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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedMar 28 Juil 2020, 7:03 pm




Citation :
Évangile

« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)


Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à la foule ces paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.

Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.

Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
JESUS ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 26 juillet 2020 à Paris


« – Avez-vous compris tout cela ? – Oui. »


J’envie un peu les disciples de pouvoir répondre à la question de JESUS d’une manière aussi nette, affirmative et sans hésitation. Car moi, je ne suis pas sûr d’avoir compris toutes ces paraboles, ces images que JESUS utilise pour parler du royaume des Cieux, pas sûr d’avoir saisi ce que c’est au juste que ce « royaume des Cieux ». Est-ce un trésor caché dans un champ, est-ce une perle trouvée par un négociant, est-ce un filet lancé dans la mer puis ramené sur le rivage ? Quelle est donc la réalité mystérieuse qui se trouve derrière ces images ?

Si nous voulons « comprendre » à notre tour les paroles de JESUS, ne restons pas trop fixés sur l’image, celle du trésor, de la perle ou du filet, mais regardons plutôt ce qui se passe dans l’image. Car il s’y passe beaucoup de choses ! Ce ne sont pas des images immobiles, statiques, ce sont comme des dessins animés, de petites séquences de cinéma.

Il y a d’abord quelqu’un qui, un jour de sa vie ordinaire, fait une découverte extraordinaire. Travaillant ou passant dans un champ dont il n’est pas le propriétaire, il tombe sur un trésor qui était là depuis longtemps, mais bien caché, enfoui. Celui qui l’a trouvé, par un coup de chance en apparence, comprend aussitôt qu’en réalité ce trésor l’attendait, lui, qu’il est pour lui, qu’il est à lui. C’est le trésor de la foi, frères et sœurs, la foi au Christ, à son Évangile, à la Bonne Nouvelle. La foi, certains parmi nous l’ont reçue dès l’enfance, au baptême, mais ils l’ont enterrée si profondément qu’ils l’avaient oubliée ; d’autres, qui ont grandi hors de la foi, sont passés à côté d’elle pendant des années sans la voir, comme le trésor caché dans le champ. Mais quand les uns la retrouvent, quand les autres la découvrent, c’est pour chacun une joie si intense et si intime qu’elle doit être « achetée » au prix de tout le reste, quitte à la cacher de nouveau, le temps que cette foi grandisse et s’affermisse encore. Le temps du témoignage, de l’annonce de la foi, du partage de ce grand trésor viendra, mais plus tard.

Changement de scène. Le personnage n’est plus quelqu’un qui trouve sans avoir cherché, c’est quelqu’un qui cherche, qui cherche avec persévérance, application, et qui sait très bien au fond de lui ce qu’il recherche : non pas des perles qu’il pourra revendre ou échanger contre d’autres perles, et ainsi de suite à l’infini, mais la perle unique, plus précieuse que toutes les autres. Et voilà qu’il l’a trouvée, cette perle ! Alors, lui le négociant, il ne négocie plus rien : il vend tout ce qu’il a et il achète la perle. Quelle est cette perle dont la valeur ne se mesure à aucune autre ? Pour moi, frères et sœurs, c’est la perle de l’amour, l’amour de Dieu que JESUS est venu nous manifester et qui a été répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint. Quand on découvre un jour que l’amour de Dieu, que ce grand amour nous a été donné dès notre premier jour, et que Dieu lui-même nous rend capables de répondre à son amour, on cesse enfin de négocier, on se repose en lui. Et nos amours, nos amitiés, nos affections humaines, ces perles fines, est-ce qu’elles perdent du même coup toute valeur ? Doivent-elles être abandonnées, mises au rebut ? Au contraire, c’est alors qu’elles trouvent leur vraie valeur, car elles sont désormais comme fixées, indexées sur la perle qui a valeur absolue, sur Dieu qui est Amour.

Voici cependant qu’une dernière séquence semble tout gâcher, tout assombrir. Elle commence par une scène de pêche, un grand filet que l’on plonge dans la mer et qui ramène toutes sortes de poissons, mais elle se termine sur la vision redoutable d’une fournaise où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Je vais peut-être vous surprendre, frères et sœurs, mais cette image ne m’effraie pas ; je vois bien plutôt dans ce filet le filet de l’espérance. Car il ramasse de tout, du bon et du mauvais, jusqu’à ce qu’il soit rempli, à la fin des temps. Cela signifie que personne n’est d’emblée exclu du royaume des Cieux, qu’il n’y a pas d’un côté les justes et de l’autre les méchants, d’un côté le bien, de l’autre le mal ; les deux coexistent, y compris en nous-mêmes. Certes, un tri, un jugement, se fera entre ce qui est bon et ce qui ne vaut rien, mais ce jugement ne nous appartient pas. Ce qui nous appartient en revanche, c’est de laisser Dieu nous purifier, nous simplifier, nous rendre bons, tant que nous vivons dans le large filet de l’espérance. N’est-ce pas cela devenir « disciple du royaume des Cieux » ?

Références bibliques : 1R 3, 5.7-12 ; Ps 118 ; Rm 8, 28-30 ; Mt 13, 44-52






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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedLun 03 Aoû 2020, 7:10 pm




Citation :
Évangile

« Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés » (Mt 14, 13-21)


Alléluia. Alléluia.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
quand JESUS apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
Mais JESUS leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
JESUS dit :
« Apportez-les moi. »
Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 2 août 2020 à Molsheim


Comme aumônier d’hôpital au CHU de Strasbourg, je me trouvais il y a quelques mois, aux premières loges de la peur provoquée par l’épidémie du COVID19. Avec tous les soignants, j’ai fait l’expérience de la fragilité et de l’extrême vulnérabilité de l’homme. Mais j’ai aussi partagé la belle solidarité et l’engagement sans faille qui unissaient tous les acteurs au chevet des malades, depuis l’humble agent des services hospitaliers jusqu’au grand professeur.

A la suite de ce contexte tragique, à l’image de JESUS affecté par la mort de Jean-Baptiste, j’ai ressenti le besoin de prendre du recul, de faire le point, de revenir sur ce qui m’a touché et déstabilisé. Il y a eu le temps des remises en question, le temps du doute, jamais le temps de l’oubli. Frères et sœurs, durant toute cette période dramatique, vous êtes restés chers à mon cœur : vous les amis de Molsheim qui auriez aimé fêter plus solennellement encore les 1200 ans de la fondation de votre ville, vous avez dû vous adapter à la crise et vous aussi amis du « Jour du Seigneur », vous avez été marqués par cette pandémie, certains d’entre vous ont peut-être été contaminés et d’autres ont perdu un être cher, terrassé par le virus…

Sachez-le, ma pensée affectueuse était auprès de vous, car nul ne peut, parce qu’il a souffert, se recroqueviller sur lui-même et rester insensible aux souffrances qui frappent l’humanité. En tout cas, telle est l’attitude de JESUS dans l’Evangile de ce jour. Après avoir connu des épreuves, il avait besoin de se retrouver seul à seul en intimité avec son Père, mais c’était sans compter sur cette foule qui le suivait. Alors il fut saisi de pitié et guérit les infirmes. Pauvre cortège d’estropiés, de boiteux, qui se met en marche vers celui qui peut les guérir. Détresses aux mille visages, celui des paralysés de l’existence, des malades, des personnes âgées et impotentes, des relégués de toutes sortes… Tous accouraient voir JESUS dans l’espoir de trouver un peu de réconfort et de retrouver la santé. JESUS est bouleversé, saisi aux entrailles, c’est la parfaite expression de la tendresse de Dieu. Jamais il ne pourra se séparer de cette foule vers laquelle le Père l’a envoyé.

Mais voilà, le soir tombe. Cette foule au ventre creux est venue les mains vides, elle attendait tout de JESUS. Aucun n’avait emporté de nourriture pour la route. Les disciples restent pragmatiques. Il faut les renvoyer afin que chacun puisse acheter de quoi manger. Autrement dit, ils n’ont qu’à se débrouiller ! JESUS ne peut accepter une solution aussi peu généreuse. Plutôt que de renvoyer ces miséreux avec lesquels les disciples viennent de vivre une belle rencontre, il provoque leur propre responsabilité. Il les invite à leur donner eux-mêmes à manger. Les disciples avaient bien quelques réserves : cinq pains et deux poissons : réserves dérisoires. JESUS va agir à partir de ce petit rien partagé. Il va multiplier ces maigres victuailles. Et voici le divin fruit de l’amour universel. Nous pourrions nous arrêter à l’aspect miraculeux de ce texte, mais JESUS nous délivre une leçon plus profonde : il ne faut pas tout avoir pour commencer quelque chose, il nous faut donner le peu qu’on a et JESUS saura bien en faire quelque chose de grand.

Frères et sœur, comme nous ressemblons à ces disciples ! Face à toutes les faims qui torturent les foules humaines, notre première réaction est de dire : « qu’ils s’arrangent, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ». Nous avons besoin d’être sérieusement secoués par le Christ. Il ne va pas faire des miracles pour nous dispenser de nous engager, alors que nous avons largement de quoi mettre la main à la pâte.

Frère, sœur, ami,
Quand la détresse aux multiples aspects t’assaille et que tu te sens impuissant, rappelle-toi : tu disposes au moins de cinq pains et de deux poissons. C’est peu, mais avec le Christ, ça peut faire toute la différence. Il te suffit de donner ce dont tu disposes : d’un peu de temps, d’argent, de sympathie, d’amitié, de sourires… Ce don que tu fais sera contagieux, il sera le « miracle des mains vides ». D’autres, à ton exemple donneront à leur tour. Et même si la portée de tes actes t’échappe, viendra le jour où tu découvriras que tu as été capable avec tes frères de nourrir la multitude. « Fais-le et ça se fera »

Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedMer 12 Aoû 2020, 7:31 pm




Citation :
Évangile

« Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-33)


Alléluia. Alléluia.
J’espère le Seigneur,
et j’attends sa parole.
Alléluia. (cf. Ps 129, 5)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert,
JESUS obligea les disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive,
pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées,
il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire.

Vers la fin de la nuit, JESUS vint vers eux
en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés.
Ils dirent :
« C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt JESUS leur parla :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c’est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
JESUS lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers JESUS.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, JESUS étendit la main, le saisit
et lui dit :
« Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 9 août 2020 à Pontmain


Le souvenir que je garde, de mon enfance, quand je venais avec mes parents et ma sœur, ici, dans cette basilique, est la couleur bleue qui l’inonde. Une couleur, comme celle d’un matin d’été, rempli de promesses joyeuses. Une couleur bleue, vive et vivante, comme un petit bout de Ciel sur la terre. Et c’est toujours un peu ça, un lieu d’apparition de la Vierge Marie, de Lourdes à Pontmain ou de Banneux en Belgique à Fatima. Un petit bout de Ciel qui traverse la nuit sombre et les lourds nuages comme un signe pour espérer, au-delà des intempéries et des bourrasques, des épidémies et des conflits fratricides.

Dans la nuit froide il y a 150 ans de cette bourgade de Mayenne apeurée par la guerre qui approche, comme dans la nuit de notre page d’évangile où la barque est « battue par les vagues, car le vent était contraire. », comme dans la nuit de nos existences parfois écrasées par le désespoir, au cœur de toutes ces nuits, comment est-il possible de scruter le Ciel qui se révèle, et d’entendre la parole de JESUS « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » ?

Des esprits étroits pourraient nous dire qu’une poignée d’enfants qui voient la Vierge ou deux hommes qui marchent sur l’eau, ce sont des histoires …, allez, à dormir debout ! Eh bien j’oserai vous dire, moi qui n’ai pourtant jamais vu la Vierge, que des femmes, des hommes qui marchent sur l’eau, on en rencontre souvent. J’oserai vous parler de tous ces êtres, humbles et fragiles, souvent enfoncées dans le tumulte de leur vie brisée, buvant la tasse plus qu’à leur tour, et capables pourtant chaque matin de remettre leur vie à JESUS en lui criant « sauve-moi ! ». On les voit, – souvent cachés -, ces saints du quotidien, accrochés à JESUS. On les voit rassembler leur courage pour se lever chaque matin, mettre un pied devant l’autre, tendre une main et puis l’autre pour servir leurs prochains. Cette réalité-là, est plus vraie que bien des observations froides sur une société qui s’enfonce. Cette réalité-là est l’application de la Bonne Nouvelle au quotidien, dans le silence de nos habitations, ou de nos lieux de vie. Cette réalité-là est la vraie vie car elle est celle du royaume des Cieux, déjà au milieu de nous.

Et nous, n’avons-nous pas été, à un moment particulier de notre vie, une fois, deux fois, trente fois, l’apôtre Pierre, qui ose crier : « sauve-moi! » ? Nous devons avouer que nous mesurons souvent très mal la réponse. On voudrait tant que celle-ci soit nette, précise, forte. On aimerait, comme Élie dans sa caverne à l’issue de la nuit – c’était notre première lecture de ce jour – , voir Dieu dans le surnaturel, avec la force sonore du tonnerre, la grandiloquence du tremblement de terre et la puissance fascinante du feu ? Dieu aurait pu y être, certes, mais il n’y fut pas. Il a préféré montrer sa présence dans le fin « murmure d’une brise légère ». Autant dire que l’on peut passer à côté de Lui sans rien voir ni entendre, si nous ne sommes pas attentifs à ce qui, en nous, bougent discrètement, délicatement, silencieusement.

Le message ici de la Vierge, à la robe bleue parsemée d’étoiles, – parce que c’est dans le silence de la nuit que l’on contemple les étoiles – peut nous guider : « mais, priez, mes enfants ». Parce que, dans le silence, invisiblement la prière est le plus puissant lien qui nous unit à tous. Elle nous soulève lentement au-dessus du tumulte des eaux, elle travaille secrètement notre cœur pour lui donner la paix et elle nous fait indiciblement relever la tête. Alors, dans un même mouvement, nos mains levées vers le Ciel seront aussi celles qui s’offriront à ceux qui les cherchent pour se relever. Notre cœur confiant en Dieu sera celui que redonnera confiance à celui qui s’enfonce et qui nous réclame notre présence.

Du studio du confinement où la statue de la Vierge d’ici chaque dimanche était présente à cette messe d’aujourd’hui, Marie, priée ici sous le vocable de Notre-Dame de l’espérance, nous laisse ces mots comme une brise légère : « Mais priez, mes enfants, mon Fils se laisse toucher »





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedMar 18 Aoû 2020, 7:57 pm




Citation :
Évangile

« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)


Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.


[Homélie de la messe du 15 août 2020 à Malines (Belgique)


Dans son célèbre Cantique, Marie chante les louanges de son Dieu plein de compassion pour son peuple. Marie exalte le Miséricordieux, le glorifie, le loue et le remercie. Elle acclame Dieu son Sauveur, de tout son être. Elle, qui a pu accueillir de manière unique, la miséricorde de Dieu dans sa vie ! Il s’est penché sur son humble servante. Il a fait des merveilles pour une femme insignifiante. Elle a pu porter en son sein – par la puissance de l’Esprit – le Verbe de Dieu, le Fils de Dieu fait homme. L’Esprit l’a choisie pour accueillir sa Parole rédemptrice en son sein et dans son cœur. Le souffle lui fait défaut pour louer son Seigneur. Tous les âges la diront désormais bienheureuse pour les merveilles de Dieu dans son humble vie.

Dans le refrain du Cantique qui fait suite à la première strophe de louange et d’hommage, Marie chante sa conviction que l’amour miséricordieux de Dieu s’étendra d’âge en âge. Il montrera sa grandeur et son infinie bonté à ceux qui le craignent. Comme le psalmiste, elle chante que la miséricorde de Dieu est éternelle, sans limite au fil du temps.

Marie ne se réjouit pas seulement des merveilles de Dieu dans son humble vie. Dans la deuxième strophe, elle porte attention à ce que Dieu a réalisé et entreprend en faveur de son peuple Israël. Au cours de la longue histoire tumultueuse de cet humble petit peuple et malgré ses nombreuses infidélités et péchés, Dieu lui a toujours témoigné sa bonté et sa fidélité. Pour Marie, c’est clair : Dieu choisit le camp des humiliés et des affamés. Il les valorise, leur donne un avenir, de nouvelles chances dans la vie. Il renvoie les riches et les rassasiés, les mains vides. Il renverse les puissants de leurs trônes. Dieu ne peut rien faire pour ceux qui sont imbus d’eux-mêmes, qui n’ont pas besoin de Lui. Il ne signifie pas grand-chose dans leur vie. Mais Il n’abandonne pas son petit peuple d’Israël à son sort. Il le défend et le fait sortir d’Égypte et de Babylone pour vivre l’Alliance en terre promise.

Le refrain fait suite à la deuxième strophe. Dieu n’a pas seulement été bon et fidèle dans le passé. Marie répète la promesse faite à Abraham. Dieu prouvera sa fidélité d’âge en âge. Sa miséricorde durera toujours et Dieu n’oubliera jamais qui Il est: tout entier miséricorde pour tous ceux qui Le servent. Le refrain du Cantique de Marie nous tient à cœur aussi. Nous pouvons compter sur des mots et des signes qui témoignent la miséricorde de Dieu. En tant qu’Eglise, en tant que chrétien, nous croyons que notre vie est précieuse aux yeux de Dieu qui nous sauve lorsque nous sommes dans le besoin ou en crise. Le refrain nous invite à compter sur la proximité de Dieu, sa compassion et son attention dans toutes les circonstances de la vie, le meilleur comme le pire.

Qui connait et chante depuis longtemps le Cantique de Marie se sentira tôt ou tard appelé à être miséricordieux envers ses semblables. Personne ne peut chanter la miséricorde de Dieu et rester impitoyable ou indifférent. Marie n’est-elle pas chez sa cousine pour lui témoigner sa compassion quand elle chante son cantique? Puissions-nous dorénavant mettre tout en œuvre pour dépasser notre dureté et notre indifférence et offrir compassion et solidarité véritable à ceux qui sont dans le besoin.

Marie, Mère de miséricorde, priez pour nous.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedMer 26 Aoû 2020, 8:16 pm




Citation :
Évangile

« Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 21-28)


Alléluia. Alléluia.
JESUS proclamait l’Évangile du Royaume,
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
partant de Génésareth,
JESUS se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant :
« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :
« Renvoie-la,
car elle nous poursuit de ses cris ! »
JESUS répondit :
« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit :
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit :
« Oui, Seigneur ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
JESUS répondit :
« Femme, grande est ta foi,
que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie du dimanche 16 août 2020 à l’église Notre-Dame de la Nativité, La Turballe (44)


Homélie du dimanche 16 août 2020

Fr. Franck Dubois, dominicain – Eglise Notre-Dame de la Nativité, La Turballe (44)

Savez-vous comment on dit « miette » en anglais ? Une façon de le dire, c’est « crumb ». Et qu’est-ce qu’a donné le mot « crumb » ? Eh bien, le nom de ce délicieux gâteau fait de miettes justement… le « crumble », aux pommes, aux poires ou ce que vous voulez. Le crumble, c’est la preuve culinaire que les miettes peuvent être salutaires, si on ne les gaspille pas.

Aujourd’hui, une femme ne veut pas perdre une miette de ce que JESUS peut lui donner. Elle est sans doute bonne cuisinière. Elle sait bien que l’on peut faire des miracles, même avec quelques miettes, pourvu qu’on sache les recueillir et les accommoder. Cette femme n’a pas eu droit aux grands discours de JESUS, aux paraboles, aux multiplications de pain. A cause de son origine, elle en était privée. Beaucoup d’autres sont repartis, les pains plein les poches, gavés, repus de l’enseignement de JESUS. Mais qu’en ont-ils fait ? Elle, elle n’a eu droit qu’à des bribes, des échos lointains de ce que JESUS a proclamé, mais elle s’en moque. Elle sait bien qu’avec JESUS, ce n’est pas affaire de quantité. Si JESUS est Dieu, alors tout ce qui provient de lui, chaque parole, chaque geste, est rempli de l’infini divin. Une miette d’infini, c’est encore l’infini. Et l’infini suffit au plus grand appétit.

Cette femme a une belle leçon à nous apprendre, en ces temps de disette. Nous sommes peu, de moins en moins, à fréquenter l’Eglise, peu à croire… le christianisme semble parfois en miette. En anglais, si « crumble » veut dire miette, le verbe « to crumble » veut dire s’effondrer. Effondrée, comme cette femme sous la table, ployant sous le poids de la maladie de sa fille. Effondrée sous la fatalité d’une société qui ne la mettait pas du côté des choisis, des « brebis perdues d’Israël », à qui JESUS était d’abord envoyé. Effondré comme ce fameux « monde d’après » que l’on nous vente, qui risque bien de ressembler à celui d’avant, en plus cruel et en moins juste. La table sans cesse se rétrécit, il y en a toujours plus à peiner en dessous, toujours moins à trôner tout autour. On peut bien désespérer de l’état de notre pauvre monde… Et cependant, sous la table, prosternée, la pauvreté de cette femme faisait sa richesse. Sa seule richesse, c’est sa foi.

Notre monde en miette n’a donc plus que la foi, la foi pour s’en sortir. C’est vertigineux, parce que tant que nous n’avons pas compris la leçon de la femme sous la table, nous sommes encore dans l’illusion qu’il faudra tout reconstruire par nous-mêmes. Mais sans Dieu, nous risquons bien de nous effondrer pour de bon, écrasés par le poids des défis à venir.

Voyez ce qui a poussé cette femme à la foi : la santé de sa fille. Tout vient de là. C’est la volonté de sauver son prochain qui peut ramener notre monde à croire. C’est le bien que nous souhaitons à ceux qui nous sont chers. C’est le souhait que nous avons que tel projet se réalise, que telle personne se convertisse, que telle autre guérisse ou que nous même sachions pardonner, être fort et sage dans l’épreuve. Bref, c’est à force de désirer le bien, et de présenter à JESUS ce désir, que nous recevrons de Dieu lui-même la grâce et la vie. La prière seule nous préservera de l’effondrement.

N’avez-vous jamais, frères et sœurs, murmuré une prière à l’improviste tout bas dans une église, ou allumé un cierge, l’air de rien, à Lourdes ou dans une obscure chapelle de montagne, ou encore déposé un petit bouquet au pied de la vieille croix qui borde le chemin ? Cela nous semblait peut-être un peu dérisoire. Mais aujourd’hui une femme nous rappelle la puissance cachée dans ces miettes de foi. Retenez ceci : il n’y a pas de petite prière. Chaque rencontre avec Dieu, même celle qui semble la plus modeste, est une porte ouverte sur le large infini.

Cette semaine, je nous invite donc à aller visiter la chapelle du bout de la rue ou du fond du vallon, le calvaire du coin, la statue oubliée près de la petite source. Ou bien la plage ouverte sur le vaste horizon. Ou encore la chapelle de votre maison de retraite, de votre hôpital ou de votre prison. Et d’y prier, humblement. Mais n’y allez pas seuls. Emmenez votre cousine agnostique, votre petit-fils curieux mais incroyant, votre ami fidèle qui ne partage plus votre foi. Ne l’étouffez pas par de grands discours ou de longues litanies. Proposez lui simplement d’allumer une bougie, de se tenir quelque temps en silence et de formuler en secret une intention. Et dites-lui que vous priez Dieu qu’il lui accorde cela. Ne lui proposez pas, pas encore, le pain tout entier, juste une miette. Une miette, ça ne se refuse pas.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedLun 31 Aoû 2020, 7:56 pm




Citation :
Évangile

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Mt 16, 21-27)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur JESUS Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là,
JESUS commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

Alors JESUS dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa


Homélie de la messe du 30 août 2020 à Moissac


Après avoir écouté la Parole de Dieu nous risquons de nous alarmer et de nous inquiéter sur son exigence. Cette exigence porte sur des engagements, un chemin à prendre qui pourrait se résumer à une attitude : devenir de plus en plus semblables à JESUS en le suivant, en marchant pas à pas derrière lui.

Dès la première lecture la voix du prophète Jérémie fait entendre sa plainte : il est devenu prophète par la volonté de Dieu, il est fidèle à Dieu mais il porte une Parole qui est rejetée parce qu’elle demande au peuple de se convertir. Or, il ne peut pas taire cette Parole que Dieu met dans son cœur.

C’est une Parole de feu, qui le consume sans cesse. Il vit là le drame du croyant inspiré par l’Esprit -Saint. Dieu, pour annoncer au monde sa Parole, a choisi une Parole plus forte que tout, cette Parole c’est son fils, c’est JESUS. Cette Parole ne peut s’enraciner que dans un cœur qui écoute, un cœur qui est en attente : le psaume traduit ce besoin du croyant qui a soif de Dieu et qui le cherche avec force. La deuxième lecture tirée de la Lettre de saint Paul aux Romains décrit la démarche intérieure, spirituelle qui répond à la Parole de Dieu : il s’agit de « transformer » notre pensée pour la faire coïncider avec la volonté de Dieu et, ensuite, agir en faisant la volonté divine. Comme JESUS nous l’apprend ne disons-nous pas dans le Notre Père « que ta volonté soit faite » ? JESUS peut reconnaître en toute personne qui fait la volonté de Dieu « un frère, une sœur, une mère » (Matthieu 12,50)

Pour être ce fidèle qui vit selon la Parole de Dieu, pour offrir sa personne tout entière au Père il n’y a qu’un chemin : celui que le Fils a pris et qu’il nous montre. Dans l’évangile nous avons entendu que JESUS annonce le chemin qu’il prend : au sens matériel, ce chemin c’est la montée à Jérusalem parce que son sacrifice ne peut s’accomplir que là. JESUS précise les actes du drame : souffrir, mourir, ressusciter. Il connaît son destin. Mais il se heurte à Pierre qui refuse cette perspective. Le combat apparaît ici entre la logique des hommes et la logique de Dieu et il fait écho à ce qui précède dans les lectures de ce jour : la Parole de Dieu acceptée ou refuser par l’homme et la nécessité de choisir le chemin de Dieu qui est toujours un chemin de croix. Pierre ne veut pas que JESUS connaisse l’épreuve de la Passion qu’il ne comprend pas et se met en avant pour barrer le chemin. JESUS le fait passer derrière pour lui montrer qu’il a à suivre et non à guider. Le disciple marche derrière le maître, il passe par là où passe le maître : la souffrance, la mort, la gloire avec le maître. Le renoncement à notre propre volonté, l’acceptation de notre croix personnelle et quotidienne, la suite aimante de JESUS, voilà l’itinéraire du chrétien. L’acte de foi n’est pas une proclamation ou le développement d’une idée c’est prendre résolument à la suite de JESUS la route du renoncement à soi, du don de soi, de manière inconditionnelle et indéterminée : c’est la voie supérieure dont parle saint Paul (1Co12,31 -13,13) : l’amour par lequel j’aime Dieu et mon prochain. Cette voie mène au Père, elle me comble peu à peu de la présence du Fils et me fait vivre dans l’Esprit-Saint. Elle ne passera pas parce qu’elle s’accomplit en vie éternelle.

La Parole de Dieu que nous venons d’entendre est une invitation à faire le choix juste : d’abord à connaître cette Parole, c’est-à-dire à être familier de JESUS, à se nourrir des sacrements, à agir selon l’Esprit-Saint dont nous avons reçu les dons. Mais, surtout, faire de notre vie « une louange à la gloire de Dieu » et la construire non pas sur ce que nous allons laisser en quittant ce monde mais sur le trésor de la foi vécue et pratiquée au quotidien. Alors nous pourrons recevoir un trésor plus grand encore la vie dans la lumière de Dieu. Déjà cette lumière brille dans l’eucharistie, accueillons-la.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedMer 09 Sep 2020, 8:12 pm




Citation :
Évangile

« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)


Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


HOMÉLIE DE LA MESSE DU 6 SEPTEMBRE 2020 À VALENCE

Mon couvent possède une bibliothèque. Jusque-là, rien d’original : tous les couvents dominicains en possèdent une. Je vais souvent dans cette bibliothèque. Comme tous les frères, j’ai des rayons favoris où je retourne volontiers. Il en est un, toutefois, qui me donne un peu le tournis.

C’est le rayon « morale ». Que dis-je ? Les rayons « morale », les allées « morale », des centaines de livres, des collections entières, des dictionnaires, des guides, des codes et des commentaires, sans parler de la section « psychologie », de la section « philosophie morale » et des sections connexes. Alors qu’il me semble que tout cela pourrait se résumer en une phrase : nul ne veut faire du mal à celui ou celle qu’il aime. Ou comme le dit saint Paul : « L’amour ne fait rien de mal au prochain. »

Je sais que j’ai tort. Je veux dire : je sais qu’il faut expliquer et qu’il faut des règles, et souvent des règles un peu précises parce que le cas demande de la précision. Mais il reste qu’aux questions de morale posées par les rabbins et les pharisiens, JESUS répond invariablement par l’amour. On lui demande « est-il juste de ? » ou « a-t-on le droit de ? », et toujours JESUS répond : si tu aimes, tu sais ce que dois faire. Et ne pas faire. Tu le sais d’emblée. Sans hésitation.

C’est pour cela que saint Paul, qui était à l’origine un pharisien, c’est-à-dire un légiste, peut affirmer, avec quelle audace et quelle netteté !, que toute la Loi se résume en un article, un seul, l’article 1 : « Tu aimeras ton prochain. » Et j’ajouterais : plus on aime, plus on sait comment agir. Mieux on aime — oui, car il y a une qualité de l’amour, une délicatesse, une générosité, une gratuité — mieux on aime, mieux on sait comment agir.

Si j’aime, alors je sers et je protège, j’éduque et j’encourage. Cela me paraît très simple. Je n’ai pas dit facile. Il est en réalité plus facile d’obéir à une loi que d’aimer, et c’est pour cela que nous retombons si facilement dans le légisme. Aimer demande d’ouvrir son cœur à cet autre qui est notre prochain, de nous laisser atteindre, toucher par lui, et quand il ne nous touche pas, de nous laisser façonner par l’Esprit qui seul donne l’amour. Aimer vraiment, aimer en toute générosité, aimer l’autre pour lui-même et non pour ce qu’il nous donne, ce n’est pas une mince aventure.

Mais l’enseignement du Christ demeure simple. Article unique : « Tu aimeras ton prochain. » Ou comme le dit saint Augustin dans une formule si courte qu’elle en reste éblouissante, quinze siècles plus tard : « Aime, et fais ce que tu veux. » « Fais ce que tu veux » parce que ce que tu veux quand tu aimes, c’est le bien de l’autre, c’est donc le bien tout court.

Voilà, j’ai trouvé ! Je vais prendre un panneau sur lequel je vais inscrire : « Aime et fais ce que tu veux. » Je vais l’accrocher à l’entrée du rayon « morale » de la bibliothèque de mon couvent. Comme cela je n’aurai plus le tournis. Comme cela j’aurai toujours mon axe, mon guide, mon espoir, qui est que tout est pour l’amour et par l’amour. C’est ce que le Christ nous a révélé, et c’est le chemin de notre libération.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedLun 14 Sep 2020, 7:10 pm






Citation :
Évangile

« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)


Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de JESUS pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
   JESUS lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
   Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

   Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
   Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
   Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
   Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

   C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 13 septembre 2020 à Bichancourt


Ah! le pardon! Le pardon ! Nous sommes au cœur de la vie chrétienne ! Mais qu’il est difficile ce pardon ! Difficile à donner ! Parfois difficile à recevoir…

Les paraboles de la miséricorde chez St Luc – la brebis perdue et retrouvé, la pièce perdue et retrouvée, le fils perdu et retrouvé – se terminent pourtant toutes par une fête ! La joie, l’allégresse règne quand le pardon est donné ! Et avec vous chers fidèles qui nous regardez en direct, nous avons chanté, au début de cette messe, “jubilez, criez de joie”! Le cœur de notre foi ne peut être triste ! Se réconcilier avec ses frères, avec Dieu: n’est-ce pas un soulagement ?

Mais pourquoi, rechignons-nous au pardon ? Pierre, avant nous, semble compter son pardon: “ jusqu’à sept fois? ” Oh, c’est difficile de pardonner ! Je pense à vous et à vos aînés, habitants de Bichancourt et de sa région. Les deux guerres mondiales qui ont secoué si durement notre monde au XXème siècle ont laissé des traces. Cette église pose ses fondations sur votre église précédente, détruite par la grande guerre. Elle a été magnifiquement décorée des fresques de Louis Mazetier dans les années 1920. Mais les verrières du même artiste, nous ne les voyons pas: une deuxième fois les bombes ont endommagé l’église en 1940. Derrière ces meurtrissures, il y a aussi les familles endeuillées… C’est dur de pardonner. Et de pardonner plusieurs fois !

Alors comment notre évangile va éclairer ce pardon à donner, et à redonner ? JESUS va répondre au-delà de la question de St Pierre ! Il se prononce sur le nombre et sur la manière de pardonner ! De nombre: il n’y en a pas: 70 fois sept fois, ça veut dire toujours ! Inlassablement ! Comme notre Père des cieux quand nous allons nous confesser ! Dieu est infatigable en pardon ! Bien des fois, nous pouvons nous demander à quoi cela sert d’aller encore confesser les mêmes péchés ! Dieu ne s’en lasse pas ! Il serait plutôt du genre à s’inquiéter que nous n’allions pas à lui; bloqués par un péché récurrent ! Dieu aime pardonner, frères et sœurs ! Pas de nombre donc !

Mais la manière? Quelle est-elle ! Comment pardonner ? C’est la fin de la parabole qui nous en parle : pardonner du fond du cœur, sinon, ce n’est pas un pardon ! Chers enfants, comment avez-vous réagi à l’attitude de l’homme de la parabole ? Son maître passe l’éponge sur son immense dette. (J’ai fait le calcul: il devait sans doute autour de 200 tonnes d’argent massif. Aujourd’hui, ça vaut près de 144 millions d’euros.

Le voici, presque étranglant son compagnon qui lui devait une petite somme ! “C’est pas juste!” On entend ça parfois dans les cours de récréation ! vous auriez réagi certainement comme les compagnons de cet homme. Vous connaissez le Notre Père, chers enfants, et vous chers fidèles qui priez avec nous depuis votre domicile. Avouons-le, la phrase la plus difficile à prononcer de cette prière des enfants de Dieu, c’est bien l’avant dernière: “ pardonne-nous nos offenses comme nous les pardonnons à ceux qui nous ont offensés ”. Parmi nous, n’y en a-t-il pas qui gardent le silence à ce moment-là ? Oui, car il peut y avoir une rancune qui traîne dans notre âme et qui empoisonne notre vie…

Ces pardons non donnés, ces dettes non remises sont nos véritables bourreaux. “ si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? ” nous disait le Sage dans la première lecture. “ Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ” enseignera plus tard JESUS. Nous voyons bien que l’amertume est un poison dont le pardon “du fond du cœur” est le remède. Pardonner, c’est remettre une dette parce que le Seigneur a payé la nôtre de sa vie ! Pardonner, c’est consentir par amour du débiteur qui est notre frère, à ne pas être remboursé alors qu’il nous devait !
Pardonner, c’est accepter un certain appauvrissement. Oui, mais c’est surtout s’enrichir ! Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux ! Pardonner, c’est goûter la joie d’un cœur pacifié, libéré des rancunes et des colères ! Pardonner c’est enfin retrouver le Père sans retenue, sans réserve. Ce Père aimant et pardonnant! Alors, oui ! Le pardon ! Du fond du cœur ! Et plutôt 70 fois que sept fois !


Références bibliques : Si 27, 30-28, 7 ; Ps 102 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 16 Icon_minipostedLun 21 Sep 2020, 7:36 pm




Citation :
Évangile

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)


Alléluia. Alléluia.
La bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres :
tous acclameront sa justice.
Alléluia. (cf. Ps 144, 9.7b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait cette parabole à ses disciples :
« Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :
un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.’
Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
‘Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?’
Ils lui répondirent :
‘Parce que personne ne nous a embauchés.’
Il leur dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.’
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?’

C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 20 septembre 2020 à Fénétrange


« C’est pô juste » s’écria d’une voix forte, avec un accent à la Titeuf, Julien, cet interne du foyer que je dirigeais alors, en claquant la porte de mon bureau. Je venais de le punir de sortie suite à un écart important de comportement, et il pensait que la sanction que j’avais prise la semaine passée à l’encontre d’un camarade, auteur de faits similaires à ses yeux, était beaucoup moins lourde. « Mais vos deux situations ne sont pas comparables !» tentais-je de lui expliquer, sans guère arriver à le convaincre.

« Ce n’est pas juste ! » Telle est sans doute la première réaction qui nous habite en écoutant cette parabole racontée par Matthieu. Voilà que celui qui n’a travaillé qu’une heure est payé autant que celui qui, durant douze heures, a enduré le soleil et la fatigue. Voilà de quoi mettre en colère un délégué syndical ! Il est vrai que l’attitude de JESUS blesse notre sens de la justice. Mais gardons en mémoire que ces ouvriers de la onzième heure n’ont pas passé leur temps à se divertir le reste de la journée. Non, ils n’ont fait que chercher du travail, mais, malheureusement, n’ont pas eu la chance de trouver un employeur. « Personne ne nous a embauchés » répondent-ils à JESUS qui les interroge sur la raison de leur inactivité durant la journée. Aussi paraît-il « équitable » à JESUS de les récompenser de la même manière que ceux qui ont eu la chance d’être embauchés parmi les premiers.

Il nous arrive souvent de confondre équité avec égalité de traitement. Lorsque j’interviens sur ce thème auprès de collégiens, j’aime leur raconter l’histoire de trois jeunes enfants, de grande, moyenne et petite taille, cherchant à voir un spectacle derrière une palissade. Si on les traite de manière égale, le premier arrive à voir, le second peine en se hissant sur la pointe des pieds, et le troisième, quant à lui, ne voit rien du tout. Mais si l’on met une grande marche sous les pieds du troisième, une moins importante sous les pieds du second et aucune sous les pieds du premier, alors tous verront de la même manière. Se comporter de manière équitable vis-à-vis de ces trois enfants nécessite de les traiter de manière différente. Rappelons que la signification première du mot « handicap » consiste dans l’avantage que l’on donne à celui qui rencontre une difficultés, pour que l’équité puisse être au rendez-vous. Nos sociétés modernes ont tendance à oublier ce principe, elles qui prennent souvent l’habitude d’exclure ceux qui se révèlent incapables de suivre le rythme. Et ce constat est malheureusement aussi vrai dans le champ de l’école que dans celui de l’entreprise.

Oui, la justice conçue par Dieu est bien différente de celle conçue par les hommes. Comme le disait le prophète Isaïe, « Ses pensées ne sont pas vos pensées, ses chemins ne sont pas vos chemins ». La conception humaine de la justice exclut la gratuité, alors que celle de Dieu s’allie à la bonté. Le mérite n’est pas évalué en nombre d’heures de travail passées à la vigne, mais au seul fait d’avoir accepté d’y travailler. D’ailleurs, n’est-ce pas l’invitation au changement que signifie l’interpellation du maître qui, à l’heure des comptes, appelle « ami » celui qu’il avait embauché quelques heures auparavant. Il cherche ainsi à le faire changer de posture, à passer du registre de la relation contractuelle conforme au droit à celui de la relation amicale, qui ouvre la possibilité du don gratuit. N’est-ce pas en quoi consiste un comportement digne de l’Évangile du Christ, pour reprendre les propos de Paul adressés aux Philippiens ?

Permettez-moi une dernière réflexion : la parabole nous présente un maître qui ne cesse à toute heure de la journée de sortir de son domaine pour partir à la rencontre des hommes en quête de sens à donner à leur vie. Saurons-nous aujourd’hui encore nous laisser interpeller par ce Dieu qui ne cesse de venir frapper à notre porte afin de nous solliciter pour que nous contribuions à notre tour à la croissance de son Royaume d’amour et de vérité, de justice et de paix ? Et serons-nous toujours capables de nous réjouir de ce que l’autre reçoit, de bénir plutôt que jalouser ? Puisse le message de cette parabole nous aider à transformer notre cœur !



Références bibliques : Is 55, 6-9 ; Ps 144 ; Ph 1, 20c-24.27a ; Mt 20, 1-16



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L'Homélie

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