Quel crime commet celui qui reporte plutôt son attention et son espoir à bien se comporter envers César et qui ne donne le nom de dieu ainsi que celui d’empereur à personne d’autre qu’au prince puisqu’on considère comme un crime d’appeler et d’entendre appeler un autre "César" que César.? Que l'un honore Dieu et l'autre Jupiter ; que l'un tende des mains suppliantes vers le ciel, et l'autre vers l'autel de la Bonne Foi ; que l’un compte les nuages en priant (si vous croyez cela!) et qu’un autre compte les plafonds ; que l'un promette son âme à son Dieu, l'autre l’âme d’un bouc. Evitez, en effet, que ne concoure à l’éloge de l’irréligion le fait d'ôter aux hommes la liberté de la religion et de leur interdire le choix de la divinité c'est-à-dire de ne pas me permettre d'honorer qui je veux et de me forcer d'honorer qui je ne veux pas. Personne ne veut être honoré malgré lui, même pas l’homme.
TERTULLIEN
Quod facinus admittit qui magis ad Caesarem promerendum et operam et spem suam transfert nec appellationem Dei ita ut imperatoris, in alio quam principe confitetur, cum capitale esse iudicetur, alium praeter Caesarem et dicere et audire ? Colat alius Deum, alius Iovem ; alius ad caelum manus supplices tendat, alius ad aram Fidei manus ; alius (si hoc putatis) nubes numeret orans, alius lacunaria ; alius suam animam Deo suo voveat, alius hirci. Videte enim, ne et hoc ad irreligiositatis elogium concurrat, adimere libertatem religionis et interdicere optione divinitatis, ut non liceat mihi colere quem velim, sed cogar colere quem nolim. Nemo se ab invito coli volet, ne homo quidem.
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