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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedDim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedJeu 22 Nov 2018, 7:53 pm




Homélie de la messe du 18 novembre 2018 à Plerguer


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 27 Nov 2018, 8:51 pm






Citation :
Évangile

« C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)

Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le Règne qui vient,
celui de David, notre père.
Alléluia. (Mc 11, 9b-10a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Pilate appela JESUS et lui dit :
« Es-tu le roi des Juifs ? »
JESUS lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même,
ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit :
« Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
JESUS déclara :
« Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes
qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit :
« Alors, tu es roi ? »
JESUS répondit :
« C’est toi-même qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité
écoute ma voix. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 25 novembre 2018 à Louvain-la-Neuve (Bruxelles)


La porte du roi, Solennité du Christ, Roi de l’univers

Daniel 7, 13-14 – Psaume 23 – Apocalypse 1, 5-8 – Jean 19, 33b-37

Frères et sœurs,

JESUS est donc roi ! Mais, rassurons-nous, il ne s’agit pas d’un roi protocolaire ou républicain, Quelques versets plus loin, Jean nous le fait voir couronné d’épines et revêtu d’un manteau de pourpre. Ecce Homo ! « Voici l’homme ! » Pilate savait-il que cet homme est porteur de la vérité de l’homme ?
•« Et qu’est-ce que la vérité ? », demanda Pilate. La vérité n’est pas réservée aux intellectuels ou aux savants, elle est tout simplement ce qui nous fait vivre, nous-mêmes et ceux que nous rencontrons. Elle est de l’ordre de l’amour. La royauté de JESUS n’est donc pas à la manière du monde qui trop souvent fait du pouvoir une oppression, mais à la manière de Dieu qui, par amour, s’efface pour nous offrir la liberté.

Au cœur du va-et-vient de Pilate entre JESUS et les chefs de son peuple, il y a cette scène de dérision : un roi couronné d’épines. JESUS semble vaincu, mais en fait, il est le véritable vainqueur. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », avait-il dit. Il a aimé de cet amour et inaugure un royaume d’un genre nouveau dont il est le roi-berger, le roi-serviteur, un roi bienveillant et compatissant.

Que mettre au frontispice de ce Royaume sinon le mot amour qui traverse la Bible et prend toute sa dimension sur la croix ? Un amour non de type commercial, du genre win-win, mais un amour prêt à donner sans immédiatement recevoir en retour. Il est le ressort de notre histoire humaine et son horizon. Ce JESUS humilié viendra sur les nuées, « tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé. »
•Mais de quel monde JESUS est-il le roi ? D’un monde qui s’écroule ? L’évangile de dimanche dernier avait un ton apocalyptique. Rappelons-nous : « En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées » (Mc 13, 24-25). Ne peut-on y voir une description de notre époque ébranlée où les crises multiples invitent à passer vers un autre monde, vers une autre société ? JESUS aussi pressentait la fin d’une époque pour son peuple. Et la destruction du temple 40 ans plus tard lui donnerait hélas raison.

Aujourd’hui, nous sentons bien que quelque chose ne peut plus durer, que quelque chose est occupé à s’effondrer. Un autre monde cherche à naître. On parle de transhumanisme, de posthumanisme, peu importe. Nous vivons une transition. Allons-nous reléguer JESUS dans les royaumes du passé ou acceptons-nous qu’il nous accompagne ?

Et qu’emporterons-nous dans ce monde ? Les valeurs qui font l’essentiel de l’évangile, de la Vérité dont JESUS est le témoin ? Ou bien nous laisserons-nous emporter par une logique mercantile et consommatrice, où la machine prend de plus en plus de place et nous transforme en ce quelle est : quelque chose d’efficace, mais incapable d’aimer gratuitement, de perdre son temps pour l’autre, d’accueillir la fragilité ?



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 11 Déc 2018, 9:23 pm



Citation :
Évangile

« Tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 9 décembre 2018 à Lyon


Baruch 5, 1-9– Philippiens 1, 4-6 ; 8-11–Luc 3, 1-6

« Tu les avais vus partir à pied, emmenés par leurs ennemis, et aujourd’hui, Dieu te les ramène portés en triomphe, comme sur un trône royal ».

C’est ce que nous disait à l’instant la première lecture de ce jour. « Emmenés à pied par leurs ennemis », c’est exactement ce qui est arrivé à nos sept moines de Tibhirine, il y a 22 ans, la nuit du 26 mars 1996. Deux mois après, ils étaient assassinés, comme l’avaient été onze autres sœurs et prêtres dans les mois précédents. Comme encore, fin août 1996, Pierre Claverie avec son chauffeur Mohamed. Tous, ils ont ainsi partagé le sort de dizaines de milliers d’Algériens anonymes, musulmans, assassinés eux aussi à la même époque.

Et aujourd’hui, Dieu nous les ramène dans sa gloire à lui, celle de l’amour.

Que faisaient-ils là, en Algérie ? Le plus jeune d’entre eux, Christian Chessel, était là depuis seulement six mois. D’autres, comme sœur Angèle-Marie, depuis plus de quarante ans. Mais, chacun à leur façon, ils s’inscrivent dans ce que le prophète Isaïe nous annonçait tout à l’heure : « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ». Ces montagnes parfois infranchissables que nous mettons nous-mêmes entre les hommes et les peuples, ces ravins qu’ont creusés entre nous la colonisation, les guerres, y compris les guerres de religions, et toutes ces haines séculaires. Voilà pourquoi ils étaient là, en Algérie : pour commencer à abaisser ces montagnes, à combler ces ravins, et préparer le chemin à la venue du Seigneur.

Car ce dont ils témoignent tous, c’est qu’aussi profondes soient les différences qui nous séparent, qu’elles soient religieuses, culturelles ou autres, l’amitié et la vie partagées au quotidien sont capables de les surmonter. Et c’est à cause de cette amitié réciproque vécue avec les Algériens qu’ils ont décidé de rester, alors que leur vie était menacée. Ils n’ont pas fait ce choix à la légère. Ils ne cherchaient pas le martyre. Ils ont prié, réfléchi ensemble. Et s’ils ont alors décidé de rester là, c’est simplement par amitié, pour l’amitié.

« Là où il y a la haine, que nous mettions l’amour » : là où il y avait eu l’ignorance mutuelle, l’hostilité, mettre la fraternité. Une fraternité plus forte que les identités nationales ou religieuses qui, si souvent, peuvent devenir des identités meurtrières, comme cela a été alors le cas.

Ces 19 étaient des gens comme vous et moi. Pierre Claverie, nous avons vécu plusieurs années ensemble, fraternellement ; il venait dans ma famille. Rien d’exceptionnel. Et là, en Algérie, tous vivaient très proches des gens. Cela veut dire que chacun de nous, aussi limité et imparfait soyons-nous, nous avons reçu de Dieu de quoi les comprendre et les suivre. Ces martyrs, nous n’avons pas d’abord à les célébrer mais à les entendre. Entendre ce dont ils témoignent et qui est central, d’abord en tant qu’êtres humains. En les regardant, qu’on soit croyant ou non, on ne peut que se dire que « l’homme passe l’homme », que la nature humaine se révèle habitée par une réalité invisible qui la dépasse, présente en chacun de nous, une dignité. Cette dignité humaine que nous dit la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, dont nous fêtons justement demain le soixante-dixième anniversaire et qui nous invite à agir envers tout être humain dans un esprit de fraternité.

Mais ce que nous disent surtout nos martyrs, c’est le centre de notre foi chrétienne : face au mal, pas d’autre chemin que celui du Christ. Refuser de répondre à la haine par la haine, mais attaquer le mal à sa racine en lui répondant par la justice, l’amour et la paix.

Ici à Lyon, c’est aujourd’hui la fête de la Lumière. Toutes nos villes, en ce temps d’Avent, brillent de mille feux. Mais rien ne vaut cette humble lumière que nous pouvons apporter, nous, là où règnent les ténèbres. Comme l’ont fait nos 19 martyrs, comme nous pouvons le faire à notre tour pour ceux qui nous entourent.

Voilà le plus beau cadeau de Noël que je vous invite à préparer : là où il y a les ténèbres, que nous apportions la lumière !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 18 Déc 2018, 7:42 pm





Citation :
Évangile

« Que devons-nous faire ? » (Lc 3, 10-18)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (cf. Is 61, 1)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les foules qui venaient se faire baptiser par Jean
lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 16 décembre 2018 à Ixelles (Belgique)


« Le peuple était en attente » nous dit Saint Luc. L’actualité nous le montre quotidiennement. Le peuple attend du changement, de la nouveauté, une transformation de notre société. Il le dit. Il le crie. Les peuples aujourd’hui sont en attente. Dans notre monde parfois résigné—et où l’envie de baisser les bras guette certains —, il est important de se rappeler que nous sommes faits d’attentes. Mais de quelle attente parle l’Évangile ? Qu’attendons-nous réellement ? Du bonheur ? De la reconnaissance ? De la sécurité ? De l’avoir ? Du pouvoir d’achat ? Des relations vraies ? Attendons-nous réellement ce qui est bon pour nous ?

Le temps de l’avent nous rappelle que ce qui fait grandir l’humain, c’est toujours une attente ! Mais pas une attente insatisfaite de ne pas voir arriver ce qu’elle attend. Pas de celle des êtres insatisfaits et jamais contents… Lorsqu’on y réfléchit bien, la vraie attente ne sait justement pas ce qu’elle attend. Cette attente du temps de l’Avent nous invite précisément à bien attendre, c’est-à-dire à « bien veiller » ! La juste attente est de la bienveillance. Elle ne s’impatiente pas… C’est cela l’invitation de la lettre aux Philippiens. « Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez tout en rendant grâce pour faire connaître à Dieu vos demandes. » Une telle attente sereine nous pousse à construire patiemment de l’avenir, pas à précipiter le futur que nous prévoyons pour nous-mêmes.

Alors, quel que soit notre âge, nous gagnons tous à « bien attendre », à nous éveiller chaque jour à la vie, à être curieux de tout, à être surpris par ce que nous n’attendons pas ! Alors, notre attente deviendra fondamentalement une joie, une démarche qui nous fera sortir de notre somnolence. Attendre consistera à s’éveiller à la vie de Dieu, pour lui permettre de naître, d’advenir. Bien entendu, certaines attentes peuvent nous énerver, particulièrement lorsque ce que nous savons qui doit arriver ne survient pas comme nous l’espérions. Lorsqu’un train ou quelqu’un se fait attendre, l’impatience grandit vite… L’attente de l’Avent ne consiste pas à attendre ce que nous connaissons —un Dieu à notre image— mais à s’ouvrir à l’inconnu de Dieu « qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir. » Car le Dieu qui vient à Noël n’est pas celui que nous croyons connaître.

L’attente de l’Avent nous invite ainsi à changer notre regard sur la vie, sur le monde, afin d’être l’ « avent-garde » d’un monde qui sait encore offrir de la joie. Toutes les lectures de ce dimanche nous parlent de cette joie-là: « Réjouissez-vous », répète Paul. « Réjouis-toi, de tout ton cœur », nous dit le prophète Sophonie. Attendre, c’est cultiver cette joie profonde, en toute circonstance. Elle nous pousse à combattre ce pessimisme ambiant, ce défaitisme égoïste. La vraie joie est un décentrement. Elle consiste à être capable de trouver sa propre joie dans la paix de Dieu, qui nous renouvelle par son amour.

Alors, « que devons-nous faire ? » Telle est la question fondamentale adressée à Jean-Baptiste. Il ne s’agit pas de changer de vie, mais de changer sa vie, pour y voir une joie profonde, malgré les aléas de l’existence. Que faire… quand il faut attendre et que nous ne savons pas vraiment ce à quoi nous attendre ! Revenons à l’Évangile, qui nous offre une sagesse toute simple : alors que différentes demandes sont présentées à Jean-Baptiste, ce dernier ne donne pas de réponse unique. Il offre un conseil ajusté à chaque groupe. Il ne propose pas de grands slogans et des formules universelles. Il n’est pas le sauveur, mais il permet sa venue. Ses conseils n’ont rien d’extraordinaire, ni d’impossible. Le message de Jean-Baptiste est en fait extraordinairement subversif. Il dit au peuple en attente très exactement ceci : dans votre attente, faites ce que vous devez faire et faites le bien… Faites patiemment, tranquillement, avec persévérance. Il ne dit pas ce que nous devons faire, mais comment le faire. Faites-le bien, avec courage et douceur. De manière ajustée. N’en faites pas de trop… mais pas trop peu ! « Contentez-vous de votre solde » « Ne soyez pas violents » Que devons-nous faire ? Cultiver la joie, cette joie qui se goûte dans la multitude des petits gestes ordinaire de la vie. C’est cela la bienveillance : attendre, en faisant le bien. C’est-à-dire « bien veiller », avec sollicitude, sur nos proches. Une telle attention aux autres nous permet d’attendre le tout Autre.

Alors —et alors seulement—pourra surgir de l’imprévisible dans notre vie. Oui, dans la banalité du quotidien, lorsque tout semble routinier, une joie autre que celle que nous prévoyons peut advenir. Car, en faisant patiemment ce que nous devons faire —avec bienveillance et sollicitude— nous nous apprêtons à attendre et à accueillir Celui que nous ne connaissons pas.

Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedLun 24 Déc 2018, 8:13 pm




Citation :
Évangile

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-45)

Alléluia. Alléluia.
Voici la servante du Seigneur :
que tout m’advienne selon ta parole.
Alléluia. (Lc 1, 38)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 23 décembre 2018 à Saint-Maur-des-Fossés


Vous avez peut-être en tête cette image culte du cinéma français : un homme quitte son domicile en 2CV pour partir en vacances. Au premier carrefour, la 2CV de Bourvil rencontre la Rolls Royce de de Funès. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la rencontre est détonante. Déroutante aussi puisque les vacances de Bourvil vont pas mal changer.

Et c’est vrai, il y a des rencontres marquantes dans la vie. Pour les vivre, il faut pourtant quitter son domicile comme Bourvil, il faut pourtant se mettre en route avec empressement comme Marie, il faut pourtant être accueillants comme Elisabeth. Il faut pourtant être déroutables pour vivre de telles rencontres.

Ces rencontres-là nous prennent tout entier et elles nous emmènent ailleurs : ce sont comme des visitations, des rencontres de l’essentiel, si intenses que le sablier du professeur Slughorn s’en arrête. Ainsi la visitation de Marie à Elisabeth, si dense : Marie porte en elle notre Dieu et c’est Elisabeth qui le lui révèle. Et les mots ne savent plus que bénir, ils ne savent plus que dire-du-bien.

Elisabeth proclame Marie heureuse. Pourtant il y aura sur son chemin bien des souffrances : pauvre Marie quand son Fils annonce sa passion à maintes reprises. Pauvre Marie au pied de la Croix qui voit son Fils souffrir et mourir. Pauvre Marie, elle aurait peut-être souhaité une vie plus ordinaire. Parce qu’elle a cru à la parole de l’ange, cette rencontre l’a mené sur un chemin bien douloureux. C’est une audace de la proclamer heureuse.

Je travaille comme maçon, en ce moment sur un chantier de rénovation, prêtre au travail comme on dit. Il y a quelques jours, Cédric, un collègue, m’a donné ces 3 clous en fer forgé récupérés lors de la démolition d’un vieux plafond. Ils viennent d’une autre époque et ils ont dû en voir dans leur histoire. Ces clous, ce sont aussi toutes nos souffrances à nous, sur notre chemin : une maladie qui fauche un élan, un divorce que personne ne voulait, un deuil qui tronçonne une vie et celle de toute une famille, une enfance sans entendre un “je t’aime” ou abusée par un adulte, l’âge qui avance et qui rend si dépendant… que de souffrances ! Peut-être que beaucoup d’entre nous auraient souhaité une vie plus ordinaire. Pour beaucoup, ce serait une audace de nous proclamer heureux.

Mais il y a parfois ces visitations : la visite d’un ami à un ami, des retrouvailles si attendues qui sonnent comme des réconciliations… de ces rencontres-là, bien souvent on ne retient que l’ambiance : une ambiance de paix parce qu’on y est bien, reconnu pour soi-même avec son histoire ce qu’on a de mystère en nous. Ces rencontres-là sont toujours fondatrices dans une vie, encore et encore, d’étapes en étapes, de fondements en fondements, quel que soit notre âge : fondatrices à 20 ans, à 60 ou à 80 ans. Ces visitations n’enlèvent pas la trace des clous, mais peuvent aider à vivre avec.

Noël est dans 2 jours, c’est peut-être un moment qui nous est particulièrement donné pour nous mettre en route, pour vivre des visitations, des rencontres pas pour passer le temps mais en vérité, paisibles, sans jugement… gratuites.

Ce matin, nous allons partager la lumière de la Paix allumée à Bethléem, ramenée dans l’hexagone par les scouts et guides de France dimanche dernier. Nous allons partager cette lumière entre nous les chrétiens, et avec nos amis d’une autre foi ou d’une autre approche de la vie. Partager cette lumière, c’est une manière de devenir comme Marie, porteurs de paix – et donc porteurs de Dieu – au cœur du monde. C’est une manière de devenir comme Elisabeth, reconnaissants la présence d’un Dieu déjà là, au cœur du monde. Parce-que vivre la Paix, c’est une manière de rendre Dieu présent pour nous-mêmes et pour le monde…

Alors oui, heureuse est Marie. Heureux sommes-nous ! La Paix entre nous et en nous est possible, le Christ vient. Il est là. Il sera la paix a dit le prophète Michée. Allez, il faut encore se mettre en route… et rester déroutable.

La Paix soit avec vous. Le Seigneur soit avec vous.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedVen 04 Jan 2019, 8:14 pm



Citation :
Évangile

« Les parents de JESUS le trouvèrent au milieu des docteurs de la Loi » (Lc 2, 41-52)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur, ouvre notre cœur
pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.
Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Chaque année, les parents de JESUS se rendaient à Jérusalem
pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans,
ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,
le jeune JESUS resta à Jérusalem
à l’insu de ses parents.
Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,
ils firent une journée de chemin
avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem,
en continuant à le chercher.

C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,
assis au milieu des docteurs de la Loi :
il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l’entendaient
s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,
et sa mère lui dit :
« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Vois comme ton père et moi,
nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit :
« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?
Ne saviez-vous pas
qu’il me faut être chez mon Père ? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,
et il leur était soumis.
Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à JESUS, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce,
devant Dieu et devant les hommes.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 30 décembre 2018


Mes chères sœurs, mon cher frère, frères et sœurs, et vous, grande famille du « Jour du Seigneur » qui participez à cette messe par la télévision.

… C’est à dessein que je commence en répétant « frères » et « sœurs », à dessein que j’ai employé le mot « famille ». Pas simplement pour faire plaisir aux pointilleux du calendrier à l’occasion de ce dimanche de la Sainte-Famille, mais parce qu’aujourd’hui nous sommes, multiplement, en famille.

D’abord au sens propre : comme nous sommes le 30 décembre, vous avez peut-être, je vous le souhaite, de la famille chez vous et peut-être à l’instant présent vos petits-enfants sont- ils en train de faire vrombir leurs jouets neufs entre vous et votre poste de télévision. Ensuite, nous sommes ici, chez vous, mes sœurs, en famille. En famille parce que vous êtes une communauté religieuse, c’est-à-dire une famille de femmes partageant le nom, le toit, la table, l’action et la prière. En famille parce que nous sommes des frères dominicains, religieux nous aussi. En famille parce que votre communauté, mes sœurs, accompagne et soutient « Le Jour du Seigneur » et ses spectateurs discrètement, fidèlement, efficacement, depuis déjà cinq décennies. En famille enfin avec vous, spectateurs, qui nous connaissez, nous suivez, nous encouragez, et quelquefois nous grondez ! Comme vous le feriez pour vos enfants.

Et en vérité, nous avons toutes les caractéristiques d’une famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Une famille, indépendamment du lien de sang, c’est, je crois, une petite collection d’individus différents de caractères et de sentiments, que le hasard ou la Providence ont placé ensemble, et qui ne peuvent pas vivre les uns sans les autres. Des aînés et des cadets qui s’estiment et qui s’agacent, qui s’admirent et se boudent, qui savent, souvent confusément, qu’ils ont besoin les uns les uns des autres. Qui ont des réflexes communs, des plaisanteries communes; qui n’éprouvent pas le besoin de meubler un silence ; qui se portent attention les uns aux autres, se tendent la main et avancent ensemble. C’est cette petite tribu imparfaite sans doute, bancale peut-être, sans laquelle nous ne pourrions pas vivre.

Car l’homme n’est pas fait, dit l’Écriture dans ses premières lignes, pour vivre seul. Même Dieu n’a pas cru pouvoir vivre la vie d’un homme sans une famille. C’est pourquoi Jésus a une mère, a un père, a des cousins, a un village, a des amis, a des disciples, et dit à ces disciples que désormais, ils seront ses frères.

L’homme sans famille est malheureux. L’homme a besoin d’une famille. Que ce soit sa famille de sang, ou que ce soit une famille reconstituée, un groupe de vieux amis ou une communauté religieuse ou le cercle, dans une maison de retraite, des fidèles du « Jour du Seigneur ». L’homme a besoin d’être aimé et d’aimer, de tendre le bras pour aider à descendre quelques marches ou de retrouver, de retour d’une mission, ce frère qui chante l’office comme une casserole, mais qui est notre frère, notre compagnon dans l’aventure de la vie, notre compagnon dans la prière, dans la peine, dans la joie.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 08 Jan 2019, 11:40 pm




Citation :
Évangile

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

JESUS était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 6 janvier 2019


La joie, une boussole pour nos chemins de vie

Ce récit plein de magie que nous venons d’entendre nous rappelle que le ciel et les astres ont toujours eu une place privilégiée dans l’imaginaire des hommes. Chez beaucoup de nos contemporains, il y a d’ailleurs comme un mage qui sommeille, qui croit « à sa bonne étoile », qui éprouve ce besoin de sécurité, celle d’une présence céleste qui offrirait des certitudes : un Dieu dans les étoiles, à lire comme un horoscope, un dieu sidérant en quelque sorte ! Sidérer —et la racine du mot le dit— signifie subir l’influence des astres. Un dieu sidérant serait comme une énigme à déchiffrer, qui offrirait un destin tout tracé à l’humain.

Voilà l’image d’un Dieu qui ne se trouve absolument pas à contempler dans la crèche. En cette fête de l’épiphanie, le Christ se révèle au monde sans éclat, sans brillance, mais seulement dans la tendresse et la fragilité. Pour le contempler, prenons alors le chemin qu’ont emprunté les mages ! Déplions la carte de notre vie, avec la boussole de notre joie. Creusons en nous notre propre désir et suivons les mages. Ces derniers ont su quitter leur zone de confort, pour découvrir un autre visage de Dieu. Prendre leur chemin, c’est d’abord oser prendre des risques… Nous l’avons entendu : les mages sont arrivés d’abord à Jérusalem, alors que l’étoile leur indiquait Bethléem. Ils sont arrivés au lieu du pouvoir, de la religiosité, alors que l’étoile pointait vers le lieu de la fragilité. Nos vies sont ainsi faites d’errances, mais elles ne se réduisent pas à nos échecs et nos erreurs. Prendre le chemin des mages, c’est quitter le lieu des sages, abandonner nos raisonnements trop humains, pour découvrir un Dieu autrement divin, un Dieu libre, inouï, qui se laisse découvrir dans une crèche, c’est-à-dire dans n’importe quel lieu d’enfantement, d’ouverture, de possible et de promesse. Prendre le chemin des mages, c’est en fait désirer en vérité : quitter l’idéalisation, pour découvrir que tout être aimé, quel qu’il soit, nous échappe, nous surprend. En effet, désirer quelqu’un, c’est l’aimer comme autre, comme une personne qui ne peut correspondre à nos rêves et nos envies. Désirer Dieu, c’est donc accepter d’être dérouté, amené sur des chemins imprévus, pour l’accueillir dans chaque visage. Désirer Dieu, c’est lui donner d’être ce qu’il est —dans la finitude et l’incertitude— et pas l’imaginer que nous voulons qu’il soit.

Le chemin des mages nous conduit donc à la crèche : là où s’arrête l’étoile, mais là où une autre étoile, celle du Christ, prend le relais pour nous guider. La crèche est donc ce lieu où nos rêves, nos idéaux s’arrêtent, mais où nos projets, notre avenir peuvent se faire « présents ». Alors, à nous de prendre le chemin des mages pour offrir, malgré les aléas de la vie, une clarté naissante à notre monde, pour donner notre or, notre encens, notre myrrhe. Voilà les trois dons que je vous invite sans cesse à garder présents dans vos rencontres tout au long de cette année !

Quelle que soit notre histoire, nous aurons toujours une peu d’or à donner. L’or de notre temps, ce bien le plus précieux, que nous avons tous, et qui n’a de valeur qu’à mesure où il se donne. Oui, offrons notre temps, là où il y a un lieu d’enfantement, là où un projet peut renaître !

Quels que soient nos talents, nous avons tous, aussi, un peu d’encens à ajouter dans notre vie. Quel est cet encens ? Peut-être cette capacité à mettre un goût divin à nos relations, un parfum de joie, qui vient ajouter de la hauteur dans la banalité du quotidien, qui remet du mystère, là où tout semble fermé.

Quel que soit notre âge, nous pouvons toujours offrir de la myrrhe dans notre présent. La myrrhe est ce qui embaume les morts. Elle est notre capacité à dépasser des histoires douloureuses, à faire dans notre vie des deuils féconds, à tourner la page, à traverser l’échec, pour que notre présent redevienne un don.

Alors, en ce début d’année, prenons ce chemin des mages, laissons-nous surprendre et déroutés par ce que nous n’attendons pas. Et si nous avons l’impression de stagner, d’être bloqués, c’est peut-être qu’il y justement a en face de nous une crèche, un nouveau chemin d’enfantement, qui nous invite à faire de notre vie un don, un présent. Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedLun 14 Jan 2019, 9:03 pm




Citation :
Évangile

« Comme JESUS priait, après avoir été baptisé, le ciel s’ouvrit » (Lc 3, 15-16.21-22)

Alléluia. Alléluia.
Voici venir un plus fort que moi,
proclame Jean Baptiste ;
c’est lui qui vous baptisera
dans l’Esprit Saint et le feu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Comme tout le peuple se faisait baptiser
et qu’après avoir été baptisé lui aussi, JESUS priait,
le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe,
descendit sur JESUS,
et il y eut une voix venant du ciel :
« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ;
en toi, je trouve ma joie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 13 janvier 2019 à Champagne (Ardèche)


« Pourquoi fallait-il que le Christ fût baptisé ? » Saint Augustin s’émerveille : « Puisqu’il était venu pour nous montrer le chemin de l’humilité et pour se faire lui-même le chemin de l’humilité, il fallait qu’il pousse en tout l’humilité jusqu’au bout. » (Homélies sur l’évangile de Jean V, 3)

Chers frères et sœurs, à la jonction du temps liturgique de la Nativité et du temps dit ordinaire, le baptême du Seigneur nous replonge dans la source vive du Christ. Il nous appelle à faire de l’ordinaire de nos vies le lieu de sa présence aimante pour le monde, « dans l’Esprit Saint et le feu ».

Alors que Jean s’efface devant le Messie à qui il conduit ceux qui le suivent, quelque chose d’imprévu se produit : le ciel s’ouvre, l’Esprit descend sur JESUS comme une colombe et une voix le désigne comme le Fils bien-aimé de sa joie.

Augustin contemple le mystère, source de notre foi : « Cette sainte et véritable Trinité, qui est pour nous un seul Dieu (…), se révèle de la façon la plus manifeste, le Père dans la voix, le Fils dans l’homme, l’Esprit dans la colombe. » (Ibid. VI, 5)

Puisque, comme dit Paul, « par le bain du baptême, Dieu nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint, » l’irruption de Dieu dans notre existence en transcende les limites. Enfantés de nouveau en JESUS, l’amour du Père repose sur nous et nous attire en lui. L’Esprit nous consacre pour nous donner part à la mission du Christ. Ce sacerdoce baptismal fait de nous des instruments vivants du Christ prêtre, prophète et roi.

Comme annoncé par les prophètes, le Christ JESUS nous rassemble, nous porte sur son cœur, nous nourrit, nous conduit : c’est pour faire de nous ses membres, revêtant sa tunique de service et d’offrande. Y croyons-nous vraiment ? Il vit en nous et agit par nous : c’est son intercession qui soulève notre prière, sa parole qui traverse notre voix, son amour qui dans nos cœurs vient toucher le monde.

Mais attention ! dit Augustin : « Ce baptême, sans la charité, ne te sert de rien » (Ibid. VI, 14). Alors que nous faut-il ? L’humilité de la colombe et le feu de la charité.

La simplicité d’un cœur droit, sans duplicité ni calcul, pour « renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde et vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété ».

Et dans cette humilité la ferveur de l’amour par lequel le Christ embrase nos cœurs pour « faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien ».

Ne le voyons-nous pas ? Notre monde désenchanté a besoin du Christ et le Christ nous y envoie. Mais notre mission de médiateurs de sa miséricorde n’est féconde qu’à la double mesure de l’humilité et de l’ardeur.

Le Seigneur JESUS se présente à nous dans la simplicité radicale du feu de son amour. Par notre consentement à l’alliance du baptême, il nous incorpore à l’Église, son Épouse. Dans quel but ? En elle, il nous donne de faire de notre vie une offrande féconde. Dans l’ardeur non pas de dominer le monde, mais d’y réveiller la soif de Dieu qui nous a faits pour lui. Dans l’humilité de se reconnaître non des héros, mais de pauvres et joyeux sauvés qui se laissent libérer et enfanter à la cité de Dieu, où nous attend l’harmonie de son éternelle beauté.

Frères et sœurs, celui qui nous fait vivre est plus important que ce que nous croyons pouvoir faire. Aussi, je vous y invite avec ces paroles de notre Père saint Augustin :

« Que le Seigneur vous donne d’observer tout cela avec amour, comme des êtres épris de la beauté spirituelle, répandant par leur vie la bonne odeur du Christ, non comme des esclaves sous la loi, mais comme des êtres rendus libres par la grâce. » (Règle des serviteurs de Dieu, VIII)





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedLun 21 Jan 2019, 9:34 pm

Citation :
Evangile (Mt 25, 1-13)



Alors, il en sera du royaume des Cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leur lampe et sortirent à la rencontre de l’époux.

Cinq d’entre elles étaient insensées, et cinq étaient avisées :

En prenant leur lampe, les filles insensées n’avaient pas emporté d’huile,

Les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles.

Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.

Au milieu de la nuit, un cri retentit: “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”

Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leur lampe.

Les insensées dirent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”

Les avisées répondirent : “certes pas, il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ! Allez plutôt chez les marchands en acheter pour vous.”

Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et l’on ferma la porte.

Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles qui disent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”

Mais il répondit : “En vérité, je vous le déclare : je ne vous connais pas.”

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.


Gloire à toi, Seigneur notre Dieu


Homélie de la célébration oecuménique du 20 janvier 2019 à Arnouville


Chers amis venus des différentes communautés chrétiennes d’Arnouville et vous fidèles téléspectateurs des émissions Orthodoxie, Chrétiens Orientaux, Présence Protestante et du Jour du Seigneur. Notre prière de ce jour s’inscrit dans le cadre du dialogue œcuménique. Le dialogue œcuménique, je le vois un double signe pour nos communautés chrétiennes : un signe de témoignage et un signe de guérison.



Le dialogue œcuménique est un signe de témoignage. Il témoigne des relations fraternelles entre nos communautés au-delà de leur diversité : diversité culturelle et confessionnelle ; diversité de nos traditions religieuses et de nos façons de rendre compte de notre foi.



Toutes ces diversités deviennent un témoignage, dans la mesure où elles nous permettent de réaliser l’unité du Corps du Christ, l’Église. Cette unité est la marque des disciples du Christ, notre signe identitaire. « Que tous soient un…, afin que le monde croie que tu m’as envoyé », nous dit JESUS dans l’évangile de Jean.

L’unité que nous voulons affirmer et réaliser c’est aussi celle de notre condition humaine. Le fil rouge qui conduit notre célébration est ce passage de la lettre aux Hébreux : « étrangers et voyageurs sur cette terre ».

Cette parole décrit notre condition commune, la condition des enfants de Dieu. Cette parole nous invite à une prise de conscience et à une attitude.

Prise de conscience que nous sommes tous pèlerins en ce monde. Nous cheminons dans la foi, cette foi qui nous unit aujourd’hui au-delà de nos différences confessionnelles, ethniques et d’opinion.

Cette parole (« étrangers et voyageurs sur cette terre ») nous invite aussi à avoir une attitude : elle nous invite à poser un regard et peut-être un geste fraternel en direction de ceux qui sont dans la situation d’étranger.



La Parole de Dieu que nous venons d’entendre met en évidence l’importance de la foi. C’est bien la commune mesure entre l’extrait de la lettre aux Hébreux et la parabole des dix vierges. Comme tous les croyants, ces jeunes filles sont en chemin. Elles sont porteuses d’une espérance, espérance de rencontrer l’époux.

« Il y avait parmi elles cinq qui étaient insensées et cinq qui étaient sages. »

« Les cinq insensées, en prenant leurs lampes, ne prirent pas d’huile avec elles. »

« Les cinq sages prirent de l’huile dans des vases avec leurs lampes. »

C’est la provision d’huile qui fait la différence entre ces deux groupes de vierges.

Les vierges sages ont cette provision : les vierges insensées ne l’ont pas.

Mais que signifie cette huile en vérité ? Quelque chose de grand, disait saint Augustin ; et ce quelque chose de grand, c’est la charité, la charité.

Oui, la charité est la touche chrétienne de nos actions, elle apporte un surplus qualitatif à ce que nous faisons. La charité se traduit par tous nos actes de générosité, accomplis par amour du prochain et pour le Christ. Avec la charité, nous pouvons bien parler d’une « christian touch ».

En effet, dans de nombreux secteurs d’activité, on parle aujourd’hui ici en France de la « french touch » pour traduire la qualité, l’excellence, l’originalité du talent français. La charité représente cela pour les chrétiens. C’est elle qui donne sens à toutes nos actions.

Rappelons-nous ce que Saint-Paul écrivait à propos de la charité dans sa première lettre aux Corinthiens : « j’aurais beau parler toutes les langues, des hommes, des anges…, j’aurais beau être prophète, avoir la science des mystères et toute la connaissance de Dieu…, j’aurais beau avoir la foi, la foi jusqu’à transporter les montagnes…, j’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, tout cela ne sert à rien ».

C’est elle, la charité qui a manqué aux cinq vierges insensées. C’est elle la « christian touch », c’est elle la marque chrétienne de nos actions, c’est elle qui donne un sens chrétien à tout ce que nous faisons, y compris à notre célébration de ce jour.

Frères et sœurs, si nos façons d’exprimer notre foi commune diffèrent, si nos manières de prier divergent, il y a un lieu où nous nous retrouvons inévitablement c’est la mise en pratique de notre foi, c’est-à-dire la charité. La charité n’a pas de confession. Il n’y a pas une charité qui est catholique, une autre qui est protestante, une qui serait orthodoxe, ni une qui serait apostolique, chaldéenne, arménienne ou autre : la charité est le mode de vie des disciples du Christ que nous sommes tous. De cette manière, la charité nous met sur la voie du vivre ensemble, et même du bien vivre ensemble.

Cette charité, sceau des élus, gage de la vie éternelle, les vierges sages l’ont, les vierges insensées ne l’ont pas. Extérieurement toutes ces vierges se présentent de la même manière ; c’est à l’intérieur du cœur, dans le fond de la conscience, que se trouve la différence entre les dix vierges. Car les vases dans lesquels notre huile est renfermée, c’est notre cœur, c’est notre conscience.

Remarquons-le, toutes leurs lampes brillent ; mais les sages ont avec elles de quoi entretenir cette lumière, les insensées n’ont pas de quoi l’entretenir.

La charité est donc ce qui fait briller notre foi, ce qui la rend visible. En offrant de l’hospitalité à ceux qui viennent vers nous ; en manifestant de l’affection et de la générosité aux plus petits et aux personnes âgées ; en offrant de notre temps et en nous rendant proches de ceux qui sont seuls, nous exprimons notre foi.



Le dialogue œcuménique, disais-je est aussi signe de guérison.

Il nous guérit de l’indifférence, de l’enfermement sur nous-mêmes ; il nous conduit à comprendre que tout égoïsme est contraire à l’Évangile du Christ et nous sommes invités à reconnaître le Christ les uns sur les visages des autres.

Le passage de l’évangile de Matthieu qui va nous guider tout à l’heure lors la prière d’intercession nous rappelle que JESUS s’identifie au tout petit, au prisonnier comme à l’étranger, au malade et à l’affamé, au plus fragile.

Frères et sœurs, le dialogue œcuménique, par notre assemblée de ce jour est signe de guérison de nos blessures du passé ; blessures causées par nos divisions, par nos barrières de haine et d’indifférence. Notre assemblée témoigne que l’amour est plus fort que la haine.

En nous retrouvant aujourd’hui pour célébrer et pour prier ensemble, nous manifestons que nous sommes tous membres d’une même famille, l’Église du Christ.

Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, afin que grandissent en nous l’amour. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedDim 27 Jan 2019, 8:32 pm




Citation :
Évangile

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture » (Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21)

Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé,
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération.
Alléluia. (Lc 4, 18cd)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Beaucoup ont entrepris de composer un récit
des événements qui se sont accomplis parmi nous,
d’après ce que nous ont transmis
ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires
et serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi,
après avoir recueilli avec précision des informations
concernant tout ce qui s’est passé depuis le début,
d’écrire pour toi, excellent Théophile,
un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte
de la solidité des enseignements que tu as entendus.

En ce temps-là,
lorsque JESUS, dans la puissance de l’Esprit,
revint en Galilée,
sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues,
et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable
accordée par le Seigneur.
JESUS referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
que vous venez d’entendre »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 27 janvier à Nantes (44)


Attention à « l’Aujourd’hui »

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre »…

Voici sans doute la plus courte de toutes les homélies ! Quel modèle de concision ! Et quelle efficacité !

Résonne particulièrement dans nos cœurs ce beau mot « d’Aujourd’hui »

Aujourd’hui, (maintenant même), il est 5h25 du matin au Panama ; nos amis des JMJ profitent encore de ce précieux sommeil avant la messe finale du pape.

Pourquoi être allé si loin ? Quel est le sens d’avoir déployé tant d’énergie pour rencontrer tant de cultures et entendre ensemble une même parole ?

Cette journée mondiale de la jeunesse, est comme l’aujourd’hui de l’assemblée du temple de Jérusalem qui entend la Loi du Seigneur : « la joie du Seigneur est notre rempart ».

Elle est aussi comme l’aujourd’hui des auditeurs de Nazareth touchés au cœur par la proclamation du Christ : « cette parole s’accomplit ».

Aujourd’hui, au Panama, les jeunes sont « envoyés porter la Bonne Nouvelle » par le Saint Père, dans la force de l’Esprit-Saint.

On va aux JMJ pour être envoyés !

Aujourd’hui, ce beau mot « d’aujourd’hui », l’habitons-nous ? Demeurons-nous dans notre aujourd’hui qui est le moment de Dieu ?

Avouons-le : notre aujourd’hui est souvent pris dans le courant de nos activités, de nos projets, de nos souvenirs parfois ! Nous n’y prenons pas toujours attention !

N’y-a-t-il pas un risque de fuir l’aujourd’hui ?

La jeunesse est une période formidable où tout semble possible ; elle est l’âge où l’on se doit d’espérer ! Vous qui étudiez, qui pensez à votre avenir professionnel, vocationnel ; vous les jeunes qui préparez déjà vos prochaines vacances, road-trips ou aventures, vous êtes sans cesse poussés à vous projeter. A penser à votre avenir (et d’ailleurs, bon nombre d’entre vous me confie régulièrement qu’il ne sait pas ce qu’il fera plus tard !) Mais combien, finalement, n’habitent pas leur présent ?

Parfois aussi, à la suite d’une expérience formidable : d’un camp avec des ados, de vacances où se sont fondées de magnifiques amitiés, il peut nous arriver de nous réfugier dans les souvenirs, voire la nostalgie ! Comme si ce qui s’était passé, était à jamais perdu ! Et le présent nous semble terne et sans promesses…

Chrétiens, si nous lisons encore des Ecritures anciennes (Isaïe avait 7 siècles d’âge quand JESUS le lit à Nazareth !) serait-ce pour faire de l’archéologie littéraire chaque dimanche ? Est-ce une tentative désespérée de rendre moderne une Parole qui serait éteinte ?

JESUS lui-même contredit cette opinion en affirmant : « cette Parole aujourd’hui s’accomplit ! »

Dans l’Evangile selon Saint Luc, à 4 moments clés, on entend le mot d’aujourd’hui : « aujourd’hui vous est né un sauveur » disent les anges aux bergers de Bethléem ; « aujourd’hui cette Parole s’accomplit » dit JESUS à Nazareth en inaugurant sa mission ; « aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison » à Zachée qui vient de se convertir ; et enfin, « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » : cette phrase bien connue du divin Crucifié au Larron repenti !

A chaque fois, « aujourd’hui » est une marque que le salut, c’est maintenant ! Le salut est présent !

A chacun d’entre nous, cet évangile est adressé et nous pouvons nous reconnaître dans ce Théophile –littéralement, cet ami de Dieu- à qui Saint Luc écrit ! Que nous soyons ici dans cette assemblée, ou derrière notre télévision : aujourd’hui, nous sommes touchés par la puissance de la Parole de Dieu ! Aujourd’hui, Dieu agit pour nous ! Aujourd’hui, maintenant : nous sommes aimés ! C’est vrai ! C’est présent !

Alors, allons à revers des discours nostalgiques : « hier c’était mieux ! » Ou des rêves utopiques : « demain, je serai un saint ! … »

Et pourquoi pas aujourd’hui ?

Répondons aujourd’hui à l’amour du Seigneur ! Il est là ! Il est en moi ! Il se rend proche par sa Parole, par l’Eucharistie, ici et maintenant ! Dans mon recueillement, dans mes rencontres, dans mon silence aussi !

Rappelons-nous le poème de la Petite Thérèse :

« Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère

ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit

Tu les sais, ô mon Dieu, pour t’aimer sur la terre

Je n’ai rien qu’aujourd’hui ! »




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedJeu 07 Fév 2019, 8:16 pm





Citation :
Évangile

JESUS, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé aux seuls Juifs (Lc 4, 21-30)

Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé,
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération.
Alléluia. (Lc 4, 18cd)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
dans la synagogue de Nazareth,
après la lecture du livre d’Isaïe,
    JESUS déclara :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
que vous venez d’entendre »
   Tous lui rendaient témoignage
et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Ils se disaient :
« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
   Mais il leur dit :
« Sûrement vous allez me citer le dicton :
‘Médecin, guéris-toi toi-même’,
et me dire :  
‘Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm :
fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !’ »
   Puis il ajouta :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays..
    En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
    pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
    Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »

   À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
    Ils se levèrent,
poussèrent JESUS hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
    Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 3 février 2019 à Thy-le-Château (Blegique)


Frères et sœurs,

“Nul n’est prophète en son pays”. Voilà une vérité qui ne doit pas décourager les plus casaniers d’entre nous ! Derrière celle-ci, se cache en réalité cette conviction qu’on ne s’atteste jamais par soi-même. Pour grandir, il faut de la distance, de l’écart, même par rapport à sa propre famille, son milieu… Sans recul, sans accompagnement extérieur, nous avons d’ailleurs une grande facilité à mentir à nous-mêmes, à ne pas accueillir notre propre vérité. En effet, dans la vie, c’est bien souvent l’autre —l’être aimé, l’ami, le conjoint, l’étranger— qui vient faire naître en nous la vérité. Dès lors, pour qu’une parole prophétique résonne aujourd’hui dans le terrain de notre cœur, prenons un peu de recul.
Ne soyons pas comme les habitants de Nazareth, qui croient savoir. Mais, au contraire, sachons croire ! Et pour cela, redécouvrons une réalité aussi simple que difficile à mettre en pratique : il s’agit de notre capacité à nous étonner.

L’étonnement est cette sagesse de l’émerveillement et du questionnement en toute circonstance. En effet, il nous arrive si souvent d’enfermer les gens qui nous entourent dans des cases, dans ce qu’ils ont un jour maladroitement dit, écrit ou fait. C’est comme si nous les empêchions d’être encore des prophètes ! Durant l’enfance de JESUS, rien ne laissait présager quelque chose d’exceptionnel dans la vie de ce banal fils du charpentier ! Et à la synagogue de Nazareth, il n’a eu devant lui que des compatriotes qui pensaient probablement tout savoir de lui. Voilà pourquoi, avec les personnes que l’on connaît —ou croit connaître— seul l’étonnement leur offre toujours un passage, une ouverture. Seule notre curiosité leur propose toujours un chemin. Un tel étonnement délie les autres de leurs étiquettes, des identités dans lesquelles nous les rangeons. C’est cela qui leur permet de passer leur chemin, d’être libres et eux-mêmes ! Seule la surprise permet de toujours voir les autres qui nous entourent avec une part de mystère, d’inconnu. Cet étonnement est donc au commencement, à la racine de toute relation, de toute sagesse, de tout acte d’amour. “Etre amoureux” écrivait d’ailleurs le poète, “c’est toujours rester étonné”. Amour et étonnement permettent donc de questionner nos évidences, de ne pas prendre tout au sérieux, de mettre de l’humour dans notre quotidien. D’ailleurs, quand on perd cette capacité à s’étonner, les autres deviennent prévisibles. Et lorsqu’ils sont pré-visibles, ils deviennent tôt ou tard in-visibles à notre cœur.

“Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays”. Pour le dire autrement, il n’y a pas d’amour possible lorsque l’autre est un terrain connu, conquis. Notre connaissance et notre foi sont toujours partielles. Nous voyons toujours dans un miroir, de manière imparfaite. Parfois, avec le temps, certaines réputations nous précèdent. Nous pouvons aussi perdre notre capacité à aimer, et à nous laisser étonner. Le temps est parfois destructeur à l’égard de l’amour passion. Il est par contre chance de construction à l’égard de l’amour vrai, celui dont parle Saint Paul : cet amour qui considère que rien n’est jamais acquis, qu’il y a toujours quelque chose de neuf à construire, que l’amour est toujours imparfait, et donc à parfaire. L’amour vrai se nourrit ainsi de patience. Il met de la permanence dans l’impermanence de nos désirs. Il ose faire du temps un allié, capable d’accueillir le présent pour ce qu’il est : une chance de construction, un chemin que prends l’éternité de Dieu pour nous visiter. L’amour n’est jamais dans la rentabilité, la certitude. Il tient précisément sa beauté de son imperfection. Dans la foi comme en amour, il ne faut donc jamais se croire chez soi, en pays conquis, mais toujours face à des terres à découvrir, à des horizons jamais atteints. L’amour et la foi ne seront jamais des certitudes. Ainsi, seul celui qui sait toujours voir dans le visage de l’autre quelque chose de potentiellement indicible —et donc à contempler et découvrir— restera sur ce chemin de la surprise et de l’étonnement, malgré les exigences et les soucis de la vie.

Alors, la question que nous avons à nous poser est bien la suivante. Autorisons-nous vraiment les autres à prendre leur propre chemin? Délions-nous ceux qui nous entourent des étiquettes que nous leurs donnons ? Permettons-nous à l’Esprit de Dieu de souffler où il veut, en dehors de nos églises, en dehors de nos religions ? Chez celui qui n’a pas notre foi, qui ne pense pas comme nous ? Chez la veuve de Sarepta ? Chez Naaman le Syrien ? Permettons-nous vraiment à l’évangile de faire son chemin en nous et chez les autres ?

Si à cause des aléas de la vie, de nos souffrances ou de nos peurs, nous perdons parfois notre capacité à nous étonner, nous pouvons aussi garder vive cette confiance que Dieu s’étonnera toujours de ce que nous sommes. Pour celui qui se risque à croire en ce Dieu qui s’émerveille, il y aura toujours cette voix divine pour nous dire tendrement: au milieu des peurs et des préjugés: passe, avance sur ton chemin, cherche les dons les plus grands. Donne-moi de m’étonner de toi.

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 12 Fév 2019, 8:36 pm




Citation :
Évangile

« Laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 1-11)

Alléluia. Alléluia.
« Venez à ma suite, dit le Seigneur,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
la foule se pressait autour de JESUS
pour écouter la parole de Dieu,
tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets.
JESUS monta dans une des barques qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s’écarter un peu du rivage.
Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait,
ils capturèrent une telle quantité de poissons
que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque
de venir les aider.
Ceux-ci vinrent,
et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu’elles enfonçaient.
à cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de JESUS,
en disant :
« Éloigne-toi de moi, Seigneur,
car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi,
lui et tous ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
les associés de Simon.
JESUS dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage
et, laissant tout, ils le suivirent.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 10 février 2019 à Notre-Dame-d‘Espérance à Villemomble (Seine-Saint-Denis)


Ah! ils n’ont pas la frite, ce petit groupe de pêcheurs autour de Pierre.
Pensez donc, harassés par la fatigue, ils ont peiné toute la nuit, dans le froid, le brouillard, les dangers des tempêtes et cela pour rien ! Pas même une sardine dans leur filet. Alors avant de se reposer, on nettoie et on répare les filets pour la nuit prochaine, mais sans trop y croire.

Frères et sœurs, comme nous leur ressemblons à ces pêcheurs. Nous nous sommes tellement engagés dans nos paroisses, on a tellement donné, nous avons prié et pour quel résultat ? Nos églises se vident, la plupart des jeunes n’y mettent plus les pieds, nos petits-enfants ne sont pas baptisés. La plupart des gens se montrent indifférents à l’annonce de l’Évangile.
Alors la tentation nous guette de nous protéger d’un monde qui nous ignore, nous ridiculise voire nous persécute. Et voilà qu’en plein désarroi, JESUS vient et dit : « avance au large et jette le filet ».
Pierre connaît son métier. On ne pêche pas en plein jour !
Ce n’est pas un charpentier, habitant un village d’où l’on ne voit même pas la mer, qui va lui faire la leçon. Et pourtant Pierre se rend à la parole de ce villageois de derrière les collines. JESUS invite Pierre, comme chacun de nous, à ne pas caboter peureusement le long du rivage, mais à naviguer en eau profonde, à oser le large.

En effet, lorsque nous nous recroquevillons sur nous-mêmes, lorsque nous calfeutrons nos fenêtres, de peur d’être contaminés par les idées du monde, nous ne rejoindrons jamais les préoccupations profondes de nos frères humains.
Si nous pouvons trouver une assurance tous risques chez notre banquier, personne ne pourra nous assurer contre les obstacles encourus, si nous faisons le choix de l’Évangile. A moins, bien sûr de nous murer dans nos sécurités, nos habitudes et nos certitudes.
Frères et sœurs, JESUS nous invite à larguer les amarres, à oser le large. Il l’a fait lui-même en quittant l’intimité de Nazareth pour rejoindre Capharnaüm, ville frontière, au carrefour des peuples, des religions et des cultures. Il s’aventure même dans une ville interdite de Samarie.

Oser le large, c’est aussi avoir l’audace de JESUS-Christ. Suivre un JESUS libre, frère universel qui n’est la propriété d’aucune Eglise, un JESUS meurtri, blessé, bouleversé par toutes les formes de souffrance et d’injustice.
Oser le large à l’exemple de JESUS, c’est rejeter la pensée unique, devenir prophète et comme nous y invite notre pape François, rejoindre les périphéries, ne pas nous installer dans le ronron de nos sacristies. C’est partager le quotidien de nos frères, là où ils vivent, chantent, pleurent, espèrent, entreprennent, souffrent et meurent.
Oser le large, c’est comme JESUS l’a fait, fréquenter la foule de pauvres gens : les blessés de la vie, de l’amour, les estropiés du cœur, du corps et de l’esprit. Regardons autour de nous : ils sont légion, les yeux rougis par les larmes, quémandant un sourire, une main tendue, un peu de chaleur humaine.

Frères et sœurs, en ce jour où nous célébrons le dimanche de la Santé, laissons-nous interpeller par la chaleureuse présence, qu’assurent toutes les personnes engagées aux côtés de nos amis âgés, isolés, handicapés, malades.

Au milieu de l’océan de la souffrance et des questions sans réponse, elles osent prendre le large pour rencontrer le Christ dans l’humanité défigurée. Elles instillent, contre vents et marées, un salutaire goutte à goutte d’amour dans le cœur de ceux qui souffrent.

Frère, sœur, ami.
N’oublie pas de larguer tes amarres, va rejoindre l’humanité en pleine mer.
Tu y rencontreras JESUS.
Ose le large.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedDim 17 Fév 2019, 8:06 pm






Citation :
Évangile

« Heureux les pauvres ! Quel malheur pour vous les riches ! » (Lc 6, 17.20-26)

Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, tressaillez de joie,
dit le Seigneur,
car votre récompense est grande dans le ciel.
Alléluia. (Lc 6, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    JESUS descendit de la montagne avec les Douze
et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples,
et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon.

Et JESUS, levant les yeux sur ses disciples, déclara :
« Heureux, vous les pauvres,
car le royaume de Dieu est à vous.
    Heureux, vous qui avez faim maintenant,
car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant,
car vous rirez.
    Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent
et vous excluent,
quand ils insultent
et rejettent votre nom comme méprisable,
à cause du Fils de l’homme.
        Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie,
car alors votre récompense est grande dans le ciel ;
c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.

   Mais quel malheur pour vous, les riches,
car vous avez votre consolation !
    Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant,
car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant,
car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
    Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 17 février 2019 à Montjoyer (Drôme)


A quatre reprises, JESUS nous veut du bien : « Heureux vous ! », dit-il…

Mais il nous surprend :

Chaque fois, ses bénédictions sont associées à ce que nous redoutons :

la pauvreté, la faim, la tristesse et même la haine dont on serait victime.

Et pire encore avec les malédictions qui affecteraient les gens riches, rassasiés, souriants et jouissant d’une reconnaissance sociale. Les heureux deviennent malheureux…

Ces contrepoints sont incompréhensibles, voire inadmissibles.

On nous promet ce qu’on n’espère jamais voir advenir…

Serait-ce une menace qui nous guette ? Comment être heureux en souffrant ?

JESUS vient nous consoler et nous aider à percevoir ce qu’il va accomplir pour nous et par nous.  Il met d’abord en valeur des personnes. Et il lance un appel : le détachement est une source d’enrichissement humain et spirituel alors que la détention devient parfois une prison : est-ce que je ne deviens pas esclave de mon désir de posséder ?

Saint Paul, dès le début de sa 1e Lettre aux Corinthiens nous précise envers qui le Seigneur est attentif : « ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ».

L’attention de Dieu se porte sur les plus humbles.

C’est bien pourquoi, dans l’évangile de Luc, JESUS part des réalités bien concrètes, sans se référer tout de suite à une perception spirituelle détachée de la vie quotidienne.

Luc a considéré combien les premières communautés primitives ont souffert d’indigence, de marginalisation, de persécution à cause de leur foi au Christ et de l’attente du Royaume de Dieu.

Il dit bien les souffrances de ses contemporains : « vous qui avez faim maintenant, … vous qui pleurez maintenant » et cela est encore le cas aujourd’hui dans tant de lieux dont la liste semble infinie : Syrie, Soudan, Somalie, Yémen, Birmanie… et même chez nous en France, en Belgique et en Europe où la précarité affecte des familles, des personnes âgées et isolées.

Toutefois, percevons les signes de la présence de Dieu et comme nous venons de l’entendre dans l’épitre de St Paul,

« Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour CETTE vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes ».

Le Christ illumine notre horizon qui s’élargit à un avenir plein d’espérance, si nous nous ouvrons à lui.

Une bien belle expression de la force spirituelle de ces versets se trouve dans une lettre de Frère Luc, moine de Tibhirine, entré dans la vie monastique ici-même à Aiguebelle.  Ce martyr d’Algérie, récemment béatifié, écrivait :

« Aussi longtemps que nous faisons de notre vie un but en soi, ne subsiste aucune raison de vivre, car tout se termine par la mort. C’est dans le Christ que nous découvrons le sens profond de notre vie. Ce que Dieu demande est que nous Lui fassions confiance à Lui et au Christ » (Frère Luc, Lettre de janvier 1994).

Cette confiance se développe quand on cherche à se conformer au Christ, à se mettre en syntonie avec lui, à faire nôtres les béatitudes.

En écoutant nos frères trappistes d’Aiguebelle nous introduire dans la prière par leur chant, une image me vient à l’esprit.

Les béatitudes sont comparables à une partition. JESUS a composé puis entonnée ce thème musical à huit notes. Quatre bénédictions et quatre malédictions dit-on…. Elles nous permettent de poser notre voix, de nous ajuster à celle du Christ et de comprendre comment fonder notre existence sur lui seul en nous départant de toute fioriture, de toute vaine gloire, de tout arrangement musical qui viendrait couvrir nos voix.

Quand nos frères moines chantent en grégorien, dans la grande tradition de l’Eglise latine, ils le font en chœur et à l’unisson. Ils manifestent ainsi qu’ensemble ils chantent la mélodie de l’évangile. De façon épurée, ils répondent à l’exigence d’interpréter avec justesse ce que le Christ nous met à l’oreille et donc au cœur.

Nous pouvons tous devenir des bons interprètes de la mélodie divine, chacun avec son tempo, son rythme mais toujours dans le ton de JESUS

Depuis 2000 ans, la partition évangélique n’a pas changé.

N’hésitons jamais à l’entonner afin de rendre notre vie plus harmonieuse.

Pour vivre les béatitudes, ayons confiance, le Christ nous donne le la, la note juste…




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedLun 25 Fév 2019, 8:47 pm




Citation :
Évangile

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 27-38)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS déclarait à ses disciples :
« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez :
Aimez vos ennemis,
faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent,
priez pour ceux qui vous calomnient.
À celui qui te frappe sur une joue,
présente l’autre joue.
À celui qui te prend ton manteau,
ne refuse pas ta tunique.
Donne à quiconque te demande,
et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous,
faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs prêtent aux pécheurs
pour qu’on leur rende l’équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis,
faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour.
Alors votre récompense sera grande,
et vous serez les fils du Très-Haut,
car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.

Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 24 février 2019 à Laning


Se laisser fondre pour arriver à aimer nos ennemis

On m’a raconté cette histoire qui s’est passé à Paris dans les années 60. Deux jeunes séminaristes en soutane font le mur du séminaire pour aller boire une bière dans un bar. Ils sont accoudés au comptoir lorsqu’un groupe d’antis cléricaux les prennent à parti. La tension monte. L’un d’entre eux s’approche du séminariste et le frappe sur la joue droite en lui disant : « alors, tu ne tends pas l’autre joue ? » Le séminariste s’exécute et l’homme s’en donne à cœur joie, il le frappe violemment sur la joue gauche, au milieu de l’éclat de rire de ses camarades. Le séminariste le regarde calmement, se recule un peu et lui décoche une droite qui envoie l’homme au tapis à travers toute la salle. Tous les clients sont sidérés. Le séminariste dit alors : « JESUS a dit que si on te frappe sur la joue droite, il faut tendre la joue gauche, mais il n’a rien dit sur ce qu’on pouvait faire après ! »

La réaction de ce séminariste montre bien que le message que nous donne JESUS aujourd’hui d’aimer nos ennemis est très joli dans les intentions mais très difficile à vivre dans les faits. Je vous propose de distinguer les ennemis de guerre et les ennemis de palier, puis de repérer les trois marches qui précèdent l’amour des ennemis, et enfin de réfléchir sur notre propre condition de persécuteurs.

Quand JESUS parle d’ennemis, de qui parle-t-il ? A son époque, les juifs sont en guerre. L’ennemi à aimer, c’est le soldat romain qui a tué quelqu’un de votre famille. Comment l’aimer ? Est-ce qu’on peut demander aujourd’hui à quelqu’un qui a connu la seconde guerre mondiale d’aimer les nazis ? Est-ce qu’on peut demander aux familles des victimes des attentats en France d’aimer les terroristes ? Comment est-ce possible ?

La plupart d’entre nous, présents dans cette église ou devant notre télévision, nous ne sommes pas confrontés à des ennemis de guerre, mais plutôt à des ennemis de palier. Nous pouvons avoir dans notre entourage une personne qui nous hait ou qui nous calomnie sans raisons. JESUS nous dit aujourd’hui : « cette personne qui te hait, cette personne qui dit toute sorte de mal contre toi, tu dois l’aimer ! » Comment est-ce possible ?

JESUS peut-il nous demander quelque chose d’impossible ? Quelques versets plus loin, il me semble que JESUS nous présente la solution à cette demande surhumaine. Il nous dit qu’aimer notre ennemi, c’est «de ne pas le juger », « de ne pas le condamner », et « de lui pardonner ». Ces trois marches sont le début de cet amour surnaturel qui vient de Dieu. C’est très difficile voire impossible « d’aimer son ennemi », mais je peux commencer par essayer de ne pas le juger, de ne pas le condamner en l’enfermant dans ses actes car il est plus que le mal qu’il me fait, et avec la grâce de Dieu, je peux m’engager sur le chemin du pardon. Enfin et surtout, je dois prier pour lui.

JESUS est un fin pédagogue. Il sait que nous tous, vous et moi, si nous sommes parfois persécutés, nous sommes aussi souvent persécuteurs. Il nous arrive nous aussi de faire du mal sans nous en rendre compte, d’être l’ennemi de quelqu’un, de dire du mal de lui, de le calomnier, de le jalouser. JESUS nous dit que « la mesure dont nous nous servirons pour les autres servira de mesure aussi pour nous ». Si j’ai fait du mal à une personne sans m’en rendre compte et que je réalise tout à coup mon péché, je serai soulagé si cette personne cherche d’abord à me comprendre, si elle ne m’enferme pas dans mon péché, et si elle m’offre son pardon. « Ce que tu veux que les autres fassent pour moi, tu dois le faire pour eux »

Pour finir, je voudrais vous raconter une autre histoire bouleversante. Peut-être connaissez-vous le père Werenfried décédé en 2003. Ce prêtre religieux hollandais a fondé en 1947 l’AED, l’Aide à l’Église en Détresse. C’était la fin de la seconde guerre mondiale. Il était bouleversé par la misère dans laquelle vivait ses voisin allemands, ennemis d’hier, vaincus d’aujourd’hui. Alors il a commencé à récolter des fonds pour organiser une aide alimentaire. Des centaines de veuves de guerres lui ont fait parvenir leur propre alliance en or pour les faire fondre et récolter de l’argent pour ceux qui avaient assassinés leurs maris. Elles avaient tout perdu mais elles avaient choisi de gravir les trois marches proposées par le christ. Elles avaient choisi de ne pas enfermer les allemands dans le jugement, de ne pas les condamner, de leur pardonner. Ainsi, elles sont montées sur la dernière marche quasi inaccessible, celle de l’amour de l’ennemi.

Et nous, qu’est que nous sommes prêts à laisser fondre pour commencer à aimer nos ennemis ?






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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 05 Mar 2019, 8:31 pm




Citation :
Évangile

« Ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur » (Lc 6, 39-45)

Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples en parabole :
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?
Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ?
Le disciple n’est pas au-dessus du maître ;
mais une fois bien formé,
chacun sera comme son maître.

Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère,
alors que la poutre qui est dans ton œil à toi,
tu ne la remarques pas ?
Comment peux-tu dire à ton frère :
‘Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil’,
alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ?
Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair
pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.

Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ;
jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.
Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit :
on ne cueille pas des figues sur des épines ;
on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
L’homme bon tire le bien
du trésor de son cœur qui est bon ;
et l’homme mauvais tire le mal
de son cœur qui est mauvais :
car ce que dit la bouche,
c’est ce qui déborde du cœur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 3 mars 2019 à Vannes (Morbihan)


Frères et sœurs,


Les lectures de ce 8ème dimanche du temps ordinaire nous plongent au cœur de notre démarche jubilaire. Elles illustrent la vie de saint Vincent Ferrier et nous montrent comment marcher sur ses traces dans notre désir de devenir à notre tour, et à sa suite, disciples-missionnaires.

Dans la deuxième lecture, l’apôtre Paul invitait les Corinthiens, et nous avec eux, à prendre « une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur », avec pour ligne de mire ce jour où « l’être périssable aura revêtu ce qui est impérissable », « où l’être mortel aura revêtu l’immortalité », où chacun pourra dire « Ô mort où est ta victoire ? »

Sachant que, selon le mot du psalmiste, « le Seigneur bénit son Peuple en lui donnant la paix » (Ps 28, 11), Vincent Ferrier a pris part à l’œuvre du Seigneur en prêchant, dans toute l’Europe, la réconciliation. Dieu sait si l’époque à laquelle il vivait, le Moyen-Âge finissant, avait besoin de paix ! Outre les luttes fratricides alimentées par les rivalités féodales, la Chrétienté occidentale, dont la population venait d’être décimée par la Peste Noire, était déchirée politiquement par la Guerre de Cent Ans et religieusement par le Grand Schisme qui avait vu coexister deux, puis trois papes, chaque tiers de l’Église excommuniant les deux autres tiers qui le lui rendaient bien.

Après avoir mesuré l’inefficacité de son rôle diplomatique au service du Pape d’Avignon, Vincent se lance à corps perdu dans une prédication itinérante qui, des bords ensoleillés de la méditerranée, le conduira jusqu’en Bretagne, où il mourra d’épuisement à Vannes, le 5 avril 1419 au retour d’une ambassade auprès du Roi d’Angleterre.

Sa prédication, si elle vise à établir la paix entre les hommes, ne se borne pas à organiser un vivre-ensemble purement temporel, elle est tout entière tournée vers les fins dernières, vers « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence » (Ph 4, 7), vers « l’espérance de la gloire » (Col 1, 27) ce qui lui valut le titre d’Ange de l’Apocalypse, tant il est vrai que le vivre-ensemble suppose un idéal qui transcende nos appartenances, un idéal qui soit le bien de tous et qui ne puisse faire l’objet d’une appropriation par personne parce qu’il appartient à Dieu. Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! Pour Vincent, la Paix entre les hommes est conditionnée par la Gloire de Dieu. S’il est vrai qu’il faut la construire, il faut d’abord l’accueillir comme un don.

Notre époque qui voit le lien social se désagréger sous l’effet de l’individualisme et du chacun pour soi généralisé n’a-t-elle aucune leçon à tirer de l’enseignement de Vincent ?

Si nous voulons, comme le fit Vincent, prendre « une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur », par l’annonce joyeuse de la Bonne Nouvelle, ne devons-nous pas considérer qu’elle est précisément l’œuvre du Seigneur et non la nôtre ? N’est-ce pas là le premier aveuglement que nous avons à combattre ?

Sortir de notre aveuglement, comme nous le recommande l’évangile que nous venons d’entendre, suppose de notre part une véritable conversion.

Cette conversion, saint Vincent Ferrier l’a vécue de façon radicale, lorsqu’en Avignon le 3 octobre 1398, alors qu’il allait mourir, le Christ lui apparut et le guérit en lui disant « désormais tu prêcheras à la manière des Apôtres ». La poutre qui était dans son œil et qui, malgré toute sa bonne volonté, l’empêchait de voir autrement qu’à l’aune de son allégeance à la Papauté d’Avignon, disparut ce jour-là et élargit son regard à la mesure de la Chrétienté et à la mesure du monde. Lui qui avait écrit un traité pour soutenir la légitimité du Pape d’Avignon, lui qui était le confesseur du Pontife et qui ne comptait d’amis que dans son obédience, va faire le deuil de son œuvre intellectuelle et de toutes ses affections humaines pour n’être plus que le reflet d’une Vérité qui le dépasse : « une fois bien formé le disciple sera comme son maître ».

De quelle poutre devons-nous libérer notre regard pour travailler à l’unité de l’Église ? À quels dépassements devons-nous consentir ?

Mercredi prochain nous entrerons en Carême, temps de conversion. Pour que, dans l’annonce de l’évangile, nous ne confondions pas l’efficacité des moyens et la fécondité du message, demandons au Seigneur qu’il convertisse notre cœur afin que nous portions de bons fruits, et à l’image de saint Vincent dont nous célébrons les 600 ans du retour à Dieu, des fruits qui demeurent.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedDim 10 Mar 2019, 1:27 am


            


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Homélie de la messe du 10 mars 2019

à L'église Notre-Dame-des-Vertus à AUBERVILLIERS



Pas de doute, nous sommes en carême. Si nous l’avions oublié, le violet de cette chasuble et l’Évangile de la tentation du Christ nous le rappelleraient. Nous sommes en carême et donc il est temps de lutter contre nos tentations.
Quelles sont nos tentations ? Eh bien, un vaste choix s’offre à nous, de la médisance à la paresse, de la barre de chocolat à la femme du voisin — ou au mari de la voisine, c’est selon… — Je n’entrerai pas dans les détails, les grandes personnes savent très bien de quoi je parle, et les enfants aussi. Mais il y a des tentations plus générales dont nous sommes peut-être moins avertis. Plus générales et plus importantes.
En voici une qui concerne spécialement les adultes. Je dirai même que c’est une tentation réservée aux adultes. Donc, les enfants, je vous autorise à regarder ailleurs…  C’est la tentation de perdre l’espoir.
 
Il suffit d’allumer sa télévision cinq minutes pour s’en rendre compte. Mise à part l’oasis hebdomadaire de ce cher Jour du Seigneur, ce qui n’est pas vulgaire est sinistre, les mers s’assèchent ou débordent, notre société est déprimée, tout le monde semble détester tout le monde et l’avenir paraît gris. Gris foncé. Le monde ne va peut-être pas vers le pire, mais il faudrait être bien optimiste pour affirmer qu’il va vers le mieux.
Or dans les temps mornes que nous vivons, les chrétiens devraient se distinguer non pas par leur optimisme, mais par leur espoir.
L’optimisme, si je caricature, cela consiste à se mettre des lunettes roses. L’espoir, cela consiste à regarder la réalité en face, sans filtre, et à décider que malgré les apparences, il y a du bon dans le cœur des hommes, et que Dieu ne nous abandonne pas, parce qu’il l’a promis.
L’optimisme, c’est un sentiment. Un sentiment qui fait du bien, et qui peut nous aider. Mais l’espoir, c’est une décision. Une décision profonde, courageuse, qui demande de la force.
C’est la décision d’espérer qui nous fait prendre des responsabilités, qui nous entraîne à fonder une famille, à fonder une entreprise, à demander le pardon et à accorder le pardon. Quand nous accueillons un enfant, ou un étranger, ou un inconnu, nous croyons en cette personne, en son avenir. Nous ne savons pas ce qu’il en sera ; nous espérons, nous risquons nos forces et notre cœur même si nous avons, en même temps, peur d’échouer. Les apparences, les statistiques, le bon sens même peuvent aller contre cet espoir. Mais nous espérons quand même. Et nous commençons, et nous recommençons cette aventure.
Pour cela, pour se lever, pour se relever, il faut de la force et c’est ce que nous devrions demander au Seigneur en ce début de carême : non pas des lunettes roses, mais du courage, le courage d’espérer.
Quand j’étais petit scout nous chantions le soir, à la veillée, un chant qui avait pour titre L’espérance et qui avait pour refrain : « L’espérance est un trésor / même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or. » J’aimais bien ce chant, mais l’adulte que je suis remarque cependant que ce n’est pas vrai. Les nuages noirs n’ont pas toujours une frange d’or. Ils ont rarement une frange d’or. Ils ne l’ont presque jamais. Au mieux, ils ont une frange violette.
La frange d’or n’est pas sur le nuage. Elle est dans notre cœur. C’est dans notre cœur que la lumière de l’espérance doit briller. C’est dans notre cœur que veille cette flamme mystérieuse, en vérité cette flamme de l’Esprit saint, qui nous fait nous dire : je crois que le Seigneur m’aime. Je crois qu’il n’abandonne pas ses enfants. Je crois qu’il nous a promis l’amour et le bonheur. Je le crois et j’agis en conséquence, quelle que soit la couleur des nuages, quelle que soit la grisaille du temps présent.

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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedDim 17 Mar 2019, 7:47 pm




Citation :
Évangile

« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre » (Lc 9, 28b-36)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
écoutez-le ! »
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait,
l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ
qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de JESUS,
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui,
quand Pierre dit à JESUS :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler,
qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur
lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi :
écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre,
il n’y avait plus que JESUS, seul.
Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là,
ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 17 mars 2019 à Solliès-Pont (83)


L’espérance de notre vrai visage

Frères et Sœurs,

Un visage transfiguré, transfiguré par la joie, transfiguré par l’émerveillement, il nous arrive heureusement d’en rencontrer : un enfant qui retrouve sa maman, deux amoureux comme ceux que chante Prévert – Rappelle-toi, Barbara, tu as couru vers lui sous la pluie, ruisselante, ravie, épanouie… – ou encore ces personnes qui vivent seules, quand elles ont le bonheur de recevoir une visite amicale.

Pour JESUS ce jour-là, sur la montagne, sa transfiguration, c’est quelque chose du même ordre – et en même temps beaucoup plus !

Du même ordre, car là aussi c’est une rencontre. JESUS était allé dans la montagne pour prier. Il le faisait souvent. Et c’est la prière qui le transfigure. Pour lui, prier, c’est rencontrer celui qu’il aime.

Dans sa prière, il a des demandes, bien sûr, comme nous, devant toutes ces souffrances qui lui sont présentées chaque jour. Il est aussi dans le merci et la louange. Mais la prière, pour JESUS, autant que nous puissions le deviner, c’est avant tout ce cœur à cœur avec son Père : c’est pour lui un besoin vital, c’est son bonheur. Nous aussi, il est des moments où la prière est vraiment une rencontre avec notre Père, et cela va mettre de la joie dans notre cœur et jusque sur notre visage, comme cette Communauté ici à Solliès-Pont en donne le témoignage.

Mais cette transfiguration de JESUS sur la montagne, ce jour-là, c’est beaucoup plus encore.

Son visage, nous dit l’Evangile, devient « autre ». Ce sera aussi ce qui se passera après sa résurrection : son visage sera autre, au point même que ses plus proches ne le reconnaîtront pas. Que s’est-il passé ? Son visage n’est plus le visage que connaissent Pierre, Jacques et Jean, mais c’est son visage tel que Dieu le voit.

Eh bien, frères et sœurs, pour nous aussi, il en sera ainsi. Il n’y a pas seulement notre visage, tel que nous le voyons. Il y a notre visage tel que Dieu, lui, le voit.

Nous aussi, le jour où nous serons en présence de notre Père, où nous réaliserons à quel point nous sommes aimés, notre propre visage, ce jour-là, deviendra « autre » – il deviendra étincelant de lumière heureuse.

C’est pourquoi, si vous me le permettez, je vous conseille de ne pas trop vous fier à votre miroir pour connaître votre visage. Votre miroir vous trompe. Ce que nous y voyons n’est pas la vérité de nous-même. Ce n’est qu’une apparence.

Vous vous souvenez de Marguerite ou de la Castafiore qui chantait : « Ah ! je ris de me voir si belle en ce miroir… ». Oui, elle est belle, elle pourra séduire des gens. Mais est-ce là sa vraie beauté ?

Il y a des gens qui sont très beaux. Mais cette beauté-là n’est qu’un reflet. Elle nous invite à découvrir chez l’autre une beauté d’un autre ordre, qui n’est pas visible dans notre miroir.

Comme à l’inverse, il arrive aussi que nos visages deviennent laids de leur méchanceté, défigurés par la violence ou la haine. Mais là encore, ce que nous voyons ne traduit qu’une partie de ce que nous sommes : ce n’est pas notre vrai visage.

Aujourd’hui pourtant, c’est ce visage défiguré que nous montrons souvent, nous-même, notre société. Nous, quand la violence nous habite. Notre humanité, défigurée par les injustices, la guerre, les haines. Et aussi, hélas, notre Eglise, défigurée par la perversité de certains de ses prêtres, jusqu’à certains de ses évêques.

Eh bien, dès maintenant, nous avons à lutter contre tout ce qui nous défigure pour préparer notre transfiguration, la nôtre, celle de notre humanité, de notre Eglise. A la suite du Christ. Ce n’est pas pour rien que ce jour-là, JESUS parle avec Moïse et Elie de son départ, littéralement de son exode, c’est-à-dire de sa mort, de sa Pâque. Pâques, c’est une libération : libérer l’humanité du mal qui la défigure, commencer à vivre dans la vérité de ce que nous sommes en tant qu’enfants de Dieu.

Et là, ce n’est pas une question de visage, c’est une question de cœur. Laisser Dieu changer notre cœur de pierre en un cœur de tendresse. Si notre cœur commence à changer, alors cela va déjà se voir sur notre visage. Un peu, et parfois beaucoup. Si nous nous laissons toucher au cœur par la compassion, la tendresse, si notre cœur commence à ressembler à celui du Christ, notre transfiguration est commencée. Déjà va briller sur notre visage quelque chose de notre cœur, ce cœur aimant qui est le vrai.

C’est notre espérance : le jour où Dieu nous ouvrira les bras, pouvoir nous y jeter, ravis, épanouis, le visage rayonnant non plus du soleil de cette terre, mais du soleil de l’amour. En le voyant, lui, notre Dieu, notre Père, tel qu’il est, en étant serrés et bercés dans ses bras, nous serons transfigurés par la joie. Totalement et pour toujours.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 26 Mar 2019, 8:16 pm





Citation :
Évangile

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » (Lc 13, 1-9)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Convertissez-vous, dit le Seigneur,
car le royaume des Cieux est tout proche.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (Mt 4, 17)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Un jour, des gens rapportèrent à JESUS l’affaire des Galiléens
que Pilate avait fait massacrer,
mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
JESUS leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens
étaient de plus grands pécheurs
que tous les autres Galiléens,
pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes
tuées par la chute de la tour de Siloé,
pensez-vous qu’elles étaient plus coupables
que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même. »
JESUS disait encore cette parabole :
« Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne.
Il vint chercher du fruit sur ce figuier,
et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron :
‘Voilà trois ans que je viens
chercher du fruit sur ce figuier,
et je n’en trouve pas.
Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’
Mais le vigneron lui répondit :
‘Maître, laisse-le encore cette année,
le temps que je bêche autour
pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.
Sinon, tu le couperas.’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 24 mars 2019 à Saint-André-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence)


Souvenez-vous :

Samedi 16 février 2019. Quatre jeunes skieurs du club de Briançon-Serre-Chevalier se tuent dans une collision entre leur voiture et un camion : deux autres sont blessés.

Mercredi 20 février 2019. Un ouvrier de 45 ans est tué dans l’effondrement d’un tunnel entre St André-les-Alpes et Moriez.

Dimanche 10 mars 2019. Un Boeing 737 d’Ethiopian Airlines s’écrase peu après son décollage d’Addis Abeba. Les 157 personnes à bord ont péri.



Frères et sœurs, ce ne sont là que des flashs : nous pourrions tous en multiplier les exemples. Télévisions, journaux, radios et réseaux sociaux débordent de ces tristes faits d’actualité.

Mais parfois l’événement nous frôle de près. Les victimes ont un nom, un visage, elles font partie de nos relations familiales et amicales. Le fait divers devient alors une cruelle interpellation : pourquoi tout ce mal qui bouleverse nos existences ?

A l’époque de JESUS déjà, l’histoire des Galiléens massacrés par le procurateur Pilate et les 18 personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, avaient mis tout Jérusalem en émoi. A qui la faute ? Où sont les coupables ?

La foule espérait que JESUS allait donner une explication à ces malheurs. Personne ne se risque à l’interroger en direct : « Pourquoi ce mal ? Allez, dis-le-nous, n’étaient-ils pas pécheurs ? »

Frères et sœurs, sans doute reconnaissons-nous là notre propre manière d’analyser. Pour certains, c’est toujours la faute de l’autre :

– Il a eu un accident de voiture ? Pas étonnant, il roulait comme un fou.

– Une crise cardiaque l’a emporté ? Mais oui, il n’a jamais pris soin de sa santé.

D’autres convoquent Dieu lui-même à la barre des accusés :

– S’il y avait un Dieu, une telle catastrophe ne se serait pas produite !

– Ne me parlez pas de votre Dieu-Amour puisqu’il permet cela !

– Qu’ai-je fais au Bon Dieu pour avoir mérité cela ?



Pourtant une évidence s’impose à nous, à la lecture des évangiles.

Avez-vous jamais vu JESUS envoyer une souffrance ou un malheur pour punir quelqu’un ? Il est là, il compatit, panse les plaies et guérit. Il est profondément solidaire de ceux qui sont éprouvés et il combat lucidement, avec eux, contre les forces du mal.

Dieu jamais ne fait du mal à l’homme. Si Dieu pouvait punir, il faudrait soupçonner chez lui un esprit de vengeance et de représailles, bien indigne de celui qui est la source de tout Amour et de toute bonté.

Et pourtant la réplique de JESUS dans l’évangile paraît cinglante. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez vous aussi »

Dans le tragique de nos vies, qui nous renferme sur nous-mêmes, JESUS nous invite à opérer une mutation, à ne pas chercher les coupables. Il n’y a pas d’explication rationnelle au mal. Au cœur de nos souffrances, nos questions restent sans réponses. Pourquoi Seigneur viens-tu faucher le blé en herbe ? Pourquoi nos routes de résurrection empruntent-elles si souvent des chemins de croix ? Nous sommes conviés à croire à la Lumière, à la Vie, à nous ouvrir à l’espérance. L’espérance nous habite tous. Elle n’est pas le statu quo, encore moins un retour en arrière. Face aux épreuves qui nous taraudent, elle trace une perspective, « elle est un emprunt fait au bonheur ». Elle n’est pas l’ignorance du mal, elle est conquête, elle est le désespoir surmonté.



Chers amis de l’« Association Chemin d’Espoir ». Quelle belle leçon d’espérance vous nous offrez. Au-delà de votre handicap et avec vos frères bien-portants, vous nous ouvrez un lumineux chemin du « vivre ensemble », malgré ou grâce à vos différences. C’est bien de la même pâte humaine que nous avons tous été pétris. Soyez remerciés pour cette harmonieuse osmose dont vous témoignez, pour ce filet d’espérance que vous faites couler dans nos veines et qui transfigure nos propres jours de découragement. Chacun de vos mots d’amour, chacun de vos gestes de tendresse est une victoire sur la souffrance et la mort. A travers votre solidarité, vous nous montrez que Dieu n’est pas derrière les événements qui nous meurtrissent et nous font souffrir, il est avec nous, dans notre souffrance pour nous libérer.

Sans doute vous souvenez-vous de l’histoire que raconte Elie Wiesel dans son livre : « La nuit »

Le soleil se couchait sur Auschwitz. Des prisonniers s’étant évadés, en guise de représailles, trois juifs furent pendus devant tous les détenus rassemblés. Parmi eux, un enfant : Pipel. Il était un peu le petit prince de ce camp d’extermination. Les deux adultes avaient succombé, mais lui, le petit, était trop léger. Agonisant plus d’une demi-heure, il resta à lutter entre la vie et la mort. Alors un homme demanda : « Où donc est Dieu ? » Une voix lui répondit dans un souffle : « Où il est ? Le voici, il est pendu ici, à cette potence. »

Frère, Sœur, Ami,

Il est fou ce Dieu qui vient mourir de notre mort, pour nous faire tous frères en humanité.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 02 Avr 2019, 7:35 pm




Citation :
Évangile

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32)

Gloire et louange à toi, Seigneur JESUS.
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Gloire et louange à toi, Seigneur JESUS. (Lc 15, 18)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à JESUS pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors JESUS leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 31 mars 2019 à Lourdes (Hautes-Alpes)


Certains hamsters privilégiés ont la chance d’avoir une roue dans leur cage. Ils peuvent alors pratiquer une de leurs activités favorites, faire leur jogging dans leur roue. J’en connaissais un qui pouvait y passer pas mal de temps, à croire qu’il n’avait que cela à faire !!…sans vraiment avoir beaucoup avancé. Ils peuvent réaliser un effort considérable sans beaucoup de résultat. Ils peuvent parcourir de grandes distances tout en restant parfaitement au même endroit !! Il y a de quoi perdre l’espérance.

Ne fonctionnons pas parfois un peu de la même manière lorsque nous relisons notre histoire ou de repenser à des événements passés ? ”Je n’aurais pas dû faire ce choix pour mon travail “, “de toute façon on ne peut plus revenir en arrière par rapport à notre couple”, “c’est de ma faute si c’est arrivé, j’aurai dû être plus disponible”, “je n’ai pas su m’y prendre avec mes enfants” etc. Que faire de ce passé parfois cabossé, qui pourrait bien nous retenir telle une chaine au pied d’un prisonnier ? Que faire de cette culpabilité dont beaucoup souffrent aujourd’hui ?

ON peut parfois ruminer des heures, passer du temps à essayer par nous-même de trouver une solution à cette souffrance sans véritablement y parvenir…nous ressemblons alors terriblement au hamster dont les horizons se réduiront tout au plus, après de longue heures de marche, aux barreaux de sa cage !!!

Le christ connait le cœur de l’homme, il sait ce qu’il y a dedans et des combats qui sont les nôtres ! L’évangile que nous venons d’entendre est d’une grande lumière.

JESUS nous raconte cette parabole, c’est à dire cette histoire. Cet homme qui a quitté la maison de son père et dilapidé son héritage. S’éloigner de la maison de son père a entrainé pour le fils malheur et dénuement. Alors cet homme rentre en lui-même. Il relie son histoire et commence à se faire un scénario tout seul dans sa tête. Il élabore son procès minutieusement et détermine la sentence “père j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, prends-moi comme l’un de tes ouvrier”. Cet homme est dans la CULPABILITE. Il est son propre juge, il est tout seul avec lui-même. Ça peut durer longtemps cette histoire…combien de fois nous jugeons nous nous même…notre histoire devient alors un poids qui nous retient violement dans le passé et nous empêche de vivre à fond le présent et de rendre possible ‘avenir. “Le pire de juges c’est soi-même” n’a-t-on pas l’habitude de dire ? Les procès dont on est le juge et l’accusé ne se termine jamais…Blaise Pascal dans ses pesées dit : « Il n’est pas permis au plus équitable homme du monde d’être juge en sa cause. »

Enfermé dans ses pensées solitaires il pense que Dieu fonctionne comme lui. Il projette sa psychologie accusatrice sur Dieu. Il se fait une image de Dieu qui est celle que nous nous forgeons depuis la chute, un dieu qui juge ! Ce Dieu imaginaire qui n’est rien d’autre qu’une projection de sa propre culpabilité…le frère ainé qui revient des champs fonctionne ainsi, il juge son frère cadet : Il a “dévoré ses ressources avec des prostituées”. Les 2 frères nourrissent la même attente sur le père. Il va juger et sanctionner, le Dieu de leur projection…ils sont simplement surpris que ce ne soit pas le cas.

La rencontre avec le père est tout autre et ne correspond aucunement aux prévisions du fils ! Tous ces scénarios tombent à l’eau “comme il était encore loin son père l’aperçu et fut saisi de compassion”. On ne peut imaginer comment fonctionne Dieu ! Ce pauvre homme n’a qu’à accepter ce pardon donné sans condition, gratuit, disproportionné, infini. C’est un don qui libère de nos scenarios intérieurs, qui libère du passé et qui dispose à vivre pleinement le présent. La culpabilité n’a pas de place dans le message du christ. Cette culpabilité est une maladie dont JESUS vient nous libérer. Le jeune homme doit simplement renoncer se juger tout seul et accepter que Dieu ne fonctionne pas comme lui et lui donne son pardon. Je ne suis plus juge de mon passé mais je remets cela au Seigneur. La tradition chrétienne a donné un nom à cette attitude intérieure, la contrition. La culpabilité enferme, la contrition libère. La culpabilité isole, la contrition restore la relation. Alors je peux vivre pleinement dans le présent et prendre ma vie à bras le corps ! Je peux vivre.

Mon espérance se nourrit de cette libération que Dieu offre. Je la lis aussi dans cette prière retrouvée sur le corps d’une religieuse martyr : “Le moment présent est une frêle passerelle. Si tu le charges des regrets d’hier, de l’inquiétude de demain, la passerelle cède et tu perds pied. Le passé ? Dieu le pardonne. L’avenir ? Dieu le donne. Vis le jour d’aujourd’hui en communion avec Lui.”




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedJeu 11 Avr 2019, 6:47 pm




Citation :
Évangile

« Celui d’entre-vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre » (Jn 8, 1-11)

Gloire à toi, Seigneur.
Gloire à toi.
Maintenant, dit le Seigneur,
revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur.
Gloire à toi. (cf. Jl 2, 12b.13c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
et disent à JESUS :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais JESUS s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
JESUS resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et JESUS lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 7 avril 2019 à Schaerbeek


Où est-il ? Un flagrant délit d’adultère n’implique-t-il pas normalement un homme et une femme ? Alors, pourquoi les deux ne sont-ils pas trainés dans le Temple ? Où est-il donc, dans le récit que nous venons d’entendre, celui qui selon la loi de Moïse est tout autant coupable que la femme ? S’il a été pris en flagrant délit, où se cache-t-il ? Avouons que, parmi les personnages de cette scène d’évangile, il y a un grand absent… Et s’il était finalement bien présent dans le récit ? Et s’il se cachait parmi la foule des accusateurs ?

Mettre en avant l’adultère de cette femme pour mettre en procès la fidélité de Dieu, n’est-ce pas le comble de l’infidélité ? Les pharisiens ne sont-ils pas tous infidèles, lorsqu’ils déforment et instrumentalisent les règles qu’ils sont tenus de suivre, auxquelles ils sont liés ? A utiliser la Loi pour servir leurs intérêts, à manier ces tables en pierre afin de condamner, leurs principes ne se transforment-ils pas en pierres pour leur propre lapidation ? Les pharisiens sont ainsi confrontés à leur incohérence…

Ne sommes-nous pas comme ces pharisiens ? Pointer du doigt, c’est souvent s’accuser soi-même en retour, de manière inconsciente. Et la sagesse nous rappelle d’ailleurs que lorsque nous pointons un index accusateur vers quelqu’un, nous ne voyons pas trois autres doigts dirigés vers nous… Ne sommes-nous pas infidèles chaque fois que nous sommes plus exigeants envers les autres qu’envers nous-mêmes, lorsque nous enfermons les autres dans des catégories ? Les défauts qui nous dérangent le plus chez les autres ne font ils pas écho à nos propres failles, à nos histoires ? Ils nous rappellent que nous sommes poussière et que nous avons tous nos contradictions.

Face à cette spirale de violence et de comparaison, JESUS nous montre la seule attitude crédible. Il commence par se taire. Il n’est pas dans l’argumentation, il ne cherche pas à prendre l’ascendant. Il n’utilise pas l’argument d’autorité, le plus faible qui soit. Il nous montre que la seule attitude qui fait autorité, la seule posture fiable est celle de l’abaissement, c’est-à-dire la bienveillance de celui qui se met à hauteur d’une personne qui souffre. Il s’agenouille pour ne pas être dans la confrontation, mais bien dans la compassion. JESUS ne pointe pas les accusés du doigt. Il ne rentre pas dans leur jeu. Mais, comme pour recréer l’humain, il écrit du doigt sur la poussière du sol. Face au temple, JESUS façonne, recrée l’humain… et le péché de la femme s’efface au moment où celui des accusateurs apparaît à leur conscience.

JESUS écrit sur le sol et, comme une prise de terre, évacue la décharge de violence. N’est-ce pas sa miséricorde qu’il vient écrire au cœur de l’humain ? Il s’y reprend d’ailleurs à deux reprises, comme pour faire écho à la Loi donnée en deux temps à Moïse. Vraiment, JESUS vient inscrire en nous cette parole inouïe de l’évangile, cette loi nouvelle de la miséricorde, tellement déroutante. Elle nous invite à passer au filtre de la douceur, nos exigences et nos intransigeances. Elle nous convie, pour être davantage en cohérence avec nous-mêmes, à écrire notre vie avec un cœur capable de s’émouvoir, et non avec un cœur de pierre et de principes.

Dans le temple de notre conscience, dans l’intime de notre cœur, Dieu dépose patiemment ses paroles d’éternité. Lorsque nous désespérons de l’humain, il nous offre sans cesse, au plus intime de nous, des raisons d’espérer, de nous relever.

Alors, dans la simplicité des signes que Dieu trace dans notre cœur, ce lieu où nous sommes seul avec lui, nos principes pourront perdre de leur rudesse pour s’exprimer dans la tendresse. Nous pourrons faire nôtre cette attitude de JESUS qui n’enferme personne dans une histoire. Il nous invite à voir dans chaque échec ou impasse, un lieu possible de renaissance… Isaïe nous le rappelle dans la première lecture. « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois, dit le Seigneur. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » Les pharisiens sont arrivés en groupe, ils sont repartis un par un. La femme est arrivée dans un groupe, derrière l’étiquette de « ces femmes-là », elle repart seule, relevée, recrée.

Aujourd’hui, Dieu inscrit en nous une loi nouvelle, qui germe déjà : cette capacité à toujours ouvrir un avenir, lorsque tout semble fermé. Cette loi met toujours l’humain face à ce qu’il peut devenir, et ne l’enferme jamais dans ce qu’il a été. Dans notre chemin de résurrection, laissons Dieu écrire en nous une telle promesse. Laissons-le apaiser notre cœur, le rendre pur. Alors, nous pourrons répondre pleinement à l’invitation qu’il nous adresse au plus intime de nous : « Va. », « Ne trompe plus », « Ne te trompe plus de chemin ».




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedJeu 18 Avr 2019, 6:28 pm





Citation :
Évangile

Passion de notre Seigneur JESUS Christ (Lc 23, 1-49)

La Passion de notre Seigneur JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
L. L’assemblée tout entière se leva,
et on l’emmena chez Pilate.
    On se mit alors à l’accuser :
F. « Nous avons trouvé cet homme
en train de semer le trouble dans notre nation :
il empêche de payer l’impôt à l’empereur,
et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »
   L. Pilate l’interrogea :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. JESUS répondit :
X « C’est toi-même qui le dis. »
   L. Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules :
A. « Je ne trouve chez cet homme
aucun motif de condamnation. »
   L. Mais ils insistaient avec force :
F. « Il soulève le peuple
en enseignant dans toute la Judée ;
après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »
   L. À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.
    Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode,
il le renvoya devant ce dernier,
qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.

   À la vue de JESUS,
Hérode éprouva une joie extrême :
en effet, depuis longtemps il désirait le voir
à cause de ce qu’il entendait dire de lui,
et il espérait lui voir faire un miracle.
    Il lui posa bon nombre de questions,
mais JESUS ne lui répondit rien.
    Les grands prêtres et les scribes étaient là,
et ils l’accusaient avec véhémence.
    Hérode, ainsi que ses soldats,
le traita avec mépris et se moqua de lui :
il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante
et le renvoya à Pilate.
    Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis,
alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.

   Alors Pilate convoqua
les grands prêtres, les chefs et le peuple.
    Il leur dit :
A. « Vous m’avez amené cet homme
en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple.
Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous
et, parmi les faits dont vous l’accusez,
je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.
    D’ailleurs, Hérode non plus,
puisqu’il nous l’a renvoyé.
En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.
    Je vais donc le relâcher
après lui avoir fait donner une correction. »
   L. Ils se mirent à crier tous ensemble :
F. « Mort à cet homme !
Relâche-nous Barabbas. »
   L. Ce Barabbas avait été jeté en prison
pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.
    Pilate, dans son désir de relâcher JESUS,
leur adressa de nouveau la parole.
    Mais ils vociféraient :
F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
   L. Pour la troisième fois, il leur dit :
A. « Quel mal a donc fait cet homme ?
Je n’ai trouvé en lui
aucun motif de condamnation à mort.
Je vais donc le relâcher
après lui avoir fait donner une correction. »
   L. Mais ils insistaient à grands cris,
réclamant qu’il soit crucifié ;
et leurs cris s’amplifiaient.
    Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.
    Il relâcha celui qu’ils réclamaient,
le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre,
et il livra JESUS à leur bon plaisir.

   L. Comme ils l’emmenaient,
ils prirent un certain Simon de Cyrène,
qui revenait des champs,
et ils le chargèrent de la croix
pour qu’il la porte derrière JESUS.
    Le peuple, en grande foule, le suivait,
ainsi que des femmes
qui se frappaient la poitrine
et se lamentaient sur JESUS.
    Il se retourna et leur dit :
X « Filles de Jérusalem,
ne pleurez pas sur moi !
Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !
    Voici venir des jours où l’on dira :
‘Heureuses les femmes stériles,
celles qui n’ont pas enfanté,
celles qui n’ont pas allaité !’
   Alors on dira aux montagnes :
‘Tombez sur nous’,
et aux collines :
‘Cachez-nous.’
   Car si l’on traite ainsi l’arbre vert,
que deviendra l’arbre sec ? »
   L. Ils emmenaient aussi avec JESUS
deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.

   Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire),
là ils crucifièrent JESUS,
avec les deux malfaiteurs,
l’un à droite et l’autre à gauche.
    JESUS disait :
X « Père, pardonne-leur :
ils ne savent pas ce qu’ils font. »
L. Puis, ils partagèrent ses vêtements
et les tirèrent au sort.

   Le peuple restait là à observer.
Les chefs tournaient JESUS en dérision et disaient :
F. « Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
   L. Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
    en disant :
F. « Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »    
L. Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »

   L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :
A. « N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
   L. Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
A. « Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
    Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
   L. Et il disait :
A. « JESUS, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
   L. JESUS lui déclara :
X « Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

   L. C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ;
l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,
    car le soleil s’était caché.
Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.
    Alors, JESUS poussa un grand cri :
X « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »
L. Et après avoir dit cela, il expira.

          (Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

 À la vue de ce qui s’était passé,
le centurion rendit gloire à Dieu :
A. « Celui-ci était réellement un homme juste. »
   L. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle,
observant ce qui se passait,
s’en retournaient en se frappant la poitrine.
    Tous ses amis,
ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée,
se tenaient plus loin pour regarder.

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 14 avril 2019 à Rennes


Réf des textes : Isaïe 50, 4-7 – Ph 2, 6-11– Lc 22, 14 à 23, 56

« Avançons vers le feu de Pâque »

JESUS a vu s’enthousiasmer les foules dans son entrée à Jérusalem, mais où sont-elles au Golgotha ?

JESUS a fédéré ses disciples comme une première communauté, mais où sont-ils passés au pied de la croix ?

Ils ne sont plus qu’une poignée au pied du crucifié, dont Marie sa mère et Jean le disciple, le Bien-aimé.

A cet instant-même, nous sommes nous-aussi aux pieds de la croix, nous souvenant de cette parole du Père le jour de notre Baptême « tu es mon enfant bien aimé ; en toi je mets tout mon amour. »

Oui, à la suite de Jean, nous sommes les disciples bien-aimés confiés à Marie que nous aimons à prendre chez nous, elle qui porte dans le secret de son cœur toutes nos histoires faites de tant de passions : passions douloureuses et passions heureuses ;

Ces passions dévorantes qui font parfois de nos vies des Golgotha ;

Ces passions qui fédèrent des peuples comme une ville qui serait en finale de la coupe de France (Rennes/PSG, le 27 avril je dis cela par hasard) faisant de tous, des amoureux du ballon rond ;

Ces passions qui désespèrent quand on se donne tout entier dans la musique et que nos mains se tordent par la maladie, quand on se donne tout entier dans un sport et que notre corps  s’installe dans un fauteuil roulant.

JESUS a pris en charge nos passions et nos désespérances, il les a portées dans son humanité qui le fait crier avec chacun de Nous : « père pourquoi m’as-tu abandonné ». Et, dans ces derniers mots « tout est accompli » prononcés en un dernier soupir, il s’abandonne totalement et définitivement à la mission confiée par son Père.

JESUS, passionné d’amour pour nous, accepte cette mort infâme pour nous emmener sur le chemin de la Résurrection. Oui, chers frères et sœurs, faisant ainsi, JESUS nous ouvre un chemin de vie, un chemin d’espérance : « le but de la vie humaine n’est pas la mort mais la résurrection » !

Dans cette semaine sainte qui commence nous allons aussi cheminer avec ce qui fait nos vies.

Offrons nos croix et nos souffrances, celles du monde, celles de notre Eglise si défigurée en ces temps troublés.

Déposons-les dans le cœur de Dieu pour accueillir son amour de consolation et de paix. Avançons dans notre pèlerinage vers le feu qui sera réanimé lors de la veillée pascale.

Un feu comme celui de Moise, qui ne détruit pas mais qui réchauffe et réconforte ;

Ce feu, signe de nos vies qui veulent renaitre des ténèbres vers la lumière du Christ ressuscité.

Quelle chance mes amis de connaître ce chemin de la foi. Alors oui, vivons à fond cette semaine sainte, là où nous sommes, remplissons les chapelles, les églises, regardons le Jour du Seigneur en replay.

Célébrons tous ensemble notre Dieu qui nous attend ;

Ne le laissons pas seul au Golgotha ;

Ne laissons pas notre monde sans lui annoncer la bonne nouvelle qu’est la promesse du tombeau vide, de la venue du matin de Pâque, du retour du Ressuscité ;

La promesse de l’amour que Dieu nous porte et qui bannit toute désespérance et inquiétude en l’avenir

Oui, les foules attendent d’être enthousiasmées, fédérées, comblées d’espérance dans leur vie d’aujourd’hui et avec elles nous voulons chanter hosanna sur tous les continents réels et virtuels.

JESUS j’ai Confiance en Toi


Prière :

Alors, ce matin, adressons au Seigneur notre prière :

Seigneur, toi qui connais nos passions et nos croix,

toi qui as donné ta vie pour nous,

viens nous visiter,

nous encourager, nous fortifier, nous soulager,

nous donner ou redonner la foi en la vie,

viens nous visiter et nous donner l’espérance.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMer 24 Avr 2019, 6:56 pm






Citation :
Évangile

« Il fallait que JESUS ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 1-9)


Alléluia. Alléluia.
Notre Pâque immolée, c’est le Christ !
Célébrons la Fête dans le Seigneur !
Alléluia. (cf. 1 Co 5, 7b-8a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
    Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple,
celui que JESUS aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
   Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
    Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
    En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
    Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
    ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de JESUS,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
    C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
    Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que JESUS ressuscite d’entre les morts.

   – Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe de Pâques du 21 avril 2019 à Paris (1er)


« On enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » : c’est le témoignage essoufflé de Marie-Madeleine aux deux apôtres Pierre et Jean. Où est le corps du Seigneur ?

C’est la question qui s’est posée lundi soir au plus fort de l’incendie de Notre-Dame de Paris : « Où est le corps du Seigneur » ? Il fallait sauver la cathédrale, le trésor, constitué des pièces d’orfèvrerie accumulées au cours des siècles. Il fallait aussi sauver, pour les croyants, cette relique infiniment précieuse : la couronne d’épines de JESUS ramenée par le roi Saint-Louis.

Mais une question angoissante a surgi dans mon cœur : « Où est le corps du Seigneur » ? A-t-on pu sortir le Saint Sacrement ? Le Corps de JESUS qui était dans le tabernacle ?

C’est pour ce Corps, voilé sous l’apparence d’une miette de pain qu’a été construite cette cathédrale. Qu’est-ce qui est le plus précieux ? La cathédrale, le trésor ou la miette de pain ?

La miette de pain, c’est le Corps de Dieu, le Corps du Christ, son Corps ressuscité, insaisissable sauf s’il se donne. Et il se donne : « Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Et puis ce que nous avons fêté le Jeudi Saint : « Prenez, mangez, ceci est mon Corps ». Cette miette de pain, c’est la Vie de Dieu qui se communique. Cette miette de pain donne à ceux qui la reçoivent la vie éternelle, elle nous ouvre les portes du Ciel, elle nous fait participer à la résurrection du Christ, cette résurrection que nous fêtons aujourd’hui et qui appellera notre propre résurrection dans la chair au retour du Seigneur que nous attendons à l’achèvement du temps.

Nous voulons sauver la cathédrale. Cet écrin splendide a été voulu pour être la manifestation magnifique du génie humain qui rend hommage à l’amour d’un Dieu qui se donne par amour et qui, pour se donner, s’est fait l’un d’entre nous.

Rendons hommage à la foi des bâtisseurs qui ont su unir le génie humain et la grâce divine.

Aujourd’hui nous rendons hommage à nos chers pompiers qui, eux aussi, ont montré leur savoir-faire, leur courage, et nous les remercions d’avoir pu préserver l’essentiel, quelquefois au risque de leur vie. Quand la prière du peuple de Dieu tout entier s’est jointe à votre courage et à votre professionnalisme tout était encore possible. Et cela fut possible. Merci vraiment au nom de tous.

Mais je voudrais aussi remercier l’aumônier des pompiers, le père Fournier qui est allé chercher le Corps du Christ, le Saint Sacrement, cette miette de pain qui donne tout son sens à la vie de cet édifice splendide. Lui aussi a pris des risques pour sauver une miette de pain parce qu’elle était le Corps ressuscité de notre Seigneur que nous fêtons aujourd’hui, comme nous le fêtons chaque dimanche, qui est devenu le jour central de notre semaine parce que c’est le jour de sa résurrection.

Les apôtres se sont précipités au tombeau du Christ, ils n’ont pas trouvé son corps, ils ont cru. Nous avons trouvé le corps ressuscité du Seigneur. Nous aussi, nous croyons.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedDim 28 Avr 2019, 12:59 am

Homélie de la messe du 28 avril 2019 à Lambersart (59)

Croire, aimer, pardonner
Tout est étonnant dans l’évangile de ce jour… et pourtant personne ne semble surpris !
Serions-nous d’ailleurs de ceux qui tout en se protégeant dans un lieu clos, verrouillé, voient JESUS leur apparaître ? Quel effet aurait sur nous cet événement aujourd’hui ?
Comme nous le dit saint Jean, si la crainte dominait dans le cœur des apôtres, si la peur les conduisait à s’enfermer, JESUS a dépassé toutes les barrières, cassé tous les obstacles pour s’approcher de ceux qui l’avaient accompagné puis abandonné. Il ne les avait pas revus ensemble depuis le soir de la Cène. Les apôtres s’étaient dispersés, évaporés. Ils étaient aux abonnés absents.
Comment JESUS n’en aurait-il pas souffert dans son cœur ?
Mais le Christ Ressuscité est profondément généreux, bon, pas rancunier… Il rayonne ! Il se donne à voir et il partage ce qu’il a de plus précieux : « La paix soit avec vous ». Quelle sérénité !
En montrant ses mains et son côté marqués encore des outrages de la passion, il suscite la joie de ses disciples. Revoyant JESUS ressuscité, ils ont perdu la peur pour gagner la joie. Paix et joie brillent ainsi sur leurs visages. Elles les illuminent.
Cette clarté du jour du Pâques ne doit pas briller que dans le lieu restreint de leur rassemblement. Non !
JESUS a fait fi des portes closes pour rejoindre ses apôtres… et il les enjoint de partir en mission, « comme le Père m’a envoyé à mon tour je vous envoie ». Le Christ est généreux en offrant sa paix et en oubliant les reniements, il est généreux en partageant la mission et en donnant l’Esprit Saint. Le lieu de l’enfermement se transforme en porte ouverte sur le monde pour aller vers tous, pour pardonner les péchés…
Vous ne trouvez pas étonnant que JESUS confie le pouvoir de remettre les péchés à ceux-là même qui l’ont renié, abandonné… JESUS n’a peur de rien ! Ou plutôt il sait que ses apôtres ne sont plus les mêmes… Ils l’ont vu ressuscité et cela a transformé leur regard, leur âme et décuplé leur zèle… Plus rien ne va les arrêter. Sauf pour un.. Thomas, absent ce soir là et qui reste incrédule..
D’ailleurs avez-vous noté qui manque dans notre assemblée ici, aujourd’hui et qui pourrait partager cette si bonne nouvelle ? Tournons le regard et demandons-nous… A qui dois-je dire le CHRIST est ressuscité ? Il me comble de sa joie, de sa paix et de son Esprit Saint…
Thomas et nous parfois, nous nous montrons exigeant… Nous voulons VOIR et TOUCHER de près… parce que nous avons du mal à croire..
En commentant cet évangile, saint Augustin dit justement : « Thomas touche un homme et reconnaît un Dieu. Il touche un corps, la chair et son regard atteint jusqu’au Verbe, car le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » comme nous l’entendons dans le prologue, les premiers versets de l’évangile de Saint Jean.
Soyons donc comme Thomas non dans son incrédulité mais dans sa foi qui reconnaît enfin en JESUS : « mon Seigneur et mon Dieu ». Ce possessif MON exprime un lien très fort.
Pour le Pape François : « Dieu ne s’offense pas d’être “nôtre”, car l’amour demande de la familiarité, la miséricorde demande de la confiance ».
Alors pour nous, le défi est triple : Croire, aimer, pardonner.
Ma foi au Christ me permet-elle de proclamer qu’il est vraiment ressuscité ?
Mon amour du Christ me pousse-t-il à vouloir faire sa volonté ?
Ma fidélité au Christ m’encourage-t-elle à toujours plus pardonner ?
Le pape nous dit simplement : « Pour faire l’expérience de l’amour, il faut se laisser pardonner ».
Le pardon et la miséricorde sont bien plus douces que toutes les saveurs dont nous avons profitées durant ce temps de Pâques. Faisons en sorte de nous délecter d’amour et de pardon.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 07 Mai 2019, 9:17 pm






Citation :
Évangile

« JESUS s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson » (Jn 21, 1-14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean


En ce temps-là,
    JESUS se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
    Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,
avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
Nathanaël, de Cana de Galilée,
les fils de Zébédée,
et deux autres de ses disciples.
    Simon-Pierre leur dit :
« Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondent :
« Nous aussi, nous allons avec toi. »
Ils partirent et montèrent dans la barque ;
or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

   Au lever du jour, JESUS se tenait sur le rivage,
mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
    JESUS leur dit :
« Les enfants,
auriez-vous quelque chose à manger ? »
Ils lui répondirent :
« Non. »
   Il leur dit :
« Jetez le filet à droite de la barque,
et vous trouverez. »
Ils jetèrent donc le filet,
et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer,
tellement il y avait de poissons.
    Alors, le disciple que JESUS aimait
dit à Pierre :
« C’est le Seigneur ! »
Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur,
il passa un vêtement,
car il n’avait rien sur lui,
et il se jeta à l’eau.
    Les autres disciples arrivèrent en barque,
traînant le filet plein de poissons ;
la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

   Une fois descendus à terre,
ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise
avec du poisson posé dessus,
et du pain.
    JESUS leur dit :
« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
   Simon-Pierre remonta
et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons :
il y en avait cent cinquante-trois.
Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
    JESUS leur dit alors :
« Venez manger. »
Aucun des disciples n’osait lui demander :
« Qui es-tu ? »
Ils savaient que c’était le Seigneur.
    JESUS s’approche ;
il prend le pain
et le leur donne ;
et de même pour le poisson.
    C’était la troisième fois
que JESUS ressuscité d’entre les morts
se manifestait à ses disciples.

   – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 5 mai 2019 à Houdeng-Aimeries (Belgique)


Frères et soeurs,

Question : qu’apporte à nos vies la résurrection du Christ ? En quoi a-t-elle changé notre rapport à la vie et comment ?

Tout d’abord, notons ce point de grande importance : la scène où se manifeste le Ressuscité est ordinaire, presque banale : elle se passe sur le lieu de l’activité professionnelle de ces pêcheurs qui, après la mort de JESUS de Nazareth ont repris leurs filets, comme avant. Cette scène a la saveur de la vie quotidienne, du labeur que l’on reprend jour après jour, du repas que l’on prépare et que l’on partage pour reprendre des forces. Rien de sensationnel, de « miraculeux » : si la Résurrection signifie quelque chose, ce sera pour dévoiler quelque chose d’inouï dans l’ordinaire de nos vies.

Ensuite, nous comprenons, à l’écoute de ce récit, que le Ressuscité ne se montre jamais comme tel ; je veux dire par là qu’il ne se montre pas nimbé de puissance divine, dans sa gloire, mais dans la condition humaine de JESUS de Nazareth. Autrement dit, et là encore, c’est essentiel : seule une vie humaine peut manifester la Vie du Ressuscité. Nous avons entendu : « Comme c’était déjà le matin, JESUS se tint sur le rivage ; pourtant, les disciples ne savaient pas que c’était JESUS ». C’est curieux : avaient-ils du mal à identifier JESUS comme JESUS ? Ou plutôt peinaient-ils à reconnaître en JESUS le Ressuscité ? Nous croyons, bien à tort, que les disciples ont eu un avantage qui nous est impossible : celui de pouvoir voir le Ressuscité, donc celui d’être dispensé de croire…

Comment en vient-on à reconnaître dans cette figure d’homme, ordinaire, préparant un pique-nique sur le bord du lac, le visage du Ressuscité ?

Un disciple, avant tous les autres, a reconnu en JESUS le Ressuscité, il s’agit de celui que JESUS aimait, celui qui se sait fort de l’amour que lui porte JESUS. Autrement dit, impossible de reconnaître le Ressuscité sans savoir que l’on est aimé. La reconnaissance de l’amour qui nous est donné gratuitement est la condition pour reconnaître le Ressuscité. D’ailleurs, quand l’amour est reconnu, la pêche est abondante. La Vie est généreuse quand on s’étonne d’être aimé.

Cela vaut alors la peine de se jeter à l’eau, ce que fait Simon-Pierre, toujours un peu impulsif mais ne l’est-on pas quand on est attiré par un amour qui est impatient de s’offrir ?
Que peut-on donner à celui qui nous offre son amour gratuit et désintéressé ? Ne répondons-pas trop vite : l’amour car notre réponse ressemblerait à celle de Pierre : « Oui, Seigneur, toi, tu sais que je t’aime ». Les déclarations d’amour sont toujours un peu pressées et pressantes : on a l’impression qu’elles servent avant tout à rassurer. Non, à l’amour offert, la réponse consiste à donner ce que l’on peut : la confiance. D’abord la foi, viendra ensuite l’amour. Or, le plus souvent nous commençons par donner ce que nous croyons avoir : l’amour ; alors que l’amour qui nous est offert n’exige rien de nous, pas même l’amour en retour mais juste ce que nous pouvons donner : un peu de confiance. Dans une relation, nous voulons mettre beaucoup d’amour mais c’est bien souvent pour en épuiser les réserves. Alors que l’amour ne demande rien : il s’offre à la confiance. Il dit : fais-moi confiance, cela suffit pour commencer.

Au fur et à mesure que la confiance grandit, l’amour peut demander : me chéris-tu ? Non seulement la réponse de Pierre est fanfaronne mais, en plus, elle ne répond pas à la demande d’amour par une réponse d’amour. Il dit : « Seigneur, toi, tu sais… » et non : « Seigneur, je t’aime ». Pierre dit aimer mais sait-il ce que signifie aimer ? Il pense que l’amour est une activité, un potentiel que l’on active ou non alors que la vérité de l’amour est dans la passivité. L’amour vrai est accueil d’un amour offert, il n’a rien d’autre à faire.

Alors aimer consiste à y laisser sa vie. A ne pas la garder pour soi. Aimer, c’est se déprendre de soi grâce à l’amour qui est offert par l’autre et qui ne demande rien d’autre que l’abandon de la préoccupation de soi.

Nous nous demandions quel peut être le sens de la Résurrection ? Il nous faut maintenant répondre : La Résurrection est la révélation de ce que nous ignorerions sans elle : la vérité de l’amour. Seul un amour qui y a laissé sa vie peut nous révéler la vérité de l’amour. Sans cette révélation, nous continuerions à penser que l’amour est une capacité que l’on possède et que l’on active quand on veut, si cela nous plaît, si l’autre nous plaît ou nous intéresse. Du coup, en prétendant aimer l’autre, on ne fait que s’aimer soi-même… Et on voudrait que l’autre m’aime de me voir m’aimer moi-même… Triste amour qui n’en a que le nom mais non la réalité.

Mais la Résurrection, me direz-vous ? Elle dit qu’un amour véritable est possible quand il accepte de passer par l’abandon de toute prétention à pouvoir aimer. L’amour vrai donne ce qu’il n’a pas : juste un peu de confiance qui lui vient de l’autre.

C’est la raison pour laquelle le sens de la Résurrection n’apparaît que pour celui qui croit. En dehors de la foi, la Résurrection reste un mystère obscur qui n’engage pas vraiment un rapport nouveau à la vie.

En revanche, celui qui croit se jette à l’eau et ce qu’il reçoit de la vie dépasse ce qu’il pouvait en attendre !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 14 Mai 2019, 5:58 pm




Citation :
Évangile

« À mes brebis, je donne la vie éternelle » (Jn 10, 27-30)


Alléluia. Alléluia.
Je suis, le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS déclara :
« Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle :
jamais elles ne périront,
et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données,
est plus grand que tout,
et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi,
nous sommes UN. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 12 mai 2019 à Berlin (Allemagne)


Chers frères et sœurs,

L’image que JESUS utilise dans l’évangile d’aujourd’hui – celle des brebis qui reconnaissent la voix du maître comme le berger connaît son troupeau – cette image exprime une familiarité, voire une intimité, propre aux disciples du Christ. Cette amitié avec le Christ est animée par la prière et par la pratique de la charité dans notre vie quotidienne.

La familiarité avec le Christ renouvelle la personne. Nous sommes façonnés par cette intimité qui se ne transmet pas seulement dans des « valeurs » ou des « convictions » ! Non ! Nous sommes « nouvelle créature » et nous croyons que, par le baptême, notre âme, tout notre être, est régénérée ! Régénérée pour l’éternité.

Nous sommes ici à Berlin qui, depuis 19 ans, est à nouveau la capitale de l’Allemagne réunifiée. Pendant plus de 40 ans, ce pays a été coupé en deux et, d’un jour à l’autre, les familles n’ont plus eu le droit de se voir ! Berlin était le symbole de cette cruauté, en particulier depuis la construction en 1961, pas loin d’ici, de ce qui était appelé le « mur de protection antifasciste » !

En 2019 nous faisons mémoire de la chute du mur il y a trente ans. Pour nous, les Allemands, c’est un vrai miracle ! Cette révolution a commencé dans les églises et elle est restée pacifique ! Nous rendons toujours grâce à Dieu qu’il nous ait libérés de ce malheur qu’est la division entre frères !

Depuis cette date, nous sommes en train de reconstruire notre unité qui avait été déchirée après la Seconde Guerre Mondiale. Cette reconstruction n’est pas facile parce que l’idéologie nazie avait ouvert des abîmes à l’humanité, en créant une pseudo-religion inhumaine à laquelle, hélas, beaucoup de gens ont succombé !

Les élections européennes vont bientôt avoir lieu. Et nous aussi, en tant que chrétiens, nous sommes interpellés à faire un choix ! Comment l’Evangile peut nous inspirer ? Comment rester fidèles à la volonté du Seigneur qui prends soin de notre humanité, la console, la réconforte, la rassure, la fortifie et lui donne la vie ? Comme l’a fait Jean Vanier, fondateur de l’Arche, communauté présente aussi en Allemagne, décédé il y a quelques jours ! Comment vivre cette nouvelle vie qu’il nous a donnée par sa mort et sa résurrection ?

Je suis profondément convaincu que notre commune histoire, marquée par trop de sang, peut quand-même nous encourager et donner de l’espoir ! La réconciliation des ennemis héréditaires qu’étaient la France et l’Allemagne n’est-elle pas la preuve que le pardon est possible ? Que l’Esprit a agi dans les cœurs de nos ancêtres ? Que cette âme chrétienne n’a pu être détruite par aucun régime totalitaire ?

Cela signifie qu’aujourd’hui encore nous sommes invités à n’exclure personne ! A pratiquer l’hospitalité auprès des plus fragiles ! A construire des nouveaux ponts de communion. Notre culture en Europe a été profondément marquée par la foi chrétienne. Continuons, donc, de lui donner chair par nos actes !

Moi-même, j’ai une histoire européenne. Je suis né en Allemagne. Mes parents sont des immigrés italiens. J’ai vécu à Paris et à Rome, et maintenant je suis à Berlin, une ville jeune et pétillante, ou les chrétiens sont devenus une minorité.

Le Pape François, dans son discours au parlement européen en 2014, a évoqué l’idée ancienne selon laquelle les chrétiens représentaient « dans le monde ce qu’est l’âme dans le corps ». À l’époque il avait invité les députés « à travailler pour que l’Europe redécouvre sa bonne âme », parce que selon le Pape « la résignation et la fatigue ne font pas partie de l’âme de l’Europe. »

Voilà notre vocation ! Plus que jamais nous, les chrétiens, nous sommes appelés à être l’âme de l’Europe et nous pouvons l’être grâce à l’intimité du Christ avec nous ! JESUS dit : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. » Chers frères et sœurs, personne ne nous pourra arracher de la main du Père ! Cette bonne nouvelle pascale nous donne la joie de suivre notre vocation qui est de vivre dans l’intimité du Christ, de témoigner cette foi vivante, d’être vraiment la bonne âme d’Europe !

C’est notre expérience ici à Berlin, après les horreurs de la dernière guerre et des totalitarismes ! En communion avec nos frères et nos sœurs en France et partout en Europe nous prions aujourd’hui afin que le Christ nous donne le courage de manifester l’amour de Dieu et la force de la réconciliation, cœur de l’Evangile !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 21 Mai 2019, 6:32 pm




Citation :
Évangile

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres » (Jn 13, 31-33a.34-35)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Au cours du dernier repas que JESUS prenait avec ses disciples,
quand Judas fut sorti du cénacle, JESUS déclara :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié,
et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui,
Dieu aussi le glorifiera ;
et il le glorifiera bientôt.

Petits enfants,
c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous.
Je vous donne un commandement nouveau :
c’est de vous aimer les uns les autres.
Comme je vous ai aimés,
vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples :
si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 19 mai à Bazougers


Lundi – ce lundi, il y a six jours – je me suis fâché au téléphone. Contre une dame qui pensait du mal du Jour du Seigneur. Je me suis vraiment fâché : j’ai été sec et désagréable comme, hélas, je puis l’être. Il faut dire que j’avais d’autres soucis, que les lundis matin sont parfois compliqués, que… Bref, je me suis fâché.
J’ai eu tort.
Et là-dessus j’ai lu l’Évangile d’aujourd’hui pour préparer ma prédication d’aujourd’hui. « Aimez-vous les uns les autres. »
J’ai rougi.
Nous sommes tous convaincus que nous devons nous aimer les uns les autres. Des conseils et commandements de JESUS, c’est le plus fort, le plus profond, le plus évident. Et nous tous convaincus qu’en effet, on reconnaîtra que nous sommes disciples du Christ à ceci : que nous nous aimons les uns les autres. C’est la première règle de la vie en communauté, qu’il s’agisse de vous, frères et sœurs de La Cotellerie, de nous, les Dominicains ; c’est la première règle de la vie en famille, de la vie amicale, enfin, c’est la première règle du chrétien.

Nous en sommes convaincus et pourtant, si convaincus que nous soyons, comme ce commandement est difficile !

Il est souvent question du combat de la foi, du combat spirituel, même du combat de la prière. Il est plus rarement question du combat de l’amour. Mais l’amour, en vérité, de va pas de soi. Tous, nous connaissons ces obstacles qui surgissent chaque jour : la jalousie dans une fratrie, le malentendu ou la bouderie dans un couple, l’agacement, la frustration dans une communauté. Nous voudrions bien aimer, mais chaque jour nous manquons à l’amour.

C’est qu’en vérité, si une relation d’amour commence souvent de façon spontanée — je tombe amoureux, une amitié se noue, une communauté m’attire —, si une relation d’amour commence de façon spontanée, elle dure par notre volonté. Nous décidons de prendre patience, d’écouter, de faire taire notre égoïsme, de marcher d’un pas différent du nôtre ; nous décidons de rendre service sans attendre de remerciement ; nous décidons de chercher dans l’autre ce qu’il a de bon quand ce qu’il a de mauvais nous sature le regard. Et ce n’est pas facile. Toujours nous devons recommencer cet effort.

Aimer demande du courage. Le courage, c’est précisément la force du cœur. « Courage », le mot « courage », vient de « cœur ». Quand JESUS nous demande de nous aimer les uns les autres, il nous demande d’avoir le cœur fort, actif, patient, délicat, humble, persévérant ; il nous demande d’avoir la volonté d’aimer.

La lecture de l’Évangile d’aujourd’hui, ce lundi matin, après ce coup de téléphone, a été pour moi, petit saint Pierre de mai 2019, comme le chant du coq. J’avais peut-être raison au fond, mais qu’avais-je fait de mes bonnes dispositions ? Une fois de plus, j’avais manqué à l’amour, j’avais manqué du courage de l’amour.

La prière du chrétien, si elle devait se résumer à une phrase, se résumerait peut-être à cette phrase : Seigneur, donne-moi le courage de croire ; donne-moi le courage d’espérer ; et surtout, donne-moi le courage d’aimer.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 28 Mai 2019, 8:00 pm




Citation :
Évangile

« L’Esprit Saint vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14, 23-29)


Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit :
Je m’en vais,
et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 26 mai 2019 à Rueil Malmaison


« Ses tous derniers mots qu’elle m’a chuchotés à l’oreille, jamais je ne les oublierai », me confiait un jeune garçon, éprouvé par le décès de sa grand-mère qu’il chérissait tant. Oui, continuer d’aimer l’être cher lorsqu’il a quitté l’horizon de son regard, c’est conserver ses paroles en son cœur.
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole », dit JESUS, qui nous promet alors de demeurer en nous. Et cette parole est une mise en mouvement. Rester fidèle ne signifie pas se tenir immobile.
JESUS nous rappelle qu’il est un envoyé. Et l’Esprit, qui va venir, est comme Lui, envoyé : « L’Esprit saint que le Père enverra en mon nom … » L’envoyé est celui qui est poussé en avant…

Nous voici, à notre tour, envoyés pour, grâce à l’Esprit, nous souvenir de tout ce que JESUS nous a dit, envoyés pour bâtir la paix. Non pas à la manière du monde : une paix fondée sur l’équilibre des forces, mais à sa manière : une paix fondée sur l’amour de l’autre. Il s’agit alors de vivre le rapport à la différence de l’autre, non pas sous l’angle de la menace, mais sous celui de l’enrichissement mutuel.
Aussi ne faut-il pas vouloir imposer à l’autre d’être comme nous, de faire comme nous. C’est ce qu’ont compris très vite les apôtres au premier temps de la vie de l’Église. L’Esprit les conduit à accepter la diversité au sein de la première communauté des croyants.

En ce dimanche où bon nombre de citoyens européens sont appelés aux urnes, puissent ceux qui se réclament du Christ voter pour une Europe de la paix, fidèle au projet des fondateurs qui ont œuvré pour éviter le retour de la guerre, une Europe, fondée non pas sur la peur, mais sur la confiance. Car seule la paix rend possible le bonheur du vivre-ensemble.
JESUS part pour laisser le champ libre à l’homme … mais il continue de demeurer dans le cœur de ceux qui sont fidèles à sa parole … et c’est ainsi qu’il annonce déjà son retour.

La question se pose alors à chacun d’entre nous, que tu sois jeune ou adulte, bien portant ou malade : « Médites-tu souvent les paroles de l’Écriture ? » C’est ainsi que ce grand saint que fut Jean Baptiste de La Salle, dont nous fêtons aujourd’hui le 300ème anniversaire de la mort, aimait interpeller ses interlocuteurs, leur disant : « Elles sont esprit et vie, donnant l’Esprit de Dieu et la vie éternelle à ceux qui les écoutent avec humilité et docilité et qui les pratiquent fidèlement. » Rappelons que Jean Baptiste de La Salle vécut une époque marquée par de nombreuses guerres et de luttes religieuses, et qu’il fut sensible au message de paix contenu dans l’Évangile.

Persuadé que l’avancée de la paix ne sera possible que par la promotion de l’éducation, il consacra sa vie à l’ouverture d’écoles ouvertes à tous, en particulier aux plus nécessiteux avec le souci de faire grandir chacun et de l’aider à prendre sa véritable place dans la société. La tâche devenant rapidement trop lourde pour un seul homme, il fonda la communauté des Frères des Écoles Chrétiennes pour fidéliser ses enseignants.

Trois cents ans après sa mort, nous sommes heureux de célébrer ce Dimanche l’eucharistie dans cet établissement scolaire du réseau lasallien, où se poursuit l’œuvre du fondateur… Puissions-nous enfants, parents, éducateurs, réunis ici et vous tous, chers téléspectateurs, comme Jean Baptiste de la Salle aimait le rappeler chaque fois qu’il célébrait la messe, « découvrir un Dieu qui nous considère comme ses amis » et « nous unit à tous ceux qui communient aujourd’hui. » Amen !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMer 05 Juin 2019, 7:03 pm




Citation :
Évangile

« Qu’ils deviennent parfaitement un » (Jn 17, 20-26)


Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur,
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, JESUS priait ainsi :
« Père saint,
je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là,
mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un,
comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.
Qu’ils soient un en nous, eux aussi,
pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée,
pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi.
Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un,
afin que le monde sache que tu m’as envoyé,
et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père,
ceux que tu m’as donnés,
je veux que là où je suis,
ils soient eux aussi avec moi,
et qu’ils contemplent ma gloire,
celle que tu m’as donnée
parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste,
le monde ne t’a pas connu,
mais moi je t’ai connu,
et ceux-ci ont reconnu
que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom,
et je le ferai connaître,
pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,
et que moi aussi, je sois en eux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 2 juin 2019 à Grigny


C’est un peu comme un coureur du marathon qui vient de passer l’arche des 21 kilomètres : c’est pas mal mais il y a en encore autant à courir. C’est un entre-deux.

Et aujourd’hui, ce matin, nous sommes justement aussi dans un entre-deux. Entre l’Ascension et la Pentecôte. Jeudi, c’était l’ascension du Christ vers le ciel. Saint Luc a raconté un bout de la scène : Comme les apôtres fixaient encore le ciel où JESUS s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » Ac 1, 10-11. A ce moment-là, JESUS n’a laissé qu’une promesse : Vous allez recevoir une force quand l’Esprit Saint viendra sur vous Ac 1, 8, c’est la promesse de la Pentecôte. Il ne dit rien de cette force, ce sera sans doute à nous de le découvrir. Quoiqu’il en soit, nous sommes bien dans cet entre-deux.

Alors que faire dans cet entre-deux puisque nous ne pouvons pas rester plantés là à regarder les hirondelles dans le ciel bleu ? J’ai tilté sur cette phrase de l’Evangile : Qu’ils deviennent parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé Jn 17, 23.

C’est en fait une prière du Christ, que nous soyons unis. Pour ceux qui ont suivi la série Game of thrones qui s’est achever il y a 2 semaines, ce défi de l’unité, c’est exactement le socle de l’élection de Bran le brisé comme roi des 6 royaumes. Tyrion Lannister s’interroge : Qu’est-ce qui unit un peuple ? une bonne histoire ! En fait, la question n’est pas d’abord Que faire ? mais Qui sommes-nous ?

Mais si nous sommes invités à l’unité comme le Père et le Christ sont Un Jn 10, 30, nous ne sommes pas invités à l’uniformité. « Unie dans la diversité » comme dit la devise de l’Europe dont on parle pas mal ces temps-ci. Le pape François dans son exhortation apostolique adressée aux jeunes, Christus Vivit, attire d’ailleurs notre attention sur ce défi : « nous naissons tous comme des originaux mais beaucoup meurent comme des photocopies » CV 106. Nous ne sommes pas invités à être des photocopies. D’une certaine manière, nous sommes tous des copyright, avec tous droits réservés ! Avec toutes nos histoires, conscientes ou recherchées au fond de nous-mêmes. Vous savez, toutes ces histoires à aimer quand on les déteste, à accepter quand elles sont détestables.

La prière du Christ, c’est que nous soyons unis. Tous. Nous qui sommes là dans cette église ou devant la télé, nous qui sommes-là et tous les autres cf Jn 17,20 : les chasseurs et les gitans, les autochtones et les migrants, les blacks et les blancs, les athées et les croyants… tous ! A le voir ainsi prier pour nous, nous sommes décidemment vraiment son unique préoccupation. Tous. Chacune. Chacun.

Qui sommes-nous donc ? Nous sommes aimés ! C’est la base. Et à partir de là, en reconnaissant cet amour qui nous est commun et qui nous dépasse, on peut être unis. L’unité vient de l’extérieur de nous-même. C’est notre histoire commune : nous sommes aimés d’un même amour !

Qu’ils deviennent parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé Jn 17, 23. Alors que faire maintenant dans cet entre-deux, entre l’Ascension et la Pentecôte ? Continuer à vivre ce défi des liens entre nous… dans l’élan de Jean-Emile Anizan et des Fils de la Charité qui fêtent cette année le centenaire de leur fondation. Continuer à vivre ce défi des liens entre nous… c’est peut-être créer la condition pour recevoir l’Esprit Saint, pour vivre la Pentecôte.

Et comme disait Jean Vanier parti le mois dernier : « L’amour n’est pas de faire des choses extraordinaires, héroïques, mais de faire des choses ordinaires avec tendresse ».





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 11 Juin 2019, 5:35 pm



Citation :
Évangile

« L’Esprit Saint vous enseignera tout » (Jn 14, 15-16.23b-26)


Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 9 juin 2019 à Helmond (Pays-Bas)


Quel est le langage de l’Esprit ? Parle-t-Il une des langues européennes ? Oui, nous pouvons entrer en contact avec Dieu dans notre langue maternelle. L’Esprit ne parle-t-il que notre langue maternelle ? Non. L’Esprit de Dieu est inclusif, jamais exclusif. Dieu vous connaît avant que vous ne soyez accueilli dans le ventre de votre mère, il vous aime avant que vous n’ayez pu prononcer vos premiers mots. Dieu vous entoure d’amour universel pour l’éternité. Le langage de l’Esprit est l’Amour. Il vous est donné, mais toujours en incluant tous nos frères et sœurs.

Amour de Dieu, langues de feu. Descendu sur tous les disciples de JESUS comme un don de Pentecôte. L’amour de Dieu, répandu comme grâce baptismale dans tous les disciples de JESUS. Amour de Dieu, tous les disciples de JESUS réunis en un seul corps. Nous tous, citoyens d’Europe, nous avons été baptisés, “car sous la puissance d’un seul et même Esprit, par le baptême, nous sommes devenus un seul Corps, et nous avons tous été imprégnés d’un seul Esprit”, dit saint Paul.

Cet Esprit d’amour unificateur est aussi l’Esprit de pardon dans l’Évangile. JESUS souffle sur ses apôtres et dit : “Recevez l’Esprit Saint. Si tu pardonnes les péchés de quelqu’un, il est pardonné…” Il s’agit des apôtres et de l’Église, mais aussi de l’Église comme Corps du Christ, c’est-à-dire de nous tous. Quand nous sommes baptisés du seul Esprit, nous devenons un seul Corps sans division, mais aussi un Corps de pardon, de douceur et de réconciliation. Nous sommes pardonnés par l’Esprit, nous devons nous pardonner les uns les autres par l’Esprit. Cadeau, mission et commission. Celui qui ne pardonne pas rompt avec l’unique corps du Christ. Celui qui ne pardonne pas menace la paix. Le pardon est un fondement de notre identité européenne, un pont sur notre histoire. Là où le pardon disparaît, où les racines chrétiennes s’effritent, la porte est ouverte à la division et au conflit. Le Dieu de pardon doit donc rester au cœur de l’Europe. Pour que ses disciples puissent continuer à se pardonner les uns aux autres et à garder la paix.

L’Esprit de Dieu parle à chacun de nous le message de l’amour universel, pour chaque personne avec sa dignité unique. Unis en tant que familles, communautés, villes, pays, races, peuples et langues.

L’Esprit de Dieu donne à chacun de nous une identité, comme chrétien et enfant du Père en JESUS. Une communauté chrétienne, marquée avec la croix et la résurrection par le baptême, un seul Corps de tous les pays, races, peuples et langues.

L’Esprit de Dieu pardonne à chacun de nous, en tant que pécheurs et personnes brisées, avec nos histoires et nos traumatismes marqués par des croix de guerre et de haine. Capable de se pardonner les uns aux autres, quels que soient le pays, la race, le peuple ou la langue.

Nous tous, célébrant ensemble la Pentecôte en Europe, unis avec cette église à Helmond, nous pouvons travailler comme citoyens européens pour que l’œuvre de l’Esprit de Dieu se réalise en 2019. C’est une grande tâche en tant que chrétien. Œuvrer pour l’unité de l’Esprit, pour l’amour, la fraternité, le pardon et la paix, contre le courant de l’exclusion et de la division. Dieu Lui-même vous donne la force de faire une différence. Soyez l’âme chrétienne de l’Europe. Ne laissez pas l’évangile se faner dans notre société. Réjouissez-vous et ouvrez votre cœur. Pour l’amour de Dieu, en vous-même et les uns pour les autres. Soyez missionnaires de paix et de réconciliation, dans la puissance de l’Esprit unique que vous avez reçue aujourd’hui.

Références bibliques : Ac 2, 1-11 ; Rm8, 8-17 ; Jn 14, 15-15.23-26





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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMer 19 Juin 2019, 5:47 pm




Citation :
Évangile

« Tout ce que possède le Père est à moi ; l’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (Jn 16, 12-15)


Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (Ap 1, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 16 juin 2019 à Jouarre


«Un peu moindre qu’un Dieu»

À voir autour de nous, comme une couronne, les montagnes qui dormaient, plus noires qu’est noir un mouton noir, à voir, cette nuit-là, le ciel et les planètes, Mars et Vénus et Jupiter, et les Perséides tombant en pluie d’argent, et les étoiles par myriades et les galaxies et la couronne immense de la Voie lactée d’un bout de la Terre à l’autre — à voir tout cela, cette nuit-là, dans le Haut-Atlas marocain, alors que nous avions vingt ans et que nous étions de pleins de rêves et d’idéaux et d’orgueil, alors que nous nous prenions alternativement plusieurs fois par jour pour très nobles ou très misérables mais de toute façon très importants — à voir cette indicible splendeur, cette nuit-là, nous nous sommes demandé : qu’est-ce que l’homme, Seigneur, pour que tu penses à lui ? Que sommes-nous dans cet univers, tandis que la Terre cingle dans l’espace, tout en tournant autour du Soleil, à la vitesse de 700 000 km/h, et nous poussière sur ce vaisseau ? Que sommes-nous devant Dieu si l’œuvre de Dieu est aussi grande, aussi belle, aussi incommensurable à notre petitesse ?

Dieu lui-même répond : nous sommes un peu moindres que lui. Nous sommes à peine moindres que lui.

Dieu répond qu’il met toute son œuvre, sa Création bien-aimée, à nos pieds comme un dépose un cadeau. Qu’il nous a faits maîtres de tout cela, maître du moins de le comprendre. Que par le don de sa Sagesse, c’est-à-dire de l’Esprit, il nous a fait remonter le temps par les causes et les conséquences, découvrir merveille sur merveille, plonger dans l’atome et rejaillir dans les galaxies, enfin qu’il nous a donné l’intelligence. Nous avions vingt ans, et nous pensions face à l’œuvre de Dieu.

Ensuite Dieu répond qu’à nous, dont la taille n’est rien devant celle d’une étoile, il a donné ce qu’aucune créature n’a reçu, c’est-à-dire l’espoir du Salut, la honte d’avoir fait le mal et le désir de faire le bien, la fidélité, la fierté, l’admiration, l’altruisme et la foi. Quand dans le cœur d’un gamin de vingt ans qui regarde les étoiles il y a ce qu’aucune créature dans la Galaxie ne possède : il y a dit saint Paul, « l’amour qui a été répandu dans nos cœurs », et dans nos cœurs seuls, « par l’Esprit saint qui nous a été donné ».

Enfin Dieu répond — c’est l’Évangile, c’est l’annonce incroyable que nous fait Dieu lui-même, puisque JESUS est Dieu lui-même ­—, Dieu répond qu’à nous seuls il est offert d’entrer dans son mystère à lui, Dieu, et de prendre place en tant que Fils dans la Trinité. Que la vérité que le Père a fait connaître à JESUS il nous la donne, que l’amour que le Père a donné au Fils il nous le donne aussi, enfin que nous, les enfants des hommes, nous sommes ses fils et que dans ses fils il a mis tout son amour.

Ainsi donc, poussières de vingt ans sur une planète cinglant dans l’infini éblouissant d’une nuit d’août, nous étions plus que cette planète, nous étions plus que les étoiles et plus que l’Univers, nous étions à peine moindres que Dieu, nous étions fils de Dieu. Ce que nous contemplions n’était que le reflet de notre propre grandeur et de la grandeur de tout homme, nous, le chef-d’œuvre de Dieu et ses fils bien-aimés.

Frères et sœurs, regardez-vous. Regardez vos amis, regardez vos proches et vos voisins sur ce banc d’église. Vous voyez un fils, une fille de Dieu ; vous voyez l’œuvre, et le reflet, et le visage de Dieu.

Amen.

Références bibliques : Pr 8, 22-31 ; Rm 5, 1-5 ; Jn 16, 12-15



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 25 Juin 2019, 5:57 pm




Citation :
Évangile

« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)


Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS parlait aux foules du règne de Dieu,
et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser.
Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent :
« Renvoie cette foule :
qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs
afin d’y loger et de trouver des vivres ;
ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répondirent :
« Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons.
À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture
pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes.
JESUS dit à ses disciples :
« Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande
et firent asseoir tout le monde.
JESUS prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,
les rompit
et les donna à ses disciples
pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient :
cela faisait douze paniers.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 23 juin 2019


Il y a un peu plus quinze ans, quand j’avais encore des cheveux, à la fête de la musique, je me suis produit non loin d’ici avec mon frère, pour un petit concert de rock avec son groupe. J’étais choriste. A l’époque, les amis de mon frère trouvaient que l’on s’entendait à merveille. Cela n’était pas vraiment le cas. Il était plutôt fâché de me voir rentrer dans la vie religieuse. Et même s’il avait rebaptisé son groupe de musique « Ravage » par « Ravage And The Priest » (suivez les initiales !) il m’en voulait encore. Cependant, la musique, sa beauté, son harmonie, nous unissait. Elle créait une complicité entre nous.

Tout naturellement, chaque répétition menait à un repas ensemble. Soir après soir, autour de la table, se créait une sorte de communion qui peu à peu finit par nous rapprocher tout à fait. Aujourd’hui on ne chante plus ensemble, mais je suis toujours le bienvenu à sa table.

JESUS, lui ne chante sans doute pas. Mais il enchante. Les foules sont restées là à l’écouter très tard. Elles communient à ses paroles. Mais il manque quelque chose. Tout ce monde, debout, qui fixe JESUS de loin, c’est un peu juste. Car personne ne se soucie vraiment de son voisin, captivé par l’enseignement du maître. Ils communient avec lui, mais est-ce qu’ils communient entre eux ? Il n’y a que les disciples qui s’en inquiètent. Peut-être que ces gens ont faim ? Mais on se demande si leur préoccupation ne vient pas d’une crainte. Une foule affamée, c’est menaçant.

Alors JESUS dévoile son plan. « Donnez-leur à manger ! » C’est-à-dire, préoccupez-vous vraiment de cette foule plutôt que de chercher à vous en débarrasser. « Voyez, depuis ce matin que je leur parle j’ai préparé leur cœur à cet instant suprême. Tout ce que j’ai dit, c’était pour les mener jusqu’à ce repas. » Pour que vous compreniez que ma parole est une vraie nourriture.

JESUS prend les choses en main.

Le peu qu’ils ont, pain et poisson, les apôtres lui donnent, abandonnant ainsi leur dernière sécurité. Mais remettre ce que l’on a dans les mains du Christ, ce n’est pas se déposséder. Ce n’est pas non plus fuir ses responsabilités. Au contraire. Les mains vides les apôtres sont maintenant plus libres. Ils sont agiles à organiser la multitude, à la faire asseoir. Eux qui tout à l’heure se tenaient à distance de la foule inquiétante, les voilà qui la traversent, qui l’apprivoisent, et qui l’aiment. Ils discutent, ils rassurent, ils créent du lien, des petits groupes, de la communion. Travaillée en tous ses par les apôtres empressés la masse tout à l’heure anonyme prend corps, parce que nul n’est plus étranger pour l’autre.

Voilà qui est clair. De nos jours, nous pouvons facilement nous dire : l’Eglise s’étiole, ou carrément s’effondre. Et l’on se décourage. Nous n’avons plus les moyens, nous n’avons plus les ressources. A force de compter et de recompter le peu de pain et de poissons dont nous disposons, on finit parfois par ne plus voir la foule à côté de nous. Ou bien on pense que ce que nous avons n’est pas assez bon pour eux, qu’ils se débrouilleront autrement. Or, c’est faux. C’est faire le jeu du Mauvais que de penser que nous n’avons rien à dire au monde qui se perd dans le désert de nos sociétés sans Dieu.

C’est partir perdant d’avance que de jeter l’opprobre sur toute tentative d’organisation de ces foules en quête de sens, en se disant que l’Eglise est une institution dépassée, qu’on n’a pas besoin d’elle, qu’on peut parler de Dieu comme ça, que ça suffit. C’est lâcher et Dieu et la foule que de vouloir manger entre soi le peu de pain qui nous reste, sans le faire passer dans les mains du sauveur, pour le distribuer autour de nous.

Alors : à table. C’est l’été et les occasions de manquent pas. De faire du bien autour de soi, donner de son temps, offrir l’hospitalité, la convivialité autour nous. Il n’y a jamais rien d’anodin dans un repas, pas plus que dans une répétition de rock.

En vérité l’Eglise a toujours cherché à répondre aux légitimes faims humaines : faim de pain, mais aussi de justice, de solidarité et même de beauté. Mais l’Eglise n’oublie jamais que derrière toutes ces soifs se cache une soif plus grande encore, la soif de Dieu. Donner faim de Dieu au monde, en répondant à ses faims terrestres, voilà une belle mission. Susciter la soif de Dieu en étanchant la soif des hommes.

Heureux sommes-nous frères et sœurs, si nous donnons faim, creusant en celui que nous nourrirons un désir plus vaste encore. Parce qu’il n’y a pas de joie plus grande que d’être comblé par Dieu lui-même.

Références bibliques : Gn 14, 18-20 ; Ps 109 (110), 1, 2, 3, 4 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17




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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMer 03 Juil 2019, 6:36 pm



Citation :
Évangile

« JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » « Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 51-62)


Alléluia. Alléluia.
Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ;
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. 1 S 3,9 ; Jn 6, 68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
JESUS, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela,
les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais JESUS, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.

En cours de route, un homme dit à JESUS :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
JESUS lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
Mais JESUS répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
JESUS lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 30 juin 2019 à Vodelée (Belgique)


Immortaliser, fixer l’instant, être présent, ne rien rater de l’événement. Voilà ce qui anime bien des personnes qui prennent avec frénésie des photos et autres selfies, en toutes circonstances et en particulier en ce temps de vacances qui commence ! Souvent, il arrive que le futur souvenir —que représente la prise de photo— prenne le pas sur l’instant. C’est comme si la photo-souvenir devenait plus importante que l’instant-présent… Aujourd’hui on ne contemple plus une œuvre, un événement. On l’immortalise… On ne lui laisse plus être ce qu’il est ! Mais à force de vouloir conserver notre passé pour le futur, vivons-nous vraiment le présent ?

L’être humain aime se tourner vers son passé, ses souvenirs, son histoire. Par devoir de mémoire —lorsque le passé est un passif— il nous arrive de revisiter certains événements douloureux de nos histoires. Il y a aussi chez certains d’entre nous une tendance à dire « c’était mieux avant » par peur de se confronter aux réels défis. Il peut nous arriver de nous enterrer littéralement dans le passé des morts par crainte de nous tourner vers l’avenir des vivants. Ce passé sera chez certains une histoire heureuse, qui ne se reproduira plus jamais ; pour d’autres une relation dont on ne peut faire le deuil ; pour d’autres encore un projet qui a échoué, une entreprise sans succès, sans succession… Qu’il est difficile pour l’humain de faire des deuils féconds, de mourir à ce qu’il n’est plus, pour renaître à ce qu’il est réellement !

Dans l’Évangile de ce jour, à trois reprises, JESUS nous invite à nous libérer de cette prison du temps. Pour cela, il nous convie à un réel travail de deuil sur nous-mêmes. Par des petites phrases tranchantes —qu’il est pour certains si difficile à entendre— JESUS nous invite à vivre plus intensément notre vie, au quotidien.

« Le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête » ;
c.à.d., Ne cherche pas à fixer, à immortaliser l’instant.

« Laisse les morts enterrer les morts »
c.à.d., Ne te replie pas sur ce passé à jamais dépassé.
« Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume »
c.à.d. Ne te réfugie pas dans tes sécurités, tes droits acquis.
Vis ta vie en allant de l’avant.

Les réponses de JESUS sont cinglantes, incompréhensibles à première vue. Et pourtant… Voilà une sagesse qui nous rappelle que l’existence ne se vit pleinement que dans l’épaisseur du présent, avec ses incertitudes, sa fragilité et ses surprises. Il ne s’agit pas de se couper de ses racines, mais de discerner un avenir toujours possible ! Ne te réfugie pas dans tes certitudes, dans tes lieux de confort, où tu peux te terrer, et bien vite t’enfermer. L’annonce de l’évangile, du Royaume, c’est mettre de la Vie dans la vie, quelles que soient nos blessures…

JESUS, alors que sa fin est proche, vit sa vie jusqu’au bout. Il se tourne résolument vers son avenir. Il envoie devant lui des messagers pour préparer sa venue. Alors, si dans notre culture, on parle beaucoup du devoir de mémoire, JESUS nous confronte dans l’Évangile de ce jour à un
« devoir d’avenir ».

Il est urgent, frères et sœurs, que les chrétiens d’aujourd’hui cessent d’être nostalgiques de leur passé, de leurs églises, de leur tradition, mais qu’ils soient créateurs d’avenir. Pour cela, il y a un réel deuil à faire de beaucoup de nos entreprises et nos structures. Mais il y a surtout un travail de construction, d’avenir, un chantier à l’image de cette église qui renaît ! Oui, soyons ces messagers envoyés pour préparer la venue du Christ. Laissons-les combats dépassés s’enterrer eux-mêmes. Laissons les morts enterrer les morts. Mais mettons la main à la charrue, sans fuir en avant. Sans remettre à plus tard les vrais enjeux. A chacun de regarder devant, lucidement et sans idéologie, pour offrir du courage à notre monde qui en a tant besoin. Comment ? Il s’agit d’avancer selon la liberté de l’Évangile, car nous sommes tous des êtres en devenir, jamais atteints, toujours en évolution, quel que soit notre âge. Si le Christ, nous dit saint Paul, nous a libérés, c’est bien pour que nous soyons réellement libres.

Alors, laissons vraiment les morts enterrer ce qui est mort en nous. Ne nous enfermons pas dans nos échecs, dans nos errances. Intégrons au contraire nos chemins respectifs et reconnaissons qu’ils constituent la richesse de ce que nous sommes devenus. Oui, dans l’espérance, nous sommes invités à être « fidèles à notre avenir », à oser croire, envers et contre tout, en ce Dieu qui nous accompagne sans cesse et nous ouvre la voie du Royaume.

Car quand on laisse derrière soi son chez-soi et ses propres sécurités, on découvre, devant soi une terre nouvelle, inespérée, insoupçonnée. Celle du Royaume, de l’Évangile, qui offre de l’avenir, de la joie au quotidien. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   L'Homélie - Page 13 Icon_minipostedMar 09 Juil 2019, 6:41 pm






Citation :
Évangile

« Votre paix ira reposer sur lui » (Lc 10, 1-12.17-20)

Alléluia. Alléluia.

Que dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;
que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse.
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

   En ce temps-là,
parmi les disciples,
    le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité
où lui-même allait se rendre.
    Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
   S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »
   Mais dans toute ville où vous entrerez
et où vous ne serez pas accueillis,
allez sur les places et dites :
    ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds,
nous l’enlevons pour vous la laisser.
Toutefois, sachez-le :
le règne de Dieu s’est approché.’
   Je vous le déclare :
au dernier jour,
Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

   Les 72 disciples revinrent tout joyeux,
en disant :
« Seigneur, même les démons
nous sont soumis en ton nom. »
   JESUS leur dit :
« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
    Voici que je vous ai donné le pouvoir
d’écraser serpents et scorpions,
et sur toute la puissance de l’Ennemi :
absolument rien ne pourra vous nuire.
    Toutefois, ne vous réjouissez pas
parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous
parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

  – Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 7 juillet 2019 à Saint-Emillion


À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que JESUS ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?
JESUS, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer JESUS en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer JESUS.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.
À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que JESUS ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?
JESUS, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes tous appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer JESUS en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant  d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer JESUS.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.

La première mission que JESUS confie à ces nouveaux disciples est d’aller en avant de lui. Aller en avant du Christ, c’est porter un signe de sa présence dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas encore mais aussi à ceux qui pour diverses raisons, se sont éloignés de l’Église.

Aller en avant du Christ, c’est peut-être avant tout être messagers de la paix de Dieu, afin que s’accomplisse cette promesse faite par Dieu dans la première lecture : « voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve … »

Le grand défi des apôtres de JESUS a été de faire advenir la foi en JESUS là où elle n’avait jamais existé. Notre mission à nous disciples missionnaires aujourd’hui est aussi de raviver la foi là où elle a été déconstruite et abimée.

Nous sommes aussi envoyés pour manifester l’amour miséricordieux du Christ à tant d’hommes et de femmes en quête du sens à donner à leur vie. Je pense par exemple ses grands-parents qui témoignent de leur foi auprès de leurs petits enfants non baptisés, c’est aussi le cas lorsque nous prenons le temps d’écouter une personne dans la détresse et qui a besoin que nous lui prêtions une oreille attentive. Nous manifestons ce visage miséricordieux du Christ, lorsque nous encourageons un collègue éprouvé et  que nous passons du temps auprès des plus fragiles, des personnes en précarité…)

L’autre mission que JESUS confie aux 72 est de prier : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Souvent quand nous entendons parler de mission, nous imaginons des actions extraordinaires. Voici une action missionnaire toute simple, à la portée de chacun : la prière ! Chez soi, à certains moments prévus de notre journée de vacances, à des heures fixes, devant une bougie allumée ou une icône…

Prier : Une action simple, mais pas banale ! Un temps de gratuité envers le Seigneur. Oui, nous sommes invités à prier pour que de nouveaux disciples missionnaires répondent à l’appel du Dieu.
Notre Église a besoin de tous, pour l’accomplissement de sa mission dans notre temps. Elle a besoin d’authentiques témoins du Christ, au cœur du monde de ce temps, par leur vie quotidienne.

Partout et en tout temps, nous sommes invités à être disciples missionnaires : au travail et en vacances, en activité comme à la retraite, dans un avion ou bien dans un train ; à la plage ou en montagne, dans les vignes ou dans les champs de blé….
C’est vrai, prendre part à la mission de l’Église peut parfois nous paraître lourd ; nous pensons généralement que nous ne sommes pas à la hauteur du service qui nous est demandé. Si JESUS envoie ses disciples deux par deux, cela signifie que nous ne sommes pas seuls : l’Esprit-Saint nous accompagne, d’autres y prennent part avec nous.
Et le Christ est lui-même avec nous.
La magnifique fresque sur les murs du cloître de cette église met en image la grandiose Parole de l’Apocalypse (3,20) : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »

Le Christ JESUS vient jusqu’à nous pour nous donner la Vie de Dieu, alors devenons à notre tour, des messagers de sa Bonne Nouvelle pour notre monde…





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L'Homélie

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