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 L'incarnation de JESUS CHRIST

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RAMOSI
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MessageSujet: L'incarnation de JESUS CHRIST   Dim 20 Déc 2015, 9:57 pm




L'incarnation de JESUS Christ

1. Définition

L'incarnation est l'acte par lequel le Fils de Dieu a revêtu volontairement un corps humain:

La Parole était auprès de Dieu... la Parole était Dieu... la Parole devint chair (Jean 1.1 et Jn 1.14)




Citation :
Jean 1

1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

2 Elle était au commencement avec Dieu.

3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Dim 20 Déc 2015, 10:04 pm





Citation :
14 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.
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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Dim 20 Déc 2015, 10:21 pm



Catéchèse de Benoît XVI : le Fils de Dieu s'est fait homme

Synthèse

Le 09 janvier 2013 - E. S. M. - Le pape Benoit XVI a consacré la catéchèse de la l'audience générale au sens du mot incarnation, qui caractérise la célébration de Noël. "Comme nous le disons dans le Credo, le Fils de Dieu s'est fait homme". Saint Ignace d'Antioche et saint Irénée de Lyon, a d'emblée rappelé Benoît XVI, ont "utilisé ce terme pour commenter le prologue de l'Evangile de Jean, où figure l'expression: Le Verbe s'est fait chair. Ici, le mot chair indique l'homme dans son intégralité, sous l'aspect de la caducité temporelle, de sa pauvreté et de sa contingence. Cela indique que le salut apporté par Dieu incarné en JESUS touche l'homme dans toute sa réalité et dans la variété des conditions où il se trouve. Dieu a assumé la condition humaine pour la guérir de tout ce qui la sépare de lui, pour permettre à l'homme de l'appeler Père à travers son Fils Unique". Puis il a rappelé que la coutume de l'échange des cadeaux à l'occasion de Noël exprime affection, amour et estime. Dans la liturgie, il "nous rappelle à la conscience du don original qu'est la Nativité. En s'incarnant, Dieu s'est fait don pour tous les hommes. Il a assumé notre humanité pour nous offrir sa divinité, et ce grand don" est le modèle des dons que nous faisons, "de manière à ce que nos rapports, notamment les plus importants, soient guidés par la gratuité et l'amour". L'incarnation "montre le réalisme de l'amour divin. De fait, l'action divine ne se limite pas aux paroles. Dieu, qui ne se contente pas de parler, s'immerge dans l'histoire et se charge du poids de la vie humaine".

"Ce mode d'action de Dieu constitue un fort encouragement à nous interroger sur notre foi, qui ne saurait se limiter à un sentiment ou à des émotions et doit se concrétiser dans notre existence quotidienne pour l'orienter de manière pratique. La foi revêt un aspect fondamental qui intéresse l'esprit, le coeur et notre vie entière". Citant encore les Pères de l'Eglise qui ont rapproché JESUS et Adam, l'appelant le Second Adam, "l'Adam définitif, image parfaite de Dieu. Avec l'incarnation du Fils de Dieu une nouvelle création s'est manifestée, qui complète la question de savoir qui est l'homme. C'est effectivement en JESUS que s'accomplit parfaitement le projet divin sur l'être humain, car il est selon Dieu l'homme définitif. Il est donc capital de s'émerveiller à nouveau face au Mystère, de se laisser prendre par la grandeur de l'évènement qui voit Dieu parcourir notre humanité pour communiquer sa vie même aux hommes. Et il ne le fait pas avec la majesté d'un souverain soumettant le monde à sa puissance mais avec la petitesse d'un nouveau-né. Dans cet enfant, ce Fils de Dieu que nous adorons à Noël, nous voyons le visage véritable de l'être humain. C'est en nous ouvrant à l'action de sa grâce et en cherchant jour après jour à le suivre que nous réaliserons le projet de Dieu sur chacun de nous".



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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Lun 21 Déc 2015, 8:22 pm




2. La réalisation de l'incarnation de JESUS Christ

Elle s'est faite d'une façon miraculeuse et inexplicable par l'intermédiaire de Marie, jeune fille juive, vierge et pieuse.

Et l'ange dit: "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi aussi le saint être qui naîtra sera appelé Fils de Dieu (Luc 1.35)

Nier ce fait fondamental c'est être animé de l'esprit de l'antichrist (1 Jean 4.2-3)

JESUS est le seul homme sans péché:"Il n'a pas commis le péché" (1 Pierre 2.22)"Il n'a pas connu le péché" (2 Corinthiens 5.21) "Il n'y a point de péché en lui" (1Jean 3.5)




Citation :
Luc 1.35 L'ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Lun 21 Déc 2015, 8:33 pm



Citation :
1 Jean 4

1 Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

2 Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse JESUS Christ venu en chair est de Dieu;

3 et tout esprit qui ne confesse pas JESUS n'est pas de Dieu, c'est celui de l'antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Lun 21 Déc 2015, 8:47 pm



Julien de Vézelay, Premier sermon pour Noël, Sources Chrétiennes, n. 192, p. 45s ; cf. Delhougne, Les Pères commentent, p. 324.


Un silence paisible enveloppait toute chose, et la nuit était au milieu de son cours rapide. Alors ta Parole toute-puissante, Seigneur, est venue de ton trône royal (Sg 18, 14-15).

Ce texte de l'Écriture désigne le temps très saint où la Parole toute-puissante de Dieu est venue jusqu'à nous pour nous parler de notre salut. Partant du secret le plus intime du Père, elle est descendue dans le sein d'une mère... La Parole de Dieu vient donc à nous de son trône royal ; elle s'abaisse pour nous élever ; elle s'appauvrit pour nous enrichir ; elle se fait homme pour nous diviniser.

Cette Parole avait dit : Que le monde soit, et le monde a été fait ; elle avait dit : Que l'homme soit, et l'homme a été fait. Mais ce qu'elle avait créé, la Parole ne l'a pas recréé aussi facilement. Elle a créé par son commandement, mais elle a recréé par sa mort. Elle a créé en commandant, mais elle a recréé en souffrant. « Vous m'avez donné bien de la peine », dit-elle (cf. Ml 2, 17). L'univers, dans toute sa complexité, ne m'a donné aucune peine pour l'organiser et le gouverner, car « je déploie ma vigueur d'un bout du monde à l'autre et je gouverne l'univers avec douceur » (Sg 8, 1). Seul l'homme, violateur de ma loi, m'a donné de la peine, avec ses péchés. C'est pourquoi, venant du trône céleste, je n'ai pas refusé de me renfermer dans le sein d'une vierge et de m'unir en une seule personne avec l'humanité déchue. Dès ma naissance on m'enveloppe de langes, on me couche dans une mangeoire parce qu'il n'y a pas de place à l'auberge pour le Créateur du monde...

Toutes choses étaient plongées au milieu du silence, c'est-à-dire entre les prophètes qui ne parlaient plus et les apôtres qui parleront plus tard... Que la parole du Seigneur vienne encore maintenant vers ceux qui font silence. Écoutons ce que le Seigneur nous dit au fond de nous-mêmes. Que les mouvements et les cris malencontreux de notre chair se taisent, que les images désordonnées de notre spectacle intérieur fassent silence, pour que nos oreilles attentives écoutent librement ce que dit l'Esprit, pour qu'elles écoutent la voix qui est au-dessus du firmament.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mar 22 Déc 2015, 8:20 pm





3. L'historicité de l'incarnation de JESUS Christ

JESUS est venu sur la terre "au temps convenable" (Romains 5.6) au moment (Daniel 9.24-26) et au lieu (Michée 5.1) fixés par Dieu lui-même.

Sa naissance eu lieu sous l'empereur romain Auguste (Luc 2.1) en l'an 4 ou 5 avant notre ère.

Des livres profanes d'historiens connus (Tacite et Josèphe) confirment l'historicité de JESUS Christ.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mar 22 Déc 2015, 8:33 pm




Citation :
Romains 5

1 Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur JESUS Christ,

2 à qui nous devons d'avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu.

3 Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l'affliction produit la persévérance,

4 la persévérance la victoire dans l'épreuve, et cette victoire l'espérance.

5 Or, l'espérance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous a été donné.

6 Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies.

7 A peine mourrait-on pour un juste; quelqu'un peut-être mourrait-il pour un homme de bien.

8 Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.

9 A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère.

10 Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.

11 Et non seulement cela, mais encore nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur JESUS Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation.

12 C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché,...

13 car jusqu'à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n'est pas imputé, quand il n'y a point de loi.

14 Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir.

15 Mais il n'en est pas du don gratuit comme de l'offense; car, si par l'offense d'un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d'un seul homme, JESUS Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup.

16 Et il n'en est pas du don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché; car c'est après une seule offense que le jugement est devenu condamnation, tandis que le don gratuit devient justification après plusieurs offenses.

17 Si par l'offense d'un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par JESUS Christ lui seul.

18 Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes.

19 Car, comme par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul beaucoup seront rendus justes.

20 Or, la loi est intervenue pour que l'offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé,

21 afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par JESUS Christ notre Seigneur.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mar 22 Déc 2015, 8:41 pm





JESUS se manifeste à nous, se mettant à notre portée


Homélie grecque du IVème siècle [1], n°2, PG 10, 1156.


Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur... Il a porté secours à Israël son enfant (Lc 1, 54 grec), se souvenant de sa miséricorde et de l'alliance qu'il avait établie avec Abraham et sa descendance pour l'éternité ». Voyez-vous comment la Vierge surpasse la perfection du patriarche et confirme l'alliance que Dieu a établie avec Abraham, lorsqu'il lui dit : « Telle sera l'alliance entre moi et toi » ? (Gn 17, 11)... C'est le chant de cette prophétie que la sainte Mère de Dieu adresse à Dieu lorsqu'elle dit : « Mon âme exalte le Seigneur..., car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses, saint est son nom. En me rendant la mère de Dieu, il préserve ma virginité. En mon sein se récapitule, pour y être sanctifiée, la plénitude de toutes les générations. Car il a béni tous les âges, hommes, femmes, jeunes gens, enfants, vieillards »...

« Il a renversé les puissants de leur trône et a élevé les humbles »... Les humbles, les peuples païens, qui étaient affamés de justice (Mt 5, 6), ont été exaltés. En faisant paraître leur humilité et leur faim de Dieu, et en sollicitant la parole de Dieu comme la Cananéenne demande les miettes (Mt 15,27), ils ont été rassasiés des richesses que recèlent les mystères divins. Car tout le lot des faveurs divines, JESUS Christ notre Dieu, le fils de la Vierge, l'a distribué aux païens. « Il a relevé Israël son enfant », non un quelconque Israël, mais son enfant, dont il honore la haute naissance. Voilà pourquoi la Mère de Dieu appelle ce peuple son enfant et son héritier. Dieu trouvant ce peuple épuisé par la lettre, exténué par la Loi, l'appelle à sa grâce. En donnant ce nom à Israël, il le relève, « se souvenant de sa miséricorde, ainsi qu'il l'avait promis à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa descendance pour l'éternité ». Ces quelques paroles résument tout le mystère de notre salut. Voulant sauver l'humanité et sceller l'alliance établie avec nos pères, JESUS Christ alors « inclina les cieux et descendit » (Ps 17, 10). Et ainsi il se manifeste à nous, se mettant à notre portée, afin que nous puissions le voir, le toucher et l'entendre parler.






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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mer 23 Déc 2015, 3:14 am

amen2
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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mer 23 Déc 2015, 7:06 pm




4. Le but de l'incarnation de JESUS Christ

- Pour achever la révélation de Dieu à l'homme: JESUS est la pleine révélation du Père
Personne ne vit jamais Dieu: le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître. (Jean 1.18)

- Pour partager la condition humaine - excepté le péché - et ainsi sympathiser à nos infirmités (Hébreux 4.15)

- Pour accomplir l'oeuvre qui nous permet d'être sauvés (2 Corinthiens 5.21)

- Pour faire l'abolition du péché par son sacrifice. ( Hébreux 9.26)




Citation :
Jean 1.18 Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mer 23 Déc 2015, 7:12 pm




Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
5e Sermon pour la Vigile de Noël

« La gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière »

La nuit enveloppait le monde entier avant que se lève la lumière véritable, avant la naissance du Christ ; la nuit régnait aussi en chacun de nous, avant notre conversion et notre régénération intérieure. N'était-ce pas la nuit la plus profonde, les ténèbres les plus épaisses sur la face de la terre quand nos pères honoraient des faux dieux ? ... Et une autre nuit sombre n'était-t-elle pas en nous quand nous vivions sans Dieu en ce monde, suivant nos passions et les attraits de ce monde, faisant des choses dont nous rougissons aujourd'hui comme d'autant d'œuvres de ténèbres ? ...

Mais maintenant vous êtes sortis de votre sommeil, vous vous êtes sanctifiés, devenus enfants de la lumière, enfants du jour, et non plus des ténèbres et de la nuit (1Th 5,5)... « Demain vous verrez la majesté de Dieu en vous. » Aujourd'hui, le Fils s'est fait pour nous justice venue de Dieu ; demain, il se manifestera comme notre vie, pour que nous paraissions avec lui dans la gloire. Aujourd'hui un petit enfant est né pour nous, pour nous empêcher de nous élever dans la vaine gloire et, en nous convertissant, pour devenir comme de petits enfants (Mt 18,3). Demain il va se montrer en sa grandeur pour nous pousser à la louange et pour que nous aussi nous puissions être glorifiés et loués lorsque Dieu décernera à chacun sa gloire... « Nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est » (1Jn 3,2). Aujourd'hui, en effet, nous ne le voyons pas en lui-même, mais comme en un miroir (1Co 13,12) ; maintenant il reçoit ce qui relève de nous. Mais demain nous le verrons en nous, lorsqu'il nous donnera ce qui relève de lui, quand il se montrera tel qu'il est en lui-même et nous prendra pour nous élever jusqu'à lui.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Jeu 24 Déc 2015, 7:52 pm




5. La préexistence de JESUS

Dire que JESUS s'est incarné sous-entend sa préexistence. Elle est affirmée dans la Bible:

JESUS Christ est sorti "d'auprès de Dieu","d'auprès du Père", il est "venu de Dieu" (Jean 16.27-30). Il est "descendu du ciel" (Jean 3.13) "où il était auparavant" (Jean 6.62)



Citation :
Jean 16

27 car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.

28 Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père.

29 Ses disciples lui dirent: Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n'emploies aucune parabole.

30 Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n'as pas besoin que personne t'interroge; c'est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Jeu 24 Déc 2015, 8:08 pm




DIEU s'est fait semblable à nous, pour nous rendre semblables à lui.


François de Sales, Sermon pour la veille de Noël, 24 décembre 1613, t. IX, pp. 2-4.


Les Chrétiens [...] ont eu l'honneur de savoir que l'homme a été fait Dieu et que Dieu s'est fait homme, bien qu'ils ne soient pas capables de comprendre la grandeur du mystère de l'Incarnation et de la très sainte Nativité de Notre-Seigneur, car c'est un mystère caché dans l'obscurité des ténèbres de la nuit ; non pas que le mystère soit ténébreux en soi-même, car Dieu n'est que lumière (Jn 1, 5- 9 ; 1 Jn 1, 5). Mais comme l'on voit que nos yeux ne sont pas capables de regarder la lumière ou la clarté du soleil sans s'obscurcir (de sorte qu'après s'être voulu appliquer à regarder cette lumière nous sommes contraints de les fermer, n'étant pas capables de rien voir pour quelque temps), de même, ce qui nous empêche de comprendre le mystère de la très sainte Nativité de Notre-Seigneur n'est pas qu'il soit ténébreux en soi-même, mais parce qu'il n'est que lumière et clarté. Et notre entendement, qui est l'œil de notre âme, ne le peut regarder longuement sans s'obscurcir, et confesser en s'humiliant qu'il ne peut pénétrer dans le fond de ce mystère, pour comprendre comme Dieu s'est incarné dans le ventre virginal de la très sainte Vierge, et s'est fait homme semblable à nous pour nous rendre semblables à Dieu.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Lun 28 Déc 2015, 8:21 pm



L’homme-Dieu


Syméon le Nouveau Théologien, Hymne 21, 468s ; Sources Chrétiennes n. 174.

Envoyé et sorti du Père, le Verbe est descendu
et il a habité tout entier dans les entrailles de la Vierge.
Tout entier il était dans le Père,
et tout entier il était dans ce sein virginal,
et tout entier dans le tout, lui que rien ne peut contenir...
Demeurant inchangé, il a pris la forme d'esclave (Ph 2, 7)
et après avoir été mis au monde, il est devenu un homme en tout...
Comment affirmer ce qui est impossible à expliquer
à tous les anges, aux archanges et à tout être créé ?
On le pense d'une manière véritable,
mais on ne peut pas du tout l'exprimer,
et notre esprit ne peut pas le comprendre vraiment parfaitement.

Comment donc Dieu et homme, et homme-Dieu
est-il aussi le Fils du Père, tout entier,
d'une manière qui ne l'en sépare pas ;
comment est-il devenu fils de la Vierge et est-il sorti dans le monde ;
et comment est-il resté impossible à contenir pour tous ?...
Tu resteras silencieux maintenant
car même si tu voulais parler, ton esprit ne trouvera pas de parole,
et ta langue bavarde demeure réduite au silence...

Gloire à toi, Père et Fils et Esprit Saint,
divinité que l'on ne peut pas saisir, indivisible dans sa nature.
Nous t'adorons dans l'Esprit Saint,
nous qui possédons ton Esprit, car nous l'avons reçu de toi.
Et, voyant ta gloire, nous ne recherchons pas indiscrètement,
mais c'est en lui, ton Esprit, que nous te voyons,
Père inengendré, et ton Verbe engendré qui sort de toi.
Et nous adorons la Trinité indivisible et sans mélange
dans son unique divinité et souveraineté et puissance.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Jeu 07 Jan 2016, 10:07 pm




Emmanuel, qui se traduit « Dieu avec nous »
– Ælred de Rievaulx


Ælred de Rievaulx, Sermon pour l'Annonciation, coll. Pain de Cîteaux, n°24, p. 216, et Solesmes,


«Emmanuel, qui se traduit 'Dieu avec nous' » (Mt 1, 23). Oui, Dieu avec nous ! Jusqu'alors, il était Dieu au-dessus de nous, Dieu en face de nous, mais aujourd'hui il est « Emmanuel ». Aujourd'hui il est Dieu avec nous dans notre nature, avec nous dans sa grâce ; avec nous dans notre faiblesse, avec nous dans sa bonté ; avec nous dans notre misère, avec nous dans sa miséricorde ; avec nous par amour, avec nous par lien de famille, avec nous par tendresse, avec nous par compassion.

Dieu avec nous ! Vous n'avez pas pu, vous les fils d'Adam, monter au ciel pour être avec Dieu (cf. Dt 30, 12) ; Dieu descend du ciel pour être Emmanuel, Dieu avec nous. Il vient chez nous pour être Emmanuel, Dieu avec nous, et nous, nous négligeons de venir à Dieu pour être avec lui ! « Vous, humains, jusqu'à quand votre cœur sera-t-il appesanti ? Pourquoi aimer le néant et chercher le mensonge ? » (Ps 4, 3) Voici venue la vérité : « pourquoi aimer le néant ? » Voici venue la parole vraie et inaltérable : « pourquoi chercher le mensonge ? » Voici Dieu avec nous.

Comment pourrait-il être davantage avec moi ? Petit comme moi, faible comme moi, nu comme moi, pauvre comme moi — en tout, il est devenu semblable à moi, prenant ce qui est mien et donnant ce qui est sien. Je gisais mort, sans voix, sans sens ; la lumière même de mes yeux n'était plus avec moi. Aujourd'hui est descendu cet homme si grand, « ce prophète puissant en œuvres et en paroles » (Lc 24,19). Il a « posé son visage sur mon visage, sa bouche sur ma bouche, ses mains sur mes mains » (2 R 4, 34), et il s'est fait Emmanuel, Dieu avec nous !





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mer 20 Jan 2016, 8:33 pm




JESUS je t'attends,

Jean XXIII

Demain doit être un jour de grand recueillement et de grande ferveur. JESUS est proche, il est sur le point de sortir du sein maternel. Il a déjà fait entendre sa voix pleine d'amour : « Voici que je viens ! » (Ap 16, 15) Et moi, je dois me préparer avec une attention spéciale à sa venue, car j'en espère des avantages immenses. J'ai de grandes choses à lui communiquer, et il a, lui, de grands et innombrables bienfaits à me donner. Demain, mon esprit et mon cœur doivent rester au calme toute la journée devant le tabernacle, transformé ces jours-ci en étable de Bethléem. « Viens, bon JESUS, viens et ne tarde pas ! »...

La nuit est déjà avancée, les étoiles scintillent dans le froid du ciel. De la ville, des voix bruyantes et des cris parviennent à mes oreilles. Ce sont les jouisseurs de ce monde qui fêtent dans les excès la pauvreté du Sauveur. Et moi, je veille, en pensant au mystère de Bethléem. Viens, Seigneur JESUS, je t'attends.

Marie et Joseph, repoussés par les habitants et sentant le moment arrivé, partent dans la campagne à la recherche d'un abri. Moi, je ne suis qu'un pauvre berger, je n'ai qu'une pauvre étable, une petite mangeoire et un peu de paille. Je vous offre tout, ayez la bonté d'accepter cette pauvre cabane. Hâte-toi, JESUS, voici mon cœur pour toi. Mon âme est pauvre et vide de vertus, la paille de mes nombreuses imperfections te piquera... ; mais que veux-tu, Seigneur ? C'est tout ce que je possède. Ta pauvreté m'émeut, m'attendrit, m'arrache des larmes. Mais je ne vois rien de mieux à t'offrir. JESUS, orne mon âme de ta présence, de tes grâces, brûle la paille et change-la en une couche sous ton corps très saint...

JESUS, je t'attends... Ils te laissent geler ; viens dans mon cœur. Je ne suis qu'un petit pauvre, je te réchaufferai de mon mieux ; au moins, je veux que tu te réjouisses du désir que j'ai de t'aimer beaucoup.






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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Sam 30 Jan 2016, 9:24 pm




La naissance du sauveur, mort de la mort
– Basile de Césarée


Basile de Césarée, Homélie pour la Nativité du Christ, 2, 6 , PG 31, 1459, trad. Orval.


Dieu sur terre, Dieu parmi les hommes ! Ce n'est plus celui qui donne sa Loi au milieu des éclairs, au son de la trompette sur la montagne fumante, au sein de l'obscurité d'un orage terrifiant (Ex 19,18), mais celui qui s'entretient avec douceur et bonté, dans un corps humain, avec ses frères. Dieu dans notre chair ! Ce n'est plus celui qui n'agit que par moments, comme chez les prophètes, mais celui qui assume pleinement la nature humaine et qui, par sa chair qui est notre chair, élève à lui toute l'humanité.

Comment la lumière est-elle venue en tous par un seul ? De quelle manière la divinité est-elle dans la chair ? Comme le feu dans le fer... : tout en demeurant à sa place, le feu communique au fer sa propre ardeur ; il n'est pas du tout diminué par cela mais il remplit entièrement le fer auquel il se communique. De la même manière Dieu, le Verbe qui « a demeuré parmi nous », n'est pas sorti hors de lui-même ; le Verbe qui s'est fait chair ne s'est pas soumis au changement ; le ciel n'a pas été privé de celui qui le contenait et la terre a accueilli celui qui est dans les cieux...

Entre pleinement dans ce mystère : Dieu est venu dans la chair afin de tuer la mort qui s'y cachait. De même que les médicaments nous guérissent lorsqu'ils sont assimilés par le corps, de même que l'obscurité qui règne dans une maison est dissipée quand la lumière y entre, ainsi la mort qui nous tenait en son pouvoir a été anéantie par la venue de notre Dieu. De même que la glace formée pendant la nuit fond sous la chaleur des rayons du soleil, ainsi la mort a régné jusqu'à l'avènement du Christ. Mais lorsque le Soleil de justice s'est levé (Ml 3,20), « la mort a été engloutie dans la victoire » (1 Co 15,54), elle ne pouvait pas supporter cette présence de la vraie vie... Rendons gloire avec les bergers, dansons en chœur avec les anges, « car aujourd'hui nous est né un Sauveur, qui est le Messie, le Seigneur » (Lc 2,11)... Fêtons le salut du monde, le jour de la naissance de toute l'humanité.


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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mer 10 Fév 2016, 8:58 pm





Sermon sur l’Incarnation
– Saint Augustin

Augustin d'Hippone, "Sermon sur l'Incarnation", in Sermons sur le propre du temps, tr. fr. M. Raulx, Bar-Le-Duc, L. Guérin et Cie Editeurs, 1868.

1. Mes frères, que votre charité écoute en quels termes le prophète Isaïe a annoncé Notre-Seigneur JESUS-Christ. « Voici », dit-il, « qu'une vierge concevra dans son sein et enfantera un Fils » (Is 7, 14) ; « et vous l'appellerez JESUS, car il sauvera lui-même son peuple de leurs péchés » (Mt 1, 21).

2. « Joseph, fils de David » (Mt 1, 20). Vous voyez, mes frères, la race tout entière désignée dans une seule personne ; vous voyez dans un seul nom toute une généalogie. Vous voyez dans Joseph la famille de David. « Joseph, fils de David » ; Joseph était sorti de la vingt-huitième génération, et il est appelé fils de David, pour mieux nous découvrir le mystère de sa naissance, et nous prouver l'accomplissement de la promesse ; ne s'agit-il pas d'une conception surnaturelle et d'un enfantement céleste dans une chair restée parfaitement vierge ? « Joseph, fils de David » ; voici en quels termes David avait reçu la promesse de Dieu le Père : « Le Seigneur a juré la vérité à David, et il ne le trompera pas : je placerai sur mon trône le fruit de tes entrailles » (Ps 131, 11). David chante ainsi ce grand événement : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite » (Ps 110, 1). « Le fruit de vos entrailles » ; c'est bien le fruit de ses entrailles, le fruit de son sein ; car le divin Hôte, le Dieu du ciel, en venant faire séjour dans son sein, n'a pas connu les barrières du corps ; il est sorti du sein de Marie sans ouvrir la porte virginale. Et c'est ainsi que s'est accomplie cette parole du Cantique des Cantiques : « Mon Épouse, jardin fermé, source scellée » (Ct 4, 14).

3. « Joseph, fils de David, gardez-vous de craindre ». L'époux est prévenu de ne pas craindre au sujet de son épouse, car tout esprit vraiment pieux s'effraie d'autant plus qu'il compatit davantage. « Joseph, fils de David, gardez-vous de craindre » ; vous qui êtes assuré de votre conscience, ne succombez pas sous le poids des pensées que provoque ce mystère. « Fils de David, gardez-vous de craindre ». Ce que vous voyez est une vertu, et non pas un crime ; ce n'est point une chute humaine, mais un abaissement divin ; c'est une récompense, et non pas une culpabilité. C'est un accroissement du ciel, et non pas un détriment du corps. Ce n'est point la perte d'une personne, mais le secret du Juge. Ce n'est point le châtiment d'une faute, mais la palme de la victoire. Ce n'est point la honte de l'homme, mais le trésor de JESUS-Christ. Ce n'est point la cause de la mort, mais de la vie. Voilà pourquoi : « Gardez-vous de craindre », car celle qui porte un tel Fils ne mérite point la mort. « Joseph, fils de David, ne craignez pas de recevoir Marie pour votre épouse ». La loi divine elle-même donne à la compagne de l'homme le titre d'épouse. De même donc que Marie est devenue mère sans éprouver aucune atteinte à sa virginité, de même elle porte le nom d'épouse en conservant sa pudeur virginale.

4. « Joseph, fils de David, ne craignez pas de recevoir Marie pour votre épouse ; car l'enfant qui naîtra d'elle est le fruit du Saint-Esprit ». Qu'ils viennent et entendent, ceux qui demandent quel est cet enfant qui est né de Marie : « Ce qui est né en elle vient du Saint-Esprit ». Qu'ils viennent et entendent, ceux qui, profitant de l'obscurité du grec pour troubler la pureté latine, ont multiplié les blasphèmes dans le but de faire disparaître ces expressions : Mère de l'homme, Mère du Christ, Mère de Dieu. « Ce qui est né en elle vient du Saint-Esprit ». Et ce qui est né du Saint-Esprit est esprit, parce que « Dieu est esprit ». Pourquoi donc demander ce qui est né du Saint-Esprit ? Il est Dieu, et parce qu'il est Dieu il nous répond avec saint Jean : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ; et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire » (Jn 1, 1-14). Jean a vu sa gloire ; vous, infidèle, mesurez l'injure : « Ce qui est né en elle vient du Saint-Esprit. Et nous avons vu sa gloire ». De qui ? « De Celui qui est né du Saint-Esprit » ; du « Verbe qui s'est fait chair et qui a habité parmi nous. Ce qui est né en elle vient du Saint-Esprit ». Une Vierge a conçu, mais par l'action du Saint-Esprit ; une Vierge a enfanté, mais enfanté Celui que prophétisait Isaie en ces termes : « Voici qu'une Vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous ». Il sera homme avec eux, mais : « Maudit soit l'homme qui place son espérance dans l'homme » (Jr 17, 15).

5. Qu'ils écoutent, ceux qui demandent quel est celui qui est né de Marie. « Elle enfantera un fils », dit l'Ange, « et ils l'appelleront JESUS ». Pourquoi JESUS ? L'Apôtre répond : « Afin qu'au nom de JESUS tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 10). Et vous, disciple trompeur, vous demandez ce qu'est JESUS ? « Que toute langue confesse que le Seigneur JESUS est dans la gloire de Dieu son Père » (Ph 2, 11), et vous osez encore demander hautement ce qu'est JESUS !

6. Écoutez de nouveau ce qu'est JESUS « Elle enfantera un fils, et il sera appelé JESUS. Car il sauvera son peuple de leurs péchés ». Ce n'est pas le peuple d'un autre qu'il doit sauver. De quoi le sauvera-t-il ? de leurs péchés. Que Dieu seul puisse remettre les péchés ; si vous n'en croyez pas les chrétiens, croyez du moins à la parole des Juifs : « Vous n'êtes qu'un homme, et vous vous faites Dieu » (Jn 10, 33). « Personne ne peut remettre les péchés, si ce n'est Dieu seul » (Lc 5, 31). Les Juifs refusaient de croire à la divinité de JESUS, puisqu'ils ne lui croyaient pas le pouvoir de remettre les péchés ; vous, au contraire, vous croyez qu'il remet les péchés et vous hésitez à le proclamer Dieu. « Le Verbe s'est fait chair », afin que l'homme-chair pût s'élever jusqu'à la gloire de Dieu, et non pas afin que Dieu fût changé en chair, selon cette parole de l'Apôtre : « Celui qui s'unit à Dieu est un seul esprit avec lui » (1 Co 6, 17) ; de même, quand Dieu s'unit à l'homme, il est un seul Dieu. Les lois humaines établissent la prescription de trente ans pour éteindre tous les procès ; et voilà déjà près de cinq cents ans que JESUS-Christ soutient la cause de sa naissance. Son origine lui est disputée, sa nature est sans cesse remise en question. Hérétiques, cessez de juger notre Juge, et adorez dans le ciel notre. Dieu que le Mage a proclamé Dieu sur la terre. C'est à lui qu'appartiennent l'honneur et la gloire, la louange et l'empire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Dim 21 Fév 2016, 8:11 pm




L’avènement du Seigneur
– Ælred de Rievaulx

Ælred de Rievaulx, Sermon pour l'Avent, coll. de Durham, Bouchet, Lectionnaire, p. 32, in Pain de Cîteaux, n°23, p. 10.

Voici arrivé pour nous, frères très chers, le temps où nous devons « chanter amour et jugement pour le Seigneur » (Ps 100, 1). C'est l'Avent du Seigneur, l'avènement du Maître de tout qui vient et qui va venir (Ap 1, 8). Mais comment et où va-t-il venir ; comment et où vient-il ? N'a-t-il pas dit : « Je remplis le ciel et la terre ? » (Jr 23, 24) Comment vient-il donc au ciel et sur terre celui qui emplit ciel et terre ? Écoute l'Évangile : « Il était dans le monde et le monde a été fait par lui et le monde ne l'a pas connu » (Jn 1, 10). Il était donc présent et absent à la fois : présent, car il était dans le monde ; absent car le monde ne l'a pas connu... Comment n'aurait-il pas été loin, celui qui n'était pas reconnu, en qui l'on ne croyait pas, qui n'était pas craint, que l'on n'aimait pas ?...

Il vient donc pour qu'on le connaisse, celui qui n'était pas reconnu ; pour qu'on le croie, celui en qui l'on ne croyait pas ; pour qu'on le craigne, celui qui n'était pas craint ; pour qu'on l'aime, celui qui n'était pas aimé. Celui qui était présent par sa nature vient dans sa miséricorde... Pensez un peu à Dieu et voyez ce que cela représente pour lui de déposer une si grande puissance, comment il humilie un si grand pouvoir, comment il affaiblit une si grande force, comment il rend déraisonnable une si grande sagesse. Était-ce un devoir de justice envers l'homme ? Certainement pas !...

Vraiment, Seigneur, ce n'est pas ma justice, mais ta miséricorde, qui t'a conduit ; ce n'est pas ton indigence, mais mon besoin. Tu as dit en effet : « La miséricorde est bâtie dans les cieux » (Ps 88, 3). C'est bien cela, parce que la misère abondait sur la terre. Voilà pourquoi « je chanterai pour toi, Seigneur, la miséricorde » que tu as manifestée lors de ta venue... Quand il s'est montré humble dans son humanité, puissant en ses miracles, fort contre la tyrannie des démons, doux dans l'accueil des pécheurs, tout cela provient de sa miséricorde, tout cela vient de ses entrailles de bonté. Voilà pourquoi, « je chanterai, Seigneur, la miséricorde » que tu as manifestée lors de ta première venue. Et à juste titre, car « la terre est remplie de la miséricorde du Seigneur » (Ps 118, 64).






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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Dim 06 Mar 2016, 8:35 pm





L’Incarnation est la preuve que nous ne sommes pas jugés
– Yves de Chartres

Yves de Chartres, Discours 15, PL 162, 583, tr. Delhougne, les Pères commentent, p. 483.

Nous fêtons aujourd'hui l'admirable conception de JESUS par la Vierge. Nous célébrons le commencement de notre rédemption et annonçons le dessein de Dieu, formé avec bonté et puissance. Car si le Seigneur de l'univers était venu à la recherche de ses serviteurs en fuite pour les juger et non pour leur montrer sa bonté, il ne se serait jamais revêtu de cette fragile enveloppe de limon (Gn 2, 7) dans laquelle il a pu souffrir avec nous et pour nous.

Aux païens cela paraît, pour reprendre les paroles de saint Paul, de la faiblesse et de la folie (1 Co 1, 23.25), car ils se fondent sur les raisonnements de la vaine philosophie et forment des jugements sur le Créateur d'après les lois de la création. Est-il plus grande œuvre de puissance que de faire concevoir la Vierge, à l'encontre des lois de la nature ? Et, après avoir pris notre chair, de ramener une nature mortelle à la gloire de l'immortalité en passant par la mort ? C'est pourquoi l'apôtre dit : « La faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme » (v. 25)…

Aujourd'hui le sein de la Vierge devient la porte du ciel par laquelle Dieu descend chez les hommes pour les faire monter au ciel.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Ven 18 Mar 2016, 8:58 pm





DIEU est amour, à cause de cet amour il s’est laissé voir par nous
– Clément d’Alexandrie

Clément d'Alexandrie, Homélie « Quel riche peut être sauvé ? », 37, trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 130 rev.

La Nativité - Tapisserie médiévale, Collection Burrell, Glasgow.




Contemple les mystères de l'amour, alors tu verras « le sein du Père » que, seul, « le Fils unique nous a fait connaître », lui qui est Dieu (Jn 1, 18). Dieu lui-même est amour (1 Jn 4, 8), et, à cause de cet amour, il s'est laissé voir par nous. Dans son être inexprimable, il est Père ; dans sa compassion pour nous, il est devenu Mère. En aimant, le Père se montre aussi féminin.

La preuve éclatante en est celui qu'il engendre de lui-même. Et ce Fils, fruit de l'amour, est amour. A cause de cet amour, il est descendu lui-même. A cause de cet amour, il a revêtu notre humanité. A cause de cet amour, librement, il a souffert tout ce qui relève de la condition humaine. Ainsi, en se mettant à la mesure de notre faiblesse, à nous qu'il aimait, il nous a mis en retour à la mesure de sa force à lui. Sur le point de s'offrir en sacrifice et de se donner lui-même comme prix de la rédemption, il nous a laissé un testament nouveau : « Je vous donne mon amour » (cf Jn 13, 34 ; 14, 27). Quel est cet amour ? Quelle valeur a-t-il ? Pour chacun de nous, « il a livré sa vie » (1 Jn 3, 16), une vie plus précieuse que l'univers entier.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Dim 03 Avr 2016, 6:53 pm





En JESUS Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme
– Benoît XVI

Benoît XVI, Homélie, 25 décembre 2005, Libreria Editrice Vaticana.

En JESUS Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s'est fait homme. C'est à lui que le Père dit : « Tu es mon fils » (Ps 2, 7). L'aujourd'hui éternel de Dieu est descendu dans l'aujourd'hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd'hui passager dans l'aujourd'hui éternel de Dieu.

Dieu est si grand qu'il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu'il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l'aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l'étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu'elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire.

C'est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ». Dieu est devenu l'un de nous, afin que nous puissions être avec lui, devenir semblables à lui. Il a choisi comme signe l'Enfant dans la crèche : Dieu, il est ainsi ; de cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd'hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre - sur chaque enfant, même sur celui qui n'est pas encore né.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Ven 22 Avr 2016, 8:45 pm



Dieu incarné: pourquoi est-ce si difficile à croire?

Pourquoi le dogme de l'Incarnation est-il aussi important pour l'Eglise ? La réponse du P. Joseph Thomas, jésuite. Publié le 20 octobre 2014.

Pourquoi l'Église attache-t-elle tant de prix à garder intacte la foi des premiers conciles, sinon dans ses formules, solidaire, de la culture d'alors, du moins dans sa visée centrale ?

Pour elle, JESUS est réellement le Fils de Dieu, et il est réellement homme. Tenir fermement cette affirmation, qu'est-ce que cela change ? Disons qu'il y va d'une vision nouvelle de toutes choses ; davantage, d'une vie nouvelle qui nous est offerte à nous, les hommes.

Un renversement radical

Pourquoi avons-nous tant de mal à entrer dans le mystère de l'Incarnation ? On nous dit que JESUS est réellement Dieu et réellement homme. Mais qu'est-ce que Dieu ? Qu'est-ce que l'homme ? Nous prétendons le savoir d'avance. Notre seul souci sera alors de vérifier que nos conceptions spontanées de Dieu et de l'homme s'appliquent bien à JESUS. Or, ici, la foi demande un renversement radical.

Il nous faut apprendre à découvrir Dieu et à découvrir l'homme à partir de JESUS-Christ. Rares sont, parmi les chrétiens, et même parmi les théologiens, ceux qui s'y essaient. Pascal l'a dit magnifiquement : "Non seulement nous ne connaissons Dieu que par JESUS-Christ, mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par JESUS-Christ ; nous ne connaissons la vie, la mort que par JESUS-Christ. Hors de JESUS-Christ nous ne savons ce que c'est ni que notre vie, ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous-mêmes" (Pensées, Ed. Brunschvicg n° 548). A la lumière du Verbe incarné, nous sommes appelés à voir Dieu autrement, à voir l'homme autrement.

Un Dieu qui s'approche

On a dit avec raison, qu'il n'y a qu'une certitude à propos de "Dieu" : c'est un mot de la langue française. Mais allez donc voir ce que chacun met derrière ce mot ! Laisser de côté les philosophes serait bien pratique mais, en ce domaine, tout le monde philosophe à sa manière ! Dieu est en général (ou serait… ?) quelque chose de simple à quoi tout est suspendu… Avec l'Incarnation, cette simplicité vole en éclats. Si le Nouveau Testament répugne à dire que JESUS est Dieu c'est que, pour lui, ce nom désigne toujours le Père à qui le Fils nous renvoie.

Avec ce Père, JESUS vit une relation unique, une intimité de tous les instants. Sa prière d'homme, ses cris vers le Père sont portés par la force d'un désir qui le constitue dans la profondeur de son être. Dans sa mort et sa résurrection, "Dieu" simple éclate en Trinité. Il nous y dévoile la vie intime, vie d'amour, dans la dépossession réciproque de qui n'existe que pour l'autre et par l'autre. Et ce vivant, ce parlant, ce respirant que nous appelons Dieu, n'est plus le je-ne-sais-quoi lointain et étranger auquel tout serait suspendu. Il se révèle en se communiquant. Il a assumé dans sa vie propre un homme, JESUS.

Le visage de Dieu sous des traits humains

Il est vrai de dire que Dieu est descendu jusqu'avec l'homme. Mais c'est pour nous faire entrer en lui. Impossible désormais de s'en tenir à l'illusion, plus rassurante, d'un Dieu lointain, d'un Dieu séparé. Tout au long de l'Ancien Testament résonnent les pas d'un Dieu qui veut se faire proche. Ici, toutes les alliances anciennes sont dépassées parce que réalisées au-delà de toute attente. C'est enfin l'union nuptiale entre Dieu et l'humanité. Les évangiles synoptiques se font souvent l'écho de ce Roi qui fit des noces pour son Fils. Dans ces paraboles, l’Épouse n'est jamais mentionnée. Car l’Épouse véritable, c'est l'humanité devenue corps de JESUS-Christ.

Le vrai visage de Dieu nous est enfin livré, la voix de Dieu se fait entendre "Image de Dieu" (2 Corinthiens 4,4), "Parole de vie" (1 Jean 1,1). Mais, c'est à travers des traits et des sons humains. Les anthropomorphismes qui donnaient déjà dans l'Ancien Testament son poids d'humanité à Dieu (lire Osée chapitre II) se réalisent dans cette "condition humaine" de Dieu, dans celui qui a pris pour de bon un visage humain, un cœur humain, des entrailles humaines. Le vieux rêve de "voir Dieu" cesse alors d'être une tentation mortelle. Et ce Dieu qui avait parlé tant de fois et de tant de manières "dans les prophètes" parle aujourd'hui "dans son Fils" (Hébreux 1,1). Il parle cet araméen vulgaire, dont nous ne pouvons reconstituer la teneur exacte, mais qui était compris des petites gens.

"Voici l'homme" : une moquerie prophétique

Dieu autrement, donc. Mais l'homme est vu autrement quand on le découvre à la lumière du Christ. Rien n'est plus pitoyable que la collection de caricatures laissées par ceux qui prétendent, sans consentir à la démarche de foi, scruter l'humanité de JESUS. Les portraits qu'ils tracent alors ne sont que la projection de la petite idée qu'ils se font de l'homme et, finalement, de l'idéal qu'ils ont de leur propre humanité. C'est un JESUS à leur image. Et cette image n'est pas toujours brillante. Si vous voulez savoir ce qu'est l'homme, ce qu'il y a dans l'homme, mettez-vous à l'école de JESUS. Jamais homme ne fut si homme, sans les ruses et les refus qui s'efforcent en vain de maquiller notre condition humaine.

Au cœur de la Passion, l'évangile de Jean nous montre Caïphe prophétisant. Mais Pilate prophétise aussi quand, exhibant ce roi de dérision, il proclame : "Voici l'Homme" ! JESUS est homme intégralement. Il est l'homme intégral. Il a suivi jusqu'au bout le long chemin par où passe la réalisation de l'humanité en chacun des hommes. Il lui a fallu comme nous tous regarder sa mort en face. Mais il lui a fallu, il nous faut consentir à livrer jour après jour notre vie par amour. Alors, sortant de soi, on s'ouvre à la vie, la vie véritable qui est le don de Dieu.

La vie renouvelée

L'Incarnation ne modifie pas seulement notre regard. Elle ouvre à une vie nouvelle. De ce fait tout peut changer. Notre rencontre avec Dieu n'est plus la même. Notre vie de tous les jours devient tout autre. Il existe, de par le monde, des quantités insoupçonnées de chercheurs de Dieu. Saint Paul à Athènes mentionnait déjà cette quête ardente. Elle semble à beaucoup exiger une rupture avec l'horizon des soucis quotidiens et matériels qui nous absorbent : Dieu serait ailleurs. L'Incarnation renverse cette perspective.

Si Dieu suscite au cœur de l'homme le désir de le trouver, c'est qu'il est animé lui-même, d'abord, du désir de se donner à nous. Dans l'incarnation du Verbe tout est l’œuvre de l'initiative gratuite de Dieu. Il nous cherche bien plus que nous ne le cherchons nous-mêmes. Il ne prétend pas nous attirer dans un autre monde. Il nous rencontre au plus creux, au plus pesant de notre humanité, avec toutes ses fragilités et toutes ses lourdeurs. Il a envoyé son Fils dans notre chair si fragile, si lourde aussi.

Le lieu véritable de la rencontre, c'est notre vie d'homme. La vie de Dieu pénètre la vie humaine en tous ses actes, en toutes ses rencontres. Elle passe au cœur de toutes les opacités de notre condition charnelle. Dès lors, la voie qui nous est offerte vers le salut suit de bout en bout la logique de l'Incarnation. Tout y est, "sans séparation ni confusion", à la fois de Dieu et de l'homme.

Dieu s'est fait homme pour que la vie de Dieu pénètre tout l'humain. Il n'est plus rien en l'homme d'où Dieu doive être absent. La présence active à l'histoire et à la société, l'engagement de tous les jours dans la société séculière ne sont pas à reléguer dans le domaine profane. L'incarnation à aboli l'ancienne ligne de partage. Tout peut être sanctifié, tout peut avoir part à la sainteté de Dieu.

P. Joseph Thomas, jésuite



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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mar 17 Mai 2016, 7:05 pm




L’Incarnation du Verbe concerne le passé comme l’avenir
– Léon le Grand


Léon le Grand, 3ème sermon pour Noël, SC 22 bis, Sources Chrétiennes, p. 103.


L'Incarnation du Verbe, la Parole de Dieu, concerne le passé comme l'avenir ; aucun âge, si reculé soit-il, n'a été privé du sacrement du salut des hommes. Ce que les apôtres ont prêché, c'est ce que les prophètes avaient annoncé, et on ne peut pas dire que ce qui a été cru de tout temps a été accompli tardivement. En différant l'œuvre du salut, Dieu, dans sa sagesse et sa bonté, nous a rendus plus aptes à répondre à son appel..., grâce à ces annonces anciennes et fréquentes.

Il n'est donc pas vrai que Dieu a pourvu aux affaires humaines en changeant de dessein et mû par une miséricorde tardive : dès la création du monde, il a décrété pour tous une seule et même voie de salut. En effet, la grâce de Dieu, par laquelle tous ses saints ont toujours été justifiés, a grandi et non pas commencé lorsque le Christ est né. Ce mystère d'un grand amour, qui a maintenant rempli le monde entier, a déjà été aussi puissant en ses signes avant-coureurs ; ceux qui y ont cru quand il était promis n'en ont pas moins bénéficié que ceux qui l'ont reçu quand il a été donné.

Mes bien-aimés, c'est donc avec une bonté évidente que les richesses de la grâce de Dieu ont été répandues sur nous. Appelés à l'éternité, non seulement nous sommes soutenus par les exemples du passé, mais encore nous avons vu apparaître la vérité elle-même sous une forme visible et corporelle. Nous devons donc célébrer le jour de la naissance du Seigneur avec une joie fervente qui n'est pas de ce monde... Grâce à la lumière de l'Esprit Saint, sachez reconnaître celui qui nous a reçus en lui et que nous avons reçu en nous : car de même que le Seigneur JESUS est devenu notre chair en naissant, de même en retour nous sommes devenus son corps en renaissant... Dieu nous a proposé l'exemple de sa bienveillance et de son humilité... : soyons donc semblables au Seigneur dans son humilité, si nous voulons lui ressembler dans sa gloire. Lui-même nous aidera et nous conduira jusqu'à l'accomplissement de ce qu'il a promis.






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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Sam 04 Juin 2016, 5:53 pm



La lampe du monde
– Maxime le Confesseur


Maxime le Confesseur, Question 63 à Thalassius, PG 90, 667s, tr. Argyriou / Tournay.

La lampe sur le lampadaire (Mt 5, 15 ; Mc 4, 21 ; Lc 11, 33), c'est notre Seigneur JESUS Christ, la vraie lumière du Père « qui éclaire tout homme venant au monde » (Jn 1, 9). Autrement dit, c'est la Sagesse et la Parole du Père ; ayant accepté notre chair, il est réellement devenu et il a été appelé la « lampe » du monde. Il est célébré et exalté dans l'Église par notre foi et notre piété. Il se rend ainsi visible à toutes les nations et il brille pour « tous les gens de la maison », c'est-à-dire pour le monde entier, selon sa parole : « On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le chandelier, où elle brille pour tous dans la maison » (Mt 5, 15).

Comme on le voit, le Christ se nomme lui-même une lampe. Dieu par nature, il est devenu chair dans le plan du salut, une lumière contenue dans la chair comme dans un vase... C'est à cela que David pensait lorsqu'il disait : « Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route ». Comme il fait disparaître les ténèbres de l'ignorance et du mal des hommes, mon Sauveur et Dieu est appelé une lampe dans l'Écriture. Comme il est le seul à pouvoir anéantir les ténèbres de l'ignorance et à dissiper l'obscurité du péché, il est devenu pour tous la voie du salut. Il conduit auprès du Père ceux qui, par la connaissance et la vertu, marchent avec lui sur le chemin des commandements comme sur une voie de justice.

Le lampadaire, c'est la sainte Église parce que le Verbe de Dieu brille par sa prédication. C'est ainsi que les rayons de sa vérité peuvent éclairer le monde entier... Mais à une condition : ne pas la cacher sous la lettre de la Loi. Quiconque s'attache à la seule lettre de l'Écriture vit selon la chair : il met la lampe sous le boisseau. Placée au contraire sur le lampadaire, l'Église, elle éclaire tous les hommes.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Sam 25 Juin 2016, 6:59 pm




Montre-toi, doux enfant

– Prudence

Prudence (Aurelius Prudentius Clemens), « Emerge, dulcis pusio », extrait de l'hymne pour Noël Quid est quod artum circulum, IVème s, in Guéranger, L'Année liturgique.

Montre-toi, doux enfant
Mis au monde par une mère très chaste,
Qui enfante sans connaître d'homme ;
Montre-toi, Médiateur, dans tes deux natures.

Quoique né dans le temps, de la bouche du Père,
Engendré par sa parole (Lc 1, 38),
Déjà tu habitais dans le sein du Père (Jn 1, 2)
Toi, la Sagesse éternelle (1 Co 1, 24).

Tu es la Sagesse qui a tout créé (Pr 8, 27),
Les cieux, la lumière et toute chose.
Tu est le Verbe puissant qui a fait l'univers (He 1, 3)
Car le Verbe est Dieu (Jn 1, 2).

Ayant ordonné le cours des siècles
Et fixé les lois de l'univers,
Cet Artisan du monde, le bâtisseur,
Est demeuré dans le sein du Père.

Mais lorsque le temps eut déroulé
Des années par milliers,
Tu es descendu pour visiter
Ce monde depuis si longtemps pécheur...

Le Christ ne pouvait supporter la chute
Des peuples qui se perdaient ;
Il ne pouvait accepter que l'œuvre de son Père
S'abîme dans le néant.

Il a revêtu un corps mortel
Afin que la résurrection de notre chair
Brise les chaînes de la mort
Et nous conduise auprès du Père...

Ne sens-tu pas, ô Vierge noble,
Malgré de douloureux pressentiments,
Combien cet enfantement glorieux
Augmente l'éclat de ta virginité ?

Ton sein très pur contient le fruit béni
Qui va combler de joie toute créature.
Par toi naîtra un monde nouveau,
Aurore d'un jour étincelant comme de l'or.




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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Ven 15 Juil 2016, 7:08 pm



Incarnation

Un Dieu qui s'incarne ?

L'Eglise a reçu la mission de porter au monde la Vérité : JESUS est le Fils de Dieu fait homme, le Verbe incarné. Il s'agit d'une réalité abrupte, scandaleuse même. Par Joseph Thomas, jésuite.

"Et vous, que dites-vous que je suis ?" La question posée autrefois par JESUS à ses apôtres reste actuelle et s'adresse à tous. L'Eglise a reçu l mission de la porter au monde et de proposer la réponse qu'elle donne : JESUS est le Fils de Dieu fait homme, le Verbe incarné. Réponse abrupte, déconcertante, scandaleuse même. Affirmer l'Incarnation, c'est lancer au monde un double défi.

Croire à l'Incarnation, c'est heurter de front ce qui semble humainement croyable. C'est affirmer tout d'abord la réalité d'un événement absolument unique. Cet homme, JESUS, né de la Vierge Marie, est le Fils de Dieu. Cela a eu lieu dans l'histoire : c'est un événement daté, situé, unique. JESUS n'est donc pas un "avatar" de la divinité, une de ses manifestations sensibles. Jamais avant lui, jamais après lui, le Verbe ne fut chair.

Dès lors, cet événement singulier concerne l'humanité entière. Tous les hommes de tous les temps ont à regarder vers lui. Car JESUS n'est pas seulement un maître qui enseigne le chemin vers Dieu. Il est ce chemin même parce qu'il est d'abord le chemin de Dieu vers l'homme. Il n'est pas seulement un exemple, un modèle humain à reproduire. Il est le mystère de Dieu avec l'homme, de Dieu en l'homme. Il ne suffit pas de croire à ses paroles, d'accepter son message. Il est lui-même l'Evangile qu'il proclame. Il est venu pour qu'on croie en lui, pour qu'on s'attache à lui "de tout son coeur, de tout son esprit et de toutes ses forces."

Le paradoxe d'un homme-Dieu

Mais croire à l'Incarnation, ce n'est pas seulement proclamer le caractère unique de l'événement. C'est aussi affirmer l'identité de cet homme que les croyants disent toujours vivant. Il y a eu le fait de l'incarnation. Reste le mystère du Verbe incarné. L'Eglise ancienne a longtemps cherché les mots justes pour dire cela. Dès le départ, elle a fait sienne la confession du centurion romain au pied de la croix : "Vraiment cet homme était Fils de Dieu." Elle a lu, dans les Ecritures, spécialement dans les Evangiles, les témoignages qui attestent que JESUS était réellement homme et réellement uni au Père d'une union vitale.

L'Ecriture ne parlait pas encore d'Incarnation. Le prologue de saint Jean se contente de dire : "Le Verbe fut chair." Il habita parmi nous la tente fragile d'une existence humaine, limitée, vulnérable, mortelle. C'est plus tard, dans une des plus anciennes confessions de foi officielles, le symbole de Nicée, que nous trouvons la formule : "Par l'Esprit Saint il s'est incarné de la Vierge Marie et s'est fait homme." Mais comment penser et dire ce paradoxe de l'Homme-Dieu, comment tenir ensemble les affirmations apparemment inconciliables de l'Ecriture qui soulignent tantôt son appartenance divine, tantôt le réalisme de sa condition humaine ?

Il faudra attendre le concile de Chalcédoine, en 451, pour que l'Eglise proclame le "dogme" de l'incarnation. Le concile s'est efforcé de rester fidèle à la complexité de l'Ecriture, sans rien en gommer : JESUS est vraiment Dieu et vraiment homme. En lui se rencontrent la pleine réalité de Dieu et la pleine réalité de l'homme. Mais elles y sont présentes "sans confusion, sans séparation". L'humanité de JESUS a été assumée. Elle n'a pas été absorbée, diluée. JESUS est bien un homme, un homme de son peuple, de son époque, de sa culture. Il met en oeuvre des facultés humaines. Il a connu la croissance de tous les hommes vers leur maturité. Il est né comme tous les hommes, il est mort comme eux. Mais c'était bien le Fils de Dieu qui mourait alors d'une mort humaine.

De vieilles querelles... toujours actuelles

Ainsi s'exprime la foi de l'Eglise depuis le concile de Chalcédoine. Or, elle a eu bien du mal à se faire admettre. Un schisme s'en est suivi qui se prolonge encore. La difficulté, hier, était de reconnaître la pleine réalité de l'humanité de JESUS. Déjà, au temps des apôtres, une première hérésie avait nié que le Christ eût réellement pris un corps humain. On ne voulait y voir qu'une simple apparence. Le lien avec la chair semblait indigne de Dieu.

Plus tard, la même tendance conduisit à minimiser ce qu'il y a d'humain dans le Christ. En lui la divinité aurait tout absorbé. Son humanité n'aurait été que l'instrument passif du Verbe. Sans autonomie, sans consistance, sans valeur propre.

Vieilles querelles ? On doit bien reconnaître que lorsqu'il est question de JESUS-Christ, on assiste continuellement à la répétition des erreurs qu'ont voulu écarter les premiers conciles. Erreurs qui brisent l'unité du Verbe incarné. Ceux qui l'amputent de sa divinité ne voient pas que la relation au Père est constitutive de la personnalité de JESUS. Tout au plus reconnaissent-ils en lui un témoignage et un signe, éminents peut-être, de l'ouverture de l'homme vers le Tout Autre.

Plus subtile, mais plus fréquente chez les chrétiens, la tendance à réduire son humanité. Des leçons entendues autrefois sur l'Incarnation, beaucoup ont retenu que le Verbe était descendu du ciel pour revêtir notre humanité. Cette image de la "descente", malgré ses fondements bibliques, peut être trompeuse. Dieu, car on oublie le plus souvent qu'il s'agit du Fils de Dieu, aurait surgi et pris sur lui, pour se faire proche de nous, un revêtement humain. Il se serait donné à voir comme homme, mais il nous demanderait de croire au Dieu caché en lui. Son humanité ne serait qu'une façade. Au mieux, ce qu'il y a d'humain en lui n'aurait valeur que de signe. Il faudrait le dépasser pour atteindre à l'essentiel. Seule compterait sa qualité de Fils de Dieu. Croire que JESUS est Dieu suffirait.

Il y aurait beaucoup à dire sur cette formule simpliste : JESUS est Dieu. Le Nouveau Testament, n'y recourt, semble-t-il, jamais. Pour exprimer ce que nous appelons l'Incarnation, il fait appel à d'autres images que celle de la "descente", qui suggère trop l'idée d'un simple parachutage,un incident survenu au long de l'histoire, un fait isolé. Il recourt plutôt à des images qui disent le surgissement à partir des profondeurs du réel. L'événement JESUS est l'avènement de toute la création. Ici en émerge l'origine et s'en dévoile le terme. C'est là le langage de Jean dans son prologue et dans le début de sa première lettre. Ailleurs, l'Ecriture parlera de "manifestation", de "révélation", de "présence".

L'homme JESUS est la figure historique de celui qui, au-delà et au-dessus de tous les temps, est contemporain de tous les temps. Sa manifestation dans la chair est celle de celui dont toute la création tire sa consistance, de celui par qui tout a été créé. Celui qui domine tous les univers a voulu prendre place, en se faisant homme, dans cet univers. En lui se manifeste le Verbe créateur, éternel, omniprésent. La création trouve en lui son unité. Peut-être la tendance à minimiser l'humanité de JESUS-Christ est-elle toujours liée à une perte du sens vrai de la création. C'est du même mouvement que l'on croit au Verbe incarné et au Verbe créateur. L'un ne va pas sans l'autre.

+ P. Joseph Thomas, jésuite ; décembre 2011
Croire.com


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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Jeu 11 Aoû 2016, 7:07 pm



A propos du livre de Jacques Duquesne

L'Incarnation, une question de foi?

Le P. Bernard Sesboüé, jésuite et théologien vient contrecarrer les propos tenus par Jacques Duquesne dans son livre "Marie".

Venons-en maintenant au point de vue de la foi, J. Duquesne nous dit qu'il croit fermement en l'incarnation de Dieu en l'homme JESUS et en la résurrection du Christ: il faut lui en donner acte avec respect. Mais se rend-il compte que nombre de ses arguments vaudraient tout autant pour ces deux affirmations fondamentales? La contestation des années 1970 sur la résurrection l'a amplement montré. A-t-il réalisé que la conception virginale de JESUS a toujours été comprise comme un signe, non une preuve de la divinité de JESUS et que son refus dans l'histoire a été invoqué précisément par ceux qui refusaient l'incarnation. Il reconnaît à juste titre que dans la doctrine commune le rôle joué par l'Esprit n'est pas un rôle procréateur, mais un rôle créateur. Or tout est là. La conception virginale de JESUS est une initiative créatrice.

J'ai autant de difficulté - ou de facilité, mais je reconnais que ce point provoque en notre temps une allergie spécifique - à croire a cette conception virginale qu'à croire à la création du monde. De même que l'homme, symbolisé dans la Bible par Adam, a été créé par Dieu dès le commencement, de même le signe de la conception virginale nous dit qu'en JESUS, le Fils de Dieu fait homme qui a Dieu pour Père, l'humanité a été recréée pour un nouveau commencement. Il y a ici une correspondance voulue: Adam, comme JESUS, n'est pas engendré par une union conjugale normale. C'est pourquoi Duquesne fait erreur quand il affirme : «On ne peut guère croire à la fois en l'incarnation et en la conception virginale» (p. 58), et de manière péremptoire «Pour que JESUS soit "vrai homme", il est indispensable qu'il soit né d'un père humain et d'une mère humaine dans une relation sexuelle normale» (ibid.). JESUS a manifesté par toute son existence qu'il a partagé en tout la condition humaine, y compris la mort sauf le péché. Cela devrait suffire à faire la preuve de son humanité, sans poser a priori des conditions à Dieu sur la manière dont il doit s'incarner.

À ce plan créateur la conception virginale est irreprésentable et la génétique, moderne ou ancienne, n'a rien à y voir. La question biologique est ici déplacée, il ne s'agit ni d'ADN ni de spermatozoïdes, mais de création divine. Et que Duquesne cesse d'opposer ici, en pur contre-sens, le «engendré non pas créé» du symbole de Nicée-Constantinople. Cette séquence concerne la génération éternelle du Fils et non sa naissance temporelle. Si le Verbe s'est fait homme, il est clair qu'il s'est fait créature, sans cesser d'être le Verbe de Dieu.

Puisque Duquesne invoque ici une formule fort juste du théologien Joseph Ratzinger, affirmant que la divinité de JESUS ne dépend pas de la conception virginale (puisqu'elle se fonde sur la génération éternelle du Verbe), je lui en citerai une autre du même auteur, qui vient deux pages plus loin: au moment où nous ne pouvons plus concevoir l'esprit de l'homme que comme incarné, «on essaie de sauver la foi en la désincarnant totalement, en se réfugiant dans un domaine de simple "signification", de pure interprétation se suffisant à elle-même, et que seul le manque de réalité semble soustraire à la critique ». (1)

Extrait de : Marie, ce que dit la foi, Bernard Sesboüé, Bayard 2004, P. 11-22.

(1) Foi chrétienne hier et aujourd'hui, Mame, 1969, p. 195.





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MessageSujet: Re: L'incarnation de JESUS CHRIST   Mar 30 Aoû 2016, 7:10 pm



Etude sur le Dieu incarné


Etude sur le Dieu incarné

Les chrétiens croient en un Dieu incarné. Mais qu’est-ce que cela signifie? Quelle est l’importance de cette doctrine? Comment en est-on arrivé à sa formulation? Et, surtout, qu’est-ce que cela change, pour nous, de croire en un Dieu incarné?

Qu’entend-on par le terme «incarné»?

L’incarnation est le processus par lequel un être spirituel prend une forme charnelle. A proprement parler, elle ne s’applique qu’à JESUS-Christ, le Fils de Dieu qui s’est volontairement revêtu d’un corps humain et de la nature humaine.

Il ne s’agit pas d’une divinisation – ce n’est pas un homme qui s’élève jusqu’à Dieu – ni d’une théophanie – ce n’est pas un Dieu qui emprunte temporairement une apparence humaine – mais d’un phénomène unique dans l’histoire: JESUS-Christ combine la nature paternelle, puisqu’il est Dieu, et la nature maternelle puisqu’il est humain. Les deux natures ne sont pas juxtaposées, ni diminuées, mais intimement unies dans une seule personnalité.

Les termes «incarnation» ou «incarné» n’apparaissent pas dans la Bible, mais ils reposent sur une formulation biblique puisqu’ils viennent de mots latins signifiant «dans la chair» (in et car, carnis): voir Jean 1.14; 1 Timothée 3.16.

Quelle est l’importance de la doctrine de l’incarnation?

La doctrine de l’incarnation est une pierre de touche de la confession de foi chrétienne. L’apôtre Jean le précise dans ses épîtres: 1 Jean 4.2; 2 Jean 7.

Pourquoi cette importance? Elle est probablement liée à l’objectif de l’incarnation: si JESUS-Christ est venu comme homme-Dieu, c’est pour accomplir l’œuvre de notre salut. Voir Galates 4.3-6; Romains 8.1-4; Hébreux 10.1-14.

En 1098, Anselme a résumé la question à sa manière en écrivant (Cur deus homo) que le péché était une offense d’une infinie gravité à l’honneur de Dieu. L’honneur de Dieu exigeait qu’il inflige une punition de gravité correspondante (l’enfer) ou que l’homme offre une satisfaction suffisante. Or l’homme en était incapable. Seul Dieu pouvait offrir une telle satisfaction, et c’est pourquoi il a fallu qu’il se fasse homme. Seul l’homme devait, et seul Dieu pouvait.

Comment en est-on arrivé à une formulation doctrinale?

Plusieurs textes bibliques montrent à la fois la divinité et l’humanité de JESUS-Christ. Mais il n’y a pas de formulation théorique synthétique comme nous en avons l’habitude dans notre culture gréco-romaine (plus abstraite que la culture hébraïque).

Le Nouveau Testament affirme que JESUS-Christ a été conçu par le Saint-Esprit divin mais aussi d’une femme tout ce qu’il y a de plus humaine: Matthieu 1.18-23; Romains 9.3-5.

Le Nouveau Testament affirme aussi que JESUS a connu le développement physique, intellectuel et spirituel d’un être humain, depuis la conception et la naissance en passant par la croissance jusqu’à l’âge adulte. JESUS a dû apprendre pour savoir, sans que cela implique des erreurs ou des imperfections. Mais il était conscient dès sa jeunesse de sa divinité: Luc 2.47-52.

Pour venir sur la terre, il a renoncé à la gloire céleste qu’il avait avant la fondation du monde, monde dont il est le créateur: Jean 17.5; Colossiens 1.15-17.

Il a connu les limitations humaines, notamment la faim, la soif, la fatigue: Matthieu 4.2; Jean 19.28; Jean 4.6.

Il a connu des émotions: Jean 12.27; Luc 19.41; Matthieu 26.37.

Dans la réalité de son humanité, il pouvait ne pas faire usage de sa toute-science: Marc 13.32.

JESUS a connu la mort. Ressuscité, il ne perd pas sa nature humaine. Il garde son corps de chair et d’os: Luc 24.39.

C’est en tant que Fils de l’homme qu’il reviendra sur les nuées du ciel et qu’il procédera au jugement dernier. Son humanité participe donc désormais à la gloire de sa divinité. C’est en tant qu’homme sacrifié qu’il est adoré au ciel: Matthieu 24.30; 25.31; Actes 17.30-31; Apocalypse 5.6-8.

La formulation plus théorique intervient au cours des 4e et 5e siècles de l’histoire de l’Eglise, lors de conciles «œcuméniques» convoqués par les empereurs romains pour la paix de l’Empire agité par des disputes doctrinales.

Disciples d’Ebion et issus du judéo-christianisme, les ébionites ne voient en JESUS qu’un simple homme né sans miracle mais revêtu de la puissance d’en-haut, le Saint-Esprit. Suite à son obéissance à la loi et à la volonté de Dieu pour lui, il a été élevé par Dieu, glorifié comme Dieu. Vers 190, Théodote de Byzance enseigne à Rome une version systématisée, dite adoptianiste, de cette christologie. Il admet la naissance virginale, mais JESUS n’est qu’un homme, qui a été adopté par Dieu lors de son baptême. Les gnostiques, pour la plupart partisans du docétisme et combattus par l’apôtre Jean, réduisent, eux, l’humanité de Christ à une apparence plus ou moins inconsistante. Ils refusent l’idée d’union véritable entre le Révélateur-Sauveur céleste avec la chair et le monde matériel.

Arius, prêtre d’Alexandrie, veut en 318 maintenir un monothéisme strict et affirme que le Fils n’est qu’une super-créature de Dieu: il fut un temps où il n’était pas. Les débats du concile de Nicée, tenu en 325, aboutissent à la condamnation de l’arianisme et à la formulation suivante: «Nous croyons… en un seul Seigneur JESUS-Christ le Fils de Dieu, monogène engendré du Père, c’est-à-dire de l’essence (ousia) du Père, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non fait, consubstantiel (homoousios, d’une seule et même essence) au Père, par lequel tout est venu à l’existence, tant ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre; qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu et a été fait chair, a été fait homme, a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et vient juger les vivants et les morts…»

Au 5e siècle, un certain Nestorius prêche contre le titre de theotokos, «mère de Dieu», conféré à Marie, et présente Christ sous des traits qui le font ressembler plutôt au temple et instrument de la divinité. Lors d’un concile à Ephèse en 431, le nestorianisme est condamné. Le monophysisme, défendu notamment par le moine Eutychès, voit une seule nature en Christ, la nature humaine étant absorbée par la nature divine.

Ainsi, le concile de Chalcédoine (451) précise encore les choses. Il confesse: «un seul et même Fils, notre Seigneur JESUS-Christ, parfait quant à la divinité et parfait quant à l’humanité, vraiment Dieu et vraiment homme (d’âme raisonnable et de corps), consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantiel à nous, selon l’humanité, semblable à nous en tout hormis le péché, engendré du Père avant tous les siècles selon la divinité, et, le même, de la vierge Marie, mère de Dieu, dans les derniers jours et pour notre salut, selon l’humanité, un seul et même Christ, le Fils, le Seigneur, le Monogène, révélé en deux natures sans confusion, sans transformation, sans division, sans séparation car la différence des natures n’est nullement supprimée par l’union – bien plutôt, les propriétés de chaque nature sont sauvegardées et concourent pour former une seule personne (prosopon) et une seule hypostase (sujet qui porte les natures).»

Qu’est-ce que cela signifie pour nous de croire en un Dieu incarné?

Dans le bouddhisme, on envisage plutôt une élévation de l’homme vers Dieu que l’inverse. Dans l’islam et le judaïsme, on refuse l’idée de l’incarnation de Dieu. Les pharisiens étaient scandalisés que JESUS se prétende l’égal de Dieu: Jean 5.18.

– Le fait que Dieu a pris un corps humain et a assumé le physique humain implique que, contrairement à la pensée grecque et gnostique, il ne méprise pas le monde matériel. Nous n’avons donc pas à chercher à échapper au monde matériel ou à le mépriser, mais à le respecter comme créé par Dieu et comme bon (Genèse 1).

– L’incarnation implique un degré de révélation supplémentaire par rapport à Dieu. Des hommes ont pu voir Dieu vivre et parler «en direct»: Jean 1.14, 18.

– Dieu a non seulement parlé le langage des hommes, mais il a vécu la vie des hommes. Il est un Dieu qui comprend ce que cela fait d’être humain, d’être limité. Nous pouvons donc lui confier tout ce que nous ressentons en sachant qu’il comprend et qu’il est capable de nous aider en connaissance de cause.

Il a connu des angoisses profondes, et même la difficulté d’obéir à la volonté de Dieu: Matthieu 26.37-42.


Il a connu la difficulté de vivre en étant incompris et méprisé, même par ses proches. D’ailleurs, il sait aussi ce que signifie être victime d’une injustice, et dans son cas il s’agissait d’injustices extrêmes qui lui ont coûté la vie: Jean 7.3-5; Marc 3.21; Esaïe 53.1-3, 7-9.


– Il a connu la tentation: tentation du pouvoir, tentation de la solution de facilité, tentation d’asservir Dieu à ses propres désirs. Mais il n’a pas cédé. Et il peut nous apporter le secours nécessaire: Matthieu 4.3-10; Hébreux 2.9-18; 4.11-16.

– JESUS n’est pas venu comme un roi, mais comme un serviteur. Et pour lui, il était évident que c’était un exemple à suivre par ses disciples: Philippiens 2.3-11; Jean 13.1-5, 12-17; Marc 10.42-45.




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