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 Carême 2015

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Capucine
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MessageSujet: Carême 2015   Mer 18 Fév 2015, 1:45 am

Le message du Pape François pour le Carême 2015 en intégralité

2015-01-27 Radio Vatican

Document - Le Pape François a rendu public ce mardi son message écrit pour le Carême 2015, intitulé « Tenez ferme » (Jc5,8).

« Chers frères et sœurs,

Le Carême est un temps de renouveau pour l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle. Mais c’est surtout un « temps de grâce » (2 Co 6,2). Dieu ne nous demande rien qu’il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn4, 19). Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter.

Quand le peuple de Dieu se convertit à son amour, il trouve les réponses à ces questions que l’histoire lui pose continuellement. Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message, est celui de la mondialisation de l’indifférence. L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent. Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. À travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte. Et l’Église est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient agissante dans l’amour (cf. Ga5,6). Toutefois, le monde tend à s’enfermer sur lui-même et à fermer cette porte par laquelle Dieu entre dans le monde et le monde en lui. Ainsi, la main, qui est l’Église, ne doit jamais être surprise si elle est repoussée, écrasée et blessée. C’est pourquoi, le peuple de Dieu a besoin de renouveau, pour ne pas devenir indifférent et se renfermer sur lui-même. Je voudrais vous proposer trois pistes à méditer pour ce renouveau.

1. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co12,26) – L’Église

La charité de Dieu qui rompt ce mortel enfermement sur soi-même qu’est l’indifférence, nous est offerte par l’Église dans son enseignement et, surtout, dans son témoignage. Cependant, on ne peut témoigner que de ce que l’on a éprouvé auparavant. Le chrétien est celui qui permet à Dieu de le revêtir de sa bonté et de sa miséricorde, de le revêtir du Christ, pour devenir comme lui, serviteur de Dieu et des hommes. La liturgie du Jeudi Saint, avec le rite du lavement des pieds, nous le rappelle bien. Pierre ne voulait pas que JESUS lui lave les pieds, mais il a ensuite compris que JESUS ne veut pas être seulement un exemple de la manière dont nous devons nous laver les pieds les uns les autres. Ce service ne peut être rendu que par celui qui s’est d’abord laissé laver les pieds par le Christ. Seul celui-là a « part » avec lui (Jn13,8) et peut ainsi servir l’homme. Le Carême est un temps propice pour nous laisser servir par le Christ et apprendre ainsi à servir comme lui. Cela advient lorsque nous écoutons la Parole de Dieu et recevons les sacrements, en particulier l’Eucharistie. En elle, nous devenons ce que nous recevons : le Corps du Christ. Grâce à ce corps, cette indifférence, qui semble prendre si souvent le pouvoir sur nos cœurs, ne trouve plus de place en nous. Puisque ceux qui sont du Christ appartiennent à l’unique Corps du Christ et en lui personne n’est indifférent à l’autre. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co12,26).

L’Église est une communio sanctorum parce que les saints y prennent part, mais aussi parce qu’elle est communion de choses saintes : l’amour de Dieu révélé à nous dans le Christ ainsi que tous les dons divins. Parmi eux, il y a aussi la réponse de tous ceux qui se laissent atteindre par un tel amour. Dans cette communion des saints et dans cette participation aux choses saintes personne n’a rien en propre, et ce qu’il possède est pour tout le monde. Et puisque nous sommes liés en Dieu, nous pouvons faire quelque chose autant pour ceux qui sont loin, que pour ceux que nous ne pourrions jamais rejoindre par nos propres forces, puisque nous prions Dieu avec eux et pour eux, afin que nous nous ouvrions tous ensemble à son œuvre de salut.

2. « Où est ton frère ? » (Gn4,9) – Les paroisses et les communautés

Il est nécessaire de traduire tout l’enseignement de l’Église universelle dans la vie concrète des paroisses et des communautés chrétiennes. Réussit-on au cœur de ces réalités ecclésiales à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ? Un corps qui en même temps reçoit et partage tout ce que Dieu désire donner ? Un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? Ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage en faveur d’un monde lointain mais qui oublie le Lazare qui est assis devant sa propre porte fermée ? (cf. Lc16,19-31). Pour recevoir et faire fructifier pleinement ce que Dieu nous donne, il faut dépasser les frontières de l’Église visible dans deux directions. D’une part, en nous unissant à l’Église du ciel dans la prière. Quand l’Église terrestre prie, s’instaure une communion de service réciproque et de bien qui parvient jusqu’en la présence de Dieu. Avec les saints qui ont trouvé leur plénitude en Dieu, nous faisons partie de cette communion dans laquelle l’indifférence est vaincue par l’amour.

L’Église du ciel n’est pas triomphante parce qu’elle a tourné le dos aux souffrances du monde et se réjouit toute seule. Au contraire, les saints peuvent déjà contempler et jouir du fait que, avec la mort et la résurrection de JESUS, ils ont vaincu définitivement l’indifférence, la dureté du cœur et la haine. Tant que cette victoire de l’amour ne pénètre pas le monde entier, les saints marchent avec nous qui sommes encore pèlerins. Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église, convaincue que la joie dans le ciel par la victoire de l’amour crucifié n’est pas complète tant qu’un seul homme sur la terre souffre et gémit, écrivait : « Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l’Église et les âmes » (Lettre 254, 14 juillet 1897). Nous aussi, nous participons aux mérites et à la joie des saints et eux participent à notre lutte et à notre désir de paix et de réconciliation. Leur bonheur de jouir de la victoire du Christ ressuscité nous est un motif de force pour dépasser tant de formes d’indifférence et de dureté du cœur. D’autre part, chaque communauté chrétienne est appelée à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Église est, par nature, missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même, mais envoyée à tous les hommes.

Cette mission est le témoignage patient de celui qui veut porter au Père toute la réalité humaine et chaque homme en particulier. La mission est ce que l’amour ne peut pas taire. L’Église suit JESUS Christ sur la route qui la conduit vers tout homme, jusqu’aux confins de la terre (cf. Ac1,8). Nous pouvons ainsi voir dans notre prochain le frère et la sœur pour lesquels le Christ est mort et ressuscité. Tout ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu aussi pour eux. Et pareillement, ce que ces frères possèdent est un don pour l’Église et pour l’humanité entière. Chers frères et sœurs, je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence !

3. « Tenez ferme » (Jc5,8) – Chaque fidèle

Même en tant qu’individus nous sommes souvent tentés d’être indifférents à la misère des autres. Nous sommes saturés de nouvelles et d’images bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir. Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ? Tout d’abord, nous pouvons prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste. Ne négligeons pas la force de la prière de tant de personnes ! L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau diocésain, les 13 et 14 mars, veut montrer cette nécessité de la prière. Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune.

Enfin, la souffrance de l’autre constitue un appel à la conversion parce que le besoin du frère me rappelle la fragilité de ma vie, ma dépendance envers Dieu et mes frères. Si nous demandons humblement la grâce de Dieu et que nous acceptons les limites de nos possibilités, alors nous aurons confiance dans les possibilités infinies que l’amour de Dieu a en réserve. Et nous pourrons résister à la tentation diabolique qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver et sauver le monde tout seuls.

Pour dépasser l’indifférence et nos prétentions de toute-puissance, je voudrais demander à tous de vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du cœur, comme l’a dit Benoît XVI (cf. Lett. Enc. Deus caritas est, n. 31). Avoir un cœur miséricordieux ne veut pas dire avoir un cœur faible. Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un cœur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un cœur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos sœurs. Au fond, un cœur pauvre, qui connaisse en fait ses propres pauvretés et qui se dépense pour l’autre.

Pour cela, chers frères et sœurs, je désire prier avec vous le Christ en ce Carême : « Fac cor nostrum secundum cor tuum » : « Rends notre cœur semblable au tien » (Litanies du Sacré Cœur de JESUS). Alors nous aurons un cœur fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer en lui-même et qui ne tombe pas dans le vertige de la mondialisation de l’indifférence. Avec ce souhait, je vous assure de ma prière afin que chaque croyant et chaque communauté ecclésiale parcourt avec fruit le chemin du Carême, et je vous demande de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.



Du Vatican, le 4 octobre 2014, Fête de saint François d’Assise
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Mer 18 Fév 2015, 1:47 am

Ne fermons pas notre cœur

Le Carême en solidarité avec nos frères d’Irak et d’Orient débute.

Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, écoutons la voix de notre Dieu et le cri de ceux qui souffrent.

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MessageSujet: Re: Carême 2015   Mer 18 Fév 2015, 1:50 am

Découvrez, au long du carême 2015 des extraits du livre d'entretiens avec Mgr Louis Rapahaël Sako, patriarche des chrétiens d'Irak, écrit par la journaliste Laurence Desjoyaux.
Publié en février 2015

Pour notre parcours du carême 2015, nous avions espéré vous proposer les commentaires des évangiles des dimanches du carême. Ces homélies auraient dû être rédigées par les frères Dominicains présents en Irak. Mais un travail titanesque les a mobilisé et les mobilise encore. Les djihadistes viennent de décider de brûler tous les ouvrages qui ne traitent pas de l’Islam… ! Le père Nageeb Mekhail, op et ses frères, ont pu sauver près de 50 000 livres de cet autodafé sans précédent. A présent, ils répertorient et numérisent cette masse de documents dans un bâtiment discret de la banlieue d’Erbil. Depuis 1990, 8000 ouvrages ont déjà été numérisés, et sont donc, presque, à tout jamais hors de portée des flammes et des barbares. Il en reste plus de 40 000 ! Et combien hélas sont perdus… Chacun comprend aisément l’urgence de ce travail, qui associé à l’accueil d’urgence, les aides diverses qu’ils continuent aussi de prodiguer, occupent totalement nos frères dominicains. (source)

Nous vous offrons « à la place » les réflexions et l’espérance de Monseigneur Louis Raphaël Sako -le patriarche des Chaldéens- sur « le dialogue avec l’Islam ». Extraits du tout nouvel ouvrage « Ne nous oubliez pas » Bayard 2015 entretiens avec Laurence Desjoyaux. Emouvant !

Depuis vos premières années de sacerdoce, à Mossoul, vous avez toujours essayé de rapprocher chrétiens et musulmans.À Kirkouk, en tant qu'évêque, votre rôle de pont entre les différentes communautés de la ville était reconnu par tous et a permis d'éviter des conflits. Aujourd'hui encore, comme patriarche à Bagdad, vous tentez de faire dialoguer les responsables au plus haut sommet de l'État. Comment définiriez-vous ce dialogue avec l'islam, ce «dialogue interreligieux»,comme on l’appelle en France ?

C'est avant tout un dialogue de vie, simple, presque terre-à-terre, une discussion de voisinage. Nous vivons ensemble, nous nous rencontrons dans nos quartiers ou sur nos lieux de travail. Ensuite, si 1' on veut pousser le dialogue plus avant, il s'agit d'essayer de se connaître mutuellement plus profondément. C'est tout un cheminement qui demande une attitude d'ouverture plutôt que de vouloir à tout prix convaincre l'autre que ma religion est la meilleure.

C'est aussi une question de confiance patiemment construite et de respect. Pour dialoguer vraiment, et pour avoir envie de comprendre le point de vue de l'autre et d'en approfondir la connaissance. Ainsi, les musulmans sont invités à s'intéresser de près au christianisme, non pas en s'appuyant seulement sur les livres de l'islam, mais aussi, et surtout, en prenant en considération ce que les chrétiens disent de leur propre foi. De même les chrétiens doivent faire l'effort de connaître l'islam à partir de ses sources propres. Cela aide beaucoup à déconstruire les idées absolument fausses des uns et des autres. Dans ce dialogue, les deux interlocuteurs cherchent la vérité.

Prenez, par exemple, la compréhension du mystère chrétien de la Trinité, un seul Dieu mais trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Beaucoup de musulmans pensent que la Trinité, c'est trois dieux, et que de ce fait les chrétiens sont polythéistes ... Par le dialogue, on peut clarifier tout cela. En expliquant en vérité ce que nous croyons, notre foi en la Trinité ou encore en la divinité du Christ ou en l'authenticité de la Bible. Autre exemple : pour les musulmans, il est inimaginable que JESUS ait été crucifié. Ce à quoi je réponds : « Vous, vous dites que le Christ n'est pas crucifié parce que vous avez beaucoup de respect pour lui. JESUS Christ, dans le Coran, est l'esprit et la parole de Dieu. Comment Dieu peut-il être tué ? Il y a donc chez vous une reconnaissance de l'origine divine de cet homme-là et c'est pour cela que vous refusez qu'il ait pu être cloué sur une croix.

Pour nous, il a été crucifié par les juifs, c'est un fait historique. Nous croyons que JESUS est si grand et si miséricordieux qu'il est allé jusqu'à mourir pour nous.» Je leur explique aussi que, même - chez les chrétiens, des gens ont refusé de croire que le Christ ait été crucifié : les docètes. Ils considéraient que Dieu était apparu sous la forme d'un homme pendant plusieurs années, mais qu'il ne s'était pas vraiment incarné. C'est par des échanges comme celui-ci que l'on peut dialoguer sur l'identité de Dieu, pour les uns ou pour les autres. Il y a des moyens d'exprimer ce en quoi on croit de telle façon que l'autre le comprenne. Pour cela, il faut employer un nouveau vocabulaire, plus proche de la tournure de pensée arabe.

Nos Pères de l'Église, surtout les syriaques, ont écrit beaucoup de traités entre chrétiens et musulmans pendant les califats omeyyade et abbasside. Il s'agissait de discussions sur des points doctrinaux, sur les mœurs, etc. Ces Pères ont inventé tout un langage compréhensible en arabe pour expliquer leur foi aux musulmans, mais aussi pour former les chrétiens afin qu'ils puissent répondre aux musulmans qui les interrogeaient. À nous aujourd'hui de nous réapproprier ces textes qu'ils nous ont laissés.

Vous avez évoqué les incompréhensions des musulmans envers le christianisme. Quelles sont, à l'inverse, les réticences des chrétiens vis-à-vis de l'islam ?

…. La réponse à lire dimanche prochain…
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Mer 18 Fév 2015, 1:59 am

Le Notre-Père dans la langue du Christ

Le Notre-Père en Araméen

awoun d-wašmayya, neṯqaddaš šmaḵ, tété malkouṯaḵ, nehwé ṣewyanaḵ, aykanna d-wašmayya ap b-ar‘a.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.



hawlan laḥma d-sounqanan yawmana, wašwoq lan ḥawbayn waḥṭahayn, aykanna d-ap ḥnan šwaqen l-ḥayyawayn.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.



u-la ta‘lan l-nesyona, ella paṣṣan men biša, meṭṭol d-ḏilaḵi malkouṯa u-ḥayla u-tešboḥta l-‘alam ‘almin. amén.

Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen


pour écouter la vidéo : http://croire.com/Definitions/Ecole-de-priere/Notre-Pere/Le-Notre-Pere-dans-la-langue-du-Christ
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Mer 18 Fév 2015, 8:58 am

Le Pape François invite à entrer en Carême en recevant le « don des larmes »

2015-02-18 Radio Vatican

Alors que plus d'un milliard de catholiques sont entrés ce mercredi dans le temps du Carême, à Rome, le Pape François a présidé la célébration du Mercredi des Cendres en la basilique Sainte-Sabine, après avoir participé à une procession à pied depuis la basilique Saint-Anselme. Dans son homélie, il a insisté sur l’importance de se laisser réconcilier avec Dieu en lui demandant « le don des larmes ».

C’est en revenant sur ce cri du cœur du prophète Joël, « Revenez à moi de tout votre cœur ! », présent dans la liturgie de ce jour, que le Pape François s’est appliqué à montrer que le Carême ne doit pas appréhendé avec formalisme mais avec sincérité. « Revenir au Seigneur avec tout son cœur signifie entreprendre le chemin d’une conversion qui ne soit pas superficielle et transitoire, mais un itinéraire spirituel qui concerne le cœur, le lieu le plus intime de notre personne. »

Le Pape a alors appelé à lâcher prise, en laissant une place à l'émotion et aux larmes. « Cela nous fera du bien de demander le don des larmes, afin de rendre notre prière et notre chemin de conversion toujours plus authentique et sans hypocrisie. Cela nous fera du bien de nous poser cette question : est-ce que je pleure ? Est-ce que les évêques pleurent, est-ce que les cardinaux pleurent, est-ce que le pape pleure, est-ce que les prêtres pleurent, est-ce que les consacrés pleurent, est-ce que les larmes sont dans nos prières ? s’est exclamé François, sortant de son texte, comme souvent, pour se mettre lui-même au même niveau de proximité avec Dieu que tous les autres fidèles. « Les larmes du cœur, c’est ce qui distingue le fait extérieur des faits intérieurs. Vous savez que les hypocrites ne savent pas pleurer. Ils ont oublié comment pleurer, ils ne demandent pas le don des larmes.

Le Pape a rappelé la colère de JESUS face aux personnes hypocrites qui se donnent en spectacle. « Soyez attentifs à ne pas pratiquer votre justice devant les hommes pour être admirés d'eux. Quand tu fais l'aumône, ne sonne pas la trompette devant toi, comme le font les hypocrites. Quand vous priez, ne soyez pas similaires aux hypocrites, qui aiment prier en se tenant droit, pour être vus de la population. Et quand vous jeûnez, ne devenez pas mélancoliques comme les hypocrites. » (Mt 6) Et le Pape a rappelé la nature pécheresse de tout être humain : « Quand s'accomplit quelque chose de bien, presque instinctivement naît en nous le désir d'être estimés et admirés pour cette bonne action, pour en recevoir une satisfaction. »

En évoquant l’exhortation de JESUS, « convertissez-vous et croyez en l’Évangile », prononcée lors de l’imposition des Cendres, François a rappelé que l’invitation à la conversion est « une invitation à revenir, comme pour le fils prodigue, entre les bras de Dieu, un Père tendre et miséricordieux, et à se confier à lui. »

« Le Seigneur ne se fatigue jamais d'avoir miséricorde de nous, et veut nous offrir encore un fois son pardon - nous en avons tous besoin, en nous invitant à nous tourner à Lui avec un coeur nouveau, purifié du mal, purifié par les larmes, pour prendre part à sa joie » a répété François, qui a repris les propos tenus par Saint-Paul dans la lettre aux Corinthiens : « Nous vous supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Le Pape a redit que cette invitation concerne tous les chrétiens, au Vatican comme partout dans le monde : « Nous sommes des créatures pécheresses, toujours en besoin de conversion, alors, s’il-vous plaît, arrêtons-nous un peu, et réconcilions-nous avec Dieu. »
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Jeu 19 Fév 2015, 7:25 pm




Commentaire du jour
Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l'Église
6ème sermon pour le Carême, 1-2 ; SC 49 (trad. cf SC, p. 56 et bréviaire jeu. après Cendres)

« Alors ils jeûneront »

Bien-aimés, « la terre est remplie de la miséricorde de Dieu » (Ps 32,5) en tout temps... Cependant, le retour des jours plus spécialement marqués par le mystère de la restauration humaine, ces jours qui précèdent la fête de Pâques, nous encourage à nous y préparer par une purification religieuse... La fête de Pâques a ceci de propre que toute l'Église se réjouit du pardon des péchés. Ce pardon se réalise non seulement en ceux qui renaissent par le baptême mais aussi en ceux qui déjà font partie de la communauté des fils adoptifs de Dieu.

C'est vrai que c'est principalement le bain de la nouvelle naissance qui fait des hommes nouveaux (Tt 3,5) ; toutefois, il incombe à tous de se renouveler quotidiennement pour combattre la rouille de notre condition mortelle et, dans les étapes de notre progrès, il n'est personne qui ne doive toujours devenir meilleur ; tous doivent faire effort pour qu'au jour de la rédemption personne ne demeure dans ses vices d'autrefois.

Ce que chaque chrétien doit faire en tout temps, mes bien-aimés, doit donc être recherché maintenant avec plus d'empressement et de générosité. C'est ainsi que nous accomplirons le jeûne de quarante jours institué par les apôtres non seulement en réduisant notre nourriture, mais surtout en nous abstenant du péché... Rien n'est plus profitable que de joindre aux jeûnes raisonnables et saints la pratique de l'aumône : sous le nom d'œuvres de miséricorde, elle englobe bien des actions de bonté dignes d'éloge, et c'est ainsi que les âmes de tous les fidèles peuvent se rejoindre dans un même mérite, quelle que soit l'inégalité de leurs ressources.



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MessageSujet: Re: Carême 2015   Ven 20 Fév 2015, 6:32 am

Pape François : S’arrêter et choisir

2015-02-19 L’Osservatore Romano

Dans l’empressement de la vie, il faut avoir le courage de s’arrêter et de choisir. Et la période du Carême sert précisément à cela. Lors de la Messe célébrée ce matin, 19 février, à Sainte-Marthe, le Pape François a mis l’accent sur la nécessité de se poser les questions qui sont importantes pour la vie des chrétiens et de savoir faire les bons choix.

En commentant les lectures du jeudi après les Cendres (Deutéronome 30, 15-20; Psaume 1, Luc 9, 22-25), le Souverain Pontife a expliqué qu’« au début du chemin de Carême, l’Eglise nous fait réfléchir sur les paroles de Moïse et de JESUS : "tu dois choisir" ». Il s’agit ainsi de réfléchir à la nécessité pour chacun de nous de faire des choix dans la vie. Malheureusement, a averti le Pape, il n’est cependant « pas facile de choisir ». Il est plus aisé de « vivre en se laissant porter par l’inertie de la vie, des situations, des habitudes ». C’est pour cela qu’ « aujourd’hui, l’Eglise nous dit : "Tu es responsable ; tu dois choisir" ».

Sur la difficulté de choisir, François s’est dit conscient que « nous avons toujours cette habitude d’aller un peu là où vont les gens, un peu comme tout le monde ». Néanmoins, a-t-il poursuivi, « aujourd’hui l’Eglise nous dit : "arrête-toi et choisis" ».

Au quotidien, nous tendons du reste à avoir l’attitude contraire. « Bien souvent – a-t-il rappelé – nous vivons dans l’empressement, dans la hâte, sans regarder comment est la route ; et nous nous laissons porter par les besoins, par les nécessités du jour, mais sans penser ». D’où l’invitation à s’arrêter : « Commence le Carême comme cela, avec de petites questions qui aideront à penser : "comment est ma vie ?" ». La première interrogation que l’on doit se faire – a expliqué le Pape – est : « qui est Dieu pour moi ? Est-ce que je choisis le Seigneur ? Comment est ma relation avec JESUS ? ». Et la seconde : « Comment est la relation avec tes proches; avec tes parents ; avec tes frères et sœurs ; avec ton épouse ; avec ton mari ; avec tes enfants ? ». En effet, il suffit de se poser « ces deux questions et nous trouverons sans doute des choses que nous devons corriger ».

Après cela, le Souverain Pontife s’est aussi demandé « pourquoi nous nous précipitons toujours ainsi dans la vie, sans savoir sur quelle route nous marchons ». Et sur cela aussi, François s’est montré explicite : « Parce que nous voulons gagner, nous voulons avoir du succès ». Mais JESUS nous fait réfléchir: « quel avantage tire un homme qui gagne le monde entier, mais qui se perd et se détruit lui-même? ». En effet, « l’une des mauvaises routes – a dit le Pape – est celle de toujours chercher son propre succès, ses propres intérêts, sans penser au Seigneur, sans penser à la famille ».

Et pour insister sur ce concept, François a expliqué qu’il « nous fera du bien de nous arrêter un peu – cinq, dix minutes – et de nous poser cette question : comment la rapidité de ma vie est-elle ? Est-ce que je réfléchis aux choses que je fais ? Comment est ma relation à Dieu et à ma famille ? ». En cela, « ce très beau conseil du Psaume nous aidera : "Béni l'homme qui se confie en Yahvé" ». Et « lorsque le Seigneur nous donne ce conseil – "Arrête-toi ! Choisis aujourd’hui, choisis" – il ne nous laisse pas seuls ; il est avec nous et veut nous aider ». Et nous, de notre côté, nous devons « seulement compter sur lui, avoir confiance en lui ».

En reproposant les paroles du Psaume «Béni l'homme qui se confie en Yahvé », le Pape a ainsi exhorté à être conscients que Dieu ne nous abandonne pas. « Aujourd’hui, au moment où nous nous arrêtons pour penser à ces choses et prendre des décisions, choisir quelque chose, nous savons que le Seigneur est avec nous, pour nous aider. Il ne nous laisse jamais seuls. Il est toujours avec nous. Même au moment du choix ».
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Ven 20 Fév 2015, 6:37 am

François appelle à vivre le Carême dans la vérité du coeur

2015-02-20 Radio Vatican

Lors de la messe qu'il a célébrée ce vendredi 20 février en la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, le Pape François a insisté sur l'effort de cohérence que chaque chrétien doit entreprendre dans le temps du Carême.

Ne pas utiliser Dieu pour masquer les injustices

Les chrétiens, spécialement pendant la période du Carême, sont appelés à vivre de façon cohérente l’amour pour Dieu et l’amour pour le prochain. C’est un des passages clefs de l’homélie de la messe que le Pape François a célébrée ce vendredi matin en la chapelle Sainte-Marthe. Le Pape a mis en garde contre celui qui envoie un chèque à l’Église et qui ensuite, se comporte injustement avec ses employés.

Le peuple proteste devant le Seigneur parce qu’il n’écoute pas leurs jeûnes. Le Pape François a commencé sa méditation en partant du passage d’Isaïe dans la première lecture. Et ensuite, il a souligné qu’il faut opérer une distinction entre le « formel et le réel ». Pour le Seigneur, a-t-il observé, « il ne s’agit pas de faire le jeûne, de ne pas manger de viande » et ensuite de « se disputer et exploiter les ouvriers ». Voilà pourquoi JESUS a condamné les pharisiens qui accomplissaient « tant d’actes extérieurs mais sans la vérité du cœur ».

L’amour pour Dieu et pour son prochain sont unis

Au contraire, le jeûne que désire JESUS est celui qui défait les chaînes injustes, qui libère les opprimés, qui habille les pauvres, qui fait justice. « Ceci, a répété le Pape, est le vrai jeûne, le jeûne qui n’est pas seulement extérieur, comme une application externe, mais c’est un jeûne qui vient du cœur ».

« Sur les Tables de la loi, il y a la loi sur Dieu et la loi sur le prochain et tous deux vont ensemble. Je ne peux pas dire : « J’accomplis les trois premiers commandements…et les autres, plus ou moins. Non, si tu fais ceci, tu ne peux pas faire cela et si tu fais cela, tu dois faire ceci. Ils sont unis : l’amour pour Dieu et l’amour du prochain sont une unité et si tu veux faire une pénitence qui soit réelle et non formelle, tu dois la faire devant Dieu et avec ton frère, avec ton prochain ».

C’est un grave péché que d’utiliser Dieu pour masquer l’injustice

« On peut avoir la foi, a-t-il poursuivi, mais- comme le dit l’apôtre Jacques- « sans œuvres, la foi est comme morte. A quoi cela sert-il ? Ainsi, si une personne assiste à la messe tous les dimanches et communie, on peut lui poser les questions suivantes : « Quel est ton rapport avec tes employés ? Les paies-tu en noir ? Leur paies-tu un juste salaire ? Leur verses-tu une contribution pour leur pension ? Pour leur assurer les soins de santé ? »

« Combien sont les hommes et les femmes de foi, qui ont la foi mais qui ne partagent pas les Tables de la loi : « Oui, je fais cela »- Mais donnes-tu l’aumône ?- Oui, j’envoie toujours un chèque à l’Église- Ah, d’accord. Mais avec ton Église, chez toi, avec ceux qui dépendent de toi- que ce soit tes enfants, tes grands-parents, tes employés- es-tu généreux ? Es-tu juste ? Tu ne peux pas faire d’offres à l’Église pour camoufler l’injustice que tu accomplis avec tes employés. C’est un péché très grave : c’est utiliser Dieu pour masquer l’injustice ».

« Et ça, a t’il repris, c’est ce que le prophète Isaïe nous fait comprendre aujourd’hui au nom du Seigneur”: “Celui qui ne fait pas justice avec les personnes qui dépendent de lui n’est pas un bon chrétien”. Et n’est pas un bon chrétien, ajoute t’il, celui qui ne se défait pas de quelque chose qui lui est nécessaire pour le donner à un autre qui en a besoin ». Le chemin de Carême, a-t-il encore dit, « est double, envers Dieu et envers le prochain : c’est-à-dire qu’il est réel et pas seulement formel. Ce n’est pas seulement ne pas manger de viande le vendredi, faire quelque chose et puis, accroître l’égoïsme, l’exploitation du prochain, l’ignorance des pauvres ». Il y a celui qui, raconte le Pape, s’il a besoin de se soigner, se rend à l’hôpital et comme il est affilié à une mutuelle, il est tout de suite visité. « C’est une bonne chose, a commenté le Pape, il remercie le Seigneur. Mais, dis-moi, as-tu pensé à ceux qui n’ont pas ce même rapport social avec l’hôpital et que lorsqu’ils arrivent, ils doivent attendre 6, 7 ou 8 heures, même pour quelque chose d’urgent. »

Pendant le Carême, nous faisons place dans notre cœur pour celui qui a commis une faute

Il y a des personnes, à Rome, a-t-il averti, qui vivent ainsi et le Carême est le moment « pour penser à eux : que puis-je faire pour les enfants, pour les personnes âgées qui n’ont pas la possibilité d’être visitées par un médecin », qui attendent peut-être « huit heures et ensuite, obtiennent un rendez-vous pour la semaine prochaine ». « Que fais-tu pour ces personnes ? » demande le Pape François. « Grâce à Dieu, j’ai une famille qui accomplit les commandements, qui n’ont pas de problèmes… » « Mais en cette période de Carême, demande encore le Pape, il y a-t-il dans ton cœur un endroit pour ceux qui n’ont pas accompli les commandements ? Qui ont mal agi et sont en prison ? » :

« Non, pas ces personnes… Mais lui se trouve en prison : si tu n’es pas en prison, c’est parce que le Seigneur t’a aidé à ne pas tomber. Dans ton cœur, les prisonniers ont-ils une place ? Pries-tu pour eux afin que le Seigneur les aide à changer de vie ? Accompagne, Seigneur, notre chemin de Carême pour que l’observation extérieure corresponde à un profond renouvellement de l’Esprit. Voilà notre prière. Que le Seigneur nous donne cette grâce ».
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 21 Fév 2015, 10:43 pm

1er Dimanche de Carême 2015

Au désert

Le désert symbolise le silence intérieur, il invite à la prière et à la contemplation. Il y a aussi des déserts de douleurs dans lesquels tant d'hommes, de femmes et d'enfants luttent, souffrent et espèrent. Prions avec eux.

Ne nous oubliez pas ! II

Découvrez, au long du carême 2015 des extraits du livre d'entretiens avec Mgr Louis Rapahaël Sako, patriarche des chrétiens d'Irak, écrit par la journaliste Laurence Desjoyaux. Publié en février 2015


Vous avez évoqué les incompréhensions des musulmans envers le christianisme. Quelles sont, à l'inverse, les réticences des chrétiens vis-à-vis de l'islam ?

Certains pensent que les musulmans ne sont pas profonds, sont extrémistes, fanatiques, très fermés sur eux-mêmes, et que leur religion est violente. Étant donné l'histoire de l'expansion de l'islam, d'un certain côté, on peut les comprendre. On ne peut nier qu'il y a entre chrétiens et musulmans de nombreuses blessures historiques. Pendant toute l'histoire de l'Irak, des chrétiens ont été persécutés par des musulmans et cela a forcément marqué leur vision de l'islam. Mais je crois qu'aujourd'hui, il faut arriver à dépasser ces blessures et à s'ouvrir au présent et à l'avenir.


Et comment peut-on dépasser ces craintes et ces préjugés réciproques ?

Cela commence par l'amitié. Lorsque j'étais responsable du séminaire et curé à Mossoul, j'ai noué de vraies amitiés avec des clercs et des intellectuels musulmans. Au début, c'était surtout des visites. Puis nous avons organisé ensemble une série de conférences sur des thèmes religieux. Nous avons appelé cela le « Forum théologique ». C'est ainsi qu'avant la chute du régime, au tout début des années 2000, nous avons passé en revue, trois années durant,  différents sujets religieux. Une fois, par exemple, nous avons abordé le thème de la prière.

Un chrétien présentait ce qu'est la prière chez les chrétiens et un musulman faisait de même concernant la notion de prière chez les musulmans. Ensuite, il y avait une discussion libre, des questions, et puis nous prenions un rafraîchissement, bref, nous nous parlions ! De la même manière, nous avons eu l'occasion d'aborder le jeûne, le carême, le ramadan, l'aumône, ainsi que le regard porté sur l'autre religion : moi, chrétien, comment je vois les musulmans, et vice-versa. Nous avons même pu discuter des questions plus complexes de la Trinité, de l'incarnation et des Écritures. La majorité des participants musulmans étaient sunnites, à l'image de la ville de Mossoul dont la population est majoritairement sunnite.

Des chefs religieux, des professeurs d'université ou de simples gens, hommes et femmes, assistaient aux conférences. Nous avons évidemment constaté des points communs entre nos religions: le respect de la personne humaine, l'éducation, la justice sociale, mais aussi des problématiques qui concernaient spécifiquement l'Irak comme la nécessité d'améliorer l'alphabétisation des enfants ou la lutte contre la peine de mort, toujours en vigueur chez nous. Les musulmans avec qui nous discutions étaient prêts à supprimer cette peine de la Constitution. Le dialogue passe aussi par des actions concrètes. Dans ma paroisse à Mossoul, j'avais ouvert une école. Les élèves étaient chrétiens et musulmans, tout comme les professeurs. On enseignait l'islam et le christianisme.

À Noël ou à Pâques, les musulmans venaient à l'église pour découvrir nos fêtes. Le dimanche des Rameaux, en particulier, tous participaient. Plus tard, j'ai ouvert un dispensaire où tous pouvaient se faire soigner. Nous donnions le témoignage qu'il était possible de vivre ensemble et que tous ces liens tissés nous ont beaucoup aidés. Quand le régime de Saddam Hussein est tombé, en 2003, chrétiens et musulmans sont allés protéger les églises et les mosquées de Mossoul contre les terroristes. C'étaient des gestes spontanés, grâce aux rencontres et aux amitiés créées. À Mossoul, malheureusement, beaucoup de mes amis musulmans ont été tués dans les violences qui n'ont cessé de déchirer la ville depuis l'arrivée des Américains.



Avez-vous poursuivi ce travail de dialogue lorsque vous avez été nommé archevêque de Kirkouk?


….La réponse à lire dimanche prochain...


Dernière édition par Capucine le Sam 21 Fév 2015, 10:47 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 21 Fév 2015, 10:45 pm

Le Notre-Père en Araméen

Le Notre-Père dans la langue du Christ

Ecoutez la prière du Notre-Père en araméen (aujourd'hui chaldéen), la langue du Christ.

http://croire.com/Definitions/Ecole-de-priere/Notre-Pere/Le-Notre-Pere-dans-la-langue-du-Christ

awoun d-wašmayya, neṯqaddaš šmaḵ, tété malkouṯaḵ, nehwé ṣewyanaḵ, aykanna d-wašmayya ap b-ar‘a.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.



hawlan laḥma d-sounqanan yawmana, wašwoq lan ḥawbayn waḥṭahayn, aykanna d-ap ḥnan šwaqen l-ḥayyawayn.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.



u-la ta‘lan l-nesyona, ella paṣṣan men biša, meṭṭol d-ḏilaḵi malkouṯa u-ḥayla u-tešboḥta l-‘alam ‘almin. amén.

Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Dim 22 Fév 2015, 4:05 am

le Pape exhorte les fidèles, en ce temps de Carême, à corriger leurs défauts

2015-02-22 Radio Vatican

« Le Carême est un temps de lutte spirituelle contre l’esprit du mal ». Le Pape François, lors de la prière de l’angélus, s'attardant sur l’Évangile de ce dimanche - Évangile de JESUS Christ selon saint Marc, qui retrace les quarante jours que JESUS passa dans le désert, « tenté par Satan » - propose une réflexion sur le sens de cette période qui constitue une épreuve que JESUS s’impose avant d’initier sa mission et dont il sort « vainqueur ».

« Durant ces quarante jours de solitude, il affronte Satan, au corps à corps, il démasque ses tentations et parvient à le vaincre ». Le Saint-Père exhorte alors chacun de nous à « protéger dans notre vie quotidienne cette victoire ». Et, indique-t-il, « alors que nous traversons le désert en cette période de Carême, nous devons avoir les yeux tournés vers Pâques qui est la victoire définitive de JESUS conter le malin, contre le péché et la mort ».

« Suivre de façon décisive la route tracée par JESUS, celle qui conduit à la vie, c’est le sens de ce premier dimanche de Carême. Et cette route, précise le Pape, passe par le désert qui est le lieu où l’on peut écouter la voix de Dieu et la voix du tentateur. Dans le bruit, dans la confusion, ce n’est pas possible ; on entend seulement les voix superficielles. En revanche, dans le désert, on peut descendre en profondeur, là où se joue vraiment notre destin, la vie ou la mort ».

Mais comment entendons-nous la voix de Dieu ? interroge le Saint-Père. « Nous l'entendons à travers sa Parole. C’est pour cette raison qu’il est important de connaître les Écritures, sinon nous ne savons pas répondre aux attaques du malin ». Le désert du Carême, ajoute le Pape, « nous aide à dire non à la mondanité, aux “idoles”, il nous aide à faire des choix courageux en conformité avec l'Évangile et à renforcer la solidarité avec nos frères ».

Le Souverain Pontife invite les fidèles à prier « pour que dans ce désert, nous puissions écouter la voix de JESUS, corriger tous nos défauts et lutter contre les tentations de chaque jour ». Le Carême, rappelle-t-il, « est un temps de conversion qui a comme centre le cœur ». A l’issue de la prière de l’angélus le Saint-Père a fait un don aux fidèles présents Place saint-Pierre : un livret de poche intitulé « prends soin du cœur ». 50'000 exemplaires de ce recueil d'une trentaine de pages, renfermant notamment certains enseignements de JESUS, ont été distribués par des volontaires dont de nombreux SDF.

Le Pape a par ailleurs rappelé que ce dimanche après-midi il débuterait, avec les membres de la curie romaine, la semaine d’exercices spirituels de Carême. Elle se déroulera à Ariccia, à une trentaine de kilomètres de Rome. Cette année, les méditations seront proposées par un carme italien, le père Bruno Secondin. Pendant toute la durée de la retraite, qui s’achèvera vendredi 27 février, toutes les audiences pontificales, y compris l’audience générale hebdomadaire du mercredi, sont suspendues.
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 28 Fév 2015, 10:17 pm

2e dimanche de Carême
1er mars 2015
Les yeux fixés sur lui


JESUS est transfiguré sur la montagne.
Il est le Fils du Père, il révèle la tendresse infinie de Dieu,
il donne sa vie pour dire l'amour total de Dieu pour tous.
Rejoignons ceux qui, en Irak, ont les yeux fixés sur Lui
pour traverser le mal qui les accable.


Ne nous oubliez pas ! III

Monseigneur Louis Raphaël Sako -le patriarche des Chaldéens- sur « le dialogue avec l’Islam ». Extraits du tout nouvel ouvrage « Ne nous oubliez pas » Bayard 2015 entretiens avec Laurence Desjoyaux. Emouvant !


Avez-vous poursuivi ce travail de dialogue lorsque vous avez été nommé archevêque de Kirkouk ?


Oui, plus encore ! Une fois évêque, j'avais encore plus de contacts avec les responsables de gouvernements, les partis politiques, les imams.

Dans cette ville située au nord de Bagdad, la tension après la chute de Saddam Hussein était extrême. Les voitures piégées explosaient quasi quotidiennement - c'est toujours le cas - , il y avait beaucoup d'enlèvements et d'attentats. C'était une zone dite «disputée». Le Kurdistan irakien et l'État central irakien revendiquaient tous les deux leurs droits sur cette ville. Il y avait aussi des tensions avec la communauté turkmène et entre chiites et sunnites. Kirkouk, est en quelque sorte un concentré de toutes les rivalités irakiennes.

L'enjeu est de taille car autour de la ville se trouve la deuxième plus grande réserve de pétrole du pays. Chaque jour, une fortune en or noir sort de la terre. Au milieu de ces conflits permanents, les chrétiens n'ont pas été épargnés. Trente et un sont morts depuis 2003. Ils n'ont pas forcément été tués parce qu'ils étaient chrétiens, mais plutôt parce qu'ils ont traversé la rue ou qu'ils sont sortis faire leurs· courses au marché au moment où un kamikaze avait décidé d'y faire sauter sa voiture. Certains ont été enlevés. On parle beaucoup de terrorisme, d'Al-Qaïda, etc., mais à mon avis, ces enlèvements étaient liés à des problèmes politiques, des jeux complexes à plusieurs bandes dont les chrétiens étaient les victimes collatérales. Parfois, lorsqu'il y avait un problème entre les Kurdes et les autres, au même moment une bombe explosait près d'une église.

Le but était de nous faire comprendre que nous n'avions pas d'autre choix que de prendre parti pour l'un ou pour l'autre ... Ce qui est terrible, c'est que ces voitures piégées étaient un moyen pour ces groupes de se faire passer des messages. Mais pourquoi ne pas se parler? Lors de l'arrivée de l' « État islamique » en Irak, en juin 2014, la ville est tombée dans l'escarcelle des Kurdes. Les peshmergas s'en sont emparés à la faveur de la déroute de l'armée irakienne et ils protègent la ville jusqu'à aujourd'hui.

Dans cette violence quotidienne, le dialogue a pris des formes très concrètes. Quand j'étais archevêque, de 2003 à 2013, lorsqu'il y avait une explosion, nous allions très souvent avec un imam à l'hôpital pour visiter les blessés et je donnais un petit cadeau au nom des chrétiens. Une année, j'ai publié le calendrier du ramadan et je l'ai distribué gratuitement dans les mosquées. Ce sont des petits gestes, mais cela marque les esprits ! Avec tous les chefs religieux, nous nous rencontrions régulièrement pour discuter ensemble de la situation de la ville. À la fin, nous faisions des déclarations communes pour la paix. Des liens très forts se sont noués. Un jour, je me suis rendu dans une mosquée pour faire un discours. Cela n'était jamais arrivé avant. De mon côté, j'ai organisé trois prières communes entre chrétiens et musulmans. J'avais fait une sélection de chants, de psaumes et de lectures de la Bible et j'avais demandé à un imam de lire un extrait du Coran. Puis il y a eu un discours de ma part, un autre d'un chiite et un troisième d'un sunnite. J'avais même demandé à des femmes musulmanes de lire des textes dans l'église. Pour Kirkouk, c'était une révolution ! Les gens trouvaient cela si beau qu'ils ne voulaient plus sortir de la cathédrale. Ils n'étaient pas habitués à entendre des hymnes chantés par notre chorale ...

Comment, concrètement, avez-vous réussi à réunir ces personnes qui ne se parlaient par ailleurs qu'à coups d'explosifs ?

…. La réponse à lire dimanche prochain...

http://croire.com/Definitions/Vie-chretienne/Chretiens-d-Orient/Ne-nous-oubliez-pas-!-III


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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 28 Fév 2015, 10:20 pm

Le Notre-Père dans la langue du Christ

Ecoutez la prière du Notre-Père en araméen (aujourd'hui chaldéen), la langue du Christ.

Le Notre-Père en Araméen

awoun d-wašmayya, neṯqaddaš šmaḵ, tété malkouṯaḵ, nehwé ṣewyanaḵ, aykanna d-wašmayya ap b-ar‘a.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.



hawlan laḥma d-sounqanan yawmana, wašwoq lan ḥawbayn waḥṭahayn, aykanna d-ap ḥnan šwaqen l-ḥayyawayn.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.


u-la ta‘lan l-nesyona, ella paṣṣan men biša, meṭṭol d-ḏilaḵi malkouṯa u-ḥayla u-tešboḥta l-‘alam ‘almin. amén.

Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen

pour écouter la vidéo : http://croire.com/Definitions/Ecole-de-priere/Notre-Pere/Le-Notre-Pere-dans-la-langue-du-Christ

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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 07 Mar 2015, 9:40 pm

3e dimanche de Carême
8 mars 2015
Si obscurs !


Dieu sait que l'homme est en équilibre entre le meilleur et le pire.
Prions aujourd'hui avec nos frères d'Irak qui subissent l'horreur du plus obscur de ce dont l'homme est capable.


En Irak, la majorité de la population est de confession musulmane. Mais des Irakiens d'autres religions, chrétiennes notamment, vivent sur le même territoire, et ce, depuis plus de 2000 ans. Ces populations, minoritaires, sont aujourd'hui menacées.

Ne nous oubliez pas ! IV


Comment, concrètement, avez-vous réussi à réunir ces personnes qui ne se parlaient par ailleurs qu'à coups d'explosifs ?

Quand les gens, même les imams, sentent que vous les aimez et que vous les respectez, c'est gagné ! C'est ce lien personnel qui compte. On ne dialogue pas entre religions ni entre concepts, mais entre personnes ! Les gens de toutes les communautés savaient que chez nous, à l'évêché, ils trouveraient un soutien. Alors dès qu'il y avait un incident ou un problème, ils venaient demander conseil. Cette amitié profonde est d'abord humaine puis spirituelle lorsque l'on parle ensemble de Dieu, du bien, de la justice, du respect et du pardon.

Plusieurs fois, je suis allé sur les plateaux de télévision, avec l'un ou l'autre responsable religieux musulman, pour adresser un mot à la population ou calmer une situation politique. Nous avons souvent répété ensemble que la violence n'était pas un moyen d'obtenir le pouvoir. Qu'il ne fallait pas tuer les gens mais les respecter, et qu'il fallait promouvoir le dialogue et la paix. Cette parole commune avait du poids. J'avais un avantage qui m'a permis de gagner la sympathie de tous les musulmans de la ville : j'avais étudié l'islam, j'en avais fait une maîtrise à Rome. Pour eux, un chrétien, qui plus est un évêque, qui connaît bien l'islam, c'est un peu étrange et ils le respectent beaucoup.

J'ai publié plusieurs articles sur l'islam et j'ai fait un petit opuscule expliquant comment présenter le christianisme aux musulmans et comment présenter l'islam aux chrétiens en se basant sur les sources des deux religions et en utilisant un vocabulaire proche de la mentalité des gens. Enfin, si j'ai réussi à réunir les gens, c'est surtout parce que j'aime cela, ces relations humaines. Petit à petit l'évêché est devenu le point de référence pour les habitants de Kirkouk et pour les autorités politiques et religieuses. Même les partis venaient nous demander conseil !


Avez-vous obtenu des avancées concrètes pour la paix dans la ville?

Oui. Et c'est vraiment là la vocation des chrétiens en Irak : servir de pont pour la réconciliation entre les communautés. J'ai organisé au moins dix colloques réunissant les autorités politiques et religieuses. Tous les ans, j'offrais un grand repas pendant le ramadan et il y avait plusieurs centaines de personnes. Tous le disaient : « Seule l'Église arrive à nous réunir ! » Les Kurdes ne voulaient pas aller chez les Arabes, les Arabes chez les Kurdes et de même entre chiites et sunnites, mais quand l'Église invitait, tous venaient !

J'ai constaté aussi cela à Bagdad, d'ailleurs. Le résultat concret, en plus de l'amitié que nous avons pu développer, c'est que nous avons rédigé une convention en dix points pour travailler sur la paix à Kirkouk. Chacun devait former la jeunesse à la paix, au pardon et non pas à la violence, il était interdit de dire du mal des autres communautés dans les prêches ou les sermons, de se venger. Nous devions veiller à renforcer la convivialité, le respect entre les personnes et les groupes, même vis-à-vis des religions minoritaires.

Tous les acteurs de la ville ont juré, à l'évêché, d'œuvrer pour la paix et la sécurité de la ville et de ne pas laisser les terroristes y entrer, ni en les aidant, ni en les finançant d'une manière ou d'une autre. Cela n'a pas empêché les bombes d'exploser, mais justement, vu le contexte, ces rencontres et ce plan de paix étaient un exploit ...


Ces tentatives de dialogue devaient tout de même en énerver plus d'un ...

…. La réponse à lire dimanche prochain...ne nous oubliez pas ! IV







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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 07 Mar 2015, 9:43 pm

Le Notre-Père dans la langue du Christ

Ecoutez la prière du Notre-Père en araméen (aujourd'hui chaldéen), la langue du Christ

Le Notre-Père en Araméen

awoun d-wašmayya, neṯqaddaš šmaḵ, tété malkouṯaḵ, nehwé ṣewyanaḵ, aykanna d-wašmayya ap b-ar‘a.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.



hawlan laḥma d-sounqanan yawmana, wašwoq lan ḥawbayn waḥṭahayn, aykanna d-ap ḥnan šwaqen l-ḥayyawayn.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.



u-la ta‘lan l-nesyona, ella paṣṣan men biša, meṭṭol d-ḏilaḵi malkouṯa u-ḥayla u-tešboḥta l-‘alam ‘almin. amén.

Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen

http://croire.com/Definitions/Ecole-de-priere/Notre-Pere/Le-Notre-Pere-dans-la-langue-du-Christ

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MessageSujet: Re: Carême 2015   Dim 15 Mar 2015, 6:49 am

4e dimanche de Carême
15 mars 2015

Eclairer les cœurs


Des hommes préfèrent les ténèbres à la lumière.
Prions pour que la lumière du Seigneur éclaire les cœurs de ceux qui sont plongés dans les ténèbres de la haine et du fanatisme en Irak
et partout dans le monde.


Ne nous oubliez pas ! V

Ces tentatives de dialogue devaient tout de même en énerver plus d'un...

Il y a clairement des gens qui ne supportent pas le dialogue ou le rapport avec les chrétiens. De même que les islamistes ne supportent pas les imams jugés trop tièdes. Mais je peux témoigner qu'il y avait aussi dans toutes les communautés de la ville des personnes de bonne volonté. Il y avait notamment trois imams qui avaient le courage de parler des chrétiens à l'intérieur même de leur mosquée ! Jusqu'alors ça ne se faisait pas tellement. « Les chrétiens sont nos frères, expliquaient-ils, vous avez été mal informés sur qui ils sont ... » Et ils parlaient du rôle de l'évêché ! Quand un responsable du gouvernement régional kurde ou bien du gouvernement central de Bagdad venait à Kirkouk, on m'invitait systématiquement à le rencontrer. Non pas comme archevêque, mais parce que j'étais devenu le porte-parole des responsables religieux de la ville, chrétiens comme musulmans.

Tous disaient : « C'est l'évêque qui nous représente, nous avons confiance en lui. » Quand il y a eu l'attentat à la cathédrale de Bagdad en 2010, ces responsables ont tout de suite condamné ce geste. Ils ont mis des affiches dans toutes les rues de Kirkouk pour dénoncer ce massacre. Dans les mosquées, la majorité des imams ont condamné ces terroristes en expliquant qu'ils étaient contre l'islam et qu'ils ne représentaient pas l'islam ...

À Bagdad, en tant que patriarche, avez-vous pu continuer à œuvrer en ce sens ?


J'y vis depuis un an et demi et j'entretiens bien sûr des liens avec les musulmans. Je suis présent dans la vie de Bagdad et je rencontre les plus hautes autorités du pays. Je donne des interviews à la télévision et dans les médias où je plaide pour l'unité du pays, pour le dialogue et contre la violence. Sans cesse, je plaide pour un meilleur avenir et pour plus d'égalité pour les citoyens.

J'essaie aussi d'agir sur le terrain. En mars 2014, par exemple, je suis allé à la grande mosquée sunnite d'Um al-Qura pour distribuer avec la Caritas des biens de première nécessité à un millier de familles qui avaient fui les combats dans la région d'Anbar et s'y étaient réfugiés. Là-bas, j'ai rappelé que la solidarité entre les hommes quelle que soit leur religion devait prendre des formes concrètes et ne pas être seulement des mots ...

Il y a une thématique que vous n'avez encore pas abordée, celle des conversions. Est-ce le sujet tabou dans le dialogue entre musulmans et chrétiens ?

…. La réponse à lire dimanche prochain...
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Dim 15 Mar 2015, 6:56 am

Le Notre-Père dans la langue du Christ

Ecoutez la prière du Notre-Père en araméen (aujourd'hui chaldéen), la langue du Christ

Le Notre-Père en Araméen

awoun d-wašmayya, neṯqaddaš šmaḵ, tété malkouṯaḵ, nehwé ṣewyanaḵ, aykanna d-wašmayya ap b-ar‘a.

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.



hawlan laḥma d-sounqanan yawmana, wašwoq lan ḥawbayn waḥṭahayn, aykanna d-ap ḥnan šwaqen l-ḥayyawayn.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.



u-la ta‘lan l-nesyona, ella paṣṣan men biša, meṭṭol d-ḏilaḵi malkouṯa u-ḥayla u-tešboḥta l-‘alam ‘almin. amén.

Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen

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Capucine
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 21 Mar 2015, 10:34 pm

5e dimanche de Carême
22 mars 2015
Grandir en fraternité


Lorsque le mal se déchaîne, lorsque la vie est menacée, lorsque les martyrs tombent sous les balles ou les épées, comment garder la foi ?
En faisant grandir la fraternité !
Prions encore pour nos frères d'Irak, ils comptent sur nous.


Ne nous oubliez pas ! VI


Il y a une thématique que vous n'avez encore pas abordée, celle des conversions. Est-ce le sujet tabou dans le dialogue entre musulmans et chrétiens ?


Le problème des conversions est lié à toute l'histoire de l'islam. Le Prophète lui-même avait interdit la conversion à d'autres religions pour y mettre un terme. On tue les convertis parce que c'est une trahison. Il se peut que cet interdit soit un héritage des Persans, car la culture persane a beaucoup influencé l'Islam. Il y avait une loi similaire. Un mage ou un zoroastrien ne pouvait pas changer de religion.

En Irak aujourd'hui, il y a des conversions secrètes, cela existe. Des musulmans sont touchés par l'Évangile, notamment par le discours sur la montagne et en particulier le passage des Béatitudes : «Heureux êtes-vous ... » Quand ils se présentent à moi, je leur donne le Nouveau Testament ou bien un petit manuel de religion très bien fait. Je ne peux pas vous donner de chiffres ni trop de détails, mais je peux vous dire que beaucoup de gens viennent nous voir. On refuse, bien sûr, de les accueillir sans précautions. Si l'on arrive à mettre en place un accompagnement, celui-ci est extrêmement discret et peut durer très longtemps avant d'aboutir éventuellement au baptême.

Il existe des cas de musulmans convertis qui vivent en Irak. Mais ce n'est pas facile de trouver quelqu'un qui veuille les aider, car c'est très risqué. Le livre de l'Irakien Joseph Fadelle, intitulé Le prix à payer et racontant sa conversion, a eu beaucoup d'écho. Il y a d'autres Joseph Fadelle en Irak. Je connais même deux prêtres qui sont des musulmans convertis, et des moines aussi. Dans l'immense majorité des cas, les gens qui veulent vraiment se convertir quittent le pays pour être baptisés.

Ici, c'est interdit et si cela se sait, c'est la mort presque assurée. La famille va se venger. Ce n'est pas l'État qui condamne à la peine de mort. Le prosélytisme est passible de peine capitale mais pas la conversion. Mais il est presque impossible de se convertir publiquement. La tribu, les voisins, ou d'autres musulmans, vont forcément finir par tuer le converti. En revanche, un chrétien peut se convertir à l'islam très facilement, ça c'est dans le Coran. Mais je connais très peu de cas. Avant, il y a cinquante ans, un musulman qui voulait épouser une fille chrétienne l'enlevait - avec ou sans son accord d'ailleurs, parce que parfois c'était un peu de la mise en scène - pour la forcer à se convertir l'islam.

Aujourd'hui, cela n'existe plus. Dans les rares cas où une femme chrétienne se convertit à l'islam et où elle quitte son mari chrétien pour vivre avec un musulman, ce qui est hautement injuste, c'est que tous ses enfants, même s'ils ne vivent plus avec leur mère, sont automatiquement enregistrés comme musulmans. Cela pose de graves problèmes. En effet, en Irak, la religion est inscrite sur la carte d'identité. Ces enfants qui sont donc chrétiens et ne veulent pas se convertir se retrouvent musulmans de fait. Ce sont des cas rares, bien sûr, mais très injustes et très douloureux. Le problème principal dans tout cela, c'est cette mention de la religion sur les papiers d'identité. Cela signifie que nous sommes évalués selon notre religion !

La solution, à mon sens, serait d'enlever cette inscription et de favoriser une citoyenneté commune, sans discrimination religieuse, afin que les non-musulmans cessent d'être des citoyens de seconde classe qui ne disposent pas des mêmes droits ! L'Irak devrait prendre exemple de la nouvelle constitution tunisienne qui l'a supprimée. Et j'espère que petit à petit, les autres pays imiteront la Tunisie. C'est seulement à cette condition que les gens seront vraiment libres. Un chrétien pourra épouser une musulmane et réciproquement.

Avec les autorités musulmanes, il est très difficile d'évoquer ce sujet. Effectivement, c'est une des limites du dialogue. Ou alors elles disent : « Oui, pourquoi pas », mais en fait, ce ne sont que des paroles. Elles ne font rien et ne le feront jamais. Là ça va trop loin. Je crois que c'est à l'État de mener une telle réforme et aux institutions internationales telles que l'ONU d'exiger un changement de cette disposition qui porte atteinte aux droits fondamentaux de l'homme. Même d'un point de vue religieux, je trouve que l'interdiction de se convertir n'a pas de sens. Quelle est la valeur de la foi si elle est seulement héréditaire, routinière, voire une obligation sociale ? Qu'on soit chrétien ou musulman, la foi doit être personnelle pour avoir un sens.


Comment ce dialogue, dont vous avez évoqué la réalité et les limites, a-t-il résisté à l'arrivée de l'« État islamique» ?

…. La réponse à lire dimanche prochain...




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MessageSujet: Re: Carême 2015   Sam 28 Mar 2015, 11:01 pm

Dimanche des Rameaux 2015


Chemin de croix



Depuis des années, nos frères irakiens parcourent un long et douloureux chemin de croix à cause de leur foi en Dieu.
Comme le Christ, ils sont trahis, battus, moqués, menacés, assassinés ! Soutenons nos frères !



Ne nous oubliez pas ! VII

Comment ce dialogue, dont vous avez évoqué la réalité et les limites, a-t-il résisté à l'arrivée de l'« État islamique» ?

Mgr Yousif Thomas, qui est maintenant l'archevêque de Kirkouk, a continué à entretenir ces liens avec les musulmans. À Bagdad aussi, jusqu'à maintenant, nous arrivons à conserver ces relations. La plupart d'entre eux rejettent l'idéologie violente et terroriste de cet autoproclamé «État islamique». Mais dans le même temps, je perçois un phénomène de radicalisation des musulmans en Irak. On voit plus de signes et de comportements religieux dans les rues, plus de niqabs par exemple.

Ces personnes cherchent par-là à préserver leur identité qu'elles sentent menacée. Elles ont peur de la culture et des mœurs occidentales dont elles voient les effets à la télévision ou lors de voyages. Toute cette mentalité libérale, l'homosexualité, le divorce, les relations avant le mariage ou le mariage civil, cela les choque beaucoup, tout comme cette tendance à la pornographie. Les gens ne comprennent pas. C'est l'une des raisons de cette radicalisation. Il y en a d'autres, d'ordre plus géopolitique. Ils ont l'impression d'être les perdants du grand jeu mondial, que les Occidentaux sont à la botte des Israéliens qu'ils haïssent, qu'on leur prend leur pétrole, qu'on les exploite.


Selon vous, les autorités religieuses musulmanes ont-elles condamné assez fermement l'« État islamique» ?

Ces condamnations ont été un peu timides. Quelques semaines après l'arrivée de Daesh, je suis allé voir l'ayatollah Sistani, la plus haute autorité chiite en Irak. C'était la première fois que je le rencontrais, un homme très respectueux et très austère. Je me suis rendu à à Najaf, dans la petite maison très simple qu'il habite. Il a bien sûr condamné les attaques contre les chrétiens. Je lui ai demandé d'en parler publiquement, de publier une fatwa.

Il m'a répondu: «Ils ne vont pas m'écouter, comme les chrétiens n'écoutent pas le pape ! » Il est très gentil, mais il a un peu botté en touche ... Tous les musulmans disent que Daesh ne représente pas l'islam, que le Front Al-Nos ra ne représente pas l'islam, qu'Al-Qaïda ne représente pas l'islam. Et c'est vrai, bien évidemment ! Mais toutes ces idéologies dévastatrices commettent leur crime au nom de l'islam et de sa pureté.

C'est pourquoi la faiblesse des réactions de la communauté musulmane « officielle » est assez choquante. Je crois que ces réactions montrent à la fois la faiblesse du leadership musulman au niveau du monde - il n'y a pas de voix forte qui peut parler au nom des musulmans - et le fait que beaucoup de responsables religieux ont sous-estimé, du moins au début, le danger que représentait 1'« État islamique».

J'ai écrit une lettre ouverte à mes frères et sœurs musulmans dans le monde entier que j'ai publiée fin novembre 2014 durant la conférence internationale de Vienne organisée par le Centre saoudien pour le dialogue interreligieux et culturel (Kaiicid). J'ai écrit qu'il fallait que les musulmans se battent eux-mêmes contre cette violence perpétrée au nom de la religion. Cette lutte ne doit pas venir uniquement de l'extérieur ... Il faut que les musulmans sortent dans la rue et qu'ils disent : « Voilà notre islam ! », que leurs grands intellectuels réfutent ce fléau de façon plus vigoureuse sur le plan du droit.

De même, ils doivent condamner les attaques contre les chrétiens et ne pas se contenter de dire qu'un musulman ne peut pas nuire à un autre musulman. Il faut dire : « Un musulman ne doit pas tuer un innocent ! » Il faut éduquer et orienter les gens, autrement c'est le chaos. À mon avis, il faut que les musulmans développent une nouvelle culture, avec plus de modération, qu'ils changent le programme d'enseignement religieux ou bien le mettent à jour. Dans les mosquées, il faudrait parler des valeurs très positives de la justice, du respect, de la citoyenneté, de l'honneur, des droits de l'homme, et non pas lancer des provocations et mettre des barrières entre les gens : les musulmans contre les non-musulmans, les chiites contre les sunnites. Sinon cette violence cela ne s'arrêtera jamais !


Vous avez espoir que cela arrive un jour ?

Les musulmans vont y être obligés, mais cela prend du temps. Car l' « État islamique » est un danger d'abord pour eux! Les chrétiens partiront, et puis ils vont se massacrer entre eux. Cette mentalité fanatique fait beaucoup de dégâts. Regardez le nombre de morts musulmans en Irak, c'est terrifiant ... Mais pourquoi ? Et après ? Que va-t-il se passer? Cela n'a pas de sens, donc pas d'avenir. Une réaction contre ce fanatisme peut sans doute venir de la base musulmane qui veut vivre en paix et en sécurité.

En tout cas je l'espère.
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MessageSujet: Re: Carême 2015   Dim 29 Mar 2015, 10:21 pm



Bonjour Capucine,



Citation :
Selon vous, les autorités religieuses musulmanes ont-elles condamné assez fermement l'« État islamique» ?

Ces condamnations ont été un peu timides. Quelques semaines après l'arrivée de Daesh, je suis allé voir l'ayatollah Sistani, la plus haute autorité chiite en Irak. C'était la première fois que je le rencontrais, un homme très respectueux et très austère. Je me suis rendu à à Najaf, dans la petite maison très simple qu'il habite. Il a bien sûr condamné les attaques contre les chrétiens. Je lui ai demandé d'en parler publiquement, de publier une fatwa.

Il m'a répondu: «Ils ne vont pas m'écouter, comme les chrétiens n'écoutent pas le pape ! » Il est très gentil, mais il a un peu botté en touche ... Tous les musulmans disent que Daesh ne représente pas l'islam, que le Front Al-Nos ra ne représente pas l'islam, qu'Al-Qaïda ne représente pas l'islam. Et c'est vrai, bien évidemment ! Mais toutes ces idéologies dévastatrices commettent leur crime au nom de l'islam et de sa pureté.

C'est pourquoi la faiblesse des réactions de la communauté musulmane « officielle » est assez choquante. Je crois que ces réactions montrent à la fois la faiblesse du leadership musulman au niveau du monde - il n'y a pas de voix forte qui peut parler au nom des musulmans - et le fait que beaucoup de responsables religieux ont sous-estimé, du moins au début, le danger que représentait 1'« État islamique».

J'ai écrit une lettre ouverte à mes frères et sœurs musulmans dans le monde entier que j'ai publiée fin novembre 2014 durant la conférence internationale de Vienne organisée par le Centre saoudien pour le dialogue interreligieux et culturel (Kaiicid). J'ai écrit qu'il fallait que les musulmans se battent eux-mêmes contre cette violence perpétrée au nom de la religion. Cette lutte ne doit pas venir uniquement de l'extérieur ... Il faut que les musulmans sortent dans la rue et qu'ils disent : « Voilà notre islam ! », que leurs grands intellectuels réfutent ce fléau de façon plus vigoureuse sur le plan du droit.

De même, ils doivent condamner les attaques contre les chrétiens et ne pas se contenter de dire qu'un musulman ne peut pas nuire à un autre musulman. Il faut dire : « Un musulman ne doit pas tuer un innocent ! » Il faut éduquer et orienter les gens, autrement c'est le chaos. À mon avis, il faut que les musulmans développent une nouvelle culture, avec plus de modération, qu'ils changent le programme d'enseignement religieux ou bien le mettent à jour. Dans les mosquées, il faudrait parler des valeurs très positives de la justice, du respect, de la citoyenneté, de l'honneur, des droits de l'homme, et non pas lancer des provocations et mettre des barrières entre les gens : les musulmans contre les non-musulmans, les chiites contre les sunnites. Sinon cette violence cela ne s'arrêtera jamais !


Vous avez espoir que cela arrive un jour ?

Les musulmans vont y être obligés, mais cela prend du temps. Car l' « État islamique » est un danger d'abord pour eux! Les chrétiens partiront, et puis ils vont se massacrer entre eux. Cette mentalité fanatique fait beaucoup de dégâts. Regardez le nombre de morts musulmans en Irak, c'est terrifiant ... Mais pourquoi ? Et après ? Que va-t-il se passer? Cela n'a pas de sens, donc pas d'avenir. Une réaction contre ce fanatisme peut sans doute venir de la base musulmane qui veut vivre en paix et en sécurité.



Ce sont là de très intéressantes réflexions, Capucine !





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MessageSujet: Re: Carême 2015   Dim 29 Mar 2015, 10:40 pm

Pape François à la Messe des Rameaux : « L'humilité, le chemin de JESUS »

2015-03-29 Radio Vatican

Ce dimanche matin, sur la place Saint-Pierre, le Pape François a donné le coup d’envoi de la Semaine Sainte qui commencé par une procession festive. Le Pape a refait les gestes symboliques évoquant l’entrée triomphale de JESUS à Jérusalem, accueilli par l’enthousiasme des pauvres, séduits par son humilité, sa douceur et sa miséricorde. Après la procession solennelle, il a célébré la messe place Saint-Pierre.

« En cette Semaine, la Semaine Sainte qui nous conduit à Pâques, nous irons sur ce chemin de l’abaissement de JESUS. » Car, rappelle la Pape dans son homélie, au centre de la célébration du dimanche des Rameaux « qui apparait si festive », il y a l’abaissement de JESUS -expression utilisée dans la Lettre aux Philippiens- l’humilité. « S’abaisser est avant tout le style de Dieu : dieu s’abaisse pour marcher avec son peuple, pour supporter ses infidélités ».

Pas d'humilité, sans humiliation

Mépris, tromperie, trahison, arrestation, abandon, condamnation à mort, reniement, raillerie, couronnement d’épines... François énumère les épreuves qu’endurera JESUS en cette Semaine Sainte. « Il n’existe pas d’humilité sans humiliation ». Le chemin de l’humilité est le chemin de Dieu. « il n’en existe pas d’autre ».

En parcourant jusqu’au bout cette route, le Fils de Dieu a assumé la « condition de serviteur ». Humilité veut dire service, souligne François. Cela veut dire « laisser la place à Dieu, se dépouiller de soi-même, “se vidant”, comme dit l’Écriture (v. 7). C’est l’humiliation la plus grande. »

Il existe une autre voie, celle de la mondanité que le Pape rejette, car elle est « contraire au Christ ». Dans le désert, JESUS a refusé cet offre proposé par le malin, et « avec Lui, nous aussi nous pouvons vaincre cette tentation, non seulement dans les grandes occasions, mais dans les circonstances ordinaires de la vie. »

Suivre JESUS et les martyrs d'aujourd'hui

François salue l’exemple de beaucoup d’hommes et de femmes qui, « dans le silence et de façon cachée », chaque jour renoncent à eux-mêmes pour servir les autres : un parent malade, un ancien seul, une personne avec un handicap…

Il salue « l’abaissement de tous ceux qui, en raison de leur comportement fidèle à l’Évangile, sont discriminés et paient de leur personne ». Il évoque le sort de ces frères et sœurs persécutés parce que chrétiens, « les martyrs d’aujourd’hui » qui renient pas JESUS et supportent avec dignité des insultes et des outrages, suivant le chemin de JESUS... Une « une nuée de témoins » qu’il nous faut suivre résolument conclut François.
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Carême 2015

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