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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 16 Avr 2018, 6:17 pm




Citation :
Évangile

« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour » (Lc 24, 35-48)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur JESUS, ouvre-nous les Écritures !
Que notre cœur devienne brûlant
tandis que tu nous parles.
Alléluia. (cf. Lc 24, 32)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les disciples qui rentraient d’Emmaüs
racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore,
lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit.
JESUS leur dit :
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
Touchez-moi, regardez :
un esprit n’a pas de chair ni d’os
comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
et restaient saisis d’étonnement.
JESUS leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara :
« Voici les paroles que je vous ai dites
quand j’étais encore avec vous :
“Il faut que s’accomplisse
tout ce qui a été écrit à mon sujet
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit :
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés, à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 15 avril 2018 à Leroux (Belgique)


Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la loi de Murphy !
Le nom de cette loi vient d’un ingénieur américain —Edward Murphy— passé à la postérité pour son extrême pessimisme. Le principe de Murphy veut que « si une chose peut mal tourner, elle va infailliblement mal tourner. » Si vous voulez, c’est le pessimisme et la fatalité érigés en règle, en loi de retombement.
Voilà sans doute un sentiment dans lequel nous sommes parfois emprisonnés : une espérance déçue, un souvenir douloureux qui refait inexorablement surface et nous tire vers le bas. Une peur de grandir, une peur de vieillir. Le temps qui passe fait alors croître en nous l’impression que le pire reste à venir. Et sans doute que cette loi de dépression était celle des disciples rentrant d’Emmaüs, saisis de peur et de crainte. « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur? » leur dit le ressuscité. Notre monde est traversé par ces tendances lourdes de l’angoisse et de la crainte. Mais faut-il pour autant abdiquer et céder ? N’avons-nous pas à témoigner de quelque chose d’autre ?
D’être en rupture avec le pessimisme ambiant ?

L’événement de Pâques n’est-il pas justement la traversée de ce sentiment-là, de cette loi retombement ? L’espérance chrétienne vient ainsi défataliser notre histoire ! Car l’évènement de Pâques est bien notre propre traversée de ces forces de mort. Certes, il y a de l’inéluctable et de l’irrésolu dans nos vies, mais l’espérance pascale nous montre que c’est justement dans ces dimensions-là de notre être qu’un deuil fécond peut faire son chemin. En chaque personne, quel que soit son âge, peut germer quelque chose de radicalement neuf !

Cet événement de Pâques s’accomplit

chaque fois que la tristesse est transfigurée en joie ;

chaque fois que la perte de l’être cher n’est plus vécue comme un abandon,

chaque fois qu’un deuil se vit, qu’un pardon se donne,

qu’une relation s’apaise.

Pour cela, il faut accepter de passer par un processus de deuil. Comment ? JESUS montre à ses disciples ses mains et ses pieds, la marque des blessures. Faire un deuil, c’est relire une histoire blessée de manière non douloureuse. C’est relire sa vie, ouvrir son cœur à l’intelligence des écritures pour tourner véritablement les pages de son existence. La traversée de Pâques consiste bien en cette capacité à relire autrement son histoire, pour la relier à ce qui la dépasse.C’est redécouvrir une paix réelle dans le concret du quotidien et retrouver du goût à la vie, de la saveur dans l’instant présent. « Avez-vous quelque chose à manger ? » dit le ressuscité à ses disciples !

Et voilà donc la marque des êtres de résurrection. Ce sont des hommes et des femmes qui ont faim ! Nous le savons, la faim n’existe que s’il y a un petit creux. Une faille. Un manque. Un tombeau vide. Tout comme l’amour, qui ne s’épanouit que s’il accepte l’imprévisible, la vie n’a de sens que si elle accueille l’incomplétude afin de faire naître des possibles, afin d’offrir de l’inespéré.

Pour vivre ce souffle de Pâques —celui qui nous ouvre à l’intelligence de l’écriture de notre vie— il n’y a aucune théorie, il n’y a pas de loi automatique de relèvement qui nous ferait sortir de nos forces de mort, qui nous éviterait retomber dans les tombes de nos peurs… Car ressusciter n’est pas une nécessité qui s’impose à nous. Il y va avant tout de notre choix. C’est à nous d’être des témoins, nous dit le Christ. D’être témoins par des gestes concrets. Une étude en psychologie comportementale a montré que les gens étaient deux fois plus susceptibles de s’arrêter pour aider quelqu’un si juste avant, ils avaient été témoins d’un acte d’entraide et de bienveillance !

Alors, qu’attendons-nous

pour répandre à notre tour de cette bienveillance?

A nous de relever les instants éphémères de nos existences,

pour leur conférer goût et saveur.

A nous d’être contagieux et témoins de cette espérance, par nos attitudes d’amour et de douceur.

Soyons ainsi contagieux de ce relèvement de Pâques par notre faim d’humanité —que Dieu soit invoqué ou non— pour peu que nos gestes fassent surgir en nos proches le meilleur d’eux-mêmes, et entre eux, une paix profonde. Amen



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 23 Avr 2018, 7:46 pm



Citation :
Évangile

« Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11-18)

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 22 avril 2018 à Rome (Italie)


Frères et sœurs, en entendant le Christ dire : je suis le Bon Pasteur, le vrai berger, nous n’allons pas continuer de nous lamenter sur la baisse des vocations, mais lever la tête et regarder mieux. Il nous parle de lui, comment nous parle-t-il de nous ? Et si nous regardions les choses à l’endroit, au lieu de les prendre à l’envers ? C’est de lui qu’il faut partir, nous regarder comme Eglise à la lumière de sa résurrection, et alors seulement nous regarder chacun.

Il y a Eglise parce qu’il y a résurrection, parce que le Seigneur veut que sa résurrection atteigne tous les hommes et transfigure notre histoire. S’il est venu, et jusqu’au bout, en traversant la mort, c’est pour que nous ayons la vie, tous, et la vie éternelle. Dès lors le Bon Pasteur prend soin, jour après jour, de son troupeau. Que cette image pastorale n’évoque pas pour nous une humanité moutonnière. C’est beau un berger, c’est beau un troupeau : nous voilà invités au plein vent et à l’altitude, et à une manière de vivre ensemble où nous ne sommes pas laissés sans soins ni à notre solitude.

Réalisons le plus important : c’est l’Eglise tout entière qui a une vocation. Elle est appelée à devenir toujours plus un « corps d’espérance ». L’Eglise, à quoi cela sert ? Cela sert à donner corps et visibilité au Royaume de Dieu qui advient avec le Ressuscité. A donner les signes, efficaces, effectifs, du salut, pour un monde remis sur ses pattes. Au fond, le salut, c’est quand ça va, quand l’être humain est restitué à son intégrité. Il n’y a pas à chercher de choses extraordinaires qui nous sortiraient de notre condition. Mais le Seigneur a fait des miracles, c’est-à-dire les « merveilles de Dieu », qui sont comme des fenêtres dans le tunnel, montrant le Royaume vers lequel nous nous dirigeons. Ces merveilles, c’est le plus souvent guérir, nourrir, réconcilier. A nous chrétiens de faire à présent ces miracles, comme on le lit dans les Actes des Apôtres. A nous de soigner, de nourrir corps et âmes, à nous cet appel aussi de travailler à la paix, du plus proche au plus lointain. Pour ce faire nous sommes soutenus par notre baptême et par l’eucharistie. Il faut que les chrétiens soient pour le monde une bénédiction.

A cela Dieu appelle plus que jamais, mais aussi, par suite, aux vocations plus spécifiques qui permettent de prendre soin du Peuple de Dieu lui-même. On voit combien les réponses aux vocations sont nombreuses et enthousiastes de par le monde, là où l’Eglise contribue de mille manières à la construction de pays fragiles, vulnérables, divisés par la guerre, souffrant du manque de tout, mais pas de confiance en Dieu, d’appétit de vivre et de désir de paix. Ce n’est pas Dieu qui n’appelle plus : à Eglise vivante, vocations nombreuses. Des vocations avec et pour : avec l’appui du peuple de Dieu et pour sa mission. Vraiment, il y a du bonheur à donner sa vie pour prendre soin du Peuple de Dieu…

C’est pourquoi le Bon Pasteur continue de faire signe à tous ceux, toutes celles qui veulent s’y engager. Comme ministres ordonnés : pour enseigner, en veillant sur la Parole de Dieu ; pour célébrer les sacrements ; pour présider à la construction de l’Eglise, en serviteurs de la communion et de la mission. Comme religieux et religieuses, ou personnes consacrées, pour soigner et éduquer, là où l’humanité est vulnérable ou en devenir. Pour se dévouer aussi, comme contemplatifs, à la prière, qui maintient l’humanité au fil des siècles.

Le Pape François aime beaucoup la toile du Caravage dans cette église qui représente la vocation de saint Matthieu, il me l’a dit plusieurs fois. La dernière fois, il a eu une phrase percutante : sono sempre li, je suis toujours là ! Manière de dire : il faut que j’aille à ce qui m’appelle, et Dieu sait si une journée de pape est chargée ; mais au fond, je suis toujours là, devant le Christ qui fait signe : veux-tu me suivre ? Veux-tu laisser tes sous et changer de vie ? Veux-tu être apôtre ? Veux-tu évangéliser ?

Frères et sœurs, à chacun de nous le Seigneur fait signe. Voulons-nous écouter son appel et le suivre, prendre soin de l’Evangile et de son Peuple ? Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 02 Mai 2018, 6:57 pm




Citation :
Évangile

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » (Jn 15, 1-8)

Alléluia. Alléluia.
Demeurez en moi, comme moi en vous,
dit le Seigneur ;
celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 29 avril 2018 à Notre-Dame de Maylis (40)


« Porter du fruit »
Très nettement le thème de cet évangile est celui-ci, car on retrouve 6 fois cette expression dans ce petit passage.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Et qu’est-ce que JESUS veut nous dire ?
Au simple plan humain, tous nous désirons « porter du fruit », être utile aux autres, faire du bien, exercer une profession où l’argent ne soit pas le seul critère, mais où notre action, notre manière d’être, apporte quelque chose aux autres.
Dans nos relations, nous souhaitons, d’une manière ou d’une autre, faire du bien autour de nous.
Des parents qui donnent vie et éduquent des enfants portent du fruit, et ils souhaitent que ce soit un fruit de qualité.
Tout cela rend heureux, c’est très bon, et nous en avons besoin. Mais est-ce de cela dont parle JESUS ?
« Moi, je suis la vigne et vous les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits. »
De quel fruit s’agit-il ?
JESUS est la vigne qui donne du fruit à travers les sarments que nous sommes.
Les fruits que nous portons sont ceux que la sève, reçue du cep de vigne, nous fait porter.
Quelle est cette sève, qui traverse le cep, habite les sarments, et leur fait porter du fruit ?
Quelle est-elle cette sève, qui circule en nous, transmise par JESUS ?
C’est l’Esprit de Dieu, dont JESUS est habité, constitué, et qu’il nous transmet.
C’est l’Esprit Saint, c’est l’Esprit d’Amour.
C’est l’amour qui vient de Dieu, l’amour dont Dieu nous aime.
Chers Frères et Sœurs, voilà le fruit que nous pouvons porter, si nous restons greffés sur le cep de vigne, si nous restons unis à JESUS.
Nous transmettons l’amour que Dieu a pour le monde.
Voilà le seul vrai bien que nous puissions faire autour de nous : transmettre l’amour que JESUS a pour les personnes qui nous entourent.
Quand nous contemplons la figure de JESUS, sa personne, sa manière d’être, cela nous montre ce que Dieu veut réaliser en nous. De même que JESUS est rempli de l’amour reçu de son Père céleste, et il nous le transmet, de même, par nous aussi l’amour de Dieu veut se répandre et rejoindre tous nos frères et sœurs en humanité.
D’ailleurs, de nos jours, n’avons-nous pas un exemple actuel qui nous est transmis par la télévision ? Le Pape François à l’égard des enfants, ou des malades, à l’égard de toutes les pauvretés, n’est-il pas un reflet de l’amour de Dieu pour chacun ?
La Bonne Nouvelle transmise par l’évangile d’aujourd’hui, c’est que Dieu veut réaliser cela en nous ! Dieu veut nous rendre porteur de son amour, transmetteur de son amour, quelque soit notre condition. Que nous soyons actif dans la vie, ou bien fatigué par l’âge ou la maladie, ou même en prison, quelque soit notre état de vie, Dieu veut nous faire porter du fruit en aimant les hommes à travers nous.
Et pour cela, que nous dit-il ?
« Demeurez en moi, comme moi en vous »
C’est-à-dire : regardez JESUS dans la prière, laissez vous remplir de ses sentiments, des ses actions, de ses gestes. Petit à petit son exemple vous transformera à son image.
Et puis ne tolérez pas de garder dans votre cœur des sentiments opposés à l’amour. Pas de haine, pas de désir de vengeance, pas de dureté de cœur, de jugements. Tout cela, ne le supportez pas en vous. Alors vous serez comme un sarment bien greffé sur JESUS, et vous porterez du fruit, un fruit de qualité.
« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit, et que vous soyez pour moi des disciples. »



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 11 Mai 2018, 8:56 pm



Citation :
Évangile

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 9-17)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole,
dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements,
vous demeurerez dans mon amour,
comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père,
et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite.
Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis
si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs,
car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande :
c’est de vous aimer les uns les autres. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 6 mai 2018


Nous pouvons vraiment aimer comme JESUS

Textes : Ac 10, 25-48 / 1Jn 4, 7-10 / Evangile : Jn 15, 9-17

Quel est notre désir le plus profond ? Aimer et être aimé ! L’amour reçu et donné apporte la joie, « la joie parfaite » dont parle JESUS dans l’Evangile. A l’inverse de ces gens, dont parle le philosophe Jean Guitton : « qui sont durs, farouches ou inexistants parce qu’ils n’ont jamais été aimés ! ». Mais comment parvenir à la joie quand on n’a pas reçu d’affection, quand l’amour est abimé, trahi parfois, au sein d’un couple, dans une famille ou un voisinage ? Comment avoir en nous la joie ?

A chacun, l’Evangile ouvre un chemin qu’on pourrait résumer ainsi : Ecoute JESUS ! Demeure profondément uni à Lui ! Aime comme Lui ! »

La première partie du commandement de l’amour donné par JESUS est bien connu : « Aimez-vous les uns les autres ». Mais la suite est importante : « comme je vous ai aimés. »

Comment JESUS a-t-il aimé ? En vivant cette parole: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Donner sa vie pour ceux qu’on aime, voilà l’amour vrai ! Pensons à ceux qui se donnent pour les autres : comme Arnaud Beltrame et bien des personnes qui ont fait preuve d’héroïsme, mais aussi toutes les personnes qui se dévouent pour les autres dans la vie ordinaire : les mères de famille qui prennent soin de leurs enfants et préparent le repas de dimanche, ceux qui soignent avec amour les malades, ceux qui accompagnent ce we des jeunes sur un terrain de sport, les personnes âgées et handicapées qui prient pour leurs proches, pour le monde.

JESUS a ouvert le chemin d’un amour très grand, pour tous les hommes, sans aucune frontière de race ou de culture.

Dans la première lecture, l’apôtre Pierre annonce que « Dieu est impartial, qu’il accueille quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes ». L’Esprit de Dieu descend ainsi sur cet homme nommé Corneille et sur toute sa famille. C’est une Bonne Nouvelle pour nous ! Dieu veut mettre en nous son propre amour, son Esprit Saint. En accueillant cet Esprit d’amour au baptême, en nous laissant modeler par lui, en l’invoquant souvent dans la prière et dans tous les actes de notre vie ordinaire, nous pouvons vraiment aimer comme JESUS.

Mais aimer profondément dans la durée semble si difficile ! Nous pouvons alors être déçus de ne pas aimer comme on le voudrait.

Pourtant l’amour vrai et durable est possible. En JESUS, Dieu nous le donne. St Jean nous le dit : « l’amour vient de Dieu ». Alors demandons-le sans relâche, prions avec persévérance ! Malgré nos fragilités personnelles, Dieu nous offre son amour.

Soyons bien convaincus, comme nous le dit JESUS dans l’Evangile, que « tout ce que « nous demanderons à Dieu, notre Père du Ciel, par le nom de JESUS, Il nous le donnera » !

Notre monde est en manque d’amour, de fraternité, de solidarité. JESUS nous demande par ses paroles, par son exemple, d’oser sortir de nous-mêmes, de nos replis confortables, de notre peur des autres, notamment ceux qui sont différents de nous. Car le véritable amour nous envoie vers eux, quelles que soient nos capacités : même quand on est cloué sur un lit de malade ou infirme dans sa maison, on peut sortir de soi en priant pour le monde, pour l’humanité. JESUS nous choisit tous pour donner de l’amour, un fruit qui demeure « si nous nous aimons les uns les autres comme Lui nous a aimés. »
« Au terme de cette vie, nous serons jugés sur l’amour », écrivait Saint Jean de la Croix. Nous n’avons reçu la vie que pour aimer et nous donner, à l’exemple de la vie offerte de JESUS pour nous. Faisons comme Lui ! Une joie profonde alors nous envahira ! La joie d’aimer de l’amour même de Dieu !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 14 Mai 2018, 8:24 pm






Citation :
Évangile

« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Alléluia. (Jn 14, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé, JESUS Christ.

Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie du 13 mai 2018 à Saint-Florent (Corse)


Vivre au monde

Avez-vous peur du monde ? Si quelques optimistes disent que nous vivons une époque formidable, d’autres diront que le monde est hostile. Alors certains s’accommodent de l’isolement et de l’individualisme. Des croyants se désoleront que le monde est athée. Des chrétiens voudront se garder d’un monde malsain. Le monde ne peut pas changer, diront certains, et ils deviendront complices de la médiocrité. D’autres s’installeront dans une contre-culture, voulant créer le club des purs. Mais en ne se confrontant plus à l’adversité, ils ne témoigneront plus de rien.

Vivre au monde n’est pas simple. JESUS lui-même le reconnait lucidement dans la prière à son Père quand il lui parle de nous : « le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde ». Mais il lui dit : « je ne prie pas pour que tu les retires du monde ». Même si par son Ascension il nous montre que nous sommes faits pour la gloire du ciel, il dit que, pour l’heure, notre place est bel et bien dans ce monde : « De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde ».

Alors quelle posture prendre, frères et sœurs ? Ne pas jouer les « inadaptés à ce monde ». Dieu ne nous protège pas par l’extérieur. Il nous garde de l’intérieur. Il nous donne une colonne vertébrale, pas une carapace : c’est cette colonne vertébrale qui fait que nous aimons, que nous restons joyeux et que nous cherchons la vérité.

Cette colonne vertébrale, c’est l’Esprit Saint. C’est par lui que Dieu nous garde de l’intérieur, pour nous rendre capables de nous risquer vers l’extérieur, vers toute adversité ou vers tout appel. « Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en Dieu et Dieu en nous : il nous a donné part à son Esprit » (Cf 1Jn, 4, 11-16). Nous engager dans le monde, c’est vivre notre histoire. C’est prendre part à l’histoire du monde en nous y tenant de plain-pied mais portés par l’Esprit-Saint.

« L’histoire est une mystique, une marche vers Dieu », disait Giorgio La Pira, ancien maire de la ville italienne de Florence, très investi auprès des pauvres et soucieux du bien commun. Il faisait partie à la fois du Tiers-Ordre dominicain et du Tiers-Ordre franciscain (ce sont des fraternités, dans l’esprit des confréries que l’on trouve en Corse). Il était donc un chrétien laïc avec une vie spirituelle qu’il essayait de garder solide pour tenir sa place dans ce monde et y rayonner de la prévenance de Dieu.

Vivre au monde est notre première expérience mystique si nous désirons que l’Esprit Saint soit notre mouvement intérieur, notre gouvernail dans l’histoire des hommes. Nous marchons vers Dieu en empruntant sans état d’âme la terre des hommes.

Entre l’Ascension et la Pentecôte, nous voici dans une neuvaine pour demander à Dieu son Esprit. Mais nous ne demandons rien qui nous soit extérieur. Nous demandons à Dieu de réveiller en nous ce qu’il a déjà donné et qui est si intérieur à nous-mêmes : l’Esprit créateur, l’Esprit d’amour, l’Esprit de liberté, l’Esprit de joie, l’Esprit de vérité…

Alors peur du monde ? Non, car l’Esprit est notre vie (cf. Rm 8, 1-11) : Dieu pour nous !

Le récit du choix de Matthias pour remplacer Judas et garder douze apôtres montre combien les chrétiens croient l’Esprit présent à la vie de l’Eglise en ce monde. Mais à nous de redire que nous voulons qu’il agisse en nous ; qu’il soit notre guide.

Lorsque nous prierons toute cette semaine : « Viens Esprit de sainteté ! », comprenons que nous disons : « Ô mon être, fais confiance, agis par l’Esprit que Dieu t’a donné !

Ô mon Dieu, agis par moi pour que je vive en ce monde en faisant le bien ». Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 23 Mai 2018, 8:13 pm




Citation :
Évangile

« Des fleuves d’eau vive couleront » (Jn 7, 37-39)

Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia. (.)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Au jour solennel où se terminait la fête des Tentes,
JESUS, debout, s’écria :
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi,
et qu’il boive,
celui qui croit en moi !
Comme dit l'Écriture :
De son cœur
couleront des fleuves d’eau vive. »
En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint
qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui.
En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit,
puisque JESUS n’avait pas encore été glorifié.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Citation :
Évangile

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15)

Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Quand viendra le Défenseur,
que je vous enverrai d’auprès du Père,
lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père,
il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage,
car vous êtes avec moi depuis le commencement.

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 20 mai 2018 (Pentecôte) à Hengelo (Pays-Bas


Il arrive trop souvent que des gens qui parlent une même langue ne se comprennent finalement pas. Ils parlent certes les uns aux autres, mais communiquent à des niveaux différents. Ces personnes ne se comprennent pas, parce qu’il leur manque une attention réciproque.

En cette fête de la Pentecôte, nous avons entendu dans la première lecture que le Saint-Esprit donne aux disciples la capacité de se faire comprendre. Ils ont fait l’expérience d’être compris. La Parole de Dieu est désormais entendue par des personnes dont ils ne soupçonnaient pas la capacité de compréhension. Ainsi, non seulement la langue joue un rôle, mais aussi le contexte culturel. Les disciples se sont entendus et se sont compris par le Saint-Esprit, qui a placé en chacun d’eux cette capacité de comprendre l’amour de Christ. Quelle expérience cela a dû être pour les disciples !

Chaque baptisé, chaque enfant de Dieu, est porteur du Saint-Esprit. En chacun de nous, se trouve cette faculté de regarder au-delà des frontières. En nous, se trouve la capacité de faire véritablement cette expérience de l’Amour de Dieu, et de le partager aux autres. C’est une mission énorme, et un objectif qui n’est pas encore atteint aujourd’hui. Car, malgré le fait que nous avons une base commune en JESUS Christ, nous sommes encore trop souvent divisés : dans nos paroisses et nos communautés religieuses, dans tous les pays et à travers les continents. Notre compréhension de l’autre —pourtant enracinée dans notre foi en JESUS Christ— est cependant obscurcie par nos propres intérêts, par nos choix politiques et souvent aussi par la peur.

La Pentecôte n’est-elle pas cette fête dans laquelle il nous est rappelé que les disciples de JESUS ont su surmonter leur peur ? Ils ont réalisé qu’aux yeux de Dieu, il n’est pas question d’ego, de « moi » ou de « toi », mais d’un « nous ». Le Saint-Esprit n’a-t’il pas donné aux disciples le pouvoir de franchir leurs propres murs et d’approcher les autres ouvertement, sur la simple base du commandement du Christ de nous aimer les uns les autres ?

Frères et sœurs, en cette période, nous commémorons de diverses manières, la fin d’une guerre qui a déchiré notre continent et causé une profonde misère. Il y a encore bien des divisions. Aujourd’hui, en tant que chrétiens animés par l’Esprit, puissions-nous travailler à combler les différences de langues et de cultures, construire des ponts entre nous et rechercher la force dans l’unité. Puissions-nous faire l’expérience maintenant d’être unis par l’Esprit, autour de la Table de l’Eucharistie ; d’être toutes et tous enfants de Dieu.
Et que la langue de l’amour de Dieu puisse résonner en nous pour toujours.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 29 Mai 2018, 7:42 pm




Citation :
Évangile

« Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 16-20)

Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (cf. Ap 1, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où JESUS leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
JESUS s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 27 mai 2018


1ère lecture : Dt 4, 32-34.39-40

Psaume 32

2ème lecture : Rm 8, 14-17

Évangile : Mt 28, 16-20

Qui est Dieu ? C’est une vraie question. Elle est décisive pour comprendre le sens de notre vie. Beaucoup de gens aujourd’hui se disent volontiers « agnostiques », estimant que l’on ne peut pas répondre à cette question, que l’on ne peut pas savoir qui est Dieu. Quel dommage ! Dieu nous a justement donné une intelligence pour mieux le connaître mais cela suppose que notre cœur est ouvert à sa lumière et à son amour. Evidemment on ne saisira jamais tout le mystère de Dieu mais dans l’évangile d’aujourd’hui JESUS nous dit une chose essentielle, lorsqu’il envoie ses Apôtres baptiser « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »

Ce mystère de la Trinité est au cœur de la foi chrétienne, et il est même son originalité. Nous croyons en un seul Dieu. Oui Dieu est unique, mais il n’est pas solitaire. Il est un brasier d’amour, entre le Père et le Fils, dans l’Esprit. Pour Dieu vivre c’est aimer, et aimer c’est se donner. De toute éternité le Père se donne au Fils dans une générosité absolue. Comme il lui donne tout, il en fait son égal, sa parfaite image. En retour le Fils se donne au Père, totalement lui aussi. Cet échange d’amour incroyable, c’est l’Esprit Saint, il jaillit de leur don mutuel, il est leur amour personnifié. Dieu est donc à la fois unique et communion d’amour. Tout est commun aux trois personnes divines, mais chacune a sa manière d’aimer.

Cette vie d’amour en Dieu, personne n’aurait pu l’imaginer. Elle est pourtant la clé pour comprendre toute notre vie car il nous a créé à son image. Savoir qui est Dieu permet donc de savoir qui nous sommes. Savoir que vivre c’est aimer, et qu’aimer c’est se donner, permet de découvrir le sens profond de notre existence et donc le chemin du bonheur. Dieu a inscrit au plus profond de notre cœur la loi de l’amour, du don, c’est la loi de la vie. Non seulement il nous appelle à aimer comme lui, mais il veut nous faire partager son propre amour, partager sa vie. Cela suppose une double humilité.

La première est l’humilité de l’intelligence qui accueille Dieu tel qu’il est, tel qu’il se révèle, sans chercher à le faire entrer dans nos petites cases toujours trop étroites pour lui. Sommes-nous prêts à cet acte l’humilité qui accueille Dieu tel qu’il se révèle, tout simplement ? Dieu est tellement plus grand, tellement plus intelligent, tellement plus beau que tout ce que nous pouvons imaginer. Entendez-vous les anges qui chantent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ».

Devant tant de beauté et de grandeur, nous prenons conscience de notre misère. C’est la seconde humilité, l’humilité de la vie. C’est l’expérience que l’on n’arrive pas à aimer comme on le voudrait, à aimer dans le don joyeux de soi aux autres, un don qui les fait vivre et exister, comme le don en Dieu. Notre amour est souvent étroit, égoïste, craintif, et donc triste. Qui va libérer nos cœurs ? C’est l’Esprit Saint, l’amour en personne, celui qui fait la communion. Saint Paul le disait : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu ».

En ce dimanche de la Sainte Trinité, demandons un cœur humble, ouvert à la lumière et à l’amour de Dieu. Dans l’Eucharistie que nous allons maintenant célébrer, JESUS se donne à nous pour que nous ayons la joie de nous donner à lui et aux autres.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 05 Juin 2018, 7:43 pm




Citation :
Évangile

« Ceci est mon corps, ceci est mon sang » (Mc 14, 12-16.22-26)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain,
où l’on immolait l’agneau pascal,
les disciples de JESUS lui disent :
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs
pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant :
« Allez à la ville ;
un homme portant une cruche d’eau
viendra à votre rencontre.
Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire :
“Le Maître te fait dire :
Où est la salle
où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage,
une grande pièce aménagée et prête pour un repas.
Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ;
ils trouvèrent tout comme JESUS leur avait dit,
et ils préparèrent la Pâque.

Pendant le repas,
JESUS, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit, le leur donna,
et dit :
« Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe
et ayant rendu grâce,
il la leur donna,
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
« Ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis :
je ne boirai plus du fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau,
dans le royaume de Dieu. »

Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 3 juin 2018 à Piétrebais en Belgique

La tendresse bienveillante

Il y a quelques années, lors d’une messe de premières communions, le célébrant rappelait aux enfants que, puisqu’ils avaient reçu le corps du Christ, ils étaient devenus des tabernacles vivants et que cela devait dorénavant se voir sur leurs visages. Il leur donna ensuite une mission : « la prochaine fois que vous entrez dans une église, observez les gens et lorsque vous voyez quelqu’un qui a l’air triste, allez vers cette personne et demandez-lui ce qui la tracasse. Si elle vous partage ses soucis, promettez-lui de prier pour elle et pour ses proches comme cela elle ne sera plus seule à porter ses tracas. En revanche, si elle vous dit que tout va bien, vous avez maintenant le devoir de lui dire : ‘mais alors pourquoi vous tirez une tête comme celle-là alors que vous êtes dans une église ?’ ».

Cette histoire réelle, m’amène à la question suivante : avons-nous toujours des airs de sauvés lorsque nous quittons nos célébrations dominicales habités de la présence du Christ auquel nous venons de communier ? Célébrer une fête comme celle d’aujourd’hui est là pour nous rappeler que le Saint-Sacrement est une nourriture spirituelle qui nous pousse à sortir pour partir à la rencontre des autres avec une bienveillance toute divine. A l’image de cette bienveillance du Fils de Dieu qui n’a pas hésité à donner sa vie pour nous. A notre tour, rassasiés de notre communion au corps et au sang du Christ, nous sommes conviés à mettre de la bienveillance dans nos vies. La bienveillance nous permet d’entrer dans une relation non pas de fusion qui conduirait à de la confusion mais plutôt une relation d’union. Et l’union que nous sommes à notre tour appelés à vivre entre nous et avec le Père dans le Fils et par l’Esprit se construit sur une bienveillance réciproque puisque celle-ci est une dynamique de vie à partager.

En effet, « bienveiller » est le propre de celui qui se sent responsable d’autrui. Voilà pourquoi les postures du « bienveilleur » et du « bienveillé » ne sont pas toujours simples. L’expérience de la vie nous accompagne mais il peut également nous arriver d’être désarçonnés. Il nous faut alors prendre le temps du recul pour poser à nouveau un regard de bienveillance en cherchant à donner sens à ce qui au départ pouvait paraître tellement insensé. Et ce regard nous sommes conviés à le tourner vers un présent éternel, c’est-à-dire, pour reprendre les mots de Lytta Basset : « ce qui reste pour toujours en nous quand une fois, une seule fois peut-être, nous avons été visités par la Bienveillance ». La bienveillance se nourrit ainsi de l’espérance qui s’émerveille des avancées de la vie au plus intime de l’être humain. Elle « accompagne un processus irréversible, au rythme des saisons de chacun » (L. Basset).

Nous assistons ainsi à la mise à la Vie d’une tendresse bienveillante qui prend sa source dans le coeur de celui qui la donne. Elle réchauffe l’être « bienveillé » de la lumière de l’âme pure du « bienveilleur » qui le pousse à mieux se regarder, à se déplacer vers

davantage de vérité, à entrevoir une nouvelle espérance de vie au coeur de ses propres blessures. La tendresse bienveillante se marque par un timbre de voix qui ne condamne pas mais qui cherche toujours à relever le « « bienveillé ».

La tendresse bienveillante se laisse découvrir dans un regard empreint d’empathie qui se pose tendrement sur l’être accompagné. La tendresse bienveillante s’exprime dans la douceur d’une caresse qui fait à nouveau exister l’être aimé. La tendresse bienveillante est donc d’ordre vital et divin. C’est pourquoi, nous sommes toutes et tous invités à conjuguer à foison ce verbe « bienveiller ». Car c’est en bienveillant que nous permettons à la tendresse de se vivre et ce quelle que soit notre situation de vie. Que nous soyons debout, assis ou couché, la bienveillance est à portée de main. Que cette célébration nous permette de vivre nos vies en cohérence avec ce que nous croyons et que la bienveillance soit le signe de l’Esprit Saint au coeur de nos existences. Alors peut-être aurons-nous véritablement des airs de sauvés car nous nous savons, entre nous, tantôt « bienveilleurs », tantôt « bienveillés » mais, en Dieu, toujours « bienveillés » afin de devenir « bien éveillés » à la Vie qui nous a été donnée.

Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 11 Juin 2018, 8:50 pm




Citation :
Évangile

« C’en est fini de Satan » (Mc 3, 20-35)

Alléluia. Alléluia.
Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors,
dit le Seigneur ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
je les attirerai tous à moi.
Alléluia. (Jn 12, 31b-32)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »

Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :
« Il est possédé par Béelzéboul ;
c’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui,
JESUS leur dit en parabole :
« Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même,
ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,
ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé,
il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort
et piller ses biens,
s’il ne l’a d’abord ligoté.
Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis :
Tout sera pardonné aux enfants des hommes :
leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
il n’aura jamais de pardon.
Il est coupable d’un péché pour toujours. »
JESUS parla ainsi parce qu’ils avaient dit :
« Il est possédé par un esprit impur. »

Alors arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors, ils le font appeler.
Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Texte de l'Homélie du 10 Juin 2018

Paroisse : Basilique de Notre-Dame de Liesse


Un jour je fais de bonnes actions et je marche dans la bonne direction ; le lendemain, j’abandonne mes bonnes résolutions, je retourne en arrière et je me laisse entrainer là où je ne voudrais pas. Pourquoi ces alternances ? Pourquoi suis-je inconstant ?

Un adulte qui demandait le sacrement de confirmation m’exprimait la douloureuse alternance qu’il expérimentait… malgré lui. « Je me suis fait baptiser l’année dernière. /…/ Ma vie spirituelle a toujours connu des hauts et des bas, mais depuis mon baptême j’ai l’impression que ce balancement s’est accéléré et a pris une amplitude plus grande. /…/ Le Seigneur m’a octroyé de grandes grâces, mais il permet aussi que je sois parfois tenté violemment, et je passe parfois plusieurs semaines dans la nuit totale ».

Frères et sœurs, il y a au profond de nous une aspiration à la paix. Y compris chez celui dont le comportement est violent ou pervers, il y a, en profondeur, une aspiration à la paix. Nous aimerions harmonie, croissance et pureté… Trop souvent dans nos familles, la dispute prend la place de la l’harmonie, dans le développement de notre vie personnelle ou professionnelle, la régression prend la place de la croissance et l’opacité cache la pureté. Douleur ! Comment gérer ces incohérences ? Dois-je subir cette fatalité ou puis-je trouver un chemin. Chemin, c’est bien le mot car dans la Bible nous observons une évolution.

Au commencement, nous voyons Eve, l’épouse d’Adam. Ayant connu à l’origine l’harmonie avec ses proches, ayant expérimenté la croissance et la pureté, elle a enfreint l’interdit. Conséquence : disharmonie, régression, opacité. De cela, elle est à la fois coupable, et victime : « c’est le serpent qui m’a trompée et j’ai mangé ». Douloureux visage de la première Eve. Pesant fardeau qu’elle nous transmet en héritage.

Il fallait une nouvelle Eve ! Afin d’inverser la logique de la suspicion et de sortir de la fatalité. Ce fut Marie, la Mère de JESUS. En Marie tout est oui. En Marie, harmonie et pureté. Non pas statique comme un beau lac de montagne, mais dans le mouvement, comme un torrent fougueux. Par la prévenance de Dieu et l’action de l’Esprit Saint, Marie inventa la confiance. Désormais la confiance est possible. Absolument.



Lève ton regard vers la statue de ND de Liesse. C’est l’éducatrice ! Elle tient son enfant debout sur ses genoux, car elle a pour mission de le guider vers son autonomie. Et déjà le Fils a les bras en croix : l’annonce de sa destinée future. A Liesse, la Vierge porte un manteau. Le manteau de l’innocence. « Je tressaille de joie dans le Seigneur, /…/Car il m’a enveloppée du manteau de l’innocence » (Isaïe). Cher téléspectateur, pas plus que moi tu n’es innocent. Mais aujourd’hui, tu as le droit d’aspirer à l’innocence perdue. Viens vers Marie, viens te cacher sous le manteau d’innocence dont elle est enveloppée. Laisse Marie déposer ce manteau sur ton âme, pour une purification.

Heureusement, Marie nous est proche. Heureusement, car pour nous, l’alternance continue. La douleur persiste, même si la joie est première et nous entraine ! « Nous ne perdons pas courage, – exhorte St Paul – et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour ». En puisant dans sa propre expérience, Paul éclaire très concrètement notre expérience. « L’homme intérieur se renouvelle ! »

Il y a bien un combat. Un combat rude. Un combat obscur. « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir ».

Aucun de nous ne sera jamais capable de se battre seul contre Satan, même si nous devons mettre toute notre énergie à le faire. Seul JESUS en est vainqueur. Sur la croix, JESUS s’est affronté au royaume des ténèbres. À Satan, le prince de ce monde. Osant même affirmer à l’heure de Gethsémani : « le prince de ce monde est jugé » (Jn 16, 11).

Marie Mère de Dieu, Marie Notre Mère, Marie Nouvelle Eve, toi qui écrasas la tête du serpent, réjouis-toi !



Réjouis –toi, en qui resplendit la joie du Salut

Réjouis –toi, en qui s’éteint la sombre malédiction

Réjouis –toi, en qui Adam est relevé de sa chute

Réjouis –toi, en qui Eve est libérée de ses larmes

Réjouis-toi, Epouse inépousée !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 18 Juin 2018, 7:09 pm




Citation :
Évangile

« C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle grandit, elle dépasse toutes les plantes potagères » (Mc 4, 26-34)

Alléluia. Alléluia.
La semence est la parole de Dieu ;
le semeur est le Christ ;
celui qui le trouve demeure pour toujours.
Alléluia. (-)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
parlant à la foule, JESUS disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables,
JESUS leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 17 juin 2018 au couvent de l’Annonciation à Paris


Frères et sœurs,

celui qui vous parle n’en mène pas large.

Parce que par exception, ce sermon est un sermon à domicile. Chez moi, dans mon couvent, devant mes frères dominicains ; avec en plus l’équipe du Jour du Seigneur au sein de laquelle, pendant la semaine, je travaille. Devant un tel aréopage, on ne peut que se sentir modeste.

Fort heureusement, l’Évangile nous rassure : la récolte ne dépend pas du semeur. Que veut dire JESUS, en effet, par les deux paraboles que nous venons d’entendre ?

D’abord, que le semeur n’a aucune idée de la façon dont le grain germe. Certes, depuis les environs de l’an 30, la science a progressé, mais sous le règne de l’empereur Tibère, on ne savait rien du mystère de la germination. On semait, on récoltait, et entre les deux… C’était l’affaire de Dieu.

Ensuite, que la graine la plus petite peut donner le plus bel arbre. Là encore, c’est l’affaire de Dieu.

Lorsque nous — non seulement nous, les prédicateurs, mais nous tous, les chrétiens — voulons transmettre notre foi, nous faisons cela : nous semons. Nous semons une toute petite graine, parce que notre foi est fragile et notre parole embarrassée. En famille ou avec nos amis, à l’église ou au catéchisme, avec nos enfants, avec nos petits-enfants, nous sommes bien conscients de ne pas semer beaucoup plus que des graines de moutarde. Quelquefois nous nous en faisons reproche. Mais en vérité, cela n’a pas d’importance. Dieu fait un jardin d’une graine de moutarde.

De même, nous nous inquiétons de savoir ni notre graine germe, nous peinons, nous suons, nous nous impatientons, nous tirerions presque sur la tige pour qu’elle grandisse plus vite — c’est vrai surtout, n’est-ce pas, pour les parents —, mais en vérité, elle grandit comme elle veut. Ou plutôt, elle grandit comme Dieu veut. Non seulement nous ne décidons pas, mais la terre dans laquelle nous avons semé, nos proches, nos fidèles, nos enfants, ne décident pas non plus. C’est Dieu qui fait germer la foi, c’est Dieu qui fait fleurir les cœurs.

Tout ce qui nous est demandé, c’est de semer les graines que nous avons. Si modestes soient-elles. De semer et d’espérer.

Cela est vrai de tous les prédicateurs ; de tous les enseignants ; cela est aussi vrai de chacun de nous. Notre témoignage, notre parole, notre exemple, sont les germes du Royaume de Dieu. Nous devons le croire, nous devons continuer à semer.

Nous n’avons pas à avoir peur de notre inexpérience, ou de notre peu de charisme, ou de nos propres défauts. Puisque ce n’est pas de nous que dépend la récolte. Nous n’avons pas à craindre l’hiver, l’échec apparent, les rebuffades, le regard d’autrui ; puisque c’est l’Esprit de Dieu qui fait germer.

Nous n’avons qu’à être comme les vrais semeurs, je veux dire, ceux qui, chaque année en novembre, sèment les vraies graines dans les champs dénudés, et qui attendent, qui espèrent, qui croient que le mystère de la vie, encore une fois, s’accomplira.

Nous n’avons qu’à croire que s’accomplira le mystère de la vie de Dieu dans le cœur de ceux que nous aimons, de ceux qui nous été confiés, de ceux même que nous n’avons fait que croiser un instant et qui n’ont reçu de nous qu’une minuscule graine de moutarde, un mot, un sourire, la plus petite graine qui soit.

Et nous le croyons. Parce que c’est ainsi que la foi s’est transmise dans l’humanité ; parce que c’est ainsi, d’hiver en printemps, qu’a toujours refleuri l’amour ; parce que Dieu n’abandonne jamais son peuple, son peuple de modestes semeurs, son immense peuple de semeurs de graines de moutarde.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 29 Juin 2018, 9:29 pm





Citation :

Évangile

« Son nom est Jean » (Lc 1, 57-66.80)

Alléluia. Alléluia.
Toi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, en présence du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins.
Alléluia. (Lc 1, 76)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L’enfant grandissait
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 24 juin 2018 à la Chapelle du Saint-Sacrement à Autun

Vous avez dit « naissance» ?

Vous êtes à l’écoute de cette liturgie ; vous participez ici à la prière de l’Eglise et vous y participez aussi dans votre lieu d’habitation ou de soins.

Connaissez-vous des amis proches qui désirent un enfant, et qui ne le voient jamais venir au jour ? Nos pauvres mots sont souvent impuissants pour rejoindre et consoler une telle souffrance. Et que dire, lorsque, au-delà de ce que l’on pouvait légitimement espérer, une naissance survient ?

L’Evangile de ce dimanche nous montre précisément la naissance d’un enfant dans un foyer juif âgé et stérile. Zacharie et Elisabeth, cousins de JESUS, ne pouvaient raisonnablement plus espérer une descendance dans leur chair. Et voici qu’arrive Jean-Baptiste ! Le nom de cet enfant, Jean est celui que ses parents lui donnent, auquel s’ajoute « Baptiste », celui de la mission qu’il remplira toute sa vie et jusqu’à la mort : désigner le Christ pour les autres; être suffisamment humble pour attirer à un autre que lui-même ; se réjouir que les autres écoutent le Christ.

Mais pourquoi, si longtemps après, parlons-nous de la naissance du petit cousin de JESUS ? En quoi cette naissance nous concerne-t-elle aujourd’hui ? Notre monde est devenu hautement technicisé. La régulation des naissances est habituelle. L’existence des procréations médicalement assistées devient courante. Et l’avancée des techniques biomédicales interroge plus que jamais le rôle propre de l’homme et de la femme dans l’accueil d’un enfant. Comment se comporte en effet un homme, ou une femme, devant un petit enfant qui vient de naître ? Quelle est la responsabilité des femmes et des hommes dans l’avenir d’une vie humaine ?

Les pères restent généralement bouche-bée devant un petit bébé qui vient de naître… et voici que l’Evangile nous montre au contraire un père qui retrouve alors la parole ! Il est intéressant de regarder ce qui se passe dans les retrouvailles de Zacharie avec la parole humaine. On se souvient que Zacharie était devenu muet, neuf mois avant la naissance de l’enfant. Retrouve-t-il alors purement et simplement la parole ou bien commence-t-il à parler tout autrement qu’avant ? Auparavant il était englué dans le brouillard du doute ; il pensait impossible que l’action créatrice de Dieu intervienne à ce point-là dans sa vie de vieillard. Il en était devenu muet.

A quoi bon parler quand les joies les plus profondes ont disparu de l’existence personnelle ?

Et ce père-là, encore muet au jour de la naissance de l’enfant, demande à écrire le nom de l’enfant qu’il vient de recevoir de Dieu ; Zacharie ne donne pas seulement à l’enfant une identité culturelle, comme on aurait pu s’y attendre ; il lui donne le nom que la mère a proposé : Jean, c’est-à-dire « Dieu fait grâce ». Dans l’humble reconnaissance de l’action tangible de Dieu dans son couple, Zacharie se met à parler en louant Dieu. C’est comme si sa parole était portée dans le berceau de la reconnaissance.

Dire des mots n’est pas grand-chose ; parler dans le souffle de l’Esprit-Saint est autre chose ! Chanter et louer Dieu, c’est faire surgir autour de soi la joie ! Etre ouvert à l’action de Dieu dans la solitude d’une chambre d’hôpital, ou dans la peine d’une solitude non choisie, cela aussi fait surgir la joie. Cela aussi est un chant qui bénit Dieu ! Chanter et rayonner la joie, c’est la vocation particulièrement des Petits Chanteurs à la Croix de Bois et des filles de la maîtrise de la cathédrale d’Autun. Retrouver la parole est déjà une belle chose ! Parler de manière nouvelle en élevant la parole humaine pour qu’elle loue Dieu et rejoigne le meilleur du cœur des autres, c’est encore plus beau !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 01 Juil 2018, 8:01 pm





Citation :
Évangile

« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » (Mc 5, 21-43)

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ JESUS, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS regagna en barque l’autre rive,
et une grande foule s’assembla autour de lui.
Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre.
Voyant JESUS, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité.
Viens lui imposer les mains
pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
JESUS partit avec lui,
et la foule qui le suivait
était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans…
– elle avait beaucoup souffert
du traitement de nombreux médecins,
et elle avait dépensé tous ses biens
sans avoir la moindre amélioration ;
au contraire, son état avait plutôt empiré –
… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de JESUS,
vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta,
et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt JESUS se rendit compte qu’une force était sortie de lui.
Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent :
« Tu vois bien la foule qui t’écrase,
et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
JESUS lui dit alors :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre,
le chef de synagogue, pour dire à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir.
À quoi bon déranger encore le Maître ? »
JESUS, surprenant ces mots,
dit au chef de synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner,
sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue.
JESUS voit l’agitation,
et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ?
L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors,
prend avec lui le père et la mère de l’enfant,
et ceux qui étaient avec lui ;
puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum »,
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher
– elle avait en effet douze ans.
Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et JESUS leur ordonna fermement
de ne le faire savoir à personne ;
puis il leur dit de la faire manger.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 1er juillet 2018 à la Chapelle Notre-Dame du Guelhouit à Melrand


Frères et sœurs,

Amis en Christ,

L’Evangile que nous venons d’entendre reflète la souffrance que je côtoie tous les jours à l’hôpital. Un homme, une femme sont atteints au creux de leur être.

Jaïre, le chef de la synagogue, un notable blessé, là où cela fait le plus mal dans son cœur de père : la maladie d’un enfant, ne peut se résigner à la mort de sa fille. Il incarne tous les parents, qui un jour ont été confrontés à cette terrible épreuve ; peut-être même sont-ils parmi nous.

Jaïre a sans doute entendu parler de JESUS. Il abandonne son Clavieril de chef et n’a pas honte de s’agenouiller et de supplier pour demander du secours. Ses paroles sont brèves : non pas un long discours, mais une prière toute simple et bouleversante, comme j’en entends tous les jours : « viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ». JESUS se laisse émouvoir et prend sur lui l’angoisse de Jaïre. Rien de ce qui fait souffrir l’homme ne lui est étranger.

En route avec ce père de famille, JESUS s’arrête pour répondre à une autre détresse, celle d’une femme. Nous ne connaissons ni son nom, ni son statut social.

Nous ne savons rien d’elle, sinon qu’elle est touchée par la maladie, au plus intime de son être de femme. N’est-elle pas au milieu de nous ?

Cet homme Jaïre, cette femme, dans la nuit noire de leur malheur, après avoir tout essayé pour s’en sortir, jusqu’à dépenser tout leur argent, posent un acte de foi, qui n’est pas un crédo en JESUS Fils de Dieu : mais l’expression de leur ultime recours.

JESUS laisse cette femme impure toucher la frange de son manteau, au risque d’être lui-même contaminé. Comme tout à l’heure, il touchera la petite fille morte, acte prohibé dans la culture juive. Mais quand il s’agit de guérir et de sauver un être humain, JESUS n’hésite pas à enfreindre les tabous et les préjugés de toute sorte. Il touche toutes les plaies humaines et se laisse rejoindre par elles.

Nous aussi, frères et sœurs, nous portons nos souffrances morales ou physiques, affectives ou psychologiques. Aujourd’hui encore nous souhaitons tous toucher JESUS, entrer en contact avec lui. Il ne fera pas nécessairement disparaître nos maladies et nos fauteuils roulants, mais il a le pouvoir d’apaiser nos angoisses.

Dans la chapelle de l’hôpital où j’exerce mon ministère d’aumônier, un merveilleux tableau représente la résurrection de la fille de Jaïre. On y voit JESUS accroupi, posant délicatement sa main sur la petite fille. Ses yeux contemplent tendrement le visage de l’enfant. Une douceur apaisante émane de cette scène. Nombreux sont les parents, qui ayant un enfant malade hospitalisé, la contemplent et y trouvent réconfort et consolation.

Frère, sœur, ami, durant sa vie terrestre, JESUS a posé ses mains sur toutes les détresses de l’homme. A la suite du Christ, tu peux continuer à renouveller ce geste magnifique de ta propre main. Et comme t’y invite le Pape François, deviens pour tous ceux qui souffrent « caresse de Dieu ».



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 10 Juil 2018, 7:15 pm




Citation :
Évangile

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (Lc 4, 18ac)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
JESUS leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors, JESUS parcourait les villages d’alentour en enseignant.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 8 juillet 2018 à la basilique du Précieux-Sang, à Neuvy-Saint-Sépulchre


« Est-ce que tu es prêt pour la mission ? ». Je vais bientôt partir en mission à Taiwan et on me pose parfois cette question. En réalité, frères et sœurs, je ne me sens pas prêt du tout. Et vous ? Est-ce que vous vous sentez prêts à évangéliser ? L’évangélisation, facile à dire, difficile à faire.

Je pense que le prophète Ezéchiel a dû ressentir la même chose quand le Seigneur s’est adressé à lui : « les fils ont le visage dur et le cœur obstiné ; c’est à eux que je t’envoie ». Il a dû dire : « Seigneur, tu m’envoies vers des gens qui n’écoutent pas, comment veux-tu que je remplisse cette mission ! » Mais pourquoi n’écoutent-ils pas ? Est-ce parce qu’Ezéchiel est mauvais ? Parce que Dieu a choisi une personne incompétente ? Non, c’est la même chose avec les autres prophètes : le peuple n’écoute pas la parole des prophètes ! Quelle en est la raison profonde ? C’est parce que Dieu leur demande quelque chose d’impossible, ainsi à Ezéchiel Dieu ordonne : « tu leur diras : « ainsi parle le Seigneur Dieu » ». Dieu demande quelque chose d’impossible : parler pour Dieu, or le prophète n’est pas Dieu. Il doit prononcer la parole de Dieu alors qu’il n’est qu’un homme !

Et c’est cela le drame : Dieu veut faire entendre sa parole aux hommes mais aucun prophète n’est capable de la porter et donc de la faire entendre.

Eh bien tout change avec JESUS ! Vous l’entendez prêcher à la synagogue de Nazareth ? Vous entendez la réaction de ses auditeurs ? Les gens ne disent plus comme avec les autres prophètes : « cet homme se prend pour Dieu mais ce n’est qu’un homme ». Non, ils disent : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette grande sagesse ? Quels sont ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? ».

La parole de JESUS frappe d’étonnement car elle est différente de la parole de tous les autres prophètes, c’est une parole qui a une autorité particulière. Pourquoi cela ? Parce que JESUS n’est pas un messager de la Parole, comme le prophète Ezéchiel et les autres prophètes, il est la Parole même de Dieu. Il est Dieu qui nous parle. Les habitants de Nazareth demandent : « D’où cela lui vient-il ? ». Cela lui vient de Dieu justement, de son Père. JESUS est homme, mais il vient de Dieu, et donc il peut dire la Parole de Dieu.

Mais alors ça change complètement ma manière de témoigner de Dieu ! Je n’ai plus à me mettre la pression en me disant que je dois parler à la place de Dieu comme le prophète Ez. Non, c’est JESUS lui-même qui est la Parole et qui parle. Et moi mon rôle c’est de le laisser parler, à travers mes actes et mes pauvres paroles. Evangéliser c’est laisser parler JESUS à travers moi en me convertissant pour qu’il puisse passer à travers moi.

Frères et sœurs, aujourd’hui nous sommes comme les habitants de Nazareth, nous écoutons JESUS qui nous parle et qui veut parler à tous les hommes. Comme ses auditeurs de ce jour-là nous pouvons ignorer la puissance de sa parole en disant qu’il n’est qu’un prophète de plus. Mais nous pouvons aussi reconnaître cette puissance en acceptant pleinement que JESUS est lui-même la parole de Dieu, qu’il vient de Dieu. Et alors JESUS-Christ pourra parler à travers nos vies, et alors nos vies pourront devenir des prophéties de JESUS-Christ. Confesser le fils du charpentier comme fils de Dieu et ainsi le laisser parler en nos vies, voilà qui me donne beaucoup de courage pour la mission.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 22 Juil 2018, 8:06 pm





Citation :
Évangile

« Ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6, 30-34)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
après leur première mission,
les Apôtres se réunirent auprès de JESUS,
et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux,
et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner,
et beaucoup comprirent leur intention.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, JESUS vit une grande foule.
Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 22 juillet 2018 à la basilique Notre-Dame de Verdelais


Qui s’occupera de nous ? Les textes de la liturgie me font penser à mon téléphone. Je reçois des messages de gens qui traversent des difficultésdans leur travail, dans leur couple ou dans la recherche pour leur avenir. Ils veulent de l’aide pour mettre des mots sur ce qu’ils vivent. Ils veulent relever la tête et être affermis dans leur foi au Christ.

Les textes de la liturgie me font aussi penser à des attentes plusieurs fois entendues. Ces jeunes croyants qui se sentent livrés à eux-mêmes faute d’avoir reçu l’enseignement de leurs aînés dans la foi. Ces chrétiens sensibilisés aux questions de société mais qui ont l’impression que personne ne leur a appris à prier. Ou encore ces paroissiens qui se sentent abandonnés parce qu’il n’y a plus de curé ou de communauté religieuse par chez eux.

Je suis très sensible à tout cela. Pourtant on me dit : il ne faut pas voir le verre à moitié vide ; il est aussi à moitié plein. Mais en vérité, nos vies sont marquées par bien des manques et bien des fragilités. C’est ce que j’ai trouvé dans l’Évangile, aujourd’hui. Veut-il nous dire : ne rêvez pas d’une vie dépourvue de manques et de fragilités ?

Voyez les apôtres. Ils rendent compte de leur mission à JESUS : on dirait que ça marche bien ! Pourtant, ils ne savent pas où donner de la tête. « Ils vont et ils viennent », dit le récit. La mission ne semble pas très structurée, au point qu’ils manquent de temps pour se nourrir. JESUS promet du repos ; mais le repos va manquer. Le lieu désert pour se retirer manque aussi.

Et la foule ? Elle court ; les gens viennent de partout et semblent un peu perdus. De quoi ont-ils besoin ? JESUS constate qu’il leur manque de l’enseignement. « Ils étaient comme des brebis sans berger » : il leur manque que l’on s’occupe d’eux ; il leur manque une organisation solide. Est-ce qu’ils pâtissent de mauvais dirigeants ? Le prophète Jérémie parlait de mauvais pasteurs. Le pasteur est la figure de ceux qui exercent une autorité au service du peuple. Est-ce que le peuple souffre de n’être pas vraiment dirigé ? Ou, tout simplement, manque-t-il des pasteurs ? Mais est-ce que le peuple accepte de s’en remettre à quelque autorité ? Et chacun accepte-t-il seulement de jouer un rôle et de se mobiliser ?

C’est déroutant de creuser l’Evangile ! J’ai tellement l’impression de m’y retrouver, d’y retrouver mon Eglise, d’y retrouver mes besoins, mes manques, mes faiblesses, mes attentes. L’Evangile nous rend lucides sur nous-mêmes et conscients des difficultés, mais pas pour que nous ressortions défaitistes puisqu’après cela, « il nous fait revivre », selon les mots du psaume. A la suite du Christ, il nous fait passer de la mort à la vie.

Car voir nos manques et nos fragilités suppose de regarder aussi nos forces. Nos forces personnelles, car il y en a. Capacité à nous mobiliser, à défendre les causes qui nous semblent justes. Conscience du bien que nous avons reçu même dans les situations les plus bancales (le verre à moitié plein), parce que « tout est grâce », disent les plus grands saints. Mais il y a plus.

Regardons encore l’Evangile : Les apôtres, à qui vont-ils rendre compte de leur mission ? Au Christ. Les foules, qui cherchent-elles ? Le Christ. Nous avons besoin de bons pasteurs, d’organisations ecclésiales solides, de lieux ressourçant comme ce sanctuaire de Verdelais, et pour certains de messes télévisées ! Mais avec ou sans cela, prenons en main notre vie spirituelle : courons vers le Christ, cherchons-le, avisons-le, écoutons sa parole. Sachons qu’il est touché dans ses entrailles quand il nous voit perdus ! Notre force la plus grande, c’est Lui : nous l’avons reçu au baptême ! Laissons-le structurer notre vie spirituelle, alors nous serons un bon pasteur pour les autres, et un sanctuaire où Dieu se rendra présent pour les autres.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 30 Juil 2018, 6:31 pm





Citation :

Évangile

« Ils distribua les pains aux convives, autant qu’ils en voulaient » (Jn 6, 1-15)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous :
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS passa de l’autre côté de la mer de Galilée,
le lac de Tibériade.
Une grande foule le suivait,
parce qu’elle avait vu les signes
qu’il accomplissait sur les malades.
JESUS gravit la montagne,
et là, il était assis avec ses disciples.
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
JESUS leva les yeux
et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.
Il dit à Philippe :
« Où pourrions-nous acheter du pain
pour qu’ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve,
car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit :
« Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas
pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge
et deux poissons,
mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »
JESUS dit :
« Faites asseoir les gens. »
Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit.
Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
Alors JESUS prit les pains
et, après avoir rendu grâce,
il les distribua aux convives ;
il leur donna aussi du poisson,
autant qu’ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim,
il dit à ses disciples :
« Rassemblez les morceaux en surplus,
pour que rien ne se perde. »
Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers
avec les morceaux des cinq pains d’orge,
restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

À la vue du signe que JESUS avait accompli,
les gens disaient :
« C’est vraiment lui le Prophète annoncé,
celui qui vient dans le monde. »
Mais JESUS savait qu’ils allaient l’enlever
pour faire de lui leur roi ;
alors de nouveau il se retira dans la montagne,
lui seul.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 29 juillet 2018 à l’abbatiale Saint-Philibert à Tournus


Frères et sœurs,
Amis en Christ,

Ces dernières semaines, les blés dorés au soleil, ondulaient joliment sous la caresse du vent. Ils s’apprêtaient à être moissonnés pour nous procurer notre pain quotidien. Ils ont inspiré ma réflexion de ce jour. Permettez-moi de vous offrir trois épis de blé, glanés dans l’Évangile que nous venons d’entendre.

Le premier épi cueilli, je l’appelle « humour ». Cela convient bien à cette période de vacances, temps propice au repos, aux découvertes, aux rencontres.

Vous avez sans doute remarqué, comment JESUS se montre taquin avec Philippe. Il met dans l’embarras le brave apôtre, chargé de l’intendance : « Où pourrions-nous acheter du pain pour que cette foule ait de quoi manger ? ».

JESUS, imaginant la tête qu’il allait faire, avait déjà son idée.

Philippe marche à fond. En langage d’aujourd’hui : « Il nous faudrait pas moins de dix mille euros, pour que chacun ait un morceau de pain. Impossible ! »

Oui, frères et sœurs, la taquinerie fait partie de l’amitié, elle est le reflet merveilleux de la simplicité des relations de JESUS avec ses apôtres.

Soignez entre vous l’épi de « l’humour » et si un ami vous met quelquefois en « boîte », sachez en rire. Il n’y a de sa part aucun désir de se moquer ou de vous humilier.

Le deuxième épi, appelons-le « partage ». André a repéré un jeune garçon avec son sac à dos. Il avait emmené son pique-nique : cinq petites galettes et deux poissons grillés, que sa maman lui avait sans doute préparés pour l’excursion. Séduit par JESUS, il est prêt à les donner. Ce garçon ne calcule pas comme les grandes personnes, il a généreusement offert son en-cas.

Quelle leçon pour les retraités ! JESUS accueille le « pas grand-chose » de ce garçon et remercie Dieu, de ce peu. JESUS agit lorsque l’homme donne sa part. Donner c’est multiplier. Il en reste pour les absents.

Frères et sœurs, je vous confie ce deuxième épi : « le partage ».

Le pain de la bonté, de la justice, de la paix, de l’accueil, s’il n’est pas partagé, se perd, durcit et moisit.

Et voici mon troisième épi, celui de « l’écologie », un épi cher à notre pape François. Quand JESUS donne, il donne toujours trop de tout. Il y a du rab ce jour-là. Mais JESUS n’aime pas le gaspillage : « Ramassez les morceaux pour que rien ne se perde ».

Cette recommandation interpelle notre société de consommation du tout jetable et nous invite à prendre soin de notre planète terre, qui nous porte et nous nourrit. Que d’aliments jetés à la poubelle, dans nos pays riches, alors que les « Lazare » d’aujourd’hui mangeraient volontiers les miettes, qui tombent de nos assiettes d’enfants gâtés.

Avant de proposer à la foule une nourriture spirituelle, JESUS veut d’abord apaiser la faim et la soif des pauvres : pas de divinité sans humanité.

Frères et sœurs, accueillez donc mon troisième épi au nom d’« écologie » ou d’énergie renouvelable, si vous préférez. Nul ne peut célébrer l’Eucharistie, s’il ne se laisse d’abord interpeller par le visage des pauvres, les préférés du Christ.

Frère, sœur, ami, prends soin des trois épis : l’humour, le partage et l’écologie. Noue-les ensemble avec le ruban de l’amour et offre cette gerbe à tes frères.

Puis coupe ton pain, partage le poisson et distribue-les à plus malheureux que toi.

Tu auras un trésor dans le ciel.

Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 08 Aoû 2018, 7:28 pm




Citation :
Évangile

« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)

Alléluia. Alléluia.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
quand la foule vit que JESUS n’était pas là,
ni ses disciples,
les gens montèrent dans les barques
et se dirigèrent vers Capharnaüm
à la recherche de JESUS.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :
« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
JESUS leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous me cherchez,
non parce que vous avez vu des signes,
mais parce que vous avez mangé de ces pains
et que vous avez été rassasiés.
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd,
mais pour la nourriture qui demeure
jusque dans la vie éternelle,
celle que vous donnera le Fils de l’homme,
lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors :
« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
JESUS leur répondit :
« L’œuvre de Dieu,
c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Ils lui dirent alors :
« Quel signe vas-tu accomplir
pour que nous puissions le voir, et te croire ?
Quelle œuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ;
comme dit l’Écriture :
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
JESUS leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce n’est pas Moïse
qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c’est mon Père
qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Car le pain de Dieu,
c’est celui qui descend du ciel
et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors :
« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
JESUS leur répondit :
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 5 août 2018 au monastère des Annonciades à Grentheville


Chers amis,

Du travail en plus ! Mais quelle idée. On en a déjà assez du travail sur la terre ! « Vivement la retraite » disent les gens autour de nous. Et pourtant c’est bien la question que les gens qui ont bénéficié de la multiplication des pains posent à JESUS : « Comment travailler aux œuvres de Dieu ? » Celui-ci leur répond : « Faites-lui confiance. Croyez en celui qu’il a envoyé ». JESUS a raison. La vie c’est une question de confiance. Nous grandissons dans la vie à la mesure des regards de confiance que l’on a posés sur nous. Si un journaliste avait posé la question à JESUS : « Quels sont vos meilleurs collaborateurs ? » Il aurait répondu ma mère : La Vierge Marie. Elle a toujours eu confiance en lui. Elle l’a même suivi jusqu’à la croix, alors que Pierre, son collaborateur principal a pris la fuite. On comprend que Sainte Thérèse qui a vécu non loin d’ici aie pu dire : « La confiance, rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour (avec un grand A) ».

A qui peut-on faire confiance ?

Douloureuse question. Je pense à cette fille de 16 ans qui se trouvait dans un lycée professionnel et qui m’a dit un jour : « J’ai plus confiance dans mon chien que dans mon copain ». Une autre dame d’un certain âge me dit aussi que son médecin avait décidé d’arrêter de la soigner parce qu’elle ne lui faisait pas confiance. Je me souviens encore de ce garçon de 14 ans, qui au moment de la préparation de la confirmation a posé cette question à son père en retournant en voiture avec lui : « Papa est ce que tu as confiance en moi ? ». Vous sentez bien que la confiance est le ressort de la vie. JESUS nous pose la même question : « Est ce que vous avez confiance en moi ? Est-ce que vous avez confiance en Dieu qui vous aime ? » Je pense à cette petite fille à qui je demandais si elle avait confiance en JESUS et qui me répond : « Mais je lui dis tous les jours que je l’aime ». N’y a t-il pas plus belle parole venant d’un enfant ?

Je revois cette plage de Copacabana au Brésil où nous étions avec les jeunes lors des Journées Mondiales de la Jeunesse…Je pensais à ce poète brésilien qui revoyait sa vie en regardant des traces de pas dans le sable. Il voyait 4 pas et il remerciait Dieu en disant : « Merci mon Dieu, ce sont mes pas et les tiens…Je me souviens. C’étaient les moments heureux de ma vie. Tout à coup il devint tout triste. Il n’y avait plus que 2 pas et il dit à Dieu : Mon Dieu je revois les moments tragiques de ma vie. Tu n’étais plus là. Une petite voix résonnait dans son cœur : « Regarde bien dit Dieu, ce sont mes pas. La vie était devenue trop dure pour toi et je te portais dans mes bras pour continuer le chemin ! » Oui, chers amis, on ne voit pas toujours que Dieu nous prenait dans ses bras pour continuer le chemin de la vie. C’est la grâce que nous recevons de Dieu. Mettons notre confiance en Lui. Il est fidèle.

La vie : Une question de fidélité.

Chers amis, il nous est demandé de tenir bon dans la foi. « C’est par votre persévérance, dit JESUS, que vous obtiendrez la vie ». Vous qui jardinez, vous le savez, ce n’est pas en tirant sur les poireaux qu’on les fait pousser plus vite. Dans la foi, à chaque jour suffit sa grâce. Dieu ne va pas vous abandonner. Demain vous aurez la grâce qu’il vous faut pour vivre l’avenir. « N’ayez pas peur » dit Dieu. Cela revient 366 fois dans la Bible. C’est la parole que Dieu nous dit chaque matin même dans les années bissextiles ; La vie ressemble à un bouquet de roses. Il y a les roses et les épines. Il faut tout prendre. C’est ce qu’a vécu Sainte Jeanne de France, la fondatrice des sœurs de l’Annonciade. Elle a connu le rejet et l’exclusion à cause de son handicap. Elle a subi la trahison conjugale et sa vocation religieuse a souvent été contrariée. Au lieu de s’enfermer sur elle-même, elle s’est tournée vers les plus abandonnés de la vie. En contemplant les blessures du Christ sur la croix, elle a offert à Dieu sa pauvreté et elle en a fait un chemin de transfiguration. Elle est pour nous un véritable chemin de sainteté. Contre vents et marées, elle a continué à faire confiance à Dieu.

De la vie nous n’apprenons qu’une seule chose : L’essentiel ce n’est pas de réussir. Cela ne dure qu’un temps. L’essentiel c’est d’être là en gardant confiance et c’est irremplaçable. Ceux qui mettent leur confiance en Dieu sont comme les étoiles au firmament. Même quand elles s’éteignent, la lumière continue à nous parvenir et à éclairer notre nuit. Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 13 Aoû 2018, 6:57 pm




Citation :
Évangile

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les Juifs récriminaient contre JESUS
parce qu’il avait déclaré :
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »
Ils disaient :
« Celui-là n’est-il pas JESUS, fils de Joseph ?
Nous connaissons bien son père et sa mère.
Alors comment peut-il dire maintenant :
‘Je suis descendu du ciel’ ? »
JESUS reprit la parole :
« Ne récriminez pas entre vous.
Personne ne peut venir à moi,
si le Père qui m’a envoyé ne l’attire,
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes :
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.
Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement
vient à moi.
Certes, personne n’a jamais vu le Père,
sinon celui qui vient de Dieu :
celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis :
il a la vie éternelle, celui qui croit.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne,
et ils sont morts ;
mais le pain qui descend du ciel est tel
que celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 12 août 2018 au Faouët (Bretagne)


Frères et sœurs,

Depuis quelques années, nous assistons à l’émergence d’un nouveau trouble de l’alimentation : l’orthorexie, ce désir pathologique et obsessionnel d’intégrer toujours des aliments sains, purs. Par peur de verser dans la malbouffe, bien des personnes souffrent donc d’orthorexie et veillent de manière excessive à ce qu’elles mangent. Bien entendu, il est bon de nourrir son corps sainement… mais qu’en est-il de notre esprit, de notre volonté ? Sommes-nous toujours attentifs et cohérents face à nos faims spirituelles, à nos nourritures affectives, à nos aspirations profondes ? La question que nous adressent les textes de ce jour est donc aussi simple que cruciale : de quoi ai-je faim ? Qu’est-ce qui me fortifie réellement ? Quel est ce pain descendu du ciel qui vient mettre de la hauteur d’esprit dans ma vie ?

Face à cette question, nous succombons un peu vite à ce qui nous met seulement en appétit. Nous ne choisissons pas toujours ce qui nous fait croitre et grandir. Notre culture du court terme préfère en effet une manne qui rassasie, plutôt qu’un pain de vie qui fait grandir la faim. Pour manger de ce pain-là —ce pain d’évangile qui nous fait grandir réellement— il nous faut avant tout écouter un appel décisif. ‘Lève-toi et mange’ dit l’ange à Elie dans la première lecture. Pour accueillir une nourriture qui creuse en nous l’humain, nous avons besoin qu’un autre nous convoque à l’existence et nous dise ‘Lève-toi’. Sors de ce qui te fait dire « c’en est trop ! », relève ton présent qui ne fait que conjuguer ton passé. Ne cherche pas à ce que ta vie soit seulement appétissante, mais veille à ce qu’elle soit nourrissante, pour toi et pour les autres ! « Lève-toi et mange ». Autrement dit : creuse en toi une faim pour accueillir le Christ, cette chair donnée pour la vie du monde.

Pour cela, l’auteur de la lettre aux Ephésiens nous propose deux petits ingrédients tout simples. «Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse». Je vous invite à les garder toujours au menu de votre vie ! La générosité et la tendresse : voilà deux condiments qui n’offrent pas une recette de vie, mais qui mettent toujours un goût d’éternité à nos relations.

Le premier ingrédient est la tendresse. Elle est cette faculté d’ouverture et d’accueil. C’est elle qui —comme la douceur— nous donne d’écouter sans juger ce qu’un proche a des difficultés à partager. La tendresse ne récrimine pas. Elle est cette plasticité humaine qui assouplit la raideur des principes, la froideur des arguments. La tendresse est fondamentalement cette bienveillance et cette non-violence qui désarme sans maîtriser ! La tendresse est cette capacité d’adaptation aux circonstances, cette faculté de ne jamais être cassant lorsque l’imprévu survient. La tendresse se nourrit de l’autre, sans le dévorer. Elle est comme cette huile qui vient assouplir ce qui est tendu ; ce parfum qui s’accommode de nos chemins tortueux.

Cependant, elle ne suffit pas toujours dans nos relations. Il est des moments où elle semble vaine et illusoire. C’est pour cela qu’il nous faut la seconde clé de la générosité, cette gratuité qui met de la permanence dans l’impermanence de nos sentiments et nos réactions. La générosité nous rappelle qu’il faut du temps pour que la tendresse passe. La générosité nous offre ainsi une direction ; elle nous donne d’imiter le Christ. Si la tendresse est sans pourquoi, la générosité se donne un but, car il y a ces sentiers tortueux qu’il faut rendre droits et ces personnes courbées qui ont besoin d’une main pour se relever… La générosité est comme cette ‘chair donnée pour la vie du monde’. C’est une gratuité qui amène de la confiance dans nos relations, un peu d’espérance dans nos paroles, un zeste de bienveillance dans nos actes. Si vous retirez la générosité de votre tendresse, il se peut que votre gentillesse ne soit pas gratuite et vraie. Mais si vous enlevez la tendresse à la générosité, cette dernière ne sera pas ajustée à l’autre tel qu’il est, dans sa fragilité !

Conjugués ensemble, tendresse et générosité nous font découvrir qu’il y a —comme le pain de vie— des réalités qui se multiplient se donnant : la bienveillance, l’amitié, l’amour. Tendresse et générosité seront alors comme deux phares pour nous orienter en cette période de vacances, deux clés qui déverrouillent bien des portes, deux ingrédients à conjuguer pour nous fortifier, nous restaurer, nous donner faim de Vie. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 22 Aoû 2018, 6:49 pm




Citation :
Évangile

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)

Alléluia. Alléluia.
Qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi, et moi en lui, dit le Seigneur.
Alléluia. (Jn 6, 56)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à la foule :
« Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
JESUS leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 19 août 2018 à Chaource (Aube)


Proverbes IX, 1-6 – Éphésiens V, 15-20 – Jean VI, 51-58

Témoins de l’impossible

Les juifs protestaient. Et ils avaient bien raison… « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Ils avaient bien raison selon la raison. Selon la raison, ce que JESUS est en train d’annoncer par son grand discours du Pain de vie, l’eucharistie, le don de sa chair, la transformation du pain et du vin en Corps et Sang — selon la raison, tout cela est impossible.

Les juifs, donc, protestent. Ils ne sont que les premiers. Saint Pierre va protester, puis saint Philippe, au Cénacle, puis après eux des milliers, des centaines de milliers d’auditeurs de la Bonne Nouvelle, qui tous diront : ce n’est pas possible. Un bout de pain ne se transforme pas par une parole. Un point, c’est tout.

Et JESUS répond. Que répond-il ? Ceci : « Si vous ne mangez pas, si vous ne buvez pas, vous n’aurez pas la vie en vous. »

Il n’explique pas. Il ne justifie pas. Il dit : « mangez, et vous verrez ».

L’eucharistie, si j’ose dire, ne s’explique pas. Elle se vit. Vous pouvez toujours essayer d’expliquer. Je suis sûr qu’il y a parmi nous des catéchistes ; des catéchistes qui ont essayé d’expliquer à un enfant raisonneur ce qu’est et comment fonctionne l’eucharistie. Difficile, n’est-ce pas ? Les théologiens s’y sont cassé les dents ; les prédicateurs s’y sont usé la voix… Courageuses tentatives, nobles tentatives. Mais l’eucharistie ne s’explique pas plus que JESUS ne l’explique. L’eucharistie se vit.

Pour comprendre ce qu’est l’eucharistie, il faut communier. Il faut faire comme ont fait les disciples qui, manifestement, au soir de la Sainte Cène, n’avaient rien compris : prendre le pain que JESUS a dit être son Corps, et le manger.

Et de communion en communion, de messe en messe, sentir la vie du Christ qui s’empare de nous. Sentir notre cœur s’ouvrir, nos forces revenir, notre amour s’épanouir…

Car, frères et sœurs, c’est nous qui sommes les témoins de la véracité des paroles de JESUS, nous qui venons chaque dimanche et parfois chaque jour chercher ce pain qui est une chair. C’est nous qui pouvons dire : je ne sais pas comment, mais la communion nourrit ma foi ; je ne sais pas pourquoi, mais sans la communion, je ne peux pas avancer dans la vie. Le Corps du Christ nous réveille, nous soutient, nous pousse en avant. Nous sommes les témoins de l’impossible.

Nous qui allons communier tout à l’heure dans cette belle église ; nous qui participons à cette messe par l’image et qui, pour beaucoup, allons communier devant notre écran par une hostie consacrée qu’un ami, qu’un volontaire de la paroisse nous a apportée ; nous qui allons communier au moins de cœur et de désir, nous pouvons dire : j’ai besoin de l’eucharistie. Je la désire. Mon cœur en a soif. Je ne sais pas comment, mais je le sais.

JESUS nous attend au-delà de la raison. Pas sans elle, mais au-delà. La foi chrétienne est une expérience. Pour savoir ce qu’est l’eucharistie, il faut communier. Tout comme pour savoir ce qu’est l’amour, il faut avoir aimé. Le fond de la vérité humaine est toujours au-delà des mots, et c’est au-delà des mots que nous attendent la vérité de Dieu et la vie qu’il nous donne. Communions au Corps et au Sang du Christ, et nous serons les témoins de l’impossible.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 29 Aoû 2018, 7:08 pm



Citation :
Évangile

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 60-69)

Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS avait donné un enseignement
dans la synagogue de Capharnaüm.
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :
« Cette parole est rude !
Qui peut l’entendre ? »
JESUS savait en lui-même
que ses disciples récriminaient à son sujet.
Il leur dit :
« Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme
monter là où il était auparavant !...
C’est l’esprit qui fait vivre,
la chair n’est capable de rien.
Les paroles que je vous ai dites sont esprit
et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
JESUS savait en effet depuis le commencement
quels étaient ceux qui ne croyaient pas,
et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit
que personne ne peut venir à moi
si cela ne lui est pas donné par le Père. »

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent
et cessèrent de l’accompagner.
Alors JESUS dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit :
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons,
et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 26 août 2018 à Briançon


« Cette parole est rude, qui peut l’entendre ? » On pourrait aussi le penser pour le passage de st Paul sur la vie conjugale, mais je voudrais me concentrer sur l’Évangile, au chapitre 6 de st Jean. C’est le discours du pain de vie dont nous achevons la lecture ce dimanche. Quelle est donc cette parole rude que JESUS a prononcée dans la Synagogue de Capharnaüm ?

On la trouve aux versets précédents : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Lors de ce dernier repas, JESUS a pris du pain et du vin, et en a changé la substance en son corps et en son sang. Loin d’être une parole rude, c’est un cadeau extraordinaire, car rappelez-vous qu’au livre de l’Exode (33,20), Dieu disait à Moïse : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. »

Et bien JESUS, qui déjà par son Incarnation permettait à ses contemporains de voir Dieu, a voulu que les générations qui suivront puissent avoir la même grâce. Nous avons la grâce de l’Eucharistie, de la Communion et de l’Adoration Eucharistique. Certes dire que nous mangeons le corps du Christ peut être difficile à comprendre. Il y a une différence notable avec la nourriture ordinaire que nous prenons. Quand nous mangeons une pomme, c’est la pomme qui devient des cellules humaines, vous ne devenez pas une pomme ! Quand nous mangeons le corps du Christ, c’est nous qui sommes transformés. Saint Augustin met cette parole sur les lèvres de JESUS : « tu ne me changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, c’est toi qui seras changé en moi. » (Les Confessions, liv. VII, chap. 10) La communion nous assimile au Christ. Elle nous sanctifie !

Et bien frères et sœurs, dans cette église, cela fait 300 ans que ce miracle eucharistique a lieu. Célébrer les 300 ans de cette collégiale de Briançon, c’est bien sûr commémorer le génie de Vauban et l’habilité des architectes et des artisans. C’est aussi dire un grand merci et bravo à tous ceux qui ont contribué à cet anniversaire. Mais c’est surtout faire mémoire de tout ce qui s’est vécu depuis 300 ans dans ces vieux murs : baptêmes, confessions, funérailles, adorations, prières … et surtout, l’Eucharistie, « source et sommet » de toute la vie chrétienne. Cette église, depuis 300 ans est un lieu de miracle eucharistique et donc un lieu de sanctification.

Je vais quand même extraire une parole de St Paul, dans la seconde lecture ! Parlant de l’Église communauté, dont nos églises bâtiments sont le signe, il dit : « JESUS voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. » L’église n’est pas encore sans tâches… car composée de pécheurs. Le pape François commence sa lettre sur la sainteté en disant : Le Seigneur « veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. » et il la conclue en disant : « Demandons à l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et aidons-nous les uns les autres dans cet effort. Ainsi, nous partagerons un bonheur que le monde ne pourra nous enlever. »

Si les 300 ans de la Collégiale sont l’occasion de travaux de rénovation, ils peuvent être un starter pour notre vie chrétienne, en la centrant sur l’Eucharistie.

Frères et sœurs, je vous invite en guise de résolution de rentrée, à reprendre les deux magnifiques professions de foi que nous avons entendues :
•celle des Hébreux : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux ! »
•et celle de saint Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Amen !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 02 Sep 2018, 6:48 pm





Citation :
Évangile

« Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes » (Mc 7, 1-8.14-15.21-23)

Alléluia. Alléluia.
Le Père a voulu nous engendrer par sa parole de vérité,
pour faire de nous comme les prémices de toutes ses créatures.
Alléluia. (Jc 1, 18)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de JESUS,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à JESUS :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
JESUS leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent
ne sont que des préceptes humains.
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »

Appelant de nouveau la foule, il lui disait :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui entre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme,
voilà ce qui rend l’homme impur. »

Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule :
« C’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduites, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans,
et rend l’homme impur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 2 septembre 2018 à Villejuif

L’évangile de Marc que nous venons de lire nous présente une tension. Une tension entre les pharisiens qui appliquent scrupuleusement les commandements, avec un certain nombre de rituels comme le lavage minutieux des mains avant le repas, et l’attitude de JESUS qui remmène ses disciples à l’essentiel : être purs à l’intérieur plutôt que de se focaliser sur des rites extérieurs. De nos jours, cette tension existe toujours. Dans l’application des normes morales ou liturgiques, nous ressentons cette difficulté à observer scrupuleusement ce que nous enseigne l’Église tout en gardant une attitude d’ouverture, de compréhension, d’amour. Comment gérer cette tension ? Par une ouverture à l’action de l’Esprit Saint qui agit en nous lorsque nous lisons quotidiennement la Parole de Dieu.

Aujourd’hui, nous sommes vous et moi de plus en plus accaparés par toutes sortes de médias qui réduisent considérables notre temps passé à la lecture. Parmi ceux qui continuent de lire, très peu donnent la priorité à la Bible qui reste trop souvent un beau livre rangé dans notre bibliothèque. Pourtant, la lecture de la Parole suscite en nous un travail de l’Esprit Saint qui est vital. Aucune autre prière ne peut produire cet effet spirituel dans nos vies. La première lecture du Deutéronome nous invite à « garder les commandements du Seigneur tels qu’ils ont été vraiment prescrits. Ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. ». Comment ces commandements ont été prescrits ? Moise les a reçus au cœur d’une expérience spirituelle au sommet du mont Sinaï, dans une manifestation de l’Esprit de Dieu. Il n’a pas reçu un manuel de droit canon, mais des paroles inspirées pour nous permettre de mieux vivre en union avec Dieu.

L’Apôtre St Jacques nous dit : « Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous, c’est elle qui peut sauver vos âmes ». Celui qui lit tous les jours les Saintes écritures se laisse pétrir par l’Esprit saint qui a inspiré toute la Bible. L’Esprit Saint nous fait discerner comment appliquer les commandements avec la justesse évangélique.

En cette période de rentrée des classes, je vous encourage donc à vous décider à lire tous les jours la Parole de Dieu, à ne pas passer un seul jour de cette année à venir sans avoir ouvert votre Bible. Aujourd’hui, nous disposons de missels très pratiques tels que « Prions en Église », « Magnificat » ou « Parole et prières » qui nous proposent les textes quotidiens de la messe. Ils ont un seul inconvénient, celui de ne plus lire les textes directement dans notre Bible. Personnellement, j’encourage les jeunes à s’abonner à un missel de ce genre pour trouver plus facilement les références des lectures du jour, mais je leur demande aussi de faire l’effort d’aller lire ces textes dans leur Bible. Cela leur permet de resituer les lectures dans leurs contextes. La lecture quotidienne de votre Bible doit devenir aussi naturelle que l’utilisation quotidienne de votre portable.

Pour conclure, je vous propose une petite démarche. A la sortie de cette messe, allez chercher votre Bible et si besoin, retirez-en la poussière. Recherchez les passages des lectures de ce jour. Laissez votre Bible ouverte dans votre salon pendant toute la semaine. Que la lecture fréquente de la Parole vous aide à pratiquer tous les commandements dans la douceur.
Amen





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 10 Sep 2018, 7:15 pm





Citation :
Évangile

« Il fait entendre les sourds et parler les muets » (Mc 7, 31-37)

Alléluia. Alléluia.
JESUS proclamait l’Évangile du Royaume
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS quitta le territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient JESUS de poser la main sur lui.
JESUS l’emmena à l’écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et, avec sa salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s’ouvrirent ;
sa langue se délia,
et il parlait correctement.
Alors JESUS leur ordonna
de n’en rien dire à personne ;
mais plus il leur donnait cet ordre,
plus ceux-ci le proclamaient.
Extrêmement frappés, ils disaient :
« Il a bien fait toutes choses :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 9 septembre 2018 à Belfast

En français :

Ce Dimanche, la Parole de Dieu est un antidote à la peur. La liturgie d’aujourd’hui nous promet la guérison des êtres et la restauration de l’ordre naturel. La rencontre avec Dieu, surtout avec Dieu incarné en JESUS de Nazareth, nous est montrée comme la voie vers la plénitude.

Vous aurez remarqué que le texte du prophète Isaïe est maculé d’images de restauration, de guérison et de renouveau écologique. Rappelez-vous ses premières lignes :

« Voici votre Dieu :

c’est la vengeance qui vient,

la revanche de Dieu.

Il vient lui-même et va vous sauver. »

En langage biblique, la vengeance se réfère à la restauration de l’ordre dans les relations religieuses et sociales. La vengeance, en termes bibliques, fait référence à la restauration de la justice et à la victoire du bien contre le mal.

Notez aussi que le texte et ses images évoquent cette restauration à la fois pour la personne, c’est à dire l’aveugle, le sourd, le boiteux, le muet, mais aussi pour l’environnement et l’ordre naturel de la Création. Nous y trouvons les racines de la Pensée et de l’Enseignement Social de la tradition chrétienne, source vitale d’espoir pour la gouvernance du monde d’aujourd’hui qui est confronté aux incertitudes de notre temps.

Ensuite, dans la scène décrite par Marc dans l’Évangile, l’assemblée est impressionnée par JESUS : « Il a bien fait toutes choses » (Mc 7.37). L’évangéliste établit la reconnaissance de JESUS en tant que Messie par le public.

Dans cette scène, St. Marc nous raconte la manière dont JESUS prend à part l’homme sourd, qui a aussi de la difficulté à parler, pour une rencontre privée et personnelle. Cette entrevue enferme une interaction personnelle : elle implique le touché et une parole de guérison, « effata », répétée lors des baptêmes. Tant le touché que la parole soulignent l’aspect personnel de la dynamique de la Foi en tant qu’échange interpersonnel entre le Christ et la personne sourde. Nous constatons ici que le choix de la Foi a une dimension intensément personnelle.

Cette rencontre et cette guérison indiquent que la vie chrétienne, la voie de la restauration et du salut ultime, s’enracine et se greffe sur le mystère salvateur de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ. Le texte suggère que la quête de la Foi en JESUS de Nazareth ouvre notre humanité à une plénitude que le chrétien découvre chaque jour sous une lumière nouvelle : dans ses écrits, saint Paul fait référence à cette liberté radicale dont bénéficie le chrétien : dans son épître aux Galates – «C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés» (Gal.5.1)

Cette relation réparatrice avec le Christ est toujours et avant tout personnelle. Elle façonne les fondements de notre conscience de soi. L’extrait de la lettre de Saint Jacques nous rappelle lui aussi une fois encore que notre restauration dans le Christ génère une anthropologie radicalement nouvelle qui nous permet de reconnaître, respecter et promouvoir l’égale dignité de tous sans exception : riches et pauvres, sains et faibles, jeunes et moins jeunes. Pour nous ici en Irlande du Nord, en ce vingtième anniversaire de l’accord du vendredi saint, il reste encore du chemin à parcourir pour achever/réaliser, dans nos processus politiques, le sens de cette anthropologie.

En ces temps d’incertitude qui sont les nôtres, il est essentiel qu’en tant que Chrétiens, nous intensifions nos efforts pour que nos paroisses et communautés pastorales puissent proposer des environnements et des programmes attractifs et créatifs invitant à explorer l’aventure et le dynamisme du mode de vie chrétien.

En tant qu’héritiers du Royaume de Dieu (Jc 2.5) par notre baptême et par notre rencontre avec la Parole de Dieu dans la liturgie et dans les Écritures, nous nous réjouissons ce matin du pouvoir réparateur de la Foi dans le Christ pour chacun de nous, pour vous et pour moi pécheurs que nous sommes ; répondons donc à l’appel, qu’Isaïe nous a transmis dans ses lignes, à œuvrer en tant que citoyens chrétiens et chrétiens citoyens, pour le bien-être des nécessiteux, de la société et pour la sauvegarde de notre environnement cosmique, la Création de Dieu.

En anglais :

This Sunday the Word of God is antidote to fearfulness. Healing of the person and restoration of the natural order are the promise of today’s liturgy. Encounter with God, and specifically with God incarnate in JESUS of Nazareth, is portrayed as the way to wholeness.

You will have noticed that the text from the prophet Isaiah is replete with imagery of restoration, of healing and also of ecological renewal. Recall its opening lines:

“Look your God is coming,

Vengeance is coming

The retribution of God;

He is coming to save you”

In biblical language vengeance refers to the restoration of the good order in religious and social relationships. Vengeance, in biblical terms, refers to the re-establishment of justice and to the overcoming of evil.

Notice too how the text and its imagery refers this restoration in both the personal order, that is, to the blind, the deaf, the lame, the dumb and then to the environment and the natural order of creation. Here we find the sources of the Social Thought and Teaching of the Christian tradition, which is a vital source of hope for the governance of our world today in the face of the uncertainty of our times.

Then in the scene depicted in the lines from the gospel according to Mark, the onlookers are impressed by JESUS: “he does all things well, they said” (Mk 7.37). The author of the gospel thus attributes recognition of JESUS as Messiah to public.

As St Mark describes the scene, we observe how JESUS takes the deaf man with a speech impediment aside for a private and personal encounter. This encounter involves personal interaction: it involves touch and a word of healing – “effata”, repeated at our baptisms. Both touch and word emphasise the personal quality of the dynamic of faith as an interpersonal exchange between Christ and the deaf person. Here we note the intensely personal dimension of the faith option.

This encounter and healing indicates that the Christian life, the way of restoration and ultimate salvation, is rooted and grafted into the saving mystery of the life, death and resurrection of Christ. The text suggests that the pursuit of faith in JESUS of Nazareth opens our humanity to a wholeness which the Christian discovers day by day and ever anew : in his writings St Paul will refer to this as the radical freedom exercised by the Christian : as he writes in his letter to the Galatians – “for freedom Christ has set us free” (Gal.5.1)

This restorative relationship with Christ is always and primarily personal and it moulds the depths of our self-awareness. At the same time the lines from the letter of James remind us once again that our restoration in Christ generates a radically new anthropology which enables us to recognise, respect and promote the equal dignity of all, rich and poor, healthy and weak, young and aged without exception. For us Christians here in N. Ireland in this twentieth anniversary year of the Good Friday Agreement, there is still a road to travel to fertilise and free up our political processes with this shared Christian vision of life so that they may serve and promote the common good of all.

As heirs to the kingdom of God (Jas2.5) through our baptism and through our encounter with the Word of God in the liturgy and in the scriptures, we rejoice this morning in the restorative and healing power of faith in Christ for each one of us, for you and for me, sinners that we are ; let us therefore respond to the call, transmitted in the lines of Isaiah, to work as citizens who are Christian, and Christians who are citizens, for the well-being of the needy, of society and for the care of our cosmic environment, God’s creation.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 18 Sep 2018, 6:24 pm




Citation :
Évangile

« Tu es le Christ… Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Mc 8, 27-35)

Alléluia. Alléluia.
Que la croix du Seigneur soit ma seule fierté !
Par elle, le monde est crucifié pour moi,
et moi pour le monde.
Alléluia. (Ga 6, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS s’en alla, ainsi que ses disciples,
vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe.
Chemin faisant, il interrogeait ses disciples :
« Au dire des gens, qui suis-je ? »
Ils lui répondirent :
« Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres, un des prophètes. »

Et lui les interrogeait :
« Et vous, que dites-vous ?
Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre, prenant la parole, lui dit :
« Tu es le Christ. »
Alors, il leur défendit vivement
de parler de lui à personne.

Il commença à leur enseigner
qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens,
les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, trois jours après, il ressuscite.
JESUS disait cette parole ouvertement.
Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais JESUS se retourna
et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile
la sauvera. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 16 septembre 2018 en direct de la chapelle de l’établissement scolaire Giel-Don-Bosco (Orne)


« Aux dires des gens, qui suis-je ? » Voici que Marc nous présente JESUS en train d’effectuer ce que nous qualifierions aujourd’hui d’enquête d’opinion. Comme les instituts de sondage n’existaient pas à cette époque, il interroge directement ses disciples. A l’instar des politiciens de tout bord, serait-il devenu soucieux de son image ? Je ne le pense pas, car l’Evangile nous le montre constamment en train de se dérober à l’admiration des hommes, lorsqu’ils veulent le faire roi. Il ne cherche pas à vérifier sa popularité, mais plutôt à savoir si les hommes ont compris le message qu’il est venu apporter au monde.

« Aux dires des gens, qui suis-je ? » Les avis sont partagés. Les uns le prennent pour Jean le Baptiste, d’autres pour Elie ou bien l’un des prophètes… dans tous les cas, un homme d’autrefois revenu à la vie. Ce qui caractérise ces réponses, c’est qu’elles cherchent à expliquer JESUS par le passé. On ne lui reconnaît pas une identité propre. On n’envisage pas un avenir qui pourrait être neuf.

Alors JESUS interroge ses disciples. « Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Christ. » Apparemment, tout est dit ; il n’y a plus rien à ajouter. Et pourtant sa réponse n’est-elle pas dangereuse, puisqu’aussitôt JESUS défend vivement de la répéter à quiconque ?

Confesser, en effet, JESUS comme Christ, c’est risquer de reprendre à son compte l’attente d’un Messie qui rétablirait la puissance d’Israël.

JESUS ne veut pas rentrer dans une telle étiquette. Sa façon de décliner son identité consiste à annoncer à ses amis sa passion, sa mise à mort et sa résurrection.

JESUS est le Messie, mais d’une autre façon, en présentant, comme le dit Isaïe, son dos à ceux qui le frapperont. Entre la réponse forte de Pierre et la véritable identité de JESUS, il y a la distance du chemin de croix. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi la sauvera. » C’est lorsque l’homme vit sa vie non pas dans le registre de l’avoir, mais dans celui du don, qu’il découvre alors le chemin du vrai bonheur.

« Pour toi, qui suis-je ? » Vingt siècles après, la question, ce matin, t’est à nouveau posée directement. Méfie-toi des réponses rapides… des formules toutes faites.

L’important est de savoir si, pour toi, JESUS est un homme du passé, ou bien s’il est un être du présent, ressuscité et vivant parmi nous, sous les traits des plus petits de notre société, puisqu’il ne cesse de nous dire

« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. »

Et nous découvrons alors, avec Saint Jacques, que si notre foi n’est pas mise en œuvre, elle meurt.

Voici 150 ans, un prêtre d’ici, l’abbé Vauloup a vibré à la détresse des orphelins, qui comptaient alors parmi les plus petits de la société rurale. Il entendait dans leurs cris l’appel du Seigneur. Alors, avec l’aide de laïcs, il fonda cet orphelinat de Giel, repris ensuite par les salésiens de Don Bosco, appelés par leur fondateur à reconnaître dans chaque enfant le visage du Christ. Ils sont donc invités à poser sur chacun un regard de confiance, d’espérance et d’amour. C’est ce regard qui a conduit tant d’enfants de cette maison à poser des actes héroïques durant l’été 44, dans cette campagne alors placée sous un déluge de feu. C’est ce regard qui continue de permettre aux jeunes accueillis dans cette école de se préparer à devenir de véritables acteurs de ce monde rural aujourd’hui en pleine transformation.

« Pour vous, qui suis-je ? » N’allons pas chercher à élaborer je ne sais quelle réponse abstraite … Ouvrons les yeux … et continuons de le découvrir présent au milieu des enfants qui grandissent…



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 25 Sep 2018, 8:02 pm





Citation :
Évangile

« Le Fils de l’homme est livré…Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous » (Mc 9, 30-37)

Alléluia. Alléluia.
Par l’annonce de l’Évangile,
Dieu nous appelle à partager
la gloire de notre Seigneur JESUS Christ.
Alléluia. (cf. 2 Th 2, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;
ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles
et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm,
et, une fois à la maison, JESUS leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient,
car, en chemin, ils avaient discuté entre eux
pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, JESUS appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant,
il le plaça au milieu d’eux,
l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom
un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille.
Et celui qui m’accueille,
ce n’est pas moi qu’il accueille,
mais Celui qui m’a envoyé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 23 septembre 2018 en direct de la collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption à Ciney en Belgique


L’audace de l’humilité

La vie et l’éducation d’un humain ne sont-elles pas remplies de contradictions ? Dans les premiers mois de notre existence, nous avons appris à marcher, et puis… on nous a invité à rester assis, à ne pas bouger ! Après nous avoir appris à parler, nos parents nous ont appris… à nous taire ! Que dire alors du paradoxe de l’évangile de ce jour ? « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous.» Faut-il donc se rabaisser pour grandir ?

Les disciples, en traversant la Galilée, discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand. JESUS les invite alors à sortir de cette spirale de la comparaison. Si quelqu’un cherche à s’accomplir, si quelqu’un cultive ce désir orgueilleux de ‘réussir sa vie’, qu’il prenne alors la seule voie qui n’amène pas de la comparaison, et donc inévitablement de la déception : c’est le chemin de l’humilité.

En ce sens, grandir selon l’évangile n’est en rien de l’abnégation ou de la dépréciation, comme cela a été si souvent mal compris. Humble est celui qui s’enracine en lui-même, dans son humanité et ses talents, mais qui place néanmoins son centre de gravité dans le cœur de l’autre, sans se comparer à lui. Celui qui prend ce chemin d’humilité a fait le deuil de la toute-puissance. Il met de la joie dans ce qu’il est, son histoire, et ne convoite pas ce qu’il n’a pas. Il ne regarde pas la reconnaissance comme un objectif à atteindre ou un critère de réussite, mais seulement comme la conséquence possible de ses actes. Humble est celui qui a la sagesse de conjuguer sa vie au présent. Il ne l’espère pas plus épanouie dans un futur simplifié, ne la regrette dans un passé décomposé. Voilà pourquoi, seule une personne vraiment humble peut vivre pleinement sa propre vie, telle qu’elle est. Elle résiste ainsi à toutes les petites blessures narcissiques du quotidien car elle n’a pas besoin de sa ration quotidienne de reconnaissance. En ce sens, humble est celui qui sait rire de lui-même. Il a l’audace de ne pas trop se prendre au sérieux, mais de recevoir sa vie simplement, telle qu’elle lui est donnée. Dans son cœur pacifié, il n’y a pas d’écart entre ce qu’il est et ce qu’il veut être. Il est libre face à cette recherche effrénée de l’accomplissement personnel.

En s’acceptant lui-même, il accueille Celui dont il reçoit l’être et la vie. Humble est celui qui se sait aimé de Dieu, élevé par Lui. C’est pourquoi il est capable grandir, de se laisser éduquer, d’accueillir ce qui le dépasse : la sagesse de Dieu venue d’en-haut, avec ses dons les meilleurs.

L’humilité est donc une bien curieuse qualité qu’on ne peut jamais s’attribuer à soi-même. Pour le dire autrement, elle est ce principe de vie, cet horizon qui refuse toute logique de comparaison, et donc de convoitise. « D’où viennent les conflits ? N’est-ce pas de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes » nous dit Jacques dans sa lettre. Et il ajoute, comme pour nous fournir la clé pour sortir de cette impasse de la comparaison : « Vous êtes pleins de convoitises. Et vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas » ! Voilà donc l’invitation toute simple que je nous propose d’accueillir en ce jour : la vraie grandeur de l’homme passe par cette capacité à demander, comme des petits enfants. Demander, c’est finalement faire preuve d’humilité, en reconnaissant son manque, comme un enfant.

Dans la culture juive de l’époque, un enfant n’a presque pas d’existence. Il est celui qu’on ne voit pas. Il est bien loin de l’enfant-roi de nos sociétés occidentales, qui attire tous les regards. Cependant, la caractéristique de tout enfant, quel qu’il soit, est de demander. Un enfant sait qu’il est petit, qu’il a tout à apprendre, à recevoir. Mais il demande. Il n’est qu’attente de relation. Trop souvent, nous avons peur de demander, par fausse humilité, parce que nous craignons un refus, ou parce que notre ego a peur d’être redevable. Et pourtant, en demandant la sagesse venue d’en haut, comme des enfants qui ont tout à recevoir, on en ressort toujours élevé, grandi.

Alors, ne cherchons pas la reconnaissance, mais accueillons cette grâce de l’humilité. Ayons cette audace de demander comme des enfants, —avec ardeur et persévérance— les dons les plus hauts pour nous-même, comme pour les autres. Alors, notre vie s’épanouira en joie.
Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 01 Oct 2018, 8:19 pm




Citation :
Évangile

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » (Mc 9, 38-43.45.47-48)

Alléluia. Alléluia.
Ta parole, Seigneur, est vérité ;
dans cette vérité, sanctifie-nous.
Alléluia. (cf. Jn 17, 17ba)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jean, l’un des Douze, disait à JESUS :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
JESUS répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous
est pour nous.
Et celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ,
amen, je vous le dis,
il ne restera pas sans récompense.

Celui qui est un scandale, une occasion de chute,
pour un seul de ces petits qui croient en moi,
mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou
une de ces meules que tournent les ânes,
et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute,
coupe-la.
Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains,
là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute,
coupe-le.
Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute,
arrache-le.
Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas
et où le feu ne s’éteint pas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 30 septembre 2018 en direct de l’église Sainte-Elisabeth-De-Hongrie à Paris


Vers l’an de grâce 1260, alors que l’église où nous sommes n’existait pas encore mais que tout près d’ici, là où est la place de la République, se dressait le donjon du Temple de Paris et son église Sainte-Marie-du-Temple qui justifie la présence parmi nous de l’ordre de Malte — vers l’an 1260, donc, Jean de Joinville, sénéchal de Champagne, se vit demander par le roi saint Louis s’il préférait la lèpre ou le péché mortel. Le bon Joinville répondit qu’il n’y avait rien de pire que la lèpre. Le roi répliqua qu’il craignait plus encore le péché.

Longtemps j’ai pensé, comme Joinville sans doute, que saint Louis exagérait. La lèpre !

Et j’avais le même sentiment quant à l’Évangile que nous venons d’entendre. Persuadé, comme nous tous, je crois, de la miséricorde de Dieu, je ne comprenais pas ces malédictions de JESUS. Je n’étais pas loin de penser que JESUS exagère, lui aussi…

Je crois qu’il faut être un peu adulte pour comprendre. Et par « adulte » je n’entends pas avoir platement dépassé l’âge de quarante ans, comme c’est mon cas, mais avoir la responsabilité d’autrui.

Être père ou mère, être éducateur, éducatrice, hospitalier, hospitalière, aumônier, pasteur — avoir la charge d’une ou plusieurs personnes que l’on aime. Et connaître alors cette crainte constante de mal faire, pire, de faire mal.

Si JESUS, et saint Louis à sa suite, éprouvent une telle horreur du mal, c’est qu’ils aiment ces « petits » que le père leur a donnés. Et que ces « petits » passent avant tout, avant notre égoïsme, avant nos désirs, avant notre vie même.

C’est là le seul fondement de la morale chrétienne. Le reste, ce sont des raisonnements et des cas particuliers. Mais le seul fondement, c’est : ne fais de mal à personne. Fais du bien.

Ne fais du mal à personne parce que si tu aimes, tu ne peux pas faire du mal. Fais du bien parce que si tu aimes, tu ne peux que vouloir faire du bien.

De sorte que la morale chrétienne n’est pas un code, une construction légale, un édifice de contraintes ; c’est la simple conséquence, immédiate, naturelle, de l’amour. Comme le résume radicalement saint Augustin, « Aime et fais ce que tu veux. » Si tu aimes, la seule idée de faire du mal t’effraie ; tandis que l’idée de faire du bien, de servir, d’aider, soigner, enseigner, offrir, consoler — l’idée de faire du bien te remplit de joie et même d’impatience.

Parler de morale sans la fonder sur l’amour n’a pas beaucoup de sens. Mais la fonder sur l’amour rend la morale passionnée. Le cri de JESUS, et le cri de Saint Louis, sont des cris du cœur, non pas un propos distancié et théorique. Des cris du cœur qui craint de blesser ceux qu’il aime, qui se réjouit de servir et soigner ceux qu’il aime.

Oui, pour comprendre cet Évangile, il faut avoir du cœur. Et demander du cœur à JESUS, source de tout amour. Jusqu’à ce que notre mal nous effraie, jusqu’à ce que notre charité nous comble de joie.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 10 Oct 2018, 9:26 pm




Citation :
Évangile

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mc 10, 2-12)

En ce temps-là,
des pharisiens abordèrent JESUS
et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
JESUS leur répondit :
« Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme
à condition d’établir un acte de répudiation. »
JESUS répliqua :
« C’est en raison de la dureté de vos cœurs
qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création,
Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison,
les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara :
« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre
devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,
elle devient adultère. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 7 octobre 2018 à Bihorel (Seine et Marne)


Très chers frères et sœurs, que de tourments, que de souffrances, que d’incompréhension. Nous sommes profondément touchés. Le drame de la mort du père Jean-Baptiste il y a déjà 3 semaines dans la paroisse voisine de la vôtre, vous plonge, nous plonge dans un vrai désarroi. C’est une tragédie que traverse sa famille, ses amis, sa paroisse, son évêque, ses confrères prêtres et, en profonde communion notre diocèse de Rouen, notre église de France, nos communautés humaines.

Le mystère est grand et c’est une véritable tentation pour certains de rechercher des explications. Ou peut-être même de porter un jugement de valeur, un jugement moral. Un peu comme les contemporains de JESUS, dans l’évangile de ce jour, qui, devant la complexité d’une situation douloureuse, lui demandent « est-il permis ? » « Est-il permis… ? » ; Est-il permis à un prêtre de connaître une défaillance lourde ? Comment est-il possible qu’un homme si zélé et rayonnant mette fin à ses jours ? Est-il moral que l’opinion publique se saisisse de la réputation d’un homme ?

Frères et sœurs, chacune de nos existences est marquée par nos fragilités les plus secrètes, par le poids de notre passé, par la complexité de nos situations, par les contradictions de notre cœur. JESUS connaît cette vérité de nos êtres et l’insuffisance de chacun. Il y porte un regard juste, un regard vrai. Il est même le seul à pouvoir le porter. Mais ce n’est pas un regard qui condamne. JESUS lui-même devant ses interlocuteurs du jour refuse d’entrer dans leur logique de condamnation, de classification, de raccourci. Il préserve coûte que coûte le si grand respect dû à toute personne. Il dit des paroles pleines de douceur, qui rappellent à chacun la valeur de sa vie devant Dieu : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas… »

Cet enfant, c’est nous, c’est chacun de nous, si nous voulons bien accueillir le Royaume de Dieu comme des enfants. Avec JESUS, l’homme n’est pas le coupable d’un tribunal ; il est un enfant devant son Père.

Faibles, fragiles, honteux peut-être, nous découvrons avec la confiance de l’enfant que notre Père nous accompagne dans la fidélité, une fidélité bien plus grande que les ruptures de nos vies. Laissons le Christ poser son regard sur nous: son regard fait la vérité, apporte la lumière, suscite la confiance, envisage un avenir, ancre une espérance.

Nous fêtons aujourd’hui le 150ème anniversaire de la dédicace de votre église. C’est un signe visible de la fidélité de Dieu pour son peuple. Ce lieu est celui où la pâte humaine dans toute sa pesanteur vient se présenter devant Dieu. 150 ans et même plus de fidélité divine que ça dure. Combien de grâces ont été reçues dans ces murs, combien d’enfants ont été baptisés ici, combien de deuils ont été consolés, combien de pécheurs ont été pardonnés, combien de chrétiens se sont approchés de la table eucharistique. Dieu est fidèle à son Église et le restera jusqu’à la fin des temps. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, ensemble, nous sommes ensemble appelés à déposer simplement nos vies devant la grande bonté de Dieu.

Amen.
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L'Homélie

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