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 Des Houris & des hommes.

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Wari
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MessageSujet: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedSam 06 Juin 2015, 12:25 am

Le Paradis, dont nous conviendrons tous qu’il est l’image hyperbolique de la réalité, serait-il réduit à de pauvres fantasmes ?
Ne serait-il que satisfaction jamais épuisée des sens et de la chair ?
Plus encore, serait-il l’expression infinie des déséquilibres et injustices d’ici-bas ?
Ferait-il de l’homme c’est éternel dominateur, et de la femme son éternelle soumise ?!
Les Houris esclaves sexuelles de ce viril au-delà ne seraient-elles que le reflet idéalisé de la condition des femmes ici-bas ! Si tel est le Paradis, alors c’est l’enfer !


Il ne s’agit point pour nous de grivoiserie exégétique, mais ces orientales gauloiseries traduisent de notre point de vue l’iniquité des croyances sociales et la connivence entre l’exégèse et les cultures des hommes.
Le Coran aurait-il vraiment magnifié la phallocratie ? Dieu serait-Il phallocrate ? Ou bien seraient-ce les interprétations de la Révélation qui témoigneraient de ce travers masculin ? S’agit-il d’un délire exégétique ou d’une réalité littérale imputable réellement au Coran ?

Ces questions ne sont en rien déplacées, mais s’inscrivent dans le droit fil de la série d’articles que nous avons publiée au sujet de l’égalité plénière et foncière entre l’homme et la femme selon le message coranique initial.

Ainsi, ce qui pourrait ne relever que de la psychologie, de l’ethnographie ou de l’étude de mœurs, nous permettra-t-il à nouveau de démystifier les herméneutiques, de démasquer les interprétations, car entre nous et le Coran s’interposent le corps exégétique et ses nombreux voiles. Enfin, précisons que l’ensemble de cette étude ciblée ne prendra pas en compte un autre aspect de la discussion : la signification coranique des concepts Paradis et Enfer.

Ensuite, comprendre le Coran est comprendre un texte, linguistiquement cette démarche repose sur trois questions simples, mais essentielles :
Like a Star @ heaven Quels sont les sens des mots ?
Like a Star @ heaven Quel est le sens des phrases impliquées ?
Like a Star @ heaven Quel est contextuellement le sens voulu ?


Concernant notre sujet :
Like a Star @ heaven Quel est le sens du mot Houri ?
Like a Star @ heaven Quel est le sens apparent des 4 versets concernés ?
Like a Star @ heaven Quelle signification coranique en déduire ?


Démarche cohérente qui, concernant le Coran, est rendue délicate du fait des fort nombreuses sur-constructions ou surinterprétations dont il est l’objet. Mais ce constat a de positif qu’il impose à qui veut comprendre le texte coranique de suivre des voies de démonstration rigoureuses.


1. Quel est le sens du mot Houri ?


Plus un terme est rendu évident par l’usage et moins il nous parait nécessaire d’en examiner le sens, la magie des cercles herméneutiques repose pour partie sur ce principe. D’une part, le mot houri est passé en français ce qui n’est pas sans favoriser une certaine confusion lexicale et, d’autre part, le terme arabe hûr est étymologiquement bien attesté, ce qui rend encore possible d’en explorer les sens.

Il dérive de la racine verbale hâr qui indique initialement l’idée de: revenir à l’origine. Mouvement de retour qui fut par suite lié à l’idée de pureté exactement comme l’idée de retour originel en français. De là, on qualifia ainsi un blanc pur, puis par extension l’action de blanchir par le lavage d’où le pluriel coranique hawâriyyûn qui signifie blanchisseurs ou lavandiers et qui dans le Coran désigne les disciples de JESUS, probablement du fait qu’ils pratiquèrent le baptême par immersion afin de purifier des péchés, en quelque sorte “blanchir les cœurs”.

Ainsi, hawar vint à désigner un œil parfaitement blanc et, par contraste, à l’iris noir profond, l’œil de la gazelle, mais le sens général de ce mot connote toujours la notion de pureté. La forme superlative ahwar qualifie donc celui ou celle qui aurait de tels yeux, ce que la culture arabe considère être un critère de beauté. Le terme coranique hûr est le pluriel de ahwar, pluriel mixte qui désigne aussi bien des femmes que des hommes aux beaux yeux noirs, métonymie signifiant donc qu’ils sont d’une beauté pure.
De plus, sur les quatre mentions du mot hûr dans le Coran, trois forment une expression composée : hûr ‘în, où le mot ‘în, pluriel de a‘yan et ‘aynâ’, qualifie déjà celui qui a une grande prunelle noire de telle sorte qu’en cette expression coranique le mot hûr connote préférentiellement la notion de pureté.

La traduction rigoureuse de l’expression hûr ‘în sera donc: des êtres purs aux yeux d’une grande beauté, et pour l’usage isolé de hûr en S55.V72 : des êtres purs.

Nous constaterons dès à présent que les traductions ou les images mentales que ce mot suscite en nos imaginaires telles que: vierges célestes ou vierges aux yeux noirs… sont largement surinterprétées.

De même, il est tout à fait incorrect d’user dans les traductions du Coran de la forme francisée houri puisque ce serait transformer à tort un adjectif coranique en un nom propre et que de plus la définition moyenne des dictionnaires en est : vierge céleste d’une grande beauté promise par le Coran aux fidèles dans le Paradis d’Allah.

Nous le verrons, en dehors même de cette mainmise exégétique lexicalement inacceptable, la réalité coranique est bien différente.

Par ailleurs, si le mot hûr est mixte, dans le Coran il concernera des êtres féminins. En effet, en sourate ar-Rahmân, après avoir expressément mentionné ce terme au v72, il est explicitement et littéralement précisé à leur sujet : « que n’ont déflorées auparavant [qabla-hum] ni homme ni djinn » v74, nous envisagerons plus avant la signification exacte de ce segment. S’agissant donc d’êtres féminins, il est ainsi tout à fait possible de traduire le mot hûr, lorsqu’il est à l’état isolé, par l’adjectif « Pures », nous lisons alors : « Parmi elles, de nobles élues de vertueuse beauté – Mais quel bienfait de votre Seigneur nierez-vous donc ; vous deux ! – des Pures [hûrun], retirées [6] sous les tentes. » S55.V72.

Ceci étant acquis, à moins que d’y projeter les histoires brodées par l’exégèse, le sens du mot hûr, Pures, ou par conséquent celui de l’expression hûr ‘în, pures aux yeux d’une grande beauté, ne nous indique pas la nature et la fonction de ces êtres féminins.
Pour les déterminer, deuxième étape, nous devons examiner les versets en faisant mention.


2. Quel est le sens apparent des versets concernés ?


Quatre versets mentionnent expressément les « houris » et fournissent les lignes de sens principales, nous les étudierons prioritairement. Quelques autres sont complémentaires, ils seront envisagés au point 3 de notre analyse.

Arrow  Les deux premiers délivrent une même information: « Ils seront accoudés sur des divans alignés et Nous les unirons [wa zawwajnâ-hum] à des Pures aux yeux d’une grande beauté [bi-hûri ‘în] » S52.V20, et: « Ils revêtiront des habits de fine soie et de brocart, se faisant face ; ainsi, et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté », S44.V54. Ces deux versets sont sans ambigüité à condition d’y bien comprendre le sens du verbe unir mis pour l’arabe zawwâja.

En effet, lorsqu’il est lié à la particule « bi », [bi-hûrin] ce verbe signifie uniquement joindre deux choses ou deux personnes pour en faire une paire, un couple. De fait, le verbe zawwâja prend le sens de accoupler par le mariage seulement lorsqu’il est employé avec la préposition « min », l’on imaginerait l’incongruité de la chose puisque Dieu est ici le sujet du verbe zawwâja ! Aussi, en cette scène deux fois répétée, les « houris » ne sont-elles que les compagnes des hôtes du Paradis et, plus encore, le verbe zawwâja suppose qu’elles sont leurs équivalents ou symétriques, c'est-à-dire elles aussi les hôtes du Paradis et non pas des créatures paradisiaques.
En conséquence, rien n’indique présentement qu’elles soient à la mâle disposition des élus.

Le troisième verset est repéré en sourate « ar-Rahmân », les « houris » y apparaissent isolées en leur superbe pureté : « Parmi elles, de nobles élues de vertueuse beauté […] des Pures [hûrun], retirées sous les tentes. », S55.V70-72.
Le terme « élues », khayrât, attire notre attention, car ce pluriel est ici souvent traduit par vertueuses ou bonnes, mais s’agissant de qualifier une créature du Paradis, soit cela ne fait pas sens – le Paradis n’étant pas censé receler des êtres impurs et/ou mauvais – soit il s’agit d’un truisme ! Or, la racine khara d’où dérive l’adjectif khayr [khayrât en est le féminin pluriel] signifie obtenir ce qui est bon, favorable, mais aussi surpasser en qualité, choisir ce qui est de meilleur. Par ailleurs, l’Arabe utilise l’adjectif khayr en lieu et place du superlatif akhyar, de telle sorte qu’il n’y a aucune difficulté à comprendre que par khayrât l’on puisse désigner les femmes élues du Paradis, d’où notre : « élues ».

Le Coran fournit la preuve formelle de cette compréhension, puisque le v70 : « Parmi elles, de nobles élues de vertueuse beauté » commence par « Parmi elles [fî-hinna]», indication précieuse que les commentateurs et les traductions à leur suite occultent plus ou moins efficacement.
En effet, fî-hinna signifie littéralement « en [fî] elles [hinna] », c'est-à-dire « parmi elles », le pronom hinna qualifiant préférentiellement le féminin pluriel d’êtres vivants. Mais, la tradition exégétique a préféré considérer que ce pronom se référait aux « jardins », d’où par exemple la traduction explicitée de M. Chiadmi : « Deux Jardins habités par des houris aussi belles que vertueuses », traduction aussi aventureuse qu’éloignée du texte arabe.

Si, en théorie, en arabe ancien le pronom hinna/hunna peut être en lien avec un pluriel de choses et non pas d’êtres vivants, comme le Coran en témoigne par exemple en S5.V120 ou S17.V44, dans le contexte de cette sourate ceci est impossible, quoique l’exégèse ait voulu le contraire.
Tout d’abord, il est y fait mention avec constance de « deux jardins », jannatân, cas duel, et non pas « de jardins » au pluriel, jannât, or le pronom du cas duel est humâ/himâ et non pas hinna/hunna. De plus, et ceci achève de lever toute ambiguïté grammaticale, en ce passage coranique il est constamment usé du pronom du duel lorsqu’il s’agit de désigner ce que contiennent les « deux jardins », ex : « En lesquels [fî-himâ] coulent deux sources jaillissantes », v66 ; « En lesquels [fî-himâ] il y a des fruits, des palmiers et des grenadiers », v68, etc. et lorsqu’il est fait référence aux « houris » il est employé fî-hinna et non plus fî-himâ, et ce, à deux reprises, v70 et v56.
Cette rigueur de construction indique clairement que ce pronom affère ici des personnes et non des objets, il n’y a donc qu’une seule signification possible pour notre complexe pronominal et nous lisons : « Parmi elles [fî-hinna] de nobles élues… », v70, et « Parmi elles [fî-hinna] celles aux chastes regards… », v56.

Le sens est donc très différent de ce que la volonté exégétique classique impose, puisque ces deux versets nous enseignent que parmi des femmes du Paradis certaines sont ainsi hautement distinguées. Qui sont-elles ?


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MessageSujet: Re: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedSam 06 Juin 2015, 12:53 am

Le Coran le spécifie et, en cette même sourate 55, il est dit au sujet de ces élues : « La récompense de la vertu [al ihsân] n’est-elle pas la perfection [al ihsân] ? » v60.
Les traductions données de ce bref mais flamboyant verset sont assez pauvres, puisque bloquées par l’idée exégétique d’une prime à la houri pour les heureux mâles élu au Paradis. Il est généralement lu : « le bien [al ihsân] n’est-il pas la récompense du bien [al ihsân] ? », ce qui signifierait que les houris, alors bien de consommation s’il en est, serait de facto la récompense des hommes de bien.

Mais, puisqu’il vient d’être dit que « parmi elles », c'est-à-dire les femmes admises aux Paradis, il y avait des élues élevées au rang de Houris, alors, logiquement, ce verset les concerne et donne la raison expliquant cette élection. Par ailleurs, les sens du mot ihsân sont connus : bien, bonté, mais aussi excellence, perfection, beauté morale.

Ainsi est-il dit que la récompense pour les femmes les plus vertueuses d’ici-bas sera d’être élevées au rang de houris au Paradis, c'est-à-dire de « Pures », ce que notre traduction mettait exactement en lumière : « Parmi elles [les femmes du Paradis] celles aux chastes regards […] Parmi elles, de nobles élues […] La récompense de la vertu [al ihsân] n’est-elle pas l’excellence [al ihsân] ? »
L’indication est précieuse : les Houris sont des élues femmes du Paradis au même titre que certains hommes, c'est-à-dire en fonction de l’élévation réelle de leur piété.

En fonction de l’analyse convergente de ces versets clefs, il apparait donc que par le mot hûr, les Pures, le Coran ne désigne pas une catégorie de créatures paradisiaques, mais qualifie celles qui parmi les femmes vertueuses entrées au Paradis appartiennent à une certaine élite.

Ainsi, les retrouvons-nous en compagnie de leurs alter ego de la gent masculine en S56, sourate considérée comme explicitant sourate « ar-Rahmân » : « Ceux-là sont les Rapprochés [al muqarrabûn], aux jardins de la Félicité, […] sur des divans tressés, accoudés, se faisant face […] Et [là seront] des Pures aux yeux d’une grande beauté [hûrun ‘în]. » S56.V11-22.
L’image est bien la même qu’en : « Ils seront accoudés sur des divans alignés et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S52.V20, et « Ils revêtiront des habits de fine soie et de brocart, se faisant face ; ainsi, et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S44.V54, versets que nous avons précédemment expliqués.
Face à face, unis par paires, il est clair que les Pures sont l’équivalent féminin des Rapprochés, al muqarrabûn.

Le quatrième et dernier verset mentionnant les « Houris » est une des clefs de la fiction exégétique permettant de transmuter les plus vertueuses des femmes admises au Paradis en créatures libidinales de luxe made in paradise. Nous venons de citer partiellement un passage de S56, nous le reprenons in extenso selon une ligne de traduction moyenne : « Parmi eux [les rapprochés] circuleront des garçons éternels avec des coupes, des aiguières, et des verres d’une limpide boisson dont ils ne seront ni indisposés ni enivrés. De même [ils circuleront] avec des fruits qu’ils choisiront et de la chair d’oiseaux qu’ils désireront. Et “ils auront” des houris aux grands yeux telles des perles cachées en récompense de ce qu’ils œuvrèrent. » S56.V17-24.

Ce type de traduction standardisée reflète parfaitement ce que l’exégèse a voulu : « Et ils auront des Houris aux grands yeux telles des perles cachées en récompense de ce qu’ils œuvrèrent. » Le message serait explicite, et parmi les plaisirs paradisiaques proposés à la consommation, les heureux élus se verraient offrir des Houris, il serait de plus précisé qu’il s’agira là d’une récompense, une prime à la vertu en quelque sorte. Si tel était le propos coranique, nous devrions nous incliner et accepter l’offre, contraints à trouver des échappatoires symboliques si cet état de fornication édénique ne correspondait pas à nos attentes spirituelles.

Arrow En réalité, le Coran est ici finement dévié. Comme bien souvent, la démonstration, quoique grammaticale, est assez simple si l’on veut bien lire le texte pour ce qu’il dit et non pour ce que nous pensons qu’il devrait dire. En introduction de ce passage nous lisons donc : « circuleront des garçons éternels avec des coupes… » le « avec » traduisant ici la préposition « bi » de bi-akwâbin : avec des coupes.
L’emploi de cette préposition « bi » impose que tous les termes qui seront sous sa dépendance grammaticale soient marqués par la désinence « in », ex : akwâbin. Nous retrouvons logiquement ce fait grammatical concernant tout ce que ces serviteurs offrent aux élus : ka’sin, verres, fâkihatin, fruits, lahmi tayrin, chair d’oiseaux, et si les « houris » faisaient partie de cette liste nous devrions lire : wa hûrin ‘înin, ce qui signifierait bien alors : « et ils auront des houris aux grands yeux ». Or, le texte coranique exact est : wa hûrun ‘înun, et l’absence de la désinence « in » indique donc formellement que les « houris » ne font pas partie des biens proposés aux élus. Par contre, la présence de la marque du cas sujet « un » [hûrun ‘înun] signale que débute là une phrase incidente dont le sens est mot-à-mot le suivant : « et des “houris” aux grands yeux », ce qui se comprend comme signifiant : « et [là seront] des “houris” aux grands yeux », c'est-à-dire qu’à l’instar des Rapprochés mentionnés au vs 11-12 de cette même sourate elles bénéficieront elles aussi de ce festin de Dieu.

Reprenant notre traduction plus précise du terme hûr, ce passage se comprend et se traduit alors comme suit : « Ceux-là sont les Rapprochés, aux jardins de la Félicité. Parmi eux circuleront des garçons éternels avec des coupes, des aiguières […] Et [là seront] des Pures aux yeux d’une grande beauté. »

Rien ne permet donc littéralement de valider le viril projet exégétique classiquement imposé au texte coranique. Le propos du Coran est très précisément et exclusivement de signifier que les pieux parmi les croyants, hommes et femmes, bénéficieront les uns comme les autres de la même félicité.

L’on pourrait vouloir nous opposer que le Coran précise pourtant que les « houris » sont la récompense des croyants puisque ce même passage le mentionne explicitement : « des houris aux grands yeux telles des perles cachées en récompense de ce qu’ils œuvrèrent » v24.

Nonobstant qu’il faille être nanti d’une mentalité culturelle assez archaïque pour ainsi considérer la chose, nous venons de démontrer qu’il était parfaitement erroné d’affirmer que les « houris » appartenaient à la liste des biens de consommation proposés par les serviteurs du Paradis.

C’est donc que ne sont donné en récompense que l’ensemble des biens distribués précédemment par les serviteurs édéniques, soit : « circuleront des garçons éternels avec des coupes, des aiguières, et des verres d’une limpide boisson dont ils ne seront ni indisposés ni enivrés. De même des fruits qu’ils choisiront et de la chair d’oiseaux qu’ils désireront » et ceci sera offert aussi bien aux vertueux qu’aux vertueuses, les « Pures aux yeux d’une grande beauté ».

Like a Star @ heaven Au final, ce premier volet d’étude aura permis de déterminer le sens du terme-clef « hûri ».
Cet adjectif n’est pas le nom propre de créatures célestes promises au dépucelage éternel, mais il signifie « Pures », et le syntagme hûrun ‘în se traduira par : Pures aux yeux d’une grande beauté.
Par ailleurs, l’analyse littérale des quatre versets centraux aura montré que par le terme-concept hûri il était fait allusion à une élite parmi les croyantes, élite dont le statut spirituel sera particulièrement élevé au Paradis, nous le confirmerons au deuxième volet.

Conséquemment, l’existence d’une catégorie de créatures particulières mises à disposition des hôtes du Paradis : « les Houris », relève ni plus ni moins du phantasme exégétique. Comment en ces conditions littérales comprendre que l’on ait pu dégrader les saintes élues du Paradis au rang de onsen geishas délurées ?! Nous décrypterons cela au prochain article.
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MessageSujet: Re: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedSam 06 Juin 2015, 1:04 am

@Wari a écrit:
L’indication est précieuse : les Houris sont des élues femmes du Paradis au même titre que certains hommes, c'est-à-dire en fonction de l’élévation réelle de leur piété.

A quoi sert d'être une femme ou un homme au Paradis céleste ...?
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MessageSujet: Re: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedSam 06 Juin 2015, 1:34 am

Nous avons précédemment exprimé notre étonnement et notre inquiétude: Comment, à notre époque, des hommes, mais aussi parfois des femmes, a priori sains d’esprit et de corps peuvent-ils imaginer que le Paradis que tant ils désirent – comme l’espérance d’une existence infiniment pure et absolument juste, à l’image du dieu qu’ils vénèrent – puisse être le lieu d’une jouissance sexuelle assouvie complaisamment ?
Comment au nom de Dieu légaliser de tels délires sur le compte de créatures célestes qui ne seraient que la supra-image d’une femme parfaitement soumise aux fantasmes des hommes, un objet créé pour leur unique plaisir ? Comment supposer que le paradis de Dieu soit le reflet de la vision phallocrate et sexiste de ce bas-monde ?
Comment concevoir que la condition féminine volée ici-bas soit violée en l’Autre-monde ?
Et, nous l’avions déjà clamé : « Si tel est le Paradis, alors c’est l’Enfer ! »


Pour autant, nous ne portons pas là, bien évidemment un jugement. Nous savons pertinemment que la problématique est d’ordre exégétique, que l’on en est conscience ou non. De fait, le croyant met toute sa foi à tendre vers les objectifs coraniques, il est ainsi terriblement dépendant du sens de la Révélation.
Or, ce sens ne nous est la plupart du temps délivré que par l’intermédiaire de ce que nous avons acquis, ce qui nous a construits. Se referme alors sur nous le cercle herméneutique qui, si l’on n’y prête garde, peut se révéler être le piège de notre raison ou pour le moins un obstacle à notre perception du sens réel du Coran.
Bien sûr, ce clair-obscur peut être appelé lumière pour qui mêlera foi et fidéisme et préférera se conformer à la sainte parole de ces pieux prédécesseurs, en ce cas la certitude et la conviction sont maximales et le doute de la raison n’a pas ici sa place. Pour qui ne sait pas, mais cherche à savoir, nous proposons de poursuivre plus avant notre exploration coranique.

Méthodologiquement, nous avions indiqué lors du premier article que l’analyse littérale d’une thématique liée au texte du Coran reposait sur une approche en trois étapes :
Like a Star @ heaven Quels sont les sens des mots ?
Like a Star @ heaven Quel est le sens des phrases impliquées ?
Like a Star @ heaven Quel est contextuellement le sens voulu ?


Concernant notre sujet :
Like a Star @ heaven  Quel est le sens du mot Houri ?
Like a Star @ heaven  Quel est le sens apparent des 4 versets concernés ?
Like a Star @ heaven  Quelle signification coranique en déduire ?


Au volet 1, la conduite de la première étape aura permis de déterminer le sens du terme-clef « hûri ». Nous aurons mis en évidence que cet adjectif n’était pas le nom propre de créatures célestes promises au dépucelage éternel, mais qu’il signifiait « Pures », ainsi le syntagme hûrun ‘în se traduit-il rigoureusement par : Pures aux yeux d’une grande beauté. Concernant la deuxième phase, l’analyse littérale des quatre versets centraux aura montré que par le terme-concept hûri il était fait allusion à une élite parmi les croyantes, élite dont le statut spirituel correspond à une situation particulièrement élevée au Paradis. Conséquemment, nous avions posé que l’existence d’une catégorie de créatures particulières mises à disposition des hôtes du Paradis, les par trop fameuses « Houris », ne relevait que du phantasme exégétique.

Nous pouvons à présent aborder la dernière phase d’analyse.


3. Quelle signification coranique en déduire ?


Cette troisième et ultime étape suppose que toute herméneutique est par définition circulaire : il faut connaître le tout pour comprendre les parties et comprendre les parties pour connaitre le tout. Dès lors que l’analyse des versets retenus a priori en fonction de mots-clefs a fourni du sens il est nécessaire de vérifier si cette ou ces lignes de sens sont cohérentes sur l’ensemble du Coran.
En d’autres termes, peuvent-elles être confirmées ou au contraire infirmées ? Cette démarche amène donc à étudier le Hadith puisque ces textes censés éclairer pour nous le sens du Coran, bien souvent s’y opposent ; de même, ils constituent régulièrement un efficace bouclier brandi contre la raison critique.

Arrow  Aussi, devons-nous prendre en compte le passage faisant suite aux versets de S56 que nous avons d’analyser et qui semblerait s’opposer, d’après le sens que les conventions et traditions exégétiques lui confèrent, à nos résultats. Il concerne une catégorie d’élus dits Gens de la droite, ashâbu–l–yamîn, ou Gens de rectitude dont il est dit qu’ils reposeront sous « des ombrages étendus », v30, et disposeront « d’eau vive, de fruits abondants », v31-32, et seront installés « sur des lits surélevés », v34. Puis il est dit : « Certes, Nous les avons faites en perfection, vierges [abkâran], gracieuses [‘uruban], d’un âge égal [atrâban], [ceci] pour les Gens de la droite. » v35-38. En ces quelques mots se trouve concentré le concept surréel des « vierges paradisiaques ».

Bien qu’elles ne soient pas explicitement mentionnées dans le texte, nous pouvons comprendre qu’il s’agit bien là de la description des « houris » par symétrie avec le passage antérieur, S56.V22-24, et symétrie globale avec S55. Le segment-clef en est : « pour les Gens de la droite », verset que l’exégèse reprend à nouveau pour indiquer que ces vierges sont en quelque sorte en libre-service. Si l’on délaisse cette surinterprétation non étayée, il est simple ici de redresser le sens : puisque le passage relatif aux « Gens de la droite » est manifestement le symétrique de celui consacré aux « Rapprochés », S56-V11-24, il exprime donc un propos qui ne peut être sur le fond qu’à l’identique.

Or, comme nous avons rigoureusement démontré précédemment que ces Dames du Paradis n’étaient la propriété de personne à moins de manipuler le texte, c’est donc bien que nous devons entendre le segment « pour les Gens de la droite » comme ne qualifiant pas un quelconque rapport de possession d’une chose matérielle.

De plus, en cette démonstration nous avions mis en évidence la rupture grammaticale et syntaxique prouvant que les « houris » ne font pas partie de la liste des biens proposés aux bienheureux, mais, qu’au contraire, il était indiqué qu’elles en étaient elles aussi les bénéficiaires. Il en est donc de même en ce passage symétrique, et tout ce qui est attribué aux Gens de la droite l’est aussi à ces femmes ressuscitées au Paradis en l’état de perfection dit de hûri, c'est-à-dire de Pures. Ainsi, tout comme les « Houris » étaient des femmes vertueuses admises au degré des « Rapprochés », elles seront aussi élues au rang des Gens de la droite ou Gens de rectitude.

Telle est l’égalité, la justice et l’élévation du propos coranique.


Arrow  Reste que la mention de jeunes beautés vierges suscita de troubles appétits. Or, même si les termes choisis correspondent à l’évocation du canon féminin selon les hommes de l’époque, ils ne sont – dès lors que l’on est en mesure de détourner l’impudique regard exégétique classique et de lire le propos coranique pour ce qu’il est – que l’expression d’une idée fort commune à toutes les descriptions du Paradis : son aspect immuable.
Le fait est incontestable et bien connu, tous les éléments de l’univers paradisiaque sont constants et impérissables, les fleuves de miel et de lait, les mets servis, la fraîcheur, le verdoiement, l’eau, les boissons, les postures même des personnages, une félicité sans altération, hors temps. La beauté jamais flétrie et éternellement jeune des Pures du Paradis s’entend en ce contexte-là !


Arrow  Ainsi, les « Houris » sont-elles à l’image du Paradis d’une pureté inaltérable, et donc en ce sens éternellement “vierge”. Ceci, en soi, suffit à invalider l’idée que ces Pures du Paradis puissent être déflorées ! Ceci, de même, permet de comprendre à sa juste valeur le propos coranique, bien au-dessus des intentions de certains !

L’exégèse étant le fruit que l’homme greffe à l’arbre du Coran, il aura fallu imaginer un stratagème pour contourner l’impossibilité ontologique dictée par ces versets. L’on produisit donc quelques hadîths nous expliquant en substance que : « à chaque relation charnelle la houri est toujours vierge et ne se plaint pas de ces rapports, l’homme quant à lui demeure en érection et ne connaît pas d'éjaculation… »
Fort heureusement, nous n’aurons pas à imputer au Prophète un tel déni du Coran et une pareille vulgarité, ces hadîths étant tous classifiés faibles, da‘îf. Nous avons vu que le Coran, et cela est cohérent, s’il parle de la situation des hommes et des femmes ne fait pas mention de rapports sexuels au Paradis, ce qui est dit est explicite : « Ils seront accoudés sur des divans alignés et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S52.V20, « Ils revêtiront des habits de fine soie et de brocart, se faisant face ; ainsi, et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S44.V54. Nous avons montré que l’union est ici un appariement et non un rapprochement sexuel ! Dieu serait-Il l’entremetteur de nos pulsions ?!

De fait, cette négation coranique a été toujours perçue comme une entrave à la volonté exégétique des mâles interprètes, aussi fournit-on un hadîth qui, à contre-Coran, soutient le contraire : « L’homme aura au Paradis la puissance sexuelle de cent hommes ». Ce hadîth, rapporté uniquement par at-Tirmidhy, est dit par lui seul sahîh, mais il est gharîb, isolé ou étrange, c'est-à-dire sans aucune possibilité d’identification croisée réelle. En dehors même de cet aspect technique, que vaut un hadîth face au Coran en son sens obvie ? Encore une fois, comme supposer que le Prophète ait dévié du sens coranique ? !

Signalons qu’il est très souvent fait référence en les innombrables articles internet consacrés au thème fort prisé des houris à un hadîth rapporté par al Bukhârî et mentionné dans les termes suivants : « Au sujet des mots du Coran « des houris cloitrées dans leurs tentes » Qays a relaté que le Messager de Dieu a dit : « Il y a au Paradis une tente faite d’une seule perle creusée et de soixante milles de largeur. A chacun de ses coins il y aura des femmes (les houris) qui ne verront pas celles des autres coins et les croyants les visiteront et jouiront d’elles. »

L’argument est aussi explicite qu’imparable, si vous aviez un doute le voici balayé : les houris vous attendent. Sauf que ce hadîth n’existe tout bonnement pas ! Nous en trouvons quatre versions chez al Bukhârî et deux chez Muslim, toutes sont rapportées du même Abdullâh ibn Qays, mais aucune n’est en ces termes, aucune ne mentionne les houris et aucune ne dit que les hommes jouiront d’elles ! La version complète rapportée par al Bukhârî en tant que commentaire de S55.V72 dit exactement : « Il y aura au Paradis une tente faite d’une perle creusée de soixante milles de largeur. A chacune de ses extrémités, il y a des gens (ahl) qui ne pourront voir les autres. Les croyants s’y promèneront. Il y aura deux jardins aux ustensiles d’argent et deux autres jardins à l’identique. Et entre les gens (qawm) et la vision de leur Seigneur, il n’y aura qu’un voile de majesté sur Sa face au Jardin d’Éden. »
L’on a donc ajouté en ces versions les houris et, plus encore, la mention au sujet de la vision de Dieu, summum de la béatitude paradisiaque, a été remplacée par une promesse de jouissance sexuelle ! En soi, tout est dit des intentions de chacun.

Ceci étant, attention à ne pas nous laisser prendre aux filets de la Toile, l’araignée pourrait s’avérer venimeuse. Si l’avènement de l’informatique a effectivement démocratisé l’accès à la connaissance, il convient de rester prudent face à l’abondante redondance de l’offre, car ce même outil favorise aussi le développement de la science ignorante, celle du copié/collé et de la “science” à moindre effort. Sous un autre aspect, nous voyons naître chaque jour sous nos yeux ébahis une nouvelle forme de Hadîth apocryphe, ce qui au demeurant peut nous aider à comprendre les conditions d’apparition de la masse du Hadîth entre le IIe et le IIIe siècle de l’Hégire. De plus, et pour les mêmes raisons, cette dérégulation assez frénétique du savoir, qui pourrait être un formidable atout, se traduit actuellement par le développement d’un néo-islam, web-islam antérograde puisque dominé par les forces du petro-islam hanbalo-wahhabite des plus archaïques monarchies du monde.

Arrow  Mais, nous dirions-nous en un ultime espoir de sauver la projection de toutes ces frustrations, le Coran n’a-t-il pas dit que les Houris seront déflorées au Paradis ? Effectivement, il y est dit à deux reprises au sujet des « houris » : « Des Pures [hûrun], retirées sous les tentes […] que n’ont déflorées auparavant [qabla-hum] ni homme ni djinn. » S55.V72-74.
Les traductions standardisées proposent un : « que n’ont déflorées avant eux aucun homme ou djinn. » En ce cas, l’affaire est claire, les houris seront dépucelées en primeur par les hôtes du Paradis. Encore une fois, si le texte du Coran subsiste, sa lecture, totalement sous la dépendance de l’exégèse, nous pose problème.

En effet, le sens a été ici dévié à partir d’un “mésusage” de la locution adverbiale qabla-hum. Sur les 15 occurrences coraniques de cette locution, elle indique à 13 reprises qu’un temps ancien est révolu, ce qui en français a pour équivalent : auparavant, jadis. Ex : « Combien avons-Nous anéanti auparavant [qabla-hum] de générations ! Perçois-tu d’eux un seul être ? Entends-tu le moindre murmure ?! » S19.V98.
Les deux autres occurrences sont celles de S55 relatives à nos houris. Il est donc ici confondu l’usage coranique de la locution adverbiale qabla-hum avec celui du complexe prépositionnel min qabli-him qui signifie effectivement avant eux.

Par conséquent, l’emploi adverbial de qabla-hum en ces deux versets indique que par : « des Pures [hûrun], retirées sous les tentes […] que n’ont déflorées auparavant [qabla-hum] ni homme ni djinn » nous devons comprendre que l’état de virginité de ces Pures est hors du temps, absolu et infrangible, et que nul, ni homme ni djinn, ne l’altérera ; une métaphore de la perfection virginale conforme à l’aspect immuable du Paradis selon les descriptions coraniques, ici l’image de la pureté. Notons, pour l’anecdote, que le grand exégète ar-Râzî avait vu que le segment « retirées sous les tentes » rendait de plus impossible que les « houris » fussent accessibles à nos désirs, il imagina donc un stratagème.

Arrow  Nous aurons donc compris que le propos du Coran consiste à définir l’état de perfection et de pureté d’une élite féminine parmi les élus du Paradis. Nous avons montré en la partie1/2 qu’il s’agissait bien là du statut des femmes les plus vertueuses d’ici-bas. Ceci est explicite en deux versets fort connus, v56 et v70 de sourate « ar-Rahmân », que nous avons analysés et que l’on peut ainsi commenter : « Parmi elles, [les femmes qui seront admises au Paradis, il y aura] celles aux chastes regards [dites hûr, c'est-à-dire Pures] » et « Parmi elles [idem] de nobles élues [les hûr]. »
Il n’y a ainsi aucune réalité textuelle et littérale au délire fantasmatique ayant transformé l’élite sainte de la gent féminine du Paradis en victime d’une oblation phallique délirante. Il n’y a donc pas de Houris au Paradis, ce qui n’était qu’un adjectif qualificatif indiquant la pureté a été improprement réduit à un nom commun, dérive linguistique commune traduisant un abus de sens et dissimulant un abus des sens. N’eussent été les voiles de l’exégèse, nous aurions pu identifier aisément ces Pures, ces saintes parmi les saintes.

Arrow Au final, le Coran ne qualifie donc pas de « hûri », Pures aux yeux d’une grande beauté, des créatures de jouissances, mais des femmes récompensées par Dieu pour leur piété ici-bas, en cela elles ne différent des autres femmes admises au Paradis que par leur élévation spirituelle particulière.

Nous lisons en la première description donnée du Paradis dans l’ordre du Livre : “ Et fais belle annonce à ceux qui croient et œuvrent en bien : ils auront des jardins au pied desquels coulent les ruisseaux. Toutes les fois où il leur sera octroyé des fruits comme subsistance, ils diront : « Voilà ce que l’on nous attribuait autrefois », mais ce qu’ils recevront n’en aura que l’apparence. Ils auront là pures compagnies [6] [azwâjun mutahharatun] et ils y séjourneront éternellement.” S2.V25 idem en S3.V15 et S4.V57.
Dans le Coran, l’adjectif mutahharah ne signifie pas purifiées, mais pures, puisqu’affirmer qu’elles auraient été purifiées aurait supposé que les femmes fussent auparavant impures !
Cependant, le qualificatif hûr est plus intense que mutahharah et si ce dernier est appliqué à toutes les femmes du Paradis, hûr, nous l’avons vu, ne concerne qu’une élite parmi elles : « Parmi elles, de nobles élues de vertueuse beauté […] des Pures [hûrun], retirées sous les tentes. », S55.V70-72. Ceci étant, elles sont toutes des croyantes dont la piété aura permis qu’elles accèdent au Paradis. En ce sens, l’Autre-monde est le reflet de la vie pieuse en ce bas-monde : « Ils entreront aux jardins d’Éden ainsi que ceux qui furent vertueux parmi leurs ancêtres, leurs conjoints et leurs descendants ; les Anges les accueilleront à toutes les portes. » S13.V23. Les couples vertueux se retrouveront donc en l’Au-delà : « Ce jour, les Hôtes du Paradis seront en occupation, béats, eux et leurs “compagnes”,[9] sous les ombrages, accoudés sur des lits de repos ». S36.V55-56.
Nous avons vu qu’il en était de même pour les Pures, les hûr : « Ils seront accoudés sur des divans alignés et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S52.V20 ; « Ils revêtiront des habits de fine soie et de brocart, se faisant face ; ainsi, et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S44.V54.

Pure félicité paradisiaque, immuable, parfaite, inaccessible aux sens et à la raison. Dès lors, il apparaît évident que la seule différence entre les femmes élues au Paradis et les femmes élevées au rang de « houris » est affaire de degré tout comme il existe des degrés spirituels au Paradis, une hiérarchie de la béatitude, si ce concept peut réellement faire sens pour notre entendement.

Arrow  Des « Houris & des hommes » illustre parfaitement la main mise exégétique sur le Texte sacré et le pouvoir de sens qu’elle exerce sur les lecteurs du Coran. L’emprise est forte et elle impose une lecture paraissant a priori insurpassable, le respect voué aux autorités de l’interprétation scellant l’esprit critique de la majorité.

L’analyse littérale des versets impliqués aura mis en évidence la cohérence du Coran qui à aucun moment ne se départit de l’égalité de considération entre les hommes et les femmes comme nous l’avons établi au cours d’une série d’articles précédents [cf. Des houris & des hommes » Partie 1 : note 1].

Le Coran n’est ni patriarcal, ni misogyne, ni phallocrate ou sexiste, il ne prône pas une inégalité foncière entre les genres qui ferait de la femme un être de deuxième zone.
Ce sont les hommes qui ont imposé au Coran cette lecture en interprétant et surinterprétant la totalité des matériaux disponibles. Cela est particulièrement vrai concernant la condition féminine qui, une fois lue au travers du prisme de l’exégèse des hommes d’une certaine époque et culture, se révèle être très éloignée de l’idéal égalitaire réellement prôné par le Coran.

Lorsque nous disons le Coran, nous entendons bien par là qu’il s’agit de l’expression de la volonté divine, dès lors, l’on comprend aisément que ce texte, comme tous les textes dits sacrés, ait pu être l’objet de toutes les convoitises depuis près de 14 siècles. L’exégèse au service de la volonté des hommes s’est donc emparé de la Révélation et en a asservi le sens en fonction de leurs intérêts, lesquels relèvent tout autant de l’histoire que de certains types de culture.

Ce n’est point en soi une critique que nous émettons, mais le simple constat sémantique que tout texte est soumis à cette règle, les textes fondateurs de religion toutefois bien plus que d’autres. Il ne s’agit donc pas pour nous de vouloir reproduire les erreurs du passé en produisant comme solution à l’inadéquation de l’exégèse classique et des réalités des musulmans actuels une multième interprétation que l’on qualifierait alors de moderne ou de contemporaine.

Nous nous en sommes à plusieurs reprises expliqué, nous proposons seulement à ceux qui s’interrogent, et en toute modestie, une méthodologie de lecture destinée à précisément court-circuiter les modalités d’interprétation qui nous animent, qu’elles soient héritées ou personnelles. Cette ascèse intellectuelle, ce retour à la source du Livre, nous semble être une voie permettant d’accéder au delà des pesanteurs de l’histoire exégétique au sens premier du Coran, le Message initial.

Espoir sans doute idéaliste, mais, et telle est notre foi, Message éternel et universel qui, une fois entendu, nous permet nécessairement d’être en phase avec l’humanité et l’humanisme.


Dr. Moreno Al Ajamî.

http://www.lescahiersdelislam.fr/Des-Houris-des-hommes-1-2_a326.html
http://www.lescahiersdelislam.fr/Des-Houris-des-hommes-2-2_a334.html
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MessageSujet: Re: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedSam 06 Juin 2015, 1:37 am

@Attila a écrit:
@Wari a écrit:
L’indication est précieuse : les Houris sont des élues femmes du Paradis au même titre que certains hommes, c'est-à-dire en fonction de l’élévation réelle de leur piété.

A quoi sert d'être une femme ou un homme au Paradis céleste ...?

Arrow
@Nicodème a écrit:
Bonsoir à tous,

je vous rappelle que certaines partis du forum " sections enseignements " ne sont là que pour apprendre et non pour débattre. Si un sujet qui ce trouve dans une telle section vous intéresse pour débattre, merci d'en faire un copié/collé et de la mettre dans la section "débats".

Merci à tous de contribuer à ceci.
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MessageSujet: Re: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedSam 06 Juin 2015, 5:51 am

REPLIQUE INTELLIGENTE :




@Wari a écrit:
Nous avons précédemment exprimé notre étonnement et notre inquiétude: Comment, à notre époque, des hommes, mais aussi parfois des femmes, a priori sains d’esprit et de corps peuvent-ils imaginer que le Paradis que tant ils désirent – comme l’espérance d’une existence infiniment pure et absolument juste, à l’image du dieu qu’ils vénèrent – puisse être le lieu d’une jouissance sexuelle assouvie complaisamment ?
Comment au nom de Dieu légaliser de tels délires sur le compte de créatures célestes qui ne seraient que la supra-image d’une femme parfaitement soumise aux fantasmes des hommes, un objet créé pour leur unique plaisir ? Comment supposer que le paradis de Dieu soit le reflet de la vision phallocrate et sexiste de ce bas-monde ?
Comment concevoir que la condition féminine volée ici-bas soit violée en l’Autre-monde ?
Et, nous l’avions déjà clamé : « Si tel est le Paradis, alors c’est l’Enfer ! »


Pour autant, nous ne portons pas là, bien évidemment un jugement. Nous savons pertinemment que la problématique est d’ordre exégétique, que l’on en est conscience ou non. De fait, le croyant met toute sa foi à tendre vers les objectifs coraniques, il est ainsi terriblement dépendant du sens de la Révélation.
Or, ce sens ne nous est la plupart du temps délivré que par l’intermédiaire de ce que nous avons acquis, ce qui nous a construits. Se referme alors sur nous le cercle herméneutique qui, si l’on n’y prête garde, peut se révéler être le piège de notre raison ou pour le moins un obstacle à notre perception du sens réel du Coran.
Bien sûr, ce clair-obscur peut être appelé lumière pour qui mêlera foi et fidéisme et préférera se conformer à la sainte parole de ces pieux prédécesseurs, en ce cas la certitude et la conviction sont maximales et le doute de la raison n’a pas ici sa place. Pour qui ne sait pas, mais cherche à savoir, nous proposons de poursuivre plus avant notre exploration coranique.

Méthodologiquement, nous avions indiqué lors du premier article que l’analyse littérale d’une thématique liée au texte du Coran reposait sur une approche en trois étapes :
Like a Star @ heaven Quels sont les sens des mots ?
Like a Star @ heaven Quel est le sens des phrases impliquées ?
Like a Star @ heaven Quel est contextuellement le sens voulu ?


Concernant notre sujet :
Like a Star @ heaven  Quel est le sens du mot Houri ?
Like a Star @ heaven  Quel est le sens apparent des 4 versets concernés ?
Like a Star @ heaven  Quelle signification coranique en déduire ?


Au volet 1, la conduite de la première étape aura permis de déterminer le sens du terme-clef « hûri ». Nous aurons mis en évidence que cet adjectif n’était pas le nom propre de créatures célestes promises au dépucelage éternel, mais qu’il signifiait « Pures », ainsi le syntagme hûrun ‘în se traduit-il rigoureusement par : Pures aux yeux d’une grande beauté. Concernant la deuxième phase, l’analyse littérale des quatre versets centraux aura montré que par le terme-concept hûri il était fait allusion à une élite parmi les croyantes, élite dont le statut spirituel correspond à une situation particulièrement élevée au Paradis. Conséquemment, nous avions posé que l’existence d’une catégorie de créatures particulières mises à disposition des hôtes du Paradis, les par trop fameuses « Houris », ne relevait que du phantasme exégétique.

Nous pouvons à présent aborder la dernière phase d’analyse.


3. Quelle signification coranique en déduire ?


Cette troisième et ultime étape suppose que toute herméneutique est par définition circulaire : il faut connaître le tout pour comprendre les parties et comprendre les parties pour connaitre le tout. Dès lors que l’analyse des versets retenus a priori en fonction de mots-clefs a fourni du sens il est nécessaire de vérifier si cette ou ces lignes de sens sont cohérentes sur l’ensemble du Coran.
En d’autres termes, peuvent-elles être confirmées ou au contraire infirmées ? Cette démarche amène donc à étudier le Hadith puisque ces textes censés éclairer pour nous le sens du Coran, bien souvent s’y opposent ; de même, ils constituent régulièrement un efficace bouclier brandi contre la raison critique.

Arrow  Aussi, devons-nous prendre en compte le passage faisant suite aux versets de S56 que nous avons d’analyser et qui semblerait s’opposer, d’après le sens que les conventions et traditions exégétiques lui confèrent, à nos résultats. Il concerne une catégorie d’élus dits Gens de la droite, ashâbu–l–yamîn, ou Gens de rectitude dont il est dit qu’ils reposeront sous « des ombrages étendus », v30, et disposeront « d’eau vive, de fruits abondants », v31-32, et seront installés « sur des lits surélevés », v34. Puis il est dit : « Certes, Nous les avons faites en perfection, vierges [abkâran], gracieuses [‘uruban], d’un âge égal [atrâban], [ceci] pour les Gens de la droite. » v35-38. En ces quelques mots se trouve concentré le concept surréel des « vierges paradisiaques ».

Bien qu’elles ne soient pas explicitement mentionnées dans le texte, nous pouvons comprendre qu’il s’agit bien là de la description des « houris » par symétrie avec le passage antérieur, S56.V22-24, et symétrie globale avec S55. Le segment-clef en est : « pour les Gens de la droite », verset que l’exégèse reprend à nouveau pour indiquer que ces vierges sont en quelque sorte en libre-service. Si l’on délaisse cette surinterprétation non étayée, il est simple ici de redresser le sens : puisque le passage relatif aux « Gens de la droite » est manifestement le symétrique de celui consacré aux « Rapprochés », S56-V11-24, il exprime donc un propos qui ne peut être sur le fond qu’à l’identique.

Or, comme nous avons rigoureusement démontré précédemment que ces Dames du Paradis n’étaient la propriété de personne à moins de manipuler le texte, c’est donc bien que nous devons entendre le segment « pour les Gens de la droite » comme ne qualifiant pas un quelconque rapport de possession d’une chose matérielle.

De plus, en cette démonstration nous avions mis en évidence la rupture grammaticale et syntaxique prouvant que les « houris » ne font pas partie de la liste des biens proposés aux bienheureux, mais, qu’au contraire, il était indiqué qu’elles en étaient elles aussi les bénéficiaires. Il en est donc de même en ce passage symétrique, et tout ce qui est attribué aux Gens de la droite l’est aussi à ces femmes ressuscitées au Paradis en l’état de perfection dit de hûri, c'est-à-dire de Pures. Ainsi, tout comme les « Houris » étaient des femmes vertueuses admises au degré des « Rapprochés », elles seront aussi élues au rang des Gens de la droite ou Gens de rectitude.

Telle est l’égalité, la justice et l’élévation du propos coranique.


Arrow  Reste que la mention de jeunes beautés vierges suscita de troubles appétits. Or, même si les termes choisis correspondent à l’évocation du canon féminin selon les hommes de l’époque, ils ne sont – dès lors que l’on est en mesure de détourner l’impudique regard exégétique classique et de lire le propos coranique pour ce qu’il est – que l’expression d’une idée fort commune à toutes les descriptions du Paradis : son aspect immuable.
Le fait est incontestable et bien connu, tous les éléments de l’univers paradisiaque sont constants et impérissables, les fleuves de miel et de lait, les mets servis, la fraîcheur, le verdoiement, l’eau, les boissons, les postures même des personnages, une félicité sans altération, hors temps. La beauté jamais flétrie et éternellement jeune des Pures du Paradis s’entend en ce contexte-là !


Arrow  Ainsi, les « Houris » sont-elles à l’image du Paradis d’une pureté inaltérable, et donc en ce sens éternellement “vierge”. Ceci, en soi, suffit à invalider l’idée que ces Pures du Paradis puissent être déflorées ! Ceci, de même, permet de comprendre à sa juste valeur le propos coranique, bien au-dessus des intentions de certains !

L’exégèse étant le fruit que l’homme greffe à l’arbre du Coran, il aura fallu imaginer un stratagème pour contourner l’impossibilité ontologique dictée par ces versets. L’on produisit donc quelques hadîths nous expliquant en substance que : « à chaque relation charnelle la houri est toujours vierge et ne se plaint pas de ces rapports, l’homme quant à lui demeure en érection et ne connaît pas d'éjaculation… »
Fort heureusement, nous n’aurons pas à imputer au Prophète un tel déni du Coran et une pareille vulgarité, ces hadîths étant tous classifiés faibles, da‘îf. Nous avons vu que le Coran, et cela est cohérent, s’il parle de la situation des hommes et des femmes ne fait pas mention de rapports sexuels au Paradis, ce qui est dit est explicite : « Ils seront accoudés sur des divans alignés et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S52.V20, « Ils revêtiront des habits de fine soie et de brocart, se faisant face ; ainsi, et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S44.V54. Nous avons montré que l’union est ici un appariement et non un rapprochement sexuel ! Dieu serait-Il l’entremetteur de nos pulsions ?!

De fait, cette négation coranique a été toujours perçue comme une entrave à la volonté exégétique des mâles interprètes, aussi fournit-on un hadîth qui, à contre-Coran, soutient le contraire : « L’homme aura au Paradis la puissance sexuelle de cent hommes ». Ce hadîth, rapporté uniquement par at-Tirmidhy, est dit par lui seul sahîh, mais il est gharîb, isolé ou étrange, c'est-à-dire sans aucune possibilité d’identification croisée réelle. En dehors même de cet aspect technique, que vaut un hadîth face au Coran en son sens obvie ? Encore une fois, comme supposer que le Prophète ait dévié du sens coranique ? !

Signalons qu’il est très souvent fait référence en les innombrables articles internet consacrés au thème fort prisé des houris à un hadîth rapporté par al Bukhârî et mentionné dans les termes suivants : « Au sujet des mots du Coran « des houris cloitrées dans leurs tentes » Qays a relaté que le Messager de Dieu a dit : « Il y a au Paradis une tente faite d’une seule perle creusée et de soixante milles de largeur. A chacun de ses coins il y aura des femmes (les houris) qui ne verront pas celles des autres coins et les croyants les visiteront et jouiront d’elles. »

L’argument est aussi explicite qu’imparable, si vous aviez un doute le voici balayé : les houris vous attendent. Sauf que ce hadîth n’existe tout bonnement pas ! Nous en trouvons quatre versions chez al Bukhârî et deux chez Muslim, toutes sont rapportées du même Abdullâh ibn Qays, mais aucune n’est en ces termes, aucune ne mentionne les houris et aucune ne dit que les hommes jouiront d’elles ! La version complète rapportée par al Bukhârî en tant que commentaire de S55.V72 dit exactement : « Il y aura au Paradis une tente faite d’une perle creusée de soixante milles de largeur. A chacune de ses extrémités, il y a des gens (ahl) qui ne pourront voir les autres. Les croyants s’y promèneront. Il y aura deux jardins aux ustensiles d’argent et deux autres jardins à l’identique. Et entre les gens (qawm) et la vision de leur Seigneur, il n’y aura qu’un voile de majesté sur Sa face au Jardin d’Éden. »
L’on a donc ajouté en ces versions les houris et, plus encore, la mention au sujet de la vision de Dieu, summum de la béatitude paradisiaque, a été remplacée par une promesse de jouissance sexuelle ! En soi, tout est dit des intentions de chacun.

Ceci étant, attention à ne pas nous laisser prendre aux filets de la Toile, l’araignée pourrait s’avérer venimeuse. Si l’avènement de l’informatique a effectivement démocratisé l’accès à la connaissance, il convient de rester prudent face à l’abondante redondance de l’offre, car ce même outil favorise aussi le développement de la science ignorante, celle du copié/collé et de la “science” à moindre effort. Sous un autre aspect, nous voyons naître chaque jour sous nos yeux ébahis une nouvelle forme de Hadîth apocryphe, ce qui au demeurant peut nous aider à comprendre les conditions d’apparition de la masse du Hadîth entre le IIe et le IIIe siècle de l’Hégire. De plus, et pour les mêmes raisons, cette dérégulation assez frénétique du savoir, qui pourrait être un formidable atout, se traduit actuellement par le développement d’un néo-islam, web-islam antérograde puisque dominé par les forces du petro-islam hanbalo-wahhabite des plus archaïques monarchies du monde.

Arrow  Mais, nous dirions-nous en un ultime espoir de sauver la projection de toutes ces frustrations, le Coran n’a-t-il pas dit que les Houris seront déflorées au Paradis ? Effectivement, il y est dit à deux reprises au sujet des « houris » : « Des Pures [hûrun], retirées sous les tentes […] que n’ont déflorées auparavant [qabla-hum] ni homme ni djinn. » S55.V72-74.
Les traductions standardisées proposent un : « que n’ont déflorées avant eux aucun homme ou djinn. » En ce cas, l’affaire est claire, les houris seront dépucelées en primeur par les hôtes du Paradis. Encore une fois, si le texte du Coran subsiste, sa lecture, totalement sous la dépendance de l’exégèse, nous pose problème.

En effet, le sens a été ici dévié à partir d’un “mésusage” de la locution adverbiale qabla-hum. Sur les 15 occurrences coraniques de cette locution, elle indique à 13 reprises qu’un temps ancien est révolu, ce qui en français a pour équivalent : auparavant, jadis. Ex : « Combien avons-Nous anéanti auparavant [qabla-hum] de générations ! Perçois-tu d’eux un seul être ? Entends-tu le moindre murmure ?! » S19.V98.
Les deux autres occurrences sont celles de S55 relatives à nos houris. Il est donc ici confondu l’usage coranique de la locution adverbiale qabla-hum avec celui du complexe prépositionnel min qabli-him qui signifie effectivement avant eux.

Par conséquent, l’emploi adverbial de qabla-hum en ces deux versets indique que par : « des Pures [hûrun], retirées sous les tentes […] que n’ont déflorées auparavant [qabla-hum] ni homme ni djinn » nous devons comprendre que l’état de virginité de ces Pures est hors du temps, absolu et infrangible, et que nul, ni homme ni djinn, ne l’altérera ; une métaphore de la perfection virginale conforme à l’aspect immuable du Paradis selon les descriptions coraniques, ici l’image de la pureté. Notons, pour l’anecdote, que le grand exégète ar-Râzî avait vu que le segment « retirées sous les tentes » rendait de plus impossible que les « houris » fussent accessibles à nos désirs, il imagina donc un stratagème.

Arrow  Nous aurons donc compris que le propos du Coran consiste à définir l’état de perfection et de pureté d’une élite féminine parmi les élus du Paradis. Nous avons montré en la partie1/2 qu’il s’agissait bien là du statut des femmes les plus vertueuses d’ici-bas. Ceci est explicite en deux versets fort connus, v56 et v70 de sourate « ar-Rahmân », que nous avons analysés et que l’on peut ainsi commenter : « Parmi elles, [les femmes qui seront admises au Paradis, il y aura] celles aux chastes regards [dites hûr, c'est-à-dire Pures] » et « Parmi elles [idem] de nobles élues [les hûr]. »
Il n’y a ainsi aucune réalité textuelle et littérale au délire fantasmatique ayant transformé l’élite sainte de la gent féminine du Paradis en victime d’une oblation phallique délirante. Il n’y a donc pas de Houris au Paradis, ce qui n’était qu’un adjectif qualificatif indiquant la pureté a été improprement réduit à un nom commun, dérive linguistique commune traduisant un abus de sens et dissimulant un abus des sens. N’eussent été les voiles de l’exégèse, nous aurions pu identifier aisément ces Pures, ces saintes parmi les saintes.

Arrow Au final, le Coran ne qualifie donc pas de « hûri », Pures aux yeux d’une grande beauté, des créatures de jouissances, mais des femmes récompensées par Dieu pour leur piété ici-bas, en cela elles ne différent des autres femmes admises au Paradis que par leur élévation spirituelle particulière.

Nous lisons en la première description donnée du Paradis dans l’ordre du Livre : “ Et fais belle annonce à ceux qui croient et œuvrent en bien : ils auront des jardins au pied desquels coulent les ruisseaux. Toutes les fois où il leur sera octroyé des fruits comme subsistance, ils diront : « Voilà ce que l’on nous attribuait autrefois », mais ce qu’ils recevront n’en aura que l’apparence. Ils auront là pures compagnies [6] [azwâjun mutahharatun] et ils y séjourneront éternellement.” S2.V25 idem en S3.V15 et S4.V57.
Dans le Coran, l’adjectif mutahharah ne signifie pas purifiées, mais pures, puisqu’affirmer qu’elles auraient été purifiées aurait supposé que les femmes fussent auparavant impures !
Cependant, le qualificatif hûr est plus intense que mutahharah et si ce dernier est appliqué à toutes les femmes du Paradis, hûr, nous l’avons vu, ne concerne qu’une élite parmi elles : « Parmi elles, de nobles élues de vertueuse beauté […] des Pures [hûrun], retirées sous les tentes. », S55.V70-72. Ceci étant, elles sont toutes des croyantes dont la piété aura permis qu’elles accèdent au Paradis. En ce sens, l’Autre-monde est le reflet de la vie pieuse en ce bas-monde : « Ils entreront aux jardins d’Éden ainsi que ceux qui furent vertueux parmi leurs ancêtres, leurs conjoints et leurs descendants ; les Anges les accueilleront à toutes les portes. » S13.V23. Les couples vertueux se retrouveront donc en l’Au-delà : « Ce jour, les Hôtes du Paradis seront en occupation, béats, eux et leurs “compagnes”,[9] sous les ombrages, accoudés sur des lits de repos ». S36.V55-56.
Nous avons vu qu’il en était de même pour les Pures, les hûr : « Ils seront accoudés sur des divans alignés et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S52.V20 ; « Ils revêtiront des habits de fine soie et de brocart, se faisant face ; ainsi, et Nous les unirons à des Pures aux yeux d’une grande beauté. » S44.V54.

Pure félicité paradisiaque, immuable, parfaite, inaccessible aux sens et à la raison. Dès lors, il apparaît évident que la seule différence entre les femmes élues au Paradis et les femmes élevées au rang de « houris » est affaire de degré tout comme il existe des degrés spirituels au Paradis, une hiérarchie de la béatitude, si ce concept peut réellement faire sens pour notre entendement.

Arrow  Des « Houris & des hommes » illustre parfaitement la main mise exégétique sur le Texte sacré et le pouvoir de sens qu’elle exerce sur les lecteurs du Coran. L’emprise est forte et elle impose une lecture paraissant a priori insurpassable, le respect voué aux autorités de l’interprétation scellant l’esprit critique de la majorité.

L’analyse littérale des versets impliqués aura mis en évidence la cohérence du Coran qui à aucun moment ne se départit de l’égalité de considération entre les hommes et les femmes comme nous l’avons établi au cours d’une série d’articles précédents [cf. Des houris & des hommes » Partie 1 : note 1].

Le Coran n’est ni patriarcal, ni misogyne, ni phallocrate ou sexiste, il ne prône pas une inégalité foncière entre les genres qui ferait de la femme un être de deuxième zone.
Ce sont les hommes qui ont imposé au Coran cette lecture en interprétant et surinterprétant la totalité des matériaux disponibles. Cela est particulièrement vrai concernant la condition féminine qui, une fois lue au travers du prisme de l’exégèse des hommes d’une certaine époque et culture, se révèle être très éloignée de l’idéal égalitaire réellement prôné par le Coran.

Lorsque nous disons le Coran, nous entendons bien par là qu’il s’agit de l’expression de la volonté divine, dès lors, l’on comprend aisément que ce texte, comme tous les textes dits sacrés, ait pu être l’objet de toutes les convoitises depuis près de 14 siècles. L’exégèse au service de la volonté des hommes s’est donc emparé de la Révélation et en a asservi le sens en fonction de leurs intérêts, lesquels relèvent tout autant de l’histoire que de certains types de culture.

Ce n’est point en soi une critique que nous émettons, mais le simple constat sémantique que tout texte est soumis à cette règle, les textes fondateurs de religion toutefois bien plus que d’autres. Il ne s’agit donc pas pour nous de vouloir reproduire les erreurs du passé en produisant comme solution à l’inadéquation de l’exégèse classique et des réalités des musulmans actuels une multième interprétation que l’on qualifierait alors de moderne ou de contemporaine.

Nous nous en sommes à plusieurs reprises expliqué, nous proposons seulement à ceux qui s’interrogent, et en toute modestie, une méthodologie de lecture destinée à précisément court-circuiter les modalités d’interprétation qui nous animent, qu’elles soient héritées ou personnelles. Cette ascèse intellectuelle, ce retour à la source du Livre, nous semble être une voie permettant d’accéder au delà des pesanteurs de l’histoire exégétique au sens premier du Coran, le Message initial.

Espoir sans doute idéaliste, mais, et telle est notre foi, Message éternel et universel qui, une fois entendu, nous permet nécessairement d’être en phase avec l’humanité et l’humanisme.


Dr. Moreno Al Ajamî.

http://www.lescahiersdelislam.fr/Des-Houris-des-hommes-1-2_a326.html
http://www.lescahiersdelislam.fr/Des-Houris-des-hommes-2-2_a334.html




1 - AHHHH .... ce que fait l`islam pour cacher la verite

2 - Premièrement : Au temps du prophete la langue arabe n`existait meme pas

3 - Il n`y avait que des dialectes éparses ici et la

4 - Et la plus belle preuve on la trouve dans les hadiths qui affirment qu`OTHMAN

5 - A fait brule toutes les copies du coran pour le remplacer par un seul et unique

6 - JUSTEMENT parce que les copies existantes etaient en divers dialectes donc

7 - PORTES a différentes interprétations .

8 - DEUXIEMEMENT : Au temps du prophete . ceux qui savaient lire et ecrire etaient

9 - Peu nombreux et ce ne sont que les prêtres qui pouvaient lire aux bedoins qui

10 - Eux - meme etaient oublige de croire ce que l`on voulait bien leur dire

11 - DONC chaque lecteur interprétait sa propre theorie et ainsi on a obtenu

12 - Plusieurs sectes donc les chiites ( ALI ) et les sunnites pour nommer que

13 - Ceux - la .

14 - TROISIEMEMENT : ALLAH ( MOHAMET ) a ecrit le coran dans un language

15 - SIMPLE pour la simple raison que la langue n`existant meme pas il ne pouvait

16 - Y avoir une ecriture hermetique a ETRE INTERPRETER .....

17 - IL EST TRES , TRES , TRES , ILLOGIQUE de pretendre que le coran a été

18 - Descendu en paraboles et tres complique a lire et a etre interpreter

19 - Au temps de mohamet le language était TRES SIMPLE et vulgaire ( de base )

20 - QUATRIEMEMENT : On a qu`a lire le coran pour comprendre qu`il n`y a pas

21 - De sous - entendu donc : a etre interpreter autrement qu`ecrit .

22 - TOUT CECI est dans la logique que l`islam cherche par tous les moyens

23 - A RE - INTERPRETER ce qui est EVIDENT et LOGIQUE car l`islam a HONTE

24 - Des hourris que Mohamet a promis a ses guerriers s`ils tombaient au combat

25 - Car ils ne voulaient plus aller a la guerre pour se faire tuer pour RIEN

26 - Puisque Mohamet guerroyait pour CONQUERIR la terre au nom d`ALLAH

27 - ET NON PLUS POUR SE DEFENDRE .... et il avait un gros probleme de

28 - Désertions parmis ses guerriers alors il a fait descendre du ciel ces versets

29 - Récompensant ceux qui tomberaient au combat et comme l`appat de

30 - Belles hourris aux seins bien ronds ( voir hadiths authentiques )

31 - ( PS : WARI va encore dire que je ment et que j`invente  Des Houris & des hommes. 631461 )

32 - Pourtant ce n`est pas MOI qui a ecrit ces hadiths et n`ait pas AUTHENTIFIE

33 - NON PLUS  Razz

33 - DONC : en somme lire le coran comme il est ecrit est plus sensee que de

34 - Se couper les cheveux en quatre pour lui faire dire autre chose d`ILLOGIQUE .

35 - WARI essaye d`interpreter, de changer l`aspect vulgaire et sexuel du coran

36 - Mais s`il le fait pour ces versets il faudra qu`il le fasse pour les autres aussi

37 - Qui sont aussi répugnantes , comme la cruaute d'Allah , la vengance d`ALLAH

38 - Sa repugnance envers les juifs et les chrétiens , les gilmans beaux comme des

39 - Perles ( gays pour homos ) , et aucune mention d`honneur pour les femmes

40 - Dans son paradis d`hommes .

41 - CE QUE NE FERA PAS L`ISLAM POUR FAIRE DISPARAITRE LA VULGARITE DU

42 - CORAN  son livre tres saint et veridique  Des Houris & des hommes. 503595






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MessageSujet: Re: Des Houris & des hommes.   Des Houris & des hommes. Icon_minipostedDim 14 Juin 2015, 7:55 pm

@Nicodème a écrit:
   Bonsoir à tous,

   je vous rappelle que certaines partis du forum " sections enseignements " ne sont là que pour apprendre et non pour débattre. Si un sujet qui ce trouve dans une telle section vous intéresse pour débattre, merci d'en faire un copié/collé et de la mettre dans la section "débats".

   Merci à tous de contribuer à ceci.


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