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 Bienheureux les pauvres de coeur

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RAMOSI
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MessageSujet: Bienheureux les pauvres de coeur   Mar 18 Oct 2016, 6:53 pm

Rappel du premier message :



Première Béatitude :

Bienheureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux.
Les traductions varient avec les Bibles : pauvres de cœur (TOB), pauvres en esprit (Segond), ceux qui ont une âme de pauvre (Jérusalem).  
Luc dira simplement : Bienheureux, vous, les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous.  
Le mot grec qui est traduit soit par « esprit », soit par « âme », soit par « cœur » est le mot « πνεῦμα » (pneuma), dont le sens premier est souffle. Le Seigneur fait référence à la Genèse : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol, Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant » (Gn.2, 7). L’homme est ainsi formé d’une part matérielle, la chair, tirée de la terre, et d’une part spirituelle qui est le souffle de Dieu. Ceux qui sont pauvres de cœur ou en esprit sont donc ceux qui ont une conscience aigue du fait qu’ils ne sont que « terre et cendre » et qu’ils doivent tout à Dieu, et d’abord et tout simplement leur vie. « Seigneur et maître de ma vie », disons-nous en carême à la suite de saint Ephrem. « Toi qui m’as appelé du non-être à cette vie »… commence le père Sophrony dans sa « Prière de l’Aurore »1. Mais il ne s’agit pas simplement de la vie du corps, de cette partie matérielle, mais ce souffle de vie qui appartient à Dieu et qu’Il a mis en nous est cela même qui nous fait pressentir une autre vie infiniment plus grande, cela même qui nous fait pressentir que notre vraie patrie est ailleurs, cela même qui nous appelle de la mort à la Vie.  
Qui sont les pauvres ?  
Nombre de commentateurs modernes ont vu dans cette parole du Christ une apologie de la pauvreté. Je pense qu’il n’en est rien. La pauvreté, en tant qu’état concret de privation, est une honte, un scandale, le résultat du péché, de la chute. C’est aussi la preuve que le règne de Dieu n’est pas encore arrivé. Souvent, dans l’Ancien Testament, il s’agit d’une pauvreté consécutive à l’oppression et à l’injustice des puissants, contre lesquelles réagissent fortement les prophètes. « Malheur à ceux qui prescrivent des lois malfaisantes, et quand ils rédigent, mettent par écrit une loi qui sanctionne la misère ; ils écartent du tribunal les petites gens, privent de leur droit les pauvres de mon peuple, font des veuves leur proie et dépouillent les orphelins » (Is.10, 1-2). Amos reprend le même thème : « Ils ont vendu le juste pour de l’argent, et le pauvre pour une paire de sandales ; ils sont avides de voir la poussière du sol sur la tête des indigents, et ils détournent les ressources des humbles » (2, 6-7). Face à cet état de choses, l’Ecclésiastique (Siracide) donne des conseils qui sont toujours valables aujourd’hui : « Mon fils, ne prive pas le pauvre de sa subsistance, ne fais pas languir les yeux de l’indigent. Ne fais pas souffrir une âme affamée, n’irrite pas un homme dans le dénuement. N’ajoute pas au tourment d’un cœur irrité, ne fais pas attendre tes dons à qui en a besoin. Ne repousse pas le suppliant dans la détresse, ne détourne pas ton visage du pauvre. De l’indigent ne détourne pas ton regard, ne lui donne pas sujet de te maudire. Car s’il te maudit dans l’amertume de son âme, son créateur entendra sa prière. Fais-toi bien voir de l’assemblée, devant un grand, baisse la tête. Incline ton oreille vers le pauvre, réponds-lui avec douceur des paroles de paix. Délivre l’opprimé des mains de l’oppresseur, ne sois pas pusillanime quand tu rends la justice. Sois pour les orphelins comme un père, et un mari pour leur mère ; tu seras comme un fils du Très-Haut, il t’aimera plus que ta mère (Si. 4, 1-10).

Nous sommes donc ici dans une perspective « sociale » si l’on peut dire. Mais allons plus loin.  
Encore une prophétie d’Isaïe : « Oracle du Seigneur : c’est vers celui-ci que Je regarde, vers l’humilié, celui qui a l’esprit abattu et qui tremble à Ma parole » (Is. 66, 2). Et un psaume : « Pour moi, je suis pauvre et indigent, mais le Seigneur prendra soin de moi » (Ps. 39,18). Or c’est pour ce pauvre et cet indigent qui tremble à la parole de Dieu que le Messie va venir. Le prophète Sophonie identifie les pauvres et les humbles au petit reste fidèle d’Israël qui accueillera le Messie : « En ce jour-là, (…) j’aurais enlevé du milieu de toi tes vantards orgueilleux, et tu cesseras de faire l’arrogante sur ma montagne sainte. Je maintiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le nom du Seigneur » (So. 3, 11-12). En ce jour-là : il s’agit déjà du jour du Seigneur, du jour où Il viendra. Le pauvre appelle le Seigneur : « Tu es mon secours et mon protecteur, mon Dieu, ne tarde pas ! » (Ps. 39,18). Cet appel est le cri du petit reste pauvre d’Israël qui attend son Messie, car Il est celui qui viendra pour le consoler. Quand le Seigneur Dieu dit à son peuple, par la bouche d’Isaïe : « La femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ! Voici que sur mes paumes je t’ai gravée … » 2, il y a exprimé là tout l’amour du Seigneur qui viendra consoler son peuple souffrant.  
Nous voyons dans ces exemples que Dieu prend le parti des pauvres, des humiliés, des exploités, et qu’Il les regarde avec tendresse. Nous constatons aussi qu’il existe dans l’Ancien Testament toute une lignée de prophètes, de psalmistes, l’auteur du livre de Job, etc. qui se prolonge jusqu’aux personnages de l’enfance de JESUS : la Vierge Marie, saint Joseph, le vieillard Syméon, la prophétesse Anne…, qui se caractérisent par une attitude de foi abandonnée, confiante et joyeuse.
Dans le meilleur des cas, ces pauvres, ces humbles, apparaissent comme la grande famille de ceux que les épreuves (matérielles ou autres) ont exercé à ne compter que sur le secours de Dieu. C’est l’attitude de la veuve de Sarepta envers le prophète Elie qui lui demande à manger au nom de Dieu (1 R., 17, 8-16), c’est l’attitude de la veuve misérable rapporté par Saint Luc (Lc 21, 4) où le don de ces pauvres femmes est un acte de foi extraordinaire. On peut alors dire que la pauvreté peut rendre bienheureux dans la mesure où elle oriente vers Dieu, où elle pousse à tout attendre de Dieu, le secours et le salut. La pauvreté matérielle peut donc favoriser l’acquisition d’une autre forme de pauvreté, intérieure celle-là.



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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Mar 28 Nov 2017, 9:05 pm



Le bonheur
Il y a en premier lieu un problème linguistique. L'évangile fut écrit en grec qui était la
langue commerciale de l'époque. Or en l'espace d'une dizaine d'années le latin remplaça
le grec en occident, le syriaque en orient, le copte en Afrique si bien que dans les
traductions des évangiles, certaines subtilités grammaticales du grec furent difficiles à
rendre.
Le mot grec traduit par ''bienheureux'' désigne le bonheur entier et total, caractéristique
exclusive de la divinité. Et bien, alors que la religion promet le bonheur dans l'au delà,
JESUS annonce huit fois le bonheur total au cour de notre existence. A quoi bon être
bienheureux dans l'au delà si l'on souffre ici bas ? Dieu n'est pas ennemi du bonheur, il en
est l'auteur et il désire que la condition humaine soit heureuse.
« Bienheureux les pauvres de coeur » (traduction liturgique)
Jamais dans l'évangile JESUS déclare bienheureux les pauvres. Les pauvres sont
malheureux et il appartient à la communauté chrétienne de les faire sortir de cette
condition. JESUS n'a pas exalté la condition de pauvreté. Il n'a pas parlé non plus de
« pauvre d'esprit » qui peut signifier carence mentale. JESUS n'a pas dit non plus
« pauvre en esprit », car souvent c'est l'interprétation qu'on a donné à cette 'béatitude'. Si
tu es riche tu peux le rester, l'important c'est que spirituellement tu sois pauvre. Cette
manière de lire a été celle que l'on a appris à l'église dans le passé. L'important pour le
riche, c'est qu'il soit détaché de ses richesses et que de temps en temps il face des dons
pour les oeuvres.
Cette béatitude est difficile à digérer, c'est la raison pour laquelle JESUS y reviendra
souvent. Quand il demande au riche de renoncer à ses biens, il ne lui court pas derrière
pour minimiser ce qu'il vient de dire. JESUS ne demande pas un renoncement spirituel
mais réel.
On peut lire : « Pauvre selon l'esprit » car cela signifie un''choix de vie'' pour des
personnes qui décident volontairement de devenir pauvre, et embrasser la condition de
pauvreté.


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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Dim 17 Déc 2017, 9:49 pm



Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux


Message du Saint-Père François (partie 1)

pour la XXIXe Journée Mondiale de la Jeunesse (2014)


Bien chers jeunes,

L’extraordinaire rencontre que nous avons vécue à Rio de Janeiro, lors de la XXVIIIème Journée Mondiale de la Jeunesse, est encore imprimée dans ma mémoire : une grande fête de la foi et de la fraternité ! La population brésilienne nous a accueillis à bras ouverts, comme la statue du Christ Rédempteur qui, du haut du Corcovado domine la magnifique baie de Copacabana. Au bord de la mer, JESUS a renouvelé son appel pour que chacun de nous devienne son disciple-missionnaire, qu’il le découvre comme le trésor le plus précieux de sa vie et partage cette richesse avec les autres, proches et lointains, jusqu’aux extrêmes périphéries géographiques et existentielles de notre temps.

La prochaine étape du pèlerinage intercontinental des jeunes sera à Cracovie, en 2016. Pour rythmer notre marche, j’aimerais, durant les trois années qui viennent, réfléchir avec vous sur les Béatitudes évangéliques que nous pouvons lire dans l’Évangile selon saint Matthieu (5, 1-12). Cette année nous commencerons par méditer la première : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3) ; pour 2015 je propose « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8) ; et enfin, en 2016, le thème sera « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7).

1. La force révolutionnaire des Béatitudes

Cela fait toujours du bien de lire et de méditer les Béatitudes ! JESUS les a proclamées au cours de sa première grande prédication, au bord du lac de Galilée. Il y avait une grande foule et il est monté sur la colline, pour instruire ses disciples, c’est pourquoi cette prédication est appelée “le discours sur la montagne”. Dans la Bible, la montagne est perçue comme le lieu où Dieu se révèle, et JESUS en prêchant sur la colline se présente comme le maître divin, comme le nouveau Moïse. Et que révèle-t-il ? JESUS révèle le chemin de la vie, ce chemin qu’il parcourt lui-même, plus encore, qu’il est lui-même, et il le propose comme le chemin du vrai bonheur. Pendant toute sa vie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection, JESUS a incarné les Béatitudes. Toutes les promesses du Royaume de Dieu se sont accomplies en lui.

En proclamant les Béatitudes JESUS nous invite à le suivre, à parcourir avec lui la voie de l’amour, la seule qui conduise à la vie éternelle. Ce n’est pas une route facile, mais le Seigneur nous assure de sa grâce et il ne nous laisse jamais seuls. La pauvreté, les afflictions, les humiliations, les luttes pour la justice, les fatigues de la conversion quotidienne, les combats pour vivre l’appel à la sainteté, les persécutions et bien d’autres défis sont présents dans notre vie. Mais si nous ouvrons la porte au Christ, si nous le laissons entrer dans notre histoire, si nous partageons avec lui nos joies et nos souffrances, nous ferons l’expérience d’une paix et d’une joie que seul Dieu, amour infini, peut nous donner.

Les Béatitudes de JESUS sont porteuses d’une nouveauté révolutionnaire, d’un modèle de bonheur contraire à celui qui nous est communiqué habituellement par les médias, par la pensée dominante. Pour la mentalité du monde, c’est un scandale que Dieu soit venu se faire l’un d’entre nous, qu’il soit mort sur une croix ! Dans cette logique mondaine, ceux que JESUS proclame bienheureux sont considérés comme “perdants”, faibles. Au contraire le succès à tout prix, le bien être, l’arrogance du pouvoir, l’affirmation de soi au dépens des autres, sont exaltés.

JESUS nous interpelle, chers jeunes, pour que nous répondions à son offre de vie, pour que nous décidions quelle voie nous voulons parcourir pour arriver à la vraie joie. Il s’agit d’un grand défi pour la foi. JESUS n’a pas eu peur de demander à ses disciples s’ils voulaient vraiment le suivre ou s’ils préféraient s’en aller par d’autres chemins (cf. Jn 6, 67). Et Simon surnommé Pierre a eu le courage de répondre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Si vous aussi savez dire “oui” à JESUS, votre vie de jeune se remplira de sens, et ainsi, elle sera féconde.



2. Le courage du bonheur

Mais que signifie au juste le mot “bienheureux” (en grec makarioi) ? Cela veut dire vraiment heureux. Alors, dites-moi : aspirez-vous vraiment au bonheur ? À une époque où l’on est attiré par tant d’apparences de bonheurs, on risque de se contenter de peu, ou d’avoir une idée de la vie “en miniature”. Au contraire, aspirez à de grandes choses ! Élargissez vos cœurs ! Comme disait le bienheureux Pier Giorgio Frassati, « vivre sans foi, sans patrimoine à défendre, sans soutenir une lutte continue pour la vérité, ce n’est pas vivre mais vivoter. Nous ne devons jamais vivoter, mais vivre » (Lettre à I. Bonini, 27 février 1925). Le jour de la Béatification de Pier Giorgio Frassati, le 20 mai 1990, Jean-Paul II l’a appelé “l’homme des Béatitudes” (Homélie de la Messe : AAS 82 [1990], 1518).

Si vraiment vous laissez émerger les aspirations les plus profondes de votre cœur, vous vous rendrez compte qu’il y a une soif inextinguible de bonheur en vous, et c’est cela qui vous permettra de distinguer et de refuser les nombreuses offres “à bon prix” que vous rencontrez autour de vous. Quand nous recherchons le succès, le plaisir, la possession égoïste et que nous en faisons des idoles, nous pouvons, certes, expérimenter des moments d’ivresse, une fausse impression de satisfaction ; mais à la fin nous devenons esclaves, nous ne sommes jamais satisfaits, nous sommes poussés à vouloir toujours plus. Et c’est vraiment triste de voir une jeunesse “repue”, mais molle.

Saint Jean écrivait aux jeunes en leur disant : « vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous et vous avez vaincu le Mauvais » (1 Jn 2, 14). Les jeunes qui choisissent le Christ sont forts, ils se nourrissent de sa Parole et ils ne “se goinfrent” pas d’autres choses ! Ayez le courage d’aller à contre-courant. Ayez le courage du vrai bonheur ! Dites non à la culture du provisoire, de la superficialité et du rejet, qui ne vous estime pas capables d’assumer des responsabilités et d’affronter les grands défis de la vie !


http://www.laici.va/content/laici/fr/sezioni/giovani/magistero/beati-i-poveri-in-spirito.html



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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Ven 12 Jan 2018, 10:42 pm






3. Heureux les pauvres de cœur…


Message du Saint-Père François (partie 2)

pour la XXIXe Journée Mondiale de la Jeunesse (2014)


La première Béatitude, le thème de la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse, déclare bienheureux les pauvres de cœur, parce que le Royaume des Cieux leur appartient. En des temps où de nombreuses personnes souffrent à cause de la crise économique, associer la pauvreté et le bonheur peut sembler un contre sens. Comment pouvons-nous concevoir la pauvreté comme une bénédiction ?

Essayons d’abord de comprendre ce que signifie “pauvres de cœur”. Quand le Fils de Dieu s’est fait homme, il a choisi la voie de la pauvreté, du dépouillement. Comme le dit saint Paul dans la Lettre aux Philippiens : « Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ JESUS : Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes ». (2, 5-7). JESUS est Dieu qui se dépouille de sa gloire. Nous voyons ici le choix de la pauvreté de Dieu : de riche qu’il était, il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Cor 8, 9). C’est le mystère que nous contemplons dans la crèche, en voyant le Fils de Dieu dans une mangeoire ; puis sur la croix, où le dépouillement arrive à son comble.

L’adjectif grec ptochós (pauvre) n’a pas seulement une signification matérielle, mais veut dire “mendiant”. Il est relié au concept juif d’anawim, les “pauvres du Seigneur”, qui évoque humilité, conscience de ses propres limites, de sa propre condition existentielle de pauvreté. Les anawim se fient au Seigneur, ils savent qu’ils dépendent de Lui.

Comme a bien su le voir sainte Thérèse de l’Enfant JESUS, dans son Incarnation JESUS se présente comme un mendiant, un nécessiteux en quête d’amour. Le Catéchisme de l’Église Catholique parle de l’homme comme d’un “mendiant de Dieu” (n. 2559) et il nous dit que la prière est la rencontre de la soif de Dieu avec notre soif (n. 2560).

Saint François d’Assise a très bien compris le secret de la Béatitude des pauvres de cœur. En effet, quand JESUS lui parla en la personne du lépreux et du Crucifié, il reconnut la grandeur de Dieu et l’humilité de sa propre condition. Dans sa prière le Poverello passait des heures à demander au Seigneur : « Qui es-tu ? Qui suis-je ? ». Il se dépouilla d’une vie aisée et insouciante pour épouser “Dame Pauvreté”, pour imiter JESUS et suivre l’Évangile à la lettre. François a vécu l’imitation du Christ pauvre et l’amour pour les pauvres de façon indissociable, comme les deux faces d’une même médaille.

Vous pourrez donc me demander : comme pouvons-nous concrètement transformer cette pauvreté de cœur en un style de vie qui influence réellement notre existence ? Je vous réponds en trois points.

Essayez avant tout d’être libres en face des choses. Le Seigneur nous appelle à un style de vie évangélique caractérisé par la sobriété, à ne pas céder à la culture de la consommation. Il faut rechercher ce qui est essentiel, apprendre à se dépouiller des mille choses superflues et inutiles qui nous étouffent. Détachons-nous du désir de posséder ; ne faisons pas de l’argent une idole, pour ensuite le gaspiller. Mettons JESUS à la première place. Lui peut nous libérer de l’idolâtrie qui nous rend esclaves. Chers jeunes, ayez confiance en Dieu ! Il nous connaît, il nous aime et ne nous oublie jamais. De même qu’il prend soin du lys des champs (cf. Mt 6, 28), il ne nous laissera manquer de rien ! Pour vaincre la crise économique, il faut aussi être prêt à changer de style de vie, et à éviter les nombreux gaspillages. De même qu’il est nécessaire d’avoir le courage du bonheur, il faut avoir aussi le courage de la sobriété.

Deuxièmement, pour vivre cette Béatitude nous avons tous besoin d’une conversion en ce qui concerne les pauvres. Nous devons prendre soin d’eux, être sensibles envers leurs nécessités spirituelles et matérielles. À vous les jeunes, je confie d’une façon particulière la tâche de remettre la solidarité au centre de la culture humaine. Face aux anciennes et aux nouvelles formes de pauvreté – le chômage, l’émigration, les dépendances en tout genre –, nous avons le devoir d’être attentifs et vigilants, et de vaincre la tentation de l’indifférence. Pensons aussi à ceux qui ne se sentent pas aimés, qui n’ont pas d’espoir pour l’avenir, qui renoncent à s’engager dans la vie parce qu’ils sont découragés, déçus, craintifs. Nous devons apprendre à rester avec les pauvres. N’ayons pas la bouche pleine de belles paroles sur les pauvres ! Rencontrons-les, regardons-les dans les yeux, écoutons-les. Les pauvres sont pour nous une occasion concrète de rencontrer le Christ lui-même, de toucher sa chair souffrante.

Mais – et voici le troisième point – les pauvres ne sont pas seulement des personnes à qui nous pouvons donner quelque chose. Eux aussi ont beaucoup à nous offrir et à nous apprendre. Nous avons tant à apprendre de la sagesse des pauvres ! Pensez qu’un saint du XVIIIème siècle, Benoît Joseph Labre, qui dormait dans les rues de Rome et vivait des dons faits par les gens, était devenu le conseiller spirituel d’un grand nombre de personnes, parmi lesquelles même des nobles et des prélats. D’une certaine façon, les pauvres sont comme des maîtres pour nous. Ils nous montrent qu’une personne ne vaut pas tant par ce qu’elle possède ou par ce qu’elle a sur son compte en banque. Un pauvre, une personne privée de biens matériels, conserve toujours sa dignité. Les pauvres peuvent nous en apprendre beaucoup aussi sur l’humilité et la confiance en Dieu. Dans la parabole du pharisien et du publicain (Lc 18, 9-14), JESUS présente ce dernier comme un modèle parce qu’il est humble et se reconnaît pécheur. De même la veuve qui jette deux petites pièces dans le trésor du temple est un exemple de la générosité de celui qui n’ayant pratiquement rien, donne tout (Lc 21,1-4).





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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Sam 10 Fév 2018, 7:49 pm




LES BEATITUDES

Introduction

Matthieu, en présentant dès le début de son Évangile le Sermon sur la montagne, nous propose le projet de JESUS pour l’humanité: le Royaume qui doit amener la personne à vivre selon son esprit.

JESUS veut aller plus loin que la « Loi Ancienne » qui s’exprime en des termes négatifs : < Tu ne feras pas ceci ou cela…> Les orientations de la « Loi Nouvelle » font appel à la liberté de la personne. JESUS spécifie :

< Vous avez appris…, et moi, je vous dis >

Le sermon sur la Montagne décrit bien la mentalité de l’Évangile; dans la première partie il présente, sous forme de Béatitudes, les interpellations promettant le Royaume à des personnes bien précises, celles qui développent les attitudes intérieures nécessaires pour suivre JESUS.

Cet esprit des Béatitudes, que nous tenterons d’explorer, JESUS le rappelle tout au long de sa vie publique, soit dans ses paroles, ses paraboles, ses discours plus directs ou dans ses gestes. Les Béatitudes nous disent quelque chose de JESUS. Pourquoi ? Parce qu’elles sont paroles vécues, expérimentées par celui-là même qui les a prononcées…par celui qui a dit : < JE SUIS LE CHEMIN >

L’objectif de tout chrétien est :

FORMER JÉSUS EN NOUS POUR ÊTRE UN AUTRE JÉSUS EN LA TERRE…

St Jean Eudes a approfondi cette phrase de St Paul : "Mes petits enfants que, dans la douleur j'enfante à nouveau, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous". (Gal. 4,19)

POUR FORMER JÉSUS – la route sûre à prendre : LA ROUTE DES BÉATITUDES

Les Béatitudes sont riches de la Présence de JESUS parce qu’elles nous tracent son portrait dans ses attitudes, dans sa relation à Dieu et aux autres; devant telle ou telle circonstance de la vie : (afflictions – deuils – persécutions) …

Les Béatitudes sont : LE COEUR DE L’ÉVANGILE à la condition de retrouver JESUS Christ vivant à travers chaque parole.

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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Sam 10 Mar 2018, 8:57 pm





Les Béatitudes :

•UNE PERSONNE À RENCONTRER plutôt que des conseils à entendre, des valeurs morales à suivre…;

•Portrait de JESUS Christ et Portrait de Dieu < Qui me voit, voit le Père >…


Les Béatitudes, quand elles sortaient de la bouche même de JESUS, parlaient de Dieu et disaient les secrets de son Règne, du Royaume… c’est la Mission de JESUS ? Elles nous révèlent que Dieu est pauvre, qu'il est doux… etc.
•En mettant ensemble chacun de leurs traits, les Béatitudes dessinent aussi le portait des chrétiens que nous sommes appelés à être …
•Programme actif qui débouche sur la vie de tous les jours.
•Mœurs de Dieu, code de nos vies pour former JESUS en nous.

Par les Béatitudes, JESUS bousculait les valeurs des Juifs en apportant un enseignement nouveau.

Nous retrouvons, dans l’Évangile, DEUX VERSIONS ou 2 adaptations du texte original

1.- Les Béatitudes écrites à la manière de Luc 6, 20-26;

on voit déjà que le lieu de la proclamation est la plaine...
Luc présente 4 bénédictions ou 4 Bienheureux et 4 Malédictions ...
Luc retranche ce qui était trop judaïque; (ce qui concerne les lois ou les pratiques juives).
Luc apostrophe l'auditoire (vous)… il parle à des grecs chrétiens de sa communauté.
Les béatitudes à la manière de Luc: deviennent "exigence sociale du service des pauvres".

2.- Les Béatitudes écrites à la manière de Matthieu Mt 5, 1-12

< Voyant les foules JESUS gravit la montagne >
Lieu de la proclamation : la montagne, lieu de la rencontre de Dieu.

Maintenant, sur une autre montagne, JESUS proclame la loi nouvelle qui porte l’ancienne à sa perfection.

•adresse un enseignement pour une communauté chrétienne juive, il s'adresse à des gens déjà saisis par la grâce du Fils; il ajoute au texte original d'autres paroles prononcées par JESUS ;
•il présente l'esprit nouveau du Royaume; la charte "du vivre ensemble" des disciples du Royaume;
•il est un catéchète préoccupé de la manière d'agir des chrétiens, il veut préciser la ligne de conduite que le Maître attend de ses disciples;
•Matthieu parle à la 3e personne (Luc apostrophe: vous)

En d'autres mots les Béatitudes, à la manière de Matthieu, c'est :
•un message centré sur les attitudes spirituelles ;
•un programme de vie vertueuse avec promesse de récompense céleste.


Luc parlait des pauvres tout court, ceux qui sont en manque matériellement. Matthieu "spiritualise" il parle des pauvres "en esprit". Luc parlait de ceux qui ont faim. Mathieu ajoute: "faim et soif de justice". Luc veut supprimer la pauvreté.

Matthieu dit comment on supprime la pauvreté: par la douceur, en pardonnant, en purifiant son coeur, en servant la paix. C'est alors que la justice est accomplie et que ceux qui pleurent sont consolés. Si Matthieu spiritualise, cela ne veut pas dire qu'il affaiblit, qu'il dilue, qu'il passe à la mièvrerie... Il donne au contraire les moyens pour que les béatitudes, à la manière de Luc, se réalisent. Il paraît probable, dit Dom Dupont, dont l'étude fait autorité, que JESUS, dans le sermon sur la Montagne, a magnifié la classe religieuse des humbles plutôt que l'état social de pauvreté.

Nous pouvons dire que les Béatitudes sont huit Paroles qui forment le code de l'Alliance nouvelle entre Dieu et les hommes – ces huit paroles, JESUS va les incarner surtout durant ses trois ans de vie publique.

Dans les béatitudes, il n'y en a pas une plus importante que l'autre, une première et une dernière il n'y a ni maîtresse parole, ni parents pauvres, ni hiérarchie. Les béatitudes s'impliquent l'une dans l'autre, se complètent, se conditionnent, bref elles communiquent entre elles à la manière des océans...

Dans les Béatitudes il n'y a aucune défense. L'AMOUR ne peut interdire... car si j'interdis, je perds l'Amour. « AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX », dit St-Augustin.

Les huit Béatitudes de Matthieu sont toutes positives – aucune prescription négative. Les Béatitudes constituent le code de l'Amour, à la lumière desquelles nous pouvons examiner nos manques... nos incohérences. Par les Béatitudes, JESUS nous propose la charte de notre parcours vers Dieu et de notre combat pour la personne. C'est un programme actif qui débouche directement sur la vie pratique de tous les jours. Un programme réaliste qui nous donne le goût de nous y mettre... peut-être n'y avons-nous que rêver !

La vie publique de JESUS de Nazareth ne fut qu'une longue marche dans les chemins des béatitudes. Il invite ses disciples à avancer, eux aussi, dans cette route des béatitudes. Nous pouvons parcourir les Béatitudes dans l'ordre présenté par les Évangélistes qui est un ordre linéaire; nous pouvons aussi les approfondir par un regroupement:
1.les Béatitudes décrivent nos attitudes dans notre relation à Dieu;
2.les Béatitudes détaillent nos attitudes dans notre relation aux autres; et exposent les attitudes devant certaines situations pointues de notre vie : afflictions, deuils, persécutions etc.





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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Sam 07 Avr 2018, 8:48 pm





Le bonheur... à la manière de JESUS

Introduction
Dans la vie de chaque jour

Introduction

Le bonheur ! Le mot lui-même fait rêver…! La plupart des téléromans au petit écran, les films au cinéma, les romans… sont construits autour de ce rêve de bonheur… Le bonheur : toujours recherché, jamais pleinement possédé… Parfois, il nous apparaît comme trop grand pour nous, ou trop étroit, d’autres fois nous sentons qu’il nous irait comme un gant. Nous pleurons sur lui quand nous l’avons perdu, nous l’espérons quand nous ne l’avons plus…

Certains disent le bonheur inaccessible, et pourtant que de gens avouent l’avoir rencontré ! Le bonheur ! Pas facile à définir tellement il est fait d’ingrédients divers. Mais une chose est sûre : tous, nous cherchons à être heureux… tous nous avons soif de bonheur. L'idée de bonheur nous aide à traverser le désert de la vie ?

Le bonheur est-il une chimère ? Le bonheur est-ce une chose à obtenir, ou un don à accueillir ? Écoutons-nous parler… On parle volontiers du bonheur comme s’il était derrière nous ou devant nous, mais souvent c’est tout près de nous qu’il est... Il aime marcher à nos côtés, sans se faire voir, sans dire un mot.

Et si le bonheur était à l’intérieur de nous ? Il y a de petits et de grands bonheurs, comme de petites et de grandes joies. Savoir discerner et savourer les petits bonheurs prépare à l’accueil des grands. Il se pourrait même que le plus grand bonheur ne soit formé que d’une multitude de petits.


Dans la vie de chaque jour

L’expérience nous apprend que dans la vie de chaque jour, bonheur et malheur cohabitent. Notre vie est faite d'ombre et de lumière, de progrès et de recul; de jours heureux et de jours moins heureux... L’œil et le cœur semblent moins sensibles au bonheur qu’au malheur. Cette attitude est la source de beaucoup de nos tristesses, de nos mélancolies, de nos insatisfactions.

Notre malheur, c’est de ne pas voir nos petits bonheurs… < La pire tentation, a écrit Jean Bastaire, est de désespérer du BONHEUR.> (Paraboles d’Orient et d’Occident). La pire tentation pourrait être aussi de ne pas voir le bonheur qui est déjà dans notre maison. Tagore écrit : « Ne va pas au jardin des fleurs, (bonheur) mon ami, … en toi est le jardin des fleurs…du Bonheur … » Nous n’avons pas à nous déplacer très loin… le bonheur prend racine au-dedans… Robert Lebel chante : « Je te cherchais dehors tu étais au-dedans…» Nous avons à redécouvrir les voies d’accès au bonheur…

Si le malheur a ses prophètes – et ils sont nombreux – le bonheur doit pouvoir compter sur ses prophètes de bonheur. Ce serait une grâce pour l’humanité entière, qui a besoin d’air frais, de lumière et d’espérance. Le bonheur est une aspiration profonde de tout être humain, un désir vital de la personne, le grand besoin de notre cœur… Sommes-nous condamnés au malheur ou promis au bonheur ? Ce bonheur est-il pour aujourd'hui ou pour demain ? Sommes-nous convaincus que Dieu nous veut heureuses…heureux…? Et si c’était Dieu lui-même qui avait chevillé, ancré bien solidement ce désir, ce besoin de bonheur ! Et s’il avait quelque chose à nous dire à ce propos…! Dieu ne veut pas que tous les jours de notre vie soient des Vendredis Saints… même si nous avons la possibilité de passer du Vendredi Saint ou jour de Pâques …

De quoi est-il fait ?

Mais de quoi est-il fait, ce bonheur ? En regardant le monde dans lequel nous vivons, cette question demeure actuelle, elle est peut-être plus pressante en ces temps d'inflation, de chômage, d'incertitude politique, d'inquiétude au sujet de l'avenir de nos ressources de toutes sortes, des tensions internationales etc. ... Le bonheur, en ces temps modernes, est mis à rude épreuve ...

Les propositions « de bonheur éphémère » ne manquent pas. Chaque jour nous sommes sollicitées par des "marchands de bonheur" qui prétendent combler tous nos désirs (publicité, consommation, voiture performante, voyage dans le sud, gros lot… etc.) Le bonheur, proclamé par la publicité, se réduit souvent à l'argent, à l’accumulation de biens, à la recherche de prestige, d'influence.


Le bonheur des Béatitudes

Nous savons très bien que le bonheur, dont il est question dans le texte évangélique des béatitudes, ne correspond pas à la vision du bonheur véhiculée et étalée dans toutes les formes de propagandes modernes caractérisées par l'absence de souffrances, de problèmes etc.… Le bonheur des béatitudes n'exclut pas nécessairement la souffrance et la privation.

Si nous nous questionnons sur le bonheur, d'autres avant nous l’ont fait : entre autre, l'auteur du psaume 4,7 s'interroge « Qui nous fera voir le bonheur ». Dans le livre des Lamentations 3, 17 « Je ne sais plus ce qu’est le bonheur ». Et dans Job 7,7 « Ma vie est une corvée… le soir n’en finit pas… mes yeux ne verront plus le bonheur »

Les béatitudes nous présentent le bonheur, à la manière de JESUS, comme une forme de félicitations qui suppose la constatation d'un bonheur déjà réalisé ou entrain de se réaliser.

Les béatitudes selon Luc et Matthieu viennent de plus loin que les Évangiles. Elles plongent leurs racines dans l'Ancien Testament. À travers toute la Bible , on compte une cinquantaine de ces béatitudes, dont vingt-cinq pour le seul livre des psaumes.

En voici quelques-unes:

- Ps 1er « Heureux l'homme qui ne prend pas le parti des méchants »

- Ps 83 ou 84, 5-6 « Heureux les habitants de ta maison, ils te loueront sans cesse »

« Heureux les hommes dont la force est en toi, Seigneur »

- Ps 94,7 « Heureux l'homme que tu corriges... »

- Ps 106, 3 « Heureux ceux qui observent tes commandements... »

- Ps 112, 1 « Heureux l'homme qui s'appuie sur le Seigneur… »


La réalité

La réalité de ces proclamations de BONHEUR ne sont pas nécessairement vécues dans le monde présent mais dans le monde à venir… (Cf. Texte des béatitudes). La prière de JESUS était nourrie de ces psaumes, proclamant le bonheur; et naturellement, à l'occasion de ses rencontres et prédications, selon l'inspiration, il en créait d'autres. S'adressant à ses disciples il leur dit : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez... » (Lc 10,23). Et lorsque cette femme du peuple, elle-même nourrie d'Ancien Testament, s'exprime dans le langage des béatitudes: « Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins qui t'ont nourri » (Lc 11,27). JESUS reprend en employant le présent : « Heureux plutôt ceux et celles qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent » (Lc 11,28), à Thomas... « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20,29)

Et encore, après JESUS, les béatitudes ont continué à fleurir jusqu'à nous : « Heureux les invités au repas du Seigneur » JESUS en nous présentant le programme des béatitudes a répondu à cette question que les personnes de tous les temps et de tous les âges se posent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Remarquez le pronom QUI (personne) employé par le psalmiste et non le pronom QUOI (chose). JESUS nous a donné la façon, les moyens, selon Lui, de réussir sa vie, de posséder le bonheur pour que notre vie et notre existence humaine aient un sens.

En disant « Heureux » JESUS constate et proclame le bonheur de la personne… que la béatitude décrit. N'oublions pas qu'au coeur de la vie de JESUS, au coeur de son message et de ses gestes, il y a la personne. Pour JESUS la personne passe avant tout, avant la loi, avant les institutions : la personne est sacrée. Les béatitudes ne se comprennent qu'à partir de ce centre - qu'est la personne -. Rappelons-nous que JESUS, nouveau Moïse, en gravissant la montagne, proclame la Loi nouvelle. La béatitude est une déclaration de bonheur dans le présent, (le Royaume des cieux est à eux) ou en raison de l’avenir (car ils auront la terre en héritage).




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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Sam 05 Mai 2018, 8:14 pm



Le bonheur... à la manière de JESUS


Le bonheur, annoncé dans les béatitudes

Le bonheur provient de la certitude : que la personne est bénéficiaire de la présence amoureuse de Dieu; mais aussi de la promesse que la personne est pleinement comblée lors de la réalisation totale et définitive de ce Royaume. Le bonheur, annoncé dans les béatitudes, est une véritable joie, parce que fondée sur une foi;

- en l'accompagnement bienveillant de Dieu;

- et sur une espérance en la pleine réception des biens du Royaume.

Cette joie résulte d'un état d'harmonie avec Dieu, avec les autres et avec soi-même. Mon bonheur je le fais – je ne l’attends pas des autres… ni de Dieu que j’accuse parfois… Je suis « équipée » pour vivre heureux, heureuse.

En Matthieu, les béatitudes supposent un appel à se mettre dans les dispositions nécessaires pour bénéficier du don et de la promesse et, par le fait même, goûter à la joie des béatitudes. Les destinataires sont heureux parce qu'ils se laissent transformer intérieurement par les valeurs du Royaume. Matthieu cherche à améliorer les dispositions intérieures des chrétiens. Il veut les assurer de la présence et de la promesse de Dieu dans la réalité qu'ils vivent.

Le bonheur dont parlent les béatitudes est un bonheur qui vient à nous, non un bonheur produit par nous. Il n'exclut pas la privation et la souffrance. Que veut dire exactement JESUS en disant : « Heureux » ? Extirpons de ce terme « heureux » toute connotation moralisante; donc ne plus nous représenter JESUS comme donnant d'en haut d'une chaire, des conseils ou des impératifs. Dans les Évangiles, lorsque ce terme « heureux » est employé, ce n'est pas pour dire « Heureux serez-vous si vous faites ceci ou cela... », mais pour exprimer un accord, une joie. BRAVO ! vous qui êtes doux, vous avez le bon filon, le secret du bonheur ? « Vive celle qui t'a porté » crie une femme dans la foule. (Lc 11,27) Ou encore Elisabeth dont l'enfant tressaille dans son ventre et qui s'écrie, voyant Marie ; « Bravo à toi qui as cru ! » (Luc 1,45) « Tu as eu bien raison d'y croire ».

JESUS regarde bien plus loin que les apôtres ou les disciples qui sont là – et qui auraient tellement tendance à quitter ce chemin des béatitudes pour le pouvoir! JESUS s'adresse à tous les pauvres, à tous les affamés et assoiffés de Justice, à tous les doux, à tous les coeurs purs de l'histoire et proclame que ce sont eux qui donnent au monde le sel et la lumière, la saveur et le sens.

Ainsi JESUS proclame que tous ceux-là qui vivent des béatitudes, détiennent à la fois;

- le secret du bonheur de la personne ;

- et la vraie solution de la vie collective (communautaire).

Le bonheur vrai et durable

Le bonheur vrai et durable qui s’inscrit au plus profond de nos vies (personnes) est fait aussi du BONHEUR DES AUTRES… COMMUNAUTAIRE. La question de mon bonheur ne saurait se poser sans celle du bonheur des autres et à l’inverse la question du bonheur des autres ne saurait se poser sans celle de mon bonheur… Il nous faut lire les béatitudes selon ces deux registres (en regard des personnes et en regard des collectivités); y trouver, non pas des principes moraux externes, mais une impulsion de vie pour l'existence personnelle et pour l'existence sociale.

Avec les béatitudes JESUS est explicite. « Heureux êtes-vous ! ». On rendrait peut-être mieux sa pensée en disant: " Chanceux êtes-vous " Comme s'il nous félicitait de ce que nous avons compris pour vivre son message de bonheur, pour vivre l’Évangile. Les béatitudes sont une invitation à un bonheur possible qui nous initie tous les jours à un chemin de bonheur, simple, à la portée de tous.

Effectivement, nous avons tout pour être heureux. Encore faut-il savoir ce qu'est le bonheur et ce qu'il procure. Est-ce que je peux nommer les petits bonheurs que je cueille aujourd'hui ? À ce moment – ci de mon histoire sainte ? Les béatitudes sont une invitation à un BONHEUR POSSIBLE qui nous initie tous les jours à un chemin de bonheur, simple et efficace, à la portée de tous.


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Le bonheur, chemin de Dieu

La b éatitude , le bonheur, c'est le chemin de Dieu vers la personne humaine et le chemin de la personne humaine vers Dieu, vers le prochain, vers lui-même. Les béatitudes : chemin de la rencontre de Dieu, donc du vrai bonheur. Que disons-nous quand on est heureux : ÇA MARCHE … Pierre Talec, dans son livre l'Annonce du bonheur écrit : « L'amour, voilà le sens et le fondement des béatitudes. Curieux ! Il n'y a pas de béatitude de l'AMOUR à proprement parler. On aurait pu s'attendre à cette béatitude : " Heureux ceux qui aiment, ils sont de Dieu." »

L’amour est la base de chaque béatitude… Pourquoi ? De la pauvreté à la persécution en passant par la miséricorde, la douceur et la pureté de coeur, chacune des béatitudes apporte sa note au chant de l'amour pour toujours, au chant de la joie à jamais: " Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse."

Avant d'être un enseignement, un programme, une exigence, les béatitudes sont, sur les lèvres de JESUS, l'annonce du don de Dieu, dans les termes mêmes de la promesse. C'est la Bonne Nouvelle , qui ne peut être reçue "que dans la joie ". Les béatitudes, un message de joie, puisqu'elles sont proclamation d'une BONNE NOUVELLE, dont parle le prophète d'Isaïe (Is 61,1-2)

Quand JESUS invite au bonheur, c'est au prix d'un retournement profond de nos attitudes et de la conversion à un bonheur différent. JESUS n'a pas triché avec la condition humaine : il en connaît toutes les pauvretés et toutes les inquiétudes. Il n'a pas cherché à nous endormir avec des promesses d'un bonheur acquis à bon marché. Le bonheur qu'il propose passe par des chemins difficiles. Mais il est déjà offert et donné à tous ceux et celles pour qui le Royaume existe : les pauvres, les purs, les affligés, les faiseurs de paix, les ajustés à Dieu... les humbles, les miséricordieux... C'est pour eux que Dieu a inventé un bonheur à la mesure de son cœur.



IL Y A UN BONHEUR…



À se libérer de soi-même… afin d’être plus dépendant de Dieu, notre Père.

À être authentique et vrai… afin de contempler son Visage en l’autre et dans les événements.

À accueillir la souffrance… afin d’y découvrir l’appel à un dépassement sur le chemin de l’Amour.

À couper les chaînes de ses petits esclavages… afin d’occuper notre place aux repas fraternels.

À se réconcilier entre nous… afin d’actualiser dans l’aujourd’hui le pardon que Dieu nous a donné en JESUS-Christ.

À vivre en paix avec soi-même… afin de véhiculer le germe d’amitié dans les relations humaines.

À créer un climat de paix dans notre milieu… afin de vivre en sœurs et frères dans le Royaume qui nous a été donné.

À acquérir une bienveillance intérieure… afin que l’autre grandisse dans ce qu’il est et qu’il a reçu du Père.







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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Lun 04 Juin 2018, 8:13 pm




Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des cieux est à eux.


Pour bien comprendre le sens de chaque Béatitude proclamée par JESUS : Heureux les pauvres, les assoiffés… etc. trois facteurs sont à considérer :

1.- l’origine de la béatitude, c’est-à-dire le sens du terme dans l’Ancien Testament et dans le judaïsme qui ont inspiré JESUS et les évangélistes : la source du mot ou l’attache biblique,

2.- le contexte mathéen, qui indique la réinterprétation des textes-sources. JESUS accomplit les promesses de l’Ancien Testament en y apportant, souvent une nouveauté de sens,

3.- le témoignage de la vie de JESUS, dans la mesure où un lien peut être établi entre ce que rapporte l’Évangile et les béatitudes particulières.

Approfondissons la béatitude : "Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des cieux est à eux." (Mt 5, 3)

Traduction littérale de la Bible de Jérusalem, cette première béatitude donne lieu à plusieurs interprétations. Il importe de bien s’entendre sur les vocables de « pauvreté, de pauvre, de cœur de pauvre, ou de pauvre de cœur ». Leur définition n’est pas à chercher dans le Larousse mais dans les textes sacrés. Dans les plus anciens de ces textes, les mots hébreux qui désignent « le pauvre » sont des termes concrets :

- le mendiant, le quêteux, l’indigent : celui qui fait une démarche pour dire son besoin;

- le chétif, le courbé.

Ces termes, de la Bible hébraïque, comme vous le voyez, expriment l’attitude physique du pauvre. Dans la langue grecque, « pauvre » peut être traduit par trois mots : pauvre – doux – petit. Le terme français « humble » peut décrire une attitude morale ou une situation extérieure comme : indigent – chétif – courbé. On peut affirmer facilement que dans l’Ancien Testament on distingue deux (2) sortes de pauvres.

1.- Les indigents, ceux qui matériellement ne peuvent subvenir à leurs besoins : la veuve et l’orphelin, l’informe et le mendiant, mais aussi toutes les personnes qui sont prisonnières de quelque façon enfermées dans leur malheur, derrière des grilles ou dans leur « cœur brisé »… et qui ont besoin…

2.- Les anawins, (hébreu) signifient les doux, les cœurs purs, les humbles qui font confiance au Seigneur, accueillent sa Parole. (Grecque)


Les béatitudes de Luc se réfèrent à la première catégorie : les indigents et il vient à leur rescousse, c’est pourquoi il privilégie les pauvres tout court; c’est la pauvreté-situation, la pauvreté extérieure, matérielle.

Les béatitudes de Matthieu se réfèrent à la deuxième catégorie : les anawins… les pauvres de cœur, c’est la pauvreté intérieure. À noter que nous sommes tantôt indigents… tantôt anawins. L’opposition chez Matthieu n’est pas entre pauvre et riche mais entre pauvre et orgueilleux. Ce qui caractérise l’humble, le pauvre en esprit, c’est que la personne se fie à Dieu. Et c’est dans le livre de Sophonie 3, 11-12 que s’appuie cette affirmation, (attache biblique) « … tu n’auras plus à rougir de toutes tes trahisons; car j’écarterai de toi tes glorieux fanfarons. Tu n’étaleras plus ton orgueil sur ma montagne sainte. Je ne laisserai subsister chez toi qu’une population humble et pauvre. Elle se réfugiera dans le Seigneur ». C’est la meilleure description de l’esprit de pauvreté, nous dit la note de la Bible de Jérusalem.

Le psaume 34, 19 est la prière d’un de ces pauvres qui s’appuie sur la fidélité de Dieu : « Le Seigneur est proche des cœurs brisés, il sauve les esprits abattus ». Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre ne signifie pas d’abord : heureux ceux qui sont détachés des richesses, mais « Heureux ceux qui s’en remettent à Dieu ». (Journal de la Bible, Aujourd’hui la vie, no. 129)

On pourrait dire que cette première béatitude est la béatitude DES MAINS VIDES, des mains ouvertes… du cœur ouvert… Le pauvre de l’Écriture, l’anawin, l’humble – surtout dans les psaumes – est :

- la personne sans défense, victime et jouet de la tyrannie des puissants;

- qui accepte, sans murmurer, son pitoyable sort et

- qui tourne vers Dieu seul son regard et son espérance.

Dieu protège le pauvre; il est son refuge et son soutien (F. Prat, JESUS-Christ).





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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Jeu 05 Juil 2018, 7:05 pm






Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des cieux est à eux. (suite)



La pauvreté, selon Matthieu, est devenue une voie spirituelle… Plus près de nous, pensons à Thérèse de Lisieux qui a puisé dans l’Évangile la voie de l’humilité, de l’enfance spirituelle, de l’espérance. Les pauvres d’esprit chez Matthieu expriment une attitude d’âme plutôt qu’une réalité physique ou sociologique…

On appelle pauvre celui qui humblement cherche Dieu, celui qui recourt à Lui, le craint, le sert, (Isaïe 66, 1-2) « … Celui sur qui je jette les yeux, dit Yahvé, c’est le pauvre et le cœur contrit qui tremble à ma parole… » Ce qui veut dire que le pauvre est celui qui reconnaît, admet sa misère… sa pauvreté :

Physique : santé qui dépérit c’est une nouvelle pauvreté; forces qui diminuent donc besoin d’aide…

Psychologique : nos blessures personnelles, familiales, communautaires;

Pauvreté morale : (misères, cassures connues que de soi),

Misère affective : pauvreté dans nos relations familiales, professionnelles, communautaires…

Pauvreté spirituelle : nos refus d’aimer, nos péchés, notre cœur fermé…

On retrouve cette attitude particulièrement dans les Psaumes : pauvre et souffrant; pauvre et solitaire; et le plus souvent pauvre et malheureux. Le contexte des psaumes indique clairement qu’il ne s’agit pas d’une pauvreté matérielle, mais d’une pauvreté d’ordre psychologique, moral ou spirituel… de son péché… « Vois ma pauvreté » crie le psalmiste : (Ps 24, 14-16) « Le Seigneur est l’appui de ceux qui le craignent… tourne-toi vers moi et aie pitié de moi, car moi je suis solitaire et pauvre. »

Aux derniers siècles avant J. C. les pauvres, les anawins décrits par les psaumes, étaient les personnes dans le besoin, qui avaient faim et soif de Dieu; qui étaient en quête de Dieu. Être pauvre c’est :

- être conscient de sa misère, de son état d’être blessé par le péché quel qu’en soit le visage…

- et cette prise de conscience tourne le pauvre vers Dieu.

Très souvent, le cri « je suis pauvre » débouche aussitôt sur un appel à Dieu, « Quand un pauvre appelle, Dieu entend ».

Le pauvre est : celui qui est conscient d’un vide et qui se tourne vers Dieu. Ils nous apprennent, ces pauvres, ces anawins, qu’à travers leur expérience douloureuse de manque, que Dieu ne fait irruption que dans les cœurs disponibles et ouverts à son action… au vide… la plénitude. Il y a de la place pour intervenir.

Les pauvres en esprit sont les personnes qui se courbent intérieurement, qui se soumettent totalement à Dieu pour puiser en lui leur force. Cette première béatitude proclamée par JESUS au début du Nouveau Testament éclate comme la réponse gratifiante à la longue attente des pauvres de l’Ancien Testament. JESUS n’a pas fait de théorie sur la pauvreté. Il n’a pas écrit de thèse pour la défendre. Chez lui, la pauvreté n’est pas « idéologie » mais VIE…

Né sur la paille… mort sur du bois… pauvre, non pas comme Job, mais pauvre à sa manière... Ni miséreux, ni misérable… Il n’a pas l’air de détester les bons repas… Il ne dédaigne pas de participer à des banquets… On l’a vu avec une femme qui verse sur ses pieds un parfum de prix exorbitant… Il a été annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux gens dans le besoin… C’est parce qu’il a vécu la pauvreté que JESUS peut l’a déclarée « Bienheureuse ».

À la fin de cette béatitude « Heureux les pauvres de cœur » JESUS ajoute… « le Royaume des cieux est à eux… » Ce sont les humbles aux mains tendues, ouvertes qui reconnaissent leur manque, qui font le vide pour recevoir la plénitude… car le Royaume des cieux est à eux. C’est en Lui, JESUS, qu’il veut me voir déployer ma pauvreté pour la transformer en sa richesse. Saint Paul parle de la libéralité de Notre Seigneur JESUS Christ. Comment de riche il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (2 Cor 8, 9).

Pour vivre les béatitudes afin de former JESUS en nous, il nous faut continuer à regarder vivre JESUS, à le contempler… JESUS a besoin du Père : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé… je ne cherche pas ma gloire » (Jn 7, 16)

Le pauvre après la venue de JESUS (sens évangélique du mot) n’est plus le mendiant, l’affamé, le chômeur; le pauvre après J.-C. c’est la personne normale qui vit sa réalité d’être humain, son humanité avec ses besoins. Le pauvre, c’est la personne qui, plongée dans la douleur et sous la lumière de Dieu, prend conscience de ce que signifie être créature et non créateur. Le pauvre, c’est la personne qui se sait ou se sent malade ou vieillissant, faible, vulnérable, petit, qui l’accueille avec tout ce que la pauvreté comporte de solitude, d’incapacité et qui l’accepte… En somme le pauvre, c’est la personne qui a découvert sa limite… et qui peut faire sienne la prière du psaume 86, 1 « Tends l’oreille Seigneur, réponds-moi, pauvre et malheureux que je suis ».

La pauvreté en esprit constitue comme une clé pour les autres béatitudes. Elle ouvre toute grande la porte du Royaume. Porte étroite, la pauvreté est passage obligé de la désappropriation… du dessaisissement… du lâcher prise. Un pauvre par l’esprit… un pauvre de cœur, c’est celui qui n’a rien, qui ne possède rien… qui attend tout des autres, qui a besoin des autres (mains ouvertes – cœur ouvert). Seul, le pauvre d’esprit, peut aimer car pour aimer il faut avoir besoin de l’autre. Être pauvre, c’est être dans un état de réceptivité… comme quelqu’un qui prend un bain de soleil… il n’a pas besoin de s’affairer pour que le soleil le réchauffe, le pénètre… il suffit simplement qu’il soit là et qu’il s’offre à son action… à son rayonnement… Même si je crois au soleil et à son action si je ne m’expose pas… ça me donne quoi? Exposer mes besoins à Dieu, cela passe mais aux autres, ce n’est pas toujours facile. La pauvreté radicale arrache la personne à tout ce qui fait obstacle au don total de l’amour. Cette pauvreté est ouverture à l’envahissement… et ça fait peur… s’il fallait que Dieu m’envahisse, que les autres m’envahissent… et pourtant cette disposition conduit à la liberté intérieure. Le vrai pauvre n’est jamais aigri quand il tend la main.

Si je vis dans cette disposition quand d’autres viendront me tendre la main, je les accueillerai « en pauvre » et non en « serviteur » non en « bienfaiteur » qui renonce généreusement à ses droits et qui le fait sentir… Le vrai pauvre, disciple de JESUS Christ, est toujours tenté de dire MERCI quand il donne… Le pauvre est celui qui se fait un cœur accueillant à toute personne, un cœur neuf toujours prêt à s’étonner, à se laisser séduire un peu comme dans Jérémie 20, 7-13 « Tu m’as séduit, Seigneur et je me suis laissé séduire ».

Quand on est pauvre, on fait spontanément oraison car on sent le besoin de son Père des cieux, de JESUS Christ et de l’Esprit Saint… Celui qui n’a plus rien, ni personne sur qui il peut compter, celui qui ne peut se glorifier de ses mérites, de ses droits, de ses vertus; celui qui n’a plus rien à offrir que sa misère, celui-là est pauvre et Dieu vient à lui avec empressement… Le vide de soi-même appelle la plénitude de Dieu… Au vide, la plénitude. Cette pauvreté comporte une certaine joie, car mon Dieu et Père est là… Cette pauvreté développe cette attitude d’attente – de désir – de disponibilité – de confiance dépendante qui est celle des pauvres de Yahvé dont la disposition fondamentale est l’humilité. Dans l’oraison, il faut se tenir « pauvre » et « nu » (n’ayant rien) alors Dieu viendra… Au vide, la plénitude.

Que dire de Marie? Elle s’est totalement appuyée sur Dieu le jour de l’Annonciation : « …que ta volonté soit faire et non la mienne » elle est la preuve de sa remise totale à Dieu. Le cœur de Marie profondément dépouillé a pu permettre l’Incarnation du Verbe, fils de Dieu… Marie a chanté l’hymne à la pauvreté. « Il a jeté les yeux sur son humble servante ».

En résumé... La pauvreté est une disposition de l’âme faite d’une disponibilité totale à Dieu parce qu’elle vient d’une humble conviction de sa misère spirituelle… j’ai des péchés, des faiblesses, je ne suis pas aussi bonne que je le voudrais… mais Dieu est là… il m’attend… Le pauvre a mis tout son espoir dans le Seigneur. Être pauvre, c’est être avide de recueillir ce que Dieu dispense quand on se fait capacité d’accueil… Aucune méthode, aucune technique, aucun truc ne nous apporte Dieu si on n’accepte pas d’aller à Lui en le mendiant, en le quêtant afin de mériter la récompense de la première Béatitude « car le Royaume des cieux est à eux… ». C’est le centuple promis par JESUS.

Matthieu enseigne les manières de vivre l’Évangile de Luc. Cette pauvreté d’esprit, de cœur, va me conduire à aider ceux et celles qui concrètement sont dans le besoin… Le Seigneur m’apprend continuellement une chose très importante : je suis en apprentissage tout le temps de mon exil ici-bas… C’est pourquoi je dois faire un nouveau pas chaque jour même en trébuchant… C’est en allant au bout de moi, de mon être que je grandis, que j’accomplis sa Volonté… que je m’enrichis de Lui… Ma pauvreté, aux yeux du passant a l’air riche parce qu’elle aime le beau; parce qu’elle a beaucoup reçu des autres; parce qu’elle a longtemps regardé le Christ pauvre.

OUI, MA PAUVRETÉ EST RICHE DE CELUI QUI POSSÈDE TOUT.

Heureuses les personnes :

- dont le trésor n’est pas fait de choses;

- qui sont libres intérieurement et non emprisonnées dans leur avoir, libres pour aimer et servir;

- qui refusent de posséder « biens ou personnes » mais qui se laissent posséder et porter par l’amour.





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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Ven 03 Aoû 2018, 6:09 pm




Heureux les affamés et assoiffés de justice
car ils seront rassasiés.




Dans notre recherche du Bonheur, la 1ère béatitude « Heureux les pauvres en esprit, les pauvres de cœur », nous situe dans notre condition d’être humain limité, ayant des manques de toutes sortes et des misères profondes…

DEUX ATTITUDES IMPORTANTES

Deux 2 attitudes importantes à faire sienne pour vivre notre réalité humaine :

1) crier vers Dieu, faire appel à son aide, nous ouvrir à Lui…

2) s’ajuster à Dieu, pour orienter notre vie vers Lui dans un effort sérieux d’ajustement et c’est la béatitude. « Heureux les affamés et assoiffés de Justice, ils seront rassasiés »

Être juste ? C’est être ajusté, alors quand nous entendons ces paroles de Luc : « Heureux êtes-vous vous qui avez faim maintenant », c’est différent des paroles de Mt 5,6 « Heureux les affamés, les assoiffés de Justice » qui se traduisent : « Heureux les affamés et les assoiffés de sainteté ». Cette béatitude nous ouvre à une sainteté possible… et se comprend : « Heureux les personnes qui désirent avec ardeur vivre comme Dieu le demande car ils le seront ». N’est-ce pas une promesse merveilleuse ? Qui parmi nous en effet ne désire pas intensément la justice, la sainteté ? Selon Dom Dupont, le spécialiste par excellence des Béatitudes, Matthieu quand il emploie le mot justice veut dire : « faim et soif intérieure de la sainteté », il spiritualise.

Pour Matthieu, la justice dont il parle ne va pas dans le sens courant de ce mot donné par notre société contemporaine, qui désigne la justice par :

- le respect des droits humains;
- l'égalité salariale;
- le partage équitable des biens.

Aujourd'hui parler de justice, c'est d'abord parler de justice sociale.

N'oublions pas que la faim de Dieu, si elle est authentique, se vit en faisant sienne la faim des personnes. Se rapprocher de Dieu, c'est se rapprocher aussi des autres. Rappelons-nous que Matthieu s'adresse à des personnes qui ont fait l'expérience de JESUS-Christ; et pour plusieurs, elles ont été témoins des temps d’intimité que JESUS vivait avec son Père… JESUS allait vers le Père et son Père le retournait vers ses frères et sœurs.

Pour mieux comprendre l'expression "avoir faim et soif de justice" nous consultons les attaches bibliques de l’Ancien et du Nouveau Testament; elles vont nous aider à découvrir que cette expression s'utilisait déjà dans un sens spirituel dans l'Ancien Testament, même lorsque l'objet de la faim et de la soif n'était pas la justice. Désirer la justice veut dire, chercher Yahvé. Les psaumes 42 et 63 sont le type de cette soif des eaux vives, celles-là mêmes que le Christ promet solennellement à la Samaritaine.

Autres psaumes : 17,15; 42, 2-3 ; 63, 2-3. Dans Isaïe 51, 1-3 on lit : « Écoutez-moi, vous qui désirez la justice, vous qui cherchez Yahvé. » Et dans Amos 8,11: « Voici que des jours viennent - oracle de Yahvé - où j'enverrai la faim sur la terre: non pas une faim de pain, non pas une soif d'eau, mais la soif d'entendre les paroles de Yahvé ».

Ce texte de la prophétie d'Amos distingue expressément la faim et la soif physiques, de la faim et de la soif spirituelles de la Parole de Dieu; don de Dieu à l’humanité, celles-ci étant envoyées comme don de Dieu. Nous savons que la Parole du Père "envoyée" par Lui, c'est son Verbe incarné.

La Béatitude se termine par : ILS SERONT RASSASIES… donc QUELQU'UN les rassasiera. Les psaumes reconnaissent en Dieu ce Père nourricier, tant au niveau matériel (le psaume 104,14-15.27; 145, 16-16; 147, 8-9) qu'au niveau spirituel. La preuve est : la subsistance du peuple d'Israël pendant 40 ans. Le psaume 107 rappelle que dans chacune de nos vies spirituelles, l'histoire du peuple d'Israël se répète : il y a un Exode, une traversée du désert toujours accompagnée d’une nourriture donnée par Dieu. Mais le sens de l'expression "avoir faim et soif de la justice" sera, éclairé par l'Évangile de Matthieu.




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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Mer 05 Sep 2018, 7:53 pm






Heureux les affamés et assoiffés de justice
car ils seront rassasiés.



SELON MATTHIEU

Quel sens Matthieu donne-t-il au mot "justice" ?

Hors du contexte des béatitudes, et hors du sermon sur la montagne, on trouve le mot "justice" deux fois en Matthieu :

1. – Soit en Mt 3, l5 Baptême de JESUS. JESUS arrive de  la Galilée  au Jourdain pour être baptisé par Jean. Jean dit: « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi » JESUS répond: « Laisse faire, pas maintenant car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir "toute justice" » c.à.d. la volonté du Père dans le plan du Salut… peut-être que Matthieu pense à la «Justice nouvelle» proclamée dans le sermon sur la montagne…

2. – Mt 2l, 28-3l Les deux fils envoyés à la vigne : l’un dit oui et ne va pas travailler – l’autre dit non et il va travailler à la vigne) et JESUS demande : « Lequel des deux a fait la volonté du Père? » Dans ces deux textes, le mot "justice" s'applique à une conduite de vie qui se vérifie dans la fidélité à la volonté divine. C’est la conformité à cette volonté qui rend la personne juste. La justice selon Matthieu consiste à faire tout ce que Dieu réclame ou, en d'autres mots, à adopter une "conduite entièrement conforme à la volonté divine et agréable à Dieu". En fin de compte, le but ultime de la justice: « c'est d'être parfait comme le Père céleste est parfait. » (Mt 5,48)

Avant la venue de JESUS, le Lévitique 19, 2 contenait cette exigence : « Soyez saints car moi le Seigneur votre Dieu, je suis saint » Pratiquer la justice, c'est donc se conformer à la volonté du Père. Et la justice à garder couvre autant les rapports avec Dieu que les rapports avec les autres. Pour m'ajuster à Dieu dans mes rapports avec les autres il serait bon de me poser la question: Que ferait JESUS s'il était à ma place ?

On pourrait paraphraser cette béatitude en disant : Bienheureuses les personnes qui désirent ardemment que la volonté de Dieu s'accomplisse et qui font concrètement des gestes qui actualisent leur désir, car Dieu les rassasiera dans son Royaume. Désirer de tout son être faire la volonté de Dieu devient alors synonyme d'avoir fait l'option que Dieu est premier dans ma vie; que toute parole et tout geste n'ont d'autre but que de rendre ce Dieu vivant et visible. Si ce désir ne s'exprime pas par des attitudes et des gestes concrets, notre vie est insignifiante… fade…

DE QUEL ORDRE SONT MES FAIMS, MES SOIFS ?
QUELLE EST  LA PLACE DE  DIEU, DE L’UNIQUE NÉCESSAIRE DE l’ÉVANGILE ? Dans ma vie ?






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RAMOSI
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MessageSujet: Re: Bienheureux les pauvres de coeur   Mar 09 Oct 2018, 8:16 pm






Heureux les affamés et assoiffés de justice
car ils seront rassasiés.



FAIM ET SOIF DE LA JUSTICE

La faim et la soif de la justice peuvent surtout s’exprimer en termes d'actions. Alors, faire la volonté de Dieu devient synonyme de pardon, de partage, d'amour... de gestes concrets dans la vie d'une personne qui agit, non par humanisme ou pour sa propre gloire, mais parce qu'elle veut réellement être fidèle à ce que Dieu attend d'elle en vivant selon l’Évangile du Christ; gestes qui peuvent à certains moments illuminer son entourage et permettre à d'autres personnes de découvrir le visage de Dieu, mais gestes posés par une personne faible et pécheresse. Voilà pourquoi désir et gestes de justice sont tous deux importants;

-   un désir plus fort que la faiblesse de la personne;

-   et des gestes concrets qui actualisent et revitalisent sans cesse le désir.

La question fondamentale à laquelle nous accule, en fin de compte, la béatitude de la faim et de la soif de la justice est celle-ci :

Qui est Dieu pour MOI ?
Et quelle place doit-il occuper ou occupe-t-il dans ma vie ?

Georges Dor chante : "C'est tous les jours que je choisis de te dire je t'aime"…

C’est tous les jours que je me laisse choisir et aimer par le Christ Mort et Ressuscité; C’est tous les jours que j’accepte de suivre le Christ de l’Évangile avec ses exigences …

Qu’est-ce qui passe en premier dans ma vie : le travail, les rencontres sociales, professionnelles, la prière, ma vie communautaire, ma vie familiale ? On a toujours le temps pour réaliser ce que l’on aime…

De quoi, de qui JESUS a-t-il faim et soif ? « Ma nourriture, dit-il, c’est de faire la volonté de mon Père » Or  la Volonté  du Père c'est que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de  la Vérité.  « Rassemblés les enfants de Dieu dispersés ». Cette parole révèle l'attitude profonde de JESUS pendant sa vie terrestre.

JESUS est le "juste" c.à.d. celui qui tout au long de sa vie et jusqu'à sa mort a parfaitement accompli les désirs de son Père. JESUS pendant son passage sur la terre a été affamé et assoiffé de justice. Être affamé de la justice de Dieu comme JESUS, c'est avoir faim de son Père chaque jour...

Marie dans son Magnificat affirme : « Il a comblé de biens les affamés » (Lc l, 53). Marie appartenait au peuple des "pauvres" qui avaient vraiment faim du Messie et qui ne se croyaient pas capables de s'approprier par eux-mêmes la sainteté. De Joseph on dit qu'il est un "homme juste" ajusté à Dieu dans le sens le plus fort du mot. JESUS voyait quotidiennement Joseph vivre cette justice apparentée à la sainteté. Il s'en imprégnait à longueur de journée. « Joseph n’était pas seulement quelqu’un qui vivait dans l’amour de Dieu et de ses semblables, ce qui l’habitait régulièrement c’était son désir de disponibilité au Seigneur pour être et faire ce qu’il attendait de Lui. C’était quelqu’un qui était et qui faisait ce que le Seigneur voulait de lui. » Jules Beaulac

Marie et Joseph, comme JESUS, ont vécu cette recherche de communion à Dieu, recherche faite de foi et de fidélité au Père... Ils ont ajustés leur vie en conformité avec celle du Père, quoi qu'il en coûte. Cette justice que le Seigneur veut pour nous ce n'est rien de moins que la justice qui s'apparente à la sainteté elle-même... celle d'être ajusté à Dieu comme Marie et Joseph qui faisaient ce que Dieu voulait d'elle et de lui... C'est le sens premier et radical de cette Béatitude. « Notons qu'il ne s'agit pas d'un simple petit désir de sainteté mais il s'agit plutôt d'un immense désir, d'un besoin énorme, de sainteté », comme l'écrit Jules Beaulac  dans son livre sur les Béatitudes.

Par cette béatitude, le Seigneur nous invite à cultiver notre besoin de vivre selon ce qu'il attend de nous, à développer et à entretenir notre désir d'être saints c'est-à-dire d'être sanctionnés ou approuvés par Dieu. Avons-nous en notre coeur et en notre vie un tel désir de devenir des saintes, des saints, des icônes de Dieu ? Regardons cette biche qui a soif d'eau vive...Ps 42,2 La sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle c'est de vivre avec le Christ, par le Christ et dans le Christ, comme nous le dit St Paul... voilà la véritable sainteté chrétienne...





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Bienheureux les pauvres de coeur

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