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 L'appel du couvent

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MessageSujet: L'appel du couvent   L'appel du couvent Icon_minipostedMer 16 Juin 2021, 9:29 pm

L’appel du couvent


L'appel du couvent Web3-Monastery-of-Our-Lady-of-Grace-Lead
Photo Courtesy of the Monastery of Our Lady of Grace



Gretchen Erlichman - Publié le 16/06/21



Découvrez le cheminement d’une jeune Américaine dans le discernement de sa vocation de religieuse contemplative dominicaine. Elle doit rentrer dans quelques semaines au monastère Notre-Dame-de-Grâce de North Guilford, dans le Connecticut.



Il y a trois ans, si quelqu’un avait suggéré que je puisse entrer au couvent, j’aurais ri poliment et poursuivi le joli petit plan que j’avais tracé pour ma vie : j’avais un super petit ami, j’envisageais de faire un doctorat et j’avançais vers ma carrière professionnelle. Et pourtant, me voici à quelques mois de mon entrée au monastère.



Au cours de ces trois dernières années, ma vision des choses a évolué à mesure que je prenais conscience que Dieu avait manifestement pour moi, d’autres plans que ceux que j’avais méticuleusement préparés. J’ai vite compris que tenter de faire autrement n’aboutirait à rien.



Mais je me suis embarquée dans quoi, au juste ? Quand les gens s’imaginent la vie religieuse, ils en ont d’abord souvent une vision active : des sœurs investies dans des écoles, des hôpitaux ou auprès de sans-abris, au service de Dieu et de l’Église. Je dois admettre, je trouve cette façon de donner sa vie séduisante. Et pourtant, malgré cela, j’ai ressenti une attirance indéniable pour la vie cachée de religieuse contemplative.




Citation :

Le seul moyen d’avancer concrètement dans mon processus de discernement était de contacter un monastère pour de vrai


Jusqu’à récemment, hormis les belles formules sur la sainteté cachée, j’en savais très peu sur le quotidien d’une religieuse. La vie dans un monastère était un mystère pour moi. En bonne « millenial », j’ai donc lu d’innombrables articles, regardé beaucoup trop de vidéos sur YouTube et parcouru je ne sais combien de sites de communautés pour essayer de récolter le plus d’informations possibles.



Mais je me suis vite rendu compte – à mon grand désarroi– que le seul moyen d’avancer concrètement dans mon processus de discernement était de contacter un monastère « pour de vrai ». J’ai donc retenu mon souffle et cliqué sur le bouton « Envoyer » de mon message à la maîtresse des novices d’un couvent. Elle m’a répondu et nous avons convenu d’un rendez-vous téléphonique.

Au cours de notre conversation, chaque détail qu’elle me partageait sur la vie monastique attisait en moi ce sentiment que Dieu m’appelait peut-être à une vocation de religieuse contemplative dominicaine. L’idée defranchir la porte du monastère et d’y passer le restant de mes jours était intimidante, mais je sentais que je ne pouvais faire autrement que d’en apprendre plus sur ce mode de vie particulier.


Citation :

J’ai appris que la vie d’une sœur ne se résume pas à la prière formelle ; chaque facette de sa vie, petite ou grande, devient une offrande au Seigneur.


L’été dernier, j’ai donc partagé la vie des sœurs pendant un mois, au couvent. Effectivement, elles prient beaucoup. Mais ce que j’y ai trouvé ne correspondait pas à ma vision préconçue de silhouettes voilées immobiles, agenouillées en prière toute la journée. Les sœurs sont bien plus que des ombres derrière une grille. Chaque journée commençait aux aurores au son de la cloche. Le profond silence était rompu par le chant des psaumes pendant les Laudes, le premier des sept offices de la liturgie des Heures chantés par la communauté. La routine quotidienne s’articulait autour de la participation au sacrifice qu’est la messe, à la prière de la liturgie des Heures et à l’adoration eucharistique.



Malgré tout ce temps passé dans la chapelle, j’ai appris que la vie d’une sœur ne se résume pas à la prière formelle ; chaque facette de sa vie, petite ou grande, devient une offrande au Seigneur. Même les tâches quotidiennes les plus basiques comme cuisiner, faire le ménage ou entretenir le jardin deviennent des occasions de prière.

J’ai également adopté certaines pratiques pénitentielles de la communauté, comme manger des repas simples ou dormir sur un matelas étroit et peu épais. Je consacrais deux heures tous les jours à la prière personnelle et à la lectio divina. Auxquelles j’ajoutais un temps d’étude des Écritures et de la théologie, composante essentielle et spécifique à la vocation dominicaine. La journée s’achevait avec les Complies, suivies du Salve Regina qui place tout le travail du jour sous la protection de la Vierge Marie. 

L'appel du couvent Web3-Monastery-of-Our-Lady-of-Grace-1
Deux moniales arpentent les allées du Monastère Notre-Dame-de-Grâce.

Photo Courtesy of the Monastery of Our Lady of Grace


Je ne peux nier qu’au bout de ce qui semblait être une journée sans fin, j’étais complètement épuisée. Mais je n’avais jamais été aussi heureuse ! C’est un sentiment difficile à exprimer. Quitter tout ce que je connaissais pour une vie si simple et structurée : comment est-ce que je pouvais le trouver si désirable ? Tout ce que je peux dire, c’est que j’étais captivée. J’ai donc demandé à commencer ma formation et j’ai été acceptée comme postulante chez les sœurs dominicaines contemplatives du monastère Notre-Dame-de-Grâce de North Guilford, dans le Connecticut.

Malgré mon enthousiasme, il restait une question difficile : même si je trouvais la vie monastique attrayante et belle, comment serait-il possible pour moi de vivre de cette manière ? Comment fait-on pour vivre au même endroit, au sein de la même communauté et avec le même emploi du temps pour le reste de sa vie ? La réponse, c’est la grâce. Ce n’est que par la grâce que je serai capable de faire cette difficile transition d’une « vie dans le monde » vers une « vie cachée » derrière les murs du monastère. Pour tout dire, je ne sais toujours pas vraiment ce que c’est de vivre une vie de religieuse contemplative. Avec la grâce de Dieu, j’espère apprendre une chose ou deux, que je vous partagerai quand on se retrouvera au Ciel.

Le 22 juillet 2021 – jour de la fête de sainte Marie-Madeleine – je franchirai donc les portes du couvent et je commencerai ma nouvelle vie. Je troquerai mon jean et mes baskets pour un habit bleu de postulante et un court voile, bleu lui aussi. Je vais « me défaire de [ma] conduite d’autrefois » et « [me revêtir] de l’homme nouveau « . (Ep 4, 22-24) Avec mon habit de postulante, j’entrerai dans la chapelle où je retrouverai mes nouvelles sœurs dominicaines au chant du psaume 121 : « Quelle joie quand on m’a dit : Nous irons à la maison du Seigneur ! »

Alors, je prierai les vêpres et, en m’agenouillant devant Lui et en Le contemplant dans l’ostensoir, je pourrai dire : « Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ! » (Ps 56) C’est à ce moment précis que je saurai que j’ai commencé à répondre à l’appel – l’appel du couvent.




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MessageSujet: Re: L'appel du couvent   L'appel du couvent Icon_minipostedJeu 17 Juin 2021, 3:20 am

Capucine a écrit:
L’appel du couvent


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Gretchen Erlichman - Publié le 16/06/21



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Il y a trois ans, si quelqu’un avait suggéré que je puisse entrer au couvent, j’aurais ri poliment et poursuivi le joli petit plan que j’avais tracé pour ma vie : j’avais un super petit ami, j’envisageais de faire un doctorat et j’avançais vers ma carrière professionnelle. Et pourtant, me voici à quelques mois de mon entrée au monastère.



Au cours de ces trois dernières années, ma vision des choses a évolué à mesure que je prenais conscience que Dieu avait manifestement pour moi, d’autres plans que ceux que j’avais méticuleusement préparés. J’ai vite compris que tenter de faire autrement n’aboutirait à rien.



Mais je me suis embarquée dans quoi, au juste ? Quand les gens s’imaginent la vie religieuse, ils en ont d’abord souvent une vision active : des sœurs investies dans des écoles, des hôpitaux ou auprès de sans-abris, au service de Dieu et de l’Église. Je dois admettre, je trouve cette façon de donner sa vie séduisante. Et pourtant, malgré cela, j’ai ressenti une attirance indéniable pour la vie cachée de religieuse contemplative.




Citation :

Le seul moyen d’avancer concrètement dans mon processus de discernement était de contacter un monastère pour de vrai


Jusqu’à récemment, hormis les belles formules sur la sainteté cachée, j’en savais très peu sur le quotidien d’une religieuse. La vie dans un monastère était un mystère pour moi. En bonne « millenial », j’ai donc lu d’innombrables articles, regardé beaucoup trop de vidéos sur YouTube et parcouru je ne sais combien de sites de communautés pour essayer de récolter le plus d’informations possibles.



Mais je me suis vite rendu compte – à mon grand désarroi– que le seul moyen d’avancer concrètement dans mon processus de discernement était de contacter un monastère « pour de vrai ». J’ai donc retenu mon souffle et cliqué sur le bouton « Envoyer » de mon message à la maîtresse des novices d’un couvent. Elle m’a répondu et nous avons convenu d’un rendez-vous téléphonique.

Au cours de notre conversation, chaque détail qu’elle me partageait sur la vie monastique attisait en moi ce sentiment que Dieu m’appelait peut-être à une vocation de religieuse contemplative dominicaine. L’idée defranchir la porte du monastère et d’y passer le restant de mes jours était intimidante, mais je sentais que je ne pouvais faire autrement que d’en apprendre plus sur ce mode de vie particulier.


Citation :

J’ai appris que la vie d’une sœur ne se résume pas à la prière formelle ; chaque facette de sa vie, petite ou grande, devient une offrande au Seigneur.


L’été dernier, j’ai donc partagé la vie des sœurs pendant un mois, au couvent. Effectivement, elles prient beaucoup. Mais ce que j’y ai trouvé ne correspondait pas à ma vision préconçue de silhouettes voilées immobiles, agenouillées en prière toute la journée. Les sœurs sont bien plus que des ombres derrière une grille. Chaque journée commençait aux aurores au son de la cloche. Le profond silence était rompu par le chant des psaumes pendant les Laudes, le premier des sept offices de la liturgie des Heures chantés par la communauté. La routine quotidienne s’articulait autour de la participation au sacrifice qu’est la messe, à la prière de la liturgie des Heures et à l’adoration eucharistique.



Malgré tout ce temps passé dans la chapelle, j’ai appris que la vie d’une sœur ne se résume pas à la prière formelle ; chaque facette de sa vie, petite ou grande, devient une offrande au Seigneur. Même les tâches quotidiennes les plus basiques comme cuisiner, faire le ménage ou entretenir le jardin deviennent des occasions de prière.

J’ai également adopté certaines pratiques pénitentielles de la communauté, comme manger des repas simples ou dormir sur un matelas étroit et peu épais. Je consacrais deux heures tous les jours à la prière personnelle et à la lectio divina. Auxquelles j’ajoutais un temps d’étude des Écritures et de la théologie, composante essentielle et spécifique à la vocation dominicaine. La journée s’achevait avec les Complies, suivies du Salve Regina qui place tout le travail du jour sous la protection de la Vierge Marie. 

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Photo Courtesy of the Monastery of Our Lady of Grace


Je ne peux nier qu’au bout de ce qui semblait être une journée sans fin, j’étais complètement épuisée. Mais je n’avais jamais été aussi heureuse ! C’est un sentiment difficile à exprimer. Quitter tout ce que je connaissais pour une vie si simple et structurée : comment est-ce que je pouvais le trouver si désirable ? Tout ce que je peux dire, c’est que j’étais captivée. J’ai donc demandé à commencer ma formation et j’ai été acceptée comme postulante chez les sœurs dominicaines contemplatives du monastère Notre-Dame-de-Grâce de North Guilford, dans le Connecticut.

Malgré mon enthousiasme, il restait une question difficile : même si je trouvais la vie monastique attrayante et belle, comment serait-il possible pour moi de vivre de cette manière ? Comment fait-on pour vivre au même endroit, au sein de la même communauté et avec le même emploi du temps pour le reste de sa vie ? La réponse, c’est la grâce. Ce n’est que par la grâce que je serai capable de faire cette difficile transition d’une « vie dans le monde » vers une « vie cachée » derrière les murs du monastère. Pour tout dire, je ne sais toujours pas vraiment ce que c’est de vivre une vie de religieuse contemplative. Avec la grâce de Dieu, j’espère apprendre une chose ou deux, que je vous partagerai quand on se retrouvera au Ciel.

Le 22 juillet 2021 – jour de la fête de sainte Marie-Madeleine – je franchirai donc les portes du couvent et je commencerai ma nouvelle vie. Je troquerai mon jean et mes baskets pour un habit bleu de postulante et un court voile, bleu lui aussi. Je vais « me défaire de [ma] conduite d’autrefois » et « [me revêtir] de l’homme nouveau « . (Ep 4, 22-24) Avec mon habit de postulante, j’entrerai dans la chapelle où je retrouverai mes nouvelles sœurs dominicaines au chant du psaume 121 : « Quelle joie quand on m’a dit : Nous irons à la maison du Seigneur ! »

Alors, je prierai les vêpres et, en m’agenouillant devant Lui et en Le contemplant dans l’ostensoir, je pourrai dire : « Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ! » (Ps 56) C’est à ce moment précis que je saurai que j’ai commencé à répondre à l’appel – l’appel du couvent.




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Christ et les apôtres n'ont jamais appelé les chrétiens à vivre une vie "hors du monde" ou "monastique" !

Ce système n'est apparu que vers le 4ème siècle.

C'est Basile le Grand qui a favorisé le monachisme. Il préconisait de petites communauté de moines et non d'immenses couvents....
L'idéal monacal est en contradiction flagrante avec le désir de JESUS de ne pas voir les siens quitter le monde:
"Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal". (Jean17:15)

Ce qui s'y manifeste trop souvent, c'est le désir humain de faire (obtenir) son salut par des austérités.
Cependant, beaucoup de moines de ce temps étaient vraiment sincères et se sont montré, à leur façon, de fidèles témoins de l'Évangile.

En outre, il s'oppose à l'austérité radicale et systématique qu'il a observée lors de son séjour en Orient. Même s'il pratique une vie de privations, il rejette les trop grandes privations, celles-ci devant rester modérées. ....
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MessageSujet: Re: L'appel du couvent   L'appel du couvent Icon_minipostedJeu 17 Juin 2021, 5:18 am

Mais dans la religion catholique, les monastères existent encore  Very Happy

Tout comme les "petites communautés" qui vivent au milieu des cités et sont un témoignage de vie.
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MessageSujet: Re: L'appel du couvent   L'appel du couvent Icon_minipostedJeu 17 Juin 2021, 10:10 pm

Quel est le sens des vœux religieux  ?


 Quel est le sens des trois vœux – pauvreté, chasteté, obéissance – dont vivent des milliers de consacrés en France et dans le monde ?



  • Romain Subtil,

  • le 16/06/2021 à 14:36

  • Modifié le 18/06/2021 à 08:52



« Après trente-sept ans de vie religieuse heureuse, j’ai un peu moins de vertige qu’au tout début », sourit le frère Jean-Louis, entré en 1984 au monastère bénédictin de La-Pierre-qui-vire, dans l’Yonne. Désormais accompagnateur des novices, le moine se souvient précisément de l’émotion qui l’a gagné quand, le soir de sa profession solennelle, en remontant de sa cellule, il s’est dit : « Me voilà engagé à vie ». « Là,résume-t-il, j’ai pris conscience que c’était Dieu qui était le garant de ma profession ».



Une triade qui connaît des variantes



Cette profession solennelle a consisté en des vœux d’obéissance, de conversion et de stabilité : on entend là un léger décalage, propre à la vie monastique, par rapport à une autre triade, plus commune aux femmes et aux hommes engagés dans la vie consacrée. Le droit canonique rappelle en effet que celle-ci est assumée librement par des fidèles « qui, par des vœux ou d’autres liens sacrés selon les lois propres des instituts, font profession des conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d’obéissance » (canon 573 § 2). « Pour les moines, précise le frère Jean-Louis, la conversion comprend à la fois la chasteté – une notion plus large que le seul célibat – et la pauvreté ».

Pratiques anciennes…



L’origine des vœux n’a rien d’une évidence. « Dans l’Antiquité, pauvreté, chasteté, obéissance ne sont jamais désignées comme telles dans une littérature non chrétienne, explique le père Laurent Gallois, jésuite et professeur de philosophie. Ce qui pourrait se rapprocher de la chasteté serait par exemple la notion de tempérance, développée chez Platon. Mais c’est au titre d’une harmonie où les choses sont à leur place, en vue d’une bonne gouvernance intérieure et, surtout, toujours ordonné à un bien commun : celui de la cité. »


On retrouve par ailleurs, pendant mille ans et avant le début de l’ère chrétienne, des traces de la pratique de la chasteté : à Rome, les vestales se la voient imposer pendant trente ans en échange de certains privilèges corrélés au service rendu à la déesse Vesta et à l’entretien de son feu sacré.

… et nouveauté chrétienne



« Les Pères de l’Église vont christianiser les vertus cardinales que sont, par exemple, la tempérance ou le courage, reprend Laurent Gallois, mais la notion de vœu rajoute une dimension de promesse, d’alliance avec Dieu. L’analogie de cette alliance serait le contrat social, entre États. Sauf que dans le vœu, un des États est donc Dieu qui, lui, ne rompt jamais l’alliance ».


La route fut pourtant longue à se dessiner avant d’aboutir à une formalisation des trois vœux. L’Évangile laisse certes transparaître des conseils, comme celui donné au jeune homme riche de vendre tous ses biens (Mc 10, 17-30), ou la valorisation par le Christ de « ceux qui se sont rendus eunuques pour le Royaume des cieux » (Mt 19, 12), qui suggère un encouragement à la chasteté. Mais plusieurs jalons, comme l’essor du monachisme au IIIe siècle, la rédaction de la règle de saint Benoît au milieu du VIe seront nécessaires pour parvenir à « sédimenter », au début du XVe siècle et sous le pape Innocent IV, la fameuse triade pauvreté/chasteté/obéissance.


« Pas d’explication »



Celle-ci continue, depuis plus de six siècles, d’attirer autant que d’intimider, dans des formes de vie religieuse des plus contemplatives aux plus apostoliques. « Il n’y a pas d’explication sociologique, psychologique, résume le frère Jean-Louis, on fait le saut ou on ne le fait pas ».
« Quand c’est bon, il n’y a pas de raison d’attendre et de laisser mûrir plus longtemps, renchérit Nolwenn, le Christ appelle à la joie ». La jeune femme prononcera, le 20 août, son « engagement à vie » dans la communauté du Chemin-Neuf, où elle avait prononcé ses premiers vœux temporaires en août 2013. « En m’engageant, je devenais déjà pleinement sœur consacrée, décrit la jeune femme, tout en ayant, devant moi, un chemin pour continuer à me laisser transformer, de l’intérieur. »


Quelque chose de « plus grand »



L’engagement par des vœux se fait, dans la plupart des congrégations, selon différentes étapes : les vœux « solennels » ou « perpétuels », les « derniers vœux », l’« engagement à vie », etc. sont précédés de périodes de probation permettant d’éprouver la véracité de l’appel.
« J’étais dans l’inconnu, en me demandant comment j’allais pouvoir vivre ces conseils évangéliques au quotidien, témoigne le frère Miki Kasongo, chapelain de Saint-François, l’église du couvent des Franciscains dans le sud de Paris. Mais je me sentais porté par quelque chose de plus grand. En ayant fait des études de philosophie, je dirais que ’’le transcendant inonde l’immanent’’ ! » En somme, avoir la force de reconnaître que c’est d’un Autre que vient la possibilité de « tenir » ses vœux.


Une dynamique d’« attente »



C’est tout le paradoxe des vœux qui requièrent, de la part de ceux qui les prononcent et de ceux qui les reçoivent – supérieurs, prieurs, etc. –, un temps de prière, de réflexion, de formation, mais qui reposent davantage sur une promesse entendue, invérifiable, que sur des « acquis ».


« Nous attendons des temps nouveaux, écrit Sylvie Robert, sœur auxiliatrice, dans un document théologique de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). Les trois vœux classiques peuvent être compris dans cette dynamique d’attente, d’avent, comme l’ouverture d’une fenêtre vers ce qui ne passera pas : ils interrogent sans trêve notre soif de nous assurer sur ce qui est à notre disposition, à notre portée, sur notre œuvre, et de pourvoir nous-mêmes à notre avenir ; ils entretiennent en nous le désir d’un monde où tout pain, y compris celui de l’affection, sera partagé avec tous. L’engagement que prennent les religieux est pari non sur la grâce d’un avenir terrestre, mais sur l’horizon insoupçonné d’un au-delà ».


Pas d’« évaluation » possible



La prononciation de vœux, qui ne se comprend donc qu’à la lumière de la foi, déjoue toute tentative d’évaluation en termes de succès, de réussite. « Même si le religieux préfère y renoncer, ce n’est pas un échec, soutient le frère Charles, chapelain de Saint-Gervais, une église parisienne confiée aux Fraternités monastiques de Jérusalem. C’en serait un s’il n’y avait pas de croissance dans l’humanité et la vie spirituelle ».


« Dieu nous aime tels que nous sommes et non tels que nous nous rêvons, abonde le frère Jean-Louis. Je vois parfois arriver des jeunes hommes au profil très “matheux, ingénieurs”, formatés à l’efficacité. En la transposant à la vie spirituelle, ils disent, après quelques mois, “ne pas y arriver”. Je leur réponds que l’enjeu n’est pas d’y “arriver” mais de faire confiance au Seigneur, qui donne le rythme de conversion ».



Quel est le sens des vœux religieux  ? (la-croix.com)
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MessageSujet: Re: L'appel du couvent   L'appel du couvent Icon_minipostedVen 18 Juin 2021, 9:50 pm

Capucine a écrit:
Mais dans la religion catholique, les monastères existent encore  Very Happy

Tout comme les "petites communautés" qui vivent au milieu des cités et sont un témoignage de vie.
Mais ce n'est pas parce qu'elles existent encore que c'était dans le plan du Christ.

Quand on commence à dévier, rien n'empêche de continuer ... crescendo et ce depuis la mort des Apôtres et des Pères Apostoliques, quoique certains Pères Apostoliques commençaient à dévier quant à l'organisation des Églises, dont un certain Ignace d'Antioche, qui établit l'Eglise une hiérarchie à trois étages. L'évêque devient le pasteur unique de l'Église locale, et même il se trouve à la tête de plusieurs communautés qui forment un diocèse (système romain).

Pour Ignace, les anciens ( ou presbytres) tendent à devenir des prêtres; les diacres occupent un troisième rang. Ce nouveau système a évolué au cours des décennies .... pour en arriver à un "super évêque" c'est-à-dire le Pape (Pontifex Maximus) de toutes les Églises de l'empire romain d'Occident



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MessageSujet: Re: L'appel du couvent   L'appel du couvent Icon_minipostedSam 19 Juin 2021, 7:17 am




BenJoseph a écrit:
Capucine a écrit:
Mais dans la religion catholique, les monastères existent encore  Very Happy

Tout comme les "petites communautés" qui vivent au milieu des cités et sont un témoignage de vie.
Mais ce n'est pas parce qu'elles existent encore que c'était dans le plan du Christ.

Quand on commence à dévier, rien n'empêche de continuer ... crescendo et ce depuis la mort des Apôtres et des Pères Apostoliques, quoique  certains Pères Apostoliques commençaient à dévier quant à l'organisation des Églises,  dont un certain Ignace d'Antioche, qui établit l'Eglise une hiérarchie à trois étages. L'évêque devient le pasteur unique de l'Église locale, et même il se trouve à la tête de plusieurs communautés qui forment un diocèse (système romain).

Pour Ignace, les anciens ( ou presbytres) tendent à devenir des prêtres; les diacres occupent un troisième rang. Ce nouveau système a évolué au cours des décennies .... pour en arriver à un "super évêque" c'est-à-dire le Pape (Pontifex Maximus) de toutes les Églises de l'empire romain d'Occident




Et alors,

Toute organisation, telle que l'Eglise, se doit d'avoir une représentation, une direction et des Dogmes...

Capables de rappeler depuis 2000 ans que DIEU existe,

Ainsi que de rappeler chaque jour la Sacrifice Salvateur du CHRIST en notre faveur...


Je rappelle ce que JESUS nous a dit,



Citation :
Matthieu 16

…17Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux.

18Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.

19Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.…



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