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 L'Homélie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Homélie   Dim 12 Fév 2012, 9:26 pm

Rappel du premier message :



05/02/2012, 5e dimanche du Temps ordinaire (en provenance du Jour du Seigneur)

Texte de l'homélie

Fais-nous aimer notre condition d’homme !

Six siècles avant le Christ, un poète juif a adapté un conte très connu à l’époque pour lui donner une vraie profondeur religieuse. Et ce contenu religieux nous intéresse car il s’agit des épreuves qui nous tombent dessus. Des amis viennent dire à Job : « Toi qui étais riche, si tu as tout perdu, c’est que tu as péché. » Et Job refuse cette explication, il sent que ce n’est pas la vérité…

Ça me fait penser à une jeune femme d’origine juive, mais non croyante : Édith Stein, morte dans un camp de déportation pendant la guerre. Elle était professeur de philo. Un jour, elle se trouve chez une amie qui doit la laisser seule un soir. Édith Stein tire un livre de la bibliothèque. Elle tombe sur la vie de Thérèse d’Avila, la grande réformatrice du Carmel au 16e siècle. Elle va le lire d’un bout à l’autre toute la nuit, et en fermant le livre, elle se dit : « Là est la vérité. » Que c’est grand, que c’est beau la capacité que nous avons de chercher ce qui est vrai et de le sentir au fond de notre cœur.

Lorsqu’il nous arrive une grosse épreuve, nous cherchons « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Et il ne nous faut pas grand-chose pour reprocher à Dieu nos malheurs, « alors quoi, Lui qui nous aime, il ne nous protège pas ? » Quelquefois même, certains pensent que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. D’autres se persuadent qu’on leur a jeté un sort, que des gens leur veulent du mal… Toutes sortes d’explications qu’on se donne, mais dans le fond de nous-mêmes, nous sentons bien que la vérité n’est pas là…

Job commence par demander des comptes à Dieu et Dieu lui dit : « Étais-tu là quand j’ai fait le ciel et la terre ? » Job reconnaît sa prétention à vouloir tout savoir : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant c’est différent. » Job n’a toujours pas l’explication de son épreuve qu’il considère injuste, mais il comprend qu’accuser les autres, fut-ce Dieu, ne mène à rien !

Plus tard, et c’est une spécificité de la foi chrétienne, avec le Christ, nous découvrons, étonnés, surpris, que non seulement Dieu n’est pas responsable de nos épreuves, mais qu’il a porté les siennes, spécialement au moment de la croix où il a vécu un procès injuste, la trahison, le fouet, l’ignominie et la mort. À travers ses épreuves, il a fait triompher en lui la confiance en Dieu, son Père, et l’amour des autres, jusqu’à pardonner à ceux qui le faisaient mourir. Et il ne cesse de venir vers nous - il nous le signifie dans les sacrements - pour que triomphent aussi en nous la confiance en Dieu et l’amour des autres, de tous les autres. Mais Jésus est impuissant vis-à-vis de ceux qui se bardent de certitudes, qui croient tout savoir et ne cherchent pas ce qui est vrai. Nous l’avons chanté avec le psaume : « Dieu écoute les humbles… »

Lorsque des parents reçoivent une carte de leur garçon de 12 ans parti en camp scout ou en colo, ils lisent entre les lignes, parce qu’ils connaissent et aiment leur garçon. « Ça a l’air d’aller » se disent-ils. Il en va de même avec Jésus, il nous faut prendre le temps de le connaître, avec les autres, en Église, pour comprendre de l’intérieur cette belle prière : « Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » Il faut du temps pour sentir que là est la vérité. On ne connait pas tout. Notre condition humaine est limitée, mais peu à peu on comprend qu’au travers des épreuves, le Christ façonne ce qu’il y a de meilleur en nous : la confiance en Dieu et l’amour des autres, à commencer par l’amour pour ceux qui sont les plus éprouvés. C’est pourquoi nous pouvons rendre grâce pour cette œuvre vécue ici, à Nogent-le-Rotrou, auprès des sourds.

« Toi, le Fils de l’homme, fais nous aimer notre condition d’homme. » C’est là qu’il vient nous tendre la main pour nous rapprocher de son Père et les uns des autres. Amen.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 25 Oct 2015, 7:36 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Marc 10,46-52.

En ce temps-là, tandis que JESUS sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était JESUS de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, JESUS, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
JESUS s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers JESUS.
Prenant la parole, JESUS lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et JESUS lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait JESUS sur le chemin.





25/10/2015, 30e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Bartimée, mendiant d’Amour

Frères et sœurs, amis en Christ, c’est encore Bartimée qui nous casse les oreilles. Quel gêneur ! Oh, il est bien connu à Jéricho. D’ailleurs s’il est aveugle, c’est qu’il a été puni par Dieu, suite à une mauvaise action. Pauvre Bartimée ! Il est là au bord du chemin, assis à même le sol, totalement dépendant de la charité des autres. Certains jours il ne mange pas à sa faim, quelquefois il grelotte sous un porche. Mais le pire c’est qu’il n’existe pour personne.

Frères et sœurs, Bartimée n’est-il pas l’icône même de la détresse et de la pauvreté ? À travers lui, c’est l’image des réfugiés, des sans-abris, qui nous interpelle et nous dérange au coin de nos rues et de nos feux rouges : « T’as pas cent balles ? », « une pièce pour manger S.V.P. » Et pourtant au plus profond de lui-même, Bartimée garde confiance. Un jour, il en est sûr, il sortira de la nuit et verra de ses yeux le soleil de Dieu, comme les réfugiés qui espèrent atteindre un jour l’Eldorado.

En effet, un homme, JESUS de Nazareth, retient toute son attention. Bartimée en a entendu parler, car il s’intéresse aux moins que rien comme lui. Les bruits courent même : JESUS préfère les pauvres et les marginaux, aux riches et aux puissants. Et voici que ce jour tant espéré se présente, JESUS passe à Jéricho. Quelle aubaine ! Il ne faut pas louper le coche. Bartimée crie si fort sa détresse qu’il aurait pu faire trembler une nouvelle fois les murs de Jéricho. Mais le cri du pauvre, du malade, de l’handicapé, du marginal ; bouscule et dérange. Vous en savez quelque chose, chers amis, vous qui nous regardez depuis votre lit d’hôpital, depuis votre prison, depuis votre humble appartement, ou parce que vous connaissez  des fins de mois difficiles.

Bartimée ne se laisse pas intimider, il crie de plus belle : « Fils de David, aies pitié de moi. » Il ne voit pas JESUS avec les yeux de son corps, mais avec les yeux de la foi. N’est-il pas vrai qu’on ne voit bien qu’avec le cœur ?

JESUS ne peut rester insensible devant une telle foi. Il le fait appeler. Et voilà que les gens qui empêchent Bartimée de crier, se mettent à l’aider et à le guider vers JESUS. Jamais on ne s’est tant intéressé à lui. Pas de parole creuse de la part de JESUS, juste une question, j’allais dire une prière : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Et c’est le cri du cœur : « Rabbouni que je voie. » Avec beaucoup d’affection, Bartimée ose demander la réalisation de son rêve de toujours, voir la lumière. Ses yeux s’ouvrent, il peut contempler le regard aimant de JESUS. JESUS ne lui donne pas seulement la vue, mais aussi la Vie.

Frères et sœurs, aujourd’hui encore les pauvres, les mendiants de toute sorte, mendiants de lumière, mendiants d’amour, crient leur angoisse et leur détresse. Saurons-nous entendre leur cri, nous arrêter un instant, les regarder, leur parler et « leur permettre d’être de dignes acteurs de leur propre destin », comme nous y invite le pape François dans son allocution du 25 septembre aux Nations Unies.

Frères et sœurs, sans doute y-a-t-il différentes façons d’exprimer cette solidarité envers tous les « Bartimée » d’aujourd’hui. Merci à vous, chères sœurs de porter, devant le Seigneur, l’immense souffrance de notre monde déchiré et meurtri, les aspirations de ceux dont les mots sont noyés par trop de sanglots. L’humanité souffrante a tant besoin du soutien de votre prière. Par ailleurs, les travaux du Synode sur la famille viennent de s’achever. Puissions-nous, à l’image de JESUS, avoir une oreille attentive et accompagner toutes les familles qui se sentent en difficulté ou exclues. Osons poser un regard de compassion, de tendresse et de miséricorde, sur tous les blessés de l’amour. Merci Bartimée, mendiant d’Amour, pour ton joli clin d’œil, le comble pour un aveugle.

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 02 Nov 2015, 7:33 pm





Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
   
En ce temps-là, voyant les foules, JESUS gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.


01/11/2015, Solennité de la Toussaint

Texte de l'homélie

La Toussaint

La fête de la Toussaint célèbre la puissance de la foi en JESUS Christ à travers l'histoire de l’homme. C’est la fête de la communion des saints.

Ces lectures de l'Écriture décrivent la charte de cette Communion. Elles montrent que nous sommes déjà, en partie, membres de cette Communion et font allusion à la purification que nous vivons sur la route de notre vie. Les années, les vallées et les collines de cette purification « esquissent l'image du Christ » dans notre personne, pour reprendre les termes de saint Colomban, dont l’héritage est célébré, ce mois-ci, dans de nombreuses paroisses et communautés à travers l'Europe et sur d'autres continents, grâce au travail des sœurs, père et laïcs missionnaires de Saint-Colomban. Saint Colomban, « l'irlandais le plus connu du Moyen-Âge » comme l'a décrit le pape Benoît XVI, connaissait ces passages de l'Écriture.

Né près de Myshall, dans le sud-est de l'Irlande, en 543, il a passé du temps dans le monastère de Saint-Sinell à Cleenish, sur les rives du Lough Erne, dans le comté de Fermanagh. Après y avoir appris le latin et le grec, il part pour le célèbre monastère de Saint-Comghall et sa rigoureuse Règle, à Bangor, où il est ordonné prêtre. De là, il part en « pèlerinage pour le Christ », avec douze compagnons. Dans la première partie de sa pérégrination, il fonde des monastères à Annegray, Luxeuil et Fontaine en France.

La seconde partie de son voyage le conduit, via la Moselle et le Rhin, jusqu’à l’actuelle Suisse, où son compagnon Gall fondera le monastère de Saint-Gall. Saint Colomban traverse le lac de Constance, vers Bregenz, où il y passe peu de temps, avant de franchir les Alpes jusqu’à Milan. Là, il prêche ses « Instructions spirituelles », qui existent toujours, avant de partir pour Bobbio, où il fonde son dernier et célèbre monastère et où, selon Jonas de Suse, auteur d’une « Vie de saint Colomban », et moine de Bobbio, il meurt le 23 novembre 615.

Cette année, des communautés chrétiennes, de Bangor à Bobbio, associées à la famille spirituelle de Saint-Colomban, ont fêté sa préoccupation constante pour la tradition chrétienne et la culture européenne.
Des chrétiens se sont retrouvés dans des célébrations œcuméniques en Irlande, à Cleenish, Bangor et Armagh, pour redécouvrir la nature prophétique du témoignage et des écrits de ce moine-missionnaire, qui datent d'avant la séparation des Églises d'Orient et d'Occident, et la Réforme.

Trois colloques académiques, à Bangor, à Luxeuil, puis, ce mois-ci, à Bobbio en Italie, ont rassemblé des universitaires et des chercheurs, des historiens, des archéologues, des théologiens, des philologues, des paléographes, pour étudier saint Colomban, son monde et son époque, ses écrits, ses fondations monastiques et leurs multiples influences. Les outils contemporains de recherche interdisciplinaire et les bourses d’étude continuent de révéler le courage spirituel et moral de cet irlandais, nourri par le désir ardent de faire connaître le nom du Christ et l'Évangile de la vie à la Cour et dans les campagnes.

Les mots de son treizième sermon : « Soyons au Christ, car nous ne nous appartenons pas » pointent le cœur de sa prédication centrée sur le Christ.
Ses mots : « Que le Christ, imprime son image en vous », probablement prêchés à Milan en 610, soulignent que le Christ et la grâce de Dieu sont les principaux moteurs de la vie chrétienne. Son introduction sur la pratique de la confession privée et fréquente, avec pénitence, et l’importance de la guérison spirituelle qu’elle offre, résonnent avec l’Année de la miséricorde à venir.

Des thèmes d’une actualité permanente caractérisent ses écrits. En cette année où le pape François a publié son encyclique sur l'écologie, Laudato Si, il convient de rappeler les propos de saint Colomban, issus de son douzième sermon « Sur la foi » : « Ceux qui souhaitent connaître la profondeur de Dieu, disait-il, doivent d'abord connaître la création. »

De même, l'appel de Colomban à respecter la dignité des peuples dans le Christ et dans leurs traditions, nous frappe de façon salutaire, nous, citoyens de l'Europe d'aujourd'hui, avec ses sociétés civiles et ses gouvernements, qui observons et essayons de répondre à l'afflux des réfugiés et migrants provenant de pays dévastés par la guerre. Dans sa Lettre aux évêques de la Gaule, il écrivait : « Nous sommes membres d'un même corps, le Christ, que nous soyons Gaulois, Bretons, habitants de l’Hibernie ou de quelque autre pays ! » Le contexte de cette affirmation était celui de débats intenses entre le moine irlandais du VIe siècle, issu de traditions celtiques et insulaires, et les évêques de la Gaule ; débats relatifs à la diversité des pratiques ecclésiastiques. Son appel à voir chaque personne et les peuples dans l'image du corps du Christ, souffrant et ressuscité, peut inspirer la réponse des citoyens chrétiens et des dirigeants politiques d'aujourd'hui face à la détresse croissante des peuples déplacées, des réfugiés et des migrants.

Mais la fidélité à l'histoire et à ses écrits toujours d’actualité exige que nous comprenions Colomban dans son époque et son contexte. Grâce à ses fondations monastiques et à son organisation de la vie monastique, nous voyons comment la périphérie revivifia le cœur de l'Empire romain. Formé dans les monastères d’Irlande, inspirés des Pères du désert et des premières figures du monachisme occidental, Colomban, avec ses fondations monastiques et sa Règle, a eu, avec saint Benoît, une influence significative et formatrice sur le monachisme médiéval européen.

Mais son influence a également rejoint nos temps modernes, car il est le premier écrivain connu qui a utilisé l'expression « toute l'Europe ». Son héritage et son témoignage ont inspiré Robert Schuman et d'autres fondateurs de la construction européenne, dont les institutions et la politique, certes susceptibles d’amélioration et de développement, demeurent le moyen d'espoir et de solidarité pour les peuples d'Europe et du reste du monde.
Cette fête de la Toussaint nous invite, avec les mots de la Première lettre de saint Jean, à « penser à l'amour dont le Père nous a témoigné pour que nous soyons appelés enfants de Dieu » (1 Jn.3.1). Au sujet de cet amour divin, saint Colomban a écrit les mots suivants qui parlent aux chrétiens de tous temps :
« Seigneur, accorde-moi, je te le demande dans le nom de JESUS Christ, ton Fils, et mon Dieu, cet amour qui ne connaît pas de défaillance, de sorte que ma lampe puisse s’embraser et ne jamais s’éteindre, qu’elle brûle pour moi et soit lumière pour les autres.
Allume, ô Seigneur, ma lampe, qu'elle brille en permanence dans ton Temple.
Que ton amour imprègne chaque fibre de notre être ; que nous soyons tout à toi.
Que ton amour remplisse tous nos sens, de sorte que nous ne puissions rien aimer d’autre que toi qui es éternel. » (Sermon XII. 3)




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Nov 2015, 8:03 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Marc 12,38-44.

En ce temps-là, dans son enseignement, JESUS disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
JESUS s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
JESUS appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »




08/11/2015, 32e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

« Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur. »

Dans la salle du trésor du Temple de Jérusalem, se jouait, comme ailleurs, la comédie humaine. JESUS observait, nullement impressionné par la manière ostentatoire dont les riches mettaient de leur superflu pour soigner leur propre image ! Il appelle ses disciples pour poursuivre leur formation. Il leur fait remarquer les deux petites pièces de monnaie qu’une pauvre veuve vient de déposer dans le trésor et se met à louer cette femme : « elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Chez les premiers tout est calculé pour eux-mêmes et leur propre gloire. Chez la veuve, le calcul est depuis longtemps remplacé par la confiance et l’abandon à Dieu. Et le prophète Élie a vécu la même expérience avec la veuve de Sarepta qui donne tout ce qui lui reste pour vivre afin de le nourrir. Cet acte de charité et de confiance la sauve du désespoir qui l’habitait : « Nous mangerons et puis nous mourrons. »

JESUS a l’art de débusquer nos intentions, nos bonnes et nos mauvaises. Il connaît le cœur de l’homme. Sans cesse, il pose à nos consciences ces questions simples mais si profondes : Que cherches-tu ? Que fais-tu ? Quels calculs se cachent derrière tes actes ? Que fais-tu de ton frère ? Sur qui comptes-tu ? Dans quel but te tournes-tu vers moi ?

À la fin de sa vie, lui-même expérimentera la médiocrité des calculs humains : pour gagner trente deniers, Judas le livrera. Les grands prêtres et les scribes cacheront leurs ambitions et leurs calculs derrière le scénario le plus ignoble de l’histoire des hommes : tuer le juste pour ne plus entendre sa voix.

Mais le Christ à ce moment précis va triompher de tous les calculs hypocrites, cruels et trompeurs. Il va donner tout ce qu’il avait pour vivre, son corps et son sang offerts en supplique fraternelle de pardon pour que l’homme se convertisse et vive, pour que la haine et le péché soient vaincus, pour que la confiance et l’abandon au Père apparaissent comme le véritable et fructueux calcul de nos vies.

Chers frères et sœurs, quand on calcule pour soi-même, quand tout tourne autour de soi et de ses intérêts, on se perd : « Qui veut sauver sa vie la perdra. »

Voilà qu’aujourd’hui, en un temps plus difficile au plan économique, social, familial, international, nous sommes invités à la confiance, à l’accueil, à la générosité, au don de l’essentiel de nous-même et non de notre superflu. Nous sommes invités à nous rassembler autour de JESUS pour qu’il nous apprenne à bien regarder les choses de la vie avec ses yeux, illuminés par la confiance en son Père, l’amour des hommes, l’oubli de soi et le don de soi-même.

Notre Église aussi est invitée à oser se détourner des mauvais calculs qui la centrent sur elle-même et non sur l’essentiel de sa mission : le témoignage au Dieu qui aime tout homme et le service généreux de nos frères humains, quels qu’ils soient en commençant par les plus éprouvés.

« Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur. »

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 15 Nov 2015, 6:58 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Marc 13,24-32.

En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ;
les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire.
Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.
Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche.
De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.
Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.




15/11/2015, 33e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

L’avenir est à la miséricorde et au pardon

Il n’est pas rare d’entendre parler de fin du monde à plus ou moins brève échéance. Il est vrai : notre planète est en danger. Il y a les menaces d’un déséquilibre écologique, il plane toujours le péril nucléaire et il y a aussi toutes ces guerres qui bousculent dramatiquement la vie de tant d’hommes, de femmes et d’enfants. Oui, il y a bien des raisons de s’inquiéter.

Et voici que l’Évangile de ce dimanche semble s’aligner sur cette perspective pas très réjouissante de fin du monde. Il nous annonce une grande détresse et des bouleversements de toutes sortes. Voilà qui a de quoi nous effrayer. On aurait envie de dire : parlons d’autre chose ! On préfèrerait que JESUS nous parle de bonheur et pas de fin du monde.

Il faut aller au-delà de cette impression alarmiste et c’est JESUS, lui-même, qui nous invite à aller plus loin. Mais JESUS ne veut pas faire comme si aucun danger ne planait sur nos têtes, il est réaliste ; et face au monde difficile, celui de son temps comme le nôtre aujourd’hui, il veut délivrer un message de confiance. Un renouveau est possible. L’inespéré peut surgir comme les bourgeons qui pointent au printemps sur les branches d’un arbre qu’on aurait pu croire détruit par la rigueur de l’hiver : « Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier, nous dit JESUS : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche ! »

JESUS ne cherche pas à prédire des catastrophes à venir. Bien des malheurs sont déjà présents dans le monde ; et nos existences personnelles peuvent aussi connaître de rudes secousses quand nos santés se fragilisent, quand des relations affectives se brisent ou quand des projets qui nous étaient chers rencontrent l’échec. C’est précisément dans ce contexte, où monte la peur de voir le malheur nous engloutir, que JESUS dévoile que l’horizon de nos existences ne se limite pas à celui de ce monde où le combat pour la vie est souvent bien rude. JESUS élargit l’espace de nos vies à la dimension du projet de Dieu qui veut que son règne vienne.

Un tel message est à la fois réaliste et porteur d’espérance. En fait, JESUS ne parle pas de fin du monde mais de la fin d’un monde ; fin d’un monde de mal et de malheur pour que vienne un monde nouveau : le monde où le bien sera vainqueur et où l’amour triomphera de tout !

La foi n’est pas une baguette magique qui changerait nos conditions de vie comme par enchantement ; elle est une force que Dieu nous donne comme le pain quotidien afin de pouvoir traverser, jour après jour, les épreuves liées à notre histoire personnelle et aussi au témoignage de notre foi. Car la contradiction pour un chrétien est à prévoir partout. Pour nos frères et sœurs d’Orient, la persécution est aujourd’hui bien déclarée ; la menace d’extermination est là et certains témoignent jusqu’au martyr. Dans nos pays occidentaux, dits de « société de consommation », la persécution peut avoir aussi une certaine réalité mais elle est feutrée, discrète : elle prend la forme de l’indifférence, de la marginalisation et de la relégation des convictions religieuses dans la sphère du privé.

Dans ce contexte de tension, il n’y a pas de prédiction à faire au nom de l’Évangile. Et il ne faut pas non plus se faire d’illusion. La vie sur terre - notre vie personnelle tout comme celle de l’Église - sera toujours confrontée au mal qui peut prendre tant de formes. C’est alors qu’il nous faut entendre la parole rassurante de JESUS : « Le Fils de l’homme est proche. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ! »

La Parole de JESUS : voilà la force qui nous sauve ! La Parole de JESUS nous donne de voir le monde autrement, elle nous dit que l’avenir est à la miséricorde et au pardon, elle nous ouvre à l’inattendu qui vient de Dieu. Depuis le matin de Pâques, un monde nouveau est né. Dieu qui a relevé JESUS de la mort, ne nous abandonne pas. En JESUS ressuscité, il nous ouvre un chemin de libération. Ce secours qui nous vient du Seigneur, il nous est donné non comme une arme vengeresse, mais comme une semence à faire grandir, comme une plante qui bourgeonne et dont il faut prendre soin afin qu’elle porte du fruit. Dieu est à l’œuvre, et il est là avec tous ceux et celles qui travaillent, courageusement et souvent humblement, pour bâtir la solidarité et la fraternité.

Dans notre monde qui connaît bien des fractures, et où tant de gens s’enlisent dans le désenchantement et la peur du lendemain, nous avons à être comme des veilleurs qui guettent l’aurore et qui ne redoutent pas les frayeurs de la nuit. « Le fils de l’homme est proche ; il est à votre porte. » Et si JESUS dit que nous ne connaissons pas l’heure de sa venue, c’est parce qu’elle est une constante actualité. Chaque instant de nos vies est la date et l’heure où il vient nous rejoindre. Chaque jour est un temps favorable.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 15 Nov 2015, 7:09 pm




Suite à un incident, voici la fin de la dernière phrase de l'Homélie ci-dessus,



Dans notre monde qui connaît bien des fractures, et où tant de gens s’enlisent dans le désenchantement et la peur du lendemain, nous avons à être comme des veilleurs qui guettent l’aurore et qui ne redoutent pas les frayeurs de la nuit. « Le fils de l’homme est proche ; il est à votre porte. » Et si JESUS dit que nous ne connaissons pas l’heure de sa venue, c’est parce qu’elle est une constante actualité. Chaque instant de nos vies est la date et l’heure où il vient nous rejoindre. Chaque jour est un temps favorable pour marcher avec le Christ dans la confiance et pour être, avec lui, les artisans d’un monde qui se renouvelle sans bruit, sous la poussée de l’amour.






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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 23 Nov 2015, 7:16 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 18,33b-37.

En ce temps-là, Pilate appela JESUS et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
JESUS lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
JESUS déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » JESUS répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »





22/11/2015, Le Christ, Roi de l'univers

Texte de l'homélie

Charles de Foucauld a choisi JESUS pour son Roi

Chers amis, nous avons encore à l’esprit la douleur des terribles attentats du 13 novembre dernier. Et nous nous demandons comment consoler ceux qui pleurent, et comment laisser la vie reprendre en nous et en notre pays.

Dans ce contexte, un homme qui a suivi JESUS vient aujourd’hui à notre rencontre : il y a 100 ans, Charles de Foucauld était assassiné. Il y a 10 ans, Charles de Foucauld était béatifié et ce double anniversaire vient consonner avec ces événements pour nous parler de vie, d’amour de fraternité, et nous ouvrir à l’espérance.

Aujourd’hui, nous fêtons le Christ comme un roi qui règne justement par l’humilité et dans le respect absolu de la vie, ce JESUS qui va être exécuté, ce JESUS que Charles de Foucauld a pris comme Roi. Il devient un exemple qui nous aide, dans ces moments où nous avons besoin de moyens spirituels pour réagir à la colère que laissent en nous les attentats, pour traverser l’insupportable et l’incompréhensible.

Lorsque JESUS dit à Ponce Pilate : « Si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus », alors la vie de Charles de Foucauld sera celle d’un maître sans disciples. Ne pas imposer ou s’imposer, mais s’exposer et proposer, avoir une vraie attention à l’autre qui est tellement différent de moi.

La mission de Charles de Foucauld, comme celle de JESUS, ne sera pas une stratégie, mais un art de vivre : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci (dit JESUS) : rendre témoignage à la vérité. » Rendre témoignage à la vérité sera « prêcher l’Evangile sur les toits, non par la parole, mais par sa vie », dira Charles de Foucauld, une vie pour Dieu et pour les autres.

Comme JESUS devant Pilate, la vie de Charles de Foucauld est sous le signe de l’imprévisible. Rien n’y est calculé, programmé, organisé à l’avance. Lui qui avait toujours fait ce qu’il voulait, quand il le voulait, comment il le voulait, en prenant JESUS comme son roi, il a renoncé à tout calcul, à toute stratégie humaine. Comme il le dira à Nazareth : « Je laisse Dieu diriger ma vie. Lorsqu’il voudra que je parte, il me le montrera clairement. »

Lorsqu’à la fin de l’interrogatoire de Pilate, JESUS répondra : « Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix », Charles de Foucauld le traduira par cet impératif à voir dans l’autre, dans le frère de toute religion, la vérité qui l’habite. Il cherchera à « regarder tout être humain comme un frère bien-aimé » et ainsi, à se montrer lui-même comme le frère universel.

Charles de Foucauld nous interpelle tous, aujourd’hui, dans cette France qui est agressée, blessée et troublée. C’est pourquoi je voudrais m’adresser d’abord à vous qui regardez la télévision ce matin et qui utilisez la violence, les armes, la drogue, l’argent, les trafics, à vous qui avez du mépris pour la société, les autres. Je suis sûr que vous savez, au fond de vous-mêmes, que la vérité vous appelle à une vie différente, belle et libre. Et si vous ne savez pas, je vous le dis : Dieu vous aime chacun personnellement. Regardez Charles de Foucauld et par lui, osez demander à Dieu de vous aider à changer de vie ; et si vous le lui demandez, il le fera. Quant à vous, hommes et femmes de bonne volonté, osez choisir la vie et retrouver confiance !

Et vous qui êtes chrétiens, en particulier jeunes gens et jeunes filles, osez choisir votre vie dans le sacerdoce, ou dans la vie consacrée, ou dans le mariage, une vie qui soit enracinée dans l’expérience de Dieu qui fait miséricorde et qui appelle à une présence fraternelle. Osez aller à la rencontre de cette part d’humanité fragile et incertaine à laquelle nous appartenons.

Et nous tous, ayons l’ambition qui habitait Charles de Foucauld : « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres incroyants, à me regarder comme leur frère. »

Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 29 Nov 2015, 7:33 pm



Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 21,25-28.34-36.

En ce temps-là, JESUS parlait à ses disciples de sa venue :
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »




29/11/2015, 1er dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

La parabole des étoiles ou comment reconnaître les signes de Dieu ?

Pendant de nombreuses années, j’ai accompagné des groupes de jeunes dans le désert du Sinaï pour y passer le jour de l’an. Nous dormions chaque soir dans un hôtel de luxe, un hôtel mille étoiles, celui tenu par le Bon Dieu, c’est à dire dehors, sans tente, « à la belle étoile ». Dès le premier soir, je demandais aux jeunes de s’allonger sur le dos et de contempler le ciel étoilé, un spectacle magnifique. Rapidement, il y en avait toujours un qui s’exclamait : « Vous avez vu ? Une étoile filante ! Et là, une autre… Quel émerveillement ! »

Dans l’Évangile, JESUS nous dit qu’il y aura « des signes dans les étoiles ». Je vous propose de comparer les étoiles aux signes de Dieu. Dans un premier temps, nous montrerons que les signes de Dieu sont nécessaires pour avancer dans la foi, puis nous verrons comment ces signes prennent petit à petit leur juste place dans notre quotidien.

Comparons les étoiles filantes aux signes de Dieu. Pour voir les signes de Dieu dans nos vies, il faut commencer par aller dans un endroit désert, loin du brouhaha de la ville et de ses lumières artificielles. Il faut se décider à lever la tête, car même en plein désert, on ne verra aucune étoile si on garde la tête baissée vers la terre. Comme le dit JESUS dans cet Évangile, il faut quitter « les soucis de la vie terrestre » pour nous préoccuper de la présence céleste. Se mettre à l’écart, un weekend dans un monastère par exemple, pour demander à Dieu de se manifester par une rencontre, une parole entendue, un évènement providentiel. Notre Dieu n’est pas avare de signes, il aime les donner pour alimenter notre relation d’amour avec lui et, petit à petit, nous pourrons les reconnaitre dans notre vie quotidienne. Le temps de l’avent est un temps de grâce où JESUS désire se rapprocher de nous, laissons donc ce qui est secondaire et profitons de ce mois pour être attentif aux signes de Dieu dans nos vies !

Voyons maintenant comment ces signes de Dieu prennent leur juste place petit à petit dans notre quotidien. Après avoir admiré les étoiles filantes dans le désert du Sinaï, je demandais aux jeunes de reconnaître les étoiles fixes : l’Étoile polaire, Orion, la Grande ourse… Les étoiles fixes donnent le repère, la direction. Pendant des siècles, elles ont été le seul instrument de navigation utilisé par les marins pour traverser les océans. Comparons les étoiles fixes aux moyens habituels que Dieu nous donne pour vivre de sa présence : lire la Bible, aller à la messe, se confesser régulièrement, faire partie d’un groupe de relecture de vie, avoir une attention privilégiée pour le faible et le pauvre, et vivre « un amour de plus en plus intense et débordant entre nous et à l’égard de tous les hommes », comme le dit saint Paul. Celui qui vit attentivement tous ces moyens fixes donnés par l’Église avance sûrement dans son chemin de foi, même s’il n’a pas beaucoup de signes extraordinaires.

On peut même dire qu’au début de notre chemin de foi, Dieu nous donne souvent des petits signes merveilleux de sa présence, telles les étoiles filantes, qui nous stimulent pour le connaître et l’aimer. Mais, petit à petit, il nous laisse avancer par les moyens plus habituels, telles les étoiles fixes, et nous avons moins besoin de rechercher des signes, car il est présent de façons moins merveilleuse mais plus permanente. En ce temps de l’Avent qui commence, c’est l’occasion de faire le point sur ma navigation spirituelle : est-ce que j’utilise vraiment tous les moyens donnés par l’Église pour m’unir à Dieu ?

Au moment de conclure, les paroles de JESUS raisonnent avec force dans notre pays meurtri aujourd’hui : « Sur terre, les nations seront affolées et désemparées, et les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde. » Demandez à Dieu de manifester concrètement sa présence par des petits signes dans votre vie, prenez les moyens de vous unir à lui de façon plus régulière, et vous n’aurez plus peur ! Ou du moins, vous aurez une peur mêlée à la confiance, car il est vraiment là, avec nous, la douce étoile de Bethleem qui vient à nous en est le signe !
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 07 Déc 2015, 7:38 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 3,1-6.

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »




06/12/2015, 2e dimanche de l’Avent

Texte de l'homélie

En avant !

Ils sont tous là, frères et sœurs, et confortablement installés sur leurs trônes : Tibère et Pilate, Hérode, Philippe et Lysanias, Anne et Caïphe… toutes les autorités politiques et religieuses qui gouvernent, d’une main de fer, ce petit coin d’empire perdu autour de Jérusalem. Mais vous l’avez entendu : ce n’est à aucun de ces puissants que la parole de Dieu a été adressée. C’est dans le désert, loin des buzz médiatiques et des lumières de la ville, qu’elle a saisi un homme : Jean, le fils de Zacharie.

Que lui a-t-elle dit ? Et bien nous ne le savons pas ! Nous voyons seulement qu’elle l’a poussé à quitter sa retraite et à parcourir la région du Jourdain pour proclamer quelque chose d’absolument nouveau : un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Peut-être les mots de conversion et de pénitence ont-ils disparu de votre vocabulaire, alors écoutez ce que ce baptême signifiait aux yeux des foules qui affluaient vers Jean pour le recevoir : une nouvelle naissance ! Il était le signe qu’un nouveau départ dans la vie était possible. Le temps était proche en effet où Dieu allait sortir de son silence. Il allait enfin intervenir dans l’histoire et pardonner les péchés de son peuple. La prédication de Jean donnait ainsi une actualité incroyable à cette vieille parole du prophète Isaïe : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ! » Mais là où Isaïe avait en tête le retour des exilés à Jérusalem, Luc nous annonce que des choses plus grandes sont sur le point d’arriver : avec cet Autre mystérieux qui s’avance, c’est « tout homme» – oui, tout homme ! – qui désormais « verra le salut de Dieu ».

Si nous voulons maintenant que ce chemin soit tracé dans nos vies, si nous voulons également qu’il soit tracé au milieu de ce monde, alors il nous faut prendre au sérieux l’appel à la conversion que nous lance Jean ce matin. Bien sûr, les soucis du quotidien, la maladie, la peur, le découragement et tant d’autres obstacles viennent parfois brouiller l’horizon vers lequel nous marchons.

Qu’à cela ne tienne ! N’hésitons pas à nous interroger sur nos habitudes et la valeur de nos désirs, afin de « discerner » toujours mieux « ce qui est plus important ». Et dans ce domaine, il n’y a pas de petits progrès. Ne négligeons donc pas les victoires cachées derrière ces petites choses qui sont de notre ressort, ces sursauts de volonté qui expriment mieux que tout discours notre décision de remettre notre vie en ordre. Au fond, quels sont les ravins à combler, les montagnes à abaisser, les passages tortueux à redresser pour que la simplicité de Dieu et sa miséricorde puissent transformer nos manières de vivre et, à travers elles, nos environnements et nos relations ?

Depuis lundi, vous le savez, se tient non loin d’ici la 21e Conférence sur le climat. De nombreux chefs d’État se sont rassemblés pour définir une politique de lutte contre le réchauffement de la planète et appeler la communauté internationale à se mobiliser. Des engagements forts ont évidemment besoin d’être pris à l’échelle mondiale. Mais ceux-ci ne doivent pas nous faire oublier la part de responsabilité que chacun porte à l’égard de la « maison commune ». Et puis dans deux jours, le Pape ouvrira à Rome le Jubilé de la miséricorde pendant lequel il invite les chrétiens à une contemplation plus vive de ce mystère, afin qu’ils en deviennent partout où ils vivent les signes visibles et efficaces. La COP21 et cette Année sainte nous aideront-elles à concrétiser les sursauts de volonté auxquels l’Évangile d’aujourd’hui nous appelle ?

Rien en tout cas ne se fera sans l’engagement bienveillant de chacun, alors en avant ! Y a-t-il d’ailleurs mot d’ordre plus beau pour accompagner notre marche vers Noël ? De tout cœur, accueillons-le, et sans plus attendre… vivons-le ! Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 14 Déc 2015, 7:46 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 3,10-18.

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.




13/12/2015, 3e dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Le chemin du pardon et de la miséricorde

À l’invitation du pape François, j’ai ouvert la porte de la miséricorde. Puis, nous avons franchi le seuil et nous sommes entrés dans la cathédrale. Cette année, des milliers de pèlerins passeront par cette porte. Et de même dans le monde entier.

Cette démarche a beaucoup de sens. Personnellement, en franchissant la porte de la miséricorde, j’avais en mémoire de nombreux visages :
-    les victimes des attentats du 13 novembre dont plusieurs de notre Val-d’Oise ;
-    cette maman qui élève seule et difficilement ses deux enfants ;
-    ces prisonniers rencontrés à la Maison d’arrêt d’Osny tout près ;
-    Pierre, André, Mathilde, et bien d’autres qui galèrent, mais essayent de s’en sortir ;
-    ces parents qui ont un enfant handicapé ;
-    ce couple en difficulté ;
-    cette personne âgée qui souffre de solitude.

Notre humanité a besoin d’être sauvée. Elle a besoin que l’on prenne soin d’elle. Chacun de nous ressent en lui le besoin de réussir sa vie, mais chacun butte contre le mal. Le mal qui l’agresse et qui lui tombe dessus. Le mal dont il est complice et responsable. C’est un combat de tous les temps. Mais je vous l’affirme, frères et sœurs, Dieu veut notre bonheur. Et il s’y engage. Regardons justement ce qui nous est dit dans l’Évangile et qui nous est donné comme une bonne nouvelle.

À l’époque de JESUS, la société est tout aussi violente que la nôtre. Les gens cherchent une vie meilleure. Beaucoup connaissent la précarité et la maladie. Un certain nombre critiquent les élites politiques et religieuses de leur pays. Ces gens sont pris dans les contradictions de leur société et dans leurs propres tensions personnelles. Ils veulent s’en sortir et cherchent un sens à leur vie. Ils se tournent vers Jean-Baptiste qui a une parole forte et donne un beau témoignage de foi. Et ils lui posent cette question : « Que devons-nous faire ? »

Sa réponse est très éclairante. Il ne s’agit pas de fuir le monde dans lequel ils vivent. Il s’agit de changer son cœur, de partager avec son prochain, de vivre de manière simple et honnête. Nous aussi, en franchissant cette porte de la miséricorde, nous sommes invités à entrer avec tout ce qui fait notre vie, avec ses zones d’ombre et de lumière. Devant Dieu, l’important est d’être vrai et de se rendre disponible. L’important est de nous mettre en disposition pour accueillir les forces de vie et faire reculer les forces de mort.

Faisons confiance au Christ qui a mené ce combat et qui nous donne l’énergie pour faire ce choix. Suivons l’invitation de Jean-Baptiste qui nous dit de regarder vers JESUS. Comme on le dit familièrement, JESUS va « faire le ménage » ! Il va rétablir le droit et la justice. Et Luc d’affirmer que c’est une bonne nouvelle, promise par Dieu à son peuple depuis des siècles. Mais ce qui est intéressant, c’est la suite du récit. JESUS ne va pas faire le ménage n’importe comment ! S’il vient pour rétablir le droit et la justice et qu’il est exigeant, c’est en prenant le chemin du pardon et de la miséricorde.

Et il le fait en donnant sa vie jusqu’au bout de l’amour et du don de sa personne, tout en faisant confiance en son Père. Et cela change tout. Se savoir appelé à vivre quelque chose de beau et de grand, se savoir aimé avec ses contradictions et son péché, tel que je suis, jusqu’à être pardonné, c’est un vrai chemin de libération, une vraie source de paix et de joie, un réel bonheur.

Frères et sœurs, JESUS nous révèle le vrai visage du Père, à la fois exigeant et plein de miséricorde. N’ayons pas peur. Faisons-lui confiance. Ouvrons grand les portes de notre cœur à la miséricorde de Dieu. Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 20 Déc 2015, 7:34 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 1,39-45.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »




20/12/2015, 4e dimanche de l'Avent

Texte de l'homélie

Une espérance qui met en route

JESUS entre dans un monde façonné par une espérance. Les deux premières lectures nous l'ont rappelé. Avez-vous remarqué ce que le prophète Michée annonce de la part du Seigneur ? C'est une vraie nouveauté. Elle vient renverser nos échelles de valeur. « Toi, Bethléem, le plus petit des clans de Juda, c'est de toi que sortira… celui… qui sera grand. » Le plus petit des clans, d'un côté ; et de l'autre ? Le plus grand ? Eh bien, non. Pas « le plus » grand, mais le grand, tout simplement, si je puis dire. Aucun superlatif n'est annoncé. C'est nous qui ajoutons des superlatifs, car il y a toujours un petit monde où nous aimons être le plus grand : la famille, la paroisse, les amis, le travail… Il n'en est pas ainsi dans le Royaume de Dieu. Celui qui va naître sera grand, comme chacun d'entre nous est devenu grand le jour de son baptême. Vivre dans un monde où nul ne chercherait à être le plus grand, vous imaginez quel bonheur et quel paix pour tout le monde ! D'ailleurs, Michée l'annonce : l'enfant qui va naître « sera notre paix ».

Le psaume, quant à lui, dit cette même espérance, mais avec une urgence. Celle d'un peuple qui est sous l'occupation d'une puissance étrangère, comme c'est le cas pour Israël à cette époque, ou celle d'un pays qui subit des actes terroristes et semble perdu, comme c'est le cas pour la France, le Liban, le Mali et tant d'autres pays encore. « Dieu, écoute, viens nous sauver, fais-nous revenir...» Tous ces cris du psaume disent une espérance qui est mise en Dieu, une espérance qui résiste face à l'oppression ou la terreur d'un moment.

Marie a cru que cette espérance allait s'accomplir. Et regardez la manière dont cette espérance la transforme. Elle pose des gestes qui peuvent devenir les nôtres dès aujourd'hui si, comme elle, nous sommes persuadés que le Seigneur vient répondre à l'espérance du monde. Marie sort de chez elle et va avec empressement chez Élisabeth. Premier geste : sortir de chez soi. Puis Marie entre dans la maison de Zacharie et salue sa femme, Élisabeth. Deuxième geste : entrer et saluer les habitants d'une maison.

Par ces deux gestes simples, Marie reproduit ce que l'ange a fait pour elle. L'ange est sorti d'auprès de Dieu, où il le contemple face à face, pour entrer chez Marie dans le petit village de Nazareth. L'ange est mis en mouvement par une espérance folle : Dieu a décidé de faire corps avec l'histoire du monde pour la détourner du mal et de la folie humaine. Et sa décision commence par une visite toute simple : un ange vient saluer une jeune fille promise en mariage. « Je te salue », dit l'ange à Marie. Et il lui annonce : « L'Esprit Saint viendra sur toi. »

Marie se comporte comme l'ange. Elle sort de chez elle « avec empressement », comme s'il y avait urgence à échanger des bonnes nouvelles. Elle entre dans la maison de Zacharie et commence par saluer Élisabeth, par lui dire une parole de salut, comme si toute bonne nouvelle commençait par une salutation respectueuse. Et alors, la même chose se produit : quand Élisabeth entend la salutation de Marie, elle est remplie d'Esprit Saint, tout comme Marie. Même son enfant tressaille d'allégresse. Comme Marie.

Pour que les gestes de Marie deviennent les nôtres, la seconde lecture tirée de la lettre aux Hébreux nous dit comment faire. C'est simple. En entrant dans le monde, JESUS dit à son Père : « Me voici, je suis venu faire ta volonté. » C'est la même attitude qui nous est proposée : dire au Seigneur, « me voici », pour l'accueillir chez nous, le laisser nous faire devenir grand, nous bouleverser au point de nous faire sortir de chez nous pour entrer dans le monde et lui annoncer que son espérance va être enfin comblée.

Une espérance qui fait sortir de chez soi pour entrer ailleurs saluer le monde, c'est bien cela le style de Dieu. Allez, viens, divin Messie.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Ven 25 Déc 2015, 7:00 pm






Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 1,1-18.

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.
Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par JESUS Christ.
Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.





25/12/2015, Solennité de la Nativité du Seigneur

Texte de l'homélie

Laissons-nous surprendre par Dieu

Frères et sœurs, imaginez-vous lire cette brève dans un quotidien ou sur un site d’information : « Un enfant est né en Palestine. Selon la rumeur, il serait le Fils de Dieu. Accompagnée de Joseph, un charpentier, Marie, sa maman, a accouché dans une étable faute de place dans les auberges. Elles sont surpeuplées à cause d’un afflux de population lié à un recensement imposé par l’empereur romain. Le prénom de l’enfant : JESUS. Des bergers qui nous l’ont annoncé, s’en réjouissent. »

Au-delà du côté banal de l’évènement, cette mise en scène imaginaire ne révèle-t-elle pas l’originalité de la foi chrétienne ? À Noël, Dieu risque tout : sa réputation, sa tranquillité. Il fait ses paquets. Il vient habiter sur terre. Comme en atteste la couronne d’Avent garnie de quatre bougies allumées par étapes ces dernières semaines, dans l’espace de recueillement mis à notre disposition dans cette prison, des chrétiens se sont préparés, dans la prière, à accueillir l’Emmanuel. Ce prénom se termine par les deux mêmes lettres que Noël. En hébreu, ces deux lettres signifient : « Dieu avec nous ». Dans d’autres prisons belges, d’autres détenus auraient aussi aimé vivre ces moments communautaires, prier ensemble comme le droit le leur permet. Eux aussi ont une grande place dans le cœur de JESUS comme tous les êtres humains qui ont faim, ceux qui manquent d’eau potable, qui ont froid, qui sont malades ou qui sont étrangers. Le jubilé de la miséricorde, qui vient de s’ouvrir dans l’Église universelle, invite, entre autres, à prolonger un agir social dans ces domaines. Il est incontournable pour toute personne et toute institution conquises par la personne de JESUS. Dans l’Évangile de Matthieu, la visite aux détenus est une œuvre de miséricorde ajoutée par JESUS à une liste juive préexistante. Cela en souligne l’importance à ses yeux.

Chers amis dans la foi, dans cette prison, des initiatives individuelles et collectives sont prises au quotidien pour vous aider à brider la violence, faire reculer des injustices, enrayer la haine et la vengeance, préparer votre réinsertion dans la société, en un mot : croire à nouveau en vous. Par exemple : des cours d’informatique, de cuisine, de langues, de gestion, des initiatives suscitant la créativité comme ces dessins sur le podium, des débats, le travail en atelier, des accompagnements individualisés, etc. La société aurait tout à gagner en amplifiant et en généralisant ces décisions trop peu répandues dans nos prisons. Grâce aussi à ces manières de faire, les détenus redeviennent des humains. Les récentes journées nationales des prisons, organisées par de multiples associations actives en prison, l’ont bien confirmé.

« JESUS a habité parmi nous » nous dit l’Évangile d’aujourd’hui. En quel Dieu croirions-nous sans Noël, c'est-à-dire sans un Dieu né au milieu de nous, sans ce Dieu qui nous dit : « Je suis… », comme l’a gravé Georges sur l’autel ? Une phrase que chacun est amené à compléter. Nous parlerions de Dieu comme de quelqu’un qui habite très haut dans le ciel. Nous nous sentirions si petits que nous n’aurions qu’à nous aplatir. Sans Noël, nous serions soit déistes, comme les philosophes qui admettent l’existence d’une divinité quelconque, ou nous serions fétichistes, adorateurs d’animaux ou d’objets chargés d’un pouvoir surnaturel.
En regardant le ciel, nous voyons des étoiles, là où les hommes situent généralement Dieu. L’histoire de la nativité du Christ nous parle d’une étoile. Elle a donc quitté le ciel pour s’installer dans la crèche de Bethléem et dans celles d’aujourd’hui, visibles aussi dans des cellules de prisons, dans nos foyers, sur les places publiques. Elle vient confirmer que Dieu n’est plus au-dessus de nos têtes. Nous avons donc à baisser notre regard pour le voir à hauteur d’homme, sur le visage des personnes construisant un monde plus juste pour le frère qu’elles rencontrent y compris les écorchés de la vie. Mon expérience atteste que chaque personne passe un jour ou l’autre par une situation de fragilité temporaire ou plus longue.

La naissance de Dieu parmi les hommes, a pour conséquence géniale qu’elle vient donner à notre propre vie une consistance particulière : notre vie terrestre n’est pas une vie au rabais. Grâce à Noël, notre vie ici-bas est sacrée puisque Dieu lui-même a choisi de la vivre avec nous et comme nous. Oui, désormais, nous savons que c’est dans notre vie terre à terre, même avec ses laideurs, ses ratés, que nous pouvons rencontrer Dieu.

Ce message de Noël ne nous est pas donné pour information, simplement pour en savoir un peu plus sur JESUS. Laissons-nous surprendre par Dieu. Il nous est offert pour affermir notre foi en nous-mêmes en l’autre, en lui et à agir. Ce mystère de Noël a comme but de nous aider à traverser notre quotidien et devenir de plus en plus heureux.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 27 Déc 2015, 8:38 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 2,41-52.

Chaque année, les parents de JESUS se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune JESUS resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.
Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à JESUS, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.




27/12/2015, Fête de la Sainte-Famille

Texte de l'homélie

En famille

Un jour, un jeune de dix-huit ans m’a demandé : « Mon père, d’après vous, quelle est ma vocation ? » Ce n’étaient pas tout à fait ces mots-là, mais c’était le sens. Et moi de répondre : « Une famille. Crée une famille. - Hein ? Mais, si je veux être prêtre… - Ah mais, justement ! Justement : même si tu ne fondes pas de famille, au sens d’un couple qui donne naissance à des enfants, fonde une famille quand même. Naturellement, la majorité des jeunes que nous connaissons fondera une famille au sens habituel. C’est dans l’ordre des choses. Et c’est très beau. Mais il peut aussi bien arriver que Dieu prenne l’un ou l’une par le paletot et l’appelle à la vie religieuse, à la vie de prêtre ; la preuve ! Ou bien que le célibat s’installe et dure. Pas vraiment voulu, à peine… accepté. Ou que le couple ne réussisse pas. Ou que les enfants ne viennent pas.

Mais ce que je voulais dire à mon jeune, c’est : quoi que tu fasses, fonde une famille. Une famille de sang ou bien une famille de cœur. Car il y a des familles d’amis. Ils sont comme des frères ; ils partagent tout, ils s’appellent à minuit et ils se prêtent leurs vêtements. Il y a des familles de bric et de broc, avec des pièces rapportées d’on ne sait trop où. Je me souviens d’une vieille dame, de ma propre famille, qui était une pièce rapportée de si loin que personne ne savait exactement comment elle était notre parente. Nous l’aimions beaucoup et elle nous aimait beaucoup. Il y a des familles qu’on appelle des couvents et des monastères. Les caractères s’y frottent tout autant que dans les familles de chair. C’est pour cela, entre autres raisons, que j’ai aimé les Dominicains et que j’y suis entré : parce que j’y ai vu d’aussi mauvais caractères que le mien, mais qui faisaient des efforts pour vivre en frères.

Il y a des familles d’accueil. Il y a des familles de hasard, des pères, des mères ou des enfants de substitution que le Seigneur nous a donnés. C’est un cadeau précieux que de devenir responsable de quelqu’un qui ne nous était rien. D’éprouver du souci pour ce filleul, de la fierté pour cette voisine. Et il y a cette œuvre magnifique des Petites sœurs des pauvres qui a voulu donner à ses maisons ce simple nom : « Ma Maison ». « Ma Maison », pas « cette maison », mais la mienne, celle où je vis, en famille. Ce qu’a voulu Jeanne Jugan, c’est que chacune de ses maisons soit « Ma Maison » pour chacun de ceux qui y vivent. Sa famille. Où l’on se tient ensemble, où l’on s’entraide, où l’on se supporte parfois, dans tous les sens du terme, où l’on se pardonne. Où l’on essaie enfin de vivre en frères et sœurs, de vivre en famille.

Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Famille. Nous fêtons aujourd’hui toutes les familles. Les familles de sang et les familles de cœur. Nous fêtons les vieux amis et les nouveaux amis, les enfants et les parents, et les frères et les sœurs que le Seigneur nous donne. Ce merveilleux petit foyer d’intimité sans lequel nous mourrions de froid. Chers amis, ici dans « Ma Maison » de Saint-Denis ou chez vous, à la maison, que le Seigneur vous donne une famille, qu’il agrandisse la vôtre, qu’il la consolide. Le Seigneur qui vous tient la main comme un vieil ami, comme un père, comme un frère.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 03 Jan 2016, 9:17 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Matthieu 2,1-12.

JESUS était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.




03/01/2016, Solennité de l'Epiphanie du Seigneur

Texte de l'homélie

Chercheur ou étoile ?

Nous sommes à Saint Paul de Vence connu comme "le village des artistes", à deux pas de la Fondation Maeght. En lisant l'Évangile, il est donc impossible de ne pas avoir devant les yeux les nombreuses représentations de la Nativité dans l'histoire de l'art : des plus simples paléo-chrétiennes, comme celles des catacombes de la Via Appia Antica, près de ma paroisse à Rome, aux plus riches représentations baroques dans les basiliques, en passant par les superbes œuvres médiévales ou de la Renaissance.

La Nativité, proprement dite, rassemble Marie, Joseph, et l'Enfant JESUS... le tableau en ces jours de fêtes s'est peu à peu développé. La misérable grotte qui ne rassemble que peu de personnages s'enrichit d'anges, de bergers, et enfin de mages... Tous en contemplation.

"Il y a un mystère", ne se lassait pas de répéter le Cardinal Jean Daniélou : "Il y a un contenu caché dans l'histoire... Le mystère est celui des œuvres de Dieu, qui constituent dans le temps la réalité authentique, cachée derrière les apparences...
Mais cette histoire que Dieu réalise pour l'homme, il ne la réalise pas sans lui. S'arrêter pour contempler les "grandes choses" de Dieu signifierait ne voir qu'un aspect des choses. Face à celles-ci se trouve la réponse des hommes." Ne nous arrêtons pas, ne restons pas figés dans la contemplation comme les personnages de nos tableaux mais perçons le mystère, cherchons ce "contenu caché".

Les bergers représentent qui est pauvre, sans instruction, faible, le malade cloué sur son lit d'hôpital, le prisonnier enfermé dans sa cellule, le rejeté, l'indigent, le réfugié qui humblement, discrètement, peut-être de façon misérable adore l'enfant-Dieu.
Les mages scrutaient les étoiles, ils sont riches, intelligents, éduqués, puissants, instruits ; c'est l'homme bardé de diplômes, sûr de sa science, de sa carrière. Il est ingénieur, médecin, architecte, ministre, journaliste, il construit le monde et le défait, et flamboyant il adore l'enfant-Dieu.
Riche ou pauvre, misérable ou flamboyant tous sont là en contemplation, pourquoi ? Parce ce que derrière l'apparence, l'homme a le même cœur, le même besoin, la même inquiétude. Il recherche le sens de sa vie, de ce monde qui l'entoure, de ses relations. Il ne se contente pas de ce qu'il a ou n'a pas, mais de ce qu'il est. Pourquoi ai-je été créé ? Qui est l'homme ? Y-a-t-il un Dieu ? Une vérité ?

Ces hommes et ces femmes figés dans nos tableaux ne veulent pas tout savoir ou tout avoir mais cherchent l'essentiel qu'il trouve dans l'enfant-Dieu.
Chacun d'entre nous est appelé à devenir un chercheur de Dieu, voici "la réponse des hommes" qu'appelait de ses vœux le cardinal Danielou.

Comme les bergers et les mages, je dois avoir l'humilité de reconnaître que je ne suis pas la réponse à mes questions : que ma liberté va bien au-delà de la maladie qui me paralyse ou des barres de ma cellule, que la vérité n'est pas celle qui s'accommode le mieux à mon mode de vie ou à la pensée dominante, que l'amour n'est pas un supplétif à mes besoins affectifs ou hormonaux et donc, il me faut du courage pour entreprendre cette recherche.

Pour les mages et les bergers, ce pèlerinage qui les conduits à Dieu est d'abord un cheminement intérieur que chacun d'entre nous doit entreprendre avec courage et humilité.

Et si nous avons trouvé la réponse, si nous sommes agenouillés devant Dieu qui s'est fait homme, alors devenons l'étoile qui conduit d'autres hommes au cœur inquiet, d'autres chercheurs de Dieu, qui ont besoin de l'indication qui les mènera à Lui. Soyons les astres qui brillent dans l'obscurité de notre temps, qui illuminent le chemin vers la vraie lumière, car, comme dans un tableau de Caravage, nos vies ne s'illuminent qu'en présence de l'enfant Dieu.

Reprenons à notre compte cette affirmation de la première lecture: "Debout, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi".

Amen.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 10 Jan 2016, 8:29 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 3,15-16.21-22.

Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, JESUS priait, le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur JESUS, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »




10/01/2016, Baptême du Seigneur

Texte de l'homélie

Le baptême ? Une vraie rupture dans nos vies

Le baptême du Seigneur marque plusieurs ruptures dans la manière que Dieu a choisie pour se faire connaître des hommes. Ce sont des ruptures car, après le baptême de JESUS, plus rien ne sera comme avant. Et nous tous qui sommes devenus chrétiens par le baptême, nous essayons aujourd'hui de vivre de ces ruptures. Voyez plutôt.

Tout d'abord, il y a ce fait très étonnant : JESUS a été baptisé par Jean. JESUS entre dans l'histoire de l'Humanité en se faisant solidaire de son attente de jours meilleurs. Il se met dans la file de ceux qui cherchent à se convertir, en demandant à recevoir un baptême de purification pour se détourner du mal et accueillir le règne de Dieu, enfin tout proche. JESUS, l'homme qui ne connaît pas le péché, aurait pu légitimement se dispenser de recevoir le baptême, ou il aurait pu faire semblant de le recevoir sans faire sienne la démarche de ceux qui venaient à Jean. Eh bien non. Le Fils de Dieu n'arrive pas en surplombant notre humanité ou en la méprisant. Son premier geste dit une proximité, non feinte, avec l'Humanité telle qu'elle est. Non pas une humanité réduite à ses péchés, mais une humanité essentiellement en attente et en quête d'un autre monde meilleur pour tous. Cette absence de jugement, pour préférer une juste compassion, faite de sympathie et de tendresse, est la première rupture introduite par le baptême du Seigneur.

Aussi, quand vous entendez quelqu'un se raidir dans ses propos sur le monde ou sur certaines personnes, et cela peut nous arriver à nous aussi, une chose est sûre : cette personne a oublié ce que signifie le baptême.

Luc écrit, qu'après avoir été baptisé, « JESUS priait. Le ciel s'ouvrit ». Comment mieux rappeler que le propre de toute rencontre avec Dieu, ce face à face que chacun de nous vit dans la prière, est d'ouvrir et non de fermer ? Voici une deuxième rupture : la frontière qui sépare la terre du domaine où Dieu réside est ouverte une fois pour toutes. Elle ne se refermera jamais. Le baptême nous fait entrer dans une relation personnelle avec Dieu et non pas adhérer à des valeurs, à des idées ou à des vérités. Et cette relation se reconnaît par ce qu'elle ouvre en chacun de nous : une espérance nouvelle, une charité plus grande, une foi qui fait dépasser ses peurs.

Aussi, quand vous entendez quelqu'un réduire le christianisme à des points qui empêchent tout dialogue, et cela peut nous arriver à nous aussi, une chose est sûre : cette personne a oublié ce que signifie le baptême.

Autre rupture et non des moindres : une voix venue du ciel, désormais ouvert. « En toi, je trouve ma joie. » Vous entendez ? C'est inouï ! En JESUS, son Fils, qui s'est voulu solidaire de chacun de nous, Dieu, le Père, trouve sa joie. Êtes-vous prêts à croire, vous aussi, que lorsque vous vivez de façon accordée à votre baptême, Dieu trouve en vous sa joie ? Vous ouvrez votre table à l'étranger ? Dieu trouve sa joie ! Vous contribuez à faire de l’Église un « hôpital de campagne », en soignant les blessés de la vie ? Dieu trouve sa joie !
Aussi, quand vous entendez quelqu'un annoncer un christianisme intransigeant sans douceur ni réconfort, et cela peut nous arriver à nous aussi, une chose est sûre : cette personne a oublié ce que signifie le baptême.

Au final, ces ruptures introduites par le baptême du Seigneur convergent vers une seule rupture dans nos vies : devenir miséricordieux comme le Père est miséricordieux. Se faire proche de tout homme avec sympathie, comme Dieu. Ouvrir des chemins qui font grandir, comme Dieu. Et surtout, vivre de la joie de Dieu avec le Christ, trop heureux de retrouver tant de fils qui s'étaient égarés.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 17 Jan 2016, 9:52 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 2,1-11.
En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de JESUS était là.
JESUS aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin. La mère de JESUS lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »
JESUS lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
JESUS dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié
et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que JESUS accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.




17/01/2016, 2e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Répondons joyeusement à l’appel de Marie

« Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Marie venait de confier à JESUS l’embarras des nouveaux époux qui les avaient invités à leur repas de noces : « Ils n’ont plus de vin. » La réponse de JESUS à dû lui sembler bien déroutante ! De quelle heure parlait-il donc? Et pourquoi ne pouvait-il pas leur venir en aide, alors qu’il aimait tant d’habitude rendre service aux personnes en difficulté ?

Il est vrai qu’il venait d’entamer une toute nouvelle phase de sa vie. Durant 30 années, il avait vécu dans la plus grande discrétion à Nazareth. Il avait aimé partager très simplement la vie des  habitants de la petite bourgade. Tout au long de ces années, il n’est rien dans le quotidien des hommes qui n’avait trouvé écho dans son cœur !

Mais le moment était venu d’inaugurer maintenant sa mission, de faire son entrée sur la scène publique. Il avait tenu à poser d’abord un acte de profonde humilité : recevoir le baptême de conversion proposé par Jean. Au moment où il sortait des eaux du Jourdain, la voix du Père avait retenti et on avait vu l’Esprit demeurer sur lui. Désormais, accompagné de ses disciples, il allait trois années durant parcourir toute la Palestine pour révéler à chacun le visage de tendresse de son Père.

Alors seulement, viendrait, comme le couronnement de toute sa mission, l’Heure de sa Pâque, cette heure à la fois redoutée et tellement désirée. L’heure d’aimer les siens jusqu’à l’extrême, en se chargeant de toutes leurs détresses. L’heure de l’affrontement décisif avec le pouvoir des ténèbres pour y faire briller la lumière. L’heure de manifester l’incroyable folie de l’amour de Dieu qui est plus puissant que la folie meurtrière des hommes. « Ma vie, nul ne me la prend, c’est moi qui la donne. » En se dessaisissant de sa propre vie pour la partager à ceux qu’il aime, le Christ mènera à son achèvement l’œuvre de son Père : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16)

La vie du Christ présente donc comme une prodigieuse concentration : 30 années, 3 ans, 3 jours ! Trente années vécues humblement à Nazareth pour partager ce qui fait le quotidien de nos vies et manifester que tout ce qui est authentiquement humain peut être sanctifié en étant transfiguré par l’amour de Dieu et du prochain. Trois années pour annoncer à tous, et spécialement aux plus petits, aux blessés de la vie, cette Bonne Nouvelle de Dieu, dont il voulait passionnément révéler la proximité et l’incroyable tendresse. Et enfin les 3 jours, l’heure de sa Pâque, l’heure de son total abandon entre les mains des hommes et les bras de son Père, pour devenir victorieux du pouvoir des ténèbres et faire à tous le don de sa propre vie : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jean 10, 10)

Oui, le Christ a épousé à tout jamais notre humanité ; il veut que tous les invités de la noce ne forment plus en lui qu’un seul corps, dans la diversité et la richesse des dons de l’Esprit Saint. L’Apocalypse confirme solennellement que nous sommes tous invités à ce banquet des noces éternelles : « Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, car voici les noces de l’Agneau. Que celui qui a soif vienne, que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement. » (Apocalypse 19,7 ; 22, 17) Alors, l’eau et le vin ne feront plus qu’un : celui qui recevra l’eau vive de l’Esprit Saint, source jaillissante de la vie éternelle, pourra boire éternellement à la coupe du Royaume. Ainsi s’accomplira la parole prononcée par JESUS durant la dernière Cène lorsqu’il présentait la coupe de vin à ses amis : « Buvez en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude... Je vous le déclare : je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le Royaume de mon Père. »  ( Mt 26, 27-29).

Mais auparavant, répondons joyeusement à l’appel de Marie, car c’est à nous qu’elle dit aujourd’hui : « Faites tout ce que mon Fils vous dira ! »  A la demande du Christ, remplissons nos jarres jusqu’au bord, et faisons-lui confiance. Par sa grâce, il accomplira en nous ce qui nous semble si souvent impossible : il nous manifestera sa gloire et nous aussi nous deviendrons les témoins des merveilles que son amour réalise dans nos vies.





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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 24 Jan 2016, 5:54 pm



24/01/2016, Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Texte de l'homélie

En communion avec nos frères chrétiens d’Orient

Prédication du Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et ordinaire des Orientaux en France

Depuis plus de 2000 ans, l’Évangile rejoint les générations humaines dispersées à travers le monde. Les communautés des chrétiens d’Orient ont été parmi les premières à vivre cette mission. Elles continuent à la vivre. Depuis les temps apostoliques, être chrétien, c’est demeurer fidèle à cette mission d’être lumière du monde et sel de la terre.

Pour répondre à ce que le Christ attend de nous dans ce discours adressé à ses disciples, il faut d’abord que nous soyons convaincus que notre participation à la vie du Christ et l’accueil que nous faisons de l’Évangile, apporte quelque chose d’unique dans le monde. Il n’y a de lumière qui se perçoive que si elle brille dans les ténèbres, il n’y a de sel qui s’apprécie que s’il apporte du goût à une certaine fadeur.

Nous ne pouvons pas espérer être la lumière du monde et le sel de la terre sans cette conviction profonde que l’Évangile est une source d’espérance pour les hommes, et pas simplement pour nous, et que notre fidélité à l’Évangile et notre désir de suivre le Christ sont importants non seulement pour chacune et chacun d’entre nous, mais pour l’humanité tout entière. Si nous laissons s’éteindre la lumière de l’Évangile, si nous laissons s’affadir le sel de la Parole de Dieu, nous ne sommes pas seulement peu prudents en renonçant à ce qui pourrait nous être utile, nous sommes des traîtres par rapport à l’attente de ceux qui nous entourent.

Oui, l’Évangile du Christ, notre foi chrétienne sont une véritable ressource pour l’équilibre et pour l’accomplissement de la vie du monde. Nous ne constituons pas une hypothèse parmi d’autres hypothèses, nous ne construisons pas une idéologie parmi d’autres idéologies, nous sommes le corps ressuscité du Christ et nous sommes porte-paroles du Christ lui-même. Et c’est parce que nous avons à porter cette Parole du Christ, c’est parce que nous avons à vivre cette vie de l’Évangile, que nous devons espérer de toutes nos forces que l’Esprit de Dieu habite nos cœurs et mobilise nos énergies.

Mais voilà : comment être la lumière du monde ?Comment être le sel de la terre ? Comment briller dans les ténèbres ? Comment apporter du goût dans la morosité ? Comment être témoins de l’espérance et de la joie alors que la violence et la haine sévissent en tant de pays du monde, pour les chrétiens qui vivent en Orient ou notre propre ville ?

Notre énergie vient de la personne du Christ lui-même : « Car j’ai décidé de ne rien savoir parmi vous - dit saint Paul - sinon JESUS Christ et JESUS Christ crucifié » (1 Co 2,2). C’est la folie de la croix qui se confronte sans cesse à la sagesse du monde. En annonçant le Christ mort et ressuscité - comme nous pouvons le contempler sur cette icône - nous proclamons que la véritable sagesse de Dieu ne se manifeste pas dans la puissance humaine mais dans sa faiblesse puisque Dieu peut faire jaillir la vie de la mort comme il l’a déjà fait en son Fils. Nous percevons alors que cette faiblesse n’est ni une honte, ni un handicap, ni une réalité qui conduit au désespoir ou au fatalisme mais qu’elle est au contraire la force sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

Être lumière du monde, être sel de la terre, c’est concrètement répondre aux attentes de celles et ceux qui nous entourent. C’est pour chacun, selon ses possibilités, ses moyens, ses disponibilités, mettre tout en œuvre pour qu’aujourd’hui la violence de l’existence humaine ne soit pas destructrice, mais devienne le lieu d’une espérance pour l’avenir.

« Tu appelleras et le Seigneur répondra, tu hèleras et il dira : "Me voici !" » nous dit le prophète Isaïe (Is 58,9). Les inquiétudes et les questions que nous pouvons nous poser, et qui sont réelles et légitimes, ne peuvent pas recevoir la lumière du Christ si nous ne mettons pas cette lumière au service de nos frères. Les solutions à nos questions, ce sont les solutions que nous essayons d’apporter aux drames du monde. Répondre à nos interrogations, c’est d’abord nous mettre en marche pour faire quelque chose au service de nos frères, tout spécialement pour et en communion avec nos frères chrétiens d’Orient. Amen.

Prédication de Monseigneur Emmanuel Adamakis, métropolite de France et président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France

Éminences, cher Monseigneur André Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris, Excellences, Monsieur le pasteur, cher François Clavairoly, bien chers Pères, Mesdames et Messieurs, chers frères et sœurs en Christ, ce soir, nous ne prions pas seulement pour nos frères et sœurs d'Orient. Ce soir nous prions avec nos frères et sœurs d'Orient dont le cheminement historique est malheureusement symbolisé par cette icône de la fuite en Égypte. La fuite des chrétiens d'Orient constitue non seulement leur sortie de l'Histoire, mais aussi la rupture spirituelle de notre foi en tant que mémoire d'un mystère dont l’Église est le prolongement, d'une réalité dont l’Église est l'avènement, celle du Royaume.

En écho à la lecture biblique que nous venons d'entendre du prophète Jérémie, la question qui doit ce soir nous interpeler consiste à savoir si nous cherchons encore le Seigneur. En effet, tout nous semble donné, tout nous paraît offert et l'expression de notre foi, malgré un contexte de forte sécularisation, jouit d'un espace de liberté que beaucoup nous envient. Cependant, le confort de nos Églises, de nos communautés, ne doit pas nous faire perdre de vue que la foi, même si elle est confiance et espoir, n'en est pas moins une interrogation de tous les instants. C'est une interpellation constante de Dieu qui se donne malgré nos propres faiblesses et alors que nous scrutons avidement sa présence. Pour autant, la recherche de Dieu ne va pas sans faire l'expérience de son amère absence, voire du vide laissé par une grâce devenue intangible à nos yeux. Cette mise en abyme du néant par lui-même fera jaillir la grâce transfiguratrice du Seigneur. Rappelons ces mots du prophète Jérémie que nous venons tout juste d'entendre : « Vous me chercherez du fond de vous-mêmes et je me laisserai trouver par vous. »

Les chrétiens d'Orient font essentiellement partie de ce « fond de nous-mêmes ». Ils sont à la fois l'Histoire et notre Histoire que la récente constitution de flux migratoires, en raison des conditions géopolitiques du Proche-Orient, est en train de voir disparaître inexorablement.

Je rappellerai seulement que les chrétiens d'Orient sont bien des médiateurs dans le temps et dans l’espace des sociétés dans lesquelles ils se trouvent. Par médiateur, j’entends qu’il existe une intelligence spontanée et naturelle permettant des rapports pacifiés avec les sociétés majoritairement musulmanes dès lors que ces mêmes sociétés sont en capacité d’appréhender la modernité de leur pluralisme traditionnel. Les réactions à la modernité ont porté le radicalisme à voir dans les communautés chrétiennes et les autres minorités ethno-religieuses des vecteurs de sécularisation qu’amplifiait l’altérité dont ils sont porteurs. Pourtant, ne sont-ils pas des natifs, pour ne pas dire des « naturels » de cette région ? Continuons donc à nous souvenir d’eux, à agir en leur faveur, à faire valoir leur droit à vivre et à exister sur ces terres qui ont vu naître notre foi. Prions tout particulièrement pour la libération immédiate du Métropolite Paul Yazigi et de Monseigneur Youhana d’Alep, dont la disparition est survenue en Syrie, en avril 2013.

Les chrétiens d'Orient doivent devenir notre horizon œcuménique, non seulement en tant qu'œcuménisme de « sang » comme a pu le dire sa sainteté le pape François, mais comme un œcuménisme fraternel et solidaire qui consiste à prier pour les chrétiens d'Orient et avec les chrétiens d'Orient.

Prédication du Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France

JESUS Christ a détruit le mur de séparation : la haine. Combien de foi cette phrase a-t-elle été méditée, mais finalement oubliée, et même humiliée, au cours des siècles ! Au sein des premières communautés chrétiennes, entre juifs et chrétiens, Dieu sait si cette haine fratricide a été meurtrière, et puis entre chrétiens et non chrétiens, et encore au fond des prisons, dans les cachots des persécutés, lors des conflits qui ont déchiré les Églises, il y a quelques siècles. Devant un tel message de paix, les chrétiens n’ont pas suffisamment été à l’écoute, loin s’en faut, même s’ils en ont gardé le texte dans le Nouveau testament.

Aujourd’hui, nous méditons toujours ces mots, mais en présence de haines nouvelles qui risquent encore de déchirer notre société. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Ce mur de séparation est sans doute une image pour désigner tout ce qui nous divise, tout ce qui diabolise l’autre, tout ce qui nous empêche de voir l’autre différent comme il est vraiment, et non pas seulement comme « nous pensons » qu’il est. Cette image de la séparation comme un mur de haine illustre, à bien des égards, ce que nous vivons en nous-mêmes et entre nous, chrétiens et citoyens de ce monde. Et elle figure assez bien qu’il y a un obstacle à franchir, à supprimer, et c’est un mur qui empêche le regard, la rencontre, le dialogue confiant. C'est un mur identitaire qui serait comme « construit en nous-mêmes », ou alors autour de nous, comme si nous étions murés ou emmurés dans nos certitudes, nos affirmations « convictionnelles », nos façons de voir, au point de ne pas nous laisser délivrer, car ce mur est trop haut, trop solide pour être franchi ou abattu.

Or, voici que l’apôtre nous alerte et nous encourage. Il nous alerte sur cette haine et cette violence toujours possibles et qui affleurent très vite dans nos cœurs, sur nos visages, sur nos lèvres, dans nos attitudes, nos comportements, nos propos, et il nous faut y prendre vraiment garde en société comme en privé. L’apôtre nous veut responsables et non pas irresponsables dans nos propos et dans nos prises de position.

Il nous encourage à comprendre que l’autre différent que l’on croit étranger, n’est pas étranger en vérité, mais bien frère ou sœur. Il nous encourage à bâtir une Église et une société de confiance et non pas d’ignorance, de défiance ou de mépris. Et au sein de l’Église, où nous pouvons toujours commencer et recommencer ce travail, il nous appelle à reconnaitre que la différence ne doit pas être un motif ou un prétexte de haine ou de séparation, mais bien le début d’un chemin de rencontre. Car nous sommes tous appelés à nous comprendre, en Christ, c’est-à-dire à être à être « pris ensemble » emmenés ensemble selon la même promesse, nous sommes appelés à vivre l’aventure de cette promesse encore inaccomplie : et comme disait Ricœur, « la compréhension de l’autre est une aventure redoutable ». Mais si nous la redoutons, nous voulons cependant la vivre. Telle est notre utopie et notre folie !

La promesse œcuménique a certes été longtemps ignorée. Elle l’est encore, pour beaucoup. Et l’idée d’appartenance à une même famille, comme l’écrit l’apôtre, est parfois récusée par ceux qui restent enfermés dans l’illusion qu’ils auraient raison contre tous. Or l’apôtre nous dit aujourd’hui avec ses mots que nous ne pouvons être chrétiens tous seuls, que nous ne pouvons être Églises tous seuls, car le Christ lui-même vient détruire les raisons de cette solitude et de cet enfermement. Il a même une phrase que je veux reprendre et vous laisser en mémoire, pour finir, car elle est étonnante et unique et elle concerne, bien au-delà des chrétiens, tous ceux qui veulent participer au vivre ensemble que nous recherchons tous en ces temps de violence : là, il a tué la haine. Là, sur la croix, c’est-à-dire par un geste d’abandon et de miséricorde, il a renoncé à tout pouvoir et toute violence, pour que nous aussi suivions cette voie de miséricorde et de paix.

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 31 Jan 2016, 8:15 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 4,21-30.

En ce temps-là, dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d'Isaïe, JESUS déclara : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit surtoute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.

Ils se levèrent, poussèrent JESUS hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.






31/01/2016, 4e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

JESUS : la voix et le visage de l’amour

Frères et sœurs, le récit que l’on vient d’entendre peut faire surgir en nous cette question : qui est JESUS pour susciter une telle opposition dès le début de son ministère ? Pourquoi le prophète dérange-t-il autant ? Parce qu’il n’a pas d’autres intérêts que l’amour. Amour de Dieu son Père et amour des hommes. Les habitants de Nazareth voudraient retenir JESUS à leur profit, afin d’exploiter ses talents de guérisseur. Mais, pour reprendre les mots de saint Paul : « l’amour ne cherche pas son intérêt. » Ils voudraient bénéficier de l’aura de JESUS dont la renommée grandit. Mais l’amour ne se gonfle pas d’orgueil.

Les habitants de Nazareth n’ont pas compris que JESUS est la voix et le visage de l’amour, et qu’on ne peut pas mettre la main sur lui. Sans compromission aucune, il est la voix de l’amour qui annonce aux pauvres la Bonne Nouvelle. Il est le visage de l’amour qui va son chemin et endure tout dans la patience. JESUS est la voix de l’amour qui ne cesse de dire la vérité qui libère. Et face à l’hostilité, il est le visage de l’amour qui ne s’emporte pas et s’efface, faisant confiance en tout à son Père.

À la suite de Jérémie, d’Élie et d’Élisée, prophètes de l’Ancien Testament, JESUS est vraiment le « grand prophète » attendu. Voix et visage de l’amour au milieu des hommes, il ne recherche pas la reconnaissance humaine. Il lutte pour la vérité, la justice, la paix et l’amour. Il vient bousculer un certain ordre établi, surtout celui des institutions religieuses. Il dérange. Et il n’aura de cesse, jusqu’à la croix, que l’amour ait le dernier mot en toute chose.

Frères et sœurs, par notre baptême nous a été donné de devenir des prophètes en JESUS. Avec lui, par lui, il nous revient aujourd’hui d’être au milieu de nos contemporains, la voix et le visage de l’amour. Amour fraternel dans nos communautés chrétiennes. Mais aussi amour sans frontière pour tout homme et toute femme rencontrés. « Là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde », nous encourage le pape François, en cette année jubilaire. Prophètes, il nous revient de faire signe de l’amour infini de Dieu pour tous.

Chacun est prophète quand il fait un geste d’accueil au lieu d’un mouvement d’énervement spontané ; lorsqu’il ne mesure pas jalousement son temps ; lorsqu’il rend un service en sachant qu’il n’y aura pas de réciproque ; lorsqu’il donne une parole de vérité qui coûte ; lorsqu’il pose à contrecourant un geste de justice… Oui, soyons heureux d’être envoyés comme des prophètes de l’amour là où nous sommes, dans un monastère, dans la famille ou le travail, sur un lit d’hôpital ou dans la prison. Et si nous mesurons spontanément notre faiblesse, regardons JESUS et demandons son aide.

Regardons-le en reprenant les mots de saint Paul : « L’amour prend patience, l’amour rend service… l’amour ne passera pas.. » Je vous propose d’apprendre par cœur ces quelques versets (4 à 8), ou de les écrire, et de les répéter en regardant JESUS, la voix et le visage de l’amour.

Une autre façon de nous stimuler sur ce chemin exigent est de regarder les amis de JESUS, les saints. Essayons de mieux connaitre notre saint patron, ou bien le saint du jour. Ainsi, aujourd’hui, regardons don Bosco qui a su si bien aimer les jeunes déshérités et leur faire confiance. Avec les saints, laissons l’Esprit nous apprendre à aimer sans mesure. Frères et sœurs, en cette eucharistie, nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection de JESUS. Là se trouve la source de son amour pour nous. Accueillons-le.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 07 Fév 2016, 10:13 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 5,1-11.

En ce temps-là, la foule se pressait autour de JESUS pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
JESUS monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait lesfoules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de JESUS, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. JESUS dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.




07/02/2016, 5e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Avance au large...

Frères et sœurs, chers amis, Simon et ses compagnons se doutaient-ils, ce matin-là, que leurs vies étaient sur le point de basculer ? Se doutaient-ils que le passage de cet « homme au cœur de feu » allait embraser le leur et les conduire sur les routes du monde, pêcheurs d’hommes, bien au-delà de tout ce qu’ils avaient imaginé auparavant ?

Lorsque JESUS arrive au bord du lac de Génésareth, le petit groupe de pêcheurs est en train de nettoyer ses filets. De lui, ils ont évidemment entendu parler. Les rumeurs vont bon train dans la région et tout le monde sait déjà ce qu’il a dit dans la synagogue de Nazareth. Et puis, il y a eu, peu après, la guérison de la belle-mère de Simon et celle de tant d’autres malades qui maintenant le suivent. Aujourd’hui encore, JESUS n’est pas seul, et pour mieux s’adresser cette foule nombreuse qui le presse, il demande à Simon la permission de monter dans sa barque et de l’éloigner de quelques mètres. Simon accepte de bonne grâce : sans doute est-il lui aussi intéressé par ce que JESUS va dire… et c’est là que tout bascule : « Simon, - lui dit JESUS à la fin de son enseignement, - avance au large et jetez vos filets. » Je vous laisse imaginer la tête de Simon et son bougonnement intérieur ! « Ce fils de charpentier est quand même étrange… Il a bien vu que nous n’avons rien pris de la nuit et voilà qu’il nous dit de reprendre la mer en plein jour ! C’est perdu d’avance : les poissons sont au fond de l’eau et nous n’attraperons rien. » Il ajoute pourtant, presque mystérieusement : « Rabbi-maître, sur ta parole, je vais jeter les filets. » « Sur ta parole », c’est-à-dire même si je ne comprends pas, simplement parce que j’ai confiance en toi. Simon oublie alors sa fatigue, sa fierté de marin et même son bon sens pratique, pour faire ce que JESUS lui demande. Il jette ses filets, il risque son va-tout et vous l’avez entendu : c’est la pêche miraculeuse.

Frères et sœurs, cette surabondance inattendue montre que Dieu a visité la barque de Simon, et il l’a visitée au moment où celui-ci n’envisageait plus sa journée qu’à travers les filets vides qu’il avait ramenés. C’est vrai : la tentation est grande parfois de tout envoyer promener et de démissionner, lorsque nos efforts ou nos combats se révèlent vains, lorsque le sort semble s’acharner contre nos projets et nos désirs, lorsque nous nous sommes fatigués… « De toute façon, je n’y arriverai jamais ; ce n’est pas la peine d’essayer… » Mais voilà que c’est au cœur de son découragement que JESUS rejoint Simon et qu’il l’invite à prendre avec lui le risque d’une profondeur infinie. En acceptant de se rendre au milieu du lac, Simon et ses compagnons ont donc vraiment pris le large. Non pas qu’ils se soient aventurés dans des eaux jusque-là inconnues, mais ils ont répondu à cet appel venant de plus loin qu’eux et les conduisant beaucoup plus loin qu’eux. D’ailleurs, une fois passé l’effroi légitime, ils laisseront en plan la surabondance de ce qu’ils cherchaient pour suivre JESUS. Simon, qui entretemps est devenu Simon-Pierre, a compris qu’il y a plus important que les poissons : il y a JESUS. Il a compris qu’il y a plus important que ce que Dieu donne : il y a Dieu lui-même.

Chers amis, le sacrement des malades, que deux d’entre nous vont recevoir dans quelques instants, n’est autre que l’accomplissement de cette présence de Dieu à l’égard des personnes souffrantes. Présence à la fois douce et réconfortante, pacifiante et encourageante, que Simon-Pierre a découverte à Génésareth et qui a changé sa vie. Oui, Dieu descend dans la profondeur de nos interrogations et de nos angoisses. Puissions-nous tous, malades et bien-portants, nous ouvrir à cette présence pour en être, toujours et partout, les témoins vivants.

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 14 Fév 2016, 9:21 pm



Citation :
Luc 4,

1 JESUS, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert,

2 où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu'ils furent écoulés, il eut faim.

3 Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle devienne du pain.

4 JESUS lui répondit: Il est écrit: L'Homme ne vivra pas de pain seulement.

5 Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre,

6 et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux.

7 Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.

8 JESUS lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

9 Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas; car il est écrit:

10 Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu'ils te gardent;

11 et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

12 JESUS lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.

13 Après l'avoir tenté de toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui jusqu'à un moment favorable.





14/02/2016, 1er dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Une nouvelle manière d'être

Le récit que nous venons d’écouter relate une expérience qui apparaît étrange. D’abord, nous vivons loin du désert et de son climat. Et puis, dans cette expérience, JESUS rejoint en quelque sorte la lignée des grands héros religieux et des mystiques : c’est apparemment loin de notre condition habituelle. Comment se fait-il alors que ce récit ne manque pas de nous frapper, au début de chaque Carême ?

À vrai dire, dans son expérience, JESUS nous touche à l’intime de notre humanité et il nous introduit dans un rapport nouveau à la vie, une nouvelle manière d’être. C’est précisément ce qui nous intéresse, au moment où nous commençons l’entraînement du Carême. C’est aussi ce qui intéresse en ce 14 février, la Saint-Valentin, où beaucoup célèbrent l’expérience amoureuse, tellement belle, insondable, souvent si décisive et si exposée aux pièges.

Le récit des tentations au désert nous montre d’abord une attitude fondamentale et constante de JESUS : il est quelqu’un qui apprend de la vie et des autres. Il est vulnérable à ce qui survient. Il n’aborde pas la vie, ni les autres, en maître, comme si la vie et les autres ne pouvaient rien lui apporter, rien lui apprendre sur lui-même, et au contraire, devaient se plier à lui. Il se comporte lui-même comme disciple, selon ce que dit le livre d’Isaïe à propos du Serviteur : « Le Seigneur m’a donné le langage des disciples ; chaque matin, il éveille mon oreille, pour qu’en disciple, j’écoute. »

Frères et sœurs, dans la tentation tellement envahissante, aujourd’hui, d’asservir la planète à nos besoins et les humains aux logiques économiques et financières, la manière de JESUS fait appel à notre capacité d’apprendre des autres et de la vie, d’apprendre d’eux ce que nous sommes et ce que nous pouvons être. Et dans la quête nouvelle d’humanité commune qui s’ouvre en ce XXIe siècle, qu’en est-il pour nous, chrétiens, de cette capacité d’apprentissage qui est au cœur du mystère de JESUS ?

JESUS apprend même de la face obscure de notre condition humaine. Conduit au désert, il est poussé dans une expérience de l’errance sans patrie. Cela se traduit, comme pour tout exilé, par une mise à l’épreuve, jusque dans les désirs les plus profonds, touchant aux limites de notre condition : la subsistance, le pouvoir sur le réel, le rapport à la mort. Pour JESUS, ici au désert, se cristallise dans les fibres de son expérience d’homme ce qu’il a entendu de la voix du Père à son baptême : « Tu es mon Fils, mon Bien-aimé. » Et cette expérience était déjà préfigurée dans celle du peuple d’Israël, nomade, immigré, maltraité en Égypte, et qui découvre que son salut est œuvre de son Seigneur. L’expérience des catéchumènes l’atteste également : leur découverte de Dieu comme Bonne Nouvelle pour eux-mêmes est souvent liée à l’épreuve et à la confrontation aux limites humaines. Quand nous fixons le regard sur JESUS au désert, nous touchons du doigt la source de son rayonnement et de la profonde cohérence entre ce qu’il pense et ce qu’il dit, entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.

À trois reprises, le « diable » tente d’enfoncer un coin pour diviser cette unité, et y introduire le mensonge et la fausseté. Le refus que JESUS lui oppose n’est pas une démonstration de sa force propre, ni d’une imperméabilité héroïque à l’épreuve ; JESUS cite chaque fois une parole qui n’est pas la sienne, mais qui vient de son écoute de la voix du Père. JESUS se reçoit d’autrui. C’est ce chemin qu’il nous propose à nous aussi, pour que notre vie soit authentique. Et comprenons bien la manière qu’adopte JESUS de citer l’Écriture. Car nous le voyons, le diable aussi cite l’Écriture. Mais pour la falsifier et la pervertir. Pour JESUS, la seule autorité est la volonté du Père, reçue aujourd’hui dans l’Esprit et révélée à l’aide des Écritures.

Comme le dit l’apôtre Paul : « Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. » Nous sommes aux antipodes de tout fondamentalisme. Le style de JESUS réduit à néant l’image d’un Dieu maître omnipotent auquel tout être vivant doit être asservi, sous peine d’être sacrifié et immolé. Ainsi que son corollaire : la foi pervertie en instrument de manipulation religieuse. Voici donc que JESUS nous offre l’espace où, à sa suite, nous sommes appelés dans notre liberté à nous ouvrir de façon neuve à notre humaine condition, dans la construction de la maison commune.
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 22 Fév 2016, 9:24 pm



Citation :
]Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 9,28b-36.

En ce temps-là, JESUS prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de JESUS, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à JESUS : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que JESUS, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.




21/02/2016, 2e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Il ne savait pas ce qu'il disait

Pierre, cher Simon-Pierre, comme il me tarde de te voir dans la gloire des saints ! Oui, comme il me tarde de te rencontrer, non pas pour m’agenouiller devant toi, ni même embrasser ton anneau épiscopal ! Non, je veux te voir, pour te prendre dans les bras car nous nous ressemblons !

Si j’avais été à ta place, lors de la Transfiguration, moi aussi, comme toi, j’aurais dit à JESUS : « Maître ! Il est bon que nous soyons ici, faisons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie. » Comme toi, je voudrais tellement arrêter le temps, fixer l’image, faire une capture d’écran : garder pour toujours ton visage transfiguré, fixer pour l’éternité tes vêtements blancs éblouissants… Ne jamais quitter ce moment d’extase, ne jamais redescendre de la montagne, bref arrêter l’Évangile à ce moment de grâce, JESUS transfiguré. Mais, peut-être que comme Pierre, je ne sais pas ce que je dis !

Oui, je ne sais pas ce que je dis, et comme Pierre, je ne comprends pas vraiment qui est JESUS. Comme Pierre et les autres apôtres, je ne comprends pas ce que JESUS me dit lorsqu’il me parle de sa Passion qui approche, je ne comprends pas la présence de Moïse et d’Élie qui lui parle de son exode à Jérusalem… j’aimerais tellement capturer cet instant de gloire, mettre sous tente un JESUS propre et bien blanc, sans blessures et sans souillures ; net, impeccable… Bref un messie idéal, à ma façon !

Pierre ne savait pas ce qu’il disait, nous rapporte saint Luc ! Oui, Pierre comme toi, je suis appelé à la conversion, conversion du regard et du cœur, conversion de l’intelligence aussi ! JESUS n’est pas un produit qu’on met sous cellophane, JESUS, n’est pas un messie qui se laisse enfermer par mes visions limitées ! « Celui-ci est mon Fils, mon Élu, écoutez-le !» La voix du Père qui retentit est le moteur de ma conversion : oui JESUS est l’Élu, celui dont Isaïe dit qu’il viendra annoncer l’Alliance nouvelle à toutes les nations, sans contrainte, sans violence et cela jusqu’à en souffrir…

Un Élu en contradiction avec tous les pouvoirs que les hommes se donnent ! JESUS transfiguré dans la gloire indique déjà la Passion, la Croix, l’échec… Comme Pierre, Jacques et Jean, il me faudra du temps pour convertir mon désir de mettre JESUS sous tente, du temps pour accepter ce qu’il est l’Élu de Dieu que ses propres amis abandonneront, mais qui sauve l’Univers ! Temps de conversion, temps de Carême, puisse la voix du Père aujourd’hui tourner nos regards vers le Christ tel qu’il est, vraiment… Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 28 Fév 2016, 8:56 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 13,1-9.

Un jour, des gens rapportèrent à JESUS l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
JESUS leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
JESUS disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »





28/02/2016, 3e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Se convertir ou périr ?

Frères et sœurs, il y a des phrases de l’Évangile qui nous mettent si mal à l’aise que nous aimerions les raturer, les gommer du texte, bref tout faire pour éviter de les entendre…

Notamment chez saint Luc, l’évangéliste de la Miséricorde, on pourrait s’attendre à plus de douceur, voire plus de littérature pieuse… Il n’en est rien, JESUS a l’art, de temps en temps, de nous secouer avec des phrases terribles, de propos qu’on voudrait ne jamais entendre de sa bouche ! « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez !», mon Dieu, mais c’est qu’il nous menace ! Oh, ce n’est peut-être qu’un écart de langage, un coup de sainte colère, on le sait, cela passera tout seul…

Pas du tout. Relisez le texte, JESUS se répète, deux fois la même menace dans le même passage, c’est fort de café… Alors, que faire ? Trouver un prédicateur habile qui réussira à spiritualiser tout ça, avec de belles phrases, faire passer l’amertume de la pilule avec une douceur, du chocolat par exemple ? C’est tout à fait faisable vous savez… « Malheur à moi si je ne prêche l’Évangile !», dit saint Paul. Malheur à moi si je vous dis que cette phrase terrible du Christ n’est qu’une figure littéraire !

Alors accrochons-nous au texte et battons-nous avec lui : il y a des circonstances où des hommes et des femmes innocents meurent dans des conditions atroces et scandaleuses ; comment, en hommes et en femmes fidèles au Christ, réagissons-nous ? Que disons-nous de ces scandales où la mort et l’injustice semblent avoir le dessus ?

Vous, comme moi, frères et sœurs, n’avons-nous pas la tentation terrible de chercher une justification aux malheurs les plus horribles qui touchent nos contemporains ? N’avons-nous pas une petite voix fielleuse qui nous murmure à l’oreille : « Qu’est-ce qu’ils ont bien pu faire au Bon Dieu pour mériter ça ? » ou pire encore : « Oh, de toute façon, rien ne se passe par hasard, s’ils ont subi cette mort, c’est que quelque part, ils l’ont méritée, ils ont dû commettre une grave offense contre le Bon Dieu. »

Eh bien, à ce moment-là, le Christ me dit : « Si tu ne te convertis pas, toi, Éric, tu périras ! » Oui, il faut que je me convertisse, il faut que je change complètement mon regard sur Dieu et sur les autres : je ne peux pas dans la même phrase utiliser l’expression « Bon Dieu », et dire en même temps qu’il donne la mort et qu’il punit des innocents ou des présumés coupables. Je ne peux pas non plus m’ériger en tribunal ecclésiastique qui juge mes contemporains en accordant le salut à certains et en vouant à la damnation éternelle ceux qui ne me ressemblent pas : oui, si je ne me convertis pas, si je ne change pas mon regard sur Dieu, je vais périr ! Terrible, n’est-ce pas ?

Pas vraiment. La parabole du figuier nous redonne courage… oui, avec le temps, avec l’engrais de la Parole, avec le soin du Christ sauveur, mon regard peut changer, avec le temps, oui tout est possible avec JESUS, même ma conversion personnelle ! Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 06 Mar 2016, 9:06 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à JESUS pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors JESUS leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »



06/03/2016, 4e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Un peu de tenue !

Quel manque de classe ! Vraiment ! Mais qu’est-ce qui a pu bien passer dans la tête de ce vieil homme pour agir aussi mal ? Oh, je ne vous parle pas de son partage de fortune, c’est son argent, il fait ce qu’il veut après tout ! Non, franchement, ce qui me déçoit le plus chez ce vieil homme, c’est son attitude au retour de son fils cadet : perdre son temps et son énergie à attendre celui qui vous a dépouillé, s’user les yeux à attendre un dévoyé, non mais sans blague… Ce n’est pas ce qu’on attend d’un patriarche ! Et puis, le pire, oui le pire, frères et sœurs, c’est que ce vieil homme se met à courir pour se jeter dans les bras de ce moins que rien !

Courir, est-ce une attitude respectable pour un père trahi et bafoué, est-ce une tenue pour un homme à qui on doit le respect, au moins pour ses cheveux blancs… C’est le monde à l’envers, et en plus il se met à courir… Qu’est-ce qui le fait courir, quel sentiment lui faire perdre le sens commun, au point de perdre toute dignité, toute respectabilité ? Courir, toujours courir, c’est bon pour la jeunesse, un peu folle, immédiate, ces gens qui courent vont toujours trop vite, ne prennent pas de recul, ne réfléchissent pas en marchant d’un pas lent et mesuré…

Oui, cet homme court en se moquant du qu’en dira-t-on ! Il se dépouille de toute sa noblesse pour un vaurien, pourquoi ? Que vont penser les gens de cette course effrénée, que vont dire ses serviteurs devant une telle familiarité, imaginez seulement ce qu’aurait dit le fils aîné, voyant son père soulever sa robe, dénuder ses mollets et laissant toute la respectabilité se précipiter vers un gardien de cochons, sale comme un porc !

Vraiment, aucune classe… Et tout ça pour moi ! Oui, ce vaurien qui vit avec les porcs, c’est moi ! Malgré la fange de mon péché, Dieu m’attend, il guette comme un amoureux guette désespérément sa belle, comme on regarde toutes les 30 secondes si le sms tant attendu n’est pas arrivé ! Et lorsque je décide de m’avancer vers Dieu, lorsque mon regard sur Dieu change au point de voir en lui un Père et non un tyran, ou un distributeur automatique, Dieu accourt vers moi, il court sans retenue, sans fausse pudeur, se moquant éperdument du regard et des ragots des bien-pensants de tout poil ! Dieu court vers moi, pécheur !

Il m’a trop attendu, il est si pressé de me donner ma dignité de fils qu’il ne s’arrête pas de courir, alors que les pharisiens et autres fils aînés ne cessent de lui dire : « Un peu de tenue, Seigneur, c’est un pécheur ! » La miséricorde n’attend pas, il est urgent pour nous d’en faire l’expérience ! Dieu accourt vers nous, ses bras miséricordieux sont largement ouverts : écoutons saint Paul : « Nous vous en supplions au nom du Christ, laissez- vous réconcilier avec Dieu ! »

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 13 Mar 2016, 8:59 pm





Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 8,1-11.

En ce temps-là, JESUS s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à JESUS : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais JESUS s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. JESUS resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et JESUS lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »





13/03/2016, 5e dimanche de Carême

Texte de l'homélie

Les pharisiens adultères

Avouons que l'évangile de ce jour est d'une criante actualité. Prenez à titre d’exemple ce nouveau fléau du harcèlement virtuel qui, sur les réseaux sociaux, prend une tournure de plus en plus inquiétante, notamment auprès des jeunes. Il s'agit de ces intimidations virtuelles et publiques : le cyberbullying, sorte de lapidation sur internet, où les pierres sont remplacées par des insultes et par des commentaires lâches et anonymes...

Sans exagérer la comparaison, voici que l'évangile d'aujourd'hui nous présente une forme similaire de déchaînement violent, un procès bâclé, un lynchage public avec du côté de l'accusation des pharisiens, retranchés derrière leurs principes et du côté de l'accusé... à première vue cette femme, mais en réalité JESUS. Car dans cet évangile, c’est bien le pardon de Dieu qui est en procès ! Pour les pharisiens, le vrai procès n'est pas dirigé contre la femme, mais bien contre JESUS qu'ils veulent prendre en flagrant délit de miséricorde.

Si nous reprenons le texte, nous voyons d’abord cette femme, encerclée dans son individualité pécheresse par les pharisiens. Pour l’attaquer, ces derniers invoquent d’ailleurs l’argument le plus faible qui soit : celui de l’autorité, cette loi de Moïse qui a ordonné de lapider « ces femmes-là ». Voilà donc cette femme publiquement mise dans une catégorie, réduite à ses actes. Cette femme est le symbole de tout être humain, vous comme moi, qui se trouve parfois encerclé, enfermé dans un acte passé, victime d'un mensonge, d’une erreur et pris dans une spirale.

Face à elle, il y a ces pharisiens, symbole de nos intransigeances, de notre faculté à ne pas voir la vérité en face. Les pharisiens, c’est donc vous et moi, lorsque plutôt que d’être exigeant envers nous-mêmes, nous le sommes envers les autres. Toutefois, plutôt que de les confronter à leurs actes, JESUS relève tant la femme que les pharisiens à ce qu’ils sont, sans les humilier. Il ne les enferme pas dans un groupe, mais les remet dans leur singularité.

Le pardon n’efface rien d’une histoire, seulement la douleur de sa mémoire. La miséricorde est en effet cet acte de souvenir qui pose un regard non douloureux sur une histoire passée. Elle est ce regard bienveillant qui présume que le combat des autres est peut-être plus difficile encore que le nôtre. Elle est cette capacité à toujours ouvrir un futur, sans enfermer dans des actes passés. Les Pharisiens, en bons juristes, savent que de telles paroles de pardon s'envolent, mais que les écrits d’accusation restent. Ironiquement, JESUS nous invite à découvrir le contraire. Ses écrits dans le sable peuvent bien s'envoler, sa parole de pardon reste, relève, offre du neuf et n'a rien d'éphémère.

Voilà le retournement complet de situation auxquels les pharisiens sont confrontés : à se réfugier derrière la loi, ces tables en pierre qu'ils connaissent par cœur, voilà que cette loi devient pierre pour leur propre lapidation. Oui, leur propre lapidation... car ils sont, permettez-moi l'expression, eux aussi des adultères... L'adultère est le fait de tromper quelqu'un avec qui on est officiellement lié, comme ces pharisiens qui trompent et déforment la loi qu'ils sont tenus de suivre ! Voulant ainsi mettre JESUS à l'épreuve, les pharisiens sont eux-mêmes éprouvés dans leur incohérence. Voulant accuser, ils sont renvoyés eux-mêmes devant leur propre chef d'accusation. «Dis-moi comment tu accuses les autres, et je te dirai de quelle contradiction tu souffres. » Accuser l'autre, c'est bien souvent s'accuser soi-même en retour, de manière inconsciente...

Les défauts qui nous dérangent le plus chez les autres font souvent échos à nos propres failles et incohérence. Ils nous rappellent nos propres contradictions, que nous ne parvenons pas toujours à porter. La sagesse populaire nous rappelle d'ailleurs que lorsque nous pointons un index accusateur vers quelqu'un, nous ne voyons pas que trois autres doigts sont dirigés vers nous... Tromper quelqu’un, c’est toujours se tromper soi-même. Juger quelqu’un, c’est ne pas le connaître.

Alors, s'il en est ainsi, réjouissons-nous, car cette parole, loin de nous accuser, nous rappelle avant tout que nous ne sommes pas ce que nous avons fait ou ce que nous avons dit. Le mystère de notre existence ne peut nous réduire à nos actes, à nos errances. Certes, nos égarements, nos erreurs parlent de nous et font partie de nos histoires, mais ils n’épuisent pas le mystère de ce que nous sommes.

Les pharisiens sont arrivés en groupe, ils sont repartis un par un, confrontés à eux-mêmes. La femme est arrivée derrière une étiquette, elle repart dans sa singularité, confrontée à elle-même. Voilà que le péché de l’accusée s’efface au moment où ceux des accusateurs apparaissent ! Et voilà que la miséricorde de Dieu apparaît à mesure que nous nous ouvrons à elle. Alors, à tout âge, quel que soit notre chemin, un avenir est toujours possible. « Va, désormais ne trompe plus. Ne te trompe plus ».

Amen.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 22 Mar 2016, 8:03 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Luc 22,14-71.23,1-56.

Quand l’heure fut venue, JESUS prit place à table, et les Apôtres avec lui.
Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !
Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. »
Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : « Prenez ceci et partagez entre vous.
Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. »
Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table.
En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?
Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.
Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert.
Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.
Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi.
Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.
Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. »
JESUS reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. »
Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? »
Ils lui répondirent : « Non, de rien. » JESUS leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.
Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouverson accomplissement. »
Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »
JESUS sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant :
« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »
Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.
Entré en agonie, JESUS priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.
Puis JESUS se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.
Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de JESUS pour lui donner un baiser.
JESUS lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient JESUS lui dirent : « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? »
L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite.
Mais JESUS dit : « Restez-en là ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit.
JESUS dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. »
S’étant saisis de JESUS, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance.
On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux.
Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. »
Mais il nia : « Non, je ne le connais pas. »
Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » Pierre répondit : « Non, je ne le suis pas. »
Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. »
Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta.
Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient JESUS se moquaient de lui et le rouaient de coups.
Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? »
Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.
Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena JESUS devant leur conseil suprême.
Ils lui dirent : « Si tu es le Christ, dis-le nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ;
et si j’interroge, vous ne répondrez pas.
Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »
Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous dites vous-mêmes que je le suis. »
Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate.
On se mit alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »
Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » JESUS répondit : « C’est toi-même qui le dis. »
Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. »
Mais ils insistaient avec force : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »
À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.
Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
À la vue de JESUS, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle.
Il lui posa bon nombre de questions, mais JESUS ne lui répondit rien.
Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence.
Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.
Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple.
Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.
D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.
Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »
[…]
Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. »
Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.
Pilate, dans son désir de relâcher JESUS, leur adressa de nouveau la parole.
Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcheraprès lui avoir fait donner une correction. »
Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient.
Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.
Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra JESUS à leur bon plaisir.
Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière JESUS.
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur JESUS.
Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !
Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !”
Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.”
Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »
Ils emmenaient aussi avec JESUS deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.
Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent JESUS, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
JESUS disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient JESUS en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « JESUS, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »

JESUS lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,
car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.
Alors, JESUS poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. »
Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.
Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder.
Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste,
qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu.
Il alla trouver Pilate et demanda le corps de JESUS.
Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.
C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
Les femmes qui avaient accompagné JESUS depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.
Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.




20/03/2016, Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ

Texte de l'homélie

JESUS Christ est Seigneur à la gloire de Dieu !

Le jour de la « Grande Expiation », le grand prêtre passait derrière le voile du Temple avec le sang des victimes, il entrait dans le « Saint des Saints » et là, il prononçait le Nom divin ineffable révélé à Moïse du milieu du buisson ardent. Par ce rite, les péchés du peuple étaient expiés.

Aujourd’hui, JESUS, le grand prêtre par excellence (cf. He 4,14), réalise par sa mort sur la croix, la rémission parfaite des péchés. Le culte de la première Alliance est mené à son accomplissement. Le rideau du Sanctuaire s’est déchiré car le Nom divin a quitté le Temple et repose en Celui « en qui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » (Col 2,9)

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, avait dit JESUS, alors vous saurez que Je suis. » (Jn 8,28) JESUS a reçu du Père le « Nom qui est au-dessus de tout nom. » (Ph 2,9) Devant une telle révélation, saint Paul n’hésite pas à dire « qu’au nom de JESUS, tout genou fléchisse (…) et que toute langue proclame : "JESUS Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père’". » (Ph 2,10-11) Dire que JESUS est Seigneur, c’est reconnaître le don que le Père lui a fait de son Nom ineffable, c’est confesser qu’il a reçu du Père tout pouvoir pour sauver les hommes. JESUS est plus qu’un « homme juste ». (Lc 23,47) Il est Dieu fait homme livré pour le salut de toute l’humanité.

Le sommet de cette révélation se fait à la croix. Là est le point le plus paradoxal de notre foi. Qui voudrait s’agenouiller devant une croix, devant un tel objet de torture ? Qui voudrait appeler « Seigneur » un homme qui présente son dos à qui le frappe et ses joues à ceux qui lui arrachent la barbe ? (cf. Is 50,6) « Voici l’homme », dit Pilate. (Jn 19,5) Il est « défiguré, compté pour rien. » « Fais le prophète ! » ricanent les soldats. (Lc 23,64) Il est tourné en dérision. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » (Lc 23,37), mais son « royaume n’est pas de ce monde. » (Jn 18,36) « N’es-tu pas le Christ ? » (Lc 23,39) « Il n’y a que dans le Saint-Esprit que l’on peut dire que JESUS est Seigneur. » (1Co 12,3)

L’aveuglement de l’homme est total. Et pourtant, c’est de la bouche d’un larron condamné à mort comme lui que va jaillir une lumière, une parole de vérité : « Lui, il n’a rien fait de mal. » (Lc 23,41) JESUS est reconnu innocent par celui qui est crucifié comme lui. Le bon larron voit dans sa misère ce que tout homme, dans sa suffisance, ne peut voir. Dans sa misère, il trouve JESUS qui lui offre le paradis. C’est cela la miséricorde divine. En regardant, de sa propre croix, la croix de JESUS, il voit le mal vaincu, la souffrance transfigurée, la mort anéantie. En regardant la croix de JESUS, il voit la transformation de sa propre affliction, son renversement définitif.

Frères et sœurs, la croix de JESUS parle à tous ceux qui souffrent : les malades, les prisonniers, les étrangers, les pauvres, les victimes de la violence ; et elle leur offre l’espérance que Dieu peut transformer leur souffrance en joie, leur solitude en communion, leur mort en vie. Le bon larron enjoint à JESUS à établir sa seigneurie sur sa vie. Au lieu d’être dominé par le mal, il choisit d’être soumis librement à la tendresse et à l’amour qui émanent de JESUS. Il veut vivre pour JESUS et non plus pour lui-même. JESUS devient son Seigneur, la raison d’être de sa vie. Écartelé entre vie et mort, il comprend qu’il a le choix entre la vie pour le Seigneur ou la vie pour lui-même. Vivre pour soi, tel est le nouveau nom de la mort. Mais vivre pour JESUS, c’est choisir la vraie vie, c’est passer sur l’autre rive, celle du monde nouveau où nous pourrons confesser, avec le disciple bien-aimé, en voyant le Ressuscité : « C’est le Seigneur ! » (Jn 21,7)




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 28 Mar 2016, 5:48 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 20,1-9.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que JESUS aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de JESUS, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que JESUS ressuscite d’entre les morts.



27/03/2016, Solennité de la Résurrection du Seigneur

Texte de l'homélie

La page de la Bonne Nouvelle

Il y a quelques années, je rendais visite à des amis. La fille de la maison préparait le cours de religion du lendemain et je lui ai proposé de l’aider. Elle m’a montré son livre. En haut de la page, il y avait cette question : « Pourquoi Dieu a-t-il envoyé JESUS dans le monde ? » Alors, j’ai posé la question à la fillette et elle m’a donné la réponse qui était dans le livre : « Dieu le Père a envoyé JESUS dans le monde pour lui apporter la Bonne Nouvelle. » Alors, j’ai demandé : « C’est quoi, la Bonne Nouvelle ? » Elle m’a répondu : « Je ne sais pas, on n’est pas encore arrivé à cette page ! »

Aujourd’hui, dimanche de Pâques, nous célébrons le cœur de la Bonne Nouvelle : le Christ est ressuscité et il est présent dans son Église par l’Esprit Saint. La Bonne Nouvelle, c’est que Dieu aime chacun de nous d’un amour plus fort que la mort, plus puissant que tout ce que la vie peut nous envoyer.

Par la résurrection de JESUS, Dieu a brisé le pouvoir du péché et ouvert une ère nouvelle, un matin nouveau qui offre un nouvel espoir à toute l’humanité. Avec JESUS, le premier-né d’entre les morts, nous osons proclamer : avec la mort, la vie est transformée, elle n’est pas terminée. C’est vraiment une bonne nouvelle.

Avez-vous remarqué qu’au début de l’Évangile, Marie-Madeleine est dans l’obscurité, dans le noir à tous les sens du terme ? C’est le matin, très tôt et le jour n’est pas encore levé. Mais elle est aussi dans l’obscurité intérieure comme l’explique la fin de ce passage de l’Évangile: « Jusque-là, les disciples n’avaient pas compris que JESUS devait ressusciter des morts. » Et ils avaient tous fui, excepté Jean, quand JESUS souffrait et mourait.

Comme la petite fille, ils n’avaient pas encore atteint la page de la Bonne Nouvelle. Et lorsque ce fut le cas, leurs vies ont été transformées. Et ils ont travaillé sans relâche et avec courage pour répandre la Bonne Nouvelle de JESUS, pour faire advenir dans le monde un espace dans lequel les hommes de bonne volonté peuvent œuvrer ensemble pour plus de paix et de justice, d’accueil et de réconciliation pour tous.

C’est le même défi pour nous, aujourd’hui, en 2016 : suivre le Christ ressuscité doit conduire à une transformation personnelle. Notre chemin de vie doit devenir un signe concret du fait que le Christ est vivant en nous et parmi nous. En ce sens, par nos efforts pour agir de manière juste, nous incitons les autres à aimer avec tendresse et à marcher humblement avec notre Dieu.

Quelqu’un a dit que, dans la vie de nombreuses personnes, aujourd’hui, Dieu est absent mais qu’il n’est pas oublié. Peut-être que nous pouvons amener l’amour de Dieu dans leurs vies, non pas de manière agressive ou prosélyte, mais simplement en prenant soin d’elles, avec tendresse et compassion, en travaillant pour donner chair aux valeurs chrétiennes de base. Il y a aujourd’hui des voix qui prétendent que l’éthique religieuse est incompatible avec le bien commun. Je ne le crois pas du tout.

Regardez les hommes et les femmes de la semaine de Pâques de 1916. Pour la plupart d’entre eux, la foi et la religion étaient très importants. On le constate à travers les luttes de ce qui a constitué une série de mutations profondes de l’histoire de notre peuple.

On constate encore et encore que ces hommes et ces femmes ont prié, se sont confessés, ont communié, ont vécu le pardon, l’amour de leurs familles, l’amour de leur pays, ils ont pratiqué une éthique religieuse, si jamais il y en avait une. Et ils voulaient donner leurs vies pour ce qu’ils considéraient comme le bien commun.

Certains d’entre vous savent que nombre de nos frères capucins ont joué un rôle significatif dans les derniers jours de certains de ces hommes et de ces femmes, du côté des Républicains, durant la semaine sanglante de Pâques 1916. Ces derniers temps, on nous a questionnés fréquemment sur leurs motivations. Quelques années avant le soulèvement de 1916, les capucins étaient très engagés dans la renaissance culturelle et dans la promotion de la langue irlandaise, si bien que lorsqu’ont commencé les événements de la semaine de Pâques 1916, certains des religieux de la Church Street à Dublin ont immédiatement adhéré à la cause des insurgés.

Mais il y a eu également d’autres facteurs. La rue de l’église, la Church Street, était au cœur des combats lorsque les forces britanniques ont attaqué à plusieurs reprises les positions des Volontaires autour de Church Street et de Four Courts. Beaucoup ont été tués sur la Church Street elle-même. Donc, comme ils l'avaient fait lors de l'effondrement des immeubles en 1913, les frères sont sortis pour aider et se sont bientôt trouvé mobilisés, 24 heures sur 24, en consolant ; en ramassant les blessés et en les amenant à l'hôpital Richmond tout proche, en recueillant les confessions et en donnant des bénédictions. Plus tard, les capucins ont été les seuls à pouvoir amener à négocier une trêve entre l’armée britannique et les chefs rebelles afin d’éviter davantage de pertes humaines. Ils ont aussi été appelés à accompagner spirituellement les chefs avant leur exécution à la prison Kilmainham.

Mais il y a aussi une autre raison, plus profonde, de leur engagement. Durant les 400 ans de présence au sein du peuple d’Irlande, les frères capucins ont gagné la confiance et l’affection populaires par leur intégrité et leur disponibilité, leur compassion et leur proximité avec les personnes dans le besoin, quelque que soient ces besoins.

Et quand d’autres refusaient les nécessiteux, eux ils les accueillaient. Quand d’autres traversaient la rue pour les éviter, eux, ils faisaient preuve de tendresse et de compassion ; et quand l’opportunité s’est présentée, ils ont permis de négocier une reddition paisible. En d’autres termes, ils étaient des hommes de la Bonne Nouvelle, des hommes dont la vie était transformée par le Ressuscité.

Et c’est pour cela qu’on leur faisait confiance. Aujourd’hui, au début d’un autre siècle, nous considérons le passé avec gratitude et nous nous engageons pour travailler ensemble à faire advenir un avenir meilleur, plus juste pour la nouvelle Irlande qui émerge. Et nous y arriverons si nous nous tournons vers cette page qui contient la Bonne Nouvelle, en faisant que nos vies soient modelées et transformées par l’Evangile de JESUS, ressuscité des morts.




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MessageSujet: Re: L'Homélie   Mar 05 Avr 2016, 1:38 am



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 20,19-31.

C’était après la mort de JESUS. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, JESUS vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
JESUS leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand JESUS était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. JESUS vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
JESUS lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que JESUS a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que JESUS est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.




03/04/2016, 2e dimanche de Pâques ou de la Divine miséricorde

Texte de l'homélie

Une main et un cœur de miséricorde !

En 1931, sœur Faustine a une apparition de JESUS. JESUS lui apparaît comme il est sans doute apparu à Thomas. Il lève sa main droite transpercée : « Regarde ma main ». Avec la main gauche, il désigne son cœur d’où sortent des rayons de lumière rouge et blancs. « Regarde mon cœur.» JESUS a demandé à sœur Faustine de faire peindre un tableau de cette apparition avec l’inscription : « JESUS, j’ai confiance en toi. » Et il lui a dit : « Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde. » Cette fête a été instituée dans toute l’Église par Jean Paul II, en l’an 2000. Et en cette année 2016, elle est d’autant plus importante qu’elle est célébrée au cœur du jubilé extraordinaire de la Miséricorde voulu par le pape François. Je vous propose de contempler la Miséricorde de JESUS à travers sa main et à travers son cœur.

Commençons par la main de JESUS. Elle est levée pour nous bénir et nous faire entrer dans sa Miséricorde. Étymologiquement, le mot latin « Misericordia » vient de l’association de « misère » et de « cœur ». Autrement dit, un cœur miséricordieux est un cœur qui tend naturellement la main vers ceux qui sont dans la misère. Concrètement, il s’agit de visiter par exemple les malades, les personnes âgées, les SDF. Trop souvent, et moi le premier, nous nous contentons de laisser ces actions aux professionnels de la santé ou des œuvres caritatives. Mais aujourd’hui, JESUS nous invite à nous salir les mains dans la boue de la miséricorde. Nous sommes la main de Dieu qui rejoint les blessés de la vie.

Venons-en au cœur. Thomas est connu pour être celui qui ne croit pas sans avoir vu, mais on oublie un autre aspect de sa vie : c’est un homme passionnément attaché à JESUS. Juste avant l’épisode des rameaux, il s’est exprimé devant tous les disciples en disant qu’il était prêt à mourir pour lui. Lorsque JESUS est crucifié, Thomas est totalement révolté. Sa révolte intérieure est à la hauteur de l’espérance qu’il avait mise en JESUS. Les autres disciples ont fait bloc dans l’épreuve, mais lui, il s’est isolé, renfermé. Où était-il le dimanche soir de la première apparition ? Peut-être dans une auberge, totalement désespéré. On l’imagine le lendemain refusant de croire ses amis qui lui annoncent que JESUS est ressuscité. On l’imagine pendant toute la semaine qui a suivi la résurrection : les autres disciples partaient en mission dans la joie, mais Thomas restait seul enfermé dans sa souffrance.

Mais le dimanche suivant, JESUS lui apparaît en lui ouvrant son cœur et lui dit d’une certaine manière : « Thomas, il faut me faire confiance. Même lorsque tu ne comprends pas, que tu ne me vois plus, je suis là et je t’aime. » Le cœur blessé de Thomas est guéri par le cœur transpercé de JESUS. Dieu est amour et rien, ni la mort ni la vie, ni présent ni avenir, ni les guerres ni les attentats, ni les pires épreuves de la vie, rien ne peut nous séparer de son amour pour nous !

Si notre cœur se remplit de l’amour du Christ, naturellement, nous serons missionnaires. Car pour être miséricordieux, être la main de Dieu en pratiquant des œuvres corporelles de charité ne suffit pas, il faut aussi faire connaître aux hommes ce cœur qui a tant aimé le monde. Le plus grand acte de miséricorde pour notre monde, c’est de l’évangéliser pour lui faire découvrir à quel point il est aimé !

En conclusion, pour devenir miséricordieux comme le Père est miséricordieux, je vous propose deux exercices pratiques. Premièrement, d’utiliser vos mains pour transmette la miséricorde a quelqu’un qui souffre. Et deuxièmement, de remplir votre cœur de la miséricorde de Dieu, pour vous-même, en répétant plusieurs fois par jours, par exemple sur les grains de votre chapelet : « JESUS, j’ai confiance en toi.» Amen.


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 10 Avr 2016, 6:40 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 21,1-19.

En ce temps-là, JESUS se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, JESUS se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
JESUS leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que JESUS aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
JESUS leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
JESUS leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
JESUS s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que JESUS ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, JESUS dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » JESUS lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » JESUS lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, JESUS lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » JESUS lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
JESUS disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »



10/04/2016, 3e dimanche de Pâiques

Texte de l'homélie

Joyeux apôtres

Avez-vous pratiqué l’évangélisation de rue ? Non ? C’est quelque chose de très particulier. En tout cas, pour moi, tel que j’ai pu le vivre. Vous êtes là, au milieu de la rue. Vous abordez les passants. Vous leur dites, en substance : « JESUS vous aime ! » Si c’est en hiver, ils reviennent du marché. Si c’est en été, ils reviennent de la plage. Et, dans les deux cas, soyez-en sûrs, ils n’ont pas du tout envie qu’un parfait zozo leur barre le chemin en leur parlant de JESUS.
En vérité, personne n’a envie qu’un parfait zozo vienne l’importuner en parlant de JESUS. JESUS n’est pas un sujet facile. Il est trop naïf pour certains, trop incroyable pour d’autres, ridicule pour beaucoup. Et, de fait, l’évangélisation de rue expose peut-être surtout au ridicule.
Et pas seulement l’évangélisation de rue. Essayez donc d’évangéliser une classe de lycéens, ou de faire de la réclame pour l’aumônerie étudiante dans les couloirs de la faculté, ou même de parler de votre foi à un copain qui n’est pas chrétien ! Rouge comme une tomate, vous balbutiez quelques fragments de conviction tout en vous demandant quelle mouche vous a piqué d’amener la conversation sur ce sujet… Eh bien ! La mouche, c’est JESUS lui-même. C’est l’Esprit de JESUS dans votre cœur.

Heureusement, l’évangélisation, l’effort de parler de notre foi à des inconnus ou à des proches a aussi de beaux résultats. Certains écoutent. Certains sont touchés. Certains sont bouleversés. Je me souviens, si peu doué que je fusse, d’avoir parlé de JESUS avec un skinhead dans les rues de Lille à deux heures du matin. Vingt ans, néo-païen autoproclamé, crête d’Iroquois. Au bout de deux heures, il m’a demandé comment on faisait pour prier. Il ne se moquait plus de moi. Il était désarmé.

Annoncer JESUS, c’est risquer la rebuffade, l’indifférence, le ridicule et parfois bien pire, mais c’est aussi, si l’on s’accroche, si l’on fait confiance, si l’on garde sa bonne humeur, connaître la joie d’un sourire, d’une garde qui se baisse, d’un cœur qui s’ouvre. Quelquefois bien après que nous aurons parlé, et alors nous n’en saurons rien.
Et ce qui touche les cœurs n’est pas d’abord l’ingéniosité de notre parole, de nos mots. D’abord, nous ne sommes pas tous doués pour parler. Ensuite, les mots ne sont que des mots. Leur puissance est limitée, surtout dans notre société bavarde.

Ce qui touche les cœurs, c’est notre sourire. Notre indifférence au qu’en-dira-t-on. Notre persévérance un peu naïve. Notre gentillesse obstinée. C’est un geste amical, un simple signe, une croix portée au cou, un livre de prière oublié sur une table. Ce qui touche les cœurs, c’est notre espérance et notre conviction indéracinable qu’au-dessus de tout, au-dessus des idées et des lois, au-dessus des désirs et des colères, au-dessus de la mort même, il y a l’amour.
« Annoncez », nous dit le Christ. Soyez toujours joyeux, nous disent les Actes des Apôtres. « Suis-moi », dit JESUS à Pierre. « Sois le berger de mes brebis ». En famille ou dans la rue, avec nos amis, en classe, au travail, sur la plage, partout. Notre monde n’a pas très envie d’entendre parler de JESUS, vous le savez aussi bien que moi, vous les paroissiens de Sarcelles et vous qui participez à cette messe par la télévision.
Le monde n’a pas très envie d’entendre parler de JESUS, mais le monde a soif de sourire, soif de bonne humeur, soif d’amour. De notre sourire, de notre bonne humeur, de notre amour, c’est-à-dire l’amour que JESUS a mis dans notre cœur. Allez-y ! N’écoutez pas votre peur ! Allez-y, soyez joyeux comme les Apôtres ! Et le feu que JESUS a mis dans votre cœur embrasera le monde !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 17 Avr 2016, 7:42 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 6,60-69.

En ce temps-là, JESUS avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
JESUS savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !...
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » JESUS savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors JESUS dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »




17/04/2016, 4e dimanche de Pâques - Dimanche du Bon-Pasteur et des Vocations

Texte de l'homélie

Embauche apôtres de l’amour !

« Jeune homme, la trentaine, bien sous tous rapports, cherche partenaires pour vivre la folie de l’Amour. Pas sérieux s’abstenir. » Frères et sœurs, rassurez-vous, il ne s’agit pas là d’une annonce parue sur un site internet, pour personne en mal d’amour, mais bien d’un appel lancé par JESUS, le Bon Pasteur, en cette Journée mondiale de prière pour les vocations.

Le Bon Berger est celui qui « sent la brebis », son odeur, mais aussi sa douceur et qui ne cherche pas à s’aseptiser, en se tenant loin du troupeau. Sans doute, avez-vous reconnu dans cette expression, l’invitation que lançait notre pape François à tous ceux qui ont la charge de guider le peuple de Dieu. Déjà, du temps de JESUS, certains responsables religieux conduisaient le peuple avec autorité, en se prenant pour les managers de Dieu. D’un revers de manche, JESUS, dans l’Évangile que nous venons de proclamer, écarte tous ceux qui prétendaient conduire le peuple d’Israël à la manière d’un berger, mais qui ne vivaient pas une histoire d’amour avec le troupeau qui leur était confié.

Face à eux, JESUS ose prétendre : « Moi, je suis le Bon Pasteur », expression biblique d’une extrême densité. Les auditeurs de JESUS avaient à l’esprit la parole du prophète Ézéchiel, qui fait dire à Dieu : « Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin, la brebis blessée je la soignerai et je la porterai sur mon cœur… » Le Bon Pasteur est celui qui donne sa vie pour ses brebis. Il court après elles pour les rassembler, tout en respectant la liberté de chacune. Il les connaît chacune personnellement, avec le cœur.

Oui, frères et sœurs, pour JESUS, chacun de nous est unique, nous ne sommes pas des pions interchangeables. Il nous fait pleinement confiance et espère en chacun de nous. Avez-vous déjà réalisé que nous sommes gravés sur les paumes de ses mains ? Cette main qu’il tend aux malades pour les guérir, aux pécheurs pour les réconcilier, à Pierre qui s’enfonce dans la mer. Cette main qui rompt le Pain de Vie, au soir du Jeudi Saint. Cette main qui accepte de s’étendre sur la croix, pour semer dans le monde, un amour aux dimensions universelles. Cette main du Ressuscité qui bouleverse le cœur de Thomas et bénit les apôtres avant de les envoyer en mission, jusqu’aux extrémités de la terre. Telle est la main du Pasteur, dont personne ne peut nous arracher.

Décidément, le Dieu que nous révèle JESUS, le Bon Berger, est un Dieu qui se met à genoux devant l’homme pour lui laver les pieds, un Dieu dont la Miséricorde est sans limite, un Dieu qui respire mal quand l’homme étouffe. Si certains ont pu imaginer un Dieu lointain, indifférent, impassible, drapé dans sa dignité et sa puissance, l’Évangile du Bon Pasteur bat en brèche cette image. Le Dieu de JESUS Christ a partie lié avec l’humanité et rien de ce qui blesse l’homme ne lui est étranger. Frères et sœurs, les blessures et les misères de toute sorte, la violence, le terrorisme, le mal de vivre, gangrènent notre monde déchiré et meurtri. Le chantier pour y semer l’Amour est immense, il ne manque que des mains et des bras. Alors, en cette Journée mondiale de prière pour les vocations, cher ami, cher jeune, tu ne peux rester insensible à toute cette souffrance de l’humanité crucifiée. Regarde autour de toi, tu connais certainement un ami malade, ou un aîné placé en maison médicalisée, un être proche qui pleure la mort d’un parent ou d’un enfant, un collègue qui traverse une profonde déprime ou qui désire la mort…

Aujourd’hui encore, Dieu, embauche des apôtres de l’Amour, capables « d’essuyer les larmes » qui coulent sur les cœurs et les corps abimés. Alors, qu’attends-tu pour répondre pleinement à ta vocation de baptisé, en devenant partenaire de JESUS pour vivre la folie de l’Amour ?

Amen.



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 24 Avr 2016, 7:16 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 13,31-33a.34-35.

Au cours du dernier repas que JESUS prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, JESUS déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »


24/04/2016, 5e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Dieu nous offre toujours un avenir

« Dieu est-il avec nous ou bien n’y est-il pas ? » Telle est la question que se posent les croyants quand l’épreuve, l’obscurité, les ténèbres, envahissent leur vie. C’était la question des disciples de JESUS au moment de sa mort et lors des premières apparitions du Ressuscité. C’était sûrement la question des rapatriés voici cinquante ans, quand ils durent quitter la terre d’Algérie où ils étaient nés. C’est encore celle de nos frères chrétiens, éprouvés en Syrie ou en Irak, dont je reviens voici trois jours. C’est la nôtre au jour des épreuves.

En construisant cette église dédiée à Notre-Dame d’Afrique au centre de la nouvelle commune de Carnoux, les pionniers de ce temps tout proche de nous ont voulu dire : « Dieu est avec nous ! Il est présent dans cette demeure. Il est présent dans notre histoire, dans notre foi, notre espérance, notre charité. Venons, ici, goûter sa présence fidèle, venons nous nourrir de sa Parole d’espérance et de son Pain de vie. Venons le rencontrer pour sentir sa main qui nous accompagne et nous montre le chemin du renouveau. Venons prier celle qui a tenu debout au pied de la croix. JESUS nous l’a donnée pour mère. »

Chers frères et sœurs, la Parole de Dieu que nous avons entendu en ce cinquième dimanche de Pâques vient nous encourager, nous éclairer, nous pousser en avant. Le passage de l’Apocalypse nous montrait la vision de la fin des temps, ce rassemblement autour du Dieu vivant. Une voix forte criait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur. Celui qui siégeait sur le trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

Dieu est celui qui ne cesse de faire toutes choses nouvelles. Dans nos histoires personnelles, comme dans celle du monde, il ne cesse de faire toutes choses nouvelles. Il nous offre toujours un avenir. Il nous ouvre une espérance. Au fondement de cette vie nouvelle, il y a son commandement, sa consigne : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » Ce n’est pas en se repliant sur soi-même qu’on ouvre l’avenir. Le moteur de la vie, c’est l’amour à la manière de JESUS. La vie marche en avant lorsqu’elle marche pour les autres et pour tous. Aujourd’hui, comme à toute époque, il y a des forces qui répandent la mort et d’autres qui, envers et contre tout, réconcilient, font confiance, servent les plus éprouvés, cherchent la justice, écoutent le Dieu de la vie, lui qui dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » Il est le Dieu de la Vie !

J’aime voir Paul et Barnabé faire le tour des communautés de Syrie et du pourtour méditerranéen pour encourager, pour soutenir la foi et l’espérance, pour dire : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume !» Il y a vingt ans étaient assassinés les moines de Tibhirine au cours de cette décennie noire qui a frappé l’Algérie. Leur chemin spirituel avait guidé leur choix de rester auprès des populations au milieu desquelles ils vivaient. Leur vocation le leur permettait. À la question : « Dieu est-il avec nous ou bien n’y est-il pas ? » Ils ont répondu : « Là où sont amour et charité : Dieu est présent ! » Que Notre-Dame d’Afrique soutienne chacun dans sa marche sur son chemin de vie !



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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 02 Mai 2016, 7:01 pm



Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 14,23-29.

JESUS lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.





01/05/2016, 6e dimanche du temps ordinaire

Texte de l'homélie

Passer la porte du ciel !

La porte ! Nous avons passé la porte. C’est souvent le cas quand on entre dans une église. Mais là, il s’agit de la porte sainte. Cette basilique Notre-Dame du Perpétuel-Secours est l’un des lieux jubilaires à Paris, comme quelques églises dans chaque diocèse. Sur l’initiative du pape François, en cette année, s'ouvre la porte de la miséricorde. Les pécheurs que nous sommes sont introduits dans l'amour de Dieu.

Pourquoi faire cette démarche ici et maintenant ? Ici, parce que de l’autre côté de la rue se trouve le célèbre cimetière du Père Lachaise. Dans cette église sont célébrées de nombreuses obsèques. Ici s’ouvre chaque jour pour les défunts la porte du ciel, la porte de la miséricorde. Maintenant, parce que nous sommes le 6e dimanche de Pâques, le dernier avant la montée de JESUS dans les cieux. Aujourd’hui, avant de partir, JESUS nous donne son testament plein de promesses : il nous ouvre la porte de la résurrection, la porte de la miséricorde.

Comme chrétiens, nous n’avons pas peur de regarder cette double perspective : celle de notre mort et celle de notre résurrection. JESUS, lui-même, avant son Ascension, oriente les disciples vers cette réalité ultime de nos vies. Il se réjouit à l’idée d’entrer enfin dans ce pour quoi nous sommes tous faits : le Ciel. Ne dit-il pas dans l'évangile d'aujourd’hui : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé, ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : je m’en vais et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie » ? JESUS nous parle de son avenir, il nous parle de notre avenir.

Frères et sœurs, la miséricorde c’est l’avenir de chacun d’entre nous. Nous le savons, nous aurons tous une ultime porte à passer. Cette perspective aurait sans doute de quoi nous effrayer et nous bouleverser ! Il est vrai, nous arriverons au seuil de la mort avec un cœur pitoyable. Nous connaissons les incohérences de nos vies. Nous connaissons les contradictions de nos attitudes. Nous connaissons les complexités de nos existences. Peut-être même des secrets trop lourds encombrent-ils notre conscience ? Comment pourrions-nous être jugés aptes à passer la porte ultime de nos vies ?

Et pourtant, il nous faut comme JESUS nous réjouir à l’idée de franchir cette porte ! Précisément parce que cette porte du dernier face-à-face, c’est la grande porte de la miséricorde. Saint Jean le dit : « Si votre cœur vous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur. »Le passage de la porte finale ne se mesurera pas sur des résultats satisfaisants. La question posée par Dieu ne sera pas : est-ce suffisant ? La question posée sera : acceptes-tu mon pardon ? Il suffira de répondre « oui » pour passer la porte et entrer au paradis.

C’est pour cela que nous passons des portes de la miséricorde dès ici-bas. Pour nous habituer à dire oui ! Pour apprendre à accueillir la miséricorde de Dieu ! Pour comprendre que JESUS est venu appeler non les justes mais les pécheurs ! Pour vivre déjà en ressuscités ! La sainteté ne se compte pas en bons points. Elle se forge à chaque fois que nous laissons Dieu nous relever.

Chers frères et sœurs, ce n’est pas le laxisme de Dieu que je vous prêche. C’est sa miséricorde. Notre vie ici-bas est une immense préparation au regard aimant que JESUS pose sur chacun de nous. Apprenons à être aimé jusqu’à notre dernier souffle. Alors, nous trouverons la paix, la paix de ceux qui se savent aimés dans la fragilité de leur être : « c’est la Paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Dim 08 Mai 2016, 7:23 pm



Citation :

Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 16,29-33.

En ce temps-là, les disciples de JESUS lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
JESUS leur répondit : « Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi.
Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »



08/05/2016, 7e dimanche de Pâques

Texte de l'homélie

Vers l’unité entre ciel et terre

Ce dimanche, nous sommes suspendus entre ciel et terre. Jeudi dernier, nous avons fêté le départ du Ressuscité et son entrée dans le ciel ; dimanche prochain, nous fêterons l'envoi de l'Esprit Saint et son arrivée sur la terre. Dans cet entre-deux, les lectures bibliques d'aujourd'hui nous donnent trois éléments précieux pour favoriser, dans notre vie, l'unité entre le ciel et la terre, entre la divinité et l'humanité. Unité que l'Esprit viendra pleinement réaliser dimanche prochain. Mais sans attendre une semaine, voyons ce que nous pouvons déjà entreprendre pour avancer vers cette unité promise.

Première attitude concrète : faire nôtre la prière qui termine le livre de l'Apocalypse : « Viens, Seigneur JESUS ! » Cette prière nous dit quelque chose d'essentiel, à savoir que JESUS n'est pas un homme qui vient du passé. Il n'est pas quelqu'un qui va nous rendre nostalgique d'une époque révolue que nous aurions tendance à idéaliser (« Ah, autrefois, c'était quand même mieux qu'aujourd'hui ! »). JESUS ne nous tourne pas vers le passé, mais il vient à nous aujourd'hui, ici et maintenant, et ce faisant, il nous tourne avec lui vers l'avenir.
Voilà un premier enseignement précieux : chercher à réaliser l'unité dans notre vie, entre le ciel et la terre, commence par le fait de regarder devant nous (et non pas en arrière), tournés vers un avenir qui sera nouveau, car habité par la venue du Christ. D'ailleurs, dimanche prochain, l'Esprit Saint ne va-t-il pas faire toutes choses nouvelles ?

Seconde attitude concrète : faire nôtre la manière de vivre d’Étienne. Il n'a pas craint d'affronter l'hostilité des hommes, mais il ne l'a jamais provoquée, cherchée ou suscitée. Il est resté docile à la manière dont l'Esprit l'a conduit : jamais du côté d'une fermeté ou d'une intransigeance, mais toujours du côté d'une douceur et d'une tendresse. Comme JESUS, Étienne n'a jamais jugé ni condamné ses accusateurs. Il a même intercédé pour eux jusqu'au bout, afin que le Seigneur ne leur compte pas ce péché qu'est sa lapidation.
Voilà un deuxième enseignement précieux : chercher à réaliser l'unité dans notre vie, entre le ciel et la terre, consiste à ne jamais céder à la dureté ou à la violence, mais à toujours choisir, et préférer, la bienveillance et la miséricorde. D'ailleurs, dimanche prochain, l'Esprit Saint ne va-t-il pas assouplir en nous ce qui est raide ?

Troisième attitude concrète : faire nôtre l'amour du Père. Vous l'avez entendu dans la grande prière que JESUS adresse à son Père : « Je leur ai fait connaître ton nom… pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux. » Et si nous faisons vraiment nôtre cet amour, alors nous vivrons dans l'unité : JESUS en nous, et Dieu le Père en JESUS. Prenons un exemple : dans chaque famille il y a ceux qui y arrivent bien et ceux qui y arrivent plus difficilement. Quand ceux qui y arrivent bien ont compris que leur responsabilité est d’aider ceux qui y arrivent plus difficilement, de sorte que l’équilibre se fasse, l’unité est déjà là et l'amour s’élargit à toutes les sphères de leur vie. Mais quand ceux qui y arrivent bien ne portent pas secours à ceux qui les entourent, c'est la désunion qui est l’œuvre.
Voilà un troisième enseignement précieux : chercher à réaliser l'unité dans notre vie, entre le ciel et la terre, se traduit par des relations fraternelles à tisser dans les familles, mais aussi avec tous les habitants de la terre. D'ailleurs, dimanche prochain, l'Esprit Saint ne va-t-il pas être répandu sur toute chair, rendant ainsi possible une fraternité universelle ?

Les amis, ne restons pas trop longtemps suspendus entre ciel et terre, mais dès maintenant, ancrons-nous les pieds sur terre, les mains dans la pâte de la fraternité et la tête enflammée par l'Esprit. « Viens, Seigneur JESUS ! »
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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 16 Mai 2016, 8:01 pm



Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26.

En ce temps-là, JESUS disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »




15/05/2016, Solennité de la Pentecôte

Texte de l'homélie

"Me comprenez-vous?"

"Me comprenez-vous ?" Alors tant mieux. Car la Pentecôte est justement la fête sur laquelle cette question "Me comprenez-vous?", peut être posée.
La fête de Pentecôte est survenue et il y a avait beaucoup d'étrangers aux Pays-Bas : des Frisons et des habitants de la province de Groningen, des Frisons d'Ouest, des brabançons et des Antillais, des Limbourgeois, des Surinamiens, des Turcs et des habitants de la région de Twente, appelés Tukkers, des marocains et des gens de la province de Drente, des habitants d'Utrecht et de Pologne, des Vietnamiens, des Syriens, des Irakiens, des Congolais, des Indonésiens. Oui, il y avait beaucoup d'étrangers aux Pays-Bas en cette année 2016 de notre Seigneur, mais bien que tout le monde parlait sa propre langue, ils se sont compris. La Pentecôte et l'Esprit de Dieu les ont laissé parler une langue pour laquelle il n'est pas nécessaire de suivre un cours : la langue de l'amour ! Ainsi la Pentecôte est la fête au cours de laquelle les étrangers peuvent devenir des amis.

Je vous invite à consulter votre arbre généalogique. Vous constaterez sûrement qu'il y a certainement des étrangers parmi votre famille. L'histoire d'un pays est constituée par l'arrivée et le départ constants de personnes. Pensez aux savants juifs portugais, aux travailleurs invités polonais et marocains, aux Huguenots français, aux Hongrois et à toutes les autres nationalités déjà mentionnés. En outre, de nombreux compatriotes ont émigré après la Seconde Guerre mondiale en Amérique, au Canada et en Australie. Si vous avez encore un annuaire téléphonique, ouvrez-le et vous constaterez combien de Néerlandais portent des noms exotiques.

Aujourd'hui, il y a des partis politiques qui se posent la question de savoir s'il n'y a pas trop d'étrangers égarés chez nous ? Si les politiques d'admission ne devraient pas être plus strictes ?
Pourtant, tout cela peut nous arriver, à nous chrétiens. Si une population scolaire augmente, faut-il se demander s'il y a trop d'enfants ou plutôt s'il y a un déficit de locaux scolaires ? Si les routes néerlandaises sont obstruées, est-ce qu'il il y a trop de voitures et trop peu de routes ? C'est de cette manière qu'il faut voir. Si notre pays est surpris par un trop grand nombre de demandeurs d'asile, y a-t-il trop de réfugiés, ou manquons-nous d'espace ? Y a-t-il trop d'étrangers ou trop peu de Pentecôte ?
À travers toutes ces langues parlées à Jérusalem, à la fête de Pentecôte, Luc nous montre que l'Esprit de JESUS est une force qui rassemble. L'Esprit de JESUS, c'est la reconnaissance du fait que tous les êtres humains sont des enfants de Dieu et qu'Il n'en exclut aucun. Dieu ne veut pas les laisser à l'extérieur, mais bien les rassembler à l'intérieur d'un même Amour.

" Me comprenez-vous?"

La Pentecôte est la fête de l'intelligibilité. Qu'est-ce que cela signifierait d'autre ? Permettez-moi de la comparer avec un mot similaire : déménager; car en changeant de maison, nous changeons d'existence. Vous êtes ici mais vous vous déplacez vers un autre endroit. L'opinion, la situation, le lieu, les problèmes, la façon autre de prendre cela au sérieux – ou ce qui semblait maintenant autre – est ce que connaissent l'évêque, les bénévoles, les prêtres et tout autre personne dans ce cas.

Parlant de cette compréhension à avoir, je comprends qu'il s'agit souvent d'une incompréhension. Qui a pour conséquence : l'erreur, la condamnation, la division, la haine, les guerres de religion, l'exercice du pouvoir. La Pentecôte est en contradiction avec cela. Elle est la fête où tous les gens se comprennent. Mais la Pentecôte arrive seulement chez les vrais croyants qui considèrent la Bible comme leur propre langue, et qui subitement entendent d'autres parler dans la même langue.

Enfin ...

Je ne sais pas si vous avez déjà séjourné à l'étranger dans un camping. Qu'est-ce que vous voyez là ? Les gens y parlaient des langues différentes, même les plus petits enfants. Mais, une fois sur un terrain de camping français, les enfants néerlandais et enfants français jouaient aux cow-boys. Ils avaient des fusils en bâtons. Les enfants néerlandais ont concentré leur arme sur les autres et ont crié, "Peng, peng, peng..." Les enfants français ont également tiré en scandant "Bam, Bam, Bam..." Même le bruit de leurs fusils résonnait différemment. Mais cela n'a pas d'importance parce qu'ils parlaient une langue "pentecôtiste".

Les enfants se parlent les uns aux autres ; de "football", de "de bâtir un château de sable, de ''cerf-volant" ou "se pousser les uns les autres." Les enfants sentent qu'ils s'aiment les uns les autres et ils veulent passer du temps avec l'autre, ils sentent quelque chose dans les mots, quelque chose d'international et le respect. C'est le miracle de la Pentecôte.

Un proverbe africain bien connu dit : "Un sac vide ne peut pas se tenir debout." Pour nous, il est aujourd'hui essentiel de donner un espace à l'autre, de sorte que nos esprits puissent se développer. L'Esprit peut obtenir l'espace pour être en mesure de se comprendre vraiment. Nous sommes donc à nouveau les hommes "spirituels" sur les traces de JESUS. Une sainte fête de Pentecôte pour chacune d'entre vous. J'espère au moins que vous avez pu me comprendre et que nous comprenons les uns les autres, en particulier après cette célébration ; dans la vie de tous les jours !
Amen - Alleluia !


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MessageSujet: Re: L'Homélie   Lun 23 Mai 2016, 6:50 pm




Citation :
Évangile de JESUS Christ selon saint Jean 16,12-15.

En ce temps-là, JESUS disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »




22/05/2016, Solennité de la Sainte-Trinité

Texte de l'homélie

Avec l’Esprit, témoin du Christ pour le monde

Aujourd’hui nous célébrons la fête de la Sainte-Trinité, il vous sera donc difficile d’échapper, chers amis, à un exposé des fondamentaux de la foi catholique en bonne et due forme !
Marie-Valentine, Mélina, je le vois dans vos yeux, vous êtes, comme beaucoup parmi nous déjà, prêtes à passer en « mode pause » à la simple évocation d’un cours. Rassurez-vous parmi les chrétiens ici ou devant l’écran de télévision, d’autres ont pensé à cela aussi.
Pardon, à toutes les deux pour ce préambule en forme de boutade, mais en ce jour où nous célébrons votre baptême, il serait opportun de comprendre le mystère de l’Église dans laquelle vous allez être incorporées.

Je vous propose donc une image pour comprendre le mystère de l’Église. Cette image est assez habituelle pour parler de l’Église, c’est celle de la famille.
Si l’Église est une famille, alors nous découvrons d’abord que nous ne sommes pas les premiers dans cette grande famille : des générations nombreuses nous précèdent. De même, dans notre famille humaine, nous ne sommes pas apparus ex nihilo, mais bien au contraire, nous nous reconnaissons un père et une mère de qui nous avons reçu la vie. Dans cette Église, nous découvrons que la vie se transmet par le baptême que vous allez recevoir, ce baptême en est donc la porte d’entrée.

Si cette famille est nombreuse et variée, en son sein vous êtes unique : de même que votre parcours personnel est unique, de même votre personne, comme la place que vous occuperez dans cette famille, sont uniques pour le Seigneur et pour nous.
Dans cette famille qu’est l’Église, vous me permettrez de m’attarder sur le cœur de l’Église. Le cœur de l’Église, c’est Thérèse de Lisieux qui nous le révèle en découvrant sa vocation, ce cœur c’est l’amour. Voilà un concept qui pourrait apparaître comme fort banal, mais cet amour qui anime l’Église, est un amour de toujours à toujours. C’est un amour unique dont nous avons des expériences différentes qui, rassemblées, ne forment qu’un seul et même amour.
Dieu, qui est Trinité, nous manifeste un amour de Père. L’amour des parents pour leurs enfants peut nous laisser entrevoir ce que peut être la grandeur de cet amour paternel.
Dieu se manifeste en outre en la personne du Fils dans un amour de frère que nous expérimentons aussi parfois dans notre vie de famille ; et enfin, par l’Esprit Saint, il se manifeste en un amour d’ami, cette amitié que vous avez commencé à vivre dans votre école ou à l’aumônerie tout simplement.
De toutes ces formes primordiales de l’amour, nous expérimentons, la grandeur, la largeur et la profondeur de l’amour de ce Dieu qui se fait miséricorde.

Avant de terminer, une dernière chose pourra peut-être nous aider à entrer dans ce mystère. Qui dit famille, dit « esprit de famille » ou « style de vie ». De fait, nous les chrétiens, nous avons un style de vie particulier. Mélina, Mary-Valentine, en ce-jour vous devenez membre de cette famille qu’est l’Église, et donc vous devenez des témoins vivants du Seigneur pour ce temps :
- les chrétiens ont à cœur de se rassembler ensemble le dimanche pour célébrer le Seigneur, j’espère que vous pourrez rejoindre votre communauté le plus régulièrement possible pour le célébrer et le louer avec elle.
- les chrétiens ont à cœur de témoigner en acte et en parole de l’amour du Christ pour tous les hommes, c’est ce que l’on appelle la charité. C’est par vos actes que vous pourrez ainsi témoigner de la foi qui vous anime.

Chers amis, en accueillant ces deux nouvelles baptisés, nous sommes, nous aussi, invités à rendre grâce pour la famille que nous formons dans le Seigneur, et à nous laisser pousser par l’Esprit pour continuer à accueillir celles et ceux qui se présentent aux portes de l’Église. Que l’Esprit Saint que vous recevez en abondance en ce jour nous aide à vivre en témoin du Christ pour le monde.





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