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 Notre Histoire avec Marie

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MessageSujet: Notre Histoire avec Marie   Jeu 03 Mai 2018, 1:51 am

430

Notre-Dame du Marillais : Marie visite la France




La Vierge Marie a honoré la France par de nombreuses visites célestes depuis les premières années de son histoire. C’est comme une relation privilégiée entre le Ciel et cette nation. En l’an 430, elle apparut à saint Maurille (363-453), évêque d’Angers, pour lui demander d’instituer une fête solennelle le 8 septembre, jour de sa naissance.

Père Philippe LoiseauPrêtre du diocèse d’Angers




JESUS-Christ, fils de Dieu. Au IVe siècle, la pensée de l'arianisme (conçue par le prêtre égyptien Arius) affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d'abord humain, mais un humain disposant d'une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par l’empereur romain Constantin en 325, rejeta l'arianisme. Il fut dès lors qualifié d'hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la nature divine et humaine du Christ se prolongèrent pendant plus d'un demi-siècle. Saint Hilaire (vers 315-367), évêque de Poitiers, s’oppose vivement à ce courant de pensée théologique et défend la doctrine catholique, dite homoousienne (en grec : qui reconnaît l’identité de substance entre le Père et le Fils dans la Trinité ; en latin, on dit que le Fils est « consubstantiel » au Père). Il est alors exilé en Phrygie. Il écrira de nombreux livres dont La Trinité. Revenu en France, il continue son combat contre l’arianisme.



Des moines et des évêques.
Saint Martin de Tours (316-397), ancien légionnaire romain devenu ermite, le rejoint autour de 356, se mettant à son école. En 360, Martin fonde l'abbaye de Ligugé (Vienne), à proximité de Poitiers. Hilaire, lui, fut probablement à l'origine de la construction à Poitiers du baptistère Saint-Jean, l'un des plus vieux bâtiments chrétiens actuellement subsistant en France. C'est là que les Tourangeaux vinrent chercher saint Martin pour en faire leur évêque. Un peu en dehors de la ville de Tours, en rive nord de la Loire, à Marmoutier, il rassembla à nouveau, autour de 372, des dizaines et des dizaines de moines, dont beaucoup devinrent fondateurs, eux aussi, de nouvelles abbayes et, autour d'elles, de nouvelles communautés chrétiennes. C'est ainsi que Florent d’Anjou, l'un de ces disciples, vint fonder le monastère du Mont-Glonne, entre Angers et Nantes, au bord de la Loire, qui deviendra Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire). Maurille, lui, se fixait également au bord de la Loire, mais plus près d'Angers, à Chalonnes (Maine-et-Loire). Il n'y resta que quelques années car, en 423, les chrétiens d'Angers vinrent arracher Maurille à sa solitude, et le supplièrent de devenir leur évêque.







L’apparition de la Sainte Vierge à Maurille.
Selon une très ancienne tradition, cet événement eut lieu en l'an 430, un an avant le Concile d’Éphèse. Au lieu-dit La Croix du Pichon, au confluent de l'Evre et de la Loire, la Vierge Marie est apparue à Maurille venu rendre visite à ses frères, les moines du Mont-Glonne, et qui était descendu au pied du coteau pour y prier dans la solitude. Voici comment les chroniques rapportent ce fait : « Maurille, évêque d'Angers, était en ce lieu, quand il se vit tout à coup environné d'une lumière céleste. C'était la Très Sainte Vierge, tenant en ses bras son divin Enfant, qui daignait lui apparaître, dans un peuplier. Elle dit à son dévot serviteur que la volonté de Dieu et le bon plaisir de son divin Fils étaient qu’il établît en son diocèse une fête solennelle du jour de sa sainte naissance, le 8 de septembre. C'est en Anjou que cette fête a commencé à être célébrée... » Un modeste oratoire est alors construit, sur ce qui deviendra la commune du Marillais (Maine-et-Loire). Depuis environ quinze siècles et pratiquement sans interruption malgré bien des événements contraires, la Vierge Marie est vénérée en ce lieu. À 40 km plus à l’est, saint Maurille établit aussi un lieu de dévotion mariale sur une île de la Loire, Notre-Dame de Béhuard. Beaucoup plus au sud, la tradition rapporte une apparition similaire au Puy-en-Velay (Haute-Loire), qui aurait eu lieu également en 430. 



Le sanctuaire actuel.
Le sanctuaire  est de longue date un haut-lieu de pèlerinages et de spiritualité chrétienne, lié pendant longtemps aux bénédictins qui tenaient l’abbaye voisine de Saint-Florent-le-Vieil, malgré les ravages des guerres de Religion et de la Terreur. Le site est reconnu au XIXe siècle, puis couronné du nom de Notre-Dame-du-Marillais par Mgr Rumeau, avec l'autorisation du pape Pie XI, en 1931. Le 8 septembre 1873, le plus gros pèlerinage, conduit par Mgr Freppel, évêque d’Angers, réunissait 50 000 personnes venues d’Anjou, de Vendée et de Bretagne. L’ancienne chapelle a été remplacée par un large sanctuaire érigé entre 1890 et 1913, qui est de grande beauté avec sa tour carrée de 40 mètres de haut élevée après la Première Guerre mondiale. Cette basilique recèle plusieurs souvenirs de l’histoire vendéenne, avec notamment le vitrail du « champ des Martyrs ». Depuis fin 2015, le lieu de culte fait partie de la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire.



Le pèlerinage.
Le pèlerinage actuel à Notre-Dame du Marillais se situe dans la lignée de celui de Cotignac. Il permet aux femmes, mères et épouses, de marcher ensemble et de porter toutes leurs intentions de prières. Cette année, il aura lieu du vendredi 8 au dimanche 10 juin et partira de la cathédrale de Nantes avec le Père Denis Bourget (environ 30 km).





Marie, Mère de Dieu.
En ce lieu très saint, la Sainte Vierge Marie s’est très tôt manifestée aux hommes pour leur dire qu’elle, Marie, est vraiment la Mère de Dieu et leur signifier le rôle éminent qu’elle, Marie, Mère de Dieu, est appelée à exercer dans l’histoire des hommes et l’économie du Salut. « En célébrant la Nativité de Marie Mère de Dieu, l’Église reconnaît, selon l’expression du Père de Montfort, que Marie a trouvé grâce devant Dieu pour elle et pour le genre humain, qu’elle a eu le pouvoir d’incarner et mettre au monde la Sagesse éternelle et qu’il n’y a encore qu’elle qui, par l’opération du Saint Esprit, ait le pouvoir de l’incarner pour ainsi dire en tous ceux qui sont appelés à devenir les fils bien-aimés du Père par le Baptême » (Père Joseph Guégnard). L’apparition de Marie en 430, près de Saint-Florent-le-Vieil, et sa demande que soit célébrée sa Nativité fut le prélude à la décision prise l’année suivante, sur l’inspiration de l’Esprit Saint, par le concile d’Éphèse, reconnaissant à la Sainte Vierge sa nature de Mère de Dieu.



L’apparition de Notre Dame du Marillais aussi appelée Notre Dame l’Angevine est en relation étroite et intime avec le message de Lourdes, délivré ultérieurement, le 25 mars 1858, par lequel la Vierge Marie dévoila : « Je suis l’Immaculée Conception ». Ce n’est donc pas sans raisons profondes que l’on a pu qualifier la France de « Royaume de Marie ».



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MessageSujet: Re: Notre Histoire avec Marie   Ven 04 Mai 2018, 9:58 pm

1857

Dominique Savio, la  Sainteté dès l'enfance




Amoureux de la Sainte Vierge dès son plus jeune âge, Dominique Savio (1842-1857) a vécu moins de 15 ans d’une vie entièrement vouée à Dieu. Élève de l’éducateur italien Don Bosco, qui a rapidement remarqué ses capacités et son grand désir de sainteté, il a fécondé par sa mort l’œuvre naissante des Salésiens, qui s’est propagée dans le monde entier dès la fin du XIXe siècle.

Père Jean-Marie PetitclercSalésien, éducateur spécialisé



Enfance. Dominique Savio est né le 2 avril 1842, à Rives de Chieri, petit village situé à une trentaine de kilomètres de Turin (capitale du Piémont, dans le nord de l’Italie) et fut baptisé le soir même. Son père, Charles, était maréchal-ferrant ; sa maman, Brigitte, couturière. Il n’avait pas deux ans lorsque son papa, manquant de travail, alla s’établir dans un village voisin, appelé Morialdo, où la famille restera neuf ans. À sept ans, Dominique fit sa première communion, alors qu’à l’époque l’âge habituel était de douze ans. Mais il montra une telle intelligence et une foi si profonde que le chapelain du village lui en donna l’autorisation. Ce fut un véritable jour de fête pour Dominique. Il écrit alors une série de résolutions : « Je sanctifierai tous les jours de fête ; je me confesserai souvent et je communierai aussi souvent que mon confesseur me le permettra ; JESUS et Marie seront mes amis. Je préfère mourir plutôt que de pécher. »





Un écolier attentif. Après sa première communion, Dominique poursuivit sa scolarité auprès d’un prêtre de Morialdo. Mais quand il eut dix ans, il alla à l’école communale de Castelnuovo, située à quatre kilomètres de là. Alors on vit ce petit bonhomme, été comme hiver, sous la pluie ou le soleil, effectuer quatre fois par jour ce trajet, soit seize kilomètres quotidiens ! Au printemps suivant, la famille Savio quitta Morialdo pour aller chercher du travail dans un autre village, Mondonio. Son nouveau maître, Don Cugliero, dira de lui : « J’ai été professeur durant vingt ans. Jamais je n’ai trouvé un écolier aussi agréable. » Cependant, un jour de neige, alors que Don Cugliero avait du retard, deux garnements en profitèrent pour glisser deux blocs de neige dans le poêle. Une grosse fumée se dégagea et de l’eau commença à envahir la salle. Sur ces entrefaites arriva le maître qui se retourna furieux vers ses élèves : « Qui a fait cela ? » Les deux coupables se regardèrent effarés. Si quelqu’un souffle leur nom, ils seront sûrement renvoyés de l’école. Comment faire ? D’un signe, ils décidèrent de reporter la faute sur Dominique : C’est lui ! Le maître tomba des nues : « Dominique, c’est toi ? Je ne l’aurai jamais cru ! » Dominique se tut et le maître le réprimanda vivement, et le mit en retenue. Le lendemain, après qu’un camarade eut parlé de cette injustice, le maître demanda à Dominique la raison de son silence. Et celui-ci de répondre : « Ces camarades avaient déjà été sanctionnés. S’ils étaient découverts, ils auraient été mis à la porte. Pour moi, comme c’était la première fois, j’espérai bien qu’on me pardonnerait. Ainsi, tout s’est arrangé. JESUS, lui aussi, s’est bien laissé accusé injustement ! » Don Cugliero comprit ce jour-là la grandeur d’âme de son élève.  



La rencontre avec Don Bosco.
C’est durant les congés de Toussaint en 1854, lorsque le célèbre prêtre italien Don Bosco (Giovanni Bosco, 1815-1888), éducateur de la jeunesse, comme à son habitude, emmenait les jeunes du Valdocco (quartier de Turin) à la campagne, qu’eut lieu la première rencontre entre Dominique et Don Bosco. Celui-ci le prit à part, se renseigna sur ses études et sa façon de vivre. Très vite, ils se parlèrent en confiance. Avant d’appeler son père, Dominique lui dit :


-       « Eh bien, qu’en pensez-vous ? Vous me conduirez à Turin pour étudier ?
-       Il me semble que tu es une bonne étoffe pour faire un habit pour le Seigneur.
-       Donc je suis l’étoffe et vous serez le tailleur. Vous me prendrez avec vous.
-       Mais quand tu auras fini tes études, que veux-tu faire ?
-       Je désire ardemment devenir prêtre.
-       Bien. Maintenant je vais voir si tu as les capacités voulues pour les études. Prends ce livre. Aujourd’hui, tu étudieras cette page, et demain tu viendras me la réciter. »
Ceci dit, Don Bosco le laissa aller avec les autres garçons et parla avec son père. Quelques minutes plus tard, Dominique s’avança et lui dit :
-       « Si vous voulez, je vous récite la page. » Don Bosco prit le livret et constata avec surprise que non seulement il savait la page demandée, mais qu’il en comprenait très bien le sens.
-       « Très bien, tu as devancé l’étude de la leçon, j’avance ma réponse. Oui, je t’amènerai à Turin et tu seras parmi mes chers garçons. »





L’arrivée au Valdocco.
Dix jours plus tard, Dominique partit avec son père à Turin. Arrivés au Valdocco, ils montèrent dans le bureau de Don Bosco. Alors commença pour Dominique la vie de tous les jours du collégien. Il étonna tous ceux qui le croisaient, non qu’il fit des choses extraordinaires, mais parce qu’il était toujours excellent en tout. Le 8 décembre 1854, l’Église est en fête, car le pape Pie IX vient de prononcer le dogme de l’Immaculée Conception. Ce jour-là, Dominique entra dans la chapelle du Valdocco et se consacra à Marie : « Marie, je vous donne mon cœur, faites qu’il soit toujours vôtre. »



Un formidable médiateur.
Un jour de printemps, deux garçons commencèrent par se regarder de travers puis échangèrent quelques injures. Ils décidèrent alors de régler leurs comptes loin des regards, à coups de pierres. Des camarades les accompagnaient, mais au lieu de les calmer, les excitaient pour jouir du spectacle. Chacun ramassa cinq grosses pierres et ils s’éloignèrent à vingt pas de distance. Pendant ce temps, quelqu’un appela Dominique qui courut, se fraya un chemin à travers les spectateurs et se positionna entre les deux ennemis. « Tire-toi ! », lui cria celui qui avait empoigné la première pierre. Dominique le regarda tristement. Un éclair lui traversa l’esprit. Il arracha le petit crucifix qu’il portait au cou et le montra à chaque adversaire, suppliant l’un, priant l’autre et parvenant grâce à cette médiation à les réconcilier. Le duel n’aura pas lieu.



Une vocation à la sainteté.
Le 24 juin, c’est la saint Jean, la fête de Don Bosco, un événement à l’Oratoire, durant lequel Don Bosco demandait à ses garçons : « Écrivez sur un bout de papier le cadeau que vous désirez. Je vous assure que je ferai mon possible pour contenter tout le monde. » Quand il lut les billets, il trouva des demandes parfois sérieuses et réfléchies, parfois totalement extravagantes… Sur le billet de Dominique, il y avait six mots : « Aidez-moi à devenir un saint. » Don Bosco l’appela et lui dit alors : « Je vais te donner le secret de la sainteté. Premièrement la joie. Ce qui te trouble et ôte la paix ne vient pas du Seigneur. Deuxièmement, l’attention en classe, l’application dans le travail et la prière. Tout cela, ne le fais pas par ambition, pour avoir des compliments, mais par amour du Seigneur et pour devenir un homme. Troisièmement : fais du bien aux autres. Aide toujours tes compagnons même si cela te coûte. La sainteté, c’est tout cela. » Les vacances scolaires arrivèrent et passèrent très vite. Quand les garçons rentrèrent à l’Oratoire, Don Bosco trouva Dominique bien pâle. Comprenant que sa santé était vacillante, il décida de ne plus le scolariser en ville, mais à l’intérieur de la maison, en lui recommandant de la modération dans les études.



Un courage exemplaire.
L’automne 1855 fut particulièrement chaud, et une épidémie de choléra fit rage dans la ville, causant la mort d’une centaine de malades par jour. Le maire de Turin lança un appel à toutes les bonnes volontés, pour soigner les malades et porter à l’hôpital les plus gravement atteints. Don Bosco relaya cet appel auprès de ses jeunes, leur promettant que personne ne tomberait malade s’ils respectaient les règles d’hygiène et portaient la médaille de Marie. 44 parmi les plus grands répondirent à l’appel, dont Dominique. Ce furent des journées éprouvantes. Sur des brancards improvisés, ils emportaient les malades à l’hôpital, soignaient sur place ceux qui n’étaient pas en état d’être transportés, et les assistaient aux derniers instants de leur vie. Avec le froid de l’hiver, le choléra disparut. Les garçons de Don Bosco, dont aucun n’avait contracté la maladie, retournèrent à leurs études.  





La Compagnie de l’Immaculée.
Dominique ne faisait pas de grandes choses pour les autres, mais il faisait tout ce qu’il pouvait : aide aux devoirs, soin des malades, entretien de la maison. Un jour, il eut l’idée de réunir ses meilleurs camarades et leur proposa de fonder une association pour travailler ensemble et mieux organiser les actions que chacun faisait de son côté. Et c’est ainsi que le 8 décembre 1856 fut fondée la Compagnie de l’Immaculée. Il s’agissait de vivre dans une confiance illimitée en Marie, d’aider Don Bosco et ses collaborateurs dans l’ambiance de la maison, et de manifester une attention particulière aux nouveaux venus. Chaque compagnon se vit ainsi attribuer un filleul qu’il accompagna dans ses premiers pas au Valdocco. Et chaque semaine, la compagnie se réunissait pour prier et faire le point sur les actions entreprises.



À-Dieu.
En février 1857, l’hiver devint vigoureux et la santé de Dominique, âgé alors de 14 ans, s’étiola. Il fut secoué par une toux persistante et la pâleur de son visage devint inquiétante. Le médecin conseilla de lui faire quitter la ville, très polluée, et de retourner dans son village. Quand Dominique apprit cette décision, il en fut très affecté. Le dimanche 1er mars,  son père vint le chercher. Il fit un adieu très touchant à ses camarades, tenant tendrement la main de Don Bosco. Son dernier mot : « Au revoir ! Au paradis ! » La calèche s’éloigna et Dominique arriva à Mondonio tard dans la soirée. Il fut accueilli chaleureusement par sa mère et ses petits frères. Après quelques jours de rémission, sa maladie (la tuberculose) s’aggrava. Il dut s’aliter et on appela le médecin ; après son départ, le curé vint réciter quelques prières. Le 9 mars 1857, autour de 22 heures, son papa était auprès de lui. Il eut juste la force de murmurer : « Adieu papa, Adieu ! … Oh ! Que c’est beau ce que je vois ! », et la vie s’échappa. Il n’avait pas encore 15 ans. Le pape Pie XII le béatifia le 5 mars 1950, puis le déclara saint le 12 juin 1954, il est aujourd’hui le saint patron des jeunes. Don Bosco écrit en 1858 un livre sur Dominique pour souligner sa vie exemplaire et sa sainteté. Fêté le 6 mai, Dominique Savio est le patron des jeunes et des servants de messe.



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MessageSujet: Re: Notre Histoire avec Marie   Sam 12 Mai 2018, 5:47 am

1251

LE SCAPULAIRE, HABIT DE LA VIERGE MARIE




Dans sa lettre au Carmel du 25 mars 2001, saint Jean-Paul II définissait ainsi le Scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel : [i]« Le Scapulaire est essentiellement un « habit » ». Mais quelle est la signification de cet habit ? Le contexte historique de l’apparition de Marie remettant le Scapulaire à Simon le 16 juillet 1251, et le symbolisme biblique sous-jacent de cette action permettent l’ébauche d’une réponse.
[/i]

Couvent des carmes de ParisFrère Cyril


Le Scapulaire, un habit remis dans un contexte historique particulier. Les écrits les plus anciens relatifs au Scapulaire sont datés du XIIIe siècle, où le chapitre des carmes de Montpellier (1287) le mentionne comme habit du carme, et où des registres de confréries laïques de Notre-Dame du Mont Carmel (notamment celui de Florence, Italie, datant des années 1280) enregistrent les noms des fidèles le portant. Le Scapulaire le plus ancien retrouvé à ce jour est probablement celui porté par le bienheureux pape Grégoire X († 1276) ; il fut découvert sur son corps lorsque celui-ci fut exhumé… au XIXe siècle.


La remise du Scapulaire.
La tradition orale la fait remonter au 16 juillet 1251 – au cœur même de ce XIIIe siècle –, quand la Vierge Marie apparut à un homme, un certain Simon (sans que nous sachions s’il était carme ou s’il allait le devenir), dans un petit village nommé Aylesford, situé à 40 kilomètres au sud-est de l’actuelle Londres (Angleterre). L’époque où Marie apparaît pour remettre le Scapulaire est celle de la féodalité anglaise. Le contexte socio-culturel qui s’en dégage permet une interprétation du geste et la parole délivrée par Notre Dame à Simon résonne étonnamment bien avec la symbolique des écrits bibliques. Que se passa-t-il, en effet, en cette journée du 16 juillet 1251 ? Laissons l’un des vieux manuscrits latins, celui conservé à la Bibliothèque Nationale de France, nous en informer : après qu’il eut invoqué Marie à de nombreuses reprises pour lui demander sa protection en des temps difficiles, « Notre-Dame apparut [à Simon], environnée d’une multitude d’anges, tenant en sa main un Scapulaire et disant : « Voici un privilège pour toi et ceux du Carmel, qui mourra ainsi revêtu sera sauvé ». » Pour l’humble Simon, la surprise dut être grande. Non seulement la Vierge lui était apparue, mais de plus elle lui remettait un habit à revêtir ! Pourquoi Marie choisit-elle de lui donner un habit à revêtir ? Quel était donc cet habit qualifié de Scapulaire ? Pour Simon, dans  le contexte de son époque, les réponses à ces questions étaient claires, mais assez surprenantes…







Marie, une mère voulant revêtir ses enfants.
En effet, en tendant à Simon un Scapulaire, Marie se présente à lui comme une mère, une mère cherchant à habiller son enfant. Or Simon – tout comme les carmes de l’époque médiévale –, recherchait le soutien de Notre Dame, en invoquant sa puissance de Souveraine plutôt que sa qualité de mère ! Mais lors de son apparition, Marie n’est pas coiffée d’une couronne, et son geste de vouloir habiller Simon est un geste ô combien… maternel. Quel est, en effet, le premier geste d’une mère lorsque son enfant vient de naître ? Quel a été le premier geste de Marie elle-même à la crèche, sitôt après la naissance de JESUS ? « Elle enfanta son fils premier-né, elle l’enveloppa de langes » (Luc II, 7), rapporte l’évangéliste saint Luc… Porter le Scapulaire, pour Simon et pour tout fidèle aujourd’hui, signifie donc accepter la présence maternelle de Marie dans sa vie. En revêtant le Scapulaire, le fidèle se met à imiter le disciple bien-aimé répondant positivement au commandement de JESUS donné sur la Croix : « « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, précise l’évangéliste Jean, le disciple la prit chez lui » (Jean XIX, 27). Revêtir le Scapulaire est une manière de prendre Marie chez soi, comme Jean la prit chez lui.



Travailler pour être sauvé.
Un second point aura pu surprendre Simon : si Marie parle de Salut (« qui mourra ainsi revêtu sera sauvé »), elle fait tout autant comprendre que celui-ci ne saurait être acquis par le simple fait d’accepter de revêtir sa livrée ! Le symbole de l’habit dont une mère revêt son petit enfant est par lui-même significatif : de même qu’une mère habille son nouveau-né car celui-ci est incapable de s’habiller par lui-même, de même Marie souhaite habiller ses enfants du Salut que personne ne pourrait acquérir par soi-même. Mais en recevant des mains de Marie un Scapulaire, Simon ne reçoit pas un habit blanc, cette couleur éclatante symbolisant le Salut dans le corpus biblique. Il reçoit au contraire un habit de couleur terne, car le Scapulaire, au XIIIe siècle, est une simple tenue de travail ! Les paysans allant travailler aux champs, les forgerons s’apprêtant à travailler le fer et le feu, ou autres, pouvaient se revêtir de cet habit composé au départ de deux grands pans de tissus mis par-dessus les épaules, couvrant l’avant et l’arrière du corps, pour éviter de salir, de brûler ou de déchirer leurs vêtements habituels. Dès 1280, le registre de la confrérie de Florence nous informe que le Scapulaire, porté par des laïcs (les carmes ne le portant pas encore !), a commencé à se réduire, probablement pour des raisons d’ordre pratique. Il ne descend plus qu’au niveau de la taille… 
Il en existe d’ailleurs près d’une vingtaine d’autres types que celui de Notre-Dame du mont Carmel. En tout cas, tout fidèle revêtant le Scapulaire est invité à se mettre au travail : Marie lui demande implicitement de coopérer, de travailler à son propre Salut, en mettant en pratique les commandements donnés par le Christ. « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Luc VI, 46), demande JESUS aux foules qui le suivent…   







Se revêtir intérieurement de JESUS-Christ. Pour résumer, le vêtement donné par Notre Dame évoque la promesse de son aide maternelle pour qui le portera, tout en invitant le fidèle à œuvrer pour son Salut. Qui revêt le Scapulaire est disciple du Christ, enfant de l’Église, cheminant aux côtés de Marie. Saint Jean-Paul II, dans sa lettre de 2001, le dit à sa manière : « Que celui qui revêt le Scapulaire fasse l’expérience de la présence douce et maternelle de Marie, dans l’engagement quotidien de se revêtir intérieurement de JESUS-Christ et de le manifester de façon vivante en soi pour le bien de l’Église et de toute l’humanité… » Cette exhortation permet une dernière précision. Si Marie donne un habit en vue du Salut, cet habit n’est autre que JESUS lui-même. « Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtus le Christ » (Galates III, 27), révèle saint Paul aux Galates. Dans ce contexte, l’habit donné par la Vierge n’est pas un habit se substituant à la grâce du baptême, au contraire : l’humble habit du Scapulaire, porté au quotidien, signifie que le fidèle travaille chaque jour à conformer sa vie et ses œuvres à sa foi, laissant se déployer en lui la grâce de l’Esprit reçue originellement au baptême. Le pape Jean-Paul II, fidèle porteur du Scapulaire, en avait une vive conscience. Laissons-lui les derniers mots : « La piété envers Marie […] doit constituer un « habit », c’est-à-dire une orientation permanente de sa propre conduite chrétienne, tissée de prière et de vie intérieure, à travers la pratique fréquente des sacrements et l’exercice concret des œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle. De cette façon, le Scapulaire devient un signe d’alliance et de communion réciproque entre Marie et les fidèles » (lettre du 25 mars 2001).


 Que Marie, notre Mère, continue de soutenir ses enfants dans leur marche vers le Ciel !



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MessageSujet: Re: Notre Histoire avec Marie   Sam 19 Mai 2018, 7:25 am

2018

Institution de la fête de « Marie, Mère de l’Église »




Lundi de Pentecôte 2018, une nouveauté dans la liturgie de l’Église ! Depuis plusieurs années, la question était posée d’instituer une fête de Marie, Mère de l’Église, déjà célébrée en Pologne et en Argentine, le Lundi de Pentecôte. À Rome, la Congrégation pour le Culte divin, sans doute sollicitée depuis longtemps par beaucoup d’églises locales, a annoncé le 3 mars dernier la décision d’étendre cette fête à toute l’Église, un décret qui prend effet en 2018, ce lundi 21 mai. Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin depuis 2014, répond ainsi à un désir depuis longtemps ancré dans l’esprit et le cœur de beaucoup.

Cardinal Philippe Barbarin  Archevêque de Lyon et Primat des Gaules




La joie du temps ordinaire. Je me rappelle les lettres que m’avait écrites à ce sujet l’ancienne Mère Abbesse d’Argentan, dans le diocèse de Séez, et son insistance lors d’un passage à l’Abbaye : « Mais pourquoi ne faisons-nous pas cela aussi en France ? » Pourquoi en effet ? Maintenant que la décision est prise, il ne suffit pas de s’en réjouir, il faut aussi comprendre l’histoire et le sens de ce titre donné à Marie, de cette fête dont le cardinal Sarah a décrit l’esprit. 


Dans l’année liturgique, le temps qui nous conduit vers Pâques et la Pentecôte est extrêmement riche et intense. Après le cheminement exigeant du carême, la Semaine Sainte et le feu de la Passion, vient une cinquantaine (c’est le sens du mot grec Pentecostès) de jours qui n’en font qu’un : « Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie. » Au terme de la cinquantaine pascale, une « solennité d’exultation », l’Esprit-Saint est donné aux Apôtres sous forme de langues de feu. C’est la promesse que JESUS leur avait faite dans les dernières paroles qu’il a prononcées sur terre et qui sont la meilleure catéchèse du sacrement de la confirmation : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… » (Act. 1, 8).



Aussitôt après, le Lundi de Pentecôte, on « retombe » brusquement, comme on entend dire parfois, dans le temps ordinaire. C’est pourtant quelque chose de très beau pour nous que d’être envoyés en mission pour vivre et répandre l’amour reçu du Seigneur dans le concret de notre vie familiale, professionnelle ou sociale… Il y a une merveille du « temps ordinaire » ; j’ai lu un jour un bel Eloge du Temps ordinaire (Jeannine Marroncle, L’Atelier, 1995), inspiré peut-être de la manière dont Madeleine Delbrêl parle de la sainteté des « gens ordinaires » (La sainteté des gens ordinaires, Nouvelle Cité, 2009).



Désormais, l’Église nous invite à entreprendre cette nouvelle étape de l’année liturgique sous le regard et avec la présence maternelle de la Vierge Marie ; c’est simple et réconfortant. L’obéissance à la Parole de Dieu de celle qui s’offre comme « la servante du Seigneur » à l’Annonciation, son attention à tous et dans toutes les circonstances (pensons au repas des noces de Cana où elle est la première à voir qu’« ils n’ont plus de vin »), tout cela nous aide et nous stimule pour rester fidèles à l’Amour de Dieu et réaliser notre vocation de « pierres vivantes » de l’Église.  



Vatican II et le titre de « Marie, Mère de l’Église ».
Mais ce titre, qui vient de trouver sa place officielle dans la liturgie, d’où vient-il ? D’un moment assez extraordinaire de Vatican II : le 21 novembre 1964, lors de la clôture de la troisième session, le pape Paul VI promulgue un texte majeur du Concile, la constitution dogmatique sur l’Église Lumen gentium (« Lumière des peuples »), long de huit chapitres.


Le dernier est consacré à la Vierge Marie, il s’intitule : « La bienheureuse Marie, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Église. » Montrant la place de Marie dans l’économie du Salut, il fait tout un parcours biblique depuis l’Ancien Testament, jusqu’à la mort de JESUS sur la Croix et même après son Ascension, en passant par l’Annonciation, la naissance à Bethléem et tout le ministère public du Seigneur. Marie, qui chante dans le Magnificat que « tous les âges [la] diront bienheureuse » et pour qui « le Puissant fit des merveilles »( Luc I, 48 et 49), est présentée comme le modèle parfait de l’Église.



Les Pères du Concile avaient beaucoup discuté pour savoir si, dans ce texte, on lui donnerait le titre de « Mère de l’Église », et ils décidèrent finalement que non. Certains pensaient que cela pourrait provoquer des confusions. Il y a déjà assez de paradoxes dans la figure de Marie : elle est le modèle de l’Église, mais elle en est aussi une fille, elle « marche avec nous », comme « la première en chemin ». Elle est à la fois le prototype de ce « lieu du Salut » et une femme sauvée comme les autres par JESUS, le seul Rédempteur, même si ce don lui est fait dès le premier instant de sa conception, « par une grâce venant déjà de la mort de [son] Fils »[1].   


Paul VI et Jean-Paul II.
Or, bien que les Pères aient fait ce choix, Paul VI, dans l’homélie de la messe du 21 novembre 1964, déclara qu’il avait décidé de donner à la Vierge Marie le titre de « Mère de l’Église ».


Alors, les évêques se levèrent et applaudirent, tandis que ce Pape, qui sera canonisé prochainement, poursuivait son homélie gentiment, à sa manière, toujours discret, réservé.  

Dans cette décision, il ne faut pas voir une opposition du Pape à l’assemblée conciliaire, mais une volonté d’aller plus loin.

Jean-Paul II, qui participa au concile d’abord comme évêque auxiliaire puis comme archevêque de Cracovie, à partir de 1964, fut très touché par cet événement, lui qui tenait aussi beaucoup à ce titre. Il fit installer une mosaïque de « Mater Ecclesiae » (Mère de l’Église), aujourd’hui visible par tous, sur la place Saint-Pierre à Rome. Et le monastère contemplatif voulu par lui dans les jardins du Vatican, où s’est retiré aujourd’hui Benoît XVI, porte le même nom.  


D’où viennent tous ces débats ?
Avant le Concile, on envisageait de rédiger un document à part, entièrement consacré à la Vierge Marie, pour dire la place exceptionnelle qu’elle a dans la vie et la foi de l’Église catholique.


Plusieurs pères conciliaires demandèrent que ce projet soit transformé et que l’on intègre ce texte sur la Vierge Marie dans Lumen gentium.


L’objectif était précisément de montrer que l’amour que l’on a pour la Vierge Marie est dû à la place tout à fait exceptionnelle qu’elle a dans le mystère de l’Église. En fait, les Pères suivaient le choix théologique fait par le P. Henri de Lubac, sj, dans un livre marquant, publié une dizaine d’années auparavant, Méditation sur l’Église, dont l’histoire est lyonnaise.


Après la Seconde Guerre mondiale, le Cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, avait perçu que de nombreux prêtres étaient revenus profondément troublés par l’expérience des camps de prisonniers ou de concentration. Il demanda alors au Père de Lubac de leur donner un enseignement sur l’Église, régulièrement, pendant une année entière.

Beaucoup de prêtres répondirent présents, et le P. de Lubac donna sa « méditation » sur l’Église, fondée sur l’étude des Pères et sur tout l’enseignement de l’Église. En 1952, il publia ce travail sous la forme d’un livre, qui reste, aujourd’hui encore, une grande référence théologique.

Manifestement, son plan et sa pensée inspirèrent Lumen gentium ; la ressemblance de structure des deux textes est impressionnante. Ils s’ouvrent sur la même notion, « le Mystère de l’Église » et se terminent tous deux par la figure de la Vierge Marie.  



Le chef-d’œuvre de Dieu.
Il est très intéressant de lire en parallèle ces deux textes. Le P. de Lubac évoque tous les titres donnés dans la tradition à Marie et s’approche de celui que proclama Paul VI :


« Marie appartient à l’Église, au point qu’on a pu quelquefois, sans doute avec excès la dire « sa Fille », cependant, avec plus de vérité, on l’appellera sa mère. « Fille de Jérusalem qui est notre Mère d’en haut », elle est Mère de l’Église que nous sommes. »[2]

Faisant allusion aux courants de la Réforme protestante, l’auteur met en parallèle les critiques de notre amour pour la Vierge Marie et celles qui sont formulées contre l’Église :


« Dans le rôle que la foi traditionnelle reconnaît à l’Église comme dans celui qu’elle reconnaît à Marie, on craint une sorte d’usurpation sacrilège. On y dénonce la même atteinte portée à l’unique médiation de JESUS comme à l’absolue souveraineté de Dieu. Qu’il s’agisse en effet de la justification de chaque fidèle ou de la descente du Verbe de Dieu parmi nous, ne faudrait-il pas croire que tout se produit « par la seule grâce de Dieu et la seule opération du Saint Esprit, sans aucune œuvre humaine » »[3] ?

Il conclut qu’il s’agit d’un mépris de l’action de Dieu qui respecte infiniment l’humanité de la Vierge Marie.

Jamais, Il ne fait d’elle un instrument sans âme, sans intelligence, sans liberté. Il en est de même pour l’Église, vivante, humaine, charnelle, corporelle.



Et Lubac cite Newman : « Les Pères de l’Église ne regardent pas la Sainte Vierge comme un pur instrument physique de l’incarnation du Seigneur, mais comme une cause intelligente et responsable. »[4] Cela signifie que Marie est un chef-d’œuvre de Dieu, préparé d’une manière extraordinaire pour accomplir son œuvre.  


L’Église, Marie… notre Mère.
« La maternité de Marie à l’égard du Christ entraîne chez elle une maternité spirituelle à l’égard de tout chrétien. »[5]


Si elle est la mère de JESUS et que moi, je suis un disciple, un ami de JESUS, un membre de son corps, alors j’ai, moi aussi, un rapport filial vis-à-vis de Marie, quand je me tourne vers elle.

À l’intérieur de l’Église, nous la regardons donc comme une mère : notre mère, notre « Maman du ciel », expression utilisée par de nombreux fidèles, petits et grands.

Dans la mesure où l’on dit que l’Église est le corps du Christ, il est légitime que Marie soit appelée « Mère de l’Église ». Cela n’entraîne aucune confusion. Elle reste une humble servante, mais elle est celle qui « marche avec nous, la première en chemin ».

Le P. de Lubac fait aussi allusion aux martyrs de 177 :

« Déjà au deuxième siècle, dans la célèbre lettre des martyrs de Vienne et de Lyon, ils parlent de la Sainte Église dans une allusion implicite mais claire à la Vierge Marie. Ils disent : nous regardons la Sainte Église comme notre mère virginale. »[6]

Marie est fille de Dieu, elle est sauvée, elle est l’humble servante du Seigneur, mais elle est la Mère virginale de JESUS, elle est notre mère, et nous regardons l’Église de la même manière. C’est de l’Église que nous recevons le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, les sacrements, mais c’est de Marie que nous avons reçu l’auteur de tout cela, JESUS qui est sorti de son sein, de ses « entrailles », à Bethléem !


Dans son chapitre final, H. de Lubac fait une longue comparaison entre Marie et l’Église.


« Dans la tradition, les mêmes symboles bibliques sont appliqués tour à tour ou simultanément, avec la même profusion de plus en plus débordante à l’Église et à la Vierge Marie. »

S’ensuivent une liste d’une cinquantaine de titres et une avalanche de références. Marie et l’Église sont l’une et l’autre la nouvelle Ève, le paradis, et l’arbre du paradis, dont le fruit est JESUS, le grand arbre que Nabuchodonosor vit en songe, planté au milieu de la terre (Daniel IV, 10-13)... L’une et l’autre sont l’arche d’alliance, l’échelle de Jacob, la porte du ciel, la maison construite au sommet des montagnes, la toison de Gédéon, le tabernacle du Très Haut... 



Cette mise en parallèle, enracinée dans la tradition chrétienne et admirablement présentée par le P. de Lubac conduit assez naturellement à la décision certainement longuement mûrie du pape Paul VI, de donner à Marie le titre de « Mère de l’Église ».  



Une invitation à tous ses enfants.
En résumé, cette nouvelle fête prend tout son sens au début du temps ordinaire, quand l’Église repart dans la beauté et les épreuves de la vie sociale, politique, familiale, culturelle, confessionnelle.


Nous y rencontrons beaucoup de joie et de lumière, mais nous y éprouvons aussi parfois l’impression de chaos, un lot de déceptions, de difficultés…

Au milieu de tout cela, il y a Marie comme une maman qui est très proche de son enfant, quand il est petit, quand il est malade, quand il a besoin d’elle. Et puis, quand il grandit, elle le laisse aller, le suit du regard et prie pour lui ; quand il s’est éloigné elle pense à lui et lui envoie des messages pour l’encourager.

Mère de l’Église, c’est un titre merveilleux. La Sainte Vierge regarde l’Église comme son Fils bien-aimé, elle sait qu’aujourd’hui c’est nous qui avons la charge d’annoncer l’Évangile, de parler de JESUS, d’être ses témoins, de construire l’Église.

Elle prie « afin que la Parole du Seigneur poursuive sa course, et que partout, on lui rende gloire » (2 Th. 3, 1).

De temps en temps, quand la situation est très critique, elle descend. Elle va parler aux petits-enfants de L’Île-Bouchard en disant : « N’ayez pas peur, vous avez l’impression que la France est perdue ? Eh bien non, je vais m’en occuper. » Elle va à Pontmain parler aux gens les plus simples, angoissés par la guerre de 1870-71, et les combats vont s’arrêter aussitôt.

Partout, elle vient dire : « Je sais que vous souffrez, rassurez-vous, je pense à vous. » Ce n’est pas pour nous donner la prospérité, le succès, la gloire ou la puissance, mais pour nous assurer qu’elle intercède pour nous, qu’elle marche avec nous, devant nous, mais aussi juste à côté de nous.

Son regard maternel ne nous quittera jamais, et nous sommes invités à lui répondre, à prendre sa main, à nous engager avec elle en lui disant : « Sainte Marie, Mère de Dieu, n’oublie pas de prier pour nous. »  


Le Samedi Saint, il n’y avait plus personne.


Elle a vu de ses yeux exactement le contraire de ce que l’Ange lui avait dit : « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut. » Mais, à 33 ans il vient de mourir sur la Croix, il est au tombeau, et elle croit. « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Luc 1, 45).

Sur terre, nous avons tous des moments de grande épreuve à vivre. Demandons avec foi à la Mère de l’Église, notre Mère, qu’elle nous aide à croire dans la Parole du Seigneur. La puissance de sa prière et de son intercession, l’incroyable trésor de grâce qu’elle représente, sont pour nous un vrai réconfort.


[1] Oraison de la Messe du 8 décembre, Solennité de l’Immaculée Conception.
[2] Henri de LUBAC, Méditation sur l’Église, DDB, 1985, coll. Théologie, p. 289
[3] Ibidem, p. 273
[4] Ibidem, note 1. « Chef d’œuvre de la grâce » serait peut-être une meilleure traduction du mot utilisé par l’Ange à l’Annonciation, pour échapper à l’idée de quantité qui reste dans les expressions « pleine de grâce » ou « comblée de grâce » de notre « Je vous salue Marie ».
[5] Ibidem, p. 286.
[6] Ibidem, p. 280.



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