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 L'Eucharistie, Corpus Christie

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RAMOSI
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MessageSujet: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 30 Jan 2016, 9:13 pm




Parole des Pères
Nous participons au même...


Nous participons au même pain, nous devenons un même corps
– Jean Chrysostome


Jean Chrysostome, Sur la Première lettre aux Corinthiens (Homélie 21 sur 1 Co 10, 16-17).

L'Eucharistie, Corpus Christie.

L'Eucharistie, sacrement de l'unité.


«
Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ? » Pourquoi l'apôtre ne parle-t-il pas de participation seulement ? Parce qu'il veut exprimer quelque chose de plus et indiquer l'intimité de l'union. Il n'y a pas seulement participation ou partage, il y a vraiment union. Comme ce corps est uni au Christ, nous aussi par le pain nous lui sommes unis également.

Pourquoi ajoute-t-il : « ... que nous rompons » ? Ce qui de fait a lieu dans l'Eucharistie, alors que sur la croix ce fut le contraire, selon ces mots de l'Ecriture : « Pas un de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46). Mais ce que le Christ n'a pas souffert sur la croix, il le souffre sur l'autel à cause de vous : il veut bien être rompu, afin de rassasier tous les hommes. L'apôtre vient de dire « la communion au corps... » Or il y a une différence entre celui qui communie et ce à quoi il communie. Il veut donc encore faire disparaître cette différence, si petite qu'elle pût paraître. C'est pourquoi il ajoute : « car nous sommes tous ensemble un seul pain et un seul corps ».

Que parlai-je de communion ? dit-il, nous sommes ce corps lui-même. Qu'est-ce que ce pain ? Le corps du Christ. Que deviennent ceux qui communient ? Le corps du Christ : ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Combien de grains de froment entrent dans la composition du pain ? Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu'ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d'un corps et celui-là d'un autre : nous sommes tous nourris d'un même corps, et c'est pourquoi l'apôtre ajoute : « parce que nous participons tous au même pain ».

Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité et ne pas nous unir par ce lien puissant ? Relisez l'histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : « La multitude des croyants n'avait qu'un seul coeur et qu'une seule âme (Ac 4, 32).

Que sont devenus ces beaux exemples ? Nous avons le contraire sous les yeux. Des divisions nombreuses, des dissensions profondes règnent entre tous et nous nous traitons les uns les autres avec une cruauté digne des bêtes. Et pourtant, frère, c'est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s'unir à toi. Et toi, tu ne veux pas t'unir à ton frère ? Tu n'y mets pas l'empressement que tu devrais montrer. Que dis-je ? Tu te sépares violemment de lui, toi à qui le Seigneur a montré tant d'amour et donné tant de vie ! … Il a voulu en effet nous faire participer à sa propre chair, semblable à la nôtre par sa nature, mais exempte de péché et surabondante de vie…afin que nous puissions trouver à cette table l'immortalité… Nous ne participons plus seulement, en effet, à l'autel (comme les païens), mais au Christ lui-même.




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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mer 03 Fév 2016, 7:05 pm





L’Eucharistie fait de la communauté un corps
– Benoît XVI

Benoît XVI, Discrours pour l'ouverture du Congrès Ecclésial du diocèse de Rome, extrait, Basilique Saint-Jean-de-Latran, mardi 26 mai 2009.

Si la Parole convoque la communauté, c'est l'Eucharistie qui fait d'elle un corps : « Parce qu'il n'y a qu'un pain - écrit saint Paul - à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique » (1 Co 10, 17). L'Église n'est donc pas le résultat d'une somme d'individus, mais une unité entre ceux qui sont nourris de l'unique Parole de Dieu et de l'unique Pain de vie. La communion et l'unité de l'Église, qui naissent de l'Eucharistie, sont une réalité dont nous devons avoir une conscience toujours plus grande, également lorsque nous recevons la sainte communion, être toujours plus conscients que nous entrons dans l'unité avec le Christ et que nous devenons ainsi un entre nous. Nous devons toujours à nouveau apprendre à protéger et à défendre cette unité contre les rivalités, les différends et les jalousies qui peuvent naître dans ou entre les communautés ecclésiales. Je voudrais en particulier demander aux mouvements et aux communautés apparues après le Concile Vatican II, qui au sein de notre diocèse également, sont un don précieux dont nous devons toujours rendre grâce au Seigneur, je voudrais demander à ces mouvements, qui, je le répète sont un don, de toujours prendre soin que leurs itinéraires de formation conduisent leurs membres à développer un sens véritable d'appartenance à la communauté paroissiale. Au centre de la vie de la paroisse, comme je l'ai dit, il y a l'Eucharistie, et en particulier la célébration du Dimanche. Si l'unité de l'Église naît de la rencontre avec le Seigneur, il n'est pas secondaire alors que l'adoration et la célébration de l'Eucharistie fassent l'objet d'une grande attention, en offrant ainsi la possibilité à ceux qui y participent de faire l'expérience de la beauté du mystère du Christ. Etant donné que la beauté de la liturgie « n'est pas pur esthétisme, mais modalité par laquelle la vérité de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ, nous rejoint, nous fascine et nous emporte » (Sacramentum caritatis, n. 35), il est important que la célébration eucharistique manifeste, communique, à travers les signes sacramentaux, la vie divine et révèle aux hommes et aux femmes de cette ville le vrai visage de l'Église. [...]

Enfin, il ne faut pas oublier le témoignage de la charité, qui unit les cœurs et ouvre à l'appartenance ecclésiale. Pour expliquer le succès rencontré par le christianisme des premiers siècles, la montée d'une prétendue secte juive devenue religion d'Empire, les historiens répondent que ce fut notamment l'expérience de la charité des chrétiens qui a convaincu le monde. Vivre la charité est la forme primaire de la dimension missionnaire. La Parole annoncée et vécue devient crédible si elle s'incarne en comportements de solidarité, de partage, en gestes qui montrent le visage du Christ comme d'un véritable Ami de l'homme. Puisse le témoignage silencieux et quotidien de la charité promue par les paroisses grâce à l'engagement d'un grand nombre de fidèles laïcs, continuer de s'étendre toujours davantage, pour que celui qui vit dans la souffrance ressente la proximité de l'Église et fasse l'expérience de l'amour du Père, riche de miséricorde. Soyez donc de « bons samaritains » prêts à soigner les blessures matérielles et spirituelles de vos frères. Les diacres, conformés par l'ordination avec le Christ serviteur, pourront rendre un service utile en promouvant une attention renouvelée envers les formes de pauvreté anciennes et nouvelles. Je pense par ailleurs aux jeunes : très chers amis, je vous invite à mettre au service du Christ et de l'Evangile votre enthousiasme et votre créativité, en vous faisant les apôtres des jeunes de votre âge disposés à répondre de manière généreuse au Seigneur, qui vous appelle à le suivre de plus près, dans le sacerdoce ou dans la vie consacrée.



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RAMOSI
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Dim 14 Fév 2016, 9:11 pm




La vie donnée – Jean-Marie...





La vie donnée
– Jean-Marie Lustiger

Jean-Marie Lustiger, Homélie de la célébration diocésaine d'envoi au Congrès Eucharistique de Lourdes, Notre-Dame de Paris, 18 juin 1981.

L'Eucharistie, Corpus Christie.

Les choses familières perdent leur saveur et leur goût. N'en va t-il pas ainsi pour nous, chrétiens catholiques, au sujet de la messe ? Ce rite paraît à tous tellement typique et repérable qu'un catholique peut se définir comme celui qui va à la messe (ou qui se justifie de ne plus aller à la messe...).

La messe tient une telle place dans notre tradition, que lorsque l'Église, avec l'intelligence du mystère du Christ que lui donne l'Esprit, modifie un usage liturgique, non pas en raison d'un attrait arbitraire pour le changement, mais pour que la célébration chrétienne en reçoive une plus grande profondeur, une plus grande vérité, voici qu'aussitôt des gens sont blessés, ne s'y reconnaissent plus. Les moindres signes et les moindres gestes sont revêtus d'une patine sacrée qui, parfois, l'engonce, paralyse la célébration, et en même temps la protège.

Oui, avec la messe, nous atteignons le point tout à fait central de la foi, mais aussi le point le plus méconnu dans la pratique. Nous savons que l'Eucharistie est le centre de notre vie chrétienne, de notre vie de foi, le centre de l'Église. Et pourtant quand nous nous rassemblons, beaucoup ne voient plus là que le rite convenu des catholiques. Et ils pensent que ce rite est ennuyeux. On dit : « Je vais à la messe, et je m'ennuie ; rien de vivant ne s'y passe ; rien ne change ensuite... Alors, à quoi bon ? »

Et nous, prêtres, chargés de cette Eucharistie comme d'un devoir à l'égard du corps et du peuple entier, nous portons nous aussi ces mêmes questions et ces mêmes interrogations, la même usure et la même lassitude qui éprouvent le peuple chrétien. Nous les portons pour notre propre compte, et nous les portons pour vous. Nous nous interrogeons. Nous disons : « Que faire ? Que faut-il faire ? » Je vous dis tout haut, mes frères, les questions que les prêtres se posent à eux-mêmes. Il me faut vous les dire. Nous nous demandons parlant de vous : « Pourquoi sont-ils venus à la messe ? Qu'est-ce que cela va changer dans leur vie ? Sont-ils là en consommateurs seulement ? Qui sont ces gens qui viennent ici et que nous n'arrivons pas à connaître ? Ils ne se voient même pas les uns les autres. Ils ne rencontrent personne. Ils viennent jusqu'à nous pour obtenir seulement ce qu'ils attendent de nous. Le temps de la messe passé, ils font comme si de rien n'était. Quelle espèce de chrétiens est-ce là ? »

Et nous nous interrogeons sur ce que doit être cette célébration : « Comment faire ? Que faire ? » Vous ne savez pas le nombre d'heures que nous pouvons parfois passer à préparer, dans le détail, ces célébrations qui, à certains, paraissent si maladroites, si peu ajustées et dont l'intention est immédiatement mal comprise ou trahie. Vous ne savez pas non plus ce sentiment de lassitude que parfois des prêtres peuvent avoir. Quand vous, vous venez à la messe, la messe pour vous est neuve. Mais nous, les prêtres, après une journée de dimanche dans une église de Paris, quand nous avons vu entrer et sortir les fidèles et que nous nous sommes efforcés d'être disponibles et neufs à chaque instant, quand, si souvent, nous avons vu tant de fidèles en retard et distants, comme désengagés à l'égard de la célébration, eh bien, parfois, nous avons l'impression d'avoir le tournis, d'être usés à notre tour par une répétition inhumaine, spirituellement insupportable. Pour nous aussi, en effet, cet acte devrait être unique. Nous devrions, pour la messe, pouvoir prendre tout le temps qu'il faut. Nous ne devrions pas courir comme nous le faisons. Et voilà que pour nous aussi, ministres ordonnés de cette Eucharistie, elle devient un fardeau. Nous qui devrions être au cœur de ce sacrement, voici qu'il nous écrase.

Oui, frères, quelque chose ne va pas dans la manière dont nous vivons l'Eucharistie. Un temps de grâce nous est donné d'ici l'été, jusqu'au rassemblement de Lourdes. Il ne suffirait pas qu'il soit pour nous l'occasion d'un examen de conscience, comme s'il était en notre pouvoir de faire le changement de cœur appelé par cette usure. Mais ce temps nous est peut-être accordé pour nous laisser atteindre par le Christ et sa Parole.

Ce que nous venons d'entendre désigne le centre de ce mystère eucharistique. Ce sont des lectures courtes. Vous pourrez les relire. Tout y est, vous le verrez. Eh bien, si nous essayons d'entendre ces lectures comme une parole que le Christ nous adresse, comme une parole que Dieu le Père nous adresse, comme un langage que l'Esprit Saint lui- même veut faire entendre à nos cœurs, à nos intelligences, à nos libertés, voici que brusquement, quelque chose d'autre apparaît auquel nous ne faisions pas attention. Car nous sommes comme des gens mal sortis du sommeil et qui n'ont pas vu le soleil se lever. Car nous sommes comme des gens qui entrent dans une pièce et qui ne voient pas que déjà est présent celui qui nous aime et qui nous appelle. Voilà que nous pouvons nous réveiller et découvrir ce que nous sommes venus faire ici, et pourquoi nous y sommes.

En effet, la messe n'est pas célébration des catholiques dont nous serions les maîtres. On ne « dit » pas une messe comme on dirait une prière. L'Eucharistie nous constitue comme Église et comme Corps : elle est créatrice de l'Église. Pourquoi cela ? Parce que l'Eucharistie, c'est le Christ qui agit au milieu de nous, et qui, en ce temps, par la puissance de Dieu et de l'Esprit Saint, déploie une puissance d'amour inimaginable à nos cœurs ensommeillés, à nos libertés blessées, à notre foi vacillante. C'est Dieu qui agit.

Ne pensez pas que je souligne arbitrairement un point au détriment d'un autre. Mais c'est pour que nous comprenions bien où est la source et le centre de l'Église. Le Christ dit lui-même : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la Vie : moi, je vivrai en lui et lui vivra en moi ». Il s'agit bien du don que Dieu fait, que Dieu nous fait, de partager l'existence de JESUS, au point que nous ne fassions qu'une seule chair avec lui, qu'un seul corps avec lui. Vous le savez, l'expression « corps du Christ » désigne d'abord l'Église, dans la tradition chrétienne. Et l'expression « corps mystique du Christ » désigne d'abord l'Eucharistie. Vous le savez, l'Eucharistie, c'est l'acte que JESUS accomplit en nous rassemblant et en faisant de nous les membres les uns des autres. Et c'est parce qu'il est au milieu de nous, nous créant comme corps, nous pardonnant nos péchés, nous donnant la vie des enfants de Dieu, faisant de nous des sœurs et des frères du Christ, faisant de nous un corps, que nous pouvons nous offrir avec lui et que lui s'offre avec nous. Son existence est vraiment notre nourriture. Sa chair est vraiment notre nourriture et son sang un breuvage quand il nous partage ainsi son existence de Messie crucifié, par la force de sa résurrection à laquelle nous avons part. Et l'Église est créée par cet acte du Christ. Elle commence d'exister. Elle continue d'exister. Elle anticipe son achèvement.

L'Église, c'est ce corps que le Christ, sans cesse, fait vivre. Et cette pulsation de l'action du Christ vient sans cesse, en nous, balayer les résistances de l'égoïsme, du péché, du refus, de l'obscurité, du manque de foi, du manque d'amour.

Et seule cette action du Christ en nous peut nous rendre semblables à lui et nous rendre capables de faire la volonté du Père avec lui. Si nous écoutons sa Parole en dehors de lui, nous ne pouvons qu'être accablés par le poids insupportable de son exigence. L'Évangile est un défi impossible. Et devant les exigences de l'Évangile, nous ne pouvons, si nous sommes sincères, que nous considérer comme des hypocrites ou des menteurs. Elle est trop facile à faire, l'accusation que nous pouvons porter les uns contre les autres ou contre nous-mêmes. Nous prétendons aimer : n'y a-t-il vraiment pas de haine dans nos cœurs, pas de ressentiment ? Nous prétendons être disciples du Christ : accueillons-nous ses commandements avec amour, comme une parole de liberté ? Ou bien au contraire, pensons-nous qu'il nous blesse et qu'il nous heurte, souhaitons-nous qu'il s'en aille et qu'il arrête ?

Nous devrions nous aimer les uns les autres ; ne pas être attachés à l'argent ; donner aux plus pauvres. Nous ne devrions jamais désespérer. Bref, vous savez bien ce que nous devrions faire, et nous ne le faisons jamais, ou jamais complètement, ou si mal. Alors ? Sommes-nous devant une exigence insupportable qui devrait nous plonger dans le désespoir ? Oui, c'est une exigence insupportable et désespérante si elle nous est donnée comme une exigence devant laquelle nous serions seuls. Mais le mystère chrétien est le suivant : le Christ est ressuscité, et c'est lui qui sans cesse nous saisit et nous transforme en lui. Nous n'accédons à cette Eucharistie qu'au prix du pardon. Le pardon fait partie de l'Eucharistie, puisque l'Eucharistie nous change en Christ, Et par l'Esprit qui agit en nous nous rend capables de partager la condition du Christ.

Et ainsi, l'Église est comme un corps qui ne cesse de s'engendrer dans l'acte eucharistique où le Corps eucharistique est livré et donné. Elle est bien cette nourriture de vie qui, déjà en nous, affronte la mort parce qu'elle affronte le péché et nous donne la force d'aller avec le Christ jusqu'au bout, là où nous ne serions pas allés par nous-mêmes.

Mes frères, il y aurait tant de choses que je voudrais vous dire... Je ne vous en confierai que deux ce soir.

Je ne vais pas ce soir vous proposer de prière universelle. Pourquoi ? Pendant la prière eucharistique, il y a, après la consécration, des prières d'intercession : « Souviens-toi Seigneur »... Cela nous semble faire double emploi avec les prières que nous avons faites à la fin de la liturgie de la Parole. Je voudrais aujourd'hui que toute notre prière d'intercession se concentre à ce moment-là. Je voudrais que nous comprenions bien pourquoi nous osons prier Dieu à ce moment-là avec tant d'assurance et tant de force pour la paix du monde, pour le pardon mutuel, pour l'amour, pour les vivants, pour les morts, pour tous. Pourquoi osons-nous faire cela, à ce moment-là, avec tant d'assurance ? Parce que nous le faisons avec le Christ, dans le Christ, au milieu de l'Eucharistie du Christ.

Et puis, je souligne une seconde chose. Nous nous donnerons la paix, tout à l'heure. j'aimerais bien que nous tous, prêtres, après que nous nous soyons donné la paix, nous allions dans l'assemblée tout entière pour aider tous ceux qui sont là à se donner mutuellement ce signe de paix ; que nous allions, chacun, vers nos frères qui sont les plus loin,' tout au fond de la cathédrale. Car la paix que nous nous donnerons à ce moment-là, ce n'est pas un signe de réconciliation, un signe de bonne entente que l'on pourrait faire à l'entrée de l'église : c'est l'œuvre du Christ que nous nous partageons. La paix qui nous est donnée à ce moment-là, c'est le don que le Christ nous fait de sa propre paix au moment où il nous donne son Corps, nous rendant ainsi semblables à lui et faisant de nous un seul corps.

Vous voyez donc, mes frères, que ce qui se passe maintenant, c'est que nous sommes, en ce moment précis, en train de devenir corps du Christ dans l'acte de JESUS. Cette messe tout ordinaire, elle est un événement extraordinaire, puisqu'elle est un acte du Christ qui inscrit l'amour dans l'histoire par nos vies ; qui livre son Corps par nos corps ; qui est livré au monde par le Père des cieux quand Dieu nous livre avec lui au monde ; quand il se fait pain rompu pour un monde nouveau et qu'il nous donne, nous aussi, pain rompu pour un monde nouveau. Nous devenons ce que nous recevons et ainsi, Dieu nous donne la force de faire ce que le Christ fait. Et sans cesse l'Église est ainsi rassemblée, les chrétiens pardonnés et la vie répandue en surabondance.

Prions, frères, pour que ce mystère eucharistique soit la pulsation intime de l'Église et qu'ainsi, nous reconnaissions le Seigneur qui nous habite, qui fait sa demeure au milieu de nous ; que nous reconnaissions Celui qui fait de nous son Église et qu'ainsi nous puissions attester que la vie est donnée au monde.



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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 25 Fév 2016, 8:24 pm






L’unité du corps du Christ
– Pierre Damien


Pierre Damien, Sur le Dominus vobiscum, c. 8 (P. L. 145, 237-238), in Catholicisme, Les aspects sociaux du dogme, Henri De Lubac, Cerf, Œuvres complètes, VII, 1983, Paris, pp. 344-345.

L'Eucharistie, Corpus Christie.


Dans la célébration même de la messe, après avoir dit : "Memento, Domine, famulorum, famularumque tuarum" [1], le prêtre ajoute peu après : "pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis" [2]. Ces mots montrent clairement que ce sacrifice de louange est offert par tous les fidèles, hommes et femmes, bien qu'il paraisse être offert spécialement par le seul prêtre ; car ce que celui-ci offre de ses mains, la foule des fidèles l'offre en esprit. C'est ce qui est déclaré par cette parole : "Hanc igitur oblationem servitutis nostrae, sed et cunctae familiae tuae, quaesumus, Domine, ut placatus accipias" [3]. Il apparaît ainsi en toute clareté que le sacrifice qui est disposé sur l'autel par le prêtre, est offert par toute la famille de Dieu en général.

Cette unité de l'Église, l'Apôtre l'expose en termes manifestes lorsqu'il dit : "Nous qui sommes nombreux, nous sommes un seul corps et un seul pain". Si grande est en effet l'unité de l'Église dans le Christ, que par tout l'univers il n'y a qu'un seul pain du corps du Christ et un seul calice de son sang. Car, de même que la dignité du Verbe de Dieu, qui remplit le monde entier, est une, ainsi, bien que ce corps soit consacré en divers lieux et à de nombreux jours différents, il n'y a cependant pas plusieurs corps, mais un seul corps du Christ. Et de même que ce pain et ce vin sont vraiment changés au corps et au sang du Christ, ainsi tous ceux qui reçoivent dignement le sacrement dans l'Église deviennent, sans aucun doute, l'unique corps du Christ. Lui-même en témoigne, en diant : "Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, demeure en moi et moi en lui".

Si donc nous sommes tous l'unique corps du Christ, et bien que par l'apparence corporelle nous paraissons être à l'écart, nous ne pouvons cependant être séparés les uns des autres, nous qui demeurons en lui (Jean 15, 4). Je ne vois donc pas quel inconvénient il y a à suivre chacun l'usage commun de l'Église, puisque, grâce à ce sacrement de l'unité, nous ne sommes jamais séparé d'elle. En effet, lorsque dans mon apparent isolement je prononce les paroles communes de l'Église, je montre par là que je suis un avec elle et qu'elle demeure vraiment en moi par sa présence spirituelle. Or, si je suis vraiment son membre, il n'y a point d'inconvénient à ce que je remplisse l'office de mon tout.



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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mar 08 Mar 2016, 8:30 pm




Honorer le corps du Christ
– Jean Chrysostome


Jean Chrysostome, Homélies du commentaire sur saint Matthieu, in À l'écoute de saint Jean Chrysostome, Éditions Sainte-Madeleine, p. 131.


Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l'honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, est le même qui a dit : Vous m'avez vu affamé et vous ne m'avez pas nourri. Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d'or, quand il meurt de faim ? Rassasie d'abord l'affamé et orne ensuite sa table. Tu fabriques une coupe d'or et tu ne donnes pas une coupe d'eau. En ornant sa maison, veille à ne pas mépriser ton frère affligé : car ce temple-ci est plus précieux que celui-là...

Qui pratique l'aumône exerce une fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le Corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l'autel de pierre où tu célèbres le saint Sacrifice... Et toi, tu honores l'autel qui reçoit le Corps du Christ. Cet autel-là, partout il t'est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure tu peux y célébrer ta liturgie.


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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 21 Mar 2016, 7:34 pm




L’unité naturelle des chrétiens
– Hilaire de Poitiers

Hilaire de Poitiers, Sur la Trinité, l. 8 (P. L. 10, 241-250), in Catholicisme : Les aspects sociaux du dogme, Henri de Lubac, 7ème édition, 1983, pp. 351-153.

L'Eucharistie, Corpus Christie.

L'Eucharistie, sacrement de l'unité.


Ceux qui n'avaient qu'un cœur et qu'une âme (Ac 4, 32), c'est la foi qui faisait entre eux cette unité : foi unique, selon l'Apôtre, comme le Seigneur, le baptême et l'espérance. Si donc c'est par la foi, c'est-à-dire par la nature d'une foi unique que tous étaient un, comment ne pas appeler naturelle cette unité en ceux qui sont un par la nature d'une foi unique ? Tous, en effet, étaient menés à l'innocence, à l'immortalité, à la connaissance de Dieu, à la foi et à l'espérance. Et si ces choses ne peuvent être diverses d'elles-mêmes - car l'espérance est une, et Dieu est un, comme le Seigneur est un, et le baptême de régénération est un -, si ces objets sont un plutôt par accord que par nature, alors, à ceux qui sont renés en eux, assigne aussi une simple unité de vouloir. Mais si ceux-ci sont renés à la nature d'une vie unique et d'une immortalité unique, par quoi leur âme et leur cœur ne font plus qu'un, alors ne parlons plus d'une unité d'accord en ceux qui sont un dans la régénération d'une même nature.

Nous ne soutenons pas ici une opinion personnelle, et nous ne forgeons pas quelque doctrine mensongère en corrompant le sens des mots pour séduire les oreilles de nos auditeurs : ...Car l'Apôtre nous enseigne que cette trinité des fidèles vient de la nature des mystères, lorsqu'il écrit aux Galates :

Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'y a plus ni juif ni grec, esclave ni homme libre, homme ni femme : tous vous êtes un dans le Christ JESUS.

Qu'ils soient un dans une telle diversité de peuples, de conditions et de sexes : cela vient-il d'un accord de volonté, ou de l'unité du sacrement, du fait que leur baptême est unique et que tous ils ont revêtu l'unique Christ ? Que fera donc ici l'accord des esprits, puisqu'il sont un du fait qu'ils ont revêtu le Christ unique par la nature de l'unique baptême ?...

Le Seigneur prie son Père pour que c€eux qui croiront en lui soient un, et comme lui-même est dans le Père et le Père en lui, qu'ainsi tous en eux soient un. Que viens-tu parler ici d' « ae€quanimité », d'unité d'âme et de cœur par entente volontaire ? Si c'était leur vouloir qui devait faire l'unité des croyants, le Seigneur avait assez de mots à sa disposition pour le dire en propres termes, il aurait prié ainsi : « Père, comme nous voulons la même chose, qu'eux aussi veuillent la même chose, et que tous nous soyons un par cette concorde ». Ignorait-il le sens des paroles, lui qui est la Parole ? Lui qui est la Vérité, n'a-t-il pas su dire le vrai ? Il a énoncé en perfection les vrais et authentiques mystères de la foi évangélique, ... il a désigné l'unité modèle et source de celle des croyants, il a prié pour que, comme le Père est dans le Fils et le fils dans le Père, ainsi, par l'effet et sur le type de cette unité, ils fussent tous un dans le Père et le Fils...

Ne laissant rien d'incertain à la conscience des fidèles, le Seigneur a ajouté :

Qu'ils soient un comme, moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient consommés dans l'unité.

Ceux qui nous parlent d'unité de vouloir entre le Père et le Fils, je leur demande maintenant si le Christ est en nous aujourd'hui par la vérité de sa nature, ou par un accord de volonté ? Si le Verbe s'est vraiment fait chair, et si nous mangeons vraiment le Verbe-chair au repas du Seigneur, comment n'estimera-t-on pas qu'il demeure « naturellement » en nous, celui qui, né homme, a pris la nature de notre chair pour ne s'en plus séparer, et a mêlé la nature de sa chair à la nature de notre chair pour ne s'en plus séparer, et a mêlé la nature de sa chair à la nature de l'éternité dans le mystère de sa chair qu'il nous communique ? Ainsi nous sommes tous un, parce que le Père est dans le Christ et que le Christ est en nous... Du moment que nous sommes inséparablement unis dans la chair même du Fils de Dieu, il nous faut proclamer le mystère d'une unité vraie et naturelle.

... Nous ne nions pas, bien entendu, l'unanimité entre le Père et le Fils : les hérétiques ont coutume, dans leur fausseté, de prétendre que, en repoussant la simple unité d'accord, nous affirmons qu'ils sont en désaccord. Qu'ils entendent bien que nous ne nions pas l'unanimité. Le père et le Fils sont un en nature, en dignité, en puissance, et une même nature ne peut vouloir diversement...



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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 07 Avr 2016, 7:09 pm








Pourquoi se marier au cours d’une Eucharistie ?


Alain Mattheeuws, Guide Totus des fiançailles, Sarment, 2003, pp. 85-86.


Il est vrai que l'échange des consentements est souvent vécut durant l'Eucharistie. Le lien entre les deux sacrements n'est pas « obligatoire », mais il a une signification très profonde et concrète pour la vie spirituelle des époux. Ils sont en effet liés de belle manière puisque dès qu'ils sont mariés, les nouveaux époux peuvent s'offrir eux-mêmes à l'Église et au Père dans le même élan que l'offrande du « pain et le vin ». Cette offrande d'eux-mêmes est de grande valeur : elle touche toute leur personne. À l'image du Christ qui se donne en nourriture pour la route de la vie, les époux se sont donnés l'un à l'autre pour toujours.

S'aimer pour mieux se donner. Se donner pour mieux s'aimer, comme le Christ le réalise pour chacun des membres de l'assemblée. La parole de la consécration – « ceci est mon corps, livré pour vous » – résonne avec une actualité brulante pour les époux qui se sont livrés l'un à l'autre.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 28 Avr 2016, 7:12 pm




Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes
– Saint Augustin


Augustin d'Hippone, Sermon 272, Aux nouveaux baptisés, sur le sacrement.

L'Eucharistie, Corpus Christie.


Ce que vous voyez sur l'autel de Dieu [...], c'est le pain et la coupe : c'est cela que vos yeux vous apprennent. Mais ce dont votre foi doit être instruite, c'est que ce pain est le corps du Christ, que cette coupe est le sang du Christ. Ce peu de paroles suffisent peut-être pour votre foi ; mais la foi cherche à s'instruire [...]. Comment ce pain est-il son corps, et cette coupe, ou plutôt son contenu, peut-il être son sang ?

Mes frères, c'est cela que l'on appelle des sacrements : ils expriment autre chose que ce qu'ils présentent à nos regards. Ce que nous voyons est une apparence matérielle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel. Si vous voulez comprendre ce qu'est le corps du Christ, écoutez l'apôtre Paul, qui dit aux fidèles : « Vous êtes le corps du Christ ; et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1 Co 12, 27). Donc, si c'est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c'est le symbole de ce que vous êtes qui se trouve sur la table du Seigneur, et c'est votre mystère que vous recevez. Vous répondez : « Amen » à ce que vous êtes, et par cette réponse, vous y souscrivez. On vous dit : « Le corps du Christ », et vous répondez : « Amen ». Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet amen soit véridique.

Pourquoi donc le corps est-il dans le pain ? Ici encore, ne disons rien de nous-mêmes, écoutons encore l'apôtre qui, en parlant de ce sacrement, nous dit : « Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » (1 Co 10, 17). Comprenez cela et soyez dans la joie : unité, vérité, dévotion, charité ! « Un seul pain » : qui est ce pain unique ? « Un seul corps, nous qui sommes multitude ». Rappelez-vous qu'on ne fait pas du pain avec un seul grain, mais avec beaucoup [...]. Soyez donc ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes.



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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 20 Mai 2016, 9:08 pm



Monseigneur André Vingt-Trois,


Le sacrement de l'Eucharistie

Le sacrement de l'Eucharistie est désigné par plusieurs noms qui expriment sa richesse. Eucharistie signifie bénédiction, action de grâce, remerciement pour le don reçu. Le Repas du Seigneur rappelle la Cène que le Seigneur a prise avec ses disciples la veille de sa Passion, le Jeudi Saint. La Fraction du Pain renvoie au rite du repas juif célébré par JESUS à la Cène. Ses disciples Le reconnaîtront à ce geste (Luc 24, 13-35). Saint Sacrifice rappelle que le sacrement rend présent l'unique sacrifice du Christ Sauveur. On l'appelle aussi Communion parce que ce sacrement nous unit au Christ pour former un seul corps. La Messe indique que la liturgie du sacrement s'achève par l'envoi (missio) des participants pour accomplir la volonté de Dieu dans leur vie quotidienne.

La célébration eucharistique comporte toujours, en une seule et même action : la proclamation de la parole de Dieu, l'action de grâce à Dieu le Père pour tous ses bienfaits, surtout pour le don de son Fils, la consécration du pain et du vin et la participation au repas liturgique par la réception du Corps et du Sang du Seigneur.

JESUS Le Christ se donne

C'est le Christ Lui-même qui agit par les prêtres et qui offre le sacrifice eucharistique. C'est encore le même Christ qui est l'offrande du sacrifice. Seuls les évêques et les prêtres peuvent présider l'Eucharistie et consacrer le pain et le vin qui deviennent réellement le Corps et le Sang du Seigneur.

Avec l'appel de l'Esprit Saint sur le pain et le vin, le prêtre prononce les paroles de la consécration dites par JESUS pendant la dernière Cène : "Prenez et mangez-en tous : ceci est mon Corps livré pour vous. [...] Prenez et buvez-en tous : ceci est la Coupe de mon Sang, le Sang de l'Alliance Nouvelle et Éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés."

Sous la forme visible du pain et du vin, le Christ Lui-même, vivant et glorieux, est présent de manière vraie, réelle, en son Corps et son Sang.

Qu'apporte l'Eucharistie ?

Celui qui veut recevoir le Christ dans la Communion doit se trouver en état de grâce. Celui qui a conscience d'avoir péché gravement (péché mortel) ne doit pas communier sans avoir reçu le pardon par le sacrement de la Pénitence.

La Communion au Corps et au Sang du Christ renforce l'union avec le Seigneur, et nous aide donc à lutter contre le péché. Ainsi, elle nous permet de vaincre des péchés véniels (légers) et nous préserve des péchés graves. La Communion développe l'unité de l'Église, Corps du Christ. Si l'on y est préparé, l'Église recommande de recevoir la Communion chaque fois que l'on participe à la Messe. Elle en fait l'obligation au moins une fois par an au moment de Pâques. Puisque le Christ est réellement présent dans le sacrement de l'Eucharistie, on Le respecte et on L'adore dans le Saint Sacrement conservé à l'Église dans le tabernacle.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 06 Juin 2016, 6:53 pm




Le mystère de...





Le mystère de l’Église et de l’Eucharistie à la lumière du mystère de la Sainte Trinité


Commission catholique/orthodoxe, Le mystère de l'Église et de l'Eucharistie à la lumière du mystère de la Sainte Trinité, Munich, 6 juillet 1982.


Fidèle au mandat reçu à Rhodes, ce rapport aborde le mystère de l'Église par un seul de ses aspects, mais un aspect particulièrement important dans la perspective sacramentelle de l'Église, à savoir le mystère de l'Église et de l'Eucharistie à la lumière du Mystère de la Sainte Trinité. En effet, on demandait de partir de ce que nous avons en commun et, en le développant, d'aborder de l' intérieur et progressivement tous les points sur lesquels nous ne sommes pas en accord.

En rédigeant ce document, nous entendons montrer que ce faisant, nous exprimons ensemble une foi qui est la continuation de celle des apôtres.

Ce document marque la première étape de cet effort pour réaliser le programme de la commission préparatoire approuvé lors de la première réunion de la commission de dialogue.

Puisqu'il s'agit d'une première étape, abordant le mystère de l'Église par un seul de ses aspects, bien des points n'y sont pas encore traités. Ils le seront dans les étapes suivantes, telles qu'elles sont prévues dans le programme mentionné ci-dessus.

Chapitre I

1. Le Christ, Fils de Dieu incarné, mort et ressuscité, est le seul qui a vaincu le péché et la mort. Parler de la nature sacramentelle du mystère du Christ, c'est donc évoquer la possibilité donnée à l'homme et, à travers lui, au cosmos, de faire l'expérience de la nouvelle création, Royaume de Dieu, hic et nunc, par les réalités sensibles et créées. Tel est le mode (tropos) dans lequel l'unique Personne et l'unique événement du Christ existent et opèrent dans l'histoire depuis la Pentecôte et jusqu'à la Parousie. Cependant, la vie éternelle, que Dieu a donnée au monde dans l'événement du Christ, son Fils éternel, est portée dans des vases d'argile. Elle n'est donnée encore qu'en avant-goût, comme arrhes.

2. A la dernière Cène, le Christ a affirmé qu'il donnait son Corps aux disciples pour la vie de la multitude, dans l'Eucharistie. Ce don y est fait par Dieu au monde, mais sous forme sacramentelle. A partir de ce moment, l'Eucharistie existe comme sacrement du Christ lui-même. Elle devient l'avant-goût de la vie éternelle, le remède d'immortalité, le signe du Royaume à venir. Le sacrement de l'événement du Christ passe ainsi dans le sacrement de l'Eucharistie. Sacrement qui nous incorpore pleinement au Christ.

3. L'incarnation du Fils de Dieu, sa mort et sa résurrection ont été réalisées dès le départ selon la volonté du Père, dans l'Esprit Saint. Cet Esprit, qui procède éternellement du Père et se manifeste par le Fils, a préparé l'événement du Christ et il l'a réalisé pleinement dans la résurrection. Le Christ, qui est le Sacrement par excellence, donné par le Père pour le monde, continue de se donner pour la multitude, dans l'Esprit, le seul qui vivifie (Jn, 6). Le sacrement du Christ est aussi une réalité qui ne peut exister que dans l'Esprit.

4. L'Église et l'Eucharistie :

a) Bien que les Évangélistes, dans le récit de la Cène, se taisent sur l'action de l'Esprit, il était pourtant conjoint plus que jamais au Fils incarné pour l'accomplissement de l'œuvre du Père. Il n'est pas encore donné, reçu comme Personne, par les disciples (Jean 7, 39). Mais quand JESUS est glorifié, alors l'Esprit lui aussi se répand et se manifeste. Le Seigneur JESUS entre dans la gloire du Père et, en même temps, par l'effusion de l'Esprit, dans son tropos sacramentel en ce monde-ci. La Pentecôte, achèvement du mystère pascal, inaugure du même coup, les derniers temps. L'Eucharistie et l'Église, Corps du Christ crucifié et ressuscité, deviennent lieu des énergies de l'Esprit Saint.

b) Les croyants sont baptisés dans l'Esprit au nom de la Sainte Trinité pour former un seul corps (cf. 1 Co 12, 13) Quand l'Église célèbre l'Eucharistie, elle réalise « ce qu'elle est », Corps du Christ (1 Co 10, 17). Par le baptême et la chrismation, en effet, les membres du Christ sont joints par l'Esprit, greffés sur le Christ. Mais par l'Eucharistie, l'événement pascal se dilate en Église. L'Église devient ce qu'elle est appelée à être de par le baptême et la chrismation. Par la communion au Corps et au Sang du Christ, les fidèles croissent en cette divinisation mystérieuse qui accomplit leur demeure dans le Fils et le Père, par l'Esprit.

c) Ainsi, d'une part, l'Église célèbre l'Eucharistie comme expression, en ce temps-ci, de la liturgie céleste. Mais, d'autre part, l'Eucharistie édifie l'Église, en ce sens que par elle l'Esprit du Christ ressuscité façonne l'Église en Corps du Christ. C'est pourquoi l'Eucharistie est en vérité le Sacrement de l'Église, à la fois comme sacrement du don total que le Seigneur fait lui-même aux siens et comme manifestation et croissance du Corps du Christ, l'Église. L'Église pérégrinante célèbre l'Eucharistie sur la terre jusqu'à ce que son Seigneur vienne remettre la Royauté à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous. Elle anticipe ainsi le jugement du monde et sa transfiguration finale.

5. La mission de l'Esprit demeure conjointe à celle du Fils. La célébration de l'Eucharistie révèle les énergies divines manifestées par l'Esprit à l'œuvre dans le Corps du Christ :

a) L'Esprit prépare la venue du Christ en l'annonçant par les Prophètes, en guidant vers lui l'histoire du peuple élu en le faisant concevoir de la Vierge Marie, en ouvrant les cœurs à sa Parole.

b) L'Esprit manifeste le Christ dans son œuvre de Sauveur, l'Évangile qu'il est lui-même. La célébration eucharistique est l'Anamnèse (le Mémorial) : vraiment, mais sacramentellement, aujourd'hui, l'Ephapax est et advient. La célébration de l'Eucharistie est le kairos par excellence du mystère.

c) L'Esprit transforme les Dons sacrés dans le Corps et le Sang du Christ (metabolè), pour que s'accomplisse la croissance du Corps qui est l'Église. En ce sens, la célébration entière est une épiclèse, qui s'explicite davantage à certains moments. L'Église est perpétuellement en état d'épiclèse.

d) L'Esprit met en communion avec le Corps du Christ ceux qui participent au même pain et au même calice. A partir de là, l'Église manifeste ce qu'elle est : le sacrement de la koinônia trinitaire, la « demeure de Dieu avec les hommes » (cf. Ap 21, 4).

L'Esprit en actualisant ce que le Christ a fait une fois pour toutes — l'événement du mystère — l'accomplit en nous tous. Cette relation au mystère, plus évidente dans l'Eucharistie, se retrouve dans les autres sacrements, tous des actes de l'Esprit. C'est pourquoi l'Eucharistie est le centre de la vie sacramentelle.

6. La célébration eucharistique prise en son ensemble rend présent le mystère trinitaire de l'Église. On y passe de l'audition de la Parole, culminant dans la proclamation de l'Évangile — annonce apostolique de la Parole faite chair — à l'action de grâce envers le Père, au mémorial du sacrifice du Christ et à la communion en celui-ci grâce à la prière épiclétique faite dans la foi. Car, dans l'Eucharistie, l'épiclèse n'est pas uniquement une invocation pour la transformation sacramentelle du pain et de la coupe. Elle est aussi une prière pour le plein effet de la communion de tous au mystère révélé par le Fils.

De cette manière, la présence de l'Esprit lui-même s'étend par le partage du sacrement de la Parole faite chair, à tout le corps de l'Église. Sans vouloir encore résoudre les difficultés suscitées entre l'Orient et l'Occident au sujet de la relation entre le Fils et l'Esprit, nous pouvons déjà dire ensemble que cet Esprit qui procède du Père (Jean 15, 26), comme de la seule source dans la Trinité, et qui est devenu l'Esprit de notre filiation (Rom 8, 15) car il est aussi l'Esprit du Fils (Gal 4, 6), nous est communiqué, particulièrement dans l'Eucharistie, par ce Fils sur lequel il repose, dans le temps et dans l'éternité (Jean 1, 32).

C'est pourquoi le mystère eucharistique s'accomplit dans la prière qui conjoint les paroles par lesquelles la Parole faite chair a institué le sacrement et l'épiclèse dans laquelle l'Église mue par la foi, supplie le Père, par le Fils, d'envoyer l'Esprit pour que dans l'unique oblation du Fils incarné tout soit consommé dans l'unité. Par l'Eucharistie, les croyants s'unissent au Christ, qui s'offre au Père avec eux, et reçoivent le pouvoir de s'offrir en esprit de sacrifice les uns aux autres comme le Christ lui-même s'est offert au Père pour la multitude, se donnant ainsi aux hommes.

Cette consommation dans l'unité, accomplie inséparablement par le Fils et l'Esprit, agissant dans la référence au Père et à son dessein, est l'Église en sa plénitude.

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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 27 Juin 2016, 7:13 pm






L’unité du corps du Christ
– Pierre Damien

Pierre Damien, Sur le Dominus vobiscum, c. 8 (P. L. 145, 237-238), in Catholicisme, Les aspects sociaux du dogme, Henri De Lubac, Cerf, Œuvres complètes, VII, 1983, Paris, pp. 344-345.

L'Eucharistie, Corpus Christie.

Dans la célébration même de la messe, après avoir dit : "Memento, Domine, famulorum, famularumque tuarum" [1], le prêtre ajoute peu après : "pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis" [2]. Ces mots montrent clairement que ce sacrifice de louange est offert par tous les fidèles, hommes et femmes, bien qu'il paraisse être offert spécialement par le seul prêtre ; car ce que celui-ci offre de ses mains, la foule des fidèles l'offre en esprit. C'est ce qui est déclaré par cette parole : "Hanc igitur oblationem servitutis nostrae, sed et cunctae familiae tuae, quaesumus, Domine, ut placatus accipias" [3]. Il apparaît ainsi en toute clareté que le sacrifice qui est disposé sur l'autel par le prêtre, est offert par toute la famille de Dieu en général.

Cette unité de l'Église, l'Apôtre l'expose en termes manifestes lorsqu'il dit : "Nous qui sommes nombreux, nous sommes un seul corps et un seul pain". Si grande est en effet l'unité de l'Église dans le Christ, que par tout l'univers il n'y a qu'un seul pain du corps du Christ et un seul calice de son sang. Car, de même que la dignité du Verbe de Dieu, qui remplit le monde entier, est une, ainsi, bien que ce corps soit consacré en divers lieux et à de nombreux jours différents, il n'y a cependant pas plusieurs corps, mais un seul corps du Christ. Et de même que ce pain et ce vin sont vraiment changés au corps et au sang du Christ, ainsi tous ceux qui reçoivent dignement le sacrement dans l'Église deviennent, sans aucun doute, l'unique corps du Christ. Lui-même en témoigne, en diant : "Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang, demeure en moi et moi en lui".

Si donc nous sommes tous l'unique corps du Christ, et bien que par l'apparence corporelle nous paraissons être à l'écart, nous ne pouvons cependant être séparés les uns des autres, nous qui demeurons en lui (Jean 15, 4). Je ne vois donc pas quel inconvénient il y a à suivre chacun l'usage commun de l'Église, puisque, grâce à ce sacrement de l'unité, nous ne sommes jamais séparé d'elle. En effet, lorsque dans mon apparent isolement je prononce les paroles communes de l'Église, je montre par là que je suis un avec elle et qu'elle demeure vraiment en moi par sa présence spirituelle. Or, si je suis vraiment son membre, il n'y a point d'inconvénient à ce que je remplisse l'office de mon tout.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 21 Juil 2016, 6:42 pm




LE SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Catéchisme de l'Église Catholique — Abrégé

1. Qu'est-ce que l'Eucharistie?

L'Eucharistie est le sacrifice même du Corps et du Sang du Seigneur JESUS, qu'il a instituée pour perpétuer au long des siècles jusqu'à son retour le sacrifice de la croix, confiant ainsi à son Église le mémorial de sa Mort et de sa Résurrection. L'Eucharistie est le signe de l'unité, le lien de la charité, le repas pascal, où l'on reçoit le Christ, où l'âme est comblée de grâce et où est donné le gage de la vie éternelle.

2. Quand le Christ a-t-il institué l'Eucharistie?

Il l'a instituée le Jeudi saint, «la nuit même où il était livré» (1 Co 11,23), alors qu'il célébrait la dernière Cène avec ses Apôtres.

3. Comment l'a-t-il instituée?

Après avoir réuni ses Apôtres au Cénacle, JESUS prit le pain dans ses mains, le rompit et le leur donna, en disant: «Prenez, et mangez-en tous: ceci est mon corps livré pour vous». Puis il prit dans ses mains la coupe remplie de vin et leur dit: «Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi».

4. Que représente l'Eucharistie dans la vie de l'Église?

Elle est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. Dans l'Eucharistie culminent l'action sanctifiante de Dieu envers nous et le culte que nous lui rendons. L'Eucharistie renferme tout le bien spirituel de l'Église: le Christ lui-même, notre Pâque. La communion de la vie divine et l'unité du Peuple de Dieu sont exprimées et réalisées par l'Eucharistie. A travers la célébration eucharistique, nous nous unissons déjà à la liturgie du Ciel et nous anticipons la vie éternelle.

5. Comment désigne-t-on ce sacrement?

La richesse insondable de ce sacrement se manifeste par différents noms, qui en traduisent les aspects particuliers. Les plus communs sont: Eucharistie, Sainte Messe, Cène du Seigneur, Fraction du pain, Célébration eucharistique, Mémorial de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, Saint Sacrifice, Sainte et Divine Liturgie, Saints Mystères, Saint-Sacrement de l'autel, Communion.

6. Quelle est la place de l'Eucharistie dans le plan divin du salut?

Dans l'Ancienne Alliance, l'Eucharistie est préfigurée surtout par le repas pascal célébré chaque année par les Hébreux avec les pains azymes, en souvenir du départ précipité et libérateur de l'Égypte. JESUS l'a annoncée dans son enseignement et il l'a instituée en célébrant la dernière Cène avec ses Apôtres, au cours du repas pascal. Fidèle au commandement du Seigneur: «Vous ferez cela, en mémoire de moi» (1 Co 11,24), l'Église a toujours célébré l'Eucharistie, surtout le dimanche, jour de la Résurrection de JESUS.

7. Comment se déroule la célébration de l'Eucharistie?

Elle se déroule en deux grandes parties, qui forment un seul acte cultuel: la liturgie de la Parole, qui comprend la proclamation et l'écoute de la Parole de Dieu, et la liturgie eucharistique, qui comprend la présentation du pain et du vin, la prière ou anaphore comportant les paroles de la consécration, et la communion.

8. Qui est le ministre du sacrement de l'Eucharistie?

C'est le prêtre (Évêque ou prêtre) validement ordonné, qui agit dans la Personne du Christ Tête et au nom de l'Église.

9. Quels sont éléments essentiels et nécessaires pour l'Eucharistie?

Ce sont le pain de blé et le vin de la vigne.

10. En quel sens l'Eucharistie est-elle mémorial du sacrifice du Christ?

L'Eucharistie est mémorial en ce sens qu'elle rend présent et actualise le sacrifice que le Christ a offert à son Père, une fois pour toutes, sur la croix, en faveur de l'humanité. Le caractère sacrificiel de l'Eucharistie se manifeste dans les paroles mêmes de l'institution: «Ceci est mon corps livré pour vous» et «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous» (Lc 22,19-20). Le sacrifice de la croix et le sacrifice de l'Eucharistie sont un unique sacrifice. La victime et celui qui l'offre sont identiques. Seule la manière de l'offrir diffère. Le sacrifice est sanglant sur la croix, non sanglant dans l'Eucharistie.

11. De quelle manière l'Église participe-t-elle au sacrifice eucharistique?

Dans l'Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi le sacrifice des membres de son Corps. La vie des fidèles, leur louange, leur action, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ. En tant que sacrifice, l'Eucharistie est aussi offerte pour tous les fidèles, pour les vivants et les défunts, en réparation des péchés de tous les hommes, et pour obtenir de Dieu des bienfaits spirituels et temporels. De plus, l'Église du ciel est présente dans l'offrande du Christ.

12. Comment JESUS est-il présent dans l'Eucharistie?

JESUS Christ est présent dans l'Eucharistie d'une façon unique et incomparable. Il est présent en effet de manière vraie, réelle, substantielle: avec son Corps et son Sang, avec son Âme et sa Divinité. Dans l'Eucharistie, est donc présent de manière sacramentelle, c'est-à-dire sous les espèces du pain et du vin, le Christ tout entier, Dieu et homme.

13. Que signifie la transsubstantiation?

La transsubstantiation signifie la conversion de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ et de toute la substance du vin en la substance de son Sang. Cette conversion se réalise au cours de la prière eucharistique, par l'efficacité de la parole du Christ et de l'action de l'Esprit Saint. Toutefois, les apparences sensibles du pain et du vin, c'est-à-dire les «espèces eucharistiques», demeurent inchangées.

14. La fraction du pain divise-t-elle le Christ?

La fraction du pain ne divise pas le Christ. Il est tout entier et intégralement présent en chacune des espèces eucharistiques et en chacune de leurs parties.

15. Jusqu'à quand demeure la présence eucharistique du Christ?

Elle demeure tant que subsistent les espèces eucharistiques.

16. Quelle sorte de culte est-il dû au sacrement de l'Eucharistie?

C'est le culte de latrie, c'est-à-dire l'adoration réservée à Dieu seul, soit durant la célébration eucharistique, soit en dehors d'elle. L'Église conserve en effet avec le plus grand soin les hosties consacrées; elle les porte aux malades et aux personnes qui sont dans l'impossibilité de participer à la Messe. Elle présente l'hostie à l'adoration solennelle des fidèles, la porte en procession, et elle invite à la visite fréquente et à l'adoration du Saint-Sacrement, conservé dans le tabernacle.

17. Pourquoi l'Eucharistie est-elle le banquet pascal?

L'Eucharistie est le banquet pascal parce que le Christ, accomplissant sacramentellement sa pâque, nous donne son Corps et son Sang offerts en nourriture et en boisson. Il nous unit à lui et entre nous dans son sacrifice.

18. Que signifie l'autel?

L'autel est le symbole du Christ lui-même, présent comme victime sacrificielle (autel–sacrifice de la croix) et comme nourriture céleste qui se donne à nous (autel–table eucharistique).

19. Quand l'Église fait-elle obligation de participer à la Messe?

L'Église fait obligation aux fidèles de participer à la Messe tous les dimanches et aux fêtes de précepte, et elle recommande d'y participer aussi les autres jours.

20. Quand doit-on communier?

L'Église recommande aux fidèles qui prennent part à la Messe de recevoir aussi, avec les dispositions voulues, la Communion, en en prescrivant l'obligation au moins à Pâques.

21. Qu'est-il exigé pour recevoir la Communion?

Pour recevoir la Communion, il faut être pleinement incorporé à l'Église catholique et être en état de grâce, c'est-à-dire sans conscience d'avoir commis de péché mortel. Celui qui est conscient d'avoir commis un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la Communion. Il importe aussi d'avoir un esprit de recueillement et de prière, d'observer le jeûne prescrit par l'Église et d'avoir des attitudes corporelles dignes (gestes, vêtements), comme marques de respect envers le Christ.

22. Quels sont les fruits de la Communion?

La Communion fait grandir notre union au Christ et avec son Église. Elle maintient et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême et à la Confirmation, et elle accroît l'amour envers le prochain. En nous fortifiant dans la charité, elle efface les péchés véniels et nous préserve, pour l'avenir, des péchés mortels.

23. Quand est-il possible d'administrer la Communion à d'autres chrétiens?

Les ministres catholiques administrent licitement la Communion aux membres des Églises orientales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Église catholique, mais qui la demandent de leur plein gré, avec les dispositions requises.
Quant aux membres des autres Communautés ecclésiales, les ministres catholiques administrent licitement la Communion aux fidèles qui, en raison d'une nécessité grave, la demandent de leur plein gré, qui sont bien disposés et qui manifestent la foi catholique à l'égard du sacrement.

24. Pourquoi l'Eucharistie est-elle «gage de la gloire à venir»?

Parce que l'Eucharistie comble de toutes les grâces et bénédictions du Ciel, elle nous rend forts pour notre pèlerinage en cette vie et elle fait désirer la vie éternelle, nous unissant déjà au Christ assis à la droite du Père, à l'Église du ciel, à la bienheureuse Vierge Marie et à tous les saints.




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mar 16 Aoû 2016, 7:27 pm



Le trésor de l'Eucharistie

Jean-Paul II a publié en 2003 une encyclique "Ecclesia de Eucharistia". Un texte pour rappeler combien l'Eglise vit de l'Eglise que nous présente Michel Kubler de La Croix en sept points.

C'est une affirmation essentielle de la foi chrétienne : "L'Église vit de l'Eucharistie". C'est aussi la première phrase de la 14e encyclique de Jean-Paul II, signée en ce Jeudi saint et dont elle fournit le titre : Ecclesia de Eucharistia. Un document plus resserré que d'habitude (environ 70 pages dans l'édition typique, contre plus de 120 pour les précédents), où l'on sent l'implication personnelle du Pape en la 25e année de son pontificat : on le voit évoquer, non sans émotion, les innombrables lieux de Pologne et du monde où il a présidé des célébrations eucharistiques, et revivre chacune des messes dites en 57 ans de sacerdoce comme un événement unique de rencontre intime avec Dieu et de contemplation du Christ.

Le choix du jour de la publication n'est pas anodin : cette lettre "aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l'Eucharistie dans son rapport à l'Église" remplace, cette année, le traditionnel message de Jean-Paul II aux prêtres pour le jour où l'Église catholique célèbre l'institution de ce sacrement par le Christ. Car, rappelle l'encyclique, "l'Église naît du mystère pascal" ; donc, "l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale" (n. 3). Et le triduum de Pâques est toujours un événement contemporain : "Dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours de siècles, il y a un "contenu" vraiment énorme, dans lequel est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce et de la rédemption" (n. 5).

Ecclesia de Eucharistia vivit, énonce Jean-Paul II, précisant : "Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église" (n. 1). La perspective de l'encyclique est donc double : il s'agit de la spiritualité et de la doctrine de l'Eucharistie, dans son rapport constitutif à l'Église. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver ici de nouvelles dispositions pour la célébration, ni un guide pour la pastorale liturgique : l'encyclique en signale au passage (et annonce un document destiné à rappeler certaines normes), mais là n'est pas son propos. Le propos du Pape s'exprime clairement à travers les six parties d'Ecclesia de Eucharistia (lire le texte intégral de l'encyclique en cliquant sur les liens de la colonne de droite).

Le don du Christ par excellence

L'Eucharistie est le don du Christ par excellence : non pas seulement un don fait par le Christ, mais le Christ lui-même qui se donne. Tel est le "mystère de la foi" acclamé à chaque célébration, le mystère du sacrifice de la Croix et de la Résurrection, à chaque fois rendu présent. Cette présence est "réelle", en ce sens "qu'elle est substantielle et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier" (n. 15, citant Paul VI).

Ce don est particulièrement manifeste dans la communion, aux deux sens de ce mot : le partage du Corps et du Sang du Christ à la fois unit intimement chaque fidèle à son Seigneur et, par l’œuvre de l'Esprit Saint, fait de toute l'Église le Corps du Christ sur la terre. La communauté célébrant l'Eucharistie a ainsi la responsabilité de "construire un monde qui soit à la mesure de l'homme et qui réponde pleinement au dessein de Dieu" (n. 20). Et Jean-Paul II de citer saint Jean Chrysostome, Père de la liturgie byzantine : "Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l'affamé, et avec ce qui restera tu orneras son autel".

L'Eucharistie édifie l’Église

"L'Eucharistie édifie l'Église", poursuit l'encyclique. Cela vaut, bien sûr, de la genèse de la communauté chrétienne, au soir de la dernière Cène : en donnant son corps et son sang en nourriture à ses Apôtres, JESUS les a unis au sacrifice qui l'attendait. De là cette réciprocité entre le Christ et tout baptisé : dans la communion sacramentelle, "nous pouvons dire non seulement que chacun d'entre nous reçoit le Christ, mais aussi que le Christ reçoit chacun d'entre nous" (n. 22). Ce n'est pas simplement "l'incorporation au Christ" qui est réalisée, mais tout l'édifice de l'Église qui se trouve consolidé, et la mission de celle-ci découvre, dans l'Eucharistie, "sa source et son sommet" - selon la définition de la liturgie par Vatican II.

L'Eucharisitie est "apostolique"

L'Eucharistie, comme l'Église, est "apostolique" : elle repose sur la foi des Apôtres, elle poursuit leur action et continue à être enseignée par eux. D'où l'insistance d'Ecclesia de Eucharistia (reprenant Lumen gentium) sur le ministère ordonné : certes, "les fidèles, pour leur part, en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'offrande de l'Eucharistie, mais c'est le prêtre ordonné qui célèbre le Sacrifice eucharistique en la personne du Christ et l'offre à Dieu au nom de tout le peuple" (n. 28). Il s'agit de manifester que l'Eucharistie "est un don qui dépasse radicalement le pouvoir de toute l'assemblée" (n. 29).

L'encyclique rappelle quelques conséquences de cette spécificité : "l'Eucharistie ne peut être célébrée sans prêtre ; il est recommandé aux prêtres de la célébrer quotidiennement pour conjurer le danger de la dispersion" entre leurs tâches ; les célébrations dominicales en l'absence de prêtre ne peuvent être que des solutions provisoires ; un catholique ne doit pas communier lors de célébrations protestantes, faute d'un plein accord sur la signification des sacrements de l'Ordre et de l'Eucharistie".

La communion

La communion de l'Église se manifeste dans l'Eucharistie. Cette vision catholique repose sur l'affirmation que l'Eucharistie est "le sommet de tous les sacrements car elle porte à sa perfection la communion avec Dieu le Père, grâce à l'identification avec le Fils unique par l'action du Saint-Esprit" (n. 34). On ne peut donc pas y participer pleinement si l'on n'est pas en pleine communion avec cette définition : cela vaut pour les personnes dans leurs actes (un fidèle en état de péché doit se confesser avant de communier) et leurs convictions (la communion est réservée aux personnes baptisées acceptant la foi catholique sur l'Eucharistie), ainsi que pour les communautés catholiques (l'Eucharistie les empêche de se replier sur elles-mêmes, ce que traduit la communion affirmée avec le Pape et les évêques) et pour les Églises séparées", avec qui il est impossible de célébrer "jusqu'à ce que soit rétablie l'intégrité" des "liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique" (n. 44). Rappelons que pour d'autres confessions chrétiennes, la communion entre les fidèles et entre communautés naît au contraire de la célébration du sacrement.

La dignité de la célébration

La célébration eucharistique doit être digne. Il y va à la fois de la simplicité et de la gravité du sacrement célébré : c'est un "banquet" familial, sans doute, mais qui "demeure pour toujours un banquet sacrificiel, marqué par le sang versé sur le Golgotha" (n. 48). Le Pape fait ici l'éloge de tout ce qui, en deux millénaires de christianisme, a été déployé pour manifester cette dignité : architecture et arts sacrés, création liturgique et inculturation, etc. Il attire aussi l'attention sur les dérives et les abus possibles, lançant "un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité", et rappelant que "la liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté" (n. 52).

Marie, femme "eucharistique"

Jean-Paul II s'est toujours fait un point d'honneur à conclure ses documents par un paragraphe dédié à la Vierge ; ici, c'est toute la dernière partie d'Ecclesia de Eucharistia qui chante la Mère du Christ comme modèle de foi et de vie eucharistiques, dès le Fiat par lequel elle permit au Verbe de se faire chair : "Durant toute sa vie au côté du Christ et non seulement au Calvaire, Marie a fait sienne la dimension sacrificielle de l'Eucharistie" (n. 56). Or, le Christ accomplit pour tous ses disciples ce qu'il a accompli envers sa Mère. Ainsi, "l'Eucharistie nous est donnée pour que toute notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat !" (n. 58).

"Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences", conclut l'encyclique (n. 59). Mais ce mystère donne tout : le sacrifice rédempteur et la résurrection de JESUS, les dons de l'Esprit, l'amour du Père... "Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence ?" (n. 60). Or, négligences il y a eu, affirme Jean-Paul II, par allusion à Vatican II non dans son œuvre ("Il n'y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint sacrifice de l'autel" n. 10), mais dans certaines interprétations qui ont pu en être faites : abandon de l'adoration eucharistique, réduction de la messe à une rencontre conviviale, perte du rôle du prêtre et du caractère sacramentel...

En conclusion

Au final, même si Ecclesia de Eucharistia entend "dissiper les ombres sur le plan doctrinal et les manières de faire inacceptables" (n. 10), son propos est d'abord positif. L'encyclique ne dénonce ces manquements et ces excès que pour sauvegarder l'extraordinaire "trésor" qu'est l'Eucharistie pour l'Église : "un don trop grand et trop précieux » pour que quiconque puisse l'amputer ou se l'approprier. Un "Mystère ineffable avec lequel chaque génération est invitée à se mesurer" (n. 51). Jean-Paul II en est, ici, le témoin autant que le messager ardent.

Juin 2003
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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 01 Sep 2016, 6:20 pm



Une question à la foi

Faut-il communier à chaque messe?

"Pourquoi doit-on recevoir continuellement le corps du Christ?".Sylvain Gasser, assomptionniste, répond aux questions de Sophie de Villeneuve, rédactrice en chef de Croire. Publié le 18 décembre 2014.

Sophie de Villeneuve : Une auditrice nous demande : faut-il communier à chaque messe ? Une seule fois pour toute la vie, comme le baptême, ne suffirait-il pas ?

S. G. : Je commencerais par répondre qu'on ne doit rien ! La communion est affaire de désir, non pas le nôtre mais celui du Père. Que veut Dieu le Père pour ses enfants ? Il veut l'unité, la communion des enfants dispersés. C'est un travail de tous les jours. Avant même de penser à la communion eucharistique, il s'agit d'abord de marquer notre communion dans l'Église. Cette unité se traduit par notre adhésion à la foi, à l'écoute de la parole de Dieu et à l'eucharistie.


Et cette adhésion ne peut pas se faire une fois pour toutes ?

S. G. : Notre adhésion s'inscrit dans une histoire. Quand je suis enfant et que je fais ma première communion, je ne suis pas dans les mêmes dispositions que quand j'ai 80 ans et que je suis au soir de ma vie. Ensuite, selon l'assemblée dans laquelle je me trouve, les conditions d'unité ne sont jamais les mêmes. Il s'agit dans la communion de redire notre adhésion au Christ, et de vouloir le manifester dans l'assemblée dans laquelle nous nous trouvons. Cela, je peux le vivre tous les jours. Mais attention, il faut s'y préparer. A des enfants qui vont faire leur première communion, je dis souvent qu'ils vont vivre deux communions. La communion à la Parole, d'abord. Cette Parole, nous l'entendons tous les jours, elle est différente tous les jours comme la vie qui change tous les jours. Et j'écoute cette Parole de façon différente selon mon âge. Comment vais-je répondre ? Vais-je dire oui, ou bien peut-être ? C'est déjà tout un travail d'entendre une Parole et de vouloir communier, adhérer à cette Parole. Une fois que j'ai entendu et assimilé cette Parole, je vais entrer dans une autre communion. Pour me permettre de vivre cette Parole, il me faut une force supplémentaire. Cette force c'est la vie même de Dieu, la vie de son Fils, qui se donne à moi. Là, j'entre dans la communion eucharistique, j'adhère à la vie même du Christ, et cela se manifeste par le désir de vouloir communier à sa mort et à sa résurrection.


Et cela plusieurs fois dans vie ?

S. G. : En effet, et même tous les jours, comme les prêtres, les religieux et les religieuses et beaucoup de chrétiens aussi.


Alors le sacrement du baptême et celui de l'eucharistie n'ont rien à voir ?

S. G. : Les sacrements sont ce que Dieu nous donne pour nous aider à vivre la vie chrétienne. Mais on distingue les sacrements d'initiation, qui se donnent une fois pour toutes. Le baptême, c'est une porte d'entrée. Une fois que je suis entré, je suis pour toujours dans la maison du Père. J'y suis avec mes faiblesses, mes doutes, mes oppositions parfois, mes reniements et mes traitrises. Il m'est alors donné le sacrement de réconciliation qui me permet de revenir sur le droit chemin. Et comme nous ne sommes jamais parfaits, nous pouvons évidemment recevoir ce sacrement plusieurs fois dans notre vie. C'est là aussi une question de désir. Le sacrement de l'eucharistie manifeste, lui aussi, que l'assemblée des fidèles du Christ n'est pas parfaite. Et pourtant elle est bien appelée à cette unité, à cette communion, à cette union des enfants du Père qui se manifeste dans notre adhésion au corps et au sang du Christ.


Autrefois, les chrétiens communiaient peu, tandis qu'aujourd'hui ils communient beaucoup. Qu'est-ce qui s'est passé ?

S. G. : Il est vrai qu'à une époque, on réservait la communion aux grandes fêtes. Et encore, il fallait s'y préparer, se confesser, comme l'Église le demande encore d'ailleurs aujourd'hui. Mais, je le vois bien, tout le monde ne se confesse pas avant la messe du dimanche ou la messe quotidienne. A force d'écarter trop de monde de la communion, on avait fini par en perdre le sens. Sous le pontificat de Pie X, il a été proposé au plus grand nombre de revenir à la communion, et de la permettre aux enfants. L'effet inverse, c'est qu'aujourd'hui on communie un peu par automatisme. Il y aurait peut-être besoin de rappeler que ce ne doit pas être un automatisme. On voit même parfois certaines personnes non baptisées, voyant tout le monde aller communier, y aller elles aussi, sans avoir conscience de ce qu'elles font !


Qu'est-ce qui devrait nous arrêter d'aller communier ?

S. G. : C'est toujours une affaire de conscience, et toujours une affaire de désir. Après l'écoute de la Parole, certaines personnes se sentent parfois non pas indignes, mais pas prêtes. Parce qu'elles ont peut-être commis un péché, que leur conscience n'est pas prête. Et c'est très respectable, parce que ces personnes savent que communier, ce n'est pas n'importe quoi. C'est adhérer pleinement à la Parole et à la vie du Christ qui s'est offert pour chacun de nous.


L'Église donne des recommandations pour la communion ?

S. G. : Elle rappelle en effet qu'il faut s'y préparer consciencieusement et en retrouver le sens. On le fait avec les enfants, mais il serait parfois bon que les prêtres dans les paroisses le rappellent aussi à leur assemblée. Même si, bien sûr, on n'est jamais totalement prêt à communier.


On dit que l'eucharistie est le summum de la vie chrétienne. C'est la façon dont vous le vivez ?

S. G. : Bien sûr, parce que l'eucharistie, c'est le Christ lui-même. C'est le sens même de ma vie. Le sens de la vie religieuse, c'est l'adhésion à Parole du Christ et à la vie du Christ. Mais cela ne concerne pas seulement les prêtres ou les religieux, mais tous les baptisés.


L'eucharistie porte des fruits ?

S. G. : Cela fait partie des grâces personnelles que les uns ou les autres reçoivent. J'ai rencontré des personnes qui m'ont dit avoir retrouvé le chemin de la communion après une longue période pendant laquelle elles n'avaient pas communié, et avec vécu ce retour à l'eucharistie comme une délivrance. Je pense qu'on ne dit pas assez le sens profond de cette délivrance, ce Christ qui ne juge pas mais se donne à chacun de nous. Le voulons-nous vraiment ? C'est une question de désir et d'amour.


L'adoration eucharistique, est-ce la même chose ?

S. G. : L'adoration eucharistique, c'est reconnaître que le Christ est au cœur de sa vie, c'est un geste d'adoration, pas de communion.


Ça ne la remplace pas ?

S. G. : Non, ça la prolonge, ou ça la prépare.


On parle aussi beaucoup de la communion de désir. Qu'est-ce que c'est ?

S. G. : Il me semble que c'est l'affirmation d'un désir de communier, alors qu'on ne s'y sent pas prêt. Mais je ne le sais pas très précisément.


Certaines personnes, comme les divorcés remariés, ne peuvent pas recevoir l'eucharistie. Peut-on vivre une vie chrétienne sans ce sacrement ?

S. G. : C'est à ces personnes qu'on pourrait proposer une "communion de désir". C'est une vraie question, un débat cruel dans l'Église d'aujourd'hui. Bien sûr, on peut expliquer que ces personnes soient écartées de l'eucharistie,




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 29 Sep 2016, 6:45 pm



L’Eucharistie fait de la communauté un corps
– Benoît XVI


Si la Parole convoque la communauté, c’est l’Eucharistie qui fait d’elle un corps : « Parce qu’il n’y a qu’un pain – écrit saint Paul – à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car tous nous participons à ce pain unique » (1 Co 10, 17). L’Église n’est donc pas le résultat d’une somme d’individus, mais une unité entre ceux qui sont nourris de l’unique Parole de Dieu et de l’unique Pain de vie. La communion et l’unité de l’Église, qui naissent de l’Eucharistie, sont une réalité dont nous devons avoir une conscience toujours plus grande, également lorsque nous recevons la sainte communion, être toujours plus conscients que nous entrons dans l’unité avec le Christ et que nous devenons ainsi un entre nous. Nous devons toujours à nouveau apprendre à protéger et à défendre cette unité contre les rivalités, les différends et les jalousies qui peuvent naître dans ou entre les communautés ecclésiales. Je voudrais en particulier demander aux mouvements et aux communautés apparues après le Concile Vatican II, qui au sein de notre diocèse également, sont un don précieux dont nous devons toujours rendre grâce au Seigneur, je voudrais demander à ces mouvements, qui, je le répète sont un don, de toujours prendre soin que leurs itinéraires de formation conduisent leurs membres à développer un sens véritable d’appartenance à la communauté paroissiale. Au centre de la vie de la paroisse, comme je l’ai dit, il y a l’Eucharistie, et en particulier la célébration du Dimanche. Si l’unité de l’Église naît de la rencontre avec le Seigneur, il n’est pas secondaire alors que l’adoration et la célébration de l’Eucharistie fassent l’objet d’une grande attention, en offrant ainsi la possibilité à ceux qui y participent de faire l’expérience de la beauté du mystère du Christ. Etant donné que la beauté de la liturgie « n’est pas pur esthétisme, mais modalité par laquelle la vérité de l’amour de Dieu, manifesté dans le Christ, nous rejoint, nous fascine et nous emporte » (Sacramentum caritatis, n. 35), il est important que la célébration eucharistique manifeste, communique, à travers les signes sacramentaux, la vie divine et révèle aux hommes et aux femmes de cette ville le vrai visage de l’Église. […]

Enfin, il ne faut pas oublier le témoignage de la charité, qui unit les cœurs et ouvre à l’appartenance ecclésiale. Pour expliquer le succès rencontré par le christianisme des premiers siècles, la montée d’une prétendue secte juive devenue religion d’Empire, les historiens répondent que ce fut notamment l’expérience de la charité des chrétiens qui a convaincu le monde. Vivre la charité est la forme primaire de la dimension missionnaire. La Parole annoncée et vécue devient crédible si elle s’incarne en comportements de solidarité, de partage, en gestes qui montrent le visage du Christ comme d’un véritable Ami de l’homme. Puisse le témoignage silencieux et quotidien de la charité promue par les paroisses grâce à l’engagement d’un grand nombre de fidèles laïcs, continuer de s’étendre toujours davantage, pour que celui qui vit dans la souffrance ressente la proximité de l’Église et fasse l’expérience de l’amour du Père, riche de miséricorde. Soyez donc de « bons samaritains » prêts à soigner les blessures matérielles et spirituelles de vos frères. Les diacres, conformés par l’ordination avec le Christ serviteur, pourront rendre un service utile en promouvant une attention renouvelée envers les formes de pauvreté anciennes et nouvelles. Je pense par ailleurs aux jeunes : très chers amis, je vous invite à mettre au service du Christ et de l’Evangile votre enthousiasme et votre créativité, en vous faisant les apôtres des jeunes de votre âge disposés à répondre de manière généreuse au Seigneur, qui vous appelle à le suivre de plus près, dans le sacerdoce ou dans la vie consacrée.




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mar 18 Oct 2016, 7:07 pm



L'eucharistie : un grand mystère !

L'eucharistie est bien la chose la plus étrange et la plus mystérieuse qui soit. Comment comprendre que ce morceau de pain rond devienne le corps du Christ livré pour nous ? Publié le 23 mai 2016


"Eucharistie" est la transposition française d'un mot grec qui veut tout simplement dire : "rendre grâces", "remercier". L'eucharistie, en fait, est un remerciement. Mais qui remercions-nous ? Dieu, le Père, le créateur du ciel et de la terre. Celui que la Bible dépeint comme un Dieu de miséricorde qui "fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants". Celui qu'elle décrit comme un Dieu qui aime les hommes, inlassablement, sans toujours être payé de retour, qui les appelle sans cesse mais n'est guère entendu.

C'est ce Père très aimant qui a envoyé son Fils JESUS pour nous montrer jusqu'où va son amour et nous attirer tous à lui. C'est donc pour la création, pour la vie qui court dans nos veines et qui vient de lui que nous le remercions. Mais nous le remercions surtout pour son Fils, JESUS, venu vivre en homme parmi les hommes mourir comme l'un de nous, mais en affrontant le supplice de la Croix et l'abandon de tous.

Comment dire merci à Dieu ?

Remercier, c'est dire merci bien sûr mais c'est aussi bien souvent marquer sa joie d'un cadeau, d'un don. Mais comment fait-on pour remercier Celui qui nous a tout donné ? Quel est le mode d'emploi ? Y a-t-il un chemin particulier, une voie pour y parvenir ? C'est ici que JESUS lui-même intervient et nous offre le moyen de remercier son Père : la veille de sa passion, il prend du pain, le distribue à ses amis et dit ces paroles étranges : "Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, livré pour vous". Puis, il prend la coupe de vin, la bénit et la donne à ses disciples en disant : "Prenez en buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang versé pour vous et pour la multitude. Faites ceci en mémoire de moi".

Un lent apprentissage

Dès les tout premiers récits, on voit les disciples obéir à cette étrange consigne donnée par JESUS et se rassembler pour partager le Pain. Les Actes de Apôtres, les lettres de Paul et les récits des premiers chrétiens en font foi. Dès le début, et plus encore avec ces grands pasteurs et théologiens des premiers siècles que l'on appelle les "Pères de l'Eglise", les chrétiens ont vécu avec l'eucharistie et médité longuement sur elle en cherchant à comprendre et à approfondir cette réalité inépuisable qui est au coeur de la vie chrétienne.

En réalité, par l'eucharistie, nous entrons dans la vie de Dieu lui-même, dans le merci de JESUS à son Père et nous sommes entraînés dans ce mouvement. Du coup ce n'est plus à nous "remercier" Dieu, il nous suffit d'entrer dans le mouvement de remerciement du Fils à son Père.

Du sacrifice à la ressemblance

Dieu ne veut pas de ces prétendus "dons" ou "sacrifices" par lesquels les hommes cherchaient à s'attirer les bonnes grâces de la divinité. Tout au long de l'Ancien Testament il avertit : "C'est la miséricorde que je veux et non le sacrifice". Ce que recherche Dieu, ce qu'il désire, la meilleure manière de le "remercier", c'est d'aimer comme il aime, d'être miséricordieux comme il est miséricordieux, bref de lui ressembler.

Remercier Dieu, c'est accepter d'aller à la suite de JESUS dans ce grand mouvement d 'amour de JESUS à son Père que lui seul peut nous ouvrir. C'est accepter de se donner aux autres comme il l'a fait lui même en venant parmi nous. Entrer dans cette dynamique nous conduira jusqu'au don de soi, comme elle a conduit JESUS jusqu'à la mort sur une croix. Remercier Dieu c'est accepter de devenir, au moins un peu, comme lui…

Une mystérieuse transformation

Devenir Dieu pour le remercier ? Quoi de plus étonnant. Pour y arriver on peut essayer de changer de vie, de transformer nos comportements, bref de "faire des efforts". Cela n'est pas négligeable mais on en perçoit vite le caractère dérisoire. En fait JESUS nous indique une autre voie, étonnante mais sûre, pour aimer comme il aime : se nourrir de lui, présent dans l'eucharistie.

"Car, dit-il, mon corps est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson". Ou encore : "Celui qui me mange vivra par moi". Ainsi, peu à peu, nous devenons d'autres Christ et nous pouvons dire, comme l'apôtre Paul : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi". Ou, pour le dire comme Thomas d'Aquin : "L'effet propre de l'eucharistie est la transformation de l'homme en Dieu". Et c'est ainsi que nous devenons nous-mêmes le merci de l'homme à son créateur.




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mer 09 Nov 2016, 8:39 pm





Eucharistie


L'Eucharistie (en grec ancien εὐχαριστία / eukharistía, « action de grâce ») est un sacrement chrétien. Elle occupe une place centrale dans la doctrine et la vie religieuses de la plupart des confessions chrétiennes (en). Selon le Nouveau Testament, particulièrement le Première épître aux Corinthiens et les Évangiles synoptiques, elle a été instaurée par JESUS-Christ lors de la Cène. En effet, la veille de sa Passion, il donna le pain et le vin à ses disciples en disant : « Ceci est mon corps ... cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ... faites ceci en mémoire de moi  ». La promesse de l'Eucharistie est située par l'évangile selon Jean, qui n'en raconte pas l'instauration en tant que telle, beaucoup plus tôt dans la vie de JESUS.

L'Eucharistie présente plusieurs dimensions : action de grâce et louange adressées à Dieu le Père, mémorial de la Passion, la mort et de la résurrection de JESUS de Nazareth qui se donne en sacrifice pour le salut des hommes, célébration de la présence du Christ (en), ressuscité et vivant, par la puissance du Saint-Esprit, et partage des éléments eucharistiques - le pain et le vin - qui dans la célébration deviennent, pour les chrétiens, le corps et le sang du Christ, offert en sacrifice sur la croix et ressuscité.

Les catholiques décrivent en outre l’Eucharistie comme une véritable « actualisation », non sanglante, de l'unique sacrifice du Christ en vue du Salut, par le ministère du prêtre, configuré au Christ (alter Christus). De leurs côtés, les réformés protestants s'y refusent, considérant que cela diminue la dignité du sacrifice de la Croix et affirmant que le texte biblique ne soutient pas la théorie de la transsubstantiation enseignée notamment par l'Église catholique. De plus, les luthériens préfèrent le terme de consubstantiation. Chez les chrétiens évangéliques, on parle d'un souvenir du sacrifice de JESUS-Christ et une annonce de son retour.

L'Eucharistie est célébrée au cours de la messe et constitue le point culminant de la liturgie.




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 10 Nov 2016, 4:43 am

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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 24 Nov 2016, 10:58 pm




L’eucharistie, l’expérience d’une rencontre,


La liturgie est le lieu où la foi se révèle dans une expérience, L’expérience du moment, d’une action commune qui donne sens à nos existences. L’expérience acquise, née de ce qui est vécu, et qui constitue une mémoire ; L’expérience humaine et religieuse, qui fait grandir la foi et la consolide, qui engage nos existences sur le chemin tracé par le Christ. Le dernier Concile concernant l’Eglise l’affirme : "Celle-ci, pour sa part, est dans le Christ comme un sacrement ou, si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain."LG 1. Cela peut nous aider à comprendre ce qui est en jeu dans les sacrements et, plus généralement, dans la liturgie "source et sommet de la vie de l’Eglise". N’est-elle pas ce lieu où nous faisons l’expérience spirituelle d’une union intime - possible, en devenir et déjà là - avec le Seigneur ? La liturgie est d’abord un lieu de rencontre, rencontre des membres de l’assemblée et rencontre avec le Christ.

Le mot "rencontre" est trop banal ; il faudrait en trouver un autre, moins usuel. En même temps, ce mot dit bien la réalité de l’expérience en jeu dans la liturgie. Et son emploi usuel dit aussi la proximité, l’humanité d’un Dieu qui a pris chair d’homme.

La célébration de l’eucharistie est rencontre des frères et soeurs, dans le Christ, de personnes si diverses, si différentes. Des centaines de milliers de personnes aussi différentes se rassemblent pour une même raison : célébrer JESUS Christ mort et ressuscité. Et ce, depuis près de deux mille ans. Voilà qui est étonnant.

Plus encore, la célébration de l’eucharistie est rencontre du Christ lui-même. Cette fois, la rencontre n’est plus seulement saisissante, elle est "incroyable". Rencontrer Dieu : qui peut oser y prétendre ? Personne, si ce n’est Dieu lui-même. Et, c’est justement lui qui nous invite et nous convoque pour la fraction du pain, lui qui vient à nous, encore une fois. "Il (le Christ) est là présent dans sa Parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures. Enfin, il est là présent lorsque l’Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : "là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux" (Matthieu 18, 20).".SC7

L’expérience que nous vivons en chaque eucharistie est du même ordre que celle de Moïse face au buisson ardent (Exode 3, 1 ). Dans le passage L’Alliance au Sinaï (Exode 19 - 24), il s’agit d’une rencontre dans laquelle Dieu scelle une alliance avec son peuple, par l’intermédiaire de Moïse. Rencontre toujours surprenante, rencontre d’alliance, rencontre qui transforme et ouvre une vie toujours nouvelle.



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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 15 Déc 2016, 8:47 pm




COMMISSION MIXTE INTERNATIONALE DE DIALOGUE THÉOLOGIQUE
ENTRE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE ET L’ÉGLISE ORTHODOXE

IIème RÉUNION PLÉNIÈRE

Munich, 30 juin – 6 juillet 1982

LE MYSTÈRE DE L’ÉGLISE ET DE L’EUCHARISTIE
À LA LUMIÈRE DU MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ
(cfr. Communiqué, p. 64 supra)

Fidèle au mandat reçu à Rhodes, ce rapport aborde le mystère de l’Église par un seul de ses aspects, mais un aspect particulièrement important dans la perspective sacramentelle de l’Église, à savoir le mystère de l’Église et de l’Eucharistie à la lumière du Mystère de la Sainte Trinité. En effet, on demandait de partir de ce que nous avons en commun et, en le développant, d’aborder de l’ intérieur et progressivement tous les points sur lesquels nous ne sommes pas en accord.

En rédigeant ce document, nous entendons montrer que ce faisant, nous exprimons ensemble une foi qui est la continuation de celle des apôtres.

Ce document marque la première étape de cet effort pour réaliser le programme de la commission préparatoire approuvé lors de la première réunion de la commission de dialogue.

Puisqu’il s’agit d’une première étape, abordant le mystère de l’Église par un seul de ses aspects, bien des points n’y sont pas encore traités. Ils le seront dans les étapes suivantes, telles qu’elles sont prévues dans le programme mentionné ci-dessus.

I
1. Le Christ, Fils de Dieu incarné, mort et ressuscité, est le seul qui a vaincu le péché et la mort. Parler de la nature sacramentelle du mystère du Christ, c’est donc évoquer la possibilité donnée à l’homme et, à travers lui, au cosmos, de faire l’expérience de la nouvelle création, Royaume de Dieu, hic et nunc, par les réalités sensibles et créées. Tel est le mode (tropos) dans lequel l’unique Personne et l’unique événement du Christ existent et opèrent dans l’histoire depuis la Pentecôte et jusqu’à la Parousie. Cependant, la vie éternelle, que Dieu a donnée au monde dans l’événement du Christ, son Fils éternel, est portée dans des vases d’argile. Elle n’est donnée encore qu’en avant-goût, comme arrhes.

2. A la dernière Cène, le Christ a affirmé qu’il donnait son Corps aux disciples pour la vie de la multitude, dans l’Eucharistie. Ce don y est fait par Dieu au monde, mais sous forme sacramentelle. A partir de ce moment, l’Eucharistie existe comme sacrement du Christ lui-même. Elle devient l’avant-goût de la vie éternelle, le remède d’immortalité, le signe du Royaume à venir. Le sacrement de l’événement du Christ passe ainsi dans le sacrement de l’Eucharistie. Sacrement qui nous incorpore pleinement au Christ.

3. L’incarnation du Fils de Dieu, sa mort et sa résurrection ont été réalisées dès le départ selon la volonté du Père, dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, qui procède éternellement du Père et se manifeste par le Fils, a préparé l’événement du Christ et il l’a réalisé pleinement dans la résurrection. Le Christ, qui est le Sacrement par excellence, donné par le Père pour le monde, continue de se donner pour la multitude, dans l’Esprit, le seul qui vivifie (Jean, 6). Le sacrement du Christ est aussi une réalité qui ne peut exister que dans l’Esprit.

4. L’Église et l’Eucharistie:

a) Bien que les Evangélistes, dans le récit de la Cène, se taisent sur l’action de l’Esprit, il était pourtant conjoint plus que jamais au Fils incarné pour l’accomplissement de l’oeuvre du Père. Il n’est pas encore donné, reçu comme Personne, par les disciples (Jean 7, 39). Mais quand JESUS est glorifié, alors l’Esprit lui aussi se répand et se manifeste. Le Seigneur JESUS entre dans la gloire du Père et, en même temps, par l’effusion de l’Esprit, dans son tropos sacramentel en ce monde-ci. La Pentecôte, achèvement du mystère pascal, inaugure du même coup, les derniers temps. L’Eucharistie et l’Église, Corps du Christ crucifié et ressuscité, deviennent lieu des énergies de l’Esprit Saint.

b) Les croyants sont baptisés dans l’Esprit au nom de la Sainte Trinité pour former un seul corps (cf. 1 Cor 12,13) Quand l’Église célèbre l’Eucharistie, elle réalise «ce qu’elle est», Corps du Christ (1 Cor 10,17). Par le baptême et la chrismation, en effet, les membres du Christ sont joints par l’Esprit, greffés sur le Christ. Mais par l’Eucharistie, l’événement pascal se dilate en Église. L'Église devient ce qu’elle est appelée à être de par le baptême et la chrismation. Par la communion au Corps et au Sang du Christ, les fidèles croissent en cette divinisation mystérieuse qui accomplit leur demeure dans le Fils et le Père, par l’Esprit.

c) Ainsi, d’une part, l’Église célèbre l’Eucharistie comme expression, en ce temps-ci, de la liturgie céleste. Mais, d’autre part, l’Eucharistie édifie l’Église, en ce sens que par elle l’Esprit du Christ ressuscité façonne l’Église en Corps du Christ. C’est pourquoi l’Eucharistie est en vérité le Sacrement de l’Église, à la fois comme sacrement du don total que le Seigneur fait lui-même aux siens et comme manifestation et croissance du Corps du Christ, l’Église. L’Église pérégrinante célèbre l’Eucharistie sur la terre jusqu’à ce que son Seigneur vienne remettre la Royauté à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous. Elle anticipe ainsi le jugement du monde et sa transfiguration finale.

5. La mission de l’Esprit demeure conjointe à celle du Fils. La célébration de l’Eucharistie révèle les énergies divines manifestées par l’Esprit à l’oeuvre dans le Corps du Christ:

a) L’Esprit prépare la venue du Christ en l’annonçant par les Prophètes, en guidant vers lui l’histoire du peuple élu en le faisant concevoir de la Vierge Marie, en ouvrant les coeurs à sa Parole.

b) L’Esprit manifeste le Christ dans son oeuvre de Sauveur, l’Evangile qu’il est lui-même. La célébration eucharistique est l’Anamnèse (le Mémorial): vraiment, mais sacramentellement, aujourd’hui, l’Ephapax est et advient. La célébration de l’Eucharistie est le kairos par excellence du mystère.

c) L’Esprit transforme les Dons sacrés dans le Corps et le Sang du Christ (metabolè), pour que s’accomplisse la croissance du Corps qui est l’Église. En ce sens, la célébration entière est une épiclèse, qui s’explicite davantage à certains moments. L’Église est perpétuellement en état d’épiclèse.

d) L’Esprit met en communion avec le Corps du Christ ceux qui participent au même pain et au même calice. A partir de là, l’Église manifeste ce qu’elle est: le sacrement de la koinônia trinitaire, la «demeure de Dieu avec les hommes» (cf. Ap 21,4).

L’Esprit en actualisant ce que le Christ a fait une fois pour toutes — l’événement du mystère — l’accomplit en nous tous. Cette relation au mystère, plus évidente dans l’Eucharistie, se retrouve dans les autres sacrements, tous des actes de l’Esprit. C’est pourquoi l’Eucharistie est le centre de la vie sacramentelle.

6. La célébration eucharistique prise en son ensemble rend présent le mystère trinitaire de l’Église. On y passe de l’audition de la Parole, culminant dans la proclamation de l’Evangile — annonce apostolique de la Parole faite chair — à l’action de grâce envers le Père, au mémorial du sacrifice du Christ et à la communion en celui-ci grâce à la prière épiclétique faite dans la foi. Car, dans l’Eucharistie, l’épiclèse n’est pas uniquement une invocation pour la transformation sacramentelle du pain et de la coupe. Elle est aussi une prière pour le plein effet de la communion de tous au mystère révélé par le Fils.

De cette manière, la présence de l’Esprit lui-même s’étend par le partage du sacrement de la Parole faite chair, à tout le corps de l’Église. Sans vouloir encore résoudre les difficultés suscitées entre l’Orient et l’Occident au sujet de la relation entre le Fils et l’Esprit, nous pouvons déjà dire ensemble que cet Esprit qui procède du Père (Jean 15,26), comme de la seule source dans la Trinité, et qui est devenu l’Esprit de notre filiation (Rom 8,15) car il est aussi l’Esprit du Fils (Gal 4,6), nous est communiqué, particulièrement dans l’Eucharistie, par ce Fils sur lequel il repose, dans le temps et dans l’éternité (Jean 1,32).

C’est pourquoi le mystère eucharistique s’accomplit dans la prière qui conjoint les paroles par lesquelles la Parole faite chair a institué le sacrement et l’épiclèse dans laquelle l’Église mue par la foi, supplie le Père, par le Fils, d’envoyer l’Esprit pour que dans l’unique oblation du Fils incarné tout soit consommé dans l’unité. Par l’Eucharistie, les croyants s’unissent au Christ, qui s’offre au Père avec eux, et reçoivent le pouvoir de s’offrir en esprit de sacrifice les uns aux autres comme le Christ lui-même s’est offert au Père pour la multitude, se donnant ainsi aux hommes.

Cette consommation dans l’unité, accomplie inséparablement par le Fils et l’Esprit, agissant dans la référence au Père et à son dessein, est l’Église en sa plénitude





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Mar 03 Jan 2017, 6:49 pm



L’eucharistie, l’expérience d’une rencontre,


La liturgie est le lieu où la foi se révèle dans une expérience, L’expérience du moment, d’une action commune qui donne sens à nos existences. L’expérience acquise, née de ce qui est vécu, et qui constitue une mémoire ; L’expérience humaine et religieuse, qui fait grandir la foi et la consolide, qui engage nos existences sur le chemin tracé par le Christ. Le dernier Concile concernant l’Eglise l’affirme : "Celle-ci, pour sa part, est dans le Christ comme un sacrement ou, si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain."LG 1. Cela peut nous aider à comprendre ce qui est en jeu dans les sacrements et, plus généralement, dans la liturgie "source et sommet de la vie de l’Eglise". N’est-elle pas ce lieu où nous faisons l’expérience spirituelle d’une union intime - possible, en devenir et déjà là - avec le Seigneur ? La liturgie est d’abord un lieu de rencontre, rencontre des membres de l’assemblée et rencontre avec le Christ.

Le mot "rencontre" est trop banal ; il faudrait en trouver un autre, moins usuel. En même temps, ce mot dit bien la réalité de l’expérience en jeu dans la liturgie. Et son emploi usuel dit aussi la proximité, l’humanité d’un Dieu qui a pris chair d’homme.

La célébration de l’eucharistie est rencontre des frères et soeurs, dans le Christ, de personnes si diverses, si différentes. Des centaines de milliers de personnes aussi différentes se rassemblent pour une même raison : célébrer JESUS Christ mort et ressuscité. Et ce, depuis près de deux mille ans. Voilà qui est étonnant.

Plus encore, la célébration de l’eucharistie est rencontre du Christ lui-même. Cette fois, la rencontre n’est plus seulement saisissante, elle est "incroyable". Rencontrer Dieu : qui peut oser y prétendre ? Personne, si ce n’est Dieu lui-même. Et, c’est justement lui qui nous invite et nous convoque pour la fraction du pain, lui qui vient à nous, encore une fois. "Il (le Christ) est là présent dans sa Parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures. Enfin, il est là présent lorsque l’Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : "là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux" (Matthieu 18, 20).".SC7

L’expérience que nous vivons en chaque eucharistie est du même ordre que celle de Moïse face au buisson ardent (Exode 3, 1 ). Dans le passage L’Alliance au Sinaï (Exode 19 - 24), il s’agit d’une rencontre dans laquelle Dieu scelle une alliance avec son peuple, par l’intermédiaire de Moïse. Rencontre toujours surprenante, rencontre d’alliance, rencontre qui transforme et ouvre une vie toujours nouvelle.

Dans le passage Les pélerins d’Emmaüs (Luc 24, 13 - 35), tous les éléments de la messe sont présents mais l’essentiel est la rencontre étonnante et bouleversante que font les deux disciples. Une rencontre qui prend son temps : la rencontre du Christ n’est pas immédiate, elle demande du temps, de la patience, de la persévérance. Une rencontre qui commence et se poursuit dans une marche où tout le corps est en jeu, et qui met en mouvement : la rencontre du Christ n’est jamais exempte de déplacement. Une rencontre mystérieuse pour les disciples, jusqu’à ce qu’ils le reconnaissent, à la fraction du pain. Mais à peine l’ont-ils reconnu, qu’il disparaît aussitôt : il est insaisissable, personne ne peut se l’approprier. Et les disciples de s’empresser de repartir à Jérusalem, là d’où ils venaient, pour annoncer la Bonne nouvelle. A chaque eucharistie, nous sommes des "pélerins d’Emmaüs". Nous aussi nous avons du mal à le reconnaître quand il nous partage des Ecritures ! Et pourtant, c’est bien lui "qui parle, tandis qu’on lit dans l’église les Saintes Ecritures" ! La fraction du pain nous le révèle : "Voici l’agneau de Dieu..." Nous pouvons le reconnaître avant "d’aller dans la paix du Christ" annoncer la Bonne Nouvelle.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 27 Jan 2017, 8:34 pm




Communion

Le terme latin communio, comme son équivalent grec koïnônia, exprime d’abord une union stable de personnes, une communauté qui communicat, c’est-à-dire qui privilégie la mise en commun (communis), le partage, la communication. La communion chrétienne, c’est l’union des fidèles entre eux, fondée sur leur union à Dieu. La source et le terme d’une telle communion est l’unité des trois Personnes de la Trinité ; l’apôtre saint Jean commence sa première lettre par ces mots : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils JESUS Christ » (1, 3).

JESUS est venu réunir, par son sacrifice, les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52), en les faisant entrer dans l’unité même du Père et du Fils (Jn 17, 11.21.22.23). L’Eucharistie, qu’il a laissée aux siens en témoignage suprême d’amour, constitue l’aliment divin capable de créer et de restaurer l’unité des disciples du Christ : actualisation sacramentelle de l’unique sacrifice sanglant, elle est aussi le « moyen » privilégié offrant aux chrétiens la possibilité d’être insérés dans la vie même de Dieu. La « communion » eucharistique est, en ce sens, la réception du corps et du sang du Christ en aliment d’immortalité.

Communier au corps et au sang du Christ, c’est entrer dans son mystère pascal et partager sa destinée. La communion eucharistique édifie l’Église et réalise la « communion des saints » (article du Credo) : recevoir le corps du Christ, c’est trouver sa place dans son Corps mystique et vivre l’union nuptiale de l’Époux et de l’Épouse. Assimiler le Christ consiste à devenir ce qu’il est, c’est-à-dire le Fils, pour exercer pleinement la vie filiale : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 57).

L’aboutissement de la communion eucharistique est donc la vie trinitaire, condensée, pour ainsi dire, dans le Don de l’Esprit Saint, qui est le lien vivant du Père et du Fils. En attendant que soit totalement manifesté ce que nous sommes (1 Jn 3, 2), dans la Gloire, la communion eucharistique nous fait chaque jour pénétrer davantage dans le Mystère du Christ (cf. Ep 3, 2 suiv.), à la mesure de notre disponi­bilité et de notre faim (cf. Jn 6, 11).

En soi, la communion sous les deux espèces est la plus significative, mais, pour des raisons pratiques, elle n’est pas toujours possible ; aussi l’Église précise-t-elle les circonstances où elle est permise. Le Code de droit Canon de 1983 permet de communier une seconde fois dans la même journée, si l’on participe à une nouvelle célébra­tion eucharistique (Canon 917). Faut-il rappeler que l’Eucharistie est un aliment des vivants ? Pour recevoir la communion, il est néces­saire de n’avoir pas conscience d’une faute qui aurait porté un coup fatal à l'amitié de Dieu.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 18 Fév 2017, 9:02 pm





Le trésor de l'Eucharistie

Jean-Paul II a publié en 2003 une encyclique "Ecclesia de Eucharistia". Un texte pour rappeler combien l'Eglise vit de l'Eglise que nous présente Michel Kubler de La Croix en sept points.

C'est une affirmation essentielle de la foi chrétienne : "L'Église vit de l'Eucharistie". C'est aussi la première phrase de la 14e encyclique de Jean-Paul II, signée en ce Jeudi saint et dont elle fournit le titre : Ecclesia de Eucharistia. Un document plus resserré que d'habitude (environ 70 pages dans l'édition typique, contre plus de 120 pour les précédents), où l'on sent l'implication personnelle du Pape en la 25e année de son pontificat : on le voit évoquer, non sans émotion, les innombrables lieux de Pologne et du monde où il a présidé des célébrations eucharistiques, et revivre chacune des messes dites en 57 ans de sacerdoce comme un événement unique de rencontre intime avec Dieu et de contemplation du Christ.

Le choix du jour de la publication n'est pas anodin : cette lettre "aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l'Eucharistie dans son rapport à l'Église" remplace, cette année, le traditionnel message de Jean-Paul II aux prêtres pour le jour où l'Église catholique célèbre l'institution de ce sacrement par le Christ. Car, rappelle l'encyclique, "l'Église naît du mystère pascal" ; donc, "l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale" (n. 3). Et le triduum de Pâques est toujours un événement contemporain : "Dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours de siècles, il y a un "contenu" vraiment énorme, dans lequel est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce et de la rédemption" (n. 5).

Ecclesia de Eucharistia vivit, énonce Jean-Paul II, précisant : "Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église" (n. 1). La perspective de l'encyclique est donc double : il s'agit de la spiritualité et de la doctrine de l'Eucharistie, dans son rapport constitutif à l'Église. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver ici de nouvelles dispositions pour la célébration, ni un guide pour la pastorale liturgique : l'encyclique en signale au passage (et annonce un document destiné à rappeler certaines normes), mais là n'est pas son propos. Le propos du Pape s'exprime clairement à travers les six parties d'Ecclesia de Eucharistia (lire le texte intégral de l'encyclique en cliquant sur les liens de la colonne de droite).

Le don du Christ par excellence

L'Eucharistie est le don du Christ par excellence : non pas seulement un don fait par le Christ, mais le Christ lui-même qui se donne. Tel est le "mystère de la foi" acclamé à chaque célébration, le mystère du sacrifice de la Croix et de la Résurrection, à chaque fois rendu présent. Cette présence est "réelle", en ce sens "qu'elle est substantielle et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier" (n. 15, citant Paul VI).

Ce don est particulièrement manifeste dans la communion, aux deux sens de ce mot : le partage du Corps et du Sang du Christ à la fois unit intimement chaque fidèle à son Seigneur et, par l’œuvre de l'Esprit Saint, fait de toute l'Église le Corps du Christ sur la terre. La communauté célébrant l'Eucharistie a ainsi la responsabilité de "construire un monde qui soit à la mesure de l'homme et qui réponde pleinement au dessein de Dieu" (n. 20). Et Jean-Paul II de citer saint Jean Chrysostome, Père de la liturgie byzantine : "Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l'affamé, et avec ce qui restera tu orneras son autel".

L'Eucharistie édifie l’Église

"L'Eucharistie édifie l'Église", poursuit l'encyclique. Cela vaut, bien sûr, de la genèse de la communauté chrétienne, au soir de la dernière Cène : en donnant son corps et son sang en nourriture à ses Apôtres, JESUS les a unis au sacrifice qui l'attendait. De là cette réciprocité entre le Christ et tout baptisé : dans la communion sacramentelle, "nous pouvons dire non seulement que chacun d'entre nous reçoit le Christ, mais aussi que le Christ reçoit chacun d'entre nous" (n. 22). Ce n'est pas simplement "l'incorporation au Christ" qui est réalisée, mais tout l'édifice de l'Église qui se trouve consolidé, et la mission de celle-ci découvre, dans l'Eucharistie, "sa source et son sommet" - selon la définition de la liturgie par Vatican II.

L'Eucharisitie est "apostolique"

L'Eucharistie, comme l'Église, est "apostolique" : elle repose sur la foi des Apôtres, elle poursuit leur action et continue à être enseignée par eux. D'où l'insistance d'Ecclesia de Eucharistia (reprenant Lumen gentium) sur le ministère ordonné : certes, "les fidèles, pour leur part, en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'offrande de l'Eucharistie, mais c'est le prêtre ordonné qui célèbre le Sacrifice eucharistique en la personne du Christ et l'offre à Dieu au nom de tout le peuple" (n. 28). Il s'agit de manifester que l'Eucharistie "est un don qui dépasse radicalement le pouvoir de toute l'assemblée" (n. 29).

L'encyclique rappelle quelques conséquences de cette spécificité : "l'Eucharistie ne peut être célébrée sans prêtre ; il est recommandé aux prêtres de la célébrer quotidiennement pour conjurer le danger de la dispersion" entre leurs tâches ; les célébrations dominicales en l'absence de prêtre ne peuvent être que des solutions provisoires ; un catholique ne doit pas communier lors de célébrations protestantes, faute d'un plein accord sur la signification des sacrements de l'Ordre et de l'Eucharistie".

La communion

La communion de l'Église se manifeste dans l'Eucharistie. Cette vision catholique repose sur l'affirmation que l'Eucharistie est "le sommet de tous les sacrements car elle porte à sa perfection la communion avec Dieu le Père, grâce à l'identification avec le Fils unique par l'action du Saint-Esprit" (n. 34). On ne peut donc pas y participer pleinement si l'on n'est pas en pleine communion avec cette définition : cela vaut pour les personnes dans leurs actes (un fidèle en état de péché doit se confesser avant de communier) et leurs convictions (la communion est réservée aux personnes baptisées acceptant la foi catholique sur l'Eucharistie), ainsi que pour les communautés catholiques (l'Eucharistie les empêche de se replier sur elles-mêmes, ce que traduit la communion affirmée avec le Pape et les évêques) et pour les Églises séparées", avec qui il est impossible de célébrer "jusqu'à ce que soit rétablie l'intégrité" des "liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique" (n. 44). Rappelons que pour d'autres confessions chrétiennes, la communion entre les fidèles et entre communautés naît au contraire de la célébration du sacrement.

La dignité de la célébration

La célébration eucharistique doit être digne. Il y va à la fois de la simplicité et de la gravité du sacrement célébré : c'est un "banquet" familial, sans doute, mais qui "demeure pour toujours un banquet sacrificiel, marqué par le sang versé sur le Golgotha" (n. 48). Le Pape fait ici l'éloge de tout ce qui, en deux millénaires de christianisme, a été déployé pour manifester cette dignité : architecture et arts sacrés, création liturgique et inculturation, etc. Il attire aussi l'attention sur les dérives et les abus possibles, lançant "un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité", et rappelant que "la liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté" (n. 52).

Marie, femme "eucharistique"

Jean-Paul II s'est toujours fait un point d'honneur à conclure ses documents par un paragraphe dédié à la Vierge ; ici, c'est toute la dernière partie d'Ecclesia de Eucharistia qui chante la Mère du Christ comme modèle de foi et de vie eucharistiques, dès le Fiat par lequel elle permit au Verbe de se faire chair : "Durant toute sa vie au côté du Christ et non seulement au Calvaire, Marie a fait sienne la dimension sacrificielle de l'Eucharistie" (n. 56). Or, le Christ accomplit pour tous ses disciples ce qu'il a accompli envers sa Mère. Ainsi, "l'Eucharistie nous est donnée pour que toute notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat !" (n. 58).

"Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences", conclut l'encyclique (n. 59). Mais ce mystère donne tout : le sacrifice rédempteur et la résurrection de JESUS, les dons de l'Esprit, l'amour du Père... "Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence ?" (n. 60). Or, négligences il y a eu, affirme Jean-Paul II, par allusion à Vatican II non dans son œuvre ("Il n'y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint sacrifice de l'autel" n. 10), mais dans certaines interprétations qui ont pu en être faites : abandon de l'adoration eucharistique, réduction de la messe à une rencontre conviviale, perte du rôle du prêtre et du caractère sacramentel...

En conclusion

Au final, même si Ecclesia de Eucharistia entend "dissiper les ombres sur le plan doctrinal et les manières de faire inacceptables" (n. 10), son propos est d'abord positif. L'encyclique ne dénonce ces manquements et ces excès que pour sauvegarder l'extraordinaire "trésor" qu'est l'Eucharistie pour l'Église : "un don trop grand et trop précieux » pour que quiconque puisse l'amputer ou se l'approprier. Un "Mystère ineffable avec lequel chaque génération est invitée à se mesurer" (n. 51). Jean-Paul II en est, ici, le témoin autant que le messager ardent.

Juin 2003
Croire.com




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 11 Mar 2017, 8:06 pm





Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes
– Saint Augustin


Augustin d'Hippone, Sermon 272, Aux nouveaux baptisés, sur le sacrement.

L'Eucharistie, Corpus Christie.


Ce que vous voyez sur l'autel de Dieu [...], c'est le pain et la coupe : c'est cela que vos yeux vous apprennent. Mais ce dont votre foi doit être instruite, c'est que ce pain est le corps du Christ, que cette coupe est le sang du Christ. Ce peu de paroles suffisent peut-être pour votre foi ; mais la foi cherche à s'instruire [...]. Comment ce pain est-il son corps, et cette coupe, ou plutôt son contenu, peut-il être son sang ?

Mes frères, c'est cela que l'on appelle des sacrements : ils expriment autre chose que ce qu'ils présentent à nos regards. Ce que nous voyons est une apparence matérielle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel. Si vous voulez comprendre ce qu'est le corps du Christ, écoutez l'apôtre Paul, qui dit aux fidèles : « Vous êtes le corps du Christ ; et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1 Co 12, 27). Donc, si c'est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c'est le symbole de ce que vous êtes qui se trouve sur la table du Seigneur, et c'est votre mystère que vous recevez. Vous répondez : « Amen » à ce que vous êtes, et par cette réponse, vous y souscrivez. On vous dit : « Le corps du Christ », et vous répondez : « Amen ». Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet amen soit véridique.

Pourquoi donc le corps est-il dans le pain ? Ici encore, ne disons rien de nous-mêmes, écoutons encore l'apôtre qui, en parlant de ce sacrement, nous dit : « Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » (1 Co 10, 17). Comprenez cela et soyez dans la joie : unité, vérité, dévotion, charité ! « Un seul pain » : qui est ce pain unique ? « Un seul corps, nous qui sommes multitude ». Rappelez-vous qu'on ne fait pas du pain avec un seul grain, mais avec beaucoup [...]. Soyez donc ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes.




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 01 Avr 2017, 7:24 pm




La vie donnée – Jean-Marie...



La vie donnée
– Jean-Marie Lustiger

Jean-Marie Lustiger, Homélie de la célébration diocésaine d'envoi au Congrès Eucharistique de Lourdes, Notre-Dame de Paris, 18 juin 1981.

L'Eucharistie, Corpus Christie.

Les choses familières perdent leur saveur et leur goût. N'en va t-il pas ainsi pour nous, chrétiens catholiques, au sujet de la messe ? Ce rite paraît à tous tellement typique et repérable qu'un catholique peut se définir comme celui qui va à la messe (ou qui se justifie de ne plus aller à la messe...).

La messe tient une telle place dans notre tradition, que lorsque l'Église, avec l'intelligence du mystère du Christ que lui donne l'Esprit, modifie un usage liturgique, non pas en raison d'un attrait arbitraire pour le changement, mais pour que la célébration chrétienne en reçoive une plus grande profondeur, une plus grande vérité, voici qu'aussitôt des gens sont blessés, ne s'y reconnaissent plus. Les moindres signes et les moindres gestes sont revêtus d'une patine sacrée qui, parfois, l'engonce, paralyse la célébration, et en même temps la protège.

Oui, avec la messe, nous atteignons le point tout à fait central de la foi, mais aussi le point le plus méconnu dans la pratique. Nous savons que l'Eucharistie est le centre de notre vie chrétienne, de notre vie de foi, le centre de l'Église. Et pourtant quand nous nous rassemblons, beaucoup ne voient plus là que le rite convenu des catholiques. Et ils pensent que ce rite est ennuyeux. On dit : « Je vais à la messe, et je m'ennuie ; rien de vivant ne s'y passe ; rien ne change ensuite... Alors, à quoi bon ? »

Et nous, prêtres, chargés de cette Eucharistie comme d'un devoir à l'égard du corps et du peuple entier, nous portons nous aussi ces mêmes questions et ces mêmes interrogations, la même usure et la même lassitude qui éprouvent le peuple chrétien. Nous les portons pour notre propre compte, et nous les portons pour vous. Nous nous interrogeons. Nous disons : « Que faire ? Que faut-il faire ? » Je vous dis tout haut, mes frères, les questions que les prêtres se posent à eux-mêmes. Il me faut vous les dire. Nous nous demandons parlant de vous : « Pourquoi sont-ils venus à la messe ? Qu'est-ce que cela va changer dans leur vie ? Sont-ils là en consommateurs seulement ? Qui sont ces gens qui viennent ici et que nous n'arrivons pas à connaître ? Ils ne se voient même pas les uns les autres. Ils ne rencontrent personne. Ils viennent jusqu'à nous pour obtenir seulement ce qu'ils attendent de nous. Le temps de la messe passé, ils font comme si de rien n'était. Quelle espèce de chrétiens est-ce là ? »

Et nous nous interrogeons sur ce que doit être cette célébration : « Comment faire ? Que faire ? » Vous ne savez pas le nombre d'heures que nous pouvons parfois passer à préparer, dans le détail, ces célébrations qui, à certains, paraissent si maladroites, si peu ajustées et dont l'intention est immédiatement mal comprise ou trahie. Vous ne savez pas non plus ce sentiment de lassitude que parfois des prêtres peuvent avoir. Quand vous, vous venez à la messe, la messe pour vous est neuve. Mais nous, les prêtres, après une journée de dimanche dans une église de Paris, quand nous avons vu entrer et sortir les fidèles et que nous nous sommes efforcés d'être disponibles et neufs à chaque instant, quand, si souvent, nous avons vu tant de fidèles en retard et distants, comme désengagés à l'égard de la célébration, eh bien, parfois, nous avons l'impression d'avoir le tournis, d'être usés à notre tour par une répétition inhumaine, spirituellement insupportable. Pour nous aussi, en effet, cet acte devrait être unique. Nous devrions, pour la messe, pouvoir prendre tout le temps qu'il faut. Nous ne devrions pas courir comme nous le faisons. Et voilà que pour nous aussi, ministres ordonnés de cette Eucharistie, elle devient un fardeau. Nous qui devrions être au cœur de ce sacrement, voici qu'il nous écrase.

Oui, frères, quelque chose ne va pas dans la manière dont nous vivons l'Eucharistie. Un temps de grâce nous est donné d'ici l'été, jusqu'au rassemblement de Lourdes. Il ne suffirait pas qu'il soit pour nous l'occasion d'un examen de conscience, comme s'il était en notre pouvoir de faire le changement de cœur appelé par cette usure. Mais ce temps nous est peut-être accordé pour nous laisser atteindre par le Christ et sa Parole.

Ce que nous venons d'entendre désigne le centre de ce mystère eucharistique. Ce sont des lectures courtes. Vous pourrez les relire. Tout y est, vous le verrez. Eh bien, si nous essayons d'entendre ces lectures comme une parole que le Christ nous adresse, comme une parole que Dieu le Père nous adresse, comme un langage que l'Esprit Saint lui- même veut faire entendre à nos cœurs, à nos intelligences, à nos libertés, voici que brusquement, quelque chose d'autre apparaît auquel nous ne faisions pas attention. Car nous sommes comme des gens mal sortis du sommeil et qui n'ont pas vu le soleil se lever. Car nous sommes comme des gens qui entrent dans une pièce et qui ne voient pas que déjà est présent celui qui nous aime et qui nous appelle. Voilà que nous pouvons nous réveiller et découvrir ce que nous sommes venus faire ici, et pourquoi nous y sommes.

En effet, la messe n'est pas célébration des catholiques dont nous serions les maîtres. On ne « dit » pas une messe comme on dirait une prière. L'Eucharistie nous constitue comme Église et comme Corps : elle est créatrice de l'Église. Pourquoi cela ? Parce que l'Eucharistie, c'est le Christ qui agit au milieu de nous, et qui, en ce temps, par la puissance de Dieu et de l'Esprit Saint, déploie une puissance d'amour inimaginable à nos cœurs ensommeillés, à nos libertés blessées, à notre foi vacillante. C'est Dieu qui agit.

Ne pensez pas que je souligne arbitrairement un point au détriment d'un autre. Mais c'est pour que nous comprenions bien où est la source et le centre de l'Église. Le Christ dit lui-même : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la Vie : moi, je vivrai en lui et lui vivra en moi ». Il s'agit bien du don que Dieu fait, que Dieu nous fait, de partager l'existence de JESUS, au point que nous ne fassions qu'une seule chair avec lui, qu'un seul corps avec lui. Vous le savez, l'expression « corps du Christ » désigne d'abord l'Église, dans la tradition chrétienne. Et l'expression « corps mystique du Christ » désigne d'abord l'Eucharistie. Vous le savez, l'Eucharistie, c'est l'acte que JESUS accomplit en nous rassemblant et en faisant de nous les membres les uns des autres. Et c'est parce qu'il est au milieu de nous, nous créant comme corps, nous pardonnant nos péchés, nous donnant la vie des enfants de Dieu, faisant de nous des sœurs et des frères du Christ, faisant de nous un corps, que nous pouvons nous offrir avec lui et que lui s'offre avec nous. Son existence est vraiment notre nourriture. Sa chair est vraiment notre nourriture et son sang un breuvage quand il nous partage ainsi son existence de Messie crucifié, par la force de sa résurrection à laquelle nous avons part. Et l'Église est créée par cet acte du Christ. Elle commence d'exister. Elle continue d'exister. Elle anticipe son achèvement.

L'Église, c'est ce corps que le Christ, sans cesse, fait vivre. Et cette pulsation de l'action du Christ vient sans cesse, en nous, balayer les résistances de l'égoïsme, du péché, du refus, de l'obscurité, du manque de foi, du manque d'amour.

Et seule cette action du Christ en nous peut nous rendre semblables à lui et nous rendre capables de faire la volonté du Père avec lui. Si nous écoutons sa Parole en dehors de lui, nous ne pouvons qu'être accablés par le poids insupportable de son exigence. L'Évangile est un défi impossible. Et devant les exigences de l'Évangile, nous ne pouvons, si nous sommes sincères, que nous considérer comme des hypocrites ou des menteurs. Elle est trop facile à faire, l'accusation que nous pouvons porter les uns contre les autres ou contre nous-mêmes. Nous prétendons aimer : n'y a-t-il vraiment pas de haine dans nos cœurs, pas de ressentiment ? Nous prétendons être disciples du Christ : accueillons-nous ses commandements avec amour, comme une parole de liberté ? Ou bien au contraire, pensons-nous qu'il nous blesse et qu'il nous heurte, souhaitons-nous qu'il s'en aille et qu'il arrête ?

Nous devrions nous aimer les uns les autres ; ne pas être attachés à l'argent ; donner aux plus pauvres. Nous ne devrions jamais désespérer. Bref, vous savez bien ce que nous devrions faire, et nous ne le faisons jamais, ou jamais complètement, ou si mal. Alors ? Sommes-nous devant une exigence insupportable qui devrait nous plonger dans le désespoir ? Oui, c'est une exigence insupportable et désespérante si elle nous est donnée comme une exigence devant laquelle nous serions seuls. Mais le mystère chrétien est le suivant : le Christ est ressuscité, et c'est lui qui sans cesse nous saisit et nous transforme en lui. Nous n'accédons à cette Eucharistie qu'au prix du pardon. Le pardon fait partie de l'Eucharistie, puisque l'Eucharistie nous change en Christ, Et par l'Esprit qui agit en nous nous rend capables de partager la condition du Christ.

Et ainsi, l'Église est comme un corps qui ne cesse de s'engendrer dans l'acte eucharistique où le Corps eucharistique est livré et donné. Elle est bien cette nourriture de vie qui, déjà en nous, affronte la mort parce qu'elle affronte le péché et nous donne la force d'aller avec le Christ jusqu'au bout, là où nous ne serions pas allés par nous-mêmes.

Mes frères, il y aurait tant de choses que je voudrais vous dire... Je ne vous en confierai que deux ce soir.

Je ne vais pas ce soir vous proposer de prière universelle. Pourquoi ? Pendant la prière eucharistique, il y a, après la consécration, des prières d'intercession : « Souviens-toi Seigneur »... Cela nous semble faire double emploi avec les prières que nous avons faites à la fin de la liturgie de la Parole. Je voudrais aujourd'hui que toute notre prière d'intercession se concentre à ce moment-là. Je voudrais que nous comprenions bien pourquoi nous osons prier Dieu à ce moment-là avec tant d'assurance et tant de force pour la paix du monde, pour le pardon mutuel, pour l'amour, pour les vivants, pour les morts, pour tous. Pourquoi osons-nous faire cela, à ce moment-là, avec tant d'assurance ? Parce que nous le faisons avec le Christ, dans le Christ, au milieu de l'Eucharistie du Christ.

Et puis, je souligne une seconde chose. Nous nous donnerons la paix, tout à l'heure. j'aimerais bien que nous tous, prêtres, après que nous nous soyons donné la paix, nous allions dans l'assemblée tout entière pour aider tous ceux qui sont là à se donner mutuellement ce signe de paix ; que nous allions, chacun, vers nos frères qui sont les plus loin,' tout au fond de la cathédrale. Car la paix que nous nous donnerons à ce moment-là, ce n'est pas un signe de réconciliation, un signe de bonne entente que l'on pourrait faire à l'entrée de l'église : c'est l'œuvre du Christ que nous nous partageons. La paix qui nous est donnée à ce moment-là, c'est le don que le Christ nous fait de sa propre paix au moment où il nous donne son Corps, nous rendant ainsi semblables à lui et faisant de nous un seul corps.

Vous voyez donc, mes frères, que ce qui se passe maintenant, c'est que nous sommes, en ce moment précis, en train de devenir corps du Christ dans l'acte de JESUS. Cette messe tout ordinaire, elle est un événement extraordinaire, puisqu'elle est un acte du Christ qui inscrit l'amour dans l'histoire par nos vies ; qui livre son Corps par nos corps ; qui est livré au monde par le Père des cieux quand Dieu nous livre avec lui au monde ; quand il se fait pain rompu pour un monde nouveau et qu'il nous donne, nous aussi, pain rompu pour un monde nouveau. Nous devenons ce que nous recevons et ainsi, Dieu nous donne la force de faire ce que le Christ fait. Et sans cesse l'Église est ainsi rassemblée, les chrétiens pardonnés et la vie répandue en surabondance.

Prions, frères, pour que ce mystère eucharistique soit la pulsation intime de l'Église et qu'ainsi, nous reconnaissions le Seigneur qui nous habite, qui fait sa demeure au milieu de nous ; que nous reconnaissions Celui qui fait de nous son Église et qu'ainsi nous puissions attester que la vie est donnée au monde.








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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 20 Avr 2017, 7:15 pm




Parole des Pères
Nous participons au même...


Nous participons au même pain, nous devenons un même corps
– Jean Chrysostome


Jean Chrysostome, Sur la Première lettre aux Corinthiens (Homélie 21 sur 1 Co 10, 16-17).

L'Eucharistie, Corpus Christie.

L'Eucharistie, sacrement de l'unité.


«
Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ? » Pourquoi l'apôtre ne parle-t-il pas de participation seulement ? Parce qu'il veut exprimer quelque chose de plus et indiquer l'intimité de l'union. Il n'y a pas seulement participation ou partage, il y a vraiment union. Comme ce corps est uni au Christ, nous aussi par le pain nous lui sommes unis également.

Pourquoi ajoute-t-il : « ... que nous rompons » ? Ce qui de fait a lieu dans l'Eucharistie, alors que sur la croix ce fut le contraire, selon ces mots de l'Ecriture : « Pas un de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46). Mais ce que le Christ n'a pas souffert sur la croix, il le souffre sur l'autel à cause de vous : il veut bien être rompu, afin de rassasier tous les hommes. L'apôtre vient de dire « la communion au corps... » Or il y a une différence entre celui qui communie et ce à quoi il communie. Il veut donc encore faire disparaître cette différence, si petite qu'elle pût paraître. C'est pourquoi il ajoute : « car nous sommes tous ensemble un seul pain et un seul corps ».

Que parlai-je de communion ? dit-il, nous sommes ce corps lui-même. Qu'est-ce que ce pain ? Le corps du Christ. Que deviennent ceux qui communient ? Le corps du Christ : ils ne sont pas plusieurs corps, mais un seul. Combien de grains de froment entrent dans la composition du pain ? Mais ces grains, qui les voit ? Ils sont bien dans le pain qu'ils ont formé, mais rien ne les distingue les uns des autres tant ils sont unis. Ainsi sommes-nous unis les uns les autres et avec le Christ. Celui-ci ne se nourrit pas d'un corps et celui-là d'un autre : nous sommes tous nourris d'un même corps, et c'est pourquoi l'apôtre ajoute : « parce que nous participons tous au même pain ».

Si nous participons au même pain, si nous devenons un même corps, pourquoi ne pas avoir la même charité et ne pas nous unir par ce lien puissant ? Relisez l'histoire de nos ancêtres dans la foi, vous trouverez ce prodige vivant : « La multitude des croyants n'avait qu'un seul coeur et qu'une seule âme (Ac 4, 32).

Que sont devenus ces beaux exemples ? Nous avons le contraire sous les yeux. Des divisions nombreuses, des dissensions profondes règnent entre tous et nous nous traitons les uns les autres avec une cruauté digne des bêtes. Et pourtant, frère, c'est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s'unir à toi. Et toi, tu ne veux pas t'unir à ton frère ? Tu n'y mets pas l'empressement que tu devrais montrer. Que dis-je ? Tu te sépares violemment de lui, toi à qui le Seigneur a montré tant d'amour et donné tant de vie ! … Il a voulu en effet nous faire participer à sa propre chair, semblable à la nôtre par sa nature, mais exempte de péché et surabondante de vie…afin que nous puissions trouver à cette table l'immortalité… Nous ne participons plus seulement, en effet, à l'autel (comme les païens), mais au Christ lui-même.




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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Ven 12 Mai 2017, 8:59 pm




Communion


Union des personnes qui professent une même foi (notamment chrétienne). La communion désigne la réception du Corps et du Sang du Christ conformément à sa demande "Prenez et mangez". Ainsi s’établit une union intime des fidèles.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Jeu 01 Juin 2017, 7:16 pm



La liturgie eucharistique


À la dernière Cène, le Christ a institué le sacrifice et le banquet pascal par lequel le sacrifice de la croix est sans cesse rendu présent dans l´Église lorsque le prêtre, représentant le Christ Seigneur, accomplit cela même que le Seigneur lui-même a fait et qu´il a transmis à ses disciples pour qu´ils le fassent en mémoire de lui[1].

En effet, le Christ prit le pain et la coupe, rendit grâce, fit la fraction et les donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez, buvez ; ceci est mon Corps ; ceci est la coupe de mon Sang. Vous ferez cela en mémoire de moi ». Aussi l´Église a-t-elle organisé toute la célébration de la liturgie eucharistique en parties qui correspondent à ces paroles et à ces actes du Christ. De fait :

a) Dans la préparation des dons, on apporte à l´autel le pain et le vin avec l´eau, c´est-à-dire les éléments que le Christ a pris dans ses mains.

b) Dans la Prière eucharistique, on rend grâce à Dieu pour toute l’œuvre du salut, et les dons offerts deviennent le Corps et le Sang du Christ.

c) Par la fraction du pain et par la communion, les fidèles, aussi nombreux soient-ils, reçoivent d’un seul pain le Corps du Seigneur et d’une seule coupe le Sang du Seigneur, de la même manière que les Apôtres les ont reçus des mains du Christ lui-même.





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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Sam 24 Juin 2017, 7:15 pm





L’eucharistie

L’Eucharistie est le troisième sacrement de l’Initiation Chrétienne. Le mot « Eucharistie » signifie « action de grâces ». C’est le peuple qui rend grâce au Père, par son Fils, dans l’Esprit pour le don qu’il nous fait de sa Vie.

« L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Vatican II Constitution sur l’Eglise n° 11)

C’est par l’Eucharistie que nous est donnée la Vie de Dieu, le Pain de la route. Recevoir le Pain de Dieu nous invite à partager notre pain avec nos frères en humanité. L’Eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle. C’est une actualisation de la Pâque et non pas sa répétition ou son simple souvenir. L’Eucharistie, ou la messe, est un rappel de la dernière Cène, de la mort et de la résurrection de JESUS Christ.

À plusieurs reprises, dans une démarche mystagogique, Saint Augustin rappelle aux nouveaux chrétiens ce qu’ils ont vécu depuis le début de leur itinéraire :

« Engrangés lors de leur entrée en catéchuménat, moulus au long de celui-ci par les efforts de conversion qui leur étaient demandés et qui se rendaient visibles dans les « jeûnes et les exorcismes », imbibés d’eau à la fontaine baptismale pour devenir une pâte, passés à la « cuisson du feu du St Esprit », et ainsi « devenus le pain du Seigneur », ils ont à « devenir ce qu’ils ont reçu : le corps du Christ. » (Sermons n° 229, 272,…)


Le dimanche, jour du Seigneur

Les chrétiens se rassemblent en ce premier jour de la semaine, le dimanche, pour manifester la place centrale de la Résurrection dans leur foi.








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MessageSujet: Re: L'Eucharistie, Corpus Christie   Lun 17 Juil 2017, 6:25 pm





Le trésor de l'Eucharistie

Jean-Paul II a publié en 2003 une encyclique "Ecclesia de Eucharistia". Un texte pour rappeler combien l'Eglise vit de l'Eglise que nous présente Michel Kubler de La Croix en sept points.

C'est une affirmation essentielle de la foi chrétienne : "L'Église vit de l'Eucharistie". C'est aussi la première phrase de la 14e encyclique de Jean-Paul II, signée en ce Jeudi saint et dont elle fournit le titre : Ecclesia de Eucharistia. Un document plus resserré que d'habitude (environ 70 pages dans l'édition typique, contre plus de 120 pour les précédents), où l'on sent l'implication personnelle du Pape en la 25e année de son pontificat : on le voit évoquer, non sans émotion, les innombrables lieux de Pologne et du monde où il a présidé des célébrations eucharistiques, et revivre chacune des messes dites en 57 ans de sacerdoce comme un événement unique de rencontre intime avec Dieu et de contemplation du Christ.

Le choix du jour de la publication n'est pas anodin : cette lettre "aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l'Eucharistie dans son rapport à l'Église" remplace, cette année, le traditionnel message de Jean-Paul II aux prêtres pour le jour où l'Église catholique célèbre l'institution de ce sacrement par le Christ. Car, rappelle l'encyclique, "l'Église naît du mystère pascal" ; donc, "l'Eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal, a sa place au centre de la vie ecclésiale" (n. 3). Et le triduum de Pâques est toujours un événement contemporain : "Dans l'événement pascal et dans l'Eucharistie qui l'actualise au cours de siècles, il y a un "contenu" vraiment énorme, dans lequel est présente toute l'histoire en tant que destinataire de la grâce et de la rédemption" (n. 5).

Ecclesia de Eucharistia vivit, énonce Jean-Paul II, précisant : "Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église" (n. 1). La perspective de l'encyclique est donc double : il s'agit de la spiritualité et de la doctrine de l'Eucharistie, dans son rapport constitutif à l'Église. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver ici de nouvelles dispositions pour la célébration, ni un guide pour la pastorale liturgique : l'encyclique en signale au passage (et annonce un document destiné à rappeler certaines normes), mais là n'est pas son propos. Le propos du Pape s'exprime clairement à travers les six parties d'Ecclesia de Eucharistia (lire le texte intégral de l'encyclique en cliquant sur les liens de la colonne de droite).

Le don du Christ par excellence

L'Eucharistie est le don du Christ par excellence : non pas seulement un don fait par le Christ, mais le Christ lui-même qui se donne. Tel est le "mystère de la foi" acclamé à chaque célébration, le mystère du sacrifice de la Croix et de la Résurrection, à chaque fois rendu présent. Cette présence est "réelle", en ce sens "qu'elle est substantielle et que par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent tout entier" (n. 15, citant Paul VI).

Ce don est particulièrement manifeste dans la communion, aux deux sens de ce mot : le partage du Corps et du Sang du Christ à la fois unit intimement chaque fidèle à son Seigneur et, par l’œuvre de l'Esprit Saint, fait de toute l'Église le Corps du Christ sur la terre. La communauté célébrant l'Eucharistie a ainsi la responsabilité de "construire un monde qui soit à la mesure de l'homme et qui réponde pleinement au dessein de Dieu" (n. 20). Et Jean-Paul II de citer saint Jean Chrysostome, Père de la liturgie byzantine : "Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or, tandis que lui-même meurt de faim ? Commence par rassasier l'affamé, et avec ce qui restera tu orneras son autel".

L'Eucharistie édifie l’Église

"L'Eucharistie édifie l'Église", poursuit l'encyclique. Cela vaut, bien sûr, de la genèse de la communauté chrétienne, au soir de la dernière Cène : en donnant son corps et son sang en nourriture à ses Apôtres, JESUS les a unis au sacrifice qui l'attendait. De là cette réciprocité entre le Christ et tout baptisé : dans la communion sacramentelle, "nous pouvons dire non seulement que chacun d'entre nous reçoit le Christ, mais aussi que le Christ reçoit chacun d'entre nous" (n. 22). Ce n'est pas simplement "l'incorporation au Christ" qui est réalisée, mais tout l'édifice de l'Église qui se trouve consolidé, et la mission de celle-ci découvre, dans l'Eucharistie, "sa source et son sommet" - selon la définition de la liturgie par Vatican II.

L'Eucharisitie est "apostolique"

L'Eucharistie, comme l'Église, est "apostolique" : elle repose sur la foi des Apôtres, elle poursuit leur action et continue à être enseignée par eux. D'où l'insistance d'Ecclesia de Eucharistia (reprenant Lumen gentium) sur le ministère ordonné : certes, "les fidèles, pour leur part, en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'offrande de l'Eucharistie, mais c'est le prêtre ordonné qui célèbre le Sacrifice eucharistique en la personne du Christ et l'offre à Dieu au nom de tout le peuple" (n. 28). Il s'agit de manifester que l'Eucharistie "est un don qui dépasse radicalement le pouvoir de toute l'assemblée" (n. 29).

L'encyclique rappelle quelques conséquences de cette spécificité : "l'Eucharistie ne peut être célébrée sans prêtre ; il est recommandé aux prêtres de la célébrer quotidiennement pour conjurer le danger de la dispersion" entre leurs tâches ; les célébrations dominicales en l'absence de prêtre ne peuvent être que des solutions provisoires ; un catholique ne doit pas communier lors de célébrations protestantes, faute d'un plein accord sur la signification des sacrements de l'Ordre et de l'Eucharistie".

La communion

La communion de l'Église se manifeste dans l'Eucharistie. Cette vision catholique repose sur l'affirmation que l'Eucharistie est "le sommet de tous les sacrements car elle porte à sa perfection la communion avec Dieu le Père, grâce à l'identification avec le Fils unique par l'action du Saint-Esprit" (n. 34). On ne peut donc pas y participer pleinement si l'on n'est pas en pleine communion avec cette définition : cela vaut pour les personnes dans leurs actes (un fidèle en état de péché doit se confesser avant de communier) et leurs convictions (la communion est réservée aux personnes baptisées acceptant la foi catholique sur l'Eucharistie), ainsi que pour les communautés catholiques (l'Eucharistie les empêche de se replier sur elles-mêmes, ce que traduit la communion affirmée avec le Pape et les évêques) et pour les Églises séparées", avec qui il est impossible de célébrer "jusqu'à ce que soit rétablie l'intégrité" des "liens de la profession de foi, des sacrements et du gouvernement ecclésiastique" (n. 44). Rappelons que pour d'autres confessions chrétiennes, la communion entre les fidèles et entre communautés naît au contraire de la célébration du sacrement.

La dignité de la célébration

La célébration eucharistique doit être digne. Il y va à la fois de la simplicité et de la gravité du sacrement célébré : c'est un "banquet" familial, sans doute, mais qui "demeure pour toujours un banquet sacrificiel, marqué par le sang versé sur le Golgotha" (n. 48). Le Pape fait ici l'éloge de tout ce qui, en deux millénaires de christianisme, a été déployé pour manifester cette dignité : architecture et arts sacrés, création liturgique et inculturation, etc. Il attire aussi l'attention sur les dérives et les abus possibles, lançant "un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité", et rappelant que "la liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté" (n. 52).

Marie, femme "eucharistique"

Jean-Paul II s'est toujours fait un point d'honneur à conclure ses documents par un paragraphe dédié à la Vierge ; ici, c'est toute la dernière partie d'Ecclesia de Eucharistia qui chante la Mère du Christ comme modèle de foi et de vie eucharistiques, dès le Fiat par lequel elle permit au Verbe de se faire chair : "Durant toute sa vie au côté du Christ et non seulement au Calvaire, Marie a fait sienne la dimension sacrificielle de l'Eucharistie" (n. 56). Or, le Christ accomplit pour tous ses disciples ce qu'il a accompli envers sa Mère. Ainsi, "l'Eucharistie nous est donnée pour que toute notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat !" (n. 58).

"Il est grand ce mystère, assurément il nous dépasse et il met à rude épreuve les possibilités de notre esprit d'aller au-delà des apparences", conclut l'encyclique (n. 59). Mais ce mystère donne tout : le sacrifice rédempteur et la résurrection de JESUS, les dons de l'Esprit, l'amour du Père... "Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence ?" (n. 60). Or, négligences il y a eu, affirme Jean-Paul II, par allusion à Vatican II non dans son œuvre ("Il n'y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint sacrifice de l'autel" n. 10), mais dans certaines interprétations qui ont pu en être faites : abandon de l'adoration eucharistique, réduction de la messe à une rencontre conviviale, perte du rôle du prêtre et du caractère sacramentel...

En conclusion

Au final, même si Ecclesia de Eucharistia entend "dissiper les ombres sur le plan doctrinal et les manières de faire inacceptables" (n. 10), son propos est d'abord positif. L'encyclique ne dénonce ces manquements et ces excès que pour sauvegarder l'extraordinaire "trésor" qu'est l'Eucharistie pour l'Église : "un don trop grand et trop précieux » pour que quiconque puisse l'amputer ou se l'approprier. Un "Mystère ineffable avec lequel chaque génération est invitée à se mesurer" (n. 51). Jean-Paul II en est, ici, le témoin autant que le messager ardent.

Juin 2003


Source : la-croix.com








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L'Eucharistie, Corpus Christie

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