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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedLun 13 Fév 2012, 9:26 am

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedJeu 04 Mar 2021, 10:09 am




Citation :
Évangile

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)


Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec JESUS.
Pierre alors prend la parole
et dit à JESUS :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci
est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que JESUS seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne,
et JESUS leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

– Acclamons la Parole de Dieu.


La transfiguration | Homélie du 28 février 2021, 2e dimanche de Carême à Woluwe-Saint-Pierre (Belgique


Après le désert des tentations (rappelez-vous l’évangile de dimanche dernier), voici la Montagne de la Transfiguration (Marc, 9, 2 à 10). C’est l’étape lumineuse sur la route qui conduit à Pâques. C’est aussi l’étape capable d’éclairer notre route au cœur des incertitudes et des inquiétudes suscitées par cette pandémie dont on ne voit toujours pas, avec certitude, le bout du tunnel.
Je crois que la crise sanitaire que nous vivons est aussi une crise existentielle. Nos repères sont bousculés et les restrictions imposées finissent par peser sur le moral et sur ce qu’on appelle la santé mentale qui n’est pas sans incidence sur la vie spirituelle et religieuse.
L’évangile de ce 2ième dimanche du Carême nous invite à vivre une expérience de “transfiguration”. Étymologiquement, nous sommes invités à voir au-delà des apparences pour y reconnaître la présence du Christ venue éclairer nos chemins d’humanité. Nous sommes invités à mettre nos pas dans ceux des Apôtres Pierre, Jacques et Jean.

Quelles sont ces étapes ?

1) Ce n’est pas pour rien que l’évangile nous dit que JESUS fut transfiguré sur une haute Montagne. Dans l’évangile – et plus largement dans la Bible – la montagne n’est pas seulement un lieu géographique. Elle est, symboliquement, un lieu de révélation. C’est une façon de nous dire : “quelque chose d’important va se passer”. Il nous fait prendre à la fois du recul (“à l’écart”) et de la hauteur (“sur une haute montagne”).
Le sens de ce que nous vivons ne peut pas se comprendre sans cette attitude intérieure qui nous permet de ne pas en rester au niveau du superficiel qui est souvent le lieu de nos médiocrités. Il s’agit plutôt de faire le chemin où, comme dit un psaume, “amour et vérité se rencontrent ; justice et paix s’embrassent”. Je nous invite à mettre nos vies au diapason de l’amour, de la Vérité, de la justice et de la paix. Ce sont 4 clés qui ouvrent les portes du vrai bonheur.

2) On nous dit (dans l’évangile) que “JESUS fut transfiguré devant eux”. Il apparaît “dans sa gloire”, dit un autre évangéliste. La gloire n’est pas ce que nous en avons fait dans le langage courant. Dans la Bible – et donc aussi dans l’évangile – la gloire “doxa” en grec, c’est ce qui paraît sur nos visages quand ce que nous donnons à voir reflète et traduit ce qui se vit à l’intérieur. C’est cela “la Transfiguration” : c’est voir au-delà des apparences quand il nous est donné de “voir l’invisible”. Rien de moins que cela !
N’en restons donc pas aux apparences car, dit l’Écriture, “Dieu ne juge pas selon les apparences”. Que ce piège nous soit épargné. Combien de souffrances n’ont-elles pas pour origine cette façon de vivre uniquement sur le mode de ce qui est superficiel, factice et sans relief. La Transfiguration nous invite à porter un regard neuf, sur le Christ certes et d’abord, mais aussi sur tous ceux avec qui nous vivons ainsi que sur les événements du monde et de l’Église.

3) C’est alors que Moïse et Elie apparaissent au côté de JESUS. Ce sont deux grandes figures bibliques qui ont marqué l’Histoire du Peuple de Dieu. Leur Histoire s’éclaire par la présence du Christ transfiguré mais c’est le Christ Lui-même qui vient éclairer le chemin qui fut le leur et que la Bible nous relate.
Comme chrétiens, ne faisons jamais l’économie de ce qu’on appelle l’Ancien (ou le Premier) Testament. Leur Histoire est notre Histoire et JESUS Lui-même ne se comprend que comme celui qui vient accomplir ce que tant de prophètes ont annoncé.
Notez que, plus tard, sur une autre montagne qui est celle du Golgotha sur les hauteurs de Jérusalem, JESUS sera crucifié entre deux brigands. C’est le même mystère de l’Amour porté à son accomplissement : la gloire et l’Amour jusqu’à souffrir d’aimer, deux visages inséparables pour révéler qui est le Christ.

4) Dans le récit de la Transfiguration, c’est l’Apôtre Pierre qui prend la parole (JESUS ne dit rien, c’est sa présence qui parle !). Et Pierre dit : “il est heureux que nous soyons ici”. C’est le bonheur à l’état pur au point qu’il ajoutera : “dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie”. Ce n’est évidemment pas du camping dont il s’agit. La tente, c’est celle de la présence que nous traduisons dans nos églises par “tabernacle”.
Rien n’est plus grand que le Mystère de la présence qui se révèle dans la Vérité et dans la communion de l’Amour. C’est ce qu’ont dû expérimenter les Apôtres avec une densité insoupçonnée. Mais ce bonheur n’est pas un privilège qui leur est réservé. Il nous est décrit parce qu’il nous est donné si nous prenons le même chemin qu’eux.

5) Survint alors la nuée avec la voix du Père qui se fait entendre : “Celui-ci est mon Fils bien aimé; écoutez-le”.
° La nuée est, bibliquement, un signe de la présence de Dieu. Il y a la lumière mais ce n’est pas sans un voile qui empêche la clarté totale car, dit l’Écriture, “voir Dieu, c’est mourir”. La nuée, c’est la vision qui permet de garder le cap de l’Espérance. L’horizon n’est pas bouché. On dirait aujourd’hui qu’il y a des perspectives… car demain est possible.
° La “voix” n’est évidemment pas celle que les micros et caméras installés dans cette église Sainte-Alix peuvent capter mais il s’agit de cette voix intérieure venue des profondeurs du cœur. C’est la voix qui s’exprime dans toutes les langues parce qu’elle dit ce que le cœur peut entendre et ce que la foi peut faire comprendre.
Être croyant, c’est être sur la bonne fréquence, la bonne “longueur d’onde” qui permet d’ajuster nos curseurs au diapason de ce que Dieu veut nous dire. Même et surtout en cette période de pandémie.

6) Et puis vient le temps de redescendre dans la plaine. Ce fut, sans doute pour ces Apôtres, une expérience de ce qu’est l’éternité. Non pas l’absence du temps mais la plénitude du temps. La consigne du silence n’a pas pour but de les faire taire. C’est une façon de nous dire que cette “expérience” fut tellement intense que seule la Résurrection du Christ permettra le dévoilement de ce qu’ils ont vraiment vécu… et dont nous sommes aujourd’hui les heureux bénéficiaires.

7) Dieu nous accompagne sur nos chemins de vie. C’est ce qu’Il a fait avec Abraham et son fils Isaac (Genèse, 22, 1-2, 9-13 et 15-18). Dieu dit qu’Il ne veut pas de sacrifices humains. Il n’est pas celui qui se réjouirait de la mort de l’homme. Au contraire “La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant”, dira Saint Irénée.
Je voudrais terminer en vous invitant, comme ce fut dit dans le film d’introduction de cette messe télévisée, à poser notre regard vers ces vitraux de notre église Sainte-Alix dont nous célébrerons le 20ième anniversaire de leur inauguration et de leur bénédiction le 6 mai prochain. L’Évangile du Christ transfiguré nous invite à laisser sa lumière nous rejoindre et nous pénétrer.

Seigneur ; fais de nous des passeurs de lumière.
Comme ces vitraux laissent passer la lumière du soleil sans atténuer sa clarté, donne-nous de laisser Ta lumière envahir nos cœurs.
À chacun(e), tu confies une couleur. Et c’est leur diversité qui fait leur beauté.
À chacun(e), tu donnes un morceau du vitrail car personne ne peut faire l’Unité à lui seul.
Donne-nous de rayonner de cette lumière qui jamais ne s’éteint, car tu en es la source intarissable et belle.

Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 09 Mar 2021, 8:05 am




Citation :
Évangile

« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 13-25)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (Jn 3, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche,
JESUS monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple,
ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu
nous donner
pour agir ainsi ? »
JESUS leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six
ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que JESUS avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque,
beaucoup crurent en son nom,
à la vue des signes qu’il accomplissait.
JESUS, lui, ne se fiait pas à eux,
parce qu’il les connaissait tous
et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ;
lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

– Acclamons la Parole de Dieu.


3e dimanche de Carême | Homélie du 7 mars 2021 à Antony


Le chapitre deux de saint Jean s’ouvre sur les Noces de Cana puis suit directement l’évangile que nous venons d’écouter. La célébration d’un mariage qui ne se termine jamais parce que le bon vin a été laissé jusqu’à la fin, comme pour nous dire : faites attention, si maintenant commence le bon vin, alors attendez-vous à quelque chose de meilleur encore. Puis voilà que JESUS, juste après, monte à Jérusalem, fait un fouet avec des cordes et chasse les marchands de bœufs, de brebis, de colombes et les changeurs. Un contraste étonnant et qui me pousse à me demander : Pourquoi ?

Vous savez comme moi, chers fidèles et téléspectateurs que JESUS a souvent discuté violemment avec les pharisiens, mais jamais il n’est passé à l’acte. Ici, au contraire. Il semble que rien ne l’arrête. Sa colère est à son comble. Seigneur, pourquoi ? les marchands du temple ont toujours existé, tes parents ont dû, eux aussi acheter, deux colombes lors de ta présentation. Alors Seigneur, pourquoi ?

Je crois qu’il y a bien une raison fondamentale. JESUS dit : “Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce”. Les rituels comme l’observance des commandements, les sacrifices, sont le signe d’une relation d’amour avec Dieu et non une façon d’acheter ses faveurs. Dieu n’a donné les commandements à Moïse et au peuple juif qu’après l’avoir fait sortir du pays où il était tenu en esclavage et ses commandements sont autant le signe de l’amour de Dieu pour son peuple que l’engagement de ce même peuple à aimer Dieu et son prochain comme il a été lui-même aimé de Dieu.

Faire de la maison de Dieu une maison de commerce, c’est faire violence à Dieu lui-même. Traiter Dieu en commerçant qui attend nos sacrifices et nos souffrances pour nous sauver et nous libérer, c’est lui faire violence. Réduire Dieu à une série de commandements, c’est lui faire violence. Croire que Dieu compte nos actions bonnes ou mauvaises pour nous ouvrir les portes du paradis ou sinon nous envoyer en enfer, c’est aussi lui faire violence.

JESUS dénonce les fausses images que nous nous faisons de Dieu son Père et donc de notre relation avec lui. La maison de Dieu est une maison de prière, d’accueil et de don réciproques. C’est là où les amants, Dieu et moi, Dieu et nous, nous rencontrons dans la tendresse de l’amour et la communion. En Dieu, tout est amour et communion. Il ne peut y avoir du commerce. Peut-être est-ce là la raison qui a poussé saint Jean à nous raconter cet épisode de la vie de JESUS juste après les noces de Cana.

Une autre raison pour la colère de JESUS est que la relation entre nous dépend fortement de notre regard sur Dieu. Si je pense que Dieu est un commerçant, j’agirais en commerçant avec les autres mais si je crois que Dieu est communion, alors je chercherais à vivre l’amour et la communion avec tous au-delà des frontières quelles qu’elles soient.

JESUS nous invite donc, en ce troisième dimanche de Carême, à purifier notre regard sur Dieu et à vivre nos relations avec les autres aux dimensions de l’amour de Dieu pour nous. Dimanche prochain, nous écouterons encore une fois saint Jean. Il nous dira : “Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui… obtienne la vie éternelle” (Jn 3, 16).

Chers amis, merci de m’accueillir et la communauté libanaise en pèlerins dans vos lieux de vie à travers vos postes de télévision. Le Liban vit dans la violence depuis beaucoup trop d’années. Dans sa lettre aux libanais à l’occasion de Noël, le pape François nous a écrit : “Comme le cèdre, puisez aux profondeurs de vos racines du vivre ensemble pour redevenir un peuple solidaire… puissiez-vous tirer profit des contingences du moment présent pour redécouvrir votre identité, celle qui consiste à porter au monde entier le parfum du respect, de la cohabitation et du pluralisme… ; l’identité d’un peuple qui n’abandonne pas le rêve de ceux qui ont cru en l’avenir d’un pays beau et prospère”.

Respect, vivre-ensemble, pluralisme, c’est l’identité et la vocation du Liban. Personne, ni aucun pays, ne peut survivre à la défiguration de son identité et donc de sa vérité.

Que ce temps de carême soit pour nous un temps de redécouverte de la vérité de Dieu et de la nôtre. Car, c’est de la rencontre de nos vérités que jaillira la résurrection.

Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 16 Mar 2021, 8:20 am




Citation :
Évangile

« Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 14-21)


Gloire et louange à toi, Seigneur JESUS !
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire et louange à toi, Seigneur JESUS ! (Jn 3, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là, JESUS disait à Nicodème :
« De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Car Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


La confiance est la manière dont Dieu prend soin de nous | Homélie du 14 mars 2021, 4e dimanche de Carême à Calais


A l’heure qu’il est, les jardiniers les plus passionnés d’entre nous ont déjà bien commencé les premiers semis. Et pour faire des semis, mine de rien, il faut sacrément avoir confiance en l’avenir, il y a tellement de facteurs qui interviennent : le soleil, la pluie, les altises, le mildiou et j’en passe… Les agriculteurs aussi, ils sont en train de semer les orges et les betteraves. Avec le printemps et ses bourgeons vert tendre, la vie arrive : pied de nez à la Covid, à la crise écologique, à l’endettement du pays… la vie arrive.

Mais quel rapport entre la confiance des jardiniers et l’Évangile qu’on vient d’entendre ?

Il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Croire, ce n’est dire « je sais » ou « je connais » : il n’y a aucune certitude dans le fait de croire, aucune preuve possible, aucune assurance. Croire, étymologiquement – pisteuo en grec, c’est justement placer sa confiance en quelque chose ou en quelqu’un. On pourrait du coup tenter une autre traduction sans trahir le texte originel : « il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que tout homme qui lui fait confiance ait la vie éternelle ».

Excusez-moi du peu de la promesse : la vie éternelle, carrément, allons-y. L’attribut « éternel » chez Jean (aiônos en grec) qualifie Dieu et l’éternité bien sûr. Mais pas seulement ! Il désigne aussi tout ce à quoi il nous invite : la joie et la paix, pour toujours et à partir de maintenant. JESUS le dit même clairement un peu plus loin dans l’Évangile de Saint Jean : Je vous dis tout cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite Jn 15, 11, et un peu loin encore La paix soit avec vous Jn 20, 19.

« Il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que tout homme qui lui fait confiance ait la joie et la paix ». Et là, Saint Jean parle bien de tout homme.

Peu importe d’avoir une histoire cabossée, peu importe d’être jeune et avoir des choix à faire ou d’être plus âgé et se demander si on a fait les bons choix. Peu importe d’être marié ou non, migrant ou non, noir ou blanc, peu importe nos tempéraments plus ou moins merdiques. Peu importe tout ça : « tout homme qui lui fait confiance a la joie et la paix ».

Parce qu’avec Dieu, ce n’est pas de l’ordre du mérite, ce n’est pas du donnant-donnant, ce n’est pas « si on lui fait confiance, alors on obtiendra la joie et la paix ». Dieu a tellement aimé le monde… qu’il a déjà tout donné, même son Fils. Dans l’Évangile d’ailleurs, cet amour-là déborde de partout, dans toutes les paraboles du Royaume : avec le père qui retrouve son fils prodigue, avec le roi qui prépare le mariage de son fils en allant chercher du monde sur toutes les routes possibles… jusqu’à la fameuse pêche, à foison, qui fait craquer les filets. Dieu a tout donné, il n’a plus rien sous le coude, plus rien sous la pédale. Tout est là, sous nos yeux.

Alors oui, « il faut ». Il faut que ce don, cette croix, soit élevée à hauteur d’Homme pour que nous puissions la voir. Pour les chrétiens, la croix n’est pas le symbole du supplice, c’est le symbole de cet amour débordant.

Dieu a tellement aimé le monde…

« Il faut que l’amour débordant de Dieu soit élevée devant notre regard afin que tout homme qui lui fait confiance ait la joie et la paix ».

Il le faut parce qu’il y a tellement d’évènements dans nos vies qui sollicitent notre confiance en l’avenir et en Dieu, juste pour trouver ou retrouver la joie et la paix.

Dieu a tellement aimé le monde…

Notre confiance, c’est la manière que Dieu a de prendre soin de nous. C’est sa manière de nous prendre la main, de nous garder debout. De nous relever. De nous ressusciter.

Mais si souvent, comment faire pour avoir confiance, en vrai ? Comment faire pour avoir confiance quand sur le chemin quelque chose ou quelqu’un nous a massacré, par tragédie ou par abus ? Comment faire ? Je ne sais pas. Je sais juste que nous sommes ensemble pour chercher, comme des frères et des sœurs.

Dieu a tellement aimé le monde…

Et nous sommes les relais de cet amour débordant de Dieu pour tout homme. Sans vouloir omettre toutes les questions qui doivent s’imposer à vous, vous êtes, vous les membres de la communauté de Calais, des témoins de cet amour qui redonne confiance à tant d’hommes et de femmes déracinés de chez eux. Vous êtes pour nous tous des témoins de cet amour qui permet à tant d’hommes et de femmes de rester debout. Merci à chacune, à chacun !

Dieu a tellement aimé le monde… qu’il fait encore de nous ce matin, ici ou devant la télé (semis d’orges), les graines de son amour débordant afin qu’avec nous, tout homme, toute femme, puisse lui faire confiance et qu’il ait ainsi la joie et la paix.

Pour la plus grande gloire de Dieu, c’est-à-dire notre plus grande joie, notre paix.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 24 Mar 2021, 7:55 am





Citation :
Évangile

« Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 20-33)


Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive,
dit le Seigneur ;
et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur.
Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi. (Jn 12, 26)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir JESUS. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à JESUS.
Alors JESUS leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée.
Que vais-je dire ?
“Père, sauve-moi
de cette heure” ?
– Mais non ! C’est pour cela
que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait :
« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là
disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
« C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais JESUS leur répondit :
« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,
mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;
maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Voir JESUS, un chemin d’espérance | Homélie du 21 mars 2021, 5e dimanche de Carême à Sospel


Pourquoi sommes-nous là devant nos écrans ou en cette église ce matin de dimanche, jour de la Résurrection ? Les raisons sont multiples et les situations des uns et des autres bien diverses :
– Pour casser une solitude ecclésiale et rejoindre des frères et sœurs et par les ondes « faire Eglise » ;
– Parce que la messe est ce rendez-vous hebdomadaire nourricier pour la vie spirituelle. Il donne force et sens à une vie parfois difficile par la maladie, l’éloignement, la solitude.
Mais je suis sûr que beaucoup pourraient dire : « Je veux voir JESUS », il est important que je le rencontre.
Vous n’aurez sûrement pas d’apparition… pas plus que moi-même. Mais évidemment, JESUS, nous le voyons parce qu’ensemble nous sommes son Corps. Nous sommes Corps du Christ rassemblé, signe de sa présence vivante.
Le Ressuscité se donne à voir, à rencontrer à travers ce peuple de baptisés, confirmés, qui dans la diversité des situations de vie, témoigne de lui chaque jour et le porte vivant. Il est ainsi bien présent au cœur de la réalité de notre monde, de notre société : dans les familles, les lieux de travail, lieux associatifs si vivants dans les villages, en milieu scolaire, dans les engagements de la vie politique.
C’est ce regard de foi qui donne sens à la réalité du Corps du Christ bien vivant.
« Je le vois. »
Il est avec nous jusqu’à la fin des temps sur les routes de la vie des hommes, nos routes humaines bien concrètes.

« Le voir » : L’Evangile nous le montre parmi la foule… Il est là où la tempête fait rage… Il est sur les routes de Palestine. Le voir, c’est prendre le chemin de l’Evangile avec ces hommes, les grecs pèlerins au Temple de Jérusalem.
Ils s’adressent à l’un des apôtres : Philippe. Après son appel, c’est lui qui va trouver Nathanaël : « Viens et vois, nous avons trouvé Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et les Prophètes, c’est JESUS de Nazareth… »
Là, Philippe va rejoindre André et ensemble, ils se rendent auprès de JESUS.
Voir JESUS : c’est toujours proposer une rencontre, conduits les uns par les autres. Le chemin des catéchumènes illustre cela. Et la rencontre de JESUS suscite toujours des déplacements au cœur des vies dans lesquels ce désir nait. Voir JESUS change toujours la vie.
A la messe, nous sommes statiques… surtout en ces temps si particuliers !
L’Evangile est mouvement, mise en mouvement, JESUS n’est pas statique.
Le rencontrer, le voir, c’est être appelé à le suivre… prendre la route avec Lui…
Le voir, ce n’est pas aller au spectacle ou voir s’agiter un homme politique.
C’est se mettre à son école pour adorer Dieu « en esprit et en vérité » et pour faire « comme il a fait pour nous ». Il nous lance dans le service. Il a lavé les pieds de ses disciples, il me lave les pieds.
Il se met à genoux devant moi pour me donner d’être debout devant son Père et à mon tour, en service, pour que vive ce monde selon le cœur de Dieu.
Suivre JESUS, c’est, comme lui, être le grain de blé tombé en terre.
Chacun de nous, enfoui dans notre environnement quel qu’il soit, nous sommes appelés à porter fruit d’Evangile. Ainsi s’approche le Royaume de Dieu et il s’inscrit là où nous vivons.
C’est cela glorifier Dieu à la suite de Celui qui a été élevé de terre et qui nous attire.
La gloire de Dieu, c’est être pour lui des vivants, vivre de sa vie par JESUS, avec JESUS, en JESUS et en porter les fruits. C’est évidemment faire vivre : ce fut la mission de JESUS, c’est la nôtre.
C’est notre gloire d’être ces visages vivants du Christ JESUS, visage du Père.
JESUS, par le don de sa Parole et de par son Pain, façonne son corps et lui donne visage de Lumière, de Paix, d’Amour et d’Espérance, c’est le visage de la proximité de Dieu. A nous de lui en donner les traits.
Ce visage, ici, des communautés chrétiennes l’ont porté dans les jours difficiles de la Tempête Alex et elles le portent encore.
En cette terre malmenée et meurtrie : villages défigurés, cimetières emportés, cœurs et vies déchirés, victimes non retrouvées, nous témoignons de tant d’attitudes de solidarité, d’engagements pour le service de tous, de moments de prière, de partage, pour dire l’Espérance enfouie, le désir de vivre envers et contre tout. Témoigner de la tendresse de Dieu, c’est toujours concret.
Ainsi, JESUS, prit sur lui la souffrance, osa le cri de désespoir : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? », passe par la mort. Beaucoup portent ainsi ces situations….
Mais passer par la Croix ouvre sur un matin de Pâques.
JESUS attendait Marie-Madeleine, debout, hors du Tombeau, la mort vaincue.
Présent et vivant, Il attend sur le bord de nos rivières, au cœur de nos villages, avec et par nous.
Il apaise la tempête des cœurs, les colères, les incompréhensions et les impuissances.
Des nuits, il y en aura encore…
Mais se tisse un chemin d’Espérance.
La solidarité de tous, sous toutes ces formes, est déjà une résurrection.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 31 Mar 2021, 9:28 am



Citation :
Évangile

Passion de notre Seigneur JESUS Christ (Mc 15, 1-39)

La Passion de notre Seigneur JESUS Christ selon saint Marc


L. Dès le matin,
les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes,
et tout le Conseil suprême.
Puis, après avoir ligoté JESUS,
ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
Celui-ci l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
JESUS répondit :
X « C’est toi-même qui le dis. »
L. Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.
Pilate lui demanda à nouveau :
A. « Tu ne réponds rien ?
Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »
L. Mais JESUS ne répondit plus rien,
si bien que Pilate fut étonné.
À chaque fête,
il leur relâchait un prisonnier,
celui qu’ils demandaient.
Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas,
arrêté avec des émeutiers
pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.
La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander
ce qu’il leur accordait d’habitude.
Pilate leur répondit :
A. « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
L. Il se rendait bien compte
que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
Ces derniers soulevèrent la foule
pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.
Et comme Pilate reprenait :
A. « Que voulez-vous donc que je fasse de celui
que vous appelez le roi des Juifs ? »,
L. de nouveau ils crièrent :
F. « Crucifie-le ! »
L. Pilate leur disait :
A. « Qu’a-t-il donc fait de mal ? »
L. Mais ils crièrent encore plus fort :
F. « Crucifie-le ! »
L. Pilate, voulant contenter la foule,
relâcha Barabbas
et, après avoir fait flageller JESUS,
il le livra pour qu’il soit crucifié.

Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais,
c’est-à-dire dans le Prétoire.
Alors ils rassemblent toute la garde,
ils le revêtent de pourpre,
et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée.
Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant :
F. « Salut, roi des Juifs ! »
L. Ils lui frappaient la tête avec un roseau,
crachaient sur lui,
et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.
Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau de pourpre,
et lui remirent ses vêtements.

Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier,
et ils réquisitionnent, pour porter sa croix,
un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus,
qui revenait des champs.
Et ils amènent JESUS au lieu dit Golgotha,
ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).
Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ;
mais il n’en prit pas.
Alors ils le crucifient,
puis se partagent ses vêtements,
en tirant au sort pour savoir la part de chacun.
C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin)
lorsqu’on le crucifia.
L’inscription indiquant le motif de sa condamnation
portait ces mots :
« Le roi des Juifs ».
Avec lui ils crucifient deux bandits,
l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; ils disaient :
F. « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »
L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes,
en disant entre eux :
A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ;
alors nous verrons et nous croirons. »
L. Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
Et à la neuvième heure,
JESUS cria d’une voix forte :
X « Éloï, Éloï, lema sabactani ? »,
L. ce qui se traduit :
X « Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ? »
L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! »
L. L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée,
il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire,
en disant :
A. « Attendez ! Nous verrons bien
si Élie vient le descendre de là ! »
L. Mais JESUS, poussant un grand cri,
expira.


(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas.
Le centurion qui était là en face de JESUS,
voyant comment il avait expiré, déclara :
A. « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Le Samaritain de Dieu | Homélie du 28 mars 2021, messe du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur à Brive-la-Gaillarde


Hé les amis ! Il faut que je vous raconte…
Ce qui vient de m’arriver est complètement fou ! Je rentrais des champs, épuisé, c’était à l’heure de midi, lorsque le soleil tape le plus fort. J’entendais au loin un brouhaha inhabituel, curieux je me suis approché pour voir.
Je vis un homme, encadré de soldats romains ; il portait une croix sur le dos. Soudain sans m’attendre à rien, j’étais projeté à ses côtés : « donne-lui un coup de main », vociférait un des soldats. Me voici mêlé au destin de ce condamné. J’ai fait de mon mieux, je n’avais pas le choix. La croix l’écrasait, il titubait sous le fardeau, broyé par la charge trop lourde. J’ai essayé de prendre ma part, de coordonner mes pas aux siens, avançant au même rythme que lui. Cette croix était souillée de sang et de transpiration, je l’avoue, cela me répugnait. Je sentais sa respiration, je le voyais souffrir et l’entendais gémir. Mais plus j’avançais sur ce chemin de calvaire, plus j’avais l’intuition que ce condamné n’était pas un condamné comme les autres : pas une parole, mais l’échange de nos regards se passait de mots. Cet homme souffrant et muet a bouleversé mon cœur. Arrivé au lieu de la crucifixion, les soldats m’ont chassé, mais j’observais de loin. Cette rencontre m’a marqué à tout jamais. J’en pleure et j’en tremble encore. Plus tard j’apprenais que cet homme était JESUS de Nazareth, le Christ, le fils de Dieu, qui a donné sa vie par amour pour les hommes.
Frères et sœurs, vous avez reconnu dans cet homme Simon de Cyrène.
On ne sait que peu de choses de lui. Ce qui est frappant, c’est d’abord son anonymat. Tout juste, sait-on qu’il était originaire de Cyrène en Afrique du Nord. De nos jours on dirait que c’est un immigré, un maghrébin !
L’évangéliste Marc prend même le soin de préciser qu’il était père de deux garçons : Rufus, prénom romain, et Alexandre, prénom grec : joli clin d’œil à l’universalité de la fraternité.
Ce qui est aussi impressionnant chez Simon de Cyrène, c’est la place privilégiée qu’il a prise dans le mystère de la passion du Christ. Et quelle place !
Il a reçu involontairement l’immense honneur de porter la croix du Seigneur. JESUS a humblement accepté de ne pas pouvoir la porter seul. Dieu a besoin de l’homme et Simon devient son instrument.

Les apôtres qui étaient assidus à l’enseignement de JESUS sont absents. Judas est allé se pendre, l’autre Simon pleure son reniement et Jean suit les événements à distance. Simon de Cyrène est ainsi devenu le premier disciple de JESUS qui avait dit : « celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».
En aidant JESUS à porter sa croix Simon de Cyrène devient le symbole de l’universelle compassion. Il a ainsi contribué, au prix de sa propre souffrance, à la tâche de celui qui a racheté tous les hommes.
Dommage qu’il n’ait jamais eu sa place dans le calendrier des saints. Lui qui a été le partenaire du plus bouleversant événement de l’histoire est tombé dans l’oubli.

Frères et sœurs,
Des Simon de Cyrène il y en a beaucoup parmi vous, des gens simples, sans histoire, les « saints du voisinage ». Ils passent leur temps à relever le frère. N’est-ce pas cela, porter la croix de l’autre ? N’est-ce pas cela donner la vie quand tout se meurt ?
Pensons simplement à ces merveilleux gestes de solidarité et de fraternité accomplis, lors du premier confinement, par celles et ceux que nous considérions comme non-essentiels : la boulangère, la caissière, l’éboueur… Chacun portait sa croix pour le bien de tous, elle devenait ainsi un peu plus supportable.

Chers amis,
JESUS continue à être crucifié dans le monde tant que des frères et sœurs sont méprisés et outragés dans leur dignité humaine, tant que l’homme connaît souffrance, solitude et angoisse… Ces croix sont encore trop nombreuses !
Qu’attends-tu frère, ami, pour les alléger et rêver ensemble le « désir universel d’humanité » comme nous y invite François. Alors, à l’image de Simon de Cyrène, en relevant ton frère, tu seras le « Samaritain de Dieu ».



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 07 Avr 2021, 8:18 am




Citation :
Évangile

« Reste avec nous car le soir approche » (Lc 24, 13-35)


Alléluia. Alléluia.
Notre Pâque immolée, c’est le Christ !
Célébrons la Fête dans le Seigneur !
Alléluia. (cf. 1 Co 5, 7b-8a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
JESUS lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empéchés de le reconnaître.
JESUS leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à JESUS de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
JESUS fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Le premier-né d’entre les morts | Homélie de la messe de Pâques, dimanche 4 avril 2021 à Paris


Quand nous regardons JESUS… Quand nous regardons JESUS ressuscité, c’est parfois comme si nous ne le voyions pas.

Je veux dire que nous avons du mal à le voir, même nous, les croyants. Durant sa vie terrestre, les miracles nous éblouissent, et sa résurrection nous éblouit plus encore. Il nous paraît lointain, il nous paraît presque étranger à ce que nous sommes. Nous qui le suivons comme nous le pouvons, avec notre intelligence qui est limitée, avec notre cœur qui est hésitant, avec notre pauvre corps qui est, nos masques nous le rappellent à chaque instant, si fragile.

Et quand nous le prions, il y a parfois une sorte de distance inavouée. Comme un : « Tu ne peux pas comprendre ». Tu ne peux pas comprendre ce que c’est que d’être un homme, une femme. D’être dans ce corps. D’avoir peur, d’avoir faim, d’être frustré, d’être tenté, et encore de rire, d’aimer, de frémir de fièvre, de peser enfin, de peser de tout ton poids d’homme.

Eh bien ! Si, répond JESUS. Je le sais. Je suis un homme. Je suis né, j’ai grandi. Dans mon corps. J’ai appris à marcher et à parler et à courir et à lire. J’ai eu huit ans, j’ai eu quinze ans. J’ai eu mon premier duvet d’adolescent et ma barbe d’adulte. J’ai eu sommeil et j’ai eu soif et j’ai été inquiet de trouver de quoi manger. J’ai senti la chaleur du jour sur ma nuque. J’ai avancé, comme tout homme, dans l’incertitude des jours. Et j’ai craint de souffrir. Je suis un devenu un homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger.

Oui, c’est un homme qu’ont connu les disciples, Pierre le premier, un homme qu’ont aimé ses amis. Avec sa voix, avec son regard.

Et c’est un homme qu’ils ont perdu quand JESUS est mort et quand ils ont porté le poids de son corps dans le tombeau.

Et c’est un homme qui est ressuscité.

Je veux dire que JESUS ressuscité respire. Imaginez, dans la nuit du tombeau, sa première inspiration. L’instant où il a ouvert les yeux.

Imaginez que vous soyez Marie-Madeleine, Pierre, Jean, l’un des disciples. Il apparaît au cénacle. Sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration. Ses yeux, son regard brun ou noir de fils d’Israël, est posé sur vous. Brillant de toute son énigme, de l’énigme de tout regard humain.

C’est ce que dira Pierre dans sa première annonce au Temple : nous l’avons vu, nous l’avons touché, « nous avons bu et mangé avec lui ». Cet homme que nous avions aimé, son corps, son regard et sa voix, nous les avons retrouvés. Et pour la première fois, il nous a dépassés.

Car, d’une certaine façon, Dieu, en se faisant homme, était en retard sur nous. Avant lui, des milliers, des millions d’hommes et de femmes étaient nés, avaient vécu, souffert et ri. Il a pris le chemin, il l’a tracé après tant d’autres. Cette expérience d’être hommes et femmes, nous l’avions faite avant lui. Mais l’expérience de traverser la mort et de rouvrir les yeux à l’aube de Pâques, il est le premier à l’avoir faite.

Le premier d’entre nous. Le frère cadet est devenu le frère aîné, l’aîné de ceux qui vont se relever d’entre les morts, avec leur mains, leurs bras, leurs épaules, leur corps, leur cœur. Le premier-né d’entre les morts, l’aîné de tout le peuple des ressuscités.

Voilà ce qui est donné à voir au matin de Pâques ; voilà ce que, leur éblouissement passé, les saintes femmes et les disciples ont vu. L’humanité de JESUS, toute l’humanité de JESUS, sa chair et son sang, vivants. Ce Dieu qui respire, ce Dieu qui se laisse toucher, ce Dieu qui vit de notre vie.

Et son regard posé sur nous, et sa voix qui dit encore une fois, sa voix de frère aîné, de même chair et de même sang que nous, qui dit encore une fois : viens, suis-moi, je t’emmène vers notre Père, je t’emmène vers la vie éternelle.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 14 Avr 2021, 9:08 am



Citation :
Évangile

« Huit jours plus tard, JESUS vient » (Jn 20, 19-31)


Alléluia. Alléluia.
Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois,
dit le Seigneur.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu !
Alléluia. (Jn 20, 29)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

C’était après la mort de JESUS.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
JESUS vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
JESUS leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand JESUS était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
JESUS vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
JESUS lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que JESUS a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que JESUS est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Il fallait oser | Messe du 11 avril 2021 à Angers – 2e dimanche de Pâques


Evidemment on se demande tous où était parti Thomas, la première fois que JESUS apparut dans la pièce verrouillée avec les disciples. J’ai ma petite théorie à moi. J’ai toujours pensé que Thomas était parti faire les courses. Eh bien oui, enfermés comme ça dans leur pièce, les disciples devaient tout de même bien manger, il fallait donc qu’il y en ait un en charge du ravitaillement. Ça montre que Thomas était serviable. Mais ça montre surtout qu’il n’avait pas peur, contrairement aux autres. Eux, la peur semble leur coller à la peau. Parce que même après la première apparition de JESUS, ils restent enfermés. Pas sûr qu’ils aient complètement intégré le message du Christ qui leur demande de sortir pour remettre les péchés du monde. D’ailleurs, on nous dit que les disciples étaient tout joyeux lors du premier passage de JESUS, mais enfin on ne les entend pas beaucoup. Ils ne posent pas de question, ils ne font même pas un geste. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’était de la joie retenue. Ils auraient pu inviter JESUS à prendre un verre, ou même le faire attendre que Thomas revienne, mais non.

Thomas, lui, c’est le type le plus pratique de la bande – puisqu’il fait les courses – il a les deux pieds sur terre, et il n’a pas l’air convaincu par le récit de ses compagnons. Peut-être justement parce que, malgré ce qu’ils disent, ils n’ont pas l’air vraiment changé après cette première rencontre avec le ressuscité. Peut-être que leur comportement ne colle pas vraiment avec ce qu’ils racontent. Si vous aviez vraiment vu JESUS, pourquoi rester là, coincés entre quatre murs ?

Mais JESUS ne se laisse pas démonter. Il aime les défis. Il accepte celui de Thomas. Peut-être moins pour Thomas, d’ailleurs, que pour ses compagnons. Thomas, c’est le genre de disciple que JESUS aime bien. Parce que lui au moins, il ose aller au fond du problème. Il veut du concret, de la chair et pas que des mots. Et puis il veut parler directement, franchement avec JESUS, sans filtre. Pour tirer au clair tout cela.

Il ose donc, aller où ça fait mal. Ses mains dans les plaies du Christ. Il ose poser les questions qui fâchent. Il n’est pas gêné par les blessures, Thomas. Il veut juste comprendre. Ça doit arranger les autres, d’avoir ce compagnon un peu frondeur. Comme dans une classe, quand personne n’ose poser de question, et qu’il y en a un finalement qui se dévoue, plus téméraire que les autres. C’est peut-être un soulagement pour les disciples de voir la main de Thomas palper les plaies du Christ. De le voir discuter avec JESUS. Finalement, Thomas finit par croire à fond, pour tous ceux qui ne croyaient qu’à moitié.

Et d’où lui vient sa conviction ? Des blessures du Christ. De ce qu’il y a plus douloureux, en somme. Les traces de la haine que les hommes vouaient à JESUS. Des marques d’un corps rendu vulnérable aux clous et aux crachats. Bref, c’est le Christ faible, le Christ blessé, le Christ fragile qui donne à Thomas sa force. Et quelle force. Parce que Thomas comprend que si le Christ ose lui montrer sa propre faiblesse, les coups reçus, l’épreuve endurée, alors lui aussi peut faire de même. Et Thomas n’a plus peur d’avouer au Seigneur que, tout simplement, il ne croyait pas assez.

Quelle grande leçon. Qui n’a pas reçu dans sa vie, par sa faute, ou bien non, des blessures, dans sa chair ou dans son cœur. Qui n’est pas, ici, fragile ? On peut, longtemps, faire semblant d’ignorer ces histoires brisées dont nos corps et nos cœurs portent souvent la trace. On peut feindre la perfection et taire ses doutes. Mais l’on risque ce faisant de passer Pâques enfermé avec les disciples, coincé par l’image que l’on voudrait donner, prisonnier d’une perfection idéale à laquelle plus personne ne croit, ni nous, ni Dieu, ni les autres. Mais franchement, moi je n’en peux plus d’être enfermé.

Alors aujourd’hui JESUS nous demande, à chacun : « Tu voudrais cacher tes blessures alors que je te montre les miennes ? Tu as honte de ta faiblesse alors que j’exhibe la mienne ? » Pâques n’efface pas nos blessures, mais Pâques les transfigure. Pour que des lieux les plus morts en nous puisse jaillir la vie. Tellement de vie qu’elle sera contagieuse.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 20 Avr 2021, 8:21 am



Citation :
Évangile

« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour » (Lc 24, 35-48)


Alléluia. Alléluia.
Seigneur JESUS, ouvre-nous les Écritures !
Que notre cœur devienne brûlant
tandis que tu nous parles.
Alléluia. (cf. Lc 24, 32)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les disciples qui rentraient d’Emmaüs
racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore,
lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit.
JESUS leur dit :
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
Touchez-moi, regardez :
un esprit n’a pas de chair ni d’os
comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
et restaient saisis d’étonnement.
JESUS leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara :
« Voici les paroles que je vous ai dites
quand j’étais encore avec vous :
“Il faut que s’accomplisse
tout ce qui a été écrit à mon sujet
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit :
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés, à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Messe du 18 avril 2021 à Charleroi – 3e dimanche de Pâques


Serions-nous moins intelligents qu’avant ?
Figurez-vous que de plus en plus de personnes se risquent à répondre positivement à cette question! Comme argument, ils soutiennent que notre quotient intellectuel aurait commencé à décliner ces dernières décennies; que l’esprit critique régresse ; que notre langage s’appauvrit, que le système éducatif se dégrade et j’en passe…

Bien souvent, nous n’utilisons pour mesurer l’intelligence qu’une de ses dimensions : la raison. Or, l’être humain est complexe et nos intelligences sont plurielles : intelligence rationnelle, intelligence émotionnelle, intelligence spirituelle.
Et chacune d’entre elles ne demande qu’à grandir.

Malheureusement, dans notre monde de la performance, nous réduisons trop souvent l’intelligence d’un être à ses seules capacités intellectuelles, ou à l’acquisition de compétences…
Or, n’avons-nous pas déjà rencontré des personnes lumineuses —mais sans aucune formation— qui par un seul mot nous montrent qu’elles ont tout compris ? Ne connaissons nous pas aussi des esprits brillants, mais à l’intelligence émotionnelle si faible…

Oui, nos intelligences sont multiples. Aujourd’hui, la parole du ressuscité nous invite à les conjuguer, à les mettre ensemble.
Il ouvre notre cœur à l’intelligence des écritures et à la ‘compréhension de nos intelligences’ ! Il nous aide à lire autrement la trame de notre vie et à décliner notre raison, nos émotions et notre foi… Autrement dit, il nous invite à « une sagesse du cœur », qui parfait nos trois formes d’intelligence. Pour bien le comprendre, reprenons le fil de l’évangile de ce jour, et les trois questions que le Ressuscité nous pose dans le récit…

« Pourquoi ces pensées dans votre cœur ? » leur dit le Ressuscité. Les disciples de retour d’Emmaüs essayent de comprendre mais leur raison est obscurcie. Elle ne suffit pas à apaiser leurs cœurs. C’est comme si leur intelligence rationnelle —leur pensée— était bloquée et tournait en rond. Nous le savons, notre raison ne suffit pas toujours à comprendre les événements de notre vie.

Le Ressuscité vient alors avec une deuxième question. « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? » Les disciples au retour d’Emmaüs sont submergés par la tristesse, la crainte… Le Ressuscité interroge maintenant non seulement leurs pensées mais aussi leurs émotions.

Quant à nous, ne faut-il pas, chaque jour, s’asseoir à la table de nos émotions, sans les fuir ou les enfuir ? Écouter nos colères, apprivoiser nos peurs, parler à la part triste en nous. Car bien souvent, nous « agissons dans l’ignorance » de nos émotions, lorsque, par exemple, proche nous adresse une parole juste mais que nos émotions prennent le dessus ? Ne serions-nous pas plus en paix intérieurement, si nous arrivions plus souvent à dire à temps et aux bonnes personnes, et dans la bonne mesure toutes nos colères, nos peurs, nos frustrations, ce qui nous bouleverse ? Mettre des mots sur ce qui nous émeut.

La sagesse du cœur conjugue donc raison et émotion. Mais « dans leur joie, les disciples n’osaient toujours pas y croire ». Autrement dit, même la plus belle des émotions —la joie— empêche encore ceux-ci de croire ! C’est comme s’il manquait une dimension supplémentaire pour éclairer les événements qu’ils traversent… Dans le récit, les disciples passent enfin par une nouvelle étape. Comment ? Le Ressuscité ouvre leur cœur. Il les interroge sur le sens des choses et les invite à l’intelligence de la foi.

« Avez-vous quelque chose à manger ? ». Comme pour nous dire : qu’avez-vous qui nourrit réellement, qu’avez-vous à offrir qui restaure l’humain, qui l’aide à avancer, qui le construit, qui lui procure la joie de croire, qui donne du sens ?

Par trois questions toutes simples, le Ressuscité nous offre une cette sagesse du cœur qui conjugue les trois harmoniques de notre intelligence : raison, émotion, et foi. Si nous privilégions souvent l’une ou l’autre forme d’intelligence, n’est-il pas urgent de redécouvrir un réel équilibre en nous, à la lumière de l’évangile, afin de mieux nous comprendre, de relire notre histoire personnelle ?

C’est dans cet équilibre que nous pourrons apporter une compréhension —rationnelle, émotionnelle et spirituelle— à notre monde qui en a tant besoin… Aujourd’hui, cette sagesse du cœur nous dit, te dit :

Si ton passé te semble bien lourd à porter…

Ouvre ta raison et relis ton histoire à la lumière de l’évangile.
Tu y découvriras que l’échec peut être traversé.
Tu y verras des raisons nouvelles de croire.

Si ton présent te semble vide et sans relief, sans goût.
Si ton travail, ton couple ou ta vie stagnent.

Écoute tes émotions et relis ton quotidien à la lumière de l’évangile. Tu y trouveras des raisons nouvelles à aimer.

Si ton futur te semble enfin sans perspective.

Écoute ta quête de sens et lis ton quotidien à la lumière de l’évangile. Ensuite, ouvre ton cœur à l’intelligence de l’écriture de ta vie. Et dans la foi et la prière, tu y découvriras des raisons nouvelles d’espérer. Et tu entendras une voix —au plus intime de ton cœur— te dire : « La paix soit avec toi »

A toi, maintenant, d’en être le témoin !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 27 Avr 2021, 8:34 am



Citation :
Évangile

« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11-18)


Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



JESUS le vrai Pasteur | Messe du 25 avril 2021 à Landévennec – 4e dimanche de Pâques


Chers frères et sœurs, l’amour est un mystère de présence. Nous en faisons tous l’expérience, aimer c’est d’abord être là auprès de ceux qui nous sont chers tout particulièrement dans les moments de joie et plus encore dans les moments d’épreuves. Et l’on peut dire que la pandémie que nous traversons depuis plus d’un an maintenant nous a fait toucher cela de manière très sensible et parfois même de façon douloureuse quand nous n’avons pas eu la possibilité d’accompagner un proche en fin de vie.

Or la Révélation chrétienne, nous met justement en présence d’un Dieu qui se fait proche. En JESUS de Nazareth, il se fait même l’un de nous ! Il vient mêler ses pas aux nôtres pour faire route avec nous sur le chemin de la vie et nous révéler la beauté d’une existence tournée vers Dieu, source de tout amour.

C’est précisément ce mystère de proximité et de présence du Seigneur à nos vies que dans la page d’évangile que nous venons d’entendre, JESUS nous dévoile. Et il l’exprime par une parole à la fois toute simple et d’une densité extrême : « je suis » ; manière de nous dire, « je suis présent, je suis là ». Autrefois, déjà, quand Dieu s’était manifesté à Moïse pour qu’il libère Israël de l’esclavage en Egypte, il l’avait assuré de son soutien en lui disant, « je serai avec toi » au point que c’était devenu le nom même de Dieu ! Nous croyons donc en un Dieu qui se dit et se nomme : « je suis là, je suis présent » et c’est ce que manifeste JESUS quand il nous dit « je suis la lumière du monde », « je suis le pain de vie », « je suis le chemin, la vérité et la vie ». Il est lui-même cette présence divine qui éclaire l’existence, nourrit les cœurs, oriente sur le chemin et donne la vie. Alors quand ce matin il ajoute : « je suis le bon berger, le vrai pasteur », nous comprenons qu’il est cette présence qui nous apporte sécurité, paix et joie du cœur.

En se désignant comme « le vrai pasteur », JESUS nous invite d’ailleurs, dans le sillage des annonces prophétiques du Premier Testament, à le reconnaître comme le Sauveur attendu par Israël. En précisant : « Je suis le vrai pasteur, le vrai pasteur donne sa vie pour ses brebis », il nous révèle le sens de son existence entièrement tournée vers nous. Et comment nous donne-t-il sa vie, sinon tout d’abord en nous la communiquant ! Les évangiles sont pleins de ces récits où JESUS, par son attitude et sa parole, relève, redresse, guérit, pardonne, rend leur dignité aux exclus, à ceux et celles que plus personne ne considère ni même ne voit.

Le vrai Pasteur est ému de compassion pour la plus égarée de ses brebis et c’est pour cela qu’aujourd’hui encore, il nous appelle, dans son sillage, à servir la vie ! N’est-ce pas le point commun de toute vocation ?

« Je suis le vrai pasteur. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père », précise encore JESUS. Par ces mots il nous révèle un autre aspect de sa manière d’être vrai pasteur : la connaissance intime qu’il partage avec le Père il veut aussi l’établir avec nous pour qu’en lui nous devenions nous aussi, enfants de Dieu. Ainsi voyons-nous à quelle communion il veut nous attirer et à quelle hauteur d’humanité il veut nous élever !

Pasteur de tous, il nous connaît cependant chacun et chacune personnellement et tel le berger appelant ses brebis une à une, il ne cesse de venir frapper à l’oreille de notre cœur pour nous combler de sa présence. Ne reconnaissez-vous pas sa voix ?
C’est elle pourtant, chers frères et sœurs, qui dans les circonstances les plus diverses de l’existence ne cesse de raviver en nous l’espérance, elle qui aux heures de doute et d’angoisse nous donne sa paix, elle qui toujours nous appelle à choisir la vie, à la servir et même à la donner car, nous dit encore notre unique et vrai Pasteur : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Lui a donné la sienne pour nous. Laissons-nous illuminer, chers frères et sœurs, par un tel mystère de Présence.

Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 27 Avr 2021, 7:13 pm



et le fil sur l'Abbaye de Landevennec

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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 05 Mai 2021, 8:17 am



Citation :
Évangile

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » (Jn 15, 1-8)


Alléluia. Alléluia.
Demeurez en moi, comme moi en vous,
dit le Seigneur ;
celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Nous prémunir de tout assèchement | Messe du 2 mai 2021 à Boulogne-sur-Mer – 5e dimanche de Pâques


Il y a quelques semaines, comme beaucoup d’entre vous, j’ai contemplé ces images des vignes illuminées dans la nuit obscure. Des viticulteurs ont allumé des feux et bruloirs afin de réduire les effets néfastes des gelées noires, qui dans le printemps déjà bien avancé ont affecté de façon irrémédiable les bourgeons récemment apparus.

Cette vision de milliers de flammes dans la pénombre m’est revenue à l’esprit en méditant l’évangile d’aujourd’hui. Certes JESUS n’évoque pas le danger du gel en Palestine… Il y fait bien chaud ! Mais, comme il l’exprime pour son Père, un bon vigneron protège sa vigne en toute circonstance, même les plus extrêmes.

J’ai pensé à tant d’amis viticulteurs tel Xavier. Ce jeune homme, tout en travaillant partiellement à Paris, a pris désormais le relais de son père dans un domaine viticole. Pour me décrire le désastre subit, il a trouvé les mots simples. Grâce à lui, j’ai mieux compris le vrai travail du viticulteur et l’extraordinaire vitalité de la vigne. L’évangile d’aujourd’hui m’est apparu plus limpide : « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron » dit JESUS.

La vigne engendre. Elle donne vie en fonction de son milieu ambiant. Gardant la mémoire d’une saison, elle préfigure les fruits, générés à la suivante, qui pointent d’abord dans un bourgeon puis un sarment, avant de faire surgir feuilles et grappes qui pendent depuis le solide cep enraciné dans une terre parfois pierreuse et pauvre.

L’abondance future de la vigne dépend de son initiation florale. N’en serait-il pas de même pour nous avec l’initiation chrétienne ?

En s’incarnant, le Christ prend racine dans notre condition humaine et nous permet d’accomplir notre vocation, d’homme ou de femme qui porte du fruit. Mais, comme un sarment on ne peut se détacher de lui sous peine de s’assécher. De lui nous tirons notre sève, notre énergie, notre fécondité. Ce lien intrinsèque provient d’une volonté divine et dépend de notre bon vouloir afin de demeurer dans le Christ et qu’il puisse demeurer en nous. Ce lien avec lui se nourrit par la méditation de la parole, par la prière et par la pratique de la charité.

Cependant JESUS nous prévient. Pour nous purifier, le Père nous émonde, il taille parfois dans le vif… car il lui faut lutter contre l’orgueil du sarment. Ce dernier peut croire que tout vient de lui. Entouré du feuillage abondant qui le protège, le sarment porte de belles grappes de raisins qui par leur couleur et leur parfum attisent la convoitise et semblent le parer d’une fécondité dont il n’est que le transmetteur.

Dans un ouvrage récent, Bruno Dallaporta résume une tentation actuelle, celle que j’appelle du sarment :

« Nous pensons avoir tout fabriqué par nous-mêmes. Au niveau individuel, cela se traduit par un fantasme d’indépendance. Au niveau collectif cela se manifeste par une illusion de toute puissance. En effet, si nous ne savons pas reconnaître que le monde nous a été donné, nous ne pouvons pas reconnaître que nous devons donner »

Et c’est bien la vocation du sarment de transmettre et redonner tout ce qu’il a reçu.

Or pour croître et se développer, il est indispensable de demeurer en Dieu et de laisser Dieu demeurer en nous.

« Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron » dit JESUS.

Notre humanité ressent ce lien intime avec le Christ et Dieu le Père. Si son action nous semble imperceptible, regardons la main du vigneron qui caresse les grains de raisin gonflés à la bonne saison, ou qui pleure de voir détruite la récolte à venir par un refroidissement extrême. De manière figurative, c’est aussi ce que Dieu ressent.

Le climat ambiant ne préserve pas toujours la vigne du Seigneur et ses sarments. Les maladies qui les affectent aujourd’hui sont le refus de Dieu, le seul assouvissement de nos envies, un individualisme généralisé et donc l’absence de recherche du bien commun.

En écoutant Xavier, le jeune viticulteur, la vigne se révèle à moi comme un signe de résilience, par sa capacité à absorber les effets négatifs afin de régénérer ce qui a été abîmé. Le Christ par sa Passion et sa résurrection nous ouvre la voie de la guérison intérieure.

Au début du mois de Marie, en cette magnifique basilique de Boulogne qui lui est dédié, la prière nous réunit. La Vierge Marie est le sarment qui ne cesse de transmettre la foi, de porter du fruit. Tournons-nous vers elle avec confiance puisque la Mère de JESUS demeure en Dieu et Dieu demeure en elle. Comme les flammes dans les vignes, les bougies posées auprès de Marie, en nos églises ou maisons, manifesteront notre espérance d’un monde où l’on prend soin les uns des autres.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 12 Mai 2021, 8:59 am




Citation :
Évangile

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 9-17)


Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole,
dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements,
vous demeurerez dans mon amour,
comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père,
et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite.
Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis
si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs,
car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande :
c’est de vous aimer les uns les autres. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Aimons-nous les uns les autres | Messe du 9 mai 2021 à Liège – 6e dimanche de Pâques


Toutes et tous, nous sommes nés pour aimer et être aimés. Si cette dimension est essentielle, voire existentielle, notre langue française est pourtant bien pauvre pour en parler. Nous n’avons qu’un seul verbe pour l’exprimer. Or, en grec, dans le texte original des lectures que nous venons d’entendre, il y a bien deux verbes distincts. Lorsque le Christ nous convie à donner notre vie pour nos amis, l’évangéliste Jean utilise un verbe bien particulier : « philein », aimer d’amitié. Cette forme d’amour se manifeste au niveau de notre cœur. Nous sommes envahis par de nobles sentiments qui, au fil des rencontres, se sont confirmés, enrichis et ont ainsi donné naissance à un présent toujours apaisant. Quoi de plus normal puisque, par l’amour d’amitié, nous sommes sur la même longueur d’ondes, celle du cœur. Au long des années écoulées, nous avons ainsi appris à rester ouvert à son altérité, à nous compléter de ses différences. Dans l’amour d’amitié, nous nous découvrons plus vivants, plus forts, reconnus dans notre singularité. Nous nous enrichissons l’un l’autre parce qu’il n’y a pas « de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », c’est-à-dire de pouvoir déposer son cœur dans l’écrin du cœur de l’être aimé. Dans la fidélité des sentiments partagés, nous découvrons que l’amitié est une vertu qui se vit de sincérité et se nourrit de vérité. Ces rencontres-là sont toujours teintées d’une sensibilité à la faiblesse de l’autre, à sa fragilité ou à sa vulnérabilité, une forme de tendresse enluminée d’empathie et de compassion. La tendresse, ce sont finalement deux faiblesses qui se reconnaissent mutuellement et entrent en résonance nous chante le poète. Nous nous laissons toucher par l’autre, tout vulnérables que nous sommes. Ce qui nous bouleverse dans l’amour d’amitié, c’est cette acceptation de la beauté d’une fragilité fondamentale, mieux encore cette manière unique, absolument inouïe, d’être et de se livrer. Pour ce faire, il nous suffit de ne jamais considérer l’autre comme un terrain conquis mais plutôt comme un horizon à contempler. Nous n’avons aucun droit sur son amour. L’amour est toujours un don, jamais un dû. En d’autres termes, l’amour d’amitié est un cadeau tellement merveilleux qu’il se multiplie en se partageant. En ce sens, « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Par l’amour d’amitié, nous guérissons mutuellement nos blessures intérieures. Nous sommes devenus l’un pour l’autre des philothérapeutes, des hommes et des femmes qui prennent soin de l’autre par l’amitié. Voilà la philothérapie : aimer en tendresse et en vérité.

Pouvons-nous aimer tout le monde avec une telle intensité ? Non, je ne le pense pas. D’ailleurs, lorsque le Christ nous demande de « nous aimer les uns les autres », un autre verbe grec est utilisé : « agapan », aimer d’agapè, aimer de respect. Dans cette forme d’amour, nous sommes conviés à nous respecter les uns les autres et à reconnaître en chaque être humain la part divine qui vit en lui. Respecter celles et ceux de qui nous nous faisons proche, aimer d’agapè, c’est leur souhaiter de trouver, de retrouver en eux le meilleur d’eux-mêmes ; c’est toujours chercher à leur vouloir du bien alors qu’ils auront parfois pu nous blesser. C’est précisément cela qui rend crédible l’amour des ennemis, un amour impartial à l’image de Dieu tel qui nous a été présenté dans la première lecture. En ce sens, l’amour d’agapè est à la portée de tous. Il demande un acte de la volonté et est le fondement nécessaire à toute relation pour que ce respect en soit le ciment. Nous devenons cette fois l’un pour l’autre des agapothérapeutes, des hommes et des femmes qui prennent soin de l’autre par le respect et par une bienveillance imprégnée de cette douceur et de cette tendresse divine. Celle-ci vient mettre du baume sur les plaies de nos souffrances humaines et invite chacune et chacun à accomplir sa destinée. Voilà l’agapothérapie : aimer de respect et de bienveillance.

Dans nos hôpitaux et dans tous ces lieux où la vocation première est de prendre soin les uns des autres, c’est ce que nous cherchons à vivre en tendresse et en vérité. L’agapothérapie et la philothérapie ne demandent pas de longues années d’études, juste une disposition des cœurs. Toutes et tous, nous sommes appelés à être les uns pour les autres de tels thérapeutes : « aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu », nous dit la première lettre de saint Jean. S’il en est vraiment ainsi, alors, avec un tel commandement, en Dieu, il n’y a plus de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin : celui de l’amour de l’autre par le Tout-Autre.

Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 18 Mai 2021, 8:48 am



Citation :
Évangile

« Qu’ils soient un, comme nous-mêmes » (Jn 17, 11b-19)


Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins,
dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (Jn 14, 18 ; 16, 22)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, JESUS priait ainsi :
« Père saint,
garde mes disciples unis dans ton nom,
le nom que tu m’as donné,
pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux,
je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte
de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, dans le monde,
pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde,
mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité :
ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même,
afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Trouver notre joie dans le nom de Dieu | Homélie du 16 mai 2021 à Issy-les-Moulineaux


L’évangile de ce dimanche est un mélange de prière et de paroles d’adieu. Disons que c’est une prière sous forme de paroles d’adieu. La prière c’est du temps donné à Dieu.
En général, lorsque nous prions Dieu, nous lui présentons une intention en faveur de nos proches. Or c’est aussi le cas pour JESUS quand il prie son Père pour ses amis.
Durant sa vie terrestre, JESUS a sans cesse cherché à tisser des liens d’amitié. Nous connaissons Lazare, Marthe et Marie de Béthanie. Et puis, lors du dernier repas avec ses disciples, il leur dit : « je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis »…
Et JESUS, dans sa prière, tout naturellement, demande au Père de veiller sur ses amis, de les garder dans l’unité et de les protéger du Mauvais. Il demandera aussi : « Qu’ils aient en eux ma joie et qu’ils en soient comblés ».
L’amitié nous est particulièrement réconfortante en ce temps de pandémie. J’éprouve tant de joie quand je reçois un texto, une lettre, un mail, un appel téléphonique d’un ami durant cette crise sanitaire. Ce signe me redit que je suis important pour quelqu’un.
JESUS veut pour ses amis le meilleur et le meilleur pour lui c’est d’être sous le regard aimant du Père. C’est dans le nom de Dieu que nous pouvons puiser la joie complète qui nous fera tenir contre le mal : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom ». Nous connaissons surement cette belle prière inspirée des paroles du psalmiste : « Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre ». Nous pouvons effectivement cultiver le réflexe d’invoquer le nom du Seigneur, dans des situations difficiles ou agréables.
Mais, être unis dans le nom du Seigneur va au-delà d’une simple évocation de son nom. Cela comporte un engagement à plus de fidélité à l’Évangile du Christ, cela nous conduit à nous laisser sanctifier dans la vérité, c’est-à-dire associer le Christ à notre vie, lui qui est la Parole de vérité.
Invoquer le Nom de Dieu,
c’est s’envelopper de lui chaque fois que nous faisons le signe de la croix « au NOM du Père et du Fils et du Saint Esprit » ;
c’est interpeller sa présence dans notre quotidien, lui parler et l’écouter dans la prière, l’Évangile, comme on le ferait avec quelqu’un qui nous aime et que nous aimons retrouver.

La prière de JESUS pour ses disciples n’est pas pour autant une garantie que ceux-ci ne rencontreront pas des difficultés. Il serait bien plus facile pour JESUS de retirer ses disciples de ce monde. Mais non, c’est bien dans ce monde qu’ils sont appelés à témoigner de leur communion avec le Père.
Les disciples de JESUS sont encore marqués par les tristes événements qui ont conduit à sa mort ; s’ils ont peu à peu retrouvé la foi, ils demeurent abimés par la violence de sa crucifixion. Et il est vrai que le fait d’être chrétien ne nous épargne pas.
Certes nous ne vivons pas souvent la radicalité du mal et de la violence qu’ont vécu les disciples et qui s’acharne aujourd’hui encore dans certaines régions du monde mais nous aussi, nous pouvons rencontrer des formes d’adversité et de tentations qui ruinent notre confiance en Dieu et notre joie profonde : dans nos familles, nos lieux de vie et de travail, nos communautés paroissiales ou dans la société en général. Nous pouvons être confrontés à la critique permanente, au découragement, au mépris, à l’injustice, à la souffrance ou à la peur… Au cœur de cette terrible crise sanitaire, la joie n’est-elle pas aussi un mot oublié ?
Nous pouvons être tentés de nous laisser atteindre par ces attaques malignes du réel et du monde. Comment vivre pleinement sinon en restant unis en Dieu dans la joie ?
Nous le savons, aujourd’hui comme hier, beaucoup paient de leur temps, de leur confort, de leur personne, et même parfois de leur vie le fait d’être chrétiens.
Une femme de ma paroisse, qui est en grande souffrance à cause d’une maladie, répond invariablement à notre inquiétude avec un magnifique sourire : Tout va bien !
Comme elle m’encourage à vivre dans cette même confiance joyeuse envers et contre tout !
Comme elle, nous sommes appelés à donner une telle réponse d’amour.
Comme elle, nous disposons d’un trésor inépuisable pour prendre ce monde à bras le corps : la JOIE de Dieu.

Oui, l’arme que JESUS demande pour nous au Père contre le Mauvais c’est la JOIE.
JOIE d’être aimé de lui, toujours et partout,
JOIE complète, parfaite, contagieuse et plus forte que tout.
Voilà la Vérité ! Et nous sommes faits ensemble pour cette vérité,
au NOM du Père et du Fils et du Saint Esprit !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedJeu 27 Mai 2021, 8:40 am




Citation :
Évangile

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15)


Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Quand viendra le Défenseur,
que je vous enverrai d’auprès du Père,
lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père,
il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage,
car vous êtes avec moi depuis le commencement.

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Solennité de la Pentecôte | Homélie du 23 mai 2021 à Saint-Ursanne (Suisse)


Les disciples sont là, confinés dans la chambre haute, comme souvent nous l’avons été dans cette période si chahutée.
Les disciples sont las, découragés face à un avenir incertain.
Mais, ils sont là ! Ils ne savent peut-être pas comment aller de l’avant, mais ils sont là.
Là, ensemble, ils prient.
Malgré tout, ils font confiance au Dieu de l’Alliance.

Et c’est alors que le souffle arrive comme il l’a fait aux premiers jours de la Création.
Il vient, non seulement comme une réponse à leur prière, à leur attente, mais surtout comme la réalisation de la promesse que JESUS ressuscité leur a faite.

J’imagine alors combien le projet divin pour le monde leur est soudain paru clair.
Mieux, ils se sont rendus compte qu’ils étaient une partie du mystère :
Le Dieu de l’Alliance leur faisait confiance « pour que sa volonté soit faite ».

L’Esprit de Vérité et de courage les pousse alors à sortir de la tiédeur du « confortable » sécuritaire.
Car L’Esprit saint n’est pas tiède ; il est brûlant comme l’amour ou l’émerveillement.
Car L’Esprit saint n’est pas confortable, il est le souffle violent qui exige la vérité.
L’Esprit saint est celui qui nous met debout et en mouvement. Il est dynamique.
C’est dans cet élan que des chrétiennes et chrétiens se sont levés au cours des siècles.
Emplis de l’Esprit,ils ont accueilli cette force dans leur vie quotidienne.
Car voyez-vous, l’Esprit saint, troisième personne du Dieu unique, n’est pas essoufflé ! Il a continué d’inspirer des femmes et des hommes au long des siècles… Il y en a tellement… mais je n’en citerai que trois.

Je vous propose de ne pas d’aller bien loin pour mon premier exemple.
Nous sommes ici dans la petite ville de Saint-Ursanne.
Notre cité porte le nom d’un disciple de saint Colomban, moine de l’abbaye de Benghor en Irlande (que je salue au passage).
Dans une Europe du VIIème siècle ravagée par les conflits, un groupe de jeunes moines courageux, dont saint Ursanne, quitte leur verte Irlande pour annoncer JESUS sur le continent.
Ils pérégrineront dans toute l’Europe occidentale en vue de semer l’Espérance évangélique.
Et, si nous pouvons célébrer aujourd’hui le Seigneur dans cette si belle Collégiale, c’est grâce à la confiance que saint Ursanne avait en Dieu

La deuxième personne est une Australienne du 19ème siècle, sainte Mary Mc Killop.
Cette jeune femme courageuse n’a pas hésité à dénoncer des abus sexuels perpétrés par un prêtre sur des enfants pauvres au nord de la ville d’Adélaïde.
Cette dénonciation lui a valu beaucoup d’ennuis.
A son exemple, l’Eglise, fruit de l’Esprit de Vérité, se doit d’être courageuse afin de dénoncer ce qui est contraire à l’Esprit,

Mon dernier exemple est franco-belge en la personne de Sœur Emmanuelle.
Qui ne connait pas son œuvre auprès des plus pauvres ?
Là encore l’Esprit saint l’a transportée.
Il lui a fait renoncer à une vie aisée, pour accompagner les chiffonniers du Caire dans un profond dénuement.
Elle s’est mise au service du Christ présent dans les périphéries de la société.

Des exemples, il y a en a tellement : chez nous, ailleurs, des connus ou des inconnus.
Il y a des exemples d’aujourd’hui, d’hier ou demain, mais c’est toujours le même Esprit qui insuffle cet amour contagieux.

Aujourd’hui, il a fort à faire : les difficultés du quotidien mais surtout les rumeurs, fakes news, ou manipulations en vue d’augmenter son influence, agissent souvent comme l’abat-jour de la flamme reçue.

Des études européennes parues à la suite des différents confinements liés à la Covid, font ressortir un mouvement profond qui s’est accentué.
Elles soulignent la défiance grandissante ressenti non seulement envers toute autorité, mais également envers toute personne qui ne pense pas comme elle. Cette tendance mortifère pousse à construire sa pensée autour de ses seuls centres d’intérêt.
Dans ce contexte, le dialogue et la confrontation à d’autres manières de penser apparaît comme une menace.

En relisant les textes bibliques et notamment celui de la Pentecôte, il est simple de comprendre que cette tendance à se construire des tours de Babel est contraire à l’Esprit saint.

Alors que faire ? Soyons simplement humbles et laissons-nous bousculer par l’Esprit saint qui relève, nous guide et nous inspire quotidiennement. Par la prière, demandons à L’Esprit saint de nous conduire dans la Vérité toute entière, ou, comme nous le dirons tout à l’heure : pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Dans cette perspective, je vous propose d’écouter trois adolescents récemment confirmés qui nous parlent de la confiance, du courage et du service

Pour moi la confiance c’est… la base !
La base de toute les relations d’amitié, en fait, de toute relation !
Que deviendrait le monde sans la confiance ?

Pour moi le courage, c’est… se relever après une difficulté sans vouloir fuir.
Je pense qu’il nous en faudra beaucoup dans le futur.

Pour moi être au service, c’est… aider et surtout écouter les autres pour qu’ils puissent être heureux.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 02 Juin 2021, 7:47 am




Citation :
Évangile

« Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 16-20)


Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (cf. Ap 1, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où JESUS leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
JESUS s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Solennité de la Sainte Trinité | Homélie du 30 mai 2021 à Paris


Tous les fans d’Astérix ici présents, ou devant leurs écrans, le savent bien : Il n’y a pas d’album qui ne se termine par un banquet ! La dernière phrase ou la dernière image d’un livre, c’est toujours un moment important. On y voit l’ultime message de l’histoire, soit une promesse peine d’espérance, ou inversement les présages d’un funeste déclin.
« je suis avec vous jusqu’à la fin des temps »

Ce sont à la fois les dernières paroles de JESUS et la dernière phrase de l’évangile de saint Matthieu. Donc c’est très important. Mais, dans cette dernière phrase, pour vous, quel est le mot le plus important ?
Bon, je vous partage le mien. Le mot le plus important, selon moi, est la préposition « avec ». Je suis avec vous.
Car il me semble que ce petit « avec » est le résumé en 4 lettres de JESUS.
Déjà avant même sa naissance, – souvenez-vous -, l’évangéliste Matthieu, avait rappelé lors de la visite de l’ange à Joseph l’autre prénom de JESUS : Emmanuel, littéralement, Dieu avec nous.
JESUS, à scruter les évangiles, est bien celui qui fut avec, toute sa vie, pour nourrir, guérir, pardonner, relever, cheminer. Il fut avec et plutôt avec ceux qu’on laisse sur le bord du chemin ou qui ne répondent pas aux normes de la bienséance. Un avec qui du coup engendra des contre et lui valut des coups. Je vous laisse en faire la liste.
Il fut aussi avec pour nous offrir de renaître, même vieux. « Faut-il que je rentre une deuxième fois dans le sein de ma mère ? » lui demandait Nicodème. Non, – et Dieu merci pour vous les sœurs ! – cette nouvelle naissance, c’est d’en-haut, d’une vie animée par l’Esprit, lui dont l’Ecriture nous dit qu’il fait toutes choses nouvelles, esprit de liberté et de vérité, pour nous ouvrir à une vie plus aimante, à un amour plus vivant. Cette vie de l’Esprit est celle du royaume de son Père, ouverte par la résurrection et que nous nommons aussi la vie éternelle.

Car si JESUS est avec nous, c’est parce qu’il est tout aussi avec son père. C’est parce qu’il partage avec lui le même Esprit. Dieu, que nous confessons Père, Fils et Esprit, nous pouvons le contempler comme le Dieu qui est relation. Non pas un être seul, perdu au-dessus du ciel, non pas plus mû par des luttes internes, comme l’imaginait la mythologie grecque, mais un Dieu avec c’est-à-dire en communion, en échange et en réciprocité. Avec, c’est en quelque sorte la signature de la Trinité. Et ce qu’il est, il plait à Dieu de le transmettre, de le donner. Gravée en nous-mêmes, comme l’empreinte de Dieu, cette signature devient aussi la nôtre.

Et voici donc que nous pouvons nous comprendre nous mêmes, sous un nouveau jour. Il nous arrive parfois, souvent, – légitimement – de nous demander qui nous sommes vraiment, nous examinant sous toutes les coutures de la solitude de notre existence, à la recherche de notre identité perdue qui nous donnerait de nous comprendre seul, comme une solution en soi; À nous tous, laissons entendre cette bonne nouvelle explosive. Nous ne sommes vraiment que parce que nous sommes avec, mystérieusement unis les uns et les autres comme à Dieu, plus que nous le pensons. Nous sommes essentiellement des êtres de relation, appelés à communier, à échanger, à nous donner. Mais peut-être nous faut-il redécouvrir le lieu où nous recevons cet appel de la Vie, où se grave la signature de Dieu en nous ? Et si c’était notre âme ? Le mot peut paraître désuet et peut-être l’avons-nous négligée dans la spirale enivrante de nos occupations de gens pressés. Pourtant Clémentine qui a 9 ans et qui cherchait à instruire sa petite sœur lui a dit: « l’âme, ça ne se voit pas mais ça te fait faire les choses ». Voilà, l’essentiel est dit. Comprenons l’âme comme le lieu intime de notre naissance quotidienne, à nous-mêmes et aux autres. L’âme comme un jardin parfois en friche mais qui bien irrigué nous anime et nous met en mouvement et le corps et l’esprit, pour nous faire faire les choses, vers le bien et le bon. L’âme ne se voit pas mais elle laisse son empreinte dans les yeux et les mains de tous les amoureux et des parents, des humbles et des petits et de tous ceux et celles qui, comme vous mes sœurs, donnent leur vie. Tous ceux là perçoivent, aux heures heureuses ou sombres, en ce lieu de leur âme, quelques reflets de grand et de beau du mystère de la vie. Tout ceux là contemplent dans la banalité des jours ordinaires, la saveur de la vie divine, qui se glisse dans le fin murmure du silence et du recueillement, et dans les mots balbutiants de leur prière. Dans leurs actes de charité et leurs pardons échangés, se révèle cachée la présence de leur maître intérieur. Dans le partage de leur pain quotidien, c’est une action de grâce qui monte des lèvres du témoin que je suis : « JESUS, avec nous jusqu’à la fin des temps. »



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMer 09 Juin 2021, 8:08 am




Citation :
Évangile

« Ceci est mon corps, ceci est mon sang » (Mc 14, 12-16.22-26)


Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain,
où l’on immolait l’agneau pascal,
les disciples de JESUS lui disent :
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs
pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant :
« Allez à la ville ;
un homme portant une cruche d’eau
viendra à votre rencontre.
Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire :
“Le Maître te fait dire :
Où est la salle
où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage,
une grande pièce aménagée et prête pour un repas.
Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ;
ils trouvèrent tout comme JESUS leur avait dit,
et ils préparèrent la Pâque.

Pendant le repas,
JESUS, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit, le leur donna,
et dit :
« Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe
et ayant rendu grâce,
il la leur donna,
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
« Ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis :
je ne boirai plus du fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau,
dans le royaume de Dieu. »

Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Solennité du Saint Sacrement | Homélie du 6 juin 2021 à Villeneuve-sur-Lot


Préparer, préparation, préparatifs. Avez-vous remarqué l’insistance de l’évangile sur la préparation de ce repas pascal, le repas que le Seigneur a désiré prendre avec ses disciples la veille de sa Passion ? « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? », « … il vous indiquera une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs », « … et ils préparèrent la Pâque ». Pourquoi donner tant d’importance à ces préparatifs tout matériels, à ces détails sur le lieu du repas, la salle et son aménagement ? L’essentiel, n’est-ce pas ce qui va se passer pendant ce repas ou plutôt à la fin du repas ? L’essentiel, n’est-ce pas le mystère que nous célébrons aujourd’hui en grande solennité : le don, l’offrande par JESUS de son corps et de son sang, c’est-à-dire de tout lui-même, comme vraie nourriture et comme vraie boisson, sous les signes du pain et du vin, le très Saint Sacrement ?

Bien sûr, c’est cela l’essentiel. Mais nous savons tous aussi d’expérience qu’il n’y a pas de repas sans préparation du repas. Et c’est JESUS lui-même qui indique avec précision à ses disciples comment et où ils devront faire les préparatifs. Alors, ne passons pas trop vite sur ce premier temps, ce temps de préparation, ce temps d’offertoire qui précède et prépare l’offrande de JESUS, son unique sacrifice accompli une fois pour toutes sur la croix et rendu présent, à chaque messe, dans le sacrement de l’eucharistie.

Au départ, la question du lieu du repas et des préparatifs ne semble venir que des disciples qui se préoccupent de savoir où JESUS veut manger la Pâque. Mais déjà JESUS fait dire au propriétaire que c’est avec ses disciples qu’il prendra ce repas et, à ceux qu’il envoie, il commande de faire les préparatifs non pour lui seul, mais pour lui et pour eux tous : « faites-y pour nous les préparatifs ». Cela ne vous dit rien, frères et sœurs, cela ne vous rappelle rien ? Mais oui : c’est une liturgie qui commence et c’est une communion qui s’annonce ! Nous aussi, ce matin, à Villeneuve-sur-Lot, guidés par JESUS, nous sommes venus dans un lieu vaste et bien aménagé, cette belle église Sainte-Catherine, déjà toute prête pour un repas ; nous y sommes entrés par « les portes de la foi ». Et vous y êtes entrés avec nous, chers amis, qui nous rejoignez par la télévision en ce moment, vous qui peut-être découvrez ainsi chaque dimanche un lieu différent, mais bien réel, où JESUS, le Seigneur, le Maître, veut manger la Pâque avec ses disciples. Lumières, cierges, fleurs, chants, processions, ornements, les préparatifs sont variés d’un endroit à l’autre, d’un dimanche à l’autre, parfois très sobres, parfois splendides, mais toujours soignés et faits avec le plus grand cœur. Car, à chaque fois, c’est toute la communauté des disciples de JESUS, c’est l’Église entière qui prépare, qui se prépare. Et cette préparation culmine en offertoire, avec l’apport des dons, pain et vin, sur l’autel, lorsque le prêtre, au nom de tous, présente à Dieu le fruit de la terre, le fruit de la vigne et du travail des mains humaines.

Mais soudain, au cours du repas, tout change, et quelle surprise pour les disciples ! JESUS, lui seul cette fois, agit et parle. Il prend du pain, il prononce une bénédiction, il le rompt et en donne à chacun en disant de singulières paroles. L’instant d’après, il prend une coupe remplie de vin, il rend grâces et la leur donne à boire avec des paroles tout aussi singulières. De même, à l’autel, le prêtre ne dit plus « nous » en cet instant, il ne parle plus en notre nom pour présenter à Dieu nos prières, nos louanges et nos supplications, mais il dit « je », pour la seule et unique fois de toute la messe, et c’est alors le Christ qui parle, c’est le Christ qui agit : « Prenez, ceci est mon corps », « ceci est mon sang ».

Notre offertoire, frères et sœurs, est une préparation nécessaire, indispensable, mais il est infiniment dépassé, transformé, transfiguré par l’offrande de JESUS. Les paroles qu’il prononce lorsqu’il nous donne son corps et son sang en nourriture et en boisson n’ont rien d’exalté ni de magique. Elles sont d’une étonnante simplicité au contraire. C’est la simplicité de Dieu lorsqu’il crée : « Dieu dit… et ce fut ainsi » ; c’est la simplicité de Dieu lorsqu’il s’unit à nous et nous unit à lui dans une Alliance nouvelle, une Alliance éternelle. Heureux les invités au repas du Seigneur !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 17 Icon_minipostedMar 15 Juin 2021, 8:19 am




Citation :
Évangile

« C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle grandit, elle dépasse toutes les plantes potagères » (Mc 4, 26-34)


Alléluia. Alléluia.
La semence est la parole de Dieu ;
le semeur est le Christ ;
celui qui le trouve demeure pour toujours.
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
parlant à la foule, JESUS disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables,
JESUS leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie du 13 juin 2021 à Marseille


De quelle manière Dieu exerce-t-il sa puissance, dans notre monde ? Ces questions montent en nous-même. Parfois elles deviennent lancinantes devant le mal, la souffrance. A nous qui cheminons dans la foi non dans la claire vision, JESUS apporte la lumière de sa parole à travers les deux petites paraboles du royaume écoutées ce matin. En effet, Le Royaume de Dieu c’est Dieu lui-même dans son action pour le monde, sa manière d’être présent à nos misères et à nos grandeurs, à nos fêtes et à nos jours ordinaires.

Pour JESUS, L’action de Dieu à deux caractéristiques essentielles :

La première : elle est d’abord aux yeux du monde, petite et cachée : Un homme jette en terre la semence, une graine de moutarde, la plus petite de toutes les semences. Il y a dans ces images comme une synthèse de la vie de JESUS. Manifestation de la puissance et de l’action du Père : il a vécu d’abord caché au milieu des hommes, comme la semence jetée en terre, comme la graine de moutarde. JESUS ne parlera-t-il pas de lui et de sa mort en se comparant au grain de blé tombé en terre. JESUS nous montre le père, aimant à agir de manière enfouie. Il agit non pas en s’imposant, mais en transformant les choses, les situations en partant du cœur de l’homme et les transformant de l’intérieur. Frères et sœurs contemplons la patience de Dieu. Il

prend le risque du temps.

La deuxième caractéristique de l’action de Dieu : Sa puissance provoque un influx vital, une croissance irrésistible de la vie : la semence germe et grandit jusqu’à la moisson. La graine de moutarde finit par dépasser toutes les plantes potagères, et les oiseaux viennent faire leur nid. Là encore JESUS ne s’exprime-t-il pas sur son identité, lui qui dira également « Je suis venu pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». Il est le grain qui meurt pour porter beaucoup de fruit. Dieu est la vie du monde, cette vie se tient cachée en JESUS. La vie surabondante de Dieu est le secret du monde.

Frères et sœurs, la puissance de Dieu est cachée mais on la perçoit à ses fruits. Accepter que telle soit la puissance de Dieu, demande la conversion d’un regard de foi qui sait discerner l’action de Dieu dans les jours le plus ordinaires. C’est un des marqueurs de nos être chrétien. Lorsque le soir, nous regardons le tissu de nos existences, demandons à L’Esprit-Saint la grâce de percevoir de quelle manière la puissance de Dieu s’est exercée en nous et autour de nous. Comment la puissance de Dieu a-t-elle été à l’œuvre dans ma vie, dans la vie de ceux que j’ai croisés.

Contempler Dieu dans sa puissance cachée, nous invite également à une conversion dans notre manière d’agir en disciple du Christ. JESUS nous interpelle : « ce que tu fais, fais-le dans le secret ne te donne pas en spectacle, c’est comme s’il nous disait : agis à la manière dont Dieu déploie sa puissance en irriguant tout de manière cachée. Agis avec le « style » de Dieu qui peut paraître à certains yeux et parfois même aux tiens, insignifiants mais qui finit toujours par faire grandir la vie même si cela demande du temps. Nous pouvons peut- être nous décourager devant le peu de fruit immédiat. La vie de Dieu en nous ne se décourage jamais. Elle finit toujours par être victorieuse. Il est vrai que cela nous demande d’affronter avec espérance la grisaille du quotidien, les gestes et paroles routiniers .Mais nous le croyons c’est à force d’avoir affronté cela avec l’endurance de la foi qui laissera la vie de dieu porter son fruit : un adolescent qui comprend toute la valeur de sa vie, une rencontre qui ouvre de nouveau horizon, une prière renouvelée en faisant une manière d’embrasser le monde par l’intercession, un épanouissement au travail avec d’autre grâce à un nouveau venu qui à force d’attention, de geste de solidarité remet du baume sur les blessures et aide à tisser des relations nouvelles. Ce peut- être aussi une réconciliation qui paraissait jusqu’ici impossible mais qui devient possible car la grâce a travaillé secrètement le cœur de ceux qui étaient en conflit. Comme l’a écrit Christian de Chergé, prieur des Moines de Tibherine, « se convertir c’est faire de l’éternel avec du quotidien ». A l’origine de ce Sanctuaire,il n’y pas de miracle, pas d’apparition, Ici, nous venons auprès de la Vierge Marie avec notre vie toute ordinaire. Elle qui s’est désignée comme l’humble servante. Comme dit encore Christian de Chergé Mère de Dieu parce que son humble servante. Mère des hommes parce que leur humble servante. Avec elle chantons la puissance de Dieu, Le seigneur fit pour moi des merveilles Saint est son nom.



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L'Homélie

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