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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 19 Déc 2016, 9:28 pm






Citation :
JESUS naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
Voici comment fut engendré JESUS Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de JESUS
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.

– Acclamons la Parole de Dieu.






Homélie de la messe à Croix 18/12/2016


Frères et sœurs, chers amis,

Les fêtes de Noël approchant, plusieurs parmi vous auront peut-être déjà installé une crèche dans leur maison et profité de l’occasion pour revenir, seul ou en famille, sur l’histoire des personnages qui la composent : je pense au petit JESUS bien entendu, mais aussi à Marie, aux anges, aux bergers, aux mages, sans oublier le bœuf et l’âne gris ! D’eux, nous savons à peu près la part qu’ils ont prise à l’événement. Mais Joseph le charpentier, cet homme à la parole rare et au regard songeur, qu’a-t-il fait au juste ? Souvent, et probablement sans trop réfléchir, nous plaçons son santon à l’ombre de celui de Marie, en léger retrait, comme si tout s’était passé sans lui. Or l’évangéliste Matthieu est formel : si Joseph n’avait pas été là, il n’y aurait pas eu de Noël, du moins de Noël tel que nous le connaissons aujourd’hui !

L’affaire était pourtant mal engagée… Que faire en effet de cette fiancée enceinte d’un autre que lui ? En temps normal, la loi de Moïse interdit de prendre sous son toit une femme qui n’a pas gardé sa virginité. Comme tout juif pieux en pareille circonstance, Joseph ne peut donc pas accueillir Marie. Je vous laisse imaginer ici les hésitations de son cœur et les nuits passées à chercher une solution ! Se refusant à assumer une paternité qui n’est pas la sienne, il choisit finalement de la répudier en secret afin de ne pas salir davantage sa réputation. Mais voilà… Dieu, qui par son Esprit œuvre déjà dans la vie de Marie, va s’approcher de lui par la voix de son ange. A rebours de ce qu’exige la loi, il lui demande d’infléchir son projet et de ne pas avoir peur de prendre chez lui son épouse. Il lui demande surtout de donner un nom au garçon qui va naître, c’est-à-dire de l’accueillir dans sa famille et de s’engager à l’aimer comme son propre fils. Bref, Dieu demande à Joseph d’accepter cette vocation aussi merveilleuse qu’éprouvante d’être père. Et Joseph a dit oui.

Vous le savez : cet acquiescement tacite le conduira sur des routes parfois périlleuses. Peu après sa naissance, JESUS sera menacé par la folie meurtrière du roi Hérode. Averti par un nouveau songe, Joseph serrera alors l’enfant dans ses bras et fuira avec Marie en Egypte. De retour à Nazareth, il n’oubliera pas de lui donner une éducation religieuse et de l’éveiller à la prière. Et puis il faut le dire : il se fera du souci lorsque JESUS, âgé d’à peine douze ans, fera sa première fugue au temple de Jérusalem ! Il lui transmettra enfin son métier et son amour du bois. Comme tous les pères, Joseph a donc aimé, lutté, veillé, tâtonné, prié ; il a espéré et souffert pour permettre à son fils de grandir et de devenir un homme.

Quel chemin, frères et sœurs, que celui du Dieu unique et libre lorsqu’il décide d’apporter en son Fils le salut à l’humanité ! Pour venir au monde, il a eu besoin des gestes attentionnés et de la fidélité sans faille du charpentier de Nazareth. Mais l’histoire, vous vous en doutez, ne s’arrête pas là, et l’invitation lancée à Joseph il y a deux mille ans résonne encore à nos oreilles aujourd’hui. Car le Christ, qui est né pour nous, ne peut pas naître sans nous. Consentirons-nous comme Joseph à entrer dans ce projet qui nous dépasse ? Laisserons-nous Dieu naître en nous, entre nous et autour de nous ? Et veillerons-nous sur cette naissance, toujours nouvelle ? Alors mes amis, pourquoi ne pas placer Joseph bien en vue dans nos crèches de Noël ? Son exemple, j’en suis sûr, nous aidera à trouver les vraies sources d’apaisement et d’audace, de changement et de conversion pour laisser l’Esprit faire en nous la joie de Dieu et notre propre joie… pour la joie de tous ! Amen.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 04 Jan 2017, 8:15 pm



Citation :
jour, l’enfant reçut le nom de JESUS » (Lc 2, 16-21)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
Après avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,
selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de JESUS,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Saint-Fargeau-Ponthierry – 1er janvier 2017


« Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme », dit l’apôtre saint Paul. C’est cela que nous fêtons aujourd’hui. Marie est Mère de Dieu. En disant cela, nous reconnaissons que JESUS est vraiment Dieu. Pas un homme devenu Dieu, mais un Dieu qui s’est fait homme. Et nous découvrons ainsi que nous ne sommes pas des êtres trop humains qui essaient de se faire aimer par un Dieu trop abstrait et trop éloigné, mais que nous sommes une humanité que Dieu aime et qu’il veut sortir de la misère, de la violence et du péché.

Or parce qu’elle est notre sœur, de la même humanité que nous, Marie nous permet de ne pas nous désoler ni nous résigner : non seulement Dieu vient en notre humanité pour que notre vie retrouve sa beauté, mais notre humanité se révèle capable de se laisser transformer par Dieu. Car Marie représente notre humanité, et si nous pensions que notre monde était irrémédiablement tombé trop bas, nous croyons à présent que rien n’est trop bas pour Dieu. Rien n’est trop chaotique que Dieu ne puisse relever.

Marie nous permet de ne pas nous résigner puisque Dieu a pris corps en elle, mais allons plus loin : regardons sa façon de faire. Comme si elle nous disait : comment abordez-vous ce qui vous bouscule, autour de vous et en vous ? Comment parlez-vous des beautés, de l’adversité et des espoirs de ce monde ?

Comment accueillons-nous tout cela ?

L’Evangile dit que « Marie retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». Elle se fait attentive à ce qui se passe, à ce qui la déstabilise comme à ce qui l’étonne. Et elle en cherche le sens. C’est sans doute pour cela que nos crèches la représentent souvent ainsi : réceptive, en retrait, à genoux.

Marie a soif de sens…

Il y a les actes de bravoure et les belles initiatives. Mais les violences et les conflits, en tant de coins du monde ? Les dégâts que fait la crise économique qui s’est installée ? La précarité sociale, la solitude de ceux qui sont délaissés, le sens de l’homme que l’on perd en ne respectant plus sa vie ? Que disons-nous de tout cela ? Est-ce que cela ruine notre conscience, et est-ce que cela altère notre confiance faute d’avoir pris du recul ? Faute de m’en être remis à Dieu pour écouter ce qu’il attend que je sois et que je fasse en ce monde-là ? Si à l’Annonciation Marie a reçu la mission de donner naissance au Fils de Dieu, elle continue, ensuite, d’essayer de comprendre ce que cela implique : comment trouver la juste attitude, comment répondre de façon nouvelle et pertinente à tout ce qui se présentera ? « Elle retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». C’est une attitude contemplative : tout sauf matérialiste ou cynique. C’est une attitude essentielle à la fin d’une année 2016 qui fut rude. C’est une attitude essentielle quand commence une nouvelle année.

Marie n’interprète pas à la va-vite ce qu’elle voit. Elle ne reste pas non plus indifférente à ce qui se passe. Elle ne cherche pas des responsables à ce qui va mal pour se rassurer ou pour exorciser sa peur de vivre. Marie réunit en son cœur tout ce qu’elle peut : ce qui la révoltera, ce qui la fera souffrir et ce qui l’émerveillera. Et à partir de tout cela, elle veut faire grandir la paix en elle pour offrir au monde la paix que Dieu lui aura donnée. Or justement aujourd’hui,  nous prolongeons une demande que le pape Paul VI fit en 1967 : que le premier janvier soit « le jour de la paix dans le monde ». Cela commence en nous-mêmes.

Il y a quelques semaines, au Caire, un terroriste semait la mort dans une église copte. Un ami qui est allé prier sur les lieux m’a appris que cela s’est produit juste après le geste de paix. J’ai encore une fois compris que la paix demande combat et espérance sans relâche.

Ne pas baisser les bras pour être artisan de paix !

Ne pas renoncer à une méditation à la fois lucide et bienveillante face aux événements. Rester chercheurs de sens, rester chercheurs de Dieu… Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Jan 2017, 7:43 pm




Homélie de la messe à Saint-Fargeau-Ponthierry – 1er janvier 2017


« Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme », dit l’apôtre saint Paul. C’est cela que nous fêtons aujourd’hui. Marie est Mère de Dieu. En disant cela, nous reconnaissons que JESUS est vraiment Dieu. Pas un homme devenu Dieu, mais un Dieu qui s’est fait homme. Et nous découvrons ainsi que nous ne sommes pas des êtres trop humains qui essaient de se faire aimer par un Dieu trop abstrait et trop éloigné, mais que nous sommes une humanité que Dieu aime et qu’il veut sortir de la misère, de la violence et du péché.

Or parce qu’elle est notre sœur, de la même humanité que nous, Marie nous permet de ne pas nous désoler ni nous résigner : non seulement Dieu vient en notre humanité pour que notre vie retrouve sa beauté, mais notre humanité se révèle capable de se laisser transformer par Dieu. Car Marie représente notre humanité, et si nous pensions que notre monde était irrémédiablement tombé trop bas, nous croyons à présent que rien n’est trop bas pour Dieu. Rien n’est trop chaotique que Dieu ne puisse relever.

Marie nous permet de ne pas nous résigner puisque Dieu a pris corps en elle, mais allons plus loin : regardons sa façon de faire. Comme si elle nous disait : comment abordez-vous ce qui vous bouscule, autour de vous et en vous ? Comment parlez-vous des beautés, de l’adversité et des espoirs de ce monde ?

Comment accueillons-nous tout cela ?

L’Evangile dit que « Marie retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». Elle se fait attentive à ce qui se passe, à ce qui la déstabilise comme à ce qui l’étonne. Et elle en cherche le sens. C’est sans doute pour cela que nos crèches la représentent souvent ainsi : réceptive, en retrait, à genoux.

Marie a soif de sens…

Il y a les actes de bravoure et les belles initiatives. Mais les violences et les conflits, en tant de coins du monde ? Les dégâts que fait la crise économique qui s’est installée ? La précarité sociale, la solitude de ceux qui sont délaissés, le sens de l’homme que l’on perd en ne respectant plus sa vie ? Que disons-nous de tout cela ? Est-ce que cela ruine notre conscience, et est-ce que cela altère notre confiance faute d’avoir pris du recul ? Faute de m’en être remis à Dieu pour écouter ce qu’il attend que je sois et que je fasse en ce monde-là ? Si à l’Annonciation Marie a reçu la mission de donner naissance au Fils de Dieu, elle continue, ensuite, d’essayer de comprendre ce que cela implique : comment trouver la juste attitude, comment répondre de façon nouvelle et pertinente à tout ce qui se présentera ? « Elle retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». C’est une attitude contemplative : tout sauf matérialiste ou cynique. C’est une attitude essentielle à la fin d’une année 2016 qui fut rude. C’est une attitude essentielle quand commence une nouvelle année.

Marie n’interprète pas à la va-vite ce qu’elle voit. Elle ne reste pas non plus indifférente à ce qui se passe. Elle ne cherche pas des responsables à ce qui va mal pour se rassurer ou pour exorciser sa peur de vivre. Marie réunit en son cœur tout ce qu’elle peut : ce qui la révoltera, ce qui la fera souffrir et ce qui l’émerveillera. Et à partir de tout cela, elle veut faire grandir la paix en elle pour offrir au monde la paix que Dieu lui aura donnée. Or justement aujourd’hui, nous prolongeons une demande que le pape Paul VI fit en 1967 : que le premier janvier soit « le jour de la paix dans le monde ». Cela commence en nous-mêmes.

Il y a quelques semaines, au Caire, un terroriste semait la mort dans une église copte. Un ami qui est allé prier sur les lieux m’a appris que cela s’est produit juste après le geste de paix. J’ai encore une fois compris que la paix demande combat et espérance sans relâche.

Ne pas baisser les bras pour être artisan de paix !

Ne pas renoncer à une méditation à la fois lucide et bienveillante face aux événements. Rester chercheurs de sens, rester chercheurs de Dieu… Amen



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 18 Jan 2017, 6:59 pm







Homélie de la messe à Hem dimanche 15 janvier 2017


Les lectures bibliques de ce dimanche nous embarquent dans une aventure bien étonnante. Jugez plutôt…

La première lecture nous rappelle d’abord que le Seigneur a de l’ambition pour nous. Si nous nous considérons, et à juste titre depuis notre baptême, comme serviteur de Dieu – ce qui est déjà pas si mal ! – eh bien Dieu nous dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur… Je fais de toi la lumière des nations. » Rien que cela : la lumière des nations ! Et pour quoi ? Pour que « mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

C’est assez vertigineux, vous en conviendrez. Mais heureusement, la Journée mondiale du migrant et du réfugié va nous permettre de reprendre pied. Les extrémités de la terre ? Inutile de marcher des kilomètres pour les atteindre. Ce sont elles qui viennent à nous grâce à ceux qui demandent l’asile dans notre pays. Les extrémités ? A notre porte ! Rappelez-vous : c’est ce qui est arrivé dans l’Église. Le Pape l’a dit le soir de son élection : « Il semble bien que mes frères cardinaux soient allés chercher un évêque pour Rome quasiment au bout du monde. »

Alors, que faire quand les extrémités de la terre entrent chez nous, quand le bout du monde arrive à domicile ? La réponse se trouve dans le psaume : croire que Dieu attend de nous « ni offrande ni sacrifice », mais simplement de dire : « Voici, je viens. » Autrement dit, répondre présent, être bien là pour « dire ton amour et ta vérité » selon la belle expression du psaume. Dire ton amour : nous savons tous le faire par des gestes d’accueil et de bienvenue. Dire ta vérité : ça, c’est plus difficile car il n’est jamais évident de faire entendre que l’accueil des réfugiés est une chance et non une menace. En France, c’est même un sujet qui peut diviser nos familles ou nos paroisses.

Pourtant, réaliser que Dieu fait de nous « la lumière des nations », c’est consentir à ces gestes d’accueil tout simples qui favorisent la fraternité et diminuent la peur devant celui qui vient de loin. Et cela se fait toujours dans « la grâce et la paix ». Saint Paul nous le rappelle dans la première lettre aux Corinthiens. Pourquoi dans « la grâce et la paix » ? Parce que le Seigneur agit de cette manière avec nous, comme avec l’immigré : jamais de forcing, mais des gestes gracieux ; jamais de tension, mais des paroles qui apaisent.

Jean Baptiste est le premier à avoir vécu un accueil qui permet d’éclairer les nations. Il témoigne dans l’évangile selon saint Jean qu’il ne connaissait pas JESUS. Il le dit à deux reprises : « Moi, je ne le connaissais pas. » Nous sommes tous des Jean Baptise devant un migrant : nous ne le connaissons pas. Et pourtant, cette non-connaissance, loin de nous apeurer, nous ouvre à l’hospitalité qui est le signe du Royaume parmi nous.

Allons, ne nous contentons pas d’être serviteur de Dieu. C’est trop peu ! Répondons au Seigneur « Me voici » pour être fait « lumière des nations ». Alors la tendresse de Dieu parviendra jusqu’aux extrémités de la terre… en commençant par chez nous.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 23 Jan 2017, 8:23 pm





Prédication de la célébration oecuménique à Strasbourg 22-01-2017


Homélie du P. Vincent Jordy

Frères et sœurs, chers amis,

Vous me permettrez, au début de mon propos, d’avoir une pensée pour Mgr Georges Pontier, Président de la Conférence des Evêques de France, qui devait assurer cette prédication, mais qui a dû y renoncer pour des raisons de santé. Nous sommes en communion avec lui.

Frères et sœurs, chers amis,

Le moment de célébration que nous sommes en train de vivre est un vrai temps, un vrai moment de grâce. Car ce qui nous rassemble, c’est bien la commémoration commune de la Réforme initiée en 1517 par Martin Luther dont nous savons quelle source de renouvellement elle a pu être, mais aussi combien elle ébranlera l’Europe avec la séparation et la division qu’elle provoquera entre nous. Il a donc fallu que nous apprenions ensemble, en particulier durant ces dernières décennies, à dépasser nos aprioris, les caricatures dans lesquelles nous nous étions mutuellement enfermés. Il a fallu, et il faut encore, que nous demandions au Dieu de miséricorde de nous pardonner, de nous réconcilier.

Pour cela, nous avons laissé la Parole du Christ résonner en nous ; nous avons peut-être un peu plus laissé l’Esprit Saint nous conduire ensemble vers la vérité tout entière. Surtout, nous avons entendu et pris au sérieux la prière de JESUS, cette prière toute particulière, étonnante, bouleversante dans laquelle il est entré à la fin de son dernier repas et avant de vivre sa Passion. En ce moment intense, JESUS a prié son Père pour chacun, pour chacune d’entre nous ; plus encore, il a prié pour nous tous, c’est-à-dire pour ses disciples ou ceux qui se réclament comme tels au cours de l’histoire.

Et JESUS a prié pour que nous soyons un. Il a voulu cette unité parce qu’elle est, bien entendu, le signe de l’accomplissement de l’expérience chrétienne, de la communauté qui vit de l’amour. Il le dira dans ses derniers entretiens avec les siens : « C’est au fait que vous vous aimerez les uns les autres que l’on verra que nous êtes mes disciples ». Mais si JESUS a voulu cette unité, c’est surtout parce qu’elle est la condition de la crédibilité et de la fécondité de la Bonne Nouvelle : « Que tous soient un afin que le monde croie » dira-t-il à son Père au cœur de sa prière. En effet, comment les hommes et les femmes de ce temps assoiffés de sens, de vérité, de salut, pourraient-ils croire si nous nous déchirons quant à la manière de témoigner de Lui ?

C’est bien pourquoi le 31 octobre dernier à Lünd, le Pape François évoquait le fait que « nous avons commencé à marcher ensemble », mais il poursuivait en notant que cette commémoration commune est « une opportunité nouvelle pour prendre un chemin commun ». La déclaration conjointe Catholique-Luthérienne publiée le même jour nous invitait ainsi à témoigner de l’Evangile de JESUS-Christ, à « rester ensemble pour servir », « à travailler ensemble » pour l’accueil de ceux qui souffrent, « à vivre un service commun dans le monde ».

Mais cela ne suffit pas. Bien entendu nous avons à agir ensemble côte à côte pour la cause de l’unité ; bien entendu nous avons à réfléchir ensemble au progrès à faire au plan théologique sur le chemin de l’unité. Mais comme le souligne le Cardinal Walter Kasper, parlant de l’œcuménisme et plus particulièrement de l’œcuménisme spirituel : « Il est significatif que JESUS n’ait pas choisi de manifester son désir de l’unité en premier lieu dans un enseignement ou dans un commandement adressé à ses disciples, mais dans une prière à son Père». Cela nous signifie au plus haut point que l’unité est un don, une grâce de Dieu qu’il nous faut demander mais aussi accueillir sans cesse dans des cœurs de pauvres en ayant conscience qu’en dehors de JESUS « nous ne pouvons rien faire ».

Oui, chers amis, je le disais en commençant mon propos, le moment de célébration que nous sommes en train de vivre est un vrai moment de grâce. Pourtant, relisant ce que j’allais vous dire il y a quelques jours, relisant ces quelques lignes qui ne commentent en rien le passage d’Ecriture qui a été proclamé en Jean 15, qui cite au moins un Cardinal de curie et plus encore le Pape, je me suis dit : « voilà un propos bien catholique pour une occasion aussi œcuménique ». Mais je me disais aussi que mon propos, comme celui qui suivra maintenant, est d’une substance dont les deux prédicateurs ont partagé la teneur en toute confiance ; en d’autres termes, si le temps de prédication a bien été partagé, nous nous sommes aussi partagé, le Pasteur Laurent Schlumberger et moi-même, l’essentiel de ce que nous allions dire. Et ce partage-là, cette confiance-là, cette amitié-là sont les signes que les temps ont vraiment changé et que, oui, sur le chemin de l’unité, nous vivons des moments de grâce, nous vivons de la grâce.

+ Vincent JORDY, Evêque de Saint-Claude, Président du Conseil pour l’Unité des Chrétiens et les Relations avec le Judaïsme


Prédication du Pasteur Laurent Schlumberger

« Je suis la vraie vigne », dit JESUS. Il le dit d’une manière insistante, appuyée ; mot-à-mot : « Je suis, moi, la vraie vigne »[1] – ou : le vrai cep, selon les traductions.

Et il dit ailleurs : « Je suis, moi, le pain de vie ». « La lumière du monde ». « La porte des brebis ». « Le bon berger ». « La résurrection et la vie ». « Le chemin, la vérité et la vie ». Et enfin donc, ici : « je suis, moi, la vraie vigne ». A sept reprises[2], l’évangéliste place cette tournure solennelle dans la bouche de JESUS. Ce faisant, JESUS ne fait pas de la métaphysique, pour dire son être en soi. Vous l’entendez, il fait de la poésie concrète. Il en appelle à des images que chacun peut comprendre : pain, lumière, élevage du petit bétail, etc. Et il utilise ces images pour parler de relation. Ces sept expressions sont toujours utilisées pour éclairer la relation entre ses auditeurs, lui et Dieu. Et c’est particulièrement le cas de l’image de la vigne.

Pour tout lecteur régulier de l’Ancien testament, et c’était le cas des premiers lecteurs de l’Evangile selon Jean, l’image de la vigne est bien connue. Elle illustre, toujours, une relation d’amour. Une relation d’amour forte, comme celle qui lie Dieu à son peuple[3] ; une relation intime, comme dans le Cantique des cantiques.

Ici, la vigne ce n’est pas le peuple d’Israël, c’est JESUS : « Je suis la vraie vigne, dit-il, et mon Père est le vigneron ». Mais non pas JESUS tout seul. JESUS et ceux à qui il s’adresse. JESUS avec les siens. « Je suis la vraie vigne », dit-il, et il précise : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments ». Vous, mes disciples que j’appelle désormais mes amis ; et vous aussi, mes lecteurs, ajoute l’évangéliste. La vraie vigne, le cep, porte les sarments. Il les porte, pour que le vigneron en prenne soin, pour qu’il les aime. JESUS nous porte devant son Père.

Quel est donc ce lien qui unit le pied de vigne et les sarments ? JESUS ne se lance pas dans un exposé détaillé sur ce sujet. Il ne pousse pas la métaphore. Par exemple s’il parle de fruits, il ne s’y attarde pas. Car ce qui est le centre de son propos, ici, c’est la relation elle-même. D’ailleurs, les derniers mots de notre passage sont explicites : « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Hors de cette relation, tout le reste est vain.

Cette relation, elle est l’objet de tous les soins du vigneron. C’est une relation douce. C’est une relation d’amour. Peu après, JESUS dira que l’amour qui le lie au Père est aussi celui qui le lie aux siens. Ici, elle s’exprime par le geste du vigneron, qui enlève le sarment sec et qui émonde le sarment porteur de fruit. Emonder n’est pas amputer. Emonder se fait par la seule parole de JESUS : « déjà, dit-il, vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite ». C’est Dieu qui est à l’œuvre, par la parole de JESUS. Ce n’est pas le sarment qui doit mobiliser sa propre volonté pour s’émonder lui-même ! Ni qui se fait émonder par d’autres sarments ! C’est le vigneron qui agit, c’est le vigneron qui prend soin de lui.

La tentation de désigner les « vrais » sarments ou de retrancher les « mauvais » sarments n’a épargné aucune Eglise dans le passé. Et cette tentation de désigner les « vrais disciples » existe encore aujourd’hui. Mais seul le vigneron a la légitimité d’émonder ; il le fait par la parole de JESUS ; et s’il le fait, c’est afin que nous demeurions en Christ et lui en nous.

Oui, mot-à-mot : « demeurez en moi et moi en vous » dit JESUS, comme s’il s’adressait aussi à lui-même cet appel à demeurer. L’enjeu, c’est ce lien vivant et vital, intime et mystérieux, qu’il exprime en utilisant à quatre reprises dans ces quelques phrases le verbe demeurer. Demeurer en JESUS et lui en nous, c’est la situation du disciple.

Vous le savez, il y a plusieurs places pour le disciple, selon les évangiles. Etre disciple, c’est être derrière JESUS, c’est le suivre[4] : cela évoque la volonté. C’est aussi s’asseoir à ses pieds, pour l’écouter[5] : cela évoque l’attention. Etre disciple, c’est encore le côtoyer, être à côté de lui pour nous placer sous son joug léger[6] : cela évoque l’humilité. Suivre, être assis, côtoyer. L’évangéliste Jean, lui, aime l’expression : demeurer en. Il l’utilise souvent, peut-être parce qu’il écrit pour des chrétiens qui se sentent loin de JESUS, dans le temps et l’espace, des chrétiens qui se sentent dispersés – comme nous d’une certaine façon.

JESUS demeure en nous et nous demeurons en lui. Nous. JESUS ne s’adresse pas à un disciple individuel. Ici, il s’exprime au pluriel. JESUS n’est pas « mon JESUS », personnel et portatif, et je ne suis pas son disciple exclusif. C’est de la communauté des disciples dont JESUS parle.

« Je suis, moi, dit JESUS, la vraie vigne et mon Père est le vigneron. (…) Vous êtes les sarments. (…) En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Frères et sœurs catholiques et luthériens réunis aujourd’hui pour cette prière commune, frères et sœurs catholiques, protestants, orthodoxes, nous sommes, ensemble, les sarments d’une même vigne, qui est JESUS-Christ. Nous sommes, ensemble, portés par la vigne vers l’amour et les soins attentifs du vigneron, son Père qui est notre père. Nous porterons, ensemble, plus de fruit, grâce à Dieu. Demeurons, ensemble, en JESUS-Christ et lui en nous.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 30 Jan 2017, 10:33 pm



Citation :
Évangile
« Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12a)

Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Alléluia.
(Mt 5, 12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules,
JESUS gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe à Maredsous dimanche 29 janvier 2017


Quelle est la plus grande béatitude, ou la plus douce ? Voir Dieu ou avoir le cœur pur ? Posséder le Royaume ou être pauvre ? Être un artisan de paix ou être fils de Dieu ?

L’Évangile ne répond pas à cette question et il nous laisse dans une certaine incertitude qu’on pourrait qualifier de délicieuse. Pourquoi délicieuse ? Parce qu’elle nous invite à lire les Béatitudes sans les casser en deux. Lire chaque Béatitude d’une seule traite, sans en faire deux étapes, l’une au présent, l’autre au futur. Lire les Béatitudes non pas seulement comme un programme de vie, mais comme un véritable portrait de Dieu.

Qui est déjà en possession du Royaume ? Qui a déjà aujourd’hui la terre en héritage ? Qui est celui qui voit Dieu ? N’est-ce pas Dieu lui-même ? Voilà dessinés quelques traits de caractère de Dieu, si on peut parler ainsi. Pauvre, doux, qui recherche la justice, qui a le cœur pur, qui est miséricordieux, qui est un artisan de paix.

C’est parce que Dieu a en lui le royaume des cieux qu’il se montre pauvre, qu’il est pauvre. Parce qu’il a la terre en héritage, il se montre doux et humble de cœur, il est doux et humble de cœur. Parce qu’il est transparent à lui-même, il a le cœur pur. Parce qu’il a le cœur plein de miséricorde, il se montre miséricordieux.

Les Béatitudes tracent ainsi le portrait de Dieu. Pas seulement pour que nous le regardions, pas seulement pour nous le contemplions, mais pour que nous prenions la figure du maître, pour que nous en adoptions les traits, pour que nous finissions par lui ressembler. Les Béatitudes, un programme de vie ? Oui, si elles conduisent à reproduire en nous ce qui est en Dieu. C’est parce que Dieu est transparent à lui-même que je puis le voir, si moi-même j’ai le cœur pur. C’est parce que Dieu est un artisan de paix, parce qu’il veut faire sauter les barrières que je mets entre lui et moi, c’est pour cela qu’il peut faire de moi son fils. C’est parce que Dieu est en possession du Royaume qu’il désire le partager, comme un pauvre fait avec tout ce qu’il a.

Lire ainsi les Béatitudes, c’est lire Dieu. Qui voudrait s’en passer ? Lire ainsi les Béatitudes, c’est lire, entendre, voir, goûter, toucher tout ce que Dieu a voulu nous dire à travers la personne de son Fils, JESUS, le Christ. Lire ainsi les Béatitudes, c’est ressentir quelque chose de ce qu’ont ressenti les auditeurs de JESUS, quand ils ont entendu ces paroles absolument nouvelles et qui le sont encore aujourd’hui.

Pour qu’un tel discours parle comme il devait parler, il fallait que rien ne lui fasse obstacle, lui donner un horizon infini. JESUS monte sur la montagne, dit le texte. Il a devant lui le paysage des années à venir, qui vont porter à toutes les civilisations de l’humanité le message caché dans ce mot « heureux ». Il a devant lui le regard de tous ceux et celles qui vont porter la responsabilité de traduire ce mot « heureux » pour le monde entier. Nous en faisons partie aujourd’hui.

Heureux sommes-nous si nous avons faim et soif de la vie de Dieu, l’eucharistie nous rassasie.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 06 Fév 2017, 10:16 pm




Citation :
« Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia.
(cf. Jn 8, 12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »



Homélie de la messe à Paris (5e) du 05/02/2017


Le sel et la lumière ! Voilà deux mots bien inscrits dans le quotidien de nos vies.  En ce moment, de l’autre côté de l’écran, peut-être êtes-vous à la cuisine, préparant le repas ?  Vous salez votre sauce, et puis vous la goûtez.  C’est important,  pour que les convives ne vous disent pas : « C’est trop salé ! », ou : « ça manque de sel ! ».  Mais s’ils vous disent : « Ce plat est vraiment délicieux ! », cela signifie que le sel a joué son rôle de révélateur : avec lui, en juste dose, chaque aliment trouve son juste goût, et on ne pense plus au sel.  Le chrétien dans le monde ne doit pas bruler d’un zèle intempestif tel qu’on ne voit et n’entende que lui,  ni disparaître comme s’il avait honte de sa foi et s’excuser d’être Chrétien.  Comme le sel met en valeur la saveur des aliments, le chrétien doit mettre en valeur l’autre, afin qu’on puisse s’écouter, s’entendre et construire ensemble la paix.

Si le sel suggère l’humilité du serviteur, la lumière évoque  sa révélation.  « Vous êtes la lumière du monde ! » dit JESUS à ses disciples.  De là à se prendre pour des lumières, il n’y a pas loin !  Mais la lumière n’est pas faite pour qu’on la regarde, elle est faite pour que l’on discerne le chemin.  Si nous communions  au Christ JESUS qui donne sa vie pour nous, nous allons rayonner de Sa Lumière.  Mais celle-ci nous appelle à une conversion.  En effet, toutes les personnes qui travaillent de leur main le savent bien !  Pour voir les défauts, les fissures ou les malfaçons d’un objet, il faut l’éclairer, et l’éclairer encore pour le réparer !  La lumière du Christ révèle nos failles.  Et alors nous pouvons préférer l’ombre !  Mais si nous acceptons cette lumière, l’Esprit du Seigneur vient à notre secours pour  nous « réparer » et faire de nous des témoins de son amour qui nous sauve.  Alors, à mon tour je deviens porteur de lumière, non pour que l’autre me regarde, mais pour qu’à la lumière de mon témoignage de foi, il perçoive pour lui-même toute la puissance d’amour et de pardon qui vient de Dieu.  S’il se laisse ainsi éclairer,  il va entrer  en relation avec Dieu !

Mais comment entrer en relation avec l’autre ?  Il n’est pas si facile de témoigner de la foi qui nous habite !  Lorsque je veux parler à un tout petit, je m’accroupis pour être à sa hauteur, et un dialogue peut commencer. Peut-être va-t-il se jeter dans mes bras ! Quand je me relève, je suis moi-même éclairé par cette rencontre, et la louange monte de mon cœur jusqu’à mes lèvres !  La communauté « Foi et Lumière » vit cette rencontre entre des personnes si différentes.  Pour chacun, l’autre est important.  « Toute personne est une histoire sacrée ».  Dans cette attention aux plus petits, une lumière jaillit, une relation s’instaure,  des blessures se referment,  la communauté se construit, lumineuse et  pleine de louange.  Elle fait briller une Espérance Nouvelle, qui donne à chacun de nous envie de marcher dans cette lumière-là : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable.  Alors ta lumière jaillira comme l’aurore ! »    Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 13 Fév 2017, 10:43 pm



Citation :

Évangile
« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » (Mt 5, 17-37)
Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia.
(cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le
et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la
et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère.

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne manqueras pas à tes serments,
mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas
rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’.
Ce qui est en plus
vient du Mauvais. »

– Acclamons la Parole de Dieu.[/color]



Homélie de la messe à Lambesc 12 février 2017


La Thérapie du sourire

Frères et sœurs,  Amis malades, Chers soignants,

Un grand secret fait battre le cœur de l’Eglise. Il a été caché aux sages et aux savants, mais il vous a été confié à vous, chers amis malades ici présents et à vous qui nous regardez devant votre écran de télévision. Aucun de vous ne le possède à lui tout seul, mais tous ensemble, en ce dimanche de la santé, vous devriez le proclamer à la face du monde. Au cœur de votre épreuve, qui s’appelle « maladie » sous toutes ses formes et qui souvent engendre solitude, incompréhension, angoisse, vous avez reçu une révélation : dans votre épreuve Dieu façonne votre cœur.

En tant qu’aumônier d’hôpital, c’est auprès de vous, que j’ai recueilli les témoignages les plus merveilleux de confiance, de joie et d’espérance. Certains d’entre vous, alors qu’ils sont crucifiés sur leur lit d’hôpital, réduits à contempler le plafond de leur chambre, d’autres délaissés dans leur vieillesse, après avoir tout offert, ont su me dire qu’ils avaient la certitude profonde que Dieu les aimait d’un amour unique.

Comment peut-on dire cela, alors même que la maladie déshumanise et qu’elle est souvent éprouvée comme un rejet, un châtiment : « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? ». Sans doute le dépouillement, auquel vous réduit la maladie, la dépendance d’autrui, vous ont en même temps dépouillés du superflu. Alors l’essentiel apparaît avec d’autant plus de force et de simplicité.

Dans tout l’Evangile, JESUS se montre proche du cœur brisé. Aujourd’hui encore, il se tient tout près de vous à travers le sacrement des malades, que certains d’entre vous recevront aujourd’hui, dans cette église et d’autres, chers amis téléspectateurs, si vous le demandez dans vos paroisses. Dans ce sacrement, il se tient tout près de vous  pour soulager votre peine, vous consoler et porter avec vous le fardeau de votre croix.

C’est parce que JESUS a traversé la souffrance, l’angoisse et la mort qu’il connait le cœur de l’homme. Il sait que personne ne lui ressemble autant, que celui qui souffre innocemment. Votre visage, votre cœur est celui du Christ, c’est cela le secret d’amour de Dieu pour vous, secret que vous seuls avez le droit de proclamer à vos frères malades, comme à vos frères bien portants.

Nous voudrions si souvent vous rappeler le message de l’Evangile et nous ne savons plus voir que c’est vous qui nous adressez un message plein de tendresse, d’espérance paisible et de confiance merveilleuse.

Tous les dimanches, nous lisons un texte d’Evangile, beau, fort, exigeant, qui parle à notre cœur. Mais j’ai la grâce de voir, tous les jours dans mon hôpital, l’Evangile prendre chair dans la vie des malades, comme dans la vie des soignants et dans la mienne. Grâce à cette merveilleuse alchimie, l’Evangile n’est vraiment pas lettre morte,  mais il prend visage de malade, de soignant, de bénévole, de personne âgée, visage d’un parent, d’un enfant… Il ressemble à chacun de nous et en priorité aux préférés du Christ, les plus faibles, les plus pauvres, les plus vulnérables.

Chers amis malades, c’est pour cela que l’Eglise vous confie une grande mission. C’est le ministère de la prière et du témoignage silencieux. Ne priez pas seulement pour vous-mêmes. Priez pour les grandes causes de l’Eglise et du monde. Ne vous renfermez pas sur vous-mêmes, ouvrez votre cœur à ceux qui souffrent de la faim, de la violence, de la guerre, de l’injustice sociale. Portez dans votre prière ceux qui désespèrent ou se révoltent. Pensez aux prisonniers, à ceux qui ne savent plus pardonner, à ceux qui n’ont plus de larmes.

Et surtout, comme nous y invite notre pape François, face à tant de tristesse, enseignez-nous votre « thérapie du sourire » dont vous avez le secret.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 20 Fév 2017, 8:58 pm



Citation :
Évangile
« Aimez vos ennemis » (Mt 5, 38-48)
Alléluia. Alléluia.
En celui qui garde la parole du Christ
l’amour de Dieu atteint vraiment sa perfection.
Alléluia.
(1 Jn 2, 5)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite,
tends-lui encore l’autre.
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice
et prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas,
fais-en deux mille avec lui.
À qui te demande, donne ;
à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

– Acclamons la Parole de Dieu.





Homélie de la messe à Noisy-le-Grand le 19 février 2017

Un chemin d’excès

Frères et sœurs,

Sommes-nous réellement chrétiens à la hauteur des paroles du Nouveau Testament ? Vivons-nous réellement les valeurs humaines d’amour et de justice en excès, comme nous y invite cette page d’évangile ? Vous avez entendu qu’il est dit « « Œil pour œil, dent pour dent ». Eh bien ! moi, je vous dis : « aimez vos ennemis » ». Il s’agit bien de démesure, car si nous n’aimons que par simple réciprocité, en quoi notre action se distingue-t-elle des raisonnements de notre monde contemporain ? Face à la culture de la rentabilité, le christianisme ne nous invite certainement pas à nous réfugier dans un au-delà. Cependant, il n’a de sens que s’il va au-delà de nos valeurs communément partagées. Au-delà du calcul, de l’intérêt, de la proportionnalité.

Dès lors, ne devrions-nous pas envisager davantage la justesse de nos projets à la lumière de cet amour et de cette justice en excès ? Aujourd’hui, notre monde veut que le soleil brille pour les justes seulement et que la pluie tombe sur les méchants. Mais notre Dieu, lui, veut « unir les hommes séparés, pour qu’ils soient un à construire le royaume.» [1] Alors, si nous voulons vivre ces paroles d’encouragement, nous avons à accueillir ce ‘chemin d’excès’, afin d’incarner le plus authentiquement possible les valeurs humaines qui nous animent, et de joindre vraiment le geste à la parole. Pour cela, il nous faut mener concrètement ce combat pour la dignité humaine, face à l’inhumanité de notre monde.

Ici, à Noisy-le-Grand comme dans beaucoup d’autres lieux, par son exemple et son mouvement, le père Joseph Wresinski nous montre que ce chemin d’excès est possible. Au nom de l’Evangile, il s’est mis du côté des pauvres, des humiliés, puisque Dieu a partagé leur sort. Il a voulu « transformer la violence en combat lucide, s’armer d’amour, d’espoir, et de savoir, pour mener (…) la lutte contre l’ignorance, la faim, l’exclusion »[2]. Son message nous rappelle que cette lutte contre la détresse humaine n’est pas une utopie et que l’Eglise doit sans cesse témoigner de cet amour du Christ, en accueillant l’humain quel qu’il soit.

Voir en chaque être —jusqu’au plus précarisé— l’image même de Dieu, voilà qui est bien la folie de l’Evangile ! Elle est cet amour inconditionnel de l’autre, en commençant par l’homme qui subit la brûlure de l’indifférence, parce que économiquement inutile, affectivement insignifiant ou socialement hors du coup.[3]

Dès lors, vivre les valeurs humaines en excès consiste pour nous à offrir des actes de bienveillance qui vont au-delà de l’amour de réciprocité, et des gestes d’attention qui vont au-delà d’une simple justice. Témoigner de cette bonté pour tous est le signe concret de la tendresse de Dieu qui appelle le laissé-pour-compte au même destin que l’homme qui a réussi. Car si, par notre histoire, nous ne sommes pas tous égaux aux yeux du monde, nous sommes cependant tous équivalents devant Dieu, parce que nous avons du prix à ses yeux.

Frères et sœurs,

Sommes-nous réellement des chrétiens qui témoignent de cet amour sans mesure ? A nous d’y répondre, même si nos actes sont parfois peu ajustés à nos paroles… Cette question ne doit en rien nous désespérer, mais au contraire nous encourager à aller toujours plus loin, au-delà même de ce que nous pouvons espérer !

Le monde nous invite à la générosité.
L’Evangile, quant à lui, nous appelle à aller au-delà du don,
jusqu’à la gratuité du pardon.

Notre culture veut porter l’amour.
JESUS nous invite à aller au-delà de l’amour de sentiment,
jusqu’à l’amour de respect pour les ennemis.

Notre société nous convie à la fraternité.
L’Eglise devra toujours faire un pas de plus dans l’accueil de l’autre,
du plus pauvre, du réfugié, du plus méprisé.

Voilà pourquoi, si nous croyons être sage à la manière d’ici-bas (1 Co 3:18), Dieu nous invitera toujours à sa folie, à aller plus loin, à la démesure de son amour inconditionnel envers l’humain. N’y a-t-il pas plus extraordinaire et audacieux chemin de vie que celui-là ? Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 27 Fév 2017, 7:43 pm




Citation :
« Ne vous faites pas de souci pour demain » (Mt 6, 24-34)
Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, énergique, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia.
(cf. He 4, 12)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Nul ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.

C’est pourquoi je vous dis :
Ne vous souciez pas,
pour votre vie, de ce que vous mangerez,
ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez.
La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel :
ils ne font ni semailles ni moisson,
ils n’amassent pas dans des greniers,
et votre Père céleste les nourrit.
Vous-mêmes, ne valez-vous pas
beaucoup plus qu’eux ?
Qui d’entre vous, en se faisant du souci,
peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et au sujet des vêtements,
pourquoi se faire tant de souci ?
Observez comment poussent les lis des champs :
ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire,
n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs,
qui est là aujourd’hui,
et qui demain sera jetée au feu,
ne fera-t-il pas bien davantage pour vous,
hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ;
ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’
ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’
ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’
Tout cela, les païens le recherchent.
Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice,
et tout cela vous sera donné par surcroît.
Ne vous faites pas de souci pour demain :
demain aura souci de lui-même ;
à chaque jour suffit sa peine. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Watermael-Boitsfort  26/02/2017


Ne vous faites pas tant de soucis

Dans la première lecture, tirée du livre d’Isaïe, nous lisons : Une mère pourrait-elle oublier son nourrisson ? Même si elle l’oubliait, moi de je ne l’oublierais pas.

Je me souviens. Un samedi fin d’après-midi, au terme d’une catéchèse, un jeune enfant reste assis sur les marches de l’église. M’en inquiétant un peu, vu l’heure qui avançait, j’ai été lui demander pourquoi il restait là. J’attends mes parents me répondit-il. J’ai vite compris qu’il y avait problème… Quand j’ai réussi à toucher les parents, ceux-ci étaient bien sûr très catastrophés. « Mon Dieu ! On a été pris dans les courses et on a oublié de venir chercher Nicolas. »

Ce n’était bien sûr pas des parents plus mauvais que d’autres, loin de là. Mais il y avait comme eu un « aiguillage de souci » mal positionné. Pris par une activité, ils étaient sur une autre voie… Une mère oublierait-elle son enfant ? Même si elle l’oubliait, moi je ne l’oublierai pas.

JESUS nous dit Ne vous faites pas tant de soucis.

Le mot souci peut être pris dans deux sens.

Il y a le souci qui devient angoisse. Ces soucis, ces angoisses qui finissent par nous rendre comme incapables de respirer. Ce peut être physique. Le plus souvent, c’est mental, intérieur. Apprendre qu’un proche ou que soi-même sont touchés par une maladie grave ou par un très gros problème. Le souci devient tel que, si je puis dire, demain écrase aujourd’hui.

Dans ce cas, pas d’autre conseil à donner que « trouve une personne ou un lieu auprès duquel tu peux réapprendre à respirer ». « Calmons-nous. On en sommes-nous ? » L’angoisse finit par te couper des autres, te replier sur toi-même. Quand Saint Paul écrit qu’on nous regarde comme des auxiliaires du Christ et des intendants de ses mystères Je pense à tous ceux qui ont la disponibilité pour rejoindre, accueillir, écouter ceux qui vivent ces angoisses ; pour leur ouvrir des fenêtres et des portes d’attention.

Au fond, le premier projet de la religion, de la vie chrétienne est celui de la disponibilité. A Dieu et aux autres, aux autres et donc à Dieu. Si tu ne peux plus écouter ton frère que tu vois, comment peux-tu être dire que tu écoutes Dieu que tu ne vois pas. Au fond, l’attention aux autres et à Dieu, le souci de Dieu et des autres passent par une libération du cœur de ce qui pourrait trop l’encombrer.

La contemplation des oiseaux et des lys des champs peut nous ouvrir à l’écoute et à l’attention les uns aux autres dont on peut porter le souci. Cherche la paix pour l’apporter à d’autres.

Il y a aussi les faux dieux, représentés dans la tradition biblique par le veau d’or – le jeune taureau en or.  Il représente la force physique, l’or, la beauté et la jeunesse qui sont comme des dieux auxquels il faudrait tout sacrifier.

Alors, qu’on soit soucieux d’avoir belle apparence, un corps sain ou des fins de mois pas trop difficile, pourquoi pas ? JESUS ne nous dit pas qu’il faut mépriser tout cela. Mais simplement ne vous faites pas trop de souci. Face au veau d’or, Moïse entendra Dieu lui dire je suis le dieu qui t’a libéré de la terre d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux. Ne retombe pas en esclavage de ton désir de l’or, de la force, de la mode ou de la beauté. Poursuis ton chemin vers la terre de liberté.

Ce que JESUS redit en ses mots Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice.

Puisse notre société, notre époque – qui dispose de tant de moyens techniques, financiers et communicationnels – puisse notre époque, et donc puissions-nous nous-mêmes là où nous en sommes dans notre vie, ne pas nous asphyxier dans un encombrement de soucis, de pseudo-dieux à servir. Puissions-nous grandir dans la liberté du cœur, dans l’attention aux autres, à la création et dans l’attention à celui qui est à la source de tout – celui que JESUS appelle Votre père céleste, qui sait ce dont vous avez besoin.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 06 Mar 2017, 8:44 pm




Citation :

Évangile
JESUS jeûne quarante jours, puis est tenté (Mt 4, 1-11)
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
(Mt 4, 4b)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS fut conduit au désert par l’Esprit
pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits,
il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais JESUS répondit :
« Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte,
le place au sommet du Temple
et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
et : Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
JESUS lui déclara :
« Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne
et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
Il lui dit :
« Tout cela, je te le donnerai,
si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, JESUS lui dit :
« Arrière, Satan !
car il est écrit :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,
à lui seul tu rendras un culte. »

Alors le diable le quitte.
Et voici que des anges s’approchèrent,
et ils le servaient.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Uckange le 05/02/2017


Dieu parle dans le désert

Connaissez-vous le désert ? C’est un endroit très paradoxal. À première vue, le désert est un lieu vide. Complètement vide. Parfaitement vide. Sous un soleil inhumain.

Et pourtant tous les voyageurs vont diront que le désert est un endroit où l’on rencontre plein de monde. Des bédouins, des explorateurs, des gardiens d’oasis, des naturalistes, des militaires, des ermites, que sais-je. Et j’ai bien dit : « rencontre ». Car dans le désert, on ne se croise pas : on se rencontre.

On détourne son chemin pour rejoindre l’autre caravane aperçue de très loin, on dresse la tente, on partage le pain, les dates et l’eau. Là, dans la pauvreté extrême du désert, les mots des hommes sont précieux ; ils sont rares, et ils sont vrais.

Tandis qu’ici, nous croisons énormément de monde ; mais nous ne rencontrons presque personne. Nous avons des routes, des autoroutes, des téléphones, plusieurs téléphones, des téléviseurs, des ordinateurs ; nous sommes assaillis d’appels et de messages, nous communiquons à longueur de journée — mais toutes ces paroles n’ont aucun poids. Nos oreilles écoutent peut-être, mais notre cœur n’entend rien.

Tel est le paradoxe du désert. Pour rencontrer quelqu’un, il faut faire silence. Tout couper. Éteindre la télévision — enfin, pas tout de suite, chers amis, s’il vous plaît ! —  et enterrer le téléphone portable au fond du jardin. Au moins en figure.

Et tel est le premier geste du carême, puisque nous commençons ensemble notre carême : aller au désert. Peut-être n’avez-vous pas de désert à portée. Vous allez me dire qu’ici, à Uckange, les chameaux sont extrêmement rares et que le palmier le plus proche est au jardin botanique de Metz.

Certes, mais nous pouvons aller au désert autrement. En faisant taire ces voix et ces lumières qui nous assaillent à tout instant, en arrachant une heure, une demi-heure, un quart d’heure de solitude à notre vie, en recherchant seulement les rencontres vraies, les gestes vrais, les dialogues de cœur à cœur.

Surtout si c’est Dieu que nous cherchons. Car Dieu ne se trouve pas dans le vacarme de la foule… Dieu ne parle que dans le désert.  Car Dieu ne parle qu’au cœur, et le cœur n’entend que dans le silence.

En vérité, nous avons peur du silence. Et de la solitude. Le silence et la solitude nous révèlent nos manques, nos peurs, nos doutes.

C’est pour cela, je crois, que les adolescents s’étourdissent à ce point de bruits et de mots : parce que plus que les enfants, plus que les adultes, ils se sentent seuls, ils cherchent leurs propres repères, et ils ont le cœur assoiffé. Mais ces soifs, ces manques en nous, nous ne pouvons les combler nous-mêmes.

La première leçon du carême est là : vas au désert, et laisse béant le vide en toi qui te fait si peur. Car seul Dieu peut te donner l’amour que tu attends, et seul Dieu peut se donner lui-même.

N’aie pas peur ; vas au désert, accepte de regarder ton propre désert intérieur, ton vide, ta soif. Alors tu entendras le murmure du vent, alors les étoiles se lèveront, alors, comme le dit l’Évangile, les anges te serviront ; alors Dieu te donnera l’amour vrai, celui que tu attends depuis toujours, celui pour lequel tu as été créé.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 15 Mar 2017, 7:26 pm



Citation :
Évangile
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
(cf. Mt 17, 5)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à JESUS :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
JESUS s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, JESUS, seul.

En descendant de la montagne,
JESUS leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Paris (20e) 12/03/2017


Libre d’aimer

Que se passe-t-il ? Saint Matthieu a-t-il perdu la tête ? Habituellement, les évangiles racontent des choses toutes simples, les gestes et les paroles ordinaires de la vie de JESUS. Avec la Transfiguration, on semble en plein délire ! JESUS resplendit comme le soleil. Moïse et Élie, morts depuis longtemps, discutent avec Lui. Une nuée lumineuse recouvre tout le monde. La voix de Dieu se fait entendre. On a l’impression d’assister à une scène qui confine au cinéma fantastique.

Pourquoi l’Église nous fait-elle entendre un évangile si extravagant chaque deuxième dimanche de Carême ? Tout simplement parce que c’est à ce moment solennel que JESUS manifeste le choix de monter vers sa Pâque. Comprenons bien cela.

Sur la Montagne, JESUS jouit par anticipation, avant même de passer par la mort, des atours de sa résurrection : la blancheur, la lumière, le visage resplendissant. Si JESUS est transfiguré, c’est que le Père lui donne déjà sa gloire de ressuscité, à ce moment précis de sa vie humaine. Il fallait que son Père la lui propose. Le choix de JESUS d’aller jusqu’à la croix se devait d’être libre : or, pour choisir de mourir, il fallait qu’il puisse aussi choisir de ne pas mourir… et sans perdre au change. La Transfiguration, c’est le moment où JESUS, dans son humanité a eu la possibilité de vivre à jamais sans passer par sa mort.

Or, « levant les yeux, les trois disciples ne virent plus personne, sinon lui, JESUS, seul. » Sans sa gloire ! Sans son Père ! Pourquoi JESUS redescend-il de la montagne sans cette gloire alors que les dons du Père sont irrévocables. La clé de l’évènement est bien là. Si JESUS n’a pas gardé la gloire donnée par son Père, c’est parce qu’il l’a refusée. Il choisit de ne pas la garder et préfère aller jusqu’à Jérusalem, où il sait pourtant qu’il mourra. N’est-il pas devenu fou ? Pourquoi va-t-il vers la mort s’il peut faire autrement ?

Chers amis, ce choix, c’est le choix de l’amour. JESUS ne cherche pas tant à mourir pour mourir. S’il affronte la mort, c’est pour se faire solidaire de tous les hommes, qui sont mortels. C’est pour les ramener à la vie. Les pères de l’Église[1] disent que « ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé ». En toute liberté, la liberté de l’amour, JESUS assume la mort pour en sauver l’homme.

Le choix que fait JESUS lors de la Transfiguration, c’est le choix libre de renoncer à son intérêt propre, à sa gloire personnelle pour donner sa vie à ceux qu’il aime. C’est un projet fou auquel même le Père se soumet en donnant son aval. Ici, ce n’est pas le Fils qui obéit au Père. C’est le Père qui obéit au Fils. Il le confirme en disant aux disciples : « écoutez-le ». Le Père soutient son Fils dans ce projet de la croix que JESUS seul pouvait choisir, librement. Sans une pleine liberté de JESUS, sa mort ne serait pas de l’amour, mais une immolation fanatique.

JESUS n’est pas fou, il est libre d’aimer. Libre d’aimer, comme le furent Moïse et Élie, eux qui ont souffert sur la Montagne pour le salut de leur peuple. Libre d’aimer, comme le comprennent Pierre, Jacques et Jean qui devront en témoigner après la résurrection.

Frères et sœur, avec JESUS, choisissons de monter vers Pâques. Pour cela, redescendons de la montagne de la Transfiguration. Renonçons à nos propres lieux de gloire, de pouvoir, ces lieux où l’on brille Choisir Dieu, ce n’est pas échapper aux croix de ce monde, c’est s’en rendre solidaire. Notre chemin de carême est précisément un chemin vers l’autre car il est le libre choix de l’amour, le libre choix de Dieu. Choisissons Dieu librement pour être chrétien dans le monde.


[1] Athanase d’Alexandrie





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 20 Mar 2017, 7:36 pm



Citation :
Évangile
« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-15.19b-26.39a.40-42)
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
JESUS arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
Là se trouvait le puits de Jacob.
JESUS, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
JESUS lui dit :
« Donne-moi à boire. »
– En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
JESUS lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
JESUS lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser.
Je vois que tu es un prophète !...
Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
JESUS lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
JESUS lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »




Homélie de la messe à Paris (19e) le 19/03/2017


« J’ai soif »

Elle a soif, la Samaritaine. Et pas seulement d’eau. Manifestement, elle a soif de parler à quelqu’un et d’entendre une parole de vérité.

Et comme elle a eu cinq maris, plus l’homme avec lequel elle vit et qui n’est pas son mari, je crois pouvoir dire sans risque qu’elle a soif d’hommes. Être ou avoir été la femme de cinq ou six hommes dans un village de la taille de Sichem, soyons clairs : c’est avoir partagé sa vie et sa couche avec un bon quart du personnel masculin de l’arrondissement. En français, nous disposons de toute une série de termes brefs et énergiques pour qualifier ce comportement…

Or c’est à cette femme que JESUS s’intéresse. À elle spécifiquement. Parce que JESUS préfère toujours les femmes — et les hommes — qui ont soif. La pécheresse, les disciples, Nicodème, le jeune homme riche, Marie-Madeleine, tous les quémandeurs de miracles, la liste est longue des assoiffés qui peuplent l’Évangile.

De sorte que lorsque nous pensons : « JESUS est bien bon d’avoir pitié de cette pauvre fille », nous avons tort. En réalité, JESUS n’a pas pitié de la Samaritaine. Elle l’intéresse vraiment. Précisément parce qu’elle a soif. Si elle n’avait soif de rien, ni d’eau, ni de parole, ni d’amour, il ne pourrait rien pour elle.

Car JESUS ne nous donne qu’autant que nous avons soif. Et nous avons soif, heureusement ! Nous avons souvent du mal à l’avouer et parfois à nous l’avouer à nous-mêmes, mais tous, nous avons soif. Soif de reconnaissance, soif de vérité, soif de compréhension, soif de paix, soif de justice, soif de guérison, soif d’amour.

Nous avons une telle soif que nous tentons de l’étancher par des succédanés, le bavardage à la place de la parole, l’idéologie à la place de la vérité, la vanité à la place de la reconnaissance, et à la place de l’amour… Je vous laisse deviner. C’est l’éternel vieux piège qui consiste à croire que ce besoin en nous, nous allons le combler par nous-mêmes.

Mais non. Notre soif fondamentale, ce besoin instinctif, primaire, inextinguible, d’aimer et d’être aimé, nous dépasse et nous dépassera toujours. Rien de ce que nous puiserons de nos mains ne l’étanchera jamais. La vérité, c’est que tout amour vient de Dieu et que Dieu seul peut nous désaltérer. Reconnaître cela, admettre que nous avons besoin et soif de quelque chose, n’importe quoi, une parole, un conseil, une écoute, un geste, un regard, une embrassade, un cri de tendresse, un silence d’amitié, un mot de pardon, — que nous avons toujours, même mariés, entourés de parents et d’enfants et d’amis, cette soif sans fond d’aimer et d’être aimé, — reconnaître cela, c’est être ouvert au Christ.

Le carême, frères et sœurs, puisque nous sommes en carême, — le carême ne consiste pas à remplacer le chocolat par les brocolis, et à nous faire mal comme si nous offrions quelque sacrifice, alors même que le Christ a aboli les sacrifices. Le carême consiste à constater, à retrouver, à avouer la soif en nous. Le manque. Le désir. L’appel fondamental et instinctif auquel Dieu seul répond.  Si, tels la Samaritaine, nous nous tournons vers le Christ en avouant : « Tu dis vrai, j’ai soif de vérité et d’amour », alors du côté ouvert du Christ jaillit l’eau véritable, la force d’aimer, la douceur d’être aimé. Et c’est Pâques, Pâques en nous-mêmes, ici et maintenant.







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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 27 Mar 2017, 8:00 pm




Citation :
Évangile
« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38)
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
en sortant du Temple,
JESUS vit sur son passage
un homme aveugle de naissance.
Il cracha à terre
et, avec la salive, il fit de la boue ;
puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,
et lui dit :
« Va te laver à la piscine de Siloé »
– ce nom se traduit : Envoyé.
L’aveugle y alla donc, et il se lava ;
quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant
– car il était mendiant –
dirent alors :
« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient :
« C’est lui. »
Les autres disaient :
« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui disait :
« C’est bien moi. »
On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.
Or, c’était un jour de sabbat que JESUS avait fait de la boue
et lui avait ouvert les yeux.
À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.
Il leur répondit :
« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,
et je vois. »
Parmi les pharisiens, certains disaient :
« Cet homme-là n’est pas de Dieu,
puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
D’autres disaient :
« Comment un homme pécheur
peut-il accomplir des signes pareils ? »
Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
« Et toi, que dis-tu de lui,
puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »
Il dit :
« C’est un prophète. »
Ils répliquèrent :
« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,
et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors.

JESUS apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.
Il le retrouva et lui dit :
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit :
« Et qui est-il, Seigneur,
pour que je croie en lui ? »
JESUS lui dit :
« Tu le vois,
et c’est lui qui te parle. »
Il dit :
« Je crois, Seigneur ! »
Et il se prosterna devant lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Valréas 26/03/2017


Professer sa foi dans l’adversité

JESUS disparaît ! Elles sont rares, les scènes de l’évangile où JESUS n’est pas là. Or ici, c’est le cas ! Regardons bien ce long récit que nous venons d’entendre. JESUS n’est présent qu’au début… et à la fin. Entre deux, il est absent. Il est d’abord là pour guérir l’aveugle, puis il se retire longuement jusqu’à ce qu’il le rencontre à nouveau, dans la finale. Et ce n’est qu’à cet ultime moment que l’aveugle sera capable de dire : « Je crois, Seigneur ! »

Que se passe-t-il pour que l’aveugle évolue ainsi entre sa guérison et sa profession de foi, alors que JESUS est absent ? Eh bien, il fait de nombreuses rencontres, notamment avec les voisins ou avec les pharisiens. Au cours des différents témoignages qu’il doit porter pendant que JESUS n’est plus là, la foi de l’aveugle grandit petit à petit. Aux voisins, il commence par confirmer son identité et ce que JESUS a fait pour lui. Ensuite, aux pharisiens, une première fois, il affirme que JESUS est un prophète. Puis, il va plus loin lors d’un deuxième entretien avec eux ; il ose professer que JESUS vient de Dieu. Il est conscient que cette affirmation peut le faire exclure par les pharisiens… ce qui finir d’ailleurs par arriver. À force de devoir témoigner, et même dans l’adversité, la foi de l’aveugle se précise, se consolide. C’est pour cela que, lorsqu’il rencontre une dernière fois JESUS, il est enfin capable d’affirmer résolument qu’il croit en Lui.

La semaine dernière, c’est en dialoguant avec JESUS que la foi de la samaritaine avait pu s’approfondir. Mais ici, c’est pendant que JESUS est absent, dans l’épreuve, que la foi de l’aveugle s’affermit. On fait un pas de plus dans la profession de foi. C’est un pas que nous faisons avec les catéchumènes, appelés à comprendre en ce carême qu’être baptisé est un chemin pas toujours confortable.

En effet, cet aveugle, c’est un peu l’image de tout baptisé. On dit du chrétien qu’il a reçu la lumière au jour de son baptême. Comme l’aveugle, ses yeux se sont ouverts. Et pourtant, comme l’aveugle, il est confronté à un double obstacle : d’une part, JESUS n’est plus là. D’autre part, il se trouve face à un monde souvent hostile.

Ne pensons pas, chers amis, que ce double obstacle est insurmontable. C’est même le statut habituel du chrétien. Tout chrétien il est vrai est appelé à témoigner d’un JESUS dont la présence est tout sauf évidente. Et de surcroît, il doit le faire dans un univers souvent défavorable. Mais, paradoxalement, et nous en faisons l’expérience très concrète, le témoignage du baptisé s’affermit au cœur de ce monde.

Je dirai même plus. C’est probablement dans l’adversité que la foi du chrétien se précise, se consolide, se déploie le mieux. Face à un laïcisme militant par exemple, les chrétiens approfondissent les raisons pour lesquelles il est légitime que l’Église participe au débat public. Plus le monde malmène notre chrétienté, plus nous sommes stimulés à nous attacher à ce qui fait le cœur de notre foi. Oh, non pas comme à une bannière que l’on déroulerait pour préserver notre territoire. Défendre une forteresse assiégée n’a jamais été une bonne manière d’être chrétien. Laissons cela aux prophètes du déclin.

Non, nous sommes plutôt appelés à nous réancrer en JESUS, pour annoncer l’évangile avec spontanéité, avec audace. Comme l’aveugle, lui qui fût bouleversé par sa rencontre avec JESUS et qui ose l’affirmer malgré une assemblée malveillante ! Nous ne proclamons notre foi ni par présomption, ni par provocation. Nous le faisons par conviction, et même par charité. Lorsque, tel l’aveugle-né, on a expérimenté JESUS comme son sauveur, comment pourrait-on garder ce trésor pour soi ? En nous attachant à JESUS, en choisissant Dieu, nous découvrons, presque par instinct, comment être véritablement chrétiens au cœur de ce monde. Et ce monde en a tant besoin !





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 04 Avr 2017, 8:33 pm



Citation :

Évangile
« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare,
envoyèrent dire à JESUS :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, JESUS dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
JESUS aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »

À son arrivée,
JESUS trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de JESUS,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à JESUS :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
JESUS lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
JESUS lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »
JESUS, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
Alors JESUS se mit à pleurer.
Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
JESUS, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
JESUS dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors JESUS dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors JESUS leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
JESUS leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que JESUS avait fait,
crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Molenbeek  Le 02/04/2017


« Meurs à ce que tu n’es plus »

Lorsqu’une épreuve se présente, comme pour Marthe et Marie, nous fuyons parfois la réalité du présent. Nous refusons notre fragilité, l’inéluctable, les évidences. Et lorsqu’une telle douleur survient, il peut nous arriver de refaire l’histoire, de survivre en nous remémorant un passé —« Seigneur, si tu avais été là, Lazare ne serait pas mort »— ou de prendre la fuite en avant, dans un futur dont on ne sait rien de certain ! « Seigneur, je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Finalement, Marthe et Marie conjuguent leurs vies dans un passé décomposé, dans un futur simplifié… mais pas au présent. Elles regrettent et elles espèrent, mais elles ne vivent pas le présent.

Dans notre monde, il y a tant de personnes qui cessent de vivre au présent, sans pour autant mourir. Des intermittents de la vie en somme ! Or, l’enjeu décisif de toute existence n’est-il pas de mourir vivant, en ayant vécu, en ayant osé aimer ?

Sur ce chemin, ne sommes-nous pas comme Marthe et Marie ? Ne nous arrive-t-il pas d’enfermer les autres dans leur passé ? Nos souvenirs ne sont-ils pas leurs tombeaux ? Comment ne pas dépérir comme Lazare lorsque le devoir de mémoire nous enferme, ou qu’une relation nous étouffe ? D’ailleurs, dans l’Evangile, Lazare n’est présenté que dans ses relations aux autres : « Celui que tu aimes », « ton frère », « mon frère ». C’est comme si les liens familiaux, presque fusionnels et possessifs, effaçaient sa personnalité. Seul JESUS s’adressera à lui par son nom, en lui disant « Lazare, sors ! ». L’enjeu de cet Evangile n’est donc pas celui d’un salut après la mort, ou d’une manifestation miraculeuse de puissance, mais avant tout de notre vie avant la mort !

Alors, comment mourir… en ayant vécu cette vie en abondance que le Christ nous propose ? Peut-être en entendant cet appel décisif à sortir de nos terres d’esclavages. Sors de tes histoires passées, comme pour la Samaritaine ; sors de tes aveuglements, comme pour l’aveugle-né ; sors de ce qui t’enferme, des masques et des bandelettes que tu te donnes. Ouvre ton regard sur ton présent ! Roule la pierre de ton tombeau, de ta mémoire, car ta vie sent le renfermé ! Laisse-toi délier et ton quotidien ne conjuguera plus ton passé. Un avenir délié est possible, un chemin de pardon existe pour celui qui y croit. Un meilleur « vivre ensemble » est possible, seulement pour celui qui y travaille.

Notre monde multiplie les commémorations. Cela est bien nécessaire pour dépasser certaines histoires douloureuses. Toutefois, au lieu de faire mémoire, nous ressassons souvent le passé par incapacité à ouvrir un futur. L’histoire de Lazare nous invite —ici à Molenbeek comme ailleurs— à justement ne pas faire resurgir le passé, mais à se rendre présent à la vie qui s’offre à nous.

Pour cela, il nous faut accepter véritablement ce travail de deuil. Dépasser ce que nous avons rêvé pour nous-mêmes et pour nos proches. D’ailleurs, dans l’Evangile de Jean, les proches de Lazare ne parlent pas de lui comme un mort, avant que JESUS ne dise lui-même que Lazare est mort. Un peu comme s’il y avait des morts en nous que nous ne voulons pas voir, mais que le Christ nous invite à regarder lucidement ! Il y a toutes ces morts sociales, ces relations familiales qui étouffent, ces amitiés qui se meurent. Nous avons tellement de facilité à nous enfermer dans nos tombeaux, à conserver des projets qui nous tirent en arrière…

Voilà la parole d’encouragement qui nous est adressée ! « Sors ! Meurs à ce que tu n’es plus, pour renaître à cette vie nouvelle qui t’es donnée à chaque instant. » C’est peut-être la chose la plus difficile à accueillir pour un être humain, mais peut-être aussi la plus féconde : ce travail patient et persévérant du deuil ; ce travail d’enfantement, qui précède toute résurrection, qui ne ligote pas l’être aimé dans des liens de possession, mais le délie pour qu’il puisse librement continuer à avancer.

Parfois nos larmes —quand il n’y a plus rien à espérer— sont signes de cette eau d’un nouveau baptême. Nos larmes d’enfant, nos larmes de deuil, peuvent conduire à l’enfantement d’un monde nouveau. Elles nous permettent ce deuil fécond. Voilà le mystère de Pâques que nous nous préparons à célébrer. Car c’est en allant vers davantage de vie que nous dépassons la mort, et que nous pouvons renaître à ce que nous sommes, des êtres « habités par l’Esprit de Dieu » (Rm 8:9). Amen.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Jeu 13 Avr 2017, 6:45 pm




Homélie de la messe des Rameaux et de la Passion du Seigneur à Bordeaux le 09/04/2017


« Oui à l’amour et oui à la résurrection »

Frères et sœurs,

Ce dimanche qui ouvre la semaine sainte concentre ce qui est au cœur de notre foi.

Avec des palmes, nous avons acclamé l’entrée de JESUS à Jérusalem. Ainsi, nous avons déjà reconnu sa victoire sur les événements qu’il va vivre. Mais sur les nôtres aussi ! Dans la foule, beaucoup étendaient leur manteau sur le chemin. Et le manteau, dans la Bible, représente la personnalité et la vie de celui qui le porte. Nos vies savent bien qu’elles ont besoin d’être transformées : elles veulent exprimer la victoire du Christ et y être associées !

Et maintenant, la passion du Christ va nous faire descendre au fond de nos inquiétudes, de nos contradictions, de nos décalages avec ce que nous voulons vivre, au fond de nos orgueils, de nos péchés et de nos difficultés.

La passion est un chemin, celui de nos existences. Ce chemin est dans notre chair. Et JESUS le prend lui-même. Il nous entraîne à sa suite pour affronter les épreuves, pour ne plus avoir peur de la mort, et pour nous conduire à la vie nouvelle !

JESUS, qui est Dieu, a pris le chemin de la vie des hommes avec leurs incertitudes. Et en mourant sur la croix, il a même assumé d’être comme des millions d’innocents de notre monde passés par la détresse et l’injustice.

Pourquoi a-t-il fait cela ? Et comment cela peut-il nous sauver ?

La prophétie d’Isaïe décrivait un disciple qui écoute Dieu et devient ainsi capable de soutenir ceux qui sont épuisés. Quand Dieu se fait homme, en JESUS, le voilà donc solidaire de nos épreuves. Il ne reste pas étranger à nos existences. Et dès lors, il nous apprend nous-mêmes à être solidaires, pour continuer ce que le Christ a fait.

Mais notre foi chrétienne va plus loin. Car le Fils de Dieu n’est pas venu simplement partager solidairement notre condition. Dans son incarnation, dans sa passion, dans sa mort et grâce à sa résurrection, il est venu nous sauver.

Et comment le fait-il ?

En assumant la passion, il nous entraîne sur le chemin à emprunter. Il nous le montre comme un vrai chemin d’humanité : le chemin de notre sainteté. La passion nous montre notre vocation : être vraiment homme en étant imitateur de Dieu.

Mais il ne faut pas se tromper sur la nature de ce chemin. La passion n’est pas seulement un chemin de souffrance. Elle est un chemin d’amour. JESUS vient en notre monde et va jusqu’à la croix parce qu’il nous aime. Certes, ce n’est pas un amour « fleur bleue ». C’est un amour radical et audacieux. Un amour généreux, aimant le bien et rejetant le mal.

Frères et sœurs, Dieu s’est fait homme pour que l’homme apprenne à aimer et à être aimé.

Dans sa passion, nous apprendrons à faire de plus grands pas vers le pardon, la confiance, l’espérance, l’amour, et vers la vie qui ne craint plus la mort. Alors prenons ce chemin de la passion…

Pour apprendre à dire : « oui à l’amour » et « oui à la résurrection ».




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 16 Avr 2017, 6:28 pm




Citation :
« Reste avec nous car le soir approche » (Lc 24, 13-35)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.


Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
JESUS lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
JESUS leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à JESUS de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.


Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
JESUS fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.


Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.


– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe de Pâques à Sligo (Irlande) 16/04/2017


«Témoin »

Au cours de ces derniers jours, alors que je préparais cette célébration de Pâques, quelque chose a retenu mon attention. Le mot « témoin » est utilisé cinq fois dans la première lecture des Actes des Apôtres. Manifestement c’est un mot important. Pierre et Paul, Jean, Marie-Madeleine et Luc sont tous des témoins. L’Evangile nous dit que Marie a vu que la pierre avait été retirée. Elle en conclut que le corps a été enlevé par des inconnus et elle va annoncer la nouvelle aux autres.

Pierre et Jean arrivent ensuite l’un après l’autre. Jean a suivi Pierre à l’intérieur du tombeau. Il est un témoin attentif. Il nous donne ce genre de détails qui nous permet d’imaginer ce qui a pu se passer. Il utilise peu de mots mais il est clair que Jean a vu les signes que JESUS était ressuscité.

Dans la tradition juive, il est nécessaire que la preuve soit donnée par deux témoins pour qu’un procès soit valide et la présence de Pierre et Jean ensemble au tombeau vide est symboliquement importante. Finalement, le tombeau vide, et même le fait que le linge qui entourait le visage de JESUS soit soigneusement plié, ne sont que des signes indiquant la Résurrection pour ceux qui veulent les voir. Par eux-mêmes, cependant, ils ne prouvent rien. Nous devons chercher ailleurs pour trouver le sens de tout cela.

Saint Paul n’a jamais vu le tombeau vide.  Comme Pierre, dont la prédication est citée dans la première lecture, la conviction de Paul est basée sur l’expérience personnelle qu’il a de JESUS, ressuscité des morts. De la même façon, d’autres récits de la Résurrection dans les prochaines semaines nous diront comment quelques femmes ont rencontré JESUS sur leur chemin ce matin-là, et comment Marie, en proie à la douleur, avait vu JESUS mais ne l’avait pas reconnu, jusqu’à ce qu’il prononce son nom. Plus tard ce même jour, deux disciples ont, eux aussi, rencontré JESUS sur la route d’Emmaüs. Comme Marie, ils ne l’ont pas reconnu, jusqu’à ce que, des heures plus tard, il s’assoie avec eux et rompe le pain.

Dans n’importe quelle salle d’audience ou dans n’importe quel compte rendu, les témoins rapportent les faits tels qu’ils ou elles s’en souviennent. Chacun voit les choses de son point de vue et chacun a sa propre interprétation des faits. De petits détails peuvent se révéler très importants mais ce qui compte le plus, ce sont les preuves apportées par les témoins si elles sont solides. Lorsque cela concerne la Résurrection de JESUS, on relève de nombreux petits détails, mais ce qui compte le plus, c’est que les témoins disent tous la même chose : Il est ressuscité. JESUS est vivant.

Ce matin, à la fin de notre passage d’Evangile, saint Jean nous dit : « Jusqu’à présent, les disciples n’avaient pas compris que, selon les Ecritures, il fallait que JESUS ressuscite d’entre les morts ». Pour Pierre et Jean, il est important que la Résurrection soit conforme aux Ecritures du judaïsme. Avec leur propre expérience de la Résurrection, il peuvent regarder JESUS avec des yeux nouveaux. Ils commencent à voir plus clairement comment sa vie et son ministère sont l’aboutissement de la promesse faite par Dieu, et dont les prophètes ont parlé si souvent. C’est pourquoi, dans la première lecture des Actes des Apôtres, saint Luc cite les mots de Pierre : « C’est à JESUS que tous les prophètes rendent ce témoignage ».

Etre un témoin a aussi une autre implication qui ressort clairement dans la vie des croyants, après la Résurrection. Nous parlons parfois d’expériences qui changent la vie. Les personnes sont souvent bousculées et changées par ce dont elles ont été les témoins. La vérité exige que nous prenions position. Si JESUS qui était mort, est maintenant ressuscité, cela signifie vraiment que tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il a dit pendant sa vie terrestre doit être vu et entendu de manière nouvelle. L’ensemble de son ministère a été authentifié par Dieu lui-même. Nous entendons saint Paul, dans la seconde lecture, prenant l’image de la levure et du pain, exhorter les chrétiens de Corinthe par ces mots : « purifiez-vous des vieux ferments et vous serez une pâte nouvelle – celle du pain non fermenté de la droiture et de la vérité ». Les Actes des Apôtres nous disent que les croyants étaient fidèles à l’enseignement des Apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain, aux prières et qu’ils avaient l’estime de tous.

Leur façon de vivre comme des frères et sœurs témoigne du fait que JESUS est vivant ; C’est ce que souligne l’expression « communion fraternelle » placée dans le texte entre « enseignement des Apôtres » et « fraction du pain », là où l’on ne peut l’oublier.

Avant de terminer, je veux revenir un instant sur la réaction de Marie quand elle a vu que la pierre avait été retirée. « On a enlevé le Seigneur de son tombeau » dit-elle, « et nous ne savons pas où on l’a déposé ». Je pense que le tombeau vide est une image intéressante pour les chrétiens d’Irlande aujourd’hui, et ceux de toute l’Europe. Notre histoire et notre culture, notre art et notre architecture sont remplis de référence à JESUS. Nous attachons beaucoup d’importance à ce patrimoine. Mais, JESUS lui-même, où est-il ? Où l’avons-nous mis ? Nous a-t-il, en quelque sorte, été enlevé ? Ou bien est-il réellement vivant dans notre société d’aujourd’hui ? Quels sont les signes d’espoir ? Où sont les témoins ? Par « témoins », je ne pense pas à ceux qui ont juste entendu une rumeur selon laquelle il était ressuscité. Je pense à ceux qui ont réellement fait l’expérience de sa présence et de son action dans leur vie et en qui, maintenant, il est vivant. Aujourd’hui, puisque nous avons écouté sa parole, il nous invite à être ses témoins. Nous ne sommes pas appelés à dominer l’ensemble de la société, pas plus que ne l’ont fait les premiers chrétiens, mais il nous faut être présents dans l’espace public pour que les gens puissent voir par eux-mêmes que JESUS est vivant.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 23 Avr 2017, 6:47 pm



Citation :
Évangile
« Huit jours plus tard, JESUS vient » (Jn 20, 19-31)

Alléluia. Alléluia.
Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois,
dit le Seigneur.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu !
Alléluia. (Jn 20, 29)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

C’était après la mort de JESUS.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
JESUS vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
JESUS leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand JESUS était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
JESUS vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
JESUS lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que JESUS a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que JESUS est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

– Acclamons la Parole de Dieu.






Homélie de la messe du 23 avril 2017 à Chartres


« Le pardon, une puissance de résurrection »

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu. Christ est ressuscité !

Au soir de Pâques, les disciples sont rassemblés, mais les portes de la maison où ils se tiennent sont verrouillées. La peur les tenaille, peur pour leur vie, peur de subir le sort de leur maitre. JESUS leur a dit avant sa passion : « on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom ». (Lc 21,12.)

La peur de l’inconnu, les hésitations, le doute sont à l’œuvre en eux. Les portes du Cénacle mais aussi celles de leur cœur sont fermées à double tour. La foi du disciple bien aimé, le témoignage de Marie-Madeleine n’ont pas suffi pour les faire sortir de leur désarroi, de leur tristesse, voire de leur culpabilité devant la débâcle qu’ils ont connue. Le souvenir de leur fuite, du reniement, de l’abandon du maitre les habite.

JESUS vint ! C’est bien Lui. En son corps marqué par les plaies il donne à voir la puissance de la résurrection. Ressuscité JESUS rejoint la peur et la culpabilité des disciples comme il a rejoint la tristesse et la quête de Marie-Madeleine ainsi que le découragement et la perte d’espérance des disciples d’Emmaüs. Visage du Père miséricordieux,  JESUS ressuscité n’est pas  indifférent à ce qui arrive à ses disciples. Le cœur attentif à ce qui leur fait mal, Il vient et les apaise.

Aucun reproche, comme nous le faisons souvent en forme de : « je vous l’avais bien dit », mais une parole qui fait la paix : « La paix soit avec vous ». Les disciples passent alors de la peur et de la culpabilité à la joie. La pierre de leur cœur est brisée. Les voici suscités par le Seigneur ressuscité. Son regard ne les condamnent pas, il les relève et révèle à leur propre regard et au regard des autres que leurs vies ne sont pas des impasses. Un passage, une Pâque est possible. Leurs vies, nos vies peuvent toujours changer.

JESUS ressuscité transforme l’existence des disciples. Les voici remis debout, illuminés. Hier comme aujourd’hui, JESUS Ressuscité transforme nos vies comme Il a suscité la vie des baptisés de Pâques : 35 dans le diocèse de Chartres, 4503 en France et combien dans le monde ? Ils éprouvent depuis une semaine la joie d’être sauvé, la joie de vivre de l’Esprit, la joie du pardon des péchés qui relève, la joie d’une vie nouvelle dans le Christ. Avec eux et avec l’apôtre Pierre nous pouvons bénir « le Père de notre Seigneur JESUS-Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaitre pour une vivante espérance ». (1 P, 1,3)

Mais ce n’est pas tout. Restaurés dans notre dignité humaine et nos relations fraternelles par le regard du Christ Ressuscité, non seulement notre vie change, mais nous sommes entraînés dans ce regard miséricordieux de Dieu. JESUS demande à ses disciples de poursuivre sa mission : « comme le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie ».

JESUS les envoie dans le souffle de l’Esprit, car cette mission est le service d’une vie nouvelle, le service d’une nouvelle création. Il les envoie en leur insufflant son esprit comme Dieu insuffle son esprit à l’homme dans le livre de la Genèse (Gn 2,7) ou sur les os desséchés dans le livre d’Ézéchiel (Ez 27) – le même verbe grec  est ici utilisé.

JESUS recrée ses disciples pour servir la puissance de la résurrection dans le pardon des péchés. Il envoie ses disciples témoigner de la miséricorde de Dieu dont ils ont été les premiers bénéficiaires.  La miséricorde de Dieu est contagieuse ! « A qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ».

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, pardonnés de Dieu, le pardon est remis entre nos mains comme une force de résurrection. Le Seigneur la confie à ses apôtres, et à ceux dont Il fait les  ministres du sacrement de pénitence et de réconciliation. Le Seigneur la confie à chacun de nous, « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

Cette puissance de résurrection qu’est le pardon vécu ouvre aussi à de nouveaux modes de vie comme dans la première communauté chrétienne. Dans le pardon donné et reçu, dans les réconciliations même partielles que nous vivons, nous expérimentons la puissance et la joie de la résurrection qui maintiennent ouvertes les portes de nos vies sur une vivante espérance, un  à – venir de Dieu « qui est l’aboutissement de notre foi ».

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » En ce premier jour de la semaine où nous célébrons la résurrection du Seigneur JESUS, rendons grâce au Seigneur du don de la foi, « rendons-grâce au Seigneur : il est bon. Eternelle est sa miséricorde ! Amen
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 01 Mai 2017, 8:56 pm




Citation :

Évangile
« Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain » (Lc 24, 13-35)
Alléluia. Alléluia.
Seigneur JESUS, ouvre-nous les Écritures !
Que notre cœur devienne brûlant
tandis que tu nous parles.
Alléluia. (cf. Lc 24, 32)
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
JESUS lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
JESUS leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à JESUS de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
JESUS fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 30 avril 2017 au Robert en Martinique


« Les rendez-vous improbables »

Ils ne le savaient pas, mais ils avaient rendez-vous ! Ce genre de rendez-vous qu’il ne faut pas rater, ces rendez-vous qui peuvent changer une vie. Un rendez-vous d’amour, en fait. Mieux encore, le rendez-vous de la Vie !

Non, ce n’est par hasard, « com’ça », « parce que ça devait arriver », que les disciples d’Emmaüs ont rencontré JESUS sur leur chemin. Ce n’est pas, comme disent les philosophes : « une rencontre fortuite au croisement de deux chaînes de causalité »… Ce rendez-vous a été voulu, programmé, attendu par le Christ Ressuscité « selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu ». Même chose pour la rencontre avec Marie-Madeleine, le même jour au matin, ou plus tard le rendez-vous avec Thomas, ou celui sur les bords du lac de Galilée programmé bien avant par le Seigneur.

Tout était prévu ! Tout a été organisé par JESUS qui joue sa petite « mise en scène » à travers le chemin, que dis-je ? « le cheminement » des deux disciples. La scène se déroule par étape : scrutons-les avec attention.

1° étape : JESUS s’approche et marche avec eux. Il ne se fait pas reconnaître et ne revendique pas cette reconnaissance.

2° étape : JESUS les interroge sur leur propre préoccupation : « de quoi parliez-vous ? ». Il s’intéresse à eux, à ce qu’ils vivent.

3° étape : Il les provoque et prend autorité sur leurs doutes, en éclairant leur esprit grâce à la Parole de Dieu.

4° étape : Il ne s’impose pas, il s’expose, rompt le pain, sacrement de sa présence…

5° étape : Il laisse les disciples repartir tout joyeux vers la communauté.

Ce Rendez-vous est un moment historique qui dépasse totalement Cléophas et l’autre disciple. Nous-mêmes y sommes conviés, vous et moi. En direct, même 2000 ans après ; tous ensemble, même au-delà des mers !

Car vous ne le savez peut-être pas, mais vous aussi avez rendez-vous ! Comme les disciples d’Emmaüs ! C’est un rendez-vous fixé « que Dieu avait désigné d’avance, dès avant la fondation du monde ». Les échecs et les terreurs de ce monde nous font fuir par tous les moyens dans un état de tristesse désespéré, même sous le soleil des Antilles. Mais JESUS nous rejoint en chemin et sa Parole, éternelle, si différente, domine, par sa douceur et sa fermeté, sur le bavardage assourdissant qui nous entoure. Comme sur la route, les Saintes Écritures illuminent notre histoire et nos vies d’hommes. Comme au soir de Pâque, JESUS livre son Corps avant de nous laisser repartir dans la Paix du Christ.

Plus précisément, ce mystérieux rendez-vous avec le Sauveur qui accomplit « tout ce que les prophètes ont dit », c’est celui de la messe. Elle est encore célébrée chez nous, sur notre route, de la même façon : c’est JESUS qui vient marcher avec nous. Il nous interroge et nous instruit par nos pasteurs. Puis, nous communions à son Corps avant de nous en aller dans la Paix du Christ. À chaque fois que nous venons à l’eucharistie, nous vivons la même aventure que les disciples d’Emmaüs. Le peuple de Martinique, qui est très pratiquant, l’a bien compris.

Mais allons plus loin !

Le monde ne le sait pas, mais lui aussi a rendez-vous. Le jour de ma profession de foi, les Sœurs Dominicaines de la Délivrande nous avaient fait chanter « Sur les routes des hommes, le Seigneur nous attend pour bâtir son royaume de Justice et d’Amour ».  JESUS a voulu que l’humanité ait avec Lui comme un rendez-vous permanent. Ce rendez-vous s’appelle l’Eglise. D’ailleurs, le mot « rendez-vous » est une heureuse traduction du mot « Ecclesia », une convocation ! Le rendez-vous entre les hommes et Dieu, c’est nous ! Et on retrouve les mêmes étapes qu’à Emmaüs : tout d’abord, rejoindre humblement le chemin des hommes ou, comme dit le Pape François, « ôter nos sandales devant la terre sacrée de l’autre » (EG n°169) ; saisir ce rendez-vous informel « en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin, comprenant 1° un dialogue personnel, 2° la présentation de la Parole, 3°une attitude humble » (EG n°127).

Voilà comment conduire les hommes vers la communion eucharistique et « Montrer JESUS partout en Martinique et au-delà, personnellement et en Eglise ! »








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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 10 Mai 2017, 6:28 pm



Citation :

– Parole du Seigneur.
Évangile
« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là, JESUS déclara :
« Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte,
c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête,
et les brebis le suivent,
car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »


JESUS employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi JESUS reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi,
il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. »


– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 7 mai 2017 à Créteil


« La mission paternelle du prêtre »

Lorsque, comme évêque, je préside l’inhumation d’un prêtre, je suis toujours impressionné par ceux et celles qui sont rassemblés, par leurs témoignages sur ce qu’ils ont reçu de lui. Ils ont entendu, à travers lui, la voix du Bon Pasteur, que nous venons d’entendre dans l’Evangile : « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, il les fait sortir, il marche à leur tête et les brebis le suivent car elles connaissent sa voix. » JESUS, en parlant de l’attitude du berger, du pasteur qui appelle chacune de ses brebis par son nom, qui les fait sortir, marchant à la tête de celles qui connaissent sa voix, parle de lui-même et de sa mission de Pasteur, mais à travers lui il parle aussi de son Père, car JESUS est le visage de la Miséricorde du Père qui va sans cesse à la recherche de ceux qui s’éloignent du troupeau, qui se dispersent. Si JESUS renvoie sans cesse à son Père, le prêtre renvoie sans cesse à JESUS, qui est l’unique Pasteur de l’Eglise et qui est le visage du Père.

Le prêtre exerce une mission de Pasteur et une mission paternelle. Le père appelle et connaît chacun de ses enfants par leur nom, car les enfants ont besoin de cette reconnaissance, de cette autorité pour grandir en confiance.

Comme évêque dans la 16ème année de son épiscopat, la figure est plutôt celle du grand-père, comme me l’ont exprimé des jeunes lycéennes du Frat à Lourdes. Elles sont venues me rencontrer en disant « nous ne voulons pas nous confesser, mais pour parler avec vous, parce que lorsque vous parlez vous avez une voix douce qui nous rappelle la voix de notre grand-père. » Les jeunes confirmands, dans leur lettre de demande de sacrement, comme les jeunes adultes qui demandent le baptême, soulignent souvent la place de leurs grands-parents dans leur cheminement de foi. Les jeunes générations recherchent des pères qui leur ouvrent ou indiquent le visage de JESUS-Christ qui est la Porte, le chemin qui nous guide vers le Père. C’est tout autre chose que la recherche d’un homme providentiel, c’est un besoin d’être reconnu, appelé par son nom, et envoyé.

Le prêtre exerce cette mission paternelle par la transmission de la Parole de Dieu, car beaucoup de personnes, devant les difficultés de la société actuelle, se posent la question des auditeurs de l’Apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte : « que devons-nous faire ? » La réponse de Pierre ne porte pas sur le comment faire, mais sur le comment être : « Convertissez-vous, que chacun de vous soit baptisé au nom de JESUS-Christ pour le pardon de ses péchés et vous recevrez alors le don du Saint-Esprit ». La réponse de Pierre n’est pas un enseignement, mais une mise en relation avec JESUS-Christ mort et ressuscité, par qui nous vient le salut et le pardon des péchés.

Le Bon Pasteur ouvre la Porte qui mène les hommes non pas à leur perdition, mais qui mène à la Vie ; ce dont ont besoin les hommes d’aujourd’hui, ce sont des pasteurs qui leur donnent la Vie de JESUS-Christ à travers l’Evangile et l’Eucharistie.

L’appel au ministère presbytéral n’est pas lié à la question de l’organisation de l’Eglise, elle a moins de prêtres, mais se dessinent autour de son ministère de pasteur bien d’autres charismes, dons et ministères qui sont au service du corps tout entier. Ce qui va mettre en route un jeune vers son chemin le plus profond, celui de l’intériorité si nécessaire aujourd’hui, c’est d’être appelé par son nom, reconnu, et que par là il découvre qu’il est aimé du Père, qu’il a du prix à ses yeux. Dans cet appel il reconnaît la voix qui le relève, qui retentit en lui-même, qui le fait vivre et exister ; non pas pour rester seul, mais pour vivre avec d’autres, entrer dans le peuple de Dieu, où il pourra trouver sa place, sa vocation.

En ce jour de prière pour les vocations, comme évêque, j’invite tous les baptisés à prier pour leurs prêtres, à les soutenir, pour qu’ils déploient cette dimension de Paternité qu’ils ont reçue par grâce à leur ordination. S’ils sont encouragés à déployer cette dimension, alors leur ministère sera fécond et appelant pour d’autres jeunes.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 14 Mai 2017, 7:26 pm




Citation :
Parole du Seigneur.
Évangile
« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
‘Je pars vous préparer une place’ ?
Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
JESUS lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez,
et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ;
cela nous suffit. »
JESUS lui répond :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu
a vu le Père.
Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis,
je ne les dis pas de moi-même ;
le Père qui demeure en moi
fait ses propres œuvres.
Croyez-moi :
je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne me croyez pas,
croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi
fera les œuvres que je fais.
Il en fera même de plus grandes,
parce que je pars vers le Père »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 14 mai 2017 à Paris (16e)


« Je vous prépare une place »

Cette page de l’Evangile nous remet en mémoire le dernier repas de JESUS avant la fête de Pâques. JESUS livre son testament. Eh bien, un testament n’est ouvert qu’après la mort de celui qui l’a dicté. Cela veut dire pour nous, frères et sœurs et vous tous téléspectateurs, que ces paroles de JESUS peuvent résonner profondément pour chaque génération et donc pour tous ceux qui veulent devenir ses disciples.

JESUS nous dit que le moment est venu pour lui d’aller au Ciel et nous promet que là, il nous préparera une place, pour nous qui voulons être ses disciples. Ce chemin nous paraît tellement un monde inconnu et pourtant nous devons nous y préparer dans une grande espérance face à une telle rencontre.

JESUS parle à ses apôtres de chemin et d’un chemin difficile, car le chemin de JESUS va passer par la mort. Nous-mêmes avons du mal, la plupart du temps, à comprendre le sens du chemin. Et beaucoup d’hommes et de femmes au cours des siècles peuvent embrasser beaucoup de sacrifices mais sans s’appuyer sur le Christ. Or le Christ nous montre qu’il est notre chemin et que c’est sur lui que nous pouvons marcher. Le chemin que nous faisons avec lui est marqué par la hauteur et la facilité, même s’il nous paraît au départ ardu, plein d’âpretés. Hauteur parce qu’il nous achemine vers son Père et notre Père, facilité parce qu’il a parcouru pour nous ce chemin et qu’il est Lui-même ce Chemin.

Pour mieux comprendre cela, je vous invite, en ce jour, frères et sœurs, à regarder quelques instants le chemin des ‘nouveaux saints’ que sont François et Jacinthe de Fatima, canonisés en ce jour dans cette ville du centre du Portugal où la Vierge Marie est apparue il y a exactement un siècle, à partir du 13 mai 1917. La Vierge Marie se présente dès le début en disant : « Je suis du Ciel ». Et les enfants par l’intermédiaire de Lucie, la troisième voyante, lui demandent quelle sera leur place au Ciel. La Vierge Marie annonce clairement à François et à Jacinthe qu’ils iront bientôt au Ciel, et qu’ils auront à souffrir, à offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs et pour la Paix dans le monde. La présence de cette dame céleste les imprègne d’une telle paix et d’une telle intensité qu’ils vont mûrir très vite spirituellement. Ils vont assumer avec une ardeur nouvelle leur lot quotidien de souffrances et d’incompréhensions y compris au sein de leurs familles. Leur ouverture de cœur et leur compassion vont être démultipliées. Et de fait, François meurt en 1919 et Jacinthe en 1920, alors que Lucie, qui deviendra bien des années plus tard sœur carmélite, aura un long chemin à parcourir jusqu’en 2005. Pendant cette longue période, le Cœur maternel de Marie sera son refuge, lui dira la Vierge Marie.

Deux enfants morts très vite et Lucie qui entrera dans la vie religieuse et quittera ainsi Fatima pour toujours et voilà que ce lieu s’imposera de lui-même comme un lieu majeur de prière pour la Paix dans le monde et un lieu qui nous invite à rejoindre le mode prophétique par lequel Dieu peut nous rejoindre dans nos profondeurs. Comment ? Comme les trois enfants de Fatima, nous recevons tous un appel à imiter le Christ, à le suivre. Car le Christ est notre chemin à tous. Et si la Vierge se manifeste, c’est parce que notre Mère du Ciel ne peut pas ne pas vouloir le bien de ses enfants. Elle veut nous éloigner du Mal ; elle vient nous réveiller de notre torpeur et de l’ignorance de notre péché. Elle nous dit que le Christ, l’Amour fait miséricorde pour le monde, n’est pas aimé, n’est pas reconnu. Et cela peut avoir des conséquences incalculables dans la vie de l’humanité. JESUS est notre chemin, il a parcouru le chemin qui nous rapproche de Dieu, notre Père et son Père.

Certes, il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père, mais les chrétiens, nous avons un grand, un immense trésor à partager, et pauvres de nous si nous ne le partageons pas. Notre place, ici-bas, est celle du service et du témoignage concret. Mais ce service, nous devons l’opérer au nom de JESUS afin qu’il porte du fruit pour le monde. « Hors de Moi, vous ne pouvez rien faire », dit JESUS, selon ce que rapport saint Jean dans son Evangile.

L’importance de Fatima pour l’Eglise et pour le monde c’est le fait que ce lieu a créé une grande capacité de réveil et de conversion rendant les cœurs disposés à accueillir la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu Sauveur. Il dépend de nous, avec urgence, de vivre avec Lui, en Lui, afin que le monde vive.

En tout, frères et sœurs, nous devons nous laisser entrainer par le Christ, dans une communion tellement profonde et joyeuse qu’il puisse faire passer en nous toute sa vie de ressuscité. Ainsi nous pourrons devenir les pierres vivantes et offrir toute notre vie au Seigneur, afin que nos vies puissent porter un fruit abondant comme celles de François, Jacinthe et Lucie.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 23 Mai 2017, 6:40 pm



Citation :
« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia (Jn 14, 23)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
l’Esprit de vérité,
lui que le monde ne peut recevoir,
car il ne le voit pas et ne le connaît pas ;
vous, vous le connaissez,
car il demeure auprès de vous,
et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus,
mais vous, vous me verrez vivant,
et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi,
et moi en vous.
Celui qui reçoit mes commandements et les garde,
c’est celui-là qui m’aime ;
et celui qui m’aime
sera aimé de mon Père ;
moi aussi, je l’aimerai,
et je me manifesterai à lui. »


– Acclamons la Parole de Dieu





Homélie de la messe à Nantes le 21 mai 2017


« Que notre vie soit transformée »

Nous avons demandé à Dieu, au début de la messe, que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire transforme notre vie. Comment faire en sorte que cela ne reste pas un vœu pieux, mais que notre vie – c’est-à-dire notre manière de parler, d’agir, d’aimer, de comprendre… – puisse être enfin transformée par le mystère de Pâques ? C’est là que les lectures bibliques de ce dimanche sont précieuses.

L’aventure de Philippe en Samarie dans les Actes des Apôtres nous rappelle déjà que même des hérétiques ou des mal-croyants, ce qu’étaient les Samaritains, peuvent recevoir l’Esprit Saint. Autrement dit, l’Esprit Saint n’est pas réservé aux saints. Pour le recevoir, il suffit d’être ouvert et d’accueillir la Parole de Dieu. C’est exactement ce que nous faisons en ce moment, ici à Nantes en plein air, ou chez nous devant un écran de télévision. Il ne faut jamais survoler la Parole de Dieu, mais la laisser cheminer en nous, des oreilles jusqu’au cœur : tel est le premier pas pour nous laisser transformer par la résurrection. Et nous en sommes tous capables !

La transformation qui commence alors se repère facilement par un mouvement intérieur : la joie. Demandez aux habitants de Samarie : « Il y eut dans cette ville une grande joie. » Non pas une joie que les habitants se sont donnés à eux-mêmes, une sorte d’exaltation mystique, mais une joie qui vient du Ressuscité. C’est ce qui nous arrive avec un bon ami ou un camarade de classe qui, par exemple, a eu un grave accident et qui vient nous revoir ensuite en bonne santé. Sa joie devient notre joie. La bonne nouvelle qu’il nous apprend nous transforme en chassant la tristesse. Il en est de même avec le Ressuscité : il nous annonce, par sa résurrection, que nous pouvons passer avec lui de la mort à la vie. C’est l’expérience fondamentale d’être libéré avec lui de tout ce qui nous empêche de vivre : violence, mensonge, doute…  C’est l’expérience fondamentale de traverser toutes ces mers qui nous paraissent infranchissables comme pour le peuple des Hébreux lors de sa sortie d’Égypte. Le psaume nous l’a redit : « Dieu changea la mer en terre ferme : ils passèrent à pied sec. De là, cette joie qu’il nous donne. »

Joie donnée. Mais aussi espérance. Une espérance qui ne fait pas de nous des fatalistes, mais des personnes capables d’affronter ceux qui nous alarment à l’excès, entretenant la peur devant la crise économique par exemple ou l’afflux des réfugiés. Et cet affrontement plein d’espérance se vit, nous dit saint Pierre dans sa lettre, « avec douceur et respect ». Jamais la résurrection ne transforme quelqu’un en une personne violente, méprisante, pleine d’invectives et de jugement à l’égard des autres.

Joie, espérance, avec douceur et respect. Vous comprenez sans doute pourquoi le pape François insiste tant sur « La joie de l’Évangile » et sur « La joie de l’amour », sans oublier l’espérance que personne ne peut nous voler.

L’évangile d’aujourd’hui ajoute deux notes. La première est que le Père nous « donnera un Défenseur… l’Esprit de vérité ». Si JESUS parle de défenseur, c’est bien parce que nous serons attaqués par ceux qui s’opposeront à nous. Se laisser transformer par le Ressuscité conduit à mener quelques combats, comme le Christ en a menés avec les hommes religieux de son temps. Seconde note, JESUS nous l’assure : « Je reviens vers vous. » Se laisser transformer par la résurrection, c’est regarder devant nous, vers celui qui vient vers nous, le Ressuscité. Il vient vers nous par sa Parole quand nous l’écoutons, à travers les personnes que nous rencontrons dans une joie partagée, ou encore sous les espèces du pain et du vin que nous recevons en communion. Oui, que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire aujourd’hui transforme notre vie.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 30 Mai 2017, 8:06 pm



Citation :
Évangile
« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)

Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,
JESUS Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.

Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »

– Acclamons la Parole de Dieu.







Homélie de la messe du 28 mai 2017 à Lobbes (Belgique)


«Les joies de la vie éternelle»

Frères et sœurs, vous qui nous suivez à la télé, et vous qui êtes ici rassemblés à Lobbes, êtes-vous déjà entrés dans la vie éternelle ? Vous allez probablement me répondre que non, en pensant que, sinon, vous ne seriez pas là !

Et pourtant… Ecoutez la définition qu’en donne JESUS : « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, JESUS Christ. » (Jn 17,3) Apprendre à connaître Dieu et le Christ, c’est la démarche de la foi, un chemin toujours à parcourir.

Si la vie éternelle, c’est connaître Dieu, frères et sœurs baptisés, alors serions-nous déjà tous entrés dans la vie éternelle ? La tradition chrétienne évoque le baptême comme « le bain de la nouvelle naissance » (Tite, 3,5), l’entrée dans une vie nouvelle. Une nouvelle naissance qui, déjà, nous fait goûter les joies de la vie éternelle, même si nous n’y entrons pas encore pleinement.

A toutes les époques, dans toutes les traditions religieuses, l’être humain est habité par ce désir d’éternité, qu’il recherche profondément, et dont il aimerait comprendre le sens. Pour les chrétiens, les joies de la vie éternelle, c’est connaître Dieu et JESUS Christ.

Et c’est une connaissance relationnelle, pas une connaissance théorique : on ne connaît vraiment les gens que quand on passe du temps avec eux, quand on apprend à découvrir petit à petit leur caractère, ce qui les rend joyeux et ce qui les attriste… – et je dirais même que c’est en aimant les gens qu’on les connaît le mieux, parce qu’on apprend à découvrir ce qui habite leur cœur. La vie éternelle est la relation à Dieu, une relation aimante, où on apprend à le connaître. Quand deux amoureux se regardent les yeux dans les yeux, ils ont l’impression de sonder l’autre au plus profond, et le temps s’arrête pour eux, rien n’existe plus autour d’eux… Petit avant-goût de ce que doit être la vie éternelle – la tradition biblique dit d’ailleurs qu’un jour, nous verrons Dieu face-à-face.

La vie éternelle est déjà née en nous, mais elle est encore comme une petite flamme fragile, qui risque de s’éteindre. A nous d’entretenir cette flamme. Elle peut rester en nous comme une petite flamme vacillante, une vague lueur… Mais elle peut aussi devenir en nous « comme un feu dévorant » (cfr Jr 20,9). A nous d’entretenir cette flamme… Comment ? Il s’agit de relation à Dieu, d’une amitié avec Dieu à faire grandir : tout ce qui nourrit notre intimité avec Dieu fait grandir cette flamme. Tout le temps passé avec Dieu nourrit notre amour.

L’intimité avec le Père se ressent dans tous les mots de la prière du Christ : « Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie… Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi » (Jn 17,1.10) JESUS  est celui qui connaît vraiment le Père parce qu’il vit pleinement de son amour.

« L’heure est venue », dit JESUS (Jn 17,1). L’heure de connaître Dieu. Trop souvent, nous croyons que cette heure sera celle de notre mort. Mais non ! La vie éternelle est déjà commencée. L’heure est venue, et c’est maintenant, d’accueillir ce que JESUS nous partage : « J’ai manifesté ton nom aux hommes… je leur ai donné les paroles que tu m’avais données », dit-il dans sa prière à son Père (Jn 17,6.8). Oui, JESUS nous fait connaître Dieu, « le seul vrai Dieu » (Jn 17,3). Notre monde nous propose tant d’idoles qui se nourrissent de l’argent, du désir de consommer ou de s’échapper, tant de fausses images de Dieu véhiculées par la haine et les fondamentalismes… Ne nous laissons pas leurrer !

L’heure est venue de connaître le vrai Dieu, et cette heure a déjà pour nous un goût d’éternité, car elle se nourrit de la relation d’amitié avec Dieu.

Amen ! Alleluia !





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 05 Juin 2017, 7:41 pm



Citation :
Évangile

« Des fleuves d’eau vive couleront » (Jn 7, 37-39)

Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

Au jour solennel où se terminait la fête des Tentes,
JESUS, debout, s’écria :
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi,
et qu’il boive,
celui qui croit en moi !
Comme dit l’Écriture :
De son cœur
couleront des fleuves d’eau vive. »
En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint
qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui.
En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit
puisque JESUS n’avait pas encore été glorifié.


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe de la Pentecôte à Grimbergen le 4 juin 2017


« L’ampleur de la présence de l’Esprit de Dieu »

Quelle joie de pouvoir fêter chaque année la Pentecôte. Au risque sinon, d’oublier l’Esprit Saint. Car où, et quand le rencontrons-nous – si ce n’est dans l’Église ? Bien sûr, lors de la confirmation. L’Esprit Saint inonde nos cœurs, nous donnant la force de suivre JESUS de Nazareth dans nos vies, par beau temps comme par tempête.

En feuilletant la Bible, nous découvrons l’ampleur de la présence de l’Esprit de Dieu. Il y a littéralement trace de sa présence du début à la fin. Le deuxième verset du premier livre de la Bible, le livre de la Genèse, en parle déjà : l’Esprit Saint apparaît. Nous lisons : « et un souffle de Dieu agitait la surface des eaux ». (Gn 1,2)

A la fin du dernier chapitre du dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, l’Esprit est toujours là.  Nous lisons : « l’Esprit et l’Epouse disent : viens ! Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie ». (Ap 22,17) Et entre ces deux versets, entre le commencement et la fin, l’Esprit Saint est à peu près partout. On le retrouve avec Moïse et les prophètes, JESUS lui-même en parle et il est très présent aussi dans l’Eglise primitive. Dans ce livre de la Bible, le livre des actes des Apôtres, en en parle au moins quarante fois.

Mais plus encore que sa présence, c’est de son œuvre dont la Bible nous parle.

On dit de l’Esprit Saint que c’est Lui qui donne la vie. Il inspire les hommes, il leur accorde la force, il les encourage. Dans le Veni Creator Spiritus, il est nommé « consolator optime » : le consolateur suprême. En ce qui concerne les œuvres de l’Esprit, un élément particulier m’a frappé, une sorte de fil rouge à travers toutes ses œuvres. Il crée et recrée toujours un nouveau commencement. Il est là au début de la Genèse, là où commence la création. Mais il est aussi présent aux origines du peuple d’Israël, parce qu’il repose sur Moïse. (Nb 11,17) Dès le début de la vie de JESUS, nous apprenons que sa mère l’a conçu de l’Esprit Saint. (Lc 1,35) Et l’Esprit descend sur Lui lors de son baptême, qui marque le début de sa vie publique. (Lc 3,22) En outre, l’Esprit est également présent lors de la naissance de l’Eglise, quand il descend sur les disciples de JESUS, à la Pentecôte. (Ac 2,1-13) Une fois de plus il est là, quand il appelle Barnabé et Paul à Antioche pour entamer la mission parmi les Gentils. (Ac 13,2)

Là où est JESUS, là aussi est l’Esprit Saint. JESUS attestait qu’Il était lui-même le Royaume de Dieu, cette nouvelle société fondée sur la justice divine, la miséricorde et la charité mutuelle. Partout sur terre, où des hommes s’engagent pour les pauvres, les malades, les étrangers, les prisonniers, pour toute personne quelconque de la société, l’Esprit est au travail.

Paul fait référence à une deuxième piste qui mène à l’Esprit. Il écrit aux chrétiens de Galate que l’Esprit de JESUS porte ses fruits en chaque homme. Et il énumère ces fruits : « le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi ». (Ga 5, 22) L’Esprit peut sembler caché, il n’est jamais très loin. Est-ce cela que JESUS voulait dire en promettant d’envoyer l’Esprit à ses disciples, lors de son adieu ? « Et je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu’il soit avec vous à jamais, qu’il demeure auprès de vous ; et il sera en vous ». (Jn 14, 16-17).

Je vous souhaite de tout cœur une fête de Pentecôte encourageante. Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 12 Juin 2017, 6:37 pm




Homélie de la messe à Lisbonne le 11 juin 2017


Citation :
Ex 34, 4b-6.8-9 ; cantique Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56 ; 2 Co 13, 11-13 ; Jean 3, 16-18
16.Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné le Fils unique, afin que chacun qui croit en lui ne soit pas perdu mais qu’il ait la vie éternelle.
17.En effet, Dieu n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.
18.Celui qui croit en lui n’est pas jugé ; mais celui qui ne croit pas a déjà été jugé, parce qu’il n’a pas cru dans le nom du Fils unique de Dieu.


Nous sommes faits pour la communion

Dans les débuts de l’Eglise, les Actes des Apôtres parlent d’un baptême qui fut donné au nom de JESUS[1]. C’est-à-dire une adhésion de notre intelligence au message de l’Evangile du Christ, mais aussi la volonté que notre vie soit comme celle du Christ.

Mais l’Eglise a vite mis en œuvre ce que JESUS avait demandé : « baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit [2]. » La vie chrétienne n’est pas seulement une recherche pour ma propre vie. A l’image du Dieu Trinité, la vie chrétienne est un élargissement de l’amour.

Parmi les diverses analogies du mystère de « Dieu Trinité », le pape Benoît XVI  citait celle de la famille[3] : la famille « appelée à être une communauté d’amour et de vie, dans laquelle les diversités doivent concourir à former une ‘parabole de communion’ ». Notre vie est faite pour la communion et pour que l’amour circule. La réalité de Dieu est comme celle d’une famille (d’ailleurs, elle en devient un idéal que nous pouvons avoir du mal à atteindre) : il y a le Père, il y a le Fils, il y a l’Esprit : ils sont inséparables[4] et pourtant chacun est lui-même ! On dira : tout cela, Père, Fils et Esprit, c’est Dieu. Comme on dirait : tous ceux-là, c’est la famille Dupont !

Et tout ce qui constitue cette famille qu’est Dieu déborde de Dieu et se communique à nous par l’Esprit d’amour : cette famille divine nous transmet son amour. Qu’en ferons-nous ?

Etre baptisés et faire le signe de la Croix, au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit, c’est manifester combien nous voulons que le mystère de la Trinité ait une incidence sur notre vie et sur notre comportement. Je reconnais là ce qu’a pu prêcher Saint Antoine, patron de Lisbonne, plus connu comme saint Antoine de Padoue : « Que les paroles se taisent, et que les actes parlent. »[5]

Agissant au nom de Dieu Trinité, le chrétien dit que la vie est faite de relations vraies pour la communion, puisque Dieu se montre relations et communion entre le Père et le Fils par l’Esprit, comme une famille qui essaie de s’aimer infiniment et de se tenir solidaire. Et puisque Dieu est relations, il ne reste pas distant : il choisit d’aimer et de se tenir solidaire de l’humanité que nous sommes. L’Evangile l’affirme majestueusement et pourtant simplement : Dieu a envoyé son Fils non pas pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. L’envoi du Fils est un geste de l’amour de Dieu ; Dieu qui nous invite à l’aimer et à aimer notre monde : l’écouter, l’accompagner, et faire preuve d’empathie. Au contraire, quand nous laissons prise à la division, c’est la confiance et l’amour qui s’effondrent : nous devenons moins chrétiens, en somme.

Ce mystère de la Trinité me donne à réfléchir quand je vois la façon dont nous, catholiques pouvons nous positionner dans les confrontations politiques en France. Au cœur de la foi au Christ ressuscité, je pense par exemple à la défense de la vie. Il est surprenant que des catholiques en arrivent à s’opposer en partageant ce même désir ! Certains focalisent la défense de la vie de sa conception à sa fin ici-bas. D’autres focalisent la défense de la vie des personnes persécutées qui cherchent refuge en nos pays d’Europe. Comme si l’un des deux engagements moraux était facultatif dans la vie chrétienne. Défendre la vie, est-ce donc faire deux groupes ?  N’est-ce pas vouloir la communion d’amour et le dialogue, que nous inspire la Trinité ? N’est-ce pas nous soutenir mutuellement là où nous avons à progresser ?

Le mystère de la Trinité empêche de se satisfaire des clans au sein des croyants : il nous fait prendre soin les uns des autres. Et il porte aussi notre attention vers ceux qui pensent autrement, vers ceux qui arrivent, nouveaux…

Le mystère de la trinité nous fait désirer la communion en Dieu à la fin des temps, mais nous fait déjà l’anticiper ici par la fraternité, au-delà de nos pauvres différences !






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 20 Juin 2017, 6:34 pm



Citation :
Évangile
« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51.58)

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
JESUS disait aux foules des Juifs :
« Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
JESUS leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain
vivra éternellement. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 18 juin 2017 à Pérols


Eucharistie et Charité s’embrassent

Vous est-il déjà arrivé de tomber follement amoureux ? C’est fou comme notre cœur devient alors ingénieux et notre tendresse inventive ! Quand la distance nous sépare de l’être aimé, téléphone, fleurs, photos, sms, mails, comblent le creux de l’absence devenue insupportable.  Mais, même mille cadeaux ou attentions, ne peuvent remplacer le face à face de deux êtres qui s’unissent dans un baiser.

Ainsi JESUS, amoureux fou de l’humanité, la veille de sa mort, noue dans la cène une alliance de tendresse, culminant dans le don du pain et du vin. Prenez, buvez : c’est moi ! Comment reculer devant une telle invitation ? Et dire qu’il y a encore tant d’affamés qui se privent d’un tel festin ! Dommage que devant cet aliment divin, même entre chrétiens, au lieu de pouvoir le consommer ensemble dans l’action de grâce, nous nous querellons encore pour savoir ce qu’il est réellement. Quelle tristesse !

Cher ami, Tu cherches  Dieu ? Il est présent dans le pain consacré. Tu souhaites communier à sa mort et à sa résurrection ?  C’est lui qui vient se perdre en toi pour t’absorber entièrement en lui. Tu veux rencontrer JESUS Christ en personne ? Regarde autour de toi, il est aussi là dans le visage de ton frère.

En chaque église, Dieu veille jour et nuit dans l’attente de nouveaux rendez-vous avec toi. Au cœur de la ville bruyante, dans l’église de campagne presque abandonnée, dans la chapelle de l’hôpital ou de la maison de retraite, il est présent dans le silence, il écoute ta prière, il veut parler à ton cœur.

Oui, l’Eucharistie est la plus belle invention de l’amour de JESUS. Combien de temps passeras-tu près de lui, sans le reconnaitre dans ce pain quotidien au goût d’éternité ?  Sans besoin eucharistique, tu es sûrement évangéliquement malade !

Si tout à l’heure tu communies au corps du Seigneur, tu seras nécessairement renvoyé à la fin de la célébration vers les pauvres, les malades, les blessés de la vie, pour leur partager l’amour reçu. Rempli de la tendresse de Dieu, tu ne peux jamais te résigner à les voir affamés et misérables.

A bien y réfléchir, la Fête du St Sacrement réconcilie la présence de Dieu dans nos églises et la présence de Dieu dans la rue. Conduire aujourd’hui en procession dans les rues, le Seigneur Ressuscité, présent dans le pain consacré, n’est-ce pas rapprocher l’Eucharistie de la vie de l’homme ? C’est la mêler à la pâte humaine la plus quotidienne, pour qu’elle devienne un ferment  d’amour, au cœur même de toutes nos banalités.

A la fin de sa vie, le penseur Blaise Pascal, frappé par la maladie, ne pouvait plus communier, il lui était impossible d’avaler l’hostie. Il demanda alors à son aumônier de faire venir dans sa chambre un mendiant. Très faible, il lui offrit son propre lit, lui-même s’installant dans un vieux fauteuil. Il dit alors à l’homme d’Eglise « communier à l’hostie ou communier à un pauvre, c’est la même chose ».

Oui frères et sœurs, l’adoration nous invite à poser un regard de tendresse sur la personne faible, fragile, vulnérable ;  ne l’oublions pas, seul l’homme est sacré.  Avant de « donner sa chair à manger », JESUS a d’abord multiplié le pain et rassasié la foule tenaillée par la faim.

Eucharistie et Charité s’embrassent. Amen






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 27 Juin 2017, 7:39 pm



Citation :

Évangile
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b-27a)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses Apôtres :
« Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »


– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 25 juin 2017 à Thonon-les-Bains


Les cheveux de votre tête sont comptés.

Dieu veille sur nous. Je veux dire : Dieu nous aime concrètement.

Pour illustrer cette affirmation, un exemple tiré de mon expérience d’aumônier scout. Le scout est une espèce charmante individuellement, mais plutôt remuante collectivement. Lâchez des scouts dans une forêt, et dix secondes plus tard les voici à grimper dans les arbres, à jouer avec des hachettes, à tomber du pont de singe dans la rivière. Or contre toute attente, je dirai même contre toute probabilité, ils ne se font pas de mal. Des bobos, oui, mais rarement quelque chose de grave. Le scoutisme est un défi permanent aux statistiques. Il y a une Providence pour les scouts. La branche ne casse pas, la hache rate la jambe, le petit gars ressort de la rivière ruisselant comme un triton et parfaitement intact.

Au début, on croit à la chance. Au bout de vingt ans, comme moi, on croit à la Providence. Oui, Dieu s’occupe des scouts comme des moineaux de l’Évangile, il les ramasse de sa main quand ils tombent.

Et ce qui est vrai des jeunes dont je m’occupe est vrai, tout autant, de chacun d’entre nous. Dieu nous connaît, il nous aime, il a compté jusqu’aux cheveux de notre tête.
En vérité, Dieu ne cesse de nous porter sur ses mains. Nous sommes, nous, hommes et femmes, à peu près aussi fragiles et parfois aussi irréfléchis que des moineaux. Mais Dieu, qui nous aime, prend soin de nous. Souvent sans que nous nous en apercevions.

Notre vie est émaillée d’une multitude de petits miracles. Les innombrables accidents auxquels, à quelques millimètres ou fractions de secondes près, nous réchappons. Les solutions inattendues, les déblocages, les hasards heureux. Les malades qui se rétablissent, les amis perdus et retrouvés, les époux réconciliés, les enfants qui viennent après une longue attente. Ou même simplement la beauté de l’aube, une chanson entendue, un sourire familier.

Vous objecterez qu’il ne faut pas être naïf, que notre existence n’est pas exempte de difficultés et de drames. C’est vrai. Un prêtre en est suffisamment témoin, jusque dans sa propre vie. Je sais aussi que beaucoup d’entre nous manquent, pour ainsi dire, de Providence, qu’ils veulent bien y croire, mais ne l’ont pas vue, ou pas assez. Il n’est pas rare que nous ayons l’impression que Dieu, au lieu de nous ramasser dans sa main, nous a… eh bien ! Laissé tomber.
C’est pourquoi d’abord il est admirable de conserver l’espoir dans l’épreuve, c’est-à-dire de continuer, par la force de la volonté ou de la confiance, à croire que le Seigneur donnera bien un coup de pouce, ouvrira une porte, une échappée. Vous êtes nombreux, vous qui participez à cette messe par la télévision, à vivre ainsi l’espérance. Car, c’est bien là ce qu’on appelle l’espérance, qui est un chemin de sainteté.

Mais c’est pourquoi aussi je voudrais tourner notre regard vers tous ces petits signes heureux, toutes ces prévenances du Seigneur, dont bien souvent nous ne nous apercevons même pas. Ces mille merveilles de chaque jour qui, même si elles ne nous gardent pas de tout mal, nous aident à attendre, à croire, à espérer. Il n’y a pas de heureux hasard. Il y a un petit ou un grand geste de Dieu.

Dieu ne nous aime pas de façon abstraite, mais de façon concrète. Il a compté les cheveux de notre tête. Même pour ceux qui traversent l’épreuve, c’est-à-dire, d’une façon ou d’une autre, nous tous, il n’en laissera pas perdre un seul — Dieu qui aime les enfants, Dieu qui aime ses enfants.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 04 Juil 2017, 7:15 pm




Citation :

Parole du Seigneur.
Évangile
« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)

Alléluia. Alléluia.
Descendance choisie, sacerdoce royal, nation sainte,
annoncez les merveilles de Celui qui vous a appelés
des ténèbres à son admirable lumière.
Alléluia. (cf. 1 P 2, 9)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à ses Apôtres :
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie
la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi
la gardera.
Qui vous accueille
m’accueille ;
et qui m’accueille
accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
recevra une récompense de prophète ;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »,


Homélie de la messe du 2 juillet 2017 à Cotignac


Homélie de Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon

Devenir un homme de Dieu

Dans l’Apocalypse, nous trouvons cette parole : « Dieu vomit les tièdes ». L’Evangile de ce jour nous offre une parfaite illustration de cette parole. Voici un Evangile qui décoiffe, un Evangile aux accents provocateurs. Une parole missile, radicale, intransigeante qui nous presse de prendre position pour le Christ. A sortir du christianisme light et des compromis faciles. On ne peut pas aimer à moitié, en prendre et en laisser. On ne peut pas être un chrétien light. Dieu ne supporte pas les mélanges adoucissants. Au terme de ce pèlerinage à Cotignac au cœur de la Provence, ce rappel de l’absolu de Dieu nous provoque une triple conversion.

D’abord une recherche d’intégrité
Je me rappelle la réflexion faite par un paroissien avec l’accent du pays, à propos de son curé qui était un très bon prédicateur. Ce paroissien de dire : « Quand j’entends pérorer mon curé en chaire je suis impressionné, mais quand je le vois vivre chaque jour, je suis rassuré. »
Quand nous acceptons d’ouvrir la porte de notre maison au Christ, Il va pénétrer dans toutes les pièces de notre vie, dans les moindres recoins, les caves et les greniers pour purifier, assainir, convertir et rapporter à son amour toute notre existence, afin qu’il n’y ait, en nous, que Dieu.

JESUS dénonce, souvent dans l’Evangile les doubles vies, les incohérences, les compromissions des Pharisiens qui « disent et ne font pas ». Notre rayonnement chrétien est le fruit de l’exemplarité de notre vie, de l’unité de notre vie à partir du Christ, qui en nous, irradie toutes les dimensions de notre être et de notre agir.

Un deuxième appel du Christ nous est adressé à partir de l’Evangile : La générosité. Je me souviendrai toute ma vie de cette petite chapelle au Cameroun où je célébrai la messe dans un pauvre village. Au moment de la quête, chaque fidèle déposait dans une corbeille d’osier qui circulait de rang en rang, de petites piécettes. Et voici que la corbeille avait fini au premier rang, juste devant un petit enfant de 4 ou 5 ans. Cet enfant plongea alors la main dans sa poche, sans doute trouée. La main ressortit vide. Alors l’enfant eut un geste magnifique. Il prit la corbeille, la déposa à terre et se mit dedans. Il n’avait rien à offrir que lui-même.

Dans un monde où tout s’achète et tout se vend, le témoignage évangélique nous pousse à la générosité, à se donner, à s’engager avec courage et fidélité à la suite du Christ.

Ne soyez pas des pleutres et des poltrons. « L’amour bannit la crainte ». Ce que votre épouse, ce que vos enfants, ce que notre société requiert de vous, c’est cette générosité audacieuse, ardente qui vous amène à vous exposer, à vous dépasser, en vous appuyant sur la grâce de Dieu.

« Le chrétien est un homme qui vit au-dessus de ses moyens », disait André Frossard. Dans l’aventure de notre vie, cette générosité pour le service d’autrui est un remède, un antidote face à la culture du repli, de l’ego et de la désespérance.
La suite du Christ implique non seulement l’intégrité et la générosité, mais aussi la fraternité. JESUS disait : « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». Sans nos frères et sœurs, non plus.
Seul je peux aller vite, mais c’est avec les autres, leur appui, leurs conseils que je pourrai aller loin.
Au Québec on utilise le beau mot de « frérer », pour signifier qu’il faut s’appuyer sur les autres pour avancer encordé. Il s’agit de porter un regard d’espérance sur nos proches, de les aider à notre tour à ce qu’ils puissent grandir, mais aussi consentir à se recevoir les uns des autres. Autant d’attitudes qui expriment, dans un monde individualiste du chacun pour soi, la nécessité, l’humilité de dépendre des autres.
En offrant nos vies sur l’autel du Seigneur, demandons-lui personnellement et ensemble de grandir en sainteté dans l’intégrité de notre vie, la générosité de nos engagements et dans une vraie fraternité.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 11 Juil 2017, 5:44 pm



Citation :

« Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 25-30)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS prit la parole et dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler.


Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »


– Acclamons la Parole de Dieu




Homélie de la messe du 9 juillet 2017 à Avize


Homélie du Père Thierry Lamboley, jésuite à Marseille

Avec le seigneur, la vie pétille !

Oserai-je dire ici que ce qui fait notamment le champagne, ce sont ses bulles ? Supprimez-les et vous avez « seulement » un bon vin blanc, savoureux, mais qui a perdu toute effervescence. Il ne pétille plus. Il réjouit beaucoup moins le palais de celui qui le déguste. C’est un peu la même chose avec le Seigneur : enlevez-lui ses bulles, il devient beaucoup plus fade et notre vie de chrétien perd beaucoup de sa saveur. Et quelles sont ces bulles divines ? Les lectures bibliques de ce dimanche nous en offrent une véritable dégustation.

Il y a tout d’abord ces petites bulles, tout en finesse, de la bienveillance du Père. C’est une bienveillance tout à fait délicate : elle ne demande pas que nous soyons savants ou lettrés pour la reconnaître. Elle s’exprime de façon simple, tendre et généreuse. Le psaume nous l’a rappelé : « La bonté du Seigneur est pour tous ». Ces fines bulles viennent dissoudre en nous les images dures ou terrifiantes que nous pourrions avoir de Dieu, le Père : un vieil homme, barbu de préférence, et pas forcément aux traits bien sympathiques. Le Père ne veille pas sur nous avec un bâton. Il n’est pas mal-veillant comme ces logiciels qui viennent pirater nos ordinateurs, mais il est bien-veillant. Ses bulles de bonté enlèvent toute forme de dureté dans nos cœurs et elles nous font devenir, à notre tour, bienveillant à l’égard des autres.

Ensuite, l’évangile nous fait déguster des bulles d’une douceur étonnante. Ce sont celles de la douceur du Fils. JESUS le dit lui-même : « Je suis doux et humble de cœur. » Cette douceur, elle nous a été racontée dans la première lecture par une image toute simple : celle d’un roi qui vient à nous, non pas monté sur un cheval de combat, mais sur un âne. C’est comme si le président de la république française remontait les Champs-Élysées dans une vieille deux chevaux décapotable ! JESUS, notre roi, est un roi victorieux, mais il est surtout un roi qui n’en impose jamais. Il ne demande pas de porter quelque chose de lourd. Son fardeau est léger. C’est parfois nous qui nous donnons des choses trop lourdes à porter (tous ces « il faut » que nous nous imposons). Parfois ce sont les autres ou les événements qui nous accablent et nous font ployer sous un lourd fardeau. JESUS, lui, il est léger, humble, doux… Il n’accable jamais. Il redresse avec douceur. Une preuve de la douceur du Fils ? Elle procure le repos. La douceur de JESUS fait retrouver le calme, loin de toute agitation ou angoisse.

Dernières bulles, vous l’aurez sans doute deviné, celles de la vitalité de l’Esprit. A quoi reconnaît-on cette vitalité de l’Esprit en nous ? Par la joie qu’elle nous transmet. « Exulte de toutes tes forces », demande le prophète Zacharie. « Je t’exalterai, mon Dieu, je louerai ton nom, toujours et à jamais », répond en écho le psalmiste. Cette joie qui pétille en nous a une saveur particulière : elle a le goût de la résurrection de JESUS qui est aussi notre résurrection. Car JESUS, affirme saint Paul, « donnera la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». L’Esprit pétille en nous quand, par exemple, il nous donne d’affronter avec courage les épreuves de la vie. L’Esprit pétille en nous quand, malgré le fait de nous sentir tout-petits devant le Seigneur, nous nous sentons grandir devant lui. Et quand cela arrive, quelle joie !

Bienveillance du Père, douceur du Fils, vitalité de l’Esprit : profitons de cet été pour laisser ces bulles évangéliques pétiller dans notre vie. Mieux encore : faisons déguster sans modération, tout autour de nous, la joie pétillante de Dieu. L’Évangile, comme le champagne, se déguste toujours à plusieurs.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 18 Juil 2017, 6:47 pm



Citation :
Évangile
« Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-9)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

Ce jour-là, JESUS était sorti de la maison,
et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
D’autres sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D’autres sont tombés dans la bonne terre,
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »



Homélie de la messe du 16 juillet à Estinnes


Homélie de la messe du 16 juillet 2017 à Estinnes (Belgique)

N’allons pas imaginer qu’au temps de JESUS, les champs agricoles étaient aussi impeccables que ceux d’aujourd’hui dans nos campagnes d’Europe. Dans l’Antiquité, les limites des terrains cultivés étaient souvent floues et se confondaient facilement avec les chemins ; les pierres et les ronces n’étaient pas systématiquement éliminées comme elles le sont aujourd’hui. Bref, l’agriculteur ne s’étonnait pas que dans un même champ, il y ait des endroits où cela poussait bien, et d’autres endroits où les semailles ne produisaient quasiment rien. Il reste qu’au départ, le semeur devait semer largement partout, sans parcimonie, dans la bonne espérance que, même dans les zones moins évidentes, il pousse quand même quelque chose !

JESUS évoque dans sa parabole un semeur qui semble avant tout heureux de sortir pour semer. De toute évidence, ce semeur croit en la vie. Il ne perd pas son temps à ausculter d’abord le terrain pour savoir combien de semences il pourra déposer à tel ou tel endroit. Comme le dit la devise d’un célèbre dictionnaire : il « sème à tout vent ». Quelle belle image pour décrire Dieu ! Un Dieu qui « sort » de lui-même –comme le rappelle souvent le pape François-, pour semer en notre monde sa Parole, son Verbe, son Fils. Un Fils en qui il met toute sa confiance : « la parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plait, sans avoir accompli sa mission », entendions-nous dans la première lecture.

La parabole du semeur… Quelle belle image pour parler de Dieu… Et pour parler de nous ! A la différence de nos surfaces agricoles souvent « nickel », nos vies quant à elles, restent souvent comparables à ces champs du temps de JESUS : mélange de bonne terre certes, mais aussi de pierres et de ronces. Selon les étapes de notre existence, et parfois nos humeurs du moment, nous sommes tantôt l’un, tantôt l’autre. Nous pouvons nous reconnaître dans les situations que décrit JESUS : une joie sincère de croire en Lui, mais qui parfois s’éteint bien vite par défaut de racines quand surviennent les épreuves ; une attirance réelle pour le Christ et son Evangile, qui se laisse étouffer par les soucis du monde et les séductions de richesses davantage matérielles ; et aussi, parfois, grâce à Lui, JESUS, une énergie incroyable pour aimer, se donner, porter du fruit pour le bien de nos proches et de la société.

La seule situation qu’il faut vraiment éviter, selon le Christ, c’est celle de la semence tombée sur le chemin, à savoir la semence que le sol n’essaie même pas d’accueillir. Mais c’est précisément dans l’espoir de provoquer une ouverture, une fissure dans ce sol hermétique, que JESUS parle du Royaume de Dieu en utilisant ces histoires à la fois simples et énigmatiques que sont les paraboles. Elles nous invitent à sortir nous aussi de nous-même pour nous interroger et nous ouvrir au don de Dieu. Dès que nous acceptons cette ouverture, nous entrons en processus d’enfantement, même si c’est en gémissant –comme disait St Paul dans la seconde lecture. Nous commençons à laisser  l’Esprit-Saint faire grandir en nous ce que le semeur vient déposer.

Le semeur, c’est le Christ. Ce qu’il sème inlassablement, c’est sa vie, offerte en abondance pour le monde entier. L’Eucharistie nous rend présent à ce don bien réel, qui nous rejoint sur le terrain qui est le nôtre maintenant : ici en cette église et là où nous sommes concrètement devant notre écran de télévision.

En cette ancienne abbaye de Bonne-Espérance, nous vénérons depuis des siècles la Vierge Marie représentée sous les traits d’une maman qui allaite son enfant nu et qui tient de la main droite le vêtement de JESUS, un vêtement qu’elle et son Fils semblent vouloir nous tendre. Comme pour nous dire : n’hésite pas à te revêtir du Christ, à l’accueillir, comme une semence. Reçois sa vie offerte, pour ton adoption comme enfant de Dieu et la pleine fécondité de ton existence.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 26 Juil 2017, 7:01 pm



Homélie de la messe du 23 juillet 2017 à Condette


Homélie de Monseigneur Jean-Paul JAEGER, évêque du diocèse d’Arras, Boulogne et Saint-Omer

Patience et ménagement

Dieu a bien de la chance ! Il peut compter sur vous et moi. Nous sommes des serviteurs fidèles. Nous travaillons le champ dans lequel le Seigneur envoie et fait grandir ses enfants. Si tel n’était pas le cas, nous ne nous serions pas ici, ce matin, ou devant notre poste de télévision. Nous ne craignons jamais de nous indigner quand les semailles du Fils de l’Homme sont perverties, frelatées. Nous nous enflammons quand notre société préfère ses propres productions au bon grain généreusement semé par le Seigneur.

Mais il nous arrive de dormir ou de nous laisser endormir. L’ennemi veille et trompe notre vigilance. Ce n’est que progressivement que se révèlent les dégâts de semailles mensongères. Elles sont d’autant plus trompeuses qu’elles poussent en même temps que l’épi qui annonce la récolte.

Alors, il faut faire vite et fort, éliminer jusqu’au dernier brin la mauvaise herbe qui étouffe sournoisement le blé qui promet la vie. Oui, nous sommes des serviteurs zélés prêts à arracher et à jeter. Avec nous, l’Evangile, l’Eglise, le pape, les évêques doivent juger et condamner.
Et voilà que le maître nous arrête. Nous voyons les ravages de l’ennemi. Lui regarde la fragilité de la tige, de l’épi. Pour rien au monde, Il ne veut prendre le risque d’endommager les prémices de la vie.

Nous n’avons certainement pas tort de fustiger le mal. Il est insupportable quand il bafoue et dévalorise l’humanité. Que de fois ne reprochons-nous pas à Dieu lui-même de tolérer le mal, de rester silencieux devant lui ? Dieu fermerait-il les yeux sur l’injustice des puissants ? Oublierait-il la mort d’enfants innocents ? Passerait-il l’éponge sur les atteintes à la dignité ? S’habituerait-il à la folie terroriste ?

Ecoutons ! Le livre de la Sagesse évoque bien la force de Dieu, mais elle n’a rien à voir avec la puissance des muscles ou des armes. Elle s’exprime dans le soin que le Seigneur prend de toute chose. Il n’a pas besoin d’écraser et d’exterminer. Il juge avec indulgence et avec beaucoup de ménagement. Que veut-il, en fin de compte, en faisant preuve de tant de patience, tant de tolérance ?

La Parabole du bon grain et de l’ivraie s’éclaire mieux par ces mots du livre de la Sagesse : « A tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute, tu accordes la conversion. » Dieu n’intervient pas à la mesure de notre temps. Il ne se lassera jamais d’offrir au fils égaré le moment favorable pour le renouvellement de son cœur et de sa vie. Pour le Père, ce projet d’Amour mérite de laisser longtemps le meilleur se mêler au pire.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 01 Aoû 2017, 6:48 pm



Citation :
Évangile
« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
JESUS disait à la foule ces paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.


Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.


Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »


« Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
JESUS ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe du 30 juillet 2017 à Juaye-Mondaye


Le trésor, c’est toi !

J’ai longtemps identifié le royaume à un trésor, à un négociant ou à un filet, sans y voir grand-chose d’autre qu’une histoire d’homme chanceux, tombé sur une aubaine… un peu comme vous entendez distraitement à la radio qu’un tel a gagné des millions au loto. On est content pour lui, voire un peu envieux, et cela ne va pas plus loin. Vous aussi, peut-être, comme moi, vous êtes content pour ces gens dont parle JESUS, mais sans vous sentir trop concernés. Et si ces histoires, pourtant, parlaient justement de moi, de chacun de vous…

En réalité, il faut d’abord lire la parabole comme un tout. C’est bien l’événement, le récit, dans son entier, qui est comparé au règne de Dieu, depuis l’heureuse découverte, en passant par la vente de tous ses biens jusqu’à la transaction finale. Le royaume est bien plus qu’un trésor ou qu’une perle, bien autre chose qu’un renoncement à tout, très différent d’une opération commerciale particulièrement juteuse ou d’un heureux tirage au sort. Le plus important dans le récit est le contentement, la découverte qui donne tellement de joie, qui fascine tant, qu’on est prêt à tout pour cette attirance, pour cette joie inattendue. « La joie », dit le philosophe Jean-Louis Chrétien, « c’est l’arrivée en moi et chez moi, par surprise, d’un invité impromptu, l’Esprit Saint ».

Deux personnes sont tombées sur une chose extrêmement précieuse : l’un, par hasard, l’autre après une patiente recherche. Le premier doit tout vendre pour acheter le champ. C’est probablement un pauvre, un travailleur journalier. Le second, négociant en perle fine, un gros négociant sûrement, fait du commerce un peu partout et finit par trouver la perle rare. Le royaume de Dieu est destiné aux pauvres comme aux riches, à ceux qui tombent dessus à l’improviste, sans intention préalable, car ils n’ont guère le temps de s’en soucier beaucoup, comme à ceux qui ont pu le chercher depuis longtemps.

Je pense à cette femme, Aurélie, venue à l’église pour le mariage d’un couple d’amis, et soudain bouleversée lors de la prédication. Elle a demandé le baptême, pour elle et ses enfants. Je pense à saint Norbert, le fondateur de notre communauté religieuse, l’ordre de Prémontré, baptisé depuis longtemps, mais qui entend soudain, en chemin, cette parole du psaume : « Cesse de faire le mal, fais le bien, poursuis la paix, cherche-là ». Il quitte alors son existence superficielle pour vivre pleinement de la grâce de son baptême.

Au fond, la double parabole du trésor et de la perle est d’abord autobiographique. JESUS dit ici quelque chose de sa propre histoire et du choix fondamental de sa propre vie : venu dans le champ du monde, il y a découvert un trésor, une perle précieuse : ce trésor, cette perle, c’est l’homme lui-même, qui est fait pour Dieu. Alors, dans sa joie, il donne tout, il laisse tout, pour le règne de Dieu ! Il donne sa vie pour posséder le champ, la perle, c’est-à-dire notre propre cœur, notre propre existence, pour y allumer, par sa Passion, le feu ardent de son amour et de son Esprit.

Oui, le Christ est mort pour nous. Il est ressuscité, il est vivant. Il nous donne sa vie. Sa vie, c’est le prix qu’il a mis pour réconcilier l’humanité avec Dieu, pour faire de notre humanité une multitude de frères, pour nous donner sa gloire.

Frères et sœurs bien-aimés, l’eucharistie est la célébration de ce grand mystère dans lequel Dieu livre son propre fils. Ici à Mondaye et partout où vous êtes et d’où vous prenez part aujourd’hui à cette célébration, vous êtes ce trésor sans prix, caché dans le champ du monde. Laissez-vous trouver maintenant par le Christ ! Acceptez de lui appartenir, d’être à lui. Il vous cherche car c’est lui qui vous a fait.

Alors, avec saint Augustin, disons-lui à notre tour : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose en toi. » Amen !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 07 Aoû 2017, 7:29 pm



Citation :
Évangile
« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
JESUS prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à JESUS :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
JESUS s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, JESUS, seul.
En descendant de la montagne,
JESUS leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »
– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe du 6 août 2017 à Boulaur


« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ».

Il est une grande tentation pour le chrétien. Elle consiste à réduire le mystère de Dieu à ce qui se conçoit humainement. C’est la même tentation qui réduit l’évangile à une histoire de bon sens ; qui réduit l’action chrétienne à une belle morale ; qui réduit le message de l’Église à de nobles valeurs ; qui réduit une vocation religieuse à une suite de circonstances.

On veut bien de l’évangile mais à condition qu’il se soumette à nos propres valeurs universelles : l’amour, le respect, la tolérance… On pense volontiers que si l’on gardait du message de JESUS ce qui est raisonnable, alors l’Église saurait s’adapter aux idées de son temps. Du coup, on pourrait être des chrétiens, audibles et bien installés, à la manière de Pierre qui, ne comprenant pas ce qui se joue sur la montagne de la Transfiguration, propose de planter trois tentes. Vous voyez le risque. C’est celui d’évacuer ce qu’il y a de sacré, ce qu’il y a de divin, ce qu’il y a d’inaccessible à la raison humaine. C’est celui de se faire un Dieu à son image.

La Transfiguration de JESUS, c’est précisément l’antidote à cela. Ce qui se passe sur la montagne empêche de réduire le ministère de JESUS à des gestes de bienfaisance ou à un simple message d’amour. Car ce qui se passe là-haut ne peut se comprendre avec la raison. Tout y est surnaturel : le visage brillant comme le soleil, les vêtements blancs comme la lumière la présence d’Élie et Moïse, la nuée lumineuse. JESUS monte sur la montagne pour qu’apparaisse clairement aux disciples que toute vie, à commencer par la sienne, vient de Dieu et mène à Dieu.

La vie religieuse, c’est la même chose. Toute tentative de réduire le regroupement de ces jeunes sœurs ici à un phénomène rationnel serait vouée à l’échec. La présence des cisterciennes à Boulaur n’est pas simplement une survivance culturelle de notre héritage chrétien ; il n’est pas non plus une curiosité incongrue réductible à un reportage, fût-il au Jour du Seigneur. Enfin, il n’est pas un choix de vie intolérable, preuve qu’il reste du fanatisme dans le christianisme.

Chers frères et sœurs, par les contours de la providence, il se trouve que je connais bien la communauté de Boulaur et que je viens ici souvent. Je peux attester deux choses. D’une part, qu’elles ont les pieds bien sur terre. Je les ai vu nourrir les cochons, s’occuper du vêlage, éplucher des haricots verts, rentrer les foins et même, ce qui n’est pas le moins téméraire… conduire les tracteurs !

Mais je peux attester d’autre part que leur vie ne peut se réduire à une entreprise agricole… J’ose le dire devant elles, elles sont un peu folles. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi ». Car en effet, leur vie ne peut s’expliquer par des arguments humains. Le choix qu’elles ont fait, c’est le choix de Dieu. Ces sœurs sont le signe permanent de la Transfiguration de JESUS. Elles sont le signe, au cœur de ce monde, que la vie humaine ne peut trouver son sens en elle-même. Elles sont comme transfigurées et nous rappellent que rien ne pourra nous combler que Dieu seul. C’est pour cela qu’aucun de nous ne peut réduire la conduite de sa vie à une simple sagesse de bon sens.

Chers frères et sœurs, entendons cet appel à retrouver le sens du sacré. Non pas celui de l’étendard nostalgique et conquérant que brandissent des formes d’intégrisme. Non, tout simplement, reprenons conscience que nous sommes appelés à être transfigurés, que la source et la finalité de notre vie sont en Dieu. Un vrai sens de Dieu donne le vrai sens de la vie humaine.

Car, l’homme est fait à l’image de Dieu et non l’inverse. Et cette image, c’est JESUS transfiguré, préfiguration de chacun de nous. Dès maintenant, Dieu nous prend comme ses fils bien aimés en qui il met toute sa joie. Si nous croyons vraiment que nous sommes des êtres surnaturels, alors nos vies trop horizontales retrouveront leur verticalité, et par suite, leur vrai sens.





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