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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 25 Juin 2019, 5:57 pm




Citation :
Évangile

« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)


Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS parlait aux foules du règne de Dieu,
et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser.
Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent :
« Renvoie cette foule :
qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs
afin d’y loger et de trouver des vivres ;
ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répondirent :
« Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons.
À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture
pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes.
JESUS dit à ses disciples :
« Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande
et firent asseoir tout le monde.
JESUS prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,
les rompit
et les donna à ses disciples
pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient :
cela faisait douze paniers.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 23 juin 2019


Il y a un peu plus quinze ans, quand j’avais encore des cheveux, à la fête de la musique, je me suis produit non loin d’ici avec mon frère, pour un petit concert de rock avec son groupe. J’étais choriste. A l’époque, les amis de mon frère trouvaient que l’on s’entendait à merveille. Cela n’était pas vraiment le cas. Il était plutôt fâché de me voir rentrer dans la vie religieuse. Et même s’il avait rebaptisé son groupe de musique « Ravage » par « Ravage And The Priest » (suivez les initiales !) il m’en voulait encore. Cependant, la musique, sa beauté, son harmonie, nous unissait. Elle créait une complicité entre nous.

Tout naturellement, chaque répétition menait à un repas ensemble. Soir après soir, autour de la table, se créait une sorte de communion qui peu à peu finit par nous rapprocher tout à fait. Aujourd’hui on ne chante plus ensemble, mais je suis toujours le bienvenu à sa table.

JESUS, lui ne chante sans doute pas. Mais il enchante. Les foules sont restées là à l’écouter très tard. Elles communient à ses paroles. Mais il manque quelque chose. Tout ce monde, debout, qui fixe JESUS de loin, c’est un peu juste. Car personne ne se soucie vraiment de son voisin, captivé par l’enseignement du maître. Ils communient avec lui, mais est-ce qu’ils communient entre eux ? Il n’y a que les disciples qui s’en inquiètent. Peut-être que ces gens ont faim ? Mais on se demande si leur préoccupation ne vient pas d’une crainte. Une foule affamée, c’est menaçant.

Alors JESUS dévoile son plan. « Donnez-leur à manger ! » C’est-à-dire, préoccupez-vous vraiment de cette foule plutôt que de chercher à vous en débarrasser. « Voyez, depuis ce matin que je leur parle j’ai préparé leur cœur à cet instant suprême. Tout ce que j’ai dit, c’était pour les mener jusqu’à ce repas. » Pour que vous compreniez que ma parole est une vraie nourriture.

JESUS prend les choses en main.

Le peu qu’ils ont, pain et poisson, les apôtres lui donnent, abandonnant ainsi leur dernière sécurité. Mais remettre ce que l’on a dans les mains du Christ, ce n’est pas se déposséder. Ce n’est pas non plus fuir ses responsabilités. Au contraire. Les mains vides les apôtres sont maintenant plus libres. Ils sont agiles à organiser la multitude, à la faire asseoir. Eux qui tout à l’heure se tenaient à distance de la foule inquiétante, les voilà qui la traversent, qui l’apprivoisent, et qui l’aiment. Ils discutent, ils rassurent, ils créent du lien, des petits groupes, de la communion. Travaillée en tous ses par les apôtres empressés la masse tout à l’heure anonyme prend corps, parce que nul n’est plus étranger pour l’autre.

Voilà qui est clair. De nos jours, nous pouvons facilement nous dire : l’Eglise s’étiole, ou carrément s’effondre. Et l’on se décourage. Nous n’avons plus les moyens, nous n’avons plus les ressources. A force de compter et de recompter le peu de pain et de poissons dont nous disposons, on finit parfois par ne plus voir la foule à côté de nous. Ou bien on pense que ce que nous avons n’est pas assez bon pour eux, qu’ils se débrouilleront autrement. Or, c’est faux. C’est faire le jeu du Mauvais que de penser que nous n’avons rien à dire au monde qui se perd dans le désert de nos sociétés sans Dieu.

C’est partir perdant d’avance que de jeter l’opprobre sur toute tentative d’organisation de ces foules en quête de sens, en se disant que l’Eglise est une institution dépassée, qu’on n’a pas besoin d’elle, qu’on peut parler de Dieu comme ça, que ça suffit. C’est lâcher et Dieu et la foule que de vouloir manger entre soi le peu de pain qui nous reste, sans le faire passer dans les mains du sauveur, pour le distribuer autour de nous.

Alors : à table. C’est l’été et les occasions de manquent pas. De faire du bien autour de soi, donner de son temps, offrir l’hospitalité, la convivialité autour nous. Il n’y a jamais rien d’anodin dans un repas, pas plus que dans une répétition de rock.

En vérité l’Eglise a toujours cherché à répondre aux légitimes faims humaines : faim de pain, mais aussi de justice, de solidarité et même de beauté. Mais l’Eglise n’oublie jamais que derrière toutes ces soifs se cache une soif plus grande encore, la soif de Dieu. Donner faim de Dieu au monde, en répondant à ses faims terrestres, voilà une belle mission. Susciter la soif de Dieu en étanchant la soif des hommes.

Heureux sommes-nous frères et sœurs, si nous donnons faim, creusant en celui que nous nourrirons un désir plus vaste encore. Parce qu’il n’y a pas de joie plus grande que d’être comblé par Dieu lui-même.

Références bibliques : Gn 14, 18-20 ; Ps 109 (110), 1, 2, 3, 4 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMer 03 Juil 2019, 6:36 pm



Citation :
Évangile

« JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » « Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 51-62)


Alléluia. Alléluia.
Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ;
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. 1 S 3,9 ; Jn 6, 68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela,
les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais JESUS, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.

En cours de route, un homme dit à JESUS :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
JESUS lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
Mais JESUS répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
JESUS lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 30 juin 2019 à Vodelée (Belgique)


Immortaliser, fixer l’instant, être présent, ne rien rater de l’événement. Voilà ce qui anime bien des personnes qui prennent avec frénésie des photos et autres selfies, en toutes circonstances et en particulier en ce temps de vacances qui commence ! Souvent, il arrive que le futur souvenir —que représente la prise de photo— prenne le pas sur l’instant. C’est comme si la photo-souvenir devenait plus importante que l’instant-présent… Aujourd’hui on ne contemple plus une œuvre, un événement. On l’immortalise… On ne lui laisse plus être ce qu’il est ! Mais à force de vouloir conserver notre passé pour le futur, vivons-nous vraiment le présent ?

L’être humain aime se tourner vers son passé, ses souvenirs, son histoire. Par devoir de mémoire —lorsque le passé est un passif— il nous arrive de revisiter certains événements douloureux de nos histoires. Il y a aussi chez certains d’entre nous une tendance à dire « c’était mieux avant » par peur de se confronter aux réels défis. Il peut nous arriver de nous enterrer littéralement dans le passé des morts par crainte de nous tourner vers l’avenir des vivants. Ce passé sera chez certains une histoire heureuse, qui ne se reproduira plus jamais ; pour d’autres une relation dont on ne peut faire le deuil ; pour d’autres encore un projet qui a échoué, une entreprise sans succès, sans succession… Qu’il est difficile pour l’humain de faire des deuils féconds, de mourir à ce qu’il n’est plus, pour renaître à ce qu’il est réellement !

Dans l’Évangile de ce jour, à trois reprises, JESUS nous invite à nous libérer de cette prison du temps. Pour cela, il nous convie à un réel travail de deuil sur nous-mêmes. Par des petites phrases tranchantes —qu’il est pour certains si difficile à entendre— JESUS nous invite à vivre plus intensément notre vie, au quotidien.

« Le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête » ;
c.à.d., Ne cherche pas à fixer, à immortaliser l’instant.

« Laisse les morts enterrer les morts »
c.à.d., Ne te replie pas sur ce passé à jamais dépassé.
« Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume »
c.à.d. Ne te réfugie pas dans tes sécurités, tes droits acquis.
Vis ta vie en allant de l’avant.

Les réponses de JESUS sont cinglantes, incompréhensibles à première vue. Et pourtant… Voilà une sagesse qui nous rappelle que l’existence ne se vit pleinement que dans l’épaisseur du présent, avec ses incertitudes, sa fragilité et ses surprises. Il ne s’agit pas de se couper de ses racines, mais de discerner un avenir toujours possible ! Ne te réfugie pas dans tes certitudes, dans tes lieux de confort, où tu peux te terrer, et bien vite t’enfermer. L’annonce de l’évangile, du Royaume, c’est mettre de la Vie dans la vie, quelles que soient nos blessures…

JESUS, alors que sa fin est proche, vit sa vie jusqu’au bout. Il se tourne résolument vers son avenir. Il envoie devant lui des messagers pour préparer sa venue. Alors, si dans notre culture, on parle beaucoup du devoir de mémoire, JESUS nous confronte dans l’Évangile de ce jour à un
« devoir d’avenir ».

Il est urgent, frères et sœurs, que les chrétiens d’aujourd’hui cessent d’être nostalgiques de leur passé, de leurs églises, de leur tradition, mais qu’ils soient créateurs d’avenir. Pour cela, il y a un réel deuil à faire de beaucoup de nos entreprises et nos structures. Mais il y a surtout un travail de construction, d’avenir, un chantier à l’image de cette église qui renaît ! Oui, soyons ces messagers envoyés pour préparer la venue du Christ. Laissons-les combats dépassés s’enterrer eux-mêmes. Laissons les morts enterrer les morts. Mais mettons la main à la charrue, sans fuir en avant. Sans remettre à plus tard les vrais enjeux. A chacun de regarder devant, lucidement et sans idéologie, pour offrir du courage à notre monde qui en a tant besoin. Comment ? Il s’agit d’avancer selon la liberté de l’Évangile, car nous sommes tous des êtres en devenir, jamais atteints, toujours en évolution, quel que soit notre âge. Si le Christ, nous dit saint Paul, nous a libérés, c’est bien pour que nous soyons réellement libres.

Alors, laissons vraiment les morts enterrer ce qui est mort en nous. Ne nous enfermons pas dans nos échecs, dans nos errances. Intégrons au contraire nos chemins respectifs et reconnaissons qu’ils constituent la richesse de ce que nous sommes devenus. Oui, dans l’espérance, nous sommes invités à être « fidèles à notre avenir », à oser croire, envers et contre tout, en ce Dieu qui nous accompagne sans cesse et nous ouvre la voie du Royaume.

Car quand on laisse derrière soi son chez-soi et ses propres sécurités, on découvre, devant soi une terre nouvelle, inespérée, insoupçonnée. Celle du Royaume, de l’Évangile, qui offre de l’avenir, de la joie au quotidien. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 09 Juil 2019, 6:41 pm






Citation :
Évangile

« Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12.17-20)

Alléluia. Alléluia.

Que dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;
que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse.
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

   En ce temps-là,
parmi les disciples,
    le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité
où lui-même allait se rendre.
    Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
   S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »
   Mais dans toute ville où vous entrerez
et où vous ne serez pas accueillis,
allez sur les places et dites :
    ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds,
nous l’enlevons pour vous la laisser.
Toutefois, sachez-le :
le règne de Dieu s’est approché.’
   Je vous le déclare :
au dernier jour,
Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

   Les 72 disciples revinrent tout joyeux,
en disant :
« Seigneur, même les démons
nous sont soumis en ton nom. »
   JESUS leur dit :
« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
    Voici que je vous ai donné le pouvoir
d’écraser serpents et scorpions,
et sur toute la puissance de l’Ennemi :
absolument rien ne pourra vous nuire.
    Toutefois, ne vous réjouissez pas
parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous
parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

  – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 7 juillet 2019 à Saint-Emillion


À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que JESUS ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?
JESUS, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer JESUS en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer JESUS.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.
À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que JESUS ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?
JESUS, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes tous appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer JESUS en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant  d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer JESUS.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.

La première mission que JESUS confie à ces nouveaux disciples est d’aller en avant de lui. Aller en avant du Christ, c’est porter un signe de sa présence dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas encore mais aussi à ceux qui pour diverses raisons, se sont éloignés de l’Église.

Aller en avant du Christ, c’est peut-être avant tout être messagers de la paix de Dieu, afin que s’accomplisse cette promesse faite par Dieu dans la première lecture : « voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve … »

Le grand défi des apôtres de JESUS a été de faire advenir la foi en JESUS là où elle n’avait jamais existé. Notre mission à nous disciples missionnaires aujourd’hui est aussi de raviver la foi là où elle a été déconstruite et abimée.

Nous sommes aussi envoyés pour manifester l’amour miséricordieux du Christ à tant d’hommes et de femmes en quête du sens à donner à leur vie. Je pense par exemple ses grands-parents qui témoignent de leur foi auprès de leurs petits enfants non baptisés, c’est aussi le cas lorsque nous prenons le temps d’écouter une personne dans la détresse et qui a besoin que nous lui prêtions une oreille attentive. Nous manifestons ce visage miséricordieux du Christ, lorsque nous encourageons un collègue éprouvé et  que nous passons du temps auprès des plus fragiles, des personnes en précarité…)

L’autre mission que JESUS confie aux 72 est de prier : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Souvent quand nous entendons parler de mission, nous imaginons des actions extraordinaires. Voici une action missionnaire toute simple, à la portée de chacun : la prière ! Chez soi, à certains moments prévus de notre journée de vacances, à des heures fixes, devant une bougie allumée ou une icône…

Prier : Une action simple, mais pas banale ! Un temps de gratuité envers le Seigneur. Oui, nous sommes invités à prier pour que de nouveaux disciples missionnaires répondent à l’appel du Dieu.
Notre Église a besoin de tous, pour l’accomplissement de sa mission dans notre temps. Elle a besoin d’authentiques témoins du Christ, au cœur du monde de ce temps, par leur vie quotidienne.

Partout et en tout temps, nous sommes invités à être disciples missionnaires : au travail et en vacances, en activité comme à la retraite, dans un avion ou bien dans un train ; à la plage ou en montagne, dans les vignes ou dans les champs de blé….
C’est vrai, prendre part à la mission de l’Église peut parfois nous paraître lourd ; nous pensons généralement que nous ne sommes pas à la hauteur du service qui nous est demandé. Si JESUS envoie ses disciples deux par deux, cela signifie que nous ne sommes pas seuls : l’Esprit-Saint nous accompagne, d’autres y prennent part avec nous.
Et le Christ est lui-même avec nous.
La magnifique fresque sur les murs du cloître de cette église met en image la grandiose Parole de l’Apocalypse (3,20) : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »

Le Christ JESUS vient jusqu’à nous pour nous donner la Vie de Dieu, alors devenons à notre tour, des messagers de sa Bonne Nouvelle pour notre monde…





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 16 Juil 2019, 6:26 pm






Citation :
Évangile

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)


Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    un docteur de la Loi se leva
et mit JESUS à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
   JESUS lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
   L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
   JESUS lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
   Mais lui, voulant se justifier,
dit à JESUS :
« Et qui est mon prochain ? »
   JESUS reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
   Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
   Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
JESUS lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 14 juillet 2019 à Paris


L’Evangile que nous venons d’entendre fait retentir la question la plus décisive de nos existences : « Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle » ? Cette question ne va pas de soi. L’existence de la vie éternelle était claire pour les Pharisiens, mais pas pour les Saducéens. Et, dans cette question, il y a déjà un lien essentiel : « que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? », non pas « que dois-je penser ? » non pas « à quel groupe religieux dois-je adhérer ? ». Mais « Que dois-je faire, très concrètement, dans mon existence » ?

JESUS commence par renvoyer à la Loi. Cette Loi centrée sur l’amour de Dieu et du prochain. Cette Loi que JESUS vient porter à son achèvement. Nous sommes ici à un point central d’articulation entre le Première et la Nouvelle Alliance. Il s’agit de passer de l’amour de la Loi à la Loi d’amour, à partir d’une question décisive : « qui est mon prochain » ? Voilà une question qui peut nous sembler banale.  Or c’est la nouveauté révolutionnaire de l’Evangile que de mettre sur le même plan le commandement de l’amour de Dieu et celui de l’amour du prochain. On ne sert pas Dieu dans le temple si on ne le sert pas également dans le quotidien de la vie. Et le zèle pour le premier commandement, l’amour de Dieu, ne garantit nullement de vivre le second commandement de l’amour du prochain.

A bien des égards, le prêtre et le lévite sont ici esclaves de la loi.  Nous avons toujours le danger d’idolâtrer les actes de religion, en perdant de vue ce qu’ils signifient en vérité. Ce n’est jamais le culte pour le culte : c’est l’accueil de la présence du Seigneur venant transformer mon cœur, de la manière la plus profonde. Il s’agit de passer des « actes pour Dieu » aux « actes de Dieu ».

Ce Samaritain, c’est le symbole même de l’hérétique et de l’ennemi, et c’est lui qui se révèle libre pour aimer. La persuasion de posséder la vérité durcit fréquemment les cœurs ! Qu’il est grand le danger de s’estimer propriétaire d’une vérité religieuse, propriétaire de la loi et propriétaire de la morale ! Qu’elle est redoutable la loi qui nous conduit à regarder les autres avec un regard de jugement et de condamnation ! Qu’il est magnifique cet Evangile, qui nous invite, d’abord et avant tout, à entrer dans le regard du Christ sur chacun de ceux qui nous sont donnés pour frères ! Il s’agit de se pencher vers l’autre pour le mettre debout.

« Qui est mon prochain » ? Nous sommes ici au cœur de cette parabole avec la question que relance l’interlocuteur de JESUS ! Qui est mon prochain ? On aimerait spontanément avoir des catégories juridiques précises, parce qu’on ne peut quand même pas aimer tout le monde ! La conversion chrétienne n’est pas de s’interroger sur une catégorie légale, mais de passer du passif à l’actif. De passer de : « qui est mon prochain » ? à « quelle est ma capacité à faire de l’autre mon prochain » ? Le prochain n’est pas subi mais voulu !

Lorsque nous arrivons à ce point de l’homélie, nous nous disons peut-être : « Voila encore une leçon de morale ! Il va falloir, dans les jours, dans les semaines qui viennent, que je sois attentif à me pencher vers les pauvres et les blessés de la vie. C’est toujours moi qui doit faire des efforts pour aller vers les autres ! ».

Et voilà qu’il nous faut faire un pas supplémentaire en passant du Samaritain au Christ. Sous les traits du Samaritain nous sommes invités à reconnaître JESUS lui-même, dont le comportement miséricordieux ne cesse de nous éblouir, Lui qui guérit le jour du shabbat, Lui qui est saisi de pitié, Lui qui mange avec les pécheurs, Lui qui est ému aux entrailles.

Eh bien, mes amis, la révolution de cet Evangile c’est de réaliser que c’est moi qui suis ce blessé sur le bord de la route et que c’est JESUS qui s’approche de moi pour venir me sauver. JESUS vient à ma rencontre ; JESUS vient m’offrir spirituellement les soins décisifs de mes blessures ; JESUS me prend sur sa monture ; JESUS me donne d’être accueilli dans cette hôtellerie qu’est l’Eglise, qui n’est rien d’autre qu’un hôpital de campagne… Je suis invité à me laisser être aimé par JESUS, pour à sa suite et à son exemple aimer mes frères, tous ceux dont je croise la route et dont je suis invité à me faire le prochain.

Nous voyons bien le cœur de la question : non pas partir de moi-même, mais partir de JESUS ; non pas me raidir dans une dimension volontariste, mais accueillir cet amour bouleversant du Seigneur, alors même que nous je suis ce blessé sur le bord de la route, et qu’aujourd’hui encore, au cœur de cette Eucharistie, JESUS vient à ma rencontre pour me donner d’avoir part à la vie éternelle que Dieu ne cesse de nous offrir par son Fils dans la puissance de l’Esprit.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedJeu 25 Juil 2019, 6:23 pm





Citation :
Évangile

« Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42)


Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Alléluia. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci
et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 21 juillet 2019 à La Rochelle


Ça va vite ! Ça va très vite, dans la maison de Marthe… ça va aussi très vite auprès de la tente d’Abraham et Sarah ! Pourtant, c’est l’heure la plus chaude du jour, et s’agiter ainsi n’est pas conseillé : on transpire rapidement !

En cet été où il fait bien chaud ; où nous aspirons à goûter du calme en retrait des agitations quotidiennes de nos vies actives, la Parole de Dieu de ce jour nous met dans un contexte d’activité, de mouvement, d’urgence ! Nous avons l’impression de ne pas nous arrêter ! Abraham et Marthe nous ressemblent beaucoup : combien de fois, nous nous mettons la pression quand nous recevons des amis qui arrivent à l’improviste ou à l’occasion d’un mariage ? Nous mettons un point d’honneur à bien recevoir nos hôtes !

Mais dans le cas de Marthe, cette urgence la fait passer à côté de l’essentiel !

Bienheureux sommes-nous qui, en ce dimanche, avons le privilège d’avoir arrêté le mouvement de nos vies (et parfois même de nos vacances qui sont aussi actives que le reste de l’année) ! Régulièrement, il m’arrive d’entendre des gens me dire qu’ils aiment la messe parce qu’ils peuvent se « poser ». Que cette messe, soit un moment de paix ! Un moment où le Maître dépose en nous sa Parole : prenons-en soin ! Elle est un petit souffle, à peine perceptible, mais vraiment nourrissant !

Nourrissant ? Il est justement beaucoup question de nourriture ce dimanche, et pourtant, ne trouvez-vous pas curieuse la façon dont JESUS désigne le choix de Marie qui en l’écoutant n’a encore rien mangé : « Elle a choisi la meilleure part ! »

Il s’agit bien d’une « part » comme la part d’un gâteau. En disant cela, alors que Marthe n’a sans doute pas encore commencé à nourrir son illustre invité, JESUS dit en substance que Marie est déjà nourrie ! Qu’elle a déjà tout ce dont elle a besoin !

Chers amis, frères et sœurs, vous qui participez à notre prière par la télévision, vous avez entendu l’évangile de dimanche dernier : la Parabole du Bon Samaritain ! Elle était introduite par la question du scribe sur le plus grand commandement, dont nous savons la double réponse que JESUS fait : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

Dimanche dernier, la parabole précisait au scribe (à sa demande) ce qu’était un prochain ! Marie, la sœur de Marthe, illustre pour nous ce qu’est aimer Dieu.

Mais je sens monter en vous une objection : Marthe n’est-elle pas en train d’accomplir l’amour de son prochain par son service ?

Frères et sœurs, il nous faut être très attentifs à ne pas passer à côté de l’essentiel ! Plus que d’amour du prochain, Marthe me semble davantage s’occuper de son honneur à bien recevoir que de son hôte lui-même ! La joie du Christ n’est pas de manger des mets fins (lui qu’on surnommait pourtant glouton et ivrogne !), mais de donner sa Parole.

Ce qui relie les trois textes de la Parole de Dieu de ce jour, c’est que Dieu a un message pour nous, une Parole de vie ! Mais l’agitation d’Abraham, les persécutions et adversités que rencontre St Paul, la fébrilité de Marthe ont bien failli étouffer cette parole capitale ! Nous savons comme il est difficile de nous arrêter pour faire silence, pour attendre et entendre !

L’activisme ici mis en scène est clairement un obstacle à la vie spirituelle.

Mais le Seigneur a une Parole à nous dire, un mot, un Verbe pour nous ! Il a faim que nous lui soyons présents !

Frères et sœurs, amis téléspectateurs : allons-nous offrir au Seigneur cet été notre attention à l’essentiel ? Peut-être avons-nous prévu une retraite ou un pèlerinage ? Ou au cours d’une randonnée, un arrêt dans une chapelle ou un moment de recueillement devant un beau paysage ? Ou encore, profiter d’être en famille pour retrouver le chemin de la prière ? C’est la meilleure part : elle est pour nous, choisissons-là !

Références bibliques : Gn 18, 1-10 ; Col 1, 24-28 ; Lc 10, 38-42 ; Ps 14






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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 30 Juil 2019, 6:45 pm





Citation :
Évangile

« Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 1-13)


Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Il arriva que JESUS, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
‘Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »
JESUS leur dit encore :
« Imaginez que l’un de vous ait un ami
et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander :
‘Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi,
et je n’ai rien à lui offrir.’
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond :
‘Ne viens pas m’importuner !
La porte est déjà fermée ;
mes enfants et moi, nous sommes couchés.
Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose’.
Eh bien ! je vous le dis :
même s’il ne se lève pas pour donner par amitié,
il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami,
et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
Moi, je vous dis :
Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson,
lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion
quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint
à ceux qui le lui demandent ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 28 juillet 2019 à Pradines


Mes sœurs, vous êtes une énigme ! En effet, par votre vie cloitrée, vous suscitez une interrogation souvent entendue :
« mais pourquoi il y a des sœurs qui restent enfermées dans leur couvent ? Elles feraient mieux de sortir s’occuper des pauvres et des malades comme les sœurs de mère Térésa ! »

La question est légitime et je voudrais tenter d’y répondre en montrant tout d’abord la place indispensable de votre intercession. Puis, je voudrais parler du rôle particulier de la persévérance dans la prière.

Si quelqu’un nous dit que les sœurs cloitrées ne servent à rien, on pourrait leur raconter cet épisode de la vie d’Abraham. Deux anges lui annoncent la destruction de Sodome, cette ville païenne située dans la vallée du Jourdain, dans laquelle s’est installé Loth, le neveu d’Abraham. Pendant que les deux anges se mettent en route pour Sodome, Abraham se met à discuter avec le Seigneur. Comme un bon commerçant, il négocie :

« Ok, il y a des milliers de débauchés dans cette ville, mais tu ne peux pas faire périr les justes avec les coupables. Donc, s’il y a seulement 50 justes, tu peux bien pardonner à toute la ville, n’est-ce pas ? » « Ok », dis Dieu. Abraham insiste : « et pour 40, ça vaut le coup de renoncer au châtiment n’est-ce pas ? Et pour 30 ? pour 20 ? pour 10 ! Et Dieu accepte de renoncer au châtiment pour 10 justes. Ce marchandage avec Dieu est touchant. C’est cela le rôle de nos sœurs cloitrées, sans leur intercession, le monde serait exposé au souffre ! Mes sœurs, faites du commerce avec le Bon Dieu, nous en avons bien besoin !

Nous connaissons malheureusement la suite, les deux anges arrivent chez Loth, tous les hommes de la ville viennent alors réclamer ces deux étrangers pour abuser d’eux. Dieu ne trouvera pas 10 justes, mais un seul, Loth. Du coup, Sodome va être englouti sous une pluie de souffre et seul Loth sera sauvé.

A propos du péché de Sodome, cette ville se trouvait dans l’actuelle mer morte. Lorsque j’emmène des jeunes en pèlerinage en Terre Sainte, ils aiment beaucoup se baigner dans cette eau saturée de sel, les corps flottent à la surface, ils peuvent lire un journal assis dans l’eau, c’est amusant. Mais lorsqu’une goutte d’eau atteint l’œil, c’est beaucoup moins drôle. Ça brule tellement que c’est insupportable. Il en est de même avec le péché, il peut nous tromper et sembler amusant, mais en réalité il brule notre âme ! C’est pour cela que nous avons besoin d’intercesseur qui, comme Abraham, nous obtiennent la miséricorde de la part du Seigneur.

Venons-en à notre second point, le rôle particulier de la persévérance dans la prière. JESUS nous présente un père de famille très agacé par son voisin qui vient lui demander de la nourriture en pleine nuit. Il est d’autant plus agacé que, en bon père de famille, il n’a qu’une peur, c’est que ses enfants se réveillent ! Alors, il finit par se lever et exaucer son voisin, à contre cœur.

Mais remarquons un point important dans cette histoire. Si d’un côté, nous comprenons l’agacement de ce bon père de famille, d’un autre coté nous pouvons admirer la générosité du voisin. Lui aussi a été réveillé en pleine nuit par ses invités-surprise, et il a aussitôt cherché des solutions pour les accueillir au mieux. Il ne demande pas de l’alcool pour faire la fête, mais seulement du pain car ils avaient faim.
Il est donc juste d’insister si l’objet de notre prière est juste. Et lorsque notre prière est tournée vers les autres, elle est toujours juste.

Précisons encore que nous devons persévérer dans notre intercession même si parfois, la réponse à notre prière nous déconcerte car elle ne correspond pas à notre attente. Malgré notre déception, nous devons être convaincu que Dieu se donne à nous même si nous ne sommes pas exaucés selon nos vues. JESUS nous le dit avec cette image si simple : Quand un enfant demande du poisson à son père, il ne va pas lui donner un serpent ! Si nous qui ne sommes que des hommes, nous avons ce bon sens, combien plus Dieu ne nous donnera que ce qui est bon pour nous. Aussi, même si nous ne sommes pas exaucés, Dieu est présent et c’est cela qui compte pour nous !

Pour finir, je vous invite à un petit geste concret. Vous avez compris que nos sœurs ont pour mission particulière de nous porter dans leur prière. Je vous propose donc de prendre contact avec les sœurs les plus proches de chez vous pour d’abord les remercier, et ensuite pour leur confier une intention concrète.

Mes sœurs, nous comptons sur votre sens du commerce d’amitié avec Dieu pour qu’il nous exauce d’une manière ou d’une autre. Merci de tout cœur pour votre vie donnée.

Amen.

Références bibliques : Gn 18, 20-32 ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedLun 05 Aoû 2019, 7:42 pm




Citation :
Évangile

« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » (Lc 12, 13-21)


Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
du milieu de la foule, quelqu’un demanda à JESUS :
« Maître, dis à mon frère
de partager avec moi notre héritage. »
JESUS lui répondit :
« Homme, qui donc m’a établi
pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous :
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un,
même dans l’abondance,
ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Et il leur dit cette parabole :
« Il y avait un homme riche,
dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait :
‘Que vais-je faire ?
Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.’
Puis il se dit :
‘Voici ce que je vais faire :
je vais démolir mes greniers,
j’en construirai de plus grands
et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même :
Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition,
pour de nombreuses années.
Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.’
Mais Dieu lui dit :
‘Tu es fou :
cette nuit même, on va te redemander ta vie.
Et ce que tu auras accumulé,
qui l’aura ?’
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même,
au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 4 août 2019 à Capbreton


Frères et Sœurs,

C’est une question importante, une question grave qui nous est posée ce matin : de quoi vivons-nous ? Vivre, au sens fort, pour nous, c’est quoi ?

Aujourd’hui, oui, – mais, au-delà de la mort, qu’est-ce qui nous fera vivre ?

Si l’Évangile nous pose cette question, c’est parce que c’est une grande souffrance pour le Christ, pour Dieu, d’abord de voir tant et tant de nous manquer du minimum nécessaire pour manger à leur faim, aujourd’hui même, y compris tant d’enfants que leurs parents n’arrivent pas à nourrir, jusqu’ici en France, en Belgique, mais encore infiniment plus ailleurs. A cause de tout notre égoïsme économique et social.
Mais aussi grande souffrance pour le Christ, de voir tous ceux et celles qui, comme cet homme dont nous parlait l’Evangile, passent à côté de ce qu’est la vie – la seule vie plus forte que la mort. La mort – la mort physique – nous dit quelque chose d’essentiel : si tu ne penses qu’à toi, si tu ne penses qu’à manger, toi – un jour, de mort tu mourras. Une vie centrée sur soi, ce n’est pas la vie. La vie, c’est d’aimer.

Tout à l’heure, au début de cette messe, le père Bernard a lavé les pieds de quelques pèlerins de Saint Jacques. Quand le Christ a-t-il lavé les pieds de ses disciples ? Juste avant de mourir, lui. Et pourquoi nous dit-il d’en faire autant ? Parce que c’est cela « LE » chemin pour passer la mort – pour vivre, ici et aujourd’hui, d’une vie plus forte que la mort. Et le Christ fait ce geste au moment du dernier repas qu’il prend avec les siens sur cette terre. Justement pour nous dire que ce n’est pas de manger qui fait vivre, mais de nous laver les pieds les uns les autres, de partager, d’aimer. Tandis que si je laisse les autres mourir de faim, moi, je meurs dans mon cœur.

Mais nous-mêmes nous le savons bien, nous en avons tous fait l’expérience : le nombre de fois où en voulant aider les autres, nous avons reçu bien plus que nous n’avons donné. Chacun, nous savons le bonheur de rencontrer, de manger et de boire ensemble, de fraterniser. Là, notre cœur vit, il respire.

Peut-être, frères et sœurs, n’avez-vous pas oublié les contes de notre enfance qui parlaient de ces méchants ogres qui rôdent, cherchant à tout dévorer, même les humains !
Ces contes disent vrai. Ils ont pour but de mettre les enfants en garde. Car c’est vrai qu’il y a des hommes qui deviennent des ogres au milieu des autres, qui ne cherchent qu’à dévorer, même leurs frères et sœurs humains. Alors attention – attention à ne pas devenir nous-mêmes des ogres dans cette société de consommation à tout va. A vouloir toujours consommer, dévorer, nous signons notre propre mort, la mort de notre cœur. Et Dieu devra alors y mettre beaucoup de sa miséricorde pour nous rendre la vie – mais, vous le savez, rien n’est impossible à Dieu.

Nous, tout au contraire, nous sommes invités à avoir la foi : la foi que la vie humaine est ailleurs que dans la consommation et dans l’argent. Cela n’a rien d’évident, et donc, oui, c’est une question de foi. Nous aurons sans cesse la tentation de nous replier sur nos propriétés, sur nos sécurités de tous ordres. Mais l’amour de l’argent est une maladie mortelle. La soif du profit est la source de concurrences, de guerres incessantes où rien ne compte plus que de gagner, en écrasant les autres. L’argent est un maître impitoyable, un dieu cruel.

Alors que la foi, au contraire, nous dit que la vie, c’est tout autre chose. La vie, c’est d’avoir un cœur nouveau, à la ressemblance du cœur du Christ. Et la foi, c’est de nous mettre en marche vers cette nouveauté de vie. Nous mettre en marche, pour devenir des femmes et des hommes nouveaux, et ce sera un long chemin, comme celui de Compostelle.
Pour être non plus des ogres, mais des sœurs et des frères nourriciers, nourriciers les uns pour les autres.

Comme le Christ, lui, notre frère nourricier – lui, le Vivant à jamais. Amen !

Références bibliques : Ql 1, 2; 2,21-23 ; Col 3, 1-5.9-11 ; Lc 12, 13-21





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 13 Aoû 2019, 6:27 pm




Citation :
Évangile

« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 35-40)


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie de la messe du 11 août 2019 à Agen


Frères et sœurs, amis en Christ

Vous est-il arrivé de veiller, durant de longues nuits, un membre de la famille, un ami ? Moi oui. Même si la fatigue et le sommeil vous envahissaient, ces moments privilégiés pesaient leur poids d’’amour : être là, simplement, se tenir éveillé, prendre la main du frère qui s’en va vers l’ultime étape, qui nous attend tous un jour ou l’autre, ce St Jacques de Compostelle du ciel.
Voilà l’image qui m’est venue, à la lecture de l’Évangile, que nous venons d’entendre et qui me permet de faire le lien avec les pèlerins qui s’apprêtent à partir vers Compostelle.
Jusqu’à notre dernier souffle, nous sommes tous étrangers et voyageurs sur la terre. Nous marchons où Dieu nous conduit. Tout n’est que passage vers un ailleurs. Il n’est ici-bas aucune demeure, aucune propriété, aucun « c’est à moi ». Nous sommes tous en route, certains en plein soleil, d’autres dans la nuit.
Marcher nous est quotidien, c’est la vocation de l’homme. Marcher c’est franchir l’obstacle, plutôt que de s’asseoir et de se lamenter. Certains parmi vous, marchent peut-être en ce moment dans la nuit du désespoir, de la solitude, de l’exil, du regret ou de la culpabilité. D’autres, comme vous chers pèlerins qui allez partir, marchez en plein jour. Loin des routines, vous retrouvez l’ardeur et la joie des commencements, le dynamisme des nouveaux départs, la découverte de nouvelles émotions.

Frères et sœurs, Que vous traversiez la nuit du silence ou de l’abandon dans votre chambre d’hôpital, de votre maison de retraite, de votre prison, ou que vous parcouriez, vacanciers ou pèlerins, les sentiers aux parfums doux et pénétrants de notre terre, le message de l’Evangile d’aujourd’hui est clair : un jour JESUS reviendra et ce sera surtout la fête.
La fête des petites gens, de ceux qui n’ont pas été considérés, de ceux qui ont pleuré, de ceux qui n’auront pas toujours été en paix avec leur conscience, de ceux qui auront aimé jusqu’à donner leur vie. Quel bonheur alors d’entendre JESUS leur dire « Entrez dans mon royaume, parce que vous-mêmes ne vous en seriez jamais jugés dignes »
Oui JESUS reviendra, comme un voleur, mais un étrange voleur à vrai dire. Il ne prendra que ce qui lui appartient, et aussi ce superflu qui empêchait chacun de nous d’accéder à la liberté de l’Évangile. JESUS nous invite à ne pas nous enfermer dans nos joies et nos peines, mais à nous mettre en route, à marcher en toute confiance au rythme de ses pas, au rythme de nos frères.
Dans notre monde de l’impatience, de l’utilité, de l’efficacité, du rendement, la marche est comme une protestation de résistance qui privilégie la durée, la curiosité, l’amitié et la liberté.
Une femme, la Vierge Marie, que nous allons célébrer en son Assomption, l’avait compris. Parce que son cœur était en mouvement, elle a entendu et accueilli la Parole de l’ange. Comme elle, des pèlerins se mettront en route et rejoindront pour le 15 août de nombreux sanctuaires mariaux comme à Lourdes ou au Puy-en-Velay où le Jour du Seigneur sera présent en eurovision cette année.

Frère, Sœur, ami, que tu sois sur ton lit de souffrance, taraudé par les questions sans réponse, que tu profites pleinement de ces jours de vacances pour t’ouvrir à l’inattendu, ou que tu chemines vers Compostelle, n’oublie pas, tu es en route vers la patrie céleste. Puisse ton chemin rejoindre cette foule de témoins dont Helder Camara disait : « Il y a des personnes qui, partant pour la maison du Père, laissent un souvenir d’amour, d’espérance et de paix. Elles deviennent comme l’étoile du matin pour celles et ceux qui continuent à marcher comme des pèlerins de l’Absolu ».

Amen.

Références bibliques : Sg 18, 6-9 ; He 11, 1-2.8-19 ; Lc 12, 32-48





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedLun 19 Aoû 2019, 7:47 pm





Citation :
15 août 2019

Assomption de la Vierge Marie —


Évangile

« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)


Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 15 août 2019 au Puy-en-Velay


Dans la salutation de Marie à Elisabeth, le Salut est annoncé à tous et à toutes les générations futures ! Le Salut, qui a pris corps en Marie enceinte de l’enfant JESUS, vient à la lumière quand ces deux femmes se saluent mutuellement : « lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. » (Lc 1, 44) Elisabeth, remplie de l’Esprit Saint, reconnaît la venue du Sauveur tant attendu : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 43). Dans le mystère de l’Incarnation, Dieu vient à la rencontre de notre humanité et le premier geste de celle, par qui se réalise ce projet de Dieu, est d’aller à la rencontre de cette autre femme, âgée, enceinte de celui qui désignera le Sauveur à tous, Jean-Baptiste. Ainsi, dans l’évangile de Luc, commence l’annonce du Salut à travers le simple geste d’une salutation : le Salut commence déjà quand nous saluons l’autre dans ce qu’il est. Marie vient au-devant de chacun de nous pour annoncer que Dieu réalise sa promesse : « Il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » (Lc 1, 54-55). Comme une mère aimante, apportant une bonne nouvelle à ses enfants, Marie annonce à tous l’amour de Dieu, manifesté en JESUS.

Souvent dans les grands sanctuaires comme celui du Puy, où depuis plus de quinze siècles des foules de pèlerins viennent prier la Vierge noire, il semble au premier abord que c’est nous qui venons à Marie. Mais il n’en est pas ainsi, c’est elle qui vient à notre rencontre, c’est elle qui, comme avec Elisabeth, vient nous annoncer les merveilles que Dieu accomplit en son Fils, c’est elle qui nous dit, comme aux noces de Cana : « Faites tout ce qu’il dira. » (Jn 2,5). Ainsi, le moment fort de la fête de l’Assomption, c’est lorsque la statue de la Vierge sort de la cathédrale pour aller, en procession, dans les rues du Puy à la rencontre de la foule venue la célébrer et la prier. C’est une manière simple et belle de signifier Marie au milieu des gens, Marie avec tous, Marie avec ceux qui croient et ceux qui doutent, Marie à la rencontre des plus petits et des malades en fauteuil roulant qui l’attendent, à l’ombre, au coin d’une rue. Marie n’est pas une mère distante qu’on ne peut approcher, elle nous est donnée par son propre Fils pour qu’elle devienne notre mère. Comme le rappelle le pape François dans sa récente lettre aux jeunes , Marie « est aujourd’hui la Mère qui veille sur ses enfants, sur nous ses enfants qui marchent dans la vie souvent fatigués, démunis, mais souhaitant que la lumière de l’espérance ne s’éteigne pas.»

« Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom.» (Lc 1, 48-49) Si Marie, à l’aube du Salut, annonce les merveilles de Dieu, la fête de son assomption auprès de Dieu nous entraîne à percevoir la plénitude définitive du Salut dans laquelle elle est entrée et à laquelle nous sommes appelés. Marie est la première des disciples et, comme une mère aimante, elle nous donne une image de notre avenir et de la réalisation de la promesse de Dieu. L’Assomption de Marie est une grande et joyeuse prophétie : le chemin qu’elle a ouvert est celui de tous ceux qui croient à l’accomplissement des paroles qui leur sont dites de la part du Seigneur. L’Assomption manifeste ainsi la volonté de Dieu d’associer l’humanité à la Pâque du Fils bien-aimé pour que nous entrions, à sa suite, dans la vie éternelle.

Le mystère de Marie et celui de l’Église sont étroitement liés l’un à l’autre et on ne peut saisir l’un sans accueillir l’autre. La figure de Marie, mère aimante, est ainsi le modèle de l’Eglise. « L’Église aime tous ses enfants, mais elle s’occupe et soigne avec une affection toute particulière ceux qui sont les plus petits et sans défense : il s’agit d’un devoir que le Christ lui-même confie à toute la communauté chrétienne dans son ensemble. » nous dit le pape François. Le Cantique de Marie, que nous aimons si souvent chanter, proclame : « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés… » (Lc 1, 51-53) Mais ces mots résonnent de manière insistante et grave, en cette période où la vie de l’Eglise est traversée par une grave crise : des petits et des humbles y ont été abusés. Alors le chant de Marie fait retentir dans l’Eglise « la douleur des victimes d’abus, qui est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. » comme le souligne le pape François. Aussi, plus que jamais, l’Eglise doit trouver le chemin qu’elle ne doit jamais quitter pour être, à la suite de Marie, mère aimante, attentive aux plus petits, aux plus faibles, aux humbles qui ont une place toute exceptionnelle dans le cœur de Dieu.

Marie, mère aimante, vient à la rencontre de chacune et de chacun de nous pour nous conduire à son Fils : elle s’est mise, la première en chemin, pour aller porter la bonne nouvelle du Salut à Elisabeth, et elle est entrée la première dans la gloire de son Fils. Aussi nous montre-t-elle la route pour devenir des disciples missionnaires, porteurs de la Bonne Nouvelle, et témoins de l’espérance ouverte définitivement par la mort et la résurrection du Christ. Demandons à Notre-Dame du Puy de nous accompagner dans notre vie chrétienne pour que nous sachions, comme elle, accueillir la force de l’Esprit Saint pour laisser vivre le Christ en nous, à la gloire du Père !
Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 27 Aoû 2019, 7:48 pm




Citation :
Évangile

« On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 22-30)


Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
tandis qu’il faisait route vers Jérusalem,
JESUS traversait villes et villages en enseignant.
Quelqu’un lui demanda :
« Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »
JESUS leur dit :
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite,
car, je vous le déclare,
beaucoup chercheront à entrer
et n’y parviendront pas.
Lorsque le maître de maison se sera levé
pour fermer la porte,
si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte,
en disant :
‘Seigneur, ouvre-nous’,
il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’
Alors vous vous mettrez à dire :
‘Nous avons mangé et bu en ta présence,
et tu as enseigné sur nos places.’
Il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes.
Éloignez-vous de moi,
vous tous qui commettez l’injustice.’
Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents,
quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob,
et tous les prophètes
dans le royaume de Dieu,
et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l’orient et de l’occident,
du nord et du midi,
prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers,
et des premiers qui seront derniers. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 25 août 2019 à Conques-en-Rouergue


On viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi. Cette image qu’emploie JESUS, nous la rencontrons quotidiennement ici, à Conques. Un groupe d’étudiants en histoire de l’art, venus de République Tchèque pour travailler sur l’art roman, une mère coréenne et sa fille, qui découvrent, émerveillées, la liturgie célébrée en ce lieu, une famille nombreuse qui débarque avec un âne, des jeunes migrants rescapés des camps de torture d’Égypte, de Libye et du Soudan qui passent à Conques une semaine de résilience avec une association, un clan de routiers scouts qui campe ici après une longue marche débutée au Puy-en-Velay. Je pourrais poursuivre, la liste est inépuisable.

Isaïe parle des rescapés parmi les nations, certains sont portés en litière. Tout ce peuple en marche n’est pas dans la meilleure des formes tant physique, que spirituelle, probablement. En écho, la lettre aux Hébreux prophétise, avec une image, tout à fait parlante là encore, sur le chemin de Compostelle : celui qui boite ne se fera pas d’entorse ; bien plus il sera guéri ! Telle est la force des sanctuaires : ils attirent aujourd’hui des foules nombreuses, d’horizons divers, géographique mais aussi existentiel. Ce sont des lieux de grâce, d’où l’on peut repartir fortifié, apaisé, guéri, pour continuer la route de la vie, rempli d’espérance pour orienter notre marche vers les sources qui désaltèrent vraiment. Des lieux où déposer aussi toutes les intentions qui habitent notre esprit, non seulement pour nos proches mais pour les souffrants de ce monde. Chaque soir, dans la prière communautaire des vêpres, nous faisons monter vers Dieu ces supplications déposées dans l’abbatiale par les pèlerins ou les visiteurs.

Oui, en ce lieu, Dieu est à l’œuvre. Il agit d’abord à travers la beauté. On ne se lasse jamais de prier dans cette église où nos regards, portés vers la hauteur des voûtes romanes, invitent le cœur à s’élever, lui aussi. La pureté des chapiteaux, l’éloquence du tympan, le charme des vieilles rues du village, tout pousse l’âme à s’ouvrir à la beauté. Nous avons besoin de retrouver aujourd’hui le temps d’apprécier ce qui est beau, tandis que nous sommes souvent entraînés dans un rythme de vie effréné qui ne sait plus prendre du temps gratuit pour contempler. Beauté du chemin, beauté du monde rural qui nous entoure ici, beauté de ce lieu plus que millénaire, qui nous dit que pour Dieu, toute chose est belle, que pour Dieu, tout être humain est beau et est aimé de Lui.

Dans ce sanctuaire, Dieu agit aussi par le témoignage d’une simple jeune fille, Foy, qui aima le Christ jusqu’au don de sa vie, en l’an 303. Sainte Foy, dont les très antiques reliques sont conservées et vénérées ici, est pleine d’actualité pour les pèlerins du 3e millénaire que nous sommes. La jeune sainte est particulièrement invoquée par les prisonniers, et les chaînes dont ils sont délivrés, depuis le Moyen-Âge, ornent les grilles qui ferment le sanctuaire. Elles sont représentées sur le tympan, sous les arcades près de sainte Foy en prière. Nous avons besoin de liberté et peut-être plusieurs d’entre nous souffrent de chaines matérielles, mais aussi intérieures : addictions, dominations de l’esprit du mal ou liens nuisibles de toute sorte. Ne passons pas à côté de Celui qui est venu pour nous rendre libre, le Christ. JESUS s’adresse dans l’Évangile aujourd’hui, à ceux qui, pensant pourtant bien le connaître, ignorent le salut qu’il est venu leur apporter. Avec vous, je prie tout particulièrement sainte Foy, la jeune martyre. Qu’elle intercède pour vous ce matin et fasse grandir en vous la foi. L’intercession des saints est puissante sur le cœur de Dieu. En cette eucharistie, Dieu veut faire de chacun une offrande apportée dans un vase pur sur l’autel du Seigneur, il veut nous donner l’espérance de parvenir un jour à la Jérusalem Céleste, au paradis de Dieu, pour prendre place au festin dans son Royaume ! Le Christ, représenté en majesté sur le tympan, nous ouvre les bras, que nous venions de l’orient ou de l’occident, du nord ou du midi. Il est le chemin, la vérité et la vie. Alors ne restons pas au bord de la route, le Christ veut nous libérer, mettons en lui toute notre foi.
Amen !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMer 04 Sep 2019, 6:46 pm





Citation :
Évangile

« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 1.7-14)


Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug, dit le Seigneur ;
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat,
JESUS était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
JESUS dit une parabole aux invités
lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places,
et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces,
ne va pas t’installer à la première place,
de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui,
viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ;
et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place.
Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :
‘Mon ami, avance plus haut’,
et ce sera pour toi un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

JESUS disait aussi à celui qui l’avait invité :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères,
ni tes parents, ni de riches voisins ;
sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception,
invite des pauvres, des estropiés,
des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu,
parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour :
cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 1er septembre 2019 à Houdeng-Aimeries


« Accomplis toute chose dans l’humilité », écrit le sage Ben Sira (Si 3,17). Voilà une vertu qui n’est pas nécessairement valorisée dans notre société… Le soupçon naît facilement : l’humilité n’est-elle pas une vertu doloriste et désuète, et ne tourne-t-elle pas rapidement à l’humiliation ? Mais, somme toute, rien de nouveau sous le soleil : l’Evangile nous rappelle que, déjà du temps de JESUS, certains, bien conscients de leur importance, font tout pour obtenir une bonne place à table.

Je pense pourtant que la parole de Dieu nous offre ce matin un chemin épanouissant, et je le caractériserais avec trois beaux mots qui commencent par ces trois lettres H-U-M : humilité, humanité et humour. Trois mots qui nous proposent un beau chemin de vie, et une spiritualité simple et vraie.

Etymologiquement, l’humilité nous relie à l’humus : être humble, c’est être proche de la terre dont nous avons été façonnés. L’humilité, c’est se reconnaître comme venant de l’humus et comme créés par Dieu : à la création, Dieu a pris de la terre du sol pour façonner l’être humain. Le nom du premier homme le rappelle : Adam, c’est celui qui est tiré de l’adamah (« terre » en Hébreu, Gn 2,7). La Bible aime bien les jeux de mots ! Si on tentait de le rendre en français, on pourrait dire : l’humain est tiré de l’humus.

Et Dieu nous façonne comme le potier travaille l’argile, Dieu travaille notre humus, notre humanité, pour nous façonner à son image. C’est là que nous découvrons la vraie humilité, comme une invitation à reconnaître que, en nous, à travers nous, Dieu travaille le cœur de l’homme. Et Dieu le fait jour après jour, patiemment, avec son cœur de Dieu. C’est notamment la méditation de la Parole, de l’Ecriture, qui vient nous transformer à son image : « l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute », rappelle le Siracide (Si 3,29).

Car c’est jour après jour que s’épanouit notre humanité. Elle est l’image de Dieu à laquelle nous sommes créés, qui se traduit par la capacité à aimer, à pardonner, à entrer en relation avec notre prochain, à nous émerveiller… Tout ce qui se construit pas à pas. Le projet de Dieu est que grandisse en nous cette humanité. Et Dieu y travaille, avec amour et bienveillance.

La vraie humilité nous fait reconnaître notre humanité profonde, qui est l’image de Dieu en nous, et nous pousse à faire grandir l’humanité dans nos frères et sœurs. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », dit l’Ecriture (Lv 18,19 ; Mt 22,39) : c’est-à-dire tu découvriras et tu aimeras, en toi comme dans ton frère et ta sœur, cette belle image de Dieu qui fait notre humanité commune. Nous sommes appelés à devenir humains, et à faire grandir l’humanité de notre prochain.

Je pense enfin que l’humilité doit aussi s’accompagner de quelques graines d’humour. Le pape François lui-même a avoué faire sienne cette prière de saint Thomas More : « Seigneur, donne-moi le sens de l’humour ». Cet humour qui devait certainement habiter JESUS quand il observe, avec un petit sourire amusé, les notables qui se précipitent aux meilleures places à table… Après tout, c’est tellement humain ! Et nous avons tous besoin de reconnaissance, besoin d’être aimés, appréciés. L’humour n’exclut pas la bienveillance. Mais il nous invite à relativiser les choses, à discerner ce qui est important et ce qui est secondaire. L’humour est une école de lucidité. Il est souvent une grâce, qui nous fait nous estimer à notre juste mesure. Il est vraie humilité quand il nous invite à ne pas nous prendre trop au sérieux !

Humanité, humilité et humour : les 3 « hum- » forment un trio gagnant, qui nous invite à construire des relations simples et vraies. Alors, comme dans l’Evangile, nous convierons même les plus fragiles à la table de notre amitié, car nous découvrons que nous sommes riches de la même humanité, et appelés à grandir ensemble sur le chemin simple et vrai de la sainteté.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMer 11 Sep 2019, 8:34 pm




Citation :
Évangile

« Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)


Alléluia. Alléluia.
Pour ton serviteur, que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Alléluia. (Ps 118, 135)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
de grandes foules faisaient route avec JESUS ;
il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous
qui, voulant bâtir une tour,
ne commence par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever,
tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir
et n’a pas été capable d’achever !’
Et quel est le roi
qui, partant en guerre contre un autre roi,
ne commence par s’asseoir
pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas,
il envoie, pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander les conditions de paix.

Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 8 septembre 2019 à Figeac


Tout cet été, frères et sœurs, le Jour du Seigneur a pérégriné sur les chemins de Saint-Jacques. Nos pas nous ont entraînés à Conques, au Puy, à Roncevaux… Et donc aujourd’hui, à Figeac, cité de Champollion, chef-lieu d’arrondissement du département du Lot, et passage d’un des chemins de Saint-Jacques. L’occasion est donc belle de vous parler de pèlerinage et de pèlerins.

Et ici, je vous vois penser (poliment, dans votre tête) : « Bon, très bien pour les pèlerins qui sont avec nous, mais nous, paroissiens de Figeac ? Nous ne sommes nullement des pèlerins ! Nous étions là dimanche dernier, nous serons là la semaine prochaine ! »

Et vous, frères et sœurs qui participez à la messe par la télévision, je crois deviner que vous pensez : « Encore le pèlerinage ! Mais je ne suis pas pèlerin, moi ! » Et beaucoup d’entre vous d’ajouter : « Même si je voulais, je ne pourrais pas ! »

En fait, si.

Nous sommes tous des pèlerins. Notre pèlerinage a commencé le jour de notre naissance et il se terminera le jour de notre mort. Et le pèlerinage de Compostelle, de Rome ou de Jérusalem n’est que l’image du grand pèlerinage qu’est notre vie de chrétien.

Nous avons tous quitté notre maison, et les êtres que nous aimions, pour nous mettre en route. C’est exactement ce que dit l’Évangile. Nous avons tous quitté notre père et notre mère. Que nous l’ayons fait volontairement, le jour où nous avons pris notre indépendance d’adultes, ou que le hasard s’en soit chargé à notre place. Nous avons tous tracé notre chemin, parfois avec d’autres, parfois seuls.

La brume de l’Aubrac est l’image de nos incertitudes. Les terribles montées des gorges du Quercy sont l’image des efforts que nous avons accomplis pour connaître et pour aimer. La lumière dorée de l’aube sur les vignes de l’Armagnac est l’image de l’espoir qui nous a fait aller de l’avant. La pluie battante dans les vallées des Pyrénées est l’image des épreuves que nous avons affrontées, le dos rond et le visage fermé.

Étape après étape, année après année, nous avons continué notre marche. Quelquefois, nous avions l’impression de ne pas avancer du tout ; quelquefois, d’avoir passé un col décisif, et de découvrir un tout nouveau paysage, que ce paysage nous plaise ou non. Même immobiles en apparence, même vivant dans la ville où nous sommes nés, mêmes retenus dans une maison — retenus dans une chambre —, nous avançons par les rencontres que nous faisons, et les difficultés qui nous attendent, et que nous franchissons.

Et ce qui fait que ce voyage de la vie est un pèlerinage, c’est qu’au bout, Dieu nous attend. Ce n’est pas le voyage l’important. Toute vie humaine est un voyage. C’est son sens, c’est son but.

Tous les pèlerins le disent : le cœur du pèlerinage, ce qu’il a de plus fort, n’est pas de se mettre en marche au petit matin, bien que les pieds soient douloureux et les genoux rouillés. Le plus fort est de garder les yeux fixés au-delà de la route, au-delà des montagnes, vers ce Compostelle ou cette Jérusalem lointains, vers ce que nous cherchons et désirons. Le chrétien est pèlerin si, à chaque étape de sa vie, il continue de désirer Dieu et de marcher vers lui. Même à tout petits pas.

C’est à cela que le Christ nous appelle. À faire du voyage de notre vie un pèlerinage. À prendre notre croix, notre sac à dos, notre corps, notre cœur, les événements de notre vie, et à le suivre sur le chemin qu’il nous a tracé. Que ce chemin ne dépasse pas les faubourgs de Figeac ou qu’il nous entraîne au bout du monde, peu importe. À la fin, il nous ouvrira à chacun les portes de son Compostelle, la porte de la maison du Père, la porte du Royaume.


Références bibliques : Sg 9, 13-18 ; Ps 89 ; Phm 9-10, 12-17 ; Lc 14, 25-33



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedLun 16 Sep 2019, 6:43 pm





Citation :
Évangile

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-10)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à JESUS pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors JESUS leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 15 septembre 2019 à Roncevaux en Espagne


Avait-il quitté la maison de son père à pied, avec un âne ou peut-être même monté sur un cheval? La parabole ne nous dit rien là-dessus. Mais, pour son retour, nul doute que c’est à pied que le jeune homme, enfant prodigue, revint, vidé de tous ses biens vers son père. À pied, depuis les terres boueuses où il traînait au milieu des porcs, jusqu’à la colline où, de loin, son père le reconnut. À pied, à travers la poussière des déserts et la rudesse des montagnes, sous l’âpreté du soleil, la folie des vents et la pluie diluvienne.

À pied. Pour se réapproprier, son histoire, renaître à la vie, par les pieds.

Parce que la marche, c’est le rythme de l’homme.

« Je dirai à mon père, je ne suis pas digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers. »

Peut-être que dans sa marche,le jeune homme a eu le temps de ruminer en long, en large et en travers, les égarements de sa vie et d’en avoir des scrupules. Le scrupule, dans la langue latine, le scrupulum, c’est le petit caillou. Celui qui, vous le savez, se glisse dans la sandale ou la chaussure, et vous empêche de continuer la route. Et bien, dans la vie, c’est pareil! Dieu sait que les scrupules nous ralentissent et coupent le désir d’avancer. Sur le chemin de Saint-Jacques, les scrupules peuvent remonter de la surface de la semelle jusqu’au cœur, « Et si ton cœur te condamne, Dieu est plus grand que ton cœur » (1Jn3,20)

« Je dirai à mon père, je ne suis pas digne d’être appelé ton fils. » Mais peut-être aussi que ce jugement très dur que le fils porte sur lui-même et que d’un revers des mains le Père effacera, est-il le début du début de son relèvement. Relever la tête pour ne plus voir la boue qui colle aux pieds et nous pétrifie mais plutôt entrevoir le chemin, même étroit, d’une possible vie enfin plus libre, plus vivante, plus humaine. « Ultreia » chante le pèlerin sur le chemin de Compostelle : « plus loin, plus haut ! » Avec le fils prodigue, nous avons à oser l’aventure du chemin, pas à pas, lentement, avec des ampoules aux pieds éventuellement, pour découvri à la fois qui nous sommes profondément – non l’un des ouvriers anonymes, mais chacun l’enfant bien aimé – et qui est notre Dieu, – non un juge sévère mais le Père de miséricorde, aux entrailles saisies de compassion.

Je sais, chers amis téléspectateurs, que certains parmi vous ne peuvent plus marcher. Mais je crois profondément que chaque mot balbutié et chaque soupir de votre prière est aussi un pas vers le bon Dieu. « ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit » Quand notre corps ne répond plus, l’Esprit de JESUS trace en nous, mystérieusement, un chemin de croix. Car sur ce chemin emprunté par l’enfant prodigue, nous avons encore une étape à vivre. Découvrir que lui, le fils prodigue peut en cacher un autre ! Non pas, le frère aîné de la parabole, qui, dans une salle de la maison, tourne en rond, fait les 100 pas, la nuque raide, miné par une jalousie, que l’on pourrait pourtant trouver légitime. Mais le fils prodigue cache l’autre fils, le seul Fils unique du Père, lui, JESUS, lui qui nous livre cette parabole . Il est déjà en marche, à pied, vers Jérusalem, (Luc 14,25) Il s’est aussi vidé, prodigue en miséricorde, aimant jusqu’au bout. Il aimait faire asseoir ses amis publicains et pêcheurs à sa table. « Retourner à lui, c’est renaître; habiter en lui, c’est vivre » nous dit saint Augustin. Et entendons ce cri de joie du Père : « Mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé! » Au matin de Pâques, JESUS, relevé de la mort, est sorti de la boue de la terre. On le croit perdu. Et il est vivant, dans la maison du Père. Éternellement. Alors, comme dans la parabole, il nous faut festoyer et se réjouir. Heureux les invités au repas du Seigneur !

Références bibliques : Ex 32, 7-11.13-14 ; Ps 50 ; 1 Tm 1, 12-17 ; Lc 15, 1-32




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 24 Sep 2019, 7:03 pm





Évangile

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 1-13)


Alléluia. Alléluia.
JESUS Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Un homme riche avait un gérant
qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit :
‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ?
Rends-moi les comptes de ta gestion,
car tu ne peux plus être mon gérant.’
Le gérant se dit en lui-même :
‘Que vais-je faire,
puisque mon maître me retire la gestion ?
Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force.
Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire,
pour qu’une fois renvoyé de ma gérance,
des gens m’accueillent chez eux.’
Il fit alors venir, un par un,
ceux qui avaient des dettes envers son maître.
Il demanda au premier :
‘Combien dois-tu à mon maître ?’
Il répondit :
‘Cent barils d’huile.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu ;
vite, assieds-toi et écris cinquante.’
Puis il demanda à un autre :
‘Et toi, combien dois-tu ?’
Il répondit :
‘Cent sacs de blé.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu, écris 80’.

Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête
car il avait agi avec habileté ;
en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux
que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.

Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 22 septembre 2019 à Paris


Déjà au temps de JESUS, un homme riche avait confié son capital à un gérant (de patrimoine). Alerté de sa mauvaise gestion, il a voulu s’en défaire. Mais ce gestionnaire, habile pour détourner dans son seul intérêt, a continué à préparer ses arrières. Il a usé de son agilité pour établir de nouvelles relations intéressées. On croirait voir décrites des malversations financières dont nous parlent si souvent les médias. Il est étonnant d’entendre JESUS justifier cela et nous dire benoîtement : « Faites-vous des amis, avec l’argent malhonnête, afin que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ».

Quels drôles d’amis ! Faut-il approuver un tel comportement ? Pour comprendre JESUS, soyons attentifs au processus évolutif qu’il nous propose.

Afin de résumer cela, permettez-moi d’insister sur 3 ‘’V’’ : VIRTUALITÉ – VERTU – VÉRITÉ

La VIRTUALITÉ

Au temps de JESUS, la monnaie qui servait à payer avait son pesant d’or, de métal. Aujourd’hui, nous avons perdu l’habitude que l’argent pèse. Point n’est besoin d’avoir un porte-monnaie, si ce n’est pour la quête… mais peut-être monsieur le curé vous a-t-il proposé d’autres solutions. Le portefeuille tend à disparaître. Il est substitué par la carte de crédit voire une application sur votre téléphone. La monnaie s’est dématérialisée, elle est devenue virtuelle. Dans la parabole, le propriétaire avait accordé au gérant une confiance quasi « aveugle » sans jamais vérifier son honnêteté. Elle était présupposée mais elle est devenue virtuelle, sans plus de consistance ni de réalité. En lisant rapidement cet évangile, nous pensons que JESUS se satisfait de cette virtualité. Pourtant il insiste sur la nécessaire confiance que l’on peut avoir l’un envers l’autre. Le caractère virtuel de ce qu’on croit détenir se distingue du comportement exigeant mais ô combien fructueux : être digne de confiance… Le gestionnaire malhonnête ne méritait pas la confiance qui lui était faite. Aussi faut-il entrer dans un cercle plus vertueux.

La VERTU

Pour mériter la confiance, il s’agit d’accomplir un long travail, de nouer une relation dans le temps. Tout cela se concrétise dans des actes, des comportements. Qu’est-ce qui nous permet de faire confiance à quelqu’un ? L’amitié ? l’affection ? l’estime ? l’expérience commune ? Pour JESUS, notre rapport à l’argent est significatif de notre comportement dans les moindres choses ou les plus grandes. Si l’argent a une valeur précise, la confiance acquise n’a pas de prix. Elle ne se quantifie pas, elle s’accorde, se donne et s’entretient. C’est pourquoi, mériter la confiance est une vertu dont on peut profiter pour développer une relation tout au long de la vie. Saint Paul disait d’ailleurs aux Philippiens : « Mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte » (Ph 4, 8). Et nous pourrions ajouter, prenons-le en considération. Le vrai, bon et honnête gestionnaire ne cache rien. Il déploie ses qualités. N’est-ce pas ce que les parents essaient de transmettre à leurs enfants, petit à petit : savoir ne pas mentir, toujours faire confiance, oser dire la vérité.

La VÉRITÉ

Avouons-le humblement. Le plus difficile est de toujours agir dans la vérité, la clarté, la limpidité. Alors JESUS donne une clé qui ouvre toutes les portes menant au meilleur comportement : « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent. » C’est la phrase choc de cet évangile que l’on trouve chez Luc comme chez Matthieu. Le propos est tranchant. JESUS nous propose de choisir le seul vrai Dieu et non pas un faux semblant. Aussi pouvons-nous redire avec saint Paul : « Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans le piège de la tentation, dans une foule de convoitises absurdes et dangereuses, qui plongent les gens dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être attachés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligé à eux-mêmes des tourments sans nombre ». (Lettre de St Paul à Timothée, 6, 9-10)

Éviter la virtualité de nos comportements, cultiver la vertu de nos attitudes et toujours aimer Dieu en vérité. Afin de ne pas devenir les esclaves et les adorateurs des biens que nous voudrions accumuler, n’est-il pas souhaitable de rechercher d’abord le bien que le Seigneur nous propose de cultiver ? Notre profit ne se calculera pas en une somme faramineuse, mais se révèlera dans la joie incommensurable de l’être qui se sait aimé pour ce qu’il est et non pour ce qu’il possède.



Références bibliques : Am 8, 4-7 ; Ps 112 ; 1Ti 2, 1-8 ; Lc 16, 1-13



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 01 Oct 2019, 7:44 pm



Citation :
Évangile

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)


Alléluia. Alléluia.
JESUS Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux, il vit Abraham de loin
et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
‘Père Abraham, prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’
Le riche répliqua :
‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit :
‘Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.’
Abraham répondit :
‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 29 septembre 2019 à Moha (Belgique)


Avouons qu’il y a de quoi être mal à l’aise face à la parabole que nous venons d’entendre. Cette histoire du riche et de Lazare n’utilise-t-elle pas des images culpabilisantes ? N’évoque-t-elle pas un au-delà, fait de récompenses et surtout de condamnation ?

L’Évangile n’est en rien —faut-il le rappeler ?— une promesse de consolation, encore moins de rétribution de nos mérites. Au contraire, s’il nous projette dans l’avenir et interroge notre passé, c’est justement pour nous inviter sans cesse à mieux vivre notre présent, c’est-à-dire à ajouter de la Vie à nos jours, de la consistance à notre existence.

N’est-ce pas là tout l’appel de cet Évangile ? C’est comme s’il nous disait aujourd’hui : « Ta vie, tu n’en as qu’une ! A force de calculer à court terme ou de te comporter comme si tu étais immortel, tu passes à côté de la Vie, et de la tienne !
Ouvre les yeux : il y a tant de personnes au portail de ton cœur ! »

Vivre, c’est donc redécouvrir une certaine sensibilité au quotidien : ouvrir les yeux sur la misère sociale, économique, intellectuelle et spirituelle de notre monde, sans perdre pour autant une capacité à s’émerveiller, à se réjouir et faire la fête…

Car, quelle est l’erreur du riche de la parabole sinon d’être finalement insensible ? Ce qui l’enferme fondamentalement, ce n’est pas sa richesse, c’est bien sa quête incessante de jouissance. Le texte nous le dit bien : « Il y avait un riche qui faisait chaque jour des festins somptueux ». La fête n’est pas pour lui une célébration,
mais une recherche incessante de plaisir, au point qu’il ne voit plus celui qui est à la porte de son cœur. Il n’existe que pour lui-même et ne voit même plus celui qui ne peut vivre que grâce aux autres…

S’il nous arrive parfois d’être comme ce riche, toutes et tous, à un moment de notre histoire, nous pouvons aussi être comme Lazare. Nous pouvons ressentir au fond de nous un grand abîme. Lorsque le désespoir surgît, se creuse une faille à l’intérieur de notre être, un fossé infranchissable entre ce que nous sommes et ce que nous désirons être… Pire encore, il y a ces moments où la vie bascule et les portes se referment : échec, trahison, conviction d’avoir fait fausse route… Nous nous sentons alors victimes, ulcérés comme Lazare, jetés par le destin devant un portail, derrière lequel se trouve un avenir désormais inaccessible. Le bonheur de notre vie est comme subitement emporté au séjour des morts.

C’est dans ces moments qu’il nous faut combattre le bon combat, espérer contre toute espérance, persévérer dans la douceur ! C’est-à-dire mettre de l’au-delà dans notre présent. Mettre de l’au-delà, c’est se demander ce qui restera de nous quand la mort viendra nous cueillir.

De certitude quant à ce qu’il y aura après notre mort, nous n’en avons absolument aucune. Comme le dit la parabole, « quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus ». Ce qui restera de nous —de nos relations, de notre histoire — lorsque la mort viendra, nous n’en savons rien.
Il ne tient cependant qu’à nous —pas demain, mais dès aujourd’hui— à mettre de l’au-delà dans notre vie, à choisir ce qui offre dès maintenant un goût d’éternité : justice, foi, charité, persévérance, douceur. « Empare-toi de la vie éternelle » nous dit la lettre à Timothée. Non pas en te réfugiant dans un avenir idéalisé, mais par tout ce qui donne aujourd’hui dans ta vie une saveur d’éternité.

Pour cela, l’évangile nous invite à ouvrir les yeux, à cultiver en nous une attention bienveillante, une réelle sensibilité au quotidien. Presqu’une saine ‘intranquillité’. Le prophète Amos le disait déjà, dans un des plus anciens textes du premier testament : “Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles, à ceux qui se croient en sécurité”.

Oui, une saine intranquillité ! Les textes de ce dimanche viennent nous secouer, nous réveiller dans notre confort et notre petit sommeil existentiel.

Ce n’est pas dans un futur incertain que justice doit être faite. C’est maintenant que nous devons tous y œuvrer.
C’est maintenant que la compassion doit être donnée.
C’est maintenant que nos yeux doivent s’ouvrir pour combattre avec persévérance les bons combats !

Combattre les bons combats, persévérer ainsi dans la douceur, consistera alors à reconnaître que toutes les zones d’ombres de nos histoires s’effaceront un jour au séjour des morts. Mais c’est accepter également que tout que ce qui aura été vécu en vérité dans l’amour, la foi et l’espérance ne passeront jamais. Tout cela sera sous le signe de Lazare, dont le nom signifie « Dieu aide ».

Si nous persévérons ainsi dans la douceur, alors se dévoilera au plus intime de nous la lueur d’un Dieu précaire, habitant une lumière inaccessible —qui n’offre ni consolation, ni condamnation— mais qui nous accompagne toujours dans nos existences, dans nos abîmes comme dans nos jours de fête.

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 06 Oct 2019, 8:27 pm




Citation :
Évangile

« Si vous aviez de la foi ! » (Lc 17, 5-10)


Alléluia. Alléluia.
La parole du Seigneur demeure pour toujours ;
c’est la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Alléluia. (cf. 1 P 1, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.

Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 6 octobre 2019 à Paris


Je n’ai pas été élève à Fénelon. Je suis désolé.
J’ai été élève dans un autre collège. Et j’en garde un excellent souvenir. J’avais un très bon aumônier. Je peux le nommer : c’était le père Carava. Le père Carava était formidable ; il conduisait sa Citroën Visa (cela, frères et sœurs qui vivez cette messe par la télévision, c’est pour vous, car je pense qu’aucun des jeunes gens qui sont devant moi n’a idée de ce qu’était une Citroën Visa) — il conduisait sa voiture comme un pilote de course, il organisait pour nous des pèlerinages à Rome, il jouait au football dans la cour ; quelquefois il nous faisait les gros yeux, mais par-dessus tout il nous aimait bien.

Et parce qu’il nous aimait bien, il voulait nous donner ce qu’il avait de plus précieux, ce que saint Paul appelle « la foi dans toute sa beauté ». Il ne mâchait pas ses mots ; quand il parlait de JESUS, de Marie, de la foi, nous sentions que c’était important pour lui. Que c’était plus important que lui, qu’il y tenait plus qu’à lui-même. En nous enseignant le Christ, il nous donnait la force, l’intelligence et l’amour, et nous comprenions que c’étaient là des cadeaux extraordinaires.

En entendant saint Paul, son exigence, sa façon de presser et de brusquer le jeune Timothée pour qu’il se réveille — saint Paul dit : « Je te le rappelle, ravive le don de Dieu, ce don qui est en toi » —, j’ai l’impression d’entendre le père Carava et de revoir ses yeux et ses gros sourcils froncés derrière ses lunettes carrées. Ce n’était pas de la colère, c’était de l’amitié. Il nous avait donné le cadeau le plus précieux, et il voulait que nous le gardions toute notre vie, pour être heureux, pour être forts, pour être beaux aux yeux de Dieu et des hommes.

À chaque fois que je prêche devant des jeunes (et devant des adultes aussi, à la vérité), j’ai envie de répéter cette simple phrase : « Gardez votre foi dans toute sa beauté. » Vous ne comprenez peut-être pas tout de la foi, mais moi non plus, et ce n’est pas grave, car de toute façon le don de Dieu est plus grand que nous. Vous avez peut-être du mal à croire, et sans doute plus encore à dire aux autres que vous êtes croyants, mais ce n’est pas grave, car de toute façon l’Esprit de Dieu, que vous le sentiez ou non, travaille déjà en vous. Alors gardez la foi. Gardez-la intacte, gardez-la comme votre trésor.

Mais ce n’est pas tout le dire. Je voudrais aussi que vous le compreniez dans votre cœur. Une fois — une seule —, le père Carava nous a raconté son enfance, dans un quartier populaire d’une ville d’Algérie ou du Maroc — je crois que c’était Casablanca. Comment il jouait au foot avec les prêtres du patro, comment il a reçu d’eux la beauté de la foi, comment peu à peu il a compris que ce qu’il pouvait faire de mieux dans sa vie, c’était de transmettre cette beauté. Ce jour-là, j’ai compris. Mon aumônier ne voulait pas que nous fussions des chrétiens parce qu’il le faut, par devoir ni par obligation ; il ne le voulait pas pour lui ; il le voulait pour nous, parce qu’il était notre ami et qu’il nous aimait. Et donc je vous le dis à mon tour : gardez votre foi, gardez-la dans votre cœur, gardez-la comme ce que vous avez de plus précieux, gardez-la pour un jour l’offrir à ceux que vous aimerez. Et ce jour-là, vous serez heureux.

Références bibliques : Ha 1, 2-3 ; 2,2 ; Ps 94 ; 2Tm 1, 6-8. 13-14 ; Lc 17, 5-10



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedLun 14 Oct 2019, 6:50 pm

Citation :
Évangile

« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17, 11-19)


Alléluia. Alléluia.
Rendez grâce à Dieu en toute circonstance :
c’est la volonté de Dieu à votre égard
dans le Christ JESUS.
Alléluia. (1 Th 5, 18)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    JESUS, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
    Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
    et lui crièrent :
« JESUS, maître,
prends pitié de nous. »
   À cette vue, JESUS leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.

   L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
    Il se jeta face contre terre aux pieds de JESUS
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
    Alors JESUS prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
    Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
   JESUS lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 13 octobre 2019 à Puna’auia (Tahiti)


Frères et sœurs, je vous invite à nous approcher, nous aussi, à la rencontre de ces dix lépreux, d’origines diverses, rassemblés par la maladie qu’ils portent dans leur chair, et qui nous rappellent s’il en était besoin que le mal et son cortège de souffrances frappe sans distinction de peuple, de nation. Exclus de la vie sociale, exclus de l’assemblée qui célèbre Dieu, les voici, ces rejetés du monde des vivants. La rencontre qu’ils vont vivre avec JESUS va pourtant changer leur vie. Lorsque nous avons tout essayé en vain pour sortir d’une situation intenable, qu’il ne nous reste plus rien et que l’impuissance pourrait nous contraint au désespoir, quand la situation devient sans issue, reste le cri, la clameur, l’ultime appel au secours, irréductible, qui sort du plus profond de nos entrailles. Voyant JESUS, ces lépreux crient vers lui en élevant la voix : « JESUS Maître, Aie pitié de nous ! »  Ils reconnaissent ainsi que seuls, ils n’ont aucun pouvoir d’échapper à leur triste sort, qu’ils ne sont pas tout-puissants et n’ont d’autre solution que d’appeler à l’aide. JESUS se laisse toucher par leur cri. Il ne leur demande pas leur appartenance religieuse, s’ils sont dignes des bienfaits de Dieu, ou s’ils y ont droit… Sa miséricorde est sans limite, sans frontière, sans réserve. JESUS ne pose aucune condition, ne rentre dans aucun marchandage. Il ne guérit pas les uns, les bons, en rejetant les autres, les mauvais. « Allez-vous montrer aux prêtres ! ». L’obéissance de nos 10 compagnons à la parole du Christ leur vaudra d’être purifiés en chemin de leur lèpre… L’histoire pourrait s’arrêter là, mais voici que survient un évènement étonnant : l’un des 10, un Samaritain, fait demi-tour après sa purification, pour rendre gloire à Dieu à haute voix et remercier JESUS en se prosternant à ses pieds. Et JESUS prend acte que cet étranger a été sauvé par sa foi. Faut-il comprendre qu’être purifié et être sauvé sont deux réalités différentes ? Les neuf autres ont obéi aux ordres de JESUS, mais ont-ils reconnu que la grâce qu’ils ont reçue de lui venait de Dieu ? Ont-ils perçu que par JESUS, c’est Dieu lui-même qui les avait guéris ? A l’inverse, dans l’évènement survenu dans son existence, le Samaritain a reconnu en JESUS la puissance de ce Dieu qui non seulement guérit, mais aussi sauve, c’est-à-dire rétablit dans son amitié celui qui s’en était détourné.

Le désir caché dans le cœur du Samaritain, était-il simplement d’être purifié d’une maladie, ou plus profondément encore, était-il de nouer ou de renouer avec Dieu une relation que son histoire personnelle, les évènements de sa vie ou encore sa propre faiblesse humaine avaient sérieusement malmenée ? Pouvoir retrouver Dieu, éprouver dans sa chair et son cœur sa miséricorde et la proclamer, reconnaître en JESUS Christ le Fils bien-aimé par qui le Père manifeste son amour, sa tendresse, sans exclure quiconque… JESUS, quant à lui, ne pouvait qu’être comblé de n’être pas simplement perçu comme un simple guérisseur, mais comme l’envoyé de son Père pour témoigner aux hommes de son amour… pour accueillir ce Samaritain qui glorifie Dieu et se prosterne à ses pieds en le remerciant, lui, JESUS Christ… et pouvoir  lui dire « Va, ta Foi t’a sauvé », comme il le dira à l’aveugle Bar Timée à Jéricho, comme il le dira à la femme atteinte d’un flux de sang. Ce salut, JESUS en exprimera le contour dans ces paroles qu’il prononce au soir de sa Passion et que nous révèle l’évangéliste St Jean : « Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. Moi lumière, je suis venu dans le monde pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ». (Jn 12, 44). Et si c’était cela, être sauvé ?

Frères et sœurs, l’Évangile de ce jour nous invite ainsi à vivre, à la suite des 10 lépreux, cette rencontre avec le Christ et à nous demander : devant le constat de nos faiblesses, des lèpres qui enlaidissent nos cœurs, sommes-nous prêts à crier vers lui, conscients que nous avons besoin de lui pour nous libérer et nous rapprocher de lui ? Croyons-nous vraiment qu’il est l’envoyé du Père, capable de nous restaurer sans cesse dans son amour ou bien le considérons-nous simplement comme un faiseur de miracles que l’on invoque en cas de besoin ?



Références bibliques : 2R 5, 14-17 ; Ps 97 ; 2 Tm 2, 8-13 ; Lc 17, 11-19




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedLun 21 Oct 2019, 7:38 pm




Citation :
Évangile

« Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui » (Lc 18, 1-8)


Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples une parabole
sur la nécessité pour eux
de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville
un juge qui ne craignait pas Dieu
et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville,
il y avait une veuve qui venait lui demander :
‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’
Longtemps il refusa ;
puis il se dit :
‘Même si je ne crains pas Dieu
et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer,
je vais lui rendre justice
pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ »
Le Seigneur ajouta :
« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
qui crient vers lui jour et nuit ?
Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare :
bien vite, il leur fera justice.
Cependant, le Fils de l’homme,
quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 20 octobre 2019 à Louvain-la-Neuve (Belgique)


Oh là là ! Quelle question, frères et sœurs ! Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Question essentielle pour nous, croyants. Entretenons-nous la foi en nous ? La foi qui est désir de Dieu, qui est espérance en Dieu. Cette foi s’exprime notamment par la prière, une prière persévérante qui attend tout de Dieu comme cette veuve qui espérait tout de son juge, inique pourtant ? Il s’agit bien sûr d’une parabole. Dieu n’est pas inique. Si déjà le juge lui rend justice, à plus forte raison, Dieu qui lui, nous aime… Certaines paraboles procèdent par un a contrario. Alors que vous auriez répondu par la violence, Dieu lui répondra par le pardon. D’autres encore sont une comparaison prise dans la nature ou dans la vie quotidienne des humains… Ici, il s’agit d’un a fortiori…

Ton désir, c’est ta prière

Revenons à la femme. Elle est habitée par un désir fou : que justice lui soit faite, qu’elle soit rétablie dans son bon droit, son intégrité. La prière est essentiellement désir. Écoutez donc cette réflexion de saint Augustin : « Ton désir, voilà ta prière. Si ton désir est continuel, continuelle est ta prière. Est-ce que nous sommes sans cesse à fléchir le genou, à prosterner notre corps, à lever nos mains parce que saint Paul a dit “priez sans cesse” ? Si nous prétendons que c’est là notre manière de prier, j’imagine que nous ne pourrons la soutenir sans interruption. Mais il y a une autre prière, celle-là ininterrompue : le désir. Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer : ton désir continuel, c’est chez toi comme une voix continuelle. » La prière est donc l’expression de mon désir. Mais ce désir mérite-t-il d’être adressé à Dieu ? Il ne faudrait pas que ce ne soient que des caprices, comme parfois ceux des enfants sciants. De guerre lasse, leurs parents finissent par y répondre, pour avoir la paix. Il est important de nous poser la question de la valeur de notre désir. Que désirons-nous, finalement ? Le mal ou le bien ? Quelle est l’orientation de notre vie ? Le monde est un perpétuel combat entre le bien et le mal. Dans quel camp nous situons-nous ? Pour faire allusion à la première lecture, il s’agit de passer au fil de l’épée tous nos démons, toutes nos connivences avec le mal. Est-ce bien là notre désir ? Ce désir, nous savons à qui nous l’adressons : non pas à un juge inique, mais au Dieu plein de bonté qui nous a créés pour notre bonheur, en vue de notre plein épanouissement. Pourrait-il être sourd à ce désir qu’il a mis lui-même en l’homme ? Croyons-nous que Dieu est bien celui qui est passionné de nous, celui qui, à la différence de nos titres et diplômes, de nos richesses et nos succès, peut nous permettre de nous accomplir dans toutes nos dimensions et répondre à nos désirs les plus vrais ? Avons-nous foi en son amour ? Le Fils de l’homme trouvera-t-il cette foi-là sur la terre ? Finalement, Dieu exauce-t-il chacune de nos prières ? Oui, mais pas nécessairement de la façon que nous attendions. Quand il pleut, l’eau pénètre la terre. Je sais qu’elle va faire son chemin sous terre et rejaillir quelque part en source, en un lieu que peut-être j’ignore. Ainsi nos prières. Elles pénètrent le cœur de Dieu et Dieu y répond toujours. Mais parfois de manière étonnante.

Le désir de Dieu

La prière n’est pas que demande. Elle est aussi louange, action de grâce, relecture de notre vie sous le regard de Dieu. Elle est peut-être surtout écoute de Dieu. Saint Paul invite Timothée à se mettre à l’école des Saintes Écritures. Dans celles-ci, Dieu exprime son désir, si bien résumé dès les premières lignes de la Bible : Dieu vit que cela était bon. Cette exclamation ne sera réalisée qu’à la fin des temps, car le Créateur ne veut pas réussir son projet sans notre collaboration. Il y a des années, je donnais une retraite à des jeunes. L’une d’entre elle confia quelle avait cessé de croire en Dieu parce qu’elle ne voulait pas être une mendiante. Je lui ai alors raconté cette parabole du poète hindou Tagore. Il s’agit d’un mendiant, justement. Après une journée de mendicité, sur le chemin du retour, il aperçut au loin un chariot d’or. C’était celui du roi. C’en est fini des mauvais jours, pensa-t-il. Il tendit la main, le chariot s’arrêta, le roi en descendit tout souriant. Il lui tendit la main droite et dit : « Qu’as-tu à me donner ? » Il insistait. Quel humour ! Confus, le mendiant finit par tirer de sa besace un tout petit grain de blé récolté ce jour-là et le lui donna. Le soir, vidant son sac, il trouva un tout petit grain d’or parmi le tas de pauvres grains. « Ah ! si j’avais eu le cœur de te donner mon tout ! » La jeune fille fut profondément touchée. Dieu avait besoin d’elle ! Frères et sœurs, et si Dieu avait quelque chose à nous demander ? Si la prière, c’était la rencontre de deux désirs, le mien sans doute, mais aussi le sien ? Finalement, qui croyez-vous qui est le plus impatient. Nous ? Ne serait-ce pas Dieu lui-même, désireux que son règne, un règne d’amour et de justice, advienne sans tarder ? Quand je demande quelque chose à Dieu, il a toujours lui aussi quelque chose à demander. En réalité, c’est lui qui attend. La patience se trouve de son côté.

Amen.








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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 27 Oct 2019, 7:39 pm




Citation :
Évangile

« Le publicain redescendit dans sa maison ; c’est lui qui était devenu juste, plutôt que le pharisien » (Lc 18, 9-14)


Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
JESUS dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
‘Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »


Homélie de la messe du 27 octobre 2019 à Créteil


« Le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi ». Quel est donc ce « bon combat » dont parle Paul à Timothée ? Et quel pourrait être, pour nous aujourd’hui, le bon combat de la foi ? Il y a huit cents ans, dans le delta du Nil, les croisés croyaient fermement savoir quel était le combat à mener. Il fallait reconquérir les Lieux Saints, délivrer le tombeau du Christ des mains des Sarrasins. Le Pape lui-même, en décidant une cinquième croisade, lui avait assigné cet objectif. Tous les jeunes chevaliers, fiers et courageux, en étaient convaincus.

Aujourd’hui encore, beaucoup de jeunes, religieux ou athées, sont prêts à s’engager pour une noble cause, souvent humanitaire ou environnementale, par solidarité avec les plus pauvres, par désir d’aventure ou soif d’idéal. Il arrive hélas, nous ne le savons que trop, que ce bel élan se laisse détourner à des fins idéologiques d’autant plus radicales et meurtrières qu’elles sont déguisées en propagandes religieuses.

François d’Assise connaissait bien la fougue de cet esprit chevaleresque qui avait enchanté sa jeunesse. Mais depuis qu’il avait rencontré Dame Pauvreté, tout avait changé. Désormais, l’idéal de sa vie n’était plus le combat des uns contre les autres, mais la rencontre des uns avec les autres. Il voguait donc vers Damiette avec les croisés, mais son cap était autre : il voulait aller à la rencontre du Sultan, pour lui chanter la beauté de l’Évangile et, si possible, fût-ce au prix du martyre, entraîner sa conversion à la foi des chrétiens.

Tel était le « bon combat » que François voulait mener, convaincu que l’unité est, par-delà les différences, ce qu’il y a de plus profond dans la création. Alors un matin, bravant les peurs et les interdits, il quitta le camp avec frère Illuminé. Mais Dieu, qui seul connaît le combat que chacun doit mener parce qu’Il le mène à ses côtés, n’avait pas dit son dernier mot !

Certes, ils furent reçus pendant plusieurs jours par le Sultan Malik-al-Kâmil, homme courtois et attentionné, sur qui le charme de François fit, sans nul doute, un réel effet. Mais il n’obtint ni le martyre auquel il aspirait, ni la conversion du Sultan pour laquelle il avait prié. Et pourtant, si les deux frères rentrèrent « bredouilles », quelque chose s’était passé : Dieu s’était montré plus grand !

Dans cette rencontre où Il les attendait, l’Esprit Saint avait élargi les désirs de leurs cœurs. Dès lors, s’ils l’acceptaient avec humilité, leur échec pouvait devenir porteur d’une promesse, celle d’une lointaine fécondité que personne ne pouvait encore entrevoir.

Pour François, le voyage de retour fut comme une longue migration vers l’intérieur de lui-même. Le Christ l’attendait ailleurs, sur l’Alverne, pour l’inviter à entrer dans l’étonnante fécondité de son Mystère pascal auquel tous les hommes, par l’Esprit Saint, peuvent être associés, d’une façon que Dieu connaît, quelles que soient leurs cultures et leurs religions.

Huit siècles ont passé. Chrétiens et musulmans, « nous avons trop longtemps nourri notre imaginaire de mythes hérités d’un passé que chacun voulait exemplaire pour soi et diabolique pour l’autre », écrivait Pierre Claverie. Le combat le plus difficile, le « bon combat », c’est celui que chacun doit mener en lui-même pour se convertir à la miséricorde de Dieu. Notre époque, malgré les sombres nouvelles qui régulièrement hantent notre actualité, est riche d’artisans du dialogue, courtois et persévérants, humbles et vrais comme le Publicain de l’Évangile.

Aujourd’hui, trente-trois ans après la rencontre d’Assise, le 27 octobre 1986, rendons grâces à Dieu ! Car il y a huit siècles, dans les murs de l’orgueil et de l’autosuffisance, plus épais que les remparts de Damiette, un chrétien et un musulman, François et Malik-al-Kâmil, ont ouvert une brèche où s’est peu à peu engouffré le souffle de l’esprit d’Assise. Amen !



Références bibliques : Si 35, 15b-17.20-22a – 2 Tm 4, 6-8.16-18 – Lc 18, 9-14





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 03 Nov 2019, 9:07 pm




Citation :
Évangile

« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 1-10)


Alléluia. Alléluia.
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Alléluia. (Jn 3, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
entré dans la ville de Jéricho, JESUS la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était JESUS,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir JESUS qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit,
JESUS leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit
et reçut JESUS avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors JESUS dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 3 novembre 2019 à Beauprèau-en-Mauges


Chers frères et sœurs, et vous fidèles téléspectateurs du Jour du Seigneur,

Est-ce par simple curiosité que Zachée a suivi cette foule qui accompagnait JESUS et qu’il est allé monter sur le sycomore ? Et nous, est-ce par habitude que nous nous retrouvons dans cette église ce matin, ou que beaucoup se retrouvent devant leur téléviseur à l’instant ? Et si cela devenait un véritable appel de Dieu et un moment de grâce comme ça a été le cas pour Zachée ! Et si cela se transformait en une véritable rencontre ! Nous le savons, il y a des rencontres qui changent tout une vie. Ça a été le cas de la rencontre de Zachée avec JESUS.

Zachée s’est donné les moyens de vivre cette belle rencontre avec JESUS. Sachant que la foule lui était hostile, il s’est mis en retrait. Sachant qu’il était de petite taille, il est allé grimper sur le sycomore. Zachée était très puissant par sa fortune et par sa fonction. Mais cette puissance cachait une grande fragilité. Fragilité physique, il était de petite taille. Fragilité humaine aussi, il jouissait d’une très mauvaise réputation. Mais ces fragilités ne l’ont pas détourné de son désir de voir JESUS. Il monte sur le sycomore, malgré l’hostilité de la foule. Et voici que JESUS pose son regard sur lui, l’appelle et s’invite chez lui. Le sycomore est à la fois pour Zachée le lieu du refuge et le moyen qui lui permet de se rapprocher de Dieu. Il y monte non seulement pour voir JESUS, mais aussi pour échapper au regard accusateur de la foule. Et c’est là qu’il va croiser le regard d’amour de JESUS, qui l’invite à sortir de son isolement.

Avons-nous déjà identifié notre sycomore ? Je veux dire ce lieu, ce moyen pratique, artistique, spirituel ou social qui nous permet à la fois de nous sentir en sécurité et d’établir le lien avec Dieu. Comme Zachée, en effet, nous avons parfois besoin de nous mettre à distance sans pour autant nous isoler, d’être avec les autres tout en assumant notre histoire personnelle.

Il est important de créer les conditions qui nous permettent d’établir le lien avec JESUS. Il nous faut discerner le temps, le lieu, qui nous permettent d’entendre la voix du Christ et de l’accueillir dans notre vie. C’est peut-être par un pèlerinage, la visite d’une église, un geste de générosité que nous rencontrerons le Christ. Comme Zachée, à chacun de trouver son sycomore, c’est-à-dire le moyen qui lui permet de voir Dieu, ce qui lui donne une entrée sûre dans la foi. Les objets liturgiques de cette église de Gesté ne le sont-ils pas pour nous ? Ils témoignent en effet du travail et de la générosité de notre communauté. Ils serviront à la prière et permettront ainsi de faire le lien avec Dieu.

Pour se libérer du poids de ses péchés, Zachée a décidé de faire don de sa fortune aux pauvres. Frères et sœurs, le don nous dépouille de ce qui ne peut que nous rendre terrestre pour nous rapprocher de ce qui est céleste. Donner c’est être capable d’accueillir ce que Dieu nous donne et de le lui donner en retour. Zachée qui était mis à l’écart de la communauté, y est réintégré par JESUS. JESUS s’invite aussi dans nos vies, pour nous sortir de toutes nos mises à l’écart et nous réintégrer dans la communauté humaine. Dans notre société, on peut se sentir exclu et mis à l’écart pour diverses raisons : pour ses idées, pour son origine ou bien pour ses convictions…

JESUS nous invite à sortir de nos isolements pour l’accueillir ; il nous invite à descendre des hauteurs sur lesquelles le péché nous a hissés, pour nous mettre à son écoute et au service des autres. « Aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison » dit JESUS à Zachée. Sa venue chez lui, en fait un homme nouveau. Lui qui était indifférent face à la misère des autres, décide de distribuer sa richesse et de réparer ses injustices. Nous aussi, aujourd’hui, JESUS veut changer nos vies : si nous l’accueillons, nous serons transformés, vivants !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 10 Nov 2019, 8:48 pm




Citation :
Évangile

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-38)


Alléluia. Alléluia.
JESUS Christ, le premier-né d’entre les morts,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles.
Alléluia. (Ap 1, 5a.6b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de JESUS
et l’interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une épouse mais pas d’enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

JESUS leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »


Homélie de la messe du 10 novembre 2019 à Lourdes


Pour JESUS, la vie éternelle est une évidence : « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais le Dieu des vivants ». Dans sa bouche, c’est comme un cri vers le Père. Le Dieu vivant, le Dieu créateur, ne règne pas sur les morts, sa puissance est pour la vie et la vie est faite pour durer toujours. Croyons-nous cela, frères et sœurs ? Le croyons-nous en vérité, ou faisons-nous partie de ceux dont l’apôtre saint Paul dit que « tous n’ont pas la foi » ? Car une grande partie des drames de l’humanité naît de la peur de la mort, de la conviction secrète, irraisonnée, mais inscrite dans nos profondeurs, que la mort finira l’emporter.

Les Saducéens en sont l’illustration. Pourquoi se réfèrent-ils à la pratique qui voulait qu’un homme dont le frère était mort sans laisser d’enfant prenne la veuve de celui-ci comme épouse et tâche de la rendre mère, achevant ainsi ce que son frère n’avait pu mener à bien ? Dans un univers où l’on ne croit pas à la résurrection, il n’y a que deux manières de conjurer la mort et le néant : acquérir la gloire, ou engendrer des enfants qui garderont votre mémoire et qui, à tout le moins, porteront la trace que vous avez existé.

JESUS, frères et sœurs, nous délivre de ce besoin-là. Par lui, en lui, nous recevons accès à la vie même de Dieu, nous sommes appelés à participer à l’échange éternel du Père et du Fils, l’un et l’autre laissant jaillir de leur échange l’Esprit qui le renouvelle toujours. Dans cette foi-là, nous n’avons plus à nous inquiéter de notre survie et, alors, tout ici-bas change de signe.

La procréation n’est plus une nécessité vitale, elle peut être paisiblement un émerveillement pour la fécondité de l’union des corps et un service de la vocation personnelle de chaque nouvel être humain.

Acquérir des biens peut ne plus être un objectif déterminant dans l’existence, mais plutôt le déploiement de ses dons pour servir la vie de tous les autres.

Les autres êtres humains ne sont plus des concurrents dont il faut toujours se méfier dans un monde limité, ils peuvent être regardés comme des frères et des sœurs en puissance dont nous aurons la joie de découvrir dans l’éternité la beauté et la profondeur, où se reflète la richesse de Dieu.

Ensemble, nous évêques achevant notre assemblée et vous qui célébrez avec nous dans cette basilique ou grâce au service public et au « Jour du Seigneur », nous entendons les vœux de l’Apôtre : « Que notre Seigneur JESUS Christ lui-même et Dieu notre Père […] réconfortent vos cœurs et les affermissent en tout ce que vous pouvez faire et dire de bien ».

Pendant ces jours, nous avons poursuivi, avec l’aide de personnes qui en ont été elles-mêmes victimes, notre travail pour faire face à la réalité des agressions sexuelles commises par des prêtres contre des mineurs et en sortir définitivement. Il est affreux et intolérable que des ministres du Dieu vivant, de celui pour qui « tous vivent », puissent être des porteurs de mort. A travers différentes causes qu’il faut essayer de mieux cerner, les coupables d’actes de ce genre cherchent toujours à conjurer la mort et le néant. Comment la foi en la résurrection, comment notre foi en Dieu le Père, Dieu des vivants, peut-elle pénétrer le fond le plus archaïque de nos libertés pour nous faire renoncer à la fascination de la mort et servir humblement la vie qui ne peut mourir ?

Nous nous sommes laissés bousculer par des personnes qui changent de vie en raison de la contrainte écologique. La foi en la résurrection ne constitue pas une échappatoire face aux bouleversements auxquels l’humanité fait face et va faire face sur notre planète. Elle nous encourage à chercher des modes de production, de consommation et de vie qui puissent être partagés avec tous les êtres humains, et elle nous promet de trouver en cette recherche de la joie.

Comment des serviteurs du Dieu des vivants ont-ils pu se comporter en prédateurs des ressources de la planète au détriment des autres ? L’ignorance, sans doute, des liaisons entre les phénomènes l’explique et l’excuse pour une part. Désormais, nous autres disciples de JESUS, devons puiser dans notre foi en la vie éternelle les immenses encouragements nécessaires, les motivations profondes, pour participer aux transformations nécessaires sans colère, sans ressentiment, sans panique ni recherche de solutions faciles, sans égoïsme surtout, avec l’espérance forte que le cosmos est un don du Dieu des vivants, non pour que nous nous y enfermions mais pour que tout homme y trouve de quoi se préparer à la vie en plénitude.

Nous ne sommes guère menacés des horribles supplices subis par les sept frères dont le livre des Maccabées nous raconte l’histoire. Nous n’aurons pas forcément besoin de leur héroïsme. Trop d’hommes et de femmes ont été torturés à travers l’histoire, trop le sont encore aujourd’hui. Tout tortionnaire, quelles que soient ses motivations, manque à la foi en la résurrection, manque à la foi dans le Dieu vivant. Le roi grec hellénistique Antiochos est la figure de tous les pouvoirs politiques qui ne supportent pas d’autres pouvoirs que le leur ou qui ne s’accommodent que des pouvoirs à leur mesure. L’assurance des sept frères, que Dieu qui les a créés les veut vivants pour toujours, nous stimule. Puisse la foi en la puissante bonté du Dieu des vivants éclairer nos choix, habiter nos pensées, ouvrir nos cœurs à la recherche de la communion avec tous, nous permettre de vivre les changements du monde dans la générosité, la confiance, l’espérance.

« Que le Seigneur conduise nos cœurs dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ »,

Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 17 Nov 2019, 9:22 pm




Citation :
Évangile

« C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21, 5-19)


Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.
Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme certains disciples de JESUS parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
JESUS leur déclara :
« Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
JESUS répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : ‘C’est moi’,
ou encore : ‘Le moment est tout proche.’
Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
Alors JESUS ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel.

Mais avant tout cela,
on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront
ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 17 novembre 2019 à Mayotte


« La fin du monde : un appel à vivre pleinement la Foi, l’Espérance et la Charité. »

Chers fidèles, les lectures du jour nous parlent de la fin du monde. Ce discours se déploie sous trois aspects à savoir : la fin des temps, la foi et l’action

L’évangile nous présente des images terrifiantes qui traduisent le discours de la fin des temps. Ici, le mal est présenté sous toutes ses formes : les tremblements de terre, les épidémies, la guerre, la corruption, l’égoïsme, l’indifférence, etc. Mais le mal, même dans son déploiement le plus violent, n’aura pas le dernier mot sur l’homme et l’univers. Il ne peut détruire totalement l’homme.

Moi, aujourd’hui je ne veux pas vous parler du mal ! Les médias ne cessent de le faire. Les enfants ne cessent d’avoir sous les yeux, sur les écrans, des images de crimes et de violences. Nous nous laissons abimés trop souvent par toutes ces images et ces réalités qui nous terrorisent.

Moi je veux vous parler du bien que JESUS veut pour nous. Ce discours de JESUS sur la fin des temps, loin de nous effrayer, doit raviver notre foi et notre charité.

Lors de l’incendie de la cathédrale notre Dame de Paris, la foi et la charité ont été ravivées par la solidarité, une chaîne de prières et de dons.

Dans les Caraïbes, après le passage d’un cyclone, un homme disait : « Je suis un étranger mais je viens secourir l’humanité qui a été frappée par le cyclone ».

Au contraire, JESUS consolide notre foi et notre espérance : « N’ayez pas peur. Que votre cœur ne soit pas troublé ». Ayons donc confiance en JESUS. Il ne peut se tromper ni nous tromper. Nous aspirons tous à une justice véritable, Notre espérance à tous c’est de vivre dans un monde où le bien est récompensé et la souffrance et le mal absents.

Or JESUS est ce Juge qui vient et viendra illuminer nos vies, les éclairer, tel un Soleil ! Il viendra en qualité de Juge pour mettre en pleine lumière et discerner tous nos gestes de charité à l’endroit des indigents de nos rencontres, pour mettre en avant les miséricordieux. Il viendra aussi éloigner et rejeter les violents et leurs menaces, loin de notre vue, à l’ombre.

La lumière du Christ éclaire la vérité du salut proposé à tous et pour le salut de chacun. Voilà notre espérance : que la lumière chasse progressivement nos ténèbres. JESUS est Chemin, Vérité, Lumière et Vie, alors ayons foi en Lui et agissons déjà en conséquence de notre espérance profonde, en conséquence de ce désir de justice que le Christ veut instaurer définitivement en nous et autour de nous. Voilà le chemin qui vaut la peine de parcourir parce que nous connaissons l’aboutissement : « Une bonne motivation entraîne une bonne action », nous dit le Dalaï Lama.

Notre foi et nos actions nous élèvent vers le Christ qui veut tous nous conduire à la maison du Père pour vivre éternellement avec Lui comme il affirme : « Car je m’en vais vous préparer une place. Et je reviendrai vous prendre avec moi ».

La foi sans œuvre est une foi morte nous dit saint Jacques. C’est pourquoi la deuxième lecture du jour nous exhorte au travail. Nous sommes envoyés comme de bons samaritains vers nos frères les plus éprouvés pour façonner déjà un monde plus fraternel et juste.

Toute inaction de notre part, parce que les yeux levés au ciel, donnera raison à Karl Marx qui a dit : « La religion est l’opium du peuple ». Martin Luther King le récuse et nous encourage : « Lorsqu’on me dira que c’est la fin du monde, je planterai un pommier ».

Le travail doit donc consister à faire advenir déjà sur terre un Royaume de justice et de paix, en usant de la charité comme la mesure du jugement. C’est pour cela qu’en ce jour où nous célébrons la journée mondiale des Pauvres et de la collecte nationale du Secours catholique, nous sommes invités à une charité concrète et persévérante à l’endroit de ceux qui sont dans le besoin.

Quotidiennement, nous côtoyons beaucoup de misères : les migrants, les enfants abandonnés, etc. Chacun doit être une goutte d’eau dans l’océan pour que nos efforts de charité ne soient pas vains, nous encourage Mère Térèse de Calcutta.

La formule latine de renvoie, à la fin de la messe, « ite, missa est », signifie « Allez, c’est la mission » : nous sommes envoyés pour proclamer la charité authentique et incarnée par nos actes. Et que Dieu vous bénisse.

Amen !


Références bibliques : Mt 3, 19-20a ; Ps 97 ; 2 Th 3, 7-12 ; Lc 21, 5-19





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 26 Nov 2019, 7:53 pm




Citation :
Évangile

« JESUS, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 35-43)


Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.
Alléluia. (cf. Mc 11, 9b.10a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
on venait de crucifier JESUS,
et le peuple restait là à observer.
Les chefs tournaient JESUS en dérision et disaient :
« Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant :
« Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix
l’injuriait :
« N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
« Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait :
« JESUS, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
JESUS lui déclara :
« Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 24 novembre 2019 à Louvain-la-Neuve (Belgique)


Ne restons-nous pas bien souvent comme cette foule, à observer passivement le monde, et tous ses crucifiés ? Sans verser dans la culpabilité, ne nous arrive-t-il pas d’ailleurs de regarder à distance certains événements tragiques et injustes de notre société ? Nous nous mettons alors à l’écart, un peu résignés. Face à la surcharge d’images et d’informations, nous devenons de plus en plus insensibles. Ne sommes-nous pas comme le peuple près de la croix : complice, passif ou simplement désemparé, à observer le tragique de l’existence se dérouler sous nos yeux ?

Dans toutes ces situations – où le sens semble définitivement absent – deux réactions peuvent nous traverser, à l’image de celles des chefs, des soldats, et des larrons dans l’évangile.

Il y a d’abord celle du désarroi, du sauve-qui-peut, celle qui propose une impossible fuite en avant : «Sauve-toi toi-même !» «Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas et les anges de te porteront» disait le tentateur au début de l’évangile de Luc. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » lancent similairement ceux qui tournent JESUS en dérision au pied de la croix. « Se sauver soi-même ! » par ses propres forces, prendre la fuite sans se laisser accompagner : voilà bien un penchant qui – pour différentes raisons – peut nous traverser. D’ailleurs, fuir certaines difficultés de l’existence et « se sauver soi-même », n’est-ce pas le mirage de notre monde occidental, avec son idéal d’accomplissement personnel, qui peine à créer du commun et du collectif ?
Qui ne voit bien souvent l’avenir qu’en termes individuels ? Vous l’avez compris : vouloir se sauver – le mot le dit bien – revient en définitive à fuir notre monde tel qu’il est.

Cependant, dans toutes nos situations d’épreuve, il est une deuxième manière d’envisager notre vie. Celle-ci nous invite à la lucidité et la vérité sur nous-mêmes – comme le deuxième larron ­- et au courage dans l’adversité. Elle nous invite finalement à transformer notre détresse en prière, cette manière d’envisager toujours de l’avenir. « JESUS, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ». Il ne s’agit plus de se mentir ou de fuir en avant. Mais d’observer notre monde, nos histoires avec les yeux de Dieu, et d’y voir ce qui peut encore naître, dans ce royaume à venir, à recréer.

Pour envisager la vie de cette manière, il ne s’agit pas de chercher avant tout son propre salut personnel, son accomplissement, son propre bien-être et bonheur… Il s’agit d’être sauvé de l’obsession de son propre salut ! Le larron ne dit pas « Sauve-moi ». C’est au contraire la voix du courage qui commence par penser un avenir commun, aussi mince soit-il : «JESUS, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume !». Voilà l’unique occurrence dans l’évangile de Luc où le Christ est simplement appelé JESUS, sans aucun autre titre. Et c’est à ce moment-là que JESUS se révèle comme Christ, c’est-à-dire vrai sauveur de l’humanité ! Dans cette rencontre au cœur de la détresse, un horizon s’ouvre à celui qui n’en voyait plus dans sa vie.

Quelles que soit nos épreuves, l’évangile ne nous invitera jamais à changer de vie, mais à l’envisager autrement, en acceptant que le salut – risquons encore d’utiliser ce mot si mal compris – passe désormais par nos mains, par nos paroles courageuses, notre prière confiante. Il s’agit de croire que nos histoires sont inscrites dans la mémoire et l’éternité de Dieu, qui voit dans chacune d’elles une promesse, un avenir toujours possible. Cependant, c’est à nous d’offrir, de porter un tel regard sur les autres. Pas à attendre le salut d’en-haut, mais à l’offrir dès maintenant, ici-bas. Il convient à chacun et chacune de nous d’œuvrer au salut de notre monde, par de simples gestes de solidarité, des rapports en vérité, des paroles qui prennent soin et qui libèrent. Offrir un salut à notre monde, c’est se mettre à son écoute, et entendre ceux qui crient : “Souvenez-vous de nous.”

Oui, le salut de notre monde passe désormais par nous. Dieu a besoin de nous pour agir, pour porter sa parole et se faire entendre en ce monde. Le messie crucifié – ce roi qui règne mais ne gouverne pas ! – nous laisse ainsi libres de le suivre ou non, de le faire régner sur nos vies ou non. Car le vrai pouvoir se donne, il ne se prend jamais.

Alors, ne restons pas observateurs de nos vies…. Et posons-nous aujourd’hui cette question aussi simple que cruciale. A qui voulons-nous donnner du pouvoir et offrir notre confiance ? Est-ce aux promesses de notre temps, qui nous disent « Sauve-toi » ? Ou est-ce à tous ceux qui n’en ont pas ? A tous les crucifiés de notre monde, qui par leurs vies disent « Souvenez-vous de nous».

C’est à chacun de nous d’y répondre. Et là où il est, de trouver les ressources pour agir en ce monde et faire régner ce royaume de Dieu, dans lequel personne n’est oublié.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 01 Déc 2019, 9:43 pm





Citation :
Évangile

Veillez pour être prêts (Mt 24, 37-44)


Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge,
on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari,
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien,
jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis :
telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs :
l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre :
l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 1er dimanche de l’Avent


Nouvelle année liturgique, nouveau chemin spirituel, nouvelle espérance ! En ce premier dimanche de l’Avent, nous nous préparons à monter à la montagne du Seigneur. Mais ne faut-il pas commencer par raviver notre désir ! Le temps de l’Avent est celui du désir spirituel « qui va de commencement en commencement en des commencements qui n’ont jamais de fin ; » ce désir ne peut que croître et sera comblé dans la Maison du Seigneur, lorsque nous serons face à face et qu’alors, nous lui serons semblables.

Désir de la sainteté, désir de la vision de Dieu, désir de demeurer en lui. « Quelle joie quand on m’a dit : nous irons à la maison du Seigneur. » Le désir est lié à la joie ; c’est la deuxième attitude pour ce temps proposé par l’Église. Joie de la rencontre, joie de la naissance de ce petit Enfant, le Fils du Père Éternel. Cette joie est toute intérieure ; elle est un don de l’Esprit Saint. Nul ne peut nous l’enlever ; elle est entretenue par les vertus théologales : la joie de la foi, le plus beau cadeau de notre vie, qui donne sens à ce que nous vivons et qui nous permet aussi de prendre du recul.

La joie de l’espérance qui nous fait monter vers la montagne. Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout, pour reprendre Péguy, et la foi sont les vertus de l’exode. Enfin la joie de l’Amour, car il y a toujours plus de joie à donner qu’à recevoir. Le disciple du Christ est habité par cette joie qui le transfigure. Comme il est triste de voir des chrétiens qui ont des têtes de poivrons vinaigrés, comme le disait le Pape François !

Le temps de l’Avent est bien celui de la joie. C’est saint Paul qui nous suggère la troisième attitude : devenir des êtres de lumière. Mais n’est-ce pas lié à la joie ? N’est-ce pas l’oeuvre du Salut ? Nous sommes sauvés, oui, mais de quoi ? Par qui ? Et comment ?

Noël n’a de sens que s’il y a la Croix ; les deux abaissements, l’Incarnation et la Rédemption nous illuminent ; mais le salut n’est pas automatique et j’allais dire : Dieu merci ! Le Seigneur nous laisse libre d’emprunter ce chemin de sainteté. « Revêtons-nous des oeuvres de lumière… revêtez-vous du Seigneur JESUS-Christ. » Le temps de l’Avent est celui de l’unification de notre être. « Unifie mon coeur », un coeur unifié est pacifié ; que de tensions en nous ; que d’oppositions intérieures avec nos limites et nos fragilités ; c’est pourquoi il est bon de contempler le Christ dans l’Évangile et d’essayer de revêtir ses sentiments, lui qui est doux et humble de coeur.

Alors nous retrouvons l’Évangile pour la dernière attitude spirituelle à travailler : « Veillez » l’Évangile y associe la prière : veillez et priez. S’il nous faut veiller et même être en tenue de service, c’est parce que nous ne connaissons ni le jour, ni l’heure de la visite du Seigneur.

Certes, nous attendons le retour en gloire du Seigneur ; mais il y aura aussi notre rencontre personnelle au moment de notre pâque ; mais n’attendons pas notre mort pour une telle rencontre ; et si, pendant l’Avent, le Seigneur venait vous visiter au coeur de votre prière par exemple, à travers un échange de regards… il y a tant de regards de JESUS dans l’Évangile ! À travers un évènement, que sais-je ? Soyons au rendez-vous et pour cela veillons. Attention, il ne s’agit pas de passer sa journée à genoux ! Saint Augustin dit : « ta prière, c’est ton désir ; si tu désires sans cesse, tu pries sans cesse. »

Nous retrouvons l’attitude fondamentale : le désir. Alors si vous entendez frapper à la porte de votre coeur, ouvrez vite pour accueillir l’enfant Dieu qui va vous rejoindre dans vos fragilités et faiblesses pour qu’elles deviennent un moment de la tendresse du Père.

Surtout n’aie pas peur d’habiter la terre, car c’est là où tu rencontreras celui qui veut te redire : « Tu sais bien que je t’aime.»

Références bibliques : Is 2, 1-5 ; Ps 121 ; Rm 13, 11-14a ; Mt 24, 37- 44




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