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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 26 Juil 2017, 7:01 pm



Homélie de la messe du 23 juillet 2017 à Condette


Homélie de Monseigneur Jean-Paul JAEGER, évêque du diocèse d’Arras, Boulogne et Saint-Omer

Patience et ménagement

Dieu a bien de la chance ! Il peut compter sur vous et moi. Nous sommes des serviteurs fidèles. Nous travaillons le champ dans lequel le Seigneur envoie et fait grandir ses enfants. Si tel n’était pas le cas, nous ne nous serions pas ici, ce matin, ou devant notre poste de télévision. Nous ne craignons jamais de nous indigner quand les semailles du Fils de l’Homme sont perverties, frelatées. Nous nous enflammons quand notre société préfère ses propres productions au bon grain généreusement semé par le Seigneur.

Mais il nous arrive de dormir ou de nous laisser endormir. L’ennemi veille et trompe notre vigilance. Ce n’est que progressivement que se révèlent les dégâts de semailles mensongères. Elles sont d’autant plus trompeuses qu’elles poussent en même temps que l’épi qui annonce la récolte.

Alors, il faut faire vite et fort, éliminer jusqu’au dernier brin la mauvaise herbe qui étouffe sournoisement le blé qui promet la vie. Oui, nous sommes des serviteurs zélés prêts à arracher et à jeter. Avec nous, l’Evangile, l’Eglise, le pape, les évêques doivent juger et condamner.
Et voilà que le maître nous arrête. Nous voyons les ravages de l’ennemi. Lui regarde la fragilité de la tige, de l’épi. Pour rien au monde, Il ne veut prendre le risque d’endommager les prémices de la vie.

Nous n’avons certainement pas tort de fustiger le mal. Il est insupportable quand il bafoue et dévalorise l’humanité. Que de fois ne reprochons-nous pas à Dieu lui-même de tolérer le mal, de rester silencieux devant lui ? Dieu fermerait-il les yeux sur l’injustice des puissants ? Oublierait-il la mort d’enfants innocents ? Passerait-il l’éponge sur les atteintes à la dignité ? S’habituerait-il à la folie terroriste ?

Ecoutons ! Le livre de la Sagesse évoque bien la force de Dieu, mais elle n’a rien à voir avec la puissance des muscles ou des armes. Elle s’exprime dans le soin que le Seigneur prend de toute chose. Il n’a pas besoin d’écraser et d’exterminer. Il juge avec indulgence et avec beaucoup de ménagement. Que veut-il, en fin de compte, en faisant preuve de tant de patience, tant de tolérance ?

La Parabole du bon grain et de l’ivraie s’éclaire mieux par ces mots du livre de la Sagesse : « A tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute, tu accordes la conversion. » Dieu n’intervient pas à la mesure de notre temps. Il ne se lassera jamais d’offrir au fils égaré le moment favorable pour le renouvellement de son cœur et de sa vie. Pour le Père, ce projet d’Amour mérite de laisser longtemps le meilleur se mêler au pire.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 01 Aoû 2017, 6:48 pm



Citation :
Évangile
« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à la foule ces paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.


Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.


Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »


« Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
JESUS ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 30 juillet 2017 à Juaye-Mondaye


Le trésor, c’est toi !

J’ai longtemps identifié le royaume à un trésor, à un négociant ou à un filet, sans y voir grand-chose d’autre qu’une histoire d’homme chanceux, tombé sur une aubaine… un peu comme vous entendez distraitement à la radio qu’un tel a gagné des millions au loto. On est content pour lui, voire un peu envieux, et cela ne va pas plus loin. Vous aussi, peut-être, comme moi, vous êtes content pour ces gens dont parle JESUS, mais sans vous sentir trop concernés. Et si ces histoires, pourtant, parlaient justement de moi, de chacun de vous…

En réalité, il faut d’abord lire la parabole comme un tout. C’est bien l’événement, le récit, dans son entier, qui est comparé au règne de Dieu, depuis l’heureuse découverte, en passant par la vente de tous ses biens jusqu’à la transaction finale. Le royaume est bien plus qu’un trésor ou qu’une perle, bien autre chose qu’un renoncement à tout, très différent d’une opération commerciale particulièrement juteuse ou d’un heureux tirage au sort. Le plus important dans le récit est le contentement, la découverte qui donne tellement de joie, qui fascine tant, qu’on est prêt à tout pour cette attirance, pour cette joie inattendue. « La joie », dit le philosophe Jean-Louis Chrétien, « c’est l’arrivée en moi et chez moi, par surprise, d’un invité impromptu, l’Esprit Saint ».

Deux personnes sont tombées sur une chose extrêmement précieuse : l’un, par hasard, l’autre après une patiente recherche. Le premier doit tout vendre pour acheter le champ. C’est probablement un pauvre, un travailleur journalier. Le second, négociant en perle fine, un gros négociant sûrement, fait du commerce un peu partout et finit par trouver la perle rare. Le royaume de Dieu est destiné aux pauvres comme aux riches, à ceux qui tombent dessus à l’improviste, sans intention préalable, car ils n’ont guère le temps de s’en soucier beaucoup, comme à ceux qui ont pu le chercher depuis longtemps.

Je pense à cette femme, Aurélie, venue à l’église pour le mariage d’un couple d’amis, et soudain bouleversée lors de la prédication. Elle a demandé le baptême, pour elle et ses enfants. Je pense à saint Norbert, le fondateur de notre communauté religieuse, l’ordre de Prémontré, baptisé depuis longtemps, mais qui entend soudain, en chemin, cette parole du psaume : « Cesse de faire le mal, fais le bien, poursuis la paix, cherche-là ». Il quitte alors son existence superficielle pour vivre pleinement de la grâce de son baptême.

Au fond, la double parabole du trésor et de la perle est d’abord autobiographique. JESUS dit ici quelque chose de sa propre histoire et du choix fondamental de sa propre vie : venu dans le champ du monde, il y a découvert un trésor, une perle précieuse : ce trésor, cette perle, c’est l’homme lui-même, qui est fait pour Dieu. Alors, dans sa joie, il donne tout, il laisse tout, pour le règne de Dieu ! Il donne sa vie pour posséder le champ, la perle, c’est-à-dire notre propre cœur, notre propre existence, pour y allumer, par sa Passion, le feu ardent de son amour et de son Esprit.

Oui, le Christ est mort pour nous. Il est ressuscité, il est vivant. Il nous donne sa vie. Sa vie, c’est le prix qu’il a mis pour réconcilier l’humanité avec Dieu, pour faire de notre humanité une multitude de frères, pour nous donner sa gloire.

Frères et sœurs bien-aimés, l’eucharistie est la célébration de ce grand mystère dans lequel Dieu livre son propre fils. Ici à Mondaye et partout où vous êtes et d’où vous prenez part aujourd’hui à cette célébration, vous êtes ce trésor sans prix, caché dans le champ du monde. Laissez-vous trouver maintenant par le Christ ! Acceptez de lui appartenir, d’être à lui. Il vous cherche car c’est lui qui vous a fait.

Alors, avec saint Augustin, disons-lui à notre tour : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose en toi. » Amen !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 07 Aoû 2017, 7:29 pm



Citation :
Évangile
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à JESUS :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
JESUS s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, JESUS, seul.
En descendant de la montagne,
JESUS leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »
– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 6 août 2017 à Boulaur


« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ».

Il est une grande tentation pour le chrétien. Elle consiste à réduire le mystère de Dieu à ce qui se conçoit humainement. C’est la même tentation qui réduit l’évangile à une histoire de bon sens ; qui réduit l’action chrétienne à une belle morale ; qui réduit le message de l’Église à de nobles valeurs ; qui réduit une vocation religieuse à une suite de circonstances.

On veut bien de l’évangile mais à condition qu’il se soumette à nos propres valeurs universelles : l’amour, le respect, la tolérance… On pense volontiers que si l’on gardait du message de JESUS ce qui est raisonnable, alors l’Église saurait s’adapter aux idées de son temps. Du coup, on pourrait être des chrétiens, audibles et bien installés, à la manière de Pierre qui, ne comprenant pas ce qui se joue sur la montagne de la Transfiguration, propose de planter trois tentes. Vous voyez le risque. C’est celui d’évacuer ce qu’il y a de sacré, ce qu’il y a de divin, ce qu’il y a d’inaccessible à la raison humaine. C’est celui de se faire un Dieu à son image.

La Transfiguration de JESUS, c’est précisément l’antidote à cela. Ce qui se passe sur la montagne empêche de réduire le ministère de JESUS à des gestes de bienfaisance ou à un simple message d’amour. Car ce qui se passe là-haut ne peut se comprendre avec la raison. Tout y est surnaturel : le visage brillant comme le soleil, les vêtements blancs comme la lumière la présence d’Élie et Moïse, la nuée lumineuse. JESUS monte sur la montagne pour qu’apparaisse clairement aux disciples que toute vie, à commencer par la sienne, vient de Dieu et mène à Dieu.

La vie religieuse, c’est la même chose. Toute tentative de réduire le regroupement de ces jeunes sœurs ici à un phénomène rationnel serait vouée à l’échec. La présence des cisterciennes à Boulaur n’est pas simplement une survivance culturelle de notre héritage chrétien ; il n’est pas non plus une curiosité incongrue réductible à un reportage, fût-il au Jour du Seigneur. Enfin, il n’est pas un choix de vie intolérable, preuve qu’il reste du fanatisme dans le christianisme.

Chers frères et sœurs, par les contours de la providence, il se trouve que je connais bien la communauté de Boulaur et que je viens ici souvent. Je peux attester deux choses. D’une part, qu’elles ont les pieds bien sur terre. Je les ai vu nourrir les cochons, s’occuper du vêlage, éplucher des haricots verts, rentrer les foins et même, ce qui n’est pas le moins téméraire… conduire les tracteurs !

Mais je peux attester d’autre part que leur vie ne peut se réduire à une entreprise agricole… J’ose le dire devant elles, elles sont un peu folles. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ». Car en effet, leur vie ne peut s’expliquer par des arguments humains. Le choix qu’elles ont fait, c’est le choix de Dieu. Ces sœurs sont le signe permanent de la Transfiguration de JESUS. Elles sont le signe, au cœur de ce monde, que la vie humaine ne peut trouver son sens en elle-même. Elles sont comme transfigurées et nous rappellent que rien ne pourra nous combler que Dieu seul. C’est pour cela qu’aucun de nous ne peut réduire la conduite de sa vie à une simple sagesse de bon sens.

Chers frères et sœurs, entendons cet appel à retrouver le sens du sacré. Non pas celui de l’étendard nostalgique et conquérant que brandissent des formes d’intégrisme. Non, tout simplement, reprenons conscience que nous sommes appelés à être transfigurés, que la source et la finalité de notre vie sont en Dieu. Un vrai sens de Dieu donne le vrai sens de la vie humaine.

Car, l’homme est fait à l’image de Dieu et non l’inverse. Et cette image, c’est JESUS transfiguré, préfiguration de chacun de nous. Dès maintenant, Dieu nous prend comme ses fils bien aimés en qui il met toute sa joie. Si nous croyons vraiment que nous sommes des êtres surnaturels, alors nos vies trop horizontales retrouveront leur verticalité, et par suite, leur vrai sens.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Sam 19 Aoû 2017, 7:42 pm



Citation :
Évangile
« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis :
Marie est entrée dans la gloire de Dieu ;
exultez dans le ciel, tous les anges !
Alléluia.
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 15 août 2017 à La Tour-de-Trême (Suisse)


« Une femme dans le ciel ! »

Une femme dans le ciel! Plus encore : elle a le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. L’Eglise catholique n’a pas la réputation d’être particulièrement féministe, et la voilà qui met en évidence, glorieusement, une femme, en l’occurrence une petite servante de Nazareth, un bled obscur de Galilée.

Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce qui s’est passé ? L’explication, qui n’efface pas le mystère, se trouve en Dieu. Cette femme ordinaire était en fait extraordinaire. Car Dieu l’a choisie entre toutes les femmes pour en faire la mère de JESUS, le fils de  Dieu fait chair, par sa libre et pleine collaboration au dessein de l’incarnation et de la rédemption, de tout son cœur, de tout son corps, de toute sa foi : «Qu’il me soit fait selon ta parole.» Dès lors, elle a pu chanter sans se vanter : «Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom.» Et maintenant, nous pouvons ajouter, sans déroger à la gloire de Dieu : «Marie, tu es bénie entre toutes les femmes… Oui, toutes les générations te disent bienheureuse.»

Heureuse, comme nous l’imaginons spontanément, tu le fus, mais pas toujours. Marie a connu l’espérance de la grossesse, le bonheur de la naissance de son enfant, mais aussi l’épreuve de la pauvreté à la crèche de Bethléem, les aléas de l’exil en Egypte, l’inquiétude et même l’incompréhension à cause d’un certain JESUS qui prit ses distances pour suivre sa vocation. Et surtout, au pied de la croix, elle a porté et supporté dans son cœur de mère, la mort de son enfant qu’elle savait innocent et sacrifié.

Aujourd’hui, nous sommes à la fête à cause de Marie. Ou plutôt nous communions dans la joie avec sa communion parfaite avec son fils JESUS le ressuscité. Selon la tradition de l’Eglise, en Orient et en Occident, nous croyons que la mère a suivi son fils dans la gloire comme  elle a été associée de très près aux mystères de sa passion. L’Assomption de Marie, c’est un peu la suite logique de sa maternité qui a donné un corps et un cœur humain au Sauveur du monde.

Et ce Sauveur le lui rend bien en la prenant à ses côtés, avec son corps et son cœur à elle, dans la gloire de Pâques.

Mais attention. Que ce privilège n’éloigne pas Marie de nous, qui sommes aussi ses enfants puisque JESUS l’a confiée pour mère au disciple, à tous les disciples. Elle reste de la famille, dans la famille, humaine, très humaine. «A partir de cette heure-là, dit l’évangéliste, le disciple la prit chez lui.» Et nous aussi.

Le Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. Marie est seulement, mais c’est déjà beaucoup, la première en chemin pour aller vers JESUS. Oui, elle nous précède, mais sans nous lâcher la main, dans la communion des saints. Elle nous précède dans la foi si nous suivons son conseil: «Faites tout ce que JESUS vous dira.» Elle nous tient dans ses bras maternels quand nous traversons des épreuves, elle qui a traversé les siennes à cause de JESUS, mais surtout avec lui, jusqu’au bout. Elle nous entraîne à faire Eglise avec les apôtres et tous nos frères et sœurs selon l’Evangile, comme elle l’a fait par sa présence et sa prière au Cénacle de Jérusalem, en attendant l’Esprit promis. Aujourd’hui, elle nous montre en personne  l’accomplissement de la promesse, à savoir l’entrée programmée – corps, cœur et âme – dans le royaume des cieux, auprès de JESUS ressuscité, quand nous aurons franchi les ravins de la mort.

Il est beau, il est bon que ce soit une femme, cette femme, servante et royale, humble et glorieuse, qui nous accompagne et nous entraîne sur le chemin qui mène à la pleine communion avec le Christ JESUS pascal.

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 12 Sep 2017, 5:47 pm



Citation :

« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)
Alléluia. Alléluia.

Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 10 septembre 2017 à Metz


Solidarité fraternelle

Au sujet de ce passage, on parle d’Evangile de la correction fraternelle. Mais ne faut-il pas oser l’appeler Evangile de la communion fraternelle ? Et même, pour reprendre la formule de saint Paul dans la seconde lecture, de « l’amour mutuel » ?

« Si ton frère a péché, va vers lui, reprends-le en tête à tête. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère ». Chacun a le devoir de reprendre son frère quand il se trompe, dit JESUS, ce qu’on appelle correction fraternelle. Il signale en même temps que chacun a le droit d’être pardonné. Et cela fait partie de l’acte d’aimer.

Oser se confronter à son frère et oser une démarche de pardon, c’est de l’anti-indifférence. C’est refuser que nos vies se passent indéfiniment en parallèle, voire à contre-sens. Là aussi, c’est une condition de l’acte d’aimer.

JESUS va plus loin lorsqu’il dit que si le frère qui a besoin de cette correction ne m’a pas entendu, il faut aller vers lui à deux ou trois pour le lui signifier. Il fait référence à un passage de la loi de Moïse au livre du Deutéronome : « Il ne suffira pas qu’un seul témoin se lève contre un homme coupable d’un péché. Pour instruire l’affaire, il faudra la déclaration de deux ou trois témoins »[1]

C’est dire combien JESUS insiste sur le devoir d’aider son frère quand il s’égare.

Et il insiste au point d’appeler à mobiliser l’Eglise, c’est-à-dire la Communauté entière.

En disant cela, JESUS montre que l’enjeu est à ce niveau. Quand nous voyons comment JESUS situe les étapes du pardon, nous comprenons que la faute dont il est question ne correspond pas à une offense ni une blessure personnelle[2]. Il s’agit d’un frère qui se met en retrait. Un frère qui rompt la « solidarité fraternelle »[3]. Le pape François disait que la correction fraternelle : « est une action pour guérir le corps de l’Eglise… il y a un trou, là, dans le tissu de l’Eglise, qu’il faut absolument recoudre »[4]

Tout cela est bien beau, mais la conclusion vous a peut-être semblé rude, comme à moi. « S’il refuse d’entendre l’Eglise, qu’il ne soit plus considéré comme un frère, mais comme un païen et un publicain ». C’est-à-dire comme un homme qui est étranger à la connaissance du Christ et loin de la foi de la communauté. Notre premier réflexe est d’être choqué. Mais c’est une sagesse de JESUS : surtout, n’en faites pas un frère aux oubliettes de la communauté. Un frère que vous ignorerez, que mépriserez et n’aimerez plus.

Nous savons comment JESUS se comporte avec les païens et les publicains : il veut les mettre à sa suite. Il va vers eux, il mange avec eux, il les évangélise. En ne considérant plus l’autre comme un frère en quarantaine, il en fait un homme à appeler ou à réintégrer dans la communauté des croyants. Rappelez-vous comment JESUS décrit l’accueil miséricordieux d’un père pour son fils prodigue qui s’était désolidarisé de la famille.

Chers amis téléspectateurs, vous l’avez vu tout à l’heure avec le témoignage de cette jeune fille de Moselle, et vous le verrez encore après notre célébration, notre émission d’aujourd’hui est une étape vers « le synode des évêques sur les jeunes, la foi et les vocations ». Jeunes et vieux ; catholiques bien intégrés et ceux qui sont à la marge ; malades et bien portants ; et il y a d’autres catégories que nous pouvons facilement mettre en opposition !

JESUS appelle à ne pas passer à côté, les uns des autres, dans l’incompréhension, dans la méfiance, voire dans le rejet. Je le disais au début, cet évangile est celui de l’anti-indifférence. Celui de la solidarité fraternelle et de l’amour mutuel hautement gagnés, au prix du dialogue, de la vérité et de l’humilité. C’est là un enjeu de bien commun. Cet évangile et le synode qui viendra, l’an prochain, nous rappellent qu’il est précieux de faire partie d’un même corps !

Ensemble, nous sommes ce corps du Christ Vivant !

Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 03 Oct 2017, 8:59 pm



Citation :
Évangile
« S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)
Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ?
Un homme avait deux fils.
Il vint trouver le premier et lui dit :
‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’
Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’
Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière.
Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’
et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
Ils lui répondent :
« Le premier. »

JESUS leur dit :
« Amen, je vous le déclare :
les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice,
et vous n’avez pas cru à sa parole ;
mais les publicains et les prostituées y ont cru.
Tandis que vous, après avoir vu cela,
vous ne vous êtes même pas repentis plus tard
pour croire à sa parole. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 1er octobre à l’aéroport Paris Charles-De-Gaulle

S’il y a bien une chose que l’on apprend à gérer dans une aérogare, ce sont les changements. Changements d’avion, changement d’horaire, changement de porte d’embarquement… Parmi ces changements, les plus délicats sont probablement ceux qui touchent à l’homme : changements d’humeur, changements d’avis, changements de billets… Que ce soit de la part des passagers ou de la part des collègues, les incertitudes, les aléas et les retournements ont de quoi nous agacer ou nous impatienter. Et à l’autre bout de la chaîne, il y a ceux, tout aussi agaçants, qui refusent de changer. Ceux qui ont toujours raison. Ceux qui se campent dans leur droit et dans leurs certitudes.

Avec la parabole des deux fils qui changent d’avis, JESUS aborde précisément aujourd’hui cette question de l’instabilité du cœur humain, mais aussi celle de sa rigidité. Bien sûr, il n’en reste pas à la dimension psychologique ou sociale. Il nous emmène au plus profond de l’être. Il nous dévoile comment Dieu traite l’inconstance spirituelle, mais aussi son pendant : la dureté spirituelle. JESUS soulève cette double épine, si douloureuse pour chacun de nous, de la versatilité et de l’endurcissement de notre cœur.

En effet, nous nous connaissons trop bien. Combien de fois avons-nous pris des résolutions non tenues quant à notre vie chrétienne ? Combien de fois avons-nous abandonné notre cap dans une vie bousculée, voire désordonnée ? Combien de fois pensons-nous au contraire qu’il n’est nul besoin de changer quoique ce soit ? Et oui, nous le constatons, lorsqu’il s’agit du bien à faire, nous sommes versatiles. Et lorsqu’il s’agit du mal à ne pas faire, nous sommes constants !

Mais il n’est pas trop tard. La porte de l’avion n’est pas encore fermée ! Reprenons la parabole. Avec beaucoup de finesse et de charité, JESUS y dévoile que le vrai changement de notre cœur est encore possible. « Un homme avait deux fils… ». Rien que ces quelques mots, nous emmène sur le terrain de la tendresse. « Un homme avait deux fils… » Comment ne pas se rappeler le début d’une autre parabole : celle du fils prodigue. Déjà dans cette autre histoire, il y avait un fils qui s’en va puis qui revient et un fils qui reste puis qui refuse de rentrer. L’un qui dit non puis qui se repent, l’autre qui dit oui puis qui ne fait pas. L’un versatile, l’autre rigide. Mais surtout, chers frères et sœurs, il y avait un père… un père qui accueille et qui croit à l’avenir de chacun de ses enfants.

Dieu croit inlassablement en l’homme ! C’est là, le vrai changement proposé par la parabole. Comprendre que le Père nous aime comme ses enfants. Croire que même si on a dit non à Dieu, on peut toujours lui dire oui ; Dieu prend acte de l’inconstance du cœur humain, mais Il ne s’y arrête pas ;

Il ne porte pas de jugement moral, Il ne s’impatiente pas, Il ne s’agace pas. Au fond, Dieu veut toujours le meilleur pour l’homme et le comprendre, cela provoque le changement… le vrai.

Croyons, nous aussi, que notre cœur peut changer : pour cela, il nous suffit, de croire que malgré notre fragilité et notre inconstance, Dieu nous a déjà dit oui en son Fils.

Chers amis, ici à Roissy, nous venons de prendre une leçon de changement. Puissions-nous obtenir notre correspondance pour une nouvelle destination. Et je vous l’assure, il n’y a pas besoin de récupérer nos bagages : le bon Dieu nous prend comme nous sommes.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 13 Oct 2017, 8:59 pm



Citation :

Évangile

« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)

Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
‘Ils respecteront mon fils.’
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
‘Voici l’héritier :
venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !’
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
JESUS leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 8 octobre 2017 au pèlerinage du Rosaire à Lourdes


Des rencontres heureuses.

Des rencontres ratées. Ainsi va peut-être notre vie ? Ici à Lourdes nous aimons nous recueillir au creux de la grotte où Bernadette fit une rencontre heureuse avec la Vierge Marie. Nous aimons en toucher le rocher, en boire l’eau, nous y plonger même. Combien sont-ils ces milliers de pèlerins qui se pressent ici pour y rencontrer le Seigneur et lui confier leur prière ? Pour y porter les intentions de ceux qui sont restés chez eux, comme vous amis téléspectateurs. Pour permettre à tous de faire, même à distance, la merveilleuse rencontre.

Et puis, il y a malheureusement dans notre vie des rendez-vous manqués. Ah, si nous pouvions réécrire l’histoire… Nous figerions les aiguilles de notre montre, juste le temps de changer le cours des événements. Peut-être est-ce ce que nous avons envie de nous dire aujourd’hui en entendant cet évangile ? C’est en effet l’histoire d’une rencontre entre Dieu et nous, sans cesse ajournée. Une rencontre qui avait tout pour être belle et qui pourtant n’a pas eu lieu, entre un maître et un peuple de vignerons, son peuple. Le peuple qu’il chérit et qu’il comble de ses biens. Le peuple, dont nous sommes, qui n’hésitera pas, pourtant, à mettre l’héritier à mort.

Dans la longue histoire, tumultueuse, de Dieu et l’homme, Dieu ne cesse de se lamenter sur cet homme si infidèle, si rapide à se détourner de lui, à le remplacer par d’autres dieux. Il lui a pourtant préparé une vigne sur un coteau fertile, comme il lui avait donné aux premiers jours de l’histoire le merveilleux jardin de la création. Mais l’homme préfère mépriser l’amour du Créateur, tenter de s’en faire l’égal, le rival même. Alors le charme est rompu. Et l’homme s’en va un jour loin du jardin.

Voici une parabole qui me frappe au cœur. Et je m’interroge – et toi peut-être avec moi ami pèlerin, ami téléspectateur : « Seigneur, cet hôte ingrat lors de ta venue, serait-ce moi ? Se pourrait-il que je n’aie pas répondu à ton désir de me rencontrer ? » Cela se pourrait bien à vrai dire… Car Dieu n’est pas toujours le bienvenu dans mon cœur comment pourrais-je me le cacher ? Je n’ai pas le temps ni l’envie de lui ouvrir la porte. Je préfère passer mon chemin devant mon frère plutôt que de me tenir à son chevet, ou d’aller lui rendre visite. Je le néglige et, ce faisant, je néglige Dieu aussi.

Le sens de l’histoire ne serait-ce donc pas qu’il détruise ces ingrats ? Ne faudrait-il pas qu’il anéantisse ces malfaisants qui se rebellent éternellement contre lui ? « Si j’étais lui, c’est ce que je ferais », pensez-vous… Mais Dieu est Dieu. Dieu n’est pas homme. Dieu ne pense pas comme l’homme pense. Il n’est pas un Dieu vengeur quand l’homme lui se vengerait. Si l’homme se rebelle contre lui, c’est toujours pour trouver Dieu plus grand que sa rébellion. Dieu est patient.




Ainsi Jésus dit vrai : l’héritier du maître de la vigne sera bel et bien mis à mort. C’est bien sûr de lui qu’il parle en disant cela, alors qu’il s’apprête à prendre la route de Jérusalem. Pourtant il ne s’ensuivra pas la destruction des hommes qui l’auront mis à mort. « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » dit-il sur la croix à son Père. Il y a, là encore, la place pour dire la miséricorde à l’homme. Il est encore temps pour Dieu de dire à l’homme qu’il veut le rencontrer, qu’il l’aime de toute éternité. Il est encore temps pour Dieu, toujours temps pour lui, de dire son amour pour sa vigne et ses vignerons.

Dieu attend toujours que l’homme pécheur revienne enfin à lui. Comme aux premiers jours de l’amour naissant.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 18 Oct 2017, 8:58 pm






Citation :
Évangile

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-10)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    JESUS se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
   Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
   Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.

   – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie de la messe du 15 octobre 2017 à Melle


« Des pleurs et des grincements de dents » : les paraboles dans saint Matthieu sont souvent rudes et celle-ci l’est particulièrement. JESUS ne craint pas de dire la violence du peuple qui, autrefois, tuait les prophètes et, bientôt, va le tuer lui-même. De plus, comme toute parabole, celle-ci ne contient pas une, mais plusieurs leçons. Sur la conversion, sur le Salut offert à toutes les nations. Mais je vais m’arrêter à la toute première, celle qu’on oublie souvent, et qui est celle-ci : le Seigneur fait chercher ses invités.

Ce ne sont pas ses invités qui viennent — pour tout dire, ils ne viennent pas —, c’est lui qui les fait chercher.

Et voici le premier secret que dévoile cette parabole. Nous disons souvent que nous cherchons, ou que telle personne cherche Dieu. C’est vrai… C’est vrai en partie. Car beaucoup d’entre nous ne savent que chercher — et comment chercher Dieu si l’on ignore tout de lui ? —, ou bien n’en ont pas le courage, ni l’envie, ni même l’idée.

Heureusement, c’est plutôt Dieu qui nous cherche. C’est lui qui est venu nous trouver par les prophètes, par l’Écriture, par l’enseignement que nous avons reçu, par les signes qu’il donne. C’est lui, le premier, qui directement ou indirectement nous a adressé la parole. Quand je prêche à des jeunes, et je prêche surtout à des jeunes, j’ai fréquemment l’impression de prêcher à des étrangers. De leur apporter une nouvelle dont ils n’avaient aucune idée. De les inviter dans un royaume qui leur est inconnu. Ils cherchent, assurément. Ils cherchent leur vie, leur voie, leur bonheur — mais ils cherchent rarement Dieu. Et moi, j’arrive avec une invitation à laquelle ils ne s’attendaient pas.

À ces jeunes je dis que le premier acte de la vie chrétienne, la définition même de la foi, c’est de se laisser chercher. Dieu est sorti de sa maison ; Dieu est venu dans notre monde, dans la nuit de notre monde ou de notre cœur, et il nous y cherche. Il ne veut pas nous forcer. Nous sommes libres. Mais il ne se lasse pas de nous chercher.

Il y a chez Dieu quelque chose d’humble et de suppliant. Ses messagers sont maladroits. Son invitation est fragile. Si nous n’en voulons pas, nous n’avons qu’à la froisser et à la jeter.

Dieu est comme l’ami qui cherche son ami perdu. Dieu est comme le père qui cherche son fils perdu dans la nuit. Il est tellement impatient de l’embrasser qu’il a pris sa lanterne et qu’il est sorti alors qu’il fait noir, et il appelle dans les rues désertes. Il prend des risques. Il se fatigue pour nous. Sa voix résonne dans le silence.

Et nous, tout ce que nous avons à faire est d’accepter qu’il nous appelle, et de lui répondre. Nous ne savons pas clairement ce à quoi il nous appelle. Dieu nous demeure largement mystérieux. Nous ne comprenons pas tout de lui et ce que nous croyons comprendre nous reste parfois difficile. Mais qu’au moins nous répondions à son appel. Qu’il s’agisse d’un témoignage ou d’une parole entendue ou d’un sentiment dans notre cœur, que nous répondions : « Oui, tu m’appelles. Tu me cherches, Seigneur. Tu m’es inconnu, en grande partie inconnu, mais je veux bien te rencontrer. » La foi, c’est cela, et rien d’autre : le Seigneur appelle, notre cœur entend.






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 24 Oct 2017, 7:57 pm



Citation :
Évangile

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 15-21)
Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre JESUS au piège
en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, JESUS dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »
– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie du 22 octobre 2017 à Woluwé-Saint-Lambert


« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ». Traditionnellement, la vérité est présentée comme l’adéquation de la pensée et la réalité. Et en ce sens, la vérité consisterait avant tout en l’accord entre ce qui est dit et l’objet qui est énoncé. Or, la vérité est plus complexe que cela. Il s’agit avant tout d’un dévoilement, d’un travail à faire sur soi-même, afin de discerner l’essentiel, et de rendre à Dieu ce qui est à Dieu.

Notre monde occidental a un rapport quelque peu paradoxal à la vérité. Au niveau politique, nous voyons souvent des chevaliers blancs, des personnes aspirant à ce que toute la clarté soit faite. Et néanmoins, lorsqu’on parle de la Vérité avec un grand « V », il y a comme une peur, car nous savons qu’en son nom, le plus atroce est commis aux quatre coins du monde. La vérité nous fait souvent peur et par cela même, notre culture préfère l’utile au vrai. « César » prend ainsi la place de « Dieu » ! La politique oublie l’humain. Nous faisons des choses qui nous semblent certes utiles, mais sont-elles pour autant vraies, ajustées à ce que nous sommes réellement, ajustées à l’essentiel ?

Alors que certains se posent la question du « comment bien vivre ? » et que d’autres s’intéressent à « ce qui est vrai », l’essentiel est de réconcilier les deux. « Comme vivre cette vérité venant de Dieu ? » Pour le dire autrement : comment quitter ces masques de César, ces images de puissance qui nous rendent parfois hypocrites, pour découvrir en nous l’image de Dieu ? Voilà cette question qui nous est posée. Cette vérité —même si elle dérange— est donc utile lorsqu’elle se dit avec délicatesse et bonté. Lorsqu’elle nous aide à faire un tri sélectif dans notre vie, entre l’urgence et l’importance. Toutefois, acceptons-nous qu’un tel dévoilement se fasse sur nous-mêmes ? Car, il faut le reconnaître, nous rendons bien souvent à Dieu ce qui appartient à César. Dans ces moments, nous introduisons de la comptabilité en Dieu. La religion prend alors les traits du permis et du défendu. D’autre part, nous rendons souvent à César ce qui appartient à Dieu. Dans ce cas, notre temps… devient vraiment de l’argent ! Nous n’avons plus d’autre mesure que la rentabilité et notre vie devient affaire de droit et de devoirs. Notre temps —qui s’inscrit pourtant dans l’éternité de Dieu— est alors entièrement consacré au faire, à l’avoir, au paraître, au pouvoir…

Sur ce chemin de vérité et de discernement, le Christ nous invite à rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Qu’est-ce à dire, sinon nous en remettre —non à nous-mêmes— mais à Dieu justement, en sa providence ? Avouez que ce mot fait un peu peur, tant il semble poussiéreux et désuet. La providence entendue classiquement comme l’intervention divine en ce monde au détriment de notre liberté— beaucoup d’entre nous n’y croient plus du tout. Cependant, il y a une profonde réalité derrière ce mot. Providence signifie « voir à l’avance ». Nous pourrions dire, voir « en avance ». Toutes et tous, il peut nous arriver de croiser de ces personnes providentielles, qui nous ont vu « en avance ». Elles se sont attachées à ce qui ne passe pas. Elles n’ont pas prédit notre avenir, mais elles nous ont offert des paroles bienveillantes qui se sont avérées par la suite… Elles nous ont aimés, avant même que nous puissions les aimer en retour. Parler de la providence de Dieu, c’est croire qu’il y a des personnes providentielles qui nous ont regardé en vérité, avant que nous fassions cette vérité sur nous-mêmes. Ces personnes ne se sont pas arrêtées à notre personnage, à notre masque, à notre apparence sociale. Elles ont vu, au fond de nous, l’image même de Dieu ! Parce que, de même que la pièce de l’impôt est frappée à l’effigie de César, notre cœur est, quant à lui, marqué du sceau de Dieu.

Bien entendu, il se peut que nous soyons dans une période de notre vie où un tel horizon semble lointain, où le désespoir a pris le pas sur la confiance. Il se peut que nous soyons dans une phase de lassitude où « la tendresse a déserté notre maison ». Mais n’est-ce pas justement quand notre avenir semble voilé, incertain, qu’il nous faut « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » et s’attacher à ce qui ne passe pas ? Alors, nos yeux seront ouverts pour croiser des êtres providentiels, et — peut-être à notre tour— en être pour les autres. Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Oct 2017, 7:39 pm



Citation :
Évangile

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 34-40)
Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
les pharisiens,
apprenant que JESUS avait fermé la bouche aux sadducéens,
se réunirent,
et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à JESUS
pour le mettre à l’épreuve :
« Maître, dans la Loi,
quel est le grand commandement ? »
JESUS lui répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur,
de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et le second lui est semblable :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
De ces deux commandements
dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »
– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 29 octobre 2017 à Asquins

Voilà un Évangile, court, dense, et qui nous met face à l’essentiel de la vie chrétienne : Aimer, aimer Dieu et aimer son prochain. Cela parait si simple, si naturel et pourtant si difficile dans la vie de tous les jours. Sur le principe, nous sommes tous d’accord mais dans la réalité c’est une toute autre affaire. Alors comment s’en sortir, quelle solution trouver pour tenter d’avancer un peu, faire un petit pas de plus afin que la parole du Seigneur porte du fruit en nous ? Une fois que nous le savons, que nous en connaissons les principes, comment le vivre car aimer c’est tout sauf un précepte, d’ailleurs peut-on ordonner, forcer, commander à quelqu’un d’aimer ?

Justement c’est le Christ qui par sa réponse nous fait entrevoir une issue, nous fait sortir de l’impasse dans laquelle, trop souvent, nous nous trouvons au fil du temps. Lorsque le docteur de la loi vient lui poser cette question : « quel est le grand commandement ? », il vient mettre JESUS à l’épreuve car il avait réussi à fermer la bouche de leurs opposants, les sadducéens. Il y a dans la question de cet homme bien sûr une mise à l’épreuve mais aussi une ouverture, une demande d’éclairage face aux 10 commandements et aux 613 prescriptions (mitsvot) qui les accompagnaient.

JESUS dans sa réponse va reprendre deux affirmations que l’on trouve dans l’Ancien Testament (Dt 6,5 et Lv 19,18), il ne fait donc pas preuve d’originalité, il reprend l’Écriture, la Loi, la Torah, en revanche il va mettre ces deux commandements sur un pied d’égalité : « et le second lui est semblable » et, là, cela change tout. Il met côte à côte, en équivalence l’amour de Dieu et l’amour du prochain, il les rend indissociables. Cette nouvelle articulation, ce lien qui est fait et que JESUS nous propose donne une nouvelle perspective pour notre regard sur Dieu et les autres.

Ce n’est pas anodin que dans la loi scoute, dès l’origine avec Baden Powell, le 3ème article soit celui-ci : « C’est le devoir d’un éclaireur d’être utile aux autres et de leur venir en aide. » Lorsque le Père Sevin en 1920, fondateur du scoutisme catholique en France, a traduit et adapté le texte initial, nous retrouvons encore plus notre page d’Évangile : « Le Scout est fait pour servir et sauver son prochain ».

On voit bien comment le service va sous tendre toutes les activités du scoutisme que ce soit à l’âge louveteau où ce dernier promet de rendre chaque jour un service à quelqu’un puis à l’âge scout avec la fameuse B.A., la bonne action quotidienne, et ensuite à l’âge route où dans le départ routier, le texte d’engagement final, le routier se considère comme toujours de service. Cet amour du prochain se vit ainsi dans le service, ce service qui va puiser sa force, se ressourcer en Dieu.

Nous découvrons peu à peu qu’aimer Dieu et aimer son prochain, c’est tout un. Lorsque je prie, lorsque je suis en vérité face à Dieu, que je me mets en relation avec lui, à son écoute, un des fruits naturels de la prière sera de me tourner vers mon prochain, de me mettre à son service. En effet, plus j’aime Dieu, plus j’aime mes frères. Et inversement, lorsque je me tourne vers mes frères, lorsque je prends du temps pour eux, que je me dévoue à leur service, je me rapproche de Dieu car en tout homme, c’est le Christ présent que je sers. Ce va et vient, ces vases communicants, s’interpénètrent et s’entretiennent l’un l’autre, l’un dans l’autre, l’un par l’autre. On ne peut qu’être frappé que les plus grands saints actifs, actifs auprès des plus pauvres, prenaient beaucoup de temps pour prier alors qu’ils étaient sollicités sans arrêt. On peut penser à saint Vincent de Paul ou encore, plus récemment, à sainte Mère Teresa, plus elle en faisait, plus elle priait. N’est-ce pas là le secret de toute action, de tout service afin que tout soit accompli en Dieu et qu’il soit rendu présent dans toutes nos actions, n’est-ce pas là une manière de réconcilier action et contemplation ?
Amen.







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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 05 Nov 2017, 8:06 pm



Citation :
ÉVANGILE
« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Vous n’avez qu’un seul Père,
celui qui est aux cieux ;
vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Alléluia. (cf. Mt 23, 9b.10b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens enseignent
dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 5 novembre 2017 à Lourdes


Chers Frères et Sœurs, chers téléspectateurs,

Les propos de JESUS adressés aux foules et à ses disciples sont rudes. Ils sont accusateurs à l’égard des scribes et des pharisiens qui enseignent dans la chaire de Moïse : « Ils disent et ne font pas. » Ils enseignent et ne mettent pas en pratique. « Faites et observez ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas d’après leurs actes car ils disent et ne font pas ! » Nous autres Evêques qui sommes réunis à Lourdes, nous avons envie de nous faire tout petits en entendant cela. Nous sommes chargés d’enseigner et il nous arrive de ne pas vivre toujours ce que nous enseignons. JESUS a le don de mettre à jour les contradictions, les inconséquences, les orgueils déplacés.

Pour guérir de cela JESUS invite à l’humilité, à la confiance, au service. Il cherche la guérison de nos cœurs et le salut de nos âmes. Nous sommes tous à des moments ou à d’autres en responsabilité. Les enfants savent faire remarquer à leurs parents les failles dans leurs comportements et les jeunes ne s’en privent pas face à leurs éducateurs. Nous sommes tous tentés de nous faire des donneurs de leçons ou pire de faire peser sur les autres des charges qu’ils ne peuvent pas porter. Nous ne sommes pas chargés d’alourdir la marche des autres, mais de les accompagner avec d’autant plus de bienveillance, de patience et de délicatesse que la route se fait dure pour eux. L’humilité dans les propos comme dans les postures est une bonne compagne. Elle évite cette recherche vaine du désir de se faire remarquer ou de celui de se prendre pour le sauveur des hommes. Les titres ou les costumes ne contribuent pas toujours à demeurer dans l’attitude humble du serviteur.



Il nous est bon une fois encore de contempler le Christ JESUS. Il est le fils de Dieu fait homme et pourtant il se fait semblable à nous en toute chose à l’exception du péché. Il est venu montrer le chemin du serviteur et lave les pieds de ses disciples. Il appelle à la confiance en Dieu et à l’amour des ennemis et voilà qu’il s’abandonne au Père et implore le pardon. Sa manière d’être et de vivre ont confirmé ses paroles. C’est en voyant sa façon de mourir que le centurion romain proclame : « Vraiment cet homme était fils de Dieu. » Oui, Lui qui s’est abaissé, il a été élevé. Elevé sur la Croix, élevé jusqu’auprès de son Père.



Nous voilà remis en ce jour devant l’authenticité de notre parole de chrétiens en ce monde d’aujourd’hui. Elle ne peut pas être enfermée dans la proclamation de slogans ou la seule dénonciation de dérives diverses. Elle ne sera recevable que si elle est donnée à travers des témoignages de vie, des choix faits effectivement au nom du Christ et de l’Évangile. Sans cesse nous devons nous demander si nos vies concrètes ne démentent pas ce que nous annonçons. Je pense en particulier au choix de cette sobriété de vie dont parle souvent le Pape François ou encore à nos actes en faveur de l’accueil des enfants handicapés, des vieillards, des étrangers.

Au fond chers Amis, rappelons-nous ce que dit encore JESUS dans ce passage : « Vous êtes tous frères. Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel ». Il a souvent repris cet enseignement qui nous libère de l’orgueil et du désespoir, de la violence et du chacun pour soi.

Puissions-nous vivre les uns pour les autres, dans l’humilité, la confiance et le service.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 13 Nov 2017, 9:48 pm



Citation :
Évangile
« Voici l’époux, sortez à sa rencontre » (Mt 25, 1-13)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable
à dix jeunes filles invitées à des noces,
qui prirent leur lampe
pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait,
elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
‘Donnez-nous de votre huile,
car nos lampes s’éteignent.’
Les prévoyantes leur répondirent :
‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
Pendant qu’elles allaient en acheter,
l’époux arriva.
Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces,
et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :
‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’
Il leur répondit :
‘Amen, je vous le dis :
je ne vous connais pas.’

Veillez donc,
car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 12 novembre 2017 à Orsay (Essonne)

Des jerrycans d’amour.

Frères et sœurs, Amis en Christ.
Pour introduire mon commentaire de l’Evangile d’aujourd’hui, vous permettrez à l’alsacien que je suis, un flash sur le portail sud de la façade de la cathédrale de Strasbourg. La parabole des demoiselles d’honneur, invitées au festin de noces est magnifiquement sculptée dans la pierre de grès rose.
A gauche, les vierges folles, subjuguées par un élégant tentateur qui leur présente la pomme, renversent l’huile de leur lampe.
A droite, les vierges sages, rayonnantes, sereines, élèvent leur lampe bien garnies. Elles guettent avec confiance, l’époux qui tarde à venir, le Christ, leur Seigneur. Si les vierges prévoyantes sont invitées à entrer dans la salle des fêtes, les insensées entendent le terrible verdict : « Je ne vous connais pas ».

Frères et sœurs, cette parabole est l’histoire d’un rendez-vous : rendez-vous honoré, rendez- vous manqué. Les unes ont raté la rencontre, avouons-le, pour pas grand-chose : une question de réserve d’huile. Les autres y avaient pensé.
Et nous, allons-nous rater le rendez-vous avec le Seigneur ?

Entendrons-nous, au soir de notre vie, ces mots : « Je ne te connais pas ! » Jésus ne cherche pas à nous faire peur. A travers ce récit, il nous lance un appel. Il nous aime tellement qu’il a gravé chacun de nos noms sur les paumes de ses mains;

il ne veut qu’aucun de nous ne se perde. « Frappez et on vous ouvrira » dit-il par ailleurs. Il ne nous rejette pas : il nous dit : « suis-moi ».
Veillez donc, gardez vos lampes allumées !
Dans la Bible, l’huile évoque les bénédictions de Dieu pour nous. Alors, veillez à toujours garder une réserve d’huile. Ne remplissez pas seulement le réservoir de vos lampes, mais des jerrycans entiers. Faites provision d’amour, de pardon et de fraternité, à l’image de St François et de ses disciples qui nous accueillent aujourd’hui à « la Clarté-Dieu».

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ! Cette invitation peut retentir comme une menace, mais aussi comme une invitation à rester greffé sur Jésus, en attendant qu’apparaisse le versent lumineux de notre vie : notre rencontre avec le Ressuscité.


Rencontrer le Christ, n’est pas triste. Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de sa vie pour le trouver. Saint Dominique Savio, enfant, jouait au foot avec ses camarades. Quelqu’un lui demande : « Si on te disait que ce soir tu vas mourir, qu’est-ce que tu fais ? » : « Je continue à jouer ».

En attendant le grand rendez-vous avec Dieu, ne baissons pas les bras. L’Evangile nous invite à accompagner ceux qui ont fait provision d’huile, comme ceux qui ont été surpris par l’inattendu de l’arrivée du Seigneur. Dieu compte sur nous pour que le Royaume des cieux ne soit pas un lieu d’exclusion, qu’il ne soit amputé d’aucun d’entre nous, ni des prévoyants ni même des insouciants.

Frère, ami, n’oublie pas de remplir ta lampe de cette huile qu’est la charité, l’amour de Dieu et des autres, spiritualité toute franciscaine. Peut-être te permettra-elle, aujourd’hui ou cette semaine, d’accompagner celui qui franchira le seuil de son existence.

Les plus anciens d’entre nous se souviennent certainement de la chanson du Père Duval : « Le Seigneur reviendra, il l’a promis…Tiens ta lampe allumée…
Attends-le dans ton cœur…
Mon Dieu, serait-ce pour cette nuit ? ». Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 21 Nov 2017, 9:55 pm



Citation :
Évangile
« Tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup » (Mt 25, 14-15.19-21)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples cette parabole :
« C’est comme un homme qui partait en voyage :
il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il remit une somme de cinq talents,
à un autre deux talents,
au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités.
Puis il partit.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
présenta cinq autres talents
et dit :
‘Seigneur,
tu m’as confié cinq talents ;
voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
Son maître lui déclara :
‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.’ »
– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 19 novembre 2017 à Paris


«  Quand on vit dans le monde des pauvres, on découvre avec eux la présence réelle du Christ » s’émerveillait Don Xavier de Maupeau ancien évêque du Brésil ; Mais de quelle présence du Christ parlait-il ainsi sinon que les pauvres nous renvoient  à la confiance dans la vie ?

L’Evangile des talents sonne de façon toute particulière en cette journée mondiale de la pauvreté voulue par le pape François qui suit la journée mondiale  du refus de la misère. Il résonne beaucoup, aussi, alors que nous célébrons avec l’association Voir Ensemble que je connais depuis 1985. Plus de 30 années à regarder vivre des personnes aveugles ou mal voyantes. Or le maître  mot de mon expérience, tel que le renvoie l’Evangile c’est la confiance. La confiance mutuelle. L’Evangile nous introduit dans la logique de la confiance, confiance de Dieu, vis à vis de l’homme et de l’homme vis à vis de Dieu.

Rencontrer des personnes handicapées et des personnes vivant des situations de pauvreté n’est pas facile ni évident la première fois, mais par la suite, cela devient lumineux et nous apporte la joie.

Le maître  dans la parabole, lorsqu’il confie ses biens, n’est pas en train de calculer. Il donne sa confiance à chacun selon ses capacités : cinq talents à l’un, deux talents au deuxième, un talent au troisième. Ce n’est pas un jugement de valeur que Dieu fait. L’important est que chacun fasse fructifier ses talents à partir de ce qu’il est.

Avec vous, chers Amis aveugles et mal voyants, je me rends compte  que vous avez mis vos valeurs au service de la communauté humaine et des communautés paroissiales. Aujourd’hui, avec le soin que vous avez apporté à la célébration eucharistique. Et comment ne pas se réjouir de la musique et du chant dont vous nous faites souvent profiter, dans des veillées et les messes ! Et je pense à Christophe qui est là aujourd’hui, car il a renoncé au match de l’Olympique Lyonnais pour être ici : Tu développes ton talent au service des autres, en étant servant d’autel, alors qu’on te pensait incapable de  ce service.

Faire confiance à tous et à chacun, avec ce qu’il est et à partir de ce qu’il a voilà qui  manifeste notre dignité à tous. Comme le maître de la parabole, nous voilà entrainés à faire confiance. A confier des responsabilités et des missions aux uns et aux autres. N’est-ce pas cela que font des associations telles que « Voir Ensemble » ou Foi et Lumière ou en cette paroisse Notre Dames des champs, le GRAPPH (groupe d’attention aux paroissiens et per sommes handicapés) ?

Notre confiance ne fait que prolonger celle de Dieu que représente la maître de la parabole .Tout commence en nous émerveillant de Dieu qui nous prend au sérieux, nous tous et en premier les personnes handicapées ou exclues de toute sorte ! Et n’est-ce pas grâce à elles  que nous pouvons découvrir l’amour de Dieu pour tous les hommes ?

A ceux d’entre nous qui sont bien portants, ce sont les plus vulnérables qui peuvent ouvrir un chemin vers les autres et vers Dieu.

Malgré la fragilité qu’ils vivent, ils  sont remplis de joie et peuvent suivre le christ en toute confiance. C’est ce qui m’a marqué et me permet de vivre ma vie de foi  de religieux et de prêtre.

C’est bien ainsi que je reçois ce que disait don Xavier de Maupeau « Quand on vit dans le monde des pauvres, on découvre la présence réelle du Christ »

Nous qui sommes ici dans cette Eglise, vous qui regardez  et  écoutez cette eucharistie devant votre écran, que nous soyons bien portant ou porteur d’un handicap, ferons nous confiance à d’autres ? Laisserons-nous d’autres nous faire confiance. Dieu attend que nous acceptions sa confiance et que nous fassions fructifier les dons qu’il nous confie pour le service du royaume et de tous les hommes, nos frères. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 27 Nov 2017, 9:02 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 26 novembre 2017 à Malèves-Sainte-Marie (Belgique)


Qu’attendons-nous ?

Lorsque les temps sont incertains, comme les nôtres, l’attente se fait plus vive mais aussi plus ambiguë. Savons-nous vraiment ce que nous attendons ? La reprise de la croissance ? Un pouvoir d’achat accru ? Plus de bien-être ? Et puis, chacun d’entre nous, porte des attentes qui lui sont personnelles : recouvrer la santé, rencontrer la bonne personne, retrouver un emploi, la liste est longue.

L’ambiguïté de l’attente tient principalement au fait de notre impuissance à conjurer le futur : attendre n’est pas posséder ce que l’on désire. C’est pourquoi la déception n’est jamais très loin… C’est peut-être la raison pour laquelle les hommes déposent leurs attentes dans les mains d’un des leurs : c’est la figure de l’homme providentiel, du roi, du président ou du sauveur, de celui dont on attend qu’il réponde à nos besoins. D’ailleurs, l’homme providentiel est celui qui a compris cette psychologie des foules : il fait miroiter l’attente, il promet encore et encore… jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un autre homme providentiel, tout rempli de nouvelles promesses…

Il fut un temps où l’on attendait le messie ; il devait venir pour tout arranger, tout allait changer pour le mieux. Ce messie est venu et on ne l’a pas reconnu. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas répondu à nos attentes. Nous voulions du pain en abondance et il nous affamait de sa parole. Nous voulions des miracles à gogo, et il nous faisait don de la foi qui croit ce qu’elle ne voit pas… Même Jean le Baptiste, un peu dépité, demande : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » C’est en raison de la déception que, nécessairement, la venue d’un messie aussi déroutant provoque, que l’Evangile nous fait don aujourd’hui de cette parabole.

Car nous savons que le Christ doit revenir. Mais l’attendons-nous ? Ou, mieux, qu’attendons-nous de Lui ? Qu’il résolve nos problèmes, arrange nos petits et grands tracas ?

Il est vrai que l’attente d’un hypothétique retour du Christ, sans cesse remis à plus tard, s’est essoufflée, au point qu’il nous arrive peut-être de douter qu’Il revienne jamais… Mais peut-être nous trompons-nous quant à son retour. C’est justement ce que nous apprend la parabole de ce dimanche : le Christ ne cesse de venir, il ne cesse de venir jusqu’à nous, certes de manière incognito, mais pourtant tout à fait reconnaissable puisqu’il vient à nous sous la figure de l’homme et de la femme en détresse. Et il nous indique que la juste manière, non seulement de l’attendre, mais aussi de le rencontrer, consiste à faire miséricorde à ceux qui ont en besoin.

C’est ainsi que la parabole nous détourne de l’attente vaine d’un messie ou d’un sauveur ; le Christ est venu il y a deux mille ans pour nous apprendre qu’il ne cesse de venir en s’identifiant à celles et ceux qui manquent de nourriture, d’attention et d’amour. Il est de coutume de dire que le Christ reviendra à la fin des temps ; mais cette conception est naïve et, pour tout dire, assez fausse… Le Christ est précisément venu pour changer la qualité du temps, pour transformer notre attente en présence à l’autre qui souffre. Le temps du Christ, c’est le temps offert pour nous rendre attentifs à nos frères et soeurs. Ne perd son temps que celui qui le gaspille tout en se préoccupant uniquement de lui-même. Certes, ce temps nouveau de la gratuité échappe à nos logiques marchandes, économiques, à la fatalité du « time is money » ; la rentabilité qui est maintenant exigée de tous n’a rien à voir avec la fécondité du temps ouvert à la rencontre. L’évangile se moque de la rentabilité ; il demande : toute cette fatigue… pour quoi ? Pour quoi faire ? Pour être qui ?

Ce que je n’ai pas le temps de faire, c’est souvent une occasion manquée, doublement faut-il préciser : on perd et le frère et Celui qui s’identifie avec lui : le Christ.

Il est temps, si j’ose dire, de remettre les pendules à l’heure !

La parabole de ce dimanche est à entendre comme le testament du Christ : il nous dit quoi faire pour être contemporains de sa venue maintenant. Il nous ne demande pas de l’attendre mais de le recevoir dans la personne de celui qui souffre. Ou, s’il convient de désirer la venue du Christ, son attente n’est pas autre chose que notre vigilance à le rencontrer tous les jours, lorsque nous acceptons de fendre la cuirasse de notre égoïsme. Il faut donc le dire avec force : il n’y a pas d’autre venue du Christ à espérer que celle-là, quotidienne, en quelque sorte ordinaire…

Cela signifie encore qu’il faille nous méfier de ce que nous appelons la spiritualité. On entend dire qu’il a un retour du spirituel. Soit, mais qu’est-ce qu’une spiritualité qui confinerait au repliement sur soi ? Alors que tout l’évangile nous enjoint à prendre soin de l’autre… Ceux qui disent : « Quand t’avons-nous vu malade, en prison… ? » n’étaient pas des êtres durs, mais des personnes pieuses et vertueuses qui pensaient que Dieu s’identifie avec ceux qui font ce qui est juste alors que le Christ nous révèle que Dieu s’identifie à ceux qui ont besoin de miséricorde…

Je termine alors par une autre histoire qui nous a été transmise par un saint belge, et oui, ça existe !, le bienheureux Jean Ruysbroeck l’Admirable : « Quand tu serais en extase au 7e ciel, si un malade te demande une tasse de bouillon, descends vite du 7e ciel et donne-le lui. Car le Dieu que tu trouves dans le malade est plus sûr que le Dieu que tu viens de quitter dans la prière. »

Alors, aujourd’hui, c’est le Christ qui nous demande : qu’attendez-vous pour me rencontrer ?



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 03 Déc 2017, 8:11 pm



Citation :
Évangile

« Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » (Mc 13, 33-37)

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés :
car vous ne savez pas
quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage :
en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail,
et demandé au portier de veiller.
Veillez donc,
car vous ne savez pas
quand vient le maître de la maison,
le soir ou à minuit,
au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste,
il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous :
Veillez ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 3 décembre 2017 à Metz Queuleu (Moselle)


Si le prophète Isaïe vous apparaissait dans un songe en vous disant : « Dieu m’envoie te dire que tu mourras à minuit un jour de décembre ». Je me demande comment vous allez vivre tous les prochaines nuits. On a demandé à un saint : « que feriez-vous si aujourd’hui, c’était le dernier jour de votre vie »? Il a répondu : « Je ne changerai rien ». C’est une sainte réponse. Moi, si je savais que je dois mourir une nuit de décembre, je ne serai pas tranquille et je veillerai toutes les nuits !

Essayons de comprendre dans un premier temps ce qu’est la période de l’avent, et dans un second point quelle est la grâce particulière que nous recevons dans cette période.

Commençons par le premier point. Si vous demandez à un enfant : qu’est-ce que l’avent? Il va sans doute vous répondre : c’est la période AVANT Noel. Et bien non, ce n’est pas du tout ça puisque avent ne s’écrit pas A-V-A-N-T mais A-V-E-N-T ! Le mot Avent vient donc de AVENEMENT, nous célébrons donc une période pour nous préparer à un avènement, à la venue de quelqu’un.

Nous ne faisons pas seulement une crèche pour préparer la célébration de l’anniversaire de Jésus à Noel, mais nous nous préparons à sa venue aujourd’hui sous trois formes : Il peut venir à nous par notre mort, il peut venir à nous par la fin du monde, et il peut venir à nous dans le quotidien de notre vie.

C’est ce troisième mode de la venue de Jésus, le renforcement de sa présence dans notre vie, qui est la grâce particulière de l’avent.
Dans cet évangile, Jésus nous donne en exemple un portier. Il nous dit que ce portier doit être vigilant, il doit bien faire son travail et ne pas être endormi si son maître rentre à l’improviste. Ce que jésus nous demande, ce n’est donc pas seulement de beaucoup veiller et prier dans cette période, mais de bien faire notre travail comme doit le faire ce portier. Tu es étudiant, étudie. Tu es chef d’entreprise, dirige comme il se doit. Tu es mère au foyer, mets-y tout ton cœur. Chacun de vous a un travail qui lui est propre et en cette période de l’avent, il faut nous y appliquer, car c’est une manière d’accueillir Jésus dans nos vies.

Imaginez que vous avez un petit ballon qu’on gonfle aux anniversaires. Vous avez soufflé dedans tout votre foi et vous avez fait un nœud. En cette période de l’avent, Jésus veut défaire le nœud, soufflez de nouveau, et vous permettre de ressentir beaucoup plus sa présence dans votre vie. Il veut que votre ballon gonfle considérablement, jusqu’à devenir immense. Rassurez- vous, il n’y pas de risque qu’il explose.

Mais par contre, d’année en année, de Noël en Noel, le ballon peut devenir tellement énorme qu’il se voit de tout le monde, et vous ne serez pas surpris si parfois on vous traite d’être un peu illuminé car votre ballon vous élèvera du sol au point d’être de moins en moins terre à terre ! C’est ainsi que l’accueil personnel de Jésus dans votre vie devient signe pour les autres !

Pour conclure, vous comprenez que tout est lié. En accueillant Jésus avec plus de puissance dans les taches de votre vie quotidienne, vous devenez prêt à voir Jésus face à face au moment de votre mort. Et vous serez aussi prêt à accueillir Jésus dans sa gloire à la fin du monde.

Alors, ça vaut vraiment le coup, veillez, appliquez-vous à vos tâches quotidiennes et gonflez vos ballons !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Hier à 8:09 pm



Citation :
Évangile

« Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8)

Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc

Commencement de l’Évangile de JESUS,
Christ, Fils de Dieu.
Il est écrit dans Isaïe, le prophète :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Alors Jean, celui qui baptisait,
parut dans le désert.
Il proclamait un baptême de conversion
pour le pardon des péchés.

Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain,
en reconnaissant publiquement leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau,
avec une ceinture de cuir autour des reins ;
il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il proclamait :
« Voici venir derrière moi
celui qui est plus fort que moi ;
je ne suis pas digne de m’abaisser
pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe du 10 décembre 2017 à Maisons-Alfort (94)

Attendre comme un enfant.

Quand j’étais petit, j’attendais Noël avec impatience. Et, soyons francs, je n’attendais pas Noël pour le petit JESUS. J’attendais Noël pour les cadeaux. Avec l’Avent commençait donc cette période merveilleuse faite de marrons chauds, d’odeur de sapin fraîchement coupé et de catalogues de jouets. Je pouvais passer des heures sur la page des trains électriques…

L’Avent était donc la période de l’année où j’attendais. J’attendais les cadeaux, la fête, j’attendais la joie, j’étais tendu vers ce petit matin où, avec mon frère, j’allais découvrir ce que j’espérais tant.

Maintenant que je suis à peu près adulte, je n’attends plus les cadeaux. Vous non plus, j’imagine, en tout cas vous qui participez à cette messe par la télévision, même si je devine qu’il y a quelques enfants dans cette assemblée qui sont déjà bien, bien impatients.

Ce qui m’amène à poser une question un peu naïve, disons une question d’enfant : qu’est-ce que les grandes personnes attendent de Noël ?

Frères et sœurs : nous, les grands, qu’attendons-vous de la venue du Christ ? Attendons-nous seulement quelque chose ?

En tout cas, et c’est là que je veux en venir, en tout cas les personnages de l’Évangile, eux, attendent quelque chose. C’est même une constante des personnages de l’Évangile : ils attendent quelque chose.

Ils attendent le Messie libérateur qui boutera les Romains hors d’Israël ; ils attendent la justice ; ils attendent de comprendre le sens de l’Écriture ; ils attendent d’être réhabilités parce qu’ils se savent pécheurs ; ils attendent l’amour qui comblerait leur soif ; ils attendent d’être entendus, d’être guéris, d’être consolés. Ils sont tendus vers ils ne savent quoi ni qui, mais tendus de toutes leurs forces.

C’est pour cela que tant hommes et de femmes suivent Jean le Baptiste au désert comme, plus tard, elles suivront JESUS. Ils sont assoiffés de choses diverses, mais ils ont ceci en commun : ils sont assoiffés. Ils désirent. Ils attendent.

Et nous, chrétiens, peut-être n’attendons-nous pas assez. Ou, pour être plus précis, peut-être n’osons-nous pas assez attendre.

Nous avons parfois des timidités. Surtout avec Dieu. Nous attendons l’amour de toutes nos fibres, mais nous n’osons pas l’avouer. Nous attendons le pardon, mais nous n’osons pas le demander. Nous attendons la paix dans ce monde, la consolation de nos chagrins, l’apaisement de nos angoisses ; nous attendons, avec quelle secrète inquiétude !, que nos enfants soient heureux ; nous attendons la foi, nous espérons même l’espérance, qui nous fait si souvent défaut ; mais tout cela, nous le gardons pour nous. Sous prétexte que nous sommes des grandes personnes, que nous ne sommes plus naïfs, qu’il ne faut pas trop demander.

Eh bien ! JESUS dira, plus tard, que la Promesse et le Royaume seront donnés à ceux qui ressemblent aux enfants.

Non pas qu’il nous veuille infantiles. Mais parce que la Promesse et le Royaume sont donnés à ceux qui en ont soif. À ceux qui continuent d’attendre, avec impatience, que leur cœur soit conforté, apaisé, illuminé. À ceux qui n’ont pas renoncé ni à trouver la paix, ni à connaître l’amour.

On dit, et c’est vrai, que l’Avent est un temps de préparation à la venue du Seigneur. Mais avant de faire quoi que ce soit, avant de dire quoi que ce soit, il faut désirer, frères et sœurs. Désirer ce que la vie nous a promis, ce que Dieu nous a promis, et le désirer de tout notre cœur, sans crainte, comme un enfant, car plus grande sera notre attente, plus Dieu nous donnera.



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L'Homélie

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