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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedLun 13 Fév 2012, 9:26 am

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMer 08 Jan 2020, 3:59 am

»Et toi, Bethléhem Ephrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. (Michée 5:2 LSG)
Qui en fait était celui dont l’origine remonte aux temps anciens, aux jours de l’éternité
Quel est son nom ? que leur dirai-je ?
Et Dieu dit à Moïse : JE SUIS CELUI QUI SUIS.
Et il dit : Tu diras ainsi aux fils d'Israël : JE SUIS m'a envoyé vers vous. Exode 3. 13, 14
JESUS leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Avant qu'Abraham ait existé, JE SUIS. Jean 8. 58
Le nom de Dieu : JE SUIS
À travers les âges, Dieu s'est fait connaître à l'homme par les différents noms qu'il porte. Lorsqu'il s'est révélé à Moïse, dans le désert du Sinaï, il s'est présenté comme celui qui s'appelle «JE SUIS».
Autrement dit, celui qui existe par lui-même, en dehors du temps, Celui qui est toujours présent, toujours vivant, toujours agissant.
Notre vie s'écoulant dans le temps, nous sommes obligés de penser en fonction du passé, du présent et de l'avenir.
Il nous est donc impossible de saisir vraiment ce qu'est l'éternité et cette dimension insaisissable de Celui qui s'appelle «JE SUIS».
Pour lui «un jour est... comme mille ans, et mille ans comme un jour» (2 Pierre 3. 8).

Ce nom de «Je Suis» caractérise aussi JESUS Christ.
Il a pu dire : «Avant qu'Abraham ait existé, Je suis» (Jean 8. 58).
Il n'a pas dit : «J'étais», car il est présent depuis toujours.
Ses interlocuteurs ont compris qu'en disant cela, JESUS déclarait qu'il était Dieu, et ils ont voulu le lapider. Sept autres fois, dans l'Évangile de Jean, JESUS a déclaré : «Je suis»...
Il est le pain de vie (6. 35, 48), ( Je Suis )
la lumière du monde (8. 12), ( Je Suis )
la porte (10. 7, 9) ( Je Suis )
le bon Berger (10. 11, 14), ( Je Suis )
la résurrection et la vie (11. 25), ( Je Suis )
le chemin, la vérité et la vie (14. 6),( Je Suis )
et enfin le vrai cep (15. 1). ( Je Suis )
Et aussi : Col 1:15 Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Heb 1:3 et qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts,
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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedLun 13 Jan 2020, 10:08 am




Citation :
Évangile

« Dès que JESUS fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » (Mt 3, 13-17)


Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert,
l’Esprit descend sur JESUS,
et la voix du Père domine les eaux :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »
Alléluia. (cf. Mt 3, 16-17, Ps 28, 3)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

Alors paraît JESUS.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais JESUS lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.

Dès que JESUS fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »


Homélie de la messe du 12 janvier 2020 à à Steenkerque (Belgique)


Frères et soeurs,

Savez-vous que l’Église reconnaît depuis ses débuts trois différents baptêmes : le baptême de l’eau, le plus connu, le baptême du sang et le baptême de désir ? Le baptême du sang est celui du martyre : si quelqu’un meurt pour sa foi sans avoir été baptisé, l’Église reconnaît que sa mort l’assimile au baptême. Il en va de même pour celui qui a manifeste le désir d’être baptisé et qui, s’il vient à mourir avant d’avoir reçu le baptême, est, lui aussi, considéré comme mort baptisé.

En Occident, au fur et à mesure que toute la population est devenue chrétienne, le baptême du sang et celui du désir ont disparu, ce qui a fait du baptême de l’eau le seul baptême que nous connaissons. Et pourtant, je pense que le baptême n’a pas vraiment de sens s’il n’est pas, pour chacun, baptême d’eau, de sang et de désir. Or il faut bien avouer que le baptême est devenu un rite d’entrée dans l’Église, une « formalité » d’inscription que nos parents ont remplie à notre place. Mais le baptême n’est pas une formalité administrative ! Il n’est pas un rite sociologique, pas même religieux, mais un signe d’eau, de feu et de désir qui rend manifeste une manière nouvelle de vivre. C’est cette manière nouvelle de vivre qui compte, et non la cérémonie !

Et qu’est-ce qu’une vie nouvelle, une vie authentique, sinon une vie animée par le désir de vivre ? Certains vivent en dehors du désir de vivre, à la remorque de la nécessité ou comme si leur vie était une fatalité. Alors grande est la tentation de démissionner, de remettre à plus tard le désir de vivre, de s’enliser dans la morne répétition des choses à faire, de creuser l’ornière de la routine, de faire de sa vie une longue plainte… Comment sort-on de ce marasme, de cette lassitude de vivre ? On peut bien sûr chercher à se convaincre soi-même : que la vie est belle, qu’on est, sinon le meilleur, un battant, qu’on trouvera bien les forces nécessaires, que ça va aller… Bref, la méthode Coué ! Tant que ça marche, bien sûr ! Mais la méthode Coué est toujours vouée à l’échec. Pourquoi ? Parce que compter sur ses forces est déjà une force de moins, car ce n’est pas en faire usage. Un rien d’ailleurs les met hors d’usage : une difficulté plus grande que prévue, un échec plus cuisant que les précédents. Alors nos forces supposées tournent en impuissance. Cette impuissance que certains ressentent plus vivement, plus douloureusement et qui les plonge parfois dans une infinie détresse.

D’où le Christ tenait-il sa force, et la puissance de « faire le bien », comme l’écrit l’apôtre Pierre ? De lui-même ? Non. Il la tenait d’un Autre. Pour le dire ainsi, un jour, il s’est senti adopté. Il a entendu une parole qui le rejoignait dans la vérité de son désir de vivre. Ou, plutôt, il a entendu une parole qui devenait la vérité de son désir de vivre. Cette parole est : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » Cette voix qu’il ne connaissait pas et qu’il fut le seul à entendre, puisqu’elle lui était adressée singulièrement, lui révélait en un éclair qu’il était désiré, et qu’un Père trouvait en lui sa joie ! Comme un enfant qui se réjouit d’être aimé de ses parents uniquement pour ce qu’il est, JESUS reconnut ce jour-là que toute sa vie était le fruit d’un amour infiniment bienveillant, et la joie qu’il recevait de son Père devint en lui source de reconnaissance.

Vous penserez : c’est bien beau pour le Christ, n’est-il pas le Fils de Dieu, mais nous, pauvres humains ? Eh bien, la parole qu’il a entendue, elle est adressée à chacun de nous : c’est ce que l’apôtre Paul a redit avec force dans sa lettre aux Galates : « Fils, vous l’êtes bien : Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba, Père ! » (Ga 4, 6) Oui, fils et filles, nous le sommes bien ! En effet, nous avons été plongés, dès avant notre naissance, dans le bain de la tendresse inconditionnée de Dieu. Autrement dit, c’est dans le désir infiniment bon et joyeux de Dieu que nous sommes constamment plongés. Ce qui veut dire qu’aucune détresse, aussi infinie nous paraît-elle, ne pourra jamais être plus forte que l’infinie tendresse de Dieu.

Le jour de notre baptême, aucune voix nous est venue du ciel ; par contre, les paroles et les gestes du prêtre n’ont eu de sens qu’à dire à nos parents que la vie de leur enfant baigne dans une tendresse sans bornes, inépuisable. L’eau qui a été versée sur nos têtes est le signe de cette tendresse qui coule sur nous abondamment.

Et le baptême du sang ? N’est-il pas réservé aux martyres morts avant d’avoir reçu le baptême ? Non : le baptême du sang est le baptême du feu, le baptême de l’Esprit, sans lequel d’ailleurs, le baptême de l’eau resterait exsangue. Le coeur brûlant l’atteste ; et aussi un soulèvement intérieur, une jubilation qui nous transporte.

Quel est alors à la fois le fruit et le signe de ce triple baptême d’eau, de feu et de désir dans lequel nous sommes plongés ? La confiance, surtout. Une confiance comme celle dont parle le poète français d’origine belge, Henri Michaux : « Une confiance d’enfant, une confiance qui va au-devant, espérante, qui vous soulève, […], un débordement et une libération, […], une joie surabondante dont on ne sait si on la reçoit ou si on la donne […] ».





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMer 22 Jan 2020, 9:25 am




Homélie de la messe du 19 janvier 2020 à Bordeaux


Ce qui vient d’être lu, nous unit autour de la personne de JESUS-Christ et c’est pourquoi, ce passage de la Bible nous rassemble, ce matin. JESUS emploie des exemples imagés que l’on peut certainement qualifier de « terre à terre » pour nous faire comprendre les grandes réalités spirituelles de Dieu. Cette illustration nous dit que JESUS désire nous amener à réaliser le sens profond de la relation qu’il veut avoir avec nous.

Les évènements qui suivront la vie de JESUS, sont, tous ce qui entoure la crucifixion, ce qui donne un relief particulier à ce passage. L’approche de la mort de JESUS nous ouvre en réalité les portes de la vie qu’il nous donne en abondance par sa résurrection ! L’image de la vigne nous interroge à bien des égards : JESUS déclare être le vrai cep et Dieu le vigneron. Ces 2 axes principaux nous conduisent sur le chemin de la foi qui nous mène à Dieu à travers la relation intime avec Christ. Avant nous pouvons lire dans le même évangile de Jean au ch 14 v 6 cette autre déclaration de JESUS « JE suis le chemin la vérité et la vie et nul ne vient au père que par moi. »

Quand JESUS dit « Je suis le vrai cep » , IL reprend le même type de déclaration que : « je suis la vérité » Le sarment n’est pas auto-suffisant, il ne donne pas la vie, mais il la puise dans le cep et la communique pour produire le fruit. Cette vérité incontournable nous amène à nous interroger :

A qui ou à quoi somme-nous attachés aujourd’hui ? Ce qui émane maintenant, de notre vie, et dans notre façon d’être, dans le rapport à l’autre, c’est certainement, la réponse à cette question … Les différentes étapes de la vie d’une vigne ne se ressemblent pas parce qu’il y a des cycles de croissance. Tous ce processus est rendu possible par la communication de la vie du cep vers le sarment, ce n’est pas le cep qui produit le fruit mais bien le sarment. La vigne reste la vigne quelques soient ses étapes tant que le sarment reste soudé au cep.

Il y a :
– Un temps où la vigne offre, peut-être pour certains, une vue peu attrayante
– Puis, le temps où elle change de couleur avec l’apparition progressive de son feuillage,
– Ensuite, le temps où apparait une autre couleur, celle du fruit
– Et enfin le temps de la jouissance de ce même fruit, que nous découvrirons plus loin.
– Dans ce processus de vie, auquel de ces 4 temps, pouvons-nous nous identifier aujourd’hui ?
– Quelle est notre couleur du moment ?
– Quelle est notre étape du moment ?

Cette image de la vigne et son processus de vie, nous aide à comprendre que nous ne pouvons pas en permanence produire du fruit. JESUS nous appelle à vivre le moment présent pour en apprécier sa valeur quelles qu’en soient les étapes.

Le travail du vigneron : C’est le temps de la vigne peu attrayante qui permet au vigneron de l’émondé. C’est un travail minutieux, car la qualité de la vigne à venir, dépend de la précision de coupe des sarments.

Dieu, le divin vigneron, désire travailler en chacune de nos vies pour couper de qui ferait obstacle à la production de nos fruits en tant que chrétiens. Il nous appartient, donc, alors de nous interroger :
– Sommes-nous assez confiants pour reconnaitre humblement ce qui fait obstacle à l’écoulement de la vie de Christ en nous ?
– Pouvons-nous dire comme l’apôtre Paul ? « Ce n’est plus moi qui vis mais Christ qui vit en moi ! »

Nos vies toutes entières sont comme un vignoble, dans lequel le divin vigneron aime sa vigne et en prend soin à chaque stade et sans brûler les étapes.

L’amour de Dieu pour nous, inclut nos propres défaillances. C’est pourquoi Il désire prendre soin de nous. Si cette vérité dépasse notre intelligence et notre entendement, alors prenons en simplement acte, pour l’accepter.

Si l’émondage est vécu comme une forme de souffrance, souvenons-nous que Dieu n’est pas notre accusateur mais bien l’artisan de nos vies. Il a pour seul finalité l’optimisation du passage de la sève qui produira en son temps les bons fruits.
C’est un vigneron qui à chaque saison taille et réduit sa vigne pour la faire grandir Et quels sont Les fruits que nous produirons : La Bible en parle dans GALATES 5 : 22 L’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maitrise de soi. Ces fruits ont pour finalités l’expression de la beauté et de la saveur du caractère de JESUS-Christ en nous.

Il n’y a rien d’utopique puisque JESUS dit au V5 que tant que nous demeurons en lui et lui en nous nous porterons beaucoup de fruits, car sans lui ne pouvons rien faire. Ces fruits là, tour à tour, produisent une vie personnelle épanouie et apaisée avec nous même pour que notre relation à notre prochain soit tout autant épanouie et apaisée. Quand il parle de l’importance de rester attaché à lui, puisqu’il est le vrai cep, c’est parce qu’il désire que sa vie puisse couler abondement en nous et sans obstacle. Cette générosité de vie, que JESUS nous propose, n’est pas seulement pour nous même mais elle est pour être partagé et vécue avec notre prochain, et donc notre pays aurait grandement besoin aujourd’hui !

Si, JESUS nous parle ainsi quelques temps avant d’être arrêté et crucifié à cause de nos péchés c’est pour nous faire comprendre que le pouvoir de sa mort et de sa résurrection nous libère d’une forme de vie passé qui souvent, est regrettée.

Ainsi les fruits amers d’une vie sans Christ ne sont plus…
– et L’amour remplace la haine,
– la joie remplace la tristesse,
– la paix, remplace l’angoisse et la violence
– la patience, remplace le stress, et l’inconstance
– la bonté, remplace l’ignorance et la médisance
– la bienveillance, remplace l’agressivité et la désobligeance
– la foi, remplace le défaitisme et le découragement,
– la douceur, remplace l’aigreur et l’amertume
– la maitrise de soi, remplace l’emportement et l’indécision

Il est très difficile pour nous, d’opérer durablement ces changements par nous-même et JESUS le sait bien, puisqu’il nous dit « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». C’est justement, cela qui nous permet d’envisager un nouveau départ avec JESUS comme la référence essentielle de nos vies. C’est cet attachement à JESUS, le vrai cep, qui nous rend meilleur de jour en jour, lui en nous et non pas nous même avec nos propres forces.

JESUS nous laisse le temps, il ne nous brusque pas, il nous accompagne avec amour, tendresse et patience, A JESUS l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde, soit toute la gloire et la puissance aux siècles des siècles, car il est aussi le Dieu tout puissant AMEN !

Références bibliques : Is 5, 1-7 ; Ps 1 ; Ga 5, 16-22 ; Jn 15, 1-5





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedLun 27 Jan 2020, 10:05 am




Citation :
Évangile

Il vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe (Mt 4, 12-23)


Alléluia. Alléluia.
JESUS proclamait l’Évangile du Royaume,
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

Quand JESUS apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
À partir de ce moment, JESUS commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »

Comme il marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
JESUS leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père,
ils le suivirent.

JESUS parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 26 janvier 2020 à Valence


Frères et sœurs, cet SMS vient de m’arriver à l’instant-même sur mon téléphone portable :« Si tu veux partager avec moi la folie de l’amour évangélique et vivre des rencontres passionnantes avec l’humanité tape 1, mais sache que c’est du sérieux… » Il s’agit de l’appel lancé par JESUS au bord du lac de Galilée. Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser JESUS à appeler autour de lui des hommes pour venir l’aider ?

JESUS vient d’apprendre l’emprisonnement de Jean-Baptiste, son cousin, qu’il aimait et admirait. Jean Baptiste est victime de son franc-parler, de son amour pour la justice, de son rejet de l’abus d’autorité. Mais comme le chante le poète : « il a dit la vérité, il sera exécuté ». Cela aurait pu être là une bonne raison pour JESUS de rester chez lui, bien tranquille et s’en tenir à son métier de charpentier. Mais bien au contraire, il prend la décision de quitter Nazareth, minuscule bourgade sans histoire, blottie dans les replis de ses collines, pour aller s’établir à Capharnaüm. C’est que JESUS veut être là où il y a du monde, là où ça bouge, là où il y a de la vie, à la « périphérie », comme dit le pape François. Capharnaüm, ville de carrefour, très active, où se croisent des personnes de diverses nations, races et cultures. JESUS veut pouvoir annoncer l’Evangile au tout venant, sans distinction. Il reprend, à son compte sans en changer un mot, la prédication de Jean-Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ».

Mais pour annoncer de la Bonne Nouvelle, JESUS ne peut rien faire seul. Son premier acte n’est donc pas un miracle mais un appel. L’aventure de l’Eglise va commencer dans la situation banale de marins pêcheurs. Curieusement JESUS appelle Pierre, André, Jacques et Jean, non pas dans le cadre d’une fête religieuse, ni d’une retraite spirituelle, mais au cœur de leur vie quotidienne, en plein travail professionnel. Quelle audace !

JESUS engage à sa suite des pêcheurs, car pour lui il faut aller prendre les hommes, comme on pêche des poissons. Attraper des poissons permettait à Pierre, à André de nourrir leur famille. En devenant pêcheur d’hommes, ils prennent dans le filet de leur amour et de leur sollicitude, la grande famille de l’humanité. Quelle tâche exaltante !

Il ne manque pas aujourd’hui de poissons à taquiner, nombreux et variés. Chacun de nous, peut devenir le baladin pêcheur de la tendresse et de la miséricorde du Christ, auprès d’une humanité assoiffée d’amour et de bonheur. L’océan est immense et recouvre tous les champs apostoliques. JESUS nous en ouvre les perspectives dans la finale de l’Evangile de ce jour. Il est cet homme de cœur, qui se laisse émouvoir par toutes les souffrances physiques, ou spirituelles rencontrées sur son chemin.

Frères et sœurs et vous ? Quelle sera votre participation pour assurer une pêche exceptionnelle en vue du Royaume de Dieu ?

Ami, cher jeune, les apôtres n’ont pas cherché JESUS. C’est lui qui a pris l’initiative de les rencontrer et de les inviter. Leur réponse est tellement inconditionnelle et immédiate, qu’elle nous paraît presque invraisemblable. Mais JESUS avait prévenu dans son SMS : pas sérieux s’abstenir ! Réfléchis ! N’as-tu pas envie de devenir toi aussi ce pêcheur, capable d’étancher la formidable soif d’amour de tes frères et sœurs en humanité ? Tu sais, il manque des bras. Si le Christ t’appelait aujourd’hui à vivre une aventure merveilleuse à sa suite, quelle serait ta réponse ? Qu’attends-tu pour partager tes talents ? Tu n’as qu’une vie.

Un jour le Seigneur m’a séduit et comme Pierre, je me suis laissé séduire. Je n’ai rien regretté de mon engagement au service de l’homme et en cet instant même, je reconduis le contrat qui me lie à jamais au Christ. Il est pour moi un compagnon de route extraordinaire et il reste mon meilleur ami. Amen.

Références bibliques : Is 8, 23-9.3 ; Ps 26 ; 1 Co 1, 10-13.17 ; Mt 4, 12-




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedJeu 06 Fév 2020, 8:50 am





Citation :
Évangile

« Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)


Alléluia. Alléluia.
Lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.
Alléluia. (Lc 2, 32)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de JESUS l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant JESUS
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 2 février 2020 à Paris


Quarante jours après Noël, JESUS est présenté au Temple. Que signifie cette présentation ? Luc nous le dit : JESUS est présenté pour être consacré au Seigneur. C’est la raison pour laquelle nous fêtons aussi, aujourd’hui, la vie consacrée. Mais qu’est-ce que cette consécration ?

Revenons à la scène d’Évangile. Notre attention est attirée par les personnes qui sont là, dans le Temple, autour de JESUS : Joseph et Marie, Syméon et Anne, deux hommes, deux femmes, deux jeunes, deux plus âgés, à part égale. Et il y a aussi, en offrande, un couple de tourterelles et deux petites colombes : comme en échos au couple des parents de JESUS et aux deux anciens habités par l’Esprit. L’Esprit qui plane sur cette scène, comme au premier matin du monde.

Car à l’horizon se dessine déjà Pâques, où JESUS fera l’offrande de lui-même pour le salut du monde, où le Père, comme Syméon, le recevra dans ses bras et où l’Église, Temple de l’Esprit, comme Anne, « proclamera les louanges de Dieu et parlera de JESUS à tous ceux qui attendent la délivrance ».

La vie consacrée se reconnait en Syméon et Anne : l’homme juste et religieux et la femme prophétesse ; l’homme qui fait le geste infiniment doux et respectueux de prendre l’enfant dans ses bras et la femme qui prend la parole joyeusement au sujet de l’enfant ; Syméon qui vient au Temple et Anne qui vit au Temple, servant Dieu jour et nuit. Apostoliques et cloitrés, les religieux et religieuses, tous les consacrés, sont les Syméon et Anne d’aujourd’hui.

Ils ont été appelés, et ont répondu à l’appel du Seigneur, pour être tout entiers à cette unique mission : recevoir et annoncer JESUS Christ, qui vient en ce monde, aujourd’hui comme alors.

Recevoir et annoncer JESUS Christ qui vient, d’une manière à la fois prévisible et stupéfiante : prévisible parce qu’annoncée par toutes les Écritures. Tel le prophète Malachie qui dit : « soudain viendra dans son Temple, le Seigneur que vous cherchez ». Stupéfiante, car ce n’est pas dans la puissance d’un bras souverain qu’il vient, mais comme un nouveau-né, un tout petit, qui partage, comme dit la lettre aux Hébreux, ce que « les enfants des hommes ont en commun, le sang et la chair ».

Et cette mission est portée bien plus que par les consacrés : nous connaissons tous de ces personnes de grand âge dont les ans ont affiné le cœur, adouci les gestes, ajusté les paroles : elles vivent ainsi, consacrée au Seigneur, dans le secret. Elles sont, selon la belle expression du pape François, des consacrés « de la vie ordinaire ».

La lettre aux Hébreux ajoute encore : JESUS Christ, « parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve ». La consécration se colore d’une attention toute particulière à la présence consolatrice du Christ auprès des éprouvés.

Et aujourd’hui, ces éprouvés, ce sont les exilés, réfugiés, au milieu de qui marchent Marie et Joseph ; les enfants et les femmes abusés, auprès de qui se tient l’enfant, dans les bras de sa mère ; les personnes âgées négligées, près de qui s’asseyent Syméon et Anne ;

Prions ce matin, pour que le Seigneur continue d’appeler des femmes et des hommes à la vie consacrée, et au témoignage de la consolation. Et prions pour que l’Église que nous formons ensemble, continue son chemin de conversion, et deviennent ce lieu où se tiennent, comme Syméon et Anne, en égale dignité dans l’accueil et l’annonce du Sauveur : hommes et femmes, enfants et personnes âgés, sans oublier les tourterelles et les colombes, et toute la création, témoins de la Création nouvelle que le Seigneur est en train d’accomplir, un monde où toute chose est consacrée. Amen.

Références bibliques : Ml 3, 1-4 ; Ps 23 ; Hb 2, 14-18 ; Lc 2, 22-40





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMar 11 Fév 2020, 6:08 pm

Homélie de la messe du 9 février 2020 à Marseille

« Partage ton pain avec celui qui a faim,
« accueille chez toi les pauvres sans abri,
« couvre celui que tu verras sans vêtement,
« ne te dérobe pas à ton semblable.
« Alors ta lumière jaillira comme l’aurore,
« devant toi marchera ta justice,
« et la gloire du Seigneur fermera la marche. »

Ce n’est pas sans émotion que je relis ces versets d’Isaïe. Ni sans étonnement. Ce n’est pas sans émotion parce qu’il semble qu’ils ont été écrits pour ici et aujourd’hui, pour ce dimanche et pour cette assemblée, à Saint-Barthélemy, avec vous, qui vivez dans cette maison, vous, frères de Saint-Jean-de-Dieu, vous, amis, visiteurs, famille, soignants. Et ce n’est pas sans étonnement parce que ces versets sont des versets de triomphe et de gloire.

Spontanément nous n’associons pas le service et la gloire, et lorsque nous changeons un malade ou poussons un chariot, nous ne voyons pas l’aurore du jour de Dieu précéder nos pas. Spontanément, nous associons le service avec l’humilité. Nous savons assez ce qu’il de discret, de répétitif et, souvent, d’ingrat. Vous le savez, frères et sœurs qui participez à cette messe par la télévision et qui avez souvent la charge d’un conjoint malade. — Nous associons le service avec l’humilité, avec le devoir, avec le sacrifice. Mais pas avec la gloire.

Or c’est bien de gloire que parle Isaïe. Et de la gloire véritable, qui n’est pas l’orgueil, mais la révélation du visage de Dieu et de notre propre vrai visage de fils et filles de Dieu.

La gloire de JESUS, ce ne sont pas les trompettes et les tambours. JESUS n’est pas orgueilleux. JESUS n’avait ni cortège ni habit doré. La gloire de JESUS, dit l’Évangile, c’est d’avoir servi et aimé jusqu’au bout. Et c’est dans le service qu’est apparu son visage véritable, c’est dans le lavement des pieds qu’il s’est révélé en vérité.

Et nous, nous nous révélons à nous-mêmes lorsque nous nous mettons au service d’autrui. Notre habit de gloire, c’est notre blouse blanche et nos gants en caoutchouc. C’est là que nous prenons notre visage véritable. Lorsque nous marchons à petits pas pour accompagner un ami à la promenade, lorsque nous nous asseyons à côté d’un lit pour écouter et consoler, lorsque nous préparons un repas pour notre famille.

Cette expérience, nous pouvons tous la faire. Le service d’autrui commence par un simple sourire gratuit, par quelques minutes d’écoute désintéressée. Et tous nous savons ce qu’elle procure. Bien plus que la conscience d’un devoir accompli, elle donne un sentiment un peu mystérieux — un sentiment d’accomplissement, celui d’être à notre place, celui d’être bien, bien dans nous-mêmes, bien dans notre vie, là où nous devons être.

Beaucoup de nos contemporains cherchent le sens de leur vie. Ils se demandent qui ils sont, et pourquoi ils vivent. Vous, frères et sœurs, vous êtes la réponse. La réponse est : le sens de la vie est de se donner soi-même, c’est-à-dire d’aimer. Les hommes et les femmes sont faits pour accueillir, pour partager, pour protéger. Lorsqu’ils le font, leur cœur s’allège. Si humble que soit le service, si discret que soit le geste fraternel, il nous rapproche toujours plus de notre vérité, de la vérité de notre cœur, qui est la vérité même de Dieu.

Toi qui est au service de ton frère, de ton époux, de ton épouse, de ton ami, de l’inconnu, de l’étranger, « ta lumière se lèvera dans les ténèbres, et ton obscurité sera lumière de midi ».





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMer 19 Fév 2020, 8:46 am




Citation :
Évangile

« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » (Mt 5, 17-37)


Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le
et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la
et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère.

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne manqueras pas à tes serments,
mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas
rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’.
Ce qui est en plus
vient du Mauvais. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 16 février 2020 à Neuf-Brisach


Il y a quelques années, mon supérieur m’a demandé de quitter la communauté où je me trouvais plutôt bien, pour aller dans un autre, pour une mission nouvelle, un peu inconnue. Mais il m’a dit : « Je ne te forcerai pas. J’attends ta réponse. »

Sa requête m’a beaucoup troublé. J’aurais préféré qu’il m’oblige, je n’aurais eu qu’à obéir, sans réfléchir, machinalement. Là, il fallait que je réfléchisse, peser le pour, le contre, tâcher de comprendre la logique derrière sa demande. Bref, j’étais perdu. Quand on est perdu, on a recours à des moyens extrêmes.

J’ai fait ce que je ne fais jamais. J’ai dit au Seigneur : envoie-moi un signe (en vérité cela voulait dire dans ma tête : choisis pour moi). J’ai ouvert ma Bible de poche : « Que votre oui soit oui, non soit non… tout le reste vient du mauvais ! » J’étais bien avancé ! Le Seigneur me jouait un sacré tour. « Tu veux que je fasse le boulot à ta place – non ! » J’étais remis face à ma responsabilité.

Pas étonnant. JESUS n’aime pas bien nous voir obéir comme des machines. Respecter la loi pour la loi, ce n’est pas son truc. Il n’est pas contre la loi ni l’obéissance, non. Vous l’avez entendu « Dieu n’a donné à personne permission de péché », c’est plutôt clair. Mais il veut que nous comprenions la loi. Il est bien plus exigeant d’obéir en acceptant les raisons derrière le commandement, que d’obéir sans comprendre. Celui qui obéit en comprenant n’aura sans doute plus jamais besoin d’un rappel à la loi.
Mais celui qui obéit sans réfléchir finira par désobéir à nouveau. Et je pense que Dieu a autre chose à faire que de nous rappeler la loi à tout bout de champ.
JESUS veut nous faire entrer dans l’esprit de la loi qui n’est rien d’autre que la sagesse, parce qu’il connaît le psaume : « Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur ! » La sagesse rend heureux…

Alors évidemment, tout le monde la cherche, la sagesse. C’est très à la mode ça, la sagesse. Promenez-vous dans le rayon « ésotérisme » ou « développement personnel » de votre librairie préférée. Vous aurez trente livres sur la sagesse, mais je parie un kouglof qu’aucun de ces livres ne parlera du Christ. Etrangement, on part la chercher ailleurs que dans le christianisme. C’est qu’elle est tenue cachée en Christ cette sagesse, et l’on risque toujours de s’égarer en route en la cherchant.

Pourtant, ceux qui crucifièrent JESUS se rendaient bien compte que ça se jouait autour de lui. Ils avaient compris que cet homme venait remettre un peu de sagesse dans toute leur folie religieuse ou politique. Alors ils voulurent le faire taire, définitivement.

Ils transpercèrent JESUS de leur lance, en pensant tuer la sagesse. Mais ils ne l’ont pas tuée, ils l’ont découverte. Tu veux savoir où est la sagesse ? Alors regarde la croix. Pas avec le regard des passants qui injurient la Christ ou haussent les épaules (un mort de plus qu’est-ce que cela pourra changer, il est mort, tout est fini), pas avec le regard de ceux qui l’ont tué (maintenant, on peut légiférer tranquille, sans tenir compte de la sagesse), mais avec le regard de l’Esprit, qui découvre sur la croix un Dieu qui nous laisse libre de nos actions, et qui nous montre l’exemple d’un amour total. Son oui fut un oui, jusqu’au bout.

Oui aux hommes, oui à Dieu. C’est ça la sagesse ! Moi, j’ai finalement dit « non » à mon supérieur. En toute conscience, après avoir pris conseil. Il tint sa parole et ne m’en fit pas le reproche. J’ai vécu là-bas d’autres années heureuses et bénies. Parce que, je crois, Dieu prend au sérieux un « oui » ou un « non » réfléchis, sagement. Quatre ans après, il me fit une même requête. J’étais prêt. Cette fois-là, pas de Bible ouverte, mais une simple prière, les yeux devant la croix de notre église. « Viens Esprit Saint, éclairer mon intelligence et purifier mon cœur. Je ferai le bon choix. » Ce fut « oui ». Que voulez-vous, la sagesse prend son temps. Alors un conseil, pour tous ceux qui doivent faire un choix. Invoquez la sagesse. Et si vous ne savez pas comment faire, prenez la feuille de messe. Elle contient une prière magnifique, le psaume du jour. Les uns pour les autres, et pour tous ceux qui nous regardent, redisons-le ensemble :

« Heureux ceux qui gardent ses exigences,

ils le cherchent de tout cœur !

Toi, Seigneur, tu promulgues des préceptes

à observer entièrement.

Puissent mes voies s’affermir

à observer tes commandements ! »



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMar 25 Fév 2020, 10:45 am

Homélie de la messe du 23 février 2020 à Dourgne

Vous avez entendu ? JESUS nous pose une drôle de question aujourd’hui, à nous, les chrétiens du XXI° siècle en France : « que faites-vous d’extraordinaire ? » Ça, c’est très embêtant, c’est une très mauvaise question. Parce que, de fait, grosso modo, moines ou pas moines, nous ne faisons rien d’extraordinaire, ni hier ni aujourd’hui ; il y en a même en ce moment qui regardent la télé. Qu’est-ce que JESUS attend donc de nous, aujourd’hui ? Il n’y a pas de doute qu’il nous provoque, mais pourquoi ? Eh bien, pour nous provoquer. Comme disait une chanson : « comme un pétard qu’attend plus qu’une allumette »   De bout en bout, l’évangile est une bombe mais, faute d’allumette, à force de tourner autour, de remuer, de l’agiter, les homélies en font de la mousse à raser. 

Quelle est cette allumette que JESUS attend ? Cette allumette, c’est moi, c’est toi, c’est chacun de nous : à savoir une personne, mais une personne vraiment sensible, hypersensible et même inflammable. Si nous étions vraiment sensibles, l’évangile serait détonant. Or nous sommes anesthésiés. Il y a bien une petite goutte de phosphore en nous, mais elle a souvent été imperméabilisée par peur des mauvais traitements ou à force de mauvais traitements, comme si on avait plongé l’allumette dans de la mayonnaise industrielle ; alors on a beau gratter, gratter, ça ne marche plus, ça glisse…

Écoutons encore cette parole de JESUS : « Quelqu’un te donne une gifle ? Tu n’as qu’à lui tendre l’autre joue ! Quelqu’un te prend ton T-shirt ? Eh ben donne-lui ton pull ! Un service à rendre pour x ou pour y ? Fais-en deux pour lui, pour elle ! » C’est-à-dire pas seulement encaisser, céder, se laisser faire… mais en RAJOUTER. Céder, c’est de la faiblesse, mais en rajouter, c’est de la liberté. LA LIBERTÉ COMMENCE JUSTE APRÈS CE QUI RESSEMBLE LE PLUS À DE L’OBEISSANCE.

La liberté commence avec une douceur plus forte que la force. Dans toute l’histoire des hommes, aucun homme n’a manifesté une liberté aussi éclatante que JESUS de Nazareth. Il a obéi à la perfection à la plus dure des lois, la loi de la mort, et puis il en a rajouté : il a ressuscité. Plus librement qu’aucun autre, il a provoqué les défenseurs les plus tatillons de la Loi, les pharisiens, et aussi les détracteurs de la Loi, les impies qui somnolent en nous : rappelez-vous la semaine dernière, comme il parlait d’un simple regard de désir qui est déjà un « adultère », et aujourd’hui : « aimez vos ennemis, priez pour eux ! » JESUS dérange, il ne laisse personne tranquille. Ce qui nous dérange sans doute le plus, c’est que l’amour ne soit pas réciproque. Ni dans nos vies ordinaires, ni dans l’absolu. Non, Dieu ne sera jamais réciproque. Vous aurez beau lui faire toutes les misères du monde, vous allez être surpris : il est libre, Lui, vraiment libre. Il ne vous rendra pas coup pour coup. Il encaissera, et juste après, il vous surprendra. Alors, ce qu’il attend de nous, mais nous n’avons qu’une vie pour le faire, c’est aussi une surprise, un petit rien de liberté, celle liberté qui commence avec la douceur, et qui va plus loin, une surenchère qui traduit un véritable amour.


Non pas pour Lui, vis-à-vis de Lui. Et pas non plus pour ceux qui vous caressent dans le sens du poil, mais avec les autres, ceux qui vous hérissent, qui vous rabotent, qui vous grattent. Chacun a les siens. Cela s’appelle accepter les autres, accepter l’altération. Tout au long de notre vie, notre amour le plus libre réside dans notre capacité à nous laisser ALTÉRER par la vie, les rencontres, les adversités même. Si nous vivions un peu plus de cet amour-là, un amour qui consent à se laisser altérer, si on s’y mettait vraiment, ça ferait sans doute de multiples détonations simultanées, l’air de rien. Et l’air de rien, ce serait extraordinaire. Amen.

 
Références bibliques : Lv 19, 1-2. 17-18 ; Ps 122 ; 1 Co 3, 16-23 ; Mt 5, 38-48


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMar 03 Mar 2020, 4:50 pm

Homélie de la messe du 1er dimanche de carême 2020 à Bains-sur-Oust

“Avec toi nous irons au désert” avons-nous chanté au début de cette messe ! C’est tout le peuple de Dieu qui est entré dans le carême ! Nous avons rarement de l’enthousiasme, mais plutôt des appréhensions, des résistances, de la paresse, parfois du dégoût à entrer dans ce temps de pénitence ! Alors vivons-le en communion avec les catéchumènes, aujourd’hui appelés par leurs évêques au baptême: leur joie est pour nous stimulante !

Nous entrons donc dans un désert… Si nous en croyons les brochures des agences de voyages, le désert est une destination enviable: les dunes à perte de vue, l’aventure, le risque, le silence, la solitude, le désir d’évasion… Nous avons bien des raisons d’être séduits par le désert ! Notre carême peut aussi être vu comme une occasion rêvée de simplifier notre vie un peu comme en un bivouac: en simplifiant nos repas, nos achats, nos obligations sociales… Ré-apprendre la relation à Dieu et au prochain dans la prière, le silence, un agenda allégé, une retraite spirituelle comme il s’en déroule souvent ici.
Oui, le carême est une véritable opportunité! Saisissons-là ! Les textes de notre liturgie dominicale nous aident à comprendre dans quel sens prendre notre carême. Ils nous renvoient à nous-mêmes, nos tentations, nos péchés. Chers frères et sœurs, chers téléspectateurs avec qui nous prions aujourd’hui ; voilà une réalité difficile de nos vies, que nous avons du mal à accepter : la tentation ! Le début de notre évangile nous révèle un paradoxe : “JESUS fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable”.
Étonnant objectif de ces 40 jours du Christ au désert! Pourquoi l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour du Père et du Fils, veut-il que JESUS soit tenté ? Avec la première lecture, nous entrions dans un jardin. Nous avons entendu, le récit de la chute d’Adam et Eve… Ce drame où le serpent menteur  introduit entre l’homme et Dieu une méfiance dont nous avons hérité. Ce récit met finalement en scène notre égoïsme, qui l’emporte trop souvent sur notre vocation primordiale à l’amour. Oui, nous cédons parfois à la fièvre des tentations, à l’image d’Eve, pourtant placée dans ce jardin aux arbres et aux fruits innombrables et savoureux. Elle priorise son désir personnel sur l’interdit de son créateur et Père !
Au désert, JESUS est donc poussé par l’Esprit à ces tentations susurrées du père du Mensonge : “Si tu es Fils de Dieu…” Bien sûr qu’il avait faim au bout de quarante jours de jeûne, et qu’il aurait bien aimé manger du pain ! JESUS est tenté ! En cela aussi il est proche de nous : il est bien un “Adam”, pétri de la terre! Mais il est “Nouvel Adam”, selon l’expression de Saint Paul: l’amour est prioritaire sur sa satisfaction personnelle ! De même que le Christ a vraiment pris la condition humaine en se faisant homme, il a en tout vécu comme un homme jusqu’à expérimenter la tentation. Et cela continue après le désert! Après la fulgurante profession de foi de Pierre, celui-ci va tenter son maître en voulant lui éviter la Croix : “Non, cela ne t’arrivera pas!” JESUS l’appellera ‘Satan’! Bien sûr que la perspective de la souffrance était une difficulté pour le nouvel Adam! Pierre, dans son désir de protection, s’était fait -malgré lui- le porte parole du tentateur en invitant le Christ à se détourner de son projet d’amour pour les hommes. JESUS sera aussi tenté au jardin des Oliviers, peu de temps avant sa passion, car personne ne veut souffrir, pas même le Fils de Dieu! Mais, l’amour devait passer par là, préféré à la vie pour soi !
La tentation fondamentale c’est bien d’éviter la croix ! Or cette croix est précisément l’arbre de Vie, dont le fruit nous donne la vie éternelle. Ce fruit nous est donné en cette eucharistie : communion, sacrement de l’amour, qui nous unit à Dieu et les uns aux autres. Ce fruit, nous rend à nous-mêmes plus humains, plus saints. C’est le fruit de cet arbre que nous sommes invités à préférer à tout autre fruit, spécialement, celui qui nous donnerait l’illusion d’être “comme des dieux”, gonflant notre fierté personnelle et par là, notre esclavage. Alors, frères et sœurs, vous chers amis téléspectateurs, ce temps de désert, est loin d’un simple dépouillement de nos vies parfois encombrées! Le Carême est bien plus que cela: il est fait pour nous unir au chemin de Croix du Christ, chemin d’amour contre la tentation du recroquevillement.
C’est l’unique chemin vers la Vie.
 
Références bibliques : Gn 2, 7-9 ; 1-7a ; Ps 50 ; Rm 5, 12-19 ; Mt 4, 1-11
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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMer 11 Mar 2020, 9:11 am






Citation :
Évangile

« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)


Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à JESUS :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
JESUS s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, JESUS, seul.

En descendant de la montagne,
JESUS leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 2ème dimanche de carême du 08 mars 2020 à Nil-Saint-Vincent-Saint-Martin


Vous avez peut-être déjà lu par plaisir, par curiosité —ou sans doute à l’école par devoir— une célèbre nouvelle écrite il y a près de 100 ans, par un auteur praguois. C’est l’histoire d’un homme, Gregor Samsa, qui se réveille un matin et découvre qu’il est devenu un insecte monstrueux ! Alors qu’il tente de s’adapter à son nouveau corps, il se rend compte qu’il est en retard pour son travail. Sa mère, puis son père et sa sœur, viennent frapper à la porte de sa chambre, pour le faire sortir de son lit… Il réussit à ramper jusqu’à la porte de sa chambre, à ouvrir et à leur révéler sa nouvelle apparence. Sa mère s’effondre et son entourage s’enfuit…

Ce livre, c’est… la métamorphose de Kafka. Un court récit —très symbolique— de la chute existentielle et sociale d’un être ordinaire, qui découvre l’absurde, l’absence de signification dans sa vie et le changement du regard des autres sur sa propre personne…

D’une certaine manière, la métamorphose de Kafka est la dynamique strictement inverse du récit de la transfiguration sur la montagne que nous venons d’entendre. La transfiguration, c’est lorsque nos regards donnent du sens, prennent de la hauteur, voient loin, quittent l’absurde, la tristesse, et regardent l’autre au-delà des apparences ! Si je me permets la comparaison, c’est parce que dans l’évangile de ce jour, le terme grec pour exprimer ce que nous appelons la transfiguration est bien metamorphè, métamorphose ! Il s’agit bien de la métamorphose de JESUS sur la montagne. Ce récit, par contre, n’a rien de kafkaïen ! La métamorphose de JESUS n’est pas une fatalité, la descente d’un être dans l’infra-humain, mais bien la révélation de JESUS tel qu’il est, le dévoilement de sa destinée. Sur la montagne, c’est le regard des disciples qui change !

Pierre, Jacques et Jean, à l’écart, ne font pas la rencontre d’un « nouveau JESUS » fût-il resplendissant, tout-puissant, surhumain. Tout au contraire, ils posent sur lui, un regard neuf et lui donnent un nouveau visage…

Ces disciples posent véritablement un regard autre sur JESUS en fonction d’un seul aspect qui conditionne toute leur vision : la résurrection que —dans le récit de l’Évangile de Matthieu— JESUS vient tout juste d’annoncer. Après cette annonce publique, les disciples ne peuvent dès lors que transformer leur regard en fonction de cette clé décisive, celle de la résurrection, qui nous rappelle que dans nos vies, l’échec et le désespoir peuvent toujours être traversés, surmontés…

Dès lors, ce que nous avons peut-être à réapprendre, c’est à découvrir la puissance de notre regard, la force d’une lecture confiante de la vie. Bien sûr, il ne s’agit pas de se mentir à soi-même ou de voir naïvement tout en rose. Cependant, le regard que nous posons sur les personnes et sur nos histoires dit parfois plus que les mots. Notre regard constitue notre monde et la réalité qui nous entoure. Un regard aimant rend une personne aimée. Finalement, un visage n’a de sens et n’existe pleinement que pour les yeux et par les yeux du cœur qui le regardent. Bien sûr, il y a les regards de peur, de suspicion, qui dévisagent, qui défigurent. Mais il y a aussi tous ces regards qui transfigurent le monde, qui envisagent la vie autrement, avec lucidité, hauteur, intelligence et bienveillance.

Dès lors, le récit de la transfiguration nous invite peut-être à ne pas voir JESUS seulement comme un homme éclairé, mais peut-être à voir Dieu en lui, source de toute lumière ? Le voir non pas comme un prophète de Dieu, comme Elie, mais comme le Dieu des prophètes ; non pas comme un homme de la Loi comme Moïse, mais la loi de l’homme…

Et si Dieu a pour nous de multiples visages, c’est parce que nous avons de multiples manières de le regarder. Mais pour ne voir que Lui, comme les disciples, il faut se lancer sur un chemin inconnu. Il s’agit de partir, comme Abraham, quitter le pays de nos certitudes, nos convictions, laisser derrière nous nos représentations, nos cocons qui nous rassurent, quitter la famille habituelle de nos visages de Dieu, quitter —peut-être pour certains— cette religion qui sécurise…

Quitter ce qui nous sécurise, afin de rencontrer parmi les multiples visages de Dieu, celui qui donne réellement sens à nos vies, qui est source de bénédiction, qui ouvre toujours un chemin possible, une métamorphose, et dans lequel nous pouvons mettre notre confiance, tout simplement. Quant à nous, des moments de vraies métamorphoses, de transfiguration, nous pouvons aussi en vivre, quel que soit notre âge ou notre histoire. Là où nous parvenons à être —ne fût-ce qu’un instant— en harmonie avec nous-mêmes, là où nous nous sentons compris, acceptés, aimés peut-être, pour ce que nous sommes et pas pour ce que nous avons ou faisons. Et bien plus, chaque fois que nous poserons sur les autres un regard lucide, qui ne juge pas, c’est peut-être la transfiguration de notre monde qui est, elle aussi, en marche… Oui, un regard lucide —le mot le dit bien— est une lecture de la vie pleine de lumière, un regard d’éternité, qui ne plonge pas les autres dans l’infra-humain, mais y discerne la lumière divine en chaque être!

Alors, frères et sœurs, permettez-moi de vous inviter à être contagieux —oui, il y a de bonnes contagions !— de ces regards bienveillants et lucides que vous poserez sur vous-mêmes, et sur les autres ! Il s’agit de regarder le monde, avec les yeux de Dieu.
Chaque deuxième dimanche Carême, un récit de transfiguration nous est proposé. Peut-être parce que le Carême n’est pas un temps de préparation, de quarantaine, pour mériter Pâques ! Mais un temps de métamorphose, de vraie conversion, de transfiguration. Il s’agit de découvrir des moments de résurrection dans la banalité de notre quotidien. Même là où une situation semble kafkaïenne, un sens, une ouverture est toujours possible pour celui qui choisit la lucidité et la confiance. Alors, si nous parvenons à transformer notre regard, de la grisaille de notre quotidien pourra surgir un horizon nouveau, aux couleurs de l’éternité.

Amen.

Références bibliques : Gn 12, 1-4a ; Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22 ; 2 Tm 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedMer 18 Mar 2020, 7:38 am




Citation :
Évangile

« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)


Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur !
Donne-moi de l’eau vive :
que je n’aie plus soif.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (cf. Jn 4, 42.15)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
Là se trouvait le puits de Jacob.
JESUS, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
JESUS lui dit :
« Donne-moi à boire. »
– En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
JESUS lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
JESUS lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
JESUS lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
JESUS reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;
là, tu dis vrai. »
La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !...
Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
JESUS lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
JESUS lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »
À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

La femme, laissant là sa cruche,
revint à la ville et dit aux gens :
« Venez voir un homme
qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
Ils sortirent de la ville,
et ils se dirigeaient vers lui.

Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger :
c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
JESUS leur dit :
« Ma nourriture,
c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas :
‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis :
Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
Il est bien vrai, le dicton :
‘L’un sème, l’autre moissonne.’
Je vous ai envoyés moissonner
ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,
et vous en avez bénéficié. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en JESUS,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »
Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,
ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui,
et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit
que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu,
et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 15 mars, 3ème dimanche de carême 2020


Cet Evangile de la Samaritaine, pour beaucoup d’entre nous, on l’a déjà entendu tellement de fois. Comme Robert qui regarde la télé ce matin à Courcelles, en Champagne. Comme Rennes sa voisine. Comme beaucoup d’entre nous qui ne peuvent aller à la messe ce matin dans ce contexte pandémique. Cet évangile, on le connait presque par cœur. Alors que peut-il encore nous apprendre ?

« Si tu savais le don de Dieu » dit JESUS.

C’est ce que Marin, du haut de ses 7 ans, a rétorqué à sa sœur Orlane de 5 ans : Orlane explique à son frère qu’elle s’ennuie à la messe. Et Marin lui répond tout étonné : « si tu saurais c’que c’est que la messe, tu pourrais pas dire ça ! ».

« Si tu savais le don de Dieu ». Il vient de si loin, depuis si longtemps…

Juste après la Création du monde, au tout début, la première parole que Dieu adresse à l’homme, après lui avoir donner la vie, après qu’il ait mangé la « fameuse pomme » comme on dit, la première parole que Dieu adresse à l’homme qui se cachait, c’est : « où es-tu ? ». Depuis le début, Dieu cherche l’homme pour continuer à lui donner la vie.

« Si tu savais le don de Dieu ».

Et comme l’homme continuait à se cacher de Dieu, Dieu a envoyé d’innombrables prophètes. Mais la plupart des humains ont envoyé balader la plupart de ces prophètes. Alors Dieu, fatigué – peut-être comme JESUS au bord du puit de la Samaritaine – Dieu est devenu un homme. Vous connaissez l’histoire : un soir de décembre, Dieu a achevé sa fabuleuse déclaration d’amour pour nous. Il a définitivement abandonné sa toute-puissance pour se lier à nous pour toujours en devenant l’un de nous. Oui, c’est Dieu qui vient à nous, depuis toujours. C’est JESUS qui s’approche du puit de notre quotidien et qui rejoint nos attentes d’être reconnu, d’être aimé… d’exister en plénitude.

« Si tu savais le don de Dieu ».

Y-a-t-il un rapport ce matin entre l’interpellation de JESUS « si tu savais le don de Dieu » et l’exclamation des samaritains « c’est vraiment lui le sauveur du monde » ?

Régulièrement le vendredi, au moins avant les mesures de confinement, à quelques frères prêtres chanceux de la Mission de France, nous célébrons la messe avec notre frère Noël dans sa chambre. Noël est fragilisé par une maladie qui est en train de l’emporter. La table de lit tient lieu d’autel. A chaque fois, peut-être un peu à son insu, Noël nous laisse comme une part de son testament spirituel. Un jour, il a commenté l’Evangile ainsi : « A l’heure de la mort, je n’ai pas peur du jugement dernier. Non pas que je sois un grand saint, mais l’amour et la tendresse de Dieu sont si grands qu’ils me prendront tout entier ».

Pour Noël, à une étape si importante de sa vie, le don de Dieu, c’est son amour et sa tendresse. Pour lui, être sauvé, c’est se laisser saisir dans ce mouvement de tendresse de Dieu vers les humains. L’Evangile, c’est vivre un inouï.

Comment faire alors pour découvrir ce don de Dieu qui nous sauve, cet amour et cette tendresse ? Revenons au geste créateur de Dieu, là où justement il a initié ce don : au début, dans la Genèse, il y a l’action pendant 6 jours et le repos le 7ème jour. L’action et le repos font partie du geste créateur de vie.

« Si tu savais le don de Dieu ».

Dans sa dernière exhortation apostolique – Chère Amazonie, le vieux François, de Rome, attire justement notre attention sur le repos contemplatif. Je cite : « l’être humain tend à réduire le repos contemplatif au domaine de l’improductif ou de l’inutile, en oubliant [qu’ainsi il retire à l’œuvre qu’il réalise] le plus important : son sens »

Pour notre bon Pape, dans la contemplation du monde, il y a le sens de toutes nos actions et de toute notre vie. Malgré les souffrances de nos proches ou de nous-mêmes. Malgré les séparations de tous ordres, malgré les corona-de-toutes-sortes… qui nous imposent si souvent de nouveaux quotidiens. Mine de rien, quel miracle cette vie !

« Si tu savais le don de Dieu ».

Pour découvrir ce don de Dieu, le repos contemplatif est précieux, une sorte de déconnexion de l’action : allez, 1 jour sur 7, 1 carême par an. Et si le carême justement, c’était le temps pour en faire moins, de manière plutôt forcée en ce temps d’épidémie. En faire moins, comme participer à la messe de chez soi grâce à la télé, comme rester à la maison pour garder les enfants cette semaine et après, comme limiter des rencontres associatives, familiales ou amicales… Et si le carême, c’était le temps pour en faire moins et contempler plus ? Et si le carême, comme un désert, c’était le jeûne de l’activité pour entendre cette parole de Dieu d’amour et de tendresse ?

Contempler est une manière privilégiée de découvrir le don de Dieu. Et découvrir le don de Dieu – son amour et sa tendresse – c’est être sauvé. C’est se laisser emmener tout entier dans la vie donnée de Dieu pour que nous soyons tous des vivants, libres et joyeux. Oui, « c’est vraiment lui le sauveur du monde ».

Et aujourd’hui, qui plus est après le passage au stade 3 cette nuit, c’est à nous de prendre soin les uns des autres. C’est à nous de prendre soin de la vie qui nous a été donnée comme un cadeau… depuis le début, depuis toujours. La vie est le bien le plus précieux que nous ayons, personnellement et collectivement.

Contempler, découvrir le don de Dieu et en vivre, c’est le chemin des catéchumènes qui auraient dû ces temps-ci célébrer des étapes importantes vers leur baptême, comme les 10 catéchumènes de Clichy, et tant d’autres ailleurs. Le chemin continue !

« Si tu savais le don de Dieu ». Nous sommes des vivants. Et mine de rien, quel miracle cette vie !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedLun 23 Mar 2020, 8:54 am





Citation :
Évangile

« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1-41)


Gloire et louange à toi
Seigneur JESUS. !
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi
Seigneur JESUS ! (Jn 8, 12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
en sortant du Temple,
JESUS vit sur son passage
un homme aveugle de naissance.
Ses disciples l’interrogèrent :
« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents,
pour qu’il soit né aveugle ? »
JESUS répondit :
« Ni lui, ni ses parents n’ont péché.
Mais c’était pour que les œuvres de Dieu
se manifestent en lui.
Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé,
tant qu’il fait jour ;
la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.
Aussi longtemps que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha à terre
et, avec la salive, il fit de la boue ;
puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,
et lui dit :
« Va te laver à la piscine de Siloé »
– ce nom se traduit : Envoyé.
L’aveugle y alla donc, et il se lava ;
quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant
– car il était mendiant –
dirent alors :
« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient :
« C’est lui. »
Les autres disaient :
« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui disait :
« C’est bien moi. »
Et on lui demandait :
« Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »
Il répondit :
« L’homme qu’on appelle JESUS a fait de la boue,
il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit :
‘Va à Siloé et lave-toi.’
J’y suis donc allé et je me suis lavé ;
alors, j’ai vu. »
Ils lui dirent :
« Et lui, où est-il ? »
Il répondit :
« Je ne sais pas. »

On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.
Or, c’était un jour de sabbat que JESUS avait fait de la boue
et lui avait ouvert les yeux.
À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.
Il leur répondit :
« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,
et je vois. »
Parmi les pharisiens, certains disaient :
« Cet homme-là n’est pas de Dieu,
puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
D’autres disaient :
« Comment un homme pécheur
peut-il accomplir des signes pareils ? »
Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
« Et toi, que dis-tu de lui,
puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »
Il dit :
« C’est un prophète. »
Or, les Juifs ne voulaient pas croire
que cet homme avait été aveugle
et que maintenant il pouvait voir.
C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents
et leur demandèrent :
« Cet homme est bien votre fils,
et vous dites qu’il est né aveugle ?
Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »
Les parents répondirent :
« Nous savons bien que c’est notre fils,
et qu’il est né aveugle.
Mais comment peut-il voir maintenant,
nous ne le savons pas ;
et qui lui a ouvert les yeux,
nous ne le savons pas non plus.
Interrogez-le,
il est assez grand pour s’expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi
parce qu’ils avaient peur des Juifs.
En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord
pour exclure de leurs assemblées
tous ceux qui déclareraient publiquement que JESUS est le Christ.
Voilà pourquoi les parents avaient dit :
« Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois,
les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle,
et ils lui dirent :
« Rends gloire à Dieu !
Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
Il répondit :
« Est-ce un pécheur ?
Je n’en sais rien.
Mais il y a une chose que je sais :
j’étais aveugle, et à présent je vois. »
Ils lui dirent alors :
« Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »
Il leur répondit :
« Je vous l’ai déjà dit,
et vous n’avez pas écouté.
Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ?
Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »
Ils se mirent à l’injurier :
« C’est toi qui es son disciple ;
nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.
Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ;
mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
L’homme leur répondit :
« Voilà bien ce qui est étonnant !
Vous ne savez pas d’où il est,
et pourtant il m’a ouvert les yeux.
Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs,
mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.
Jamais encore on n’avait entendu dire
que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
Si lui n’était pas de Dieu,
il ne pourrait rien faire. »
Ils répliquèrent :
« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,
et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors.

JESUS apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.
Il le retrouva et lui dit :
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit :
« Et qui est-il, Seigneur,
pour que je croie en lui ? »
JESUS lui dit :
« Tu le vois,
et c’est lui qui te parle. »
Il dit :
« Je crois, Seigneur ! »
Et il se prosterna devant lui.

JESUS dit alors :
« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :
que ceux qui ne voient pas
puissent voir,
et que ceux qui voient
deviennent aveugles. »
Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui
entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »
JESUS leur répondit :
« Si vous étiez aveugles,
vous n’auriez pas de péché ;
mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,
votre péché demeure. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 22 mars, 4ème dimanche de carême 2020


Il y a quelques jours, j’ai passé un long moment avec un garçon de mes connaissances. Il se nomme Grégoire. Nous aurions dû nous voir, mais quarantaine oblige, nous avons eu recours au téléphone. Je n’avais, pour connaître son émotion, ses élans ou ses doutes, que sa voix. Comme si j’avais été aveugle. J’étais forcé de le voir autrement, de l’écouter bien mieux, bien plus attentivement que si j’avais été avec lui. Étrange exercice.

Or c’était précisément de voir que me parlait ce garçon. Il se prépare à prendre un engagement scout que j’ai moi-même pris à son âge, un engagement d’aîné. Dans le cérémonial, on pose des questions. « As-tu compris » que tes actes t’engagent — oui, mon gars comprenait —, que tu dois rechercher la vérité — oui —, que la vie est à prendre au sérieux — oui —, « que » (je cite) « que tout homme est un être unique et que dans les plus humbles et les plus disgraciés luit une étincelle divine qui mérite ton amour ? » — Euh… Non. Non, il ne voyait pas cette étincelle divine. Il n’y arrivait pas.

Dans les rencontres qu’il faisait, il voyait des visages ouverts ou hostiles, mais rien qui suscitât son amour. Il voyait des apparences, un vêtement, un discours, une attitude. Il voyait des fonctions : le camarade d’école, le professeur, le commerçant, l’inconnu dans le métro. Il voyait l’enveloppe extérieure. Mais que ces personnes aient un cœur et que Dieu vive dans ce cœur, il ne le voyait pas. Il voulait bien le croire, intellectuellement, mais il ne le voyait pas.

Ne croyez pas ce jeune homme bouché ou indifférent. Il ne l’est pas du tout. Il a toujours été un excellent scout. Simplement, il est comme beaucoup d’hommes, comme presque tous les hommes : il a du mal à voir, à voir vraiment, à voir l’essentiel, à dépasser les apparences, les préjugés, les idées ; il a du mal à se laisser toucher au cœur.

Et je crois que nous sommes tous comme lui. En tout cas, je suis comme lui…

Je crois aussi comme nous sommes tous, au moins un peu, comme les pharisiens de l’Évangile. En regardant l’aveugle, ils ne voient ni sa foi ni son espoir : ils voient son handicap ; ils cherchent la faute, ils édifient une théorie, ils classent en bons et mauvais, ils passent complètement à côté. Arrive JESUS, et JESUS donne à cet homme la vue, la vue des yeux, et surtout la vue du cœur. JESUS a vu dans cet homme un cœur qui attendait Dieu et l’homme a vu dans JESUS non pas le guérisseur ou le rabbi, mais le Seigneur lui-même. L’un et l’autre se sont reconnus au cœur.

Ce n’est pas pour rien que cet Évangile arrive en carême. Le carême n’est pas que le temps où l’on se dépouille, un peu, des choses matérielles. C’est surtout le temps où l’on se défait de ce qui nous sépare du Seigneur et de ce qui fait obstacle entre nous et les autres. Des apparences, séduisantes ou hostiles, des réflexes superficiels, des habitudes, des préventions et de toutes ces écailles protectrices qui aveuglent notre regard. Au téléphone, je ne pouvais pas voir le visage de Grégoire. L’épidémie qui a figé notre pays me forçait à essayer de voir son cœur. Frères et sœurs, vous qui vous unissez à cette messe par la télévision, ce que vous voyez sur votre écran est une messe sans apparence, sans éclat, une pauvre messe célébrée dans un studio, une petite table en guise d’autel. Ce n’est plus que le cœur de la messe. Mais l’essentiel est bien là : le don d’amour du Christ, l’espoir, la fidélité. Et séparés de vous, ne voyant pas des visages, mais des projecteurs et des caméras, nous devinons tout ce qui vous anime dans ces jours d’épreuve partagée : le même espoir dans l’épreuve, la même fidélité, la confiance, le désir d’aimer — l’étincelle divine qui se trouve dans chacun de vos cœurs, la beauté qui brille cachée dans le secret de tout homme, la splendeur des enfants de Dieu.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 15 Icon_minipostedLun 30 Mar 2020, 9:57 am




Citation :
Évangile

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean


En ce temps-là,
Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare,
envoyèrent dire à JESUS :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, JESUS dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
JESUS aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »

À son arrivée,
JESUS trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de JESUS,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à JESUS :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
JESUS lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
JESUS lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »
JESUS, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
Alors JESUS se mit à pleurer.
Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
JESUS, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
JESUS dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors JESUS dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors JESUS leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
JESUS leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que JESUS avait fait,
crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 5ème dimanche de carême, le 29 mars 2020


« Je me souviens du visage d’une belle et vieille dame, de plus de 90 ans, dont la vie pourtant fut éprouvée dès sa jeunesse. Un an après son mariage, elle donna naissance à son premier enfant, une fille, nommée, Marie-France. Tout à la joie de prendre soin du bébé, elle le vit tomber malade et mourir à 6 mois. La tristesse des nouveaux parents fut immense de porter en terre leur premier née. Ce n’était pas sa destinée. Peu de temps après les funérailles, la jeune mère décida de planter un rosier à côté du caveau de granit gris. Dans le cimetière, la froideur des pierres tombales s’atténuait parfois grâce à quelques bouquets déposés. Mais rarement, avant ce rosier-là, il y avait l’apparition de fleurs poussant entre les tombes.

Ici, par la volonté d’une mère endeuillée, peu à peu, le rosier pris racine, poussa et fleurit, tellement qu’il fallait le couper. A chaque saison et en abondance, il s’ornait de maintes roses dont la beauté et le parfum venaient embellir et embaumé le cimetière. Ce lieu de mort laissait poindre et jaillir une manifestation de la vie. La jeune maman dépassa l’épreuve du deuil, elle donna naissance à six autres enfants. Sa vie s’écoula non sans peine mais aussi avec beaucoup de joie. Comme sur le rosier, il y eut des épines et de magnifiques fleurs qui marquèrent son existence.

Sa foi au Christ était la sève de sa vie qui ne cessa jamais de croître jusqu’à son terme. Autant qu’elle put elle vint très régulièrement prendre soin du rosier qu’elle avait planté. Pourquoi donc vouloir entretenir cet arbuste fleuri dans un lieu de mort ? Et bien, cette vieille dame, au beau visage, qui fût ma mère, m’a fait comprendre son désir d’affirmer que la vie est plus forte que la mort. Elle ne souhaitait pas orner un tombeau, elle venait entretenir une relation d’amour avec son enfant. Par cette attitude elle exprimait une espérance. La courte vie de sa fille trop tôt disparue ou celle des autres défunts de la famille partis parfois prématurément ne s’achevaient pas dans la tombe mais se poursuivait en Dieu et dans le cœur de notre mère.

Sans être théologienne ni une grande érudite, elle avait compris ce que JESUS expliquait à ses disciples, à Marthe et Marie les sœurs de Lazare : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ». Ma mère, chaque jour de sa vie, a répondu : « oui je crois… » non par de grand discours mais par le fait même de planter ce rosier et de l’entretenir sans cesse. Avec cœur et obstination. Avec foi et espérance.

Nous venons d’entendre cette question radicale. « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ». Elle prendra tous son sens au Jour de Pâque. Mais quelle réponse y apportons-nous ? En proclamant notre foi chrétienne, tout à l’heure, nous dirons : « je crois à la résurrection des morts et à la vie du monde à venir ». La vie dépasse les limites de notre monde comme la constante beauté du rosier auprès de la tombe. Nous n’avons pas été créés, conçus et enfantés pour une durée limitée mais pour la vie éternelle. Si cette perspective nous effraie parfois, ne devrait-elle pas nous remplir de joie dès à présent ? Nous vivons pleinement notre existence terrestre et nous demeurerons vivants auprès de Dieu. Cet au-delà nous engage dans notre aujourd’hui.

Alors que nous sommes confinés chez nous, seul ou en famille, dans nos résidences et maisons de séjour, dans nos hôpitaux, alors que la maladie nous affecte, que le deuil nous touche et nous peine Alors que nous subissons la diffusion d’un virus, Comme Marthe et Marie, nous nous tournons vers JESUS pour demander la guérison et la protection de ceux qui nous sont chers.

Sainte Thérèse de Lisieux, elle, nous propose un chemin, ce qu’elle appelle sa « petite voie » : « JESUS, Je n’ai d’autre moyen de te prouver mon amour, que de jeter des fleurs, c’est-à-dire de ne laisser échapper aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole, de profiter de toutes les plus petites choses et de les faire par amour… » Dans la proximité que nous vivons ou malgré l’éloignement imposé, revenant à l’essentiel par un geste simple, une prière continue, une parole de réconfort, nous pouvons dire au Christ notre foi en la résurrection, en la vie plus forte que la mort.

De la sorte, notre monde s’embellira continuellement de toutes les fleurs de l’amour en famille, de relations humaines apaisées, de considération envers les plus faibles. Oui, avec foi et charité osons planter autour de nous des rosiers d’espérance.




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L'Homélie

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