste nous invite à devenir prophète à notre tour. Le monde a besoin de témoins, pas de beaux-parleurs. Jean est un passionné de Dieu. Il n’a pas eu peur de dénoncer l’injustice. Il est fidèle à la voix de Dieu, et non aux sites complotistes ou aux « fake news ». Il n’a jamais transigé avec la vérité.

Frère, sœur, ami, le jour de notre baptême le prêtre a prononcé ces paroles: « deviens prêtre, prophète et roi ». Le plus exigeant, mais le plus beau, c’est de devenir prophète. Le prophète parle avant qu’il ne soit trop tard, à l’image de ces personnes qui se mobilisent à Calais pour que soient respectés l’humanité et la dignité des migrants ? Mais ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres.
Alors qu’attends-tu, ami ?
Même si le poète chante : « il a dit la vérité, il sera exécuté », prends ce risque avec moi et sois un nouveau Jean-Baptiste.


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