Rappel du premier message :
J'ouvre ici un débat épineux sur l'articulation entre la logique purement évangélique selon Jésus (du grec Ev-angelion – Bonne nouvelle « du triomphe de Jésus »!) et la logique (ou plutôt les logiques) politique (politique, à entendre comme "l'art de gérer le pouvoir" au sein d'un peuple, d’une nation constitué comme tel par une identité commune).
Pour commencer je cite l’Evangile donc :
1 - Jésus dit : « Rendez donc à césar, ce qui est à césar et à Dieu est ce qui est à Dieu ! »
D’un côté, tout en bas, césar (avec un « c » si minuscule que même « microsoft word » ne peut l’écrire correctement !), un empereur mégalomane, despotique, idolâtre, usurpateur des prérogatives divines et donc incarnation de la « bête » sur terre et qui tient son pouvoir du dragon, le diviseur, l’ange de lumière déchu, le diable ! Empereur à la tête du plus grand empire territorial du monde méditerranéen jusqu’alors édifié et connu du temps de Jésus en terre d’Israël et tyran à la tête du peuple romain, peuple alors le plus puissant et sophistiqué dans l’art de la guerre particulièrement.
De l’autre, tout en haut et même impensablement (infiniment donc !) au-delà de l’étendu des cieux, « Je Suis », le Créateur, Dieu Un, Unique, Vivant et Vrai, le Tout-Puissant. Celui qui est la Suprême Autorité, Créateur et donc nu-propriétaire de tout l’Univers et tout ce qu’il contient !
Autrement dit, rendez à césar « sa menue monnaie » et rendez à Dieu Sa création (humanité comprise d’ailleurs !) telle qu’Il la veut de toute Eternité !
Jésus par cette simple phrase montrent que césar n’est qu’un usurpateur des prérogatives divines ; tout pouvoir humain vient de Dieu et tout homme ou femme de pouvoir se doit de reconnaître le Créateur comme sa source, son fil directeur ! C’est le principe théocratique fondamental : l’humanité est appelée à achever l’œuvre de la création selon le plan divin. Tout pouvoir doit en principe se fonder sur les commandements divin ! Voilà ce que saint Jean le baptiste rappelle à Hérode en lui rappelant qu’il ne peut prendre la femme de son frère ! Il le paiera de sa vie ! Pourtant nul n’est au-dessus de la loi divine ! Principe fondamental de soumission (amoureuse !) à Dieu.
Digression 1 - Sauf erreur de ma part, c’est d’ailleurs de là que vient la notion et la théologie de « souverain pontife » ; le successeur de saint Pierre est le principe humain et visible de la communion des chrétiens ! En ce sens tous les hommes et femmes de pouvoir se disant chrétiens se doivent de reconnaître le souverain pontife comme le chef spirituel de tous les chrétiens ! Hors des abus qui furent fait de cette charge, le souverain pontife avait, entre autre, (et a toujours par le don de conseil de l’Esprit Saint !) pour vocation de rappeler à tout les gouvernants chrétiens leur obligation de reconnaître Dieu et de se soumettre à ses commandements ! Cela fut une source perpétuelle de conflit entre les successeurs de Saint Pierre courageux et les rois « très, très chrétiens » pas si chrétiens que cela.
Pourtant, Jésus par sa parole et par son exemple jusqu’à la crucifixion, montrera à ses disciples qu’Il les appelle à respecter l’ordre établi si inique soit-il ! En ceci, il diffère profondément des zélotes et de biens des pharisiens ! Il n’entend pas par-là une soumission servile mais il appelle ses disciples à une vocation prophétique et non pas d’abord politique ! Là il diffère profondément des sadducéens : il appelle ses disciples à un héroïsme discret dans chacun des actes du quotidien, à une ferveur religieuse tout aussi discrète et aussi, pour ses apôtres et quelques disciples choisis, à une prédication joyeuse et contagieuse de l’avènement actuel du Royaume de Dieu, prédication d’ailleurs accompagné de signes merveilleux et charismatiques manifestant cette réalité dès ici-bas.
Digression 2 - Il est intéressant de noter que Jésus s’adresse à des juifs aux cœurs durs comme des cailloux qui le mettent à l’épreuve en espérant une parole politiquement incorrecte de Jésus pour le faire condamner !
C’est là que le génie de Jésus est absolument « génialissime », divin si j’ose dire ! Il remet ses religieux endurcis face à leur cupidité et leur hypocrisie : d’un côté, ces derniers veulent paraître comme des résistants radicalement orthodoxes séparés de ces « chiens de païens romains » ; de l’autre, ils se compromettent et s’accommodent bien de cette paix romaine quand cela va dans le sens de leurs petites affaires !
C’est pour cela que Jésus leur demande une pièce : à l’époque de Jésus il existe au moins deux types de monnaies en circulation : un type romain à l’effigie de césar, l’autre hébreu avec des plantes gravées dessus ; quand les détracteurs de Jésus sortent une pièce, c’est, « comme par hasard », une pièce de type romain qu’ils portent alors sur eux ! Etrange paradoxe pour ces inconditionnels du pur et de l’impur qui craignent d’entrer dans la maison des païens et des pécheurs de crainte de se souiller mais qui ne rechigne pas à amasser la monnaie de ces chiens : business is business, isn’t it ? (les affaires sont les affaires !)
Si j’osais traduire en terme contemporain : je dirais que Jésus nous appelle à être simplement et pleinement citoyen des sociétés correspondant à nos lieux de vie respectifs ; pourtant, Il nous rappelle amoureusement que devons être dans le monde sans être du monde ; Il nous appelle à un détachement radical de ce qui, dans ces sociétés, ne peut que passer! La citoyenneté transitoire ne touche pas notre être profond, notre substance (seul les actes de foi, d’espérance et de charité, citoyens ou non, touchent notre être profond); cela ne concerne que notre RELATION au monde, la périphérie de notre être. Notre être profond, notre identité est notre filiation divine par adoption ; nous sommes avant tout des enfants bien-aimés de Dieu ; notre patrie c’est le Royaume de Dieu qui ne connaî pas de frontières. Non, je ne suis ni français, ni allemand, ni espagnol, ni italien, ni cambodgien, ni béninois, ni arabe, etc.
Je suis un fils de Dieu ! Nous sommes des enfants de Dieu ! Et nous devons le devenir toujours plus !
Quand j’affirme cela, je ne trahis pas ma patrie d’accueil (où je ne suis que de passage) ! Au contraire, je témoigne à mes compatriotes que leur identité est autre, plus profonde, qu’ils vivent le plus souvent à la superficie de leur être ! Cela doit nous appeler à relire notre engagement politique si il existe !
Cela peut sembler abstrait mais c’est tout le contraire ! Le royaume de Dieu ne connaît aucune frontière et pourtant les chrétiens d’aujourd’hui sont appelés à tenir compte des vaines frontières de ce monde afin de pouvoir les franchir, les dépasser …et ainsi les vaincre si j’ose dire !
En bref, en tant que fils de Dieu par le Fils Unique Jésus, pour nous chrétiens de France, nous devons donc nous efforcer de vivre comme de simples citoyens de France aussi exemplaire que possible en sachant que la France passera alors que l’Eglise elle restera éternellement ! Nous sommes appelés à combattre le mal en nous-même et dans le monde selon les formes actuelles de la société française, en les respectant sans complaisance pour ce qui n’est pas selon Dieu, en essayant de changer ce qui peut l’être, en cultivant ce qui mérite de l’être, en dénonçant ou encourageant ce qui doit l‘être ! Non, mes frères et sœurs par Jésus ! Nous ne sommes pas français, nous sommes des chrétiens, citoyens de France certes, mais des chrétiens !
Ce que je dis ici pour les chrétiens citoyens de France est valable pour tous les peuples, races, langues et nation de part la monde !!!! Nous sommes des chrétiens Universels et nous devons le devenir plus encore. AMEN