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 La mystique

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toky
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Date d'inscription : 09/09/2008
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MessageSujet: La mystique   Ven 04 Déc 2009, 12:25 am

La mystique:

"Les définitions qu'on a données du mysticisme sont toutes différentes, parce que chaque auteur s'est placé à un point de vue différent. Selon la philosophie officielle, c'est une sorte de contemplation dans laquelle l'être humain s'unit à Dieu par un procédé incompréhensible. Selon la théologie, c'est une connaissance intuitive accomplie dans le silence des opérations rationnelles de l'entendement. Selon l'étymologie, tout système dont les méthodes et les résultats sont secrets est un mysticisme. Dans ce cas, tous ceux qui pensent ou agissent dans les régions extraordinaires de la conscience seraient des mystiques. Ces définitions sont trop larges; le vocabulaire philosophique de la langue française manque de précision. Religiosité, idéalisme, spiritualisme, ésotérisme, transcendantalisme, occultisme, magisme, hermétisme, psychisme, théosophie, kabbale, gnose, soufisme ne sont pas des expressions synonymes entre elles, et surtout ne sont pas des termes équivalents à mysticisme.

On peut considérer comme mystique tout homme qui, à quelque religion qu'il appartienne, se rattache à Dieu seul, faisant abstraction de toute créature et consacrant toutes ses forces à l'accomplissement de la volonté du Père.

Le mysticisme n'est pas seulement une méthode de contemplation et d'extase; ce n'est pas non plus que la physiologie de l'âme; c'est encore beaucoup d'autres choses. Dès qu'une créature se remet, du fond du cœur, entre les mains du Père, ses voies sont changées; ses travaux, qui varient suivant ses facultés et les besoins de l'évolution générale, sont conduits pas à pas, par des agents spirituels spéciaux, remplaçant les guides ordinaires dont chaque homme est pourvu selon sa profession et ses aptitudes. La voie mystique conduit directement au plan divin, au Royaume de la Miséricorde et de l'Amour; et l'air qu'on respire en la parcourant vient en droite ligne de ces mêmes éternels horizons.

Il existe une méthode de savoir par laquelle la connaissance est instantanée, une religion sans rites par laquelle l'homme se relie immédiatement au Père, une initiation inaccessible, mais transmissible gratuitement, qui nous revêt du pouvoir suprême : se faire écouter de Dieu. Quelque part, dans ce vaste monde, se tient le Maître des maîtres; Il ne manque jamais à la confiance de quiconque s'abandonne entre Ses mains augustes. Une Lumière, silencieuse, invisible, mais inextinguible, mais innombrable, s'offre à qui veut s'en saisir, et en éclairer les ténèbres de son propre cœur, celles des abîmes, celles des firmaments. Cette Lumière adorable est l'Amour; et le mysticisme est la science de l'Amour.

Il est la géométrie de l'âme, a-t-on dit. Oui, pour des pythagoriciens; mais, pour des chrétiens, il est la vie même de l'âme, déroulant les ondes de son occulte et très ancienne splendeur jusque sur ses organes les plus externes : nos facultés conscientes.


Pour le philosophe, un mystique est ce contemplatif qui veut joindre l'Absolu par un acte senti-mental où l'intelligence raisonnante n'intervient plus et le spiritualiste est ce méditatif qui admet, au-dessus de l'homme et de l'univers, un principe recteur appelé l'âme ou la Providence. Pour le théologien, est mystique tout fidèle qui, par un ascétisme strict et par le secours des pratiques religieuses, s'efforce d'atteindre Dieu, tandis que le spiritualiste est simplement un théiste ou un déiste d'une nuance quelconque. Pour le public, sont spiritualistes ceux qui admettent autre chose que la matière et le témoi-gnage des sens; sont mystiques, les illuminés, les fanatiques, les superstitieux, les enthousiastes, quels que soient leur idéal ou leur manie.

appelons mystiques ceux-là seuls qui tendent vers le Mystère suprême, vers Dieu, par la voie la plus directe. Le spiritualiste sera le théoricien du Mystère; le mystique sera le praticien de l'Esprit.

L'Esprit, c'est la vie totale et parfaite, sans limites et sans brisures; la vie sans commencement, antérieure à l'espace et à la durée; la vie permanente où baigne cet univers; la vie ultérieure éternelle qui embrasera les mondes en transfigurant leur agonie. L'Esprit, c'est la vérité, la beauté, la bonté où tendent nos plus saints désirs; desquelles viendra, nous le sentons, avec notre délivrance, notre bonheur définitif. Or, à l'instant où de si nobles espoirs se lèvent en nous, notre volonté devient mystique. Mystère signifie à la fois l'incompréhensible, l'ineffable, l'inexprimable. Quelles réalités nous dépassent de la sorte, sinon celles qui appartiennent à l'Esprit pur, à Dieu ? Cet Etre, le seul existant par lui-même, a reçu de Son Fils le plus beau nom : « Notre Père »; et ce Fils nous a tracé le chemin le meilleur pour monter jusqu'à Lui; ce chemin, c'est la voie mystique.

Il existe des âmes dont l'univers immense ne peut pas combler les désirs; seul l'Absolu les rassasierait. Par delà les plus belles paroles, c'est la Parole ineffable, c'est le Verbe qu'elles veulent entendre; par delà les chefs-d'oeuvre, c'est la Beauté qu'elles veulent prendre; à travers toutes les formes, au centre de tous les idéals, c'est Dieu qu'elles contemplent, c'est Sa bénévolence qu'elles veulent répandre. Elles ont saisi une lueur très secrète, que les sages ne discernent point, quoiqu'elle brille également dans les ténèbres du monde et dans les ténèbres du moi. Cette lueur se nomme l'Amour, et le mysticisme est l'école où l'on apprend à la percevoir, à la recevoir, à la distribuer.

Les disciples de cette école imitent leur Maître. Rien ne leur semble trop ardu; la lutte, pour eux, ce n'est rien; seule compte l'effusion par le sacrifice de leur coeur fluidifié aux flammes surnaturelles.

C'est Jésus qui allume en eux cet incendie inextinguible; aussi se redonnent-ils sans cesse à Lui d'un vœu toujours renouvelé; sans cesse ils cherchent que faire pour Le servir, parce qu'ils savent que rien ne Lui a coûté pour prendre contact avec les hommes. Ces disciples s'efforcent de multiplier ces contacts; ils se font fraternels aux faibles, indulgents aux vices, compatissants aux souffrances; ils expérimentent sur eux-mêmes les privations, les renoncements, les ingratitudes pour mieux compatir, et rien ne les rebute pour se faire entendre des sourds volontaires. Humblement persuadés de leur maladresse et de leur ignorance, ils se laissent mouvoir par le Ciel sans que jamais leur moi fasse obstacle aux impulsions divines. Ils savent la nécessité des œuvres : mais celle-la même qui leur paraît la meilleure, s'ils s'aperçoivent que Dieu ne l'approuve pas, ils y renoncent à l'instant. Une telle sérénité leur évite bien des chutes et leur rend toutes choses lisibles. L'Esprit, alors, leur montre les vertus des créatures, les secrets des consciences et soulève pour eux les voiles du futur; ils enseignent, ils consolent, ils guérissent; ils deviennent des amis du Seigneur.

Cependant une richesse encore les alourdit : ils savent qu'ils s'efforcent, qu'ils travaillent, qu'ils montent; ils s'attachent à leurs dons et les croient irremplaçables; ils ne sont pas tout à fait pauvres, tout à fait nus, tout à fait des néants. Le Judas psychique respire encore en eux, tout au fond.


Tandis que le mystique parfait marche dans un entier oubli de soi-même et devient à cause de cela impeccable et infaillible; lui seul entre tous les hommes a le droit de dire : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus qui vit en moi ». Il est un chef dans l'armée de la Lumière, un intendant sur les domaines du Père; il est un frère cadet du Seigneur, du moins il nous paraît tel, à nous les débutants qui le regardons du dehors. Tout lui est également le Ciel, même l'Enfer, même les Limbes, parce que partout il passe, identique à la volonté du Père qui l'envoie en ces lieux différents. Il demeure avec son Maître aux déserts de la sécheresse comme aux cieux de l'extase; la tempête et le calme, l'admiration des foules et leur insulte, le triomphe et l'échec le trouvent également
impassible; ou plutôt non : impassible veut dire insensible; une telle âme n'est jamais froide; elle brûle, mais d'une flamme tellement toujours égale que l'on n'en saurait mesurer l'incandescence. Ce soldat peut guérir, ce laboureur peut enseigner; comme Jésus, il a gravi son Calvaire; comme Jésus, il nous abandonne tout le butin de ses batailles, tous les trésors de ses explorations, toutes les joies de ses dou-leurs : c'est un homme libre.

Telle est la vie cachée des mystiques parfaits.

Extrait de quelque livre de Sédir, celui qui m'a tant aidé à quitter l'ésotérique pour ne vouloir appartenir qu'à Dieu seul.


Dirions nous, qui sont ces gens? Je citerais que volontiers parmis les canonisé del'église:

Saint Francois d'assise
Saint Jean de la Croix
Saint Grignion de Monfort

Est ce que de tel être existe toujours actuellement?

Bien sur, je citerais dans l'exposé, des mystiques du 20ème siècles
St Padre Pio
Marthe Robbin
Catherinne Emmerich

C'est en connaissant le cœur des Saints (le coeur des saints, leur biographie ne suffit pas), qu'on en devient un! On ne sera pas véritable Saint si par malheur cette belle idéal serait notre unique critérium!
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toky
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MessageSujet: Re: La mystique   Jeu 10 Déc 2009, 12:19 am

Le mysticisme catholique offre au chercheur un grand nombre de systèmes qui, bien que visant tous le même but et utilisant les mêmes secours, varient par la méthode. Ce corps de doctrine et de travaux s'est développé peu à peu. Les apôtres et les premiers disciples étaient des mystiques; mais, touchant de la main la Lumière qui les illuminait, tout absorbés dans sa douce splendeur, baignés dans sa chaleur revivifiante, pressés par les besoins du présent, ils ne songèrent point aux analyses.

siècles passeront avant qu'on ne disserte sur les étapes de l'itinéraire de l'âme à Dieu. Il faudrait des volumes et le labeur de tout un institut pour tracer un tableau complet de la corporisation doctrinale du mysticisme catholique, depuis les Pères du Désert jusqu'à saint Thomas d'Aquin, et de celui-ci jusqu'aux docteurs définitifs, comme saint Ignace, sainte Thérèse, Rodriguez, saint François de Sales, Scaramelli, Surin et tant d'autres. Au surplus, nous qui tendons à reprendre directement contact avec la Sève éternelle de l'Arbre de la Croix, nous avons besoin de vues d'ensemble plutôt que d'analyses extrêmement poussées. Le temps nous manque d'ailleurs pour suivre ces dernières.

Il nous suffira de discerner dans le riche organisme de la mysticité catholique trois courants généraux :
L'École dominicaine, suivant saint Thomas, recherche bien l'union divine par la prière et par les bonnes oeuvres, mais en utilisant les ressources de la pensée, en sanctifiant l'étude, en rejoignant l'Absolu par la métaphysique.
L'École franciscaine est dévote; on s'y fait matérielle-ment pauvre, et on y aime Jésus, si fort que l'on finit par rece-voir de Lui la pauvreté spirituelle.

Voici quelques ouvrages très pratique que vous pourriez lire et télécharger sur le net, qui sont de parfaite règle mystique:

1- L'imitation de Jésus
2- Vincent Ferrier " Traité de la Vie spirituelle"
3- La monté du charmel de St Jean de la croix, ce résumant ainsi:

Voici un disciple quelconque. Il s'essaie à la charité pratique, à la prière et à la lutte contre ses défauts; il est dans ce que les théologiens nomment la vie purgative. Dieu lui envoie de temps à autre des secours, exauce telles de ses demandes; il est dans la moyenne des chrétiens.

Si ce disciple intensifie son effort, voici que, tout à coup, dans le désir habituel qui le tire en haut vers Dieu entre une sensation d'aridité, d'amertume, de distractions passagères, mais tout cela pénétré de ce désir anxieux de la présence divine; en même temps, il sent que les goûts qui le portaient à tels travaux de corps ou d'esprit, les attraits que les buts humains de l'existence avaient pour lui s'effritent et tombent. Saint Jean de la Croix appelle cette période la pre-mière nuit. Il faut se tenir calme et attendre, sans négliger aucun devoir.

Quand elle cesse, on se trouve, sans avoir rien fait exprès, pourvu du sentiment net de la présence divine, mais avec des variations de durée et d'intensité. Suivant la tenue intérieure du sujet, l'union s'arrête là, ou bien elle s'approfondit. Dans ce dernier cas, le disciple passe par les purifications intérieures dont nous avons parlé plus haut, qui sont la deuxième nuit de saint Jean de la Croix; l'union divine se développe et peut arriver jusqu'à l'extase; les communications avec le monde sensible deviennent plus ou moins intermittentes.

Avant l'extase, toutefois, se produisent d'autres phénomènes connus dans la terminologie catholique sous les noms de ligature des puissances, blessures, stigmates, rapts, ravissements, visions, révélations, thaumaturgies, etc. Quelle que soit la forme du phénomène, il s'agit toujours d'une prise de possession de la personne du mystique par un rayon divin. Cette prise affecte la motricité, un ou plusieurs sens, une ou plusieurs facultés mentales ou psychiques, il n'importe, ses caractères demeurent toujours : l'impossibilité du disciple de se mettre soi-même dans cet état, le plus ou moins d'incompréhensibilité du phénomène, l'effacement de l'imagination et des facultés intellectuelles, et donc peu de travail volontaire; le coeur se borne à se tenir attaché à Dieu; enfin, les résultats sont toujours un accroissement de l'amour de Dieu et du prochain et du désir de la perfection.

Enfin peut survenir, après le régime des extases, la troisième nuit, nommée encore union transformante, septième demeure ou mariage spirituel. C'est la dernière étape; si l'on y parvient, c'est par mille transitions insensibles, et elle confère des privilèges étonnants. L'union consciente avec Dieu y persiste même au milieu des travaux profanes, comme si le disciple était dédoublé; il en résulte une espèce de déification de son être mental et psychique provenant de cette conversation ou plutôt de cette compagnie permanente avec Dieu.

Toutefois, on ne voit pas Dieu, mais on sait, on sent, on a la certitude de Sa présence, et l'on comprend ce qu'Il dit sans aucune audition. Le disciple n'est pas perdu en Dieu, comme la goutte d'eau retournant à l'océan, ainsi que prétendent les Yogis. Il est enté sur le Cep éternel; le sauvageon vit de la vie du Cep, mais il n'est pas le Cep.

les étapes de l'union mystique ne sont pas des plates-formes où l'on accède par bonds; tout se passe par gradations dont la suite et la nature varient avec chaque disciple, car chaque disciple est un monde à part. Cette voie est extrêmement difficile et délicate, pleine de risques et d'embûches; il lui faut la solitude conventuelle. Aussi le Père nous ouvre-t-Il, à nous laïcs, qui ne sommes même pas libres de suivre un régime alimentaire, d'autres voies qui mènent au même but, et peut-être plus haut encore.

Comprenons-le bien : Dieu a voulu, pour une certaine partie de l'humanité, un ensemble de connaissances et de pratiques religieuses qui constituent l'admirable organisme de l'Église : théologie, liturgie, ascétisme, mystique en forment les fonctions, liées ensemble et dépendantes les unes des autres. Mais, de même qu'il peut exister une théologie aussi vraie que le thomisme, mais différente, il peut exister une liturgie, une ascétique, une mystique autres que celles du catholicisme et tout aussi bonnes. L'Évangile contient les unes et les autres.
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ilibade
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MessageSujet: Re: La mystique   Lun 06 Mai 2013, 1:18 am

La personne mystique est, par principe, cette personne qui se tient dans un état de sa conscience, en présence du divin. Lorsque nous sommes placés dans un état de conscience ordinaire, nous nous trouvons sujet à toute une série de pensées, de sensations et d'émotions qui nous plongent dans la considération de ce monde et nous empêchent d'accéder à un état de quiétude, que Sainte Thérèse d'Avila décrivait comme le premier degré d'accès à la Présence. Cette Présence ne se vit pas au passé ou au futur, mais seulement dans la fixation de notre attention au présent, et c'est pourquoi, la voie mystique, qui est la voie d'accomplissement du mystère énoncé par le NT, est une démarche de renoncement à notre monde actuel et un mouvement d'acceptation sans condition, des épreuves que nous devons affronter, à commencer par celle de la mort terrestre, mort qui est l'issue obligatoire de notre vie enchaînée.

Quelles sont les caractéristiques de notre monde et de notre situation ordinaire ? C'est très simple : nous dépendons de notre activité mentale bouillonnante, qui nous procure une identité par le passé et une fausse espérance dans le futur. Tout ce que notre pensée est capable de faire, c'est d'emprisonner notre attention et notre conscience dans un jeu dualiste où le passé et le futur sont les maîtres. Qui suis-je sinon ce que mon passé définit de moi ? Que serais-je sinon ce que je projette dans le futur ? Or le NT nous apporte une information essentielle : "Le Royaume des cieux est EN nous", c'est-à-dire qu'il EST au présent en nous, comme quelque chose dont nous pourrions avoir conscience si nous ne recevions pas toutes les pollutions mentales, sensibles et émotionnelles. Autrement dit, le Royaume des cieux n'est pas une promesse, mais une réalité déjà présente en nous et que nous devons reconquérir, là, MAINTENANT ET ICI ! Ce mystère et cette "bonne nouvelle" ne s'explore que de façon mystique, et parce que cette démarche est purement intérieure et secrète, elle ne peut s'accomoder facilement des pratiques toutes extérieures d'une religion collective. La religion extérieure peut nous sensibiliser à la voie intérieure, faire de nous des gens meilleurs, mais elle ne peut totalement remplacer la force et la puissance que dégage un processus personnel d'expansion de la conscience et d'atténuation de notre mental.

La conscience dont je parle est la conscience véritable, pleine et muette. Elle est véritable, car elle ne reçoit que le rayon incident de la divinité en nous, qui désormais parle en étant entendue. Elle est pleine, car rien de ce rayon incident n'est ignoré par cette attention spéciale, et elle est muette, car si la divinité s'exprime, alors la créature n'exprime plus rien. Cet état qui n'est pas spécifiquement chrétien, mais se veut beaucoup plus universel dans les traditions mystiques, a été décrit comme une nuit obscure de l'homme mental, comme si ses sens et sa raison étaient arrêtés, pour ne laisser place qu'au seul film que la divinité nous réserve. L'être qui pense, qui possède, qui agit et qui paraît dans notre monde n'existe plus du tout et ce qui apparaît alors, c'est l'Etre unique dans lequel nous sommes tous, et qui est Tout en tous, selon l'expression de St-Bernard.

Cette expérience de l'arrêt de notre mental plonge notre attention dans un moment d'éternité qui est suivi d'une sensation de bien-être qui est la quiétude même de l'Etre divin. Chaque fois que nous sommes affolés par notre passé (péchés, souvenirs, combats multiples de cette vie), nous nous éloignons de cet instant présent et en fait, nous ne pouvons pas nous y arrêter. Cette conscience ordinaire est prisonnière d'un monde de perturbations incessantes qui empêche l'âme de connaître la paix intérieure, nécessaire à la véritable contemplation et à l'action juste. La véritable contemplation est celle de l'Etre unique, en nous mais aussi dans les autres, et l'action juste est celle qui, n'étant plus dirigée par une pensée égotique inférieure, nous permet d'accepter ce monde et d'y vivre tout en renonçant à tous les pièges qu'il nous tend. La voie mystique est faite d'oeuvres dont le résultat vise à vivre de la façon la moins polluée possible, par la limitation des conditions de l'avoir, du faire et du paraître, pour progressivement donner plus d'ampleur à l'être au présent. Il faut organiser sa vie quotidienne autour de cet objectif simple où le futur n'a plus d'envergure et comme le dit l'Ecriture :
Matthieu 6:34 Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain: le lendemain s’inquiétera de lui–même. A chaque jour suffit sa peine.
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