*** Forum Religions ***
Bonjour et bienvenue sur le forum.


Vous êtes invité à visiter et à vous inscrire sur ce site de dialogues.

L'inscription ne prend que quelques secondes afin que vous puissiez profiter pleinement des fonctions de ce forum religions.

*** Une fois votre inscription terminé, merci de cliquer sur le lien dans votre boite e-mail. ***


Pour le staff,

Nicodème.

Ps : si vous avez oublié votre mot de passe, cliquer sur " mot de passe oublié " puis aller dans votre boite e-mail Smile

*** Forum Religions ***

- - - Dialogues inter-religieux- - -www.forum-religions.com - - -
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  Bible  Coran  D I C O  LIBRAIRIE  ConnexionConnexion  BLOG  Contribution  
...BIENVENUE SUR LE FORUM, les membres du staff sont à votre disposition pour rendre votre visite sur ce site plus agréable...
Règlement du forum à prendre en compte, vous le trouverez dans la section " vie du forum ".
"Pour participer au forum, merci d'aller vous présenter dans la section ci-dessous"
 | 
 

 L'Eucharistie, Corpus Christie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 30 Jan 2016, 9:13 pm

Rappel du premier message :




Parole des Pères
Nous participons au même...


Nous participons au même pain, nous devenons un même corps
– Jean Chrysostome


Jean Chrysostome, Sur la Première lettre aux Corinthiens (Homélie 21 sur 1 Co 10, 16-17).

L'Eucharistie, Corpus Christie.

L'Eucharistie, sacrement de l'unité.


«
Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ? » Pourquoi l'apôtre ne parle-t-il pas de participation seulement ? Parce qu'il veut exprimer quelque chose de plus et indiquer l'intimité de l'union. Il n'y a pas seulement participation ou partage, il y a vraiment union. Comme ce corps est uni au Christ, nous aussi par le pain nous lui sommes unis également.

Pourquoi ajoute-t-il : « ... que nous rompons » ? Ce qui de fait a lieu dans l'Eucharistie, alors que sur la croix ce fut le contraire, selon ces mots de l'Ecriture : « Pas un de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46). Mais ce que le Christ n'a pas souffert sur la croix, il le souffre sur l'autel à cause de vous : il veut bien être rompu, afin de rassasier tous les hommes. L'apôtre vient de dire « la communion au corps... » Or il y a une différence entre celui qui communie et ce à quoi il communie. Il veut donc encore faire disparaître cette différence, si petite qu'elle pût paraître. C'est pourquoi il ajoute : « car nous sommes tous ensemble un seul pain et un seul corps ».

Que parlai-je de communion ? dit-il, nous sommes ce corps lui-même. Qu'est-ce que ce pain ? Le corps du Christ. Que deviennent ceux qui communient ? Le corps du Christ : ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Combien de grains de froment entrent dans la composition du pain ? Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu'ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d'un corps et celui-là d'un autre : nous sommes tous nourris d'un même corps, et c'est pourquoi l'apôtre ajoute : « parce que nous participons tous au même pain ».

Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité et ne pas nous unir par ce lien puissant ? Relisez l'histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : « La multitude des croyants n'avait qu'un seul coeur et qu'une seule âme (Ac 4, 32).

Que sont devenus ces beaux exemples ? Nous avons le contraire sous les yeux. Des divisions nombreuses, des dissensions profondes règnent entre tous et nous nous traitons les uns les autres avec une cruauté digne des bêtes. Et pourtant, frère, c'est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s'unir à toi. Et toi, tu ne veux pas t'unir à ton frère ? Tu n'y mets pas l'empressement que tu devrais montrer. Que dis-je ? Tu te sépares violemment de lui, toi à qui le Seigneur a montré tant d'amour et donné tant de vie ! … Il a voulu en effet nous faire participer à sa propre chair, semblable à la nôtre par sa nature, mais exempte de péché et surabondante de vie…afin que nous puissions trouver à cette table l'immortalité… Nous ne participons plus seulement, en effet, à l'autel (comme les païens), mais au Christ lui-même.




Revenir en haut Aller en bas

AuteurMessage
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin


Date d'inscription : 01/06/2011
Messages : 12174

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 01 Juin 2017, 7:16 pm



La liturgie eucharistique


À la dernière Cène, le Christ a institué le sacrifice et le banquet pascal par lequel le sacrifice de la croix est sans cesse rendu présent dans l´Église lorsque le prêtre, représentant le Christ Seigneur, accomplit cela même que le Seigneur lui-même a fait et qu´il a transmis à ses disciples pour qu´ils le fassent en mémoire de lui[1].

En effet, le Christ prit le pain et la coupe, rendit grâce, fit la fraction et les donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez, buvez ; ceci est mon Corps ; ceci est la coupe de mon Sang. Vous ferez cela en mémoire de moi ». Aussi l´Église a-t-elle organisé toute la célébration de la liturgie eucharistique en parties qui correspondent à ces paroles et à ces actes du Christ. De fait :

a) Dans la préparation des dons, on apporte à l´autel le pain et le vin avec l´eau, c´est-à-dire les éléments que le Christ a pris dans ses mains.

b) Dans la Prière eucharistique, on rend grâce à Dieu pour toute l’œuvre du salut, et les dons offerts deviennent le Corps et le Sang du Christ.

c) Par la fraction du pain et par la communion, les fidèles, aussi nombreux soient-ils, reçoivent d’un seul pain le Corps du Seigneur et d’une seule coupe le Sang du Seigneur, de la même manière que les Apôtres les ont reçus des mains du Christ lui-même.





Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin


Date d'inscription : 01/06/2011
Messages : 12174

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 24 Juin 2017, 7:15 pm





L’eucharistie

L’Eucharistie est le troisième sacrement de l’Initiation Chrétienne. Le mot « Eucharistie » signifie « action de grâces ». C’est le peuple qui rend grâce au Père, par son Fils, dans l’Esprit pour le don qu’il nous fait de sa Vie.

« L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Vatican II Constitution sur l’Eglise n° 11)

C’est par l’Eucharistie que nous est donnée la Vie de Dieu, le Pain de la route. Recevoir le Pain de Dieu nous invite à partager notre pain avec nos frères en humanité. L’Eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle. C’est une actualisation de la Pâque et non pas sa répétition ou son simple souvenir. L’Eucharistie, ou la messe, est un rappel de la dernière Cène, de la mort et de la résurrection de JESUS Christ.

À plusieurs reprises, dans une démarche mystagogique, Saint Augustin rappelle aux nouveaux chrétiens ce qu’ils ont vécu depuis le début de leur itinéraire :

« Engrangés lors de leur entrée en catéchuménat, moulus au long de celui-ci par les efforts de conversion qui leur étaient demandés et qui se rendaient visibles dans les « jeûnes et les exorcismes », imbibés d’eau à la fontaine baptismale pour devenir une pâte, passés à la « cuisson du feu du St Esprit », et ainsi « devenus le pain du Seigneur », ils ont à « devenir ce qu’ils ont reçu : le corps du Christ. » (Sermons n° 229, 272,…)


Le dimanche, jour du Seigneur

Les chrétiens se rassemblent en ce premier jour de la semaine, le dimanche, pour manifester la place centrale de la Résurrection dans leur foi.








Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin


Date d'inscription : 01/06/2011
Messages : 12174

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 17 Juil 2017, 6:25 pm





Le trésor de l'Eucharistie

Jean-Paul II a publié en 2003 une encyclique "Ecclesia de Eucharistia". Un texte pour rappeler combien l'Eglise vit de l'Eglise que nous présente Michel Kubler de La Croix en sept points.

C'est une affirmation essentielle de la foi chrétienne : "L'Église vit de l'Eucharistie". C'est aussi la première phrase de la 14e encyclique de Jean-Paul II, signée en ce Jeudi saint et dont elle fournit le titre : Ecclesia de Eucharistia. Un document plus resserré que d'habitude (environ 70 pages dans l'édition typique, contre plus de 120 pour les précédents), où l'on sent l'implication personnelle du Pape en la 25e année de son pontificat : on le voit évoquer, non sans émotion, les innombrables lieux de Pologne et du monde où il a présidé des célébrations eucharistiques, et revivre chacune des messes dites en 57 ans de sacerdoce comme un événement unique de rencontre intime avec Dieu et de contemplation du Christ.

Le choix du jour de la publication n'est pas anodin : cette lettre "aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l'Eucharistie dans son rapport à l'Église" remplace, cette année, le traditionnel message de Jean-Paul II aux prêtres pour le jour où l'Église catholique célèbre l'institution de ce sacrement par le Christ. Car, rappelle l'encyclique, "l'Église naît du mystère pascal" ; donc, "l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale" (n. 3). Et le triduum de Pâques est toujours un événement contemporain : "Dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours de siècles, il y a un "contenu" vraiment énorme, dans lequel est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce et de la rédemption" (n. 5).

Ecclesia de Eucharistia vivit, énonce Jean-Paul II, précisant : "Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église" (n. 1). La perspective de l'encyclique est donc double : il s'agit de la spiritualité et de la doctrine de l'Eucharistie, dans son rapport constitutif à l'Église. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver ici de nouvelles dispositions pour la célébration, ni un guide pour la pastorale liturgique : l'encyclique en signale au passage (et annonce un document destiné à rappeler certaines normes), mais là n'est pas son propos. Le propos du Pape s'exprime clairement à travers les six parties d'Ecclesia de Eucharistia (lire le texte intégral de l'encyclique en cliquant sur les liens de la colonne de droite).

Le don du Christ par excellence

L'Eucharistie est le don du Christ par excellence : non pas seulement un don fait par le Christ, mais le Christ lui-même qui se donne. Tel est le "mystère de la foi" acclamé à chaque célébration, le mystère du sacrifice de la Croix et de la Résurrection, à chaque fois rendu présent. Cette présence est "réelle", en ce sens "qu'elle est substantielle et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier" (n. 15, citant Paul VI).

Ce don est particulièrement manifeste dans la communion, aux deux sens de ce mot : le partage du Corps et du Sang du Christ à la fois unit intimement chaque fidèle à son Seigneur et, par l’œuvre de l'Esprit Saint, fait de toute l'Église le Corps du Christ sur la terre. La communauté célébrant l'Eucharistie a ainsi la responsabilité de "construire un monde qui soit à la mesure de l'homme et qui réponde pleinement au dessein de Dieu" (n. 20). Et Jean-Paul II de citer saint Jean Chrysostome, Père de la liturgie byzantine : "Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l'affamé, et avec ce qui restera tu orneras son autel".

L'Eucharistie édifie l’Église

"L'Eucharistie édifie l'Église", poursuit l'encyclique. Cela vaut, bien sûr, de la genèse de la communauté chrétienne, au soir de la dernière Cène : en donnant son corps et son sang en nourriture à ses Apôtres, JESUS les a unis au sacrifice qui l'attendait. De là cette réciprocité entre le Christ et tout baptisé : dans la communion sacramentelle, "nous pouvons dire non seulement que chacun d'entre nous reçoit le Christ, mais aussi que le Christ reçoit chacun d'entre nous" (n. 22). Ce n'est pas simplement "l'incorporation au Christ" qui est réalisée, mais tout l'édifice de l'Église qui se trouve consolidé, et la mission de celle-ci découvre, dans l'Eucharistie, "sa source et son sommet" - selon la définition de la liturgie par Vatican II.

L'Eucharisitie est "apostolique"

L'Eucharistie, comme l'Église, est "apostolique" : elle repose sur la foi des Apôtres, elle poursuit leur action et continue à être enseignée par eux. D'où l'insistance d'Ecclesia de Eucharistia (reprenant Lumen gentium) sur le ministère ordonné : certes, "les fidèles, pour leur part, en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'offrande de l'Eucharistie, mais c'est le prêtre ordonné qui célèbre le Sacrifice eucharistique en la personne du Christ et l'offre à Dieu au nom de tout le peuple" (n. 28). Il s'agit de manifester que l'Eucharistie "est un don qui dépasse radicalement le pouvoir de toute l'assemblée" (n. 29).

L'encyclique rappelle quelques conséquences de cette spécificité : "l'Eucharistie ne peut être célébrée sans prêtre ; il est recommandé aux prêtres de la célébrer quotidiennement pour conjurer le danger de la dispersion" entre leurs tâches ; les célébrations dominicales en l'absence de prêtre ne peuvent être que des solutions provisoires ; un catholique ne doit pas communier lors de célébrations protestantes, faute d'un plein accord sur la signification des sacrements de l'Ordre et de l'Eucharistie".

La communion

La communion de l'Église se manifeste dans l'Eucharistie. Cette vision catholique repose sur l'affirmation que l'Eucharistie est "le sommet de tous les sacrements car elle porte à sa perfection la communion avec Dieu le Père, grâce à l'identification avec le Fils unique par l'action du Saint-Esprit" (n. 34). On ne peut donc pas y participer pleinement si l'on n'est pas en pleine communion avec cette définition : cela vaut pour les personnes dans leurs actes (un fidèle en état de péché doit se confesser avant de communier) et leurs convictions (la communion est réservée aux personnes baptisées acceptant la foi catholique sur l'Eucharistie), ainsi que pour les communautés catholiques (l'Eucharistie les empêche de se replier sur elles-mêmes, ce que traduit la communion affirmée avec le Pape et les évêques) et pour les Églises séparées", avec qui il est impossible de célébrer "jusqu'à ce que soit rétablie l'intégrité" des "liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique" (n. 44). Rappelons que pour d'autres confessions chrétiennes, la communion entre les fidèles et entre communautés naît au contraire de la célébration du sacrement.

La dignité de la célébration

La célébration eucharistique doit être digne. Il y va à la fois de la simplicité et de la gravité du sacrement célébré : c'est un "banquet" familial, sans doute, mais qui "demeure pour toujours un banquet sacrificiel, marqué par le sang versé sur le Golgotha" (n. 48). Le Pape fait ici l'éloge de tout ce qui, en deux millénaires de christianisme, a été déployé pour manifester cette dignité : architecture et arts sacrés, création liturgique et inculturation, etc. Il attire aussi l'attention sur les dérives et les abus possibles, lançant "un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité", et rappelant que "la liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté" (n. 52).

Marie, femme "eucharistique"

Jean-Paul II s'est toujours fait un point d'honneur à conclure ses documents par un paragraphe dédié à la Vierge ; ici, c'est toute la dernière partie d'Ecclesia de Eucharistia qui chante la Mère du Christ comme modèle de foi et de vie eucharistiques, dès le Fiat par lequel elle permit au Verbe de se faire chair : "Durant toute sa vie au côté du Christ et non seulement au Calvaire, Marie a fait sienne la dimension sacrificielle de l'Eucharistie" (n. 56). Or, le Christ accomplit pour tous ses disciples ce qu'il a accompli envers sa Mère. Ainsi, "l'Eucharistie nous est donnée pour que toute notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat !" (n. 58).

"Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences", conclut l'encyclique (n. 59). Mais ce mystère donne tout : le sacrifice rédempteur et la résurrection de JESUS, les dons de l'Esprit, l'amour du Père... "Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence ?" (n. 60). Or, négligences il y a eu, affirme Jean-Paul II, par allusion à Vatican II non dans son œuvre ("Il n'y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint sacrifice de l'autel" n. 10), mais dans certaines interprétations qui ont pu en être faites : abandon de l'adoration eucharistique, réduction de la messe à une rencontre conviviale, perte du rôle du prêtre et du caractère sacramentel...

En conclusion

Au final, même si Ecclesia de Eucharistia entend "dissiper les ombres sur le plan doctrinal et les manières de faire inacceptables" (n. 10), son propos est d'abord positif. L'encyclique ne dénonce ces manquements et ces excès que pour sauvegarder l'extraordinaire "trésor" qu'est l'Eucharistie pour l'Église : "un don trop grand et trop précieux » pour que quiconque puisse l'amputer ou se l'approprier. Un "Mystère ineffable avec lequel chaque génération est invitée à se mesurer" (n. 51). Jean-Paul II en est, ici, le témoin autant que le messager ardent.

Juin 2003


Source : la-croix.com








Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 11 Aoû 2017, 7:18 pm



Le Trésor de l’Eucharistie

Les mois d’été sont favorables aux rencontres. L’une d’entre elles m’a marqué.
Invité à partager une soirée organisée par le Comité missionnaire local de Feillens-Manziat-Pont-de-Vaux, j’ai écouté avec intérêt les interventions des missionnaires originaires de notre diocèse, venus se reposer dans leurs familles.
Un prêtre africain, du Burkina-Faso, était lui aussi présent. Il avait passé deux mois dans le diocèse en assurant des remplacements ici et là. Il a donc parlé de l’Église au Burkina. Il a rappelé qu’il y avait beaucoup de pauvreté, dans pratiquement tous les domaines de la vie : la nourriture, la santé, les écoles, les infrastructures du pays, la sécurité sur les routes, la corruption, etc… Et en même temps, il a évoqué la vigoureuse vitalité d’une Église jeune, joyeuse, ardente à vivre sa foi et à en témoigner.
Une question venue de l’assistance lui a été alors posée : comment un africain voit-il l’Église en France ? La question l’a d’abord laissé sans voix. Elle était inattendue, mais elle avait quelque chose de très original. Car c’est à peu près toujours nous, les chrétiens de France, qui cherchons à connaître ce qui se passe au loin, mais nous sommes moins préoccupés de savoir comment ceux qui sont au loin nous regardent. Nous pensons spontanément que les jeunes Églises n’ont pas grand chose à nous apprendre sur nous-mêmes, nous qui appartenons à des Églises millénaires.
La réponse est venue sous forme d’exemples : « J’ai célébré la Messe dimanche dernier et, à la sortie, des chrétiens m’ont fait remarquer que la célébration avait duré cinq minutes de plus que d’habitude : 1 h Ils étaient mécontents. J’ai été très surpris, ajoutait-il avec humour, car le repas qui a suivi a duré plus de trois heures ! Chez nous, en Afrique, la messe dominicale dure facilement trois heures et cela ne pose pas de problème. D’ailleurs, beaucoup de chrétiens viennent de loin et ils marchent à pied pendant des heures. Pour eux, l’Eucharistie est un moment capital. La communauté est heureuse de prier et de chanter. Personne ne regarde sa montre ! Dans la célébration, on rencontre vraiment le Christ. Alors le temps ne compte pas ! Autre question : « Que pensez-vous des femmes diacres ? » À voir sa réaction, il était clair que ce n’était vraiment pas « son » problème. Il a pourtant répondu : « Nous, nous voulons être en lien avec l’Église universelle. Ce qui nous importe, c’est d’être en pleine communion avec le Pape. »
* * *
Cette façon de répondre, par un prêtre venu d’ailleurs, qui ne pouvait être soupçonné de prendre parti dans des débats qui nous occupent, a certainement fait réfléchir ceux qui l’écoutaient. Elle nous renvoie – comme dans un miroir – une des facettes de notre conduite chrétienne.
La réponse du prêtre africain, dans sa teneur, est très voisine du climat de la dernière encyclique de Jean-Paul II sur l’Eucharistie. C’est particulièrement sensible dans un des paragraphes où le Pape fait allusion à un passage d’Évangile bien connu. Judas s’élève contre l’attitude de la femme qui vient de briser un flacon de parfum précieux sur la tête de JESUS. Judas juge que c’est du gaspillage et il s’insurge. Le Pape enchaîne :
« Comme la femme de l’onction de Béthanie, l’Église n’a pas craint de « gaspiller », plaçant le meilleur de ses ressources pour exprimer son admiration et son adoration face au don incommensurable de l’Eucharistie. » (…) « Il n’est permis à personne de sous-évaluer le mystère remis entre nos mains. » (nn° 48…52).
Comment, devant un trésor si grand et si précieux, s’élever pour quelques minutes qui ont prolongé la célébration ! Est-ce du temps gaspillé que de vivre près du Christ ? Le Pape va plus loin. Il nous invite à prendre du temps pour adorer l’Eucharistie en dehors de la Messe : « Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière?, comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, chers Frères et S?urs, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien ! » « L’Eucharistie est un trésor inestimable : la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la Messe permet de puiser aux sources mêmes de la grâce ». (n°25).
* * *
L’Eucharistie n’a pas qu’à faire au temps. Elle comporte aussi la dimension de l’espace. Elle nous rattache à l’Église universelle. Cet aspect essentiel de la célébration nous fait rejoindre la seconde réponse du prêtre africain. Quand nous participons à l’Eucharistie, nous nous rappelons que nous célébrons un don qui appartient à l’Église tout entière et que nous ne pouvons y communier que si nous adhérons à cette Église. Le Pape cite le Concile Vatican II :
« Sont pleinement incorporés à la société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut qui ont été institués en elle et qui, par les liens que constituent la profession de foi, les sacrements, le gouvernement et la communion ecclésiastiques, sont unis, dans l’organisme visible de l’Église, avec le Christ qui la régit par le Souverain Pontife et les évêques ». (Lumen Gentium n°14)
En citant ces mots du pape, je pense à bien des chrétiens, à ceux, en particulier, qui se réclament de la Fraternité Saint Pie X et qui viennent de s’installer au château de Marlieux, sur le territoire du diocèse. Je pense également – dans une moindre mesure – à ceux qui tiennent la communion avec l’Église comme un aspect secondaire de la vie chrétienne et même, en certains cas, comme une réalité superflue !
« Toute célébration de l’Eucharistie est faite en union non seulement avec l’évêque, mais aussi avec le Pape, avec l’Ordre épiscopal, avec tout le clergé et le peuple tout entier. Toute célébration valide de l’Eucharistie exprime cette communion universelle avec Pierre et avec l’Église tout entière. » (n° 39)
Etre chrétien, c’est tenir ce sacrement comme la source et le sommet de tout l’agir chrétien. Merci au Père africain de nous l’avoir rappelé à partir d’un témoignage spontané, puisé dans la propre vie de sa communauté.

Mgr Guy-Marie Bagnard, 12 septembre 2003




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Dim 10 Sep 2017, 5:50 pm





L’eucharistie, trésor pour l’évangélisation

24/09/2015 | Numéro 1967 | Par Charles-Henri d'Andigné  


L’eucharistie est la source de notre vie chrétienne et son expression la plus haute, rappelle le cardinal Burke. Un rappel bienvenu à la veille du Synode sur la famille.

Le cardinal américain Raymond Leo Burke, depuis peu « patronus » de l’Ordre de Malte, fait partie des voix qui comptent dans l’Église. L’ancien préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique publie deux livres : Entretien avec le cardinal Burke. Un cardinal au cœur de l’Église et L’Eucharistie. L’amour divin fait chair, dont nous publions quelques extraits exclusifs.Le prélat y rappelle l’importance de la nouvelle évangélisation, celle qui concerne les pays anciennement chrétiens, comme le nôtre, qui subissent les ravages de la sécularisation. Or cette nouvelle évangélisation, poursuit-il, est inséparable de l’eucharistie. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle seule permet d’« unir nos vies à celle du Christ ». Et l’auteur de citer Vatican II qui reprend la pensée de saint Thomas d’Aquin en la matière : dans la sainte eucharistie, disent les Pères conciliaires, est contenu « tout le trésor spirituel de l’Église, à savoir le Christ Lui-même, notre Pâque, le Pain vivant, Lui dont la chair, vivifiée et vivifiant par l’Esprit Saint, donne la vie aux hommes ». Dans la célébration de la sainte eucharistie, selon le même décret, les hommes sont invités et conduits à offrir, en union avec le Christ, « leur propre vie, leur travail, toute la Création ».



http://www.famillechretienne.fr/eglise/evangelisation/l-eucharistie-tresor-pour-l-evangelisation-177599




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 06 Oct 2017, 7:08 pm




7. L’eucharistie et les premiers chrétiens

Pour les chrétiens des premiers siècles l’eucharistie avait une consistance existentielle que nous avons de la peine à imaginer. Lorsqu’ils en parlent c’est tout le mystère de la foi qui est présent. Confirmation de la bonté du monde visible, accueil de notre humanité et de notre histoire jusque dans l’éternité de Dieu, l’eucharistie a par ailleurs dès les origines une dimension sociale et provoque de nombreuses initiatives en faveur des pauvres. Ces multiples liens entre la foi et la vie font des premiers chrétiens une énigme pour leurs contemporains. S’intéresser à la pratique eucharistique des premiers chrétiens éclaire et stimule la foi. L’eucharistie en est pour eux la synthèse.




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 28 Oct 2017, 8:53 pm



Le dimanche : jour du Seigneur


L’histoire du dimanche commence avec la résurrection du Christ, le jour de Pâques. En effet, dès les premières communautés chrétiennes, le dimanche s’impose comme le jour de rassemblement des fidèles : « Le premier jour de la semaine, alors que nous étions réunis pour rompre le pain, (…) Paul adressait la parole aux frères. » (Ac 20, 7)

Les chrétiens se rassemblent en ce premier jour de la semaine pour manifester la place centrale de la Résurrection dans leur foi. Le dimanche est mémorial de la mort et de la résurrection du Christ, le jour de l’eucharistie, jour où l’on se rassemble pour chanter la gloire de Dieu et lui rendre grâce. On célèbre le dimanche pour faire mémoire de la mort et la résurrection du Christ et pour continuer l’œuvre de Dieu. Dieu nous appelle pour continuer son œuvre dans le monde car il veut que tout homme, en tout lieu soit sauvé. Enfin, le dimanche est une halte privilégiée dans le rythme de la semaine pour cultiver le sens de l’homme.

“Ce jour-là, en effet, les fidèles doivent se rassembler pour que, entendant la parole de Dieu et participant à l’Eucharistie, ils fassent mémoire de la Passion, de la Résurrection et de la Gloire du Seigneur JESUS et rendent grâces à Dieu… Aussi le jour dominical est-il le jour de fête primordial qu’il faut proposer (…) à la piété des fidèles, de sorte qu’il devienne aussi jour de joie et de cessation du travail… car il est le fondement et le noyau de toute l’année liturgique.” Sacrosanctum concilium n°106




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 24 Nov 2017, 8:41 pm






Eucharistie

Sandro Botticelli : Viatique de saint Jérôme, v. 1495.


L'Eucharistie (en grec ancien εὐχαριστία / eukharistía, « action de grâce ») est un sacrement chrétien. Elle occupe une place centrale dans la doctrine et la vie religieuses de la plupart des confessions chrétiennes. Alors que les catholiques parlent d'eucharistie, le terme de sainte cène est généralement utilisé par les protestants pour désigner le même rite.

L'origine de ce rite est commun à toutes les dénominations chrétiennes : selon le Nouveau Testament, particulièrement la Première épître aux Corinthiens et les Évangiles synoptiques, il fut institué par JESUS-Christ, qui, la veille de sa Passion, distribua du pain et du vin aux apôtres en leur disant : « Ceci est mon corps... Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang... Faites ceci en mémoire de moi. »

Les catholiques et les orthodoxes décrivent l’Eucharistie comme une véritable « actualisation », non sanglante, du sacrifice du Christ en vue du salut, par le ministère du prêtre. De leur côté, les protestants s'y refusent, considérant que cela diminue la dignité du sacrifice de la Croix1,2 et affirmant que le texte biblique ne soutient pas la théorie de la transsubstantiation enseignée par l'Église catholique. Les luthériens emploient le terme de consubstantiation. Chez les chrétiens évangéliques, on parle d'un mémorial du sacrifice de JESUS-Christ et d'une annonce de son retour.

Dans le catholicisme, l'Eucharistie est célébrée au cours de la messe et constitue le point culminant de la liturgie car elle présente plusieurs dimensions : action de grâce et louange adressées à Dieu le Père, mémorial de la Passion, de la mort et de la résurrection de JESUS qui se donne en sacrifice pour le salut des hommes, célébration de la présence réelle du Christ dans l'eucharistie, ressuscité et vivant, par la puissance du Saint-Esprit, et partage des éléments eucharistiques - le pain et le vin - qui dans la célébration deviennent, pour les catholiques, le corps et le sang du Christ, offert en sacrifice sur la croix et ressuscité. Les conceptions protestantes sont en écart parfois très net avec celle du catholicisme.




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 14 Déc 2017, 10:00 pm



Audience : le Pape exhorte à redécouvrir le sens profond de l’Eucharistie



Le Pape François lors de l'audience générale mercredi 8 novembre 2017

08/11/2017 13:06

(RV) Le Pape François, lors de l’audience générale, ce mercredi 8 novembre 2017, a débuté un nouveau cycle de catéchèse. Après plusieurs mois consacrés à l’espérance chrétienne, le Saint-Père entame une réflexion sur le «cœur» de l’Église, à savoir l’Eucharistie. Et il propose de «répondre à certaines questions importantes sur l’Eucharistie et la messe pour découvrir ou redécouvrir comment à travers ce mystère de la foi resplendit l’amour de Dieu».

«Nous ne pouvons oublier le grand nombre de chrétiens qui, dans le monde entier, en deux mille ans d’Histoire, ont résisté jusqu’à la mort pour défendre l’Eucharistie». C’est avec ces mots que le Pape François débute sa catéchèse rappelant que des chrétiens meurent encore aujourd’hui pour leur fidélité à la messe dominicale. Faisant référence à la persécution de Dioclétien, le Saint-Père rappelle qu’en l’an 304 «des chrétiens d’Afrique du Nord furent surpris en train de célébrer la messe et arrêtés». Ils déclarèrent alors que s’ils étaient empêchés de célébrer l’eucharistie, ils ne pouvaient vivre.

«Ces chrétiens furent tués parce qu’ils célébraient l’Eucharistie» affirme le Pape. Ils témoignent «que l’on peut renoncer à la vie terrestre pour l’Eucharistie, parce qu’elle nous donne la vie éternelle». Leur témoignage doit nous interpeller, insiste le Pape, invitant chacun de nous à s’interroger sur «le sens profond de la Sainte Eucharistie».

Le Concile Vatican II, observe le Saint-Père, «a été animé par le désir de conduire les chrétiens à comprendre la grandeur de la foi et la beauté de la rencontre avec le Christ». Et le Pape de souligner la nécessité d’ «un renouveau approprié de la Liturgie et de la «formation liturgique des fidèles».

«L’Eucharistie, poursuit le Pape, est un évènement merveilleux dans lequel JESUS Christ, notre vie, se fait présent (…) C’est une théophanie». Il est donc important de redécouvrir ce qui est essentiel dans la célébration de ce sacrement, déclare le Saint-Père déplorant notre inattention parfois lorsque le prêtre célèbre. Et alors que nous sommes distraits, «le Seigneur est là».

D’où cette exhortation à retourner aux fondamentaux. Le Pape propose alors à titre d'exemple, d’enseigner aux enfants à bien faire le signe de la croix. «C’est ainsi que débute la messe (…) et c'est ainsi que doit démarrer la journée». Le Saint-Père, sortant de son texte, se dit par ailleurs attristé lorsqu’il «célèbre la messe dans la basilique ou sur la place Saint-Pierre, de voir tant de fidèles mais aussi des prêtres et des évêques, prendre des photos avec leur téléphone portable». «La messe, insiste-t-il, n’est pas un spectacle, elle signifie aller rencontrer la passion et la résurrection du Seigneur». «Les sacrements, conclut-il, et en particulier la célébration eucharistique sont les signes de l’amour de Dieu, la voie privilégiée pour Le rencontrer».



http://fr.radiovaticana.va/news/2017/11/08/audience__le_pape_exhorte_%C3%A0_red%C3%A9couvrir_le_sens_profond_de_l%E2%80%99eucharistie/1347640






Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mar 09 Jan 2018, 9:11 pm



La communion sous les deux espèces


Par Bernard Maitte, Prêtre, professeur au séminaire d’Aix et responsable du département de pastorale et spiritualité de l’ISTR de Marseille. Membre du SNPLS.

Et Jean-Philippe Revel, Prêtre et professeur de liturgie, théologie des sacrements et patristique


La volonté du Christ

Il convient tout d’abord de considérer que le Christ a expressément voulu instituer l’eucharistie sous le signe d’un repas où on mange et on boit, signe de la convivialité et la commensalité de l’homme avec Dieu et, en conséquence, des hommes entre eux. Les paroles du Christ à la Dernière Cène disent clairement que la coupe, comme le pain, est offerte à tous les disciples (et pas seulement aux ministres) : « Prenez et buvez-en tous » (Mt 26,27).

Cependant, dès l’antiquité chrétienne, on a pris conscience que, en certaines circonstances exceptionnelles, on pouvait recevoir la communion sous une seule espèce, soit celle du pain, par exemple pour les malades ou les mourants[1], soit celle du vin, par exemple pour les tout-petits enfants recevant l’eucharistie dès leur baptême[2]. En effet l’eucharistie nous fait communier au Christ ressuscité et « le Christ ressuscité ne meurt plus » (Rm 6,9). Son Corps ne peut donc être séparé de son Âme ni de son Sang, et recevoir le Corps du Christ, c’est recevoir le Christ tout entier. Dès lors, au plan de la présence réelle comme à celui de la communication de la grâce, il n’y a pas de différence entre la communion sous une seule espèce ou sous les deux espèces. la différence se situe au niveau de la signification sacramentelle.

Cette doctrine, développée par saint Thomas d’Aquin[3], sera canonisée par le concile de Trente[4]. Entre-temps, vers la fin du Moyen Âge, une attention exclusivement portée à l’efficacité des rites (communication de la grâce), avait abouti à une progressive désaffection de la communion sous les deux espèces[5]. Cela a engendré une réaction excessive de certains réformateurs protestants (ainsi que de certains groupes de chrétiens comme les Hussites de Bohème) exigeant la communion sous les deux espèces sous peine de ne pas recevoir en totalité la présence réelle du Christ. C’est contre ces excès que le concile de Trente a, de façon sans doute un peu maladroite, interdit la communion au calice aux simples fidèles et aux ministres non célébrants[6].

Après plusieurs siècles, le concile de Vatican II, estimant que les raisons de cette interdiction ne s’imposaient plus, a voulu renouer avec la pratique ancienne en ouvrant à nouveau la possibilité pour tous d’accéder à la communion au Sang du Christ[7].



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mar 06 Fév 2018, 8:44 pm



Quelle est la signification du mot « eucharistie » ?


"Eucharistie" est l’un des mots les plus employés dans la religion catholique. Ce mot d’origine grecque a différents niveaux de signification.

L’Eucharistie ? Il en est question tous les dimanches à la messe. L’Eucharistie est même « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11) Mais connaissez-vous vraiment la signification de ce terme ?

Voici la définition qu’en donne le Catéchisme de l’Église catholique :

La richesse inépuisable de ce sacrement s’exprime dans les différents noms qu’on lui donne. Chacun de ces noms en évoque certains aspects. On l’appelle Eucharistie parce qu’il est action de grâces à Dieu. Les mots eucharistein (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24) et eulogein (Mt 26, 26 ; Mc 14, 22) rappellent les bénédictions juives qui proclament – surtout pendant le repas – les œuvres de Dieu : la création, la rédemption et la sanctification. (CEC 1328)

Dans la version originale grecque des Évangiles, JESUS emploie un mot similaire lors de la Cène :

Puis, ayant pris du pain et rendu grâce [εὐχαριστήσας – eucharistēsas], il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » (Lc 22, 19)

Le mot « eucharistie » signifie donc essentiellement « rendre grâce », et pris dans un contexte juif, il implique spécifiquement de rendre grâce à Dieu.

Très tôt, le terme fut adopté pour désigner toute la célébration du sacrement, autrement dit la messe, au cours de laquelle les catholiques rendent grâce à Dieu d’avoir sauvé les hommes par le sacrifice de son fils JESUS sur la croix. Dans la Didaché, un document du christianisme primitif datant potentiellement de l’époque des apôtres, le mot « eucharistie » est employé dans ce contexte.

Au sujet de l’Eucharistie, rendez grâce ainsi. D’abord pour le calice : nous te remercions,
ô notre Père, pour la sainte vigne de David ton serviteur, que tu nous as révélée par JESUS ton serviteur. À toi la gloire pour les siècles !

Puis, pour le pain rompu : nous te remercions, ô notre Père, pour la vie et la connaissance, que tu nous as révélées par JESUS ton serviteur. À toi la gloire pour les siècles !

[…] Que personne ne mange et ne boive de votre Eucharistie, si ce n’est les baptisés au nom du Seigneur.

En plus de faire référence à l’entière célébration de la messe, le mot « eucharistie » est également employé pour désigner le moment précis où a lieu la transsubstantiation du pain et du vin en corps et en sang du Christ.

Ce mot fondamental pour les catholiques recouvre donc plusieurs dimensions, qui trouvent toutes leur source dans le besoin primaire de l’être humain de rendre grâce à son Créateur




Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 03 Mar 2018, 8:18 pm







L'Eucharistie, trésor le plus précieux de l’Église.

Publié le 22 mars 2016 par la paroisse


Benoit XVI – angélus du dimanche 26 06 2011 :

(…) L’Eucharistie est comme le cœur battant qui donne vie à tout le corps mystique de l’Église : un organisme social totalement fondé sur le lien spirituel mais concret avec le Christ. C’est ce qu’affirme l’apôtre Paul : « Parce qu’il n’y a qu’un pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car tous nous participons à ce pain unique » (1 Co 10,17). Sans l’Eucharistie, l’Église, tout simplement, n’existerait pas. C’est l’Eucharistie, en effet, qui fait d’une communauté humaine un mystère de communion, capable de porter Dieu au monde et le monde à Dieu. L’Esprit Saint, qui transforme le pain et le vin en Corps et Sang du Christ, transforme aussi tous ceux qui le reçoivent avec foi en membres du Corps du Christ, si bien que l’Église est réellement sacrement d’unité des hommes avec Dieu et entre eux.

Dans une culture toujours plus individualiste qui est celle dans laquelle nous sommes plongés dans les sociétés occidentales et qui tend à se répandre dans le monde entier, l’Eucharistie constitue une sorte d’« antidote » qui œuvre dans les esprits et dans les cœurs des croyants et sème continuellement en eux la logique de la communion, du service, du partage, en somme la logique de l’Évangile. Les premiers chrétiens, à Jérusalem, étaient un signe évident de ce nouveau style de vie parce qu’ils vivaient en fraternité et mettaient leurs biens en commun, afin qu’aucun ne soit dans l’indigence (cf. Ac 2, 42-47). De quoi tout cela dérive-t-il ? De l’Eucharistie, c’est-à-dire du Christ ressuscité, réellement présent au milieu de ses disciples et opérant avec la force de l’Esprit Saint. Dans les générations suivantes aussi, à travers les siècles, l’Église, malgré les limites et les erreurs humaines, a continué à être dans le monde une force de communion. Pensons en particulier aux périodes les plus difficiles, d’épreuve : qu’a signifié par exemple, pour les pays soumis à des régimes totalitaires, la possibilité de se retrouver à la messe dominicale ! Comme le disaient les anciens martyrs d’Abitène : Sine Dominico non possumus sans le Dominicum, c’est-à-dire sans l’Eucharistie dominicale, nous ne pouvons pas vivre. Mais le vide produit par la fausse liberté peut aussi être dangereux, et alors la communion avec le Corps du Christ est un remède de l’intelligence et de la volonté pour retrouver le goût de la vérité et du bien commun.

Chers amis, invoquons la Vierge Marie que mon prédécesseur, le bienheureux Jean-Paul II a défini comme « Femme eucharistique ». À son école, que notre vie aussi devienne pleinement «eucharistique », ouverte à Dieu et aux autres, capable de transformer le mal en bien par la force de l’amour, tendue vers l’unité, la communion, la fraternité.

(…..)

Nous avons toujours à redécouvrir le don inouï de son Fils que Dieu nous fait dans l’Eucharistie en participant chaque dimanche à la messe. Faisons une large place à l’adoration eucharistique ! « Le Seigneur est là, dans le sacrement de son amour, il nous attend jour et nuit », répétait le saint Curé d’Ars. Puisons à cette source d’amour et de pardon la force de conformer toujours plus notre vie à l’Évangile ! Tant de chrétiens aujourd’hui lui rendent témoignage jusqu’au don de leur vie. Que notre prière fraternelle les soutienne sans relâche !





Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 26 Mar 2018, 9:25 pm




J'ai du mal à comprendre la présence réelle

La réponse du P.Dominique Fontaine, de la Mission de France, à la question d'un internaute.


"Dans ma paroisse, on propose de plus en plus l'adoration eucharistique. J'ai du mal à comprendre la "présence réelle" dans l'hostie exposée ainsi." Xavier (Paris)

Pour que l'adoration eucharistique ait du sens, il faut se rappeler que cette hostie présentée aux fidèles provient d'une célébration eucharistique où une communauté s'est rassemblée, a été touchée et transformée par la Parole de Dieu, est devenue le Corps du Christ, en entrant dans le mouvement de celui qui a livré sa vie. JESUS a pris sa vie de chair et de sang et en a fait du pain pour nos vies et pour la multitude, pour que l'Église que nous formons devienne du pain pour l'humanité.

JESUS est aussi dans la Parole et dans la communauté

Telle est la présence réelle du Christ : pas seulement dans l'hostie prise isolément, mais en même temps dans la Parole écoutée, dans la communauté qui écoute cette parole. JESUS a promis qu'il serait avec nous quand nous serions réunis en son nom. Cette communauté devient son corps et est appelée à "donner à manger" à ces petits qui sont ses frères. JESUS nous a dit aussi qu'il était présent dans cette rencontre des petits (Matthieu 25, 40). Comme le dit saint Paul : "Il est grand ce mystère de la foi !".

C'est tellement étonnant et interpellant que nous avons non seulement besoin de "manger" cette parole et ce pain, mais aussi de les "digérer". Et c'est là que l'adoration eucharistique peut trouver du sens : prendre le temps de la méditation pour comprendre de l'intérieur ce mystère du Christ et de son Corps. À la fin de la messe, nous n'avons que quelques instants de silence pour en prendre conscience.

Il n'est donc pas inutile de prendre de temps en temps un plus long moment pour prolonger cette "digestion" du mystère de l'Eucharistie. Vous voyez, Xavier, qu'une telle adoration ne doit pas être un repli sur mon petit "moi" en dialogue avec "mon Dieu à moi". Pour être eucharistique, elle doit être ouverte à l'amplitude de la présence réelle du Christ à notre monde.


P.Dominique Fontaine, vicaire général de la Mission de France pour Panorama n° 459 (novembre 2009)





Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 27 Avr 2018, 1:11 am





Sacrements

La présence réelle dans l'eucharistie ?

Les catholiques croient en la "présence réelle" du Christ dans l'eucharistie. Que veulent-ils dire ? En reprenant l'historique de ce mystère, le P. Fédou, jésuite, nous livre une approche simplifiée. Publié le 1er juin 2015.

L'expression "présence réelle" est employée à propos de l'eucharistie… Comment l'entendre ? D'un côté, il ne faut pas imaginer une présence "locale" du Christ dans l'hostie consacrée ; mais d'un autre côté, ce serait atténuer la force de l'expression que de présenter le pain eucharistique comme un simple "signe" de cette présence. On entend dire, parfois : les catholiques croient à la présence réelle, les protestants n'y croient pas… En fait, les catholiques eux-mêmes ne sont pas toujours au clair sur le sens de la "présence réelle", et les positions protestantes sont, de leur côté, plus diverses qu'on ne pense.

L'éclairage de Thomas d'Aquin

L'histoire contribue à éclairer le problème. On discutait beaucoup au Moyen Âge, au sujet du corps eucharistique. Certains auteurs comprenaient ce corps de manière très réaliste, et même "physiciste" (ainsi Paschase Radbert au IXe siècle : pour lui, le corps eucharistique n'était autre que le corps né de Marie, et la chair du Christ y était simplement voilée). Par réaction, Bérenger de Tours affirma au XIe siècle que le pain eucharistique était seulement un "signe". Il dut certes se rétracter, et professa finalement que le pain et le vin consacrés étaient devenus le "vrai corps" et le "vrai sang" du Christ. Mais le problème demeurait alors : comment comprendre une telle transformation, alors même que les "espèces" (le pain et le vin) restaient inchangées ?

On vit apparaître dans ce contexte, au XIIe siècle, le mot technique de "transsubstantiation", et c'est avec saint Thomas d'Aquin, au siècle suivant, que ce mot devait recevoir son véritable sens. Pour le comprendre, il faut d'abord rappeler que la "substance" désigne, non pas une chose visible, mais la réalité intelligible d'un être. Dès lors, parler de "transsubstantiation" (ou de "conversion substantielle", comme Thomas préfère le dire dans sa dernière oeuvre), c'est tenir qu'il y a bien changement de la substance du pain en substance du corps du Christ, mais c'est reconnaître en même temps que "le corps du Christ, selon le mode d'être qu'il a en ce sacrement, n'est perceptible ni pour le sens, ni pour l'imagination". Le paradoxe est que, plus tard, le mot "transsubstantiation" serait parfois détourné de son sens pour transmettre l'idée d'une présence "locale" du Christ dans l'hostie ! Or saint Thomas, prenant le mot "substance" dans son sens métaphysique, précisait que le corps du Christ est présent dans le sacrement "selon le mode de la substance" et que "la substance, en tant que telle, n'est pas visible pour l'oeil corporel" ; ce qui est visible, par contre, ce sont les espèces du pain et du vin.

Tous les protestants n'ont pas la même doctrine

Les Réformateurs, au XVIe siècle, réagirent vivement contre certaines dérives de la pratique sacramentelle. Mais tous n'eurent pas la même doctrine à propos de l'eucharistie : Luther tenait quant à lui la présence réelle ; Zwingli voyait dans le pain et le vin de simples signes ; Calvin considérait que le fidèle recevait spirituellement la présence du Christ. En réponse au protestantisme, le concile de Trente déclara que, "après la consécration du pain et du vin, notre Seigneur JESUS Christ, vrai Dieu et vrai homme, est vraiment, réellement et substantiellement contenu sous l'apparence de ces réalités sensibles".

Même si le mot "contenu" risque d'entretenir l'idée d'une présence spatiale, le Concile reprend pour l'essentiel l'enseignement de saint Thomas : le Christ est tout entier présent sous les espèces du pain et du vin - il l'est "substantiellement", au sens qui a été précisé plus haut. Le Concile a en même temps soin de rappeler le sens fondamental de l'eucharistie (dont la doctrine de la présence réelle ne doit pas être séparée) : le Christ, par amour, a laissé un mémorial de ses merveilles, il nous a donné de célébrer sa mémoire et d'annoncer sa mort jusqu'à ce qu'il vienne ; il a voulu le sacrement comme "aliment spirituel des âmes qui nourrit et fortifie ceux qui "vivent de sa vie " ; il a voulu que ce soit "un symbole de cet unique corps dont il est lui-même la tête".

Le Christ s'offre lui-même aux croyants

L'histoire aide ainsi à comprendre la double exigence qui nous incombe : d'une part, nous ne pouvons pas entendre la présence réelle dans un sens "local" et "physiciste" ; d'autre part, et à l'inverse, nous ne pouvons pas voir dans le pain et le vin consacrés de simples "signes". C'est bien le Christ qui se donne "réellement" dans l'eucharistie.

Cette dernière affirmation se fonde sur le témoignage de l'Écriture. Lors du dernier repas, JESUS donne à ses disciples le pain et la coupe en leur disant : "Ceci est mon corps… ceci est mon sang…" (Matthieu 26, 26-28). Dans l'évangile de Jean, il prononce ces paroles : "Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie… Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie" (Jean 6, 51 et 53). Et Paul écrit aux chrétiens de Corinthe : "La coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas une communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ?" (1 Corinthiens 10, 16).

Il y a donc bien "présence réelle" du Christ dans l'eucharistie. Pour comprendre le sens de cette présence, et pour la distinguer notamment de ce qui serait une présence "locale", le P. Yves de Montcheuil a développé jadis une profonde réflexion sur la "présence spirituelle" : "La présence véritable ne se trouve que là où se trouve un esprit. Toute présence est spirituelle… Si donc la présence eucharistique du Christ devait être comprise comme une relation directe ou indirecte avec un lieu, elle serait inférieure à la présence du Christ dans l'âme qui pense à lui et l'aime". De plus, la présence réelle ne doit pas être considérée isolément : si l'hostie est consacrée, c'est parce que le Christ s'est livré pour sa vie. Dans l'eucharistie, précisément, il se donne à nous comme nourriture.

On a fait appel à diverses images pour expliquer la "conversion substantielle" dont parlait saint Thomas. Ainsi, le pain est d'abord fait de blé ou de seigle ; mais une fois que le blé ou le seigle est devenu du pain, la vraie substance du pain est d'être une nourriture pour l'homme. Pourtant, de telles images sont nécessairement déficientes par rapport au mystère eucharistique. Il s'agit en effet d'une réalité unique entre toutes, à savoir que le Christ s'offre lui-même aux croyants qui communient à son corps et à son sang ; ce n'est pas là simple prolongation de ce que fut autrefois sa présence aux disciples, c'est plutôt la forme nouvelle que prend cette présence depuis que le Ressuscité, par-delà sa mort sur la Croix, se donne à nous dans le sacrement de l'Eucharistie.

Enjeux oecuméniques

Une juste compréhension de la "présence réelle" n'est pas seulement importante pour les catholiques ; il faut aussi souligner ses enjeux dans le cadre du dialogue oecuménique contemporain. Du point de vue doctrinal, il n'y a pas sur ce point de divergence avec l'orthodoxie ; n'est-ce pas là un fait qui, justement, devrait contribuer au rapprochement entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe ? Des divergences demeurent par contre entre catholiques et protestants. Toutefois, la théologie catholique contemporaine ne peut plus refuser à la Cène protestante une "consistance eucharistique" ; certes, elle n'y reconnaît pas "la substance propre et intégrale du mystère", mais cela ne veut pas dire qu'il n'y ait aucune présence du Christ dans la célébration.

Bien plus, les protestants et les catholiques du Groupe des Dombes ont pu aller jusqu'à écrire à propos de l'eucharistie : "Nous confessons unanimement la présence réelle, vivante et agissante du Christ dans ce sacrement. Le discernement du corps et du sang du Christ requiert la foi. Cependant, la présence du Christ à son Église dans l'eucharistie ne dépend pas de la foi de chacun, car c'est le Christ qui se lie lui-même, par ses paroles et dans l'Esprit, à l'événement sacramentel, signe de sa présence donnée". Il faut souhaiter qu'une telle conviction soit partagée par le plus grand nombre de chrétiens, et que les communautés encore séparées puissent être un jour unies dans le partage de la même eucharistie.

P. Fédou, jésuite



https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Eucharistie/La-presence-reelle-dans-l-eucharistie








Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mer 23 Mai 2018, 7:34 pm




Quelle présence réelle dans l'eucharistie?

La réponse du P. Maldamé, dominicain, à la question d'une internaute. il faut réfléchir à partir de l'expérience humaine de la présence. Le "je" des propositions qui suivent renvoie à l'universel.

1. Je puis être à côté de quelqu'un dans le bus ou le métro. Il y a une présence purement spatiale et de coexistence. Elle est physique.

2. Je peux être avec un collègue de travail dans un travail commun. Il y a une présence physique et intellectuelle de collaboration.

3. Je peux être dans une relation affective riche où il y a une réciprocité dans l'affection : vie de couple, vie de famille, amitiés... Il y a une présence qui engage la personne de ceux qui sont en présence mutuelle.

4. Il y a une présence de celui ou celle qui est absent ou absente... par la pensée et par le coeur. C'est un mode de présence que l'on peut qualifier de spirituelle et qui est indispensable pour vivre. On pense à ses parents, ses proches, ses maîtres, ses amis...

Modes de présence divers

Ces situations peuvent se diversifier et se nuancer. Mais la diversité suffit à montrer que la présence du Christ ne saurait être réduite à un seul mode. Le Christ est présent en tant que créateur, en tant que premier né d'entre les morts, en tant que Seigneur glorifié, en tant que messie souffrant... et le mode de présence peut être divers. La présence peut être consciente ou non... froide ou affective... silencieuse ou priée en communauté...

Parmi tous les modes par lesquels le Christ ressuscité se rend présent, il y a les sacrements. Dans un sacrement, il y a un élément matériel qui réalise un présence à la manière dont cet élément signifie. Ainsi en se donnant en nourriture dans la communion eucharistique, par le signe du pain et du vin consacrés par l'Esprit Saint pendant l'eucharistie, le Christ se donne comme la nourriture qui fait vivre de la vie éternelle. Ce mode est le mode commun de la vie chrétienne. Il a l'avantage d'être accessible à tous dans la vérité de l'existence humaine qui engage le corps et l'âme.

P. Maldamé, dominicain



Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Dim 24 Juin 2018, 8:21 pm






L’Eucharistie fait de la communauté un corps
– Benoît XVI

Benoît XVI, Discrours pour l'ouverture du Congrès Ecclésial du diocèse de Rome, extrait, Basilique Saint-Jean-de-Latran, mardi 26 mai 2009.

Si la Parole convoque la communauté, c'est l'Eucharistie qui fait d'elle un corps : « Parce qu'il n'y a qu'un pain - écrit saint Paul - à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique » (1 Co 10, 17). L'Église n'est donc pas le résultat d'une somme d'individus, mais une unité entre ceux qui sont nourris de l'unique Parole de Dieu et de l'unique Pain de vie. La communion et l'unité de l'Église, qui naissent de l'Eucharistie, sont une réalité dont nous devons avoir une conscience toujours plus grande, également lorsque nous recevons la sainte communion, être toujours plus conscients que nous entrons dans l'unité avec le Christ et que nous devenons ainsi un entre nous. Nous devons toujours à nouveau apprendre à protéger et à défendre cette unité contre les rivalités, les différends et les jalousies qui peuvent naître dans ou entre les communautés ecclésiales. Je voudrais en particulier demander aux mouvements et aux communautés apparues après le Concile Vatican II, qui au sein de notre diocèse également, sont un don précieux dont nous devons toujours rendre grâce au Seigneur, je voudrais demander à ces mouvements, qui, je le répète sont un don, de toujours prendre soin que leurs itinéraires de formation conduisent leurs membres à développer un sens véritable d'appartenance à la communauté paroissiale. Au centre de la vie de la paroisse, comme je l'ai dit, il y a l'Eucharistie, et en particulier la célébration du Dimanche. Si l'unité de l'Église naît de la rencontre avec le Seigneur, il n'est pas secondaire alors que l'adoration et la célébration de l'Eucharistie fassent l'objet d'une grande attention, en offrant ainsi la possibilité à ceux qui y participent de faire l'expérience de la beauté du mystère du Christ. Etant donné que la beauté de la liturgie « n'est pas pur esthétisme, mais modalité par laquelle la vérité de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ, nous rejoint, nous fascine et nous emporte » (Sacramentum caritatis, n. 35), il est important que la célébration eucharistique manifeste, communique, à travers les signes sacramentaux, la vie divine et révèle aux hommes et aux femmes de cette ville le vrai visage de l'Église. [...]

Enfin, il ne faut pas oublier le témoignage de la charité, qui unit les cœurs et ouvre à l'appartenance ecclésiale. Pour expliquer le succès rencontré par le christianisme des premiers siècles, la montée d'une prétendue secte juive devenue religion d'Empire, les historiens répondent que ce fut notamment l'expérience de la charité des chrétiens qui a convaincu le monde. Vivre la charité est la forme primaire de la dimension missionnaire. La Parole annoncée et vécue devient crédible si elle s'incarne en comportements de solidarité, de partage, en gestes qui montrent le visage du Christ comme d'un véritable Ami de l'homme. Puisse le témoignage silencieux et quotidien de la charité promue par les paroisses grâce à l'engagement d'un grand nombre de fidèles laïcs, continuer de s'étendre toujours davantage, pour que celui qui vit dans la souffrance ressente la proximité de l'Église et fasse l'expérience de l'amour du Père, riche de miséricorde. Soyez donc de « bons samaritains » prêts à soigner les blessures matérielles et spirituelles de vos frères. Les diacres, conformés par l'ordination avec le Christ serviteur, pourront rendre un service utile en promouvant une attention renouvelée envers les formes de pauvreté anciennes et nouvelles. Je pense par ailleurs aux jeunes : très chers amis, je vous invite à mettre au service du Christ et de l'Evangile votre enthousiasme et votre créativité, en vous faisant les apôtres des jeunes de votre âge disposés à répondre de manière généreuse au Seigneur, qui vous appelle à le suivre de plus près, dans le sacerdoce ou dans la vie consacrée.





Revenir en haut Aller en bas
RAMOSI
Co-Admin
Co-Admin
avatar

Date d'inscription : 01/06/2011
Masculin
Messages : 12174
Pays : FRANCE
R E L I G I O N : CATHOLIQUE

MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 26 Juil 2018, 6:25 pm




Ecclesia de Eucharistia
Blason du pape Jean-Paul II

Encyclique du pape Jean-Paul II

Date
17 avril 2003

Sujet
Encyclique traitant des éléments essentiels de la foi catholique sur l'Eucharistie.

Ecclesia de Eucharistia (L'Église [vit] de l'Eucharistie) est la quatorzième et dernière encyclique publiée par Jean-Paul II, le 17 avril 2003, sur l'Eucharistie et son rapport à l'Église.

Elle a été publiée le jour du jeudi saint qui est la fête de l'institution de l'Eucharistie et du sacerdoce. L'encyclique a pris la place d'une lettre que le pape envoie traditionnellement à chaque prêtre à l'occasion de cette solennité. Elle s'inscrit également dans la volonté du pape de laisser un "héritage" du Jubilé de l'an 2000, et vient ainsi compléter les lettres apostoliques Novo millennio ineunte et Rosarium Virginis Mariae.

Thèmes traités

L'encyclique rappelle avec force les éléments essentiels de la foi catholique concernant l'eucharistie : la réactualisation du sacrifice rédempteur du Christ, la présence réelle de celui-ci dans le sacrement, le rôle du prêtre, ministre de l'eucharistie et l'impact de l'eucharistie sur la vie chrétienne2.

Le sacrifice rédempteur

Dans le premier chapitre de son encyclique, intitulé le mystère de la Foi, le pape récapitule les points essentiels de la doctrine catholique concernant l'eucharistie. Citant à plusieurs reprises le concile Vatican II, ses prédécesseurs Pie XII et Paul VI, et également le concile de Trente, il insiste sur l'importance de la notion de sacrifice. Il lui paraît en effet essentiel de combattre un appauvrissement du sens de ce sacrement : « Parfois se fait jour une compréhension très réductrice du Mystère eucharistique. Privé de sa valeur sacrificielle, il est vécu comme s'il n'allait pas au-delà du sens et de la valeur d'une rencontre conviviale et fraternelle. » (EE, 10). Pourtant ce sacrifice est le signe d'« un amour qui va « jusqu'au bout » (cf. Jn 13, 1), un amour qui ne connaît pas de mesure » (EE, 11).

Le pape indique qu'il faut comprendre le sacrifice du Vendredi saint sur la Croix et l'institution de l'eucharistie le Jeudi Saint dans une même dynamique : « Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que JESUS Christ ne l'a accompli et n'est retourné vers le Père qu'après nous avoir laissé le moyen d'y participer comme si nous y avions été présents. » (EE, 11). C'est dans ce cadre que la messe prend tout son sens, et c'est l'occasion pour le pape d'en rappeler la définition donnée par le catéchisme de l'Église catholique : « La Messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la Croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur ». Par ailleurs, la messe ne multiplie pas le sacrifice du Christ : c'est son unique sacrifice sur la Croix qui est actualisé, rendu présent dans le sacrement de l'Eucharistie.

La présence réelle

Sur ce point le pape Jean-Paul II se place explicitement dans la continuité de l'encyclique Mysterium Fidei de Paul VI en rappelant que dans le sacrement de l'eucharistie, le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier, de façon substantielle. La définition de la transsubstantiation par le concile de Trente est également rappelée. Jean-Paul II y ajoute une insistance particulière sur le lien avec la Résurrection : c'est bien le Christ vivant et ressuscité qui est présent dans le sacrement.

Le pape loue les efforts des théologiens pour aider à la compréhension du mystère eucharistique, mais en rappelant que cela doit se faire en accord avec la foi catholique.

Le rôle du prêtre

Jean-Paul II rappelle la distinction des rôles respectifs du prêtre et des fidèles telle qu'énoncée par le concile Vatican II : si ces derniers « en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'offrande de l'Eucharistie », seul le prêtre ordonné « célèbre le Sacrifice eucharistique en la personne du Christ et l'offre à Dieu au nom de tout le peuple ». Il appuie cette distinction sur la notion d'« apostolicité », rappelant que lors de l'institution de l'Eucharistie seuls les apôtres sont présents.

Le ministère ordonné est donc un élément fondamental de la célébration eucharistique et c'est nécessairement un don qu'« elle reçoit à travers la succession épiscopale qui remonte jusqu’aux apôtres » (EE 29). Pour l'évêque d'Angers, Jean-Louis Bruguès, ce rappel s'adresse à quelques pays voisins de la France « dans lesquels est née et se développe l'idée selon laquelle toute communauté chrétienne serait à même de se donner les ministres dont elle a besoin. ».

L'eucharistie et la vie de l'Église

Patrick Prétot, de l'Institut catholique de Paris, considère que le point central de l'encyclique est « la réception, par le magistère, de la redécouverte contemporaine de la dimension ecclésiale de l’Eucharistie ». Cette redécouverte, synthétisée par l’adage : « l’Eucharistie fait l’Église », est à mettre au crédit de Henri de Lubac et de ses Méditations sur l’Église de 1953.

De ce fait, dans la célébration de l'eucharistie c'est l'Église entière qui est engagée : « le Sacrifice eucharistique, tout en étant toujours célébré dans une communauté particulière, n'est jamais une célébration de cette seule communauté » : celle-ci reçoit en effet « l'intégralité du don du salut » (EE 39). C'est pourquoi les signes visibles de communion sont si importants : la mention de l'adhésion à une foi commune, l'union avec l'évêque et le pape, ainsi que la nécessité d'être baptisé avant de pouvoir communier. Il faut en outre prêter attention aux signes invisibles de communion, qui suppose la vie de la grâce, et notamment la nécessité de confesser les péchés graves avant d'accéder à l'Eucharistie (EE 36).



Revenir en haut Aller en bas
 

L'Eucharistie, Corpus Christie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Message Lumiere ! "CORPUS CHRISTIE"
» CHAPELET DE L'EUCHARISTIE
» Comme Jésus est beau dans l’Eucharistie !
» Chapelet pour honorer la Sainte Eucharistie
» L'eucharistie par Saint José Maria Escriva!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
*** Forum Religions *** :: C H R I S T I A N I S M E :: Dialogue Oecuménique et autres religions ( SECTIONS ENSEIGNEMENTS ) :: Catholique-