HC Affranchi des Paradoxes


 Nombre de messages: 67 Age: 39 Pays: Canada R E L I G I O N (précise): La Gnose et le Jnāna-Yoga Date d'inscription: 18/08/2008
 | Sujet: La différence entre dialogue interreligieux et double appartenance de foi religieuse Mar 10 Fév 2009, 11:27 pm | |
| Rappel du premier message :Le dialogue interreligieux connaît actuellement une très grande vogue. Les groupes qui le pratiquent se multiplient, les livres qui en parlent ont beaucoup de succès, les conférences qui en traitent attirent des auditoires nombreux, les dirigeants politiques et ecclésiastiques s'y intéressent, ainsi que les fidèles de base. Il s'agit d'un fait relativement nouveau.
Pendant plus d'un siècle, les Églises et les théologiens ont estimé que la sécularisation ou la laïcisation de la société représentait le défi majeur que les chrétiens devaient affronter. Ils se sont efforcés d'entrer en discussion ou en débat avec l'athéisme qu'ils voulaient à la fois comprendre, écouter et auquel ils se demandaient comment répondre. Par contre, les autres spiritualités les laissaient en général indifférents; elles ne les tracassaient guère. Il n'en va plus de même aujourd'hui.
Bien entendu, on n'oublie pas la sécularisation et l'athéisme, on continue à s'en préoccuper. Toutefois, la question qui revient sans cesse n'est plus celle de la non-religion ou de l'irréligion, mais celle des autres religions, celle de leur pluralité, de leur diversité, celle de leur concurrence ou de leur collaboration, celle de la signification à leur donner et de la valeur à leur reconnaître.
En même temps que grandit l'intérêt pour les autres religions et les rencontres interreligieuses, se font entendre de plus en plus souvent des mises en garde, des avertissements, voire des protestations qui expriment réticences, réserves, qui signalent les dangers d'une trop grande ouverture. Du côté protestant, se manifestent de fortes méfiances dans les églises réformées et luthériennes, tandis que dénonciations et condamnations prédominent dans les mouvements qu'on appelle évangéliques (il serait plus juste de les nommer evangelical).
Du côté catholique, durant l'été 2000 le document Dominus Iesus a sévèrement rappelé à ceux qui s'engagent dans cette voie les limites à ne pas franchir. D'autre part, les événements d'Algérie, la situation dans beaucoup de pays arabes, les attentats du 11 septembre font craindre à certains que tout dialogue avec l'Islam soit impossible. Il y aurait, dit-on parfois, des religions qui ne peuvent avoir avec ceux qui ne partagent pas leurs convictions que des relations conflictuelles, dominées par une intolérance qui n'hésite pas à aller jusqu'aux meurtres ou aux massacres.
Malgré ces problèmes et ces difficultés, dont je n'entends ni ignorer ni amoindrir le poids, je suis persuadée qu'il faut entreprendre et développer les dialogues interreligieux pour deux grandes raisons. La première, civique ou culturelle, tient à l'évolution actuelle de nos sociétés. La deuxième relève de la foi, et est proprement spirituelle et théologique.
Le dialogue interreligieux au sens précis du mot va bien au-delà des rencontres et des conversations quotidiennes. Ce dialogue consiste à mener ensemble une réflexion approfondie sur la foi, sur Dieu, sur Jésus, sur le Coran et la Bible, sur la prière, sur la morale, etc. Il est autre chose que ce que nous appelons la tolérance. Le mot de tolérance peut signifier:
1) rien ne nous différencie, nous avons le même Dieu 2) tu peux dire ce que tu veux, cela me laisse indifférent 3) je te tolère ; parce que je suis obligé de te supporter.
Aussi la condition de base d'un tel dialogue doit-elle être l'engagement à écouter et respecter, - ce qui ne veut pas dire approuver -, ce que nous disent nos interlocuteurs sur leur propre foi. Il suppose de notre part capacité de silence, vie de prière, charité authentique. De leur côté, nos interlocuteurs doivent s'engager à la même écoute et au même respect. Ça, c'est le dialogue interreligieux !
Mais qu'en est-il quand on vit une double appartenance de foi religieuse ? Qu'on a franchi les frontières et qu'on adhère à une autre religion tout en conservant la religion d'origine ?
C'est sur cette expérience précise que j'aimerais recueillir des témoignages. |
|