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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Mai 2016, 7:23 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 16,29-33.

En ce temps-là, les disciples de JESUS lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
JESUS leur répondit : « Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi.
Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »



08/05/2016, 7e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Vers l’unité entre ciel et terre

Ce dimanche, nous sommes suspendus entre ciel et terre. Jeudi dernier, nous avons fêté le départ du Ressuscité et son entrée dans le ciel ; dimanche prochain, nous fêterons l'envoi de l'Esprit Saint et son arrivée sur la terre. Dans cet entre-deux, les lectures bibliques d'aujourd'hui nous donnent trois éléments précieux pour favoriser, dans notre vie, l'unité entre le ciel et la terre, entre la divinité et l'humanité. Unité que l'Esprit viendra pleinement réaliser dimanche prochain. Mais sans attendre une semaine, voyons ce que nous pouvons déjà entreprendre pour avancer vers cette unité promise.

Première attitude concrète : faire nôtre la prière qui termine le livre de l'Apocalypse : « Viens, Seigneur JESUS ! » Cette prière nous dit quelque chose d'essentiel, à savoir que JESUS n'est pas un homme qui vient du passé. Il n'est pas quelqu'un qui va nous rendre nostalgique d'une époque révolue que nous aurions tendance à idéaliser (« Ah, autrefois, c'était quand même mieux qu'aujourd'hui ! »). JESUS ne nous tourne pas vers le passé, mais il vient à nous aujourd'hui, ici et maintenant, et ce faisant, il nous tourne avec lui vers l'avenir.
Voilà un premier enseignement précieux : chercher à réaliser l'unité dans notre vie, entre le ciel et la terre, commence par le fait de regarder devant nous (et non pas en arrière), tournés vers un avenir qui sera nouveau, car habité par la venue du Christ. D'ailleurs, dimanche prochain, l'Esprit Saint ne va-t-il pas faire toutes choses nouvelles ?

Seconde attitude concrète : faire nôtre la manière de vivre d’Étienne. Il n'a pas craint d'affronter l'hostilité des hommes, mais il ne l'a jamais provoquée, cherchée ou suscitée. Il est resté docile à la manière dont l'Esprit l'a conduit : jamais du côté d'une fermeté ou d'une intransigeance, mais toujours du côté d'une douceur et d'une tendresse. Comme JESUS, Étienne n'a jamais jugé ni condamné ses accusateurs. Il a même intercédé pour eux jusqu'au bout, afin que le Seigneur ne leur compte pas ce péché qu'est sa lapidation.
Voilà un deuxième enseignement précieux : chercher à réaliser l'unité dans notre vie, entre le ciel et la terre, consiste à ne jamais céder à la dureté ou à la violence, mais à toujours choisir, et préférer, la bienveillance et la miséricorde. D'ailleurs, dimanche prochain, l'Esprit Saint ne va-t-il pas assouplir en nous ce qui est raide ?

Troisième attitude concrète : faire nôtre l'amour du Père. Vous l'avez entendu dans la grande prière que JESUS adresse à son Père : « Je leur ai fait connaître ton nom… pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux. » Et si nous faisons vraiment nôtre cet amour, alors nous vivrons dans l'unité : JESUS en nous, et Dieu le Père en JESUS. Prenons un exemple : dans chaque famille il y a ceux qui y arrivent bien et ceux qui y arrivent plus difficilement. Quand ceux qui y arrivent bien ont compris que leur responsabilité est d’aider ceux qui y arrivent plus difficilement, de sorte que l’équilibre se fasse, l’unité est déjà là et l'amour s’élargit à toutes les sphères de leur vie. Mais quand ceux qui y arrivent bien ne portent pas secours à ceux qui les entourent, c'est la désunion qui est l’œuvre.
Voilà un troisième enseignement précieux : chercher à réaliser l'unité dans notre vie, entre le ciel et la terre, se traduit par des relations fraternelles à tisser dans les familles, mais aussi avec tous les habitants de la terre. D'ailleurs, dimanche prochain, l'Esprit Saint ne va-t-il pas être répandu sur toute chair, rendant ainsi possible une fraternité universelle ?

Les amis, ne restons pas trop longtemps suspendus entre ciel et terre, mais dès maintenant, ancrons-nous les pieds sur terre, les mains dans la pâte de la fraternité et la tête enflammée par l'Esprit. « Viens, Seigneur JESUS ! »
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 16 Mai 2016, 8:01 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26.

En ce temps-là, JESUS disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »




15/05/2016, Solennité de la Pentecôte

Texte de l'homélie

"Me comprenez-vous?"

"Me comprenez-vous ?" Alors tant mieux. Car la Pentecôte est justement la fête sur laquelle cette question "Me comprenez-vous?", peut être posée.
La fête de Pentecôte est survenue et il y a avait beaucoup d'étrangers aux Pays-Bas : des Frisons et des habitants de la province de Groningen, des Frisons d'Ouest, des brabançons et des Antillais, des Limbourgeois, des Surinamiens, des Turcs et des habitants de la région de Twente, appelés Tukkers, des marocains et des gens de la province de Drente, des habitants d'Utrecht et de Pologne, des Vietnamiens, des Syriens, des Irakiens, des Congolais, des Indonésiens. Oui, il y avait beaucoup d'étrangers aux Pays-Bas en cette année 2016 de notre Seigneur, mais bien que tout le monde parlait sa propre langue, ils se sont compris. La Pentecôte et l'Esprit de Dieu les ont laissé parler une langue pour laquelle il n'est pas nécessaire de suivre un cours : la langue de l'amour ! Ainsi la Pentecôte est la fête au cours de laquelle les étrangers peuvent devenir des amis.

Je vous invite à consulter votre arbre généalogique. Vous constaterez sûrement qu'il y a certainement des étrangers parmi votre famille. L'histoire d'un pays est constituée par l'arrivée et le départ constants de personnes. Pensez aux savants juifs portugais, aux travailleurs invités polonais et marocains, aux Huguenots français, aux Hongrois et à toutes les autres nationalités déjà mentionnés. En outre, de nombreux compatriotes ont émigré après la Seconde Guerre mondiale en Amérique, au Canada et en Australie. Si vous avez encore un annuaire téléphonique, ouvrez-le et vous constaterez combien de Néerlandais portent des noms exotiques.

Aujourd'hui, il y a des partis politiques qui se posent la question de savoir s'il n'y a pas trop d'étrangers égarés chez nous ? Si les politiques d'admission ne devraient pas être plus strictes ?
Pourtant, tout cela peut nous arriver, à nous chrétiens. Si une population scolaire augmente, faut-il se demander s'il y a trop d'enfants ou plutôt s'il y a un déficit de locaux scolaires ? Si les routes néerlandaises sont obstruées, est-ce qu'il il y a trop de voitures et trop peu de routes ? C'est de cette manière qu'il faut voir. Si notre pays est surpris par un trop grand nombre de demandeurs d'asile, y a-t-il trop de réfugiés, ou manquons-nous d'espace ? Y a-t-il trop d'étrangers ou trop peu de Pentecôte ?
À travers toutes ces langues parlées à Jérusalem, à la fête de Pentecôte, Luc nous montre que l'Esprit de JESUS est une force qui rassemble. L'Esprit de JESUS, c'est la reconnaissance du fait que tous les êtres humains sont des enfants de Dieu et qu'Il n'en exclut aucun. Dieu ne veut pas les laisser à l'extérieur, mais bien les rassembler à l'intérieur d'un même Amour.

" Me comprenez-vous?"

La Pentecôte est la fête de l'intelligibilité. Qu'est-ce que cela signifierait d'autre ? Permettez-moi de la comparer avec un mot similaire : déménager; car en changeant de maison, nous changeons d'existence. Vous êtes ici mais vous vous déplacez vers un autre endroit. L'opinion, la situation, le lieu, les problèmes, la façon autre de prendre cela au sérieux – ou ce qui semblait maintenant autre – est ce que connaissent l'évêque, les bénévoles, les prêtres et tout autre personne dans ce cas.

Parlant de cette compréhension à avoir, je comprends qu'il s'agit souvent d'une incompréhension. Qui a pour conséquence : l'erreur, la condamnation, la division, la haine, les guerres de religion, l'exercice du pouvoir. La Pentecôte est en contradiction avec cela. Elle est la fête où tous les gens se comprennent. Mais la Pentecôte arrive seulement chez les vrais croyants qui considèrent la Bible comme leur propre langue, et qui subitement entendent d'autres parler dans la même langue.

Enfin ...

Je ne sais pas si vous avez déjà séjourné à l'étranger dans un camping. Qu'est-ce que vous voyez là ? Les gens y parlaient des langues différentes, même les plus petits enfants. Mais, une fois sur un terrain de camping français, les enfants néerlandais et enfants français jouaient aux cow-boys. Ils avaient des fusils en bâtons. Les enfants néerlandais ont concentré leur arme sur les autres et ont crié, "Peng, peng, peng..." Les enfants français ont également tiré en scandant "Bam, Bam, Bam..." Même le bruit de leurs fusils résonnait différemment. Mais cela n'a pas d'importance parce qu'ils parlaient une langue "pentecôtiste".

Les enfants se parlent les uns aux autres ; de "football", de "de bâtir un château de sable, de ''cerf-volant" ou "se pousser les uns les autres." Les enfants sentent qu'ils s'aiment les uns les autres et ils veulent passer du temps avec l'autre, ils sentent quelque chose dans les mots, quelque chose d'international et le respect. C'est le miracle de la Pentecôte.

Un proverbe africain bien connu dit : "Un sac vide ne peut pas se tenir debout." Pour nous, il est aujourd'hui essentiel de donner un espace à l'autre, de sorte que nos esprits puissent se développer. L'Esprit peut obtenir l'espace pour être en mesure de se comprendre vraiment. Nous sommes donc à nouveau les hommes "spirituels" sur les traces de JESUS. Une sainte fête de Pentecôte pour chacune d'entre vous. J'espère au moins que vous avez pu me comprendre et que nous comprenons les uns les autres, en particulier après cette célébration ; dans la vie de tous les jours !
Amen - Alleluia !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 23 Mai 2016, 6:50 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 16,12-15.

En ce temps-là, JESUS disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »




22/05/2016, Solennité de la Sainte-Trinité

Texte de l'homélie

Avec l’Esprit, témoin du Christ pour le monde

Aujourd’hui nous célébrons la fête de la Sainte-Trinité, il vous sera donc difficile d’échapper, chers amis, à un exposé des fondamentaux de la foi catholique en bonne et due forme !
Marie-Valentine, Mélina, je le vois dans vos yeux, vous êtes, comme beaucoup parmi nous déjà, prêtes à passer en « mode pause » à la simple évocation d’un cours. Rassurez-vous parmi les chrétiens ici ou devant l’écran de télévision, d’autres ont pensé à cela aussi.
Pardon, à toutes les deux pour ce préambule en forme de boutade, mais en ce jour où nous célébrons votre baptême, il serait opportun de comprendre le mystère de l’Église dans laquelle vous allez être incorporées.

Je vous propose donc une image pour comprendre le mystère de l’Église. Cette image est assez habituelle pour parler de l’Église, c’est celle de la famille.
Si l’Église est une famille, alors nous découvrons d’abord que nous ne sommes pas les premiers dans cette grande famille : des générations nombreuses nous précèdent. De même, dans notre famille humaine, nous ne sommes pas apparus ex nihilo, mais bien au contraire, nous nous reconnaissons un père et une mère de qui nous avons reçu la vie. Dans cette Église, nous découvrons que la vie se transmet par le baptême que vous allez recevoir, ce baptême en est donc la porte d’entrée.

Si cette famille est nombreuse et variée, en son sein vous êtes unique : de même que votre parcours personnel est unique, de même votre personne, comme la place que vous occuperez dans cette famille, sont uniques pour le Seigneur et pour nous.
Dans cette famille qu’est l’Église, vous me permettrez de m’attarder sur le cœur de l’Église. Le cœur de l’Église, c’est Thérèse de Lisieux qui nous le révèle en découvrant sa vocation, ce cœur c’est l’amour. Voilà un concept qui pourrait apparaître comme fort banal, mais cet amour qui anime l’Église, est un amour de toujours à toujours. C’est un amour unique dont nous avons des expériences différentes qui, rassemblées, ne forment qu’un seul et même amour.
Dieu, qui est Trinité, nous manifeste un amour de Père. L’amour des parents pour leurs enfants peut nous laisser entrevoir ce que peut être la grandeur de cet amour paternel.
Dieu se manifeste en outre en la personne du Fils dans un amour de frère que nous expérimentons aussi parfois dans notre vie de famille ; et enfin, par l’Esprit Saint, il se manifeste en un amour d’ami, cette amitié que vous avez commencé à vivre dans votre école ou à l’aumônerie tout simplement.
De toutes ces formes primordiales de l’amour, nous expérimentons, la grandeur, la largeur et la profondeur de l’amour de ce Dieu qui se fait miséricorde.

Avant de terminer, une dernière chose pourra peut-être nous aider à entrer dans ce mystère. Qui dit famille, dit « esprit de famille » ou « style de vie ». De fait, nous les chrétiens, nous avons un style de vie particulier. Mélina, Mary-Valentine, en ce-jour vous devenez membre de cette famille qu’est l’Église, et donc vous devenez des témoins vivants du Seigneur pour ce temps :
- les chrétiens ont à cœur de se rassembler ensemble le dimanche pour célébrer le Seigneur, j’espère que vous pourrez rejoindre votre communauté le plus régulièrement possible pour le célébrer et le louer avec elle.
- les chrétiens ont à cœur de témoigner en acte et en parole de l’amour du Christ pour tous les hommes, c’est ce que l’on appelle la charité. C’est par vos actes que vous pourrez ainsi témoigner de la foi qui vous anime.

Chers amis, en accueillant ces deux nouvelles baptisés, nous sommes, nous aussi, invités à rendre grâce pour la famille que nous formons dans le Seigneur, et à nous laisser pousser par l’Esprit pour continuer à accueillir celles et ceux qui se présentent aux portes de l’Église. Que l’Esprit Saint que vous recevez en abondance en ce jour nous aide à vivre en témoin du Christ pour le monde.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Mai 2016, 8:57 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 9,11b-17.

En ce temps-là, JESUS parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’allernous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. JESUS dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
JESUS prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.



29/05/2016, Solennité du Saint-Sacrement

Texte de l'homélie

Qu'est-ce qui nourrit ?

« Qu’est-ce qui nourrit ? », pourrait être la question essentielle que nous pose aujourd’hui l’évangile. « Qu’est-ce qui te nourrit vraiment ? »

Nous sommes dans une société d’abondance ; en théorie, plus personne, dans nos régions, ne meure de faim. Mais si l’on a répondu à la faim du ventre, a-t-on nourri la faim de l’âme ? La famine ne touche pas seulement le corps, elle peut aussi être celle de l’esprit. L’exaspération et la colère que nous ressentons parfois ne viennent-elles pas de nos âmes qui crient famine ? Oui, notre époque est celle où nos âmes crient famine. Nous avons tout pour remplir nos panses, mais nous sommes démunis pour nourrir nos petits et grands creux de l’âme.

Qu’est-ce qui nourrit l’âme ? L’évangile nous le dit : l’homme a faim de paroles bonnes et de relations qui font du bien. La parole et la nourriture sont les deux nourritures essentielles et élémentaires dont l’homme a besoin pour vivre. Sans elles, il perd ses forces, il dépérit. JESUS avait compris cette faim essentielle de l’homme ; nous le voyons « parler aux foules du règne de Dieu et guérir ceux qui en avaient besoin ». En parlant aux foules du règne de Dieu, JESUS excitait, si l’on peut dire, leur appétit de vivre selon la manière dont Dieu agit. Il ne leur faisait pas miroiter des espoirs illusoires, il ne leur promettait pas du « pain et des jeux, non, il ouvrait leur désir d’une vie qui ne serait plus à la remorque de la convoitise, qui ne chercherait plus à prendre de force ce qui est donné. Il leur disait que la vraie liberté est dans la vérité de l’amour, que le pardon est donné d’avance, que la vraie joie apparaît pour celui qui est affamé de vie bonne, mais qu’elle se refuse à celui qui se goinfre de lui-même. Les gens avaient faim de cette parole, c’est pourquoi ils n’hésitaient pas à rester des heures à l’entendre, quitte à en oublier l’heure du repas !

En même temps, JESUS ne délaissait pas le soin des corps ou, plutôt, il méconnaissait le divorce entre ce qui nourrit le corps et ce qui nourrit l’esprit ; en prenant soin de ceux qui en avaient besoin, il donnait à leurs membres d’éprouver à nouveau le goût de vivre, ce désir de revenir à la source de la confiance, cet appétit pour un avenir qui ne serait plus condamné par un passé qui ne passe pas. JESUS soignait les yeux qui ne voient plus rien à force de pleurer leurs espoirs perdus, les oreilles fatiguées d’entendre toujours les mêmes peurs et les mêmes angoisses, les bouches fermées à force de ne pas se sentir justifié d’exister. C’est à eux que JESUS offrait la nourriture de la relation bonne, du soin qui permet d’aller mieux, le courage de vivre qui donne de faire un pas de plus.

Oui, les deux nourritures essentielles à l’être humain sont bien la parole et la relation : sans elles, il coure le risque de la malnutrition existentielle et spirituelle. Il aurait beau alors se gaver de choses, se noyer dans la boulimie de la consommation, il ne serait plus un humain mais un ventre. Les époques changent et avec elles les cultures et les modes passent, mais ce qui ne change pas, ce sont ces nourritures élémentaires sans lesquelles le monde deviendrait aussitôt violent, bestial, inhumain.

Dans l’évangile, la parole et la relation sont désignées par deux métaphores : le pain et le vin. Le pain, c’est l’aliment de base, c’est-à-dire la parole. De son côté, le vin exprime la joie de la relation, surtout quand celle-ci s’épanouit en amitié. Une bonne table, comme on dit, partage ces deux aliments, afin que les convives en ressortent rassasiés mais non repus. Il est préférable, nous disait mon père, de quitter la table avec une petite faim, celle qui fait désirer de nouveaux partages, de nouvelles occasions de nous nourrir du bon pain de la parole et de nous désaltérer grâce au bon vin de la relation. Ces deux métaphores du pain et du vin, pour traduire en de multiples images parlantes notre appétit pour ce qui nous nourrit vraiment, trouvent en l’eucharistie leur symbole le plus fort. Malheureusement, l’eucharistie est devenue pour beaucoup un rendez-vous qui n’a rien de « gastronomique », où résonne si peu l’invitation à une « bonne dégustation ». Mais le pain que JESUS partage lors de son dernier repas avant de mourir, c’est sa parole qui nous nourrit ; et la coupe de vin qu’il fait passer, c’est la nouvelle Alliance, c’est-à-dire la nouvelle qualité de relation qu’il fête avec nous.

Nos célébrations seraient-elles devenues anorexiques ? Pourtant, à l’extérieur des églises, la grande majorité des gens demandent le bon pain de la parole et le vin gouleyant de la relation. « Donnez-leur vous-mêmes à manger », demande JESUS aux Douze. Les douze paniers remplis du bon pain de la parole ont été préparés pour nous : mais si personne n’y puise pour les partager à ceux qui ont faim, qui le fera ? La responsabilité des disciples du Christ n’est pas de commémorer la dernière Cène par des rites fossilisés et répétitifs, mais d’offrir généreusement et sans exclure personne, le pain de la parole et le vin de l’amitié. « Donnez-leur vous-mêmes à manger » : on y entend comme un léger reproche. Les Douze sont tentés de renvoyer la foule vers des magasins où ils pourront peut-être manger, mais sans être nourris. Si nous ne donnons pas nous-mêmes à manger le pain de la parole, les gens iront la chercher ailleurs et la nôtre moisira dans ses tabernacles.

Le pain que nous allons recevoir dans cette eucharistie nous est donné uniquement pour être distribué aux foules affamées de vie bonne. Oui, la grande distribution n’est pas synonyme d’un service de moindre qualité ou d’anonymat : le pain de la vie bonne ne connaît que le commerce de proximité !




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 06 Juin 2016, 6:43 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 7,11-17.

En ce temps-là, JESUS se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.
Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme.
Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »
Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et JESUS dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »
Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et JESUS le rendit à sa mère.
La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
Et cette parole sur JESUS se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.




05/06/2016, 10e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Des chrétiens chaleureux

Frères et sœurs, aujourd’hui, par deux fois, il est dit de JESUS qu’il s’approcha. De la ville, d’abord. D’un cercueil, ensuite. Celui du fils unique d’une veuve. Cela pourrait sembler insignifiant, si ce n’est que dans tout cet épisode à maints détails nous voyons JESUS qui se fait proche. Ses entrailles frémissent de compassion. Et même s’il est occupé avec une grande foule autour de lui, JESUS est capable de voir ! Il remarque une veuve et sa douleur, alors qu’elle est entourée, elle aussi, d’une autre foule nombreuse. JESUS, notre Seigneur, ne perd pas le sens des réalités. Il est attentif. Il a les yeux du cœur.

Et pour ce qui est de s’approcher, il nous faut remarquer autre chose. Je le disais : il y a deux foules. L’une entoure JESUS. En fait, elle écoutait son enseignement et des malades mettaient en lui leur confiance pour se laisser guérir. L’autre foule, quant à elle, entoure la veuve qui a perdu son fils unique. Une femme qui a perdu son mari et son seul fils devient très vulnérable, et se prépare à connaitre la détresse de la précarité et de la grande solitude. Et tout le monde le savait. C’est pour cela qu’une grande foule s’est faite solidaire pour l’accompagner.

Ne peut-on pas voir ici une image de l’Église comme on l’aime ? C’est-à-dire, premièrement : des chrétiens qui, à l’image de la première foule, cherchent à accueillir l’enseignement du Christ et vont chercher en lui leur réconfort.

Mais aussi, deuxièmement : des chrétiens qui, à l’image de la seconde foule, écoutent leur cœur et vont se faire solidaires de ceux qui peinent dans la vie. D’ailleurs, peut-être que la seconde foule ne connaissait pas JESUS, mais, grâce à lui, la voici à présent unie à la première foule.

Et encore, troisièmement : des chrétiens qui, à l’image du Christ, se préoccupent de ce qui se passe autour d’eux. Des chrétiens qui ne vivent pas dans une bulle. Pour autant, des chrétiens qui ne se laissent pas submerger par leurs émotions, car, voyez-vous, si JESUS est ému, il n’en reste pas moins capable de prendre des décisions et de manifester une réelle autorité pour sauvegarder la vie. Il touche le cercueil et immédiatement les porteurs s’arrêtent. Puis il prend la parole. Et il dit au fils défunt : « Je te l’ordonne, lève-toi ! »

Je disais que c’est là, peut-être, une image de l’Église comme on l’aime, car hélas, beaucoup de voix s’élèvent autour de nous, et peut-être parfois en nous-mêmes, pour dire leur déception ou même leur colère contre l’Église. « Dans le credo, je ne suis plus capable de dire "Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique" », me disait quelqu’un récemment. Cela m’a fait de la peine. Pour lui et pour d’autres, l’Église, ce sont des prêtres qui ont commis des abus, ou des catholiques intransigeants, ou encore des chrétiens trop indifférents à l’amour de Dieu et à la vie des autres, et qui n’ont plus le feu de la foi.

C’est à nous de montrer que l’Église que nous sommes n’aime pas les divisions ; qu’elle vit vraiment du Christ ; qu’elle est attentive à tous ; et qu’elle se laisse envoyer loin de ses petits conforts. Avec ça, la voici déjà mieux « une, sainte, catholique, c’est-à-dire universelle, et apostolique ».

Et l’Évangile, aujourd’hui, est une bonne école pour cela. Et le grand saint Martin, cher à ce lieu où il est mort, en fut bien inspiré. Moine, homme de prière, il se confiait à son Dieu. Évêque, comme un bon pasteur, il se donnait au peuple de Dieu. Et « homme rempli de Dieu »[1], pour que d’autres retrouvent leur dignité, il partagea sa vie, comme il l’avait fait avec son manteau pour un pauvre transi de froid.

Je crois, frères et sœurs, que le monde attend vraiment que nous soyons des chrétiens chaleureux. Amen.

[1] Sulpice Sévère, « Vie de saint Martin ». Éditions du Cerf, 2016. Page 42.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 14 Juin 2016, 6:30 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 7,36-50.8,1-3.

En ce temps-là, un pharisien avait invité JESUS à manger avec lui. JESUS entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que JESUS était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de JESUS. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité JESUS se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »
JESUS, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »
JESUS reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.
Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit JESUS.
Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.
Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.
Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »
JESUS dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Ensuite, il arriva que JESUS, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,
ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons,
Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.



12/06/2016, 11e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Seigneur, purifie notre regard et mets en nous ton amour créateur

La femme dont nous parle l’Évangile, vivait bannie, montrée du doigt. Considérée comme impure, les gens s’écartaient d’elle. Elle avait lourd à porter. Malgré ce que pensaient le pharisien Simon et ses honorables invités, elle entre chez lui, pleure sur les pieds de JESUS, les essuie avec ses cheveux, les couvre de baisers et y répand du parfum.

Elle n’avait cure des réactions que son comportement, d’une familiarité choquante, allait provoquer. En effet, pour Simon, sa cause était entendue. Suite à ce qu’il savait d’elle, et au constat de son attitude aux pieds de JESUS, la condamnation tombait sans la moindre hésitation. Il associe la pécheresse à son péché. Comme le péché est totalement mauvais, la pécheresse l’est aussi. Il ne se préoccupe guère de ce qu’il y a de beau, de généreux en elle. Il condamne non seulement la femme, mais aussi JESUS : « Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme. »

Grâce à JESUS, cette femme avait fait l’expérience bouleversante d’être désirée, appelée, aimée gratuitement par Dieu. Elle s’est laissée trouver par Dieu, saisir par lui. Dieu l’a rejoint dans sa fragilité et l’aide à se relever. Elle sait que, désormais, elle n’est plus seule, qu’il partage son combat. Cela lui donne la possibilité de se ressaisir.

Grâce à JESUS, elle a refusé de se reconnaître dans les paroles de mépris et les regards hostiles de ses détracteurs. Grâce à lui, elle a reconnu que Dieu ne l’a pas rejetée, qu’il lui a pardonné ses péchés. Dieu n’aime pas le péché, mais il aime le pécheur et veut le libérer du mal qui l’oppresse. Cela a provoqué en elle une telle joie qu’elle a donné libre cours au débordement de son amour.

En effet, pour JESUS, chaque personne est une terre sacrée. C’est avec le plus grand respect qu’il convient de s’en approcher. Quel que soit le mal que cette femme ait commis, il vient à sa recherche pour la libérer de ce qui l’empêche d’exister. Partout où la vie est abîmée, JESUS s’empresse de consoler, de soigner, de faire naître à la vie en abondance. Il est auprès de chaque être humain, surtout des plus faibles : des migrants, des personnes plongées dans la misère matérielle, de celles dont la santé physique, morale est mise à rude épreuve.

Comme JESUS le dit lui-même, dans un autre évangile : « Je ne suis pas venu pour les bien portants, mais pour les pauvres et les malades. » Contrairement au regard suffisant et plein de certitudes du pharisien, celui de JESUS n’abîme pas les personnes, mais les construit, les recrée, leur rend leur pleine dignité.

JESUS apprend à Simon à faire une autre lecture de la vie des gens. Les raideurs qu’il y a en lui et l’orgueil de se penser meilleur que les autres, empêchent Simon de voir ce qu’il y a de beau en cette femme. Le regard plein de miséricorde et de pardon de JESUS la libère du mal qui l’oppresse, et lui donne un élan vers une nouvelle vie. Il dit au pharisien : « Si je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. » Ses marques d'affection à l’égard de JESUS sont la preuve qu'elle se sait pardonnée, parce qu’elle a su mettre toute sa confiance en lui.

Seigneur, purifie notre regard et mets en nous ton amour créateur qui console, relève et pardonne. Apprends-nous ton regard qui n’enferme personne dans sa misère, mais qui l’élève, le fait grandir, lui redonne confiance. Alors, les personnes malades se sentiront comprises et aimées, elles se redresseront dans leur cœur et reprendront espoir.
Seigneur, fais de nos communautés des lieux où ton amour se donne à voir.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 20 Juin 2016, 7:26 pm



19/06/2016, 12e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Connaître JESUS n’est pas suffisant, il faut le rencontrer !

En cette période de l’Euro, je voudrais vous poser une question : connaissez-vous Didier Deschamps ? Je suppose que la plupart d’entre vous me répondront : « Oui, je le connais, c’est l’entraineur de l’équipe de France ! » Vous le connaissez, mais l’avez-vous rencontré ? Est-ce que vous avez déjà parlé avec lui, est-ce que vous avez pu prendre un repas avec lui ? Il en est de même avec JESUS, beaucoup le connaissent mais ne l’ont pas vraiment rencontré, ils n’ont pas établi une relation personnelle avec lui.

Dans l’évangile, JESUS demande à ses disciples : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Je vous propose dans un premier temps de comparer la réponse des disciples avec la réponse probable des foules qui sortent des stades. Puis, dans un second temps, je vous invite à vous interroger sur : « qui est JESUS pour moi ? »

Les disciples disent à JESUS que, pour certains, il est Jean-Baptiste. Jean-Baptiste, c’est celui qui baptise. Ainsi, de nos jours, si on demande à la foule qui est JESUS pour vous, beaucoup répondront : « Ben, moi j’ai été baptisé, j’ai même fait du caté et ma communion, je suis croyant mais je ne pratique pas. » JESUS est considéré comme une étape de la vie, une étape parmi d’autres pendant l’enfance, qui n’a plus tellement d’importance aujourd’hui.

Jean-Baptiste est aussi celui qui invite à la conversion des péchés. Là aussi, beaucoup à la sortie du stade pourraient dire qu’ils ne sont pas très à l’aise avec les lois morales de l’Église, des lois contraignantes et décalées. Les disciples disent à JESUS que d’autres le prennent pour le prophète Élie ! Élie, c’est celui qui obtient des signes extraordinaires, il fait descendre le feu du ciel sur un autel inondé d’eau afin de confondre les faux prophètes de Baal et tout le peuple retrouve la foi. Aujourd’hui, beaucoup voudraient recourir à JESUS surtout pour obtenir des miracles, pour réussir leurs examens, pour trouver du travail ou guérir d’une maladie grave. Lorsque la prière est exaucée, ils trouvent cela normal, mais lorsque ça ne se passe pas comme prévu, ils disent : « Vous voyez bien que Dieu n’existe pas ! » C’est ainsi que de nos jours, beaucoup connaissent JESUS sans l’avoir vraiment rencontré. Il est le JESUS de leur enfance, il est le JESUS moralisateur ou encore le JESUS des miracles.

Venons-en à notre second point : nous qui connaissons JESUS, l’avons-nous vraiment rencontré ? Une personne peut dire qu’elle a rencontré JESUS si elle a fait l’expérience personnelle de son amour pour elle. C’est ce que saint Pierre a vécu. Il a rencontré JESUS au bord du lac, il l’a suivi, JESUS est devenu son ami et c’est pourquoi il peut lui dire : « Pour nous, tu es le Christ, le Messie de Dieu. »
Cette vie avec JESUS est passée par des bons et de mauvais moments. Pour suivre JESUS, saint Pierre a fait des renoncements : il a liquidé sa petite entreprise familiale de pêche qu’il avait à Capharnaüm. Pour suivre JESUS, saint Pierre a porté sa croix, il est passé par bien des épreuves, il a été persécuté, il a eu peur de mourir au point de renier celui qu’il a tant aimé. La vie avec JESUS n’est pas un long fleuve tranquille, elle est faite de rebondissements, de joies et de larmes.

Mais, me direz-vous, pour saint Pierre, c’était facile, il a rencontré JESUS en chair et en os. Mais pour nous, aujourd’hui, comment faire cette expérience personnelle de l’amour de JESUS ? Les chemins de cette rencontre sont variés, mais ce qui compte, c’est d’en avoir au moins le désir et de la demander dans la prière. Dans la joie de l’évangile, le pape François nous dit : « Pour faire l’expérience de l’amour de JESUS qui nous sauve, nous avons besoin d’implorer JESUS chaque jour, de demander sa grâce pour qu’il ouvre notre cœur froid et qu’il secoue notre vie tiède. » Alors pour vous qui est JESUS ? L’avenir de l’Église dépend de votre réponse, car celui qui connaît JESUS, qui l’a vraiment rencontré, ne peut pas s’empêcher de le faire aimer !

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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 04 Juil 2016, 6:56 pm





Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20.

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.”
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
JESUS leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »



03/07/2016, 14e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Marie, image de bonheur

Frères et sœurs, « réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez heureux pour elle, tous ceux qui l'aiment. Prenez part à sa joie ! » Nous avons entendu le prophète Isaïe s'exprimer ainsi au sujet de Jérusalem, la ville de Dieu, l'image de la communauté.

Aujourd'hui, et dans les prochains jours, Jérusalem se situera pour notre diocèse et pour l'ensemble de l'Eurorégion, à Tongres ; la plus ancienne ville de notre pays avec sa basilique et sa procession romaine, mais aussi sa première église au nord des Alpes dédiée à Marie. Aujourd'hui donc et dans les jours qui suivent, quelques centaines de milliers de personnes monteront vers cette ville, comme ils sont allés autrefois à Jérusalem.
Que se passe-t-il dans cette ville ? Des groupes de toutes les générations racontent avec des chants et de la musique, et avec une puissance contenue, la vie de Marie. À partir de Marie, ils racontent avec une joie tranquille l'histoire de JESUS, le Serviteur, si longtemps attendu, déjà du temps d'Isaïe et qui, finalement, est le Sauveur. Il a partagé notre vie et porté notre croix, mais il a été élevé par le Père.

Raconter la vie de JESUS à partir de Marie est, dans l'histoire du christianisme, presque naturel. Cela va de soi. Les Pères de l'Église, déjà, ont appelé le mystère de Marie « buisson ardent », le lieu de rencontre avec Dieu pour les chercheurs de sens dans la vie et de la foi.

Ces 18emes Fêtes du couronnementchantent Marie comme « l'image du bonheur. » Elle est image de bonheur parce qu'elle nous montre JESUS, le fruit mûr de la vigne de l'ancienne Alliance, si fortement exprimée dans l'image miraculeuse de la patronne de notre diocèse. Elle est l'image du bonheur parce que par son « oui », elle rend possible notre « Oui » dans la joie : avec elle, nous chantons « Magnificat ». Elle est image du bonheur parce que, depuis des temps immémoriaux, elle est appelée « Causa nostrae laetitiae » à Tongres, c'est-à-dire « Cause de notre joie ».

Notre diocèse, le plus jeune de notre pays se dirige vers le jubilé de son 50e anniversaire. Cinquante ans… c'est si peu en comparaison avec l'histoire d'Israël et de nombreux diocèses dans notre pays. Mais nous voulons, avec ce jubilé du 50e anniversaire, entrer encore plus explicitement dans la grande histoire du peuple d'Israël, qui a été appelé à partir de la miséricorde de Dieu à être un seul peuple, un peuple de pèlerins, comme François l'a dit si bien.

Nous aussi, nous marchons dans le sillage des 72 disciples de l'Évangile de ce dimanche, sur le chemin du Peuple de Dieu. Nous faisons comme Moïse et Marie, à partir du feu de la rencontre avec Dieu dans le buisson ardent. Nous savons que notre vie est un chemin sinueux, une route à travers les collines et les vallées, parfois en exil, parfois comme des agneaux au milieu des loups. Mais nous connaissons le but final. « Le Royaume de Dieu est proche », dit l'Évangile de ce jour. Notre vie est dirigée vers le Christ, lumière du monde. À partir de lui, nous pouvons marcher sur les serpents et les scorpions. À partir du Christ, nous pouvons être heureux quelles que soient les circonstances. Puisse-t-il être notre chemin et nous, son peuple pèlerin. Puisse Marie, image du bonheur et de notre destin, nous y précéder.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 11 Juil 2016, 6:32 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 10,25-37.

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit JESUS à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
JESUS lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
JESUS lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à JESUS : « Et qui est mon prochain ? »
JESUS reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » JESUS lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »



10/07/2016, 15e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Qui est mon prochain ?

« Tu aimeras Dieu de toutes tes forces et ton prochain comme toi-même. » Aujourd’hui, nous est rappelé l’essentiel, l’essentiel de notre foi et de notre vie. « Aime ton prochain. » Mais qui est mon prochain ? Il y a le prochain qu’on voit et celui qu’on ne voit pas, ou qu’on ne veut pas voir. Il y a celui qui est naturellement proche, parce qu’on partage les mêmes goûts, les mêmes idées. Il y a celui qu’on rencontre tous les jours, mais qu’on ignore. Et il y a celui que l’on rejette, parce que quelque chose nous oppose.

Qui est donc mon prochain ? Il n’est pas celui qui me ressemble, mais celui que Dieu me donne à aimer. Voilà un homme attaqué sur la route. Un inconnu. Il est là, à moitié mort. Il est là comme un appel silencieux. Un appel à tout homme de bonne volonté qui pourrait le secourir. Et voilà successivement deux hommes, deux religieux. Mais ils passent leur chemin. Pourquoi ? Ils pensent avoir de bonnes raisons, au nom de leur religion. Et voilà un Samaritain, ennemi juré des deux premiers. Lui est touché par ce blessé. On nous dit qu’il est « saisi de compassion ». On aurait pu traduire : « pris aux tripes ». Lui va s’approcher du blessé, va prendre soin de cet homme. Lui ne calcule rien et donne ce qu’il faut pour que cet homme soit pris en charge. Nous comprenons bien tout cela. Mais l’enjeu c’est de le mettre en pratique. « Fais cela et tu vivras », dit JESUS au docteur de la Loi qui l’interroge.

Nous pouvons aussi comprendre cette page d’Évangile à un autre niveau. En JESUS, c’est Dieu lui-même qui s’est fait notre prochain. Il s’est approché de nous jusqu’à se faire l’un de nous. Nous voyons dans l’Évangile combien JESUS prend soin de tous ceux qui sont blessés dans leur corps ou dans leur cœur. Et il se donnera tout entier, sur la croix. L’humanité blessée par le mal, par la violence, par le péché, par la mort, c’est encore la nôtre. JESUS est seulement passé au milieu de nous, mais il nous a confiés à l’aubergiste, qui est son Église. Il l’a chargée de prendre soin de l’humanité. Elle ne le fait pas toujours bien, mais c’est sa mission.

Aujourd’hui, dans la chapelle de l’ancien couvent Saint-Gildard, nous commémorons l’arrivée au noviciat d’une jeune fille qui a voulu, à la suite de JESUS, se donner tout entière par amour de Dieu et du prochain. La petite Bernadette Soubirous, Dieu s’est approché d’elle, par Marie. À Lourdes, Marie s’est faite petite comme Bernadette, a parlé le patois de Bernadette, pour en faire la messagère de l’amour de Dieu. Et Bernadette a été touchée. Touchée par l’amour de Dieu pour elle. Et elle a voulu se donner à cet amour. Alors, elle est entrée dans cette congrégation qui a pour devise l’amour, et cet amour a été le moteur de sa vie : « Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant. » Elle l’a dit ; et elle l’a fait. Auprès des malades, à Lourdes puis à Nevers, et dans une union de plus en plus forte à JESUS, dans sa propre maladie et dans sa mort.

Frères et sœurs, la grande loi de notre vie est l’amour. La grande loi de notre Dieu est l’amour. Cette loi est dans nos cœurs, comme le disait la première lecture. « Elle est près de toi cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique. » Cette Parole a aussi un visage, le visage d’un prochain connu ou inconnu qui nous dit : « Regarde-moi, écoute-moi, prends soin de moi. » En cette année de la miséricorde, saurons-nous nous approcher de ce prochain ?




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 20 Juil 2016, 6:28 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 10,38-42.

En ce temps-là, JESUS entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »



17/07/2016, 16e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

La bonne portion de Ta Parole

Frères et sœurs, l’apôtre saint Paul nous annonce que Dieu a voulu faire connaître à tous les pays ce mystère : « Le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire ! ». Il annonce cela, mais nos oreilles ont une fois encore du mal à l’entendre. Il y a cent ans, pendant la grande guerre, se livra sur ces terres de la Somme une bataille terriblement meurtrière et nous voulions dire aujourd’hui que la paix, en nos sentiments et en nos actes, doit être plus forte que les conflits toujours absurdes.

Mais voilà qu’il y a deux jours, à Nice, la violence a été perpétrée une fois de plus dans ces derniers mois. La mort a encore frappé. Lourdement frappé. Et nous ne savons plus ce que nous devons penser de l’espérance de la gloire qui vient de la présence du Christ parmi nous.

Remarquez que lorsque saint Paul parle de gloire, ce n’est pas une gloire de conte de fées. Il la rapporte aux épreuves du Christ. Si nous sommes sauvés, c’est dans les souffrances assumées par le Christ, et, pour nous, les souffrances assumées avec le Christ.

Les familles des victimes des attentats, notre pays et les autres pays de par le monde, meurtris ou solidaires, sauront-ils se redire : « Le Christ est parmi nous, lui, l’espérance de la gloire » ? Ou s’ils ne sont pas chrétiens, sauront-ils s’appuyer sur ce proverbe japonais : « Tomber sept fois, se relever huit » ?

La plupart, parmi vous, se diront au fond d’eux-mêmes : « J’espère qu’ils sauront ».

Mais nous nous sentirons bien fragiles, nous-mêmes, en murmurant cela en notre cœur qui nous semble devenu un champ de bataille intérieur, un lieu de combat.

Ce combat intérieur, comment le mènerons-nous ? Car aucun combat politique n’aurait de sens sans combat intérieur et aucun changement de nos sociétés n’aurait d’avenir sans changement en nous-mêmes.
Nous avons le choix entre la guerre et la sainteté, écrivait un de mes frères dominicains .

S’ils vont loyalement au bout de leur confiance au Christ, mort et ressuscité pour nous faire vivre de la vie reçue de Dieu, s’ils vont au bout de leur foi, les chrétiens porteront profondément cette préoccupation : mener ce combat intérieur.

L’Evangile que nous entendions leur dit comment ils réussiront ce combat : choisir «  la meilleure part », dit JESUS à la sœur de Marthe, Marie, qui s’est mise à son écoute. Et les événements tragiques montrent, frères et sœurs, que nous avons besoin de paroles pour sortir du chaos : notamment l'importance de l'accompagnement psychologique.

La « meilleure part » qu’est la parole, dit JESUS…

La traduction plus précise serait : choisir «  la bonne portion ». Il s’agit de choisir une immense ration de la Parole de Dieu. Il s’agit de nous laisser bousculer, mais aussi réconforter, par la parole de Dieu. Nous laisser envoyer par elle, là où nous avons notre rôle à jouer. Il s’agit de reconnaître que le Christ est notre unique recours et à partir de là, aimer l’entendre.

Ce n’est pas simplement considérer la Parole de Dieu comme une bonne chose pour recharger les batteries, mais comme le fondement pour faire confiance, pour espérer et pour servir en dépit des vicissitudes de l’existence.

Un mystique du 14e siècle, Maître Eckhart, avait une interprétation étonnante. Il disait qu’en fait, Marthe était encore plus accomplie que Marie, car, elle aussi, même dans son service et ses préoccupations, elle était remplie de la Parole de Dieu. Elle se confrontait aux réalités de l’existence mais n’en était pas ébranlée, car en toute chose elle se tenait présente à la présence du Christ.

Etre dans un sanctuaire, aujourd’hui, un haut lieu de prière, est une bonne chose pour redire notre désir profond d’avoir une bonne portion de la parole du Christ.

Car c’est le Christ « qui est notre paix » (Ep 2, 14). Amen
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 31 Juil 2016, 10:36 pm



31/07/2016, 18e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

JESUS t'appelle par ton nom

Chers jeunes, vous êtes venus à Cracovie pour rencontrer JESUS. Et l’Évangile aujourd’hui nous parle justement de la rencontre entre JESUS et un homme, Zachée, à Jéricho (cf. Lc 19, 1-10). Là, JESUS ne se limite pas à prêcher, ou à saluer chacun, mais il veut – dit l’Évangéliste – traverser la ville (cf. v. 1). JESUS désire, en d’autres termes, s’approcher de la vie de chacun, parcourir notre chemin jusqu’au bout, afin que sa vie et notre vie se rencontrent vraiment.

Arrive ainsi la rencontre la plus surprenante, celle avec Zachée, le chef des “publicains”, c’est-àdire des collecteurs d’impôts. Zachée était donc un riche collaborateur des occupants romains détestés ; c’était un exploiteur du peuple, quelqu’un qui, à cause de sa mauvaise réputation, ne pouvait même pas s’approcher du Maître. Mais la rencontre avec JESUS change sa vie, comme cela a été et peut être chaque jour pour chacun de nous. Zachée, cependant, a dû affronter certains obstacles pour rencontrer JESUS – et ce n’était pas facile - : au moins trois, qui peuvent nous dire quelque chose à nous aussi.

Le premier est la petite taille : Zachée ne réussissait pas à voir le Maître parce qu’il était petit. Aujourd’hui aussi nous pouvons courir le risque de rester à distance de JESUS parce que nous ne nous sentons pas à la hauteur, parce que nous avons une basse considération de nous-même. C’est une grande tentation, qui ne regarde pas seulement l’estime de soi, mais touche aussi la foi. Parce que la foi nous dit que nous sommes « enfants de Dieu et nous le sommes réellement » (1 Jn 3, 1) : nous avons été créés à son image ; JESUS a fait sienne notre humanité et son cœur ne se lassera jamais de nous ; l’Esprit Saint désire habiter en nous ; nous sommes appelés à la joie éternelle avec Dieu ! C’est notre “stature”, c’est notre identité spirituelle : nous sommes les enfants aimés de Dieu, toujours. Vous comprenez alors que ne pas s’accepter, vivre mécontents et penser en négatif signifie ne pas reconnaitre notre identité la plus vraie : c’est comme se tourner d’un autre côté tandis que Dieu veut poser son regard sur moi, c’est vouloir effacer le rêve qu’il nourrit pour moi. Dieu nous aime ainsi comme nous sommes, et aucun péché, défaut ou erreur ne le fera changer d’idée. Pour JESUS – l’Évangile nous le montre -, personne n’est inférieur et distant, personne n’est insignifiant, mais nous sommes tous préférés et importants : tu es important ! Tel que tu es. Et Dieu compte sur toi pour ce que tu es, non pour ce que tu as : à ses yeux ne vaut vraiment rien le vêtement que tu portes ou le téléphone portable que tu utilises : que tu sois à la mode ne lui importe pas, ce qui lui importe, c’est toi. Tu as de la valeur à ses yeux et ta valeur est inestimable.

Quand dans la vie, il nous arrive de viser en bas plutôt qu’en haut, cette grande vérité peut nous aider : Dieu est fidèle dans son amour pour nous, même obstiné. Cela nous aidera de penser qu’il nous aime plus que nous nous aimons nous-même, qu’il croit en nous plus que nous croyons en nous-même, qu’il “est toujours le supporter” pour nous comme le plus irréductible des supporters. Il nous attend toujours avec espérance, même lorsque nous nous refermons sur nos tristesses, ruminant sans cesse sur les torts reçus et sur le passé. Mais s’attacher à la tristesse n’est pas digne de notre stature spirituelle ! C’est même un virus qui infecte et bloque tout, qui ferme toute porte, qui empêche de relancer la vie, de recommencer. Dieu, au contraire est obstinément plein d’espoir : il croit toujours que nous pouvons nous relever et ne se résigne pas à nous voir éteints et sans joie. On devient triste, lorsqu’on voit un homme jeune qui n’a pas de joie en soi. Parce que nous sommes toujours ses enfants bien-aimés. Rappelons-nous de cela au début de chaque journée. Cela nous fera du bien chaque matin de le dire dans la prière : “Seigneur, je te remercie parce que tu m’aimes; fais-moi aimer ma vie !”. Non pas mes défauts, qui se corrigent, mais la vie, qui est un grand don : c’est le temps pour aimer et pour être aimés.

Zachée avait un second obstacle sur le chemin de la rencontre avec JESUS : la honte qui paralyse.Nouis en avons parlé hier. Nous pouvons imaginer ce qui s’est passé dans le cœur de Zachée avant de monter sur ce sycomore, cela aura été une belle lutte : d’une part une bonne curiosité, celle de connaître JESUS ; de l’autre le risque de faire une terrible piètre figure. Zachée était un personnage public ; il savait qu’en essayant de monter sur l’arbre, il serait devenu ridicule aux yeux de tous, lui, un chef, un homme de pouvoir. Mais il a surmonté la honte, parce que l’attraction de JESUS était plus forte. Vous aurez fait l’expérience de ce qui arrive lorsqu’une personne devient si attirante au point d’en tomber amoureux : il peut arriver alors de faire volontiers des choses qui ne se seraient jamais faites. Quelque chose de semblable arrive dans le cœur de Zachée, quand il sentit que JESUS était si important qu’il aurait fait n’importe quoi pour lui, parce qu’il était le seul qui pouvait le tirer hors des sables mouvants du péché et du mécontentement. Et ainsi la honte qui paralyse n’a pas eu le dessus : Zachée – dit l’Évangile- « courut en avant », « grimpa » et ensuite quand JESUS l’appela, « il descendit vite » (vv. 4.6). Il a risqué et il s’est mis en jeu. Cela est aussi pour nous le secret de la joie : ne pas éteindre la belle curiosité, mais se mettre en jeu, parce que la vie ne s’enferme pas dans un tiroir. Devant JESUS on ne peut rester assis en attendant les bras croisés ; à Lui, qui nous donne la vie, on ne peut répondre par une pensée ou un simple “petit message”!

Chers jeunes, n’ayez pas honte de tout lui porter, spécialement vos faiblesses, vos peines et vos péchés dans la confession : Lui saura vous surprendre avec son pardon et sa paix. N’ayez pas peur de lui dire “oui” avec tout l’élan de votre cœur, de lui répondre généreusement, de le suivre ! Ne vous laissez pas anesthésier l’âme, mais visez l’objectif du bel amour, qui demande aussi le renoncement, et un “non” fort au doping du succès à tout prix et à la drogue de penser seulement à soi et à ses propres aises.

Après la basse stature et la honte qui paralyse, il y a un troisième obstacle que Zachée a dû affronter, non plus à l’intérieur de lui, mais autour de lui. C’est la foule qui murmure, qui l’a d’abord arrêté et puis l’a critiqué : JESUS ne devait pas entrer dans sa maison, la maison d’un pécheur ! Comme il est difficile d’accueillir vraiment JESUS, comme il est dur d’accepter un « Dieu, riche en miséricorde » (Ep 2, 4). Ils pourront vous empêcher, en cherchant à vous faire croire que Dieu est distant, raide et peu sensible, bon avec les bons et mauvais avec les mauvais. Au contraire, notre Père « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45) et il nous invite au vrai courage : être plus forts que le mal en aimant chacun, même les ennemis. Ils pourront rire de vous, parce que vous croyez dans la force douce et humble de la miséricorde. N’ayez pas peur, mais pensez aux paroles de ces jours : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). Ils pourront vous juger comme des rêveurs, parce que vous croyez en une humanité nouvelle, qui n’accepte pas la haine entre les peuples, ne voit pas les frontières des pays comme des barrières et garde ses propres traditions sans égoïsmes ni ressentiments. Ne vous découragez pas : avec votre sourire et avec vos bras ouverts, prêchez l’espérance et soyez une bénédiction pour l’unique famille humaine, qu’ici vous représentez si bien !

La foule, ce jour-là, a jugé Zachée, elle l’a regardé de haut en bas ; JESUS au contraire, a fait l’inverse : il a levé son regard vers lui (v. 5). Le regard de JESUS va au-delà des défauts et voit la personne ; il ne s’arrête pas au mal du passé, mais il entrevoit le bien dans l’avenir ; il ne se résigne pas devant les fermetures, mais il recherche la voie de l’unité et de la communion ; au milieu de tous, il ne s’arrête pas aux apparences, mais il regarde le cœur. Avec ce regard de JESUS, vous pouvez faire croître une autre humanité, sans attendre qu’ils vous disent “bravo”, mais en cherchant le bien pour lui-même, heureux de garder le cœur intègre et de lutter pacifiquement pour l’honnêteté et la justice. Ne vous arrêtez pas à la superficie des choses et défiez-vous des liturgies mondaines du paraître, du maquillage de l’âme pour sembler meilleurs. Au contraire, installez bien la connexion la plus stable, celle d’un cœur qui voit et transmet le bien sans se lasser. Et cette joie que gratuitement vous avez reçu de Dieu, donnez-la gratuitement (cf. Mt 10, 8), parce que beaucoup l’attendent ! Ils l’attendent de vous.

Enfin, écoutons les paroles de JESUS à Zachée, qui semblent dites spécialement pour nous aujourd’hui : « Descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison » (v. 5). Ouvre moi la porte de ton cœur. JESUS t’adresse la même invitation : “Aujourd’hui, je dois demeurer dans ta maison”. Les JMJ, pourrions-nous dire, commencent aujourd’hui et continuent demain, à la maison, parce que c’est là que JESUS veut te rencontrer à partir de maintenant. Le Seigneur ne veut pas rester seulement dans cette belle ville ou dans de chers souvenirs, mais il désire venir chez toi, habiter ta vie de chaque jour : les études et les premières années de travail, les amitiés et les affections, les projets et les rêves. Comme il lui plaît que dans la prière, tout cela lui soit porté ! Comme il espère que parmi tous les contacts et les chat de chaque jour il y ait à la première place le fil d’or de la prière ! Comme il désire que sa Parole parle à chacune de tes journées, que son Évangile devienne tien, et qu’il soit ton “navigateur” sur les routes de la vie !



Pendant qu’il te demande de venir chez toi, JESUS, comme il a fait avec Zachée, t’appelle par ton nom. JESUS appelle chacun de nous par notre nom Ton nom est précieux pour Lui. Le nom de Zachée évoquait, dans la langue de l’époque, le souvenir de Dieu. Confiez-vous au souvenir de Dieu : sa mémoire n’est pas un “disque dur” qui enregistre et archive toutes nos données, mais un cœur tendre de compassion, qui se réjouit d’effacer définitivement toutes nos traces de mal. Essayons, nous aussi, maintenant, d’imiter la mémoire fidèle de Dieu et de conserver le bien que nous avons reçu en ces jours. En silence, faisons mémoire de cette rencontre, gardons le souvenir de la présence de Dieu et de sa Parole, ravivons en nous la voix de JESUS qui nous appelle par notre nom. Ainsi prions en silence, en faisant mémoire, en remerciant le Seigneur qui ici nous a voulus et nous a rencontrés.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 07 Aoû 2016, 7:14 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Vendez ce que vous possédez
et donnez-le en aumône.
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas,
où la mite ne détruit pas.
Car là où est votre trésor,
là aussi sera votre cœur.
Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
Mais si le serviteur se dit en lui-même :
‘Mon maître tarde à venir’,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
celui-là n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




07/08/2016, 19e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Veiller, la lampe allumée : un acte de foi

Chacun de nous fait l’expérience, au moins à certains moments, que la vie s’écroule. On perd ses illusions. La mort d’un proche. Une catastrophe, comme celle que nous commémorons ici et qui frappa durement les contemporains, non seulement dans la région ou le pays, mais jusqu’en Italie, par exemple. Et puis, il y a la menace de ma propre mort, qui déchire les sécurités de mon univers bien établi. Je ne peux m’empêcher de penser que ce monde n’est pas juste, qu’il va y avoir encore des attentats, qu’il va y avoir la guerre, que le « système » va casser, ou qu’il faudrait le casser…

Les humains ne cessent pas de se fabriquer des menaces apocalyptiques. Imaginaires au cinéma, mais hélas aussi bien réelles, dans les folies sanglantes et absurdes, les fanatismes violents et simplistes. Nous pouvons avoir en Occident le sentiment d’appartenir à un monde plein de questions angoissantes, mais qui pense même que ça n’a sans doute pas de sens de se les poser, et qui constate que si la technologie et la technoscience progressent, les civilisations, elles, se dissolvent et se désintègrent. Je peux penser et dire que si Dieu existait, il ne serait pas permis que les choses se passent ainsi. Je peux dire qu’il vaut mieux ne plus croire à rien. Peut-être même qu’il n’y a rien, qu’il vaut mieux s’en foutre… et jouer avec tout, y compris avec ma propre vie…

Dans cette célébration qui nous réunit, et en ce lieu particulièrement, nous déposons toutes ces perspectives et ces questionnements aux pieds du Seigneur. Et lui répond. Mais il faut accepter que ce n’est pas une réponse qui nous permettrait simplement de tirer les choses au clair, comme on peut résoudre un calcul avec une calculatrice enfin vraiment performante.

JESUS commence par dire, nous venons de l’entendre : « Sois sans crainte, petit troupeau… »

De dimanche en dimanche, dans la liturgie, nous suivons JESUS sur la route. La route qui est la sienne… et aussi notre route. Les deux se croisent tout le temps. Nous l’observons, nous l’écoutons, nous mettons nos pas dans les siens, nous tentons d’entrer dans son style, dans sa manière.

Il ne nous donne pas une vision alternative. Il ne nous dit pas de fuir, d’aller nous réfugier dans un univers de substitution. Il nous donne une attitude de foi : sans crainte traverser l’illusion – et la perte des illusions – debout ; traverser la frayeur à sa suite en enfants du Père, non pas en s’armant de biens et de sécurités, ni en se barricadant dans l’indifférence, ni en tombant dans le sommeil de l’hébétude ou du désespoir, mais en demeurant dans la veille : « Restez en tenue de service, vos lampes allumées.» Veiller, la lampe allumée : un acte de foi qui exorcise les fantômes et les fantasmes !

Car « votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » dit JESUS. Frères et sœurs, est-ce que j’exagère si je dis qu’il y a là quelque chose de subversif par rapport aux évidences, à ce que nous croyons communément et que nous n’interrogeons pas : l’idée que chacun fait sa vie, se construit lui-même, que chacun est son propre centre. Dans ce cercle, qui peut d’ailleurs être vertigineux voire infernal pour d’aucuns, voici précisément une brèche : il y a avant tout quelque chose qui nous est donné, un fondement qui est un don et qui introduit une disproportion entre ce que je peux raisonnablement espérer de la vie et la Promesse qui y est offerte et qui me permet d’être libre de toute attache.

Quelle est la place que nous accordons à un tel trésor ? Car « là où est notre trésor, là aussi est notre cœur ». Quelle est notre hospitalité pour ce qui est de l’ordre de la Promesse en nous-mêmes et en chaque être humain, et qui ne pourra se révéler que parce que nous y croyons ? Quelle est notre attention pour ce qui est de l’ordre de la Promesse dans les circonstances que traverse notre société ? Quel accueil réservons-nous à ce qui relève, dans tous les domaines, du crédit accordé à la vie, parfois si fragile et si malmenée ? Au-delà de notre scepticisme réaliste par rapport à la construction d’un futur idéal, quelle est notre « veille » pour accueillir l’avenir qui, comme le mot le dit, est un don qui « advient » ?

C’est là une interrogation à toute notre société. Non pas une critique du haut de je ne sais quelle certitude. Une interrogation, qui fait l’effet d’une bonne douche rafraîchissante quand nous transpirons.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 14 Aoû 2016, 6:56 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




14/08/2016, 20e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Avec la force de ses convictions

Dans la société de son temps, le prophète Jérémie a remis en cause les discours politiques et religieux des élites. Cela n’a pas plu du tout.

Je pensais à un ami – il a la moitié de mon âge. Il aime réagir avec la force de ses convictions et elles ne sont pas toujours politiquement correctes. Il y a quelques jours, je lui rétorquais : « La conscience est supérieure aux convictions ; on peut agir contre ses convictions, mais c’est un péché d’agir contre sa conscience. La conscience est un lieu de discernement : la présence, en nous, de l’Esprit Saint qui nous fait être pleinement nous-mêmes. » Il me répondit : « La conscience, c’est en quelque sorte le feu de Dieu au fond de nous-mêmes ? » Il avait vu juste. Cependant, parce qu’il me connaît bien, il ajoute de façon désarmante : « Mais je sais que vous aimez les jeunes qui ont des convictions. »

C’est vrai. Parce que sans conviction, il n’y a pas de parole. Il n’y a pas de rencontre. Il n’y a pas d’évolution et de maturation. Il n’y a pas de reconnaissance que l’autre est autre. Sans conviction, il y a complaisance et même compromission mais pas bienveillance, ni vérité.

C’est bien ce que dit JESUS. Littéralement, il interroge : « Pensez-vous que je suis venu donner une paix sur la terre ? Non, je vous le dis, au contraire, une séparation. » JESUS n’est pas venu donner « la » paix, c’est-à-dire une paix passe-partout, une paix en kit indépendante de ceux qui la reçoivent. La paix du Christ vient bien de Dieu mais elle ne nous déboute pas de notre responsabilité : il est venu donner une paix que Dieu trouve avec nous, ou disons que nous trouvons avec Dieu. Quant à la division, ce n’est pas un enjeu funeste de guerre. Il s’agit de la nécessité d’une séparation. Je suis venu donner une séparation, dit JESUS. Chacun devra apprendre à être lui-même. Le fils n’est pas le prolongement du père : avec ce qu’il reçoit, le fils apprend librement à être lui-même. Et le père n’a pas à abandonner son autorité pour éviter le conflit avec son fils. Il accepte ce qui les sépare. C’est un processus de vie. La possibilité de toujours naître et renaître. Il y a des convictions différentes qui caractérisent père et fils, et qui permettent à l’un et à l’autre de se parler et de reconnaître comment ils vont établir une paix, même avec leurs différences de générations, de cultures, de mentalités et de foi !

Car JESUS a annoncé d’emblée : il s’agit « d’achever un baptême ». Et un baptême est un acte de foi, un plongeon dans la foi. Et la foi assume de confronter à d’autres et au monde, une autre conviction et une autre force de vie. Bien sûr, cette opposition n’est pas sans douleur. Mais sans séparation assumée entre les générations et entre les sensibilités, la foi se dilue et s’épuise. Le disciple du Christ qui ne réagit pas par ses paroles et par ses actes anéantit sa foi. La foi porte le chrétien à affirmer ses convictions et ses convictions soutiennent sa foi.

Pourtant, « affirmation » n’est pas « agression ». Et JESUS parle d’un feu qu’il vient porter sur la terre. Ce n’est pas un feu destructeur. C’est un feu qui éclaire et réchauffe. Il ne s’agit pas de raser, mais de faire progresser. Saint Dominique est cher à mon ordre des prêcheurs, mais aussi cher à cette paroisse. Son amitié et son exigence ont sillonné les paysages qui nous entourent. L’histoire veut que sa mère, quand elle était enceinte de lui, a rêvé d’un chien qui parcourait le monde avec une torche. Elle comprit que c’était son fils qui, à la suite du Christ, porterait le feu de la parole de Dieu.

Comme une flamme, la parole de Dieu gagne ce qu’elle touche. Elle nourrit nos convictions qui nous donnent notre place en ce monde. Elle éclaire notre conscience, creuset d’un cœur libre où Dieu peut prendre sa place en nous.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 15 Aoû 2016, 7:20 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.






15/08/2016, Solennité de l'Assomption

Texte de l'homélie

La prière de Marie

JESUS l’avait promis : « Je vais vous préparer une place et lorsque je reviendrai, je vous prendrais avec moi, afin que vous soyez là où je suis. » Il n’est pas revenu mais il prend déjà Marie auprès de lui. Il l’élève, en son âme et en son corps, dans la demeure qu’il lui a préparé auprès du Père. Pourquoi cette hâte ? C’est l’ultime miséricorde du Père pour celle qui a toujours été en communion avec son Seigneur. Une communion de vie, où, dès le départ, son Immaculée Conception, la Croix, était présente.

Elle porte le Sauveur dans son sein, mais sans être mariée. Elle met au monde son Dieu, mais dans le froid d’une étable. Elle doit fuir dans un pays étranger et savoir que des enfants ont été tués par Hérode. Elle élève JESUS, mais en acceptant qu’il lui dise, comme au recouvrement : « Ne savais-tu que je dois être aux affaires de mon Père ? » Elle se réjouit de la fécondité de vie apostolique de JESUS, mais souffre des incompréhensions et des rejets dont il est victime. Aux heures de la Passion, elle reste debout, toujours fidèle, portant toute la foi de l’Église jusqu’à la résurrection et la Pentecôte. Que de « Mystères » Marie a portés dans son cœur ! Aucun ne l’a révoltée, ne l’a éloignée de Dieu. Chacun l’a poussée à méditer, à prier, à s’abandonner entre les mains de son Seigneur. Car la vie de Marie a d’abord été une vie de foi et de confiance en la Parole de Dieu, une vie d’espérance en la victoire de l’Amour sur le Mal, une vie de charité où l’amour commandait toutes ses actions comme au jour de la Visitation. C’est ainsi que les « oui » successifs de Marie ont changé le cours de l’humanité.

Accueillant sans réserve la volonté du Père, elle a reflété la gloire de Dieu mais de manière si discrète qu’on pouvait passer sans la remarquer. Aujourd’hui, le Père se souvient de sa promesse et il fait monter Marie au Ciel. La gloire de Dieu resplendit en elle, en son âme et en son corps. Dieu la donne désormais comme Mère à tous ses disciples, à chacun de nous. Et c’est bien ainsi que nous la prions et qu’elle nous répond dans les mystères du Rosaire. À l’Annonciation, elle te dit : « Accueille la Parole pour qu’elle prenne chair en toi. » À la visitation, elle te dit : « Ne garde pas pour toi les trésors que tu as reçus. » À Cana, elle te dit : « Fais tout ce qu’il te dira. » À la Cène, elle te dit : « Offre ta vie avec JESUS. » À la Croix, elle te dit : « Dans l’adversité, ne perds pas courage, reste uni à JESUS. » Au cénacle, elle te dit : « Ouvre ton cœur et ton intelligence à l’Esprit Saint. » Et à l’Assomption, elle te dit : « Le ciel est ta vocation, le bonheur auquel tu es appelé. Il n’est pas celui que le monde te promet, mais il te remplira d’une joie que nul ne peut enlever ! » Frères et sœurs, c’est ça le Rosaire.

Prière de Marie qui, après avoir donné naissance à JESUS en ce monde, veut lui donner naissance dans notre vie et nous soutenir dans nos combats contre le mal.

Prière de Marie qui nous apprend à ne pas avoir peur de notre petitesse, de notre fragilité et de nous approcher du Père qui veut nous donner son pardon.

Prière de Marie qui nous engendre à la vie de la foi, de l’espérance et de la charité en nous montrant le vrai bonheur, celui d’une vie qui se reçoit de Dieu et qui retourne à lui.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour ceux qui s’en remettent à JESUS, aujourd’hui, par la télévision. Priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Et qu’ensemble nous reprenions le Magnificat. Amen.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 05 Sep 2016, 7:18 pm



04/09/2016, 23e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Canonisation de Mère Teresa

« Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (Sagesse IX, 13). Cette interrogation du livre de la Sagesse, que nous avons écoutée dans la première lecture, nous présente notre vie comme un mystère, dont la clef d’interprétation n’est pas en notre possession. Les protagonistes de l’histoire sont toujours deux : Dieu d’une part et les hommes de l’autre. Nous avons la tâche de percevoir l’appel de Dieu et, ensuite, d’accueillir sa volonté. Mais pour l’accueillir sans hésitation, demandons-nous : quelle est la volonté de Dieu dans ma vie ?

Dans le même passage du livre de la Sagesse, nous trouvons la réponse : « C’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît » (v. 18). Pour authentifier l’appel de Dieu, nous devons nous demander et comprendre ce qui lui plaît. Bien souvent, les prophètes annoncent ce qui plaît au Seigneur. Leur message trouve une admirable synthèse dans l’expression : « C’est la miséricorde que je veux et non des sacrifices » (Osée VI, 6 ; Matthieu IX, 13). Toute œuvre de miséricorde plaît à Dieu, parce que dans le frère que nous aidons nous reconnaissons le visage de Dieu que personne ne peut voir (cf. Jean I, 18). Chaque fois que nous nous penchons sur les besoins de nos frères, nous donnons à manger et à boire à JESUS ; nous vêtons, nous soutenons et nous visitons le Fils de Dieu (cf. Matthieu XXV, 40).

Nous sommes donc appelés à traduire dans le concret ce que nous invoquons dans la prière et professons dans la foi. Il n’y a pas d’alternative à la charité : ceux qui se mettent au service de leurs frères, même sans le savoir, sont ceux qui aiment Dieu (cf. 1Jean III, 16-18 ; Jacques II, 14-18). La vie chrétienne, cependant, n’est pas une simple aide qui est fournie dans le temps du besoin. S’il en était ainsi, ce serait certes un beau sentiment de solidarité humaine qui suscite un bénéfice immédiat, mais qui serait stérile, parce que sans racines. L’engagement que le Seigneur demande, au contraire, est l’engagement d’une vocation à la charité par laquelle tout disciple du Christ met sa propre vie à son service, pour grandir chaque jour dans l’amour.

Nous avons écouté dans l’Évangile que « de grandes foules faisaient route avec JESUS » (Luc XIV, 25). Aujourd’hui, ces « grandes foules » sont représentées par le vaste monde du volontariat, ici réuni à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde. Vous êtes cette foule qui suit le Maître et qui rend visible son amour concret pour chaque personne. Je vous répète les paroles de l’apôtre Paul : « Ta charité m’a déjà apporté beaucoup de joie et de réconfort, car grâce à toi…, les cœurs des fidèles ont trouvé du repos » (Philémon 7). Que de cœurs les volontaires réconfortent ! Que de mains ils soutiennent ! Que de larmes ils essuient ! Que d’amour mis dans le service caché, humble et désintéressé ! Ce service louable manifeste la foi et exprime la miséricorde du Père qui se fait proche de ceux qui sont dans le besoin.

Suivre JESUS est un engagement sérieux et en même temps joyeux ; cela demande radicalité et courage pour reconnaître le divin Maître dans le plus pauvre et pour se mettre à son service. C’est pourquoi, les volontaires qui, par amour pour JESUS, servent les derniers et les démunis n’attendent aucune reconnaissance ni aucune gratification, mais renoncent à tout cela parce qu’ils ont découvert l’amour authentique. Comme le Seigneur est venu vers moi et s’est penché sur moi en temps de besoin, de la même manière moi aussi je vais vers lui et je me penche sur ceux qui ont perdu la foi ou vivent comme si Dieu n’existait pas, sur les jeunes sans valeurs et sans idéaux, sur les familles en crise, sur les malades et les détenus, sur les réfugiés et les migrants, sur les faibles et sur ceux qui sont sans défense corporellement et spirituellement, sur les mineurs abandonnés à eux-mêmes, ainsi que sur les personnes âgées laissées seules. Partout où il y a une main tendue qui demande une aide pour se remettre debout, doit se percevoir notre présence, ainsi que la présence de l’Église qui soutient et donne espérance.

Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à travers l’accueil et la défense de la vie humaine, la vie dans le sein maternel comme la vie abandonnée et rejetée. Elle s’est dépensée dans la défense de la vie, en proclamant sans relâche que « celui qui n’est pas encore né est le plus faible, le plus petit, le plus misérable ». Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur a donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes. La miséricorde a été pour elle le « sel » qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la « lumière » qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance.

Sa mission dans les périphéries des villes et dans les périphéries existentielles perdure de nos jours comme un témoignage éloquent de la proximité de Dieu aux pauvres parmi les pauvres. Aujourd’hui, je remets cette figure emblématique de femme et de consacrée au monde du volontariat : qu’elle soit votre modèle de sainteté ! Que cet infatigable artisan de miséricorde nous aide à comprendre toujours mieux que notre unique critère d’action est l’amour gratuit, libre de toute idéologie et de tout lien et offert à tous sans distinction de langue, de culture, de race ou de religion. Mère Teresa aimait dire : « Je ne parle peut-être pas leur langue, mais je peux sourire. » Portons son sourire dans le cœur et offrons-le à ceux que nous rencontrons sur notre chemin, surtout à ceux qui souffrent. Nous ouvrirons ainsi des horizons de joie et d’espérance à tant de personnes découragées, qui ont besoin aussi bien de compréhension que de tendresse.






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 11 Sep 2016, 6:30 pm



Citation :

Evangile : « Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-10)

Citation :Acclamation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à JESUS pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors JESUS leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Le 11/09/2016

Homélie de la messe à Tours


En cette Année de la miséricorde… en cette année où nous célébrons le 17e centenaire de la naissance de saint Martin, que nos frères d’Orient appellent Martin le Miséricordieux, il est heureux que l’Église nous propose cette belle page d’Évangile, une page que nous connaissons bien, mais justement une page à laquelle nous risquons d’être par trop habitués…

« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux. » Cet homme dont nous parle Luc, l’évangéliste de la miséricorde, n’est autre que JESUS lui-même tel qu’il est vu par ses contemporains ! Un homme qui va à la rencontre des exclus, qui guérit les malades, un homme qui, comme le dira Thérèse de Lisieux, n’a pas peur de se mettre à la table des pécheurs… un homme qui, pour reprendre une expression du pape François, n’a pas peur d’aller aux périphéries, un homme qui n’a pas peur de se compromettre avec ceux que l’on évite, ceux que l’on considère trop souvent comme infréquentables.

Un premier élément me frappe : celui de la liberté qui est la nôtre. En effet, si la parabole de ce jour nous parle de deux fils, elle nous parle d’abord d’un père… d’un père qui fait preuve d’une grande liberté par rapport à ses enfants… Il ne cherche pas à retenir son jeune fils qui veut mener sa vie en toute indépendance, il ne discute pas ce que lui demande ce fils. Il lui donne généreusement, en toute gratuité, cette part d’héritage qui n’était nullement un dû… Et ce même père qui laisse partir son fils se tient aux aguets… il espère un retour, il scrute l’horizon… et se met à courir lorsqu’il discerne la silhouette de ce fils tant aimé et tant attendu…

Ce père immobile au début, court à la rencontre son jeune fils, mais sort également à la recherche de son aîné pour l’inviter à prendre part à la fête…

JESUS nous fait comprendre que son Père nous laisse libres, libres de rester avec lui ou de le quitter… il nous laisse libres d’emporter avec nous les richesses de sa création… Mais dès que, de notre part, un retour se dessine, il ne nous comble pas de ses reproches mais de son amour… Dieu nous veut libres…

Le second élément que je voudrais souligner, c’est celui de la gratuité du don de Dieu. Le Père donne gratuitement, non seulement il ne refuse pas à ce fils des biens auxquels il n’avait pas droit, mais il le comble à nouveau et lui rend toute sa dignité… Le retour du fils n’est pas dû à des sentiments particulièrement nobles, c’est la faim et non l’amour qui motive son retour… la bonté prodigue du père est sans commune mesure avec la motivation de son fils… Le père est à l’image de Dieu, de Dieu qui aime, de Dieu qui aime gratuitement, de Dieu qui aime largement… qui n’attend qu’un signe de retour de notre part pour nous combler gratuitement de son amour.

En troisième lieu je voudrais regarder la figure du fils aîné : certes ce fils aîné n’a pas démérité, il est resté auprès de son père et il a continué de travailler à la bonne gestion du reste des biens de son père… Un fils sans histoires, un bon fils en quelque sorte ; mais les choses se gâtent lorsqu’il entend la fête donnée en l’honneur de retour de son frère… de celui qu’il appelle « ton fils que voilà »… des mots qui en disent long… « Ton frère que voilà » répondra le père, rétablissant par-là les liens de fraternité que le fils semble ne pas vouloir reconnaître.

Frères et sœurs, à la lumière de cette page d’Évangile, nous voyons que dans toute vie il y a une expérience fondatrice qu’il nous faut faire : celle du pardon reçu. Il est difficile d’être miséricordieux si nous n’avons pas nous-mêmes fait l’expérience de la miséricorde… rappelons-nous l’affirmation de JESUS : il aimera davantage celui à qui on aura remis davantage… la conversion vraie, le pardon demandé et reçu, nous aident à devenir à notre tour miséricordieux… c’est là une expérience spirituelle fondamentale. Dans notre chemin de conversion, Martin est un témoin sûr, lui dont le geste de partage demeure un signe fort au-delà des temps… un signe fort sur tous les continents. Accueillons la miséricorde dans nos vies, alors nous pourrons à notre tour devenir des signes de la miséricorde… là où nous vivons.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 19 Sep 2016, 7:12 pm



Citation :


Evangile : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 10-13)

Citation :Acclamation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples :
« Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Homélie de la messe à Verdun


« Détournement de fonds pour amitiés durables » pourrait titrer la une des journaux. Tant les scandales financiers d’hier et d’aujourd’hui, tant l’argent mène le monde, emprisonne et pourrit sa vie. Il est assez souvent question de l’argent dans les évangiles. C’est le signe que JESUS prenait très au sérieux les réalités quotidiennes de la vie des gens. Sa conviction est que notre façon de nous comporter envers l’argent a une influence profonde sur tout notre être.

JESUS veut nous ouvrir les yeux et le cœur. JESUS oppose Dieu et l’Argent – avec un grand A – pour mieux le dénoncer comme une idole qui prend toute la place dans la tête des hommes de tous les temps. JESUS ne condamne pas l’argent – d’ailleurs dans nos célébrations, nous parlons souvent d’argent, une quête pour ceci, à la sortie une autre pour cela… – Mais JESUS veut nous montrer ses limites et le danger d’en faire un maître et non un serviteur. Le risque est bien d’en devenir esclave et non plus vivre en homme libre. Ceci est toujours d’actualité, nos relations peuvent être perverties par l’argent.

JESUS, dans la parabole, loue le gérant, non pas pour avoir trompé son maître, mais en raison de son habileté. Et, il souhaite que ses disciples, ceux qui l’écoutaient hier et chacun de nous aujourd’hui, montrent autant de savoir-faire pour gérer les richesses de l’Évangile. Il exhorte tous les baptisés, les fils de lumière, à être aussi habiles et inventifs pour les affaires du Royaume, pendant que d’autres le sont pour assurer leur compte en banque. Ainsi, la conclusion de cet évangile : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. » Servir l’argent, c’est trop souvent se servir et oublier les autres. Servir Dieu, c’est servir les autres en s’oubliant soi-même, voilà bien toute la différence ! Car quand l’Argent devient notre dieu, le vrai Dieu perd sa place.

Déjà, 750 ans avant JESUS, le prophète Amos s’élevait contre certains hommes d’affaires qui respectaient le sabbat. Certes, ils étaient en règle, mais ils ne se privaient pas d’escroquer les petites gens. Le monde n’a malheureusement pas beaucoup changé ! Or, exploiter le pauvre, c’est insulter Dieu. Dieu nous appelle à vivre des relations fraternelles où chacun à son compte de bonheur, de vie, de paix. Comment ne pas faire mémoire, ici à Verdun, la cité de la paix, en cette année du Centenaire, de ces millions d’hommes qui ont laissé leur vie, ont donné tout ce qu’ils étaient, sur les champs de bataille tout proches, pour faire mûrir la paix et grandir le bonheur ? Je pense, évidemment, au chancelier allemand Konrad Adenauer et au général Charles de Gaulle, signataires du traité franco-allemand de 1963, et à la venue, ce 29 mai dernier, de la chancelière Angela Merkel et du président François Hollande à la nécropole de Douaumont. Nous sommes aujourd’hui les humbles pèlerins de la mémoire, à la recherche de forces nouvelles pour vivre une paix durable. Devenons des porteurs de l’Évangile de la Paix. Le Seigneur nous en donne la force nécessaire.

Aujourd’hui, si les guerres font désespérer l’humanité, l’esprit de fraternité fonde l’avenir et l’espérance fait chanter nos cœurs. Nous ne pouvons servir Dieu et l’Argent, nous ne pouvons servir la rancune et la réconciliation, il nous faut choisir ! Communauté chrétienne rassemblée et téléspectateurs, où que vous soyez, nous voici invités au discernement pour rendre à tout homme sa dignité, pour que l’humanité de chacun reste au centre de nos préoccupations.

Autour de l’eucharistie qui est la table des petits et des pauvres, accueillons de Dieu cette force de communion qui deviendra, en nos vies, invitations au partage et à la fraternité !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 20 Sep 2016, 3:51 am

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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 26 Sep 2016, 7:39 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
la mère et les frères de JESUS vinrent le trouver,
mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui
à cause de la foule.
On le lui fit savoir :
« Ta mère et tes frères sont là dehors,
qui veulent te voir. »
Il leur répondit :
« Ma mère et mes frères
sont ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la mettent en pratique. »



25 Septembre 2016,

Homélie de la messe à Wavre

Frères et soeurs,

Toutes et tous, à un moment de notre histoire, nous pouvons ressentir au fond de nous un grand abîme. Lorsque le malheur, la maladie, ou le désespoir surgissent, se creuse insidieusement une faille à l’intérieur de notre être, un fossé infranchissable entre ce que nous sommes et ce que nous aurions désiré être… Pire encore, il y a ces moments où la vie bascule et les portes se referment : échec, trahison, conviction d’avoir fait fausse route… Nous nous sentons alors victimes, ulcérés comme Lazare, jetés par le destin devant un portail, derrière lequel se trouve un rêve désormais inaccessible. Le pourquoi de notre vie —ce qui en faisait toute sa richesse— est comme subitement emporté au séjour des morts.

Dans ces moments de détresse, la tentation est grande de vouloir expliquer l’inexplicable, de chercher des compensations, des “pourquois” afin de donner sens à l’insensé. Et il est vrai que cette curieuse parabole du riche et de Lazare utilise ces images d’un au-delà, qui serait fait de récompenses et de condamnation. L’Evangile, cependant, n’est pas une vaine promesse de consolation, voire de rétribution de nos mérites. S’il nous projette dans l’avenir et interroge notre passé, c’est justement pour nous inviter à mieux vivre notre présent, c’est-à-dire à rajouter de la vie à nos jours, à charger d’un poids d’éternité notre présence aux autres.

Car quels sont, en effet, les actes qui offrent un ouverture, qui mettent de l’au-delà dans notre présent? Est-ce l’ambition, la recherche du profit, le besoin de reconnaissance ou de sécurité? La recherche effrénée du bonheur et du bien–être, est-ce vraiment cela qui restera quand la mort viendra nous cueillir? Vraiment, comment offrir dès aujourd’hui un goût d’éternité à nos vies, même lorsque nous sommes dans l’abîme ?

La seconde lecture nous donne une indication. “Empare-toi maintenant de la vie éternelle”. Non en te réfugiant dans un avenir idéalisé, mais par tout ce qui procure la confiance “l’amour, la persévérance, la douceur”. C’est cette fragilité-là —qui ne se protège pas derrière des habits identitaires ou la performance— qui offre vraiment une charge d’éternité à ce que nous sommes.

C’est cela qui nous donne de vivre autrement notre vie. Sur ce chemin d’éternité et de vérité sur nous-mêmes, nous serons à la fois comme Lazare, avec tout ce qu’il y a d’irrésolu et de blessé en nous, et comme le riche de la parabole, quand notre paraître l’emporte sur l’être; et que nous refusons tout signe extérieur de fragilité…

Pour donner ce goût d’éternité à nos vies, il faut dès lors accepter d’être dérangé dans son confort, ses certitudes personnelles et ses sécurités matérielles. Quitter ce qui n’est plus pour renaître à ce qui est là. Le prophète Amos le disait déjà, dans un des plus anciens textes du premier testament : “Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles, à ceux qui se croient en sécurité”. C’est comme si cette parole nous conviait à une saine intranquillité : celle-là même qui nous émeut à la vue des exclus, celle qui nous remue face à l’injustice, celle qui nous pousse à la persévérance, qui fait tomber les masques et nous donne de l’empathie, lorsqu’un être plonge dans l’abîme.

Quitter notre tranquillité, c’est donc rechercher sans cesse, en chaque être et à tout âge —dans la banalité de nos événements quotidiens— une part d’éternité, une lumière inaccessible, la présence discrète de «ce Dieu qui donne vie à tous les êtres». Pour cela, changeons notre regard sur le temps qui passe, et redécouvrons ce que le présent est pour nous : autant de moments où l’inouï peut faire irruption dans nos vies, même lorsque le portail du bonheur semble fermé. Chercher ces traces d’éternité, ce n’est pas se croire immortel ! C’est au contraire reconnaître que les zone d’ombres de nos histoires s’effaceront un jour au séjour des morts. Mais c’est reconnaître également que tout que ce qui aura été vécu dans l’amour, la douceur et la persévérance, ne passera jamais. Tout cela sera sous le signe de Lazare, qui signifie « Dieu aide ». Alors, se dévoilera au plus intime de nous la lueur d’un Dieu précaire et fragile, qui n’offre ni consolation, ni condamnation, mais qui nous accompagne dans l’abîme de nos existences, et qui “nous enrichit, par sa pauvreté” (2Cor8-9).

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 03 Oct 2016, 6:24 pm



Citation :
Evangile selon St Luc, chapitre 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ?Déracine-toi et va te planter dans la mer ?, et il vous aurait obéi. « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : ?Viens vite prendre place à table ? ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : ?Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour ? ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ?Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.? »


Le 2 octobre 2016

Homélie de la messe à Paris

Chers amis qui êtes ci avec nous par la télévision, je me réjouis de partager avec vous le souci de l’événement que nous vivons ce week-end : le Congrès Mission qui veut nous aider à renouveler notre élan missionnaire ? Avec vous, je reçois le double appel de saint Paul à Timothée : « ravive en toi le don gratuit de Dieu » et « Garde le beau dépôt de la foi ». Comment articuler cela avec le mouvement missionnaire qui m’invite plutôt à donner ce que j’ai reçu ? Les deux démarches sont-elles conciliables ?

Saint Paul nous rappelle qu’avant de nous soucier de ce que nous allons donner, il nous faut reconnaître qu’en vérité, il y a un don qui nous précède : « Ravive en toi le don gratuit de Dieu ». Ce qui est premier, c’est le don accordé par le Seigneur. Et ce que Dieu donne, dit saint Paul, c’est l’Esprit Saint, « Esprit de force, d’amour et de pondération ». C’est l’Évangile de JESUS Christ qui a « aboli la mort et mis en lumière la vie et l’incorruptibilité ». C’est la foi en JESUS Christ, mort et ressuscité ; car croire est un don de Dieu. Un acte de l’homme certes, qui s’ouvre à la lumière de la prédication, mais d’abord un don de Dieu. Et croire en cela, même si c’est à la mesure d’un grain de moutarde, c’est déjà rentrer dans la logique de l’Évangile qui nous permet de déplacer des montagnes ou de déraciner des arbres pour les plonger dans la mer, parce que désormais nous vivons dans l’excès d’une vérité plus incroyable encore ; la mort est morte, elle est vaincue, JESUS Christ est sorti vivant du tombeau pour nous faire vivre ici et maintenant, avec lui.

Je me suis préoccupé de donner, et me voilà d’abord émerveillé devant la beauté et la grandeur du don que Dieu me fait. Et je me suis dit que si je gardais le don de la foi, je ne jouerais plus le jeu de la mission, mais avec vous, dans le contexte où nous sommes, je prends conscience que garder ne s’oppose pas à transmettre, au contraire.

Le congrès Mission dans lequel nous sommes engagés aujourd’hui nous fait réfléchir aux modalités à mettre en œuvre pour évangéliser notre société, c’est à dire donner, communiquer, transmettre au monde contemporain le trésor que nous avons reçu. Et saint Paul nous y encourage plus que jamais : « n’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur » et « prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile » tout en nous disant : « garde le beau dépôt de la foi ».

En réalité, tout est là, aujourd’hui, pour que nous reprenions conscience que c’est en le transmettant, en l’annonçant, en le partageant et en le donnant que nous gardons le mieux le beau dépôt de la foi. Je m’adresse ici à des enseignants, présents pour cette eucharistie ; vous savez d’expérience que la meilleure façon de s’approprier une matière, c’est de la transmettre. On ne garde pas un savoir comme on capitalise un pactole financier ; on le garde en le communiquant, en le transmettant. Et ce qui est vrai de toute science profane est vrai de la foi.

Pour garder le beau dépôt de la foi, pour raviver en nous le don de Dieu, pas de meilleur moyen que de les communiquer aux autres. Comme de bons serviteurs partis labourer les champs de ce monde pour y ensemencer la Parole de Vie. Et pour cela, il nous faut apprendre à témoigner, à être, comme nous y invite si souvent le pape François, une Église en sortie, une Église qui annonce, à temps et à contretemps, l’immense nouvelle du salut, une Église qui rend compte, explicitement, de l’espérance qui est en elle. Et si nous entrons dans cette audace, avec une foi aussi grosse qu’une graine de moutarde, alors nous verrons se déplacer des montagnes, des arbres être déracinés pour s’enfoncer dans la mer, et mieux encore, des hommes et des femmes faire l’expérience de la miséricorde de Dieu et ainsi être régénérés, par la puissance et la beauté du don, que nous avions en premier reçu.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 10 Oct 2016, 6:40 pm



Luc 17, 11-19

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
JESUS, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent :
« JESUS, maître,
prends pitié de nous. »
À cette vue, JESUS leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de JESUS
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
Alors JESUS prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
JESUS lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.







Homélie de la messe en Avignon 09/10/2016


Frères et sœurs, je ne veux rien savoir parmi vous sinon JESUS Christ et JESUS Christ crucifié, voilà mon Évangile ! Comme ces dix lépreux, moi aussi, je peux m’écrier : « JESUS, maître, prends pitié de moi. » Oui, malheureux homme que je suis, je ne fais pas le bien que je voudrais et je fais le mal que je ne voudrais pas. Cette expérience est la nôtre à tous ; le mal et le péché nous rongent comme une lèpre. Mais heureusement, avec Paul, je peux l’affirmer : «  Grâce soit rendue à Dieu par JESUS Christ. » Il a pris sur lui notre lèpre et, en lui, il nous rend la vie, voilà mon Évangile.

La vie chrétienne ne repose pas sur une morale ou sur des commandements, elle est une vie nouvelle : le pauvre pécheur que je demeure apprend à grandir dans l’intimité de JESUS au souffle de l’Esprit Saint. Et la messe est justement la table des pécheurs à laquelle JESUS nous invite pour nous transfigurer en lui. À chaque eucharistie, nous écoutons la Parole de Dieu et Paul vient de nous le rappeler : « On n’enchaîne pas la Parole de Dieu. » Si nous l’accueillons, si nous laissons la Parole prendre vie en nous, alors notre vie deviendra une vie en Christ. J’oserais vous demander : combien de temps prenez-vous, chaque jour, pour vous asseoir aux pieds de JESUS et écouter sa parole ? Prenez une balance, une de ces vieilles balances Roberval avec ses deux plateaux ; sur l’un, vous mettez tout le temps que vous perdez chaque jour en choses inutiles et sur l’autre, vous mettez le temps que vous passez à vous nourrir de la Parole de l’Évangile. Enfin, regardez de quel côté penche la balance ! Tout chrétien devrait pouvoir passer au moins dix minutes ou un quart d’heure, chaque jour, à laisser la Parole prendre vie en lui. Faites-en l’expérience et vous verrez comment votre vie sera progressivement habitée par JESUS, vous allez apprendre à vivre en lui au souffle de l’Esprit.

À chaque eucharistie, il nous est donné de participer à l’unique sacrifice de la Croix. Nous sommes invités à mettre nos pas dans ceux du disciple bien-aimé ; avec lui au soir de la Cène, nous pouvons nous pencher vers la poitrine de JESUS et entendre battre le cœur de Dieu. Avec lui, sur le chemin du calvaire, nous pouvons contempler JESUS qui porte le péché des multitudes, qui porte mon péché : il n’a plus visage humain, il est une loque humaine, rejeté de tous, défiguré par le péché du monde. Il va jusqu’au bout, il donne sa vie pour la multitude, il meurt à ma place et par sa mort, il me libère de toutes les conséquences du péché. Au pied de la Croix, nous sommes le disciple bien-aimé et nous pouvons assister au jaillissement des sources de la Miséricorde, ces torrents d’amour qui ne cessent de jaillir du cœur transpercé de JESUS pour nous rendre la vie, aujourd’hui encore.

À chaque eucharistie, non seulement nous participons pleinement au sacrifice du Christ, mais le Christ se donne à nous en nourriture pour nous unir à lui et à la fin de chaque messe, nous pouvons dire avec Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » De plus, non seulement je communie au corps du Christ, mais je m’engage à communier avec tous les membres du Corps du Christ. Dans chaque eucharistie, je peux puiser aux sources de l’Amour pour vivre concrètement cette communion en Christ avec tous mes frères et je peux alors aller à la rencontre de tous, jusqu’aux périphéries existentielles du Corps du Christ – pour reprendre l’expression si chère au pape François – et vivre au quotidien en frère universel et en authentique témoin de la Miséricorde. Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 16 Oct 2016, 8:32 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
JESUS disait à ses disciples une parabole
sur la nécessité pour eux
de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville
un juge qui ne craignait pas Dieu
et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville,
il y avait une veuve qui venait lui demander :
‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’
Longtemps il refusa ;
puis il se dit :
‘Même si je ne crains pas Dieu
et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer,
je vais lui rendre justice
pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.’ »
Le Seigneur ajouta :
« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
qui crient vers lui jour et nuit ?
Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare :
bien vite, il leur fera justice.
Cependant, le Fils de l’homme,
quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? »




16/10/2016

Homélie de la messe à Pamplemousses


Ce dimanche 16 octobre marque l’ouverture de la semaine de prière pour les missions. Comment le faire ici, à l’île Maurice, sans évoquer la figure emblématique du Bienheureux Jacques-Désiré Laval. Ce missionnaire français « sortit » de sa Normandie natale et vint chez nous, il y a 175 ans. Il consacra les dernières années de sa vie auprès du petit peuple encore marqué dans leur corps et leur esprit par les cicatrices profondes de l’esclavage. Parce qu’il s’était senti, lui-même, regardé et choisi par l’amour miséricordieux du Christ, le Père Laval, à son tour, leur transmit cette confiance en la miséricorde divine qui ne baisse jamais les bras surtout devant ceux qui ont plongé dans les bas-fonds de l’humanité. Homme de prière, il a su, non seulement les remettre debout, mais c’est aussi parmi eux qu’il a trouvé ses meilleurs catéchistes et ses plus fidèles collaborateurs.

« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ! » Devant l’immensité de la tâche à accomplir, cette invitation à la prière incessante ne cesse de raisonner comme un acte de foi en ce Maître « dont le cœur s’émeut et frémit de compassion face à nos fragilités et nos infidélités ».

Le passage du Livre de l’Exode de la première lecture nous montre le peuple de Dieu avec à sa tête, Josué, engagé dans un combat difficile qui semble perdu d’avance. Moïse l’accompagne vers la victoire en se tenant au sommet de la colline dans l’attitude du priant gardant les mains tendues vers le ciel. L’Évangile nous parle ensuite d’une veuve démunie dont la cause semble perdue d’avance face à un juge qui se moque de la justice. Mais consciente de sa juste cause et loin de se décourager, elle s’obstine dans ses demandes qui finiront par faire céder le juge.

Ces deux textes soulignent la condition essentielle pour accueillir toute mission qui nous est confiée dans l’Église. C’est le constat de notre pauvreté radicale et la petitesse souvent dérisoire de nos moyens. Alors, humblement, dans la prière, peut naître notre acte de foi en ce Dieu qui nous conduira à ne jamais baisser les bras, quel que soit l’énormité des défis qu’il nous faut affronter pour collaborer avec lui au salut de ce monde qu’il aime par-dessus tout.

« Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? ». Voilà une question bien légitime pour toutes les époques et surtout la nôtre qui offre quelquefois le spectacle désolant d’un monde plongé dans une ère de barbarie et de violence qu’on croyait révolue. Heureux alors ces femmes et ces hommes de foi qui vont en mission dans ces points plus exposés de la planète. Ils y vont habiter par leur seule conviction, nourrie de l’Évangile, que la Vie et l’Amour auront le dernier mot sur la mort et la haine. Refusant de baisser les bras, et leurs mains de priants tournés vers le Père, ils deviennent des semeurs de Résurrection là où la résignation enfonce des frères et des sœurs dans la désespérance.

Vers la fin de mon mandat épiscopal, j’ai perçu chez nous les signes d’un peuple en attente qui exprime sa soif d’Évangile, de fraternité, de miséricorde et son désir de mieux faire connaître le visage du Christ, proche et compatissant, au sein d’une société pluriculturelle et plurireligieuse. C’est pourquoi, avec le presbyterium et les forces vives du diocèse, j’ai mis en œuvre un projet de nouvelle évangélisation à la lumière de ce que les papes récents ont souhaité pour toute l’Église. Ce projet s’appelle Kleopas, en mémoire d’un des disciples d’Emmaüs que le Christ Ressuscité a rejoint sur sa route et transformé. Au fur et à mesure que nous avancions dans ce projet, je prenais conscience de l’énormité des défis à relever et de la pauvreté de nos moyens pour y faire face. Que faire ? Fallait-il « sagement » renoncer à un projet devenu réponse à un vœu de l’Église ? Non ! Humblement, nous avons porté ce projet dans la prière et avec mes collaborateurs, je l’ai accueilli comme un grand acte de foi. J’ai promulgué récemment les décrets qui, avec l’aide de l’Esprit Saint, guideront la mise en place de l’immense chantier de cette nouvelle évangélisation. Que le Dieu de Miséricorde nous accompagne et nous soutienne dans cette entreprise qui vise à faire mieux résonner la Bonne Nouvelle qui seule peut transformer nos vies.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 24 Oct 2016, 8:03 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 18

En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
JESUS dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
‘Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




Le 23/10/2016

Homélie de la messe à Rennes

Il est émouvant, ce publicain. Je l’aime bien : je lui ressemble. Car je n’ai jamais trouvé que j’étais digne de prier. Quand j’étais plus jeune, quand j’avais vingt ans, je n’osais pas prier. Je me sentais si médiocre. À l’intérieur, je veux dire ; car à l’extérieur, j’étais très orgueilleux. Beaucoup de garçons de vingt ans sont comme cela. Mais notre publicain, lui, murmure sa prière. Et cette prière, qui est une prière de pauvre, monte au Seigneur en traversant les nuées, comme dit Isaïe, en crevant la brume de l’habitude, de la crainte, du péché, de la solitude. C’est une prière irrégulière, une prière sauvage et c’est la prière que Dieu préfère.

L’Évangile est rempli de ces suppliants irréguliers. Les petits enfants, les fils ingrats, les pécheresses, les étrangers, les soldats, les publicains, tous ceux qui s’accrochent à JESUS comme le naufragé à une planche. Et toujours, JESUS les accueille. Même quand les disciples leur font barrage.

Et parce que je n’ai plus vingt ans, j’ai appris qu’en vérité, toute prière est une prière de pauvre comme celle du publicain. Et que l’Église est l’assemblée immense de tous ces priants secrets. Que dans la rue, dans le métro, au travail, depuis un lit d’hôpital, devant la télévision comme vous, frères et sœurs, qui regardez la messe télévisée – non, qui participez à la messe, parce que vous priez devant votre poste -, qu’en prison, comme les prisonnières de la prison centrale de Rennes à qui nous nous associons aujourd’hui, partout des prières jaillissent. Des prières malhabiles, des louanges insuffisantes, des demandes que nous ne méritons pas de formuler, ces prières-là, ces pauvres prières intimes, ces prières de pauvres, sont celles que Dieu préfère.

Être chrétien, frères et sœurs, ce n’est pas d’abord faire ceci ou cela. D’abord, un certain nombre d’entre nous ne peuvent rien faire. Trop vieux, ou trop fatigué, ou privé de liberté, ou empêtré dans notre vie et ses contradictions. Être chrétien, ce n’est pas d’abord dire ceci ou cela. D’abord, un certain nombre d’entre nous ne peuvent rien dire. Leur parole est trop embarrassée, comme celle de mes scouts quand ils doivent faire un témoignage de foi pour la fin de la veillée. Être chrétien, c’est ne même pas arriver à lever les yeux au ciel et cependant, laisser jaillir de son cœur la joie et le regret, la crainte de ne jamais arriver à être saint et l’espoir de le devenir quand même. C’est toucher une statue, faute de mieux, allumer une bougie, pousser un soupir, murmurer un « Je vous salue Marie » ; c’est déverser le fardeau en vrac parce qu’il est devenu trop lourd, c’est tout confier sans ordre, sans méthode, sans précaution.

C’est dire à Dieu : « Je suis là. Prends-moi dans ta miséricorde. J’ai quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante, plus. Je ne sais pas très bien où j’en suis, ou bien je le sais trop. Mais prends-moi dans ta miséricorde. Je ne suis pas digne de toi, Seigneur, mais sans toi, je ne peux pas avancer. »

Car cette prière-là, cette prière nue, cette prière fondamentale, la plus pauvre qui soit, déchire les nuées et saisit le cœur de Dieu. N’ayez pas peur de votre prière. Laissez-la jaillir librement. Un père n’attend qu’une chose de ses enfants, si loin qu’ils soient de lui : qu’ils l’appellent. Alors, de son cœur touché comme par une lance, jaillit sa force et son amour, et sa joie.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 30 Oct 2016, 8:38 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 19, 1-10

En ce temps-là,
entré dans la ville de Jéricho, JESUS la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était JESUS,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir JESUS qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit,
JESUS leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit
et reçut JESUS avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors JESUS dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »

– Acclamons la Parole de Dieu



Homélie de la messe à Walcourt


Il suffit parfois de commencer par un simple regard, souligne le psychiatre Boris Cyrulnik, pour qu’un être humain puisse entrer en résilience. Un simple regard et voilà qu’un homme, une femme ou enfant peut se libérer de ses drames intérieurs pour marcher à nouveau librement sur le chemin de sa propre vie. Un simple regard comme celui porté par JESUS sur la personne de Zachée. Le Fils de Dieu a d’abord choisi de parler par ses yeux. Il pose son regard sur celui qui cherchait aussi à le voir. Nous assistons à une rencontre de deux regards, l’un humain et l’autre divin. Et à notre tour, nous sommes conviés à nous interroger sur nos propres manières de nous regarder les uns les autres. Il est essentiel de le savoir car tous nos regards dévoilent quelque chose de l’âme de l’être que nous sommes.

Me viennent à l’esprit, ces simples regards de douceur où s’exprime tout l’amour. De tels yeux, nous réchauffent à jamais le cœur et s’inscrivent dans la mémoire de nos sentiments. Il suffit également d’un simple regard pour dire toute la complicité entre deux êtres ou encore pour exprimer de la compréhension, voire de la compassion à ce qui se vit ou à ce qui vient d’être dit. Me viennent également à l’esprit, ces regards de confiance où tant de choses ont pu se partager sans qu’aucun mot n’ait été prononcé. Nos yeux ont si bien parlé. Tout simplement. Tout tendrement. De tels regards nous font grandir en humanité. Ils sont nécessaires à notre croissance, à notre devenir car ils nous façonnent et nous ouvrent de la sorte le regard vers un horizon de paix intérieure.

Mais à côté de ces regards bienveillants, il y également des regards qui nous glacent à jamais tellement ils expriment la froideur de ce que l’autre ressent à notre égard. Il s’agit, cette fois, de regards où notre interlocuteur nous fait comprendre dans le silence de ses yeux à quel point nous n’avons aucune valeur. Rien de pire alors que d’être confronté à ces regards de jugement, ces regards de condamnation comme si l’autre avait la prétention de croire qu’il nous connaissait mieux que nous-même. De tels regards sont humiliant, dégradant, enfermant, car ces yeux-là nous annihilent sur place, à l’instant même où ils croisent notre propre regard.

Un regard n’est donc jamais neutre. Un regard aimant rend une personne aimée. Il est d’une certaine manière le miroir de l’âme offerte à la contemplation de tous ceux et celles qui nous regardent. Il est cette offrande infinie que nous cherchons à déchiffrer chez l’autre afin de pouvoir entamer une relation à vivre en vérité. N’oublions jamais que le tréfonds de notre âme n’est offert qu’au regard bienveillant de Dieu. Lui et lui seul peut nous connaître dans le plus intime de notre cœur là où aucun être humain ne pourra jamais prétendre avoir la connaissance de l’être que nous sommes. Il y a en chacune et chacun de nous un jardin secret où seul Dieu peut venir se promener. Il y a en nous une part de mystère qui nous dépasse et auquel seul le divin peut accéder. Cette partie de notre être lui est réservée. Elle contient toutes les potentialités de ce que nous sommes appelés à devenir un jour, que ce soit dans cette vie-ci ou dans l’au-delà. Trop souvent, nous voyons chez les autres leurs imperfections, leurs manquements et nous nous arrêtons à ces premières impressions. Nous portons un regard humain qui juge et nous nous enfermons dans celui-ci.

Il en va tout autrement pour Dieu d’après l’évangile de ce jour. Sans pour autant fermer les yeux sur nos manques d’amour, Dieu pose sur nous un regard de bienveillance et de miséricorde pour que nous puissions nous convertir, c’est-à-dire revenir à Lui et vivre ajustés à ce qu’Il attend de nous. Le regard divin ne nous enferme jamais lorsque nous trébuchons. Il nous reprend à notre rythme, il nous relève pour que nous nous détournions de ce qui nous empêche de devenir nous-mêmes. Le Fils JESUS, notre frère, voit en chacune et chacun de nous ce saint qui sommeille et toute cette lumière que nous sommes appelés à découvrir, à devenir. Comme pour Zachée, le Christ pose aujourd’hui encore sur nous un regard bienveillant de compassion et de miséricorde. Un regard nous appelant à exister mais à exister autrement. En inscrivant notre vie en Dieu, nous l’écrirons dorénavant avec l’encre de l’Esprit Saint. Cette encre indélébile nous conduit à ne poser que des actes d’amour révélant ainsi la divinité existant au cœur de notre humanité. Puissions-nous alors, à notre tour, apprendre à nous regarder les uns les autres avec les yeux de Dieu. Amen
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 07 Nov 2016, 8:52 pm



Commentaire de l'Évangile du dimanche 6 novembre 2016


(RV) Voici le commentaire de l'Évangile pour ce dimanche 6 novembre 2016, 32e dimanche du Temps ordinaire. Le père Montavit s'appuit sur le texte de l'Évangile selon saint Luc, chapitre 20, versets 27 à 38 : «Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants».



L’Évangile de ce jour parle de la vie éternelle. Des sadducéens, qui ne croient pas en la résurrection, présentent un cas à JESUS : une femme meurt après avoir épousé, successivement, sept frères, chacun d’eux ayant essayé, en vain, de donner une descendance au première frère qui avait épousé cette femme. A la résurrection, duquel de ces frères sera-t-elle l’épouse ? Voici donc la question qui occupe l’esprit des sadducéens.

JESUS répond clairement : «Les enfants de ce monde qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection» (Lc 20,35-36). La réponse de JESUS est éclairante à bien des égards.

Tout d’abord, JESUS montre que les réalités qui nous attendent dans le monde à venir ne sont pas accessibles à notre entendement. Cela nous échappe. L’erreur des sadducéens est la même, principalement, que celle de notre monde contemporain : le rationalisme. Ce que ma raison ne peut saisir, ne peut démontrer, je le rejette et le considère comme faux. En d’autres termes, nous ne sommes pas en mesure de définir scientifiquement la vie après la mort, alors ce qui peut être dit à ce sujet est une invention des hommes. Et c’est là qu’intervient l’enseignement de JESUS. JESUS nous révèle que nous sommes appelés au bonheur après la mort. C’est ce que nous enseigne le discours des Béatitudes : «Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux» (Mt 5,3).

Ces paroles du Christ rejoignent l’attente la plus profonde du cœur de l’homme, ce qu’il cherche tout au long de sa vie sans jamais pouvoir le saisir pleinement : le bonheur. Mais comment cela se fera-t-il ? Personne ne peut y répondre. Accepter de ne pas tout maîtriser est le commencement d’un chemin de foi. C’est un acte d’humilité qui nous place sous le regard bienveillant de notre Père du Ciel. Mais tout cela n’est possible que si nous avons rencontré la personne du Christ. En le connaissant, nous savons que ses paroles sont véridiques et qu’elles ne trompent pas. Elles donnent une paix que le monde ne peut pas donner.

JESUS, cependant, nous donne une précision supplémentaire. Il dit, qu’au Ciel, les hommes ne se marient pas «car ils ne peuvent plus mourir» (Lc 20,36). Le désir d’avoir des enfants qui habitent le cœur de tout homme, est une manière de ne pas mourir, de laisser un peu de soi, dans le monde, après sa mort. Or, dans le Royaume des Cieux, il n’y a plus de mort. Nous sommes, en fait, en dehors du temps tel que nous le connaissons sur terre. Voilà pourquoi il est inutile de chercher sans cesse comment nous vivrons au Ciel. Ce à quoi nous sommes appelés, c’est à vivre le présent, et à le vivre en écoutant les enseignements de JESUS afin de nous préparer à l’éternité.

En ce jour, prions pour vivre pleinement l’appel de Dieu aujourd’hui. C’est le meilleur moyen de préparer notre éternité avec JESUS, dans les Cieux.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 15 Nov 2016, 9:10 pm





Homélie du dimanche 13 novembre 

Dimanche 13 novembre 2016
Trente-troisième dimanche du temps ordinaire

Références bibliques :

Du livre de Malachie : 3. 19 à 20 : “Le Soleil de Justice se lèvera et apportera la guérison dans son rayonnement. »
Psaume 97 : “ Acclamez le Seigneur, car il vient. »
Lecture de la seconde lettre de saint Paul aux Thessaloniciens: 3. 7 à 12 : “Qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné. »
Evangile selon saint Luc : 21. 5 à 19 : “C’est par votre persévérance que vous êtes maîtres de votre vie. »


***

A partir de ce dimanche et jusqu’au premier dimanche de l’Avent, les passages de l’Evangile, y compris ceux que nous lisons en semaine d’ailleurs, concernent l’achèvement de l’Histoire. Plus que l’attente du Messie, le véritable commencement de l’Histoire est la venue du Seigneur parmi les hommes, et son achèvement de l’Histoire est le retour du Christ à la « fin des jours ».

LE JOUR DU SEIGNEUR

La première lecture de la liturgie de la Parole est tirée du livre de Malachie, qui est le dernier dans le classement habituel de l’Ancien Testament, est très court. Plusieurs passages en ont été repris soit par Jean le Baptiste, soit par le Seigneur JESUS lui-même.

Il fut écrit un peu moins de 500 ans avant JESUS-Christ. Le peuple d’Israël est revenu de son exil à Babylone et le temps a été reconstruit. Ce devrait être la joie. En fait, c’est l’échec. La grande masse du peuple ne s’est pas convertie. Beaucoup de prêtres sont indignes de leur charge. Les fidèles s’interrogent alors et ils sont tentés de dire comme les mécréants : »Inutile de servir Dieu. » (Mal. 3. 14)

Dieu répond par son prophète en affirmant qu’il prépare le jour où, enfin, l’on verra clair : »Alors, vous verrez à nouveau la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. » (3. 18) La clarté et la chaleur de ce jour seront une fournaise ardente pour les arrogants qui brûleront comme de la paille. (Mal. 3. 19 et Luc 3. 17) Ceux qui respectent Dieu seront, au contraire, guéris par son rayonnement. (Mal 3. 20)

Saint Jean le Baptiste emploie cette image de la paille (Luc 3. 17). Elle se retrouve également chez saint Paul quand le feu du jugement prouvera ce que vaut l’oeuvre de chacun (1 Cor. 3. 13).

L’image que Malachie emploie pour le Jour du Seigneur, « une fournaise ». « Ce feu ne laissera ni racine ni branche » a été aussi employée par le Précurseur « Tout arbre qui ne produit pas de bon fruits va être coupé et jeté au feu. » (Luc 3. 9)

A l’opposé, ce Jour du Seigneur verra se lever le soleil de justice, sa lumière et sa chaleur bienfaisante sur ceux qui craignent le nom de Dieu, qui l’adorent et le servent. Zacharie, dans son action de grâce, salue la visite « de l’astre levant venu d’en haut » (Luc 1. 78).

Au début de son Evangile, l’apôtre saint Jean parle de cette lumière qui est le Verbe de Dieu. Toutes ces images n’évoquent pas la toute proche fin des temps, sur un ton de catastrophe comme certains le répètent encore de nos jours. C’est le contraire. Les temps messianiques sont commencés et il ne faut pas se tromper d’avenir.

Les chrétiens ne sont pas dans une attente intemporelle comme l’étaient et le sont encore les Juifs. Ils ne sont pas en fuite vers une éternité qui s’annonce dans le malheur. Ils

Nous croyons que l’Eternel est déjà venu dans le temps, depuis que le Verbe de Dieu s’est fait chair (Jean 1. 14) et qu’il reviendra un jour dans la Gloire.

UNE ATTENTE VECUE DANS LE CALME QUOTIDIEN

C’est vrai que certaines lectures et certains chants de l’office des défunts, que nous commémorerons le 2 novembre, paraissent terrifiantes. C’est ainsi que l’on comprendra ce « Dies Irae » si on en reste à la surface humaine des termes employés, alors qu’ils expriment toute la profondeur de la miséricorde divine.

« Acclamez Dieu, car il vient » chante le psaume de ce dimanche. Notre attitude ne doit donc pas être faite de peur, devant l’avenir que Dieu nous ouvre, pas plus qu’elle ne doit rester inactive. Saint Paul rappelle à l’ordre les Thessaloniciens qui étaient des frénétiques du retour du Christ sur terre : la proximité du Royaume de Dieu ne doit pas servir de prétexte à l’oisiveté qui est, selon l’adage populaire » mère de tous les vices.

A ceux qui sont « affairés sans rien faire », il donne cette recommandation : »Qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné. » (2 Thes. 3. 12)

En reprenant le même thème, saint Paul ajoutera dans sa lettre aux Ephésiens : »Qu’il prenne plutôt la peine de travailler honnêtement de ses mains, afin d’avoir de quoi partager avec celui qui est dans le besoin. » (Eph. 4. 28)

NE VOUS LAISSEZ PAS EGARER.

Saint Luc tient à reprendre les différents plans historiques qu’évoque JESUS: la destruction du temple, dont « il ne restera pas pierre sur pierre »; la venue dernière « qui ne sera pas tout de suite » et, entre les deux, un temps intermédiaire « Il faut que cela arrive d’abord. »

La persécution, le témoignage et la présence du Christ y sont intimement liés, comme dans le discours après la Cène (Jean 14 à 17) sont intimement associés la haine du monde et l’envoi du Paraclet », de l’Esprit consolateur et protecteur.

La venue dernière, « la fin du monde », n’est pas présentée comme une fin en soi et un anéantissement, mais comme les déchirements qui sont les douleurs d’un enfantement comme le dit JESUS en saint Matthieu 24. 8. C’est donc à nous de voir clair, de ne pas nous laisser égarer, de rester confiants malgré tout, quelles que soient nos épreuves.

Le Christ le répète à ses disciples : »Prenez garde de ne pas vous laisser égarer… ne vous souciez pas de votre défense …pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » Cette nécessaire persévérance a été soulignée par saint Paul aux Thessaloniciens (1 Thes. 3.5).

Saint Luc, son disciple, rappelle que c’est une parole de JESUS qui la fonde : »C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

Le texte grec, qui est celui de saint Luc, est plus fort en ce qu’il exprime. Cette maîtrise constante, cette fidélité, est l’un des aspects de l’espérance elle-même et non pas une insensibilité aux coups reçus. Dans cet effort de « constance », nous savons que nous ne sommes pas seuls : « je vous inspirerai un langage et une sagesse » . A l’inverse, ce seront nos adversaires qui ne pourront « nous opposer ni résistance, ni contradiction ». (Luc 21. 15)

***

« Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité », nous fait dire l’oraison du début de la liturgie eucharistique, même si nous ne sommes pas dans les situations décrites par l’Evangile.

Prions aussi pour nos frères qui, dans bien d’autres pays, doivent encore témoigner de leur foi et de leur attachement au Christ que ce soit au Moyen-Orient ou dans certaines régions de l’Asie. « Etends au monde entier le salut et la paix. Affermis la foi et la charité de ton Eglise au long de son chemin sur la terre. » (Prière eucharistique III)




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 22 Nov 2016, 8:06 pm



Commentaire de l'Évangile du dimanche 20 novembre 2016


(RV) Voici l'Évangile de ce dimanche 20 novembre 2016, solennité du Christ Roi de l'Univers. Le père Pascal Montavit revient sur l'extrait de l'Évangile de Luc, chapitre 23, versets 35 à 43 : «JESUS, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume»


Nous célébrons aujourd’hui le Christ, Roi de l’Univers. L’évangile nous présente JESUS, cloué sur la Croix et raillé par le peuple, les soldats et un des deux malfaiteurs crucifiés à côté de lui. Voyons comment ce récit de la Crucifixion nous révèle la Royauté de JESUS.

Le peuple regarde JESUS crucifié, et ses chefs ricanent : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu » (Lc 23,35). Cette réaction du peuple montre combien il est difficile pour l’homme, de tout temps, de reconnaître son Sauveur en celui qui est crucifié ! Le prophète Isaïe le dit clairement : « Objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas. Or, ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé » (Is 53,3-4). JESUS meurt sur la Croix pour que nous ayons la vie ! Si JESUS a choisi ce moyen pour nous sauver, c’est pour nous montrer le chemin, c’est à dire pour que nous nous laissions réconcilier avec nos propres croix. Nos croix, nos souffrances, offertes à Dieu, portent un fruit qui demeure dans l’éternité. La royauté du Christ ne se comprend pas selon les critères de ce monde. Le sacre de JESUS, Roi de l’Univers, c’est la Croix. Cela, le peuple ne peut pas le comprendre. De même, nos contemporains regardent souvent avec défiance le christianisme et son discours sur la Croix. Afin de voir, dans la Croix, le signe de l’Amour infini de Dieu, demandons à l’Esprit Saint de nous ouvrir les yeux.

Les soldats surenchérissent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même » (Lc 23,37). Les soldats ne raisonnent pas comme le peuple qui dit : « Si tu es le Messie… », mais en termes de pouvoir : « Si tu es le roi… ». JESUS lui-même, lors de son procès dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici » (Jn 18,36). Le royaume du Christ, le royaume où tous les hommes sont invités s’ils acceptent de reconnaître la Seigneurie de JESUS, est dans les Cieux : Il nous y attend après notre vie sur terre. Cela ne signifie pas que nous devions nous désengager ou nous désintéresser de notre vie présente, de la vie de notre pays, mais cela nous appelle à regarder plus loin que l’instant présent. Notre regard est tourné vers les Cieux d’où nous viendra le secours.

Enfin, viennent les deux malfaiteurs, crucifiés à droite et à gauche de JESUS. L’un des deux l’injurie : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » (Lc 23,39. L’autre implore JESUS : « JESUS, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne » (Lc 23,42). C’est devant la Croix que l’humanité se divise. Certains accueillent ce Messie souffrant sur la Croix et reçoivent sa Miséricorde. D’autres se rebellent et se condamnent.

En ce jour, nous pouvons reprendre cette prière du bon larron : « JESUS, souviens-toi de moi ». Humblement, reconnaissons-nous pécheurs, mais pécheurs repentis et pardonnés par JESUS.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 27 Nov 2016, 8:09 pm



En ce dimanche 27 novembre 2016, premier dimanche de l'Avent, le père Pascal Montavit commente pour nous l'Evangile selon Saint Matthieu, chapitre 24, versets 37 à 44.



Aujourd’hui, nous entrons dans le temps de l’Avent. L’évangile du jour nous parle de l’avènement du Fils de l’homme et nous invite à méditer sur le retour en gloire de JESUS. Parler de cette seconde venue du Christ nous prépare à célébrer sa première venue, dans le sein de la Vierge Marie, à Noël, mais aussi toutes les fois où le Christ vient vers nous et frappe à la porte de notre cœur. En lisant l’évangile de ce jour, voyons comment nous préparer à cette venue de JESUS, dans le quotidien de notre vie.

Tout d’abord, une comparaison est faite avec les jours de Noé : « A cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera l’avènement du Fils de l’homme » (Mt 24,38). D’une part, nous voyons l’insouciance de l’homme qui mène sa vie au quotidien d’une manière qui est saine, certes – manger, boire et se marier fait partie de l’ordre naturel et bon de la vie - mais qui oublie sa dimension spirituelle. L’homme est corps et esprit : les deux ont besoin d’être nourris. Se concentrer uniquement sur l’une de ces deux dimensions, c’est marcher avec une seule jambe ! D’autre part, nous voyons l’importance de l’intercession du juste. Si Dieu retient le déluge, c’est parce que Noé est sur terre. La prière de Noé sauve sa génération pendant un temps. Puis vient le moment où tout homme, personnellement, doit se décider face à Dieu. Attendre la venue du Christ, au plus intime de nous-mêmes, c’est entrer dans l’attitude de Noé qui intercède pour sa génération et permet que le temps de la Miséricorde soit prolongé.

Ensuite, JESUS dit : « Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée » (Mt 24,40-41). Ce n’est donc pas l’activité que nous faisons qui déterminera notre vie future, mais plutôt ce qui nous habite, ce qui nous fait vivre au plus profond de nous-mêmes. Là encore, l’évangile de ce jour résonne comme une invitation à nous unir au Christ en tout ce que nous faisons. Nous pouvons réaliser chacune de nos activités en présence de JESUS, le faire pour sa gloire et avec son soutien.

Puis, JESUS termine en disant : « Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra » (Mt 24,42). Etre disciple de JESUS signifie se mettre dans une attitude de veille afin d’être prêt pour son retour. Le quotidien, avec ses difficultés, peut obscurcir nos pensées, nous accaparer au point d’oublier que ce qui est éternel, c’est notre âme, pas notre corps et ses désirs parfois impérieux.

Ce temps liturgique de l’Avent, qui nous prépare à la venue de JESUS-enfant le jour de Noël est un appel à la prière. Comme il est important, pour l’homme, de savoir s’arrêter, se poser et donner du temps à Dieu. Lorsque nous ne le faisons pas, nous pouvons facilement perdre la paix et notre vie perd son sens. Cette spirale de l’oubli de Dieu peut nous entraîner au désespoir, à la perte du goût de la vie. Offrons du temps à Dieu afin que notre cœur puisse se préparer à l’accueillir pleinement le jour de Noël !





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 04 Déc 2016, 10:47 pm



Citation :

Evangile : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
En ces jours-là,
paraît Jean le Baptiste,
qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole
prononcée par le prophète Isaïe :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.

Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau,
et une ceinture de cuir autour des reins ;
il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain
en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens
se présenter à son baptême,
il leur dit :
« Engeance de vipères !
Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes :
‘Nous avons Abraham pour père’ ;
car, je vous le dis :
des pierres que voici,
Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :
tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau,
en vue de la conversion.
Mais celui qui vient derrière moi
est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner,
il va nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera son grain dans le grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe en l’église Saint-Eloi à Paris


En 1999, j’ai fait le pèlerinage de Compostelle à Pied depuis lourdes. Un jour, je me reposais à une étape lorsque je vois arriver un groupe d’Italiens qui faisait le pèlerinage à vélo. J’étais très agacé ! Je trouvais nul de faire le « pélé » à vélo, car ils ne peuvent pas entrer dans la démarche lente, nécessaire au pèlerinage. Et puis, regardez-les avec leur tenue fluo et leurs lunettes de frimeurs.

Le soir venu, l’un d’entre eux m’a invité à diner una buona pasta ! Lorsque je suis arrivé à table, ils ont remarqué mon col romain. Ils ne savaient pas que j’étais prêtre car j’avais lavé ma chemise qui était en train de sécher. L’un d’eux m’a dit aussitôt : « Nous aussi, nous sommes comme toi ».
 Je l’ai regardé étonné. Il a repris : « Nous sommes tous des anciens drogués et nous sommes dans un centre de désintoxication fondé par un prêtre. La plupart d’entre nous étaient encore à la cocaïne il y a quelques semaines. Nous faisons ce pèlerinage pour guérir. Tu ne peux pas savoir ce que ça représente pour nous de faire 50 kilomètres de vélo par jour. C’est dur ! La drogue nous sort de partout, mais on y arrivera ! »

J’étais stupéfait. Et moi qui les prenais pour des pèlerins de seconde catégorie. Puis le jeune homme m’a demandé : « Est ce qu’on peut assister à ta messe demain matin avant de repartir ? » Le lendemain, à 6 heures du matin, ils étaient tous là : Castori, Marco, Sergio, Tony, Gabriele, Enrico, Denis, Davide, Giovanni, Armando, Vincenzo et Marco. Douze apôtres de l’Évangile des drogués. Je leur ai demandé d’inscrire leur prénom sur un bout de papier. Chaque fois que je célèbre la messe en voyage avec ma petite valise-chapelle, je sors ce précieux papier et je prie pour eux. Et je demande à Dieu de ne jamais oublier ce qu’ils m’ont appris et que nous venons de lire dans la première lecture : « Ne juge pas selon les apparences », car Dieu seul connaît le secret des cœurs.

A propos d’apparence, regardons Saint Jean Baptiste. A l’époque de JESUS, les juifs et les romains s’habillaient avec de belles tuniques tissées. Mais Jean baptiste était complétement décalé, habillé comme à l’époque de la préhistoire, avec une peau de chameaux. Pourquoi portait-il un tel vêtement ? Il voulait sans doute manifester aux foules qui venaient le voir qu’il était en décalage avec l’esprit du monde. Son message était clair : « convertissez-vous, tournez-vous vers Dieu, peu importe vos modes de vie, ce qui compte, c’est de vous purifier de vos péchés par l’eau, et d’allumer dans vos vies le feu du Saint Esprit ! »

Le temps de l’Avent est un temps propice à la conversion pour mieux accueillir la lumière de Noël. Je vous propose donc que notre effort de conversion de cette semaine se porte sur un péché qui nous colle encore trop facilement à la peau, à vous et à moi : le péché des étiquettes ! Que de jugements et de critiques sur ceux qui n’entrent pas dans nos cases ! Je vais prendre un exemple très simple auquel nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre : l’habit ecclésiastique. Certains prêtres aiment se promener dans la rue en clergyman, d’autres confrères sont plus à l’aise en civil avec une petite croix, et d’autres préfèrent la soutane. Sur ce sujet, nous entendons de tout. A propos de ceux qui sont en civils : c’est de leur faute si l’Eglise est en crise car ils ont perdu la visibilité ! Et à propos de ceux qui sont en soutane : regarde le celui-là, on se croirait au carnaval ! Ce que nous devrions plutôt reconnaître, c’est qu’ils ont tous la même motivation : les anciens ont quitté la soutane pour se rapprocher des gens, et ceux qui la remettent aujourd’hui le font eux aussi pour se rapprocher des gens !

Alors pendant ce temps de l’Avent, faisons tous un effort pour ne pas juger sur les apparences, ne collons plus d’étiquettes. Purifions-nous en allant nous confesser de ce péché et demandons au Saint Esprit de mettre le feu de l’amour à la place de la brûlure du jugement ! Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 13 Déc 2016, 7:31 pm


Citation :

Evangile : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,
des œuvres réalisées par le Christ.
Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda :
« Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? »
JESUS leur répondit :
« Allez annoncer à Jean
ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue,
et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés,
et les sourds entendent,
les morts ressuscitent,
et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient,
JESUS se mit à dire aux foules à propos de Jean :
« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?
un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ?
un homme habillé de façon raffinée ?
Mais ceux qui portent de tels vêtements
vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ?
un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi.
Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d’une femme,
personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui. »

– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie de la messe à Lyon 11/12/2016


Dimanche dernier, nous étions déjà avec Jean-Baptiste. C’était avant la venue de JESUS, avant son baptême. C’était bien légitime : le temps de l’Avent précède l’arrivée du Christ. Quoi de plus normal d’attendre JESUS avec celui qui a préparé sa venue. Mais aujourd’hui, l’affaire est autre. Nous retrouvons certes Jean-Baptiste, mais bien après le début de l’activité de JESUS. Le baptiste est en prison tandis que JESUS est déjà connu dans tout le pays. Étonnant non ? Un tel récit deux semaines avant Noël ! On attendrait un évangile du début, et on est en plein milieu de la vie publique de JESUS. Quel chemin d’Avent la liturgie veut-elle nous faire emprunter ? Au moins trois choses peuvent nous faire grandir aujourd’hui. Dans cet évangile, trois points de conversion nous orientent vers Noël.

Remarquons d’abord que Jean-Baptiste est emprisonné. Il est en train de vivre ce que JESUS lui-même subira plus tard. Le Baptiste ne s’est pas contenté d’annoncer JESUS par la parole, il l’annonce par sa vie. Il n’est pas seulement précurseur par la parole. Il l’est parce que, comme JESUS, avant JESUS, il a proclamé le Royaume, il a baptisé, il a été emprisonné. Comme JESUS et avant lui, il sera exécuté de manière injuste par le tyran. Notre chemin de l’Avent prend ici son premier virage. Préparer Noël, préparer la venue de JESUS, c’est conformer notre vie à celui que nous attendons. Préparer Noël, ce n’est pas seulement attendre ou rêver. C’est vivre, aujourd’hui, dans notre chair, de la présence même de JESUS. Première conversion : ajuster sa vie à celle de JESUS.  Remarquons ensuite l’attitude de Jean-Baptiste vis-à-vis de ses disciples. Ces derniers ne savent plus où donner de la tête. Leur maître est en prison. Et Jean-Baptiste les envoie à JESUS. Il pourrait les garder pour qu’ils le réconfortent dans sa geôle. Il préfère leur permettre de reconnaître que JESUS est vraiment le sauveur. Il s’efface car c’est le seul moyen pour que ses disciples rencontrent JESUS. Le Baptiste a dit ailleurs : il faut que JESUS grandisse et que moi je diminue.

Nous prenons ici notre deuxième virage sur ce chemin de l’Avent. Préparer Noël, c’est faire taire notre égo. Préparer Noël, c’est arrêter de se mettre au centre pour pouvoir y placer JESUS. Comment sinon reconnaître le petit enfant de la crèche ? Notre monde suscite les orgueilleux. Et pourtant, il a besoin des humbles. Telle est notre deuxième conversion : entrer dans l’humilité pour accueillir JESUS. Remarquons enfin ce que dit JESUS de Jean-Baptiste : « Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. » JESUS déclare que le Baptiste est le plus petit dans le royaume. Il est plus petit que tous les baptisés. Il est plus petit que chacun de nous. C’est surprenant, c’est choquant même, mais c’est vrai. Comme homme, Jean-Baptiste est plus grand que nous. Mais comme chrétiens, nous sommes plus grands que lui. Au cours de sa vie, lui n’a pas reçu la grâce du baptême.

Voici notre troisième virage sur le chemin de l’Avent. Préparer Noël, c’est prendre conscience de l’immense grandeur qu’apporte celui qui vient. Préparer Noël, c’est recevoir une dignité plus grande que nous ne pouvons l’imaginer. C’est entrer dans la grâce. C’est être grand. C’est être beau. C’est être relevé. C’est être aimé. Voilà notre troisième conversion : redécouvrir combien JESUS nous rend magnifique ?

Cette semaine, à Lyon plus qu’ailleurs, nous avons célébré la Vierge, en son immaculée conception. Nous sommes encore tout imprégnés de cette fête. Marie est notre modèle pour avancer dans notre triple conversion. Qui mieux qu’elle a conformé sa vie à celle de JESUS ? Qui mieux qu’elle fût une humble servante de Seigneur ? Qui comme elle est créature magnifique, préservée par la grâce ? Comme disent les anciens, elle est l’étoile de l’Avent, resplendissante. Qu’elle brille sur notre chemin vers Noël pour que nous avancions, humbles, dignes et confiants, jusqu’à l’enfant de la crèche.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 19 Déc 2016, 9:28 pm






Citation :
JESUS naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu
Voici comment fut engendré JESUS Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de JESUS
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,
qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.

– Acclamons la Parole de Dieu.






Homélie de la messe à Croix 18/12/2016


Frères et sœurs, chers amis,

Les fêtes de Noël approchant, plusieurs parmi vous auront peut-être déjà installé une crèche dans leur maison et profité de l’occasion pour revenir, seul ou en famille, sur l’histoire des personnages qui la composent : je pense au petit JESUS bien entendu, mais aussi à Marie, aux anges, aux bergers, aux mages, sans oublier le bœuf et l’âne gris ! D’eux, nous savons à peu près la part qu’ils ont prise à l’événement. Mais Joseph le charpentier, cet homme à la parole rare et au regard songeur, qu’a-t-il fait au juste ? Souvent, et probablement sans trop réfléchir, nous plaçons son santon à l’ombre de celui de Marie, en léger retrait, comme si tout s’était passé sans lui. Or l’évangéliste Matthieu est formel : si Joseph n’avait pas été là, il n’y aurait pas eu de Noël, du moins de Noël tel que nous le connaissons aujourd’hui !

L’affaire était pourtant mal engagée… Que faire en effet de cette fiancée enceinte d’un autre que lui ? En temps normal, la loi de Moïse interdit de prendre sous son toit une femme qui n’a pas gardé sa virginité. Comme tout juif pieux en pareille circonstance, Joseph ne peut donc pas accueillir Marie. Je vous laisse imaginer ici les hésitations de son cœur et les nuits passées à chercher une solution ! Se refusant à assumer une paternité qui n’est pas la sienne, il choisit finalement de la répudier en secret afin de ne pas salir davantage sa réputation. Mais voilà… Dieu, qui par son Esprit œuvre déjà dans la vie de Marie, va s’approcher de lui par la voix de son ange. A rebours de ce qu’exige la loi, il lui demande d’infléchir son projet et de ne pas avoir peur de prendre chez lui son épouse. Il lui demande surtout de donner un nom au garçon qui va naître, c’est-à-dire de l’accueillir dans sa famille et de s’engager à l’aimer comme son propre fils. Bref, Dieu demande à Joseph d’accepter cette vocation aussi merveilleuse qu’éprouvante d’être père. Et Joseph a dit oui.

Vous le savez : cet acquiescement tacite le conduira sur des routes parfois périlleuses. Peu après sa naissance, JESUS sera menacé par la folie meurtrière du roi Hérode. Averti par un nouveau songe, Joseph serrera alors l’enfant dans ses bras et fuira avec Marie en Egypte. De retour à Nazareth, il n’oubliera pas de lui donner une éducation religieuse et de l’éveiller à la prière. Et puis il faut le dire : il se fera du souci lorsque JESUS, âgé d’à peine douze ans, fera sa première fugue au temple de Jérusalem ! Il lui transmettra enfin son métier et son amour du bois. Comme tous les pères, Joseph a donc aimé, lutté, veillé, tâtonné, prié ; il a espéré et souffert pour permettre à son fils de grandir et de devenir un homme.

Quel chemin, frères et sœurs, que celui du Dieu unique et libre lorsqu’il décide d’apporter en son Fils le salut à l’humanité ! Pour venir au monde, il a eu besoin des gestes attentionnés et de la fidélité sans faille du charpentier de Nazareth. Mais l’histoire, vous vous en doutez, ne s’arrête pas là, et l’invitation lancée à Joseph il y a deux mille ans résonne encore à nos oreilles aujourd’hui. Car le Christ, qui est né pour nous, ne peut pas naître sans nous. Consentirons-nous comme Joseph à entrer dans ce projet qui nous dépasse ? Laisserons-nous Dieu naître en nous, entre nous et autour de nous ? Et veillerons-nous sur cette naissance, toujours nouvelle ? Alors mes amis, pourquoi ne pas placer Joseph bien en vue dans nos crèches de Noël ? Son exemple, j’en suis sûr, nous aidera à trouver les vraies sources d’apaisement et d’audace, de changement et de conversion pour laisser l’Esprit faire en nous la joie de Dieu et notre propre joie… pour la joie de tous ! Amen.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mer 04 Jan 2017, 8:15 pm



Citation :
jour, l’enfant reçut le nom de JESUS » (Lc 2, 16-21)

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né
couché dans la mangeoire.
Après avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient
de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,
selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour,
celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de JESUS,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

– Acclamons la Parole de Dieu.




Homélie de la messe à Saint-Fargeau-Ponthierry – 1er janvier 2017


« Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme », dit l’apôtre saint Paul. C’est cela que nous fêtons aujourd’hui. Marie est Mère de Dieu. En disant cela, nous reconnaissons que JESUS est vraiment Dieu. Pas un homme devenu Dieu, mais un Dieu qui s’est fait homme. Et nous découvrons ainsi que nous ne sommes pas des êtres trop humains qui essaient de se faire aimer par un Dieu trop abstrait et trop éloigné, mais que nous sommes une humanité que Dieu aime et qu’il veut sortir de la misère, de la violence et du péché.

Or parce qu’elle est notre sœur, de la même humanité que nous, Marie nous permet de ne pas nous désoler ni nous résigner : non seulement Dieu vient en notre humanité pour que notre vie retrouve sa beauté, mais notre humanité se révèle capable de se laisser transformer par Dieu. Car Marie représente notre humanité, et si nous pensions que notre monde était irrémédiablement tombé trop bas, nous croyons à présent que rien n’est trop bas pour Dieu. Rien n’est trop chaotique que Dieu ne puisse relever.

Marie nous permet de ne pas nous résigner puisque Dieu a pris corps en elle, mais allons plus loin : regardons sa façon de faire. Comme si elle nous disait : comment abordez-vous ce qui vous bouscule, autour de vous et en vous ? Comment parlez-vous des beautés, de l’adversité et des espoirs de ce monde ?

Comment accueillons-nous tout cela ?

L’Evangile dit que « Marie retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». Elle se fait attentive à ce qui se passe, à ce qui la déstabilise comme à ce qui l’étonne. Et elle en cherche le sens. C’est sans doute pour cela que nos crèches la représentent souvent ainsi : réceptive, en retrait, à genoux.

Marie a soif de sens…

Il y a les actes de bravoure et les belles initiatives. Mais les violences et les conflits, en tant de coins du monde ? Les dégâts que fait la crise économique qui s’est installée ? La précarité sociale, la solitude de ceux qui sont délaissés, le sens de l’homme que l’on perd en ne respectant plus sa vie ? Que disons-nous de tout cela ? Est-ce que cela ruine notre conscience, et est-ce que cela altère notre confiance faute d’avoir pris du recul ? Faute de m’en être remis à Dieu pour écouter ce qu’il attend que je sois et que je fasse en ce monde-là ? Si à l’Annonciation Marie a reçu la mission de donner naissance au Fils de Dieu, elle continue, ensuite, d’essayer de comprendre ce que cela implique : comment trouver la juste attitude, comment répondre de façon nouvelle et pertinente à tout ce qui se présentera ? « Elle retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». C’est une attitude contemplative : tout sauf matérialiste ou cynique. C’est une attitude essentielle à la fin d’une année 2016 qui fut rude. C’est une attitude essentielle quand commence une nouvelle année.

Marie n’interprète pas à la va-vite ce qu’elle voit. Elle ne reste pas non plus indifférente à ce qui se passe. Elle ne cherche pas des responsables à ce qui va mal pour se rassurer ou pour exorciser sa peur de vivre. Marie réunit en son cœur tout ce qu’elle peut : ce qui la révoltera, ce qui la fera souffrir et ce qui l’émerveillera. Et à partir de tout cela, elle veut faire grandir la paix en elle pour offrir au monde la paix que Dieu lui aura donnée. Or justement aujourd’hui,  nous prolongeons une demande que le pape Paul VI fit en 1967 : que le premier janvier soit « le jour de la paix dans le monde ». Cela commence en nous-mêmes.

Il y a quelques semaines, au Caire, un terroriste semait la mort dans une église copte. Un ami qui est allé prier sur les lieux m’a appris que cela s’est produit juste après le geste de paix. J’ai encore une fois compris que la paix demande combat et espérance sans relâche.

Ne pas baisser les bras pour être artisan de paix !

Ne pas renoncer à une méditation à la fois lucide et bienveillante face aux événements. Rester chercheurs de sens, rester chercheurs de Dieu… Amen




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Jan 2017, 7:43 pm




Homélie de la messe à Saint-Fargeau-Ponthierry – 1er janvier 2017


« Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme », dit l’apôtre saint Paul. C’est cela que nous fêtons aujourd’hui. Marie est Mère de Dieu. En disant cela, nous reconnaissons que JESUS est vraiment Dieu. Pas un homme devenu Dieu, mais un Dieu qui s’est fait homme. Et nous découvrons ainsi que nous ne sommes pas des êtres trop humains qui essaient de se faire aimer par un Dieu trop abstrait et trop éloigné, mais que nous sommes une humanité que Dieu aime et qu’il veut sortir de la misère, de la violence et du péché.

Or parce qu’elle est notre sœur, de la même humanité que nous, Marie nous permet de ne pas nous désoler ni nous résigner : non seulement Dieu vient en notre humanité pour que notre vie retrouve sa beauté, mais notre humanité se révèle capable de se laisser transformer par Dieu. Car Marie représente notre humanité, et si nous pensions que notre monde était irrémédiablement tombé trop bas, nous croyons à présent que rien n’est trop bas pour Dieu. Rien n’est trop chaotique que Dieu ne puisse relever.

Marie nous permet de ne pas nous résigner puisque Dieu a pris corps en elle, mais allons plus loin : regardons sa façon de faire. Comme si elle nous disait : comment abordez-vous ce qui vous bouscule, autour de vous et en vous ? Comment parlez-vous des beautés, de l’adversité et des espoirs de ce monde ?

Comment accueillons-nous tout cela ?

L’Evangile dit que « Marie retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». Elle se fait attentive à ce qui se passe, à ce qui la déstabilise comme à ce qui l’étonne. Et elle en cherche le sens. C’est sans doute pour cela que nos crèches la représentent souvent ainsi : réceptive, en retrait, à genoux.

Marie a soif de sens…

Il y a les actes de bravoure et les belles initiatives. Mais les violences et les conflits, en tant de coins du monde ? Les dégâts que fait la crise économique qui s’est installée ? La précarité sociale, la solitude de ceux qui sont délaissés, le sens de l’homme que l’on perd en ne respectant plus sa vie ? Que disons-nous de tout cela ? Est-ce que cela ruine notre conscience, et est-ce que cela altère notre confiance faute d’avoir pris du recul ? Faute de m’en être remis à Dieu pour écouter ce qu’il attend que je sois et que je fasse en ce monde-là ? Si à l’Annonciation Marie a reçu la mission de donner naissance au Fils de Dieu, elle continue, ensuite, d’essayer de comprendre ce que cela implique : comment trouver la juste attitude, comment répondre de façon nouvelle et pertinente à tout ce qui se présentera ? « Elle retenait tous ces événements et les méditait en son cœur ». C’est une attitude contemplative : tout sauf matérialiste ou cynique. C’est une attitude essentielle à la fin d’une année 2016 qui fut rude. C’est une attitude essentielle quand commence une nouvelle année.

Marie n’interprète pas à la va-vite ce qu’elle voit. Elle ne reste pas non plus indifférente à ce qui se passe. Elle ne cherche pas des responsables à ce qui va mal pour se rassurer ou pour exorciser sa peur de vivre. Marie réunit en son cœur tout ce qu’elle peut : ce qui la révoltera, ce qui la fera souffrir et ce qui l’émerveillera. Et à partir de tout cela, elle veut faire grandir la paix en elle pour offrir au monde la paix que Dieu lui aura donnée. Or justement aujourd’hui, nous prolongeons une demande que le pape Paul VI fit en 1967 : que le premier janvier soit « le jour de la paix dans le monde ». Cela commence en nous-mêmes.

Il y a quelques semaines, au Caire, un terroriste semait la mort dans une église copte. Un ami qui est allé prier sur les lieux m’a appris que cela s’est produit juste après le geste de paix. J’ai encore une fois compris que la paix demande combat et espérance sans relâche.

Ne pas baisser les bras pour être artisan de paix !

Ne pas renoncer à une méditation à la fois lucide et bienveillante face aux événements. Rester chercheurs de sens, rester chercheurs de Dieu… Amen



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