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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 25 Juin 2019, 5:57 pm




Citation :
Évangile

« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)


Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS parlait aux foules du règne de Dieu,
et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser.
Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent :
« Renvoie cette foule :
qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs
afin d’y loger et de trouver des vivres ;
ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répondirent :
« Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons.
À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture
pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes.
JESUS dit à ses disciples :
« Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande
et firent asseoir tout le monde.
JESUS prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,
les rompit
et les donna à ses disciples
pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient :
cela faisait douze paniers.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 23 juin 2019


Il y a un peu plus quinze ans, quand j’avais encore des cheveux, à la fête de la musique, je me suis produit non loin d’ici avec mon frère, pour un petit concert de rock avec son groupe. J’étais choriste. A l’époque, les amis de mon frère trouvaient que l’on s’entendait à merveille. Cela n’était pas vraiment le cas. Il était plutôt fâché de me voir rentrer dans la vie religieuse. Et même s’il avait rebaptisé son groupe de musique « Ravage » par « Ravage And The Priest » (suivez les initiales !) il m’en voulait encore. Cependant, la musique, sa beauté, son harmonie, nous unissait. Elle créait une complicité entre nous.

Tout naturellement, chaque répétition menait à un repas ensemble. Soir après soir, autour de la table, se créait une sorte de communion qui peu à peu finit par nous rapprocher tout à fait. Aujourd’hui on ne chante plus ensemble, mais je suis toujours le bienvenu à sa table.

JESUS, lui ne chante sans doute pas. Mais il enchante. Les foules sont restées là à l’écouter très tard. Elles communient à ses paroles. Mais il manque quelque chose. Tout ce monde, debout, qui fixe JESUS de loin, c’est un peu juste. Car personne ne se soucie vraiment de son voisin, captivé par l’enseignement du maître. Ils communient avec lui, mais est-ce qu’ils communient entre eux ? Il n’y a que les disciples qui s’en inquiètent. Peut-être que ces gens ont faim ? Mais on se demande si leur préoccupation ne vient pas d’une crainte. Une foule affamée, c’est menaçant.

Alors JESUS dévoile son plan. « Donnez-leur à manger ! » C’est-à-dire, préoccupez-vous vraiment de cette foule plutôt que de chercher à vous en débarrasser. « Voyez, depuis ce matin que je leur parle j’ai préparé leur cœur à cet instant suprême. Tout ce que j’ai dit, c’était pour les mener jusqu’à ce repas. » Pour que vous compreniez que ma parole est une vraie nourriture.

JESUS prend les choses en main.

Le peu qu’ils ont, pain et poisson, les apôtres lui donnent, abandonnant ainsi leur dernière sécurité. Mais remettre ce que l’on a dans les mains du Christ, ce n’est pas se déposséder. Ce n’est pas non plus fuir ses responsabilités. Au contraire. Les mains vides les apôtres sont maintenant plus libres. Ils sont agiles à organiser la multitude, à la faire asseoir. Eux qui tout à l’heure se tenaient à distance de la foule inquiétante, les voilà qui la traversent, qui l’apprivoisent, et qui l’aiment. Ils discutent, ils rassurent, ils créent du lien, des petits groupes, de la communion. Travaillée en tous ses par les apôtres empressés la masse tout à l’heure anonyme prend corps, parce que nul n’est plus étranger pour l’autre.

Voilà qui est clair. De nos jours, nous pouvons facilement nous dire : l’Eglise s’étiole, ou carrément s’effondre. Et l’on se décourage. Nous n’avons plus les moyens, nous n’avons plus les ressources. A force de compter et de recompter le peu de pain et de poissons dont nous disposons, on finit parfois par ne plus voir la foule à côté de nous. Ou bien on pense que ce que nous avons n’est pas assez bon pour eux, qu’ils se débrouilleront autrement. Or, c’est faux. C’est faire le jeu du Mauvais que de penser que nous n’avons rien à dire au monde qui se perd dans le désert de nos sociétés sans Dieu.

C’est partir perdant d’avance que de jeter l’opprobre sur toute tentative d’organisation de ces foules en quête de sens, en se disant que l’Eglise est une institution dépassée, qu’on n’a pas besoin d’elle, qu’on peut parler de Dieu comme ça, que ça suffit. C’est lâcher et Dieu et la foule que de vouloir manger entre soi le peu de pain qui nous reste, sans le faire passer dans les mains du sauveur, pour le distribuer autour de nous.

Alors : à table. C’est l’été et les occasions de manquent pas. De faire du bien autour de soi, donner de son temps, offrir l’hospitalité, la convivialité autour nous. Il n’y a jamais rien d’anodin dans un repas, pas plus que dans une répétition de rock.

En vérité l’Eglise a toujours cherché à répondre aux légitimes faims humaines : faim de pain, mais aussi de justice, de solidarité et même de beauté. Mais l’Eglise n’oublie jamais que derrière toutes ces soifs se cache une soif plus grande encore, la soif de Dieu. Donner faim de Dieu au monde, en répondant à ses faims terrestres, voilà une belle mission. Susciter la soif de Dieu en étanchant la soif des hommes.

Heureux sommes-nous frères et sœurs, si nous donnons faim, creusant en celui que nous nourrirons un désir plus vaste encore. Parce qu’il n’y a pas de joie plus grande que d’être comblé par Dieu lui-même.

Références bibliques : Gn 14, 18-20 ; Ps 109 (110), 1, 2, 3, 4 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMer 03 Juil 2019, 6:36 pm



Citation :
Évangile

« JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » « Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 51-62)


Alléluia. Alléluia.
Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ;
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. 1 S 3,9 ; Jn 6, 68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela,
les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais JESUS, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.

En cours de route, un homme dit à JESUS :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
JESUS lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
Mais JESUS répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
JESUS lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 30 juin 2019 à Vodelée (Belgique)


Immortaliser, fixer l’instant, être présent, ne rien rater de l’événement. Voilà ce qui anime bien des personnes qui prennent avec frénésie des photos et autres selfies, en toutes circonstances et en particulier en ce temps de vacances qui commence ! Souvent, il arrive que le futur souvenir —que représente la prise de photo— prenne le pas sur l’instant. C’est comme si la photo-souvenir devenait plus importante que l’instant-présent… Aujourd’hui on ne contemple plus une œuvre, un événement. On l’immortalise… On ne lui laisse plus être ce qu’il est ! Mais à force de vouloir conserver notre passé pour le futur, vivons-nous vraiment le présent ?

L’être humain aime se tourner vers son passé, ses souvenirs, son histoire. Par devoir de mémoire —lorsque le passé est un passif— il nous arrive de revisiter certains événements douloureux de nos histoires. Il y a aussi chez certains d’entre nous une tendance à dire « c’était mieux avant » par peur de se confronter aux réels défis. Il peut nous arriver de nous enterrer littéralement dans le passé des morts par crainte de nous tourner vers l’avenir des vivants. Ce passé sera chez certains une histoire heureuse, qui ne se reproduira plus jamais ; pour d’autres une relation dont on ne peut faire le deuil ; pour d’autres encore un projet qui a échoué, une entreprise sans succès, sans succession… Qu’il est difficile pour l’humain de faire des deuils féconds, de mourir à ce qu’il n’est plus, pour renaître à ce qu’il est réellement !

Dans l’Évangile de ce jour, à trois reprises, JESUS nous invite à nous libérer de cette prison du temps. Pour cela, il nous convie à un réel travail de deuil sur nous-mêmes. Par des petites phrases tranchantes —qu’il est pour certains si difficile à entendre— JESUS nous invite à vivre plus intensément notre vie, au quotidien.

« Le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête » ;
c.à.d., Ne cherche pas à fixer, à immortaliser l’instant.

« Laisse les morts enterrer les morts »
c.à.d., Ne te replie pas sur ce passé à jamais dépassé.
« Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume »
c.à.d. Ne te réfugie pas dans tes sécurités, tes droits acquis.
Vis ta vie en allant de l’avant.

Les réponses de JESUS sont cinglantes, incompréhensibles à première vue. Et pourtant… Voilà une sagesse qui nous rappelle que l’existence ne se vit pleinement que dans l’épaisseur du présent, avec ses incertitudes, sa fragilité et ses surprises. Il ne s’agit pas de se couper de ses racines, mais de discerner un avenir toujours possible ! Ne te réfugie pas dans tes certitudes, dans tes lieux de confort, où tu peux te terrer, et bien vite t’enfermer. L’annonce de l’évangile, du Royaume, c’est mettre de la Vie dans la vie, quelles que soient nos blessures…

JESUS, alors que sa fin est proche, vit sa vie jusqu’au bout. Il se tourne résolument vers son avenir. Il envoie devant lui des messagers pour préparer sa venue. Alors, si dans notre culture, on parle beaucoup du devoir de mémoire, JESUS nous confronte dans l’Évangile de ce jour à un
« devoir d’avenir ».

Il est urgent, frères et sœurs, que les chrétiens d’aujourd’hui cessent d’être nostalgiques de leur passé, de leurs églises, de leur tradition, mais qu’ils soient créateurs d’avenir. Pour cela, il y a un réel deuil à faire de beaucoup de nos entreprises et nos structures. Mais il y a surtout un travail de construction, d’avenir, un chantier à l’image de cette église qui renaît ! Oui, soyons ces messagers envoyés pour préparer la venue du Christ. Laissons-les combats dépassés s’enterrer eux-mêmes. Laissons les morts enterrer les morts. Mais mettons la main à la charrue, sans fuir en avant. Sans remettre à plus tard les vrais enjeux. A chacun de regarder devant, lucidement et sans idéologie, pour offrir du courage à notre monde qui en a tant besoin. Comment ? Il s’agit d’avancer selon la liberté de l’Évangile, car nous sommes tous des êtres en devenir, jamais atteints, toujours en évolution, quel que soit notre âge. Si le Christ, nous dit saint Paul, nous a libérés, c’est bien pour que nous soyons réellement libres.

Alors, laissons vraiment les morts enterrer ce qui est mort en nous. Ne nous enfermons pas dans nos échecs, dans nos errances. Intégrons au contraire nos chemins respectifs et reconnaissons qu’ils constituent la richesse de ce que nous sommes devenus. Oui, dans l’espérance, nous sommes invités à être « fidèles à notre avenir », à oser croire, envers et contre tout, en ce Dieu qui nous accompagne sans cesse et nous ouvre la voie du Royaume.

Car quand on laisse derrière soi son chez-soi et ses propres sécurités, on découvre, devant soi une terre nouvelle, inespérée, insoupçonnée. Celle du Royaume, de l’Évangile, qui offre de l’avenir, de la joie au quotidien. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 09 Juil 2019, 6:41 pm






Citation :
Évangile

« Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12.17-20)

Alléluia. Alléluia.

Que dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;
que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse.
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

   En ce temps-là,
parmi les disciples,
    le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité
où lui-même allait se rendre.
    Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
   S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »
   Mais dans toute ville où vous entrerez
et où vous ne serez pas accueillis,
allez sur les places et dites :
    ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds,
nous l’enlevons pour vous la laisser.
Toutefois, sachez-le :
le règne de Dieu s’est approché.’
   Je vous le déclare :
au dernier jour,
Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

   Les 72 disciples revinrent tout joyeux,
en disant :
« Seigneur, même les démons
nous sont soumis en ton nom. »
   JESUS leur dit :
« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
    Voici que je vous ai donné le pouvoir
d’écraser serpents et scorpions,
et sur toute la puissance de l’Ennemi :
absolument rien ne pourra vous nuire.
    Toutefois, ne vous réjouissez pas
parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous
parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

  – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 7 juillet 2019 à Saint-Emillion


À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que JESUS ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?
JESUS, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer JESUS en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer JESUS.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.
À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que JESUS ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?
JESUS, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes tous appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer JESUS en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant  d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer JESUS.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.

La première mission que JESUS confie à ces nouveaux disciples est d’aller en avant de lui. Aller en avant du Christ, c’est porter un signe de sa présence dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas encore mais aussi à ceux qui pour diverses raisons, se sont éloignés de l’Église.

Aller en avant du Christ, c’est peut-être avant tout être messagers de la paix de Dieu, afin que s’accomplisse cette promesse faite par Dieu dans la première lecture : « voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve … »

Le grand défi des apôtres de JESUS a été de faire advenir la foi en JESUS là où elle n’avait jamais existé. Notre mission à nous disciples missionnaires aujourd’hui est aussi de raviver la foi là où elle a été déconstruite et abimée.

Nous sommes aussi envoyés pour manifester l’amour miséricordieux du Christ à tant d’hommes et de femmes en quête du sens à donner à leur vie. Je pense par exemple ses grands-parents qui témoignent de leur foi auprès de leurs petits enfants non baptisés, c’est aussi le cas lorsque nous prenons le temps d’écouter une personne dans la détresse et qui a besoin que nous lui prêtions une oreille attentive. Nous manifestons ce visage miséricordieux du Christ, lorsque nous encourageons un collègue éprouvé et  que nous passons du temps auprès des plus fragiles, des personnes en précarité…)

L’autre mission que JESUS confie aux 72 est de prier : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Souvent quand nous entendons parler de mission, nous imaginons des actions extraordinaires. Voici une action missionnaire toute simple, à la portée de chacun : la prière ! Chez soi, à certains moments prévus de notre journée de vacances, à des heures fixes, devant une bougie allumée ou une icône…

Prier : Une action simple, mais pas banale ! Un temps de gratuité envers le Seigneur. Oui, nous sommes invités à prier pour que de nouveaux disciples missionnaires répondent à l’appel du Dieu.
Notre Église a besoin de tous, pour l’accomplissement de sa mission dans notre temps. Elle a besoin d’authentiques témoins du Christ, au cœur du monde de ce temps, par leur vie quotidienne.

Partout et en tout temps, nous sommes invités à être disciples missionnaires : au travail et en vacances, en activité comme à la retraite, dans un avion ou bien dans un train ; à la plage ou en montagne, dans les vignes ou dans les champs de blé….
C’est vrai, prendre part à la mission de l’Église peut parfois nous paraître lourd ; nous pensons généralement que nous ne sommes pas à la hauteur du service qui nous est demandé. Si JESUS envoie ses disciples deux par deux, cela signifie que nous ne sommes pas seuls : l’Esprit-Saint nous accompagne, d’autres y prennent part avec nous.
Et le Christ est lui-même avec nous.
La magnifique fresque sur les murs du cloître de cette église met en image la grandiose Parole de l’Apocalypse (3,20) : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »

Le Christ JESUS vient jusqu’à nous pour nous donner la Vie de Dieu, alors devenons à notre tour, des messagers de sa Bonne Nouvelle pour notre monde…





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 16 Juil 2019, 6:26 pm






Citation :
Évangile

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)


Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    un docteur de la Loi se leva
et mit JESUS à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
   JESUS lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
   L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
   JESUS lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
   Mais lui, voulant se justifier,
dit à JESUS :
« Et qui est mon prochain ? »
   JESUS reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
   Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
   Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
JESUS lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 14 juillet 2019 à Paris


L’Evangile que nous venons d’entendre fait retentir la question la plus décisive de nos existences : « Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle » ? Cette question ne va pas de soi. L’existence de la vie éternelle était claire pour les Pharisiens, mais pas pour les Saducéens. Et, dans cette question, il y a déjà un lien essentiel : « que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? », non pas « que dois-je penser ? » non pas « à quel groupe religieux dois-je adhérer ? ». Mais « Que dois-je faire, très concrètement, dans mon existence » ?

JESUS commence par renvoyer à la Loi. Cette Loi centrée sur l’amour de Dieu et du prochain. Cette Loi que JESUS vient porter à son achèvement. Nous sommes ici à un point central d’articulation entre le Première et la Nouvelle Alliance. Il s’agit de passer de l’amour de la Loi à la Loi d’amour, à partir d’une question décisive : « qui est mon prochain » ? Voilà une question qui peut nous sembler banale.  Or c’est la nouveauté révolutionnaire de l’Evangile que de mettre sur le même plan le commandement de l’amour de Dieu et celui de l’amour du prochain. On ne sert pas Dieu dans le temple si on ne le sert pas également dans le quotidien de la vie. Et le zèle pour le premier commandement, l’amour de Dieu, ne garantit nullement de vivre le second commandement de l’amour du prochain.

A bien des égards, le prêtre et le lévite sont ici esclaves de la loi.  Nous avons toujours le danger d’idolâtrer les actes de religion, en perdant de vue ce qu’ils signifient en vérité. Ce n’est jamais le culte pour le culte : c’est l’accueil de la présence du Seigneur venant transformer mon cœur, de la manière la plus profonde. Il s’agit de passer des « actes pour Dieu » aux « actes de Dieu ».

Ce Samaritain, c’est le symbole même de l’hérétique et de l’ennemi, et c’est lui qui se révèle libre pour aimer. La persuasion de posséder la vérité durcit fréquemment les cœurs ! Qu’il est grand le danger de s’estimer propriétaire d’une vérité religieuse, propriétaire de la loi et propriétaire de la morale ! Qu’elle est redoutable la loi qui nous conduit à regarder les autres avec un regard de jugement et de condamnation ! Qu’il est magnifique cet Evangile, qui nous invite, d’abord et avant tout, à entrer dans le regard du Christ sur chacun de ceux qui nous sont donnés pour frères ! Il s’agit de se pencher vers l’autre pour le mettre debout.

« Qui est mon prochain » ? Nous sommes ici au cœur de cette parabole avec la question que relance l’interlocuteur de JESUS ! Qui est mon prochain ? On aimerait spontanément avoir des catégories juridiques précises, parce qu’on ne peut quand même pas aimer tout le monde ! La conversion chrétienne n’est pas de s’interroger sur une catégorie légale, mais de passer du passif à l’actif. De passer de : « qui est mon prochain » ? à « quelle est ma capacité à faire de l’autre mon prochain » ? Le prochain n’est pas subi mais voulu !

Lorsque nous arrivons à ce point de l’homélie, nous nous disons peut-être : « Voila encore une leçon de morale ! Il va falloir, dans les jours, dans les semaines qui viennent, que je sois attentif à me pencher vers les pauvres et les blessés de la vie. C’est toujours moi qui doit faire des efforts pour aller vers les autres ! ».

Et voilà qu’il nous faut faire un pas supplémentaire en passant du Samaritain au Christ. Sous les traits du Samaritain nous sommes invités à reconnaître JESUS lui-même, dont le comportement miséricordieux ne cesse de nous éblouir, Lui qui guérit le jour du shabbat, Lui qui est saisi de pitié, Lui qui mange avec les pécheurs, Lui qui est ému aux entrailles.

Eh bien, mes amis, la révolution de cet Evangile c’est de réaliser que c’est moi qui suis ce blessé sur le bord de la route et que c’est JESUS qui s’approche de moi pour venir me sauver. JESUS vient à ma rencontre ; JESUS vient m’offrir spirituellement les soins décisifs de mes blessures ; JESUS me prend sur sa monture ; JESUS me donne d’être accueilli dans cette hôtellerie qu’est l’Eglise, qui n’est rien d’autre qu’un hôpital de campagne… Je suis invité à me laisser être aimé par JESUS, pour à sa suite et à son exemple aimer mes frères, tous ceux dont je croise la route et dont je suis invité à me faire le prochain.

Nous voyons bien le cœur de la question : non pas partir de moi-même, mais partir de JESUS ; non pas me raidir dans une dimension volontariste, mais accueillir cet amour bouleversant du Seigneur, alors même que nous je suis ce blessé sur le bord de la route, et qu’aujourd’hui encore, au cœur de cette Eucharistie, JESUS vient à ma rencontre pour me donner d’avoir part à la vie éternelle que Dieu ne cesse de nous offrir par son Fils dans la puissance de l’Esprit.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedJeu 25 Juil 2019, 6:23 pm





Citation :
Évangile

« Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42)


Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Alléluia. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci
et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 21 juillet 2019 à La Rochelle


Ça va vite ! Ça va très vite, dans la maison de Marthe… ça va aussi très vite auprès de la tente d’Abraham et Sarah ! Pourtant, c’est l’heure la plus chaude du jour, et s’agiter ainsi n’est pas conseillé : on transpire rapidement !

En cet été où il fait bien chaud ; où nous aspirons à goûter du calme en retrait des agitations quotidiennes de nos vies actives, la Parole de Dieu de ce jour nous met dans un contexte d’activité, de mouvement, d’urgence ! Nous avons l’impression de ne pas nous arrêter ! Abraham et Marthe nous ressemblent beaucoup : combien de fois, nous nous mettons la pression quand nous recevons des amis qui arrivent à l’improviste ou à l’occasion d’un mariage ? Nous mettons un point d’honneur à bien recevoir nos hôtes !

Mais dans le cas de Marthe, cette urgence la fait passer à côté de l’essentiel !

Bienheureux sommes-nous qui, en ce dimanche, avons le privilège d’avoir arrêté le mouvement de nos vies (et parfois même de nos vacances qui sont aussi actives que le reste de l’année) ! Régulièrement, il m’arrive d’entendre des gens me dire qu’ils aiment la messe parce qu’ils peuvent se « poser ». Que cette messe, soit un moment de paix ! Un moment où le Maître dépose en nous sa Parole : prenons-en soin ! Elle est un petit souffle, à peine perceptible, mais vraiment nourrissant !

Nourrissant ? Il est justement beaucoup question de nourriture ce dimanche, et pourtant, ne trouvez-vous pas curieuse la façon dont JESUS désigne le choix de Marie qui en l’écoutant n’a encore rien mangé : « Elle a choisi la meilleure part ! »

Il s’agit bien d’une « part » comme la part d’un gâteau. En disant cela, alors que Marthe n’a sans doute pas encore commencé à nourrir son illustre invité, JESUS dit en substance que Marie est déjà nourrie ! Qu’elle a déjà tout ce dont elle a besoin !

Chers amis, frères et sœurs, vous qui participez à notre prière par la télévision, vous avez entendu l’évangile de dimanche dernier : la Parabole du Bon Samaritain ! Elle était introduite par la question du scribe sur le plus grand commandement, dont nous savons la double réponse que JESUS fait : l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

Dimanche dernier, la parabole précisait au scribe (à sa demande) ce qu’était un prochain ! Marie, la sœur de Marthe, illustre pour nous ce qu’est aimer Dieu.

Mais je sens monter en vous une objection : Marthe n’est-elle pas en train d’accomplir l’amour de son prochain par son service ?

Frères et sœurs, il nous faut être très attentifs à ne pas passer à côté de l’essentiel ! Plus que d’amour du prochain, Marthe me semble davantage s’occuper de son honneur à bien recevoir que de son hôte lui-même ! La joie du Christ n’est pas de manger des mets fins (lui qu’on surnommait pourtant glouton et ivrogne !), mais de donner sa Parole.

Ce qui relie les trois textes de la Parole de Dieu de ce jour, c’est que Dieu a un message pour nous, une Parole de vie ! Mais l’agitation d’Abraham, les persécutions et adversités que rencontre St Paul, la fébrilité de Marthe ont bien failli étouffer cette parole capitale ! Nous savons comme il est difficile de nous arrêter pour faire silence, pour attendre et entendre !

L’activisme ici mis en scène est clairement un obstacle à la vie spirituelle.

Mais le Seigneur a une Parole à nous dire, un mot, un Verbe pour nous ! Il a faim que nous lui soyons présents !

Frères et sœurs, amis téléspectateurs : allons-nous offrir au Seigneur cet été notre attention à l’essentiel ? Peut-être avons-nous prévu une retraite ou un pèlerinage ? Ou au cours d’une randonnée, un arrêt dans une chapelle ou un moment de recueillement devant un beau paysage ? Ou encore, profiter d’être en famille pour retrouver le chemin de la prière ? C’est la meilleure part : elle est pour nous, choisissons-là !

Références bibliques : Gn 18, 1-10 ; Col 1, 24-28 ; Lc 10, 38-42 ; Ps 14






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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 30 Juil 2019, 6:45 pm





Citation :
Évangile

« Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 1-13)


Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Il arriva que JESUS, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
‘Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »
JESUS leur dit encore :
« Imaginez que l’un de vous ait un ami
et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander :
‘Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi,
et je n’ai rien à lui offrir.’
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond :
‘Ne viens pas m’importuner !
La porte est déjà fermée ;
mes enfants et moi, nous sommes couchés.
Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose’.
Eh bien ! je vous le dis :
même s’il ne se lève pas pour donner par amitié,
il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami,
et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
Moi, je vous dis :
Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson,
lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion
quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint
à ceux qui le lui demandent ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 28 juillet 2019 à Pradines


Mes sœurs, vous êtes une énigme ! En effet, par votre vie cloitrée, vous suscitez une interrogation souvent entendue :
« mais pourquoi il y a des sœurs qui restent enfermées dans leur couvent ? Elles feraient mieux de sortir s’occuper des pauvres et des malades comme les sœurs de mère Térésa ! »

La question est légitime et je voudrais tenter d’y répondre en montrant tout d’abord la place indispensable de votre intercession. Puis, je voudrais parler du rôle particulier de la persévérance dans la prière.

Si quelqu’un nous dit que les sœurs cloitrées ne servent à rien, on pourrait leur raconter cet épisode de la vie d’Abraham. Deux anges lui annoncent la destruction de Sodome, cette ville païenne située dans la vallée du Jourdain, dans laquelle s’est installé Loth, le neveu d’Abraham. Pendant que les deux anges se mettent en route pour Sodome, Abraham se met à discuter avec le Seigneur. Comme un bon commerçant, il négocie :

« Ok, il y a des milliers de débauchés dans cette ville, mais tu ne peux pas faire périr les justes avec les coupables. Donc, s’il y a seulement 50 justes, tu peux bien pardonner à toute la ville, n’est-ce pas ? » « Ok », dis Dieu. Abraham insiste : « et pour 40, ça vaut le coup de renoncer au châtiment n’est-ce pas ? Et pour 30 ? pour 20 ? pour 10 ! Et Dieu accepte de renoncer au châtiment pour 10 justes. Ce marchandage avec Dieu est touchant. C’est cela le rôle de nos sœurs cloitrées, sans leur intercession, le monde serait exposé au souffre ! Mes sœurs, faites du commerce avec le Bon Dieu, nous en avons bien besoin !

Nous connaissons malheureusement la suite, les deux anges arrivent chez Loth, tous les hommes de la ville viennent alors réclamer ces deux étrangers pour abuser d’eux. Dieu ne trouvera pas 10 justes, mais un seul, Loth. Du coup, Sodome va être englouti sous une pluie de souffre et seul Loth sera sauvé.

A propos du péché de Sodome, cette ville se trouvait dans l’actuelle mer morte. Lorsque j’emmène des jeunes en pèlerinage en Terre Sainte, ils aiment beaucoup se baigner dans cette eau saturée de sel, les corps flottent à la surface, ils peuvent lire un journal assis dans l’eau, c’est amusant. Mais lorsqu’une goutte d’eau atteint l’œil, c’est beaucoup moins drôle. Ça brule tellement que c’est insupportable. Il en est de même avec le péché, il peut nous tromper et sembler amusant, mais en réalité il brule notre âme ! C’est pour cela que nous avons besoin d’intercesseur qui, comme Abraham, nous obtiennent la miséricorde de la part du Seigneur.

Venons-en à notre second point, le rôle particulier de la persévérance dans la prière. JESUS nous présente un père de famille très agacé par son voisin qui vient lui demander de la nourriture en pleine nuit. Il est d’autant plus agacé que, en bon père de famille, il n’a qu’une peur, c’est que ses enfants se réveillent ! Alors, il finit par se lever et exaucer son voisin, à contre cœur.

Mais remarquons un point important dans cette histoire. Si d’un côté, nous comprenons l’agacement de ce bon père de famille, d’un autre coté nous pouvons admirer la générosité du voisin. Lui aussi a été réveillé en pleine nuit par ses invités-surprise, et il a aussitôt cherché des solutions pour les accueillir au mieux. Il ne demande pas de l’alcool pour faire la fête, mais seulement du pain car ils avaient faim.
Il est donc juste d’insister si l’objet de notre prière est juste. Et lorsque notre prière est tournée vers les autres, elle est toujours juste.

Précisons encore que nous devons persévérer dans notre intercession même si parfois, la réponse à notre prière nous déconcerte car elle ne correspond pas à notre attente. Malgré notre déception, nous devons être convaincu que Dieu se donne à nous même si nous ne sommes pas exaucés selon nos vues. JESUS nous le dit avec cette image si simple : Quand un enfant demande du poisson à son père, il ne va pas lui donner un serpent ! Si nous qui ne sommes que des hommes, nous avons ce bon sens, combien plus Dieu ne nous donnera que ce qui est bon pour nous. Aussi, même si nous ne sommes pas exaucés, Dieu est présent et c’est cela qui compte pour nous !

Pour finir, je vous invite à un petit geste concret. Vous avez compris que nos sœurs ont pour mission particulière de nous porter dans leur prière. Je vous propose donc de prendre contact avec les sœurs les plus proches de chez vous pour d’abord les remercier, et ensuite pour leur confier une intention concrète.

Mes sœurs, nous comptons sur votre sens du commerce d’amitié avec Dieu pour qu’il nous exauce d’une manière ou d’une autre. Merci de tout cœur pour votre vie donnée.

Amen.

Références bibliques : Gn 18, 20-32 ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedLun 05 Aoû 2019, 7:42 pm




Citation :
Évangile

« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » (Lc 12, 13-21)


Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
du milieu de la foule, quelqu’un demanda à JESUS :
« Maître, dis à mon frère
de partager avec moi notre héritage. »
JESUS lui répondit :
« Homme, qui donc m’a établi
pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous :
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un,
même dans l’abondance,
ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Et il leur dit cette parabole :
« Il y avait un homme riche,
dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait :
‘Que vais-je faire ?
Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.’
Puis il se dit :
‘Voici ce que je vais faire :
je vais démolir mes greniers,
j’en construirai de plus grands
et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même :
Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition,
pour de nombreuses années.
Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.’
Mais Dieu lui dit :
‘Tu es fou :
cette nuit même, on va te redemander ta vie.
Et ce que tu auras accumulé,
qui l’aura ?’
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même,
au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 4 août 2019 à Capbreton


Frères et Sœurs,

C’est une question importante, une question grave qui nous est posée ce matin : de quoi vivons-nous ? Vivre, au sens fort, pour nous, c’est quoi ?

Aujourd’hui, oui, – mais, au-delà de la mort, qu’est-ce qui nous fera vivre ?

Si l’Évangile nous pose cette question, c’est parce que c’est une grande souffrance pour le Christ, pour Dieu, d’abord de voir tant et tant de nous manquer du minimum nécessaire pour manger à leur faim, aujourd’hui même, y compris tant d’enfants que leurs parents n’arrivent pas à nourrir, jusqu’ici en France, en Belgique, mais encore infiniment plus ailleurs. A cause de tout notre égoïsme économique et social.
Mais aussi grande souffrance pour le Christ, de voir tous ceux et celles qui, comme cet homme dont nous parlait l’Evangile, passent à côté de ce qu’est la vie – la seule vie plus forte que la mort. La mort – la mort physique – nous dit quelque chose d’essentiel : si tu ne penses qu’à toi, si tu ne penses qu’à manger, toi – un jour, de mort tu mourras. Une vie centrée sur soi, ce n’est pas la vie. La vie, c’est d’aimer.

Tout à l’heure, au début de cette messe, le père Bernard a lavé les pieds de quelques pèlerins de Saint Jacques. Quand le Christ a-t-il lavé les pieds de ses disciples ? Juste avant de mourir, lui. Et pourquoi nous dit-il d’en faire autant ? Parce que c’est cela « LE » chemin pour passer la mort – pour vivre, ici et aujourd’hui, d’une vie plus forte que la mort. Et le Christ fait ce geste au moment du dernier repas qu’il prend avec les siens sur cette terre. Justement pour nous dire que ce n’est pas de manger qui fait vivre, mais de nous laver les pieds les uns les autres, de partager, d’aimer. Tandis que si je laisse les autres mourir de faim, moi, je meurs dans mon cœur.

Mais nous-mêmes nous le savons bien, nous en avons tous fait l’expérience : le nombre de fois où en voulant aider les autres, nous avons reçu bien plus que nous n’avons donné. Chacun, nous savons le bonheur de rencontrer, de manger et de boire ensemble, de fraterniser. Là, notre cœur vit, il respire.

Peut-être, frères et sœurs, n’avez-vous pas oublié les contes de notre enfance qui parlaient de ces méchants ogres qui rôdent, cherchant à tout dévorer, même les humains !
Ces contes disent vrai. Ils ont pour but de mettre les enfants en garde. Car c’est vrai qu’il y a des hommes qui deviennent des ogres au milieu des autres, qui ne cherchent qu’à dévorer, même leurs frères et sœurs humains. Alors attention – attention à ne pas devenir nous-mêmes des ogres dans cette société de consommation à tout va. A vouloir toujours consommer, dévorer, nous signons notre propre mort, la mort de notre cœur. Et Dieu devra alors y mettre beaucoup de sa miséricorde pour nous rendre la vie – mais, vous le savez, rien n’est impossible à Dieu.

Nous, tout au contraire, nous sommes invités à avoir la foi : la foi que la vie humaine est ailleurs que dans la consommation et dans l’argent. Cela n’a rien d’évident, et donc, oui, c’est une question de foi. Nous aurons sans cesse la tentation de nous replier sur nos propriétés, sur nos sécurités de tous ordres. Mais l’amour de l’argent est une maladie mortelle. La soif du profit est la source de concurrences, de guerres incessantes où rien ne compte plus que de gagner, en écrasant les autres. L’argent est un maître impitoyable, un dieu cruel.

Alors que la foi, au contraire, nous dit que la vie, c’est tout autre chose. La vie, c’est d’avoir un cœur nouveau, à la ressemblance du cœur du Christ. Et la foi, c’est de nous mettre en marche vers cette nouveauté de vie. Nous mettre en marche, pour devenir des femmes et des hommes nouveaux, et ce sera un long chemin, comme celui de Compostelle.
Pour être non plus des ogres, mais des sœurs et des frères nourriciers, nourriciers les uns pour les autres.

Comme le Christ, lui, notre frère nourricier – lui, le Vivant à jamais. Amen !

Références bibliques : Ql 1, 2; 2,21-23 ; Col 3, 1-5.9-11 ; Lc 12, 13-21





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 14 Icon_minipostedMar 13 Aoû 2019, 6:27 pm




Citation :
Évangile

« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 35-40)


Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie de la messe du 11 août 2019 à Agen


Frères et sœurs, amis en Christ

Vous est-il arrivé de veiller, durant de longues nuits, un membre de la famille, un ami ? Moi oui. Même si la fatigue et le sommeil vous envahissaient, ces moments privilégiés pesaient leur poids d’’amour : être là, simplement, se tenir éveillé, prendre la main du frère qui s’en va vers l’ultime étape, qui nous attend tous un jour ou l’autre, ce St Jacques de Compostelle du ciel.
Voilà l’image qui m’est venue, à la lecture de l’Évangile, que nous venons d’entendre et qui me permet de faire le lien avec les pèlerins qui s’apprêtent à partir vers Compostelle.
Jusqu’à notre dernier souffle, nous sommes tous étrangers et voyageurs sur la terre. Nous marchons où Dieu nous conduit. Tout n’est que passage vers un ailleurs. Il n’est ici-bas aucune demeure, aucune propriété, aucun « c’est à moi ». Nous sommes tous en route, certains en plein soleil, d’autres dans la nuit.
Marcher nous est quotidien, c’est la vocation de l’homme. Marcher c’est franchir l’obstacle, plutôt que de s’asseoir et de se lamenter. Certains parmi vous, marchent peut-être en ce moment dans la nuit du désespoir, de la solitude, de l’exil, du regret ou de la culpabilité. D’autres, comme vous chers pèlerins qui allez partir, marchez en plein jour. Loin des routines, vous retrouvez l’ardeur et la joie des commencements, le dynamisme des nouveaux départs, la découverte de nouvelles émotions.

Frères et sœurs, Que vous traversiez la nuit du silence ou de l’abandon dans votre chambre d’hôpital, de votre maison de retraite, de votre prison, ou que vous parcouriez, vacanciers ou pèlerins, les sentiers aux parfums doux et pénétrants de notre terre, le message de l’Evangile d’aujourd’hui est clair : un jour JESUS reviendra et ce sera surtout la fête.
La fête des petites gens, de ceux qui n’ont pas été considérés, de ceux qui ont pleuré, de ceux qui n’auront pas toujours été en paix avec leur conscience, de ceux qui auront aimé jusqu’à donner leur vie. Quel bonheur alors d’entendre JESUS leur dire « Entrez dans mon royaume, parce que vous-mêmes ne vous en seriez jamais jugés dignes »
Oui JESUS reviendra, comme un voleur, mais un étrange voleur à vrai dire. Il ne prendra que ce qui lui appartient, et aussi ce superflu qui empêchait chacun de nous d’accéder à la liberté de l’Évangile. JESUS nous invite à ne pas nous enfermer dans nos joies et nos peines, mais à nous mettre en route, à marcher en toute confiance au rythme de ses pas, au rythme de nos frères.
Dans notre monde de l’impatience, de l’utilité, de l’efficacité, du rendement, la marche est comme une protestation de résistance qui privilégie la durée, la curiosité, l’amitié et la liberté.
Une femme, la Vierge Marie, que nous allons célébrer en son Assomption, l’avait compris. Parce que son cœur était en mouvement, elle a entendu et accueilli la Parole de l’ange. Comme elle, des pèlerins se mettront en route et rejoindront pour le 15 août de nombreux sanctuaires mariaux comme à Lourdes ou au Puy-en-Velay où le Jour du Seigneur sera présent en eurovision cette année.

Frère, Sœur, ami, que tu sois sur ton lit de souffrance, taraudé par les questions sans réponse, que tu profites pleinement de ces jours de vacances pour t’ouvrir à l’inattendu, ou que tu chemines vers Compostelle, n’oublie pas, tu es en route vers la patrie céleste. Puisse ton chemin rejoindre cette foule de témoins dont Helder Camara disait : « Il y a des personnes qui, partant pour la maison du Père, laissent un souvenir d’amour, d’espérance et de paix. Elles deviennent comme l’étoile du matin pour celles et ceux qui continuent à marcher comme des pèlerins de l’Absolu ».

Amen.

Références bibliques : Sg 18, 6-9 ; He 11, 1-2.8-19 ; Lc 12, 32-48





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