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 Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte

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RAMOSI
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MessageSujet: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Sam 10 Aoû 2013, 6:31 pm

Rappel du premier message :






Egypte: les coptes pris dans la toumente

De notre correspondante Nina Hubinet, publié le 03/08/2013 à 09:44


Depuis le coup de force de l'armée qui a chassé du pouvoir Mohamed Morsi, les attaques contre la communauté chrétienne se multiplient. Car certains extrémistes musulmans désignent les coptes comme responsables de la chute de l'ex-président.


Une dizaine de familles chrétiennes ont trouvé refuge dans l'église Mar Yohanna, à Nagaa Hassan, en Haute-Egypte, où 30 maisons coptes ont été attaquées le 5 juillet dernier.


Des vendeurs de mangues ont installé leurs étals le long du canal de Nagaa Hassan. Une rangée de palmiers et d'eucalyptus leur offre une ombre salutaire. Un vieil homme, juché sur son âne, lance un salut chaleureux à l'un des marchands, vêtu d'une galabiya blanche, la robe masculine traditionnelle en Egypte. Il lui répond par une boutade, et l'un et l'autre font entendre un rire sonore, pendant que le vieil homme s'éloigne au rythme lent du pas de son âne, indifférent aux voitures qui le dépassent.

Dans la chaleur écrasante de ce début de ramadan, Nagaa Hassan, un village situé sur la rive occidentale du Nil, en face de Louxor, semble incarner la tranquillité immuable de la campagne égyptienne. Sauf qu'ici aussi les coups de théâtre de la transition politique viennent écorner la carte postale. Lorsqu'on franchit le haut portail de l'église Mar Yohanna, on découvre des regards de douleur mêlée de rage.

Etude de la Bible à Louxor. C'est dans le sud du pays que les chrétiens sont le plus nombreux.

Des hommes et des femmes sont assis à l'ombre, immobiles, hagards, alors que des enfants se chamaillent en riant dans la cour du sanctuaire. Dans une sorte de cuisine improvisée, deux femmes découpent des légumes pour le repas du soir, un homme fait cuire des oignons sur un réchaud tandis qu'un autre distribue des galettes de pain. "Dix familles sont toujours réfugiées ici, car leurs maisons ont été complètement détruites", explique El Hassan Refaat, chargé des enquêtes de terrain au sein de l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), une organisation de défense des droits de l'homme. Le 5 juillet dernier, deux jours après le coup de force de l'armée égyptienne contre l'ex-président Mohamed Morsi, les coptes de Nagaa Hassan ont été attaqués. Les chrétiens étaient alors pris pour cible dans plusieurs régions du pays. Dans ce village de Haute-Egypte, quatre d'entre eux ont été tués, et plus de 30 maisons appartenant à des coptes ont été saccagées, pillées et parfois incendiées.

Les agresseurs: de jeunes voisins

Dans le bureau du père Vassilios Naïm, trois femmes en noir attendent le prêtre de l'église, assises sous un portrait de Chenouda III, l'ancien patriarche copte, décédé en mars 2012. De larges cernes creusent les yeux de Madeline Abdel Nour et de ses filles. Lorsque le religieux entre dans la pièce, elles lui baisent la main avec dévotion. Madeline, la quarantaine, ajuste son voile noir et commence son récit.

"Mon mari, Ghassem, était fonctionnaire. Il n'a jamais eu de problème avec les voisins ou ses collègues de travail. Il était généreux avec chacun, chrétien comme musulman. Tout le monde l'aimait." Elle marque une pause, inspire longuement. "Quand les attaques ont commencé, vers 11 heures, on s'est réfugiés chez ma voisine, Oum Mohareb, parce que l'entrée de sa maison est protégée par un rideau métallique. Six autres familles nous ont rejoints. Puis des centaines d'hommes se sont massés devant la maison, en criant des slogans antichrétiens... A l'intérieur, on ne faisait plus un bruit. Ils ont commencé à frapper très fort à la porte."

Ses mains malaxent son mouchoir. Elle dit que les familles prises au piège ont appelé la police à plusieurs reprises, sans succès. "Vers 19 h 30, ils se sont mis à lancer des cocktails Molotov contre la maison. Un voisin musulman a essayé de nous faire sortir par la porte de derrière, mais c'était trop risqué, on a renoncé. On étouffait à cause de la fumée, les femmes criaient... C'était horrible." Après des heures d'attente, les policiers arrivent enfin devant la maison assiégée, avec deux véhicules blindés. "Ils ont demandé aux femmes de sortir... On refusait d'abandonner nos fils et nos maris", raconte Madeline. Finalement, les policiers évacuent les femmes et les enfants et promettent de revenir pour secourir les quatre hommes restés dans la maison. Mais quelques minutes après le départ des blindés, les assaillants s'engouffrent dans le bâtiment, et tuent les quatre coptes à l'arme blanche. "Est-ce que ce n'est pas haram [illégal, selon l'islam], ce qu'ils ont fait?" s'écrie soudain Madeline, les yeux rougis par les larmes. L'une de ses filles, une adolescente au visage poupin, prend la parole. "Ceux qui nous ont attaqués, ce sont des jeunes d'ici, pas des extrémistes. On les croise tous les jours dans la rue... Pourquoi s'en sont-ils pris à tous les chrétiens du village? Ils auraient pu prendre les deux hommes qui étaient impliqués dans le meurtre, et laisser les autres en paix."

Comme souvent lors des violences entre chrétiens et musulmans en Egypte, une affaire privée est à l'origine de l'embrasement à Nagaa Hassan. "Le corps d'un musulman du village a été retrouvé jeudi dans le Nil, pieds et poings liés, la veille des attaques contre les chrétiens, rapporte El Hassan Refaat. On raconte qu'il s'est disputé avec un ami copte et que ça aurait mal tourné, ou qu'il était l'amant d'une chrétienne... Personne ne sait vraiment." En Haute-Egypte, le tar régit toujours les rapports sociaux : d'après ce code d'honneur, si un homme est tué, sa famille doit le venger en tuant un membre de la famille du meurtrier. Lorsque le crime implique des chrétiens, la vengeance ciblée se transforme souvent en punition collective

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/egypte-les-coptes-pris-dans-la-toumente_1270470.html#jU8Wb1Al85uCeCT5.99



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MessageSujet: Re: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Ven 16 Mar 2018, 12:26 am



Égypte: le long calvaire des coptes

Actualité
Monde
Proche et Moyen-Orient
De notre correspondante, Sophie Anmuth, publié le 03/11/2016 à 07:17

Depuis la destruction de sa maison par des extrémistes musulmans, la famille Khalaf vit entassée dans une minuscule remise.
Depuis la destruction de sa maison par des extrémistes musulmans, la famille Khalaf vit entassée dans une minuscule remise.

VINCIANE JACQUET POUR L'EXPRESS

En Egypte, la lune de miel entre les chrétiens et le régime du maréchal al-Sissi est finie. La passivité de l'Etat face à une série d'attaques confessionnelles et une nouvelle loi sur la construction des églises ont été vécues par la communauté comme des camouflets.

A 32 ans, Younan Khalaf vit depuis trois mois dans une remise minuscule, avec une vingtaine de membres de sa famille. Dans le village de Kom al-Lofi, à 250 kilomètres au sud du Caire, ils dorment chaque nuit entassés les uns sur les autres, à quelques mètres de leurs anciennes maisons. Les bâtiments ont été réduits en cendres il y a cinq mois par un groupe de villageois musulmans convaincus qu'ils s'apprêtaient à bâtir une église.

A l'image des Khalaf, de nombreux chrétiens d'Egypte ont été victimes d'agressions depuis le printemps. Leur communauté représente entre 10% et 15% de la population. Elle s'est longtemps crue protégée par le régime militaire du maréchal Abdel Fattah al-Sissi. A présent, l'inquiétude la gagne.

Les extrémistes ont attaqué les chrétiens du village le soir du 30 juin, souligne Younan, jour anniversaire des grandes manifestations qui, en 2013, réclamaient la chute du président de l'époque, issu du parti des Frères musulmans, Mohamed Morsi - effectivement déchu le 3 juillet suivant. Or de nombreux chrétiens ont soutenu le renversement des islamistes par le ministre de la Défense d'alors, devenu président, le maréchal al-Sissi.

Pauvreté et manque d'éducation

En août dernier, Younan s'est rendu au Caire afin de parler au président en personne - espoir déçu pour ce simple agriculteur, qui tente de suivre l'actualité politique. "Je ne comprends pas le silence des autorités. Peut-être que le président de la République ne vit pas vraiment dans ce pays avec nous, ironise Younan. Peut-être qu'il ne se rend pas compte, ou qu'il n'est pas le président des chrétiens?"

Dans le bureau de l'évêque de Minya, des portraits du pape copte, Tawadros II, de JESUS Christ... et du maréchal al-Sissi.
Dans le bureau de l'évêque de Minya, des portraits du pape copte, Tawadros II, de JESUS Christ... et du maréchal al-Sissi.

VINCIANE JACQUET POUR L'EXPRESS

Le village des Khalaf, Kom al-Lofi, est situé dans le gouvernorat rural de Minya, là où il y a eu le plus d'attaques contre les coptes. Une concentration des violences attribuée à la conjonction de la pauvreté, du manque d'éducation et de la proportion plus élevée de chrétiens. Dans la rue, où l'on voit plusieurs maisons brûlées, des dizaines de policiers et de membres des services de renseignement veillent désormais en permanence. Les Khalaf disent qu'ainsi ils se sentent certes un peu plus en sécurité, mais ils ont aussi l'impression d'être surveillés et se voient obligés de prétendre que tout va bien, alors que leurs maisons ne sont toujours pas reconstruites.

Depuis le printemps, la communauté chrétienne a subi une série d'attaques dans plusieurs villes et villages du pays: on déplore des morts et des blessés, des familles entières attaquées. Des mois durant, les députés sensibles à ces exactions ont tenté sans succès de faire inscrire ces violences à l'ordre du jour des discussions parlementaires, souligne Salama Fikry, assistant d'une députée copte. Ce n'est que lorsque Younan Khalaf et sa famille ont fait antichambre au Parlement, en août, que le sujet a enfin été débattu. Mais Younan n'était pas au bout de ses surprises: les députés du gouvernorat de Minya, censés le représenter, l'ont traité d'"extrémiste" pour avoir refusé le recours à la justice coutumière.

Cette solution est souvent appliquée dans les affaires de tensions confessionnelles. La justice coutumière est le produit de négociations entre les représentants des différentes communautés religieuses; elle évite le passage devant les tribunaux, les peines de prison, et fait souvent peser le poids de la réconciliation et des concessions sur les seuls chrétiens.

"Je veux vivre dans un Etat de droit, proteste Younan. Après la période inquiétante des Frères musulmans, j'espérais beaucoup d'al-Sissi. Mais, aujourd'hui, les chrétiens sont traités comme des citoyens de seconde zone." Il dénonce aussi l'attitude des forces de sécurité: informées des tensions dans le village, elles ont attendu l'explosion de violence pour intervenir - sans hâte, selon lui. Une passivité qui s'expliquerait en partie par les liens familiaux entre les extrémistes et les forces locales du maintien de l'ordre.

"Je veux vivre dans un Etat de droit", proteste Younan Khalaf, qui a refusé l'intervention de la justice coutumière et réclame la reconstruction de sa maison.

VINCIANE JACQUET POUR L'EXPRESS

"Pourquoi les chrétiens n'ont-ils pas le droit d'être protégés par la justice et la police?" demande le père Makarios, évêque de la région de Minya, dans son bureau décoré de portraits du président et de plusieurs papes, ainsi que d'images pieuses et pharaoniques. "Pourquoi doivent-ils s'en remettre à cette justice coutumière qui se substitue à l'Etat et donne le sentiment aux chrétiens qu'ils sont des étrangers dans leur propre pays?"

Les coupables ne sont pas en prison

Les autorités commencent à critiquer la justice coutumière. "Mais, en pratique, rien ne change, affirme Yassa Marzouq, prêtre de Samalout, petite ville voisine de Kom al-Lofi. Dans le cas de la famille Khalaf, les coupables ne sont pas en prison et ils ont fait la fête dans les rues au terme de leur détention provisoire. Certains ne figurent même pas sur la liste des suspects! Quant aux victimes, elles ne se sentent pas en sécurité. Et la reconstruction des maisons, qui devait être assurée par l'Etat, traîne."

Il n'y a pas d'église à Kom al-Lofi, et certains s'emploient à ce qu'aucune ne voie le jour. En juin, lorsque les Khalaf ont commencé à construire des habitations, le cheikh de l'endroit - l'un des notables qui siègent aux sessions de justice coutumière - a emmené le chef de famille au poste de police, pour lui faire promettre par écrit qu'il ne s'agissait que d'habitations, et qu'il ne demanderait jamais, par la suite, la création d'une église.

Une loi sur la construction des églises a été adoptée en septembre, afin d'éviter les pressions de ce genre. Mais le texte a été interprété par nombre d'Egyptiens comme une concession accordée à une communauté qui poserait un problème de sécurité du fait de sa simple existence. La majorité, sans doute, n'a aucun grief contre les chrétiens. Mais d'autres les considèrent comme des infidèles et s'estiment offensés par leurs lieux de culte.

Les députés du parti salafiste ont voté contre la loi, qui vient remplacer un texte de l'époque ottomane, très restrictif; ils la jugent trop permissive. Pourtant, elle prévoit que toute construction d'église soit soumise à l'accord du gouverneur "en concertation avec les autorités concernées". En pratique, cette disposition permettra aux forces de sécurité d'interdire la construction de lieux de culte chrétiens dans les zones sensibles.

Dans le village de Kom al-Lofi, une partie de la population musulmane s'oppose à la construction d'une église. Les coptes doivent aller prier dans le village voisin.
Dans le village de Kom al-Lofi, une partie de la population musulmane s'oppose à la construction d'une église. Les coptes doivent aller prier dans le village voisin.

VINCIANE JACQUET POUR L'EXPRESS

Dans les discussions qui ont entouré la préparation de la loi, les représentants des Eglises et les parlementaires étaient arrivés à un accord qui, croyaient-ils, écartait les services de sécurité de l'équation. Raté. Le texte conditionne aussi la construction d'une nouvelle église au nombre de coptes présent dans les environs, sans pour autant préciser quelle en est la proportion nécessaire. Le village de Kom al-Lofi compte à peu près 12000 habitants, dont 1000 à 2000 coptes, contraints de prier dans un village voisin.

Un régime paranoïaque qui muselle les libertés

Pas étonnant, dans ce contexte, que nombre de chrétiens aient l'impression que leurs droits pèsent moins lourd que les exigences de la sécurité nationale. Ils ne sont pas les seuls: les opposants dénoncent un régime paranoïaque, qui muselle les libertés. Tawadros II, chef de l'Eglise copte orthodoxe, qui réunit la grande majorité des chrétiens du pays, expliquait en juillet qu'il ne pourrait pas contenir indéfiniment la colère des coptes. Dès septembre, pourtant, il a réaffirmé son soutien inconditionnel au président.

Faut-il y voir la crainte de se retrouver lui-même en prison? En 1981, à la suite d'un différend, le président Anouar el-Sadate n'avait pas hésité à placer Chenouda III, le pape copte d'alors, en résidence surveillée. Nul doute que les critiques inhabituelles de Tawadros II ont pour origine le mécontentement des fidèles: "Beaucoup de jeunes ne supportent plus d'être représentés politiquement par l'Eglise", confie Beshoy Tamri, représentant d'une organisation de jeunes coptes, Maspero Youth Union. Mais la majorité des chrétiens, peu politisée, reste attachée à l'autorité de son pape. Et ce dernier soutient le gouvernement du maréchal al-Sissi.

La loi sur les églises a également cristallisé un discours politique encourageant, qui tend vers le sécularisme. Ainsi, certains Egyptiens souhaitent l'adoption d'une loi unique pour tous les lieux de culte, sans distinction, et continuent à faire campagne en ce sens. Mais l'évêque Makarios n'y croit guère : "Les musulmans extrémistes ne l'accepteraient pas. Ils diraient qu'on les rend ainsi égaux aux chrétiens impies. Le président ne veut pas créer davantage de tensions avec eux."

"Le vrai problème n'est pas l'islamisme, tempère Refat Fikri, un prédicateur protestant. C'est notre Constitution, à moitié religieuse, à moitié civile." Même le Code civil repose sur les prescriptions religieuses de chacun: un musulman peut divorcer, mais ce droit n'est pas reconnu aux chrétiens. Au-delà des extrémistes et de leur violence, au-delà de la réaction bien tiède de l'Etat, et au-delà d'une loi jugée décevante, les coptes les plus politisés et les libéraux critiquent les fondations de l'Etat égyptien. La Constitution reconnaît la liberté des croyances, mais elle érige toujours l'islam en religion d'Etat.

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/egypte-le-long-calvaire-des-coptes_1846561.html







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MessageSujet: Re: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Ven 13 Avr 2018, 7:53 pm






PASSÉ-PRÉSENT. Le pays du Nil, l'un des berceaux des religions chrétiennes, est aujourd'hui le théâtre de nouvelles persécutions.


Par François Reynaert
Publié le 22 avril 2017 à 19h04 Modifié le27 mai 2017 à 07h48

Au moins 28 personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées vendredi 26 mai dans un attentat anti-coptes. Il n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais intervient alors que la branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique mène depuis plusieurs mois une campagne contre la minorité copte. L'EI a promis de multiplier les attaques contre cette communauté chrétienne, la plus importante et l'une des plus anciennes du Moyen-Orient, qui représente environ 10% des quelque 90 millions d'Egyptiens. En avril dernier, "l'Obs" revenait sur ses origines. Explications.

Cela ressemble désormais à un rituel lugubre. Après les attentats islamistes qui, le dimanche des Rameaux, ont frappé deux de leurs églises et tué 44 personnes, il s’est passé ce qui se passe toujours après ces drames, hélas, récurrents : les coptes ont eu droit à leur minute médiatique et, pendant cette virgule, en voyant passer sur les écrans ces étranges prêtres à grande barbe et ces fidèles affligés parlant arabe et portant croix, l’Occident s’est dit : c’est vrai, il y a donc des chrétiens en Egypte !

Lire aussi>Egypte : l'EI revendique les deux attaques dans des églises coptes

Au regard de l’histoire, ce perpétuel étonnement a quelque chose d’obscène. Influencé par la lecture catholique du christianisme, l’Occident continue à penser que la religion née à Jérusalem est une affaire européenne. Pour lui, le pays du Nil n’a droit qu’à deux identités, celle des pharaons et celle des Arabes musulmans. Tâchons donc de lui rappeler cette vérité d’évidence : entre Cléopâtre et Nasser, l’Egypte a aussi eu le temps d’être, pendant des siècles, l’un des berceaux du christianisme, et les 10% de coptes qui la peuplent aujourd’hui encore sont là pour le rappeler.

La petite enfance de JESUS

Le pays n’a-t-il pas un rôle éminent dans la Bible elle-même ? Il a accueilli le peuple hébreu avant que celui-ci ne s’en échappe grâce à Moïse, élevé dans l’entourage de Pharaon. De même, il a été la contrée de la petite enfance de JESUS, puisque Marie et Joseph, fuyant Hérode, y avaient trouvé refuge eux aussi. Le point est sans doute légendaire. L’épisode de "la fuite en Egypte", comme beaucoup d’autres, ne cherche sans doute qu’à légitimer le Messie en plaçant le Nouveau Testament dans les pas de l’Ancien.

La réalité égyptienne des débuts du christianisme ne fait, elle, aucun doute. La religion nouvelle apparue en Judée, soumise à Rome depuis le début de notre ère, se diffuse via les communautés juives dans tout l’Empire romain et donc d’abord dans les provinces les plus proches. La tradition prétend que c’est saint Marc lui-même qui serait venu la prêcher à Alexandrie. En tout cas, c’est ce que pensaient toujours les Vénitiens qui, au IXe siècle, y dérobèrent les reliques supposées de l’évangéliste. Comme ailleurs, la foi nouvelle se diffuse peu à peu hors des seuls cercles juifs ; comme ailleurs, elle connaît les persécutions et les martyres, et se structure. L’apport local est, à cet égard, essentiel. C’est en se retirant dans les déserts de la Thébaïde (c’est-à-dire la région de Thèbes, actuelle Louxor) pour y vivre une vie d’ascète que saint Antoine le Grand invente le monachisme.

Après que l’empereur Constantin eut autorisé le christianisme (en 313), arrive le moment des grands débats théologiques que le message de JESUS, très vague, avait laissés ouverts. Alexandrie, siège d’un des cinq patriarcats qui structurent alors l’Eglise, avec Rome, Constantinople, Antioche et Jérusalem, y prend une part énorme.

Pierre de Rosette

Le premier concile – assemblée de tous les évêques – est convoqué par Constantin, à Nicée (dans l’actuelle Turquie), pour résoudre la crise "arienne" déclenchée par Arius, un prêtre alexandrin qui prétendait que JESUS était d’une essence inférieure à celle du Père. Avec les questions sur la Trinité ou le statut à donner à la Vierge, les interrogations sur la nature du Christ sont celles qui secouent cette Eglise première, et le point sur lequel s’opère la grande rupture.

En 451, la majorité des chrétiens d’Egypte refuse la position officielle adoptée au concile de Chalcédoine (actuel faubourg d’Istanbul) qui impose la "double nature", à la fois divine et humaine, du fils de Dieu, et fonde une Eglise à part, celle qui existe encore aujourd’hui, avec son pape et son clergé.

Son nom lui est donné par les nouveaux maîtres, les guerriers venus de La Mecque et Médine qui conquièrent le pays au VIIe siècle : copte n’est autre qu’une déformation, via l’arabe qibt, du grec aïguptios, égyptien.

15 avril 2017. Le patriarche copte Tawadros II célèbre la messe de Pâques sous haute protection dans la cathédrale Saint-Marc du Caire. (KHALED DESOUKI/AFP)

Soulagés d’échapper aux persécutions des Byzantins qui les traitaient en hérétiques, les chrétiens ont bien accueilli les musulmans mais deviennent peu à peu, au fil des conversions vers la nouvelle religion dominante, une minorité. Son statut, semblable à celui des juifs, est celui des "gens du Livre" au sein de l’islam, à la fois protégé, soumis et astreint à des impôts particuliers.

Comme ailleurs, les pouvoirs qui se succèdent au Caire l’appliquent, selon les temps, avec dureté ou mansuétude. La langue copte, fille de celles de l’époque pharaonique, est abandonnée au profit de l’arabe et ne survit que dans la liturgie. Elle sera à Champollion d’une aide précieuse pour déchiffrer la pierre de Rosette.

Au XVIIIe siècle, la communauté copte semble presque éteinte. Le XIXe la voit renaître peu à peu. Les pachas qui dirigent le pays et le lancent sur la voie de la modernité lui accordent l’égalité. Celle-ci n’entrera jamais dans les faits.

Depuis des décennies, les coptes, qui sont pourtant héritiers d’une histoire millénaire, se voient discriminés par une société de plus en plus intolérante, qui refuse de voir en eux de "vrais Egyptiens". Les islamistes enfoncent ce clou par la terreur dans le but de diviser une société qui ne l’est déjà que trop.

François Reynaert


https://www.nouvelobs.com/monde/20170419.OBS8185/coptes-d-egypte-chretiens-persecutes-dans-le-berceau-du-christianisme.html








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MessageSujet: Re: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Ven 11 Mai 2018, 7:41 pm




Coptes d'Egypte : une communauté soudée face aux attaques

26/05/2017

Les récents attentats revendiqués par le groupe Etat Islamique contre les Coptes renforcent le lien communautaire des chrétiens qui se réclament de l'Eglise d’Alexandrie. Des Coptes qui sont toujours discriminés dans la société égyptienne, comme en témoigne ce reportage d'Anne Fauquembergue.

Il n’y a pas de statistiques officielles mais ils représentent environ 10% de la population égyptienne. 7 à 10 millions de personnes. Leur Eglise est surtout la plus ancienne du pays puisqu’ils se réfèrent à Marc l’Evangéliste arrivé en 41 après JESUS-Christ à Alexandrie. Les Coptes d’Egypte ont une histoire peuplée de martyrs, il y en eu tant sous Dioclétien au 3ème siècle qu’ils font débuter leur calendrier à cette époque en 284. Aujourd’hui encore ils souffrent dans leur chair. De discriminations constantes, d’agressions et d’attentats qui ont endeuillé leur communauté. L’un des pires s’est produit en 2011, la nuit de la Saint-Sylvestre, à la veille du printemps arabe. Depuis, ils ont lutté au côté des Egyptiens pour chasser Moubarak du pouvoir, ils ont souffert ensuite quand les Frères Musulmans ont remporté les élections. Et contribué largement à la chute de Mohamed Morsi, l’éphémère président islamiste, tombé à l’été 2013. Ils plaçaient donc beaucoup d’espoir dans l’arrivée du maréchal Al-Sissi au pouvoir. Un homme capable de restaurer l’ordre, de sécuriser leurs quartiers, de leur permettre peut-être … enfin d’accéder à des responsabilités dans la fonction publique ou la justice. Et porteur aussi d’une loi (espérée depuis des décennies) sur la construction des églises. Mais deux bombes ont ensanglanté les célébrations de Pâques, le mois dernier. Et aujourd’hui même, un bus transportant des pélerins coptes a été attaqué dans la région de Minya. Tout cela ravive la certitude qu’en tant que chrétiens, ils sont ciblés comme des ennemis dans leur propre pays.


https://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/coptes-degypte-une-communaute-soudee-face-aux-attaques






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MessageSujet: Re: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Sam 16 Juin 2018, 8:02 pm




Dernière modification : 30/12/2017

La résilience des coptes d'Égypte face à la menace islamiste

Depuis la révolution de 2011, les coptes d'Égypte endurent un cycle de violences sans précédent. L'arrivée au pouvoir des Frères musulmans, en 2012, s'est traduite par une série d'attaques ciblées. Des dizaines d'églises ont été incendiées ou saccagées à travers le pays. À partir de fin 2016, une vague d'attentats a visé la communauté copte, et la hante encore aujourd'hui.

Depuis les années 1970, les coptes d’Égypte, plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, ont souvent été pris pour cible par les extrémistes. Mais la période post-révolutionnaire a été d’une violence inédite.

En 2012, le règne de Mohamed Morsi et des Frères musulmans déclenche une vague de persécutions à travers le pays : églises incendiées, commerces détruits, radicalisation des discours dans les mosquées... Les quelque 15 millions de coptes vivant en Égypte sont ensuite accusés d’avoir favorisé la chute de Morsi. Traumatisés, ils votent massivement pour Abdel Fattah al-Sissi lors de la présidentielle de 2014. Un retour à l’ordre ancien qui irrite parfois la jeune génération.

>> Le débat de France 24 : "Le pape François en Égypte, une visite hautement symbolique"

Mais le régime militaire n’empêche pas l’organisation État islamique de s’implanter durablement en Égypte, ni de multiplier les attentats contre les coptes en 2016 et en 2017. Plusieurs églises sont frappées en pleine messe, notamment au Caire et à Alexandrie.

Au même moment, les chrétiens fuient le Nord-Sinaï après une série d’assassinats ciblés. L’attaque de novembre dernier contre une mosquée dans cette même région, le pire attentat de l’histoire du pays, démontre toutefois que le terrorisme n’épargne personne.

>> À lire : "L'organisation EI veut encourager les conflits confessionnels en Égypte"

Dans un pays fragilisé par l’extrémisme, les coptes envisagent souvent leur futur avec inquiétude. Une partie de l’intelligentsia a même décidé de quitter le pays ces dernières années. Mais cette communauté conserve malgré tout sa place, au sein d’une société égyptienne multiconfessionnelle, que ces années noires ont ébranlée sans jamais en saper les fondements.

>> Billet retour : "En Égypte, les idéaux de la place Tahrir à l'épreuve de la répression"

Par Jonathan WALSH , Hussein EL GANAINY

http://www.france24.com/fr/20171222-video-reporters-coptes-egypte-chretiens-orient-cible-islamiste-ei











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MessageSujet: Re: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Mar 17 Juil 2018, 8:21 pm



Témoignage d'une chrétienne copte d'Egypte, femme d'un martyr

Son mari faisait partie des 21 coptes décapités par les jihadistes en 2015 en Libye.






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MessageSujet: Re: Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte   Ven 27 Juil 2018, 8:54 pm



Spécial investigation Chrétiens d'Orient l'exil ou la mort


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Persécution des Chrétiens Coptes en Egypte

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