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 L'Eucharistie, Corpus Christie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 30 Jan 2016, 9:13 pm

Rappel du premier message :




Parole des Pères
Nous participons au même...


Nous participons au même pain, nous devenons un même corps
– Jean Chrysostome


Jean Chrysostome, Sur la Première lettre aux Corinthiens (Homélie 21 sur 1 Co 10, 16-17).

L'Eucharistie, Corpus Christie.

L'Eucharistie, sacrement de l'unité.


«
Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ? » Pourquoi l'apôtre ne parle-t-il pas de participation seulement ? Parce qu'il veut exprimer quelque chose de plus et indiquer l'intimité de l'union. Il n'y a pas seulement participation ou partage, il y a vraiment union. Comme ce corps est uni au Christ, nous aussi par le pain nous lui sommes unis également.

Pourquoi ajoute-t-il : « ... que nous rompons » ? Ce qui de fait a lieu dans l'Eucharistie, alors que sur la croix ce fut le contraire, selon ces mots de l'Ecriture : « Pas un de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46). Mais ce que le Christ n'a pas souffert sur la croix, il le souffre sur l'autel à cause de vous : il veut bien être rompu, afin de rassasier tous les hommes. L'apôtre vient de dire « la communion au corps... » Or il y a une différence entre celui qui communie et ce à quoi il communie. Il veut donc encore faire disparaître cette différence, si petite qu'elle pût paraître. C'est pourquoi il ajoute : « car nous sommes tous ensemble un seul pain et un seul corps ».

Que parlai-je de communion ? dit-il, nous sommes ce corps lui-même. Qu'est-ce que ce pain ? Le corps du Christ. Que deviennent ceux qui communient ? Le corps du Christ : ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Combien de grains de froment entrent dans la composition du pain ? Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu'ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d'un corps et celui-là d'un autre : nous sommes tous nourris d'un même corps, et c'est pourquoi l'apôtre ajoute : « parce que nous participons tous au même pain ».

Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité et ne pas nous unir par ce lien puissant ? Relisez l'histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : « La multitude des croyants n'avait qu'un seul coeur et qu'une seule âme (Ac 4, 32).

Que sont devenus ces beaux exemples ? Nous avons le contraire sous les yeux. Des divisions nombreuses, des dissensions profondes règnent entre tous et nous nous traitons les uns les autres avec une cruauté digne des bêtes. Et pourtant, frère, c'est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s'unir à toi. Et toi, tu ne veux pas t'unir à ton frère ? Tu n'y mets pas l'empressement que tu devrais montrer. Que dis-je ? Tu te sépares violemment de lui, toi à qui le Seigneur a montré tant d'amour et donné tant de vie ! … Il a voulu en effet nous faire participer à sa propre chair, semblable à la nôtre par sa nature, mais exempte de péché et surabondante de vie…afin que nous puissions trouver à cette table l'immortalité… Nous ne participons plus seulement, en effet, à l'autel (comme les païens), mais au Christ lui-même.




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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 01 Juin 2017, 7:16 pm



La liturgie eucharistique


À la dernière Cène, le Christ a institué le sacrifice et le banquet pascal par lequel le sacrifice de la croix est sans cesse rendu présent dans l´Église lorsque le prêtre, représentant le Christ Seigneur, accomplit cela même que le Seigneur lui-même a fait et qu´il a transmis à ses disciples pour qu´ils le fassent en mémoire de lui[1].

En effet, le Christ prit le pain et la coupe, rendit grâce, fit la fraction et les donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez, buvez ; ceci est mon Corps ; ceci est la coupe de mon Sang. Vous ferez cela en mémoire de moi ». Aussi l´Église a-t-elle organisé toute la célébration de la liturgie eucharistique en parties qui correspondent à ces paroles et à ces actes du Christ. De fait :

a) Dans la préparation des dons, on apporte à l´autel le pain et le vin avec l´eau, c´est-à-dire les éléments que le Christ a pris dans ses mains.

b) Dans la Prière eucharistique, on rend grâce à Dieu pour toute l’œuvre du salut, et les dons offerts deviennent le Corps et le Sang du Christ.

c) Par la fraction du pain et par la communion, les fidèles, aussi nombreux soient-ils, reçoivent d’un seul pain le Corps du Seigneur et d’une seule coupe le Sang du Seigneur, de la même manière que les Apôtres les ont reçus des mains du Christ lui-même.





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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 24 Juin 2017, 7:15 pm





L’eucharistie

L’Eucharistie est le troisième sacrement de l’Initiation Chrétienne. Le mot « Eucharistie » signifie « action de grâces ». C’est le peuple qui rend grâce au Père, par son Fils, dans l’Esprit pour le don qu’il nous fait de sa Vie.

« L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Vatican II Constitution sur l’Eglise n° 11)

C’est par l’Eucharistie que nous est donnée la Vie de Dieu, le Pain de la route. Recevoir le Pain de Dieu nous invite à partager notre pain avec nos frères en humanité. L’Eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle. C’est une actualisation de la Pâque et non pas sa répétition ou son simple souvenir. L’Eucharistie, ou la messe, est un rappel de la dernière Cène, de la mort et de la résurrection de JESUS Christ.

À plusieurs reprises, dans une démarche mystagogique, Saint Augustin rappelle aux nouveaux chrétiens ce qu’ils ont vécu depuis le début de leur itinéraire :

« Engrangés lors de leur entrée en catéchuménat, moulus au long de celui-ci par les efforts de conversion qui leur étaient demandés et qui se rendaient visibles dans les « jeûnes et les exorcismes », imbibés d’eau à la fontaine baptismale pour devenir une pâte, passés à la « cuisson du feu du St Esprit », et ainsi « devenus le pain du Seigneur », ils ont à « devenir ce qu’ils ont reçu : le corps du Christ. » (Sermons n° 229, 272,…)


Le dimanche, jour du Seigneur

Les chrétiens se rassemblent en ce premier jour de la semaine, le dimanche, pour manifester la place centrale de la Résurrection dans leur foi.








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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 17 Juil 2017, 6:25 pm





Le trésor de l'Eucharistie

Jean-Paul II a publié en 2003 une encyclique "Ecclesia de Eucharistia". Un texte pour rappeler combien l'Eglise vit de l'Eglise que nous présente Michel Kubler de La Croix en sept points.

C'est une affirmation essentielle de la foi chrétienne : "L'Église vit de l'Eucharistie". C'est aussi la première phrase de la 14e encyclique de Jean-Paul II, signée en ce Jeudi saint et dont elle fournit le titre : Ecclesia de Eucharistia. Un document plus resserré que d'habitude (environ 70 pages dans l'édition typique, contre plus de 120 pour les précédents), où l'on sent l'implication personnelle du Pape en la 25e année de son pontificat : on le voit évoquer, non sans émotion, les innombrables lieux de Pologne et du monde où il a présidé des célébrations eucharistiques, et revivre chacune des messes dites en 57 ans de sacerdoce comme un événement unique de rencontre intime avec Dieu et de contemplation du Christ.

Le choix du jour de la publication n'est pas anodin : cette lettre "aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l'Eucharistie dans son rapport à l'Église" remplace, cette année, le traditionnel message de Jean-Paul II aux prêtres pour le jour où l'Église catholique célèbre l'institution de ce sacrement par le Christ. Car, rappelle l'encyclique, "l'Église naît du mystère pascal" ; donc, "l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale" (n. 3). Et le triduum de Pâques est toujours un événement contemporain : "Dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours de siècles, il y a un "contenu" vraiment énorme, dans lequel est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce et de la rédemption" (n. 5).

Ecclesia de Eucharistia vivit, énonce Jean-Paul II, précisant : "Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église" (n. 1). La perspective de l'encyclique est donc double : il s'agit de la spiritualité et de la doctrine de l'Eucharistie, dans son rapport constitutif à l'Église. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver ici de nouvelles dispositions pour la célébration, ni un guide pour la pastorale liturgique : l'encyclique en signale au passage (et annonce un document destiné à rappeler certaines normes), mais là n'est pas son propos. Le propos du Pape s'exprime clairement à travers les six parties d'Ecclesia de Eucharistia (lire le texte intégral de l'encyclique en cliquant sur les liens de la colonne de droite).

Le don du Christ par excellence

L'Eucharistie est le don du Christ par excellence : non pas seulement un don fait par le Christ, mais le Christ lui-même qui se donne. Tel est le "mystère de la foi" acclamé à chaque célébration, le mystère du sacrifice de la Croix et de la Résurrection, à chaque fois rendu présent. Cette présence est "réelle", en ce sens "qu'elle est substantielle et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier" (n. 15, citant Paul VI).

Ce don est particulièrement manifeste dans la communion, aux deux sens de ce mot : le partage du Corps et du Sang du Christ à la fois unit intimement chaque fidèle à son Seigneur et, par l’œuvre de l'Esprit Saint, fait de toute l'Église le Corps du Christ sur la terre. La communauté célébrant l'Eucharistie a ainsi la responsabilité de "construire un monde qui soit à la mesure de l'homme et qui réponde pleinement au dessein de Dieu" (n. 20). Et Jean-Paul II de citer saint Jean Chrysostome, Père de la liturgie byzantine : "Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l'affamé, et avec ce qui restera tu orneras son autel".

L'Eucharistie édifie l’Église

"L'Eucharistie édifie l'Église", poursuit l'encyclique. Cela vaut, bien sûr, de la genèse de la communauté chrétienne, au soir de la dernière Cène : en donnant son corps et son sang en nourriture à ses Apôtres, JESUS les a unis au sacrifice qui l'attendait. De là cette réciprocité entre le Christ et tout baptisé : dans la communion sacramentelle, "nous pouvons dire non seulement que chacun d'entre nous reçoit le Christ, mais aussi que le Christ reçoit chacun d'entre nous" (n. 22). Ce n'est pas simplement "l'incorporation au Christ" qui est réalisée, mais tout l'édifice de l'Église qui se trouve consolidé, et la mission de celle-ci découvre, dans l'Eucharistie, "sa source et son sommet" - selon la définition de la liturgie par Vatican II.

L'Eucharisitie est "apostolique"

L'Eucharistie, comme l'Église, est "apostolique" : elle repose sur la foi des Apôtres, elle poursuit leur action et continue à être enseignée par eux. D'où l'insistance d'Ecclesia de Eucharistia (reprenant Lumen gentium) sur le ministère ordonné : certes, "les fidèles, pour leur part, en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'offrande de l'Eucharistie, mais c'est le prêtre ordonné qui célèbre le Sacrifice eucharistique en la personne du Christ et l'offre à Dieu au nom de tout le peuple" (n. 28). Il s'agit de manifester que l'Eucharistie "est un don qui dépasse radicalement le pouvoir de toute l'assemblée" (n. 29).

L'encyclique rappelle quelques conséquences de cette spécificité : "l'Eucharistie ne peut être célébrée sans prêtre ; il est recommandé aux prêtres de la célébrer quotidiennement pour conjurer le danger de la dispersion" entre leurs tâches ; les célébrations dominicales en l'absence de prêtre ne peuvent être que des solutions provisoires ; un catholique ne doit pas communier lors de célébrations protestantes, faute d'un plein accord sur la signification des sacrements de l'Ordre et de l'Eucharistie".

La communion

La communion de l'Église se manifeste dans l'Eucharistie. Cette vision catholique repose sur l'affirmation que l'Eucharistie est "le sommet de tous les sacrements car elle porte à sa perfection la communion avec Dieu le Père, grâce à l'identification avec le Fils unique par l'action du Saint-Esprit" (n. 34). On ne peut donc pas y participer pleinement si l'on n'est pas en pleine communion avec cette définition : cela vaut pour les personnes dans leurs actes (un fidèle en état de péché doit se confesser avant de communier) et leurs convictions (la communion est réservée aux personnes baptisées acceptant la foi catholique sur l'Eucharistie), ainsi que pour les communautés catholiques (l'Eucharistie les empêche de se replier sur elles-mêmes, ce que traduit la communion affirmée avec le Pape et les évêques) et pour les Églises séparées", avec qui il est impossible de célébrer "jusqu'à ce que soit rétablie l'intégrité" des "liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique" (n. 44). Rappelons que pour d'autres confessions chrétiennes, la communion entre les fidèles et entre communautés naît au contraire de la célébration du sacrement.

La dignité de la célébration

La célébration eucharistique doit être digne. Il y va à la fois de la simplicité et de la gravité du sacrement célébré : c'est un "banquet" familial, sans doute, mais qui "demeure pour toujours un banquet sacrificiel, marqué par le sang versé sur le Golgotha" (n. 48). Le Pape fait ici l'éloge de tout ce qui, en deux millénaires de christianisme, a été déployé pour manifester cette dignité : architecture et arts sacrés, création liturgique et inculturation, etc. Il attire aussi l'attention sur les dérives et les abus possibles, lançant "un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité", et rappelant que "la liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté" (n. 52).

Marie, femme "eucharistique"

Jean-Paul II s'est toujours fait un point d'honneur à conclure ses documents par un paragraphe dédié à la Vierge ; ici, c'est toute la dernière partie d'Ecclesia de Eucharistia qui chante la Mère du Christ comme modèle de foi et de vie eucharistiques, dès le Fiat par lequel elle permit au Verbe de se faire chair : "Durant toute sa vie au côté du Christ et non seulement au Calvaire, Marie a fait sienne la dimension sacrificielle de l'Eucharistie" (n. 56). Or, le Christ accomplit pour tous ses disciples ce qu'il a accompli envers sa Mère. Ainsi, "l'Eucharistie nous est donnée pour que toute notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat !" (n. 58).

"Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences", conclut l'encyclique (n. 59). Mais ce mystère donne tout : le sacrifice rédempteur et la résurrection de JESUS, les dons de l'Esprit, l'amour du Père... "Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence ?" (n. 60). Or, négligences il y a eu, affirme Jean-Paul II, par allusion à Vatican II non dans son œuvre ("Il n'y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint sacrifice de l'autel" n. 10), mais dans certaines interprétations qui ont pu en être faites : abandon de l'adoration eucharistique, réduction de la messe à une rencontre conviviale, perte du rôle du prêtre et du caractère sacramentel...

En conclusion

Au final, même si Ecclesia de Eucharistia entend "dissiper les ombres sur le plan doctrinal et les manières de faire inacceptables" (n. 10), son propos est d'abord positif. L'encyclique ne dénonce ces manquements et ces excès que pour sauvegarder l'extraordinaire "trésor" qu'est l'Eucharistie pour l'Église : "un don trop grand et trop précieux » pour que quiconque puisse l'amputer ou se l'approprier. Un "Mystère ineffable avec lequel chaque génération est invitée à se mesurer" (n. 51). Jean-Paul II en est, ici, le témoin autant que le messager ardent.

Juin 2003


Source : la-croix.com








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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 11 Aoû 2017, 7:18 pm



Le Trésor de l’Eucharistie

Les mois d’été sont favorables aux rencontres. L’une d’entre elles m’a marqué.
Invité à partager une soirée organisée par le Comité missionnaire local de Feillens-Manziat-Pont-de-Vaux, j’ai écouté avec intérêt les interventions des missionnaires originaires de notre diocèse, venus se reposer dans leurs familles.
Un prêtre africain, du Burkina-Faso, était lui aussi présent. Il avait passé deux mois dans le diocèse en assurant des remplacements ici et là. Il a donc parlé de l’Église au Burkina. Il a rappelé qu’il y avait beaucoup de pauvreté, dans pratiquement tous les domaines de la vie : la nourriture, la santé, les écoles, les infrastructures du pays, la sécurité sur les routes, la corruption, etc… Et en même temps, il a évoqué la vigoureuse vitalité d’une Église jeune, joyeuse, ardente à vivre sa foi et à en témoigner.
Une question venue de l’assistance lui a été alors posée : comment un africain voit-il l’Église en France ? La question l’a d’abord laissé sans voix. Elle était inattendue, mais elle avait quelque chose de très original. Car c’est à peu près toujours nous, les chrétiens de France, qui cherchons à connaître ce qui se passe au loin, mais nous sommes moins préoccupés de savoir comment ceux qui sont au loin nous regardent. Nous pensons spontanément que les jeunes Églises n’ont pas grand chose à nous apprendre sur nous-mêmes, nous qui appartenons à des Églises millénaires.
La réponse est venue sous forme d’exemples : « J’ai célébré la Messe dimanche dernier et, à la sortie, des chrétiens m’ont fait remarquer que la célébration avait duré cinq minutes de plus que d’habitude : 1 h Ils étaient mécontents. J’ai été très surpris, ajoutait-il avec humour, car le repas qui a suivi a duré plus de trois heures ! Chez nous, en Afrique, la messe dominicale dure facilement trois heures et cela ne pose pas de problème. D’ailleurs, beaucoup de chrétiens viennent de loin et ils marchent à pied pendant des heures. Pour eux, l’Eucharistie est un moment capital. La communauté est heureuse de prier et de chanter. Personne ne regarde sa montre ! Dans la célébration, on rencontre vraiment le Christ. Alors le temps ne compte pas ! Autre question : « Que pensez-vous des femmes diacres ? » À voir sa réaction, il était clair que ce n’était vraiment pas « son » problème. Il a pourtant répondu : « Nous, nous voulons être en lien avec l’Église universelle. Ce qui nous importe, c’est d’être en pleine communion avec le Pape. »
* * *
Cette façon de répondre, par un prêtre venu d’ailleurs, qui ne pouvait être soupçonné de prendre parti dans des débats qui nous occupent, a certainement fait réfléchir ceux qui l’écoutaient. Elle nous renvoie – comme dans un miroir – une des facettes de notre conduite chrétienne.
La réponse du prêtre africain, dans sa teneur, est très voisine du climat de la dernière encyclique de Jean-Paul II sur l’Eucharistie. C’est particulièrement sensible dans un des paragraphes où le Pape fait allusion à un passage d’Évangile bien connu. Judas s’élève contre l’attitude de la femme qui vient de briser un flacon de parfum précieux sur la tête de JESUS. Judas juge que c’est du gaspillage et il s’insurge. Le Pape enchaîne :
« Comme la femme de l’onction de Béthanie, l’Église n’a pas craint de « gaspiller », plaçant le meilleur de ses ressources pour exprimer son admiration et son adoration face au don incommensurable de l’Eucharistie. » (…) « Il n’est permis à personne de sous-évaluer le mystère remis entre nos mains. » (nn° 48…52).
Comment, devant un trésor si grand et si précieux, s’élever pour quelques minutes qui ont prolongé la célébration ! Est-ce du temps gaspillé que de vivre près du Christ ? Le Pape va plus loin. Il nous invite à prendre du temps pour adorer l’Eucharistie en dehors de la Messe : « Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière?, comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, chers Frères et S?urs, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien ! » « L’Eucharistie est un trésor inestimable : la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la Messe permet de puiser aux sources mêmes de la grâce ». (n°25).
* * *
L’Eucharistie n’a pas qu’à faire au temps. Elle comporte aussi la dimension de l’espace. Elle nous rattache à l’Église universelle. Cet aspect essentiel de la célébration nous fait rejoindre la seconde réponse du prêtre africain. Quand nous participons à l’Eucharistie, nous nous rappelons que nous célébrons un don qui appartient à l’Église tout entière et que nous ne pouvons y communier que si nous adhérons à cette Église. Le Pape cite le Concile Vatican II :
« Sont pleinement incorporés à la société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut qui ont été institués en elle et qui, par les liens que constituent la profession de foi, les sacrements, le gouvernement et la communion ecclésiastiques, sont unis, dans l’organisme visible de l’Église, avec le Christ qui la régit par le Souverain Pontife et les évêques ». (Lumen Gentium n°14)
En citant ces mots du pape, je pense à bien des chrétiens, à ceux, en particulier, qui se réclament de la Fraternité Saint Pie X et qui viennent de s’installer au château de Marlieux, sur le territoire du diocèse. Je pense également – dans une moindre mesure – à ceux qui tiennent la communion avec l’Église comme un aspect secondaire de la vie chrétienne et même, en certains cas, comme une réalité superflue !
« Toute célébration de l’Eucharistie est faite en union non seulement avec l’évêque, mais aussi avec le Pape, avec l’Ordre épiscopal, avec tout le clergé et le peuple tout entier. Toute célébration valide de l’Eucharistie exprime cette communion universelle avec Pierre et avec l’Église tout entière. » (n° 39)
Etre chrétien, c’est tenir ce sacrement comme la source et le sommet de tout l’agir chrétien. Merci au Père africain de nous l’avoir rappelé à partir d’un témoignage spontané, puisé dans la propre vie de sa communauté.

Mgr Guy-Marie Bagnard, 12 septembre 2003




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