*** Forum Religions ***
Bonjour et bienvenue sur le forum.


Vous êtes invité à visiter et à vous inscrire sur ce site de dialogues.

L'inscription ne prend que quelques secondes afin que vous puissiez profiter pleinement des fonctions de ce forum religions.

*** Une fois votre inscription terminé, merci de cliquer sur le lien dans votre boite e-mail. ***


Pour le staff,

Nicodème.

Ps : si vous avez oublié votre mot de passe, cliquer sur " mot de passe oublié " puis aller dans votre boite e-mail Smile

*** Forum Religions ***

- - - Dialogues inter-religieux- - -www.forum-religions.com - - -
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  Bible  Coran  D I C O  LIBRAIRIE  ConnexionConnexion  BLOG  Contribution  
...BIENVENUE SUR LE FORUM, les membres du staff sont à votre disposition pour rendre votre visite sur ce site plus agréable...
Règlement du forum à prendre en compte, vous le trouverez dans la section " vie du forum ".
"Pour participer au forum, merci d'aller vous présenter dans la section ci-dessous"
 | 
 

 L'Homélie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3 ... 11, 12, 13
AuteurMessage
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12608
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



Revenir en haut Aller en bas

AuteurMessage
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin


Date d'inscription : 01/06/2011
Messages : 12608

MessageSujet: Re: L'Homélie   Jeu 22 Nov 2018, 7:53 pm




Homélie de la messe du 18 novembre 2018 à Plerguer


Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin


Date d'inscription : 01/06/2011
Messages : 12608

MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 27 Nov 2018, 8:51 pm






Citation :
Évangile

« C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)

Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni soit le Règne qui vient,
celui de David, notre père.
Alléluia. (Mc 11, 9b-10a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Pilate appela JESUS et lui dit :
« Es-tu le roi des Juifs ? »
JESUS lui demanda :
« Dis-tu cela de toi-même,
ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit :
« Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
JESUS déclara :
« Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes
qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit :
« Alors, tu es roi ? »
JESUS répondit :
« C’est toi-même qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité
écoute ma voix. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 25 novembre 2018 à Louvain-la-Neuve (Bruxelles)


La porte du roi, Solennité du Christ, Roi de l’univers

Daniel 7, 13-14 – Psaume 23 – Apocalypse 1, 5-8 – Jean 19, 33b-37

Frères et sœurs,

JESUS est donc roi ! Mais, rassurons-nous, il ne s’agit pas d’un roi protocolaire ou républicain, Quelques versets plus loin, Jean nous le fait voir couronné d’épines et revêtu d’un manteau de pourpre. Ecce Homo ! « Voici l’homme ! » Pilate savait-il que cet homme est porteur de la vérité de l’homme ?
•« Et qu’est-ce que la vérité ? », demanda Pilate. La vérité n’est pas réservée aux intellectuels ou aux savants, elle est tout simplement ce qui nous fait vivre, nous-mêmes et ceux que nous rencontrons. Elle est de l’ordre de l’amour. La royauté de JESUS n’est donc pas à la manière du monde qui trop souvent fait du pouvoir une oppression, mais à la manière de Dieu qui, par amour, s’efface pour nous offrir la liberté.

Au cœur du va-et-vient de Pilate entre JESUS et les chefs de son peuple, il y a cette scène de dérision : un roi couronné d’épines. JESUS semble vaincu, mais en fait, il est le véritable vainqueur. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », avait-il dit. Il a aimé de cet amour et inaugure un royaume d’un genre nouveau dont il est le roi-berger, le roi-serviteur, un roi bienveillant et compatissant.

Que mettre au frontispice de ce Royaume sinon le mot amour qui traverse la Bible et prend toute sa dimension sur la croix ? Un amour non de type commercial, du genre win-win, mais un amour prêt à donner sans immédiatement recevoir en retour. Il est le ressort de notre histoire humaine et son horizon. Ce JESUS humilié viendra sur les nuées, « tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé. »
•Mais de quel monde JESUS est-il le roi ? D’un monde qui s’écroule ? L’évangile de dimanche dernier avait un ton apocalyptique. Rappelons-nous : « En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées » (Mc 13, 24-25). Ne peut-on y voir une description de notre époque ébranlée où les crises multiples invitent à passer vers un autre monde, vers une autre société ? JESUS aussi pressentait la fin d’une époque pour son peuple. Et la destruction du temple 40 ans plus tard lui donnerait hélas raison.

Aujourd’hui, nous sentons bien que quelque chose ne peut plus durer, que quelque chose est occupé à s’effondrer. Un autre monde cherche à naître. On parle de transhumanisme, de posthumanisme, peu importe. Nous vivons une transition. Allons-nous reléguer JESUS dans les royaumes du passé ou acceptons-nous qu’il nous accompagne ?

Et qu’emporterons-nous dans ce monde ? Les valeurs qui font l’essentiel de l’évangile, de la Vérité dont JESUS est le témoin ? Ou bien nous laisserons-nous emporter par une logique mercantile et consommatrice, où la machine prend de plus en plus de place et nous transforme en ce quelle est : quelque chose d’efficace, mais incapable d’aimer gratuitement, de perdre son temps pour l’autre, d’accueillir la fragilité ?



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin


Date d'inscription : 01/06/2011
Messages : 12608

MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 11 Déc 2018, 9:23 pm



Citation :
Évangile

« Tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 9 décembre 2018 à Lyon


Baruch 5, 1-9– Philippiens 1, 4-6 ; 8-11–Luc 3, 1-6

« Tu les avais vus partir à pied, emmenés par leurs ennemis, et aujourd’hui, Dieu te les ramène portés en triomphe, comme sur un trône royal ».

C’est ce que nous disait à l’instant la première lecture de ce jour. « Emmenés à pied par leurs ennemis », c’est exactement ce qui est arrivé à nos sept moines de Tibhirine, il y a 22 ans, la nuit du 26 mars 1996. Deux mois après, ils étaient assassinés, comme l’avaient été onze autres sœurs et prêtres dans les mois précédents. Comme encore, fin août 1996, Pierre Claverie avec son chauffeur Mohamed. Tous, ils ont ainsi partagé le sort de dizaines de milliers d’Algériens anonymes, musulmans, assassinés eux aussi à la même époque.

Et aujourd’hui, Dieu nous les ramène dans sa gloire à lui, celle de l’amour.

Que faisaient-ils là, en Algérie ? Le plus jeune d’entre eux, Christian Chessel, était là depuis seulement six mois. D’autres, comme sœur Angèle-Marie, depuis plus de quarante ans. Mais, chacun à leur façon, ils s’inscrivent dans ce que le prophète Isaïe nous annonçait tout à l’heure : « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ». Ces montagnes parfois infranchissables que nous mettons nous-mêmes entre les hommes et les peuples, ces ravins qu’ont creusés entre nous la colonisation, les guerres, y compris les guerres de religions, et toutes ces haines séculaires. Voilà pourquoi ils étaient là, en Algérie : pour commencer à abaisser ces montagnes, à combler ces ravins, et préparer le chemin à la venue du Seigneur.

Car ce dont ils témoignent tous, c’est qu’aussi profondes soient les différences qui nous séparent, qu’elles soient religieuses, culturelles ou autres, l’amitié et la vie partagées au quotidien sont capables de les surmonter. Et c’est à cause de cette amitié réciproque vécue avec les Algériens qu’ils ont décidé de rester, alors que leur vie était menacée. Ils n’ont pas fait ce choix à la légère. Ils ne cherchaient pas le martyre. Ils ont prié, réfléchi ensemble. Et s’ils ont alors décidé de rester là, c’est simplement par amitié, pour l’amitié.

« Là où il y a la haine, que nous mettions l’amour » : là où il y avait eu l’ignorance mutuelle, l’hostilité, mettre la fraternité. Une fraternité plus forte que les identités nationales ou religieuses qui, si souvent, peuvent devenir des identités meurtrières, comme cela a été alors le cas.

Ces 19 étaient des gens comme vous et moi. Pierre Claverie, nous avons vécu plusieurs années ensemble, fraternellement ; il venait dans ma famille. Rien d’exceptionnel. Et là, en Algérie, tous vivaient très proches des gens. Cela veut dire que chacun de nous, aussi limité et imparfait soyons-nous, nous avons reçu de Dieu de quoi les comprendre et les suivre. Ces martyrs, nous n’avons pas d’abord à les célébrer mais à les entendre. Entendre ce dont ils témoignent et qui est central, d’abord en tant qu’êtres humains. En les regardant, qu’on soit croyant ou non, on ne peut que se dire que « l’homme passe l’homme », que la nature humaine se révèle habitée par une réalité invisible qui la dépasse, présente en chacun de nous, une dignité. Cette dignité humaine que nous dit la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, dont nous fêtons justement demain le soixante-dixième anniversaire et qui nous invite à agir envers tout être humain dans un esprit de fraternité.

Mais ce que nous disent surtout nos martyrs, c’est le centre de notre foi chrétienne : face au mal, pas d’autre chemin que celui du Christ. Refuser de répondre à la haine par la haine, mais attaquer le mal à sa racine en lui répondant par la justice, l’amour et la paix.

Ici à Lyon, c’est aujourd’hui la fête de la Lumière. Toutes nos villes, en ce temps d’Avent, brillent de mille feux. Mais rien ne vaut cette humble lumière que nous pouvons apporter, nous, là où règnent les ténèbres. Comme l’ont fait nos 19 martyrs, comme nous pouvons le faire à notre tour pour ceux qui nous entourent.

Voilà le plus beau cadeau de Noël que je vous invite à préparer : là où il y a les ténèbres, que nous apportions la lumière !



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12608
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 18 Déc 2018, 7:42 pm





Citation :
Évangile

« Que devons-nous faire ? » (Lc 3, 10-18)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (cf. Is 61, 1)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les foules qui venaient se faire baptiser par Jean
lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 16 décembre 2018 à Ixelles (Belgique)


« Le peuple était en attente » nous dit Saint Luc. L’actualité nous le montre quotidiennement. Le peuple attend du changement, de la nouveauté, une transformation de notre société. Il le dit. Il le crie. Les peuples aujourd’hui sont en attente. Dans notre monde parfois résigné—et où l’envie de baisser les bras guette certains —, il est important de se rappeler que nous sommes faits d’attentes. Mais de quelle attente parle l’Évangile ? Qu’attendons-nous réellement ? Du bonheur ? De la reconnaissance ? De la sécurité ? De l’avoir ? Du pouvoir d’achat ? Des relations vraies ? Attendons-nous réellement ce qui est bon pour nous ?

Le temps de l’avent nous rappelle que ce qui fait grandir l’humain, c’est toujours une attente ! Mais pas une attente insatisfaite de ne pas voir arriver ce qu’elle attend. Pas de celle des êtres insatisfaits et jamais contents… Lorsqu’on y réfléchit bien, la vraie attente ne sait justement pas ce qu’elle attend. Cette attente du temps de l’Avent nous invite précisément à bien attendre, c’est-à-dire à « bien veiller » ! La juste attente est de la bienveillance. Elle ne s’impatiente pas… C’est cela l’invitation de la lettre aux Philippiens. « Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez tout en rendant grâce pour faire connaître à Dieu vos demandes. » Une telle attente sereine nous pousse à construire patiemment de l’avenir, pas à précipiter le futur que nous prévoyons pour nous-mêmes.

Alors, quel que soit notre âge, nous gagnons tous à « bien attendre », à nous éveiller chaque jour à la vie, à être curieux de tout, à être surpris par ce que nous n’attendons pas ! Alors, notre attente deviendra fondamentalement une joie, une démarche qui nous fera sortir de notre somnolence. Attendre consistera à s’éveiller à la vie de Dieu, pour lui permettre de naître, d’advenir. Bien entendu, certaines attentes peuvent nous énerver, particulièrement lorsque ce que nous savons qui doit arriver ne survient pas comme nous l’espérions. Lorsqu’un train ou quelqu’un se fait attendre, l’impatience grandit vite… L’attente de l’Avent ne consiste pas à attendre ce que nous connaissons —un Dieu à notre image— mais à s’ouvrir à l’inconnu de Dieu « qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir. » Car le Dieu qui vient à Noël n’est pas celui que nous croyons connaître.

L’attente de l’Avent nous invite ainsi à changer notre regard sur la vie, sur le monde, afin d’être l’ « avent-garde » d’un monde qui sait encore offrir de la joie. Toutes les lectures de ce dimanche nous parlent de cette joie-là: « Réjouissez-vous », répète Paul. « Réjouis-toi, de tout ton cœur », nous dit le prophète Sophonie. Attendre, c’est cultiver cette joie profonde, en toute circonstance. Elle nous pousse à combattre ce pessimisme ambiant, ce défaitisme égoïste. La vraie joie est un décentrement. Elle consiste à être capable de trouver sa propre joie dans la paix de Dieu, qui nous renouvelle par son amour.

Alors, « que devons-nous faire ? » Telle est la question fondamentale adressée à Jean-Baptiste. Il ne s’agit pas de changer de vie, mais de changer sa vie, pour y voir une joie profonde, malgré les aléas de l’existence. Que faire… quand il faut attendre et que nous ne savons pas vraiment ce à quoi nous attendre ! Revenons à l’Évangile, qui nous offre une sagesse toute simple : alors que différentes demandes sont présentées à Jean-Baptiste, ce dernier ne donne pas de réponse unique. Il offre un conseil ajusté à chaque groupe. Il ne propose pas de grands slogans et des formules universelles. Il n’est pas le sauveur, mais il permet sa venue. Ses conseils n’ont rien d’extraordinaire, ni d’impossible. Le message de Jean-Baptiste est en fait extraordinairement subversif. Il dit au peuple en attente très exactement ceci : dans votre attente, faites ce que vous devez faire et faites le bien… Faites patiemment, tranquillement, avec persévérance. Il ne dit pas ce que nous devons faire, mais comment le faire. Faites-le bien, avec courage et douceur. De manière ajustée. N’en faites pas de trop… mais pas trop peu ! « Contentez-vous de votre solde » « Ne soyez pas violents » Que devons-nous faire ? Cultiver la joie, cette joie qui se goûte dans la multitude des petits gestes ordinaire de la vie. C’est cela la bienveillance : attendre, en faisant le bien. C’est-à-dire « bien veiller », avec sollicitude, sur nos proches. Une telle attention aux autres nous permet d’attendre le tout Autre.

Alors —et alors seulement—pourra surgir de l’imprévisible dans notre vie. Oui, dans la banalité du quotidien, lorsque tout semble routinier, une joie autre que celle que nous prévoyons peut advenir. Car, en faisant patiemment ce que nous devons faire —avec bienveillance et sollicitude— nous nous apprêtons à attendre et à accueillir Celui que nous ne connaissons pas.

Amen




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12608
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 24 Déc 2018, 8:13 pm




Citation :
Évangile

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-45)

Alléluia. Alléluia.
Voici la servante du Seigneur :
que tout m’advienne selon ta parole.
Alléluia. (Lc 1, 38)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 23 décembre 2018 à Saint-Maur-des-Fossés


Vous avez peut-être en tête cette image culte du cinéma français : un homme quitte son domicile en 2CV pour partir en vacances. Au premier carrefour, la 2CV de Bourvil rencontre la Rolls Royce de de Funès. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la rencontre est détonante. Déroutante aussi puisque les vacances de Bourvil vont pas mal changer.

Et c’est vrai, il y a des rencontres marquantes dans la vie. Pour les vivre, il faut pourtant quitter son domicile comme Bourvil, il faut pourtant se mettre en route avec empressement comme Marie, il faut pourtant être accueillants comme Elisabeth. Il faut pourtant être déroutables pour vivre de telles rencontres.

Ces rencontres-là nous prennent tout entier et elles nous emmènent ailleurs : ce sont comme des visitations, des rencontres de l’essentiel, si intenses que le sablier du professeur Slughorn s’en arrête. Ainsi la visitation de Marie à Elisabeth, si dense : Marie porte en elle notre Dieu et c’est Elisabeth qui le lui révèle. Et les mots ne savent plus que bénir, ils ne savent plus que dire-du-bien.

Elisabeth proclame Marie heureuse. Pourtant il y aura sur son chemin bien des souffrances : pauvre Marie quand son Fils annonce sa passion à maintes reprises. Pauvre Marie au pied de la Croix qui voit son Fils souffrir et mourir. Pauvre Marie, elle aurait peut-être souhaité une vie plus ordinaire. Parce qu’elle a cru à la parole de l’ange, cette rencontre l’a mené sur un chemin bien douloureux. C’est une audace de la proclamer heureuse.

Je travaille comme maçon, en ce moment sur un chantier de rénovation, prêtre au travail comme on dit. Il y a quelques jours, Cédric, un collègue, m’a donné ces 3 clous en fer forgé récupérés lors de la démolition d’un vieux plafond. Ils viennent d’une autre époque et ils ont dû en voir dans leur histoire. Ces clous, ce sont aussi toutes nos souffrances à nous, sur notre chemin : une maladie qui fauche un élan, un divorce que personne ne voulait, un deuil qui tronçonne une vie et celle de toute une famille, une enfance sans entendre un “je t’aime” ou abusée par un adulte, l’âge qui avance et qui rend si dépendant… que de souffrances ! Peut-être que beaucoup d’entre nous auraient souhaité une vie plus ordinaire. Pour beaucoup, ce serait une audace de nous proclamer heureux.

Mais il y a parfois ces visitations : la visite d’un ami à un ami, des retrouvailles si attendues qui sonnent comme des réconciliations… de ces rencontres-là, bien souvent on ne retient que l’ambiance : une ambiance de paix parce qu’on y est bien, reconnu pour soi-même avec son histoire ce qu’on a de mystère en nous. Ces rencontres-là sont toujours fondatrices dans une vie, encore et encore, d’étapes en étapes, de fondements en fondements, quel que soit notre âge : fondatrices à 20 ans, à 60 ou à 80 ans. Ces visitations n’enlèvent pas la trace des clous, mais peuvent aider à vivre avec.

Noël est dans 2 jours, c’est peut-être un moment qui nous est particulièrement donné pour nous mettre en route, pour vivre des visitations, des rencontres pas pour passer le temps mais en vérité, paisibles, sans jugement… gratuites.

Ce matin, nous allons partager la lumière de la Paix allumée à Bethléem, ramenée dans l’hexagone par les scouts et guides de France dimanche dernier. Nous allons partager cette lumière entre nous les chrétiens, et avec nos amis d’une autre foi ou d’une autre approche de la vie. Partager cette lumière, c’est une manière de devenir comme Marie, porteurs de paix – et donc porteurs de Dieu – au cœur du monde. C’est une manière de devenir comme Elisabeth, reconnaissants la présence d’un Dieu déjà là, au cœur du monde. Parce-que vivre la Paix, c’est une manière de rendre Dieu présent pour nous-mêmes et pour le monde…

Alors oui, heureuse est Marie. Heureux sommes-nous ! La Paix entre nous et en nous est possible, le Christ vient. Il est là. Il sera la paix a dit le prophète Michée. Allez, il faut encore se mettre en route… et rester déroutable.

La Paix soit avec vous. Le Seigneur soit avec vous.



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12608
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 04 Jan 2019, 8:14 pm



Citation :
Évangile

« Les parents de JESUS le trouvèrent au milieu des docteurs de la Loi » (Lc 2, 41-52)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur, ouvre notre cœur
pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.
Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Chaque année, les parents de JESUS se rendaient à Jérusalem
pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans,
ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,
le jeune JESUS resta à Jérusalem
à l’insu de ses parents.
Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,
ils firent une journée de chemin
avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem,
en continuant à le chercher.

C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,
assis au milieu des docteurs de la Loi :
il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l’entendaient
s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,
et sa mère lui dit :
« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Vois comme ton père et moi,
nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit :
« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?
Ne saviez-vous pas
qu’il me faut être chez mon Père ? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,
et il leur était soumis.
Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à JESUS, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce,
devant Dieu et devant les hommes.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 30 décembre 2018


Mes chères sœurs, mon cher frère, frères et sœurs, et vous, grande famille du « Jour du Seigneur » qui participez à cette messe par la télévision.

… C’est à dessein que je commence en répétant « frères » et « sœurs », à dessein que j’ai employé le mot « famille ». Pas simplement pour faire plaisir aux pointilleux du calendrier à l’occasion de ce dimanche de la Sainte-Famille, mais parce qu’aujourd’hui nous sommes, multiplement, en famille.

D’abord au sens propre : comme nous sommes le 30 décembre, vous avez peut-être, je vous le souhaite, de la famille chez vous et peut-être à l’instant présent vos petits-enfants sont- ils en train de faire vrombir leurs jouets neufs entre vous et votre poste de télévision. Ensuite, nous sommes ici, chez vous, mes sœurs, en famille. En famille parce que vous êtes une communauté religieuse, c’est-à-dire une famille de femmes partageant le nom, le toit, la table, l’action et la prière. En famille parce que nous sommes des frères dominicains, religieux nous aussi. En famille parce que votre communauté, mes sœurs, accompagne et soutient « Le Jour du Seigneur » et ses spectateurs discrètement, fidèlement, efficacement, depuis déjà cinq décennies. En famille enfin avec vous, spectateurs, qui nous connaissez, nous suivez, nous encouragez, et quelquefois nous grondez ! Comme vous le feriez pour vos enfants.

Et en vérité, nous avons toutes les caractéristiques d’une famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Une famille, indépendamment du lien de sang, c’est, je crois, une petite collection d’individus différents de caractères et de sentiments, que le hasard ou la Providence ont placé ensemble, et qui ne peuvent pas vivre les uns sans les autres. Des aînés et des cadets qui s’estiment et qui s’agacent, qui s’admirent et se boudent, qui savent, souvent confusément, qu’ils ont besoin les uns les uns des autres. Qui ont des réflexes communs, des plaisanteries communes; qui n’éprouvent pas le besoin de meubler un silence ; qui se portent attention les uns aux autres, se tendent la main et avancent ensemble. C’est cette petite tribu imparfaite sans doute, bancale peut-être, sans laquelle nous ne pourrions pas vivre.

Car l’homme n’est pas fait, dit l’Écriture dans ses premières lignes, pour vivre seul. Même Dieu n’a pas cru pouvoir vivre la vie d’un homme sans une famille. C’est pourquoi Jésus a une mère, a un père, a des cousins, a un village, a des amis, a des disciples, et dit à ces disciples que désormais, ils seront ses frères.

L’homme sans famille est malheureux. L’homme a besoin d’une famille. Que ce soit sa famille de sang, ou que ce soit une famille reconstituée, un groupe de vieux amis ou une communauté religieuse ou le cercle, dans une maison de retraite, des fidèles du « Jour du Seigneur ». L’homme a besoin d’être aimé et d’aimer, de tendre le bras pour aider à descendre quelques marches ou de retrouver, de retour d’une mission, ce frère qui chante l’office comme une casserole, mais qui est notre frère, notre compagnon dans l’aventure de la vie, notre compagnon dans la prière, dans la peine, dans la joie.



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12608
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 08 Jan 2019, 11:40 pm




Citation :
Évangile

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

JESUS était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 6 janvier 2019


La joie, une boussole pour nos chemins de vie

Ce récit plein de magie que nous venons d’entendre nous rappelle que le ciel et les astres ont toujours eu une place privilégiée dans l’imaginaire des hommes. Chez beaucoup de nos contemporains, il y a d’ailleurs comme un mage qui sommeille, qui croit « à sa bonne étoile », qui éprouve ce besoin de sécurité, celle d’une présence céleste qui offrirait des certitudes : un Dieu dans les étoiles, à lire comme un horoscope, un dieu sidérant en quelque sorte ! Sidérer —et la racine du mot le dit— signifie subir l’influence des astres. Un dieu sidérant serait comme une énigme à déchiffrer, qui offrirait un destin tout tracé à l’humain.

Voilà l’image d’un Dieu qui ne se trouve absolument pas à contempler dans la crèche. En cette fête de l’épiphanie, le Christ se révèle au monde sans éclat, sans brillance, mais seulement dans la tendresse et la fragilité. Pour le contempler, prenons alors le chemin qu’ont emprunté les mages ! Déplions la carte de notre vie, avec la boussole de notre joie. Creusons en nous notre propre désir et suivons les mages. Ces derniers ont su quitter leur zone de confort, pour découvrir un autre visage de Dieu. Prendre leur chemin, c’est d’abord oser prendre des risques… Nous l’avons entendu : les mages sont arrivés d’abord à Jérusalem, alors que l’étoile leur indiquait Bethléem. Ils sont arrivés au lieu du pouvoir, de la religiosité, alors que l’étoile pointait vers le lieu de la fragilité. Nos vies sont ainsi faites d’errances, mais elles ne se réduisent pas à nos échecs et nos erreurs. Prendre le chemin des mages, c’est quitter le lieu des sages, abandonner nos raisonnements trop humains, pour découvrir un Dieu autrement divin, un Dieu libre, inouï, qui se laisse découvrir dans une crèche, c’est-à-dire dans n’importe quel lieu d’enfantement, d’ouverture, de possible et de promesse. Prendre le chemin des mages, c’est en fait désirer en vérité : quitter l’idéalisation, pour découvrir que tout être aimé, quel qu’il soit, nous échappe, nous surprend. En effet, désirer quelqu’un, c’est l’aimer comme autre, comme une personne qui ne peut correspondre à nos rêves et nos envies. Désirer Dieu, c’est donc accepter d’être dérouté, amené sur des chemins imprévus, pour l’accueillir dans chaque visage. Désirer Dieu, c’est lui donner d’être ce qu’il est —dans la finitude et l’incertitude— et pas l’imaginer que nous voulons qu’il soit.

Le chemin des mages nous conduit donc à la crèche : là où s’arrête l’étoile, mais là où une autre étoile, celle du Christ, prend le relais pour nous guider. La crèche est donc ce lieu où nos rêves, nos idéaux s’arrêtent, mais où nos projets, notre avenir peuvent se faire « présents ». Alors, à nous de prendre le chemin des mages pour offrir, malgré les aléas de la vie, une clarté naissante à notre monde, pour donner notre or, notre encens, notre myrrhe. Voilà les trois dons que je vous invite sans cesse à garder présents dans vos rencontres tout au long de cette année !

Quelle que soit notre histoire, nous aurons toujours une peu d’or à donner. L’or de notre temps, ce bien le plus précieux, que nous avons tous, et qui n’a de valeur qu’à mesure où il se donne. Oui, offrons notre temps, là où il y a un lieu d’enfantement, là où un projet peut renaître !

Quels que soient nos talents, nous avons tous, aussi, un peu d’encens à ajouter dans notre vie. Quel est cet encens ? Peut-être cette capacité à mettre un goût divin à nos relations, un parfum de joie, qui vient ajouter de la hauteur dans la banalité du quotidien, qui remet du mystère, là où tout semble fermé.

Quel que soit notre âge, nous pouvons toujours offrir de la myrrhe dans notre présent. La myrrhe est ce qui embaume les morts. Elle est notre capacité à dépasser des histoires douloureuses, à faire dans notre vie des deuils féconds, à tourner la page, à traverser l’échec, pour que notre présent redevienne un don.

Alors, en ce début d’année, prenons ce chemin des mages, laissons-nous surprendre et déroutés par ce que nous n’attendons pas. Et si nous avons l’impression de stagner, d’être bloqués, c’est peut-être qu’il y justement a en face de nous une crèche, un nouveau chemin d’enfantement, qui nous invite à faire de notre vie un don, un présent. Amen



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12608
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 14 Jan 2019, 9:03 pm




Citation :
Évangile

« Comme JESUS priait, après avoir été baptisé, le ciel s’ouvrit » (Lc 3, 15-16.21-22)

Alléluia. Alléluia.
Voici venir un plus fort que moi,
proclame Jean Baptiste ;
c’est lui qui vous baptisera
dans l’Esprit Saint et le feu.
Alléluia. (cf. Lc 3, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Comme tout le peuple se faisait baptiser
et qu’après avoir été baptisé lui aussi, JESUS priait,
le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe,
descendit sur JESUS,
et il y eut une voix venant du ciel :
« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ;
en toi, je trouve ma joie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 13 janvier 2019 à Champagne (Ardèche)


« Pourquoi fallait-il que le Christ fût baptisé ? » Saint Augustin s’émerveille : « Puisqu’il était venu pour nous montrer le chemin de l’humilité et pour se faire lui-même le chemin de l’humilité, il fallait qu’il pousse en tout l’humilité jusqu’au bout. » (Homélies sur l’évangile de Jean V, 3)

Chers frères et sœurs, à la jonction du temps liturgique de la Nativité et du temps dit ordinaire, le baptême du Seigneur nous replonge dans la source vive du Christ. Il nous appelle à faire de l’ordinaire de nos vies le lieu de sa présence aimante pour le monde, « dans l’Esprit Saint et le feu ».

Alors que Jean s’efface devant le Messie à qui il conduit ceux qui le suivent, quelque chose d’imprévu se produit : le ciel s’ouvre, l’Esprit descend sur JESUS comme une colombe et une voix le désigne comme le Fils bien-aimé de sa joie.

Augustin contemple le mystère, source de notre foi : « Cette sainte et véritable Trinité, qui est pour nous un seul Dieu (…), se révèle de la façon la plus manifeste, le Père dans la voix, le Fils dans l’homme, l’Esprit dans la colombe. » (Ibid. VI, 5)

Puisque, comme dit Paul, « par le bain du baptême, Dieu nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint, » l’irruption de Dieu dans notre existence en transcende les limites. Enfantés de nouveau en JESUS, l’amour du Père repose sur nous et nous attire en lui. L’Esprit nous consacre pour nous donner part à la mission du Christ. Ce sacerdoce baptismal fait de nous des instruments vivants du Christ prêtre, prophète et roi.

Comme annoncé par les prophètes, le Christ JESUS nous rassemble, nous porte sur son cœur, nous nourrit, nous conduit : c’est pour faire de nous ses membres, revêtant sa tunique de service et d’offrande. Y croyons-nous vraiment ? Il vit en nous et agit par nous : c’est son intercession qui soulève notre prière, sa parole qui traverse notre voix, son amour qui dans nos cœurs vient toucher le monde.

Mais attention ! dit Augustin : « Ce baptême, sans la charité, ne te sert de rien » (Ibid. VI, 14). Alors que nous faut-il ? L’humilité de la colombe et le feu de la charité.

La simplicité d’un cœur droit, sans duplicité ni calcul, pour « renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde et vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété ».

Et dans cette humilité la ferveur de l’amour par lequel le Christ embrase nos cœurs pour « faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien ».

Ne le voyons-nous pas ? Notre monde désenchanté a besoin du Christ et le Christ nous y envoie. Mais notre mission de médiateurs de sa miséricorde n’est féconde qu’à la double mesure de l’humilité et de l’ardeur.

Le Seigneur JESUS se présente à nous dans la simplicité radicale du feu de son amour. Par notre consentement à l’alliance du baptême, il nous incorpore à l’Église, son Épouse. Dans quel but ? En elle, il nous donne de faire de notre vie une offrande féconde. Dans l’ardeur non pas de dominer le monde, mais d’y réveiller la soif de Dieu qui nous a faits pour lui. Dans l’humilité de se reconnaître non des héros, mais de pauvres et joyeux sauvés qui se laissent libérer et enfanter à la cité de Dieu, où nous attend l’harmonie de son éternelle beauté.

Frères et sœurs, celui qui nous fait vivre est plus important que ce que nous croyons pouvoir faire. Aussi, je vous y invite avec ces paroles de notre Père saint Augustin :

« Que le Seigneur vous donne d’observer tout cela avec amour, comme des êtres épris de la beauté spirituelle, répandant par leur vie la bonne odeur du Christ, non comme des esclaves sous la loi, mais comme des êtres rendus libres par la grâce. » (Règle des serviteurs de Dieu, VIII)





Revenir en haut Aller en bas
 

L'Homélie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 13 sur 13Aller à la page : Précédent  1, 2, 3 ... 11, 12, 13

 Sujets similaires

-
» Textes, homélies
» Homélie de Noël
» Je leur dédie pour leur belle vie de couple cette homélie(Pour Mirella)
» Homéopathie
» Homéopathie contre le stress

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
*** Forum Religions *** :: C H R I S T I A N I S M E :: Sanctuaires - Communautés Religieuses - Dévotions - autres... :: Etudes Bibliques-