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 Et maintenant le Kenya

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RAMOSI
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MessageSujet: Et maintenant le Kenya   Ven 21 Nov 2014, 11:06 pm





- Publié le 22/11/2014 à 08:19 - Modifié le 22/11/2014 à 10:23


Vingt-huit passagers d'un bus ont été froidement exécutés samedi dans le nord-est du Kenya, près de la frontière somalienne, une attaque attribuée aux shebab, quelques jours après la fermeture par les autorités kényanes de mosquées radicales et présumées liées aux islamistes somaliens.

"Je peux confirmer (...) que 28 voyageurs innocents ont été brutalement tués par les shebab", a déclaré à l'AFP le chef de la police du département de Mandera, Noah Mwavinda, précisant que les assaillants avaient contraint le bus à s'arrêter, tôt samedi matin, avant de le conduire à l'écart de la route et d'exécuter les passagers identifiés comme n'étant pas musulmans.

La Croix-Rouge kényane a confirmé le bilan sur Twitter, après l'arrivée d'équipes sur les lieux de l'attaque.

Contacté par l'AFP, un porte-parole des shebab s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat.

"Il y avait environ 60 passagers dans le bus (...) les miliciens lui ont tendu une embuscade à environ huit km de la sortie de Mandera, ville frontalière avec la Somalie", a expliqué M. Mwavinda. Le bus, qui se rendait à Nairobi, un trajet d'environ 1.000 km, avait quitté Mandera vers 05H45 (02H45 GMT).

Une fois à l'écart de la route, les assaillants ont contraint les passagers à descendre et ont séparé ceux identifié comme non-musulmans des musulmans, a-t-il précisé.

Ils sont remontés dans le bus avec les non-musulmans et ont tenté de quitter la zone, mais le bus s'est embourbé. "Ils ont donc exécuté leurs prisonniers", a indiqué le policier, ajoutant que les assaillants s'étaient échappés en passant en Somalie.

Un responsable de la police kényane a indiqué à l'AFP que les forces de sécurité "étaient à la recherche de passagers, car certains sont portés manquants".

Le Kenya a été le théâtre d'une série d'attaques attribuées aux shebab depuis que Nairobi a envoyé ses troupes combattre les islamistes dans le sud somalien en octobre 2011.

Les régions frontalières avec la Somalie sont particulièrement touchées et sont le théâtre régulier d'attaque à la grenade ou contre les forces de sécurité.

Abdullahi Abdirahman, un élu de l'assemblée départementale de Mandera, a accusé le gouvernement de Nairobi d'ignorer les appels répétés des responsables locaux à renforcer la présence militaire dans la zone proche de la frontière.

"Nous avons demandé au gouvernement d'assurer la sécurité" sur cette route "mais ils ont fait la sourde oreille et aujourd'hui nous assistons à un massacre qui était évitable", a-t-il déclaré.

L'attaque de ce bus intervient alors que la police kényane a effectué lundi des descentes contre quatre mosquées de Mombasa, deuxième ville du pays, sur la côte kényane, région majoritairement musulmane dans un pays qui se revendique à 80% chrétien.

Ces quatre mosquées - Musa, Sakina, Minaa et Swafaa, situées dans le centre de Mombasa, ont été fermées par les autorités, qui estiment qu'elles sont passées sous le contrôle de prédicateurs radicaux liés aux shebab et servent de bases à la préparation d'attaques.

La police a affirmé y avoir retrouvé des grenades, armes de poing et cocktails Molotov ainsi que des ordinateurs contenant des manuels de formation au terrorisme.

Environ 300 personnes ont été arrêtées et un jeune tué lors de ces opérations, critiquée par la société civile locale qui estime qu'elles risquent surtout d'exacerber les tensions et de radicaliser un peu plus la jeunesse musulmane de la côte.

Lundi soir, après la fermeture des mosquées Musa et Sakina, des jeunes avaient attaqué à l'arme blanche des habitants de Mombasa, tuant quatre personnes.

Trois responsables de la mosquée Musa - dont deux considérés par l'ONU et Washington comme des relais des shebab au Kenya chargés de la collecte de fonds et du recrutement - ont été assassinés ces deux dernières années. Les forces de sécurité kényanes ont été pointées du doigt dans ces meurtres.

En juillet, les shebab avaient revendiqué le mitraillage d'un bus sur la côte kényane, dans la région de l'archipel touristique de Lamu, à une centaine de km de la frontière somalienne, qui avait sept morts.

Une série d'attaques revendiquée par les shebab en juin et juillet dans cette région, visant des villages et des véhicules avaient fait une centaine de morts. Un commando shebab avait notamment attaqué de nuit la localité de Mpeketoni, exécutant froidement 49 personnes, toutes chrétiennes.

L'attaque la plus spectaculaire et meurtrière reste l'assaut mené en septembre 2013 par un commando shebab contre le centre commercial Westgate de Nairobi, qui avait fait au moins 67 morts.



22/11/2014 10:22:14 - Garissa (Kenya) (AFP) - Par Adow JUBAT - © 2014 AFP
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Capucine
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MessageSujet: Re: Et maintenant le Kenya   Sam 22 Nov 2014, 3:01 am

Excuse moi Ramosi, je viens d'ouvrir un fil là-dessus en "actualités".
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RAMOSI
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MessageSujet: Re: Et maintenant le Kenya   Sam 22 Nov 2014, 5:21 am






Bonjour capucine,


Tu es toute excusée, et c'est plutôt moi qui empiète sur tes prérogatives

Mais finalement je pense que comme ce n'est pas dans la même section, ça se complète,

Et ça permet à plus de lecteurs d'être informé des tristes réalités !
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RAMOSI
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MessageSujet: Re: Et maintenant le Kenya   Mar 02 Déc 2014, 8:09 pm



MONDE | mardi 2 décembre 2014 à 17h42

"La logique de guerre des Shebabs s'est étendue au Kenya"


La dernière attaque des Shebabs somaliens a fait au moins 36 morts dans le nord-est du Kenya, à proximité de la frontière avec la Somalie. Une vingtaine d’assaillants ont pénétré en pleine nuit dans une carrière proche de Mandera et ont ouvert le feu sur une tente où dormaient des ouvriers. Cette attaque est la deuxième du genre en une semaine. L'analyse de Benoît Hazard, anthropologue spécialiste de la région au Centre Edgar Morin, à Paris.

Les Shebabs sont-ils en train de monter en puissance ?

En Somalie, il y a une situation d’affaiblissement général des forces Shebab. Mais en même temps, ces forces restent très mobiles et capables d’embrigader au sein des populations Somalies. Dans ce contexte, une nouvelle stratégie est apparue : exporter la logique de guerre au Kenya.

La logique de guerre, qui jusqu’à présent était cantonnée au territoire somalien, s’est étendue au territoire kenyan. On l’a vu de façon assez spectaculaire avec l’attaque contre Wesgate, il y a un peu plus d’un an.

Plus proche de nous, il y a ces deux attaques meurtrières. Est-ce qu’elles sont dans la continuité de l’attaque de l’année dernière ?

Effectivement, les Shebabs s’attaquent à nouveau aux civils dans les zones rurales. On a un nouveau basculement dans l’horreur puisque ce sont principalement des civils, des civils sélectionnés qui sont attaqués. La semaine dernière, dans la province de Mandera, c’est un bus avec 28 passager qui a été enlevé. On a séparé les passagers chrétiens des musulmans pour assassiner tous ceux qui n’étaient pas de confession musulmane. Apparemment, le même scénario s’est produit dans l’attaque de ces dernières heures.

Quel place a, sinon l’Islam, l’argument islamique dans ces attaques ?

Pour les Shababs, il y a un enjeu régional. Ils veulent installer un Califat qui recouvrerait une grande Somalie avec les territoires du Nord Kenya et du Sud Soudan. On en est très loin pour le moment.

Il reste que la cellule qui a revendiqué l’attaque contre la carrière est impliquée dans toute une série d’attentats similaires en Ouganda, au Burundi et sur le territoire kenyan.

Leur ambition est-elle de s’étendre sur un territoire avec une structure politique qui serait celle d’un Califat ou bien de frapper le plus fort possible et parfois le plus loin possible ?

Il y a une logique d’infiltration qui potentiellement peut rebondir dans des connexions ultérieures qui se feraient avec Al-Qaeda.

Julien Jeffredo

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MessageSujet: Re: Et maintenant le Kenya   Jeu 02 Avr 2015, 7:17 pm




Publié le 02-04-2015 • Modifié le 03-04-2015 à 06:46

Kenya: 147 morts dans l'attaque shebab de l'université de Garissa

Par RFI

media
Les secours évacuent une étudiante blessée pendant l’attaque contre l'université de Garissa, revendiquée par les shebabs somaliens.

CARL DE SOUZA / AFP

Au Kenya, l'assaut des forces de sécurité est terminé, selon le ministère de l'Intérieur. Le dernier bilan communiqué par les autorités fait état de 147 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les shebabs somaliens ont très rapidement revendiqué l'attaque et la prise d'otages.

C'est un véritable carnage qui a eu lieu ce 2 avril au Kenya. Le dernier bilan de l'attaque au campus de l'université de Garissa, revendiquée par les shebabs somaliens, s'élève à 147, dont un policier, un militaire et deux des gardiens du campus. 80 autres personnes ont blessés, dont neuf sont dans un état critique. L'opération des forces de l'ordre est terminée. Ce bilan fait de cette prise d'otage le pire attentat commis sur le sol kényan depuis l'attaque contre l'ambassade américaine de Nairobi en 1998.

Jeudi, juste avant l’aube, quatre hommes armés de fusils mitrailleurs AK47 ont pénétré sur le campus de l'université de Garissa. Ces hommes, membres de la milice shebab ont ensuite pris en otage 400 étudiants environ, répartis dans six dortoirs. Ils ont libéré 50 musulmans, gardant captifs les chrétiens, racontent les journalistes présents sur les lieux. Les étudiants qui ont pu échapper au carnage ont raconté que les assaillants ouvraient le feu au hasard et tuaient tous ceux qu'ils croisaient.

Les forces de l'ordre sont arrivées environ une heure après le début de l'attaque et ont encerclé les bâtiments. Durant les quinze heures suivantes, policiers et militaires échangent des coups de feu avec les quatre terroristes avant de lancer un assaut final vers 22 heures. Dans les ultimes instants, plusieurs terroristes explosent avec leurs ceintures piégées sans que l'on sache précisément s’ils ont volontairement actionné leur engin. Plusieurs policiers sont blessés par ces explosions.

« La plupart des étudiant ont été tués avant même que la police n'arrive sur les lieux, rapporte Ahmed Kossa, un journaliste kényan de Star FM, une radio basée à Garissa. Ils sont morts à la suite de tirs à courte distance. Ceux qui ont pu s'échapper nous ont dit que les hommes armés étaient masqués et qu'ils ouvraient le feu au hasard sur les étudiants. Beaucoup de ces étudiants étaient en état de choc et ne comprenaient pas ce qui se passait sur le campus. Par ailleurs, beaucoup des personnes atteintes par les tirs se sont vidées de leur sang pendant le temps de la prise d'otage et en sont mortes. »

Les quatre assaillants tués

Dans la soirée, jeudi, le ministre de l'Intérieur, Joseph Nkaissery, affirmait que « les quatre assaillants [...] avaient tous été tués par les membres des forces de sécurité qui les ont abattus. Les terroristes portaient des explosifs qui ont détonné » lorsqu'ils ont été touchés.

Une prise d’otages par les shebabs visant des étudiants constitue une première, relève Roland Marchal, directeur de recherches au CNRS et chercheur à Sciences Po Paris.

En général, ce sont des actes militaires relativement simples, c’est-à-dire des lancers de grenades, des mines… Ils visent fondamentalement toutes les forces de l’ordre. […] Là on est quand même dans une démarche très différente puisqu’on s’attaque franchement à des civils et à des jeunes.


Roland Marchal

Directeur de recherches au CNRS et chercheur à Sciences Po Paris
03/04/2015 - par Mélissa Chemam



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Capucine
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MessageSujet: Re: Et maintenant le Kenya   Lun 06 Avr 2015, 7:54 am


A Garissa, la sidération après le massacre des étudiants


LE MONDE | 06.04.2015 à 10h14 • Mis à jour le 06.04.2015 à 18h25 | Par Christophe Châtelot (Garissa, Kenya, envoyé spécial)

Ce jour de fête pour les chrétiens du monde entier avait, à Garissa, le goût amer de la mort. Il fallait avoir la foi aussi solidement chevillée au corps que Monseigneur Joseph Alessandro, évêque de cette ville du nord-est du Kenya, pour distinguer, en ce dimanche de Pâques, un moment de « renaissance pour le pays », trois jours après le terrible, l’indicible massacre de près de 150 étudiants, pris dans leur sommeil et froidement exécutés sur le campus de l’université de Garissa par un commando de djihadistes, jeudi 2 avril. L’attentat le plus sanglant du pays depuis l’attaque de l’ambassade américaine par Al-Qaida en 1998.

Ce petit homme au regard franc et lumineux ne pèche pas par une naïveté noyée dans les bons sentiments minorant le drame. Le Kenya et ses violences, ce Maltais d’origine les connaît depuis 1989. Trois ans plus tard, il était grièvement blessé par des bandits non loin de Garissa, quelque part dans cette savane subdésertique écrasée de chaleur qui rappelle davantage la Somalie voisine que les images des dépliants touristiques pour les safaris.

Et puis, l’évêque de Garissa a aussi connu ce 1er juillet 2012, qui résonne aujourd’hui comme annonciateur de la tuerie de l’université. Ce jour-là, deux églises de la ville furent la cible de deux commandos qui tuèrent seize fidèles. L’attaque fut revendiquée, déjà, par les chabab venus de Somalie où, l’année précédente, l’armée kényane s’était jointe à celles d’autres pays de la région pour éviter que le pays tombe définitivement aux mains de ces milices islamistes ralliées à Al-Qaida.

Mais Mgr Alessandro croit en l’homme, au paradis pour les victimes et au pardon. Il salue « le courage de ses fidèles venus à pied », ces quelque deux cents personnes qui, dimanche 5 avril, remplissaient sa cathédrale pour faire baptiser leurs enfants. Certes, le périmètre avait été sécurisé par l’armée. Mais elle ne contrôlait que les carrefours adjacents à ce bloc de béton ajouré surmonté de deux clochers. Le reste de la ville ne présentait aucune mesure de sécurité particulière : ni barrage ni omniprésence d’hommes en uniforme. Les marchés grouillaient de femmes plus ou moins enveloppées de voiles colorés.


Qui pouvait dire, en circulant dans la ville, qu’il y eut là cette tragédie ? Sans doute cette apparente quiétude est-elle due au fait que la quasi-totalité des quelque 800 étudiants et les professeurs de cette toute nouvelle université, inaugurée en 2011 pour développer cette région oubliée par le centre, venaient d’autres parties du pays. Les familles en deuil ne sont pas d’ici. « Les Somali préfèrent le business que d’aller à l’école, explique l’évêque Alessandro. Cette université était le meilleur moyen de changer ces habitudes et de lutter contre l’extrémisme. Si elle ne rouvre pas ses portes, les terroristes auront gagné. »



Course morbide

Sans doute aussi que la tuerie tourne dans les têtes davantage qu’elle ne se lit sur les visages. Il fallait voir, ainsi, samedi, sur l’aire de jeux de l’école primaire, vaste terrain vague de sable et de cailloux, cette foule d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux, lancée dans une course morbide après le pick-up de la police sur la plate-forme duquel avaient été jetés les corps gonflés des quatre tueurs présumés, tués par la police. « Je voulais les voir pour être sûr qu’ils étaient morts. Maintenant, je sais. Je n’ai pas confiance dans ce que dit le gouvernement », avouait Enock, un instituteur trentenaire. « Nous avons demandé aux autorités de le faire pour rassurer les gens », explique Muhammahi Salat, représentant local du Conseil supérieur des musulmans du Kenya.
« Il fallait aussi que les Somali constatent que les criminels appartiennent bien à leur communauté », lâche un officier de police kikouyou, l’ethnie (chrétienne) la plus nombreuse du pays. Il semblerait que ce soit le cas, ce qui ne devrait pas faciliter la vie des Somali, souvent victimes d’un harcèlement policier, à Nairobi surtout, depuis que les chabab ont intensifié leurs attaques contre le Kenya. « Le président et le gouvernement nous accusent [de complicité] avec les chabab, qui à leur tour, nous menacent », se plaint M. Salat.

Selon le ministère de l’intérieur, l’un des assaillants s’appelle Abdirahim Mohammed Abdoullahi, diplômé de l’université de droit de Nairobi, fils d’un chef local de Mandera, une ville de l’extrême nord du Kenya frontalière de l’Ethiopie et de la Somalie. Son père avait déclaré sa disparition en 2014, le soupçonnant d’avoir rejoint les chabab. Cette information confirme que des Kényans alimentent les rangs des djihadistes (un Tanzanien fait également partie des cinq personnes arrêtées depuis jeudi par la police pour leur implication présumée dans le massacre).

Il ne faut pas croire pour autant qu’à Garissa, on tue les gens à tous les coins de rue. Fussent-ils chrétiens, infime minorité dans cet environnement local essentiellement musulman (proportion inverse du reste du pays). Cette ville de commerçants somali, une des communautés du pays, et de réfugiés somaliens n’est le théâtre d’aucune guerre confessionnelle. Il n’empêche. En revendiquant leur attaque sur l’université, les chabab ont pris le soin de préciser qu’ils avaient trié leurs victimes, épargné les musulmans pour n’assassiner que les chrétiens. Et promis de noyer d’autres villes du Kenya dans « des flots de sang » tant que les soldats kényans ne quitteront pas le sol somalien.



« Je suis arrivé directement de chez moi, sans arme, vers 6 heures, répondant à l’appel désespéré de certains de mes collègues, pas de mes chefs. Je suis resté là-bas, sans ordre, pendant des heures. Certains couraient, rampaient pour se mettre à l’abri. Mais faut-il se faire tuer pour nos chefs, alors que ceux-ci sont corrompus et détournent l’argent de nos équipements ? », demande ce policier qui exhibe ses chaussures éventrées. « Etre ici, à Garissa, c’est la punition », concède-t-il.
Depuis le matin, l’armée, qui dispose à Garissa d’une vaste caserne, s’était déployée autour de l’université pour en bloquer les accès. Ce face-à-face, entrecoupé de détonations en provenance du dortoir où les assaillants accomplissaient leur basse besogne et d’échanges de tirs plus ou moins nourris avec les forces de sécurité, dura jusqu’au milieu de l’après-midi. « On ne savait pas qui, de l’armée ou de la police, commandait », explique le policier.

Ce n’est que onze heures après le début de l’attaque que la vingtaine d’hommes du Recce, venus de Nairobi à bord de deux petits avions, arriva sur place. « Il ne leur a fallu qu’une demi-heure pour entrer dans le bâtiment et éliminer les quatre assaillants retranchés dans le dortoir dénommé Elgon », rapporte un autre agent.

« Les Kényans se demandent si ce déploiement tardif n’a pas contribué à ce qu’il y ait un grand nombre de victimes ; si les services de sécurité ont vraiment tiré les leçons de l’attaque du centre commercial Westgate en 2013 [à Nairobi], quand les terroristes ont tué autant de personnes qu’ils ont pu [67 morts] avant d’être eux-mêmes tués », peut-on lire dans l’édition dominicale du grand quotidien kényan Daily Nation. Le journal dénonce également « la faiblesse logistique et [la lenteur] de prise de décision » des services de sécurité, qui ont donné le temps aux tueurs de « rassembler leurs victimes, de les trier, de les narguer et les humilier, pour, finalement, les éliminer. »

On découvrit ensuite ces dizaines de corps sans vie, baignant dans leur sang sur le carrelage. Cent quarante-deux étudiants et étudiantes, exécutés là, à l’université de Garissa. « Une Oasis du développement », proclame une pancarte sur la grille, derrière laquelle est tendue une bande jaune portant l’inscription : « Scène de crime ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/04/06/a-garissa-la-sideration-apres-le-massacre-des-etudiants_4610096_3210.html#9vDvKG6FyyQJrLm3.99
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