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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Lun 13 Fév 2012 - 9:26

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Jeu 27 Juil 2017 - 8:01



Homélie de la messe du 23 juillet 2017 à Condette


Homélie de Monseigneur Jean-Paul JAEGER, évêque du diocèse d’Arras, Boulogne et Saint-Omer

Patience et ménagement

Dieu a bien de la chance ! Il peut compter sur vous et moi. Nous sommes des serviteurs fidèles. Nous travaillons le champ dans lequel le Seigneur envoie et fait grandir ses enfants. Si tel n’était pas le cas, nous ne nous serions pas ici, ce matin, ou devant notre poste de télévision. Nous ne craignons jamais de nous indigner quand les semailles du Fils de l’Homme sont perverties, frelatées. Nous nous enflammons quand notre société préfère ses propres productions au bon grain généreusement semé par le Seigneur.

Mais il nous arrive de dormir ou de nous laisser endormir. L’ennemi veille et trompe notre vigilance. Ce n’est que progressivement que se révèlent les dégâts de semailles mensongères. Elles sont d’autant plus trompeuses qu’elles poussent en même temps que l’épi qui annonce la récolte.

Alors, il faut faire vite et fort, éliminer jusqu’au dernier brin la mauvaise herbe qui étouffe sournoisement le blé qui promet la vie. Oui, nous sommes des serviteurs zélés prêts à arracher et à jeter. Avec nous, l’Evangile, l’Eglise, le pape, les évêques doivent juger et condamner.
Et voilà que le maître nous arrête. Nous voyons les ravages de l’ennemi. Lui regarde la fragilité de la tige, de l’épi. Pour rien au monde, Il ne veut prendre le risque d’endommager les prémices de la vie.

Nous n’avons certainement pas tort de fustiger le mal. Il est insupportable quand il bafoue et dévalorise l’humanité. Que de fois ne reprochons-nous pas à Dieu lui-même de tolérer le mal, de rester silencieux devant lui ? Dieu fermerait-il les yeux sur l’injustice des puissants ? Oublierait-il la mort d’enfants innocents ? Passerait-il l’éponge sur les atteintes à la dignité ? S’habituerait-il à la folie terroriste ?

Ecoutons ! Le livre de la Sagesse évoque bien la force de Dieu, mais elle n’a rien à voir avec la puissance des muscles ou des armes. Elle s’exprime dans le soin que le Seigneur prend de toute chose. Il n’a pas besoin d’écraser et d’exterminer. Il juge avec indulgence et avec beaucoup de ménagement. Que veut-il, en fin de compte, en faisant preuve de tant de patience, tant de tolérance ?

La Parabole du bon grain et de l’ivraie s’éclaire mieux par ces mots du livre de la Sagesse : « A tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute, tu accordes la conversion. » Dieu n’intervient pas à la mesure de notre temps. Il ne se lassera jamais d’offrir au fils égaré le moment favorable pour le renouvellement de son cœur et de sa vie. Pour le Père, ce projet d’Amour mérite de laisser longtemps le meilleur se mêler au pire.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 2 Aoû 2017 - 7:48



Citation :
Évangile
« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à la foule ces paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.


Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.


Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »


« Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
JESUS ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 30 juillet 2017 à Juaye-Mondaye


Le trésor, c’est toi !

J’ai longtemps identifié le royaume à un trésor, à un négociant ou à un filet, sans y voir grand-chose d’autre qu’une histoire d’homme chanceux, tombé sur une aubaine… un peu comme vous entendez distraitement à la radio qu’un tel a gagné des millions au loto. On est content pour lui, voire un peu envieux, et cela ne va pas plus loin. Vous aussi, peut-être, comme moi, vous êtes content pour ces gens dont parle JESUS, mais sans vous sentir trop concernés. Et si ces histoires, pourtant, parlaient justement de moi, de chacun de vous…

En réalité, il faut d’abord lire la parabole comme un tout. C’est bien l’événement, le récit, dans son entier, qui est comparé au règne de Dieu, depuis l’heureuse découverte, en passant par la vente de tous ses biens jusqu’à la transaction finale. Le royaume est bien plus qu’un trésor ou qu’une perle, bien autre chose qu’un renoncement à tout, très différent d’une opération commerciale particulièrement juteuse ou d’un heureux tirage au sort. Le plus important dans le récit est le contentement, la découverte qui donne tellement de joie, qui fascine tant, qu’on est prêt à tout pour cette attirance, pour cette joie inattendue. « La joie », dit le philosophe Jean-Louis Chrétien, « c’est l’arrivée en moi et chez moi, par surprise, d’un invité impromptu, l’Esprit Saint ».

Deux personnes sont tombées sur une chose extrêmement précieuse : l’un, par hasard, l’autre après une patiente recherche. Le premier doit tout vendre pour acheter le champ. C’est probablement un pauvre, un travailleur journalier. Le second, négociant en perle fine, un gros négociant sûrement, fait du commerce un peu partout et finit par trouver la perle rare. Le royaume de Dieu est destiné aux pauvres comme aux riches, à ceux qui tombent dessus à l’improviste, sans intention préalable, car ils n’ont guère le temps de s’en soucier beaucoup, comme à ceux qui ont pu le chercher depuis longtemps.

Je pense à cette femme, Aurélie, venue à l’église pour le mariage d’un couple d’amis, et soudain bouleversée lors de la prédication. Elle a demandé le baptême, pour elle et ses enfants. Je pense à saint Norbert, le fondateur de notre communauté religieuse, l’ordre de Prémontré, baptisé depuis longtemps, mais qui entend soudain, en chemin, cette parole du psaume : « Cesse de faire le mal, fais le bien, poursuis la paix, cherche-là ». Il quitte alors son existence superficielle pour vivre pleinement de la grâce de son baptême.

Au fond, la double parabole du trésor et de la perle est d’abord autobiographique. JESUS dit ici quelque chose de sa propre histoire et du choix fondamental de sa propre vie : venu dans le champ du monde, il y a découvert un trésor, une perle précieuse : ce trésor, cette perle, c’est l’homme lui-même, qui est fait pour Dieu. Alors, dans sa joie, il donne tout, il laisse tout, pour le règne de Dieu ! Il donne sa vie pour posséder le champ, la perle, c’est-à-dire notre propre cœur, notre propre existence, pour y allumer, par sa Passion, le feu ardent de son amour et de son Esprit.

Oui, le Christ est mort pour nous. Il est ressuscité, il est vivant. Il nous donne sa vie. Sa vie, c’est le prix qu’il a mis pour réconcilier l’humanité avec Dieu, pour faire de notre humanité une multitude de frères, pour nous donner sa gloire.

Frères et sœurs bien-aimés, l’eucharistie est la célébration de ce grand mystère dans lequel Dieu livre son propre fils. Ici à Mondaye et partout où vous êtes et d’où vous prenez part aujourd’hui à cette célébration, vous êtes ce trésor sans prix, caché dans le champ du monde. Laissez-vous trouver maintenant par le Christ ! Acceptez de lui appartenir, d’être à lui. Il vous cherche car c’est lui qui vous a fait.

Alors, avec saint Augustin, disons-lui à notre tour : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose en toi. » Amen !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 8 Aoû 2017 - 8:29



Citation :
Évangile
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à JESUS :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
JESUS s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, JESUS, seul.
En descendant de la montagne,
JESUS leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »
– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 6 août 2017 à Boulaur


« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ».

Il est une grande tentation pour le chrétien. Elle consiste à réduire le mystère de Dieu à ce qui se conçoit humainement. C’est la même tentation qui réduit l’évangile à une histoire de bon sens ; qui réduit l’action chrétienne à une belle morale ; qui réduit le message de l’Église à de nobles valeurs ; qui réduit une vocation religieuse à une suite de circonstances.

On veut bien de l’évangile mais à condition qu’il se soumette à nos propres valeurs universelles : l’amour, le respect, la tolérance… On pense volontiers que si l’on gardait du message de JESUS ce qui est raisonnable, alors l’Église saurait s’adapter aux idées de son temps. Du coup, on pourrait être des chrétiens, audibles et bien installés, à la manière de Pierre qui, ne comprenant pas ce qui se joue sur la montagne de la Transfiguration, propose de planter trois tentes. Vous voyez le risque. C’est celui d’évacuer ce qu’il y a de sacré, ce qu’il y a de divin, ce qu’il y a d’inaccessible à la raison humaine. C’est celui de se faire un Dieu à son image.

La Transfiguration de JESUS, c’est précisément l’antidote à cela. Ce qui se passe sur la montagne empêche de réduire le ministère de JESUS à des gestes de bienfaisance ou à un simple message d’amour. Car ce qui se passe là-haut ne peut se comprendre avec la raison. Tout y est surnaturel : le visage brillant comme le soleil, les vêtements blancs comme la lumière la présence d’Élie et Moïse, la nuée lumineuse. JESUS monte sur la montagne pour qu’apparaisse clairement aux disciples que toute vie, à commencer par la sienne, vient de Dieu et mène à Dieu.

La vie religieuse, c’est la même chose. Toute tentative de réduire le regroupement de ces jeunes sœurs ici à un phénomène rationnel serait vouée à l’échec. La présence des cisterciennes à Boulaur n’est pas simplement une survivance culturelle de notre héritage chrétien ; il n’est pas non plus une curiosité incongrue réductible à un reportage, fût-il au Jour du Seigneur. Enfin, il n’est pas un choix de vie intolérable, preuve qu’il reste du fanatisme dans le christianisme.

Chers frères et sœurs, par les contours de la providence, il se trouve que je connais bien la communauté de Boulaur et que je viens ici souvent. Je peux attester deux choses. D’une part, qu’elles ont les pieds bien sur terre. Je les ai vu nourrir les cochons, s’occuper du vêlage, éplucher des haricots verts, rentrer les foins et même, ce qui n’est pas le moins téméraire… conduire les tracteurs !

Mais je peux attester d’autre part que leur vie ne peut se réduire à une entreprise agricole… J’ose le dire devant elles, elles sont un peu folles. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ». Car en effet, leur vie ne peut s’expliquer par des arguments humains. Le choix qu’elles ont fait, c’est le choix de Dieu. Ces sœurs sont le signe permanent de la Transfiguration de JESUS. Elles sont le signe, au cœur de ce monde, que la vie humaine ne peut trouver son sens en elle-même. Elles sont comme transfigurées et nous rappellent que rien ne pourra nous combler que Dieu seul. C’est pour cela qu’aucun de nous ne peut réduire la conduite de sa vie à une simple sagesse de bon sens.

Chers frères et sœurs, entendons cet appel à retrouver le sens du sacré. Non pas celui de l’étendard nostalgique et conquérant que brandissent des formes d’intégrisme. Non, tout simplement, reprenons conscience que nous sommes appelés à être transfigurés, que la source et la finalité de notre vie sont en Dieu. Un vrai sens de Dieu donne le vrai sens de la vie humaine.

Car, l’homme est fait à l’image de Dieu et non l’inverse. Et cette image, c’est JESUS transfiguré, préfiguration de chacun de nous. Dès maintenant, Dieu nous prend comme ses fils bien aimés en qui il met toute sa joie. Si nous croyons vraiment que nous sommes des êtres surnaturels, alors nos vies trop horizontales retrouveront leur verticalité, et par suite, leur vrai sens.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 20 Aoû 2017 - 8:42



Citation :
Évangile
« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 15 août 2017 à La Tour-de-Trême (Suisse)


« Une femme dans le ciel ! »

Une femme dans le ciel! Plus encore : elle a le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. L’Eglise catholique n’a pas la réputation d’être particulièrement féministe, et la voilà qui met en évidence, glorieusement, une femme, en l’occurrence une petite servante de Nazareth, un bled obscur de Galilée.

Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce qui s’est passé ? L’explication, qui n’efface pas le mystère, se trouve en Dieu. Cette femme ordinaire était en fait extraordinaire. Car Dieu l’a choisie entre toutes les femmes pour en faire la mère de JESUS, le fils de  Dieu fait chair, par sa libre et pleine collaboration au dessein de l’incarnation et de la rédemption, de tout son cœur, de tout son corps, de toute sa foi : «Qu’il me soit fait selon ta parole.» Dès lors, elle a pu chanter sans se vanter : «Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom.» Et maintenant, nous pouvons ajouter, sans déroger à la gloire de Dieu : «Marie, tu es bénie entre toutes les femmes… Oui, toutes les générations te disent bienheureuse.»

Heureuse, comme nous l’imaginons spontanément, tu le fus, mais pas toujours. Marie a connu l’espérance de la grossesse, le bonheur de la naissance de son enfant, mais aussi l’épreuve de la pauvreté à la crèche de Bethléem, les aléas de l’exil en Egypte, l’inquiétude et même l’incompréhension à cause d’un certain JESUS qui prit ses distances pour suivre sa vocation. Et surtout, au pied de la croix, elle a porté et supporté dans son cœur de mère, la mort de son enfant qu’elle savait innocent et sacrifié.

Aujourd’hui, nous sommes à la fête à cause de Marie. Ou plutôt nous communions dans la joie avec sa communion parfaite avec son fils JESUS le ressuscité. Selon la tradition de l’Eglise, en Orient et en Occident, nous croyons que la mère a suivi son fils dans la gloire comme  elle a été associée de très près aux mystères de sa passion. L’Assomption de Marie, c’est un peu la suite logique de sa maternité qui a donné un corps et un cœur humain au Sauveur du monde.

Et ce Sauveur le lui rend bien en la prenant à ses côtés, avec son corps et son cœur à elle, dans la gloire de Pâques.

Mais attention. Que ce privilège n’éloigne pas Marie de nous, qui sommes aussi ses enfants puisque JESUS l’a confiée pour mère au disciple, à tous les disciples. Elle reste de la famille, dans la famille, humaine, très humaine. «A partir de cette heure-là, dit l’évangéliste, le disciple la prit chez lui.» Et nous aussi.

Le Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. Marie est seulement, mais c’est déjà beaucoup, la première en chemin pour aller vers JESUS. Oui, elle nous précède, mais sans nous lâcher la main, dans la communion des saints. Elle nous précède dans la foi si nous suivons son conseil: «Faites tout ce que JESUS vous dira.» Elle nous tient dans ses bras maternels quand nous traversons des épreuves, elle qui a traversé les siennes à cause de JESUS, mais surtout avec lui, jusqu’au bout. Elle nous entraîne à faire Eglise avec les apôtres et tous nos frères et sœurs selon l’Evangile, comme elle l’a fait par sa présence et sa prière au Cénacle de Jérusalem, en attendant l’Esprit promis. Aujourd’hui, elle nous montre en personne  l’accomplissement de la promesse, à savoir l’entrée programmée – corps, cœur et âme – dans le royaume des cieux, auprès de JESUS ressuscité, quand nous aurons franchi les ravins de la mort.

Il est beau, il est bon que ce soit une femme, cette femme, servante et royale, humble et glorieuse, qui nous accompagne et nous entraîne sur le chemin qui mène à la pleine communion avec le Christ JESUS pascal.

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 13 Sep 2017 - 6:47



Citation :

« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)
Alléluia. Alléluia.

Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 10 septembre 2017 à Metz


Solidarité fraternelle

Au sujet de ce passage, on parle d’Evangile de la correction fraternelle. Mais ne faut-il pas oser l’appeler Evangile de la communion fraternelle ? Et même, pour reprendre la formule de saint Paul dans la seconde lecture, de « l’amour mutuel » ?

« Si ton frère a péché, va vers lui, reprends-le en tête à tête. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère ». Chacun a le devoir de reprendre son frère quand il se trompe, dit JESUS, ce qu’on appelle correction fraternelle. Il signale en même temps que chacun a le droit d’être pardonné. Et cela fait partie de l’acte d’aimer.

Oser se confronter à son frère et oser une démarche de pardon, c’est de l’anti-indifférence. C’est refuser que nos vies se passent indéfiniment en parallèle, voire à contre-sens. Là aussi, c’est une condition de l’acte d’aimer.

JESUS va plus loin lorsqu’il dit que si le frère qui a besoin de cette correction ne m’a pas entendu, il faut aller vers lui à deux ou trois pour le lui signifier. Il fait référence à un passage de la loi de Moïse au livre du Deutéronome : « Il ne suffira pas qu’un seul témoin se lève contre un homme coupable d’un péché. Pour instruire l’affaire, il faudra la déclaration de deux ou trois témoins »[1]

C’est dire combien JESUS insiste sur le devoir d’aider son frère quand il s’égare.

Et il insiste au point d’appeler à mobiliser l’Eglise, c’est-à-dire la Communauté entière.

En disant cela, JESUS montre que l’enjeu est à ce niveau. Quand nous voyons comment JESUS situe les étapes du pardon, nous comprenons que la faute dont il est question ne correspond pas à une offense ni une blessure personnelle[2]. Il s’agit d’un frère qui se met en retrait. Un frère qui rompt la « solidarité fraternelle »[3]. Le pape François disait que la correction fraternelle : « est une action pour guérir le corps de l’Eglise… il y a un trou, là, dans le tissu de l’Eglise, qu’il faut absolument recoudre »[4]

Tout cela est bien beau, mais la conclusion vous a peut-être semblé rude, comme à moi. « S’il refuse d’entendre l’Eglise, qu’il ne soit plus considéré comme un frère, mais comme un païen et un publicain ». C’est-à-dire comme un homme qui est étranger à la connaissance du Christ et loin de la foi de la communauté. Notre premier réflexe est d’être choqué. Mais c’est une sagesse de JESUS : surtout, n’en faites pas un frère aux oubliettes de la communauté. Un frère que vous ignorerez, que mépriserez et n’aimerez plus.

Nous savons comment JESUS se comporte avec les païens et les publicains : il veut les mettre à sa suite. Il va vers eux, il mange avec eux, il les évangélise. En ne considérant plus l’autre comme un frère en quarantaine, il en fait un homme à appeler ou à réintégrer dans la communauté des croyants. Rappelez-vous comment JESUS décrit l’accueil miséricordieux d’un père pour son fils prodigue qui s’était désolidarisé de la famille.

Chers amis téléspectateurs, vous l’avez vu tout à l’heure avec le témoignage de cette jeune fille de Moselle, et vous le verrez encore après notre célébration, notre émission d’aujourd’hui est une étape vers « le synode des évêques sur les jeunes, la foi et les vocations ». Jeunes et vieux ; catholiques bien intégrés et ceux qui sont à la marge ; malades et bien portants ; et il y a d’autres catégories que nous pouvons facilement mettre en opposition !

JESUS appelle à ne pas passer à côté, les uns des autres, dans l’incompréhension, dans la méfiance, voire dans le rejet. Je le disais au début, cet évangile est celui de l’anti-indifférence. Celui de la solidarité fraternelle et de l’amour mutuel hautement gagnés, au prix du dialogue, de la vérité et de l’humilité. C’est là un enjeu de bien commun. Cet évangile et le synode qui viendra, l’an prochain, nous rappellent qu’il est précieux de faire partie d’un même corps !

Ensemble, nous sommes ce corps du Christ Vivant !

Amen



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 4 Oct 2017 - 9:59



Citation :
Évangile
« S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)
Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ?
Un homme avait deux fils.
Il vint trouver le premier et lui dit :
‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’
Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’
Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière.
Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’
et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
Ils lui répondent :
« Le premier. »

JESUS leur dit :
« Amen, je vous le déclare :
les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice,
et vous n’avez pas cru à sa parole ;
mais les publicains et les prostituées y ont cru.
Tandis que vous, après avoir vu cela,
vous ne vous êtes même pas repentis plus tard
pour croire à sa parole. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 1er octobre à l’aéroport Paris Charles-De-Gaulle

S’il y a bien une chose que l’on apprend à gérer dans une aérogare, ce sont les changements. Changements d’avion, changement d’horaire, changement de porte d’embarquement… Parmi ces changements, les plus délicats sont probablement ceux qui touchent à l’homme : changements d’humeur, changements d’avis, changements de billets… Que ce soit de la part des passagers ou de la part des collègues, les incertitudes, les aléas et les retournements ont de quoi nous agacer ou nous impatienter. Et à l’autre bout de la chaîne, il y a ceux, tout aussi agaçants, qui refusent de changer. Ceux qui ont toujours raison. Ceux qui se campent dans leur droit et dans leurs certitudes.

Avec la parabole des deux fils qui changent d’avis, JESUS aborde précisément aujourd’hui cette question de l’instabilité du cœur humain, mais aussi celle de sa rigidité. Bien sûr, il n’en reste pas à la dimension psychologique ou sociale. Il nous emmène au plus profond de l’être. Il nous dévoile comment Dieu traite l’inconstance spirituelle, mais aussi son pendant : la dureté spirituelle. JESUS soulève cette double épine, si douloureuse pour chacun de nous, de la versatilité et de l’endurcissement de notre cœur.

En effet, nous nous connaissons trop bien. Combien de fois avons-nous pris des résolutions non tenues quant à notre vie chrétienne ? Combien de fois avons-nous abandonné notre cap dans une vie bousculée, voire désordonnée ? Combien de fois pensons-nous au contraire qu’il n’est nul besoin de changer quoique ce soit ? Et oui, nous le constatons, lorsqu’il s’agit du bien à faire, nous sommes versatiles. Et lorsqu’il s’agit du mal à ne pas faire, nous sommes constants !

Mais il n’est pas trop tard. La porte de l’avion n’est pas encore fermée ! Reprenons la parabole. Avec beaucoup de finesse et de charité, JESUS y dévoile que le vrai changement de notre cœur est encore possible. « Un homme avait deux fils… ». Rien que ces quelques mots, nous emmène sur le terrain de la tendresse. « Un homme avait deux fils… » Comment ne pas se rappeler le début d’une autre parabole : celle du fils prodigue. Déjà dans cette autre histoire, il y avait un fils qui s’en va puis qui revient et un fils qui reste puis qui refuse de rentrer. L’un qui dit non puis qui se repent, l’autre qui dit oui puis qui ne fait pas. L’un versatile, l’autre rigide. Mais surtout, chers frères et sœurs, il y avait un père… un père qui accueille et qui croit à l’avenir de chacun de ses enfants.

Dieu croit inlassablement en l’homme ! C’est là, le vrai changement proposé par la parabole. Comprendre que le Père nous aime comme ses enfants. Croire que même si on a dit non à Dieu, on peut toujours lui dire oui ; Dieu prend acte de l’inconstance du cœur humain, mais Il ne s’y arrête pas ;

Il ne porte pas de jugement moral, Il ne s’impatiente pas, Il ne s’agace pas. Au fond, Dieu veut toujours le meilleur pour l’homme et le comprendre, cela provoque le changement… le vrai.

Croyons, nous aussi, que notre cœur peut changer : pour cela, il nous suffit, de croire que malgré notre fragilité et notre inconstance, Dieu nous a déjà dit oui en son Fils.

Chers amis, ici à Roissy, nous venons de prendre une leçon de changement. Puissions-nous obtenir notre correspondance pour une nouvelle destination. Et je vous l’assure, il n’y a pas besoin de récupérer nos bagages : le bon Dieu nous prend comme nous sommes.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Sam 14 Oct 2017 - 9:59



Citation :

Évangile

« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)

Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
‘Ils respecteront mon fils.’
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
‘Voici l’héritier :
venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !’
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
JESUS leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 8 octobre 2017 au pèlerinage du Rosaire à Lourdes


Des rencontres heureuses.

Des rencontres ratées. Ainsi va peut-être notre vie ? Ici à Lourdes nous aimons nous recueillir au creux de la grotte où Bernadette fit une rencontre heureuse avec la Vierge Marie. Nous aimons en toucher le rocher, en boire l’eau, nous y plonger même. Combien sont-ils ces milliers de pèlerins qui se pressent ici pour y rencontrer le Seigneur et lui confier leur prière ? Pour y porter les intentions de ceux qui sont restés chez eux, comme vous amis téléspectateurs. Pour permettre à tous de faire, même à distance, la merveilleuse rencontre.

Et puis, il y a malheureusement dans notre vie des rendez-vous manqués. Ah, si nous pouvions réécrire l’histoire… Nous figerions les aiguilles de notre montre, juste le temps de changer le cours des événements. Peut-être est-ce ce que nous avons envie de nous dire aujourd’hui en entendant cet évangile ? C’est en effet l’histoire d’une rencontre entre Dieu et nous, sans cesse ajournée. Une rencontre qui avait tout pour être belle et qui pourtant n’a pas eu lieu, entre un maître et un peuple de vignerons, son peuple. Le peuple qu’il chérit et qu’il comble de ses biens. Le peuple, dont nous sommes, qui n’hésitera pas, pourtant, à mettre l’héritier à mort.

Dans la longue histoire, tumultueuse, de Dieu et l’homme, Dieu ne cesse de se lamenter sur cet homme si infidèle, si rapide à se détourner de lui, à le remplacer par d’autres dieux. Il lui a pourtant préparé une vigne sur un coteau fertile, comme il lui avait donné aux premiers jours de l’histoire le merveilleux jardin de la création. Mais l’homme préfère mépriser l’amour du Créateur, tenter de s’en faire l’égal, le rival même. Alors le charme est rompu. Et l’homme s’en va un jour loin du jardin.

Voici une parabole qui me frappe au cœur. Et je m’interroge – et toi peut-être avec moi ami pèlerin, ami téléspectateur : « Seigneur, cet hôte ingrat lors de ta venue, serait-ce moi ? Se pourrait-il que je n’aie pas répondu à ton désir de me rencontrer ? » Cela se pourrait bien à vrai dire… Car Dieu n’est pas toujours le bienvenu dans mon cœur comment pourrais-je me le cacher ? Je n’ai pas le temps ni l’envie de lui ouvrir la porte. Je préfère passer mon chemin devant mon frère plutôt que de me tenir à son chevet, ou d’aller lui rendre visite. Je le néglige et, ce faisant, je néglige Dieu aussi.

Le sens de l’histoire ne serait-ce donc pas qu’il détruise ces ingrats ? Ne faudrait-il pas qu’il anéantisse ces malfaisants qui se rebellent éternellement contre lui ? « Si j’étais lui, c’est ce que je ferais », pensez-vous… Mais Dieu est Dieu. Dieu n’est pas homme. Dieu ne pense pas comme l’homme pense. Il n’est pas un Dieu vengeur quand l’homme lui se vengerait. Si l’homme se rebelle contre lui, c’est toujours pour trouver Dieu plus grand que sa rébellion. Dieu est patient.




Ainsi Jésus dit vrai : l’héritier du maître de la vigne sera bel et bien mis à mort. C’est bien sûr de lui qu’il parle en disant cela, alors qu’il s’apprête à prendre la route de Jérusalem. Pourtant il ne s’ensuivra pas la destruction des hommes qui l’auront mis à mort. « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » dit-il sur la croix à son Père. Il y a, là encore, la place pour dire la miséricorde à l’homme. Il est encore temps pour Dieu de dire à l’homme qu’il veut le rencontrer, qu’il l’aime de toute éternité. Il est encore temps pour Dieu, toujours temps pour lui, de dire son amour pour sa vigne et ses vignerons.

Dieu attend toujours que l’homme pécheur revienne enfin à lui. Comme aux premiers jours de l’amour naissant.



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