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 Questions sur la Foi et la Bible

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RAMOSI
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RAMOSI

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MessageSujet: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 17 Juin 2015, 7:27 pm

Rappel du premier message :




Le jugement

Pourquoi JESUS dit-il à ses disciples de ne pas juger ?


« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis » (Luc 6, 37). Est-il possible de mettre cette parole de l’Évangile en pratique ? N’est-il pas nécessaire de juger, si l’on ne veut pas baisser les bras face à ce qui ne va pas ? Mais cet appel de JESUS s’est profondément gravé dans les cœurs. Les apôtres Jacques et Paul, par ailleurs si différents, y font écho presque avec les mêmes mots. Jacques écrit : « Qui es-tu pour juger le prochain ? » (Jacques 4, 12). Et Paul : « Qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? » (Romains 14, 4).

Ni JESUS ni les apôtres n’ont cherché à abolir les tribunaux. Leur appel concerne la vie quotidienne. Si les disciples du Christ choisissent d’aimer, ils continuent cependant à commettre des fautes aux conséquences plus ou moins graves. La réaction spontanée est alors de juger celui qui – par sa négligence, ses faiblesses ou ses oublis – cause des torts ou des échecs. Nous avons bien sûr d’excellentes raisons de juger notre prochain : c’est pour son bien, pour qu’il apprenne et qu’il progresse…

JESUS, qui connaît le cœur humain, n’est pas dupe des motivations plus cachées. Il dit : « Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! » (Luc 6, 41). Je peux me servir des fautes des autres pour me rassurer sur mes propres qualités. Les raisons pour juger mon prochain flattent mon amour-propre (voir Luc 18, 9-14). Mais si je guette la moindre faute de mon prochain, n’est-ce pas pour me dispenser de faire face à mes propres problèmes ? Les mille défauts que je lui trouve ne prouvent pas encore que je vaux mieux que lui. La sévérité de mon jugement ne fait peut-être que cacher ma propre insécurité et ma peur d’être jugé.

À deux reprises, JESUS a parlé de l’œil « malade » ou « mauvais » (Matthieu 6, 23 et 20,15). Il nomme ainsi le regard troublé par la jalousie. L’œil malade admire, envie et juge le prochain tout en même temps. Quand j’admire mon prochain pour ses qualités mais qu’en même temps, il me rend jaloux, mon œil devient mauvais. Je ne vois plus la réalité telle qu’elle est, et il peut même m’arriver de juger un autre pour un mal imaginaire qu’il n’a jamais fait.

C’est encore un désir de domination qui peut inciter à juger. C’est pourquoi, dans le passage déjà cité, Paul écrit : « Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? ». Qui juge son prochain s’érige en maître, et il usurpe, de fait, la place de Dieu. Or nous sommes appelés à « regarder les autres comme nos supérieurs » (Philippiens 2, 3). Il ne s’agit pas de se déconsidérer soi-même, mais de se mettre au service des autres au lieu de les juger.

Est-ce que renoncer à juger conduit à l’indifférence et à la passivité ?

En une même phrase, l’apôtre Paul utilise le mot juger dans deux sens différents : « Cessons de nous juger les uns les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber » (Romains 14, 13). L’arrêt des jugements mutuels ne conduit pas à la passivité, mais elle est une condition pour une activité et des comportements justes.

JESUS n’invite pas à fermer les yeux et à laisser les choses aller. Car aussitôt après avoir dit de ne pas juger, il continue : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? » (Luc 6, 39). JESUS souhaite que les aveugles soient aidés à trouver le chemin. Mais il dénonce les guides incapables. Ces guides un peu ridicules sont, selon le contexte, ceux qui jugent et condamnent. Sans renoncer à juger, il est impossible de voir clair pour entraîner d’autres sur le bon chemin.

Voici un exemple tiré de la correspondance de Barsanuphe et Jean, deux moines de Gaza du VIe siècle. Après avoir blâmé un frère pour sa négligence, Jean est peiné de le voir triste. Il est encore blessé quand, à son tour, il se sent jugé par ses frères. Pour trouver le calme, il décide alors de ne plus faire de remarques à personne, et de ne s’occuper que de ce dont il serait seul responsable. Mais Barsanuphe lui fait comprendre que la paix du Christ n’est pas dans le repli sur soi-même. Il lui cite à plusieurs reprises une parole de l’apôtre Paul : « Reprends, réprimande, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire » (2 Timothée 4, 2).

Laisser les autres tranquilles, cela peut encore être une forme subtile de les juger. Si je ne veux m’occuper que de moi-même, serait-ce peut-être que je ne considère pas les autres comme dignes de mon attention et de mes efforts ? Jean de Gaza décide de ne plus reprendre aucun de ses frères, mais Barsanuphe comprend qu’en fait, il continue à les juger dans son cœur. Il lui écrit : « Ne juge ni ne condamne personne, mais avertis-les comme de véritables frères » (Lettre 21). C’est en renonçant aux jugements que Jean deviendra capable d’un vrai souci des autres.

« Ne portez pas de jugement prématuré, laissez venir le Seigneur » (1 Corinthiens 4, 5) : Paul recommande la plus grande retenue dans le jugement. En même temps, il demande avec insistance de se soucier des autres : « Reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous » (1 Thessaloniciens 5,14). Par expérience, il savait ce que reprendre sans juger pouvait coûter : « Trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé de reprendre avec larmes chacun d’entre vous » (Actes 20, 31). Seule la charité est capable d’un tel service.





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RAMOSI
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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 28 Juil 2017, 7:23 pm



2015

novembre

1 Corinthiens 1, 26-31 : Le choix de Dieu

Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu. Car c’est par Lui que vous êtes dans le Christ JESUS qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur. (1 Corinthiens 1, 26-31)



Les divisions dans la communauté de Corinthe, où les uns pensaient qu’ils étaient meilleurs que les autres, amènent Paul à dire quelque chose sur ce qui doit compter aux yeux des chrétiens. D’abord, l’apôtre invite les fidèles de Corinthe à regarder leur communauté : « Considérez votre appel... ». Il les invite à constater que, parmi eux, il n’y a pas beaucoup de gens qui comptent dans la société, rien de ce qu’on apprécie habituellement.

Ensuite, il parle du choix de Dieu ; trois fois il dit : « Dieu a choisi... ». Il a choisi ceux qui n’impressionnent personne, pour faire comprendre que ce qui est considéré comme avantageux par la société est indifférent aux yeux de Dieu. Dieu choisit ce qui, selon les critères habituels, pour ainsi dire, n’existe pas, pour que cessent d’exister les critères habituels.

Mais le renversement opéré par le choix de Dieu comporte un deuxième aspect : par Dieu, ce qui auparavant n’existait pas vient à l’existence, trouve sa place. Ceux que la société regardait avec mépris ou indifférence, ont leur valeur aux yeux de Dieu. « C’est par Lui que vous êtes dans le Christ JESUS ». En fait, il n’y a que lui qui compte, et c’est par lui et en lui que tous comptent.

Le choix de Dieu nous invite à un changement de regard. Si Dieu a choisi ceux qui ne sont pas appréciés habituellement, nous ne pouvons pas, face à eux, rester dans l’indifférence. Ce qui compte n’est pas une quelconque qualité qu’ils auraient ou n’auraient pas, qui nous impressionne ou ne nous impressionne pas, mais uniquement ce qu’ils sont par Dieu dans le Christ.

Nous pouvons également apprendre à avoir un nouveau regard sur nous-mêmes. Ce qui compte n’est pas qu’individuellement ou ensemble – en tant que groupe, communauté, Église – nous sachions impressionner qui que ce soit, mais uniquement ce que, par Dieu, nous sommes dans le Christ. Nous n’avons pas besoin de revendiquer une supériorité sur les autres, ni de nous affirmer pour cacher nos faiblesses. Malgré nos manques et nos échecs, le Christ est pour nous succès et plénitude ou, pour le dire avec les mots de Paul, il est « devenu pour nous sagesse..., justice, sanctification et rédemption ».

Ce que Paul écrit aux Corinthiens nous invite donc à laisser le choix de Dieu modifier ce qui compte pour nous ; à nous laisser libérer du besoin d’auto-affirmation qui divise, pour être créateurs d’unité ; à apprendre à avoir un regard nouveau qui donne sa place à chacune et à chacun. C’est cela, selon l’apôtre, rendre gloire à Dieu.

- Dans ma communauté, est-ce que je vois des gens qui pourraient être mieux accueillis ? Qui ? Y a-t-il des moments où je pourrais moi-même m’intégrer davantage dans la communauté ?

- Quels sont dans ma communauté des facteurs de division ? Comment les dépasser ?

- Quelles pistes ce texte nous offre-t-il pour rendre gloire à Dieu ensemble avec d’autres ?



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HOSANNA
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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 29 Juil 2017, 11:33 am

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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mar 29 Aoû 2017, 7:46 pm



2017

août

Luc 18, 15-17 : Une confiance toute simple


Des gens amenèrent à JESUS même des bébés pour qu’il pose les mains sur eux. En voyant cela, les disciples leur firent des reproches. Mais JESUS fit approcher les enfants et dit : « Laissez les enfants venir à moi ! Ne les en empêchez pas, car le Royaume de Dieu appartient à ceux qui sont comme eux. Je vous le déclare, c’est la vérité : celui qui ne reçoit pas le Royaume de Dieu comme un enfant ne pourra jamais y entrer. » (Luc 18, 15-17)


Dans ce texte, on vient déranger JESUS et ses disciples en leur amenant des petits enfants. Alors que les disciples s’énervent et le font savoir, pour JESUS cette situation qu’il n’a pas choisie devient une occasion. Il accueille la situation et les enfants et il en tire un enseignement : Le royaume de Dieu appartient à quiconque l’accueille comme un enfant.

Qu’est-ce qui caractérise les enfants ? En premier lieu, le fait qu’ils ne peuvent pas subvenir eux-mêmes à tous leurs besoins. Si dans la Bible les orphelins – ensemble avec les veuves et les étrangers – sont les pauvres et faibles par excellence, c’est justement parce qu’ils n’ont personne pour défendre leurs droits et ne sont pas capables de le faire eux-mêmes.

Les petits enfants doivent, plus ou moins fréquemment selon leur âge, se tourner vers une personne qui les aidera à atteindre ce qu’ils désirent ou qui leur donnera ce qui leur manque. Ils placent leur confiance dans ses capacités à résoudre la situation qui les dépasse. Et les plus petits expriment à grands cris leur mécontentement quand les parents ne veulent ou ne peuvent pas apporter la solution attendue.

Dans nos vies d’adultes aussi, il y a des manques que nous ne pouvons pas combler par nous-mêmes. Apprendre des enfants, c’est apprendre à faire confiance et à recevoir notre vie. Nous n’avons pas besoin de nous auto-réaliser ! Plutôt que de regarder notre vie comme une ressource à exploiter au maximum, nous pourrions accueillir ce qu’il nous est donné de vivre avec reconnaissance. Cela nous conduira également à de nouveaux rapports avec les autres et avec toute la création.

Ce serait déjà quelque chose de faire confiance à quelqu’un de plus fort que nous et de vouloir recevoir notre vie de quelqu’un capable de nous apporter la plénitude qui nous manque. Mais JESUS nous propose encore autre chose : accueillir ce qui est plus faible et nous ouvrir à ce qui est limité.

Le royaume de Dieu vient avec puissance, mais bien souvent il se manifeste sous les apparences de la faiblesse. L’horizon plus large nous est parfois ouvert par ce qui semble plus limité. JESUS nous propose d’accueillir cette faiblesse et ces limitations et il en donne l’exemple. Au lieu de voir dans les enfants qu’on lui présente une source de gêne ou une perte de temps, il se laisse déranger et y découvre une occasion d’approfondir son enseignement, une nouvelle possibilité d’exprimer son message.

Non seulement il accueille les enfants, mais il s’identifie à eux. À un autre moment de sa vie, il prend un enfant, le met devant les gens et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant, c’est moi qu’il accueille. » (Luc 9, 48) En JESUS, Dieu se montre comme celui qui est faible et dans le besoin. En JESUS, c’est lui qui devient victime des forces de ce monde. C’est ainsi qu’il apporte son royaume. C’est le message de la croix : la puissance de Dieu se découvre dans la faiblesse et la mort de JESUS donne la vie.

L’Évangile nous invite à accueillir une plénitude de vie qui viendra de plus fort que nous. Pour la découvrir, il nous appelle à nous ouvrir à ce qui est faible et limité, dans nos vies comme dans celles des autres. Si nous écoutons cet appel en simplicité et confiance, nous y trouverons une source d’espérance, de créativité et de joie.

- Quelles caractéristiques des enfants me semblent le plus importantes ? Comment est-il possible de « devenir un enfant » tout en restant une personne d’âge mûr ?

- Où ai-je vu la puissance de Dieu sous l’apparence de la faiblesse humaine ?

- De quelles manières puis-je accueillir dans ma vie les personnes démunies et vulnérables ? Que cela changerait-il en moi ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 01 Oct 2017, 8:09 pm




Courte méditation quotidienne

2 octobre 2017

Une égale confiance faite à tous les peuples de la terre, non à quelques-uns seulement, ouvre un chemin de paix. Dans tous les peuples, il y a un nombre restreint de personnes démentielles, capables, si elles parviennent au pouvoir, d'entraîner des multitudes dans l'engrenage de la haine et de la guerre. Aussi est-il capital de ne jamais humilier les membres d'une nation dont seuls quelques dirigeants ont déclenché d'invraisemblables violences. Le sait-on assez ? Il n'y a pas de peuple plus coupable que d'autres, cela n'existe pas, cela n'existera jamais.




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 21 Oct 2017, 6:51 pm





2017

octobre

Citation :
Matthieu 12, 46-50 : La fraternité humaine

JESUS parlait encore à la foule, lorsque sa mère et ses frères arrivèrent. Ils se tenaient dehors et cherchaient à lui parler. Quelqu’un dit à JESUS : « Écoute, ta mère et tes frères se tiennent dehors et désirent te parler. » JESUS répondit à cette personne : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Puis il désigna de la main ses disciples et dit : « Voyez : ma mère et mes frères sont ici. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est mon frère, ma sœur ou ma mère. » (Matthieu 12, 46-50)



JESUS dit : « Quiconque fait la volonté de Dieu m’est un frère et une sœur et une mère. » (Matthieu 12, 50) Par ces paroles, JESUS décrit une proximité inouïe entre des personnes qui ne viennent pas du même sang. Il est vrai que par la prière ou le service des plus vulnérables, nous pouvons nous sentir très proches de personnes que nous connaissons à peine.

Cette communion est particulièrement sensible dans la prière. Quand nous prions ensemble, nous nous rapprochons les uns des autres. Cela est particulièrement vrai entre chrétiens. A Taizé, nous avons souvent vu combien le fait de prier ensemble avait fait s’apprécier des personnes qui peinaient à trouver des points d’entente entre leurs églises.

Cette communion est aussi vraie avec ceux qui ne partagent pas notre référence au Christ. Beaucoup d’entre nous ont fait cette expérience : certaines personnes, même sans un lien conscient avec le Père semblent faire sa volonté, tant elles ont mis leur énergie au service de l’amour du prochain.

Ces personnes font les mêmes gestes d’amour que les chrétiens. Parfois même, osons le dire, elles les font mieux que nous. Plutôt que d’entrer en compétition les uns avec les autres ou de refuser le lien qu’elles ont avec la volonté de Dieu, nous pouvons porter ces personnes dans la prière. Sans faire de l’ombre à leur liberté de conscience, nous pouvons être par notre louange le fil, même ténu, qu’elles entretiennent avec Dieu.

Si nous prenons l’habitude de sentir combien le Christ se réjouit de ce que nous faisons de beau ensemble, nous découvrons combien le saint Esprit parle au cœur de chaque personne humaine. Dans les premiers siècles de l’Église, les penseurs chrétiens ont parlé des « semences du Verbe » qui viennent féconder les cultures et les religions autres que chrétiennes.

Du fait de la mondialisation, les idées, les informations, les capitaux et les biens n’ont jamais circulé autour de la Terre avec autant de rapidité. Cette frénésie a de quoi nous effrayer. D’autant que par crainte des migrations, tout circule sauf la plupart des habitants de la terre, dont beaucoup ne peuvent traverser les frontières.

A cause de cela, nous nous rencontrons sans nous rencontrer. Parfois, par écran interposé, souvent par mauvaises nouvelles interposées, encore plus souvent parce que nous achetons les uns des autres, sans véritablement nous parler.

Aller chercher comment le souffle de Dieu ensemence la vie des peuples pourrait être une magnifique occasion de se connaître en vérité, de s’apprécier, malgré les défauts que nous trouvons dans les cultures et les comportements des uns et des autres. Et parce que nous nous connaîtrons mieux, nous pourrons tirer le meilleur de chacun, nous laisser inspirer les uns des autres et du même coup corriger dans notre propre comportement ce qui doit l’être.

Comme frère Alois l’indique dans les propositions pour l’année 2017 : « Sachons nous tenir dans les fractures. Construisons des ponts. Prions pour ceux que nous ne comprenons pas et qui ne nous comprennent pas. » Les semences du Verbe nous aident à nous comprendre. L’Esprit saint parle une langue du cœur qui sait se faire entendre malgré tous nos obstacles linguistiques et culturels.

Écoutons donc ce que Dieu murmure dans la beauté de chaque culture. Dans ce murmure se trouve sa volonté, volonté que nous ne pouvons accomplir seul. Dieu nous confie les uns aux autres comme un don et une responsabilité. Reconnaissons-nous alors comme indispensables les uns aux autres sur ce chemin vers Dieu.

- Y a-t-il des personnes dont je me sens plus proche que des membres de ma propre famille ? Pourquoi ? Est-il possible de voir en chaque être humain un frère ou une sœur ? Que signifierait-il cela concrètement ?

- Comment faire en sorte que nos communautés chrétiennes sont davantage comme une famille ?

- Quels ponts pouvons-nous construire avec des gens qui ne partagent pas notre foi ? Que peut-on apprendre d’eux ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 18 Nov 2017, 9:06 pm





2016

avril

Citation :
Colossiens 3, 5-12 : Dépouiller le vieil homme, vivre en ressuscités

Faites donc mourir tout ce qui est terrestre en vous : l’immoralité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et l’avarice (car l’avarice, c’est de l’idolâtrie). Ce sont de telles fautes qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui s’opposent à lui. Voilà comment vous vous conduisiez autrefois quand votre vie était dominée par ces péchés. Mais maintenant, rejetez tout cela : la colère, l’irritation et la méchanceté. Qu’aucune insulte ou parole grossière ne sorte de votre bouche. Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous avez abandonné votre vieille nature avec ses habitudes et vous vous êtes revêtus de la nouvelle nature : vous êtes des êtres nouveaux que Dieu, notre Créateur, renouvelle continuellement à son image, pour que vous le connaissiez parfaitement. Il n’importe donc plus que l’on soit non-Juif ou Juif, circoncis ou incirconcis, non civilisé, primitif, esclave ou homme libre ; ce qui compte, c’est le Christ qui est tout et en tous. Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience. (Colossiens 3, 5-12)


Comment vivre en ressuscités ? On pourrait formuler le contenu de ce passage de la lettre de saint Paul aux Colossiens comme une réponse à cette question. On le saisit bien si l’on garde en tête les prémisses posées au premier verset du chapitre 3 : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ... ». Paul ne fait que dégager les conséquences de ce fait. C’est comme s’il disait : « Puisque vous êtes ressuscités, voici comment vivre en ressuscités ». Or, il y a une manière de mener son existence qui relève plus de la mort que de la vie. Il y a une manière de vivre « selon la mort » et il y a un art de vivre « selon la vie », accordée à la vie, orienté vers elle. « Dépouiller le vieil homme » signifie abandonner, laisser derrière soi, ce qui n’a pas d’avenir, ce qui est incompatible avec la vie. Le sens de la personne, rehaussé incomparablement par la résurrection, appelle des comportements nouveaux dans tous les domaines. Il empêche de traiter les autres comme s’ils étaient des objets.

Dans quelle mesure le rite du baptême a-t-il joué un rôle dans l’emploi de l’image du dépouillement et plus généralement dans celle du vêtement, qui revient de façon positive dans les versets 10 et 12 ? Nous ignorons si à l’époque de Paul existait déjà le rite de se dévêtir entièrement avant d’entrer dans l’eau du baptême et de recevoir ensuite un vêtement neuf à la sortie des eaux. Quoiqu’il en soit, il n’y a aucun doute qu’ici Paul pense au sens du baptême.

Le poète américain Wendell Berry fait écho à Paul lorsqu’il invite ses lecteurs à la « pratique de la résurrection (« to practice resurrection »). On peut pratiquer un métier, une profession, un sport ou un art. Que pourrait bien signifier s’exercer à vivre en ressuscités ? La fin du texte le dit clairement : « …vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience ». Les qualités humaines que Paul énumère ont ceci en commun : elles rendent possible et harmonieuse la vie avec d’autres, la vie en communauté. C’est là une constante chez Paul : la vie nouvelle se rend visible dans la qualité des relations humaines. La patience dont il est question est celle qui est requise dans la vie avec les autres. Mais toutes ces vertus sont des caractéristiques de l’amour (1 Corinthiens 13) dont Paul va parler deux versets plus loin. Cela ne va pas tout seul, puisque ce qui appartient au « vieil homme » s’accroche encore et peut mettre en péril la vie de la communauté. Ne plus avoir peur des autres, de leurs faiblesses, de leurs limites (ou de leurs forces !), c’est entrer dans la résurrection. Appartenir au monde de la résurrection, c’est ne plus vivre dans la peur. Ou, plutôt, c’est laisser ses peurs se convertir jour après jour par la surabondance qui est donnée dans le Christ. C’est apprendre à vivre « selon » cette surabondance. Dans le Christ ressuscité, il y a une place pour chacun. Et chacun prend place dans cette vie mystérieuse où sont rendues obsolètes les catégories que les humains instaurent pour diviser et fragmenter. Ne subsiste alors qu’un Visage qui contient toute la merveilleuse diversité voulue par Dieu : « le Christ : il est tout et en tous ».

- Quels « exercices » de résurrection peut-on imaginer à la lumière de ce texte de saint Paul ?

- Que nous disent les mots à la fin du texte sur l’appel à vivre en ressuscités dans le quotidien ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 09 Déc 2017, 9:44 pm






10 décembre

Quand la confiance de la foi devient parfois peu accessible, nous pouvons dire à Dieu : « Ne regarde pas ma petite foi, mais donne-moi de m'appuyer sur la foi de toute ton Église, sur celle de tant d'humbles témoins qui ont vécu de toi incomparablement. »


2017

Dimanche 10 décembre

Comme il est écrit dans Isaïe le prophète: «Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers», Jean le Baptiste fut dans le désert, proclamant un baptême de repentir pour le pardon des péchés.

Mc 1,1-8





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 06 Jan 2018, 9:26 pm



2018

janvier

Citation :
Matthieu 19, 16-26 : Va vendre tout ce que tu possèdes


Un homme s’approcha de JESUS et lui demanda : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » JESUS lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu au sujet de ce qui est bon ? Un seul est bon. Si tu veux entrer dans la vie, obéis aux commandements. » — « Auxquels ? » demanda-t-il. JESUS répondit : « Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d’adultère ; ne vole pas ; ne prononce pas de faux témoignage contre quelqu’un ; respecte ton père et ta mère ; aime ton prochain comme toi-même. » Le jeune homme lui dit : « J’ai obéi à tous ces commandements. Que dois-je faire encore ? » — « Si tu veux être parfait, lui dit JESUS, va vendre tout ce que tu possèdes et donne l’argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans les cieux ; puis viens et suis-moi. » Mais quand le jeune homme entendit cela, il s’en alla tout triste, parce qu’il avait de grands biens. JESUS dit alors à ses disciples : « Je vous le déclare, c’est la vérité : il est difficile à un homme riche d’entrer dans le Royaume des cieux. Et je vous déclare encore ceci : il est difficile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, mais il est encore plus difficile à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. » Quand les disciples entendirent ces mots, ils furent très étonnés et dirent : « Mais qui donc peut être sauvé ? » JESUS les regarda et leur dit : « C’est impossible aux hommes, mais tout est possible à Dieu. » (Matthieu 19,16–26)


Le jeune homme dans ce récit a une question profonde qui exprime un désir très fort d’une communion avec Dieu. Il est en recherche d’une vie pleine de sens. Comment vivre une vie où Dieu serait le centre de tout ? On pourrait même dire qu’il demande à JESUS : qu’est ce que Dieu veut vraiment de moi ? On a l’impression que le jeune homme est prêt à tout !

Ensuite, JESUS lui répond en citant les cinq derniers des dix commandements, qui parlent de cet amour pour le prochain mis en pratique. Le jeune homme répond en disant qu’il a toujours gardé ces commandements. Et pourtant, il sent bien que cela ne suffit pas ! Il cherche plus. Est-ce que JESUS aurait fait exprès de lui donner une réponse qui ne le satisfait pas ? C’est comme si JESUS faisait en sorte que le jeune homme comprenne de lui-même que ce n’est pas la loi qui va lui permettre une relation personnelle et directe avec Dieu.

Alors, le jeune homme insiste : Qu’est ce qu’il me manque ? Qu’est ce que je dois faire encore ? JESUS lui dit : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as et donne l’argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans les cieux ; puis viens et suis-moi » Ce sont des mots assez inattendus de la part de JESUS et qui provoquent une sorte de choc chez le jeune homme.

La première réponse de JESUS n’était pas à la hauteur de son attente, mais maintenant, la réponse va trop loin, elle est trop radicale ! Selon l’évangile de Marc, JESUS le regarda et l’aima avant de prononcer ces paroles. JESUS ne le met pas à l’épreuve. Il ne dit pas ces paroles pour l’embêter ! Mais bien plutôt, il voit dans la profondeur du cœur de ce jeune homme. Il voit que sa richesse et ses possessions le rendent « esclave ». Sa richesse empêche ce jeune homme d’être libre et – comme nous le disons dans le langage d’aujourd’hui – d’être lui-même.

Cet homme était prêt à faire beaucoup pour obtenir cette vie en plénitude auprès de Dieu, mais il n’a pas imaginé que la vraie réponse résidait plutôt dans le renoncement. Un frère de notre communauté qui vit depuis longtemps au Bangladesh écrit : « Pour vivre notre vocation de frère, il ne s’agit pas seulement de dire “oui” au Christ, mais aussi de dire “non” aux choses qui nous empêchent de vivre cette vocation ». Qu’est ce qui m’empêche d’être libre pour pouvoir suivre le Christ ? Qu’est ce qui m’empêche de pouvoir donner le meilleur de mon cœur à Dieu, aux autres ? Quel est notre défi d’aujourd’hui ? Peut-être pas tellement la grande richesse, mais par exemple la recherche d’une vie confortable, la recherche d’une certaine facilité. Ne devons-nous pas comprendre, comme frère Roger le disait, que « rien de vraiment beau ne se construit dans la facilité » ?

Avant le récit du jeune homme riche, il y a le récit de l’accueil que JESUS fait aux enfants. Il dit d’accueillir les enfants, car le Royaume des cieux appartient à ceux qui sont comme eux. Être riche, c’est pouvoir organiser et maîtriser sa vie à sa guise. Devenir comme un enfant signifie être disponible à ce que la vie nous donne, à ce que Dieu nous donne.

Le jeune homme s’en alla triste, parce que il avait de grands biens. Ce n’est peut-être pas la fin de l’histoire. Il est bien possible qu’il va revenir plus tard vers JESUS, avec joie et simplicité. Au lieu d’une fin, c’est peut-être le début d’une histoire, le début d’une vie à la suite de JESUS.

- Comment faire de la place à mon désir de vivre pleinement la vie avec le Christ ?

- Qu’est-ce qui m’empêche de vivre de Dieu pleinement ?

- Quelles sont mes craintes devant les choix que j’aimerais faire ?

- Vivre comme un enfant, comment s’y prendre ?



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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 28 Jan 2018, 8:26 pm






2016

avril

Citation :
Colossiens 3, 5-12 : Dépouiller le vieil homme, vivre en ressuscités

Faites donc mourir tout ce qui est terrestre en vous : l’immoralité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et l’avarice (car l’avarice, c’est de l’idolâtrie). Ce sont de telles fautes qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui s’opposent à lui. Voilà comment vous vous conduisiez autrefois quand votre vie était dominée par ces péchés. Mais maintenant, rejetez tout cela : la colère, l’irritation et la méchanceté. Qu’aucune insulte ou parole grossière ne sorte de votre bouche. Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous avez abandonné votre vieille nature avec ses habitudes et vous vous êtes revêtus de la nouvelle nature : vous êtes des êtres nouveaux que Dieu, notre Créateur, renouvelle continuellement à son image, pour que vous le connaissiez parfaitement. Il n’importe donc plus que l’on soit non-Juif ou Juif, circoncis ou incirconcis, non civilisé, primitif, esclave ou homme libre ; ce qui compte, c’est le Christ qui est tout et en tous. Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience. (Colossiens 3, 5-12)


Comment vivre en ressuscités ? On pourrait formuler le contenu de ce passage de la lettre de saint Paul aux Colossiens comme une réponse à cette question. On le saisit bien si l’on garde en tête les prémisses posées au premier verset du chapitre 3 : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ... ». Paul ne fait que dégager les conséquences de ce fait. C’est comme s’il disait : « Puisque vous êtes ressuscités, voici comment vivre en ressuscités ». Or, il y a une manière de mener son existence qui relève plus de la mort que de la vie. Il y a une manière de vivre « selon la mort » et il y a un art de vivre « selon la vie », accordée à la vie, orienté vers elle. « Dépouiller le vieil homme » signifie abandonner, laisser derrière soi, ce qui n’a pas d’avenir, ce qui est incompatible avec la vie. Le sens de la personne, rehaussé incomparablement par la résurrection, appelle des comportements nouveaux dans tous les domaines. Il empêche de traiter les autres comme s’ils étaient des objets.

Dans quelle mesure le rite du baptême a-t-il joué un rôle dans l’emploi de l’image du dépouillement et plus généralement dans celle du vêtement, qui revient de façon positive dans les versets 10 et 12 ? Nous ignorons si à l’époque de Paul existait déjà le rite de se dévêtir entièrement avant d’entrer dans l’eau du baptême et de recevoir ensuite un vêtement neuf à la sortie des eaux. Quoiqu’il en soit, il n’y a aucun doute qu’ici Paul pense au sens du baptême.

Le poète américain Wendell Berry fait écho à Paul lorsqu’il invite ses lecteurs à la « pratique de la résurrection (« to practice resurrection »). On peut pratiquer un métier, une profession, un sport ou un art. Que pourrait bien signifier s’exercer à vivre en ressuscités ? La fin du texte le dit clairement : « …vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience ». Les qualités humaines que Paul énumère ont ceci en commun : elles rendent possible et harmonieuse la vie avec d’autres, la vie en communauté. C’est là une constante chez Paul : la vie nouvelle se rend visible dans la qualité des relations humaines. La patience dont il est question est celle qui est requise dans la vie avec les autres. Mais toutes ces vertus sont des caractéristiques de l’amour (1 Corinthiens 13) dont Paul va parler deux versets plus loin. Cela ne va pas tout seul, puisque ce qui appartient au « vieil homme » s’accroche encore et peut mettre en péril la vie de la communauté. Ne plus avoir peur des autres, de leurs faiblesses, de leurs limites (ou de leurs forces !), c’est entrer dans la résurrection. Appartenir au monde de la résurrection, c’est ne plus vivre dans la peur. Ou, plutôt, c’est laisser ses peurs se convertir jour après jour par la surabondance qui est donnée dans le Christ. C’est apprendre à vivre « selon » cette surabondance. Dans le Christ ressuscité, il y a une place pour chacun. Et chacun prend place dans cette vie mystérieuse où sont rendues obsolètes les catégories que les humains instaurent pour diviser et fragmenter. Ne subsiste alors qu’un Visage qui contient toute la merveilleuse diversité voulue par Dieu : « le Christ : il est tout et en tous ».

- Quels « exercices » de résurrection peut-on imaginer à la lumière de ce texte de saint Paul ?

- Que nous disent les mots à la fin du texte sur l’appel à vivre en ressuscités dans le quotidien ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mar 27 Fév 2018, 8:41 pm





2018

février

Citation :
Genèse 15, 1-6 : Tenir debout grâce à Dieu

Le Seigneur apparut à Abram et lui dit : « N’aie pas peur, Abram ! Je suis ton protecteur et je te donnerai une grande récompense. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, à quoi bon me donner quelque chose ? Je suis sans enfant, tu ne m’as pas accordé de descendant. Mon héritier, celui qui recevra mes biens, c’est Éliézer de Damas, un de mes domestiques. » — « Non, dit le Seigneur, ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais un fils né de toi. » Puis il fit sortir Abram de sa tente et lui dit : « Regarde le ciel et compte les étoiles si tu le peux. » Et il ajouta : « Comme elles, tes descendants seront innombrables. » Abram eut confiance dans le Seigneur. C’est pourquoi le Seigneur le considéra comme juste. (Genèse 15,1–6)


Abraham était un migrant. Avec son père, il a quitté Our, sa ville natale au sud de la Mésopotamie, pour aller à Harrân au nord. Ensuite, il a repris la route avec sa femme Sara et son neveu Lot, et il est arrivé en Terre sainte. Mais de là aussi, il a dû repartir. Fuyant la famine, il s’est exilé en Égypte. Il est revenu en Terre sainte, mais jamais dans sa ville d’origine.

Abraham a connu l’instabilité. Il ne s’est jamais construit de maison, il a vécu sous tente. Et il a fait l’expérience du découragement quand il ne voyait pas d’avenir. Comme nous tous, il avait besoin d’une espérance pour vivre. On ne peut pas vivre en dehors du courant de la vie qui va de l’avant. Abraham désirait un enfant, et que ses descendants lui assurent un renom et un avenir.

Dans la lecture du texte biblique, nous avons entendu sa plainte. Dans une vision, Dieu lui assure protection et grands biens. Mais il se lamente : « Que me donnerais-tu ? Je m’en vais sans enfant… » Dieu tarde à répondre. Et Abraham reprend sa plainte : « Voici que tu ne m’as pas donné de descendance … »

Abraham aurait pu disparaître dans l’oubli comme tant d’autres avant et après lui. Mais nous nous souvenons de lui, nous les chrétiens, et avant nous les juifs, et aussi les musulmans qui l’appellent Ibrahim. Pourquoi cet homme, dont les traces se perdent dans la nuit des âges, nous touche-t-il ?

La Bible livre son secret : « Abraham crut dans le Seigneur. » Mais que veut dire cette phrase ? Son sens ne peut pas être qu’Abraham s’est mis à croire que Dieu existe. A son époque, tout le monde croyait que les dieux existent.

Voici 35 ans, un homme âgé, qui avait passé sa vie à étudier la Bible et les langues bibliques, est venu à Taizé. Il nous a dit que croire en Dieu voulait dire se rendre stable en Dieu. « Abraham s’est rendu stable en Dieu ». Croire, c’est tenir. Croire en Dieu, c’est tenir debout grâce à Dieu.

Abraham, allant d’un pays à l’autre sans jamais s’installer définitivement nulle part, s’est établi en Dieu. Il a découvert que, même dans une vie où les appuis habituels font défaut, il était possible de tenir. Il a trouvé en Dieu une stabilité inattendue.

A-t-il cherché la foi et l’espérance ? Elles lui sont plutôt arrivées : « la parole du Seigneur lui arriva », dit le texte. Et Abraham a fait confiance à cette parole. La promesse de Dieu de lui donner des enfants aussi nombreux que les étoiles au firmament était invraisemblable. Il aurait pu la balayer d’un revers de main. Mais il a laissé la parole de Dieu le mettre debout.

L’apôtre Paul dira : « Espérant contre toute espérance, Abraham crut et devint le père d’un grand nombre de peuples. » Notre père à nous tous.

En se rendant stable en Dieu, Abraham a trouvé sa juste place : « Il crut dans le Seigneur, et le Seigneur le considéra comme juste ». La Bible appelle justes ceux qui sont des amis fidèles de Dieu et des hommes, et signes vivants d’un avenir. « Le juste poussera comme un palmier, il grandira comme un cèdre du Liban », chante un psaume.

Il en faut peu pour être de ceux qui, à la suite d’Abraham, ouvrent des chemins d’espérance. Il faut d’abord oser se plaindre, comme Abraham l’a fait, de ce qui ne va pas. Puis il faut de la persévérance pour attendre une réponse, même quand Dieu garde le silence.

La foi est la surprise de tenir debout malgré tout, de vivre, d’aller de l’avant. Dieu n’existe pas parce que nous lui faisons confiance, et il ne s’évanouit pas quand nous n’y arrivons pas. C’est dans l’autre sens : c’est Dieu qui est la source de notre fermeté, de notre assurance. La foi est l’accès à la stabilité qui est toujours en Dieu, même quand en nous elle fait défaut.

- Parmi les gens que je connais ou dont j’entends parler, y en a-t-il qui sont comme Abraham ? En quoi lui ressemblent-ils ?

- De quoi ai-je envie de me plaindre à Dieu ?

- Où et quand ai-je vu s’ouvrir des chemins d’avenir ? Qui les a ouverts : des personnes seules ou ensemble, en petit ou en grand nombre ?

- Qu’est-ce qui fait tenir debout, aller de l’avant ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 23 Mar 2018, 8:58 pm




2018

mars

Citation :
Matthieu 26, 36-46 : Levez-vous, allons-y !

Alors JESUS arriva avec ses disciples à un endroit appelé Gethsémani et il leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. » Puis il emmena avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commença à ressentir de la tristesse et de l’angoisse. Il leur dit alors : « Mon cœur est plein d’une tristesse mortelle ; restez ici et veillez avec moi. » Il alla un peu plus loin, se jeta le visage contre terre et pria en ces termes : « Mon Père, si c’est possible, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux. » Il revint ensuite vers les trois disciples et les trouva endormis. Il dit à Pierre : « Ainsi vous n’avez pas été capables de veiller avec moi même une heure ? Restez éveillés et priez pour ne pas tomber dans la tentation. L’être humain est plein de bonne volonté, mais il est faible. » Il s’éloigna une deuxième fois et pria en ces termes : « Mon Père, si cette coupe ne peut pas être enlevée sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » Il revint encore auprès de ses disciples et les trouva endormis ; ils ne pouvaient pas garder les yeux ouverts. JESUS les quitta de nouveau, s’éloigna et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles. Puis il revint auprès des disciples et leur dit : « Vous dormez encore et vous vous reposez ? Maintenant, l’heure est arrivée et le Fils de l’homme va être livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous, allons-y ! Voyez, l’homme qui me livre à eux est ici ! » (Matthieu 26,36–46)



Après avoir célébré un dernier repas de Pâques avec ses disciples, JESUS va avec eux dans un jardin proche pour attendre. Déjà une foule armée est en route pour venir l’arrêter. D’un coup, il est saisi de tristesse et d’angoisse. « Mon cœur est plein d’une tristesse mortelle », dit-il à Pierre et aux deux fils de Zébédée. Il parle comme quelqu’un le ferait avec ses amis : « Restez ici et veillez avec moi. » Celui que, dès sa naissance, l’Évangile appelle “Emmanuel” ou “Dieu avec nous,” c’est lui que nous voyons à présent demander à ses compagnons de rester avec lui.

En JESUS, Dieu ne nous tend pas la main d’en haut mais d’en bas. Dans le chapitre précédent, JESUS décrit comment il nous attend dans ceux qui ont faim ou qui ont soif, dans les étrangers et ceux qui n’ont absolument rien, dans les malades et les prisonniers. C’est en remarquant ceux qui sont en difficulté et en leur donnant notre attention que nous rencontrons Dieu.

Dans le jardin, JESUS prie intensément Dieu le Père et lui demande que la coupe lui soit évitée. « Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux », dit-il. Qu’est-ce que cette coupe qu’il doit boire ? Une sainte et une mystique du XIVe siècle qui méditait souvent sur cette scène, Catherine de Sienne, a dit : si grandes qu’aient sans doute été la souffrance et la solitude de JESUS, là n’était pas le sens premier de la coupe.

Catherine a bien vu ceci : JESUS, faisant face à sa propre mort, doit accepter la possibilité que, malgré tout ce qu’il a fait, les disciples pourraient se disperser et prendre chacun son chemin. Et sa vie serait donnée en vain. Boire la coupe et faire la volonté du Père veut dire prendre le risque de faire confiance aux êtres humains jusqu’à la fin.

JESUS retourne vers les disciples après avoir prié et les trouve endormis. « Restez éveillés et priez », dit- il, « pour ne pas tomber dans la tentation. L’être humain est plein de bonne volonté, mais il est faible. » Nous pourrions peut-être le traduire ainsi : quand vous découvrez que les bonnes intentions ne sont pas suffisantes, que vous-mêmes vous pouvez, comme les autres, être un peu ou même bien instables, ne tombez pas dans la tentation – ce qui veut dire : ne cédez pas à la peur et ne pensez pas que tout soit fini. Faites confiance à ce que Dieu a commencé parmi les humains, y compris en vous-même. Levez-vous, et allons au-devant de quiconque se trouve maintenant sur notre chemin.

- Quelles idées, quels sentiments suscitent en moi ces mots de JESUS : « Restez ici et veillez avec moi » ?

- Qu’est-ce que cela veut dire pour moi de suivre JESUS avec la confiance qu’il donne aux êtres humains ?

- Qu’est-ce qui nous aide à renouveler ou retrouver cette confiance quand elle est mise à l’épreuve ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Mer 25 Avr 2018, 6:34 pm






2018

avril


Citation :
Matthieu 28, 5-20 : « N’ayez pas peur ! »

L’ange prit la parole et dit aux femmes : « N’ayez pas peur. Je sais que vous cherchez JESUS, celui qu’on a cloué sur la croix ; il n’est pas ici, il est revenu de la mort à la vie comme il l’avait dit. Venez, voyez l’endroit où il était couché. Allez vite dire à ses disciples : “Il est revenu d’entre les morts et il va maintenant vous attendre en Galilée ; c’est là que vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. » Elles quittèrent rapidement le tombeau, remplies tout à la fois de crainte et d’une grande joie, et coururent porter la nouvelle aux disciples de JESUS. Tout à coup, JESUS vint à leur rencontre et dit : « Je vous salue ! » Elles s’approchèrent de lui, saisirent ses pieds et l’adorèrent. JESUS leur dit alors : « N’ayez pas peur. Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » […] Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la colline que JESUS leur avait indiquée. Quand ils le virent, ils l’adorèrent ; certains d’entre eux, pourtant, eurent des doutes. JESUS s’approcha et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et sachez-le : je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28,5–20)



« N’aie pas peur ! » ; « N’ayez pas peur ! » Ce que Joseph entend au tout début de l’évangile de Matthieu, les femmes l’entendent à la toute fin. Par ces mots commence pour Joseph et les femmes une rencontre. Ils comprennent que Dieu est présent dans leurs défis et qu’il leur ouvre un chemin. La Bible ne prétend pas que tout ira toujours bien, mais elle essaie de nous dire que nous n’avons pas à affronter nos difficultés tout seuls.

Dans le Jardin des Oliviers, c’est JESUS qui était confronté à l’angoisse et aux difficultés ; les disciples l’ont laissé tout seul. Pendant qu’il prie, ils s’endorment. Quand il est arrêté, ils s’enfuient. Les femmes ne quittent pas celui qui est mort sur la croix. Elles viennent voir le tombeau de quelqu’un de qui il n’y a plus rien à espérer. Les disciples se sont éloignés de la difficulté et du désespoir ; les femmes s’approchent. Et elles reçoivent le message : N’ayez pas peur ! Il est ressuscité.

Il y a dans ce récit trois rencontres et trois envois : L’ange envoie les femmes aux disciples ; puis JESUS envoie les femmes « à ses frères » ; et enfin JESUS envoie les disciples « à toutes les nations ». Personne ne découvre le message de la résurrection tout seul et personne ne peut le garder pour lui-même. C’est un message qui est reçu dans une rencontre et qui invite à en créer d’autres.

La résurrection ne signifie pas qu’il n’y aura plus de difficultés dans nos vies ou plus de souffrances dans le monde. Mais les premiers chrétiens, en commençant par les femmes et les disciples, prennent progressivement conscience que JESUS avait affronté tout seul l’angoisse et la souffrance pour que nous ne soyons plus jamais seuls dans nos angoisses et nos souffrances. Petit à petit ils comprennent que l’espérance est entrée dans le désespoir et la mort de JESUS est devenue source de vie.

La première réaction des femmes et des disciples est un mélange de grande joie et de crainte, ou encore un mélange d’adoration et de doutes. Mais Matthieu ne termine pas son récit en regardant la réaction des disciples, il dirige le regard sur les dernières paroles de JESUS. Les disciples, qui avaient laissé JESUS tout seul, sont maintenant envoyés pour faire de toutes les nations ses disciples. JESUS veut qu’en baptisant et en enseignant ses commandements, les disciples partagent aux nations la nouvelle vie qu’il est venu donner.

Cet envoi et cette vie sont portés par sa présence. Il a reçu le pouvoir et il sera présent. Au milieu des difficultés et de la détresse de ce monde, le Règne de Dieu a déjà commencé. La Résurrection c’est cela : un commencement définitif, et la dynamique d’une présence jusqu’à la fin des temps. Une présence pour les jours de joie comme pour les jours de détresse, une présence qui est source d’espérance.

- « Puisqu’il a souffert lui-même l’épreuve, il est en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés. » (Hébreux 2,18) – Comment est-ce que je comprends ces mots ?

- Dans quelles rencontres JESUS vient-il à moi ? Vers qui est-ce qu’il m’envoie ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Lun 21 Mai 2018, 10:26 pm






2018

mai

Citation :
2 Corinthiens 4, 7-18 : Accablés, mais non écrasés

Nous portons ce trésor spirituel en nous comme en des vases d’argile, pour qu’il soit clair que cette puissance extraordinaire vient de Dieu et non de nous. Nous sommes accablés de toutes sortes de souffrances, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; jetés à terre, mais non anéantis. Nous portons sans cesse dans notre corps la mort de JESUS, afin que sa vie se manifeste aussi dans notre corps. Bien que vivants, nous sommes sans cesse exposés à la mort à cause de JESUS, afin que sa vie se manifeste aussi dans notre corps mortel. Ainsi, la mort agit en nous pour que la vie agisse en vous. L’Écriture déclare : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. » Nous aussi, dans le même esprit de foi, nous croyons et c’est pourquoi nous parlons. Nous savons en effet que Dieu, qui a ramené le Seigneur JESUS de la mort à la vie, nous ramènera aussi à la vie avec JESUS et nous fera paraître avec vous en sa présence. Tout ce que nous endurons, c’est pour vous ; de cette façon, la grâce de Dieu atteint de plus en plus de personnes, en augmentant ainsi le nombre de prières de reconnaissance exprimées à la gloire de Dieu. C’est pourquoi nous ne perdons jamais courage. Même si notre être physique se détruit peu à peu, notre être spirituel se renouvelle de jour en jour. La détresse que nous éprouvons en ce moment est légère en comparaison de la gloire abondante et éternelle, tellement plus importante, qu’elle nous prépare. Car nous portons notre attention non pas sur ce qui est visible, mais sur ce qui est invisible. Ce qui est visible est provisoire, mais ce qui est invisible dure toujours. (2 Corinthiens 4, 7-18)


Le mystère pascal, le passage à travers la souffrance et la mort vers une Vie nouvelle et éternelle, est au cœur de la foi chrétienne. Il a été manifesté en plénitude dans l’existence de JESUS de Nazareth, « désigné Fils de Dieu avec puissance… par sa résurrection des morts » (Romains 1, 14). Mais ce mystère continue à donner sens à l’existence de tous ceux qui marchent à sa suite. Dans ce texte, saint Paul décrit comment le combat entre la mort et la vie, avec la victoire de celle-ci, est toujours présent dans son existence quotidienne d’apôtre.

En cherchant à témoigner de la Bonne Nouvelle du Christ pendant ses voyages et lors de ses rencontres, Paul touche du doigt les résistances qui sont le lot de tous les amis de Dieu dans un monde qui a bien souvent d’autres priorités. Il interprète ces difficultés comme l’œuvre en lui des puissances de mort : c’est sa façon de connaître dans sa vie concrète (c’est le sens du mot « corps » dans le v. 10) la mise à mort de JESUS. Mais puisque, grâce à sa foi dans la résurrection du Christ, il est relié à une Vie plus forte que la mort, ses souffrances ne sont en dernière analyse qu’une occasion pour cette Vie de jaillir avec plus d’ampleur. Et bien souvent, ce sont les autres qui récoltent dans leur existence les fruits de cette vie donnée, tandis que Paul pour sa part n’en perçoit que la face sombre.

Ce qui rend possible cette œuvre de Dieu en lui, c’est sa propre vulnérabilité, ses limites humaines. Pour expliquer cela, l’apôtre emprunte l’image d’un trésor déposé dans un vase d’argile : les imperfections du récipient contribuent à rehausser l’éclat di contenu. Il faut en effet que « l’être physique » se décompose avec le temps, pour laisser toute la place à ce qui demeure – un être nouveau, transfiguré par l’Esprit de Dieu. Et alors une autre image, sous la plume de saint Irénée de Lyon, exprime mieux la réalité définitive : une liqueur de prix qui fait rajeunir le vase qui la contient.

- « Le Christ continue d’être mis à mort jusqu’à la fin des temps. » Que signifient ces paroles pour moi ?

- Ai-je eu des expériences où mes propres limites ont permis à Dieu de se manifester davantage ?

- Comment Dieu me renouvelle-t-il de jour en jour ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 22 Juin 2018, 4:49 pm




2018

juin

Citation :
Matthieu 20, 20-28 : Le premier à servir


La femme de Zébédée s’approcha de JESUS avec ses deux fils ; elle s’inclina devant lui pour lui demander une faveur. « Que désires-tu ? » lui dit JESUS. Elle lui répondit : « Promets-moi que mes deux fils que voici siégeront l’un à ta droite et l’autre à ta gauche quand tu seras roi. » — « Vous ne savez pas ce que vous demandez, répondit JESUS. Pouvez-vous boire la coupe de douleur que je vais boire ? » — « Nous le pouvons », lui répondirent-ils. « Vous boirez en effet ma coupe, leur dit JESUS. Mais ce n’est pas à moi de décider qui siégera à ma droite et à ma gauche ; ces places sont à ceux pour qui mon Père les a préparées. » Quand les dix autres disciples entendirent cela, ils s’indignèrent contre les deux frères. Alors JESUS les appela tous et dit : « Vous savez que les chefs des peuples les commandent en maîtres et que les grands personnages leur font sentir leur pouvoir. Mais cela ne doit pas se passer ainsi parmi vous. Au contraire, si l’un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur, et si l’un de vous veut être le premier, il doit être votre esclave : c’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir, et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens. » (Matthieu 20, 20–28)


Selon ce passage, l’esprit de compétition – le désir d’être le premier et le meilleur – n’est pas seulement un phénomène moderne. Y a-t-il quelque chose en l’être humain qui cherche des honneurs, qui veut occuper la première place ? Ici, c’est la mère de Jacques et de Jean qui cherche un privilège pour ses fils, mais cela est une vieille astuce : il est plus facile de demander pour les autres et puis de profiter de leur gloire. JESUS, lui, n’en est pas dupe : il parle directement aux deux fils.

Notre société occidentale est allée très loin dans cette direction. Une économie capitaliste est fondée sur l’esprit de la compétition. On nous apprend depuis un très jeune âge qu’il faut être meilleur que les autres. Un tel système produit forcément des gagnants et des perdants et, s’il n’est pas contrôlé, avec le temps il y a toujours moins de gagnants et toujours plus de perdants.

Si une saine compétition peut libérer les énergies des personnes et révéler leurs dons, à la longue elle mène inévitablement à la division, et même à la violence. Dans ce récit, nous voyons que les autres disciples sont toute de suite indignés contre Jacques et Jean. La communauté risque d’éclater.

JESUS leur montre alors une toute autre façon de vivre. Il bannit toute pensée d’honneurs et de récompense. Il demande plutôt aux deux disciples s’ils peuvent boire la même coupe que lui. Or, dans le monde ancien, la coupe était symbole de destin. Appliquée à JESUS, elle ne se réfère pas à un destin aveugle mais à la mission que son Père lui a confiée : donner sa vie pour que d’autres puissent vivre.

Ensuite, JESUS applique cet enseignement à la vie politique, ce qui signifie que le groupe des disciples ne forme pas seulement une communauté, mais que pour JESUS cette communauté – l’Israël restaurée – est une alternative aux relations politiques dans le monde païen. Là, les dirigeants aiment exercer leur pouvoir sur les autres. Parmi les disciples, par contre, les plus grands et les premiers sont en fait les derniers – ceux qui servent.

Par ce renversement, JESUS libère notre désir d’être le meilleur et le premier en le mettant au service non pas de nos egos mais des autres. Chercher à être les premiers en aidant les autres, en les servant : voilà une saine compétition. Comme le dit saint Paul : « Considérer les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que personne ne recherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense à celui des autres » (Philippiens 2, 3-4). Et « rivalisez d’estime réciproque » (Romains 12, 10). Un tel esprit d’humilité et de partage rend possible une vie commune véritable.

Et cela n’est possible que si notre image de Dieu est transformée. JESUS nous révèle un Dieu qui ne trouve pas sa gloire dans le fait d’être le premier et le plus grand, qui ne voit pas sa divinité comme un privilège, mais qui s’abaisse par amour, prenant la dernière place afin que les autres puissent monter.

- Quelle est la finalité de mes études ou de mon travail ?

- Comment placer mes dons au service des autres ?

- Quels pas seraient nécessaires pour transformer nos Églises et nos sociétés en de véritables communautés de partage ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 21 Juil 2018, 8:00 pm






2018

juillet

Citation :
Matthieu 14, 13-21 : Malgré la mort, la fête

JESUS partit en barque pour se rendre seul dans un endroit isolé. Mais les foules l’apprirent ; elles sortirent des localités voisines et suivirent JESUS en marchant au bord de l’eau. Lorsque JESUS sortit de la barque, il vit une grande foule ; il eut le cœur rempli de pitié pour ces gens et il se mit à guérir leurs malades. Quand le soir fut venu, les disciples de JESUS s’approchèrent de lui et dirent : « Il est déjà tard et cet endroit est isolé. Renvoie tous ces gens pour qu’ils aillent dans les villages s’acheter des vivres. » JESUS leur répondit : « Il n’est pas nécessaire qu’ils s’en aillent ; donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Mais ils lui dirent : « Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. » — « Apportez-les-moi », leur dit JESUS. Ensuite, il ordonna à la foule de s’asseoir sur l’herbe ; puis il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et remercia Dieu. Il rompit les pains et les donna aux disciples, et ceux-ci les distribuèrent à la foule. Chacun mangea à sa faim. Les disciples emportèrent douze corbeilles pleines des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient au nombre d’environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. (Matthieu 14,13–21)


JESUS vient d’apprendre l’assassinat de son cousin Jean-Baptiste. Il doit être très affecté et se retire à l’écart. Pourtant, il accepte d’être chamboulé dans son deuil par la venue de personnes qui lui demandent d’être guéries. Il consent, offre la guérison et laisse les forces de la vie l’emporter sur sa tristesse.

Ce passage de la mort à la vie semble célébré dans un moment tout à fait exceptionnel. Dans un endroit désert, de l’herbe est trouvée sur laquelle s’étendre pour manger du pain et du poisson donnés gratuitement et en abondance. Le signe est humble, il ne s’agit pas d’un grand repas, mais puisqu’il touche au moins 10 à 15 000 personnes, il impressionne grandement, au point d’être raconté deux fois dans certains évangiles.

Au milieu du deuil, des maladies, des infirmités, ainsi que des menaces qu’il doit pressentir sur sa vie, JESUS arrête pour un instant le temps qui passe. Il retient les foules, comme pour leur permettre de vivre une autre expérience, celle d’un autre monde, où le temps n’est plus et où la mort n’obscurcit plus l’horizon.

Cela ressemble à une utopie, à un ailleurs qui ne se reproduira pas naturellement, à un aperçu du Royaume des cieux. Pourtant, le récit le raconte de manière bien réelle. Sur cette terre, avec cette matière, Dieu s’est permis un écart face aux règles de sa création. C’est cette liberté sciemment prise par Dieu que l’on appelle miracle.

Qui dit miracle dit aussi enseignement. Quel message JESUS, dans ce moment sombre de son existence, a-t-il voulu transmettre ? Le message a tout l’air d’être un encouragement. JESUS encourage à se confier à la générosité de Dieu, plus forte encore que la mort et la destruction. Cette guérison et cette fête au désert sont une illustration du geste même de la prière : confier à Dieu ce que nous avons et ce dont nous n’avons pas assez, nos forces de vie, le fruit de notre travail et aussi nos peines.

Dieu accepte tout de nous : les maladies et les infirmités, les pains et les poissons. Il prend sur lui nos forces et nos faiblesses. Et du peu, Dieu tirera davantage, parce qu’il le mettra en commun. Nos talents mis ensemble par l’Esprit Saint se multiplient plus qu’ils ne s’additionnent. C’est pour cela, assurément, que frère Roger aura insisté toute sa vie durant sur l’importance de « commencer avec le peu que nous avons ». Notre responsabilité à nous est de commencer. Dieu, par sa grâce et avec notre persévérance, fera le reste. N’ayons donc pas peur d’avoir trop peu pour nous mettre en route. Là est aussi l’encouragement.

Dans cette version de la multiplication des pains selon l’évangile de Matthieu, JESUS ne rend à la foule que les pains, sans les poissons. C’est-à-dire qu’il garde une partie de ce que nous lui avons donné. Qu’est-ce que ce nouveau détail peut signifier ? Les poissons, en tant qu’animaux morts, peuvent représenter ce qui est détruit en nous, ce qui ne donnera plus la vie. Avec cette interprétation, le geste de JESUS devient très parlant. Dieu filtre ce que nous lui confions. Ce qui portera du fruit, il nous le remet en mains propres pour que nous en fassions bénéficier un grand nombre de personnes. Mais ce qui nous fait mal ou honte, il le garde pour lui.

Les deux questions centrales que nous pose ce miracle opéré par JESUS sont donc : qu’ai-je reçu de Dieu que je devrais transmettre à beaucoup d’autres ? Et, dans ce que je lui confie, qu’est-ce que j’aimerais qu’il garde pour lui, de quoi voudrais-je que Dieu me libère ?

- Ai-je reçu quelque chose de particulier de la part de Dieu ? Si oui, comment pourrais-je en faire profiter le maximum de personnes et ne pas garder ce don pour moi seul ?

- Dans ce que je confie à Dieu, qu’est-ce que j’aimerais qu’il garde pour lui ? De quoi voudrais-je que Dieu me libère ?

- Quelle type de société cette multiplication des pains dessine-t-elle ? Y a-t-il aussi un message « politique » dans ce geste de JESUS ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 24 Aoû 2018, 6:54 pm





août 2018


Citation :
Néhémie 8,1-12 : La joie de Dieu, votre force !


Tout le peuple, comme un seul homme, se rassembla sur la place qui est devant la porte des Eaux, et ils dirent à Esdras, le scribe, d’apporter le livre de la Loi de Moïse que le Seigneur avait prescrite à Israël. Le prêtre Esdras apporta la Loi devant l’assemblée, où se trouvaient les hommes, les femmes et tous ceux qui étaient à même de comprendre ce qu’on entendait. C’était le premier jour du septième mois. Il lut dans le livre, sur la place qui est devant la porte des Eaux, depuis l’aube jusqu’au milieu de la journée, en face des hommes, des femmes et de ceux qui pouvaient comprendre. Les oreilles de tout le peuple étaient attentives au livre de la Loi.

Le scribe Esdras était debout sur une tribune de bois qu’on avait faite pour la circonstance, (...). Il ouvrit le livre aux yeux de tout le peuple, car il était au-dessus de tout le peuple, et lorsqu’il l’ouvrit tout le peuple se tint debout. Et Esdras bénit le Seigneur, le grand Dieu, et tout le peuple répondit : « Amen ! Amen ! » en levant les mains. Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre. (...) Les lévites expliquaient la Loi au peuple, et le peuple restait debout sur place. Ils lisaient dans le livre de la Loi de Dieu, de manière distincte, en en donnant le sens, et ils faisaient comprendre ce qui était lu.

Alors Néhémie le gouverneur, Esdras le prêtre-scribe et les lévites qui donnaient les explications au peuple dirent à tout le peuple : « Ce jour-ci est consacré au Seigneur votre Dieu. Ne soyez pas dans le deuil et ne pleurez pas ! » – car tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la Loi. Il leur dit : « Allez, mangez de bons plats, buvez d’excellentes boissons, et faites porter des portions à celui qui n’a rien pu préparer, car ce jour-ci est consacré à notre Seigneur. Ne soyez pas dans la peine, car la joie du Seigneur, voilà votre force ! » Et les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Faites silence, car ce jour est consacré. Ne soyez pas dans la peine ! » Alors tout le peuple s’en alla pour manger et boire, pour faire porter des portions et pour manifester une grande joie, car ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait connaître. (Néhémie 8,1-12)


Ce récit biblique se déroule une centaine d’années après la fin de l’Exil : le Temple de Jérusalem est reconstruit ainsi que les murailles d’enceinte de la ville. Néhémie, comme gouverneur de Judée, a fait plusieurs réformes civiques, sociales et religieuses, il y a eu beaucoup de changements en peu de temps.

Le texte décrit le grand désir de tout le peuple, hommes, femmes et adolescents, d’écouter les Écritures, d’entendre la Loi de Dieu. Ils comprennent que, pour pouvoir recommencer, ils n’ont pas seulement besoin d’un temple et de murs. Tout le monde écoute attentivement, pendant plus de six heures. Il est rare que les Écritures parlent de la proclamation des Écritures elles-mêmes et l’image est extraordinaire : Esdras bénit le Seigneur, lui et les lévites lisent la Loi de Dieu, et ils en expliquent le sens.

À ce moment-là les gens se mettent à pleurer. On ne sait pas exactement pourquoi : est-ce parce qu’ils voient combien leur façon de vivre est loin de ce qui est prescrit dans la Loi ou bien pour d’autres raisons ? Néhémie leur propose alors de manger un bon plat et de boire d’excellentes boissons. Et il ajoute : « Ne soyez pas dans la peine, la joie du Seigneur est votre force. » S’agit-il de la joie de Dieu lui-même, ou une joie de l’homme dont la source est Dieu, ou encore une joie qui a le Seigneur comme objet, qui va vers le Seigneur, une joie sacrée différente des joies profanes ?

« La joie du Seigneur est votre force. » Un des reproches fait à la foi chrétienne, une critique qu’on trouve par exemple chez Nietzsche, c’est qu’elle exalterait la faiblesse et la souffrance. Quant à la joie et à la force, elles seraient suspectes. Selon ces critiques, le message du christianisme serait : JESUS était faible et il a souffert, alors faites de même.

Mais ce passage nous dit autre chose. Il fait comprendre que, dans la foi comme dans la vie, il faut de la joie, non pas comme une réalité superflue ou périphérique, non pas comme un épiphénomène qui n’a aucune influence directe sur notre existence, et non pas non plus pour nous distraire de nos problèmes. Il faut de la joie pour avoir la force de rester sur le bon chemin, de dire oui aux exigences des Écritures.

Évidemment, il ne s’agit pas ici de la joie comme sentiment qui dépendrait entièrement de notre humeur. Il s’agit de la joie de Dieu, plus discrète et bien plus profonde que nos émotions fluctuantes, une joie qui est présente même quand nous ne la ressentons pas. Une joie qui est fragile aussi, parce que quand Néhémie retourne à Jérusalem après un séjour de deux ans auprès du roi, il se rend compte que peu de gens ont tenu bon.

Tout comme à cette époque, aujourd’hui aussi le peuple de Dieu vit de grands bouleversements et des incertitudes. Il a soif d’entendre des paroles qui donnent vie. Sommes-nous prêts à bénir le Seigneur, à lire les Écritures et à y trouver un sens qui donne la joie et la force, afin de tenir sur le bon chemin même dans les moments difficiles ?

- Est-ce que j’ai déjà expérimenté la joie comme une force qui m’a mis en route ? Quand et comment ?

- La lecture de la Bible éclaire-t-elle mon existence ? Quelles sont les passages qui m’aident le plus dans les moments d’épreuve ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 22 Sep 2018, 5:47 pm




2018

septembre


Citation :
Sophonie 3, 14-18 : Dieu danse pour toi !


Éclate de joie, ville de Sion ! Criez de bonheur, gens d’Israël ! Réjouis-toi de tout ton cœur, Jérusalem ! Le Seigneur a retiré les condamnations qui pesaient sur vous, il a fait fuir vos ennemis. Le Seigneur, roi d’Israël, est avec vous, vous n’aurez plus à craindre le malheur. Le jour vient où l’on dira à Jérusalem : « N’aie pas peur, ville de Sion, ne te décourage pas ! Le Seigneur ton Dieu est avec toi : il est fort et t’assure la victoire, il rayonne de bonheur à cause de toi, son amour te donne une vie nouvelle, il pousse des cris joyeux à ton sujet, comme en un jour de fête. » (Sophonie 3,14-18)

« Éclate de joie... ! Criez de bonheur... ! Réjouis-toi... ! » Ce passage nous indique, entre autres, trois raisons de nous réjouir : « Le Seigneur a retiré les condamnations qui pesaient sur vous... », « Le Seigneur est avec toi », et « son amour te donne une vie nouvelle ».

La tonalité de ce message est étonnante, dans le contexte d’un livre qui commence par ces mots : « Oracle du Seigneur – Je vais tout extirper de la surface de la terre ». C’est un livre rempli de menaces contre les nations et contre le peuple d’Israël, menaces qui culminent dans la description d’un jour du Seigneur où tout sera détruit.

C’est assez osé de la part de Sophonie d’imaginer et d’annoncer la destruction des grandes puissances de son temps. D’un autre côté, il se sert des dangers très réels qui pèsent sur Israël pour critiquer vivement l’idolâtrie et l’injustice d’une bonne partie du peuple. Il voudrait qu’ils se rendent compte que leurs fausses priorités et leur manque d’attention aux autres les empêchent de vivre, même s’il va découvrir par la suite que les menaces n’aident pas toujours les gens à changer leur vie.

Quand nous voyons des dangers – réels ou imaginaires – devant nous, nous ne les interprétons pas en général comme des menaces par lesquelles Dieu voudrait nous avertir. Mais nous pouvons par moments être conscients des mauvaises conséquences de nos attitudes, et nous demander si nous avons fait – ou sommes en train de faire – de bons choix. Alors quand, à la fin du livre, le prophète déclare que les condamnations sont retirées, cela peut nous communiquer l’espoir qu’avec Dieu, non seulement la contingence de nos décisions peut trouver un sens, mais encore que les causalités de ce monde ne sont pas fatales. Le regard de Dieu dépasse les doutes et les déterminismes dans lesquels nous pouvons nous croire enfermés.

« Le Seigneur est avec toi. » Il est là comme l’espace de liberté au cœur de nos vies et c’est en lui que l’emploi de cette liberté trouve son sens véritable. Au milieu de nos hésitations et de nos fermetures, Dieu ouvre la voie aux nouveaux départs.

« Son amour te donne une vie nouvelle », « il pousse des cris joyeux à ton sujet » – « il danse » même, dans certaines traductions – non pas parce que nous aurions toujours fait les bons choix, mais parce que lui-même est présent dans nos vies par son Esprit. En quelque sorte, il s’aime lui-même tout en nous aimant et en nous introduisant dans son amour.

Dieu nous communique sa vie, dans et malgré les orientations et les choix imparfaits ou même erronés. C’est aussi le message de la résurrection : Dieu crée la vie au milieu de ce qui ne la sert pas, ou même de ce qui s’y oppose. Il refuse les fatalités et donne sens aux contingences ; il est avec nous dans ce que la vie peut avoir de plus limpide et de plus inquiétant, en nous ouvrant des chemins toujours nouveaux dans et vers sa joie.

- Suis-je parfois craintif et incertain de mes choix ? Ma foi en Dieu m’aide-t-elle à dépasser cette situation ? Comment ?

- Est-ce que j’ai déjà fait l’expérience que des chemins nouveaux se sont ouverts pour moi ? En quoi l’expérience des gens dont parle la Bible peut-elle m’encourager à cet égard ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Jeu 25 Oct 2018, 6:52 pm






2018

octobre



Citation :
Ésaïe 55:1-3a : Venez vers les eaux !

O vous tous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux,

même celui qui n’a pas d’argent, venez !

Demandez du grain, et mangez ; venez et buvez !

– sans argent, sans paiement –

du vin et du lait.

A quoi bon dépenser

votre argent pour ce qui ne nourrit pas,

votre labeur pour ce qui ne rassasie pas ?

Écoutez donc, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon ;

que vous trouviez votre jouissance dans des mets savoureux :

tendez l’oreille, venez vers moi,

écoutez et vous vivrez.

Je conclurai avec vous une alliance perpétuelle.

(Esaïe 55,1-3a)


Dans ce passage, un prophète parle au peuple d’Israël pendant une période difficile de son histoire. La nation a été détruite, les chefs déportés. Mais le prophète leur dit : « Malgré les apparences, Dieu ne vous a pas oubliés. Dieu reste avec vous dans votre exil, il ouvrira pour vous un avenir nouveau et meilleur. Alors venez à lui et faites confiance à ce qu’il promet. »

Beaucoup de gens voient la religion avant tout comme l’exigence de faire quelque chose pour Dieu. Ils la regardent comme une liste de devoirs à accomplir. Mais la foi biblique n’est pas ainsi. Elle commence par la confiance dans un Dieu d’amour, qui veut toujours nous conduire vers une plénitude de vie. Ici le prophète emploie l’image d’un banquet, un repas avec de bonnes choses à manger et à boire, pour exprimer une vie épanouie. Mais il est clair en lisant le texte qu’il s’agit avant tout d’écouter, de découvrir la voix de Dieu au milieu de tout le bruit qui nous entoure. Là est la nourriture véritable qui alimentera nos existences, bien plus que les réalités que le monde autour de nous tient pour importantes mais qui ne satisferont pas nos désirs les plus profonds.

Quand JESUS est venu, il a tenu le même langage. Il ne nous a pas donné des règles à suivre pour que Dieu nous aime, mais il a proclamé une « bonne nouvelle », celle que Dieu était en train de venir dans sa création pour permettre à des relations véritables de se nouer – avec Dieu, entre les humains et avec toute la création : « Le temps est arrivé et le Règne de Dieu est à la porte … » (Marc 1,15a). L’essentiel, alors, c’est d’accepter le message pour qu’il puisse transformer nos existences : « …changez vos cœurs et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc 1,15b). N’est-il pas parfois plus difficile de continuer à faire confiance quand les choses vont mal, plutôt que de changer notre comportement extérieur ? Pourtant c’est cela qui compte le plus.

- De quoi ai-je faim et soif, non pas physiquement, mais au plus profond de mon être ? Ce désir est-il satisfait par la vie que je mène actuellement ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

- Qu’est-ce qui me rendrait capable de faire confiance aux promesses de Dieu ? Que changerait-il dans ma vie dans ce cas-là ?

- Comment Dieu nous parle-t-il ? Comment entendre sa voix au milieu de tout le vacarme en nous et autour de nous ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Ven 30 Nov 2018, 9:24 pm






2018

décembre

Citation :
Luc 2, 4-16 : Dieu vient habiter parmi nous

Joseph partit de Nazareth, un bourg de Galilée, pour se rendre en Judée, à Bethléem, où est né le roi David ; en effet, il était lui-même un descendant de David. Il alla s’y faire enregistrer avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva. Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’abri destiné aux voyageurs.

Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur. Mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple : cette nuit, dans la ville de David, est né, pour vous, un Sauveur ; c’est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous le fera reconnaître : vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. » Tout à coup, il y eut avec l’ange une troupe nombreuse d’anges du ciel, qui louaient Dieu en disant : « Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime ! »

Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : « Allons donc jusqu’à Bethléem : il faut que nous voyions ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se dépêchèrent d’y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. (Luc 2,4-16)


Pour ceux de l’hémisphère nord, Noël est le moment de l’année où il fait froid, où l’on se retrouve en famille pour manger beaucoup. Un moment où l’on veut être confortablement réuni avec ceux et celles qu’on aime.

Cependant, le récit de la naissance de JESUS, du premier Noël, fait par saint Luc, n’est pas du tout de cet ordre-là. Il raconte comment Joseph et Marie, deux jeunes, sont obligés par une puissance lointaine à quitter leur maison et leur famille pour aller se faire enregistrer dans une autre ville. Ils y arrivent après un voyage long et sans doute peu aisé. Ils n’y sont pas accueillis et Marie doit accoucher là où normalement se trouvent les animaux.

Le récit de Noël est celui d’une joie immense, une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple : Dieu vient habiter chez les humains, le royaume de Dieu n’a jamais été si proche, « gloire dans le ciel et paix sur la terre ».

Mais est-il possible dans un monde où il y a tant de souffrance de parler de la joie ? La foi chrétienne, qui a en son centre la souffrance et la mort de JESUS, a-t-elle quelque chose à dire sur la joie ? La joie est-elle synonyme du bonheur, réservé à ceux qui vont bien, qui ont tout ce qu’il faut ?

La joie de Noël est une joie pleine de contradictions. Une joie à la fois ordinaire et extraordinaire. Joseph et Marie n’étaient qu’un jeune couple plutôt pauvre comme tant d’autres. Mais c’est dans cette situation difficile et ordinaire que l’énorme joie éclate.

Un roi est né – mais quel roi ? Non pas un de ceux qui habitent dans des palais, avec des soldats pour les protéger, mais un bébé fragile, qui a besoin qu’on s’occupe de lui. JESUS restera tout au long de sa vie différent de ce que les gens, et même ses disciples, attendaient. Oui, il est roi, mais il n’est pas un roi qui demande que les autres meurent pour lui, il est un roi qui donne sa vie pour son peuple, pour tous les humains.

Que la bonne nouvelle soit d’abord adressée aux bergers est aussi contradictoire. Les bergers étaient plutôt au bas de l’échelle sociale de l’époque, vivant une vie dure à l’extérieur des villes. Parfois ils étaient même considérés comme des pécheurs puisque leur vie nomade les empêchait de suivre toutes les lois de la Torah. Mais en même temps, le roi David avait été berger et bien sûr JESUS s’est lui-même appelé le bon berger.

Nous avons donc un texte sur la joie qui semble venir de nulle part, un texte parlant de ce couple ordinaire, de ces bergers ordinaires, qui font l’expérience d’un Dieu tellement différent de ce qu’on attendait. Est-ce que nous pourrions vivre la même expérience dans notre existence ?

- Ai-je jamais découvert la joie là où je ne l’attendais pas ?

- Comment être prêt, comme Marie, Joseph et les bergers, à accueillir le Christ, différent de ce que j’ai imaginé, différent de celui que je voudrais qu’il soit ?





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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Dim 06 Jan 2019, 8:33 pm






2019

janvier


Citation :
Tite 3, 4-7 : Dieu, ami des humains

Lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été manifestés, il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint Esprit,

qu’il a répandu sur nous avec abondance par JESUS Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle. (Tite 3,4-7)



Dans ce passage fait d’une seule phrase grecque, lu pendant la liturgie de Noël, saint Paul nous donne un résumé saisissant du message chrétien. Tout commence par l’évocation d’un Dieu bon ou bienveillant (en grec, chrêstos).

Ce mot, dans l’Ancien Testament, n’est pas simplement un terme banal ou l’expression d’une vérité générale. Appliqué à Dieu, il se réfère au fait qu’il est toujours là pour son peuple, comme on le voit par exemple dans deux longs psaumes qui énumèrent tous les actes par lesquels Dieu sauve les siens des situations impossibles dans lesquelles ils se fourvoient, psaumes qui sont l’un et l’autre introduits par ces mots : « Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, éternel est son amour » (Ps 106,1 ; 107,1). Ce Dieu bon fait donc preuve de philanthrôpia, traduit littéralement dans ces psaumes par « amour [d’amitié] pour les hommes ».

Avec la venue du Christ JESUS, il devient certain que la bonté de Dieu s’étend à tous sans exception. La Bonne Nouvelle annoncée et vécue par JESUS est essentiellement la proclamation d’un salut universel. Mais de quoi devons-nous être sauvés ? En un mot : des conséquences d’une vie inauthentique, des choix erronés qui ne mènent qu’à des impasses et au désespoir.

Ensuite, dans la lettre à Tite, l’apôtre précise que ce salut est absolument gratuit, il ne peut pas être mérité par notre comportement. Il est un geste de miséricorde qu’il faut simplement accueillir. Il consiste, plus précisément, dans le don de l’Esprit même de Dieu, qui nous transforme depuis l’intérieur. Et notre accueil de ce don se concrétise par le « oui » du baptême, que Paul décrit comme un bain qui nous fait renaître pour entrer dans une existence nouvelle (voir Jean 3,3-8). Être chrétien, ce n’est donc pas en premier lieu suivre les préceptes d’une nouvelle religion, c’est laisser la bonté et la miséricorde divines faire de nous des femmes et des hommes de bonté et de miséricorde.

À travers ce salut gratuit de Dieu, réalisé par le Christ, Dieu nous justifie, c’est-à-dire qu’il nous fait entrer dans une communion de vie avec lui. Si nous sommes déjà introduits dans cette communion par notre baptême, ce n’est pourtant pas une réalité statique. La relation avec Dieu possède une dimension d’espérance, la communion grandit jusqu’à ce que nous entrions dans toute la plénitude de Dieu, comme des enfants qui, à la fin, héritent tout ce qui appartient à leurs parents. En peu de mots, ainsi, ce passage nous ouvre des perspectives plus vastes que l’univers.

- Dans la situation du monde actuel, est-il réaliste de croire en un Dieu de bonté et de miséricorde ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Quels signes de cette bonté voyons-nous autour de nous ?

- Puis-je croire que Dieu m’aime sans préalables et sans conditions ? Quelles seraient les conséquences de cette conviction pour ma vie ?

- Si j’ai reçu le baptême, que signifie-t-il pour moi ? Comment le voir non seulement comme un événement du passé mais comme une dimension permanente de mon existence ?




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MessageSujet: Re: Questions sur la Foi et la Bible   Sam 09 Fév 2019, 7:19 pm



2019

février

Citation :
Luc 4, 16-30 : Accomplissements inattendus

JESUS se rendit à Nazareth, où il avait été élevé. Le jour du sabbat, il entra dans la synagogue selon son habitude. Il se leva pour lire les Écritures et on lui remit le rouleau du livre du prophète Ésaïe. Il le déroula et trouva le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a consacré pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer la délivrance aux prisonniers et le don de la vue aux aveugles, pour libérer les opprimés, pour annoncer l’année où le Seigneur manifestera sa faveur. » Puis JESUS roula le livre, le rendit au serviteur et s’assit. Toutes les personnes présentes dans la synagogue fixaient les yeux sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Ce passage de l’Écriture est réalisé, aujourd’hui, pour vous qui m’écoutez. »

Tous exprimaient leur admiration à l’égard de JESUS et s’étonnaient des paroles merveilleuses qu’il prononçait. Ils disaient : « N’est-ce pas le fils de Joseph ? » JESUS leur déclara (…) : « Je vous le déclare, c’est la vérité : aucun prophète n’est bien reçu dans sa ville natale. De plus, je peux vous assurer qu’il y avait beaucoup de veuves en Israël à l’époque d’Élie, lorsque la pluie ne tomba pas durant trois ans et demi et qu’une grande famine sévit dans tout le pays. Pourtant Dieu n’envoya Élie chez aucune d’elles, mais seulement chez une veuve qui vivait à Sarepta, dans la région de Sidon. Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël à l’époque du prophète Élisée ; pourtant aucun d’eux ne fut guéri, mais seulement Naaman le Syrien. »

Tous, dans la synagogue, furent remplis de colère en entendant ces mots. Ils se levèrent, entraînèrent JESUS hors de la ville et le menèrent au sommet de la colline sur laquelle Nazareth était bâtie, afin de le précipiter dans le vide. Mais il passa au milieu d’eux et s’en alla. (Luc 4, 16-30)



Dans ce passage, JESUS, maintenant qu’il a commencé à accomplir l’appel de Dieu dans sa vie d’adulte, revient pour la première fois dans sa ville natale, vers ses racines, à Nazareth. Ce retour se produit au tout début de son ministère. JESUS est le Fils de Dieu, mais cela ne signifie pas qu’il apparaît soudainement comme un visiteur d’une autre planète. Il a une famille humaine, des amis, des voisins et une ville d’origine, avec leurs coutumes et leurs habitudes : JESUS ne rejette pas son propre passé.

Il se rend à la synagogue le jour du sabbat « selon son habitude ». Probablement la prédication n’y avait rien de très spécifique ; rien ne dit que la pastorale des jeunes y était excellente ou que la liturgie était particulièrement belle... Mais JESUS a gardé l’habitude d’assister au culte normal de la communauté croyante locale, aussi ordinaire qu’il soit.

Respectant le déroulement habituel du culte, JESUS lit la Bible à son tour. C’est ainsi qu’il choisit d’annoncer publiquement son message, pour la première fois. Il choisit de lire un texte biblique qu’il aimait et qui lui était sans doute familier. Par là il se place dans la tradition de son propre peuple.

Mais cette fois, quand il lit, tout est différent. « Toutes les personnes présentes dans la synagogue fixaient les yeux sur lui ». Et il annonce que s’accomplit concrètement, ici et maintenant, ce que tout le monde attendait plutôt comme un lointain espoir, comme un rêve : « Ce passage de l’Écriture est réalisé, aujourd’hui, pour vous qui m’écoutez. »

Deux réactions se succèdent assez rapidement. La première est faite d’émerveillement, de joie et d’admiration : « Tous exprimaient leur admiration à l’égard de JESUS ». Mais le ton de leur admiration se met à changer. « N’est-ce pas le fils de Joseph ? », se demandent certains. Nous ne savons pas très bien ce qui se cache derrière ces mots. Il se pourrait que certains d’entre eux aient pensé : « Alors, maintenant, nous avons un prophète dans notre ville. C’est notre prophète, le fils de Joseph : nous récolterons bientôt les bénéfices de la présence parmi nous de cette nouvelle célébrité. »

Mais JESUS ne se laisse jamais utiliser de cette manière. Il vient pour nous offrir la vie, la liberté et l’épanouissement, il ne deviendra jamais un moyen de réaliser des gains personnels ou d’accomplir nos propres projets.

JESUS rappelle aux gens que les grands prophètes n’ont pas été reconnus dans leur propre patrie et qu’ils ont accompli leurs gestes de libération les plus impressionnants en faveur d’étrangers. Cela, les gens ne peuvent pas le supporter : leur admiration se transforme en colère. Ils essaient de se débarrasser de JESUS en le jetant du haut de la falaise. Ce n’est pas très différent de ce qui se passera plus tard, lors de sa passion à Jérusalem.

Mais par un paradoxe étrange, le fait que JESUS soit rejeté est un signe de plus qu’il vient vraiment de Dieu. Car les grands prophètes de l’Ancien Testament ont également été rejetés : seuls les faux prophètes sont restés constamment populaires. La parole de Dieu et le Christ lui-même comblent les espérances et les attentes des gens. Mais l’accomplissement se fait de manière tout à fait inattendue. Les attentes sont satisfaites, mais en même temps contrariées, bouleversées, prolongées et approfondies. C’est inconfortable, voire douloureux, et certains le refusent. Mais c’est le chemin de Dieu.

JESUS est rejeté, il n’est pas compris. Mais « il passa au milieu d’eux et s’en alla ». Le rejet et l’hostilité ne peuvent pas l’arrêter. Tout comme plus tard, il deviendra clair qu’il ne sera pas arrêté même pas par la mort ...

- JESUS ne rejette ni ses racines ni son passé, il y trouve le point de départ de son propre cheminement de vie. Et moi ?

- Suis-je parfois tenté de vouloir utiliser la foi en Christ au service de mes propres projets ? Comment pourrais-je l’éviter ?

- Comment pourrais-je constater que le Christ renverse mes attentes et les accomplit de manière inattendue ? Ai-je déjà eu une telle expérience ?





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Questions sur la Foi et la Bible

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